Discalimer : cf chapitre 1
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Mille merci à Mistycal, ma super beta !
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Je vous souhaite à toutes et tous de très bonnes fêtes de fin d'année !
Que celles-ci se passent dans la joie et la douceur pour chacun(e) d'entre vous !
Et je vous dis à dans quinze jours, car je m'offre une petite semaine de vacances.
Gros bisous
Et bonne lecture !
OoOoOoO
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D'Irruption en Irruption 3 / 4
Acte 4 : Une Fin Très Douloureuse…
Ron
Yaxley parti chercher ses bagages, son frangin et Flamstead au Manoir Malfoy, l'affreux reste assis à son bureau, réfléchissant et un sourire cruel à faire froid dans le dos accroché à ses lèvres minces.
« Tu crois toujours que c'est Voldemort aux commandes ? » demande-je en direction de Harry, ajoutant très vite : « Moi, je le trouve trop réfléchi, trop maîtrisé.»
« C'est bien Voldemort. Je n'ai aucun doute là-dessus. » répond Harry, avec assurance.
« Comment expliques-tu dans ce cas, que sa colère soit aussi facilement retombée qu'un soufflet ? Et à ton avis que fait son Salazar ? Comment réagit il ? Pourquoi ne se manifeste-t-il pas ? » insiste-je, non que je mette la parole de Harry en doute, mais je veux pouvoir apprécier moi-même la situation à sa plus juste mesure, si un jour je suis posté en observateur et qu'il n'est pas là pour une raison ou une autre.
« Mmmmm… Je pense que Salazar se tient à l'affût. Il a dû être tout autant surpris que Voldemort par l'arrivée aussi soudaine qu'inattendue de Messire Salazar et décider de se positionner en observateur, tâcher d'essayer de comprendre où nous voulons en venir. Il doit se demander également, si c'est un pur hasard et une extraordinaire coïncidence, que Messire Salazar soit intervenu alors que Voldemort était décidé à accuser Lucius de trahison et de le tuer, ou si nous disposons effectivement d'un moyen de suivre chacun de ses mouvements et d'anticiper ses actions. » répond Harry, sourcils froncés sur la réflexion.
« Tu crois en fait, qu'il pourrait bien penser que c'est toi qui espionne Voldemort, n'est-ce pas ? Que tu viens le visiter à son insu, comme lui-même l'a fait à une époque, pour implanter des rêves dans ton esprit. » interviens-je, mû par une inspiration soudaine.
A peine précédée d'un chatouillis de mon pif, que j'ai vivement frotté.
« C'est une possibilité. Je pourrais le faire et si je prenais beaucoup de précautions, Salazar ne sentirait rien, pas plus que Voldemort, à la condition bien sûr, que Tristan reste loin de lui. Mais Salazar sait que quelque chose ne colle pas dans ce raisonnement. C'est un procédé de Magie Noire. Or, ma Magie est entièrement Lumineuse et ça, Salazar le sait aussi. Comme il subodore en outre, que je n'userai pas de Magie Noire dans mon combat contre Voldemort, puisque je ne l'ai pas fait alors que j'en ai eu maintes fois l'occasion déjà. Alors il doute, il se pose des questions à propos de tout cela. Alors de fait, il observe ce qu'il se passe, il reste à l'affût et se tient tranquille. Et je pense également que c'est pour cela, que Voldemort se maîtrise mieux maintenant. Parce que Salazar ne le titille pas, n'essaye pas de prendre l'avantage dans leur duo en ce moment. C'est une importante contrariété qui lui est épargnée, de n'avoir pas à se battre contre lui… » répond Harry, qui marque une brève pause de réflexion encore, avant de préciser : « L'intervention de Messire Salazar a été très bénéfique cependant tout à l'heure. Car Voldemort perdait bel et bien les pédales et ce, sans avoir été influencé par Salazar, j'en suis certain. Et il pourrait le faire encore dans les heures ou prochains jours qui viennent. A nous donc, de faire en sorte désormais, que Messire Salazar soit un régulateur privilégié de sa colère. »
C'est une explication plausible et une excellente idée, de réguler la colère de Voldemort, grâce aux interventions de Messire Salazar, me dis-je, tandis que Harry demande à notre cher Fantôme de bien vouloir rester H24 dans la Base désormais, à observer et écouter tout ce que dira Voldemort.
Messire Salazar accepte bien volontiers et se déclare prêt à intervenir à chaque moment opportun, afin de faire retomber la colère de Voldemort. Ou au contraire de l'exciter, si cela s'avère nécessaire. Mais ça, ce sera uniquement réservé pour provoquer l'ultime bataille.
« Merci, Messire Salazar. C'est un immense service que vous nous rendez. Il va falloir marcher sur des œufs à chacune de vos interventions et je sais que vous en avez parfaitement conscience. Nous vous aiderons au mieux, en échangeant nos observations, nos idées et avis. Et pour pouvoir le faire à tout instant, nous aussi nous resterons au plus souvent possible ici. Nous dormirons même dans une chambre à coté, à tour de rôle. » déclare alors Harry, me jetant un coup d'œil pour me demander ce que j'en pense.
Cela ne m'enchante pas outre mesure de devoir rester ici H24, mais je reconnais que Harry a raison. Il est celui d'entre nous qui décrypte le mieux Voldemort et Salazar. Et au train où vont les choses, nous n'aurons pas l'esprit disponible pour faire grand-chose d'autre qu'Espionner l'affreux de toute façon.
Les prochains jours promettent donc d'être très longs, très chargés, intenses en observations et discussions. Et nous aurons intérêt à nous ménager soigneusement des temps de repos réparateurs.
« Je vais tenir Poudlard informé de la situation. » décide-je, peu désireux de passer quasi une heure à ne rien faire.
Ou plutôt de la passer à regarder Voldemort réfléchir.
Et puis, je suis curieux de savoir s'il y a eu ou non une réaction à Poudlard, après que Voldemort ait pris contact avec Cooper. Du moins, si c'est bien ce qu'il a fait quand il est resté une bonne dizaine de minutes les yeux fermés ce matin.
Mais ni Albus, ni Draco, n'ont de nouvelles fraîches à me fournir.
Cette nuit, mon beau-frère en saura peut-être davantage, me dis-je, posant le Miroir de communication sur la plage de travail devant les Ecrans, en me levant pour me dégourdir un peu les jambes.
J'en profite pour me servir un thé, demandant ensuite à Harry s'il en veut un également.
« Va chercher Rabastan. Dis-lui de venir tout de suite ! » entends-je soudainement expressément demander Voldemort, d'un ton brutal.
Je me tourne aussi sec vers l'Ecran, arrosant du même coup mon froc avec le thé que je versais pour Harry. Et je peste illico entre mes dents.
A-t-on idée d'être aussi nerveux et maladroit !, me dis-je, en me séchant d'un coup de Baguette irrité.
o-o-o
C'est bien sûr au Planton, que l'affreux s'est adressé et celui-ci fait diligence pour obéir à son Maître. Rabastan arrive donc peu après dans le bureau.
« Que puis-je faire pour votre service, Monseigneur ? » demande-t-il, à peine un pied dans la place.
« Les frères Yaxley et Susan Flamstead seront ici dans trois-quarts d'heure, Rabastan. Guette leur arrivée et poste-toi dans le couloir, lorsqu'ils seront entrés dans le bureau. » ordonne Voldemort, à la surprise de son Serviteur qui hausse un sourcil;
« Des problèmes en perspective avec l'un ou l'autre, Monseigneur ? » ose-t-il demander, sans masquer sa curiosité.
« Avec les trois, Rabastan. Car je les soupçonne de s'être entendus pour me trahir. » répond l'affreux, avec un pli amer et méprisant aux coins de la bouche.
« Ils seraient trois traîtres… Oui, c'est fort plausible. Et fort intelligent. Ainsi, ils dispersaient les soupçons, pouvaient les faire peser sur d'autres qu'eux, sans être eux-mêmes soupçonnés ou inquiétés... » murmure Rabastan, plissant les yeux sur la réflexion, avant de demander : « Si je puis me permettre, comment avez-vous découvert leur trahison, Monseigneur ? »
« Bertram a commis une grave erreur. Il a manœuvré pour doubler son frère en même temps qu'il me trahissait personnellement et cela a causé sa perte. Car si Hewrey avait été informé du projet que Bertram fomentait secrètement, jamais je ne les aurais découverts. Mais il n'est pas temps de parler de cela, Rabastan. Tu en sauras davantage tout à l'heure. Tiens-toi juste prêt à les empêcher de s'enfuir, comme ils ne manqueront pas d'essayer de le faire. Et réjouis-toi. Tu vas pouvoir te venger des dégâts causés à ta mémoire et tu n'auras plus à souffrir de nouveaux désagréments. Car il ne fait nul doute qu'ils sont coupables de t'avoir Ensorcelé au Manoir Malfoy, mais également lorsque tu es allé en Europe où tu as été amené à les côtoyer à la même période où tes troubles se sont aggravés, n'est-il pas ? » répond Voldemort, haussant un sourcil sur sa question.
« Oui. C'est exact, Monseigneur. Au moins Bertram et Susan Flamstead étaient au Manoir, lorsque ma Mémoire a commencé à souffrir, vous avez raison. Et j'ai rencontré l'un et l'autre des deux Yaxley en Europe. Flamstead également était présente en Roumanie. » accorde Rabastan, dont le regard s'assombrit de colère.
Il serre les poings, mâchoires crispées. Sûr qu'il fera passer un très, très sale moment aux Yaxley et à Flamstead.
« Bien sûr, ils n'avoueront pas. Mais cela n'a pas d'importance. Je veux qu'ils souffrent longuement avant de mourir, Rabastan. Et personne ne devra jamais savoir ce qu'ils ont fait. Je ne veux pas que l'on me raille d'avoir été ainsi dupé par ces vils félons. C'est pourquoi tu renverras le planton, dès qu'ils seront là. Je ne veux personne non plus au portail, ni dans les couloirs, après leur arrivée ici. Efface la mémoire de chacun à leur propos et que leurs bagages soient laissés dans le vestiaire de l'entrée. Tu fouilleras ceux de Bertram et de Susan Flamstead, à la recherche d'un trousseau de Clefs en or, que tu me remettras si tu le trouves, aussitôt que je t'inviterai à me rejoindre. Qu'ils le voient bien surtout ! Par ailleurs, sache que je les ferai entrer dans le salon, soi-disant pour leur offrir un thé. C'est donc cette porte que tu devras couvrir depuis le couloir. Et laisse-moi mener toute l'affaire comme je l'entends, sans intervenir, jusqu'à ce que je t'invite à le faire. J'ai très envie de m'amuser un peu à leur dépens, en faisant preuve d'une subtile cruauté, pendant que je les démasque et démonte point par point leur manœuvre. C'est compris ? » déclare encore Voldemort, avec fermeté.
« Oui, Monseigneur. Chacun de vos ordres sera suivi à la lettre, vous pouvez en être assuré. » acquiesce Rabastan avec une inclinaison de la tête respectueuse.
« Très bien. Maintenant que ceci est entendu, dis-moi : es-tu parvenu à confectionner un Portoloin International ? » questionne maintenant Voldemort, les yeux un peu plissés.
« J'y suis presque parvenu, Monseigneur. Mais Yaxley a demandé à mon cobaye de se tenir près du portail pour délivrer l'adresse de la Gentilhommière à son frère et à Flamstead. J'ai donc dû interrompre mon entraînement. Un essai ou deux encore et je pense réussir. Et je redoublerai d'ardeur, pour mener à bien mon entreprise, lorsque nous en aurons terminé avec les traîtres. » répond Rabastan, avec un peu de précipitation;
L'affreux tique aussitôt, pinçant les lèvres;
o-o-o
« Il vient de se rendre compte que Carrow avait son utilité en fin de compte et qu'il avait commis une erreur en l'offrant comme cobaye à Rabastan. » murmure-je rapidement vers Harry, profitant que l'affreux marque un silence d'intense réflexion.
« Oui. Il aurait été bien ennuyé avec un Fidelitas au Secret Partagé, si Carrow Père avait été victime d'un accident pendant les essais. » approuve Harry, en ne quittant pas Voldemort des yeux.
o-o-o
« Utilise désormais Alecto Carrow. Et entraîne-toi en attendant l'arrivée de nos traîtres. Il faut que tu puisses partir ce soir, Rabastan. Il te reste une demi-heure, avant que les autres arrivent. Alors va donc, en prenant soin de te poster à un endroit d'où tu pourras voir les traîtres arriver. » décide l'affreux, après avoir jeté un coup d'œil sur l'horloge du bureau.
« Bien, Monseigneur. » acquiesce Rabastan, avec un inclinaison du buste, avant de s'empresser de sortir du bureau de son Maître.
Et l'affreux replonge aussitôt dans la réflexion.
o-o-o
« Qu'est-ce que tu vois, maintenant, dans son Aura ? » demande-je alors, à Harry.
« Il prépare son scénario d'approche et se régale d'avance, du sort qu'il réserve aux frères Yaxley et à Flamstead. » répond mon petit ami, d'un ton lugubre.
Et je grimace aussi sec. Car cela nous promet un moment vraiment très, très pénible.
« Qu'est-ce qu'on fait ? On tente de les intercepter ? » questionne-je, totalement incertain et conscient que de toute façon, cela ne servirait probablement à rien.
« Non. Voldemort conclurait certes qu'ils l'ont bien trahi, mais cela ne suffirait pas pour le satisfaire. Au contraire, cela attisera fortement sa colère, qu'ils échappent à sa vengeance. Alors il les tuera de toute façon, où qu'on tente de les mettre à l'abri. Il les localisera grâce à la Marque et les tuera, comme il l'a fait avec Hirkani Deli et la mère Parkinson. » répond d'ailleurs Harry, qui ajoute sur un soupir : « Et là, il pourrait totalement perdre le contrôle. Ou alors Salazar profiterait qu'il y ait un vecteur à disposition, pour intervenir et lui parler. Et alors, nous ne saurions pas ce qu'il a dit. Ou il pourrait même prendre le dessus… C'est trop risqué. »
J'acquiesce. Cela confirme ce que je pensais. Les Yaxley et Flamstead sont fichus, quoi qu'on fasse.
« Et s'il décide d'aller voir Latton cette nuit, ça pourrait arriver aussi, tout ça… » fais-je remarquer, avec contrariété.
« Nous saurons s'il se prépare à aller le voir. Et nous l'empêcherons de le faire, en faisant intervenir Messire Salazar, sous prétexte que c'est une perte de temps inutile et que Latton ne vaut pas les efforts qu'il devra faire pour le tuer. Avis auquel il se rangera aisément. Il est seulement dommage que nous ne puissions user des mêmes arguments concernant les trois autres, hélas. Leur soi-disant faute est beaucoup trop grande à ses yeux. Il ne se laisserait donc pas raisonner. » répond Harry, avec une assurance attristée.
« Ok. Dans ce cas, comme il nous reste vingt-cinq minutes encore à attendre, je vais aller chercher nos bagages. Ce sera vite fait, puisque nous avons toujours un sac prêt. » décide-je, me sentant des fourmis dans les jambes.
« D'accord. Moi, je préviens Hermione. Je vais lui dire de rester au Village des Elfes et que nous ferons appel à elle si nous avons besoin d'elle. Je vais également informer Sirius, Mondingus et Olivier, que nous prenons leurs prochaines gardes et qu'ils restent donc également à donner la main au Labo à notre place. Nous nous arrangerons avec Hestia, Dedalus et Lee. » répond Harry, qui me rappelle au moment où j'allais sortir de la Base, pour ajouter : « Demande en passant à tante Pétunia de nous préparer la chambre d'à côté, veux-tu ? »
Je grimace aussi sec.
« C'est celle où tu as remisé le portrait de Phineas Black. » rappelle-je, à la grimace de retour immédiate de Harry.
« Ah oui, c'est vrai. Eh bien, il n'y a qu'à le décrocher de là et l'installer ailleurs. Quelque part dans l'escalier, tiens. Il verra du passage comme ça. Ça le distraira. Et Vernon sera ravi de pouvoir planter un clou, pour une fois. » décide-t-il, tandis que je souris en coin.
Le vieux Phineas ne sera pas ravi du tout lui, d'être installé dans une montée d'escalier, accroché à un clou planté par un Moldu, qui plus est. Il aura sans cesse peur que son Portrait se casse la gueule.
« Ok. Je me charge de trouver l'endroit idéal. » souris-je encore, car je sais déjà exactement où le mettre.
A la place qu'occupait autrefois la tête d'un Elfe de maison lui conviendra parfaitement. Il aura vue en partie sur le hall ainsi et ne manquera pas d'être dérangé dans son sommeil, à chaque fois que quelqu'un grimpera aux étages.
Sans compter qu'il sera constamment exposé à de nombreux courants d'air.
Ouais. Sûr qu'il ne va pas être heureux.
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Harry
Le temps d'attente passe très vite, grâce aux informations que je donne aux uns et aux autres. Car évidemment, tout le monde veut savoir ce qu'il se passe à la Gentilhommière;
Et à peine Ron revient-il, que j'entends des coups de marteaux dans l'escalier.
« Vernon n'a pas tardé à se mettre au travail ! » souris-je, en direction de mon petit ami.
« Non. Tu avais raison, il était ravi de pouvoir enfin planter un clou. » sourit-il en retour, avant de préciser sur un clin d'œil : « Bien que son bonheur soit mitigé, car cela signifie répondre favorablement à ma demande. »
Je hausse les épaules. Vernon est vraiment un imbécile, qui a le don de gâcher son propre plaisir. Mais c'est son problème, pas le mien.
« Les voilà. » déclare soudainement Ron, tandis que j'allais servir un thé.
Je n'arrête pas mon geste, pour autant. Boire un thé avant les horreurs, ça va nous aider à tenir. Et dans la foulée, je sers également déjà deux petits verres de Pur Feu. Je n'aime pas ça. Mais Lee a raison. Nous aurons assurément besoin d'un petit remontant quand tout sera terminé. Et la Marquise au Chocolat noir accompagnée de crème anglaise, que Dobby a apportée pendant que Ron était allé chercher nos bagages, ne suffira certainement pas à nous réchauffer l'intérieur.
Je laisse le Pur-Feu de côté et donne une tasse de thé à Ron, avant de me rasseoir. Et je regarde immédiatement le trio qui remonte l'allée, le pas conquérant. Le piège de Voldemort fonctionne à merveille. Ses trois Serviteurs ne se doutent absolument pas qu'ils vont très bientôt être accusés de trahison et mourir dans d'atroces souffrances.
« Où est donc le corps de la Veuve Williams ? » demande soudainement Ron, sourcils froncés, en fixant l'Ecran donnant vue sur le salon.
« Toujours à la même place. Il l'a seulement Désillusionné pendant que tu étais parti. » réponds-je, tournant moi-même mon regard vers Rabastan qui vole vers le portail, maintenant que le Trio ne peut plus le voir, car entré dans la demeure, avant d'ajouter : « Voilà Rabastan qui entre en scène à son tour. »
Et pendant qu'il efface la mémoire du Planton, puis celle de Carrow Père, Alecto Carrow s'occupe des bagages, les enfermant soigneusement dans le vestiaire dès que le trio ne peut plus la voir faire, comme elle en a reçu l'ordre un instant plus tôt par Rabastan.
Et dans deux minutes, elle ne se souviendra plus de l'avoir fait, naturellement.
« Il a réussi à faire un Portoloin ? » questionne Ron, dont le regard court d'Ecran en Ecran, comme le mien.
« Oui. Un poil avant que tu reviennes. Et il n'en est pas peu fier. » réponds-je, en fixant maintenant le trio, qui s'apprête à frapper à la porte.
Ils ont tous trois un sourire accroché sur le visage.
Probablement le dernier sourire fier et heureux de leur vie, me dis-je, sur un frisson, en me faisant la réflexion aussi sec, que c'est terrible de savoir que quelqu'un va mourir, alors que cette personne elle-même l'ignore. On décompte tous ses derniers, sans qu'elle s'en doute un seul instant.
Voldemort invite le trio à entrer. Affable, souriant, distribuant sans compter compliments et hypocrites louanges à ses Serviteurs qui sont aux anges. Il s'agit bien sûr là, d'une manœuvre pour laisser le temps à Rabastan de fermer la souricière avec soin. Et lorsque l'affreux juge que cela doit être fait maintenant, il convie le trio à venir prendre un thé dans le salon, afin d'y faire connaissance avec leur mystérieuse future collègue de travail.
Flamstead et les frères Yaxley sont surpris, lorsqu'ils pénètrent dans la place. Ils s'attendaient à voir quelqu'un, mais il n'y a personne en apparence.
« Oh ! Elle n'est pas là. Mais sans doute va-t-elle nous rejoindre dans un instant. » suppose cependant Susan Flamstead, qui achevait tout juste de dire qu'elle était ravie à la perspective de rencontrer la précieuse nouvelle collaboratrice de son Maître.
Et effectuant un demi-tour sur elle-même, pour quémander réponse du regard auprès de l'affreux.
« Détrompez-vous, très chère. Elle est bel et bien ici. » sourit-il, une flamme cruelle brûlant brièvement ses yeux.
Flamstead hausse un sourcil plus que surpris et dubitatif. Hewrey Yaxley est également hautement étonné et le manifeste en jetant un coup d'œil à la ronde. Bertram, quant à lui, se raidit et son regard vacille. Je crois qu'un soupçon vient de germer dans son esprit et qu'il est en train de se mettre sur la défensive.
« Sortilège de Désillusion ? » propose Hewrey Yaxley, d'un ton dubitatif.
Voldemort se contente de hocher négativement la tête, avec un demi sourire satisfait.
« Oh ! Cela aurait-il donc un rapport avec l'Artefact que vous souhaitez confectionner ? Il s'agirait donc de l'étudier, afin de le reproduire ? » demande encore Hewrey Yaxley, en regardant toujours dans tous les sens.
A la recherche sans doute, d'un indice qui lui permettrait de découvrir où se tient la mystérieuse inconnue qui se faisait passer pour Gertrude Bouillon et qu'il est allé enlever à l'Auberge du Farfadet Dansant, en début d'après-midi.
« Elle se tient exactement là, derrière vous, Susan. » répond cette fois l'affreux, désignant le sol quasi au pied de Flamstead, qui s'est avancée un peu plus loin dans la pièce, que les frères Yaxley.
Il rit en regardant le trio se retourner d'un bloc, les frères Yaxley rejoignant Flamstead pour examiner la place désignée, en plissant les yeux. Et tandis qu'il joue au chat et à la souris avec ses Serviteurs, l'affreux se délecte de ses effets.
« C'est extraordinaire, je ne vois absolument rien ! Et je ne détecte pas plus la moindre présence, la moindre once de Magie. » déclare Hewrey Yaxley, osant avancer la main et balayer l'air devant lui, avant d'ajouter : « C'est exactement comme s'il n'y avait personne devant nous. Comment un tel effet est-il possible ? »
« Et pourtant, observez bien le sol. » susurre l'affreux, poussant le vice jusqu'à inviter le trio à se pencher un peu plus en avant, avant d'annuler le Sortilège de Désillusion.
Aussi sec Flamstead pousse un cri effrayé, effectuant un petit bond en arrière quand le corps sans vie d'Una Williams apparaît, les yeux grands ouverts sur sa nuit dorénavant éternelle. Et ce faisant, elle heurte brutalement la table de salon, tombant assise dessus.
« Mais… Qu'est-ce que cela signifie ? » s'étonne quant à lui Hewrey Yaxley, ouvrant des yeux écarquillés d'une désagréable incompréhension quelque peu effrayée vers son Maître, tandis que Bertram bondit soudainement par-dessus le corps de son ancienne complice, pour se précipiter vers la porte.
Voldemort éclate de rire et le laisse faire, alors que Flamstead et Hewrey se liquéfient maintenant. La première, car elle n'a sans doute pas manqué de reconnaître Una Williams qu'elle fixe toujours d'un regard horrifié et comprend donc maintenant la situation. Au contraire du second, qui est sincèrement dans l'incompréhension la plus totale.
Bertram ouvre la porte à la volée et stoppe net. Car Rabastan brandit sous son nez,de sa main droite sa Baguette et, de la gauche, le faux trousseau de Clefs d'or des Portes du Village de Dublin.
Il agite même les Clefs, les faisant cliqueter, un rictus à la fois moqueur et mauvais aux lèvres.
« Entre donc, Rabastan. Viens te réjouir avec nous de la plus merveilleuse des découvertes, qu'il m'ait été donné de faire ces derniers jours. » invite l'affreux, son sourire cruel s'élargissant.
Rabastan obéit, marchant droit sur Bertram qui se recule sous la menace de sa Baguette, résistant avec peine sans doute, au désir de saisir la sienne. Mais il a compris bien sûr qu'il n'aura pas le temps de la sortir et il semble réfléchir rapidement à un moyen de limiter la casse.
L'affreux donne maintenant l'ordre à Rabastan de s'emparer des Baguettes de Bertram Yaxley et Susan Flamstead, puis de les lui remettre, en même temps que les Clefs d'or, qu'il empoche aussitôt avec une lueur satisfaite dans le regard. Les Baguettes, quant à elles, sont jetées avec mépris dans le Bureau, dont Voldemort ferme ensuite la porte avec soin.
« Monseigneur, je ne comprends pas, que se passe-t-il donc ? » ose demander alors Hewrey Yaxley, dont la seule certitude maintenant, c'est que l'heure est très grave.
Il est terriblement pâle et cherche désespérément des réponses aux questions transperçant dans son regard, qu'il fait courir à la ronde.
« Demande donc à Bertram, quelle grossière erreur il a commise et qui m'a mené à comprendre sa trahison et celle de Susan, à mon égard. » répond l'affreux, qui semble décidé à se jouer plus longuement d'Hewrey Yaxley, en ne portant aucune accusation contre lui dans l'immédiat.
« Ce n'était pas une trahison, Monseigneur ! Mon souhait était de vous faire une surprise ! » tente de se défendre maladroitement Bertram.
« Une surprise ? C'est donc parce que tu voulais me faire une surprise, que tu as tenté de fuir à l'instant ? » fait remarquer Voldemort, d'un ton doucereux que dément le flamboiement coléreux de son regard.
« Il est vrai que cela semble incohérent ! Mais j'ai paniqué en voyant le corps sans vie d'Una ! Car j'ai compris alors que vous vous trompiez sans doute sur mes intentions ! Mais je vous jure, Monseigneur, que je voulais vous offrir le Trésor de Brian Boru ! Susan peut vous le confirmer ! Nous souhaitions vous offrir tous deux ce merveilleux cadeau ! » se récrie Bertram, tandis que Susan acquiesce frénétiquement de la tête.
Et que son frère écarquille ses yeux, qui viennent ensuite brièvement effleurer la poche dans laquelle l'affreux a rapidement enfourné les Clefs il y a un instant.
« Je n'étais pas au courant, Monseigneur.» murmure-t-il, en jetant maintenant un regard de reproche navré et furieux à la fois vers son frère aîné, l'air de dire qu'il est vraiment con, d'avoir pu penser pouvoir tromper Voldemort et de l'avoir mis lui-même dans une situation aussi précaire qu'embarrassante.
« Je sais, Hewrey. Mais nous reviendrons sur ce point tout à l'heure. » répond Voldemort, qui lui accorde un bref sourire tout en jetant des Sortilèges d'Impassibilité sur toutes les portes et fenêtres du salon.
Hewrey Yaxley acquiesce du chef. Il est partiellement soulagé, c'est visible. Mais sa pâleur reste intacte. Il a compris que son frère a commis une très grave erreur et n'a aucune chance d'échapper à la souffrance. Pas même peut-être à la mort. Et que Susan, qui tremble de la tête au pied, les mains crispées sur le rebord de la table de salon, va subir le même sort.
« Ton frère, en revanche, se défend bien mal. Susan également. » poursuit maintenant l'affreux, qui effectue un rapide mouvement de Baguette vers les deux concernés.
Et dans un cri surpris autant qu'effrayé, ils se retrouvent aussitôt enchaînés aux mains et suspendus au plafond, leur corps de balançant doucement dans l'air.
« C'est la vérité, Monseigneur ! Je vous le jure ! Et je vous conjure de me croire ! » s'écrie Bertram, ruant pour tenter d'échapper aux chaînes, tandis que Susan Flamstead éclate en sanglots.
« Ne mens pas ! » explose alors Voldemort, en jetant un Doloris vers Bertram Yaxley qui hurle aussitôt de douleur.
Son corps se cabre, heurtant celui de Susan Flamstead qui pousse un cri de frayeur. Rabastan s'en réjouit aussitôt dans un sourire cruel, tandis qu'Hewrey Yaxley recule d'un pas, plus pâle que jamais.
Et que Susan Flamstead hurle maintenant de concert avec son fiancé.
« Ne mens pas ! » répète Voldemort, lorsqu'il fait cesser son Maléfice, s'approchant et saisissant le visage de Bertram entre les doigts de sa main gauche, pour ajouter : « Jamais tu n'as voulu m'offrir le Trésor de Brian Boru ! Oh ! Je sais tout de ce que tu as promis à cette idiote d'Una Williams, pour la berner ! Je sais que tu t'es toujours présenté à elle, comme l'un de mes plus fidèles partisans ! Et si je l'ai tuée sans la faire longuement souffrir au préalable, c'est parce que bien qu'elle m'ait été fidèle, elle t'a cru, ne mettant jamais ta parole en doute, ne s'est jamais aperçue de tes duperies, malgré les tissus de mensonges et les maladresses absurdes que tu lui as fait commettre ! Tu t'es servi d'elle, en premier lieu pour empêcher O'Malley de s'emparer des rênes de Dublin, car tu avais sans doute appris, qu'il se serait empressé de me les offrir ! Et c'est à cause d'elle, des conseils ridicules que tu lui as soufflés, qu'O'Malley a échoué dans son entreprise ! Et ensuite, elle a obtenu les Clefs, que Susan allait déchiffrer, non pour toi, ni pour moi, mais au plus gros bénéfice de ce sale petit rat de Potter ! »
Je suis sidéré. Et je me demande par quels méandres aussi fous que tortueux, l'esprit de l'affreux en est arrivé à ces conclusions.
Hewrey Yaxley semble d'ailleurs se poser la même question que moi.
« Vous vous trompez, Maître ! Je ne travaille pour Potter ! Je hais Potter ! Je… » se défend Bertram, avant d'être interrompu par un Silencio impératif, tandis que son frère hoche la tête positivement.
Oh, à peine. Avec prudence. Il doit sentir qu'il suffirait d'un rien, pour que Voldemort se retourne contre lui aussi.
« Tu hais Potter ? » demande Voldemort, dans un sifflement rageur, ajoutant très vite : « Tu oses affirmer cela ! Alors que tout concourt à prouver ton allégeance envers cet avorton prétentieux ! J'ai compris maintenant, que ce n'est pas Ombrage qui a échoué au Ministère, ni personne d'autre que toi, qui a livré mes intentions à Potter ce jour là ! J'ai toujours su que ce n'était pas par hasard qu'il était là ! Pas un hasard non plus, qu'il est allé à Privet Drive où tu es allé avec Nott ! Ni qu'il ait été au Terrier au lendemain de l'Attaque sur Dublin où l'Ordre du Phénix était présent avant nous ! Pas un hasard non plus, si Weasley, De Paimpont et Granger étaient dans le Département du Mystère il y a quelques jours, faisant échouer la Mission de Dolohov et où la plupart de mes Mangemorts ont trouvé la mort, pendant que toi, tu t'en tirais sans une égratignure ! Tout simplement parce que tu les as aidés ! Tu les as toujours aidés ! Tu leur as toujours révélé mes projets dès que tu en avais connaissance ! Et lorsque ce n'est pas toi qui le faisais, c'était ta chère fiancée ! »
Bertram Yaxley nie farouchement de la tête et à ses côtés, Susan Flamstead sanglote, en niant tout aussi farouchement. Quant à Hewrey, il n'en finit pas de pâlir, à en tomber à genou sur le tapis. Et il est évident qu'il n'en croit pas ses oreilles.
Voldemort crache un Doloris, qui cueille Bertram en plein ventre. Et bien qu'il soit rendu muet par un Silencio, j'ai le sentiment d'entendre le hurlement qui jaillit longuement de sa bouche ouverte. Puis c'est Flamstead qui hurle de douleur, sous l'emprise du Maléfice haineux jeté sur elle à toutes forces. Et cette fois, nous l'entendons nettement, durant de très, très longues secondes.
« Tu te demandes comment j'ai pu comprendre tout cela, n'est-ce pas ? » demande ensuite l'affreux d'un ton plus bas en direction de Bertram Yaxley, ajoutant, en tournant les yeux vers Flamstead : « Vous vous le demandez tous les deux… C'est bien simple. Una Williams était de trop dans votre petite bande. Elle m'était fidèle et maintenant que son rôle avait pris fin dans votre entreprise, il fallait s'en débarrasser. Et c'est Potter qui allait s'en charger. Ou plus sûrement la marionnette Weasley qui aurait agi sur les ordres de son cher ami Potter, comme le fait toujours ce grand dadais dépourvu d'intelligence. »
Voldemort marque une pause, durant laquelle il observe attentivement le regard effrayé de Bertram, qui persiste à nier de la tête.
« Tu peux le nier autant que tu le veux. Je te sais coupable, Bertram. Je sais que Potter est venu au Farfadet Dansant ce midi, où tu avais donné rendez-vous à Una à la même heure. Ton frère m'a livré un souvenir, dans lequel le patron clame à qui veut l'entendre que Potter et Weasley sont venus dans son auberge, car ils avaient rendez-vous avec un ami qui devait peut-être déjeuner là. En réalité, c'est Una qu'ils venaient chercher. Mais elle les a vus et elle a pressenti qu'ils étaient là pour elle. Alors elle s'est sauvée et elle est venue te voir en toute confiance au Manoir. Bien sûr, cela t'a fortement contrarié et tu l'as renvoyée là-bas, lui recommandant de prendre désormais tous ses repas dans sa chambre. Et cela, après être parti durant quatre minutes, que tu as mises à profit pour aller chercher conseil auprès de Potter, bien sûr. Malheureusement pour toi, j'avais envoyé ton frère chercher une certaine Gertrude Bouillon, dont j'avais entendu dire par le plus grand des hasards, qu'elle avait la certitude de trouver le Trésor de Brian Boru. Une identité volée par Una qui était sous Polynectar, afin qu'O'Grady lui remette les Clefs du Village de Dublin en toute confiance et qui continuait consciencieusement à jouer le rôle que tu lui avais assigné. Et Hewrey était déjà dans sa chambre, précédant de peu Potter et Weasley, qui sont revenus en catimini mais trop tard, par la porte de derrière. » explique l'affreux, à l'écoute attentive de Rabastan et Hewrey Yaxley.
Ce dernier a encore pâli si c'est possible, lorsqu'il a compris que ses souvenirs ont précipité la chute de son frère. Que celui-ci aurait peut-être pu s'en sortir d'une pirouette, si Voldemort n'avait pas vu dans son esprit, tout ce qui se rapporte à moi-même et Ron.
Et moi, j'ai mon explication complète également maintenant, quant aux méandres tortueux qui ont menés l'affreux à conclure que Bertram travaillait pour l'Ordre du Phénix et pour moi en particulier. Il a simplement additionné les souvenirs de la Veuve Williams et d'Hewrey Yaxley, en les arrangeant au mieux pour qu'ils collent avec son raisonnement, puis les combinant à maints de ses échecs passés, qu'il pouvait imputer à Bertram Yaxley ou à Susan Flamstead.
« Quelle terrible malchance pour toi, n'est-ce pas Bertram ? Quelle terrible déconvenue, quand il aurait suffi que tu informes ton frère de toute cette affaire et jamais je n'aurais su. Il n'aurait tout simplement pas retrouvé Gertrude Bouillon, ou alors son cadavre et c'était fini. Jamais je n'aurais su la vérité, jamais je n'aurais pu deviner que Susan et toi me trahissiez au profit de Potter et de l'Ordre du Phénix. Mais voilà, tu n'as pas voulu partager, voir ta part du Trésor diminuer. Ou est-ce Potter peut-être ? » susurre l'affreux, d'un ton faussement doucereux, ne trompant cependant pas Bertram qui s'affole de plus bel dans ses chaînes, avant que Voldemort poursuive : « Peu importe la réponse à cette dernière question. Tout ce qui compte pour moi, c'est que tu éprouves des regrets à la pensée que tu aurais pu échapper au sort qui va être tien ! Et que ce soit en partie les souvenirs de ton propre frère, que tu as trompé également, qui m'ont permis de mesurer l'étendue de ta trahison ! S'il n'avait été si zélé à me démontrer sa bonne foi afin d'échapper à une simple petite punition et que tu avais su être convaincant par la suite de mon interrogatoire d'Una, peut-être aurais-je pu croire, dans ma bonté magnanime, que tu voulais vraiment me faire une surprise et m'offrir le Trésor de Brian Boru ! »
Bertram jette un bref coup d'œil vers Hewrey, toujours agenouillé au sol. Je ne saurais dire ce qu'il y a exactement dans ce bref regard. De la peur, bien sûr. Du désarroi également. Mais quoi d'autre aussi, je n'en sais rien et je ne veux pas le savoir, car j'ai bien peur que ce soit du reproche, de l'accusation ou de la haine.
En revanche, il y a une douleur certaine dans celui d'Hewrey, toujours agenouillé sur le tapis. Et de la terreur pure, dans celui de Susan Flamstead.
« Je voulais vous le dire, Maître ! Pour le Trésor, je voulais vous le dire ! Mais Bertram m'en a empêchée ! Je vous le jure ! Je ne savais rien de son entente avec Potter ! Je ne vous ai jamais trahi ! Jamais ! » s'écrie-t-elle soudainement, le regard suppliant derrière ses larmes.
« J'aurais pu te croire, Susan, si tu avais mis plus de zèle à remplir tes devoirs envers moi et s'il n'était d'autres troublantes coïncidences qui te désignent coupable. Ainsi, par exemple, m'as-tu rapporté les documents dérobés par Liam Higgs, qui prouvaient l'allégeance de certains employés du Ministère envers moi-même ou Lucius ? Non, tu as prétendu que ses fils sont venus vider son bureau avant ton passage. Es-tu parvenue à obtenir d'autres alliances pour moi, parmi les Langues de Plomb ? Non, tu as affirmé qu'ils étaient tous pour Potter et Dumbledore. Ajoute à cela, que tout comme Bertram tu as eu l'occasion de me trahir à maintes reprises et notamment de faire échouer une importante Mission de Lucius. Car n'étais-tu pas en Scandinavie, lorsque Stockholm a été attaquée ? Or, n'as-tu pas chaudement recommandé toi-même à Lucius, de s'allier ton cousin Norvégien, lors du mariage de Dolohov et Parkinson ? Par lui, tu as pu connaître la date et l'heure de l'Attaque sur Stockholm et prévenir l'Ordre du Phénix. Ce qui explique qu'ils étaient prêts à défendre la ville ! » répond Voldemort, tandis que Susan Flamstead redouble de sanglots, en comprenant que son sort est scellé et qu'elle ne pourra se défendre de ces arguments, bien qu'elle soit effectivement innocente de trahison envers son Maître.
L'affreux applique sèchement un Silencio sur les pleurs de Flamstead, puis se détourne brusquement d'elle et de Bertram, pour venir auprès d'Hewrey Yaxley.
« Que penses-tu de tout cela, Hewrey ? » demande-t-il, en prenant le menton de son Serviteur en main, pour relever avec douceur son visage vers lui.
Et celui-ci déglutit à plusieurs reprises, avant de répondre.
« Je… Je n'arrive pas croire, que mon frère ait pu vous trahir, Monseigneur. Mais force m'est de reconnaître, que vos arguments sont imparables. » souffle-t-il, dans un débit aussi rapide qu'incertain.
« Imparables, oui. C'est effectivement le mot qui convient, Hewrey. Tu emploies toujours les mots qui conviennent parfaitement et cela ajoute beaucoup à ton charme naturel. » déclare Voldemort, qui incite Hewrey à se relever, avant d'ajouter en le regardant droit dans les yeux : « Tu es beaucoup plus séduisant et intelligent que ton frère, Hewrey. En vérité tu l'as toujours été et comparativement à toi, il n'est qu'une brute dénuée de subtilité. C'est pour cela que je t'ai choisi plutôt que lui, pour être l'amant de Bellatrix, lorsque Rabastan est indisponible. Et combien il a dû jalouser ta position plus privilégiée à mes côtés que la sienne. Raison sans doute pour laquelle il a décidé de te tenir à l'écart de ses secrets desseins. Qu'en penses-tu ? »
« En vérité, je ne sais que penser, Monseigneur. Je croyais sincèrement mon frère fidèle à votre cause et jamais il n'a tenu devant moi, de propos tendant à prouver qu'il puisse jalouser ma position auprès de vous. » répond Hewrey, d'une voix blanche.
Il est au supplice, aussi sûrement que son frère et Susan Flamstead et Rabastan qui ne l'ignore pas, observe la scène en jubilant presque ouvertement.
De la subtile cruauté. C'est le sort que Voldemort avait annoncé réserver aux traîtres, pendant qu'il les démasquait et démontait point par point leur manœuvre. Et c'est effectivement avec une subtile cruauté, qu'il compose avec Hewrey. Ce qui me fait penser qu'il avait effectivement de lui, une plus haute opinion que pour les deux autres et que son désir de vengeance contre lui, est d'autant plus affûté encore.
« Non, bien sûr. Il s'est gardé de le faire. De toute façon, n'avait-il pas lui-même une position privilégiée, auprès de Potter ? Espion insoupçonnable par excellence. Tout comme Susan. Et comme ils ont dû rire et s'amuser à nos dépens, en sachant que nous soupçonnions abriter un traître dans nos rangs et nous voir nous démener pour trouver ce misérable félon. Car si l'on y réfléchit bien, malgré tous les soins que l'on pouvait apporter à l'enquête, comment aurait-on pu les soupçonner, quand nous avions affaire à une Hydre, dont les têtes se partageaient si bien la tâche ? Et tous les recoupements du monde n'auraient pu les désigner, n'est-ce pas, puisque lorsque l'un était présent sur les lieux du forfait, l'autre en était quasiment systématiquement absent. » déclare encore Voldemort, tandis qu'Hewrey acquiesce de temps à autre du chef.
Il essaye de faire bonne figure, évitant au mieux de regarder vers son frère et Flamstead. Evitant de regarder qui que ce soit en vérité. Et je crois qu'il commence à se demander où Voldemort veut en venir, avec ce discours.
« Perfide et brillante manœuvre, pour nous égarer, n'est-ce pas, Hewrey ? » demande maintenant Voldemort, après un bref silence.
« Oui, oui, assurément, Monseigneur. » répond Hewrey, qui ne sait quelle contenance adopter semble-t-il.
« Très brillante, même. » insiste l'affreux, avant de se pencher légèrement vers l'oreille d'Hewrey pour susurrer d'un ton faussement doux : « Et comme tu dois regretter, que l'appât du gain de Potter et Bertram ait gâché une si merveilleuse manœuvre. »
Hewrey Yaxley comprend soudainement ce qu'il se passe maintenant et il écarquille les yeux de stupeur.
« Non, Maître ! Non ! » s'exclame-t-il, dans un souffle, en glissant de nouveau à genoux.
« Si, Hewrey. » sourit cruellement l'affreux, avant d'ajouter d'un ton très doux mais dangereux : « Oh ! Tu as parfaitement donné le change depuis tout à l'heure et je me suis presque laissé convaincre de ton innocence. Mais pensais-tu vraiment que j'allais manquer de remarquer la troisième tête de l'Hydre ? La tête pensante, depuis que Snape n'est plus, devrais-je même préciser. Car à la base, cette idée est de lui, n'est-ce pas Hewrey. C'est lui, qui a imaginé cette si perfide et brillante manœuvre, lui qui vous a convaincus Bertram, Susan et toi-même, de le suivre sur la voie de la trahison. Je me suis souvenu tout à l'heure, qu'il avait savamment loué ton intelligence devant moi un jour, lui, si avare de compliments habituellement. Et j'ai compris que tout avait été préparé de longue date, avant même que Snape ne révèle sa propre félonie. Il pouvait se retirer, puisqu'il avait des remplaçants de choix pour exécuter cette basse besogne. Et j'imagine combien il serait fâché aujourd'hui, s'il savait que le suffisant, prétentieux et pitoyable petit Potter, a été l'artisan de la chute de son Hydre Traîtresse, par appât du gain ! »
« Non, Maître. Non… » souffle encore une fois Hewrey Yaxley, plus pâle qu'un mort.
« Si, Hewrey. » répète l'affreux, faisant sauté la Baguette de Yaxley hors de sa manche d'un coup sec de la sienne, avant de poursuivre : « Quel dommage ! Tu as pourtant été si habile, à brouiller les pistes ! Plus que les autres en vérité. Notamment en emmenant Miles Bletchley dans un long périple stérile, à la recherche d'un ouvrage que tu savais déjà perdu pour moi, manœuvrant de telle manière, que je n'ai jamais douté de ton zèle ! Mais tu dois maintenant savoir, comment j'ai finalement récupéré cet ouvrage, n'est-ce pas ? Car par chance, ni toi, ni Bertram, ni Susan, n'aviez appris que Latton travaillait pour moi en réalité. Et c'est grâce à lui que j'ai… »
Je frissonne soudainement, en voyant Yaxley ouvrir la bouche…
« Mais si j'avais… » commence-t-il, interrompant brusquement Voldemort, qui réagit vivement en lui infligeant un Doloris avec sa propre Baguette, avant qu'il ait eu le temps d'en dire davantage.
Si l'affreux l'avait écouté, Yaxley aurait mis le doigt sur une faille de taille dans son argumentation. A savoir : Comment avait-il pu récupérer aussi facilement cet ouvrage, alors que l'Ordre du Phénix savait qu'il le voulait ?
Mais finalement, à bien y réfléchir, Voldemort aurait pu facilement balayer ce contre argument, en affirmant que Maman n'avait pas conscience que c'est elle qui détenait l'ouvrage qu'il convoitait. Papa est censé l'avoir acheté, n'est-ce pas ? Et le père de Luna inconscient de sa valeur, pouvait l'avoir vendu pour trois fois rien à un brocanteur quelconque, aussitôt après l'avoir découvert.
« N'essaye pas de nier, Hewrey ! N'essaye pas de contrer mes arguments, que tu as toi-même qualifiés d'imparables il y a un instant ! Tu as fait traîner l'affaire au plus longtemps qu'il t'a été possible et comme par hasard, lorsque j'ai décidé d'envoyer Lucius en Suède pour qu'il y mène une action qui ferait fléchir le continent, miraculeusement tu as trouvé une piste qui devait te mener là-bas toi aussi ! Ainsi, tu pouvais l'espionner à ton tour ! C'est comme cela, que tu as appris mon projet de rallier les Géants et tu t'es empressé d'en faire part à l'Ordre du Phénix, qui a aussitôt mis fin aux négociations en cours ! Mais si tu crois avoir débusqué les membres du réseau de Lucius, tu te trompes ! Tu n'as eu affaire qu'à des coursiers et je ferai prévenir Lucius d'en changer ! Et avant cela, tu as aussi trahi Bellatrix ! Tu m'as dit toi-même être allé faire un tour dans cette ville du Nord de la France, soi-disant pour repérer les lieux ! Mais en réalité tu as profité de cette excuse, pour prévenir les habitants d'une Attaque imminente, ce qui explique qu'ils étaient prêts à recevoir mes troupes ! Tout comme cela s'est produit, en Italie, lorsque Bertram a rejoint Bellatrix là-bas ! Toi, Bertram et Susan avaient prévenu les Commandos Internationaux de Dumbledore, dès que vous aviez connaissance d'une Attaque, voilà qui explique leurs rapides interventions ! A cause de vous j'ai perdu tous mes anciens et fidèles partisans ! Antonin Dolohov ! Edgar Parkinson ! Augustus Rookwood ! Jugson ! Et tant d'autres précieux et irremplaçables collaborateurs morts ou emprisonnés à cause de vous ! Et combien d'autres avez-vous manipulés ou faits accuser à tort de trahison, en orientant les soupçons vers eux ? Vous aviez la possibilité de pousser Edmond Parkinson à me trahir, en l'incitant à la vengeance ! D'orienter mes soupçons envers Lucrèce Zabini, quand Potter s'est évadé de mes geôles ! Et combien en avez-vous tués vous-même sur le champ de Bataille ? C'est Bertram qui a tué Rodolphus à Azkaban, n'est-ce pas ! Et c'est toi, oui, cela ne peut être que toi, qui a inventé ce Sortilège infâme, dont Rabastan et Bellatrix sont aujourd'hui victimes ! Et vous le renouvelez tous les trois, lorsque cela s'avère nécessaire, pour vous couvrir ! Mais vous allez mourir ! Et plus jamais vous ne pourrez tuer ou faire tuer mes fidèles, affaiblir mes Lieutenants ! Plus jamais, vous ne pourrez me trahir ! » siffle Voldemort, avec une colère grandissante.
Et dans un geste ample, il enchaîne Hewrey Yaxley, le suspendant au plafond, auprès de son frère. Bertram et Hewrey échangent un regard. Tous deux ont compris la folie de leur maître, maintenant. Et tous deux ont très peur de ce qu'ils vont avoir à souffrir.
Et je vois également les regrets qu'ils éprouvent maintenant.
De s'être liés à lui ? Ou est-ce de la culpabilité ? L'un pour avoir fomenté une chasse au Trésor sans en informer l'autre et l'autre pour avoir livré des souvenirs qui ont déclenché la malvenue folie vengeresse de leur maître ?
Quoi qu'il en soit, ils vont souffrir horriblement et mourir, pour une faute qu'ils n'ont pas commise. Pour une trahison, dont ils sont innocents. Ils le savent et ils sont terrorisés.
o-o-o
« Le plus incroyable dans tout ça, c'est que bien que totalement délirante, l'argumentation de l'affreux est effectivement imparable. » commente Ron, sur un soupir.
Je hoche simplement la tête pour acquiescer. Oui. Examinée sous cet angle, l'argumentation de l'affreux tient la route.
o-o-o
« Fais place nette, Rabastan. Je ne veux pas que mes tapis et mon mobilier soient gâchés par le sang de ces traîtres ! » siffle maintenant Voldemort, avec un mépris qui n'a d'égal que la colère qu'il manifeste visiblement maintenant.
Rabastan acquiesce et il s'empresse d'envoyer mobilier et tapis je ne sais où, en quelques coups de Baguette.
Lorsqu'il a terminé, qu'il ne reste plus, remisé dans un coin du salon, que le cadavre d'Una Williams, Voldemort annule les Silencio, dénude ses prisonniers, puis il offre à Rabastan, la primeur de commencer à punir les traîtres comme il se doit.
Son Serviteur ne se fait pas prier, s'en donnant aussitôt à cœur joie. Et à partir de ce moment, je peux vous assurer, que la fin des frères Yaxley et de Susan Flamstead, a été très longue et surtout très, très, très douloureuse.
Tellement, que même une bouteille complète de Pur-Feu, ne suffirait pas à me réchauffer l'intérieur, tant je suis glacé par toute cette cruauté qui s'est déchaînée sous nos yeux.
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