Disclaimer : cf chapitre 1

.

Grand merci à Mistycal !

.

OoOoOoO

Réponse sur mon forum, aux commentaires de : Huguette - amazonepotter -

OoOoOoO

.

Désolée du retard ! Je suis rentrée tardivement hier soir et j'ai zappé qu'on était mardi !

Je vous souhaite une bonne lecture de ce premier volet du nouveau chapitre !

Bisous

Me-Violine

OoOoOoO

.

.

L'Entretien Du Volcan 1 / 6

Du Mercredi 20 mars 1997 au soir, au vendredi 21 mars 1997 au petit matin

Acte 1 : Arrosoir Et Soufflet

Ron

Je me demande pendant une demi-seconde, si Messire Salazar ne se jouerait pas de nous. Après tout il aime plaisanter et il l'a déjà fait à plusieurs reprises.

Dans la demi-seconde qui suit cependant, je réfute cette idée. L'heure est trop beaucoup grave pour qu'il se gausse de nous, directement au retour d'une mission aussi importante. En conséquence, il ne plaisante pas et il est donc sincèrement navré, atterré, convaincu à cent pour cent, d'avoir commis une bourde.

« De quelle erreur parlez-vous, Messire Salazar ? Car personnellement je n'ai rien relevé. Au contraire, tout m'a semblé parfaitement bien mené, du début à la fin. » déclare Harry, sourcils froncés sur un intense examen de ses souvenirs de l'entrevue entre Messire Salazar et l'affreux.

Lee et Dudley approuvent du chef et je hausse quant à moi un sourcil interrogatif vers notre Fantôme favori.

« Comment, Harry ! Vous n'avez pas relevé ! Ni aucun d'entre vous ! Si encore cela ne s'était produit qu'une seule fois, je pourrais le comprendre, cela eusse pu passer inaperçu ! Mais c'est à deux reprises, deux reprises m'entendez-vous, que j'ai perdu maitrise de mon langage, usant du désuet point dont le Salazar de Voldemort ne fait lui-même aucunement usage ! Pas ! Il dit toujours pas ! Ne l'avez-vous donc point remarqué ! » s'exclame Messire Salazar, avant de se frapper le front du poing, l'air très en colère contre lui-même, en s'exclamant encore : « Ventrebleu de palsambleu ! Pas ! Je dois prendre habitude de dire pas et non point ! Fichtre de vieil sot suis-je ! »

Lee éclate aussi sec de rire. Dudley a l'air soulagé qu'il ne s'agisse que de cela. Harry sourit, hochant négativement la tête, l'air de dire qu'il n'y a vraiment pas de quoi se fracasser la tête avec ça. Avis que je partage entièrement.

« Allons, Messire Salazar ! Ne soyez pas aussi dur avec vous-même. Durant toute l'entrevue, vous vous êtes comporté comme un prodigieux Gryffondor, doublé d'un sensationnel Serpentard et triplé d'un formidable Serdaigle ! Alors franchement, je trouve insensé, que vous jouiez maintenant au modeste Poufsouffle ! » plaisante-je, au rire redoublé de Lee et au sourire de plus en plus large de Harry.

« Ron a raison, Messire Salazar. Inutile de vous flageller pour un détail aussi insignifiant. » renchérit ce dernier, d'un ton tranquillisant.

« Mais s'il avait relevé cette… » commence avec vivacité Messire Salazar, avant que Harry l'interrompe.

« Peu importe, Messire Salazar. Vous venez bien du moyen âge, non ? Et vous étiez réputé pour user volontiers de l'anglois, n'est-ce pas ? Alors si vous laissez encore échapper un point au lieu d'un pas et que Voldemort le relève, usez tout simplement de cet argument. » dit-il, le ton plus apaisant encore.

« Ouais. Il n'y a vraiment pas de quoi en faire un frometon, Messire Salazar ! De toute façon, l'affreux n'était pas en état d'esprit, pour relever cette minuscule différence dans votre langage. » appuie Lee, le visage encore rigolard.

« Exact. Et quand bien même l'aurait-il fait, je suis convaincu que vous auriez justement eu le réflexe, de lui rappeler que vous arriviez en droite ligne du Moyen-âge, que vous n'aviez pas encore totalement l'habitude du langage actuel et qu'il ferait mieux de saluer les efforts que vous faites, pour qu'il vous comprenne sans qu'il ait besoin d'en fournir lui-même ! » insiste-je également, avec assurance.

Messire Salazar soupire. A demi soulagé que nous prenions la chose aussi bien.

« Oui, c'est une explication logique effectivement et probablement m'aurait-elle spontanément sauté à l'Esprit, comme l'ont fait toutes mes autres réponses. » admet-il, soupirant encore une fois de soulagement, avant d'ajouter : « Il n'empêche que j'ai éprouvé une belle frayeur, à chaque point échappé de ma bouche. »

« Personnellement, cela ne m'a absolument pas choqué. En revanche, j'avoue que vous m'avez causé une belle petite peur, lorsque vous avez vertement remis en place ce jeune prétentieux, trop sûr de lui et infatué de sa personne, qui cherchait à vous manipuler en vous flattant avec autant de bassesse et d'hypocrisie, qu'il le fait avec ses Serviteurs. J'ai vraiment craint que cette Potion amère ne passe pas.» avoue-je, tandis que Lee lève le pouce avec un sourire jusqu'aux oreilles.

Le moment de frayeur passé, cela nous a fait plaisir à tous, que l'affreux s'en soit pris ainsi plein la gueule pour pas une noise.

« Oui. Je comprends votre réaction. J'ai hésité à aller aussi loin, mais je n'ai su résister à l'envie furieuse, de balancer quelques jolies vérités en direction de sa vilaine figure. Ai-je suffisamment contrebalancé par la suite ? » répond Messire Salazar, l'air un peu contrit et craignant visiblement d'avoir là véritablement commis un impair.

« Réaction très Gryffondor de votre part ça, de ne pas résister à ce genre de furieuse envie ! » déclare-je, sur un clin d'œil qui le détend un chouïa, avant d'ajouter : « Rassurez-vous cependant, Messire Salazar, vous n'êtes pas du tout allé trop loin. Il fallait ça pour le mater. Quant à contrebalancer suffisamment, vous l'avez magistralement fait, en affirmant que vous n'attendiez rien d'autre de sa part et que vous auriez été déçu, s'il avait agi autrement. Non, vraiment Messire Salazar, vous avez été parfait. Vous avez maitrisé l'entretien de bout en bout, ne lui laissant aucune chance de dominer la situation. Il vous respecte à présent. Fait incroyable de la part d'un type qui n'a jamais, ô grand jamais, respecté qui que ce soit de toute sa vie. Et je ne dis pas cela pour vous flatter, croyez-moi sur parole. Je le dis, parce que c'est la pure vérité. »

Harry, Lee et Dudley hochent la tête, tout sourire, pour confirmer mon propos et Messire Salazar en est visiblement soulagé cette fois.

« C'est sûr. Il en a même oublié la chasse au Trésor, n'a pas formulé la moindre protestation, quand vous l'avez aiguillé dans la conduite à tenir désormais. Et regardez-le chercher comment ouvrir le rouleau du Volumen. Il a tout de l'élève désireux de satisfaire son professeur ! Il va vous manger dans la main à chaque fois que vous interviendrez auprès de lui ! Jamais plus il ne se rebiffera contre vous ! Vous pouvez en être sûr ! » renchérit Lee, parfaitement confiant.

Je suis pas aussi certain quant à moi, que l'affreux ne se rebiffera plus jamais devant Messire Salazar. Chasser le naturel n'est jamais une partie de plaisir aisée et avec l'affreux cela relève de la mission impossible, à mon avis.

Et au coup d'œil que j'échange avec Harry, je ne suis pas le seul de cet avis.

« Je ne suis pas aussi certain que vous, mon cher Lee, qu'il ne me faudra plus batailler avec lui. Cependant vos propos à tous me rassurent grandement, quant à la manière dont j'ai mené ma mission. » déclare quant à lui Messire Salazar, soufflant un bon coup, avant d'ajouter, nettement plus détendu maintenant : « Ouf ! Eh bien je dois avouer et convenir, que ce n'est point de tout repos, de s'engager en terrain périlleux tel un Gryffondor ! Cela demande beaucoup de concentration, d'esprit d'à-propos et de vivacité dans la réflexion et les réactions ! »

« A la bonne heure ! Godric doit se réjouir, là-haut, de vous l'entendre dire ! Voilà enfin les Gryffondors reconnus à leur juste valeur, par le fondateur de la Maison Serpentard en personne ! J'espère que quelqu'un a enregistré cela pour la postérité ! Sinon, personne ne voudra jamais nous croire ! » plaisante-je sur un ton joyeux, histoire d'achever de détendre notre cher Fantôme.

« Bah, on a nos souvenirs pour le prouver ! Et un Moldu impartial dans la place, pour confirmer la véracité de cet instant historique par excellence ! » renchérit Lee, tandis que Dudley approuve du chef, affirmant tout aussi vite qu'il nous rédigera un témoignage écrit en bonne et due forme, si cela s'avère nécessaire.

Messire Salazar se bidonne de bon cœur. Seul en vérité Harry ne partage pas cet instant de détente, même s'il sourit en nous écoutant d'une oreille distraite, car il est occupé à fixer consciencieusement l'Ecran, où l'affreux vient enfin de comprendre, qu'il fallait simplement dévisser l'une des extrémités du rouleau pour l'ouvrir.

C'est vraiment à croire qu'il a tout oublié du Monde Moldu celui-là, pour n'avoir pas pensé à essayer de le faire, dès qu'il s'est aperçu qu'on pouvait ouvrir le rouleau.

Mais bon. Bref avec cette considération. C'est fait maintenant, il l'a ouvert et il en retire un morceau de Parchemin roulé, le regard flamboyant de jubilation, le déroulant vite fait, hâtif bien sûr, d'en lire le contenu.

Et il tique aussi sec, en voyant qu'il s'agit d'un message rédigé en langue Celtique. Et pas n'importe laquelle bien évidemment, car en toute logique, Nally a porté son choix sur le Breton.

L'affreux ne s'attendait pas à cela évidemment. Il aurait pourtant dû s'en douter, puisqu'il est de notoriété publique chez les Sorciers, que la Bretagne est le berceau originel des Hauts Elfes. Il ne perd cependant pas de temps à pester, se dépêchant au contraire, de faire venir à lui un dictionnaire de la langue Bretonne, qu'il ne maitrise pas totalement, puisqu'elle n'est quasiment jamais utilisée, non seulement en Grande Bretagne, mais aussi dans le Monde Magique en général. Même en France, elle s'est largement perdue. Seuls les Sorciers Bretons la comprennent. Et encore, pas tous.

Alors bien sûr, chez nous, les ouvrages rédigés dans cette langue sont plutôt rares. Il n'y en a que deux, à Poudlard. Et il ne doit pas y en avoir davantage dans la Bibliothèque de Londres. Mais bien entendu, Nally s'est assurée avant de prendre sa décision, que Voldemort pourrait déchiffrer la clef, que nous allions lui fournir pour traduire le Volumen. Et de fait, comme il s'est intéressé aux Hauts Elfes dès qu'il a entendu parler de leur légende, il a dans sa jeunesse emprunté à Poudlard les deux Livres écrits en Breton et un dictionnaire à Londres, permettant d'apprendre les rudiments de cette langue Celtique.

C'est de ce dictionnaire dont il dispose actuellement d'ailleurs, car il ne l'a jamais rendu. Preuve supplémentaire de son manque d'honnêteté chronique.

Un bon quart d'heure, c'est ce qu'il faut à l'affreux pour déchiffrer totalement les instructions inscrites sur le parchemin et il jette aussi sec le Sortilège recommandé, pour obtenir une traduction instantanée du Volumen. Mais dès qu'il s'aperçoit, qu'à peine lues les phrases s'effacent pour se réinscrire en Elfique, il tique derechef.

Il soupire alors, prend une bonne inspiration pour maitriser son visible agacement, préparant une belle pile de parchemins vierges, une Plume Enchantée et de l'encre, avant de jeter à nouveau le Sortilège sur le passage déjà lu et donc réécrit en Elfique. Puis il tente de dupliquer le Volumen ainsi traduit et fait une fois de plus chou blanc.

« Et oui, vieux salopard ! Maman ne t'a pas facilité la tâche ! Mais qu'est-ce que tu crois, ça se mérite de lire le Livre des Origines ! Même quand il s'agit d'un faux ! » sourit Harry, avec ironie.

Les yeux de l'affreux jettent des éclairs flamboyant de colère maintenant et j'ai le sentiment qu'il est bien tenté de tout flanquer au feu. Mais après avoir une nouvelle fois soupiré de contrariété, inspiré et respiré à plusieurs reprises yeux fermés pour retrouver le contrôle, il fait le choix beaucoup plus raisonnable, de s'installer confortablement sur son fauteuil et de s'atteler à la tâche colossale qui l'attend à présent : tout retranscrire à la main.

« Il n'a même pas eu l'idée d'essayer de dicter le texte à sa Plume Enchantée. » fait remarquer Lee, ouvertement moqueur.

« Non. Il a dû se dire que ce n'était pas la peine de tenter le coup et qu'il s'agissait là de sa première épreuve, pour mériter de mettre la main sur le Bâton de Merlin. » répond Harry, avec un haussement d'épaule, avant d'ajouter l'air pleinement satisfait : « Dommage pour lui, ça lui aurait fait gagner pas mal de temps. Mais tant mieux pour nous. Car pendant qu'il bosse, ça nous fait des vacances. »

Et il propose illico que nous passions à table.

Ce que j'approuve aussi sec.

Car l'admirable performance de Messire Salazar a achevé de remettre mon estomac en place et de le dénouer. Et comme il est 21H00 passé maintenant et que depuis ce matin, Harry et moi-même nous n'avons rien mangé qu'une petite part de marquise au chocolat noir avec un chouïa de crème anglaise, la faim se fait cruellement sentir à présent dans mon estomac.

A peine nous sommes-nous installés à table cependant, que la porte de la Base s'ouvre pour laisser entrer Albus, Nally et Severus.

« Ce n'était pas la peine de venir. Nous allions vous faire un rapport détaillé, après avoir mangé un morceau. » déclare aussi sec Harry, sans cesser de se servir de patates sautées.

« Je n'en doute pas un instant, mais nous étions curieux d'une part et nous nous sommes dit d'autre part, que ce serait plus efficace de nous réunir tous ici. » répond Nally, qui fixe déjà l'Ecran sur lequel on voit Voldemort bosser très dur, pour retranscrire au plus vite le faux Livre des Origines.

Elle s'est installée auprès de Messire Salazar, qui a proposé de veiller sur les Ecrans, durant notre repas.

« Comme tu peux le constater, Voldemort est contrarié bien sûr, que le Sortilège permettant de traduire le Volumen dans la langue ancienne de son choix, ne dure pas suffisamment dans le temps, ni que l'on puisse dupliquer par Magie le Volumen traduit. Et donc, d'être obligé de tout retranscrire sur parchemins, s'il veut pouvoir relire des passages à loisir. Mais sa colère est bien apaisée tout de même. Et elle va s'apaiser encore, maintenant qu'il a une bonne occupation. » explique Harry, en coupant un morceau de son escalope de volaille.

Je suis bien content, entre nous soit dit en passant, que Pétunia ne nous ait pas préparés de steak ce soir. Je crois que cela m'aurait illico coupé l'appétit encore une fois.

« Sur quelle langue ancienne s'est donc porté son choix ? » demande Severus, en regardant lui aussi Voldemort s'affairer ardemment à sa tâche.

« Latin, bien sûr. C'est la plus facile et rapide à transcrire. » réponds-je, car Harry a la bouche pleine.

« Bien. Il a donc de quoi être bien occupé pour le reste de la nuit et même davantage. » commente Nally, avant de demander : « Comment a-t-il accueilli les interventions de Messire Salazar ? »

« A mon sens, parfaitement bien. Et j'ai fait une copie des trois enregistrements sur une seule cassette déjà. Il ne reste qu'à l'étiqueter. Pour chacune de ses interventions, j'ai aussi copié ce qui précédait et justifiait que l'on envoie Messire Salazar, ainsi que les quelques minutes de la réaction de Voldemort après son départ. La Cassette est là, devant toi, si tu veux te faire une opinion par toi-même. » répond Harry, avant d'enfourner une nouvelle bouchée de son repas.

« Jolie façon de nous inviter à vous laisser diner en paix. » déclare aussi sec Nally, d'un ton souriant, avant d'ajouter avec douceur : « Vous l'avez amplement mérité, je n'en doute pas. Alors allez-y, mangez tout votre soûl sans vous occuper de nous. Je vais également mettre un Sortilège de Silence autour de vous, afin que vous soyez vraiment tranquilles. »

Ça, je ne lui fais pas dire, que nous avons mérité de diner en paix. Après l'après-midi et le début de soirée que nous avons passés.

« Au fait, faut que je te dise, Ron. Tu as vraiment fait plaisir à Papa, en lui demandant d'accrocher le tableau dans l'escalier. » déclare soudainement Dudley, l'œil rieur, dès que les sons sont parfaitement étouffés autour de nous.

« Vraiment ? Raconte ? » demande-je, haussant un sourcil, bien que je subodore déjà ce qui satisfait le plus Vernon.

« Ouais. Papa est vraiment content. Grâce à toi, il a passé une excellente après-midi. Car il s'est régalé à écouter le vieux grincheux dire du mal de Harry et râler contre lui, à chaque fois qu'on le dérangeait en passant dans l'escalier. Papa a même fait exprès de monter et descendre trois fois en faisant bien du bruit, pour que le vieux grincheux réagisse. Et il a fini par lui dire, qu'il avait tout à fait raison de penser que Harry est insupportable. Et après ils ont sympathisé et échangé quelques mots. » répond Dudley, l'air goguenard et confirmant mes soupçons.

« Ravie d'apprendre que pour une fois, ton père trouve un avantage à la Magie. » déclare alors Harry, tout aussi rieur que son cousin, plissant soudain les yeux, avant d'ajouter : « Oh ! Je crois finalement que j'ai trouvé le moyen de me débarrasser du Portrait de Phineas. Puisqu'il le trouve sympathique, je vais l'offrir à ton père, quand vous pourrez partir d'ici. »

Dudley éclate de rire, levant le pouce. J'en fais autant, il va s'en dire, tout comme Lee. Et à partir de ce moment, notre repas devient bien joyeux.

Et j'en suis bien aise. Car ça fait du bien de rire un peu.

OoOoOoO

Severus

Harry et Ron prennent leur temps pour diner dans la bonne humeur, prolongeant même ce moment, en dégustant tranquillement un thé.

Je les comprends parfaitement. Ce à quoi ils ont assisté cet après-midi ne devait vraiment pas être beau à voir. Et je suis sûr de ne pas me tromper, en pensant qu'ils n'ont pas dû couper le son, afin de pouvoir entendre tout ce que Voldemort aurait à dire.

Ils ont donc enduré les hurlements de douleur des trois victimes de tortures.

Je frissonne. Je sais ce que c'est. Il m'est arrivé bien trop souvent à mon goût, de devoir assister à ce genre de séance en direct. Et je me demande toujours comment j'ai pu le faire, sans me mettre à hurler de souffrance avec les suppliciés, sans sortir ma Baguette aussi, pour mettre fin à ces abominations qui se déroulaient sous mes yeux.

Je me secoue. Ce n'est pas le moment de penser à cela. La troisième intervention de Messire Salazar débute. Je me concentre donc dessus, fasciné bientôt, de voir le travail qu'accomplit le Fantôme et j'apprécie bien sûr, la finesse extraordinaire dont il fait preuve. Car même si la plupart des sujets abordés avaient été longuement évoqués avec lui, c'est une improvisation magistrale, qu'il effectue là. Avec une sobriété remarquable, compte-tenu de son extravagance habituelle.

Bref, c'est du grand Art.

Et j'avoue que je suis pleinement satisfaisant de voir le traitement qu'il inflige à Voldemort, la manière dont il le descend en flèche de son piédestal.

« Vous avez manœuvré très habilement, Messire Salazar. Nous vous devons une fière chandelle aujourd'hui, assurément. Et je gage que nous vous en devrons d'autres encore, d'ici la fin. » déclare Nally, quand la Cassette se termine, la retirant du Magnétoscope avant d'ajouter : « Je ne sais durant combien de temps il fera ainsi preuve de respect et d'humilité devant vous, mais il faudra en profiter aussi longtemps que cela dure. »

« Je suis bien d'accord avec vous, très chère. Et je tâcherai de renforcer cette attitude respectueuse envers ma personne, autant que faire ce peut. D'ailleurs à ce propos, j'ai une idée à vous soumettre, si vous le permettez. » répond Messire Salazar, tandis que les garçons viennent se joindre à nous, maintenant que nous avons fini de visionner la Cassette.

« Naturellement, Messire Salazar. Toutes les suggestions sont les bienvenues, vous le savez. Et dans cette affaire, vous êtes des plus à même à effectuer des propositions judicieuses. » répond Nally, alors que Harry installe sa chaise auprès de la mienne.

« Je me demandais, tandis que je revoyais ma troisième intervention auprès de ce monstre, s'il ne serait pas judicieux que je m'adresse à lui, ainsi qu'il le fait avec moi. Après tout, il se montre très familier en m'appelant Salazar. Pourquoi ne l'appellerai-je pas moi aussi, par son prénom ou le sobriquet qu'il s'est lui-même attribué ? » propose Messire Salazar, tandis que je tique aussitôt.

Voldemort est très sensible à la manière dont on s'adresse à lui. Et il déteste son prénom. Autant que son nom de famille. Et bien qu'il se soit choisi lui-même le nom de Voldemort, il ne supporte pas qu'on l'appelle ainsi.

Maître, Monseigneur. Il estime que c'est ainsi, que les autres doivent l'appeler et nullement autrement. Car personne ne mérite de prononcer son nom, de s'adresser ou parler de lui en usant de son nom.

« Je trouve que c'est une excellente idée, Messire Salazar. Néanmoins, soyez prudent dans la manière d'amener cela. » répond cependant Nally, sous le hochement de tête approbateur d'Albus.

« Je le serai, n'ayez crainte. Je pensais en vérité le ménager à demi et lui demander comment il désire que je l'appelle, maintenant qu'il me considère comme un égal. » déclare alors Messire Salazar, tandis que cette fois, je suis tout à fait séduit par sa proposition.

« Oh ! Ça, c'est excellent ! Avec cette approche, il pensera qu'il s'agit d'un test de votre part et se verra contraint de vous permettre de faire preuve d'égalité, dans la manière de vous adresser à lui. » souris-je, avec une délectable satisfaction.

Voldemort n'aimera pas cela, bien sûr. Mais il sera obligé d'agréer à la demande et de supporter que Messire Salazar use de son nom. Quel que soit celui qu'il l'autorisera à prononcer.

« Sacré coup de pied au cul que ça va lui flanquer, tout de même. Il pourrait bien se rebiffer sévèrement. » murmure Ron, sur une grimace.

« J'adoucirai s'il est besoin l'effet de ce pied au train, par quelques flatteries plus fines que celles dont il use lui-même avec ses Serviteurs. » répond Messire Salazar, avec un air parfaitement expressif.

Il éprouve un grand, très grand mépris, pour Voldemort et ne lui épargnera rien de ce qu'il lui sera possible de lui dire, pour le remettre à sa juste place.

« Je ne doute pas que vous ferez cela très bien, Messire Salazar. » sourit Nally, son regard et son expression reprenant cependant une grande gravité, lorsqu'elle poursuit : « Il nous faut maintenant décider, si nous menons ou non la destruction totale de la Bergerie, initialement prévue pour cette nuit. »

« Il y a deux heures, j'aurais dit non. Mais à présent, je suis pour. Son Aura indique que sa colère désenfle avec régularité. Et certes, un nouveau coup du sort l'ébranlera sérieusement c'est certain, mais Messire Salazar pourra aisément minimiser la portée de cette action. » répond aussitôt Harry, que j'approuve entièrement.

« Je suis d'accord également. Messire Salazar a introduit une notion d'urgence dans le projet à mener, en lien avec la réalisation du Rituel de réunification de leurs deux Esprits et Magies. Ce qui signifie l'approche à grand pas de son ultime combat contre Harry et donc la fin de la guerre. Or, étant donné le temps qu'il faut pour mettre au point les œufs de Dragonnes avant de les couver, les Bestioles ne seraient pas prêtes à temps pour qu'il en use durant la Bataille. Alors pourquoi devrait-il s'embêter avec ça ? » appuie-je à l'approbation de Ron, qui a déjà signifié son accord en levant la main, lorsque Harry a précédemment parlé.

« Dans ce cas, pourquoi nous même nous embêter avec ça ? Parce que telle que vous envisagez la chose, sa colère sera vraiment de très courte durée. » intervient Lee, les deux sourcils haussés sur sa question.

« Je me suis posé la même question, Lee. Et j'en suis arrivé à la conclusion que cela sert de toute façon notre plan initial. En fait, ça nous permet d'entretenir le volcan, de le maintenir en activité sous-jacente, en attendant qu'il soit l'heure qu'il entre en éruption. » répond mon fils, qui soupire avant d'ajouter : « La lave doit rester liquide pour pouvoir jaillir, Lee. Or, pour qu'elle reste liquide, elle doit être soumise à une très, très chaude température. Nous devons donc maintenir au mieux l'état de stase, soufflant sur les braises pour réchauffer la lave quand elle commence à trop refroidir, ou au contraire en l'arrosant d'eau fraîche, si on a un peu trop attisé le feu. »

« Oh ! Jolie métaphore, Harry. Et j'apprécie beaucoup d'être en quelque sorte comparé à un arrosoir dans cette histoire ! Car c'est un outil de jardinage des plus fièrement masculins, n'est-il point ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » plaisante alors Messire Salazar, d'un ton joyeux.

Je ne peux m'empêcher de sourire, à l'instar de Nally, Albus, Harry et Ron, tandis que Lee et Dudley s'esclaffent ouvertement.

« Pour l'heure vous êtes un arrosoir, c'est vrai, Messire Salazar. Tenez vous prêt cependant, à devoir changer de forme. Car d'ici peu, on vous demandera assurément de jouer le rôle d'un soufflet pour attiser la braise. » lui répond Harry, pince sans rire, avant de gratifier notre affable Fantôme d'un clin d'œil souriant.

« Encore un instrument à la forme fièrement masculine ! Décidément, vous me gâtez, mon cher Harry ! » réplique Messire Salazar, l'œil également rieur.

« Un instrument fièrement masculin et Gryffondor en plus. Car tandis que le Serpentard arrosoir reste prudemment loin au-dessus de la lave pour déverser son rafraichissant contenu, le soufflet n'hésite pas à courir le risque de plonger parmi la braise et d'être ainsi léché par quelques flammes aventureuses et passionnées. Je suis donc enclin à penser, que ces deux instruments conviennent parfaitement pour vous symboliser, Messire Salazar ! » renchérit Ron, sur un clin vers Messire Salazar, qui s'esclaffe aussitôt de très bon cœur.

Je devine aisément que la plaisanterie prend racine au-delà de ce que nous venons d'entendre. Mais ce n'est pas le moment de m'enquérir à ce propos, car nous avons une décision à prendre et l'heure tourne singulièrement très vite.

J'ai parfois le sentiment de faire des bonds dans le temps, que les aiguilles de l'horloge ou de ma montre, avancent plus vite qu'elles ne devraient en réalité. Illusion bien entendu. La vérité c'est que nous avons trop à faire pour le peu de temps dont nous disposons.

« Quoi qu'il en soit, arrosoir ou soufflet accompliront leur travail comme il se doit, en temps voulu. Et pour l'heure, nous devons nous décider, car notre réponse est attendue. » interviens-je donc, pour recentrer notre débat.

« Je suis également pour que nous entretenions le volcan. » déclare alors Albus et comme Nally lève la main pour signifier un accord que Harry, Ron et moi-même avons déjà donné, il poursuit sans attendre : « Il nous reste donc à décider maintenant, combien de temps de refroidissement nous accordons à la lave, avant de la ramener à nouveau à l'état d'ébullition. »

« Au moment de la nuit où le sommeil est le plus profond. Soit entre 02H30 et 03H30. Non pas qu'il dormira lui-même profondément à ce moment-là, cela m'étonnerait grandement. A mon avis, il a déjà décidé qu'il ne se couchera pas aussi longtemps que le Volumen ne sera pas transcrit entièrement. Mais quand il apprendra la nouvelle de la destruction de la Bergerie, il saisira sans doute la symbolique de l'heure durant laquelle elle s'est déroulée. Que ce soit ou non consciemment. Et il percevra alors confusément que nous nous moquons de lui, ce qui ajoutera à sa colère. » propose Nally, avec un petit sourire en coin que je partage.

Je ne suis pas le seul. Les autres aussi apprécient l'ironie.

« Très bien. Je préviens Draco. Ainsi il pourra aller consulter le journal de Cooper au plus tôt. Je me charge de contacter les autres. Ensuite, j'irai à la Bergerie, afin de repérer les positions des Mangemorts en sentinelles. » déclare Ron, avant de tourner son regard vers Nally et de demander : « Tu viens avec moi ? »

« Non. Je te fais confiance pour mettre au point la stratégie d'intervention. Précise seulement à tout le monde de venir ici, dans le grenier, demain matin à 06H00. Vous aurez tous besoin d'une bonne nuit de sommeil au Paradis. Et toi aussi Harry. Ainsi que Lee. Votre journée a été dure et la nuit débute à peine. Je ne veux pas que vous soyez épuisés par toutes ces laborieuses gardes ici. Dudley va aller se reposer dès maintenant et il gardera la boutique avec Dedalus, pendant que vous ne serez pas là, n'est-ce pas Dudley ? » répond Nally, haussant un sourcil vers le cousin de Harry.

« Ok, Cheffe ! Je mets mon réveil à 05H00. Comme ça j'aurai pris ma douche et mon p'tit déj' avant de venir prendre la relève ! Je préparerai le vôtre aussi. Comme ça, vous pourrez vous attabler au retour. » déclare-t-il, en se levant de son siège, pour aller déjà vers la porte.

« Merci Dud. Mais ne t'inquiète du p'tit déj'. Dobby sera heureux de s'en occuper, pour tout le monde, y compris toi. Et comme ça, tu pourras rester une demi-heure de plus au lit. » sourit Harry, avant que son cousin ne soit parti.

Celui-ci acquiesce d'un hochement de tête et il sort rapidement de la Base.

« Bon, maintenant que les décisions sont prises, je retourne à Poudlard. Je vais donner la main dans le Labo, puis je me charge d'organiser les arrivées depuis Poudlard, jusqu'au Terrier. Ainsi, Albus aussi, pourra se reposer un peu en rentrant. A partir de 01H00. Ça ira ? » décrète-je, en haussant un sourcil vers Ron.

« Pour une intervention à 02H30, largement. Il ne faudra pas longtemps pour exposer la stratégie et nous serons ensuite très vite sur place. Mais tu as raison, mieux vaut compter large que trop court. » répond Ron, qui a déjà contacté les personnes qui attendaient son appel et enfile son blouson en peau de Dragon.

« Je rentre avec vous, Severus, Mais je suppose que Nally va rester un peu avec Lee. » déclare alors Albus, en haussant à peine un sourcil vers mon épouse.

« Vous supposez bien, Albus. Cela permettra à Harry d'accompagner Ron à la Bergerie. Cela lui fera du bien de respirer un peu d'air frais. » répond celle-ci, sur un sourire.

Harry sourit lui aussi et la remercie d'un baiser sur la joue, avant de se lever et d'enfiler rapidement son blouson. Et nous sortons tous ensemble de la Base, descendant l'escalier avec discrétion, afin de respecter le sommeil des Dursley, tous au lit, désormais.

« Ah ! Vous voilà enfin, sale petit vaurien ! Il était temps, je commençais à m'impatienter sérieusement ! Il faut que je vous parle ! » s'exclame cependant Phineas Black, en dardant Harry d'un regard noir, depuis sa place en contre bas.

« Ce serait un plaisir d'échanger quelques joutes verbales avec vous, Phineas Black. Mais hélas, mon emploi du temps très chargé ne me le permet pas. Ceci dit, je ne saurais trop vous recommander de ne pas vous mettre à crier. Mon oncle Vernon n'apprécie guère que des vociférations viennent troubler la tranquillité de son sommeil. Or, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je vous signale qu'il est le seul dans cette demeure, qui sera enclin à écouter avec plaisir, les nombreuses imprécations et remarques désagréables que vous avez à formuler à mon encontre. Je pense donc qu'il serait fort dommage pour vous, de perdre son estime, parce que vous l'auriez intempestivement tiré du sommeil, n'est-ce pas. Sur ce, bonne nuit. Je tâcherai de ne pas vous déranger en rentrant. Ni Richard, ni Mondingus. Ni peut-être les autres encore à partir de 02H30. » déclare Harry sur un débit rapide, et ralentissant légèrement sa descente, pour avoir le temps de formuler toute sa réponse.

Et lorsqu'il est au bas de l'escalier, il tourne son regard vers le Portrait, accrochant un large sourire à son visage pour ajouter : « Ah ! A ce propos, c'est vrai j'oubliais de vous prévenir : fermez bien votre col, Phineas, car je crains qu'il y ait quelques courants d'air cette nuit. Bonsoir ! »

Puis il effectue un petit signe de la main joyeux, vers le Portrait qui le fixe d'un regard offusqué et coléreux, avant de tourner les talons, traversant le hall pour se rendre sur le perron, d'où il va Transplaner avec Ron. J'échange alors un coup d'œil rieur avec Albus, avant d'entrer dans la cuisine, où nous allons prendre la Cheminée. Le Portrait de Phineas Black n'a pas fini de pester, d'être accroché dans un escalier où il sera sans cesse dérangé dans son sommeil.

Un transport par Cheminée plus tard, je m'engouffre dans les Passages Internes, me hâtant pour rejoindre le Labo, où je sais qu'un groupe de mes élèves s'active déjà, attendant mon arrivée pour enclencher le Chronomètre Magique de Nally. Il est minuit pile, lorsque j'arrive. Et comme je dois repartir dans trois quarts d'heure pour me rendre dans le bureau d'Albus, cela signifie que je vais passer 2H15 avec eux.

Et ensuite.

Et bien ensuite, je reviendrai dans le Labo, où je resterai jusqu'au moment où il sera l'heure de l'Attaque surprise sur la Bergerie, par le petit groupe chargé de la mener. Puis j'attendrai les nouvelles, avec Albus et Nally, croisant les doigts, afin que tout le monde rentre sain et sauf.

OoOoOoO

Acte 2 : Retrouvailles

Draco

A peine ai-je mis un pied dans le QG, que Théo, Blaise et Nev bondissent sur leurs pieds.

« Alors, qu'est-ce qu'il raconte ? » demande mon frangin, avec une certaine fébrilité.

« Alors, je n'en sais rien. Tu as bien dû voir que je m'en suis tenu à ce que nous avions décidé et que j'ai passé très peu de temps là-haut. J'ai donc dupliqué les dernières pensées intimes que Cooper a écrites dans son journal aujourd'hui, sans avoir pris le temps de les lire. » réponds-je, m'installant à la table autour de laquelle mes potes ont pris place, tout en sortant le parchemin que j'ai soigneusement rangé dans ma poche.

Mes yeux courent dessus et ceux de Théo avec les miens, par-dessus mon épaule.

« Là ! Il a bien reçu la visite de son paternel ce matin ! » s'exclame soudainement mon frangin, m'arrachant le parchemin des mains pour se mettre à lire à voix haute.

« Et bien sûr, Père m'a contacté dans la matinée, au sujet de l'arrestation de cet incapable de Latton. Il m'a ordonné de graver cette nuit un message de sa part sur le mur de la Grande Salle, afin de bien signifier à chacun, que Latton a peut-être été démasqué, mais que Poudlard n'est pas à l'abri pour autant, car il y a encore dans ses murs, des Serviteurs zélés qui accompliront sa volonté quand il en donnera l'ordre.

Je trouve personnellement que c'est un peu léger comme action destinée à intimider nos ennemis. J'aurai pu aisément faire bien plus fort que cela. Tuer ce sale et inutile Cracmol de Rusard par exemple et clouer son corps sans vie sur les murs de la Grande Salle, avec le message gravé dessous, serait bien plus porteur et symbolique de la puissance de Père.

Mais je ne peux outrepasser sa volonté cette fois. Père ne souhaite pas semer trop tôt la terreur à l'Ecole. Il ne veut pas que les parents retirent leurs enfants de Poudlard, car ils seront un bon moyen de pression au moment venu, c'est-à-dire quand viendra l'heure de son triomphe. A ce moment-là : ou les parents se rallient à lui de leur plein gré, ou il tuera leurs insupportables gosses.

Je le comprends dans un sens. C'est vrai que ça peut être utile. Mais quand même. J'aimerai vraiment pouvoir faire mieux que graver un simple message sur un mur.

Mais peut-être, s'il se passe encore quelque chose qui va à l'encontre les projets de Père dans les jours qui viennent, acceptera-t-il d'écouter mes suggestions. Je lui proposerai alors de clouer Rusard sur la Grande Porte par exemple, le tronc ouvert en deux, pour bien exposer tous ses organes aux regards. Et de graver sur ce qu'il reste de place libre sur les Grandes Portes, que bientôt elles s'ouvriront pour laisser passage à Père et ses troupes. Ça me plairait vraiment bien de faire cela.

Ou de porter un sale coup à Potter, en faisant tuer Jérémy Costner et ceux qui se trouveront avec lui à ce moment-là. Quel sale petit traitre celui-là ! Père lui a offert l'insigne honneur de l'aider à vaincre Potter et il a osé refuser de le faire ! Pire ! Il a aidé Potter à s'enfuir ! Sale petit rat ! Je rêve de l'écraser sous ma semelle, comme un misérable insecte ! De lui ouvrir le ventre et d'éparpiller ses entrailles sur le sol, avant de pisser dessus ! De lui chier sur la gueule aussi et de le forcer ensuite à bouffer ma merde ! Ouais, tout compte fait, je vais me le réserver celui-là. Et je prendrai plaisir à le tuer à petit feu, sous les yeux de Potter. De toute façon, je trouverai bien une autre idée de vengeance à accomplir ici à Poudlard pour affaiblir Potter, si Père me demande de le faire. Les idées, ce n'est pas ce qui me manque, loin de là et j'ai bien le temps d'y penser.

Mais pour l'heure, il faut que je me concentre sur ce que je dois faire cette nuit, que je calcule exactement ce que je vais graver, à quelle place je vais le faire pour que cela impressionne le plus tout le monde. Puis cette nuit, comme me l'a recommandé Père, au plus fort du sommeil de tout le monde, c'est-à-dire entre 02H30 et 03H30, je me glisserai parmi les ombres pour remplir ma mission avec succès.

Et demain matin au petit déjeuner je jubilerai, en observant les réactions de tout le monde. »

« Et à l'heure où tu accompliras ton forfait, moi je serai en train de détruire le nid de Bestioles de ton cinglé de paternel ! » déclare-je, avec un sourire en coin, savourant l'ironie de la situation, lorsque mon frère en a terminé de lire à voix haute les élucubrations de Cooper.

J'avais déjà fort bien goûtée l'ironie, lorsque Ron a appelé pour m'informer de l'heure à laquelle nous allions passer à l'action. Je la savoure encore davantage à présent.

« Ouais. Ben moi, je préviens Monsieur Rusard, que quoi qu'il arrive, il ne doit pas se promener du côté du Grand Hall cette nuit. Ce salopard de Cooper serait fichu de mettre son idée en action, s'il vient à le croiser sur son chemin. Et il aurait beau jeu après, de dire à l'affreux qu'il a bien été obligé de tuer notre brave concierge, sous peine d'être pris en flagrant délit de forfaiture. » déclare quant à lui Nev, composant déjà le message sur son bracelet, le front soucieux.

« Il faut aussi réfléchir à un moyen de couper l'herbe sous le pied de Cooper. Car je ne sais pas vous, mais moi, je n'ai pas envie qu'il jubile demain au petit déjeuner. » enchérit Blaise, en nous regardant à la ronde.

Théo, Nev et moi-même hochons la tête de concert, pour acquiescer.

« Le Elfes de maison pourront peut-être simplement poncer ou remplacer les pierres sur lesquelles les mots seront gravés. » suggère Théo, les yeux un peu plissés sur la réflexion.

« Peut-être oui. Mais si ce n'est pas possible, il faudra trouver autre chose. » répond Blaise, en proposant un thé à la ronde.

Je l'accepte volontiers. Il est passé minuit, mais la nuit ne fait que commencer et elle promet d'être longue.

« J'aurais bien une idée à vous suggérer, si vous me permettez de m'immiscer dans cette affaire. » déclare soudainement le Baron Sanglant, qui s'est proposé pour remplacer Messire Salazar à la Surveillance de la Carte cette nuit.

« Permission accordée, Monsieur le Baron ! Toutes les idées sont toujours bienvenues ! » réponds-je, avec un sourire engageant pour le Fantôme de ma Maison.

Il me faisait froid dans le dos avant. Mais maintenant, je l'apprécie beaucoup.

« Les grandes photographies de Miss Cho et Monsieur McGowen, sont toujours à l'honneur dans la Grande Salle, depuis que Monsieur Londubat a demandé à Monsieur Crivey de les y accrocher. Pourquoi ne pas ajouter celles des autres valeureux ou innocents élèves, dont la jeune vie a été injustement fauchée, pour masquer l'infâme message que ce misérable Franck Cooper gravera cette nuit ? » propose le Baron Sanglant, en nous englobant tous d'un regard assombri d'une lueur de tristesse.

Mon frangin, mes potes et moi-même échangeons un rapide coup d'œil. Voilà une idée qui nous plait bien. Plus que bien, même.

« Un mur du souvenir. C'est une excellente idée, Monsieur le Baron. » acquiesce-je, une boule émue se formant dans ma gorge.

Car j'imagine déjà une grande photographie de Greg, me souriant à chaque repas.

« Ce serait très symbolique, en plus. Le courage et l'innocence, triomphant de la duplicité, de la vilénie et la cruauté. » murmure Nev, hochant la tête positivement.

« Oui. C'est un symbole qui aurait plu à Ursula. A Lucie aussi. » souffle Blaise, dont je devine aisément l'émotion.

« Ça va plaire à tous les nôtres. Et aux profs aussi. Je suis sûr que le professeur Dumbledore sera d'accord avec ça. » renchérit Théo, qui se lève, avant d'ajouter : « Je le contacte tout de suite, pour lui demander ce qu'il en pense. »

« Laisse, Théo, je m'en occupe. Et s'il est d'accord, je vois tout de suite la question avec Colin. Vous trois, vous devez vous préparer. Il sera bientôt l'heure pour vous de partir. » le retient Blaise, tandis que je jette un coup d'œil sur l'horloge.

Blaise a raison. Il est presque la demie de minuit. Il est donc temps pour Théo, Nev et moi-même, d'aller enfiler notre tenue de combat et de rejoindre le Bureau du professeur Dumbledore, dont nous allons partir.

Théo acquiesce donc, tandis que Nev et moi-même nous levons à notre tour.

Car oui, Théo et Nev viennent avec moi à la Bergerie. Leur arbre généalogique respectif, même si c'est très lointain, croise celui des Weasley et donc de Nyle Lane, à deux reprises pour Nev, trois pour Théo. Alors bien que ce soit très dilué, ce lien leur permettra de franchir la Protection du Sang posée sur la Bergerie.

« Je veux vous voir revenir en vie et entier. C'est compris ? » déclare alors Blaise, en nous fixant tour à tour, le regard grave.

« Tu peux y compter. » répondons-nous d'une même voix, avant de donner l'accolade à notre pote.

Et mes cousins Gabe, Marian et Seamus, qui ont un ancêtre Malfoy Rebelle et se trouvaient à une table un peu plus loin, viennent nous rejoindre, pour donner également l'accolade à Blaise. Lui promettant bien sûr, de revenir en vie et entier.

« T'inquiète mon pote, on sera vite revenus. C'est qu'une toute petite Mission de rien. » assure de plus Seamus, qui a eu ses dix-sept ans hier et a donc décrété de venir, que le directeur soit d'accord ou non, dixit ses propres mots.

Mais il n'a pas à transgresser l'avis du Directeur. Le professeur Dumbledore a donné son accord, car au plus nous serons de combattants possédant du sang de Nyle Lane ou de Malfoy, Renégat ou non, au plus nous serons nombreux à pouvoir pénétrer sur les terres de la Bergerie. Ce qui nous garantira une victoire plus facile, sur les Mangemorts, auxquels Lucius et Voldemort ont donné la possibilité d'accéder à la propriété.

« Je viens aussi ! Mes parents ont accepté ! » déclare soudainement une voix dans notre dos.

Ginny ! Ça, je ne m'y attendais pas. Et Théo non plus. Mon frangin vient de pâlir à en être plus blanc que sa chemise.

« Ginny, tu es sûre que… » commence mon frère, avant d'être interrompu par sa moitié.

« Oui, je suis sûre, Théo. J'ai acquis ma Majorité Magique et avec tout le temps que nous avons passé au Paradis, on peut aussi considérer que je suis majeure. Par ailleurs mes parents ont convenu, après la Mission Belles Aux Bois Dormant, que je suis adulte. En conséquence, je viens. » dit-elle avec fermeté, adoucissant le ton de sa voix pour ajouter : « De toute façon, en fin de semaine la guerre entrera à Poudlard. Et je serai aux premières loges, comme tout le monde dans le Comité. Alors ça ne change pas grand-chose, si je commence à me battre ce soir avec l'Ordre du Phénix. Et une Weasley de plus dans la place, ça ne peut être que bénéfique, n'est-ce pas ? »

Et mon frangin n'a rien à opposer à cela, n'est-ce pas ? Il ne s'y trompe pas d'ailleurs et il se contente d'acquiescer d'un hochement de tête, recevant un furtif baiser sur ses lèvres, avant que nous allions dans une alcôve, pour enfiler notre treillis.

C'est fait en deux temps, trois mouvements. Et bientôt nous remontons tous ensemble vers le Bureau du professeur Dumbledore, escorté par Sir Nicholas qui affiche une gravité extrême.

« Soyez prudents, mes enfants. Et Merlin vous garde ! » dit-il, lorsque nous arrivons.

« Tout ira bien, Sir Nicholas. Il y aura moins de danger à affronter qu'il n'y en avait à Halloween ou lors de l'Attaque du Poudlard Express ou encore à Pré Au Lard. Alors ne vous inquiétez pas trop pour nous. » lui sourit Nev, avec une tranquillité sereine, avant d'entrer dans le Bureau de notre Directeur.

« Ah ! Vous voilà ! Parfait ! Il ne manque plus que Severus pour nous donner l'adresse du Terrier et nous pourrons partir ! » s'exclame alors le professeur McGonagall, avec énergie.

Elle se tient, en treillis et blouson en peau de Dragon, Balai à la main, à côté de Charly vêtu tout comme elle.

« Vous venez donc avec nous ? Je l'ignorais. » réagis-je, une nouvelle fois surpris.

« Mais naturellement que je viens ! C'est bien une affaire de famille qui concerne tous les descendants de Nyle Lane et des Malfoy Renégats, n'est-ce pas ? Il est donc normal que je vous accompagne ! » s'exclame McGo, avec autorité.

Et pour toute réponse, je lui souris largement. Car elle a raison. C'est une bien affaire de famille que nous allons régler ce soir. Je suis seulement déçu de n'avoir pas été présent, lorsqu'elle a appris qu'elle a du sang Malfoy dans les veines.

D'ailleurs à ce propos, je me demande qui le lui a dit. Nally, peut-être ? Ou Ron ? Oui, Ron est capable de l'avoir fait, après avoir composé l'équipe avec Nally.

Quel cachottier ! Il aurait pu me le dire, au lieu de me laisser la surprise !

« Tout le monde est là, c'est parfait. Prenez de la Poudre de Cheminette et mettez-vous en file. C'est bientôt l'heure. » déclare Pa, en entrant à son tour dans le Bureau.

Il délivre l'adresse du Terrier à McGo, Marian, Gabe et Seamus, qui n'ont pas eu l'occasion de venir au Terrier depuis avant-hier, quand il a fallu le rebâtir et poser de nouveau le Fidelitas. Et à 01H00 tapante, il donne l'ordre de départ, nous recommandant la plus extrême prudence.

Il y a déjà du peuple assis autour de la table, quand nous arrivons dans la cuisine. Molly, Arthur, Bill, Fred, Georges et Ron, bien sûr. Mais également Maman, Tante Andromeda, Tonks, Patrick O'Neill, le pote de Charly et bien sûr Terry, le frère de Marian.

Même s'il n'attaqueront pas avec nous, Hermione et Harry sont là également, bien sûr.

« Salut ! Assoyez-vous tous où vous pouvez. Les derniers ne devraient pas tarder et je vous expliquerai le plan quand ils seront là ! » déclare Ron, acceptant le thé que Molly lui offre.

Et je suis à peine assis, lorsque l'Alarme du Terrier se déclenche.

« Ah ! Voilà Sirius, Alvin et Cecyl sans doute ! » commente aussitôt Arthur, qui me fait face, l'air satisfait.

« Alvin et Cecyl ? » demande Théo, me devançant d'un poil.

Nous sommes loin de connaitre tous les Membres de l'Ordre et je suis curieux de savoir qui sont ces deux-là.

« Alvin Spycer et Cecyl O'Hara, descendants de Malfoy Renégats et donc de très lointains cousins au Xième degré de Draco. Ils sont respectivement frère ainé de Nicholas Spycer et père de Kylian O'Hara, actuellement scolarisés à Poudlard. Ils sont fort heureux à la perspective de détruire les ruines de la Bergerie. Surtout Cecyl d'ailleurs. Il m'a l'air d'avoir un contentieux personnel avec Lucius. » répond Ron avant de croquer dans un biscuit au miel.

« Je suis bien aise de faire leur connaissance. » souris-je, au moment où Sirius pénètre dans la cuisine du Terrier.

Il précède un jeune homme aux longs cheveux blonds retenus en catogan, dont les yeux bruns pétillent d'intelligence derrière ses lunettes ovales et qui m'est immédiatement sympathique. Je me fige cependant, en voyant l'homme d'une quarantaine d'années, qui arrive juste après lui.

Je le connais, j'en suis sûr. J'ai déjà vu ce visage fin, encadré de cheveux châtain roux un peu bouclés, à l'expression patiente et attentionnée. Et quand les yeux bleus de cet homme, Cecyl O'Hara bien sûr, se posent sur moi, je me sens soudainement transporté des années et des années en arrière.

« Bonjour, Draco. Je constate avec plaisir que tu te souviens de moi. » dit-il, dans un fin sourire amical.

« Oui. Je ne me souvenais plus de votre nom, je l'avoue. Mais jamais je ne vous ai oublié, Monsieur O'Hara. Souvent ces derniers temps, je me suis demandé ce que vous étiez devenu, si vous aviez pu retrouver un travail, après que Lucius vous ait renvoyé. Et je suis heureux aujourd'hui, de pouvoir vous remercier de la gentillesse que vous avez manifestée envers moi, durant le peu de temps où vous avez été mon précepteur. » réponds-je, le cœur un peu battant, me levant de table, pour venir au-devant de mon ancien précepteur.

Celui qui a été renvoyé, pour avoir soigné la brûlure que Lucius m'avait obligé de m'infliger moi-même, avec un tisonnier chauffé à blanc, alors que j'avais cinq ans.

Et je me sens gauche tout à coup, de me retrouver ainsi face à lui. Je voudrais lui donner l'accolade. Mais je n'ose pas. Alors je lui tends simplement la main. Il la prend, la serrant doucement, ouvrant aussi l'autre bras et m'attirant à lui, comme s'il avait senti mon hésitation et m'invitait à réaliser mon envie.

C'est une ferme et douce accolade à la fois, qu'il m'offre. Elle est très courte, mais il y a une affection sincère dedans.

« Il n'était pas difficile d'être gentil avec toi, Draco. Ni d'éprouver de l'affection pour toi. Tu étais un enfant si gentil toi-même, attachant et si intelligent, que c'était un bonheur d'être ton enseignant. Et crois-moi, j'aurais voulu pouvoir faire bien plus que ce que j'ai fait et t'arracher aux griffes du monstre qui te maltraitait si cruellement. » dit-il, la douceur de son expression voilée de tristesse.

« Vous avez fait bien plus que vous le pensez, Monsieur O'Hara. Vous n'avez pas été mon précepteur durant bien longtemps hélas, mais vous m'avez profondément marqué. Et je me rends compte aujourd'hui, que vous êtes le modèle paternel que j'ai secrètement entretenu dans les tréfonds de mon cœur et auquel je me suis raccroché durant toutes ces pénibles années. Et je vous ai toujours opposé à Lucius. Je ne voulais pas devenir tel que lui, mais tel que vous, Monsieur O'Hara. Patient, doux, attentionné et affectueux. Et je ne vous remercierai jamais assez pour cela. Non, jamais. C'est grâce à vous, que je ne suis pas devenu le monstre que Lucius voulait que je devienne. Et en cela, vous avez sauvé ma vie et mon avenir, Monsieur O'Hara. » déclare-je, avec une profonde sincérité.

« Ne me remercie pas, Draco. Je n'ai fait que nourrir un tout petit peu une très bonne graine. Ce sont tes propres efforts, qui t'ont ensuite permis de devenir l'homme que tu es devenu. Et j'en suis très heureux pour toi. » répond Monsieur O'Hara avec douceur.

Et il me donne à son tour une accolade, dans laquelle je me sens heureux et terriblement ému.

« Bien jolies et attendrissantes, ces retrouvailles et je suis désolé de devoir les interrompre, mais il est temps que je vous expose la stratégie de notre action. » murmure soudainement Ron, en me pressant l'épaule.

Il presse également celle de Monsieur O'Hara, qui acquiesce tout comme moi.

« Oui. Nous aurons tout le temps de reparler de tout cela. Et de refaire connaissance. » dit-il, en m'engageant d'un signe de tête, à retourner vers la table de la cuisine.

OoOoOoO

... Votre avis m'intéresse vivement ...

...

..

.

v