Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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OoOoOoO

Désolée dun retard !

J'ai eu une semaine de dingue et j'ai complètement oublié que j'avais un chapitre à mettre !

Bonne lecture !

Bisous

OoOoOoO

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L'Entretien Du Volcan 4 / 6

Nuit du Jeudi 20 Mars au vendredi 21 Mars 1997

Acte 9 : Etats D'Âme

Harry

Ça me fait tout drôle, d'entendre la voix de Draco provenir de la Gentilhommière.

Je l'écoute d'une oreille, me demandant quelle tête fait Brandburgy et s'il va se décider ou non à croire mon frangin. Et si oui, lequel des souvenirs de Draco le fera réagir ?

La voix de mon frère se perd soudain dans le silence. J'imagine les souvenirs qui défilent maintenant et soudainement : « Bingo. Tu peux y aller Harry… » murmure la voix de Ron.

Alors je Transplane aussi sec dans la cuisine, pour prendre la Cheminée, direction le Bureau d'Albus.

Il m'attendait et me sert aussitôt un thé, tandis que je prends place à côté de lui, me penchant vers les plans que nous sommes supposés examiner de près. J'ai tout juste le temps de prendre la tasse qu'il me glisse entre les doigts et d'entamer une phrase laissant supposer que nous parlions tactique militaire, lorsqu'une alarme discrète se fait entendre.

Je suspends aussitôt ma phrase à peine entamée et je me retourne de concert avec Albus, pour regarder Brutus Brandburgy qui est à genou sur le tapis, le regard hébété.

« Que faîtes-vous donc ici, Monsieur Brandburgy ? » demande Albus, avec sévérité, en mettant fin à l'Alarme, d'un petit coup de Baguette un peu sec.

« Je… je viens de me sauver de… Je… Il… Il avait raison… » balbutie Brandburgy, qui est d'une pâleur mortelle, sans lâcher son sac, ni son Balai, ni la plume qui a servi de Portoloin, qu'il tient serrés dans ses mains.

« Qui avait raison ? » demande Albus, avec un froncement de sourcils.

« Malfoy… Malfoy avait raison ! » répond Brandburgy, qui nous regarde alternativement Albus et moi-même, avant de se mettre à trembler.

« A quel propos Monsieur Malfoy avait-il raison ? » interroge encore Albus, avec patience.

« Il a baisé avec mes frères et… et… » répond Brandburgy, émettant un hoquet et craquant soudainement, des larmes s'écoulant à flot sur ses joues, avant de crier : « Il veut me baiser le cul ! A… Alors je me suis sauvé !... Je suis venu ici pour que vous m'aidiez !... Je ne veux pas qu'il me baise ! Ça… ça me dégoûte ! Il m'a fait avoir des rêves dégoutants où il me baise !... Il… Il me dégoûte ! »

« Comment pouvez-vous accuser Monsieur Malfoy de…» commence Albus, avec une fausse sévérité renouvelée, avant d'être interrompu.

« Je n'accuse pas Malfoy ! C'est lui ! Le Seigneur des Ténèbres ! Malfoy, il avait raison de dire que c'est un sale pervers pédophile ! Maintenant je sais qu'il m'a fait venir chez lui parce qu'il veut me baiser le cul ! Et que je le suce ! C'est un putain de sale pervers ! Il m'a fait venir chez lui et il m'a flatté pour m'avoir ! Il a voulu me faire croire que j'étais important à ses yeux ! Mais il mentait ! En réalité il s'en fout de moi ! Tout ce qui l'intéresse c'est mon cul ! Il m'a donné ce livre dégoutant ! Et maintenant, il y a ces rêves pervers où il me baise en voulant me faire croire que j'ai envie de ça ! Que ça me rendra ma virilité ! Je ne veux pas qu'il aille plus loin ! Je ne veux pas qu'il me touche avec ses sales pattes de vieux dégueulasse horrible ! Il me dégoûte ! IL ME DEGOUTE ! » s'écrie Brandburgy, tremblant et essuyant ses larmes avec rage, avant de poursuivre : « Vous devez m'aider ! Je vous en prie ! Je ne veux pas qu'il me retrouve ! Il me violera et me tuera s'il me retrouve ! Vous devez m'aider ! Je vous en supplie, professeur Dumbledore ! Aidez-moi, aidez-moi s'il vous plait !… Malfoy avait raison !… »

Je ne saurais vraiment dire ce que j'éprouve, à le voir ainsi, suppliant et désespéré.

Brandburgy est un sale petit con, qui s'est rendu coupable d'avoir mené l'Attaque au bord du Lac Noir. De nombreux chefs d'accusation pèsent sur lui pour association de malfaiteurs, tentative de meurtre et complicité de meurtre, entre autres. Jusqu'à présent, je n'avais que mépris pour lui. Mais là, à le voir ainsi, j'ai le sentiment de me trouver devant un gosse qui vient de perdre brusquement toutes ses belles illusions et qui souffre sincèrement.

J'échange un bref regard avec Albus. Le sien me demande si j'en ai assez et s'il peut passer à la suite dès à présent et à contre cœur, j'effectue un bref signe de tête vers lui. C'est d'aide dont Brutus a besoin. Pas qu'on se serve de lui comme nous allons le faire à présent.

« Vous faites l'objet d'un mandat de recherche, Monsieur Brandburgy, en raison de l'Attaque que vous avez organisée au bord du Lac Noir. » déclare alors Albus avec douceur.

« Je sais… Je vais passer toute ma vie en prison, je sais. Mais je préfère ça ! » répond Brandburgy, reniflant avant d'ajouter, tête basse : « C'est pour lui, que j'ai fait ça, vous savez. Parce que je croyais en lui. Je croyais que c'était quelqu'un de bien… Mes parents, mes frères, ils ont toujours dit que c'était quelqu'un de bien… Et je le croyais… Sans même y réfléchir… J'ai tout gobé. Comme un idiot j'ai tout gobé… Mais c'est Malfoy que j'aurais dû croire. J'aurais dû ouvrir les yeux comme il me l'a conseillé. Ça m'aurait évité…tout ça… J'ai fait tout ça pour lui et ma vie est fichue… Tout ça pour lui. Ce salaud. Ce vieux dégueulasse pervers ! »

Il émet un nouveau hoquet, avant de pleurer. Son regard est désespéré. Il réalise, je crois, ce qu'il a fait. Il mesure la bêtise, la suffisance dont il a fait preuve, en accordant sa confiance aveuglément à Voldemort. En refusant obstinément de croire les mises en garde de Draco, d'Albus, de Ginny.

« Tu es jeune. Toute ta vie tu as subi l'influence de tes parents et de tes frères ainés. Il en sera tenu compte à ton procès. Et si tu exprimes des regrets sincères, il en sera également tenu compte. » interviens-je, avec un peu de brusquerie.

Ça m'emmerde, parce que d'un côté j'ai une sérieuse dent contre lui. Mais de l'autre, je pense aussi qu'il peut faire amende honorable et évoluer dans ses idées à présent.

Brandburgy acquiesce, reniflant encore. Il pleure toujours. A larmes moins abondantes, mais certainement beaucoup plus amères.

« Tout ce que nous pouvons faire pour vous, Monsieur Brandburgy, c'est de demander au Chef des Aurors de vous mettre au secret, jusqu'à ce que la guerre soit finie. » déclare Albus, après quelques secondes de silence.

Brutus acquiesce encore une fois, d'un simple signe de tête. Albus l'invite à se relever du sol et à s'assoir sur un fauteuil. Puis il prend le temps de lui proposer un thé, que Brutus refuse d'un signe de tête négatif, le regard ailleurs. Dans son désespoir et ses regrets. Alors Albus se dirige vers la Cheminée, pour appeler Kingsley. Ce dernier arrive très rapidement, avec Maugrey et Tonks. Ce qui n'est bien évidemment pas un hasard.

« Brutus Brandburgy ! Jolie prise ! Comment l'avez-vous eu ? » demande Fol Œil, comme s'il n'était pas parfaitement au courant.

« En vérité, il est venu à nous, Alastor. » répond Albus, avant d'offrir de servir un thé à chacun.

Je décline l'invitation, précisant qu'il est l'heure pour moi de partir. Et je me saisis de mon Balai, me dirigeant aussitôt vers la croisée la plus proche, pour prendre mon envol jusqu'au grilles de Poudlard. Puis je Transplane vers le QG de Londres, directement dans la chambre que Ron et moi-même occupons, pour éviter d'avoir à prendre les escaliers et donc le risque de réveiller Phineas Black.

Je n'ai pas envie d'entendre ses récriminations maintenant. Nous avons encore du travail qui nous attend et je veux régler ça au plus vite.

« Tu étais à peine parti, que nous avons eu confirmation par Draco, que Cooper a bien envoyé un message à son paternel pour lui dire qu'il y avait une ouverture disponible à Poudlard, au moins jusqu'à dimanche. » déclare Lee, quand j'entre dans la Base, avant de demander : « Et de ton côté, qu'est-ce que ça donne ? Comment ça s'est passé à Poudlard ? »

« J'ai ce qu'il faut. Pour le reste, Fol Œil a l'air bien décidé à cuisiner Brandburgy à petit feu, avant que son sort soit réglé. » réponds-je, du ton le plus neutre possible, me dirigeant vers la table où une fiole a déjà été préparée.

« D'accord. Mais comment ça s'est passé avant ? Comment il a réagi Brandburgy ? Quelle impression il t'a fait quand il est arrivé ? Qu'est-ce qu'il a dit ? » insiste Lee, sourcil haussé.

« Brandburgy a dit ce qu'il fallait et il méritera peut-être qu'on lui donne une chance dans la vie, quand il sortira de prison. » réponds-je, avec un peu de lassitude.

« Avec toutes les casseroles qu'il traine au cul, ça m'étonnerait qu'il en sorte un jour ! » réplique Lee, sur un haussement d'épaule qui indique clairement qu'il se fiche de ça.

Et ça m'agace. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m'agace prodigieusement.

« Pas s'il est jugé comme un mineur. Et ça, ça dépendra de ce qu'il va répondre à King aujourd'hui et ce qu'il dira devant le Magenmagot plus tard. Or, étant donné son attitude dans le Bureau d'Albus il y a quelques minutes, je pense qu'il n'est peut-être pas aussi irrécupérable que nous le pensions jusqu'à présent. » rétorque-je, avec un peu de sècheresse.

« On dirait que ça te fait chier ? » déclare alors Dudley, avec une pointe de…

Je ne sais quoi en fait… Ou plutôt si, je sais. C'est de l'inquisition pure et simple.

Du moins, c'est l'impression que ça me fait. Et je me sens soudainement au bord de l'explosion. Ça se bouscule dans ma tête. Sans que je parvienne à vraiment mettre de l'ordre dans mes idées. Ni même à les saisir vraiment.

« Ça te fait chier ? » redemande Dudley, devant mon silence, avec insistance.

Et là, j'explose.

« Oui, ça me fait chier, effectivement ! L'Attaque qu'il a menée au Lac Noir a coûté la vie de Cho et de Shon ! Elle aurait pu coûter aussi celle de Draco, de Ginny, de Hagrid et de quelques autres. Alors j'aimerai vraiment qu'il paye ça pour le reste de ses jours ! Mais voilà ! C'est un jeune con, qui n'a jamais entendu dire que du bien de Voldemort et de la Magie Noire, de la grandeur des Sang-Purs et de la menace que représentent les demi-sang, les nés Moldus et Moldus ! Et il se faisait des illusions de gosses aussi, qui viennent de voler en éclat ! Alors maintenant il pleure comme le gamin qu'il est encore, parce qu'il se rend compte que ses parents et ses frères,l'ont poussé à mettre toute sa confiance dans un sale type, qui a fait semblant de s'intéresser à lui, parce qu'il voulait son cul et uniquement son cul ! Alors oui, ça me fait chier, Dudley ! Parce que Jérémy était exactement comme lui, avant d'être confronté à la réalité et de comprendre qu'il s'était fait gruger. Et que s'il avait eu quelques années de plus et croisé la route de Voldemort dans les mêmes conditions que Brandburgy, il pourrait être à sa place en ce moment même ! Et combien d'autres sont comme ça aussi, parmi les Ânes Bâtés ? Que ce soit au Manoir ou à Poudlard ? Qu'est-ce qu'on a fait, pour leur ouvrir les yeux, bordel ! à part leur faire des leçons de moral et leur donner des retenues ? » déclare-je, regardant Ron, Lee et Dudley tour à tour, avant de lâcher sur un soupir : « Rien. On a rien fait ! »

« Eh ben au moins, ça c'est net ! Et on sait maintenant précisément ce qui te fait chier ! » déclare tout de go Lee, avec son sourire numéro 2.

Celui qu'il arbore, lorsqu'il a réussi son coup.

Je plisse donc les yeux vers Ron.

« J'ai seulement dit que tu ne te sentais pas dans ton assiette et ils ont décidé de leur propre chef de te pousser dans tes retranchements, jusqu'à ce que tu nous dises ce qui n'allait pas. » dit-il, l'air parfaitement innocent de l'agneau qui vient de naitre accroché sur son visage et dans ses yeux.

Mais il ne me trompera pas. Il comptait bien sur Lee et Dudley pour prendre cette décision.

« Ouais. Et ça a marché. Merci les gars ! » déclare-je abruptement, mon regard toujours fixé sur Ron, mais souriant finalement en me tournant vers Lee et Dud, avant d'ajouter : « Vraiment merci. Parce que je ne savais pas d'où me venaient ces états d'Âme et maintenant je le sais. »

« Et tu as raison. A part leur donner des leçons de moral et des retenues, on n'a pas fait grand-chose. Si ce n'est qu'ils ont vécu l'Attaque du Poudlard Express et qu'ils ont vu aussi revenir les blessés des bords du Lac Noir, lus les articles de la Gazette. » déclare Ron, qui lève la main pour me demander de le laisser finir, quand j'ouvre la bouche pour protester, avant d'ajouter : « Je t'accorde cependant que les plus jeunes n'ont peut-être pas réalisé, ni les moyens ou toutes les cartes en main, pour réfléchir sérieusement et faire un choix éclairé. Mais qu'est-ce qu'on peut y faire pour le moment, dis-moi ? »

« Ils doivent savoir la vérité, à propos de Voldemort. » réponds-je, conscient que ce n'est pas aussi simple.

« Ils ne nous croiront pas. Tu le sais aussi bien que moi. » réplique Ron, son regard bleu rivé au mien.

« Nous, non. Mais Brandburgy revient de là-bas. Et il est revenu de son propre chef. Certes, après avoir vu les souvenirs de Draco. Mais il peut témoigner de la vérité. » réponds-je, la poitrine serrée.

« C'est bancal et tu le sais. Il y aura toujours un grand pour dire que nous avons manipulé Brutus et en convaincre les autres, les plus petits notamment. Et il aurait raison d'une certaine manière. Alors quoi ? Que faire d'autre ? Leur montrer le souvenir de Priest Hole, quand Voldemort a caressé les fesses de Jérémy ? Ou qu'il a caressé ton corps ? Ceux de Draco, quand il fouette ce jeune Moldu puis le fait tuer par Greyback, avant de faire bouffer sa dépouille par Nagini ? Ce sont des images choquantes que tu veux montrer à ces gosses, Harry ? » demande Ron, le regard aussi malheureux que doit être le mien.

Je hoche la tête, en signe négatif.

Non, je ne veux pas choquer ces gosses. Je veux juste qu'ils sachent la vérité. Je veux surtout qu'ils soient en sécurité.

« Il faut soustraire les gosses du quartier des Ânes Bâtés. Il faut les évacuer, comme les autres gamins. Même les plus âgés. Certains ne sont pas assez matures parmi eux, pour pouvoir véritablement mesurer les enjeux de ce qu'il se passe. Il faut leur laisser une chance de sortir de là. Les laisser enfermer avec les bruits des Combats qui résonneront au-dessus de leur tête, ce n'est pas ce qui les aidera à revenir à des meilleurs sentiments. » souffle-je, serrant les poings que j'ai enfoncés dans mes poches.

« Là-dessus, je suis d'accord avec toi. Et nous réfléchirons à tout ça quand nous en finirons avec ce que nous avons à faire encore cette nuit. Ok ? » déclare Ron, d'un ton qui m'apaise.

« Ok. Mais je vais quand même dire à Albus de ne pas précipiter le départ de Brutus. Parce que même s'il n'y a qu'un seul gosse pour le croire, il faut tenter la chance. » réponds-je, avançant résolument vers le Miroir qui nous relie au Bureau d'Albus.

« D'accord. Pendant que tu lui parles, je m'occupe de finir le colis. » décide alors Ron, tandis que j'acquiesce.

Ma communication avec Albus ne dure pas longtemps. Il agrée à ma demande, sans même demander d'explication. Mais je ne serais pas étonné, qu'il ait pensé à la même chose que moi. Après tout, il n'est pas homme à refuser une chance à quelqu'un et il a dû percevoir comme moi, qu'il y avait de la sincérité chez Brandburgy, lorsqu'il a déclaré qu'il aurait dû croire Draco, avant de se lancer dans des actions qui le dépassaient.

« Prêt ? » me demande Ron, lorsque je reviens vers lui.

J'acquiesce et tend ma bouche vers la sienne, accueillant l'effleurement de ses lèvres sur les miennes comme une bouffée de pur réconfort. Et je lui souris, avant qu'il ne Transplane et que j'aille m'assoir entre Lee et Dudley, qui me pressent tous deux l'épaule avec amitié.

« Prêt, Messire Salazar ? » demande-je alors à notre cher Fantôme, qui est resté totalement silencieux depuis mon retour.

« Prêt, Harry. » répond-il, de sa voix sépulcrale.

Et mon regard se rive sur l'Ecran qui donne vue sur le portail de la Gentilhommière.

Tout état d'Âme envolé.

OoOoOoO

Acte 10 : Riposte A La Riposte

Lee

Comme le planton, je sursaute quand il se reçoit subitement le colis sur la tête.

Le type se tourne ensuite en tous sens en éclairant largement les alentours, avant de regarder sur le sol et de grimacer illico presto. Et c'est sur un soupir qu'il se penche, pour prendre le paquet et remonter l'allée au pas de course.

Un crac dans la chambre d'à côté. Ron revient déjà.

« Pas eu besoin de lui dire ce qu'il devait faire, cette fois ! » sourit-il, quand je tourne mon œil vers lui à son entrée dans la Base.

Je hausse un sourcil.

« La nuit dernière, j'ai dû imiter la voix de Voldemort pour que le planton se bouge. » répond Ron, avec un sourire narquois.

« J'imagine la scène tiens. Entendre la voix de son Maître sans le voir, ça a dû lui en flanquer un coup au planton. » commente-je, en rendant son sourire à mon pote.

« A qui le dis-tu ! Mais il a quand même fallu un deuxième coup de semonce, avant qu'il galope comme un dératé. » répond Ron, en prenant place sur la chauffeuse derrière Harry et moi-même.

Il prend appui de ses bras sur nos dossiers et avance la tête entre nous, pour mieux voir l'Ecran. Alors je propose de me décaler un peu pour faire de la place à ses longues guiboles. Il acquiesce, avec un remerciement. Et finalement, on se décale tous les trois, Harry, Dud et moi-même, pour lui faire une place parmi nous.

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Le planton arrive assez rapidos devant la porte de son Maître. Il soupire en stoppant net, montrant à son collègue le paquet rouge enrubanné d'or qu'il tient en main et l'autre soupire aussi.

« On s'en est bien sorti hier, espérons que ce soit la même chose cette nuit. » dit-il, dans un murmure, en croisant les doigts des deux mains.

L'autre acquiesce d'un hochement de tête et se décide à frapper à la porte du bureau.

« Entrez ! » aboie l'horrible, sur un ton peu engageant.

Le planton s'empresse d'ouvrir la Porte, restant prudemment sur le seuil.

« Un Paquet pour vous, Maitre. Le même qu'hier et arrivé de la même façon. » dit-il, d'un ton voilé d'appréhension, tendant à peine le paquet en avant.

Les yeux de son Maître sont rivés dessus depuis qu'il a ouvert la porte. Et je n'ai pas besoin de voir son Aura, pour pouvoir affirmer qu'il fume salement. S'il avait des Baguettes à la place des yeux, je peux vous assurer qu'elles jetteraient des Avada en rafale, à la vitesse de la lumière.

« Pose ce paquet sur la chaise et va-t'en immédiatement ! » siffle l'affreux, après deux ou trois secondes de flottement coléreux, en désignant la chaise située auprès de la porte.

Le Planton, qui doit avoir des sueurs froides, ne se le fait pas dire deux fois pour obéir et il se permet un soupir de soulagement, une main sur le cœur, quand la porte est refermée. L'autre planton acquiesce en relâchant son souffle lui aussi, avant de le regarder repartir d'où il venait au pas de course.

Il y a comme une lueur envieuse dans son regard. Sûr que ce n'est pas joyeux de se taper des gardes dehors par tous les temps, mais c'est quand même mieux que d'être derrière la porte des quartiers de l'affreux, où il y a infiniment plus de risques de se prendre des Doloris.

Bref.

Voldemort, lui, ne quitte pas le paquet de ses yeux qui lancent des Avada. Et je me demande quand est-ce qu'il va se décider à prendre connaissance de son contenu.

« Je crois qu'il vous attend, Messire Salazar. » déclare soudainement Harry, d'un ton doux.

« Dois-je le laisser s'impatienter ? » demande en retour Messire Salazar.

« Non. Allez-y tout de suite. Mieux vaut je pense, ne pas laisser la température monter trop haut. » répond Harry, approuvé par Ron.

J'approuve aussi. D'après le rapport de la nuit dernière, que j'ai pris le temps de lire en diagonale tout à l'heure, Messire Salazar a eu pas mal de fil à retordre, pour faire redescendre le niveau de la lave.

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Messire Salazar se matérialise juste à mi-distance entre le paquet et l'horrible.

« Ce petit morveux de Potter est décidément exceptionnellement doué, pour te mettre en colère, Voldemort. Peut-être devrais-je aller le remercier, de me donner ainsi l'impulsion nécessaire pour venir te rendre visite, sans que j'aie à dépenser ma précieuse énergie. » se permet-il de plaisanter, pince sans rire, tandis que l'affreux jette des Sortilèges sur les portes et fenêtres, pour garantir la confidentialité de ce qu'il se passe dans son bureau.

« Je constate que cela t'amuse, qu'il ose ainsi me provoquer une fois encore. » répond glacialement l'horrible, avec une sèche contraction de la mâchoire.

« Ce n'est qu'une riposte à ta riposte. La bravade d'un stupide Gryffondor qui ne voudra jamais admettre qu'il a peur. Mais au fond de lui, il doit trembler pour les siens autant que pour lui-même. » déclare Messire Salazar, qui fait mine de s'installer sur le fauteuil face à l'affreux, pour ajouter, un pli méprisant au coin de la bouche : « Gryffondor était ainsi. Devant tous il se vantait de ses exploits et de n'avoir peur de rien, mais lorsqu'il se pensait seul, son masque tombait et je l'ai vu plus d'une fois à son insu s'effondrer en larmes, pissant de peur et tremblant comme une fillette, à l'idée de devoir aller combattre au lendemain à l'aube. »

Voldemort fixe Messire Salazar l'œil surpris.

« Tu as donc conservé des souvenirs précis des temps anciens. Je croyais que tu avais presque tout oublié d'autrefois et que le peu qui te restait était flou, vaporeux. » commente-t-il, d'un ton égal à son expression faciale.

« Ainsi il en était effectivement. Mais en vérité, mes souvenirs me reviennent de plus en plus précisément, depuis que je peux me matérialiser. Et sois en heureux, car c'est cela qui nous permettra de mener nos projets à bien. » répond Messire Salazar, qui effectue ensuite un petit geste, comme pour dire que ce n'est pas le moment de parler de cela, avant d'ajouter : « Nous reviendrons sur cela plus tard si cela t'intéresse. Pour l'heure, j'avoue être très curieux de ce que ce petit morveux de Potter a pu trouver en riposte à ta riposte. »

Et son regard pétillant indique clairement son impatience.

« Cela t'amuse donc réellement. » constate encore une fois Voldemort, qui semble hésiter entre se sentir froissé ou se sentir amusé, lui aussi.

« Oui, cela m'amuse, de penser qu'il gaspille son temps en stupides provocations, tandis que tu prépares activement notre victoire ! » réplique Messire Salazar, avec un infini sérieux.

Et pour le coup, l'horrible ricane.

« Tu as raison, Salazar. Voyons ce que cet insolent gamin a inventé cette fois ! » dit-il ensuite, en se levant pour aller chercher le paquet.

Il en déchire rapidement le ruban et le papier, tout en s'avançant vers sa Pensine, dans laquelle il s'empresse de déverser le souvenir contenu dans la fiole. Et bien sûr, il l'active d'un coup sec de sa Baguette, tandis que Messire Salazar vient se poster à son côté.

« J'ai bien reçu tes menaces, Jedusor. J'en prends note et je te remercie de me prévenir. Ceci dit, tu aurais pu faire plus court. Parce que tout compte fait, toutes ces promesses que tu as formulées aujourd'hui, tu me les as déjà servies à maintes reprises. C'est un peu lassant à la fin. Si encore il y avait eu du nouveau, je ne dis pas. Mais non. Et parlons également, de cette manie de forcer ton jeu et de faire dans le théâtral grandiloquent ! C'est beaucoup trop appuyé, Jedusor, ça ne fait pas du tout authentique et naturel. Je me suis donc plutôt ennuyé et j'ai baillé trois ou quatre fois, avant d'avoir vu la fin de ta prestation. Je te conseille donc, afin que tu puisses améliorer ta prochaine performance, d'être un peu plus sobre aussi bien au niveau du discours, que dans la manière de le déclamer. » déclare le souvenir de Harry, avec un sourire largement moqueur, avant de prendre l'air beaucoup plus sérieux et de poursuivre : « Mais trêve de conseils avisés. Ce que j'ai à te dire ce soir, Jedusor, ce n'est pas uniquement que tu devrais changer de discours et d'être plus naturel dans ton jeu d'acteur. C'est surtout que tu devrais aussi changer d'attitude envers tes partisans. Parce qu'au train où tu mènes ta barque et à force de ne penser qu'à satisfaire tes petits plaisirs pervers, tu vas tous les faire fuir. Même les plus fidèles des fidèles. La preuve en image. »

Et là, Harry lève une pancarte devant lui, sur laquelle il est inscrit : ça s'est passé ce soir, un peu après minuit. Puis son image s'efface, pour laisser place à une autre.

Brandburgy. Dans le bureau du professeur Dumbledore et qui déverse tout ce qu'il a sur le cœur contre l'affreux.

Et je ne vous dis pas la gueule qu'il fait l'affreux, en regardant ça.

Oh, et puis si, je vous le dis : il est encore plus laid que d'habitude, dans son expression de rage qui lui chiffonne salement toute la gueule. Ses yeux lui sortent littéralement de la tête, son nez quasi effacé est complètement froncé, sa bouche totalement tordue, son teint habituellement très pâle devient de plus en plus foncé ce qui me fait dire qu'il doit être rubicond tirant sur le violet et il fume de partout. Les oreilles, les naseaux, ses doigts qui crachent tous des étincelles.

Si ça continue ainsi, je crois qu'il va exploser, au sens littéral du terme.

« CELA T'AMUSE TOUJOURS, SALAZAR ! » hurle-t-il soudainement, en se tournant vivement vers Messire Salazar.

Et là, il a la surprise de voir Messire Salazar qui le regarde avec une expression de colère aussi effrayante que la sienne.

« NON ! » hurle-t-il, serrant et desserrant ses poings, avant d'ajouter, avec un peu moins de force « Non ! Cela ne m'amuse pas du tout ! Comment ce petit idiot de Brutus a-t-il osé nous faire cela ! Saboter ainsi nos projets, c'est inadmissible ! »

Et il se met à marcher de long en large, évitant soigneusement de s'approcher trop près de l'affreux, qui fixe toujours la Pensine dans laquelle se déroule une nouvelle fois le message de Harry. Le souffle de l'horrible est si superficiel, qu'il donne le sentiment de ne plus respirer.

« Arrête ça ! Arrête ça ! » s'écrie Messire Salazar, un poil avant que ce soit de nouveau le souvenir de Brutus qui prenne place.

L'affreux obéit. Jetant un Sortilège sur le souvenir, afin qu'il s'évapore définitivement.

« Ce n'est pas Brutus ! Ce ne peut-être être vrai ! Ni lui ! Il s'agit de quelqu'un sous Polynectar ! C'est ça ! Ce sale petit morveux nous provoque ! Il veut nous mettre en colère, afin que nous sortions d'ici avant que nous soyons prêts ! Alors il a inventé cela de toute pièce ! Je suis sûr que Brutus est dans sa chambre ! » s'exclame maintenant Messire Salazar, qui vient se poster entre l'affreux et la Pensine qu'il fixe toujours d'un œil flamboyant de rage, pour ordonner : « Ne reste pas planté là ! Réagis ! Envoie le planton vérifier si Brutus est dans sa chambre ! »

L'affreux semble bien ne pas avoir entendu pendant deux secondes. Mais soudainement il se bouge, allant vivement vers la porte et Messire Salazar se précipite vers le salon, afin d'être certain de n'être pas vu du planton. Celui-ci sursaute en voyant la porte s'ouvrir brusquement, s'acculant au mur dans un bond en arrière brutal, une expression plus qu'effrayée sur le visage.

« Va t'assurer que Brutus est bien dans sa chambre ! Et viens me rendre compte ! Tu as quatre minutes ! » aboie Voldemort avec une brusquerie rageuse, avant de claquer la porte dans un geste tout aussi rageur.

Et le planton file à toute berzingue, avant même que la porte soit complètement refermée.

« Que ferons-nous, s'il n'est pas dans sa chambre ? » demande ensuite Voldemort, en direction de Messire Salazar, qui revient vers lui.

« J'y réfléchis ! Et tu devrais y réfléchir aussi ! » répond brusquement Messire Salazar, en recommençant à faire les cent pas.

Dans une imitation parfaite de Voldemort lorsqu'il les faits. C'est-à-dire bras derrière le dos, la main gauche enserrant son poignet droit et la main gauche battant l'air, comme s'il battait le rythme de ses pas, avec sa Baguette.

Et dans un automatisme Voldemort en fait autant, en parfaite synchronisation.

Et moi, je ne peux pas m'empêcher de pouffer de rire en voyant ça.

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« Putain ! C'est trop comique de voir ça ! » commente-je ensuite, pouffant derechef.

« Ouais. Il est vraiment fortiche Messire Salazar. Il dépasse toutes nos espérances. » répond Ron, avec un large sourire.

« Ok. Mais un bon acteur, ça ne suffit pas. Vos scénars sont sacrément fouillés aussi. Il fallait y penser, à ce genre de détail ! » réplique-je, en désignant l'Ecran, sur lequel Messire Salazar et l'affreux font toujours les cent pas de concert.

« Il n'était pas prévu que l'affreux se synchronise et Messire Salazar doit improviser à tout va, pour s'adapter à ses réactions, tu sais. » sourit Harry, en prenant sa tasse de thé, pour en boire le fond.

« Peut-être bien. Mais ça n'enlève rien à vos mérites. Parce que vous avez prévu quand même pas mal de ses réponses, de manières d'amener les choses et de petits détails de ce genre, qui ajoutent à l'authentique. Et ça, c'est sacrément fortiche les mecs ! Vous devriez vous lancer dans une carrière de scénaristes après la guerre. Je vous garantis que vous auriez du succès ! » déclare-je, en toute sincérité.

« Merci de l'idée. On la creusera » répond Ron, en désignant un Ecran pour attirer mon attention dessus.

o-o-o

Le planton revient déjà. Courant comme un dératé et pâle comme un cadavre. Il a compris qu'il ne va pas échapper à une punition, cette fois. Tout ce qu'il lui reste à espérer, c'est que l'affreux se montre indulgent, s'il revient dans les temps qui lui ont été accordés.

Il frappe à la porte et Messire Salazar se précipite vers le salon, tandis que l'affreux va ouvrir.

« Il n'est pas dans sa chambre, Maitre ! La fenêtre est ouverte et son armoire est vide ! » s'exclame le planton, d'un ton étranglé, la tête rentrée dans ses épaules.

Voldemort fume illico presto et je crois bien qu'il va Avada Kedavratiser son planton. Mais il se contente de le Doloriser pendant trois ou quatre secondes, avant de claquer la porte sur lui et de pousser un long hurlement de rage.

« IL NOUS A TRAHIS ! IL NOUS A TRAHIS ! » s'égosille-t-il ensuite, à pleins poumons, en direction de Messire Salazar qui revient vers lui.

« Je sais ! J'ai entendu ! » s'écrie Messire Salazar, avant de recommencer à faire les cent pas.

« Espèce de sale petit traitre ! Il va payer ! » gronde Voldemort, qui se synchronise de nouveau à Messire Salazar.

« Oui, il payera ! Nous le retrouverons et il regrettera chèrement sa trahison ! » renchérit Messire Salazar, sur le même ton.

« Oui, il regrettera, Salazar ! Il regrettera ! » répète Voldemort, dans un sifflement entre mâchoires crispées.

Puis les cent pas se font silencieux. Intensément réflexifs, du moins en apparence concernant Messire Salazar, qui guette en réalité les réactions de l'affreux du coin de l'œil. Celui-ci fulmine et rumine sa rage, ça ne fait pas un pli. Car sa Baguette crache des étincelles à tout va.

« Draco en premier lieu et maintenant Brutus ! Même le jeune Thorpe n'avait d'yeux que pour Lucius ! Tous ces jeunes gens se disent fidèles à notre personne, mais nous trahissent à la première occasion ! » glisse Messire Salazar, au bout d'un temps.

« Oui, tu as raison, Salazar ! Nous ne pouvons avoir confiance en aucun d'entre eux ! Des traitres ! Ce sont tous des traitres en puissance, Salazar ! Et Draco a été le premier ! Il leur a donné exemple de sa traitrise ! Il le payera donc au centuple ! » gronde à son tour l'horrible, au sursaut feint de Messire Salazar.

« Qu'as-tu dit ? » demande-t-il, s'arrêtant soudainement, en regardant Voldemort d'un air interrogateur et surpris à la fois.

« Draco, puis le jeune Thorpe et maintenant Brutus ! Des traites ! Ces jeunes gens sont tous des traitres en puissance ! Et Draco le premier, qui leur a ainsi donné l'exemple de la traitrise, le payera au centuple ! » répète l'affreux, infiniment rageur.

« Des traitres ! Oui ! J'avais bien entendu ! Mais Draco le premier as-tu dis ! Bien sûr ! Tu as raison Voldemort ! Et maintenant je comprends mes hésitations ! » s'exclame alors Messire Salazar d'un ton presque joyeux, éclatant ensuite d'un rire glacé et à demi fou.

« TOUT CELA TE FAIT RIRE ! » hurle aussi sec l'affreux, qui s'est arrêté net et darde Messire Salazar d'un regard flamboyant de fureur.

« OUI, CELA ME FAIT RIRE ! CAR CE QUE TU AS DIT A FAIT SURGIR UN SOUVENIR A MA MEMOIRE ! » hurle également Messire Salazar, le regard noir et se penchant un peu en avant pour ajouter, un ton en-dessous : « Un souvenir essentiel à la réalisation de nos projets, Voldemort ! Un fait essentiel, que j'avais oublié durant le long voyage à travers le temps qui m'a mené jusqu'à toi et que tes paroles ont ravivé ! »

Et pour le coup, la colère de l'horrible semble redescendre d'un cran.

« Explique-moi ! » demande-t-il avec sècheresse.

« T'expliquer, je vais le faire, oui… Oui, je vais le faire ! Mais laisse-moi un instant, je te prie, car maintenant d'autres souvenirs essentiels affluent également à ma mémoire. Laisse-moi le temps de les examiner, de les remettre en ordre. » répond Messire Salazar, qui suspend le temps durant quelques longues secondes, éclatant finalement encore une fois d'un rire glacial et fou, avant d'ajouter : « Nous pourrons remercier Brutus, lorsque nous croiserons à nouveau son chemin ! Car sans sa trahison, nous n'aurions pas pu accomplir nos projets avec succès ! C'est de bon augure, Voldemort. Oui, de très bon augure ! Tout concourt à notre succès maintenant j'en suis certain ! »

« Tu m'en vois ravi ! » répond l'affreux, avec froideur.

« Ne te froisse pas Voldemort ! Au contraire, sois heureux ! Car nous aurions couru à notre perte, si Brutus ne nous avait pas trahis ! Nous aurions commis des erreurs fatales ! » répond Messire Salazar, avec un sourire de satisfaction évidente, effectuant un geste pour inviter Voldemort à s'assoir, avant d'ajouter : « Installons-nous confortablement je te prie. Mes idées sont beaucoup plus claires à présent et je peux tout t'expliquer désormais, sans risque de me tromper encore. »

Voldemort se rend à l'invitation de Messire Salazar. Il s'assoit cependant avec un peu de raideur sur son fauteuil de bureau, tandis que Messire Salazar adopte une posture nettement plus décontractée.

« Tu te souviens, n'est-ce pas, de cette prophétie, dont je t'ai fait part, dans mon journal. » déclare Messire Salazar, en préambule.

« Parfaitement bien ! » répond l'horrible, du ton de l'évidence un peu brutal, avant de réciter : « L'aube de ma vie est loin, le crépuscule descend et bientôt je fermerai les yeux sur la nuit. Pour longtemps, mais pas pour l'éternité. Car mon âme va traverser les Ténèbres de la Mort et rejoindre mon Héritier, par-delà les siècles. Ensemble, nous accomplirons un rituel sacré et nos âmes fusionneront pour gagner l'Immortalité. Le seul à pouvoir nous vaincre sera alors soumis à notre volonté et nul ne pourra plus nous résister. Nous pourrons sans crainte partir à la conquête du Monde, à la tête de notre armée de fidèles serviteurs… Telle est la Prophétie qui m'a été révélée il y a plus de trente ans déjà et qui a guidé mes pas dans cette vie… Tel est le destin qui est le nôtre… »

« C'est bien cela. » acquiesce Messire Salazar, sourire aux lèvres et appuyant sa réponse d'un hochement de tête, avant que son regard et son expression ne se fasse plus graves et qu'il ajoute : « Cependant, craignant que mon journal ne tombe entre de mauvaises mains avant de te parvenir enfin, je ne t'ai pas tout révélé. »

Cela fait l'effet d'une bombe sur l'affreux.

o-o-o

Et j'avoue que cela me fait le même effet. Parce que je ne m'attendais pas du tout, mais alors pas du tout à ça.

Qu'est-ce qu'ils ont bien pu inventer encore pour berner l'affreux, ces deux-là, me demande-je, en jetant un rapide coup d'œil vers Harry et Ron.

Pour toute réponse, ils tournent la tête dans un synchronisme parfait vers moi, pour me jeter un clin d'œil souriant.

OoOoOoO

Acte 11 : Un Très Risqué Pari

Ron

« Que ne m'as-tu pas révélé, Salazar ? » demande l'affreux, avec une certaine précipitation.

« Le Rituel, Voldemort. Je ne t'ai rien révélé du Rituel que nous devons accomplir, pour unifier nos Âmes, Esprits et Magies ! » répond Messire Salazar, avec gravité.

« Il s'agit d'un Rituel de Sexe et de Sang ! » lâche l'affreux, d'un ton un peu abrupt.

« Un Rituel de Sang, puis de Sexe ! » rectifie Messire Salazar, son regard pointu rivé sur l'affreux.

Celui-ci plisse les yeux brièvement.

« Où se situe la différence ? » demande-t-il ensuite, manifestant son incompréhension, en haussant l'un de ses inexistants sourcils.

« Le Rituel de Sang doit être accompli en premier lieu, car il garantit l'Immortalité de nos Âmes et Esprits, Voldemort. C'est également grâce à ce Rituel de Sang, que nous assurerons l'unification de nos Magies actuellement séparées. Le Rituel de Sexe quant à lui, permet de concevoir le premier des Sept Chevaliers, qui mèneront nos troupes dans le Monde que nous aurons conquis. » explique Messire Salazar, sur le ton d'un enseignant.

« Il s'agit donc de deux Rituels distincts ? » réagit Voldemort, visage un peu chiffonné sur la réflexion.

« Oui. Et fait essentiel, le premier Rituel comporte une étape qui doit impérativement s'accomplir à la pleine Lune, tandis que le second Rituel doit être pratiqué à distance d'un cycle de Lune de cette étape. » révèle Messire Salazar, au sursaut de l'affreux.

« Pourquoi précisément à la pleine lune ? » demande-t-il, une lueur de suspicion traversant son regard.

Et franchement, je ne pense pas que cette suspicion soit de son fait. Mais provient de son Salazar. Et la réaction de Harry me le confirme. Il suspend son souffle, légèrement penché en avant, pour mieux examiner l'Aura de l'affreux.

« La Magie Noire tire sa force de la Lune. Au plus celle-ci est pleine, au plus elle se renforce. Elle subit son irrésistible attraction. N'est-ce pas à la pleine Lune, que la manifestation la plus sombre de la Magie Noire s'active, en permettant à la forme Lycanthrope de dominer le Sorcier qui en est porteur ? La Nature elle-même l'exprime. N'as-tu jamais perçu que la terre se distend et gémit, comme prête à craquer pour libérer la puissance placée en son sein ? » répond Messire Salazar, d'un ton quelque peu mystique.

« Oui… Oui il me semble l'avoir perçu déjà. » souffle l'affreux, le regard tourné vers ses pensées, avant que son visage exprime une idée soudaine et qu'il ajoute d'un ton nettement plus audible : « Un passage du Volumen évoque également quelque chose qui se rapproche de ce que tu viens de dire, me semble-t-il. »

Et Harry se recale sur sa chauffeuse, souffle relâché et sourire satisfait aux lèvres, tandis que sur l'Ecran, Messire Salazar acquiesce d'un hochement de tête. Puis, son regard vient se fixer sur l'épaisse liasse de parchemins posée sur le bureau.

« Je suis heureux, d'être parvenu à t'insuffler mon intérêt pour Merlin et le Monde des Hauts Elfes, que chacun pensait à tort mythique. Nous avons preuve aujourd'hui que la Celtycie existe. Et que Merlin lui était certainement lié, comme je le soupçonnais. » dit-il, souriant avec satisfaction.

« Tu dis m'avoir insufflé ton intérêt ? Mais j'éprouvais cet intérêt et j'ai commencé mon étude de Merlin et du Mythe des Elfes, bien avant que ton Esprit me rejoigne, Salazar. » s'étonne l'affreux, l'air de dire que Messire Salazar divague.

« Ce petit morveux de Potter a ouvert la porte qui nous a permis de communiquer, mais je suis avec toi depuis ta naissance, Voldemort. » répond Messire Salazar, qui marque une brève pause, avant d'ajouter, le ton et le regard dans un vague intérieur : « Long, si long a été le chemin pour arriver jusqu'à toi, mon Héritier. Si long a été le voyage et si glacé étais-je, dans la crainte que mes yeux brûlant de fatigue, perdent vue sur cette minuscule étincelle qui guidait mon chemin dans la nuit opaque des ténèbres de la mort. Et bien que sachant qu'ils me reviendraient un jour, combien il m'était douloureux que mes souvenirs s'effilochent et deviennent si flous, au point que j'en vienne à ne plus savoir quel était mon nom. Puis enfin le voyage a pris fin. Mon esprit était si vide, si las cependant. Et je dois avouer que je me suis senti perdu, démuni dans la lumière revenue. Etais-je vraiment arrivé à destination, je ne le savais pas. Jusqu'au jour où j'ai enfin compris que je t'avais bien rejoint, mon Héritier. Car tu avais les mêmes rêves, les mêmes désirs inassouvis d'Immortalité et de Puissance suprême, que j'avais entretenus autrefois. Oui, c'était bien toi. C'était bien avec toi, que j'allais réaliser mes vœux les plus chers. Mais tu étais si jeune. Un enfant encore. Un enfant qui n'avait aucun parent, aucun guide expérimenté dans l'Art de la Magie à ses côtés. Et j'ai su, qu'il me fallait remplir cet office. Je devais t'aider, guider tes pas sur le chemin qui nous mènerait à réaliser nos desseins. Aussi, ne pouvant parler avec toi, décision ai-je prise de te faire parvenir des messages, au travers des rêves que nous partagions, lorsque certaines bribes incertaines de souvenir me revenaient. Mais cela exigeait tant d'efforts et d'énergie, que j'y suis rarement parvenu. Et que long, si long ont été mes souvenirs à revenir pleinement. »

Messire Salazar, que l'affreux a très attentivement écouté, s'interrompt de nouveau très brièvement, son regard revenant dans le présent et souriant à son vis-à-vis, avant d'ouvrir à nouveau la bouche.

« Tu as cependant apporté à maintes reprises, la preuve que j'avais autrefois eu parfaitement raison de placer ma confiance et mes espoirs en toi, Voldemort. Ta remarquable intelligence et ta soif de connaissances, t'ont permis d'acquérir et maitriser plus de savoirs théoriques et techniques que quiconque, dans tous les domaines de la Magie. Tu as également su parcourir seul une grande partie du chemin, franchissant avec courage et succès, nombres des étapes nécessaires à l'accomplissement de nos projets. Et si des erreurs ont parfois été commises, elles l'ont été en raison de ma mémoire jusqu'à ce jour défaillante. » achève-t-il, tandis que les épaules de Voldemort se redressent imperceptiblement.

« Tu me flattes. » dit-il, avec un signe de tête tout de même reconnaissant, avant d'ajouter : « Et tu te flagelles avec dureté, quand tu ne le mérites nullement. Car il t'a fallu beaucoup d'intelligence, de courage et de persévérance également, pour arriver jusqu'à moi. Et tu n'es certes pas responsable, des fâcheuses conséquences que cela a eu sur ta mémoire. »

Messire Salazar, répond dans un premier temps par un petit rire.

« Corbineur je suis l'avoue-je sans honte, avec mes ennemis. Mais où serait l'intérêt de l'être avec toi ? Par ailleurs, je ne prends guère plaisir à la pratique de la flagellation, si ce n'est lorsqu'il s'agit de punir un coquin. Je n'ai donc nulle intention de m'adonner à vile flatterie à ton intention, ni velléité à me flageller durement, quand je ne le mérite point, mon très cher Héritier. » déclare Messire Salazar, arquant légèrement un sourcil surpris, avant d'ajouter : « Oh ! Il semble que je vienne de retrouver spontanément quelques vocables moyenâgeux. L'effet de la résurgence de mes souvenirs d'antan, peut-être. »

Je suis certain quant à moi, qu'il l'a fait exprès. Au cas où il lui arriverait encore de glisser accidentellement un point au lieu de pas, de ci, de là, au cours de la conversation. Ce qui ne lui est pourtant pas arrivé depuis la fameuse intervention au cours de laquelle il en a laissé échapper deux.

« Il est possible effectivement qu'il en soit ainsi, mon cher ascendant. » répond Voldemort avec politesse et souriant aimablement, avant d'ajouter : « Fortes intéressantes ont été tes révélations et j'ai de nombreuses questions à propos de la manière dont tu es parvenu à moi, Salazar. »

« Je n'en doute pas un instant et je répondrai à ces questions, n'ait crainte. Mais il est nécessaire en premier chef, que je te transmette toutes les informations relatives au Rituel de Sang. » réplique Messire Salazar, avec une autorité résolue.

« Oui. Tu as raison, Salazar. Je dois tout savoir à ce propos. » acquiesce Voldemort, qui se cale aussitôt dans son fauteuil, pour indiquer à Messire Salazar, qu'il est tout ouïe.

« Trois éléments sont indispensables, à la réalisation de ce Rituel. Le Sang du Descendant de l'Héritier, le Sang de l'Ennemi et enfin, le Sang du premier des Traitres encore en vie. » révèle Messire Salazar, son regard vrillé dans celui de l'affreux.

« Mon Descendant, Potter et… Draco… Car c'est lui, le premier des traitres encore en vie. » souffle ce dernier, le regard allumé d'une froide cruauté.

Messire Salazar hoche la tête pour toute réponse, laissant le temps à l'affreux de digérer cette information.

« Ainsi, nous en revenons donc à Draco ! Et tu avais raison, nous allons bien avoir besoin de mon… fils. » souffle-t-il encore, ses yeux flamboyants se plissant brièvement sur la réflexion, avant de demander: « Quelle est la première des étapes à franchir ?

« Il faut tout d'abord lier le Sang du Descendant au Sang du Père, plus étroitement qu'ils le sont déjà. Ensuite… » répond Messire Salazar, avant d'être interrompu.

« Pourquoi ? » demande, abruptement l'affreux, avant d'ajouter précipitamment : « Excuse-moi de t'avoir interrompu, mais j'ai besoin de comprendre en quoi cela est si important, de renforcer le lien. »

Messire Salazar effectue un signe de tête pour signifier qu'il excuse volontiers l'interruption de l'affreux.

« Cette étape est primordiale, car comme je le pressentais la nuit dernière… » commence-t-il à expliquer, s'interrompant cette fois de lui-même, pour rectifier : « Non, il ne s'agissait pas d'un pressentiment. Je n'en avais pas véritablement conscience, mais mon souvenir était bien là, affleurant à ma mémoire et j'ai très certainement confusément compris la nuit dernière, que c'est dans le corps de ton fils, que nous allons nous réincarner. Il s'agit donc de le préparer à nous recevoir tous deux. »

« Comment procède-t-on pour réaliser cette étape ? » demande encore Voldemort, avec une expression d'intense attention.

« Il suffit d'intégrer au moment de la boire, à la veille de la pleine Lune, 10 gouttes du Sang de ton Descendant et 10 gouttes du tien, à une Potion à base de Sang de Licorne et de Venin de Basilic. Ce qui ne constituera pas une étape des plus difficiles à réaliser, puisque nous disposons déjà de cette Potion. » répond Messire Salazar, tandis que je croise les doigts à toutes forces.

Car vient d'arriver le moment crucial, où nous allons savoir si nous avons placé correctement ou non, un très risqué pari.

OoOoOoO

Harry

Je croise très fort les doigts de concert avec Ron, sur une prière muette.

Et je suis tout comme lui soulagé, en voyant l'affreux esquisser un sourire.

Notre pari est gagné. Nous pouvons donc relâcher notre souffle et nos doigts, pour nous laisser aller à la satisfaction.

« Tu sais combien je suis prévoyant, Salazar. » répond Voldemort, avec une certaine fatuité.

Ou une fatuité certaine, au choix.

« Je le sais effectivement. » sourit brièvement Messire Salazar, avant d'ajouter sur une expression beaucoup plus grave : « Cependant les étapes suivantes, qui doivent se réaliser au lendemain de la première, c'est-à-dire au jour de la pleine Lune, sont plus délicate à préparer, car il te faut le Sang de l'Ennemi et celui du Traitre. »

« Oui, ce sera plus délicat, effectivement. » répond Voldemort, tout sourire oublié, en faveur d'un pli de contrariété amère.

Et ses yeux flamboyants se perdant dans une réflexion interne.

« Le Sang de Potter sera le plus difficile à obtenir. » renchérit avec fermeté Messire Salazar, au hochement de tête positif machinal, de l'affreux.

Qui éprouve tout aussitôt un brusque sursaut.

« Celui de Draco ne sera pas beaucoup plus aisé à obtenir. » déclare-t-il froidement, le pli amer se prononçant au coin de sa bouche.

« Oui, il est à première vue fâcheux qu'il se trouve à Poudlard. Cependant tu oublies un détail important, Voldemort. Fait imputable je suppose, à la fatigue des tensions subies ces derniers jours et le peu de repos que tu t'es accordé. » répond Messire Salazar, se recevant aussi sec un regard flamboyant d'un mélange de vexation et de colère contenue, indiquant clairement que Voldemort n'apprécie pas qu'il le prenne ainsi en défaut.

Ni pour une pauvre cloche qu'il peut faire mariner à sa guise.

« Quel détail ? » demande-t-il, avec une sècheresse coupante comme un rasoir.

« Le message que ton fils t'a fait parvenir en fin d'après-midi. » répond Messire Salazar, avec un sourire qui signifie quant à lui à l'affreux, qu'il le prendra en défaut et pour une pauvre cloche qu'on peut faire mariner à sa guise, aussi souvent qu'il le souhaite.

« L'absence de Protection sur le Passage Secret. Oui… Oui, tu as raison, Salazar. Il nous faut profiter de cette opportunité ! » souffle Voldemort, toute contrariété oubliée et ses yeux se plissant sur la réflexion, avant qu'il n'ajoute : « Cependant le délai est court et il nous faut vite décider de la meilleure des stratégies. »

« Il nous faut surtout nous préparer à la riposte de Potter. Il tient beaucoup à Draco et n'aura de cesse de venir le libérer. » déclare Messire Salazar, qui ne cesse décidément de souffler le froid et le chaud avec brio, depuis quelques minutes maintenant.

J'apprécie à sa juste mesure ce petit jeu de notre aimable Fantôme. Il domine la situation de main de Maître, flirtant avec une précision microchirurgicale avec les limites de l'acceptable de son adversaire et Voldemort aurait décidément beaucoup à apprendre de lui dans l'art de la manipulation, s'il n'était aussi imbu de lui-même et centré sur sa petite personne.

« Potter, oui. Il nous faut compter avec lui. » répond l'affreux, regard de nouveau assombri d'irritation grandissante.

« Et il nous faut Excalibur pour prendre son sang et celui de Draco. » renchérit encore Messire Salazar, qui ajoute sur un soupir : « Et il faut que cela se produise à la prochaine pleine Lune. »

Sursaut de Voldemort.

« La prochaine pleine Lune. Quand donc est-elle ? » dit-il, bondissant sur ses pieds et s'empressant vers la porte fenêtre, qu'il ouvre en grand pour sortir, tête levée dans l'espoir de voir la Lune.

Mais elle est cachée par d'épais nuages cette nuit et il éprouve quelques difficultés à repérer sa pâle lueur dans le ciel. Lorsqu'il y parvient, il jette un Sortilège entre elle et ses yeux, pour faire apparaitre un calendrier lunaire.

Et aussitôt qu'il obtient réponse à sa question, il se précipite pour revenir dans son bureau, où Messire Salazar l'attend patiemment.

« Dimanche ! La pleine Lune est dimanche soir, Salazar ! » s'exclame l'affreux, qui semble osciller entre jubilation et effondrement total.

« Dimanche ! Quel heureux hasard ! Voilà qui est de très bon augure, Voldemort. Tout concourt décidément à point nommé ! » s'exclame quant à lui Messire Salazar, avec satisfaction.

« Oui. Mais le délai est si court pour tout organiser ! Et il y a tant d'obstacles encore à surmonter ! Cela semble impossible de les franchir tous ! » réplique Voldemort, toujours aussi indécis quant à l'émotion à adopter.

« Peste non ! Nous n'avons pas fait autant de sacrifices, pour laisser une simple question de délai nous arrêter à l'avant-veille de notre glorieuse victoire, Voldemort ! » s'exclame Messire Salazar, ton et regard hautement réprobateurs, avant de se pencher vers l'affreux et d'ajouter avec un miel apaisant dans la voix : « Nous avons surmonté bien des épreuves plus difficiles et douloureuses et pourtant, jamais notre courage n'a failli. Et nous surmonterons celle-ci avec autant de persévérance et de bravoure, dussions-nous perdre une fois de plus notre enveloppe charnelle ! Car alors nous reviendrions plus fort que jamais dans le corps de ton fils et nous pourrions recommencer, jusqu'à ce que nous ayions enfin franchis l'obstacle ultime ! »

« A la condition d'avoir un autre Descendant, pour nous céder son corps, lorsqu'il s'agira d'accomplir à nouveau le Rituel ! » réplique Voldemort, avec scepticisme et amertume.

« Ce ne serait pas si difficile d'engrosser une femelle ! Et le corps de ton fils est vigoureux ! Il fécondera sans peine le ventre d'une jeune Sang-Pur, qui ne sera que par trop heureuse de s'offrir à nous ! » rétorque Messire Salazar, avec une résolution inébranlable.

Voldemort ne répond pas tout de suite à cela. Il prend quelques instants de réflexion. Il est clair cependant, à sa mâchoire contractée, qu'il n'est pas convaincu.

« L'idée d'avoir à mourir une nouvelle fois me déplait hautement, Salazar. » lâche-t-il finalement, d'un ton lugubre.

« Il ne s'agirait pas de mourir tout à fait, tu le sais bien et les conditions seraient différentes cette fois. Pleinement en notre faveur en vérité. Car nous aurions le corps de ton fils disposé et préparé à nous recevoir. Un corps jeune, vigoureux et qui ne pourrait nous résister, puisque nous serions déjà liés à lui par le Sang. Le chemin pour le retrouver serait très court, rapide à effectuer et nos mémoires respectives seraient à peine altérées par le changement d'enveloppe charnelle. Nous retrouverions donc la pleine clarté de nos esprits très rapidement. » répond Messire Salazar, qui commence à laisser percevoir de l'agacement, face au pessimisme obtus de Voldemort.

« Mais une fois de plus, ni nos Esprits, ni nos Magies ne seraient unis. » soupire l'affreux, toujours aussi peu enthousiaste.

« Non, effectivement. Mais il nous suffirait d'attendre l'heure favorable, pour surprendre Potter. Ta présente enveloppe charnelle tombée sur le champ de Bataille, il n'aurait plus raison de se méfier. Et ton fils ayant œuvré jusqu'ici dans la plus parfaite des discrétions, qui nous inquiéterait ? » réplique Messire Salazar, avec un agacement plus prononcé et qui soupire avec exaspération, avant d'ajouter : « Mais finissons-en avec ce pessimisme forcené ! Nous devisons là, comme si notre entreprise était d'ores et déjà vouée à l'échec ! Or, ce n'est pas le cas ! Nous avons de nombreuses troupes au Manoir, d'autres qui doivent encore arriver, de puissants alliés Vampires et Harpies, dont le nombre certes n'est pas aussi élevé que nous l'espérions, mais qui se verra compensé par nos hordes d'Inferi ! Cela ne peut que créer le désordre et le chaos dans les rangs de l'Ordre du Phénix, qui se verra débordé de toutes parts ! Et nous aurons alors toutes les chances de capturer Potter ! »

« Certes, tu as raison, Salazar. » approuve Voldemort, qui soupire avec lassitude avant d'ajouter : « Il reste que le rendez-vous avec Balegarian est fixé à 03h30 dimanche. Or, si je fais amener Draco ici, ici Potter attaquera. Et dans ces conditions... »

Il laisse sa phrase en suspens et Messire Salazar rebondit aussitôt dessus.

« Dans ces conditions, aussi vite arrivée, aussi vite elle repartirait. Oui, bien sûr. De plus et tout comme toi, je n'apprécierai guère que ce petit morveux de Potter vienne dégrader cette charmante propriété. C'est pourquoi il ne faudra pas garder Draco ici. » conclut-il, d'un ton ferme et définitif.

« Le Manoir Malfoy ? » demande alors Voldemort, sourcil inexistant haussé sur sa question.

« Peut-être, oui. Je n'ai pas réfléchi encore à cela. » répond Messire Salazar, qui ajoute sur un soupir : « Mais il se fait tard Voldemort et je perçois que tu as besoin de repos, avant que nous ne réfléchissions davantage à la manière de remplir tous nos devoirs, dans le court délai qui nous est imparti. Et tout comme toi, je dois songer à me reposer également, si je ne veux pas devoir compter sur une nouvelle provocation de Potter, afin d'obtenir l'impulsion énergétique qui m'est nécessaire pour te rendre visite. »

L'affreux consent brièvement à sourire avec raideur à cette boutade.

« Oui. Un peu de repos nous permettra de réfléchir posément. » répond-il ensuite, en se levant, de concert avec Messire Salazar, avant de demander, dans un souci de pure politesse semble-t-il : « Dans combien de temps penses-tu pouvoir revenir ? »

« Si tu te reposes durant quatre à cinq heures, alors je pense pouvoir revenir lorsque tu te seras sustenté. Et j'espère avoir alors également quelques bonnes idées à examiner avec toi. » déclare Messire Salazar, avec assurance.

« J'en serais fort aise. » répond l'affreux, avec une petit inclinaison de la tête.

Et Messire Salazar lui rend la pareille, avant de s'effacer.

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