Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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D'Irruption en Irruption 2 / 4
Acte 3 : Perte De Contrôle
Ron
Harry et moi-même pénétrons en coup de vent dans la Base.
« Comment réagit Voldemort ? » demande Harry, en direction de Lee et Dudley.
« A quoi ? » interroge Lee en retour, en relevant son nez d'un bouquin, tandis que Dudley se désintéresse de sa BD et hausse un sourcil vers nous.
« A l'arrivée de Yaxley avec la Veuve Williams, bien sûr ! » s'exclame Harry, en stoppant sa course derrière la chaise sur laquelle est assis Lee et se penchant vers les Ecrans, les scrutant de toutes parts.
« Yaxley n'est pas arrivé encore. Et comme tu peux le constater, Voldemort se remet de son déjeuner avec Brandburgy et Bellatrix, en baisant tout ce qu'il peut ses petites putes. Et comme on aborde le sujet, autant vous faire tout de suite le résumé de ce qu'il s'est passé après votre départ au milieu de la matinée. Rien jusqu'au déjeuner. A ce moment-là, il a annoncé à Bellatrix que Brutus lui semble trop fatigué. Il faut le ménager dit-il et il n'aura donc plus désormais que trois heures d'Entraînement le matin, jusqu'à nouvel ordre. Par ailleurs, il lui a aussi appris qu'elle doit reprendre les rênes du Manoir et entraîner ses troupes, parce que Rabastan a hérité d'une nouvelle Mission de recrutement. Ce qui n'a pas plu à Bellatrix, il va sans dire. Après avoir envoyé Bellatrix voir Rabastan afin que celui-ci l'informe à propos d'où il en était de l'entraînement des troupes au Manoir, l'affreux a interrogé Brutus à propos de ses rêves et ça a dû pas mal l'émoustiller, car immédiatement après l'avoir encouragé à aller faire une sieste, il a fait venir ses petites putes. Mais voilà, Yaxley a débarqué au même moment et il a dû différer. Ce qui l'a contrarié bien sûr. Alors pour s'en débarrasser au plus vite, il a tout aussitôt mis Yaxley sur la piste de la Veuve Williams, ce que vous savez déjà, puisque je vous ai tout de suite averti. » répond Lee, avant de demander : « Alors finalement, Yaxley a trouvé la Veuve avant vous ? »
« Oui. Et il devrait être déjà dans sa chambre, depuis au moins plusieurs minutes, quand elle y est revenue. » réponds-je, sourcils froncés sur l'incompréhension.
Que peut bien foutre Yaxley ? me demande-je, alors qu'un chatouillis me titille soudainement le pif. Je le frotte avec énergie, agacé. J'ai la réponse sous le pif et bien sûr, elle ne monte pas jusque dans mon cerveau.
« Que s'est-il passé ? Comment Yaxley a-t-il pu vous griller ? » insiste Lee, avec une nette curiosité.
« Elle s'est carapatée quand elle nous a vus arriver à l'Auberge, est allée voir Bertram qui l'a renvoyée d'où elle venait et alors que nous montions la chercher, Yaxley l'attendait dans sa chambre et quand elle est a ouvert la porte et hurlé en le voyant, il l'a assommée et… » résume-je rapidos, me frappant le front d'un petit coup du plat de la main, avant de m'exclamer : « Putain ! Mais bien sûr ! Son déguisement de Gertrude Bouillon a lâché quand elle a perdu connaissance ! Et Yaxley ne doit plus rien comprendre à l'heure qu'il est ! »
« Merde ! Il s'est arrêté quelque part en chemin et il va l'interroger lui-même ! » s'exclame alors Harry, tapant du poing sur le dossier de la chaise de Lee.
Voilà qui change la donne. Mais en quoi exactement ? Il n'y a pour l'heure aucun moyen de le savoir.
« Mmmm… Si elle lui avoue tout, vous croyez qu'il va couvrir son frangin ? » demande Lee, sourcils froncés sur sa question.
« Va savoir. D'un côté de la balance son frère aîné, de l'autre, l'assurance d'une bien sévère punition, s'il ne satisfait pas son Maître. Ça va être un sacré dilemme pour lui. Et d'autant plus s'il connaît personnellement la Veuve Williams. » réponds-je sur un soupir, en saisissant la théière sur le plateau de thé.
Mon estomac gronde soudainement. Je n'ai pas déjeuné et le petit déj' est loin maintenant. J'avise les deux assiettes et couverts inutilisés. C'est vrai. On avait dit qu'on reviendrait peut-être à ce moment-là. Et donc le déjeuner avait aussi été prévu pour Harry et moi-même. J'en suis bien aise et je m'apprête à me servir une belle assiette, mais je n'ai pas le temps de passer à l'action.
« Ben finalement, on dirait bien que ça n'en sera pas un. Regardez, le voilà avec sa prisonnière toujours dans les choux. Il aura sans doute décidé qu'il valait mieux raconter toute l'affaire à son Maitre. » intervient en effet Dudley, en désignant l'Ecran donnant sur le portail de la Gentilhommière.
Ouais. C'est bien Yaxley. Il arrive avec la Veuve Williams, qu'il fait Léviter devant lui, se pressant avec urgence dans l'allée.
Je pose aussi sec le couvercle que je venais de soulever sur la soupière qui contient un ragoût de bœuf très appétissant. Dans quelques minutes, d'autres festivités nettement moins ragoutantes encore, que celles qui s'y déroulent d'ors et déjà, risquent bien de se produire dans les quartiers de Voldemort. Et rien qu'à cette idée, j'en ai l'appétit coupé.
« Dudley, Lee, inutile que vous restiez ici avec nous. Allez faire un tour avec Bonheur. Ça vous fera du bien de prendre l'air. Et après, faites ce que vous voulez, nous vous appellerons quand tout sera terminé. » décide Harry, d'un ton ferme.
« Tu es sûr ? Vous pourriez observer Voldemort, pendant qu'on reste à l'affût des réactions de Yaxley et des autres. Brutus par exemple. Il va sûrement réagir s'il entend qu'on torture quelqu'un. » hésite Lee, sous le hochement de tête approbateur de Dudley.
« C'est sûr, Lee. Mais tout sera enregistré et vous pourrez écouter les réactions des uns et des autres à votre aise plus tard. Alors allez-y. Et préviens King de l'enlèvement de la fausse Gertrude Bouillon. Il y a eu un témoin, le client de la chambre 503. Il la fermera sur notre présence à Harry et moi-même. Et je lui ai promis une interview par Rita. Alors occupe-toi de ça… » répond-je, avec la même fermeté que Harry tantôt.
« Ok. Je m'occupe de tout ça. » capitule Lee, se levant de sa chaise puis, tout en prenant sa cape et l'enfilant, il ajoute : « Et après, Dudley et moi, on ira vous acheter une Forêt Noire à la pâtisserie de l'autre côté du Square. Leurs pâtisseries sont fameuses. Ou une Marquise au chocolat noir, c'est mieux encore. Je vous fais également apporter du thé par Dobby. Et du Pur Feu aussi peut-être. Un bon remontant, ça vous fera du bien. »
« Merci. On en aura besoin sûrement, oui. » réponds-je, un poil avant que la porte se ferme sur Lee, Dudley et Bonheur, qui ne quitte jamais son jeune maître.
Et je remercie aussi le ciel, qu'Hermione soit partie donner un coup de main dans le Labo d'Ecosse. Nous ne serions pas parvenus à la faire partir aussi facilement de la Base et je préfère vraiment qu'elle ne voit pas ce qui va sûrement arriver d'ici peu.
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Yaxley remonte maintenant le couloir menant chez son Maître. L'affreux vient tout juste de terminer de baiser le cul d'Arcturus et il reprend son souffle en souriant à la vison qu'offre ses deux éphèbes encore insatisfaits. Ils exhibent fièrement leur queue dressée, demandant ce qu'il siérait maintenant à leur Maître.
Mais il n'a pas le temps de leur répondre, car Yaxley frappe à la porte, tandis qu'ici Dobby arrive dans un crac discret et dépose un plateau sur la table, enlevant celui du déjeuner avant de partir aussi vite et discrètement qu'il est venu.
L'affreux soupire, saisit sa robe tout en renvoyant ses deux petites putes dans la chambre et il invite l'importun à entrer dans le salon.
Yaxley obéit, faisant léviter la Veuve Williams jusqu'à la porte d'à côté, puis il entre dans le salon et dépose sa prisonnière sur le tapis, avant de s'agenouiller dans une attitude humble et soumise, pendant que dans le bureau l'affreux se nettoie rapidement d'un Sortilège et enfile sa robe.
« Ah, c'est déjà toi, Hewrey ! Tu as fait diligence ! C'est parfait ! Relève-toi vite et fait venir un thé, je te prie ! » s'exclame l'affreux en entrant à son tour dans le salon, mais s'arrêtant net lorsqu'il avise la prisonnière qui gît sur son tapis et aboyant tout aussitôt : « Ce n'est pas Gertrude Bouillon ! Qui est-elle ? »
« Je l'ignore, Monseigneur. Mais c'est une usurpatrice ! Elle avait pris du Polynectar qui a cessé son effet peu après que je l'aie neutralisée dans sa chambre, à l'Auberge du Farfadet Dansant de Kildare ! » répond précipitamment Yaxley, qui s'est gardé de se relever et reste humblement agenouillé auprès de sa prisonnière.
« Tu es certain ! Ne te serais-tu pas plutôt trompé de chambre et de personne ! » aboie Voldemort, avec colère.
« Non, Monseigneur. Je suis formel. J'ai consulté moi-même le registre sous couvert d'un Sortilège de Désillusion et j'étais bien dans la chambre de Gertrude Bouillon, Monseigneur. Et j'ai formellement identifié cette femme comme étant Gertrude Bouillon, avant qu'elle ne reprenne sa véritable apparence. Cependant avant qu'elle arrive, j'ai fouillé toute la chambre, tous ses effets personnels, mais je n'ai trouvé aucune Clef, Monseigneur. » se défend Yaxley, qui déglutit rapidement avant d'ajouter : « Vous pouvez vous en assurer vous-même, Monseigneur. Dans mes souvenirs, vous verrez que je dis la vérité ! »
Voldemort ne se le fait pas dire deux fois. Il se précipite vers son Serviteur, saisit durement son visage d'une poigne d'acier et plonge son regard dans le sien, durant quelques secondes assurément douloureuses pour Yaxley.
« C'est bien la vérité. Elle a usurpé l'identité de Gertrude Bouillon. Mais pourquoi cela ? » siffle Voldemort, lorsqu'il quitte l'esprit de Yaxley, dardant aussitôt la Veuve Williams d'un regard noir et suspicieux.
Yaxley se garde de répondre. Il a déjà dit ignorer qui est sa prisonnière. Et de toute façon, il doit se douter que la question ne lui est pas adressée.
« Tu as bien fait de l'amener, Hewrey. Lève-toi et fait venir le thé que je te l'ai demandé. » déclare Voldemort, d'un ton sec mais néanmoins plus engageant que précédemment, après un bref silence.
Yaxley s'exécute, tandis que l'affreux regarde la Veuve Williams d'un œil suspicieux.
« Que faisaient Potter et Weasley dans l'arrière-cour de l'Auberge ? » demande maintenant Voldemort, reportant son regard suspicieux sur Yaxley qui lui tourne le dos et a suspendu tout geste à cette question.
« Je l'ignore, Monseigneur. Mais je sais qu'ils étaient venus plus tôt à l'Auberge déjà. Je l'ai entendu dire, lorsque je suis allé consulter le registre. » répond-il, un peu tendu, en tournant son visage vers son Maître.
Espérant sans doute que son regard ouvert sera suffisant pour persuader l'affreux qu'il dit bien la vérité.
« Oui. J'ai vu. Et entendu. Car contrairement à toi, j'ai écouté. Ils sont venus dans l'espoir de voir un ami qui devait peut-être déjeuner à l'Auberge. » lâche froidement Voldemort, avant de se murer de nouveau dans un lourd silence.
Yaxley se détend et reprend son service, jetant discrètement des coups d'œil vers son maître qui darde la Veuve Williams d'un regard plus que noir.
« Comment l'as-tu trouvée si rapidement ? » questionne maintenant Voldemort, d'un ton où la colère couve de nouveau.
Ça souffle le chaud et le froid pour Yaxley, dont le visage est maintenant animé d'un petit tic nerveux.
« J'ai eu beaucoup de chance, Monseigneur. J'ai commencé mes recherches à Kildare, par simple habitude. Mes parents ont des cousins éloignés qui vivent dans ce village et nous ne manquons pas d'aller les voir à chaque été depuis que je suis enfant. J'ai donc des habitudes là-bas. Je connais bien les trois Auberges des environs et pourrait m'y diriger les yeux fermés. Et je n'ai eu qu'à visiter l'une d'entre elles, avant de tomber sur la bonne. » répond Yaxley, tandis que Harry soupire à mon côté.
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« Voilà donc pourquoi il a été si rapide à la trouver. » murmure-t-il, en saisissant la tasse de thé que Dobby n'a pas manqué de nous servir, avant de repartir de la Base.
« Ouais. Et voilà pourquoi Bertram a expressément recommandé à Una Williams de s'installer à Kildare. » murmure-je en retour, sans quitter des yeux l'affreux, qui fait de nouveau silence.
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« Oui, tu as eu beaucoup de chance, Hewrey. » lâche-t-il finalement, la voix sourde, avec un nouveau regard flamboyant de colère vers Una Williams.
Il se maîtrise à grand-peine de lui jeter un Doloris, ai-je le sentiment…
« Souhaitez-vous que j'interroge cette femme pour vous, Monseigneur ? » demande alors Yaxley, en avançant la tasse de thé qu'il tient prête pour son Maître, depuis déjà deux bonnes minutes.
« Non, Hewrey. Je vais m'en charger dans la discrétion la plus totale. » répond froidement Voldemort, prenant la tasse de thé que son serviteur lui présentait avant d'ajouter avec un peu plus de moelleux dans le ton : « Efface la Mémoire de toutes celles et ceux qui t'ont vu avec cette femme, puis reviens attendre dans la Bibliothèque. J'aurai sans doute besoin de tes services lorsqu'elle m'aura avoué toute la vérité à son propos et sur les raisons qui l'ont amenée à usurper l'identité de Gertrude Bouillon. »
« A vos ordres, Monseigneur.» agrée Yaxley, avant de se diriger vers la porte d'un pas vif.
Il est à demi soulagé, c'est très visible. Et Voldemort le regarde distraitement sortir du salon, puis il jette un Sortilège d'Impassibilité sur les portes et fenêtres du salon et il vient s'asseoir sur un fauteuil, fixant la Veuve Williams du regard, tout en sirotant son thé à petites gorgées prudentes.
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« Il réfléchit et se maîtrise. Ce n'est pas une réaction habituelle, ça. Est-ce lui ? Ou Salazar aurait-il pris les commandes ? » murmure-je, en fixant l'affreux, tâchant de découvrir dans son expression et dans sa gestuelle, quelque chose qui indiquerait si nous avons affaire à Voldemort ou Salazar.
« Ce n'est pas Salazar. Voldemort se méfie de lui-même, ne l'oublie pas. Et depuis qu'il a perdu le contrôle fin février, il tente au mieux de se maîtriser. Déjà ce matin il l'a fait, face à Rabastan. Et il vient de baiser. Ça lui a permis de canaliser son énergie. De se libérer d'une partie de sa colère de la matinée. Et maintenant, il gagne du temps. Il se pose de nombreuses questions, a de nombreux doutes, mais il refoule sa colère. » répond Harry, les yeux plissés sur Voldemort.
« Comment peux-tu en être aussi sûr ? » questionne-je, regardant l'affreux qui se sert une autre tasse de thé, avec des gestes mesurés.
Non, pas mesurés. Maîtrisés. Il s'efforce de n'être pas brutal dans sa gestuelle.
« Son Aura. Elle est très étendue. Alors bien sûr je ne distingue que du noir et quelques nuances de gris plus ou moins foncé, mais je vois en revanche nettement les mouvements, les ondulations, les crépitements qui l'animent. Il s'efforce de rester au plus calme possible. Mais il n'a pas l'habitude de se canaliser ainsi et c'est ce qui va le faire exploser finalement. Plus qu'il ne faut et ça pourrait être mauvais pour nous. » répond Harry, qui effectue soudainement un geste rapide et un peu fébrile, pour se saisir du Miroir de Communication avec le QG de Poudlard.
Il l'active et demande Draco sous mon haussement de sourcil, sans quitter l'affreux du regard.
« Je voudrais que Messire Salazar vienne de toute urgence à la Base de Londres. Il faudra peut-être qu'il aille voir Voldemort plus tôt que prévu. » dit-il quand son frangin s'annonce dans le Miroir, le regard toujours rivé sur l'Ecran, où l'affreux pose maintenant sa tasse de thé sur la table basse du salon.
« Quoi ? Mais que se passe-t-il ? » demande Draco en retour, le ton de sa voix nettement surpris et alarmé.
« Pas le temps de t'expliquer ! Transmets vite ! » répond Harry, coupant la communication aussi sec.
« Tu espères que l'apparition de Messire Salazar le surprenne assez pour que ça remette Voldemort sur les rails et l'empêche d'exploser, c'est ça ? » demande-je précipitamment, tandis que l'affreux se penche vers le visage de la Veuve Williams.
Harry hoche simplement de la tête pour me répondre.
« Vous avez besoin de mes services ? » demande en même temps une voix dans mon dos, me faisant sursauter.
Messire Salazar a surgi totalement silencieusement.
« Oui. Il vous faudra peut-être vous rendre auprès de Voldemort dès cet après-midi, Messire Salazar. Pour le canaliser et l'empêcher de faire n'importe quoi ou d'Attaquer n'importe où. Il faudra improviser, vite et bien. Alors désormais ne perdez pas une miette de ce qu'il fait et de ce qu'il dit. De cela dépendra ce que vous lui direz et combien de temps vous resterez avec lui aujourd'hui. » répond très vite Harry, sans se retourner vers le Fantôme.
« Très bien. J'observe et attends votre ordre de départ, Harry. » répond Messire Salazar, du ton le plus sérieux que je lui ai jamais entendu.
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Sur l'Ecran, l'affreux a fini d'examiner et de fouiller la Veuve Williams. Il baisse sa manche, qu'il avait soulevée sans doute à la recherche de sa Marque, puis il lève sa Baguette et l'a fait Léviter pour l'allonger sur le sofa. Il prend ensuite place à côté d'elle sur un fauteuil qu'il a vivement rapproché, se penche presque à toucher le visage de Una Williams et lui jette un Enervate. Sa prisonnière papillonne aussitôt des yeux, avant de les écarquiller et de pousser un hurlement de frayeur, qui allume une lueur glacée de plaisir réjouit dans ceux de l'affreux.
« Quel est ton nom ? » susurre-t-il, l'un de ses longs doigts osseux redessinant l'ovale du visage de sa prisonnière.
« Una Williams. Je suis la veuve de Lester Williams, qui est mort à votre service, votre Seigneurie. » répond la Veuve Williams, le ton de la voix tremblant.
« Tu prétends être la veuve de l'un de mes Serviteurs, mais tu ne portes pas ma Marque sur ton bras! » fait alors remarquer Voldemort, d'un ton plutôt cinglant.
« Je ne porte pas votre Marque, c'est vrai ! Mais je suis fidèle à vos idées votre Seigneurie ! Je vous le jure ! Vos idéaux sont les miens ! Et je ferai tout ce que vous voudrez, tout ce que vous exigerez de moi, je le ferai, je vous le jure ! » répond la Veuve Williams, qui se laisse de plus en plus envahir par la terreur.
« Si tu es d'une telle fidélité à mes idéaux et que tu te déclares prêtes à faire tout ce que je veux que tu fasses, c'est que tu dois vouloir le meilleur pour moi, n'est-ce pas ? » susurre à présent l'affreux, accordant un ton doux et un regard hypnotisant à Una Williams.
« Oui ! Oui, je veux le meilleur pour vous, votre Seigneurie ! Le meilleur pour vous ! » s'exclame-t-elle, avec un accent de sincérité teinté de peur.
Elle doit subir les Ondes Magiques dangereuses de l'affreux qui se tient toujours penché sur elle, les sentir onduler sur la peau de son visage, électriser son corps.
« Alors dis-moi la vérité : pourquoi as-tu pris l'identité de Gertrude Bouillon ? » demande Voldemort, son regard flamboyant dès lors d'une lueur menaçante.
S'il doute de la sincérité de sa réponse, elle souffrira cruellement semble-t-il la prévenir.
« Je l'ai fait pour obtenir les Clefs du Village de Dublin ! Je ne les aurais pas obtenues sans cela ! » répond la Veuve Williams, avec la même sincérité teintée de peur que tantôt.
Son regard fait pitié à voir. Mais je sais que Voldemort ne sera nullement touché. Il va au contraire se nourrir de cette peur avec avidité.
« Pourquoi voulais-tu ces Clefs ? » interroge l'affreux, sans se départir de son regard chargé de menaces.
« Pour trouver le Trésor de Brian Boru ! » avoue immédiatement la Veuve Williams, dont le front perle maintenant de sueur.
« Où sont les Clefs ? Comment pouvais-tu être certaine de déchiffrer le code qu'elles recèlent ? » demande encore Voldemort, tandis que Una Williams tremble de la tête aux pieds maintenant.
L'affreux ne laisse rien transparaître de sa satisfaction ou non des réponses obtenues. Son expression, le ton sifflant, la menace de sa voix restent inchangés et il est clair que la Veuve Williams est de plus en plus terrorisée.
« Je ne les ai plus ! Ce n'est pas moi qui devais déchiffrer le code ! C'est lui qui les a, je ne les ai plus ! Il les a prises ! » s'exclame-t-elle, des larmes ruisselant maintenant sur ses joues.
Aussi sec, le visage de Voldemort se tord de rage. Et des étincelles crépitent au bout des doigts de sa main droite.
« Qui les a prises ! Est-ce Potter ? Dumbledore ? » demande-t-il, attrapant la Veuve Williams par le col de sa robe, pour la soulever et amener son visage près du sien.
« Non ! Non ! Je ne fricote pas avec eux ! Je suis de votre côté je vous le jure ! » s'écrie la Veuve Williams, en se débattant maintenant, dans l'espoir vain d'échapper à la prise de Voldemort.
« Qui alors ? Est-ce Lucius ? Est-ce à lui que tu as donné les Clefs ? Est-ce pour lui que tu travailles ? » siffle alors Voldemort avec fureur, tandis que je sursaute et que je j'échange un rapide coup d'œil surpris avec Harry.
Alors là, je ne m'attendais pas du tout à cela ! Et la Veuve Williams non plus naturellement. Elle écarquille les yeux, secouant la tête avec forces dénégations, mais ne parvient pas à parler, tant la prise de la main de Voldemort est serrée sur son col.
Il l'étrangle à demi, elle tousse et son visage se teinte dangereusement.
« Il veut le trésor lui aussi, je le sais ! Et il me ment, il m'a trahi à plusieurs reprises ! Il baise Astérion Thorpe, j'en suis certain, j'ai senti son odeur sur lui ! C'est pour cela qu'il voulait l'emmener avec lui ! Et c'est pour cela, qu'il tarde à revenir de Suède avec les réponses que j'attends de lui ! Il sabote mes projets ! Il fait tout pour les retarder ! Il était seul à savoir que je négociais avec les Géants, les Harpies et les Vampires ! Il tarde également à m'amener un Dragon ! Il ne débusque pas les traîtres dans mes rangs ! Il me fait défaut dans chaque bataille décisive ! Il a laissé s'échapper l'Agnelle ! Et Draco ! Et il espère maintenant obtenir le Trésor de Brian Boru et le cacher ailleurs, pour lui seul, n'est-ce pas ? C'EST DONC A LUI QUE TU AS REMIS LES CLEFS, N'EST-CE PAS ? IL M'A TRAHI ! VOUS ME TRAHISSEZ TOUS LES DEUX ! AVOUE-LE MAINTENANT ! » poursuit Voldemort, le ton de sa voix montant de plus en plus vers le hurlement.
Il desserre un peu sa poigne sur le col de la Veuve Williams, pour lui permettre de répondre et elle respire aussi sec à grand traits goulus.
« PARLE ! AVOUE QUE TU ES COMPLICE AVEC LUCIUS ! » hurle de nouveau Voldemort, lorsque sa prisonnière semble avoir repris son souffle.
« Non ! Non ! Je ne travaille pas pour lui ! Je ne connais pas Lucius ! Je… » hurle-t-elle en réponse, se débattant de nouveau
Elle s'agite et rue comme un beau diable, mais la poigne de Voldemort est irrémédiablement solide et il la fige soudainement, d'un simple Maléfice du Saucisson pour l'empêcher de bouger.
« NE MENS PAS ! JE SAIS QUE C'EST LUI ! JE VAIS EN AVOIR LA PREUVE DANS TON ESPRIT ! JE VAIS RETROUVER TOUS TES SOUVENIRS DE VOS RENCONTRES, DE VOS COMPLOTS CONTRE MOI ! PUIS JE LE FERAI REVENIR ET JE LE CONFONDRAI AVANT DE VOUS TUER TOUS LES DEUX ! » hurle maintenant Voldemort, irradiant de fureur.
Dans le même temps, il saisit le visage d'Una Williams entre ses deux mains, puis il plonge son regard dans le sien. Et après quelques secondes d'un traitement sans pitié, le corps figé de sa prisonnière se met soudainement à tressauter.
Il ne trouvera rien contre Lucius dans son esprit, mais il va continuer à chercher et la tuer comme il l'a fait avec la mère de Blaise ! Et après il va faire revenir Lucius et tout nos plans seront fichus, songe-je, horrifié.
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« Allez-y, Messire Salazar ! » ordonne cependant Harry.
Et je ne peux m'empêcher de frissonner.
Nous sommes en train de perdre le contrôle de la situation, alors que nous avons à peine commencé à titiller Voldemort.
Qu'est-ce que tout cela va donner, putain. Qu'est-ce que cela va donner ?
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Harry
C'est un incroyable et impensable retournement de situation contre Lucius, me dis-je, alors que Messire Salazar apparaît subitement dans le salon, juste derrière Voldemort.
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« Arrête ! Arrête ! Arrête tout de suite ! Arrête je te dis ! Si tu la tues, tu ne sauras pas ! Tu ne sauras pas ! Tu ne sauras pas qui nous trahit ! » s'exclame-t-il avec force, dans une imitation parfaite des intonations du Salazar de Voldemort.
Aussi sec, l'affreux sursaute et il détourne brusquement son regard de celui d'Una Williams, dont le corps cesse quasi aussi sec de tressauter et s'affaisse, son visage glissant lentement entre les doigts de Voldemort.
« Salazar ! » s'exclame-t-il, les yeux arrondis de surprise et se levant d'un bond.
« Salazar ! Salazar ! Salazar ! Oui ! Oui ! Oui ! C'est moi ! C'est moi ! C'est bien moi ! Qui aurais-tu voulu que ce soit d'autre ! » s'exclame Messire Salazar, avec une fébrilité impatiente, en se déplaçant pour venir se placer maintenant face à Voldemort, qui le suit des yeux, fasciné et interrogateur à la fois.
La même question doit tourner en boucle dans son esprit : comment son ancêtre peut-il ainsi se trouver face à lui, alors qu'ils n'avaient jusqu'ici communiqué qu'en esprit ?
« Comment est-ce possible ? Comment peux-tu ainsi te tenir devant moi ? » demande-t-il d'ailleurs, en écho à ma certitude, le regard de plus en plus incrédule.
Une incrédulité toujours animée d'émerveillement. Et de joie aussi maintenant. Il doit se dire que cette apparition, cette matérialisation est de bon augure. De très bon augure même.
Et soudainement, il sourit et tend la main vers Messire Salazar, amorçant un pas en avant. Mais notre cher Fantôme recule vivement d'un pas.
« Ne me touche pas ! Ne me touche pas ! Ne me touche pas ! Ou à jamais je perdrai la force de paraître devant toi et dont nous avons besoin pour accomplir nos desseins ! » s'exclame-t-il, prenant l'air à la fois effarouché et désapprobateur.
Voldemort baisse aussitôt sa main et se recule d'un pas à son tour. Mais ce faisant, sa jambe heurte le bras de la Veuve Williams qui a glissé hors du sofa et, dans un automatisme, l'affreux jette un coup d'œil vers sa prisonnière, qui gît, inconsciente et avachie comme une poupée de chiffon.
« Pourquoi m'as-tu empêché de poursuivre ma tâche ? Si tu ne l'avais pas fait, nous aurions enfin obtenu la preuve qui nous fait défaut pour confondre Lucius ! » dit-il, brusquement, levant un regard soudainement froid à l'encontre de Messire Salazar.
Son émerveillement et sa joie de le voir, auront été de courte durée.
« Pas de preuve ! Non ! Non ! Non ! Tu n'aurais pas obtenu de preuve contre Lucius ! Et tu la tuais ! La tuais ! La tuais ! Comme Lucrèce ! Aucune preuve nous n'aurions eu et nous n'aurions pas su qui nous trahit ! » répond Messire Salazar, avec juste assez de reproche et de fermeté dans le ton pour faire tiquer Voldemort, mais insuffisamment cependant, pour provoquer une explosion de colère de sa part.
« Lucius nous trahit, tu le sais bien ! Et je vais le faire revenir dès à présent pour le confondre ! » réplique l'affreux, le ton dédaigneux, en amorçant aussitôt un pas vers la porte.
Sans doute aucun pour rappeler Lucius par l'intermédiaire de la Marque du planton.
« Ce n'est pas lui ! Ce n'est pas lui ! Ce n'est pas lui ! Tu le sais ! Tu l'as cherché dans ses souvenirs, mais tu ne l'as pas vu ! Pas vu ! Pas vu ! Ce n'est pas lui ! » s'exclame Messire Salazar, s'intercalant avec vivacité, entre Voldemort et la porte vers laquelle il se dirigeait…
Il joue à quitte ou double avec cette affirmation. Mais il a raison de le faire. Car il n'y a pas même l'ombre d'une chance infinitésimale que Voldemort ait pu voir Lucius dans un seul des souvenirs de la Veuve Williams. Ils ne fréquentent assurément pas le même monde.
« Et comment peux-tu être si certain que ce n'est pas lui ? Tu sais qu'il a gâché Draco ! Tu sais qu'il nous a menti à plusieurs reprises ! Il fait échouer toutes mes entreprises ! M'a fait perdre la Porte au Ministère ! Les Géants hier ! Les Harpies et les Vampires aujourd'hui ! Il m'a fait perdre Latton aussi ! C'est lui le traître ! » réplique vertement Voldemort.
Il s'est néanmoins arrêté d'avancer et ne semble plus aussi assuré, plus aussi convaincu par ses propres paroles.
« Toi aussi tu lui as menti ! Tu ne veux plus de lui ! Il est trop vieux ! Trop vieux ! Trop vieux, maintenant pour te plaire encore ! Et il ne nous trahit pas ! C'est la jalousie qui l'a poussé à salir Draco ! Tu le sais ! Tu le sais ! Tu le sais ! Il ignorait nos desseins concernant la Porte au Ministère ! Tu as reconnu déjà que ce n'est pas lui qui a pu trahir ce projet ! Et s'il t'avait trahi, Latton n'aurait pas pu voler le Volumen ! De Paimpont aurait su que tu le voulais et l'aurait caché ! Caché ! Soigneusement caché ! Mais tu veux l'accuser pour te débarrasser de lui ! Je ne veux pas te laisser faire ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! Je ne veux pas ! Nous avons trop besoin de lui encore ! Besoin ! Besoin ! Besoin de lui ! » rétorque Messire Salazar, sur le même ton, avec une belle autorité.
Sa présence fantomatique en impose. Bien que Voldemort soit assez grand, il le domine d'un tiers de tête et son attitude, son maintien ferme et altier, son regard impérieux, doivent peser des tonnes.
« Et en quoi avons-nous besoin de lui, selon toi ? » demande l'affreux, le regard défiant, les lèvres pincées.
« Pour couvrir nos arrières et mener nos troupes ! Nous avons besoin de lui ! Besoin ! Besoin ! Besoin jusqu'à ce que nous lui ayons trouvé des remplaçants dignes de nous seconder ! Il faut attendre ! Attendre ! Attendre ! Attendre d''avoir des remplaçants dignes de nous seconder ! » répond Messire Salazar, en soutenant le regard défiant de l'affreux, sans ciller le moins du monde.
Voldemort ne répond pas tout de suite. Il réfléchit, les mâchoires serrées sur la contrariété.
« Nous avons Bellatrix et Rabastan, pour mener nos troupes ! » lâche-t-il finalement, avec assez peu de conviction cependant.
« Bellatrix échoue toujours ! Toujours ! Toujours ! Et Rabastan a le cerveau troué ! De plus en plus troué ! Il ne sera bientôt plus bon à rien ! A rien ! A rien! Tu le sais ! Tu le sais ! Tu le sais ! » réplique Messire Salazar, avec une fermeté inflexible.
Riche idée, que nous avons eue de l'informer de tout ce qu'il s'est passé ce matin à la Gentilhommière. Grâce à cela, il a pu user de cet argument au sujet de Rabastan.
Et je décide illico, que désormais il restera ici. Il observera et écoutera tout.
« Tu as raison. Nous avons encore besoin de Lucius pour le moment. » lâche finalement Voldemort, après un silence de réflexion très lourd, très tendu et soupirant avec agacement avant d'ajouter avec dureté : « Mais je maintiens qu'il faut nous débarrasser de Lucius au plus tôt ! »
« Nous le ferons, lorsque nous l'aurons remplacé ! Oui ! Oui ! Oui ! Nous le ferons ! Mais en attendant il ne doit pas savoir, il ne doit pas s'apercevoir que nous ne voulons plus de lui ! Il ne doit pas ! Il ne doit pas ! Il ne doit pas savoir ! » s'exclame alors Messire Salazar, avec impatience
« Non, il ne doit pas savoir, tu as raison, Salazar. Laissons donc Lucius en Suède, à s'occuper de son jeune éphèbe et de trouver les failles dans les Protections des Frontières. Ainsi il ne reviendra pas avant la fin de la semaine et nous n'aurons pas à baiser son corps vieillissant d'ici là. » répond Voldemort, avec dédain.
« En Suède ! Oui ! Oui ! Oui ! Laissons-le en Suède ! Nous n'avons pas besoin de lui de toute façon pour baiser ! Nous avons les Ephèbes ! Pas besoin de lui non plus, pour trouver le Trésor ! Le Trésor ! Le Trésor de Brian Boru ! » s'excite à nouveau Messire Salazar, ramenant Voldemort vers la réalité du moment.
Et évitant habilement un terrain quelque peu glissant. Car il faudra aussi aborder la question du corps vieillissant, non de Lucius mais de Voldemort, avant la fin de la semaine. Cependant, le moment n'est pas opportun.
L'affreux réagit aux paroles de Messire Salazar, sursautant comme s'il avait oublié le Trésor de Brian Boru. Et il se retourne vivement vers la Veuve Williams, toujours inconsciente sur le canapé.
« Oui, le Trésor de Brian Boru. Il nous faut ce Trésor, pour entretenir mes nombreuses troupes. Je dois donc savoir qui a engagé cette femme. Qui cherche à s'emparer de ce Trésor. Qui détient les Clefs à présent… » murmure-t-il, en fixant Una Williams d'un regard vacillant.
Il ne réagit pas plus cependant, restant figé sur place, l'air de tergiverser. Et je me demande aussi sec, ce qui le rend si hésitant tout à coup. J'espère que ce n'est pas son Salazar qui fait des siennes et je croise de toutes mes forces les doigts, pour qu'il ne vienne pas foutre en l'air tout le travail accompli par Messire Salazar.
Mais un rapide examen de son Aura, me persuade tout aussi rapidement que son Salazar se tient tranquille. Ce n'est pas cela qui préoccupe Voldemort.
« Qui détient les Clefs ! Oui ! Oui ! Oui ! Tu dois savoir qui les détient ! » s'exclame de nouveau Messire Salazar, pour attirer l'attention de l'affreux, venant se placer auprès du sofa, avant d'ajouter : « Réveille-là et regarde encore dans ses souvenirs ! Mais demande-lui cette fois-ci de te montrer qui te les a volées ! Elle le fera, elle te montrera si tu le demandes ! Pour ne plus avoir à souffrir, elle le fera ! Le fera ! Le fera ! Sans te résister ! »
« Oui, elle le fera sans résister, c'est vrai, pour échapper à la souffrance. Mais il nous faut régler une question urgente. Elle ne doit pas te voir Salazar. Personne ne le doit. Et j'ai de nombreuses questions à te poser. Il faut donc… » commence Voldemort, avant que Messire Salazar ne l'interrompe.
« Pas le temps ! Pas le temps ! Pas le temps pour les questions ! Plus tard ! Plus tard ! Plus tard tu les poseras ! » dit-il, tandis qu'il se passe soudainement quelque chose d'étrange, alors qu'il est au milieu de son intervention.
Il se met à… clignoter… Oui, clignoter c'est le mot juste. Il apparaît et disparaît tour à tour très rapidement, comme une lumière qui clignote.
« Que se passe-t-il, pourquoi fais-tu cela ? Pourquoi disparais-tu et réapparais-tu ainsi ? » réagit vivement l'affreux, avec une certaine surprise vaguement inquiète.
« Plus assez de force pour rester matériel ! Plus assez ! Plus assez ! Plus assez ! » répond vivement Messire Salazar, semblant produire des efforts, pour ralentir le processus de disparition.
« Pourrons-nous encore accomplir le rituel ? Auras-tu assez de force pour le faire ? Et mes questions ! J'ai beaucoup de questions à te poser ! Viendras-tu encore me voir ainsi, pour y répondre ! » demande l'affreux, vivement inquiet cette fois.
« Oui ! Oui ! Oui ! Je pourrai ! Je reviendrai ! Je revien… » s'exclame Messire Salazar, disparaissant durant trois bonnes secondes avant de revenir et ajouter : « …zor ! Le Trésor ! Occupe-toi du Trésor ! Je reviendrai te voir ! Je reviendrai ! Je re… »
Et cette fois, quand il disparaît, je me retourne vivement, pour constater qu'il est bel et bien revenu ici.
o-o-o
« Parfaite improvisation, Messire Salazar ! Et ce truc du clignotant juste avant de revenir, c'était du pur génie ! » m'exclame-je, avec un grand sourire.
« Merci Harry. En vérité, je ne savais comment faire pour éviter les inévitables écueils qui se profilaient, avec ces nombreuses questions qu'il souhaitait me poser. Et je ne sais pourquoi, je me suis soudainement souvenu des petites lumières du sapin de Noël, que j'avais vu lorsque je suis allée par pure curiosité, visiter la maison de votre amie Hermione, lors du premier Noël que vous avez quant à vous, passé à Poudlard. » répond Messire Salazar, avec une modestie sincère.
« Heureux souvenir ! Il est tombé à pic ! » commente-je, avec satisfaction.
« Oui. Je me demande seulement, si j'ai bien fait d'attirer à nouveau l'attention de ce monstre sur cette pauvre femme ! » soupire Messire Salazar, son regard venant se poser sur un Ecran, par-dessus ma tête.
Dans un automatisme, je suis son regard du mien. Voldemort s'est assis sur le fauteuil, auprès de la Veuve Williams. Il s'est servi un autre thé et il le boit à petites gorgées, songeur, perdu dans ses pensées. Mais son Aura n'est pas agitée de colère.
Il doit se repasser le film de la rencontre qu'il vient de faire avec son ancêtre, tout simplement. Essayer de comprendre comment il a pu se matérialiser ainsi et se poser mille questions.
« Il s'en serait souvenu de toute façon à un moment ou l'autre et vous avez dit ce qu'il fallait, pour éviter à sa prisonnière de souffrir encore outre mesure, d'une intrusion forcée dans son esprit. » répond Ron, tandis que j'acquiesce du chef pour appuyer sa réponse.
« Certes. Mais il va être de nouveau très en colère, lorsqu'il va apprendre la vérité. » soupire Messire Salazar, avant d'ajouter avec tristesse : « Il la tuera. »
« Oui. Mais elle était condamnée dès l'instant où Yaxley l'a trouvée. Et ça, ce n'est pas votre responsabilité, Messire Salazar. C'est la mienne. » réponds-je, une boule se formant dans ma gorge.
J'ai pris la décision de lancer Voldemort dans la chasse au Trésor, en toute conscience de ce qui pourrait se produire et sachant que je ne serai jamais fier de cette décision, que j'en porterai le poids toute ma vie durant.
Alors, même si j'ai tenté de sauver Una Williams tout à l'heure, je dois assumer désormais ce qu'il se passe, comme cela se passe. Et je dois le faire, en Chef de Guerre.
Messire Salazar tapote mon épaule et son contact glacé ramène mon esprit au présent.
o-o-o
Sur l'Ecran, l'affreux termine son thé. Il pose sa tasse vide sur la table basse, puis examine le visage de la Veuve Williams. Celui-ci est toujours tendu, crispé dans son inconscience. Et Voldemort pince durement les lèvres, une lueur contrariée traversant son regard.
Il doit pester contre lui-même à présent et espérer que sa brutalité n'a pas causé déjà des dommages irréparables dans le cerveau de sa prisonnière, qui l'empêcheraient désormais d'apprendre qui détient les Clefs qu'il convoite tant.
Un Enervate. Una Williams papillonne des yeux et elle pousse un hurlement aussitôt son regard capte l'image de Voldemort. Un Silencio la réduit au silence. Et l'affreux saisit durement son visage entre ses doigts.
« Tais-toi ! Ecoute-moi si tu ne veux plus avoir à souffrir ! » siffle-t-il, d'un ton impérieux.
Le regard de la Veuve Williams est toujours écarquillé de terreur, mais sa gorge semble se détendre. Elle a cessé de crier.
« Tu sais qui a les Clefs, n'est-ce pas ? » demande donc Voldemort et les paupières d'Una Williams s'agitant vivement comme pour répondre positivement, il ajoute d'un ton plus bas certes, mais toujours aussi menaçant : « Tu vas me montrer tout ce dont tu te souviens, des projets de celui qui t'a engagé, c'est compris ? »
Nouveaux papillonnements de paupières.
« Bien. Pousse tous tes souvenirs en avant, laisse-moi les regarder et cette fois tu ne souffriras pas. » poursuit l'affreux, avant de plonger son regard dans celui de sa prisonnière.
Il prend davantage de précautions, c'est très net. Mais Una Williams grimace quand même et de plus en plus à mesure que l'affreux pousse ses investigations dans son esprit. La colère de Voldemort est brusquement montée et elle s'anime dans son Aura, en tourbillons de petites explosions crépitantes, de plus en plus rapides et impérieuses. Soudainement cependant, l'affreux repousse le visage de la Veuve Williams.
« Yaxley ! Bertram Yaxley ! » siffle-t-il, avec rage, en se levant brusquement.
Et Una Williams se recroqueville sur elle-même, des larmes roulant sur ses joues, tandis que Voldemort se met à marcher de long en large dans le salon, la colère crépitant au bout de ses doigts.
« C'est donc lui, le traître… Oui, bien sûr que c'est lui !… Et il n'est pas seul à me trahir ! Maintenant je comprends tout ! Oui, je comprends tout ! » siffle encore Voldemort, tandis que le mobilier se met à trembler et que des vitres explosent dans un son cristallin à son passage près d'une fenêtre.
o-o-o
« Faut-il que j'y retourne ? » demande Messire Salazar, avec inquiétude.
« Non. Il n'essaye pas de contenir sa colère cette fois. Il va donc la décharger. Il ne pourra faire autrement. » réponds-je précipitamment, les yeux rivés sur l'Aura de Voldemort.
o-o-o
Elle déborde largement, noire, visqueuse. Elle s'étend de plus en plus dans le salon. Le bois d'un petit secrétaire craque, puis la porte de communication avec son bureau se fend en deux et le lustre de cristal tombe, entraînant quelques morceaux du plafond avec lui.
« AVADA KEDAVRA ! » hurle soudain Voldemort.
Le corps de la Veuve Williams saute jusqu'au plafond, avant de retomber. Il rebondit une fois sur le dossier du sofa, puis roule pour tomber sur le sol où il choit durement.
Voldemort détruit maintenant le sofa, puis le petit secrétaire déjà bien abîmé. Il réduit en miettes tout le mobilier présent dans la pièce, jusqu'à ce que sa colère soit suffisamment calmée à son goût. Puis il tourne de nouveau en rond, parmi les gravats, dégageant les débris de son chemin, à petits coups de Sortilèges très secs.
Cela dure ainsi une dizaine de minutes environ. Enfin il s'arrête aussi brusquement qu'il s'était mis en train, avisant les dégâts autour de lui en un regard circulaire. Puis, d'un geste ample, il remet tout en place. Répare tout ce qu'il a détruit, avant de faire Léviter le corps sans vie d'Una Williams et d'aller le déposer dans un coin de son bureau.
« N'y touche pas, Nagini ! J'aurai encore besoin d'elle ! Elle ne m'a pas servi de son vivant, elle me servira dans la mort ! Alors si tu as faim, va chercher quelque chose pour te nourrir dans le petit bois ! » siffle-t-il en Fourchelang vers son énorme Serpent, tout en jetant des Sorts de Conservation sur la dépouille de la veuve Williams.
Puis il ouvre une fenêtre et incite son Serpent à sortir, avant de revenir dans le salon. Dernier coup d'œil à la ronde, puis il se ravise, retourne dans le bureau et fait revenir le corps sans vie d'Una Williams dans le salon, la déposant à même le sol. Enfin, il revient dans le bureau, se dirigeant vers la porte du couloir qu'il ouvre et demande au Planton de faire venir Yaxley, qui l'attend dans la Bibliothèque depuis un peu plus de trois quarts d'heure maintenant, dans son bureau.
« Entre, donc, Hewrey. Nous avons à parler. » déclare l'affreux, avec une amabilité forcée, très bien imitée, lorsque Yaxley arrive.
Yaxley n'y voit que du feu. Et je me demande quant à moi ce que l'affreux mijote.
Il invite maintenant son Serviteur à prendre place sur un fauteuil, face à lui qui s'est installé à son bureau, puis il fait venir un thé des cuisines en un coup de Baguette un peu large, mais appuyé juste ce qu'il faut, tandis que Yaxley cherche la Veuve Williams du regard.
« Sers-nous le thé, veux-tu Hewrey ? » demande l'affreux, avec un sourire engageant.
« Bien entendu, Monseigneur. » obéit prestement Yaxley, avant d'oser demander : « Puis-je me permettre de m'étonner de l'absence de votre prisonnière ? »
« Mon invitée, Hewrey. Mon invitée. Contre toute attente, nous avons eu une très aimable conversation tous deux. Et elle se repose maintenant, sur le sofa du salon. » ment Voldemort, avec un parfait aplomb.
« Oh ! Vous me voyez ravi de cette heureuse tournure des évènements. » répond Yaxley, en présentant une tasse de thé à son Maître, qui la prend avec un sourire de remerciement.
« Oui, n'est-ce pas. Et comme prévu tout à l'heure, j'ai maintenant une autre Mission à te confier. » déclare l'affreux, avant de tremper avec précautions ses lèvres dans son breuvage brûlant.
« Votre confiance m'honore, Monseigneur. Et j'ai grand hâte que vous m'exposiez ce que vous attendez de moi. » répond Yaxley, avec une courbette de la tête.
Il est dégoulinant d'obséquiosité, à son habitude. Et il serait certainement moins empressé, s'il savait ce que Voldemort s'apprête assurément à faire : lui demander de livrer son frère à sa colère vengeresse, sur un plateau d'argent.
« J'ai des recherches importantes à mener et tu vas m'aider dans cette entreprise. Tu vas donc t'installer ici dès aujourd'hui, Hewrey. » déclare l'affreux, à l'agréable étonnement de son Serviteur.
« Oh ! Quelle heureuse surprise ! J'ai grand hâte de commencer ce travail à vos côtés, Monseigneur ! Quel est donc l'objet de cette recherche ? » demande Yaxley, haussant un sourcil intéressé.
Et pour une fois, j'ai le sentiment qu'il est parfaitement sincère.
« Il s'agit de confectionner un Artefact, qui nous donnera un net avantage sur nos ennemis. Je t'en dirai davantage cependant, lorsque tu reviendras tout à l'heure. Car vois-tu, j'ai non seulement besoin de tes talents de traducteur, mais également de ceux de la fiancée de ton frère. Suzie, me semble-t-il ? » répond Voldemort, haussant quant à lui un sourcil qui demande confirmation à sa question.
« Susan, Monseigneur. Susan Flamstead. » répond Hewrey, qui précise ensuite : « Oui, c'est une excellente traductrice, particulièrement douée avec les Runes et l'Arithmancie, raison pour laquelle elle avait été engagée chez les Langues de Plomb. »
« Ah, Susan, oui. Une jeune femme tout aussi ravissante qu'intelligente. » sourit l'affreux, buvant un peu de thé, avant d'ajouter : « Bien entendu, elle séjournera également ici. Et comme je ne voudrais pas priver outre-mesure ton frère de sa charmante compagnie, invite le également à se joindre à nous. »
« C'est très délicat de votre part et Bertram vous en sera hautement reconnaissant, Monseigneur. » répond alors Yaxley, tandis que je songe que Bertram va plutôt le maudire lui-même, pour l'avoir emmené si naïvement à l'abattoir.
« Je n'en doute pas. Bertram a toujours été un excellent élément. Et je ne cache pas, que depuis quelques temps je songe à lui offrir une place importante dans mes rangs. Mes troupes ne cessent de se gonfler de nouveaux membres et des recrues supplémentaires devant incessamment nous rejoindre, il me faut songer à composer des unités, à la tête desquelles il me faudra placer des Serviteurs aussi talentueux que fidèles à ma cause. Ton frère et toi-même, me semblez donc tout naturellement indiqués pour remplir cet office. » déclare l'affreux, avec un sourire de faux cul numéro Un.
Et pour le coup, Yaxley se rengorge, ne dissimulant pas sa fierté.
« Quel honneur ! Vous me comblez, Monseigneur ! Et je vous jure que vous n'aurez jamais à le regretter ! » s'exclame-t-il, posant vite fait sa tasse de thé sur le plateau, pour se dépêcher d'aller s'agenouiller au pied de son Maître, puis de saisir sa main pour l'embrasser avec ferveur.
« Ne me remercie pas, Hewrey. C'est la juste récompense de ton incessant labeur et de ton infaillible fidélité à mon égard. » susurre l'affreux, plus faux cul que jamais, s'empressant d'ajouter dans la foulée : « Mais va maintenant. Je suis très hâtif de me mettre au travail. Vous disposez d'une heure, pour faire vos bagages et vous présenter ici même. Et surtout ne parle pas de mon invitée, à qui que ce soit. Pas même à Bertram et Susan. Ils feront connaissance avec elle tout à l'heure. Je ne souhaite pas que des oreilles indiscrètes aient vent de sa présence en ma demeure. »
Et naturellement Yaxley s'empresse d'obéir, tandis que je songe que Voldemort a repris parfaitement ce contrôle de lui-même, qu'il avait perdu avant l'intervention de Messire Salazar.
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