Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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L'Entretien Du Volcan 2 / 6
Acte 3 : Une Affaire Rondement Menée
Bill
Notre affaire a été rondement menée. C'est le moins qu'on puisse dire.
Nous sommes tombés sur le râble des sentinelles sans qu'elles le voient venir, les endormant bien sagement,avant d'envahir la place et de sortir gentiment du lit l'équipe de garde de jour, le Vétomage Suédois et ses deux aides.
Et finalement, nos prisonniers ont été emmenés au Ministère, en l'attente de leur transfert dans une prison d'Europe continentale qui s'effectuera dans la journée, sans que nous ayons eu à essuyer le moindre Maléfice, en riposte à notre action.
Nous détruisons maintenant irrémédiablement le laboratoire d'expériences infernales et Charly embarque les Dragonnes et le Dragon d'Abyssinie, avec quelques-uns de ses collègues, appelés à la rescousse, pour les ramener en Afrique.
Puis, en quelques coups de Baguette, je réduis en cendres les tentes qui abritaient le petit personnel de Voldemort et je rejoins Papa, Ron, Harry et Hermione, qui se tiennent un peu à l'écart du campement. Hors des limites de la propriété que Harry et Hermione ne peuvent franchir.
« Voilà une mission comme je les aime : réglée en deux coups de spatule à chaudron. Vous avez eu le temps d'avoir ce qu'il vous fallait ou il faut vous la refaire au ralenti ? » déclare-je, en direction de Harry, Ron et Hermione, sourcil arqué sur un œil malicieux, lorsqu'ils viennent nous rejoindre.
« Ça ira. Nous avons l'essentiel. Il ne reste plus qu'à livrer la marchandise. » sourit Harry en retour, en brandissant deux fioles de cristal, sur lesquelles il jette un Sortilège d'Incassabilité.
Puis il les place dans un écrin que Ron tend vers lui et celui-ci le ferme soigneusement, tandis que les Membres de l'équipe venant de Poudlard nous rejoignent à leur tour.
Minerva manifeste son contentement du succès incontestable de cette éphémère mission familiale, dixit ses propres mots, qui permet de priver à jamais l'horrible, de ses démoniaques Bestioles. Puis dans la foulée, elle rappelle à ses élèves et lointains cousins, qu'ils ont encore du travail à effectuer dans le Labo de leur QG. Et tout son petit monde nous fait signe au revoir en souriant, avant de Transplaner illico presto direction le Terrier, d'où ils vont reprendre la Cheminée.
Ça sonne aussi le départ pour les autres Membres de notre brève équipée nocturne, chacun partant vaquer à une occupation ou une autre, en attendant que nous partions au Paradis où Nally nous a conviés. Et en quelques secondes, il ne reste plus sur place que Papa, Ron, Hermione, Harry et moi-même.
Hermione sort du papier d'emballage rouge et un ruban doré de sa poche, puis elle entreprend d'envelopper l'écrin que Ron lui a refilé, effectuant un joli nœud autour de son paquet cadeau, avant de le confier à Harry. Puis celui-ci, à l'aide d'un fin crayon feutre Moldu noir, écrit dessus, en petites lettres capitales : A l'intention de Tom Jedusor, alias Voldemort. De la part de Harry Potter.
Une belle provoc comme je les aime. Rien que ça, ça va faire fumer l'horrible.
« Tu crois vraiment que le planton va oser apporter ce paquet à Voldemort ? » demande Papa, sourcils froncés, son regard dubitatif posé sur Harry.
Mais ce n'est pas lui qui répond.
« T'inquiète, j'ai tout prévu. » déclare en effet mon frangin, avec un large sourire et un clin d'œil vers Papa, qui s'est vivement tourné vers lui.
Mais Ron a déjà Transplané, sans tambour ni trompette, paquet cadeau dans une main et Balai dans l'autre.
« Eh bien, je suis curieux de voir ça. » murmure alors Papa, en pleine interrogation de ce que Ron a bien pu inventer encore une fois.
« Moi aussi. » acquiesce-je, en hochant positivement la tête pour appuyer ma réponse.
« Dans ce cas, joignez-vous donc à nous, si vous n'avez rien d'autre à faire. » invite aussi sec Harry, qui Transplane sans coup férir, direction le QG.
J'hésite un quart de poil avant de le suivre, de concert avec Papa et Hermione. Notre arrivée s'effectue dans le Grenier où Mondingus n'a finalement pas eu de travail cette nuit et nous descendons rapidement vers la Base, prenant garde à ne pas faire de bruit, dans le respect du sommeil des Dursley.
« Ils sont de retour, Ron. Tu peux y aller. » déclare Nally, après avoir jeté un bref coup d'œil vers nous, tandis que je referme la porte de la Base derrière moi.
« Ok. Compte à rebours à 10 et regardez bien l'Ecran donnant sur le portail. » répond la voix de Ron, dans mes Ecouteurs.
Je fais donc le décompte mentalement, l'œil rivé sur le planton qui fait le pied de grue dans la nuit, à peine éclairée par un flambeau, devant le portail de la Gentilhommière. Et pile poil quand j'arrive à zéro, je sursaute en même temps que lui : le paquet emballé de papier rouge et enrubanné d'or, vient de lui tomber sur la tête, rebondissant à peine avant de choir quasi silencieusement sur le sol à ses pieds.
Le Mangemort lève la tête dans un automatisme et scrute le ciel, éclairant largement les alentours de la lueur de sa Baguette, visage alarmé. Puis comme il ne voit évidemment rien dans les environs immédiats, il baisse finalement les yeux sur le paquet. Il le regarde durant quelques secondes l'œil méfiant, comme s'il pouvait lui sauter soudainement à la figure, avant d'enfin se pencher pour le ramasser d'une main prudente.
Et il pâlit salement, en lisant les nom du destinataire et de l'envoyeur, jetant un bref coup d'œil vers la Gentilhommière en se mordant la lèvre inférieure, en proie à une très nette hésitation. Je le comprends sans peine, car il y a de quoi tergiverser sérieusement. A cette heure Bletchley est dans son lit et sûr que le Mangemort qui fait le planton à la porte du bureau, le laissera avec sa merde. Alors il devra lui-même délivrer le paquet à Voldemort. Or, il ne faut pas se leurrer, il a 99,99% de risques de se prendre une peignée bien salée.
« Livre vite ce colis à ton Maître, si tu ne veux pas mourir dans de terribles souffrances ! » siffle soudainement la voix de Voldemort, après quelques secondes d'un silence oppressant.
La voix imitée par Ron, en un murmure menaçant amplifié par un Sonorus, semble surgir de partout et nulle part à la fois et le planton sursaute dans un bond brusque, se tournant brièvement dans tous les sens, à coups de regard affolés.
« Livre-moi vite ce colis ! » siffle encore la voix, plus menaçante que jamais.
Cette fois ça lui fait un effet bœuf et le planton galope comme s'il avait les Doloris de son Maître au cul.
« Sacré Ron ! Il n'en loupe pas une ! » déclare Dedalus, avec un petit sourire dans la voix.
J'esquisse un sourire, moi aussi. Mon frangin ne rate décidément jamais une occase de se foutre du monde, quand elle se présente. Et, bien qu'ayant à coup sûr hautement conscience d'envoyer le planton au casse gueule, il n'a pas raté celle-ci plus qu'une autre.
Mon frangin entre en trombe dans la Base, alors que le planton galope rapidos dans le couloir menant vers les quartiers de son Maître. Voldemort recopie toujours scrupuleusement la traduction du faux Livre des Origines et l'horloge de son bureau sonne pile 03H00, quand le planton frappe à la porte.
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« Entrez ! » aboie l'horrible, sans même relever le nez de ses Parchemins.
Le planton ferme brièvement les yeux, prenant une bonne inspiration, avant d'ouvrir, la main tremblante. Puis il reste prudemment sur le pas de la porte.
« Ce paquet vient d'être livré pour vous, Maître. » dit-il, d'une voix sourde d'appréhension, qui alerte bien sûr l'affreux.
Et celui-ci relève prestement la tête, les yeux plissés de suspicion contrariée.
« Livré par qui, par quoi ? Je n'attendais rien. Es-tu sûr que ce colis m'est destiné ? » aboie-t-il encore, son regard flamboyant sur une lueur de soupçon grandissant se posant dans un automatisme sur le paquet rouge enrubanné d'or.
Ses lèvres, si minces qu'il semble ne pas en avoir plus que de cheveux, de sourcils et de nez, se pincent aussitôt et le planton rentre perceptiblement la tête entre ses épaules, sous l'œil angoissé de son collègue qui se rencogne contre le mur.
« Il a été lâché devant le portail, sans qu'il m'ait été possible de voir si c'est un Hibou ou une personne qui l'a livré. Mais c'est sûr, il est pour vous, Maître. Il vous est adressé. » répond le planton, d'un ton de moins en moins assuré.
L'affreux tord une fois de plus sa bouche, dans un dur pincement. L'attitude du planton indique trop clairement la peur de retombées douloureuses pour sa paume, pour qu'il l'ignore et n'accorde pas son attention immédiate sur ce colis, enveloppé comme un cadeau de Noël.
Rien que ça déjà, cet emballage aux couleurs de Gryffondor, c'est une véritable insulte à ses yeux, assurément. Et il se contient visiblement et difficilement d'exploser immédiatement, posant sa plume dans son encrier, puis se levant avec lenteur pour venir au-devant du planton apeuré, qui tend le paquet vers lui.
Et ses narines palpitent dangereusement, lorsque son regard tombe sur l'écriture en lettres capitales. Mais il se contient encore, arrachant brusquement le paquet des mains du planton, avant de lui claquer la porte au nez, d'un geste sec de la main.
Heureux d'ailleurs, qu'il ait vivement effectué un bond en arrière le planton, ou il se la prenait méchamment en pleine figure, la porte. Et à voir son air, pas de doute, il se rend compte qu'il peut s'estimer plus heureux encore, d'avoir échappé au Doloris. Alors sans attendre son reste, il se carapate vite fait, sous le regard envieux de son collègue qui a bien pâli lui, car il a naturellement mesuré également le péril de la situation et il doit intérieurement prier tout ce qu'il peut le ciel, de lui épargner les foudres de son terrible Maître, qui pourraient à tout moment se déchainer sur lui, à défaut de pouvoir le faire sur quelqu'un d'autre.
Voldemort quant à lui, reste immobile, regard fixé sur le paquet qu'il serre si fort entre ses doigts, que ses jointures en sont plus pâles encore qu'habituellement.
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« Il est déjà dans un bel état de rage. » murmure Harry, sans quitter l'affreux du regard.
« A quel point ? » demande Hermione, avec une pointe d'inquiétude.
« Quasi hors des gonds. Et ça monte en puissance de seconde en seconde. » répond Harry, avec calme et marquant une brève pause, avant d'ajouter : « Ça va chauffer sacrément dur, lorsqu'il verra le contenu des fioles et il n'aura de cesse de vouloir répondre à la provocation. Alors préparez-vous à devoir batailler sec, pour l'empêcher d'exécuter vengeance immédiate, Messire Salazar. »
« Peut-être devrais-je y aller tout de suite, ne croyez-vous pas ? » demande alors Messire Salazar, avec une vive inquiétude, que je partage aussi bien qu'Hermione, Dedalus et Papa.
En revanche, Nally, Harry et Ron sont parfaitement sereins dans leur réflexion, œil fixé sur Voldemort qui se tient toujours debout, figé sur place, narines palpitantes et regard flamboyant, traversé de lueurs éminemment dangereuses.
Le visage de l'affreux exprime en fait tant de fureur, que je suis hautement surpris de ne pas entendre les meubles gémir, ni les vitres voler en éclat.
« Oui. Ne laissons pas sa rage atteindre son point culminant. Que cela monte et descende tour à tour, c'est mieux. Alors oui, allez-y, Messire Salazar. Engagez-le à ouvrir le paquet et regardez les souvenirs avec lui. Laissez-le mesurer ce qu'il voit, puis minimisez en la portée au mieux. Apaisez ses craintes. Et si vous le pouvez, tâchez de l'encourager dans le sens que nous avons convenu, dans le scénario numéro 2 de cette partie de notre plan. » répond finalement Harry, à l'approbation de Ron et Nally.
Et dans les deux secondes qui suivent, Messire Salazar apparait sur l'Ecran, pile poil devant l'affreux.
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« Qu'a donc de si fascinant ce paquet ? » demande-t-il avec une brusquerie curieuse, tirant aussi sec l'affreux de sa réflexion contemplative.
« CE SALE PETIT MORVEUX OSE ME PROVOQUER ! ICI ! DANS MA MAISON ! » crache aussi sec Voldemort, avec une fureur haineuse.
Il hurle tant, que dans le couloir, le planton se plaque contre le mur, ouvrant de grands yeux effrayés. Et, un grincement vif provenant de la chambre, indique que les éphèbes de l'affreux en ont brusquement sursauté dans leur sommeil.
« Chut, ne hurle pas si fort ! Rappelle-toi qu'on ne doit pas nous entendre ! » chuchote quant à lui Messire Salazar, dardant Voldemort d'un regard empli de reproches.
L'horrible lui retourne son regard au centuple. Mais il tire aussi sec sa Baguette et jette vivement un Sortilège en direction des portes et fenêtres pour garantir la confidentialité dans son bureau, avant de cracher encore :
« JE HURLE SI JE LE VEUX ! »
Et il jette le paquet au sol, avant de se mettre à marcher de long en large, fulminant et rageur. Messire Salazar le regarde faire un instant, puis il se dirige vers le paquet, se penchant en avant pour l'examiner d'un peu plus près durant quelques secondes, avant de se redresser et de tourner de nouveau son regard vers l'affreux.
« Comment peux-tu être si sûr, que c'est cet avorton de Potter qui t'envoie ce paquet ? » demande-t-il, arquant un sourcil sceptique.
« C'est signé, ne le vois-tu pas ! Je l'aurais même deviné s'il n'avait écrit que c'est de sa part ! Les couleurs de Gryffondor ! Mon nom écrit sur le papier ! Qui oserait me nommer ainsi, sinon lui ! » explose à demi Voldemort, poings serrés sur sa rage.
« Ton nom. Voilà donc ce qui te met si en colère. » déclare alors Messire Salazar, d'un ton tranquille et fixant Voldemort, l'air de dire que l'horrible se fracasse la tête pour pas grand-chose.
« EN COLERE ! OUI, BIEN SUR QUE C'EST CELA QUI ME MET EN COLERE ! NE PEUX-TU COMPRENDRE POURQUOI ! » hurle encore Voldemort, avec une fureur renouvelée, qui fait encore monter de quelques crans mon inquiétude.
L'intervention de Messire Salazar est vraiment loin de calmer l'horrible. Et je crains de plus en plus les retombées. Un coup d'œil vers Harry et Ron cependant, apaise partiellement mes craintes. Car ils conservent tous deux la même sérénité que tantôt.
« Je comprends que tu serais fier de ton nom, s'il n'avait au préalable appartenu à ton Moldu de père. Et… » répond Messire Salazar, avant d'être interrompu avec vigueur.
« N'ÉVOQUE PAS MON DEMI-SANG MOLDU ! » vocifère en effet Voldemort, avec une haine incommensurable.
J'ai eu très souvent l'occasion de jauger le degré de haine dont il est habité. Je pensais l'avoir déjà vu à son comble, mais j'étais loin du compte. Car jamais, non jamais, elle n'avait atteint un tel sommet, qui dépasse de très loin le domaine de l'imaginable.
« Et toi, ne m'interromps plus jamais comme tu viens de le faire ! Ou à jamais je briserai le lien qui nous uni ! » rétorque Messire Salazar, d'une voix forte et déterminée, ses yeux plissés, animés d'une très, très lourde menace.
Un duel de regards furieux s'engage dès lors. Dans un silence d'une lourdeur de plomb, durant lequel je retiens mon souffle.
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« Messire Salazar vient de prendre un sacré risque, avec cette menace. » murmure Dedalus, d'un ton qui grimace quelque peu.
« Non. Bien au contraire, Dedalus. Il a dit exactement ce qu'il fallait pour calmer Voldemort et asseoir définitivement son autorité sur lui. » sourit Nally, avec confiance.
« Ouais. Etre renié par son ancêtre serait le pire de ce qui pourrait arriver à Voldemort. Car alors ses rêves d'Immortalité, de puissance suprême et de grandeur éternelle seraient anéantis à jamais. En conséquence, même si ce n'est pas de gaité de cœur, l'affreux va devoir baisser pavillon devant Messire Salazar et l'écouter. » renchérit Ron, avec une évidente satisfaction.
Que je partage pour le coup. Car de ce point de vue, Nally et lui ont raison d'avoir confiance. Voldemort lui-même s'accorde avec ce point d'ailleurs, c'est net. Car progressivement il se calme, rompant soudainement le duel, certes les lèvres pincées, mais il le rompt bel et bien, baissant brièvement le regard vers le menton de Messire Salazar, avant de le relever vers ses yeux.
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« Que voulais-tu ajouter ? » demande-t-il, en redressant imperceptiblement les épaules, le ton de sa voix contenant une hauteur certaine, mais nettement moins hautain cependant, que celui dont il use avec ses subalternes.
« Cela concerne un fait aujourd'hui effacé des mémoires, qui explique ma compréhension du mépris que tu éprouves pour ton nom. Cependant à quoi bon que je t'en dise davantage, puisque, si j'en juge le ton de ta demande, cela ne semble pas t'intéresser outre mesure. » répond aussi sec Messire Salazar, avec quelque peu de défiance.
Voldemort soupire illico, le regard traversé d'une lueur agacée, qu'il s'empresse de détourner en se dirigeant vers un siège.
« Bien au contraire, Salazar. Tout ce qui touche à toi m'intéresse vivement. Ne l'ai-je pas suffisamment fois prouvé, en effectuant de nombreuses recherches et étudiant minutieusement tout ouvrage mentionnant seulement ton nom ? » réplique-t-il, en prenant place sur un fauteuil, dans une attitude qui conforte son propos et effectuant un geste qui invite Messire Salazar, à s'installer confortablement face à lui.
Messire Salazar le jauge durant quelques secondes, avant de s'asseoir avec une raideur réservée.
« L'histoire n'a pas retenu que le père de Salazar Serpentard était un né Moldu. » déclare-t-il ensuite abruptement, son regard planté droit dans celui de Voldemort, qui sursaute à cette révélation et ouvre aussi sec la bouche pour effectuer un commentaire.
Mais Messire Salazar lève impérativement une main pour le couper net dans son élan, avant de poursuivre :
« Salazar Serpentard. J'ai longuement songé à interdire à chacun de prononcer devant moi ce nom, qui manquait singulièrement de grandeur. Et en réalité, je le haïssais tant, que je n'avais qu'un désir : Salazar Serpentard devait mourir, disparaitre à jamais de la surface de la terre, être effacé des esprits. J'étais déterminé à exécuter ce désir, lorsqu'il m'est soudainement apparu, que je devais au contraire faire oublier mes origines et revendiquer ce nom que je haïssais, mettre tout mon pouvoir en œuvre pour sa grandeur, afin qu'il soit reconnu et craint de tous, à travers les siècles. » explique Messire Salazar, tandis que le regard de l'horrible se voile de plus en plus, sur une réflexion interne.
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« C'est très malin de la part de Messire Salazar, de s'approprier l'histoire d'Artemus au profit de sa manœuvre. » sourit Ron, avec appréciation.
« Sa manœuvre as-tu dis ? Au-delà de faire retomber la colère de Voldemort, il manigancerait donc quelque chose ? » demande Dedalus, sourcils froncés et vaguement inquiet.
« Ouais. Mais il a eu le feu vert. Alors ne vous inquiétez pas, Dedalus. Admirez plutôt le travail ! » l'apaise Ron, en tapotant l'épaule du vieil ami d'Albus, dans un geste qui se veut rassurant.
Je m'interroge bien entendu, au sujet de la manœuvre en question. Mais je ne pipe pas mot, réservant mon attention pour ce qu'il se passe dans le bureau de Voldemort, dont le regard revient dans le présent et sur Messire Salazar.
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« C'est l'une des raisons, pour lesquelles ton choix s'est porté sur moi, plutôt que sur l'un de mes prédécesseurs. Parce que tout comme toi antan, je hais le nom reçu à ma naissance et tout comme l'était autrefois le tien, la seule évocation du nom que je me suis donné, inspire la crainte. » murmure-t-il, son regard s'éclairant maintenant de compréhension.
« Peu importe la crainte qu'a inspiré mon nom. Ce qui compte, c'est que je n'ai plus raison désormais de le haïr. Son origine Moldu est oubliée et il a perduré et perdurera à jamais, comme celui d'un Sorcier qui a marqué l'histoire de notre Monde, de son empreinte indélébile. » répond Messire Salazar, qui se penche légèrement vers Voldemort, pour ajouter : « Et grâce à toi, il sera bien davantage reconnu encore, n'est-ce pas ? »
« Oui. Il brillera bien davantage, tu peux en être assuré.» acquiesce l'horrible, tandis que je goûte à l'ironie parfaite de cet instant.
Sûr, que le nom de Messire Salazar brillera davantage, quand Voldemort ne sera plus et que le Monde Sorcier apprendra quel a été son rôle dans sa chute.
« Je t'en remercie et maintenant que ceci est établi, il est temps que nous résolvions une autre question. Comment souhaites-tu que je te nomme ? » répond Messire Salazar, avec une parfaite décontraction.
L'horrible papillonne des yeux sur la surprise de ce changement radical dans l'orientation de la conversation.
« Plait-il ? » réagit-il, l'air un peu ahuri.
« Tu me nommes volontiers Salazar, au cours de nos échanges. Je dois pouvoir te nommer également, ne crois-tu pas ? » réplique Messire Salazar, en haussant un sourcil sur sa question.
Son regard cependant, ne laisse aucun doute. Il ne souffrira pas une réponse négative.
« Oui. Oui, bien sûr, tu dois pouvoir me nommer effectivement. » répond l'horrible, après une brève mais perceptible hésitation, sobrement teintée de contrariété.
Qu'il prend rapidement soin de dérober au regard perçant de Messire Salazar, en plongeant les yeux vers le sol, dans une attitude qui reflète une réflexion intense.
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« C'est donc ça, la manœuvre ? C'est de l'amener à choisir comment il peut l'appeler ? » demande Dedalus, en haussant un sourcil interrogateur vers mon frangin.
« Ouais. Messire Salazar assoit ainsi son statut égalitaire avec l'affreux. » répond Ron, qui grimace légèrement avant d'ajouter : « Enfin, égalitaire. Façon de parler, bien sûr. Messire Salazar est nettement supérieur à Voldemort. »
« Tu n'avais pas besoin de préciser. J'avais bien compris le sens de ta réponse. » commente Dedalus, accordant un bref sourire à Ron, avant de reporter son regard sur l'Ecran.
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« Est-ce donc un choix si difficile à effectuer ? » demande Messire Salazar, avec une pointe d'impatience.
« Je suis uniquement soucieux d'effectuer celui qui te convient. » réplique illico presto Voldemort, d'un ton discrètement agacé.
« Ce n'est pas un piège. Quel que soit le choix que tu feras, il me conviendra. » rétorque Messire Salazar, d'un ton apaisant certes, mais accompagné d'un sourire un chouia moqueur.
Cela ne plait pas à l'horrible, qui pince les lèvres, mais capitule quand même.
« Voldemort. » lâche-t-il, du bout des lèvres.
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« Eh bien voilà, c'est fait ! » sourit Ron, avec satisfaction, ajoutant sur un clin d'œil vers moi : « Une manœuvre parfaitement réussie, réglée en deux coups de spatule à chaudron. »
J'approuve. C'est une affaire qui a été rondement menée, c'est vrai.
Je doute cependant, que ce soit aussi facile pour la suite. Car ce qu'il reste à régler, n'est pas du tout du même acabit.
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Acte 4 : Une Formidable Bataille
Harry
Messire Salazar effectue un signe de tête reconnaissant vers Voldemort, puis sans transition aucune, il pointe du doigt le paquet rouge et or qui traîne sur le sol, à quelques pas à sa droite.
« Eh bien, Voldemort, que penses-tu d'en finir maintenant avec ceci ? » demande-t-il, d'un ton neutre.
Aussi sec, le regard de Voldemort flamboie d'une brusque bouffée de colère froide.
Entre l'arrosoir et le soufflet, sa température interne joue au yoyo et ça transpire dans son Aura, qui palpite au gré de son humeur pulsatile. Elle enfle par à-coups, se rétractant à peine avant de s'étirer un peu plus, au risque de se déchirer, à mesure que la colère de l'affreux se renforce.
« Tu as raison. Finissons-en avec la provocation de cet insignifiant petit avorton ! » gronde-t-il, les naseaux fumants.
Il jette illico une série de Sortilèges, afin de s'assurer que le colis n'est pas piégé. Puis il remise sa Baguette dans sa manche, avant de tendre la main vers le paquet qui saute aussitôt dedans, arrache le papier rouge et le ruban or d'un geste rageur pour extirper l'écrin qu'ils renferment et enfin, expulse le couvercle d'une sèche chiquenaude.
« Des souvenirs ! » siffle-t-il aussi sec, plissant brièvement ses yeux suspicieux vers les fioles.
« Très curieux ! » commente laconiquement Messire Salazar, tandis que Voldemort ôte les fioles contenant les souvenirs de l'écrin, puis les porte à hauteur de ses yeux.
Il les examine durant quelques secondes, comme s'il pouvait voir les souvenirs défiler en fixant simplement les fioles de son regard flamboyant.
« Oui, tu as raison, Salazar. C'est très curieux. Mais plus curieux est encore le fait qu'il a pu me les faire parvenir, en les amenant directement chez moi. » murmure-t-il enfin, avec une très nette colère amère, se décidant ensuite à se lever, pour se diriger vers la console sur laquelle trône sa Pensine.
Il débouche les fioles et déverse leur contenu dans l'Artefact, avant de tirer sa Baguette de sa manche, jetant avec sécheresse le Sortilège qui permet au premier des deux souvenirs, de s'élever et de défiler sous ses yeux.
Et sa bouche se tord d'une rage difficilement contenue, aussitôt se déploie-t-il, révélant l'Attaque et la destruction du laboratoire de la Bergerie. Et naturellement, à mesure qu'il défile, la fureur de Voldemort s'exalte, effectuant une brusque poussée, lorsque le second souvenir prend la suite, mon visage moqueur lui faisant soudainement face.
« Eh oui, Jedusor ! Harry Potter, les Malfoy Renégats et les Descendants de Nyle Lane ont encore frappé. Ton laboratoire est irrémédiablement détruit et cette fois, c'en est bien fini de tes adorables petits diablotins. C'est bien ainsi, n'est-ce pas, que tu te plaisais à appeler ces infernales bestioles ? » déclare-je, avec une satisfaction triomphale plus qu'évidente, avant d'aborder un air infiniment plus sérieux pour ajouter : « Le glas va bientôt sonner pour annoncer la fin de la petite foire aux Monstres dont tu es le personnage central, Jedusor. L'interruption définitive de tes négociations avec les Géants, Latton démasqué à Poudlard et la destruction de la Bergerie, marquent le début de ta chute. Ne t'ai-je pas prévenu, que nous avons des yeux et des oreilles partout ? Les uns après les autres, tous tes projets seront donc systématiquement sabotés. Tiens-toi prêt également à recevoir ma visite sous peu, car je te garantis que les Protections de ta propriété ne suffiront pas, pour m'empêcher de venir te chercher. Le compte à rebours a commencé et il ne te reste plus longtemps à vivre. Je te conseille donc de croquer la vie à pleines dents et de surtout bien en profiter pour te farcir la tête d'agréables souvenirs, avant ton voyage sans ticket de retour direction l'Enfer, où tu passeras l'éternité. A un de ces prochains jours, Jedusor !»
Voldemort, qui effectuait d'énormes efforts pour se contenir, perd subitement son sang-froid. Il tire sa Baguette et jette un Avada Kedavra en direction de mon sourire provocateur, qui s'efface tandis que le Maléfice se fracasse contre le mur, dont quelques éclats de pierre volent aussitôt dans la pièce.
L'un d'entre eux effleure la joue de l'affreux qui hurle sa rage dans un long cri, avant d'effectuer un brusque demi-tour, se retrouvant aussitôt quasi nez à nez avec Messire Salazar.
« Que comptes-tu faire ? » demande ce dernier, avec brusquerie, l'expression austère.
« JE M'EN VAIS SUR LE CHAMP PULVERISER CE SALE PETIT RAT BOUFFI D'ORGUEIL ET DE PRETENTION SUFFISANTE ! » hurle Voldemort, dans un sifflement de rage haineuse.
« Je ne te laisserai pas commettre cette erreur ! » réplique aussi sec Messire Salazar, une menace implacable dans le ton de sa voix.
« JE NE PEUX LAISSER CETTE PROVOCATION IMPUNIE, ALORS ÔTE-TOI DE MON CHEMIN, SALAZAR ! » s'écrie l'affreux, le ton et les yeux plus flamboyants de menaces encore, que ceux de Messire Salazar.
Et un duel de regard s'engage, tout comme tantôt, les secondes s'égrenant avec lenteur.
« Tu n'as donc pas compris ! » lâche soudainement Messire Salazar, le ton à la fois las et agacé, sans se soustraire pour autant au regard assassin de l'affreux.
« COMPRIS QUOI ? » demande ce dernier, dans un hurlement abrupt, poings serrés et Baguette crachotant des étincelles.
« Que c'est là, le but de la provocation ! Potter ment ! Il ne peut pas venir te débusquer ici ! Ils ne sont pas suffisamment nombreux pour jeter bas tes Protections, sans que cela leur coûte beaucoup d'énergie ! Cela les affaiblirait trop ! Alors Potter t'attend dehors, avec l'Ordre du Phénix au grand complet, comptant que ta colère te fera commettre l'erreur stupide, de sortir de chez toi par la grande porte ! Ce qui lui permettra de t'abattre à coup sûr avec lâcheté, avant même que tu aies pu le voir ! » oppose Messire Salazar, avec une fermeté coléreuse.
Voldemort cille brièvement. Sa mâchoire se contracte convulsivement, son poing se serrant et se desserrant de même, autour de sa Baguette.
« Je vais le contourner ! » décide-t-il, hésitant un chouia, avant d'ajouter : « Oui, je vais le contourner ! Je vais faire un Portoloin afin de rejoindre le Manoir pour rassembler mes Mangemorts et nous reviendrons les surprendre ! »
« Penses-tu qu'ils n'ont pas envisagé cette possible manœuvre ? Les crois-tu réellement aussi stupides ? » demande alors Messire Salazar d'un ton froidement sévère et qui ajoute, au nouveau cillement palpitant de colère de Voldemort : « Certes, ils ne peuvent plus t'espionner ici, maintenant que tu as démasqué les frères Yaxley et Flamstead, mais qu'en est-il au Manoir ? Ils peuvent encore avoir des espions là-bas, tu le sais très bien. Et avant que tu aies terminé de rassembler tes troupes, le Manoir sera encerclé et tu seras accueilli à ta sortie, de même qu'il en serait ici ! Alors cesse de t'obstiner dans cette idée ridicule ! Ne lui donne pas une raison supplémentaire de te railler et de perdre nombre de vaillants combattants, en répondant à la provocation de ce sale petit morveux ! Attends plutôt une heure beaucoup plus favorable, pour le frapper en terrain que tu auras toi-même choisi ! »
L'affreux ne répond pas. Son Aura frémit toujours d'une rage pulsatile qui ne désenfle pas et les pensées sont nombreuses, à se bousculer dans son regard brûlant de vives flammes furieuses.
« Très bien, Voldemort ! Porte toi donc au-devant de lui dès à présent, au risque de courir à ta perte, puisque tel est ton désir ! Quant à moi, ta colère m'a suffisamment nourri, pour que je puisse poursuive mes desseins, au travers de ton descendant ! » lâche brusquement Messire Salazar, avant de reculer vivement d'un pas sur le côté, pour laisser la voie libre à Voldemort.
Mais celui-ci a vivement sursauté à ses paroles et reste figé, son regard arrondi de stupeur suivant le mouvement de Messire Salazar.
« Que dis-tu ? » demande-t-il, à la fois incrédule et vivement froissé.
« Tu as très bien compris ! » claque la réponse de Messire Salazar, revenant se placer devant Voldemort, avant d'ajouter avec une fermeté résolue : « Si tu t'obstines à ignorer mes conseils avisés, tu tomberas dans un piège qui pourrait être ta perte ! Or, si tu meurs, moi, je pourrai poursuivre ma route, revivre en unissant mon Esprit et ma Magie, avec l'Esprit et la Magie de ton fils. Mais toi tu ne le pourras pas. Car tu ignores comment faire ! »
Le souffle de Voldemort est suspendu et ses yeux lancent des éclairs de haine à l'état brute.
« Je n'ai pas de fils ! » siffle-t-il, entre ses mâchoires crispées, prenant une inspiration profonde avant de hurler : « CE GAMIN IDIOT N'EST PAS MON FILS ! »
« Il l'est ! Tu le sais fort bien ! Alors cesse de le nier ! » réplique Messire Salazar, défiant l'affreux avec hauteur.
« NON ! IL NE L'EST PAS ! » rétorque Voldemort, avec une obstination un rien capricieuse.
Et j'ai soudainement le sentiment que les rôles sont inversés, comparativement aux premières conversations entre Voldemort et son Salazar auxquelles nous avons eu accès. Salazar avait alors de ces réactions capricieuses que j'observe maintenant chez Voldemort.
« Le Maléfice qui connecte vos Esprits sans avoir à faire usage de Potion, n'aurait pas fonctionné s'il n'était ton fils ! » répond avec colère Messire Salazar, avant d'ajouter, avec plus de douceur : « Tu ne veux pas qu'il le soit, car tu crains, sa personnalité étant fortement ressemblante à la tienne, qu'il te supplante un jour. Mais il n'a pas ce projet pour l'heure. Fort au contraire, il te vénère et souhaite uniquement obtenir une place privilégiée à tes côtés. Et réjouis-toi qu'il en soit ainsi. Car nous aurons bientôt besoin de lui pour accomplir nos desseins et qu'il sera la pièce maitresse du succès de notre entreprise. »
Voldemort tique aussi sec.
« Que veux-tu signifier par-là, Salazar ? » demande-t-il d'un ton glacé, une lueur largement soupçonneuse dominant la fureur dans son regard.
Toute son attitude traduit une soudaine méfiance suspicieuse, ce que perçoit bien évidemment Messire Salazar, qui réagit en conséquence.
« Que crois-tu donc ? Que je souhaite t'évincer à son profit ? Eh bien, non ! Rassure-toi, ce n'est pas ce que je souhaite ! Fort au contraire ! Pourquoi redouterai-je que tu cours ainsi à ta perte, si tel était le cas ? Pourquoi déploierais-je en ce moment même, autant d'énergie pour t'empêcher de te précipiter au-devant de Potter ? » déclare-t-il avec une brusquerie agacé et soupirant avec autant d'énervement, avant de poursuivre, son regard profondément grave rivé dans celui de l'affreux : « Ce garçon est loin de t'égaler en puissance et intelligence, Voldemort. Je serais donc fort contrarié d'avoir à poursuivre mes desseins en me liant à lui et ne le ferai qu'à la condition expresse, de t'avoir, hélas, définitivement perdu. »
L'affreux jauge Messire Salazar, pesant visiblement le pour et le contre. Sa bataille interne est âpre et je crains un instant que sa méfiance l'emporte, ce qui compliquerait sérieusement la suite de notre affaire. Mais finalement, son aura se rétracte imperceptiblement et ses épaules s'affaissent un chouia, signes qui indiquent clairement à mes yeux, qu'il se range aux arguments de Messire Salazar.
« Pourquoi aurons-nous bientôt besoin de lui ? Et en quoi représente-t-il une pièce maitresse de notre future entreprise ? » demande-t-il, ton et regard nettement radoucis.
« Ton fils ne possède ni la beauté que tu avais antan, ni autant de puissance et d'intelligence que toi, mais force est de lui reconnaitre un certain charme et, fait bien plus important, son corps est jeune et vigoureux, quand celui dont tu disposes actuellement a trop subi déjà, les outrages du temps et de la Magie Noire. » lâche Messire Salazar, d'un ton plutôt neutre.
Un tic agite aussi sec le coin de la bouche de Voldemort. Il est vexé. Terriblement vexé même. Ce qui n'échappe bien évidemment pas à Messire Salazar.
« Ne sois donc pas aussi susceptible ! C'est une simple constatation ! Reconnais plutôt que même si ton pouvoir de séduction est resté intact, il te siérait de retrouver les jeunesse, beauté et vigueur d'un adolescent ! » réagit-il, avec une pointe d'exaspération, s'adoucissant avant d'expliquer : « Je ne doute pas que ton corps actuel soit suffisamment résistant pour déployer l'énergie nécessaire à l'accomplissement du Rituel, Voldemort. Je crains cependant, qu'il ne le soit pas assez, pour accueillir nos deux puissantes Magies unifiées. En revanche, et grâce à l'atout que constitue son lien de parenté direct avec toi, le corps athlétique de ton fils serait le réceptacle idéal de notre réincarnation. Et comme il te vénère, il sera trop heureux de nous céder son corps. »
« Nous le céder ? Es-tu si sûr qu'il le voudra ? Il est idiot et me vénère, certes. Mais il ne l'est certainement pas au point de renoncer à sa vie qu'il espère glorieuse. » réplique Voldemort, le coin de la bouche fortement agité d'un tic de contrariété.
« Mais de notre côté, nous ne serons pas idiots nous-mêmes, pour lui dire qu'il s'agira de nous céder son corps au prix de sa vie, n'est-ce pas ? » rétorque Messire Salazar, avec un sourire fourbe et cruel.
Voldemort lui rend aussi sec son sourire, avec infiniment plus de cruauté encore.
« Non. Nous ne serons pas idiots. Et j'avoue que me réincarner dans son corps, me siérait à ravir. » dit-il, avant d'éclater de son rire le plus froid.
Un rire qui s'éteint vite cependant, lorsque son regard tombe sur l'écrin qu'il a laissé choir au sol tantôt.
« Il faut quand même que Potter paye, pour cette inacceptable provocation. Et il va le faire incessamment. Aujourd'hui même ! » siffle-t-il, avec brusquerie, sa colère se manifestant en faisant de nouveau enfler son Aura.
J'échange un rapide coup d'œil avec Ron et Hermione. Nous avons envisagé cette réaction. Et en vérité, je la redoutais. Car il n'y a pas trente-six solutions pour Voldemort. En dehors d'une riposte musclée et donc d'une Attaque massive immédiate, la seule manière pour lui de se venger de cette provocation, c'est de mener une action qui vise l'un de mes proches, à Poudlard.
Je sais, que Messire Salazar va tout tenter, pour le dissuader de mener un quelconque projet à son terme aujourd'hui, mais il y a trop peu de chances qu'il y parvienne et ça aussi, je le sais.
« Ne perds pas de temps à t'appesantir outre mesure avec ces insignifiantes gamineries et laisse donc ce minable s'amuser de ses plaisanteries douteuses, pendant que tu prépares sérieusement ta maintenant très proche victoire ! » répond Messire Salazar, sur un haussement d'épaule qui signifie le total désintérêt qu'il accorde à cette affaire.
« Non, Salazar ! Je ne laisserai pas cette provocation impunie ! Je ne peux laisser Potter prendre autant de confiance en lui-même et se gausser de moi, à la pensée que je me retranche derrière les murs de ma propriété, tremblant de peur à l'idée de sa prochaine Attaque contre moi ! » claque en retour l'affreux, avec une froide détermination, avant de plonger droit dans ses pensées.
« Soit. Tu veux lui faire savoir que tu ne le crains pas. Je peux le comprendre. Mais n'oublie pas que tu as un important déjeuner ce midi, avec cette Elfe qui vient pour te demander des comptes à propos du Volumen, que tu n'as pas fini de retranscrire. » déclare Messire Salazar, pour ramener Voldemort vers d'autres préoccupations.
« Je sais, Salazar ! Mais j'ai déjà réfléchi à cela. Je vais lui dire que j'entrerai en possession du Volumen ce prochain week-end. Je lui expliquerai même par le menu, le soi-disant plan d'action que j'ai prévu pour l'obtenir, si cela lui chante. » répond Voldemort, sans même lui accorder un regard.
« Alors il est d'autant plus urgent que tu finisses la transcription et que tu effectues ensuite la traduction de cet ouvrage. Il faut que ce soit fait avant que tu lui remettes le Volumen, Voldemort. Car tu dois pouvoir entrer en action et aller chercher Escalibur, aussitôt t'aura-t-elle indiqué où se situe la Porte ! » insiste Messire Salazar, avec fermeté.
« Je sais, Salazar ! Et n'aies crainte, ce sera fait ! » siffle l'affreux avec colère, avant de relever son regard sur Messire Salazar, pour ajouter avec sècheresse : « Et ce sera fait d'autant plus vite, si tu me laisses réfléchir tranquillement à la mise au point de mon projet. »
Il est résolu. Rien ne le fera changer d'avis. Son regard sur Messire Salazar l'indique aussi clairement que son Aura.
« Très bien. Je m'incline devant ta certitude de parvenir à mener de front tous tes projets à bien, dans les courts délais qui nous sont impartis. Et puisque je suis là, autant que je t'aide à développer ton idée de vengeance. » propose alors Messire Salazar, qui indique quant à lui clairement, qu'il n'est guère décidé à laisser Voldemort tranquille, s'il ne l'invite pas dans sa réflexion.
L'affreux pince brièvement les lèvres, sur un soupir.
« Oui. Peut-être peux-tu m'aider. » cède-t-il cependant, se levant dans l'intention évidente d'effectuer les cent pas dans son bureau, avant d'ajouter : « Potter prend trop confiance en lui ces derniers temps. Je dois donc l'affaiblir et pour ce faire, il me faut le frapper au cœur, car c'est là son point faible. »
Mon cœur se pince illico et la main de Ron se referme sur la mienne, la serrant avec une sourde angoisse. Non qu'il craigne pour lui-même, mais pour Jérémy, Jodie, Jonas et nos amis les plus proches.
Tout comme moi.
« Le frapper au cœur... » répète Messire Salazar, sourcils froncés et faisant mine de pianoter sur l'accoudoir du fauteuil.
Il semble réfléchir. Mais en réalité, il se tient prêt à réfuter les idées de l'affreux, selon les différentes options que nous avons envisagées.
« Le jeune Costner ! » murmure soudainement Voldemort, son visage se tordant de cruauté, tandis que j'éprouve un nouveau pincement au cœur.
Un horrible pincement qui bloque ma respiration, tandis que les souvenirs de ma détention avec Jérémy dans la cave de Priest Hole Manor, me sautent à la mémoire.
Je m'efforce de les chasser et de me concentrer uniquement sur la scène qui se déroule sous mes yeux. Je dois le faire, je dois entendre tout ce que Voldemort va dire, si je veux pouvoir réfléchir au moyen d'épargner des souffrances à mon fils.
« Costner ? C'est bien ce gamin que tu as utilisé pour empoisonner l'esprit de Potter, n'est-ce pas ? » demande Messire Salazar, plissant les yeux, comme pour mieux se souvenir.
« Oui, c'est bien lui. Souviens-toi, il m'avait assuré qu'il voulait me servir, mais il s'est retourné contre moi. Potter lui est très attaché. Il a même annoncé son désir de l'adopter, ainsi que sa sœur et son jeune frère. » répond l'affreux, qui revient s'asseoir face à Messire Salazar, avant d'ajouter : « Je vais le faire tuer aujourd'hui, en toute sournoiserie. »
« Il est à Poudlard ! » fait remarquer Messire Salazar, alors que Voldemort fermait déjà les yeux, sans aucun doute pour se mettre en rapport avec Cooper.
« Oui, bien sûr qu'il est à Poudlard. Je vais charger mon… descendant, de régler cette affaire avant le diner de ce soir ! » répond l'affreux, avec un rictus méprisant, à l'évocation de son descendant.
« Tu ne peux risquer qu'il se fasse prendre ! Nous avons besoin de lui, ne l'oublie pas ! Or, tu sais tout comme moi, que de nombreuses mesures de sécurité sont en place, pour garantir la protection des proches de Potter ! Le jeune Costner doit en bénéficier plus que tout autre, si Potter lui est aussi attaché que tu le dis ! » s'exclame aussitôt Messire Salazar, avec une nette désapprobation.
Voldemort soupire, avec agacement et lassitude.
« Il n'agira pas lui-même ! Il chargera l'un de mes fidèles jeunes partisans de tuer Jérémy Costner ! » répond-il, avec détermination.
« Il en faudrait tout un groupe, pour surprendre la garde de cet enfant ! Or, la plus grande part de tes jeunes partisans est étroitement surveillée également ! Tu sais aussi bien que moi, qu'ils ne peuvent faire un pas sans rencontrer un sérieux obstacle sur leur chemin ! Ils se feront prendre ! Et si l'un d'entre eux révèle la manière dont tes ordres lui parviennent, cela mettra en danger toute ton organisation à Poudlard, ton fils et nos projets ! » oppose avec véhémence Messire Salazar, qui s'est levé et fait peser sur Voldemort tout le poids de son regard le plus autoritaire.
Voldemort fulmine de nouveau, d'une fureur qui fait pulser son Aura. Il ne répond pas cependant. Il semble réfléchir sérieusement aux arguments de Messire Salazar.
« Je veux frapper Potter en plein cœur ! » crache-t-il finalement, avec résolution.
« Je te comprends. Mais quand bien même ce serait un succès, songe que la réaction de Potter pourrait bien être contraire à celle que tu attends. La perte de cet enfant auquel il est très attaché, déclencherait peut-être chez lui une fureur qui le ferait passer outre ses principes et le déciderait à user de Magie Noire contre toi à votre prochaine rencontre ! Tout comme moi, tu as senti sa puissance, Voldemort. Pourras-tu le vaincre, s'il vient à ta rencontre et use de Magie Noire ? Te sens-tu capable d'affronter le déferlement de sa rage, de la haine que la mort de cet enfant fera naitre en lui ? » insiste encore Messire Salazar, avec urgence, tandis que le regard de Voldemort flamboie d'une fureur renouvelée.
« Tu m'en crois donc incapable ? Tu n'as donc aucune confiance en moi, en ma puissance ? » demande-t-il, avec défiance, les narines palpitantes.
« Ce n'est pas de toi, dont je doute. Mais de la capacité de ton corps actuel à résister aux assauts de Potter, qui bénéficie de la jeunesse et de la résistance physique ! » assène Messire Salazar, qui soupire brièvement, avant de poursuivre : « Je l'ai senti, à Godric's Hollow. Et bien que tu t'en défendes, tu l'as senti, toi aussi. C'est la résistance physique qui nous a fait défaut. Un corps jeune, c'est ce dont nous avons besoin. Je te l'ai dit déjà tout à l'heure. Alors laisse-moi prendre le temps de rassembler un peu de force et d'énergie supplémentaires et nous prendrons possession de celui de ton fils. Cela seul, nous garantira victoire sur Potter et sur le Monde. »
L'affreux prend de nouveau le temps de réfléchir aux arguments de Messire Salazar. Il semble fléchir, quand soudainement son regard se fixe, un peu vague, sur les flammes de l'âtre et je frémis illico presto à la pensée fulgurante, que son Salazar pourrait bien être en train de reprendre le dessus et de le titiller pour le faire venir à lui.
Mais Messire Salazar suit son regard dans un automatisme et une brève lueur affolée traverse le sien, avant qu'il ne vienne vivement se placer entre l'âtre et les yeux de Voldemort.
« Use du même stratagème que lui ! » dit-il précipitamment, au sursaut de Voldemort.
« Comment cela ? » demande-t-il, avec surprise.
« Tu veux l'affaiblir et tu as raison de vouloir le faire ! Mais ne précipite pas ta vengeance. Use plutôt du même stratagème que lui. Positionne-toi devant un miroir et adresse-lui un message, que tu lui feras parvenir via un souvenir. Montre lui que tu n'as pas peur de lui, que ses stupides menaces n'ont pas prise sur toi. Dis-lui que tu l'attends de pied ferme, que ton plus cher désir est de l'affronter au plus vite, que tu lui ouvriras bien grand les portes de la Gentilhommière, s'il ose se présenter devant ! » répond Messire Salazar, quelque peu fébrile, puis, constatant le peu d'enthousiasme de l'affreux à cette idée, il ajoute avec une infinie cruauté : « Et tu prendras soin, avant de lui livrer ce message, de lui montrer d'autres souvenirs : ceux où tu tortures le petit Costner, par exemple. Mais aussi lui-même et ses espions ici, il y a quelques heures. Et insiste bien dans ton message, sur les milles tortures que tu feras subir à tous les êtres qui sont chers à son cœur. Montre lui comment tu les feras souffrir, comment tu les tueras, comme tu as tué ses chers parents. Il est jeune encore, impressionnable. Les souvenirs des souffrances que tu lui as infligées à Priest Hole Manor, remonteront inévitablement à la surface. Et il en fera des cauchemars, il en perdra le sommeil et l'appétit. Il s'affaiblira physiquement et psychologiquement. Et ainsi, il commettra des erreurs qui lui seront fatales lors de votre prochaine rencontre. »
« Ce n'est pas très satisfaisant. » répond Voldemort, avec une moue dédaigneuse.
« Je sais. Mais songe à quel point cela le sera, lorsque tu auras mis Potter à genou devant toi et que tu réaliseras toi-même ta vengeance sous ses yeux. Quelle douce perspective, n'est-ce pas, que de torturer les êtres qui lui sont chers, sous les hurlements de souffrance de son cœur brisé. » réplique Messire Salazar, d'un ton doucereux, le visage transpirant le sadisme pur.
Et pour le coup, le visage de l'affreux s'éclaire d'un sourire extatique.
« Baiser le petit cul de Jérémy Costner et Draco sous ses yeux ! Oui. Quelle douce vengeance ce serait ! » murmure-t-il, se délectant déjà à cette pensée.
« Une douce vengeance que nous accomplirons tous deux, quand nous bénéficierons du corps jeune et vigoureux de ton fils. » insiste encore Messire Salazar.
Voldemort hoche la tête pour toute réponse.
La partie est gagnée. Jérémy ne sera pas pris pour cible aujourd'hui.
Et je ne saurai jamais assez remercier Messire Salazar, pour la formidable bataille qu'il vient de livrer.
Et remporter…
OoOoOoO
... Votre avis m'intéresse vivement ...
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