Disclaimer : cf chapitre 1
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Big bisous à Mistycal !
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L'Entretien Du Volcan 5 / 6
Vendredi 21 Mars 1997
Acte 13 : La Trouvaille Du Calmar
Neville
Je viens de passer quatre heures et demi d'affilée du temps normal, (soit dix-huit heures grâce au Chrono Magique), dans le Labo des Cachots Perdus, avec Charly et quelques autres gars et filles du Comité.
Autant dire que je suis complètement claqué. J'ai terriblement faim aussi.
Tant pis donc pour le cours avec McGo ce matin. Je vais prendre mon petit déjeuner dans la Grande Salle, afin que les élèves très matinaux voient bien que je suis pâle et cerné, puis je me rends à l'Infirmerie et je demande à Pompom de me laisser dormir dans l'un des pieux de l'Annexe. Comme ça, je serai couvert pour mon absence en cours.
Elle ne me refusera pas ça, Pompom. Elle sait bien que nous mettons les bouchées doubles dans le Labo. Et s'il ne s'agissait que de McGo, je suis certain que je n'aurais même pas besoin de monter cette mise en scène. Elle aussi, elle sait. Alors si je le fais, c'est pour les élèves hors Comité.
L'alarme sonne, pour signifier que le Temps du Chrono est écoulé. C'est bon, je peux ouvrir le passage et filer en direction de la Grande Salle, par le plus court chemin.
« Luna ? J'ignorais que tu prenais la suite. » suis-je surpris, à peine le passage ouvert.
J'avise en même temps Vincent aux côtés de ma Luna. Quelque chose ne va pas. Vincent ne vient pas travailler dans les Cachots Perdus. Alors s'il est là, c'est automatiquement parce que quelque chose ne va pas.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demande-je donc dans la foulée.
« Luna a eu une Vision il y a une demi-heure à peu près. Faut qu'on aille au bord du Lac Noir. » répond Vincent, tandis que je dévisage ma Luna, m'apercevant seulement maintenant que le passage est grand ouvert et donne donc bien de la lumière, qu'elle est d'une pâleur mortelle.
Alors je la prends dans mes bras, pour la réconforter. Murmurant quelques mots doux à son oreille, avant de relever les yeux vers Vincent.
« Qu'a-t-elle vu ? » demande-je, car je sais que Luna ne me parlera pas maintenant.
Ça se passe toujours comme ça. Elle pleure un peu, dit ce qu'elle a vu, dès qu'elle l'a vu. Elle le répète à plusieurs reprises aux personnes qui sont présentes autour d'elle. Et après un quart d'heure, elle fait silence pendant une petite heure, pour récupérer.
« Elle ne me l'a pas dit. Elle a juste dit qu'on devait venir te chercher ici et qu'après, on devait se rendre au bord du Lac Noir. Elle m'a dit que je dois impérativement être là.» répond Vincent, l'air désolé de ne pouvoir en dire davantage.
Je le remercie d'un hochement de tête pour ce maigre renseignement et je recommence à murmurer des mots de réconforts à ma Luna, lui caressant le dos, de haut en bas et de bas en haut avec douceur.
« Que se passe-t-il ? Pourquoi n'as-tu pas fermé le passage, Nev ? Pourquoi restes-tu bloqué là ? Tu sais bien qu'on attend de pouvoir déclencher le chrono et dormir deux heures au moins, avant d'aller en cours. C'est la relève qui arrive déjà ? Elle ne devait pas être là avant une demi-heure. » entend-je dire la voix de Blaise, qui se rapproche avec régularité.
Je ne m'en occupe pas cependant. Tout ce qui compte c'est ma Luna que je réconforte toujours comme je le peux.
« Luna a eu une Vision ! » répond en mes lieux et places Vincent, d'une voix assez forte pour être entendu au-delà de l'entrée du Passage.
« Oh ! Les gars et filles ! Luna a eu une Vision ! » répercute Blaise, tout aussitôt.
Et j'entends illico presto une cavalcade dans le couloir des Cachots Perdus.
« Quelle Vision ? » demande Blaise, quand la cavalcade cesse, signalant ainsi que tout le monde est rassemblé derrière moi-même et Luna.
« Luna a juste dit de venir chercher Nev et d'aller tout de suite après au bord du Lac Noir. Et que je dois y aller impérativement, avec elle. » répond Vincent, avec sa patience coutumière.
« Ok, alors pas de temps à perdre, on y va ! » déclare Marian, avec une ferme détermination, approuvé par une bonne quinzaine de voix.
« Stop ! Pas tout le monde. Ça semblerait louche, autant de peuple pour se balader au bord du Lac d'aussi bon matin. » arrête cependant Draco, avant de décider : « Blaise, Marian et Gabe ça suffit pour accompagner Vince, Nev et Luna. S'il le faut, ils appelleront d'autres gars et filles en renfort. Moi je vais au petit déj' avec Philippa et Elinor, pour garder Cooper en ligne de mire. Les autres, au dodo ! »
Personne ne moufte. Et je m'avance dans le Passage, entraînant ma Luna de mon bras sur son épaule. Elle marche en mode automate, mais ce n'est pas grave. Elle a souvent l'air rêveur, lorsque nous sommes dans les couloirs. Personne ne s'étonnera donc de la voir marcher ainsi, l'expression totalement absente, quand nous aurons rejoint les voies fréquentées par le commun des élèves.
Nous ne croisons pas grand monde d'ailleurs dans le couloir puis le hall. Il est très tôt encore et l'essentiel des élèves se trouve toujours dans les Salles Communes. Tant mieux. Moins de monde nous voit, mieux c'est.
« On aurait dû prendre nos Balais, on serait arrivé plus vite. » fait soudainement remarquer Marian, l'air de dire qu'il a été con de ne pas y penser avant.
« Ça, ça peut s'arranger vite fait. » répond Blaise, juste avant de jeter une petite série de Sortilèges en direction du Terrain de Quidditch.
Et moins d'une minute plus tard, trois Balais nous arrivent. Pas n'importe lesquels. Les trois heureux rescapés Nimbus 2001, de l'Equipe de Quidditch de Serpentard. Les autres ont tous été détruits, lors des Batailles d'Halloween. Celui de Draco, notamment, qui l'avait prêté à Ron.
Comme c'est loin ! C'était le début de notre guerre ouverte contre Voldemort. Et nous espérons que ce sera la fin demain.
Nous grimpons bien sûr deux par deux sur les Balais, puis filons rapidos vers le Lac. Tout semble bien calme là-bas et je me demande pourquoi Luna a insisté pour qu'on vienne ici. Puis comme elle est toujours silencieuse, nous effectuons une petite inspection des berges établies sur la propriété de l'Ecole, sans rien repérer de spécial encore une fois.
« Je ne vois pas le Calmar. C'est étonnant. Depuis l'Attaque, il ne s'éloigne jamais plus très loin. C'est peut-être pour ça, que Luna a dit qu'il fallait venir. Il est peut-être blessé, encore une fois. » déclare soudainement Gabe, tendant le cou et plissant les yeux, pour voir au plus loin, au-delà qu'il peut des limites de Poudlard.
« Peut-être. Mais je ne me risquerai pas en dehors des Protections de l'Ecole, sans une escorte plus solide. » réponds-je, approuvé par Blaise.
Alors nous décidons de faire appel à des renforts, mais au même moment, un bouillonnement se fait entendre assez loin de nous. C'est le Calmar Géant qui émerge, l'un de ses longs tentacules se tendant vers nous et remuant comme s'il nous saluait. Puis il s'avance un peu vers nous.
« Tu dois aller parler au Calmar, Vincent. Il sait où trouver les Inferi. Ce sont des Inferi qui l'ont blessé il y a trois semaines. » déclare soudainement Luna, d'une voix un peu éthérée.
Je me sens aussi sec devenir exsangue.
« Des Inferi ? C'est donc ici, tout près de Poudlard, que Voldemort garde ses Inferi ? Tu es sûre de toi Luna ? » réagit Gabe avec vivacité, l'air de ne pas vouloir y croire.
Pas plus que Marian, Blaise et Vincent, donc le souffle est suspendu.
« Oui, Gabe. Je suis absolument certaine. » répond ma Luna, levant son regard humide et troublée de larmes vers moi pour ajouter : « Il y a un passage entre la Caverne où ils sont gardés et le Lac Noir. Ils viendront par-là et avant de se mêler à la Bataille dans le parc, ils dévoreront le Calmar, les Sirènes et les Tritons, si nous ne les empêchons pas de le faire. »
« Rassure-toi Luna, ça n'arrivera pas ! Car on va trouver le passage et le fermer ! » assure-je, la voix étranglée, en resserrant avec douceur ma prise sur elle.
Vincent et Blaise filent déjà en amont de la berge, stoppant dans les airs, assez haut pour rester hors de portée du Calmar, qui tend ses tentacules vers eux, comme pour les inviter à le rejoindre. Puis Blaise jette quelques Sortilèges sur Vincent et notre pote pique une tête vers le Lac. Mais aussitôt est-il à sa portée, un tentacule du Calmar s'enroule autour de notre ami, puis il le plonge profondément dans la flotte, avant de le soulever dans les airs et de le laisser retomber.
« Putain ! On dirait bien qu'il croit que Vincent est venu pour jouer avec lui. J'espère juste qu'il ne va pas le blesser ! » murmure Gabe, avec inquiétude, tandis que le manège du Calmar se produit encore et encore, à je ne sais combien de reprises.
« Penses-tu ! Vince est un dur à cuir. Et jamais aucun animal Magique ou non, ne lui fera jamais de mal. » lui répond Marian, marquant une brève pause, avant d'ajouter : « Du moins dans ce Monde ci. En Celtycie, je n'en serais pas aussi sûr, de la part de la ménagerie horrifique de Balegarian. »
Le jeu cesse au bout de deux minutes, les eaux redevenant calmes presque aussitôt. Je ne vois que la tête de mon pote et la surface quasi plane du crâne du Calmar, mais l'onde autour d'eux est un peu auréolée de Lumière. Les mains de Vincent sont en action, c'est sûr. Puis j'entends comme une plainte, modulée dans des notes disgracieuses, tour à tour graves ou aigues. Et soudainement, Blaise descend plus bas vers la flotte et le tentacule du Calmar soulève Vincent, pour le poser sur le Balai, juste devant Blaise qui enroule aussi sec son bras autour de lui et fait aussitôt demi-tour pour revenir vers nous.
« Cabane de Hagrid ! » s'exclame-t-il, lorsqu'il passe auprès de nous à vive allure.
Nous nous engouffrons dans son sillage et nous nous posons auprès de la cabane de Hagrid, au moment où Blaise aide Vincent à descendre de Balai. Le pauvre est bleu de froid et il claque des dents. Il tremble tellement, que ses jambes se dérobent sous lui et Marian se précipite pour le soutenir avec Blaise.
« J'ai jeté tous les Sortilèges qu'il fallait pour protéger Vincent du froid glacial du Lac à peine dégelé, mais avec ses conneries de jeux, ce con de Calmar les a tous fait sauter ! Et je n'ai pas osé jeter à nouveau les Sortilèges. Ce fichu Calmar aurait été foutu de penser que je m'attaquais à lui et qui sait s'il n'aurait pas filé je ne sais où, en emmenant Vincent avec lui. » ronchonne Blaise, un poil avant que Hagrid ouvre la porte en grand.
« Du thé, vite Hagrid ! Il faut le réchauffer ! » s'exclame Marian, avec urgence, tout en trainant à demi Vincent vers le lit.
Hagrid se dirige vers son petit coin cuisine illico presto.
« J'ouvre le lit. Toi, fous le à poil, Nev' ! » ordonne Gabe, rejetant les couvertures de l'immense lit de Hagrid sur le côté, avant d'ajouter : « Sèche lui les cheveux puis Sortilège de réchauffement Blaise. Marian, prépare les Potions de Friction Calor. Nev, frictionne ses jambes avec la couverture pour commencer, je m'occupe du haut. Luna, demande à Hagrid d'ajouter une bonne cuillerée de miel et du jus de citron dans le thé. Puis sèche les vêtements de Vince et après, prépare une infusion de thym, ça ne lui fera pas de tort non plus d'en prendre ! »
Nous lui obéissons sans discuter. Vincent tente de nous parler, mais il claque tellement des dents, que nous ne parvenons pas à comprendre un traitre mot.
« N'essaye pas de parler maintenant, attends d'être réchauffé, Vince. » lui conseille Blaise, avec douceur, lorsqu'il a fini de lui jeter ses Sortilèges de Réchauffement de premier niveau.
Il ne pouvait faire plus pour le moment. Chercher à réchauffer Vincent trop vite ne serait pas bon. Il faut le faire progressivement, sinon ça pourrait lui provoquer un choc thermique sévère. C'est d'ailleurs pour ça, que Gabe a choisi de commencer par une friction avec la couverture, avant qu'on le masse avec la Potion Friction Calor.
Après cinq bonnes minutes de friction vigoureuse, le visage de Vincent prend une teinte plus rassurante. Ses mains aussi. Elles sont très pâles, comme sa figure, mais elles ont perdu leur aspect bleuté. Il claque moins des dents également. Et les tremblements spastiques des muscles de ses jambes, se calment progressivement. C'est très bon signe ça.
« On peut passer à la Friction Calor ! Occupez-vous-en, Blaise et Marian, que nous récupérions un peu de souffle, Nev et moi-même. » décrète Gabe, se reculant du lit en essuyant son front un peu moite de sueur, avec la manche de sa robe.
Je me recule aussi et Marian ferme le rideau du lit, pour éviter que Vince se retourne à poil devant tout le monde. J'ai tout juste le temps de voir la main de Vince se refermer sur celle de Blaise, pour attirer son attention vers lui, avant de lui dire, d'une voix hachée.
« Pas en vouloir… au Calmar… Il voulait juste… Jouer… Il voulait pas… me faire du mal… Il n'savait pas… que ça… annulerait tes Sortilèges… »
« Ok, mon pote. Il n'y a pas d'lézard. Ne t'en fais pas pour ça. » répond Blaise, avec un sourire dans la voix.
Je souris, moi aussi. C'est donc ça, que Vincent cherchait déjà à dire tout à l'heure. Ça ne m'étonne pas de lui, tiens. Il est bien comme Hagrid, toujours indulgent avec les animaux et à leur trouver des excuses.
« Le thé est prêt. » déclare justement notre cher Hagrid.
Sa voix est émue. Et lorsque je me retourne vers lui, il essuie une petite larme au coin de son œil droit, avec son doigt.
« Ça va aller, Hagrid. Vincent est costaud. Ce n'est pas une petite trempette dans le Lac, même glacial, qui va avoir raison de lui. » souris-je, en lui tapotant le bras avec commisération.
« J'sais bien. Mais d'le voir comme ça, ça m'a fait penser à… » répond Hagrid, qui s'interrompt brusquement et jette un coup d'œil vers son grand lit aux rideaux fermés, avant d'articuler muettement : A Gregory…
Greg. Oui. C'est bien normal de penser à Greg. Je hoche donc la tête pour signifier que je comprends, tapotant une nouvelle fois le bras de Hagrid. Et j'examine son visage aussi. Il ne reste presque plus rien maintenant, des vilaines excroissances qui le faisaient terriblement souffrir. J'en suis bien aise pour lui.
« Vous avez pu voir Graup, Hagrid ? » demande Gabe, que je remercie d'un signe de tête, de détourner l'attention de Hagrid sur un autre sujet.
Celui-ci hoche la tête aussi, pour signifier que oui, il a bien vu son demi-frère. Puis il commence à nous raconter sa visite à Graup, par le menu. De temps en temps, nous jetons un coup d'œil vers le lit, mais il faut attendre un bon quart d'heure, avant que le rideau s'ouvre sur nos amis.
Nous nous levons aussitôt, Hagrid prenant le grand bol de thé au miel et au citron qu'il a préparé et tenu au chaud, pour l'apporter à Vincent, tandis que Gabe, Luna et moi-même, rapprochons des sièges du lit.
« Comment ça va, mon grand ? » demande Hagrid, son regard inquiet scrutant le visage de Vincent et sa grande main libérée du bol de thé, venant lui caresser les cheveux avec affection.
« Ça va beaucoup mieux, Hagrid. Merci pour le thé, ça va achever de me réchauffer. » répond notre ami, avant de boire une lampée du thé bien chaud.
« C'est quoi l'problème avec l'Calmar ? Il est une fois d'plus blessé? » questionne alors Hagrid, avec inquiétude.
« Non. Le Calmar va bien. Je suis seulement allé lui parler, parce que Luna a eu une Vision. » répond Vincent, avec un sourire rassurant pour Hagrid, avant de lever les yeux vers Luna et d'expliquer : « Il a bien trouvé l'entrée d'un tunnel, assez loin sous l'eau, à l'autre bout du Lac. Au plus loin des limites de Poudlard. Ce tunnel est assez large pour qu'il ait pu le remonter sur toute sa longueur. Il débouche sur un petit lac souterrain, situé dans une assez grande caverne et ce qu'il m'a décrit et qui l'a attaqué, ça correspond bien à des Inferi. »
« Putain. ! Ils sont donc bien là tout près de Poudlard ! Quel enfoiré ce salopard ! Ça ne date donc pas d'hier, qu'il prépare une Attaque d'Inferi sur Poudlard ! Ça a toujours fait partie de ses projets ! Déjà lors de la première guerre sûrement ! » murmure Gabe, les poings serrés sur une sourde colère.
« Ouais, sûrement. Mais ça ne sert à rien de ressasser ça. On peut s'estimer heureux de le savoir aujourd'hui et de pouvoir se préparer en conséquence. » déclare Blaise, qui demande ensuite à Vincent si le Calmar lui a encore dit autre chose.
« Oui. Il m'a dit aussi, qu'il n'a pas été discret lorsqu'il a fait surface et que quelqu'un a crié, puis que des Inferi ont plongé dans l'eau et l'ont blessé. Cela s'est produit deux fois. La première, il n'a pas été gravement blessé et il a pensé que ce n'est certainement pas exprès qu'on lui a fait du mal. Mais la seconde, il a compris qu'il ne devait plus retourner là-bas. Il nous montrera cependant le chemin, si nous voulons y aller. »
« Y aller ? Sûr qu'on va y aller. Sacré trouvaille qu'il a fait là, le Calmar. Faut voir si nous pouvons boucher cet accès au Lac Noir. Et s'il est possible de dézinguer les Inferi ni vus, ni connus aussi, ça nous rendrait un fameux service. Ce serait ça de moins à combattre demain. » réagit aussitôt Marian, un chouia tendu.
« Nous allons commencer par aller voir le professeur Dumbledore et Nally, pour organiser tout ça. Parce qu'il doit aussi y avoir une entrée en surface, pour accéder à cette caverne. Et si c'est le cas et que nous ne pouvons pas neutraliser tous les Inferi avant demain, alors rien n'empêchera qu'ils soient jetés à l'assaut de Poudlard, en passant par le Lac Noir. Et dans ce cas, la priorité ce sera d'évacuer les jeunes Sirènes et Tritons. » temporise-je, soutenu par Blaise et son hochement de tête.
« Ouais, tu as raison Nev. Et pour assurer le coup, il nous faudra de toute façon Terry et le Coquillage Magique. Vous savez, celui que lui a offert son pote Cétosus et qui lui permet de communiquer avec le Peuple de l'eau. (1) » renchérit Marian, sourcils froncés sur sa réflexion.
Bien vu, me dis-je. Je n'aurais pas pensé à ça.
« Ok, alors on y va. » décrète Gabe, en se levant déjà de son siège.
Nous en faisons tous autant dans un bel ensemble.
« Où crois-tu aller, toi ? Tu vas rester ici et te reposer. » intervient cependant Blaise, en voyant Vincent repousser ses couvertures.
« Pas question que je reste ici à ne rien faire ! Je suis réchauffé maintenant et j'ai du taf. Je dois aller voir où en est l'évacuation de la Forêt Interdite et vérifier si les Acromentulas ont bien tendus leurs toiles là, où je leur ai dit de le faire, afin que l'équipe qui doit les Désillusionner puisse se mettre au turbin cet après-midi. Alors je vais finir de boire l'infusion de thym, manger un bout vite fait et puis y aller. » répond Vincent, avec une fermeté qui ne se discute pas.
« J'y s'rais allé à ta place, si j'devais pas faire classe. Tu es sûr qu'ça va aller ? » intervient aussitôt Hagrid, l'air inquiet.
« Oui, ça va aller Hagrid, ne t'inquiète pas. Et de toute façon, je ne serai pas tout seul. Ronan vient avec moi. On a rendez-vous derrière ta cabane et il doit commencer à se demander ce que je fais. Il me ramènerait, si je devais me sentir mal. Ce qu'il n'aura pas besoin de faire, parce que tout va bien se passer. » répond Vincent, d'un ton assuré autant que rassurant, tandis que nous partons déjà vers la porte.
Si Ronan est avec lui, nous n'avons pas à nous inquiéter. Depuis que Vincent a sauvé son poulain d'une mort certaine, Ronan lui est très reconnaissant (2).
Et puis, comme l'a dit Marian tout à l'heure, aucun animal, ni aucune Créature ne fera du mal à Vincent ici, à Poudlard.
OoOoOoO
Acte 14 : Stratégie
Ron
« Harry, Ron, réveillez-vous. L'affreux vient de se lever. » me tire du sommeil, la voix de Terry.
« Mouais… Quelle heure il est ? Et puis d'abord, qu'est-ce que tu fous ici ? » demande-je, en ouvrant les yeux et me retournant dans le lit, pour lui faire face.
« Il est sept heure un quart à peu près. Et je suis venu remplacer Lee qui devait se reposer un peu avant d'aller au taf. » répond Terry, en partant déjà vers la porte.
« Ouais. Mais c'est Dedalus et Hestia qui devaient venir, pour remplacer Lee et Dudley. » fait remarquer Harry, avant de bâiller à se décrocher les mâchoires.
« Exact. Mais l'arrière-petite fille de Dedalus est en train d'accoucher. Alors il a demandé à ce que quelqu'un le remplace ce matin. Je suis donc là pour ça. » répond Terry, avant de sortir de la chambre.
Une naissance en cours. C'est une bonne nouvelle. Dedalus doit être fou de joie, me dis-je, en entrant dans la douche avec Harry. Nous en avons pris une déjà avant de nous pieuter et nous nous contentons donc de nous rafraîchir vite fait, avant d'enfiler rapidos les vêtements propres que nous avons pris soin de préparer aussi.
Et l'horloge de la Base sonne pile poil la demie de sept heures, quand Harry et moi-même y faisons notre entrée.
« Je croyais que l'affreux était debout ? » fais-je remarquer, sourcils froncés, aussitôt mon œil accroche l'Ecran qui donne vue sur le bureau.
« C'est exact. Mais après avoir commandé son petit déjeuner, il a subitement décidé de prendre une douche. » répond Hestia, qui s'est levée afin de servir du thé pour tout le monde, ajoutant sur une moue de dégoût : « Et si vous voulez mon humble avis, cela ne va pas lui faire de tort, bien au contraire. Parce que ça ne lui arrive pas si souvent, de se laver. »
« Ah, ça, je confirme ! Il est cradingue et n'aime pas trop l'eau Voldemort. Il se contente donc souvent de quelques Sortilèges de nettoyage ultra rapides. Alors à mon avis, s'il s'est décidé à prendre une douche ce matin, c'est qu'il doit avoir la tête sacrément lourde. Ce qui n'est pas étonnant, avec tout ce qui lui tombe dessus ces derniers jours. » commente-je, puis, avisant Bletchley qui arrive déjà avec le plateau de petit déjeuner sur lequel est aussi posée la Gazette, que nous nous sommes bien sûr arrangés pour faire arriver bien plus tôt que d'habitude encore aujourd'hui, j'ajoute : « Et ça va encore lui tomber dessus en sus. »
« Ce ne sera qu'un tout petit coup cette fois.» répond Harry, avant de boire avec bonheur une gorgée de thé.
« Ouais. La journée va être assez calme dans l'ensemble. » admets-je, un poil avant que le Miroir qui nous relie à Poudlard se mette à vibrer.
Terry se charge aussitôt d'activer le mot de passe et de jeter le Sortilège, qui permettra à tout le monde d'entendre ce qui se dit de l'autre côté.
« Bonjour Poudlard ! Si vous venez aux nouvelles, c'est un peu tôt ! L'affreux est sous la douche ! » m'exclame-je, aussi sec.
« Bonjour la Base ! Merci du renseignement, mais cette fois, c'est nous qui avons des nouvelles pour vous ! » répond illico Nally, d'un ton grave qui ne laisse rien présager de bon et me fait aussi sec grimacer.
Tout compte fait, la journée risque d'être bien moins tranquille qu'on l'espérait. Tout au moins pour nous.
« Que se passe-t-il ? » demande quant à lui Harry, sourcils froncés.
« Luna a eu une Vision, indiquant que le Calmar avait trouvé une entrée, menant au lieu où Voldemort crée ses Inferi et que ces derniers allaient envahir le Lac Noir, pour dévorer le Peuple de l'eau, avant de mener une invasion dans le Parc et le Château. Elle a donc demandé à Vincent d'aller parler au Calmar et celui-ci lui a appris, avoir connaissance d'un passage situé sous les eaux et avoir été blessé à deux reprises, par ce qu'il a décrit à Vincent comme étant des Inferi. » répond Nally, tandis qu'un long frisson glacé me remonte l'échine.
Par les couilles du diable ! Les Inferi sont donc quasi sur le territoire de Poudlard déjà ! Pas étonnant alors, toute la friture sur la ligne, avant la perte totale des Ecoutes du Collier de Voldemort !
« Il faut constituer une équipe et aller examiner les lieux de plus près. Et réfléchir ensuite à ce que l'on peut faire. Et surtout que l'équipe qui va examiner le terrain ne prenne pas le risque de se faire voir ou de déclencher une Alarme. Ou encore une saloperie vacharde. Ça doit être bardé de Protections de Magie Noire là-bas !» déclare Harry, dont le cerveau tourne visiblement à plein régime.
« Ouais. Il ne faudrait pas que l'un des nôtres soit tué ou blessé ! Ni que Voldemort soit alerté ! Nous sommes trop proches de refermer notre piège sur lui et son Salazar, pour risquer de tout faire foirer maintenant. » renchéris-je, à l'approbation que Harry manifeste d'un hochement de tête.
« C'est ce que nous pensons également. Nous nous occupons déjà de constituer l'équipe qui va aller là-bas dès ce matin et nous avons besoin de Terry, pour communiquer avec des représentants du Peuple de l'eau, pendant l'opération. » répond Nally, qui a à peine le temps de finir, que Terry est déjà en train d'enfiler sa veste de treillis.
« J'arrive ! » s'exclame-t-il, avant d'ouvrir la porte et de sortir.
Mais ne fermant pas derrière lui, afin que la tante Pétunia entre avec le lourd plateau de petit déjeuner, qu'elle nous apporte justement. Aussi sec, Hestia se charge de l'aider, en débarrassant la table des reliefs de la nuit.
« Bon, eh bien on se tient au courant, Maman. Pour l'heure, il faut nous interrompre, parce que Voldemort sort de sa chambre et Messire Salazar va entrer en action d'ici peu. » déclare de son côté Harry, qui laisse à Nally le temps de prendre congé, avant de désactiver le Miroir de Communication.
« Flûte de flûte ! Dommage que c'est seulement aujourd'hui, que nous apprenons enfin où se trouvent les Inferi ! » commente Hestia, avec une vive contrariété.
« Oui. Mais tout n'est pas perdu, Hestia. Nous allons sûrement pouvoir éviter un max de casse quand même. » répond Harry, avec optimisme, en regardant l'affreux s'installer pour prendre son petit déjeuner.
« Ouais. Et ne pensons plus à cela pour le moment. Attendons de voir ce que l'équipe qui va aller inspecter les lieux aura à dire. » appuie-je, avant de boire une gorgée de thé.
Le silence tombe sur la Base. Voldemort se sert une assiette d'œufs au bacon et un thé. Puis il choisit un toast, qu'il tartine de marmelade, la posant ensuite sur une assiette à dessert, avant de tendre la main vers la Gazette pour la déployer tout à son aise.
« Les Fantômes ! » s'exclame soudainement Messire Salazar, nous faisant tous sursauter, avant d'ajouter expressément : « Harry, contactez vite Poudlard pour leur dire que mes collègues pourraient explorer la caverne beaucoup plus discrètement que quiconque ! Et en toute sécurité surtout ! »
« Je m'en charge ! » décrète aussi sec Hestia, se précipitant vers le Miroir, tandis que Harry remercie Messire Salazar pour cette idée très bienvenue, d'un simple signe de tête souriant.
Et nous reportons notre attention sur Voldemort, qui vient de sursauter à la vue d'un encart de la Gazette.
« Allez-y ! » souffle donc Harry.
Il n'a pas terminé, que Messire Salazar fait déjà face à l'affreux.
o-o-o
« Ne fais pas cette tête, Voldemort. Bulstrode n'est qu'une insignifiante vermine. Il n'a jamais eu suffisamment de puissance et de talent, pour combattre tes ennemis. Son arrestation ne mérite donc pas la contrariété que tu manifestes à cet instant. » déclare d'emblée Messire Salazar, sur un ton un peu rude, tandis que l'affreux relève vivement les yeux vers lui.
« Il n'est ni puissant, ni talentueux, je te l'accorde, Salazar. Mais je te rappelle que c'est lui qui gère les affaires et la fortune de Lucius, placées par ses soins sur le compte de différents prête-noms dont les avoirs et les biens vont fort probablement dorénavant être gelés. » répond Voldemort avec sècheresse.
« La belle affaire ! » réplique Messire Salazar, d'un ton ennuyé.
« La belle affaire ? C'est ainsi que tu le prends, quand c'est cette fortune désormais perdue, qui payait toutes mes dépenses ? » rétorque Voldemort, avec une froideur glaciale très réprobatrice.
Messire Salazar ricane aussi sec.
« Tu fais vraiment honneur à ta lignée Voldemort, préférant largement user de la fortune des autres que de la tienne. » commente-t-il ensuite, le regard traversé d'une lueur froidement joyeuse, avant d'ajouter avec moquerie : « Cependant, reconnait que l'arrestation de Bulstrode ne va pas faire de toi un misérable mendiant totalement démuni de tout bien et contraint de survivre pis que mal, dans une froide, crasseuse et pouilleuse ruelle des bas-fonds du Londres Sorcier. »
Voldemort relève un peu le menton, le coin de la bouche agité d'un petit tic de vexation, face à cette moquerie.
« Je le reconnais, Salazar. Je possède effectivement cette charmante propriété dans laquelle nous nous trouvons et je dispose d'une petite fortune dissimulée dans les entrailles de ma ruine d'Albanie, qui me suffirait pour vivre confortablement durant quelques dizaines d'années. Et je m'en contenterais assurément, si je n'avais d'aussi gros besoins pécuniaires actuellement, étant donné que je dois entretenir mes nombreuses troupes ! »
Harry et moi-même échangeons rapidement un regard. Nous sommes surpris, car nous ignorions tout de l'existence de cette petite fortune. Et ce n'est donc pas du tout sur cela, que Messire Salazar souhaitait aiguiller la conversation.
Je ne doute pas cependant, qu'il va immédiatement rectifier le tir.
« Oui, tu possèdes cette charmante Gentilhommière et une confortable petite fortune personnelle, il est vrai. » convient-il, se penchant légèrement vers l'affreux, pour demander : « N'as-tu pas d'autres grandes espérances également ? »
Le regard de l'horrible est traversé d'une brève lueur d'incompréhension, avant de s'illuminer d'un flamboiement nettement plus clair d'entendement.
« Oui, tu as raison, Salazar, j'ai bien d'autres espérances. » admet-il alors, sur un sourire satisfait.
Eh bien voilà. Mission accomplie pour Messire Salazar, les jalons sont posés pour cette fin d'après-midi. L'affreux sera d'autant plus en colère lorsqu'il recevra l'Editorial de la Gazette ce soir.
« Bien. Ce point étant réglé, nous allons pouvoir reprendre où nous en étions cette nuit. » déclare Messire Salazar, qui prend place à table face à l'affreux, avant d'ajouter, en louchant sur son assiette : « Mais je t'en prie, Voldemort sustente-toi. J'ai autant besoin que toi, de l'énergie que va t'apporter cette nourriture en apparence fort délicieuse. »
L'affreux acquiesce et s'attaque à ses œufs au lard avec appétit, sous le regard brièvement moqueur de Messire Salazar. Il doit se dire je parie, que Voldemort lui mange dans la main. Car même si l'affreux se rebiffe de temps à autre et fait encore souvent preuve de brusquerie ou de froideur envers lui, il lui obéit aussi très souvent au quart de tour, depuis hier.
« Ton repos, Voldemort, m'a non seulement permis de reprendre des forces, mais également de réfléchir longuement. » amorce maintenant Messire Salazar.
« Et quel est donc le fruit de ta réflexion, Salazar ? » demande avec politesse l'affreux, avant de boire un peu de son thé.
« Je pense avoir mis au point une stratégie solide, qui nous permettra d'enfin réaliser l'ensemble de nos projets. » assène Messire Salazar, avec une assurance déterminée.
L'affreux, qui s'apprêtait à porter une nouvelle bouchée d'œufs au bacon à sa bouche, interrompt son geste et fixe Messire Salazar d'un regard intéressé.
« J'ai hâte que tu m'exposes cette stratégie. » dit-il, avec cependant un légère pointe sceptique dans la voix, que Messire Salazar perçoit, bien évidemment.
« Tu persistes à douter de l'imminence de notre victoire. » réagit il, plissant les yeux sur une lueur contrariée.
« J'ai peine à y croire, effectivement. » reconnait Voldemort, qui soupire et précise : « Tout se précipite trop rapidement, Salazar. Jusqu'à présent, nos plans prévoyaient que nous sachions où exactement trouver Excalibur, avant d'accomplir le Rituel. Or, ce point nous échappe encore. Nous ne le saurons qu'après avoir réalisé la première phase de notre projet. Et cela me semble hasardeux, de procéder ainsi. »
Messire Salazar prend du temps avant de répondre. Cela était prévu. Même s'il dispose des arguments pour le convaincre, il doit donner le sentiment à l'affreux, que son avis est pris en compte, que la réponse qui va lui être faite a été mûrement soupesée et réfléchie sous ses yeux même.
« Je comprends ton hésitation, Voldemort. Elle est justifiée, car le délai qui nous est accordé est effectivement très court. Mais comme je l'ai fait remarquer la nuit dernière déjà, nous sommes trop près du but, pour laisser une chance d'obtenir enfin victoire nous échapper. Et je pense sincèrement avoir tout prévu, dans le moindre détail, pour garantir notre succès. » déclare Messire Salazar, après quelques longues secondes de réflexion.
« Tu as l'air si sûr de toi, Salazar. » murmure l'affreux, le regard un peu dans le vague.
« Je le suis, Voldemort. Et quand bien même aurais-je tort, peu importe. Les actions que nous allons mener avec toutes nos troupes et l'ensemble de nos alliés, anéantiront l'Ordre du Phénix et quoiqu'il arrive, elles laisseront une profonde et indélébile trace dans l'histoire. Une trace, qui fera trembler le Monde Sorcier au travers des siècles. Or dans ces conditions, peu importe que nous échouions et que le Monde Sorcier croit de nouveau à notre fin. Cela aurait de toute manière l'avantage de nous permettre d'œuvrer dans le plus total anonymat aussi longtemps que nécessaire et lorsque celui de le faire au grand jour serait revenu, notre impitoyable et cruelle réputation, nous garantirait de regagner tout aussitôt la place qui nous revient de droit. Et qui serait là alors pour nous arrêter, puisque l'Ordre du Phénix aurait été mis si à mal, qu'il n'aurait ni la force, ni le temps de se relever de ses cendres ? » répond Messire Salazar, avec une conviction inébranlable et contagieuse.
« Oui… Oui, bien sûr tu as raison, Salazar. Alors je t'en prie, expose dès à présent la stratégie que nous peaufinerons ensemble. » admet Voldemort, qui a redressé perceptiblement les épaules et légèrement bombé le buste.
Messire Salazar affiche une expression discrètement satisfaite, se recalant confortablement sur sa chauffeuse, avant d'exposer la première phase de la stratégie que nous avons concoctée et qui concerne l'enlèvement de Draco.
« Mmmm… Oui… Oui, cela peut tout à fait se réaliser ainsi. La manœuvre a toutes les chances de réussir. Cependant, n'est-ce pas risqué, de mêler mon descendant à cette affaire ? » commente Voldemort, sourcil haussé sur sa question.
« Il pourrait être avantageux, que chacun croit qu'il a été enlevé lui aussi, si notre entreprise devait malheureusement se voir soldée par un échec dimanche, ne crois-tu pas ? » répond Messire Salazar, avec un sourire en coin.
Voldemort plisse alors ses yeux, un sourire narquois fleurissant également au coin de sa lèvre gauche, en parfait miroir de celui de Messire Salazar.
« Oui, tu as parfaitement raison, Salazar. Cela pourrait bien représenter un avantage certain. Car c'est cela qui nous permettrait d'œuvrer dans le plus total anonymat. Nul ne saurait en effet soupçonner le corps du timide et effacé Franck Cooper, d'être en réalité le réceptacle de nos Esprits et Magies. Il suffirait d'affirmer qu'il a pu s'échapper à la faveur de l'Attaque menée pour la libération de Draco. Et nous pourrions ensuite mener nos projets sans avoir à nous dissimuler dans de misérables lieux, comme nous avons été contraints de le faire précédemment. Oui, nous pourrions circuler en toute liberté, partout où nous le souhaiterions. » admet-il, avec une évidente satisfaction.
« Et les garçons de la garde de Draco, feront de merveilleux divertissements. » appuie ensuite Messire Salazar, avec une froide cruauté.
« Oui, tu as raison, Salazar. Ils feront un merveilleux divertissement effectivement. » acquiesce Voldemort, avant de ricaner, le regard allumé d'un flamboiement jubilatoire, d'anticipation aussi lubrique que cruelle.
Messire Salazar hoche simplement la tête pour confirmer, prenant l'air d'imaginer et goûter lui aussi, au sort qui pourrait être réservé aux garçons de l'escorte de Draco. Et ce faisant, il laisse également le silence tomber sur le bureau.
« Il y a cependant un autre point que j'aimerai éclaircir Salazar. » reprend finalement l'affreux, après avoir assez longuement savouré ses plaisirs anticipatoires : « Pourquoi envisages-tu que ce soit Lucius qui œuvre à la réalisation de ce plan ? Tiens-tu vraiment que ce soit lui qui le fasse ? Rabastan ou Bellatrix pourraient très bien s'en charger. Cela éviterait d'avoir à s'assurer qu'il revienne assez tôt demain pour mettre ce plan à exécution et donc d'envoyer quelqu'un en Suède aujourd'hui. »
« Certes, j'ai longuement songé à cela, moi aussi. Mais force est de reconnaitre la solidité des arguments en faveur de Lucius. Certes, je ne mets pas en doute la capacité de Rabastan à réaliser une telle Mission avec efficacité. Mais sera-t-il suffisamment remis de la fatigue occasionnée par la réalisation de sa lourde Mission actuelle ? Son esprit aura-t-il la clarté nécessaire pour prendre les bonnes décisions, si un grain de sable devait venir s'immiscer dans les rouages bien huilé de notre plan ? Quant à Bellatrix, assurément est-elle très habile pour semer la terreur et le chaos, mais tu sais tout comme moi qu'elle n'est pas la plus fiable pour mener de délicates Missions. Elle est trop impatiente et fébrile d'agir, pour attendre dans l'ombre durant plusieurs heures, si cela s'avère nécessaire, puis œuvrer ensuite, sans s'attarder à torturer quelques victimes, au risque de donner l'alerte et de mettre ainsi en péril sa Mission. Et enfin, question cruciale : qui sera le mieux placé pour emmener et retenir Draco en captivité en Suède, où nous sommes assurés que l'Ordre du Phénix ne songera pas à aller le chercher ? » explique Messire Salazar, en haussant un sourcil sur sa question.
« En Suède… C'est donc là-bas, que tu songes retenir Draco captif… Mmmmm… Oui, pourquoi pas. Qui songera que nous sommes parvenus à franchir les Protections des Frontière ? » réfléchit Voldemort, qui semble apprécier cette idée, avant de froncer les sourcils et faire remarquer : « Mais alors Potter ne viendra pas à nous, s'il n'a pas espoir et assurance, de nous arracher Draco. »
« Naturellement. Raison pour laquelle Draco sera dans un premier temps amené au Manoir Malfoy, où nous prendrons soin qu'il soit vu du plus grand nombre, afin que les Espions de Potter et Dumbledore encore sur place, puissent témoigner de sa présence. Il suffira ensuite, lorsqu'il aura lui-même conduit Draco dans le cachot, que Lucius l'emmène en Suède grâce à un Portoloin. Il n'aura alors qu'à le laisser en garde du jeune Thorpe, pour revenir au Manoir. Ainsi, nul ne soupçonnera que Draco n'est plus là et qu'il ne reste en réalité, que ses camarades, pour appeler à l'aide et hurler de souffrance. » explique Messire Salazar, au sourire de plus en plus large de Voldemort, dont les yeux lancent des flamboiements de cruelle jubilation.
« Et ainsi, même si nous échouons à capturer Potter dans le court délai qui nous est imparti, je pourrais garder Draco captif, durant le temps nécessaire au recommencement du Rituel. » murmure-t-il, plus que satisfait à cette perspective.
« Oui. Tu pourrais même profiter du délai d'attente supplémentaire qui nous serait imposé, pour lui faire quotidiennement payer sa traitrise, durant quelques longues années. » renchérit Messire Salazar, à l'éclat de rire soudain de l'affreux.
Son rire est glacé et il s'amuse véritablement. Tant mieux pour lui. Qu'il en profite bien surtout, car cela ne saurait durer très longtemps. Et sa chute en sera d'autant plus dure.
« Ton esprit est décidément très retors et machiavélique, Salazar. » complimente-t-il ensuite, avec un sincère accent de vérité.
« Naturellement. Après tout, ne suis-je pas le Fondateur de la Maison Serpentard, celle des plus fins et habiles esprits de Poudlard ? » rétorque Messire Salazar avec un peu de hauteur.
« Tu l'es, Salazar. Tu l'es assurément et nul ne saurait contester la perfection du plan que tu viens de m'exposer. Et je suis honoré d'avoir été l'auditeur privilégié de cette brillante démonstration de ta remarquable intelligence. » répond l'affreux, avec une réelle sincérité, en accordant un salut de la tête en tout point respectueux.
En apparence, Messire Salazar manifeste son appréciation de cette respectueuse attitude et des flatteries qui lui sont accordées, en arborant un air hautement satisfait. Il doit en réalité sacrément jubiler à l'intérieur de lui-même, d'avoir, grâce au double sens de sa question, amené le descendant de son usurpateur de demi-frère, à le complimenter aussi sincèrement.
Un sacré pied de nez à Artemus, qui a autrefois profité de sa générosité, pour se jouer de son intelligence justement.
« Il est temps à présent, d'envoyer un messager à Lucius, pour lui demander de revenir tôt demain matin. Et de prévenir mon descendant de nos plans. » déclare maintenant Voldemort, qui délaisse l'assiette qu'il n'a pas finie, pour se diriger vers son bureau, dans l'intention d'écrire son message pour Lucius.
« Comment comptes-tu prendre contact avec ton fils ? » demande alors Messire Salazar, qui le suit pour s'installer de nouveau en face de lui.
Voldemort relève vivement son regard vers lui, surpris.
« Par le moyen habituel. » répond-il, l'air de demander pourquoi cette question des plus inutiles.
Le visage de Messire Salazar se chiffonne aussi sec, sur une expression contrariée.
« Ce n'est pas judicieux. Nos projets sont maintenant bien trop précis et il ne faudrait pas qu'il saisisse accidentellement, quels sont nos desseins le concernant. Il pourrait alors se rebiffer, s'il comprend notre intention de lui voler son corps. » répond-il, en dardant l'affreux d'un regard pointu.
Celui-ci soupire et son visage s'assombrit de contrariété vive.
« Tu as raison, Salazar. Ce moyen n'est plus très sûr. Et il faut également habilement justifier l'ordre que nous allons lui donner, de nous rejoindre ici. » répond-il, triturant entre ses doigts la plume dont il s'était déjà saisie et soupirant encore avant d'ajouter dans un murmure : « Comment procéder en toute sécurité ? »
Messire Salazar fait mine de réfléchir durant quelques secondes, avant de lâcher la réponse.
« Ton fils dispose d'une Pensine. Alors reprenons à notre profit l'idée de Potter et faisons lui parvenir un souvenir en Fourchelang, dans lequel tu lui exposes notre plan d'enlèvement de Draco. En exigeant du messager qu'il lâche le Hibou au plus près de Poudlard, il n'y a aucun risque qu'il soit intercepté par quelqu'un d'autre. » propose-t-il, en haussant un sourcil vers l'affreux.
« Mmmm… Oui. C'est effectivement le plus sûr moyen. Mais alors il faut également trouver une explication imparable, à ce changement de procédé dans nos communications. » répond Voldemort, à peine moins contrarié qu'il y a un instant.
Messire Salazar acquiesce et s'enfonce de nouveau dans une expression de réflexion intense.
« Et si… Oui, c'est cela… Il n'y a qu'à prétexter que tu soupçonnes Potter de tenter de violer ton esprit et que tu ne souhaites pas risquer de lui laisser la porte ouverte, lorsque tu abaisses tes défenses, pour prendre contact avec lui. Par ailleurs, pour justifier notre désir qu'il vienne nous rejoindre, pourquoi ne pas simplement alléguer que tu souhaites le voir jouer un rôle important dans ton imminente victoire et d'assister à ton triomphe à tes côtés. » suggère-t-il cette fois, tandis que le visage de Voldemort s'éclaire progressivement d'un sourire satisfait.
« Excellente idée, Salazar. Il en sera éminemment flatté et ne songera ainsi nullement à mettre en doute nos intentions à son égard. » acquiesce-t-il, appuyant son propos d'un hochement de tête positif.
« D'autant qu'il aura fort à faire, d'ici demain matin. Il va devoir organiser notre action en faisant parvenir les instructions précises de notre plan aux jeunes gens qui aideront à enlever Draco, mais aussi nommer un successeur digne de confiance. Et ce n'est certainement pas le jeune Smith, ni aucun des quelques jeunes gens qui ont connaissance de son rôle à Poudlard, qui peuvent remplir cet office. Or, étant donné qu'il est toujours resté dans l'ombre la plus totale, il lui faudra convaincre ce successeur, que c'est bien lui qui transmettait tes ordres. Bien sûr, ce dernier point est affaire hautement inutile, mais cela lui semblerait assurément étonnant que tu n'évoques pas cette question. » déclare encore Messire Salazar, sur le ton de la réflexion.
« Je songeais justement à cela, Salazar. Le choix du jeune Benson est le plus évident, maintenant. Il est celui qui a le plus de crédit parmi ses camarades. Je n'aurais qu'à préciser que le jeune Smith pourra établir le lien entre Benson et nous-mêmes, par le biais des boites aux lettres clandestines dont ils usent déjà. » répond Voldemort, de plus en plus satisfait.
Messire Salazar hoche la tête positivement en réponse, puis il réfléchit encore trois ou quatre secondes, avant d'ouvrir de nouveau la bouche.
« Je pense que nous avons pensé à tout, maintenant. » dit-il, l'air satisfait, avant de froncer subitement les sourcils pour ajouter : « Il faudra cependant préciser à ton fils, que son propre enlèvement devant sembler fortuit, il est bien entendu hors de question qu'il emporte quoi que ce soit de ses effets personnels. »
« Naturellement. Il semblerait suspicieux qu'il soit chargé d'un quelconque fardeau. Je lui assurerai donc également, qu'il pourra récupérer ce qu'il y a dans sa cachette actuelle plus tard, lorsque nous aurons conquis Poudlard. » acquiesce Voldemort, exactement comme nous l'escomptions.
Il fallait bien lui laisser à penser qu'il avait eu son lot d'idées dans l'élaboration de ce plan de grande envergure, n'est-ce pas ?
« Parfait. Il n'y a donc plus qu'à procéder. » apprécie Messire Salazar, sur un sourire.
Et Voldemort s'attelle à la tâche. Il écrit son message et, à la suggestion de Messire Salazar, appelle Bellatrix afin qu'elle le fasse parvenir à Lucius. Puis il concocte son souvenir pour Cooper et finalement, afin d'être certain que personne ne sache jamais qu'il lui a fait parvenir un Hibou, il est pris décision qu'il ira lui-même lâcher le rapace aux environs de Poudlard, un peu avant midi.
« D'où vas-tu le lâcher ? Depuis les terres sous lesquelles se trouvent nos Inferi ? » demande à ce moment Messire Salazar, l'air totalement dégagé.
Belle présence d'esprit. Ça peut permettre que nous en apprenions un peu plus à ce sujet.
« Naturellement. D'où voudrais-tu que je le fasse ? C'est le lieu à la fois le plus proche et le plus sûr, où je puisse me rendre aux environs de Poudlard, tu le sais bien. Le seul endroit où Dumbledore ne peut détecter ma présence, malgré les nombreux Sortilèges qu'il a jetés aux alentours de l'Ecole. » répond Voldemort, qui se perd un bref instant dans ses pensées avant d'ajouter : « Fort heureusement, j'ai deviné qu'il puisse faire cela, la dernière fois que je me suis rendu à Poudlard. Et aussitôt j'ai jeté des Protections sur cette position stratégique des plus intéressantes, pour les rendre Incartables et invisibles aux yeux d'un Sorcier, que je n'aurais pas mis moi-même dans la confidence. Et j'ai eu raison d'être ainsi prévoyant. Nous pourrions être des centaines sur place, sans que nuls yeux ne puissent nous voir, même à distance d'un pas. Et les cavernes souterraines sont le lieu idéal pour créer et garder des Inferi. Ceux-ci pourraient même envahir Poudlard sans que nul ne les vois arriver, avant qu'il soit bien trop tard, en passant par le Lac Noir. Cet accès permettrait également à mes troupes de pénétrer sur les terres de l'Ecole, sans déclencher l'Alarme. Nul ne devinera jamais qu'ils puissent arriver par-là, Salazar. Et nul ne pourra trouver les Cavernes, en passant par les Ondes. Car comme tu le sais, j'ai hautement renforcé les Protections, depuis que le Calmar s'est introduit dedans, à la faveur d'un passage qui les relie au Lac Noir. Tout Être, qu'il soit ou non humain, qui tenterait de s'introduire dans ce passage, serait aussitôt tué par un Maléfice de Lacération imparable. Mes Serviteurs seraient également alertés, grâce à un Sortilège d'Alarme Indétectable et ils n'auraient qu'à aller chercher la dépouille. Pour s'en débarrasser s'il s'agit de celui d'un Être de l'eau ou du Calmar, pour la ramener dans la Caverne où les corps en attente d'être ensorcelés sont entreposés, s'il s'agit d'un humain. »
Rapide échange de coup d'œil avec Hestia et Ron. Heureusement que Messire Salazar a eu l'idée que l'on demande à des Fantômes d'aller explorer les lieux.
« Oui, je sais que tu as pris de sages précautions, Voldemort. Perspective des plus intéressantes et réjouissantes, que d'entreprendre une invasion de Poudlard, en passant à la faveur du Lac Noir. J'imagine aisément la surprise et la terreur que cela créerait parmi les élèves et professeurs. » commente Messire Salazar, qui s'accorde une brève pause, comme s'il imaginait vraiment la scène, avant d'ajouter, sourcil froncés, sur un pari qui me semble un peu fou : « C'est étrange, je n'ai pas souvenir, que nous ayons déjà échangé à propos de la manière dont tu envisagerais une Attaque sur Poudlard. »
« Cela n'est pas étrange, car effectivement, Salazar, jamais nous ne l'avons fait. » répond l'affreux, à mon soulagement, avant d'expliquer : « Bien sûr, les passages secrets débouchant hors des limites de Poudlard sont contrôlés par Dumbledore, mais comme il est aisé de se frayer un chemin en empruntant les eaux du Lac Noir, il est aisé de se frayer un chemin depuis la Forêt Interdite, dans laquelle se trouve le point d'ancrage le plus faible des Protections de Poudlard. Et dès lors où elles seraient tombées, mes troupes déferleraient de toutes part sur ses terres. »
« Oui. Bien sûr. C'est ainsi que je procèderai également. » commente alors Messire Salazar, avant de déclarer qu'il est temps pour lui de prendre quelques repos et donc de présenter congés à l'affreux.
« Nous n'avons pas terminé d'examiner les points suivants de ta stratégie. » fait alors remarquer Voldemort, sur un froncement de sourcils.
Messire Salazar lui assure alors qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter de cela, car ils ont largement le temps encore devant eux pour évoquer cette question et qu'il reviendra au plus vite qu'il peut pour le faire.
Et cette fois, il ne laisse plus à l'affreux le temps de protester.
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(1) LII - Traquenards En Tous Genres 7 / 8 – point de vue de Terry
(2) LIII - Secrets Dévoilés 3 / 6 – Point de vue de Draco
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