Disclaimer : cf chapitre 1

.

Mille mercis à Mistycal !

.

.

L'Entretien Du Volcan 3 / 6

Jeudi 20 Mars 1997

Acte 5 : Bande-Annonce

Ron

« Ouf ! Cette fois, la partie a été très serrée ! » murmure Papa dans mon dos, tandis que j'exhale mon soulagement dans un soupir.

Harry relâche aussi son souffle et la prise de sa main sur la mienne.

Cette provocation était une énorme prise de risque. Nous aurions pu nous contenter de faire paraitre un article dans la Gazette pour annoncer la destruction de la Bergerie. Et longue, très longue a été notre réflexion. Nos proches ont été consultés. Y compris Jérémy et Jodie. Car il n'aurait pas été question de les soustraire avant le retour de flamme, comme nous l'avons fait avec Jonas, qui passe les jours prochains au Village des Elfes avec Brian, Julian, Emily, Annabelle et Ievguenia.

Mais Jérémy et Jodie nous ont rappelé qu'ils couraient moins de risques que les autres, grâce à leur côte de maille en Ithilmar. Alors nous avons finalement décidé de tout parier sur Messire Salazar et sa capacité à convaincre Voldemort de renoncer à sa vengeance.

Il y est parvenu. Mais y parviendra-t-il encore la prochaine fois ?

Je croise les doigts. Très fort.

Car maintenant que nous avons commencé dans cette voie, il n'y a plus de retour possible et nous devons poursuivre notre chemin. Coûte que coûte.

« Ouais. Heureux que Messire Salazar n'est pas du genre à lâcher facilement son os ! » commente Bill, avant d'ajouter, avec surprise : « Tu t'en vas ? »

Je me retourne vivement, pour constater que Papa enfile sa cape.

« Oui. Et tu ferais bien de venir avec moi. Ta mère et Fleur doivent commencer à se demander sérieusement ce que nous fabriquons et elles vont finir par sonner l'alarme et signaler notre disparition tout azimut. » répond Papa, avec un sourire.

« Penses-tu ! Elles doivent tirer des plans grandioses pour le mariage et avoir oublié l'heure ! » sourit Bill en retour.

« Je croyais que ce serait une petite cérémonie sans chichis, ni tralalas, lors du prochain séjour au Paradis ? » m'étonne-je, guettant ce qu'il se passe sur l'Ecran du coin de l'œil.

L'affreux est en train de concocter son petit discours menaçant pour Harry, sous les encouragements de Messire Salazar qui lui souffle quelques idées bien gratinées.

« Ouais. C'est ce qui est prévu dans l'immédiat. Mais tu connais Maman, elle tient absolument à fêter ça en grandes pompes en présence de toute la famille, quand la guerre aura pris fin. Et la mère de Fleur y tient autant, si ce n'est plus qu'elle encore. Alors il a bien fallu céder, si nous voulions avoir la paix. » répond mon frangin, sur un haussement d'épaule fataliste.

« Sacré fiesta en perspective. Car au train où la famille s'agrandit, la moitié du Monde Sorcier sera invitée ! » commente-je, un immense sourire aux lèvres.

« Il y a des chances, oui. » acquiesce Papa, qui sourit également largement, avant d'ajouter, avec plus de sérieux : « J'ai aussi des rapports à finir pour le Ministère. Alors j'y vais. A tout à l'heure ! »

« Ok. Mais quant à moi je reste. Je veux voir la suite de la remarquable prestation de Messire Salazar. » répond Bill, en prenant la tasse de thé que Dedalus lui présente.

J'en accepte une tasse aussi. J'en ai bien besoin. Maintenant que l'adrénaline retombe, je me sens les jambes un peu en coton.

« Tu es bien silencieuse, Maman. » déclare soudainement Harry, d'un ton qui invite Nally à nous faire part de ses pensées.

« Oui. Je me disais que si Voldemort fixe un rendez-vous à Balegarian dimanche, il serait peut-être judicieux de changer les plans de notre guerre contre elle. » répond Nally, le regard dans le vague.

« Les pleines Lunes sont prévues dimanche soir, c'est vrai. Mais je ne vois pas en quoi il serait judicieux de changer les plans de la Celtycie. » murmure Harry en retour, yeux plissés sur la réflexion.

« Il n'est pas dit que nous devons nous battre durant la nuit de Pleines Lunes. Olórin a vu que l'une des Lunes sera rousse et l'autre blafarde, mais il n'a pas précisé si elles étaient pleines ou non. » répond Nally, son regard revenant dans le présent, avant de poursuivre, en fixant Harry : « Si Balegarian meure ici dimanche, que ce soit au sens littéral ou même simplement en tant qu'Elfe, les Protections et les murs d'enceinte de Myrn Echoriath tomberont à grands bruits et que crois-tu qu'il se passera alors ? »

« Ce sera la débandade parmi ses troupes et elles déferleront sur le Plan de Pierre Cuivré, pour échapper à l'effondrement de Myrn Echoriath. Et s'il n'y a personne pour les arrêter dès lors, ils s'égayeront dans la nature et attaqueront tous les Villages Humains ou Cités Elfiques qu'ils rencontreront en chemin. » répond Harry, marquant une brève pause puis fronçant les sourcils pour ajouter : « Mais Olórin a dit que je dois venir te remettre Megildur sur le Plan de Pierres Cuivré. »

« Exact. Parce que c'est là que va se dérouler la Bataille qui libèrera la Celtycie des Monstres créés par Balegarian. En revanche, il n'est pas dit que je dois la combattre sur ce même terrain. » déclare Nally, avec une certaine fermeté.

« Tu penses donc sérieusement à l'accueillir et lui faire sa fête à la Gentilhommière. » conclus-je, à son approbation muette.

Ça me va pas mal.

Privée de ses troupes, Balegarian ne pourra pas compter affaiblir Nally en jetant sur elle quelques-uns de ses Monstres, avant de l'affronter. Et quand elle aura renoncé à son Elfitude ou tiré sa révérence pour la dernière fois, ses troupes privées de sa tête seront grandement désorganisées, ce qui facilitera conséquemment la tâche des Elfes et Rebelles.

« Encore faut-il qu'elle n'apprenne pas que Voldemort a cassé sa pipe dès qu'elle met un pied dans notre Monde. » glisse cependant Dedalus, après quelques secondes de silence de réflexion sur la Base.

« Il n'y a aucune raison pour qu'elle l'apprenne. La Porte grâce à laquelle elle accède à notre Monde doit être située dans une région déserte et elle déteste trop les Humains, pour aller se mêler à eux plus qu'il ne faut. Elle n'effectuera donc aucun détour, avant de se présenter aux grilles de la Gentilhommière. » répond Nally, avec une assurance que je partage à cent pour cent.

« Ouais. La seule chose qui pourrait lui sembler étrange, c'est qu'il n'y a plus de planton pour l'accueillir. Mais ça, ça peut s'arranger facilement. Il suffit que l'un d'entre nous enfile une robe noire et se plante devant la grille. » déclare-je, m'imaginant déjà dans ce rôle.

Ça me ferait plaisir, d'ouvrir puis refermer sur cette garce, la porte du piège dans lequel elle tomberait toute crue.

« Ok. Alors dans ce cas, il ne faut juste pas que le rendez-vous soit fixé trop tôt. Parce qu'une journée, ça commence à minuit. Alors si Balegarian décide de ne pas attendre au-delà de trois ou quatre heures du matin, le timing risque d'être un peu trop serré de notre côté, pour que Harry soit disponible et te remette Megildur dans les temps. » commente cette fois Dedalus, regard fixé sur la planification de notre plan d'action, que nous avons accrochée au mur.

Tous les regards se tournent dans un automatisme dans la même direction, yeux se fixant sur la dernière échéance prévue : celle de l'assaut ultime que mènera Voldemort contre nous.

« Et malheureusement, compte tenu de notre bol habituel, je vois venir gros comme Poudlard, que c'est ce qu'il va se passer. » soupire Bill, avant de croquer un peu rageusement dans un biscuit.

« Si le rendez-vous est fixé trop tôt à notre convenance, alors il suffira de resserrer un peu nos propres échéances, pour amener Voldemort à attaquer plus tôt que nous l'avons prévu pour le moment. » déclare-je, sur un soupir.

Ça n'arrangerait pas vraiment nos billes, ça. Nous souhaitions qu'il déclenche son Attaque après le couvre-feu, afin que les gamins soient tous dans leur Salle Commune, ce qui garantirait au max leur évacuation. Et ce qui permettrait également de boucler les Ânes Bâtés dans leur dortoir, avant que l'ordre d'Attaque soit donné. Et ça, ça ferait des ennemis comme Benson, Wagner et autres pures et dures graines de Mangemort certainement déjà bien entraînés à la Magie Noire, de se mêler à la Bataille, depuis l'intérieur même des murs de Poudlard.

« Attendons de voir ce que Voldemort et Balegarian conviendront, avant de prendre une décision. » temporise Harry, que Nally approuve du chef.

« Je suis bien d'accord sur ce point. Mais faisons quand même passer le mot aux jumeaux et à Draco, afin qu'ils accélèrent un peu le rythme de production dans les Laboratoires. Je me charge de l'Ecosse. J'y vais de ce pas et resterai avec eux, jusqu'au moment de partir au Paradis. » intervient Hermione, en se levant déjà.

« Bonne idée. Je préviens Draco. » répond Harry en se levant également, pour s'éloigner des Ecrans et ainsi éviter des interférences dans sa conversation avec son frangin.

« Et moi, je vais demander à Griborg de m'accorder le reste de la semaine. Comme ça, je donnerai la main aussi en Ecosse dès notre retour du Paradis. » décide Bill, en tirant un Miroir de communication de sa poche.

« Il sera déjà debout ? » demande-je, haussant un sourcil dubitatif.

Il est à peine 04H05. Un peu tôt, me semble-t-il, pour formuler une demande de congés.

« C'est un Gobelin. » répond Bill, en haussant les épaules et s'éloignant de quelques pas lui aussi, pour établir sa communication.

Ah ouais. C'est un Gobelin, c'est vrai. Ça ne dort que trois ou quatre heures par nuit, un Gobelin. Et encore, d'un œil seulement.

« De mon côté, je vais tâcher tout à l'heure, de convaincre Hagrid de reprendre les cours. Ainsi, Charly pourra également aider. Un peu de renfort dans le Labo de Poudlard sera tout aussi bienvenu. » déclare Nally, en se servant un thé.

J'allonge mon bras pour lui présenter ma tasse. Il faut tenir encore deux heures à peu près, avant d'aller pioncer. La théine m'aidera à garder les idées claires, d'ici là.

Retour vers les Ecrans. L'affreux en termine de déclamer ses menaces face à son miroir. Je me demande ce qu'il peut ressentir, à la vue de son horrible reflet. Franchement, ça ne me gênerait pas d'avoir une gueule cassée par les combats comme Georges ou même Maugrey. Mais une gueule comme la sienne. Putain, non, j'en voudrais pour rien au monde !

Parce qu'il y a vraiment de quoi aller se terrer dans un trou profond jusqu'à la fin des Temps.

o-o-o

« Je dois partir, maintenant, Voldemort. » annonce Messire Salazar, quand l'affreux consent enfin à en terminer avec sa litanie de menaces.

Il clignote discrètement, son image ne s'effaçant qu'à demi.

« J'ai toujours de nombreuses questions à te poser et j'espérais obtenir réponses dès à présent. » réagit l'affreux, avec un pli de contrariété au coin de la bouche.

« Je suis resté matériel trop longtemps déjà. » répond Messire Salazar, qui clignote maintenant de manière un peu plus prononcée, avant d'ajouter : « Par ailleurs, tu as une tâche urgente à finir dès à présent. Je te promets cependant, de te rendre visite la nuit prochaine et de répondre à cette occasion, à toutes tes questions. Nous aurons alors tout notre temps. »

« C'est vrai, tu as raison, Salazar. Et cela me laissera peut-être le temps également, de me reposer un peu avant le déjeuner qui s'annonce terriblement ennuyeux. » accorde l'affreux, avant de jeter un coup d'œil sur l'horloge.

Messire Salazar hoche la tête pour toute réponse et s'éteint cette fois pour de bon.

o-o-o

« Quelle terrible entrevue ! Que ce fut éprouvant ! J'espère vivement n'avoir plus jamais à devoir tenir, ni entendre, des propos aussi écœurants ! » s'exclame-t-il, aussitôt revenu dans la Base, se précipitant au-devant de Harry, pour ajouter : « Je suis désolé de vous avoir insulté, Harry. Et plus encore d'avoir proposé à cet horrible monstre, de vous faire parvenir d'atroces souvenirs ! Il m'en a coûté, croyez-moi ! »

« Vous n'avez aucunement à être désolé, Messire Salazar. Vous avez parfaitement réagi et dit ce qu'il fallait, afin que Jérémy soit épargné d'une pénible épreuve et je vous en remercie. » sourit Harry, avec un salut de tête respectueux.

« Ouais. Ce n'était pas gagné cette affaire et nous le savions. C'est nous qui sommes désolés, que vous ayez été contraint de pousser le discours un peu plus loin que prévu. » souris-je également, tandis que Harry se rassoit à mon côté.

Messire Salazar fait mine de s'assoir lui aussi, sur le fauteuil libéré par Papa tantôt.

« Quel horrible, horrible monstre ! » dit-il, dardant d'un œil noir l'Ecran sur lequel nous pouvons voir Voldemort qui a envoyé son planton chercher un Hibou et est de nouveau attelé à sa tâche de retranscription du Volumen, avant d'ajouter : « Je m'estime heureux d'être un artisan de sa fin. »

Je comprends ça tout à fait.

Quelques minutes passent, silencieuses aussi bien dans la Base que dans le bureau de Voldemort. Nally réfléchit sérieusement, mûrement. Inutile que je lui demande à quoi. Sûr qu'elle prépare déjà son plan pour surprendre Balegarian à la Gentilhommière. Dedalus feuillette l'un de ses nombreux carnets de notes, Harry se vide la tête et Bill baille à se décrocher les mâchoires, avant de décider de retourner au Terrier où il se dégourdira un peu les jambes à l'air frais du jardin, en attendant l'heure d'aller se pieuter au Paradis.

« Tu devrais préparer une riposte à son discours, Harry. » déclare-je soudainement, sans même y avoir réfléchi.

Harry hausse aussi sec un sourcil vers moi.

« La riposte est déjà prévue. Il ne manque que Brandburgy pour la finaliser. » dit-il, indiquant clairement son incompréhension.

« Ouais, je sais, mais tu devrais ajouter un truc ou deux. » réponds-je, en regardant le planton qui remonte dare-dare le couloir, un Hibou en cage à la main.

Ben au moins, maintenant on est certain que les Hiboux ne sont pas totalement persona non grata à la Gentilhommière.

« Quel genre de truc ? » demande Harry, sourcil plus haussé que jamais.

« Les échecs et valdingues que tu lui as infligés. » réponds-je spontanément, souriant largement, avant d'ajouter : « Mis bout à bout, ça devrait payer non ? »

Harry plisse illico les yeux, pour imaginer la scène.

« Style bande-annonce d'un film, oui, ça serait pas mal. » dit-il, un sourire fleurissant sur son visage.

« Qu'est-ce qu'une bande-annonce d'un film ? » demande Dedalus, avec curiosité.

« Un très court montage avec des moments forts d'un film, que l'on diffuse dans les cinémas Moldus afin de donner envie aux spectateurs présents dans la salle, de venir le voir. » explique Harry, sous l'oreille intéressée de Dedalus et Messire Salazar, avant d'ajouter dans ma direction : « C'est une excellente idée. Mais je pense que ce serait mieux encore, de réserver cela en provocation ultime. »

« En finissant par un message du style : La prochaine sera la bonne, tu ne te relèveras pas ? » demande-je, au hochement de tête approbateur de Harry.

« Peaufinez cette idée. Elle me plait beaucoup. » déclare quant à elle Nally, avec un fin sourire.

Elle n'a pas besoin de nous le dire deux fois.

OoOoOoO

Acte 6 : Petite Partie Contre Cooper

Blaise

Rien ne vaut une bonne nuit de sommeil et un câlin au réveil avec sa belle, pour mettre un homme en forme. J'ai eu les deux et me sens donc fin prêt, pour la petite partie que nous allons jouer avec Cooper dans quelques minutes au plus.

Nous avons décidé de le tester, Cooper. De le pousser un peu dans ses retranchements, comme on le fait avec son paternel. Ainsi, Harry qui pouvait se libérer le temps d'une heure étant donné qu'il ne se passera rien à la Gentilhommière avant ce midi, pourra peut-être jauger son Aura.

Pas que ça nous sera d'un grand secours. Mais bon. On ne sait jamais. Ça pourrait quand même nous rendre service à un moment crucial, qui ne saurait trop tarder.

Alors Harry va rester planqué dans la Grande Salle, sous un Sortilège de Désillusion, pour examiner Cooper tout à loisir, pendant que bibi et les potes nous allons lui jouer notre petite comédie.

Mon bracelet chauffe. Je ne le regarde pas. C'est le QG, qui me contacte pour indiquer l'arrivée imminente de Cooper. Je commence donc à remonter vers la Grande Salle avec Draco, Théo, Gil, Ben, Marian et Oliver. Le timing est parfait. Nous arrivons devant les portes de la Grande Salle, pile au même moment que Cooper et son compère Smith.

Nous sommes bons premiers bien sûr. Cooper ne voulait manquer aucune des réactions que provoquerait son petit message. Et nous, nous ne voulions pas rater la sienne, lorsqu'il verrait qu'il a été contré dans les grandes largeurs.

« Salut, Franck. Ça boum ? » demande-je, sourire numéro un aux lèvres, en lui tendant la main.

« Très bien, oui, merci. Tu as l'air en forme, toi aussi. » répond-il, me serrant la pince avant d'en faire autant de celle des potes, avec lesquels il échange les saluts d'usage.

Ça me fait chier autant que mes potes, d'avoir à toucher cette pourriture, mais c'est passage obligé pour paraitre parfaitement cordial avec Cooper et son sous-fifre. Alors nous tenons le rôle, avec le sourire.

« Ouais. Je pète le feu ce matin ! » déclare-je, effectuant un geste pour inviter Cooper et Smith à nous précéder.

Un signe de tête de remerciement poli et Cooper franchit la porte, jetant automatiquement un coup d'œil sur le mur de gauche, avant de s'arrêter net.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu t'arrêtes, comme ça ? » demande-je, faussement inquiet et me délectant secrètement de voir son profil progressivement verdir, avant de diriger mon regard du même côté que lui et d'ajouter, dans un murmure de surprise feinte : « Oh ! Putain ! »

Ceci dit, même si j'ai orchestré l'affaire avec le professeur Dumbledore, le Baron Sanglant et Colin cette nuit, j'éprouve un vrai pincement au cœur, à la vue des grandes photographies qui nous adressent des sourires.

« Maintenant je comprends ta réaction Franck ! Ça rappelle de sales souvenirs, ça. » murmure-je encore, regardant mes amis, Cooper et Smith tour à tour, pour ajouter : « Je me demande qui a fait ça et surtout, pourquoi. Quelqu'un a une idée ? »

La mâchoire de Cooper se crispe imperceptiblement, un poil avant qu'il effectue un signe négatif de la tête. A l'instar de mes potes. Et accessoirement de Smith.

« Les profs doivent savoir. Une annonce sera peut-être faite, quand tout le monde sera là. Allez, faut dégager l'accès, il y a du peuple derrière qui attend de pouvoir entrer. » déclare Draco, en amorçant un pas de côté, pour contourner Smith et Cooper, toujours à l'arrêt.

« Ouais. Allez, viens donc déjeuner avec nous Franck. Ça fait long, que tu n'es pas venu à la table des Serpentards. Et bien entendu, tu peux venir aussi, Smith. » invite-je, effectuant une petite poussée sur l'épaule de Cooper pour l'encourager à avancer et examinant son profil durant deux secondes, avant d'ajouter d'un ton étranglé : « Sacré choc, hein, Franck ! Je comprends. Tu aurais pu y passer aussi, durant l'Attaque du Poudlard Express, si les secours n'étaient pas arrivés à temps. Comme moi, Oliver et Hannah, à Pré Au Lard. Comme Draco, Théo et Ginny ici. A deux reprises pour eux trois d'ailleurs. Quelques autres aussi auraient pu y passer. Mais on a eu de la chance dans notre malheur. Nous sommes encore en vie, tandis qu'eux… »

J'interromps ma phrase, me contentant de désigner les grandes photographies.

« Ouais. C'est fini, pour eux. Nous ne les reverrons pas de sitôt. » achève pour moi Draco, dans un souffle, avant de s'asseoir à l'une des places que nous ont réservées les copains nous ayant précédés.

Pile face aux photographies. Et surtout à Harry, que nous ne pouvons voir, mais qui est bien là, debout contre le mur, juste sous la photo de Greg.

« A la condition que ces Mangemerdes à la con d'Ânes Bâtés, ne nous réservent pas encore une sale surprise un de ces quatre, nous abattant comme les lâches qu'ils sont, d'un Avada dans le dos ! » maugrée Oliver, d'un ton méprisant, son œil dardant le côté de la tablée où prennent place des Ânes Bâtés, d'un regard noir.

« Qu'ils y viennent ces connards. Et je leur fais bouffer leurs couilles ! » déclare Marian, en emplissant son assiette d'œufs au bacon.

« Belle petite troupe de castras en perspective ! » sourit Ben, qui jette vite fait un coup d'œil vers la tablée de nos ennemis, avant de s'empresser d'ajouter : « Mais les Ânesses, qu'est-ce que tu leur fais bouffer ? »

« Leurs nichons ! » répond Marian au tac au tac.

« Alors Collys Gilford n'aura pas grand-chose à bouffer, vu qu'elle est plate comme une limande ! » commente aussi sec Gil, en prenant sa tasse de thé en main.

« Vaneck non plus, vu qu'il n'a qu'une couille ! » renchérit Théo, avec un sourire narquois.

« Et pour Taylor le petit singe, il faudra se munir d'une loupe pour dégoter ses couilles dans tout son fatras de poils ! » surenchérit Ben, au pouffement de rire de bibi et des copains.

Elle n'était pas prévue, cette réplique. Mais on ne le reprochera pas à Ben, car elle ajoute une note naturelle très bienvenue à notre scène. Les potes en rajoutent quelques couches, à force de descriptions caricaturales de tous les Ânes Bâtés que Luna a flanqués à poil. Eh bien sûr, les réactions de Trelawney et McGo sont également largement commentées. 1)

« Putain qu'on a ri ce jour-là tout de même ! » déclare-je finalement, me tournant vers Cooper qui se trouve à ma droite, pour demander : « Tu y étais ? »

« Non.» répond-il laconiquement.

Il se tient un peu raide et n'est de toute évidence pas à l'aise parmi nous.

« Dommage, tu as loupé quelque chose ! » commente-je, sur un grand sourire.

« Bravo pour le tact Blaise ! » lâche alors Théo, dans un souffle qui se veut discret, mais reste tout de même assez audible pour Cooper.

« Pourquoi tu me dis ça ? » demande-je, fronçant les sourcils sur une fausse incompréhension.

« Mais enfin ! Tu sais bien qu'à l'époque, c'est le genre de choses qui échappait totalement à Franck. » souffle encore Théo, prenant l'air réprobateur.

« Ah ouais, merde ! » réponds-je, me tournant à nouveau vers Cooper pour ajouter : « Excuse, vieux. C'est vrai qu'à l'époque tu venais de perdre ta mère et que tu n'allais pas fort. »

Cooper hoche simplement la tête en réponse. Il ne manifeste rien en apparence, mais mon Tigre Royal le sent très tendu et je décide d'enfoncer le clou illico.

« Mais maintenant ça va beaucoup mieux, n'est-ce pas ? » affirme-je, plus que je ne demande, en lui pressant l'épaule d'une main amicale, puis relevant les yeux vers la photographie d'Ursula, avant de poursuivre : « Moi, ça me démange de retrouver le salopard qui a tué Ursula et de lui faire sa fête. Alors j'imagine que tu voudrais toi aussi, pouvoir faire une tête au carré à celui qui a mené ta mère à la mort. »

Cette fois, même si je ne peux pas être certain que le double sens de ma formulation a bien été saisi par Cooper, j'obtiens une réaction très nette. Il pâlit salement et mon œil accroche une contraction discrète de son biceps droit. Il a serré le poing sous la table.

« Décidément, tu n'as aucun don pour la diplomatie, mon pote ! » lâche Ben, qui se trouve face à moi, tandis que je me reçois le regard désapprobateur des autres copains.

« Ouais. Tu vois bien que c'est un sujet sensible pour Franck. Alors arrête avec ça, Blaise ! » renchérit Théo, avant de proposer de servir une tasse de thé à Cooper.

Je soupire, prenant l'air gêné par ma balourdise.

« Désolé, vieux. Je ne voulais pas te flanquer ce coup au cœur. » m'excuse-je, soupirant encore avant de prétexter : « Ça doit être ces photos. Ça me bouleverse et me met la tête complètement à l'envers. Et bon sang ! Je voudrais bien savoir qui a eu cette idée ! »

« Tu vas peut-être avoir ta réponse. Voilà le professeur Dumbledore. » répond aussi sec Draco, tendant son visage vers la table des professeurs.

Timing pile poil respecté. Merci Nev qui nous a bien guidés, nous indiquant l'arrivée imminente du professeur Dumbledore, en faisant chauffer nos bracelets.

Comme Draco, les copains et moi tendons la tête vers la table des professeurs dans un synchronisme parfait, tandis que le silence se fait petit à petit autour de nous. Le professeur Dumbledore regarde les quatre tablées à la ronde, avant de prendre la parole.

« Je sais que vous vous demandez tous pourquoi les photographies de vos camarades ont été accrochées sur ce mur et je ne vous cacherai pas la vérité. Cette nuit, un adepte de Voldemort qui se cache encore dans l'une des quatre Maisons, a gravé sur les pierres dissimulées sous ces photographies, un message indélébile destiné à susciter la peur à Poudlard. La teneur de ce message était claire. Je vous en passe les détails macabres et cruels, mais il s'agissait bien sûr d'une menace de tortures et de mort, pour qui ne s'allierait pas de son propre chef à Voldemort. » déclare-t-il, dans un brouhaha de murmures qui se répandent de tablées en tablées.

Il laisse un peu de temps à chacun pour digérer cette nouvelle, tandis que je me retiens de fixer Franck Cooper afin d'observer sa réaction. Harry est là, dissimulé sous son Sortilège de Désillusion, pour le faire.

Le professeur Dumbledore lève la main, pour réclamer une attention qui lui est très vite de nouveau accordée.

« Je remercie le Baron Sanglant qui a eu l'idée d'opposer un magnifique symbole à la menace. Car oui, en recouvrant le message d'intimidation gravé dans la pierre, ces photographies de vos camarades tombés durant les Attaques dans et hors des murs de Poudlard, représentent bien un magnifique symbole : celui du courage et de l'innocence, triomphant de la duplicité, de la vilénie et de la cruauté de Voldemort et de ses adeptes. » déclare-t-il, déclenchant une salve d'applaudissements et d'acclamations, lancée par Seamus et Gabe.

J'ai la chair de poule de la tête aux pieds et une fameuse boule dans la gorge. Le professeur Dumbledore n'a fait que reprendre ce qu'a dit Nev cette nuit, mais face à l'ensemble des élèves et avec les grandes photographies sur le mur, ça prend une dimension beaucoup plus solennelle et émouvante.

« Je terminerai en m'adressant personnellement au messager de Voldemort, qui se retranche dans un lâche anonymat : Merci, qui que vous soyez, d'avoir inspiré la création de ce Mur du Souvenir si symbolique. Oui, merci vraiment. Car il suffira désormais, lorsque nous sentirons notre courage faiblir face à l'adversité, de contempler un instant le visage souriant de ces héros ou innocentes victimes, morts durant les combats, pour éprouver un regain de bravoure et d'énergie. » déclare le professeur Dumbledore, son regard courant à la ronde, puis il le fixe sur le Mur du Souvenir et lève une tasse de thé, avant de s'exclamer : « Au salut de votre mémoire ! »

Et il boit une gorgée de son thé, comme s'il s'agissait de champagne, tandis que tous les élèves, hormis les Ânes Bâtés qui font la gueule comme d'habitude bien sûr, se lèvent, tendent tasse ou gobelet vers le Mur du Souvenir et prononcent les même mots que le professeur Dumbledore, avant de boire un peu de thé ou de jus de citrouille. Certains la main un peu tremblante d'émotion.

Cooper aussi, s'est levé. Lui aussi a tendu sa tasse de thé. Il a même osé prononcer les mêmes mots. Mais si sa main a tremblé, ce n'est certainement pas parce qu'il est ému. Et il ne se rassoit pas, après avoir bu son thé. Il se dégage du banc, dans l'intention évidente de partir.

« Tu t'en vas déjà ? Le courrier n'est pas encore arrivé.» fais-je remarquer.

« J'ai besoin de prendre un peu l'air. » répond Cooper, d'une voix voilée, en amorçant déjà un pas vers la sortie.

« Une seconde, Franck ! » le retient cependant Draco, en lui attrapant le bras.

Ça semble brûler Cooper, qui sursaute.

« Oui ? » réagit-il, en laissant son regard tomber sur mon pote, le ton de sa voix sourd.

De rage, bien sûr. Mon Tigre Royal le sent nettement.

« Puisque tu vas passer à côté de lui, tu veux bien dire à MacLaggen qu'il faudrait organiser une réunion du Groupement de Défense ce soir ? » demande Draco, avec un sourire de remerciement.

« Attends, pas si vite Franck, car ce n'était pas prévu, ça ! » réagis-je, retenant à mon tour Cooper par le bras, avant d'ajouter dans un murmure vers Draco, qui m'a fait signe de baisser d'un ton, comme il était convenu : « La réunion était programmée demain soir ! Pourquoi donc l'avancer ? Il n'y a rien d'urgent ! J'ai une tonne de taf ce soir ! Je n'ai pas fait encore mon devoir pour McGo, ni celui pour Flitwick ! Et c'est pour demain ! »

« Ouais. Moi aussi, je suis en retard dans mes devoirs. Mais désolé, nous devons absolument nous réunir ce soir. Il faut tâcher de trouver qui a gravé cette menace sur le mur. Parce qu'après avoir osé faire ça, imagine ce que ce type ou cette fille est capable de faire d'autre. Et si la prochaine fois, c'est le passage par lequel nous devons évacuer les gosses qui est saboté ? Pire, avec la connerie que Dean a faite hier soir, tu sais bien que les Protections à l'autre bout sont tombées et que ni le professeur Dumbledore, ni le professeur De Paimpont, n'auront le temps d'aller les replacer avant dimanche ! Alors si l'autre enfoiré(e) s'en aperçoit, il ou elle pourrait permettre à des Mangemorts de s'introduire à Poudlard en passant par-là. Et après, ces salauds n'auraient plus qu'à aller se planquer dans la Forêt Interdite, en attendant leur heure pour agir ! » chuchote Draco, qui soupire, avant de poursuivre : « Il faut que nous réfléchissions à cela, Blaise. Alors Réunion ce soir après le diner ! »

« Ok, tu as raison. » accorde-je dans un souffle, lâchant le bras de Cooper, avant de le remercier de faire discrètement passer le message à MacLaggen et de surtout taire ce que Draco a dit des Protections du Passage Secret situé dans le jardin à la Liseuse.

Cooper acquiesce d'un hochement de tête et s'en va, son acolyte sur les talons, tandis que j'échange un discret clin d'œil et un sourire avec les potes.

Mission accomplie. Nous avons foutu Cooper en rogne et nous lui avons en sus livré une très précieuse information, qui va nous permettre de le piéger en beauté, quand viendra le bon moment.

Reste maintenant à attendre qu'il soit sorti de la Grande Salle pour regagner notre QG, où nous attendrons que Harry revienne d'avoir suivi Cooper dans son petit tour à l'extérieur. J'ai hâte de savoir ce qu'il aura à dire à propos de son Aura et j'ouvre la bouche pour en faire part à Draco, mais je n'en ai pas le temps.

« Eh ! Voilà le professeur Hagrid de retour ! Viva pour le professeur Hagrid ! » s'exclame en effet Seamus, avant de siffler joyeusement entre ses doigts, tandis que des applaudissements crépitent à toutes les tablées.

Sauf du côté des Ânes Bâtés, bien sûr.

Mais je m'en fous. Moi, j'applaudis de bon cœur. Toute hâte de voir Harry nous rejoindre au QG oubliée.

OoOoOoO

Acte 7 : Et Après ?

Lee

« Salut, la compagnie ! » m'exclame-je, en pénétrant dans la Base, où je viens relayer Hestia qui a effectué une grosse garde de jour, avec Dudley et Messire Salazar.

Et épisodiquement, avec Ron et Harry aussi.

J'embrasse Hestia, qui s'est levée dès mon arrivée, puis serre la main des gars et salue Messire Salazar, avant de me servir un thé et de m'assoir.

« Quelles sont les nouvelles du jour ? » demande-je, après avoir jeté un coup d'œil sur l'Ecran.

C'est fin calme à la Gentilhommière.

« En vrac ou dans l'ordre ? » questionne Ron en retour, en relevant à peine le pif du rapport qu'il est en train d'écrire.

« Dans l'ordre, je préfère. » réponds-je, avant de commencer à siroter mon thé.

Ron pose alors sa plume dans l'encrier, puis il me résume rapidos la nuit dernière.

« Et après ça, qu'est-ce qui s'est passé d'autre ? » demande-je, alors que Ron s'hydrate la bouche.

Il me répond, en effectuant un signe à Harry pour qu'il prenne la suite.

« J'ai pu jauger l'Aura de Cooper. » déclare celui-ci, avant de me raconter la partie qui s'est jouée à Poudlard.

J'apprécie son récit à sa juste mesure. C'était bien pensé cette affaire. Le petit discours du professeur Dumbledore aussi.

« Et finalement, ça donne quoi, l'Aura de Cooper ? » interroge-je, à la fin de l'histoire.

« Du pur concentré de haine et de colère, pas du tout joli à voir. » répond Harry, qui soupire avant de préciser : « Il est puissant le salaud, presque autant que Voldemort. Et quand il a déchargé sa colère à l'abri des regards, derrière un monticule de rocher au bord du Lac Noir, j'ai pu observer qu'il présente le même tic que lui. »

« La fameuse vrille. C'est donc bien un gène héréditaire dominant. » grimace-je, à la pensée que j'aurai peut-être à combattre ce putain de salaud.

Harry nous a tous testés avec la fameuse vrille et c'est vraiment une abomination vacharde. Sacrément dur-dur, de ne pas perdre le contrôle de sa Baguette face à ça. Et j'en éprouve d'autant plus d'admiration pour Harry, qui a résisté à un Voldemort en état de colère éruptive pendant plus d'une heure trente, à Godric's Hollow.

Je comprends aussi, qu'il ait eu mal au poignet durant plusieurs jours après ça.

« Ouais, la fameuse vrille. Elle est juste un chouia moins saccadée que celle de son paternel. » répond Harry, allongeant le bras vers Ron, pour lui présenter sa tasse à remplir.

« Désolé, il n'y en a plus. Mais je vais en chercher. » déclare Ron, en se levant.

« Et t'as vu ça rien qu'à l'œil ? » questionne-je ensuite Harry, reprenant la conversation comme si elle n'avait pas été interrompue.

« Non. C'est Hermione qui a effectué le calcul, d'après le souvenir que je lui ai fourni. » répond Harry, sur un sourire un peu moqueur.

Je ne l'ai pas volé celui-là. Je n'avais qu'à réfléchir avant de dire une connerie.

« Ah, ouais, bien sûr. Et après ? » réagis-je, haussant un sourcil sur ma curiosité.

Harry, qui a la bouche pleine d'une bouchée de tarte qu'il vient de croquer, effectue un signe vers Messire Salazar.

« Déjeuner en tête à tête pour Voldemort et Balegarian. Il a été rapidement expédié, les deux parties ayant beaucoup à faire dans les préparatifs de leurs actions respectives. Il en ressort néanmoins, que Balegarian n'était point satisfaite d'avoir à attendre dimanche, pour entrer en possession du Volumen et qu'elle a exigé que ce soit fait au plus tard à 03H00 du matin. Bien sûr, Voldemort s'est fait un peu tirer l'oreille et lui a accordé 03H30. Rendez-vous a donc été pris à cette heure précise. » rapporte Messire Salazar, sans cesser de loucher sur le quartier de tarte aux pommes que Harry mange avec appétit.

Le pauvre, je le plains de ne plus pouvoir goûter aux plaisirs sensoriels de la vie !

« 03H30 ! Ça va être chaud. On pourrait bien être encore en plein boum à Poudlard. Il ne faudrait pas que Balegarian s'impatiente et vienne s'en mêler. Après tout, elle pense que le Volumen est encore là-bas. Alors en ne voyant pas Voldemort arriver, elle pourrait s'impatienter, venir vérifier ce qu'il se passe et se décider à donner un coup de main à l'horrible ! » réagis-je, avec une vraie bonne inquiétude de derrière les fagots.

Enfin bonne. Façon de parler, n'est-ce pas !

« Nous allons avancer notre planning en conséquence et Maman ira l'accueillir à la Gentilhommière. Mais on expliquera ça à tout le monde, plus tard. » répond Harry, d'un ton rassurant.

« Ok. Et après ? Il s'est encore passé quelque chose ? » demande-je, arquant un sourcil.

Harry me sourit, avant de faire signe à Dudley de répondre.

« Après le déjeuner, Bellatrix a piqué une crise de jalousie. En fait, elle a vu Balegarian arriver. Alors elle est restée jusqu'à ce qu'elle parte et aussitôt Balegarian dehors, elle est allée voir son Maître sous prétexte de lui faire un rapport sur l'entrainement du p'tit merdeux et des troupes au Manoir. Puis après, elle lui a demandé des comptes… Enfin, pas directement, bien sûr. Mais elle a osé lui demander qui était la visiteuse qu'elle avait croisée dans l'allée, déclarant qu'elle ne lui avait pas fait bonne impression et que son Maître devrait se méfier d'elle et patin, couffin. J'te passe les détails. Mais c'était comme une vraie crise de jalousie ! » explique Dudley, qui grimace avec dégoût, avant de poursuivre : « L'affreux l'a rassurée avec ses flatteries habituelles, avant de la renvoyer vite fait, bien fait au turbin. Et il s'est lui-même replongé dans le travail pendant une heure, avant de s'accorder une sieste de deux heures, sur le canapé du salon. »

« Une sieste ? En plein après-midi ? » m'étonne-je, car ce n'est pas du tout dans les habitudes de l'affreux.

« Ben dame ! Il a fait nuit blanche. Et piqué une sacrée colère. Il fallait bien qu'il récupère un peu ! » répond Ron, qui vient de rentrer d'être allé chercher du thé.

Deux théières qu'il ramène. On va pouvoir tenir deux heures avec ça. Peut-être trois.

C'est que mine de rien, on fait une sacrée consommation de thé. Tous autant que nous sommes.

« Ouais. Je t'accorde ce point. » reconnais-je, avant de regarder à la ronde pour demander : « A qui le tour pour la suite ? »

« Bibi ! » répond Ron, en remplissant la tasse de thé de Harry et reprenant place sur sa chauffeuse, avant de déclarer, avec un large sourire : « Après sa sieste, l'affreux s'est mis en tête d'essayer la soi-disant Baguette de son ancêtre et cela a été un véritable désastre. »

« Tu m'étonnes ! » souris-je en retour, goguenard.

« Ouais. Ce n'est pas demain la veille qu'il pourra s'en servir, de la bonne vieille Baguette de Remus ! » glisse Harry, avant de siroter son thé à petites gorgées prudentes.

« Bref, il s'est énervé tout seul comme un grand sur ce coup. Et Messire Salazar devra sans doute lui rendre des comptes à ce propos tout à l'heure. » poursuit Ron, haussant soudainement les épaules avant d'ajouter : « Quoique. Peut-être pas. Il sera tellement en pétard avec le prochain coup qu'on lui réserve, qu'il n'y pensera peut-être plus. »

« S'il oublie, je me charge de le lui rappeler à l'occasion. » intervient alors Messire Salazar, avec une pointe d'ironie bien acide.

J'adore ce Fantôme ! Un vrai Serpentard comme je les aime. Exactement comme mon Elinor !

Oh, tiens ! En parlant d'Elinor. J'ai un petit mot d'amour pour elle.

« Tu pourrais faire passer ça à Elinor, s'il te plait ? » demande-je donc à Harry, en sortant une enveloppe de ma poche, pour la lui remettre.

« Sans problème. » répond-il, prenant l'enveloppe et la glissant dans la poche de jambe de son treillis.

« Et après ? Que s'est-il passé d'autre ? » demande-je alors, en regardant chacun à la ronde.

« Harry a reçu la réponse de Voldemort à sa provocation de cette nuit. Dont nous connaissions déjà la teneur, puisque nous avons assisté à son enregistrement en direct. Nous n'avons donc même pas pris la peine de le regarder. » répond Ron, avant de boire une goutte de thé.

« Ok. J'imagine que c'était du gratiné maison et que je pourrais lire ça dans les rapports tout à mon aise plus tard ou même voir directement le souvenir moi-même. » commente-je, avant de piocher un quartier de tarte à la pomme dans le plat posé sur la table et comme Harry hoche la tête pour acquiescer, je demande encore : « Et après ? »

« Voldemort a reçu un message écrit par coursier interposé, que nous ne sommes pas parvenus à lire, faute d'un bon angle de vue. Mais on pense qu'il a été informé par son rejeton, à propos du Passage Secret à la Liseuse. Car une chose est sûre, c'est que Smith s'est rendu à la Volière en fin de matinée. Ceci dit, on aura confirmation ou non qu'il s'agissait bien d'informer Voldemort à propos du Passage, quand Draco ira lire les nouvelles du jour dans le journal du fiston en question. » répond Dudley, en caressant la tête de Bonheur, qui est venu quémander un morceau de ma tarte.

Je sais que Dudley n'apprécie pas trop qu'on gave son chien de sucreries, alors je hausse un sourcil vers lui, un petit morceau en main, pour lui demander s'il est d'accord. Il fait signe que oui et je tends la main vers Bonheur, qui happe aussi sec le morceau de tarte.

« D'accord. Attendons donc la confirmation de cet épisode-là. Et après ? » dis-je dans le même temps, avant de croquer dans ma part.

« Plus rien. Mais c'était bien assez, non ? » répond Harry, un poil avant que l'horloge de la Base sonne le quart de 22H00.

J'acquiesce d'un hochement de tête. Mine de rien, ça fait déjà plus d'une heure que je suis là. A ce train là, la nuit va passer vite.

Tant mieux. J'ai horreur de m'emmerder pendant une garde.

OoOoOoO

Acte 8 : La Suite Du Programme

Ron

Coup d'œil sur l'horloge.

23H52. Ça fait plus de trois quarts d'heure maintenant, que Dudley a ses Ecouteurs vissés sur ses oreilles. Coup d'œil vers lui. Signe négatif de sa tête.

Brandburgy n'est toujours pas endormi.

Hululement d'Hedwige. Elle a compris que sa Mission sera importante et elle s'impatiente un peu.

Je la comprends. Moi aussi je suis pressé de passer à l'action.

J'en ai marre, de regarder l'affreux traduire le faux Volumen. Je me décide donc à feuilleter l'une des BD de Dudley et finalement, j'accroche à la lecture.

« J'crois qu'c'est bon ! » s'exclame soudainement Dudley, me faisant sursauter.

Je tends l'oreille, comme si je pouvais entendre moi-même ce qu'il se passe dans la chambre de Brandburgy. Et je scrute le visage de Dudley qui se détend soudainement sur un sourire. Et avant même qu'il ait levé le pouce vers moi et confirmé l'information, je suis débout et j'enfile mon blouson en peau de Dragon.

« Bien Hedwige, le moment est arrivé. Mais avant que tu partes, il faut que je change ton plumage de couleur. » explique Harry, qui ajoute, à la suite du hululement hautement réprobateur de sa Chouette : « Désolé Hedwige. Mais il faut vraiment que je le fasse. Car la personne à laquelle tu vas livrer un paquet, ne doit surtout pas te reconnaitre. Mais ne t'inquiète pas cela ne durera pas longtemps. »

Nouveau hululement d'Hedwige. Qui semble très curieusement manifester à la fois son mécontentement et son contentement consentant.

Harry jette un Sortilège et le plumage blanc si reconnaissable de sa Chouette, prend des teintes mordorées et marrons glacés, du plus bel effet. Il lui explique ensuite qu'elle doit entrer dans une cage, afin que je l'amène au plus près de sa destination et ce, pour lui épargner d'avoir à porter un lourd fardeau sur une longue distance. Hululement et Hedwige entre dans la cage, sans poser problème.

« Sois prudent. » me dit alors Harry, en tendant la cage vers moi.

« Ne le suis-je pas toujours ? » souris-je, d'un ton velouté.

« Non. Il t'arrive très souvent de prendre des risques insensés. » répond Harry, le regard grave.

« Pas plus que toi. Et seulement lorsque la situation l'exige. » réplique-je, me penchant pour déposer un rapide baiser sur ses lèvres, avant d'ajouter : « Or, elle ne l'exigera pas ce soir. »

Harry sourit et effectue un signe de tête pour me signifier d'y aller. Alors j'ajuste bien les lanières de mon sac sur mes épaules, avant de prendre mon Balai et de Transplaner illico presto.

Il fait nuit noire, aux alentours de la Gentilhommière et c'est tant mieux pour ce que j'ai à faire. Je me trouve à quelques centaines de pas derrière la propriété et je me garde bien de faire lumière autour de moi, levant la cage à hauteur de mes yeux, bien qu'il me soit impossible d'accrocher le regard d'Hedwige.

« On va encore s'approcher, Hedwige. Je vais voler jusqu'en lisière du petit bois et c'est là-bas, que j'accrocherai le paquet à ta patte. Ici, tu peux hululer, mais quand nous serons arrivés là-bas, il ne faudra plus le faire. Ce serait beaucoup trop dangereux, car nous serons dans la propriété de Voldemort. Ok ? » explique-je dans un souffle, que je ne peux même pas voir s'envoler dans la fraîcheur de la nuit, tant elle est noire.

Hululement en réponse. Hedwige a compris.

« Bien. Maintenant je t'explique ce que nous attendons de toi. Tu vas livrer le paquet directement dans la chambre de Brutus. Elle se trouve au premier, quatrième fenêtre en partant de la gauche. Il va donc ouvrir sa fenêtre et je veux que tu entres dès qu'il l'a fait, pour te poser sur une table ou un guéridon. Parce qu'il ne faut pas risquer de renverser le contenu du paquet. Compris ? » explique-je, avec insistance.

Hululement. Le même que tantôt.

« Génial. Ne sors pas tout de suite lorsqu'il va détacher le paquet. Perche-toi sur une armoire ou ce que tu veux d'autre, du moment que c'est en hauteur. Et même s'il te dit d'aller te reposer dans la volière, reste où tu es, comme si tu attendais une réponse en fait. C'est seulement lorsqu'il aura ouvert le paquet et qu'il sera bien attentif à son contenu, que tu pourras revenir m'attendre ici. Alors nous comptons sur toi pour l'obliger à ouvrir le paquet, si nécessaire. Et ça, sans pousser le moindre hululement qui pourrait alerter Voldemort ou l'un de ses Serviteurs. D'accord ? » explique-je encore, avec la même insistance dans le ton de ma voix.

Hululement. Le même encore.

« Parfait. Et ne t'inquiète pas, je serai tout prêt et si ce petit con se hasardait à vouloir te faire du mal, je change le plan initial et je l'assomme avant qu'il ait eu le temps de t'effleurer une seule plume. » souris-je maintenant, tout en enfourchant déjà mon Balai.

Hululement. Qui cette fois, sonne à mes oreilles comme une marque de confiance.

Je ne sais pas d'où sort cette Chouette. Mais décidément, non seulement elle est exceptionnellement intelligence, elle est aussi exceptionnellement expressive.

J'espère que notre plan initial va marcher et que je ne serai pas obligé d'intervenir. Nous comptons en vérité, sur le fait que sortir brutalement du sommeil dans lequel il vient de s'enfoncer, va empêcher Brutus le p'tit merdeux de réfléchir plus avant à la situation et qu'il ouvrira le paquet sans se demander plus que ça d'où il peut provenir et comment il a pu lui parvenir ici, dans cette propriété hautement protégée par un Fidelitas. Et qui plus est, porté sur une longue distance par une seule Chouette, alors qu'il est lourd encore, malgré le Sortilège d'Allègement posé dessus.

Et après, nous comptons bien qu'il ne réfléchisse plus du tout. Qu'il se contente de comprendre où est son intérêt et de faire ce que nous attendons de lui. C'est-à-dire, prendre de lui-même la décision de fuir Voldemort. Ça nous éviterait d'avoir à nous rendre coupable d'enlèvement.

J'arrive en bordure du petit bois. De là, je vois à peine l'ombre plus épaisse de la bâtisse. Les quartiers de Voldemort se situant en façade de la propriété, il n'y a aucune lumière pour éclairer un tant soit peu le parc arrière. Une bonne chance pour nous.

J'attache le paquet à la patte d'Hedwige, puis je me Désillusionne et je donne le signal de départ. La pauvre Hedwige à un peu de mal à décoller avec sa lourde charge, elle peine à prendre de la hauteur. Je l'aide un peu à soulever le paquet, tandis qu'elle bat vaillamment des ailes et prend finalement son envol. Nous volons ensuite de concert, parcourant la distance qui nous sépare de la chambre de Brandburgy, sans qu'Hedwige flanche une seule fois.

Coup de bec sur le bois de la fenêtre. Et comme il n'y a aucune réaction, deux autres coups, puis encore deux, cette fois sur la vitre.

Brandburgy réagit cette fois. La lueur de sa Baguette éclaire faiblement sa chambre. Il cligne des yeux, puis les frotte du pouce et de l'index en bâillant comme un bon et Hedwige attire son attention vers elle, d'un nouveau léger coup de bec sur la vitre. Le p'tit merdeux se tourne vivement dans sa direction, arrondissant cette fois les yeux avec surprise. Et devant son manque de vivacité, Hedwige le rappelle à l'ordre d'un nouveau claquement sec sur la vitre. Alors cette fois, il se lève prestement pour venir ouvrir la fenêtre.

Et la Chouette de Harry s'engouffre dans la chambre, lui rasant la tête de son lourd paquet.

« Eh non ! Qu'est-ce que tu fais ! Tu ne peux pas rester ici ! Tu vas faire des saletés partout ! » s'exclame le p'tit merdeux, laissant la fenêtre grande ouverte pour se retourner vivement sur Hedwige.

Mais elle s'est posée sur le bureau et adopte une attitude hautaine, qui signifie clairement qu'elle a de la classe et que ce n'est pas son genre de se laisser aller à chier n'importe où.

Brandburgy soupire et s'approche d'elle, il allume une bougie, et d'un petit coup de Baguette, il coupe la ficelle qui retient le paquet à la patte d'Hedwige.

« Allez, file dans la volière maintenant ! » dit-il, avec sècheresse.

Mais naturellement, Hedwige ne lui obéit pas. Elle saute sur le plateau du bureau, pique un coup de bec sur le paquet avant de relever les yeux vers Brandburgy, l'air de dire qu'il ne doit pas s'occuper d'elle mais plutôt se dépêcher d'ouvrir son colis, puis elle s'envole pour se poser en sentinelle sur l'armoire.

Brandburgy la regarde faire d'un œil noir.

« A-t-on idée de livrer des paquets à cette heure-ci ! Et tu ne me lâcheras pas aussi longtemps que je ne l'ai pas ouvert, c'est ça ? » dit-il, avec contrariété.

Hedwige, qui se tenait au garde à vous, adopte aussi sec une position plus décontractée et confortable, qui signifie clairement qu'elle attendra effectivement le temps qu'il le faudra. Alors Brutus soupire, coupe la ficelle du paquet d'un sec Sortilège et arrache le papier qui enveloppe une petite caisse en bois assez plane, dont il fait sauter vivement le couvercle.

Alors j'entre illico presto en action, murmurant le mot de passe qui fait surgir le souvenir de la Pensine contenue dans la caisse en bois.

« Malfoy ! » s'exclame Brandburgy, en effectuant un bond en arrière, à l'apparition soudaine de l'image de Draco sous ses yeux.

Et il effectue vivement un demi-tour, dans l'intention évidente de se carapater. Mais je n'ai pas le temps de réagir moi-même, qu'Hedwige s'interpose vivement entre lui et la porte, serres menaçantes en avant. Brandburgy stoppe net. Et il recule d'un pas. Affolé visiblement.

Merde ! Pourvu qu'il n'ameute pas tout le monde en se mettant à hurler, prie-je intérieurement, m'apprêtant à lui jeter un Silencio.

Mais Hedwige a bien calculé son coup. Elle vient en fait se poser sur l'épaule de Brandburgy et elle fourre sa tête dans son cou, comme pour lui faire un câlin d'apaisement. Et Brandburgy en referme la bouche qu'il avait ouverte dans l'intention de s'époumoner.

Alors j'active le second mot de passe et cette fois, le souvenir de Draco défile.

« Tu te demandes pourquoi je t'ai fait parvenir ce souvenir de moi-même pour t'adresser un message, n'est-ce pas, Brutus ? En vérité, je me demande également pourquoi je me donne cette peine… » a déjà dit le Draco du souvenir, avant que Brandburgy ne se retourne avec lenteur sur lui : «… alors que je n'éprouve que du mépris pour toi. Surtout après ce que tu as fait au bord du Lac Noir. Peut-être est-ce simplement, parce que j'estime que même un petit salopard d'assassin comme toi, ne mérite pas de subir le sort que Voldemort te réserve. En vérité, personne ne le mérite. Et je me sentirais très mal, sachant ce que cela fait pour l'avoir vécu moi-même, de ne pas empêcher que cela se reproduise avec un autre garçon. Ouais. C'est ça. Je culpabiliserai, de savoir qu'il a fait subir à un autre, ce qu'il m'a fait subir l'été dernier et de n'avoir rien fait pour empêcher que cela arrive. Or, il veut ton cul, Brutus. J'en ai la certitude. Bon, d'accord, je peux me tromper et si c'est ça, tant mieux pour toi, reste où tu es et vis ta vie comme tu l'entends, je n'en ai rien à foutre. Mais si j'ai raison, alors il a bel et bien commencé sa manœuvre. Et tu sauras que je dis vrai, en m'écoutant jusqu'au bout. Peut-être que tu n'as pas compris encore. Ou peut-être que tu commences à le comprendre, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est qu'il t'a fait venir auprès de lui et à mes yeux, cela signifie qu'il a commencé à poser ses jalons. Je parie même que je peux dire comment ça se passe. Bien sûr, il a entamé son jeu pervers avec des flatteries, qui t'ont donné le sentiment d'être exceptionnel et très important à ses yeux. Il te fait donner les leçons particulières par ma tante Bellatrix et te fait des compliments sur les résultats exceptionnels obtenus et tes prodigieuses capacités, au cours de déjeuners ou de thés en tête à tête. Puis il t'a parlé de sexualité et s'est proposé de te prêter des ouvrages spécialisés, s'excusant de n'avoir à disposition qu'un ouvrage nordique, qui aborde la sexualité sous l'angle homosexuel, mais arguant en même temps, que ce bouquin aura le mérite de te permettre de découvrir tes zones les plus érogènes. Et je parie aussi, qu'il t'a conseillé de ne pas te caresser tout de suite pour les tester, d'attendre que ce soit tes rêves qui les révèlent. Et s'il t'a parlé des pouvoirs et de la puissance des rêves, alors tu as déjà commencé à faire des rêves érotiques. Je devrais plutôt dire des cauchemars, dans lesquels tu te fais sucer et enculer par un mec. Peut-être même par lui, déjà… Si c'est le cas, sache que ces cauchemars, Brutus, c'est lui qui les implante dans ton cerveau, en possédant ton esprit durant la nuit. Il veut te faire croire que tu as envie de coucher avec lui. Et d'ici peu, il passera à la phase supérieure. Si ce n'est pas déjà fait aussi. Ouais, peut-être qu'il en est déjà là. Mais peut-être pas. Tu n'as peut-être eu droit qu'au livre pour l'instant. Mais dis-toi que ça va aller au-delà. Il t'invitera à le regarder baiser avec d'autres garçons, espérant que cela te donne envie de participer. Et quand il n'aura plus la patience d'attendre que tu t'offres à lui de ton plein gré, il prendra de force ce qu'il considère devoir lui revenir de droit. Il te violera, Brutus. Comme il a violé d'autres garçons avant toi. Des garçons qui ont été violés, torturés, tués.

Crois-moi, ce ne sont pas des fadaises, que je te raconte. J'ai vécu ça, l'été dernier et je n'ai échappé au viol, que parce que je ne suis pas retourné auprès de lui aux vacances de Noël. Et je vais t'en donner la preuve. Je vais te montrer ce qu'il m'a fait à moi. Ce qu'il a fait, devant moi. Ça me coûte, crois-moi. Parce que je n'aime pas parler de ça. Surtout pas avec toi. Mais j'estime que c'est mon devoir de le faire. Un devoir envers moi-même, parce que je n'ai pas envie de culpabiliser, en me disant que je n'ai rien fait pour aider un garçon à échapper aux griffes de ce sale pédophile. Alors regarde bien, Brutus, parce que tu ne verras ça qu'une seule fois. Et que c'est ce qui t'attend, si tu ne fous pas le camp en vitesse, du guêpier dans lequel tu t'es mis tout seul… D'ailleurs, à ce propos, j'allais oublier. Je dois encore te dire quelque chose, avant de te prouver que ce ne sont pas des fadaises que je t'ai racontées, mais bel et bien la vérité. A côté de la Pensine, il y a un Portoloin, qui t'amènera directement dans le Bureau du professeur Dumbledore. Explique-lui ton affaire et il ne te refusera pas son aide. Bon, bien sûr, si tu décides de prendre le Portoloin, tu auras des comptes à rendre un jour ou l'autre, pour ce que tu as fait au bord du Lac Noir. Mais surtout, dis-toi bien qu'il est ta seule chance d'échapper à Voldemort. Car si tu essayes de le fuir par toi-même, il te retrouvera où que tu sois, tu peux compter là-dessus. Or, tu sais ce qu'il fait à ceux qu'il considère comme des traîtres, n'est-ce pas ? Quoi qu'il en soit, tu disposes d'une demi-heure pour te décider à prendre ou non le Portoloin, après avoir vu les autres souvenirs. Après, il disparaitra. Alors si tu es pour revenir à Poudlard, prends vite les effets dont tu as besoin. Et ne t'occupe pas de la Pensine. Elle reviendra à moi, toute seule. Voilà, c'est bien tout ce que j'avais à dire cette fois. Maintenant, à toi de choisir. La fuite et la prison à la clef si tu reviens à Poudlard. Ou la fuite et la mort assurée à la clef si tu cherches à fuir seul. Ou te faire enculer par Voldemort et devenir son esclave sexuel tout le temps qu'il le souhaitera, si tu décides de ne pas me croire. »

Brandburgy est resté figé durant tout le discours de Draco, devenant de plus en plus pâle et déglutissant avec difficultés. Sa respiration me semble laborieuse également. Et il ne s'est même pas aperçu qu'Hedwige a quitté son épaule, s'envolant par la fenêtre qu'il a laissée largement ouverte sur la nuit. Maintenant il sursaute à peine, lorsque l'image de Draco s'éteint brusquement et qu'une autre surgit à sa place. Le commencement d'un nouveau défilé de souvenirs.

Draco, assis à côté de Voldemort qui le regarde d'un air concupiscent et transpirant de désir. Puis l'affreux qui donne un livre à Draco et, en vantant les délices des relations homosexuelles, l'ouvre sur une illustration érotique de deux hommes qui se caressent. Encore Voldemort qui a cette fois posé une main sur la joue de Draco, les yeux luisants de convoitise perverse. Suit ensuite la scène qui s'est déroulée dans la galerie des Ancêtres du Manoir Malfoy. Celui-là, c'est Severus qui l'a fourni. Il avait un très bon angle de vue sur la main de l'affreux qui, collé à lui comme une sangsue avide, pétrit les fesses de Draco, lui-même plus que livide. Lui succède, un souvenir qui fait bondir en arrière Brandburgy : Draco, contraint de regarder Voldemort baiser avec Acrux et Arcturus. Ça ne dure pas longtemps. Quelques secondes au plus. Et ce qui suit, ne dure pas beaucoup plus longtemps, mais c'est moche, très moche à voir : un garçon nu, qui ressemble à Harry, contraint de lécher les semelles de l'affreux. Puis il se fait fouetter par Voldemort qui se masturbe dans le même temps avec délectation, sous le regard luisant de plaisir cruel de Greyback. Et enfin, l'ordre de Voldemort qui claque comme un fouet et Greyback déchire la gorge du garçon qui agonise, ses yeux verts désespérés fixés sur Draco, tandis que la vie s'échappe de son corps

Brutus ouvre des yeux de plus en plus effarés, souffle suspendu, durant plusieurs secondes et subitement, il fait demi-tour, juste à temps pour ne pas voir le dernier souvenir, celui où le corps du garçon est donné en pâture à Nagini.

« Bingo. Tu peux y aller Harry ! » murmure-je dans mon Micro, en regardant Brutus qui saisit son sac de voyage, puis y fourre pêle-mêle ses quelques effets personnels.

Puis, son Balai à la main, il revient vers le bureau, enfourne ses livres personnels et quelques autres babioles dans son sac, avant de plonger la main dans la caisse, pour se saisir de la plume qui repose à côté de la Pensine.

Et il disparait aussitôt de ma vue.

Alors, avec satisfaction, j'entre dans la chambre, où je prends le temps de remballer les souvenirs de Draco dans une fiole incassable. Puis je la mets dans mon sac, avec la Pensine de Harry, avant de rejoindre Hedwige, qui m'attend bien sagement dans sa cage.

Et, lorsque nous quittons la propriété de Voldemort, ni vus, ni connus, comme nous y sommes entrés, Hedwige se permet de pousser un hululement de satisfaction.

OoOoOoO

LII - Journal 2/2 – Point de vue de Ron

OoOoOoO

... Votre avis m'intéresse vivement ...

...

..

.

V