Disclaimer : cf chapitre 1

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Mille mercis à Mistycal !

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Désolée pour ce nouveau retard dans la publication. J'ai encore eu une semaine d'enfer au boulot.

Et j'aime autant vous prévenir que ce sera sans doute la même chose la semaine prochaine.

Vivement mes prochaine vacances !

Bonne lecture sur ce chapitre

Bisous

Me-Violine

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L'Entretien Du Volcan 6 / 6

Acte 15 : Nom De Morgane !

Harry

J'allais justement aller chercher du thé en cuisine, lorsque la porte de la Base s'ouvre pour laisser passer Dedalus Diggle et Dudley. Ce dernier chargé d'un plateau avec thé, sandwichs, fruits et petits gâteaux.

« Oh ! Bonjour Dedalus ! On dirait que cette naissance, s'est bien passée ! » réagit Hestia, avec un grand sourire à l'image de celui du vieil homme.

« Oui, parfaitement bien passée, Hestia ! Et c'est un arrière-arrière-petit fils ! » s'exclame Dedalus, avec une fierté palpable, son sourire encore élargi.

« Félicitations ! Et comment s'appelle donc ce petit ange ! » s'exclame en retour Hestia, tandis que Dedalus se reçoit les poignées de main chaleureuses de félicitations de chacun d'entre nous.

« Victor. » répond Dedalus, dont le regard se teinte d'émotion, avant qu'il ajoute : « En hommage à Viktor Krum qu'on appréciait beaucoup dans la famille et aussi en prévision de notre prochaine victoire. »

Son émotion tombe sur tout le monde, dans un bref flottement silencieux.

« C'est un très beau prénom, Dedalus. Et vous féliciterez les parents pour moi. A la fois pour leur nouveau bonheur et pour ce très beau choix de prénom. » parvient à articuler Hestia, la voix un peu voilée, tandis que nous hochons tous la tête pour signifier que nous joignons nos félicitations aux siennes.

« Ce sera fait, vous pouvez compter dessus. » répond Dedalus, qui sort ensuite des canettes de Bièraubeurre de ses poches et propose que nous trinquions à la naissance de son premier arrière-arrière-petit fils.

Nous acceptons bien évidemment et Dedalus ouvre les bouteilles avant de nous les offrir. Il laisse ensuite quelques canettes sur la table, à l'intention de toute personne susceptible de nous rejoindre, puis il s'assoit sur la dernière chauffeuse libre et dès que nous avons trinqué à son arrière-arrière-petit fils, il nous demande de lui faire le rapport de ce qu'il a manqué.

Et c'est Terry, revenu depuis une demi-heure à peine, qui ouvre le bal, expliquant que Luna a eu une vision et ce que Vincent a appris du Calmar.

« Nom de Morgane ! Jamais je n'aurais pensé chercher où il crée et garde les Inferi, si près de Poudlard ! » commente Dedalus, effaré par la nouvelle, avant de demander : « Qu'est-ce qui a été décidé à propos de ça ? »

« Messire Salazar a eu l'idée génialissime d'envoyer des Fantômes pour examiner les lieux de plus près. Et heureusement, parce que d'après les informations qu'il est parvenu à soutirer à Voldemort plus tard, le premier qui aurait tenté de s'aventurer dans le passage sous l'eau, aurait déclenché une Alarme indétectable et un Maléfice de Lacération qui lui aurait coûté la vie. Et j'aurais certainement été celui-là. » répond Terry, avant de boire une gorgée de sa Bièraubeurre.

Il n'a pas l'air ému en apparence, à l'idée qu'il aurait pu mourir aujourd'hui. Mais je le connais assez pour détecter son émotion derrière son masque. Ça lui a fait un coup au cœur et il a eu rétrospectivement très chaud, quand l'information lui est parvenue.

« Merci bien d'avoir eu cette idée ! » commente quant à lui Dedalus, en levant sa bouteille de Bièraubeurre vers Messire Salazar, pour lui signifier que la prochaine gorgée qu'il va boire, sera en son honneur.

« Ne me remerciez pas très cher Dedalus. Je m'en serais terriblement voulu de ne point l'avoir eue. Et croyez que j'ai horriblement frémi intérieurement, lorsque j'ai obtenu cette information de la part de ce monstrueux personnage ! » répond Messire Salazar, avant de reporter son regard sur l'Ecran, où nous pouvons voir Voldemort studieusement penché sur la traduction du faux Livre des Origines.

Ce soir, Messire Salazar tentera de savoir ce qu'il en pense d'ailleurs, de cette traduction. Car nous avons noté à plusieurs reprises une certaine perplexité chez l'affreux, à mesure de sa lecture.

« Dis-moi maintenant ce que ça a donné, cette exploration des Cavernes. » invite Dedalus, en direction de Terry.

« Messire Nicholas, le Baron Sanglant, le Moine Gras et la Dame Grise, nous ont apporté confirmation que ce sont bien Raymond et Antonin Flint, Florian Travers et Rowle Thorfinn, qui sont de garde permanente dans les Cavernes et qu'il y a plusieurs centaines d'Inferi. Au moins huit à neuf cent d'après leurs estimations. Sans compter ceux qui étaient peut-être dans l'eau déjà. Mais ça, ils n'ont pas pu le voir, parce il faisait trop noir dans les profondeurs du Lac souterrain. Nous tablons donc sur mille au bas mot. » répond Terry, tandis que Dedalus pâlit considérablement.

« Nom de nom de Morgane ! J'espère que vous avez un plan pour les empêcher d'envahir le Lac Noir et Poudlard ! » s'exclame-t-il, ses yeux effarés nous regardant alternativement, Ron et moi-même.

Mais c'est Terry, qui lui apporte réponse encore une fois.

« On a appelé les jumeaux à la rescousse et ils sont allés plancher là-dessus au Paradis, pour tâcher de trouver le moyen de faire fonctionner dans l'eau, les Ceintures de Feu, Lanceurs et mini Bombincinerus dont on dispose pour neutraliser les Inferi. On va aussi déployer des Filets Magiques demain, pour tâcher d'au moins freiner leur avancée et d'en retenir au fond en attendant qu'on puisse s'en occuper plus tard. On œuvrera à ça avec les Sirènes et les Tritons, dès que l'évacuation de leurs jeunes sera terminée. Ce soir donc. Et Nally va voir Vincent dès son retour de la Forêt Interdite, pour qu'il essaye de demander aux Strangulots de bien vouloir nous aider aussi. Ça, au cas où Voldemort donne l'Ordre également à des Mangemorts d'emprunter la voie d'accès par le Lac Noir et que quelques-uns d'entre eux passent entre les mailles de nos pièges. Les Strangulots pourraient freiner leur avancée en s'accrochant à leurs bras pour gêner leurs mouvements, par exemple. Ça les retiendrait aussi le temps qu'on les neutralise. Ce qui nous faciliterait bien la tâche. » explique-t-il, sous l'écoute attentive de Dedalus.

« Si les jumeaux parviennent à faire marcher les Ceintures de Feu et le reste des armes apparentées, tant pis si des Mangemorts se trouvent pris sous leur feu, j'espère ! » demande alors Dedalus, en s'adressant plus spécifiquement à moi-même.

Il y a une vive inquiétude dans son regard. Il redoute de toute évidence une réponse négative de ma part.

« La situation ne nous permettra pas de faire dans la dentelle, Dedalus. Alors oui, tant pis. » réponds-je, avec le plus de fermeté qu'il m'est possible, face à cette décision qui me répugne.

Mais nous n'avons pas le choix. La lutte sera trop serrée, le danger trop grand pour les nôtres.

Dedalus hoche la tête et déglutit sa salive avec quelque peu de difficulté, lâchant encore un nom de nom de Morgane !, avant de demander cette fois, si nous avons un plan de secours, au cas où l'adaptation de nos armes actuelles serait impossible à réaliser.

« Pas pour l'instant. Mais tout le monde y réfléchit activement et nous trouverons, Dedalus. Quitte à vider le Lac Noir de ses eaux. » répond Ron avec résolution.

« Nom de nom, de nom, de nom, de nom d'Morgane ! On le savait déjà bien sûr, mais elle n'est décidément pas gagnée d'avance, cette fichue Bataille ! » murmure Dedalus, en épongeant ses soudaines sueurs froides, d'un revers de sa manche.

« Non, elle n'est pas gagnée d'avance effectivement. Très loin de là, même. Et c'est justement pour cela, que nous allons la gagner, Dedalus. Parce qu'ils sont tellement en surnombre, qu'ils vont tous partir confiants et déjà victorieux dans leur tête, Voldemort au premier chef. Et cette confiance sera leur perte. Car nous, nous serons sur nos gardes. Beaucoup plus stratégiques également. Et avant qu'ils aient eu le temps de réaliser que nous les piégeons de toutes parts, ils n'auront plus moyen de s'en sortir sans y laisser la vie, s'ils ne décident pas de ficher vite fait le camp ou d'abandonner le combat en jetant arme à terre et tombant à genoux, mains sur la tête. » réponds-je, le ton résolu.

Et plus que fermement déterminé à flanquer la pilule à Voldemort, au plus rapidement qu'il me sera possible de le faire, compte tenu de la rage qu'il va certainement déployer, lorsqu'il comprendra que nous l'avons attiré pile où nous le voulions.

« Ouais. Harry a raison, Dedalus. Sûr que nous sommes beaucoup moins nombreux qu'eux. Mais nous sommes aussi beaucoup plus malins et courageux. Alors, comme un seul d'entre nous en vaut au moins trente de chez eux, en fin de compte, c'est nous qui serons en surnombre. Et nous allons leur flanquer une palanquée maison, dont ils se souviendront toute leur vie et ne se remettront jamais ! » renchérit Terry, qui se lève en ajoutant : « Ceci dit, ce n'est pas en restant ici que je vais nous la faire gagner d'avance cette Bataille. Maintenant que vous êtes revenu, je repars en Ecosse donner la main. Merci pour la bonne nouvelle de la naissance et la Bièraubeurre. Ça donne du cœur à l'ouvrage ça ! »

Et il finit sa Bièraubeurre en une seule goulée, posant la bouteille vide sur la table, tout en saisissant déjà de l'autre main sa veste de treillis. Il n'a pas le temps cependant d'enfiler la première manche, qu'il interrompt son geste, car le Miroir de Communication avec Poudlard vibre.

« Dites-nous que vous avez de bonnes nouvelles à nous annoncer ! » s'exclame Hestia, avec précipitation, aussitôt a-t-elle activé le mot de passe, tandis que je jette le Sortilège qui nous permettra à tous d'entendre la réponse.

« Désolé, mais tout ce que je sais, c'est que s'il est encore avec vous, il faut que Terry rapplique ses fesses ici en vitesse. » répond en retour la voix calme de Charly.

« J'suis d'jà en route ! » annonce alors Terry, en fonçant vers la porte.

« Ok. Je vous laisse, je dois rejoindre le Labo maintenant. Mais Nally sera là dans trois minutes au max. Elle pourra peut-être vous en dire davantage. » déclare alors Charly, avant de couper net la communication.

« Nom de Morgane ! Qu'est-ce qu'il peut bien se passer encore ? » murmure aussitôt Dedalus, avec inquiétude.

« Si Maman revient dans le Bureau d'Albus dans trois minutes, c'est que les jumeaux en ont terminé au Paradis. Et si l'on a besoin de Terry à Poudlard, c'est pour communiquer avec les Sirènes et Tritons. Alors si vous voulez mon avis Dedalus, cela est de bon augure. Une solution a été trouvée. Les jumeaux ne seraient pas de retour déjà, sans cela. » réponds-je, d'un ton apaisant, en direction du vieil ami d'Albus.

Il hoche la tête, l'air de dire que j'ai sûrement raison, l'espoir se disputant la place avec l'inquiétude dans son regard, à présent.

« Que s'est-il passé d'autre ? Qu'est-ce que cela a donné l'affaire avec Brandburgy cette nuit ? Et ce matin, la nouvelle de l'arrestation de Bulstrode ? » demande-t-il, après avoir bu une gorgée de sa Bièraubeurre.

« De ce côté-là, tout s'est déroulé aussi parfaitement que nous l'espérions ! » répond Ron sur un sourire, avant d'entreprendre un résumé de la nuit et de la matinée.

Dedalus l'écoute attentivement, tandis que je ne le fais que d'une oreille, le regard fixé sur Voldemort. Mon esprit dérive cependant progressivement. Je repense à Brandburgy, à la manière dont il a réagi avant que je quitte le bureau d'Albus, puis au récit que ce dernier m'a fait, de ce qui a suivi.

Brutus a subi un véritable électrochoc, quand il a vu les souvenirs de Draco. Il a répondu à toutes les questions que Maugrey et King lui ont posées, sans jamais manifester de résistance, ni même de réticence. Et il a réalisé la gravité de ses actes. Il a même demandé, avant que King, Tonks et Fol Œil l'emmènent à l'abri dans un lieu pour l'heure connu d'eux seuls, si Albus pouvait remercier Draco pour lui.

Et cette attitude m'a d'autant plus déterminé à tâcher de ramener le plus d'Ânes Bâtés possible à la raison, avant qu'il ne soit trop tard pour eux. Une tentative aura lieu ce soir, si Brutus accepte de coopérer. Et je pense qu'il va accepter.

Sinon, on fera sans lui et on verra ce que cela donne.

Mais quoi qu'il en soit, à l'heure des Combats, les petits Ânes Bâtés seront évacués. Les grands qui le désirent également. Quant aux autres, nous tâcherons de les neutraliser au plus vite et de les tenir à l'écart du champ de Bataille.

« Tu reviens avec nous Harry ? » demande soudainement Dudley, une main posée sur mon épaule.

« Mmmm… Oui… » réponds-je, à moitié dans le vague encore, avant de lever les yeux sur mon cousin.

Il me présente le plateau de sandwichs. J'en prends quelques-uns que je pose sur une assiette à dessert et le remercie d'un sourire.

« Naturellement, Cooper a été très surpris de recevoir un colis qu'il n'attendait pas du tout. Plus encore, lorsqu'il a reconnu l'écriture de son paternel. Il s'est dépêché de manger, puis il a vite filé dans sa planque secrète pour l'ouvrir et on saura certainement la nuit prochaine ce qu'il en a pensé. Ceci dit, ce n'est pas le plus intéressant. » raconte encore Ron, qui s'interrompt le temps de se servir en sandwichs lui aussi, avant d'ajouter : « Le plus intéressant, c'est la réaction qu'a eue Lucius, lorsqu'il est rentré dans son chalet avec Thorpe et a trouvé le message et le Portoloin que Bellatrix avait laissés pour lui dans son salon. »

Et il laisse Dedalus sur des charbons ardents, pour croquer dans l'un de ses sandwichs. Alors je me décide de prendre sa suite.

« Après avoir lu son message, Lucius a manifesté son désappointement, de non seulement devoir rentrer plus tôt qu'il ne l'avait prévu, mais de surtout devoir laisser Astérion sur place, pour une durée indéterminée. Astérion a naturellement posé des questions sur le motif de cet ordre et comme Voldemort ne l'a bien sûr pas précisé, Lucius n'a pas pu lui répondre et, de fil en aiguille, il s'est laissé aller à quelques confidences, qui confirment largement les déductions de Maman et Papa l'autre nuit. Lucius a pour ambition désormais de bientôt devenir Seigneur des Ténèbres à la place du Seigneur des Ténèbres. Et Astérion se réjouit de cette situation. » explique-je donc à Dedalus, avant de croquer moi aussi dans un petit sandwich.

« Et moi, je me réjouis à l'idée que nous allons lui ôter ses illusions, avant qu'il ait eu le temps de finir de les savourer. » sourit Ron, sur un clin d'œil vers Dedalus.

« Oui. Et je sais bien que vous serez prudent, mais au nom de Morgane, je vous recommande tout de même de faire très attention, que ces sales engeances ne vous échappent pas. Parce qu'ils sont vraiment très vicelards tous les deux. Et n'oubliez pas qu'ils disposent d'un Portoloin maintenant. Il ne faudrait pas qu'ils le prennent, avant que vous ayez réussi à les en empêcher. » répond Dedalus, avec un mise en garde très grave dans le ton de sa voix et dans son regard.

« Toutes les précautions seront prises, Dedalus. Et quand bien même l'un des deux, voire même les deux, nous filait(ent) entre les doigts, d'une part ce ne serait que temporaire car nous les aurions demain de toute façon, et d'autre part, ça ne changerait pas grand-chose à notre affaire pour la suite du programme. » assure Ron, avec confiance.

Dedalus hoche simplement la tête pour répondre, car il a la bouche pleine et mâche avec énergie sa bouchée de sandwich.

« Il y a encore quelque chose que je dois savoir ? » demande-t-il ensuite, lorsqu'il a avalé.

« Non, c'est tout pour le rapport, Dedalus. La suite, vous allez la vivre en direct avec nous. » réponds-je tandis qu'Hestia se tourne vivement vers le Miroir de Communication, qui vibre de nouveau.

Elle active le mot de passe et jette aussitôt le Sortilège pour une écoute collégiale, avant de se présenter au regard de notre interlocuteur.

« Oh, Nally ! J'espérais que ce soit vous. Quelles nouvelles ? Fred et Georges sont-ils bien parvenus à adapter leurs armes, comme nous le pensons ici ? » demande-t-elle, avec une certaine anxiété.

« C'est justement à ce propos que je vous contacte. Seuls les Mini Bombincinerus et leurs Lanceurs ont pu être adaptés. Mais fort heureusement, Neville a eu une idée grandiose. Nous avons donc décidé de la mettre en application et de cesser les expériences, qui nous font perdre un temps précieux. » répond Maman, au soulagement plus qu'évident d'Hestia et Dedalus.

Ils avaient espoir bien sûr. Mais ils se gardaient de trop espérer tout de même, non par manque de confiance, mais pour se préparer au pire déjà.

« Nous sommes tous très curieux de savoir en quoi consiste l'idée grandiose de Neville, naturellement. Mais il va falloir malheureusement nous interrompre, Nally. L'Editorial de la Gazette est arrivé. Ça va bouger d'ici peu dans le bureau de Voldemort. » intervient cependant Ron, l'œil rivé sur les Ecrans.

« Ok. J'appelais aussi pour confirmer le rendez-vous de 22H30 tapante. A plus tard ! » répond Maman, qui coupe aussitôt la communication.

Hestia hoche tout de même la tête pour acquiescer, avant de poser le Miroir inactif sur la table juste à côté d'elle et de reporter comme chacun d'entre nous, son attention sur ce qu'il se passe à la Gentilhommière.

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Le coursier a laissé le soin à Bletchley, qui allait justement apporter un plateau de thé à l'affreux, de lui livrer en même temps la Gazette. Voldemort aboie d'entrer et le planton ouvre la porte pour le Serviteur chargé.

« Votre thé, Maitre. Et un éditorial Spécial de la Gazette qui vient d'arriver. » déclare Bletchley, aussitôt la porte ouverte.

« Pose tout sur la table. » répond distraitement Voldemort, sans relever son nez nettement perplexe, de ses parchemins.

Ça fait trois fois qu'il lit le même paragraphe, le comparant à son correspondant, du vieux grimoire en grec. C'est normal. Car il y a dans ce passage, une différence assez significative entre les deux versions, pour le laisser aussi sérieusement perplexe.

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« Maintenant que le thé est servi, voilà l'occasion rêvée de savoir ce qu'il pense de sa nouvelle version du Volumen. Et de l'encourager ensuite à lire l'Editorial. » dis-je, en direction de Messire Salazar, qui hoche positivement la tête et disparait aussitôt.

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« Le thé va refroidir ! » dit-il, aussitôt sur place, debout devant le bureau et son regard pointu fixé sur l'affreux.

« Plait-il ? » demande ce dernier, en relevant ses yeux surpris, puis il soupire avec lassitude et ajoute, sans attendre de réponse de Messire Salazar et tout en jetant une série de Sortilèges, pour s'assurer que leur conversation restera confidentielle : « Oui, le thé. Bien sûr. Il peut attendre. Il y a d'importants détails radicalement différents entre ces deux traductions, que je dois soigneusement étudier, Salazar. Or, je dispose de trop peu de temps déjà pour le faire, alors que cela influera sur des choix cruciaux que nous aurons à effectuer dimanche. Et tu sais tout comme moi, que la moindre erreur pourrait nous être fatale et remettre en question la réalisation de nos projets. »

« Ton vieux grimoire est une traduction en grec, d'un récit écrit en latin, traduit d'un ouvrage retranscrit en araméen, qui était lui aussi traduit à partir de hiéroglyphes Egyptiens…» répond Messire Salazar, reprenant les paroles exactes qu'a prononcées l'affreux, lorsqu'il a envoyé Hewrey Yaxley et Miles Bletchley en chasse du Volumen(1), avant de conclure : « Ceci doit expliquer cela. Car tu le sais tout comme moi : même la plus infime différence dans l'interprétation du sens d'un mot, peut engendrer à terme, une différence de taille, lorsque la même erreur est commise un traducteur après l'autre. Au regard de ce fait, laquelle des deux traductions te semble-t-elle la plus fiable aujourd'hui ? »

« Oui, naturellement, tu as raison, Salazar. La traduction que j'ai moi-même effectuée est sans aucun doute beaucoup plus fiable. » admet Voldemort, ses épaules se détendant un chouia.

« Beaucoup plus fiable, oui. Elle ne peut que l'être, puisque nous disposons du Volumen original. Et grâce à cela, nous ne pouvons que triompher des épreuves, dès que sera franchie la Porte du Temple des Elfes, dont Balegarian nous indiquera le lieu exact dimanche. » déclare alors Messire Salazar, son regard plus pointu que jamais, transperçant Voldemort.

Mine de rien, c'est un message qui s'adresse directement au Salazar de l'affreux, qu'il vient de prononcer. Et j'observe aussitôt dans l'Aura de Voldemort une discrète réaction, qui n'appartient pas j'en suis certain, à l'affreux lui-même. Salazar est sur le qui-vive, sa curiosité piquée au vif, sa méfiance pleinement éveillée, quand Voldemort lui-même est regonflé à bloc dans sa confiance en lui-même, par les paroles fermement convaincue de Messire Salazar.

« Oui, nous triompherons Salazar. Bletchley se saisira pour nous du Bâton de Merlin et lorsqu'il sera enfin entre nos mains, nous pourrons franchir la Porte en toute intégrité. Rien ne parviendra à nous empêcher alors, grâce à Excalibur, de remonter le Chemin des Âmes, avec Potter et Draco, afin d'achever le Rituel qui nous apportera l'Immortalité et la puissance suprême. » dit-il, littéralement extatique.

« Oui. C'est ainsi qu'il faut procéder. » confirme Messire Salazar, adoptant une attitude songeuse, comme s'il imaginait déjà le triomphe promis.

Et le silence tombe dans le bureau, jusqu'à ce que Voldemort ouvre de nouveau la bouche.

« Quels sont les détails de l'achèvement du Rituel ? » demande-t-il, haussant un sourcil, avant de questionner encore : « Devons-nous boire une Potion, comportant quelques gouttes des Sangs de Draco et Potter ? »

Questions cruciales s'il en est et pour lesquelles nous avons étudié la réponse, hésitant longuement avant de prendre une décision. Il fallait la doser au microgramme près. En dire assez, sans en dire trop. A la fois pour que Voldemort soit convaincu et confiant et pour que la méfiance de son Salazar soit attisée certes, mais pas trop.

« La seconde étape du Rituel, Voldemort, sera notre chance de nous réunifier. Elle réside donc en notre capacité à vaincre Potter en Combat singulier et de l'amener, au jour de la pleine Lune, jusqu'au terme du Chemin des Âmes, où nous le soumettrons à notre complète volonté. Lorsque ceci sera accompli et que Potter ne pourra plus nous résister, nous pourrons alors délaisser ton corps actuel, au profit de celui de ton Fils, dans lequel nos Magies et Esprits pourrons fusionner. » explique Messire Salazar, qui renforce la gravité de son regard, avant d'ajouter d'un ton aussi formel que solennel : « Et prends garde alors, Voldemort. Jamais durant le voyage, les yeux de ton Esprit ne devront cesser de fixer la minuscule étincelle qui nous guidera jusqu'à ton fils. Où à jamais ton Âme et ton Esprit se perdront, errant dans des limbes infinies. »

« J'ai parfaitement entendu cette recommandation Salazar et sois assuré que je la suivrais à la lettre. » assure Voldemort, son regard répondant à celui de Messire Salazar, avec les mêmes gravité et solennité.

Cela donne lieu à un instant de silence très profond dans le bureau, rapidement interrompu cependant par Voldemort.

« Ainsi donc, la seconde étape consiste à soumettre Potter à notre volonté. » commence-t-il, pour lui-même, avant de fixer à nouveau Messire Salazar et demander : « Quel sera le rôle de Draco ? »

« Potter ne considère-t-il pas ce petit Traitre de Draco comme son frère de cœur ? » demande Messire Salazar et Voldemort acquiesçant d'un hochement de tête, sourcil néanmoins haussé sur une interrogation, il questionne encore : « Combien de temps crois-tu que la volonté de ce sale morveux de Potter nous résistera, à la vue de son frère de cœur se vidant de son Sang et de sa vie ? »

« D'autant moins, que nous aurons fait couler le sien également et qu'il en sera affaibli. » répond Voldemort, un sourire jubilatoire se dessinant sur sa face hideuse.

« Parfaite réponse, Voldemort. » acquiesce Messire Salazar, le regard allumé d'une lueur de triomphe.

Voilà. La phase la plus délicate de sa Mission vient de prendre fin, sans aucune anicroche, sans aucune réaction sceptique, ni question embarrassante, de la part de Voldemort. Il a tout gobé de bout en bout depuis deux jours. Tout simplement parce que l'ensemble de ce qui a été expliqué à chacune des interventions de Messire Salazar, correspond en de nombreux points aux délires que l'affreux entretient depuis des mois, des années.

Et Salazar ne peut plus désormais à ce stade, se contenter de l'entrainer à l'intérieur de Nagini, dans l'intention de dénoncer notre supercherie, de tenter de lui faire croire qu'un Maléfice manipule son cerveau et que leurs dernières conversations ne sont pas réelles.

Car sur quoi pourrait-il concrètement s'appuyer pour argumenter cela ? Comment pourrait-il expliquer sa brusque volteface, sa mise en garde contre des plans qu'il est supposé avoir montés de toute pièce, maintenant que Messire Salazar a pris un tel ascendant sur Voldemort, lui fournissant des arguments solides, adoptant une posture et un discours cent fois plus stables et crédibles que les siens ?

Comment pourrait-il affirmer qu'il s'agit là d'un piège que nous lui tendons, quand nous usons depuis deux jours, d'informations de première main, de détails que lui-même et Voldemort sont censés être seuls à connaitre ? D'idées qu'il a souvent lui-même implantées dans la tête de Voldemort, des délires qu'il a patiemment alimentés et entretenus depuis des années et des années.

Là reposait d'ailleurs les fondations de notre stratégie. Ces détails de conversations entre Voldemort et son Salazar, de pensées et souvenirs dont ils ont laissé traces dans nos cerveaux et qu'ils sont supposés êtres seuls à avoir partagés.

Et d'après ce que je vois dans l'Aura de Voldemort, je suis en position d'affirmer que nous avons gagné : il est tombé lui aussi dans notre piège et il ne fera rien pour l'heure, pour essayer de nous contrer. Notre petit jeu l'intrigue et l'irrite profondément certes. Il a également compris nos intentions à son égard. Mais comme il est en tout point à l'image de Voldemort, il a aussi la certitude qu'il gagnera la partie, en redistribuant la donne en sa faveur, au moment opportun.

Il va donc patienter, en attendant son heure : celle de prendre définitivement le contrôle sur Voldemort pour nous barrer la route.

Si cela se produit, ce sera de toute façon et quoi qu'il puisse en penser lorsqu'elle sera venue, à une heure que nous aurons fixée nous-même et qui le mènera sur le terrain que nous avons choisi.

OoOoOoO

Ron

C'est grand silence. Aussi bien ici dans la Base, que dans le bureau, où Voldemort imagine de toute évidence, la manière dont va se réaliser l'étape n°2 du Rituel de Sang et donc son triomphe.

« J'ai encore tant de questions à te poser, Salazar, sur la manière dont tu es parvenu jusqu'à moi. Sur le Rituel de Sexe également. » déclare-t-il soudainement, revenant tout aussi brusquement au présent.

« Je l'imagine aisément. » répond Messire Salazar, demandant aussitôt, sur un ton grave et un haussement de sourcil pince sans rire : « Ton thé cependant doit-il encore refroidir ? A moins que ce ne soit à présent les sandwiches et petits gâteaux, qui aient besoin de se réchauffer à température ambiante ? »

Voldemort consent à esquisser un sourire.

« Il est vrai que ton énergie et la mienne sont étroitement liées et que me sustenter quelque peu, me conviendra aussi parfaitement qu'à toi. » dit-il ensuite, en se levant et effectuant un geste invitant Messire Salazar à le précéder vers la table.

« Tu as parfaitement deviné ma pensée. » répond Messire Salazar, qui laisse ensuite tomber son regard sur le journal roulé auprès de l'assiette de sandwiches, pour ajouter, sourcils froncés : « Quelle nouvelle importante au point de mériter un Editorial Spécial, cet abominable torchon peut-il bien avoir à annoncer ? Rien qui puisse nous réjouir sans aucun doute, puisque nous n'avons mené aucune Attaque. »

« Une nouvelle provocation de Potter, peut-être ? N'étant pas parvenu à nous faire réagir avec ses stupides souvenirs, il aura essayé une autre approche ? » suggère Voldemort, avec sa monstrueuse mauvaise foi habituelle.

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« Il est franchement gonflé ! Il parle comme si les provocations de Harry ne lui avaient fait ni chaud, ni froid et que Messire Salazar n'avait pas dû le retenir de se venger à l'emporte-pièce ! » commente d'ailleurs Dudley, en hochant la tête d'un air désabusé.

Mais bien que chacun n'en pense pas moins, personne n'ajoute à sa remarque. Car nous avons tous les yeux rivés sur l'affreux qui, sur un sarcastique et décontracté Voyons si c'est bien ce petit morveux qui nous provoque encore, s'est décidé à prendre l'Editorial de la Gazette en main pour le dérouler.

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Mais envolé cependant tout aussi sec, expression sarcastique et décontraction, quand ses yeux effleurent le titre de la Une, qui annonce avec forces de gros caractères :

LE LÉGENDAIRE TRÉSOR DE BRIAN BORU N'ÉTAIT PAS UN MYTHE

NOTRE HÉROS NATIONAL L'A MIS À JOUR CETTE NUIT ET L'A FORT GÉNÉREUSEMENT REMIS DANS SON INTÉGRALITÉ CE MATIN,

AU CONSEIL DES SAGES DE DUBLIN

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« Comment est-ce possible ! » réagit vivement l'affreux, se levant brusquement, yeux maintenant écarquillés de colère courant sur quelques photographies, avant de hurler encore : « COMMENT EST-CE POSSIBLE ! »

Ses mains tremblent de rage. Et elles chiffonnent brusquement l'Editorial entièrement consacré à la découverte du Trésor, par Harry, Hermione, Bill et bibi.

« Que se passe-t-il ? » demande Messire Salazar, en regardant l'affreux jeter rageusement la boule serrée qu'il a faite avec le journal, dans un coin reculé.

Et comme Voldemort ne répond pas, restant regard fixe et mâchoires crispées sur sa rumination furieuse, il répète, en hurlant lui aussi : « NE M'IGNORE PAS AINSI ! QUE SE PASSE-T-IL ? »

L'affreux sursaute et son regard vient se poser sur Messire Salazar.

« IL SE PASSE QU'IL A TROUVÉ LE TRESOR DE BRIAN BORU ! » répond-il sur le même ton.

« Mais comment cela pourrait-il être possible ? » réagit Messire Salazar, sourcils froncés.

« C'EST EXACTEMENT CE QUE JE VOUDRAIS SAVOIR ! » hurle à nouveau l'affreux, qui a l'air sur le point de sauter sur Messire Salazar pour l'étrangler.

« Mais réfléchis donc, c'est impossible ! C'est nous qui possédons la Clef qui permet de déchiffrer les énigmes ! » répond Messire Salazar, lui retournant un regard plus noir que noir.

« DES PHOTOGRAPHIES DE POTTER ET DU TRÉSOR PROUVENT LE CONTRAIRE ! » réplique l'affreux, hurlant à se faire péter les cordes vocales.

Ses carotides aussi, qui battent dangereusement sur sa gorge. Certaines petites veines saillantes sur ses tempes également. Et à voir son teint, il doit être violet. Ça doit chauffer et gonfler sec dans son cerveau aussi et il risque donc fort de péter une durit, comme dirait Lee.

« JE TE DIS QUE C'EST IMPOSSIBLE ET QU'IL S'AGIT ASSURÉMENT D'UNE SUPERCHERIE ! » hurle plus fort encore que lui Messire Salazar, poings sur les hanches et regard défiant l'affreux de lui prouver le contraire.

Pour le coup, Voldemort tend la main en direction de la boule jetée tantôt dans un coin reculé, la défroisse de ses mains osseuses rendues malhabiles par la rage, puis brandit la page chiffonnée sous le nez de Messire Salazar.

« Où aurait-il pu se procurer ces monticules de pièces d'or, ces cassettes débordantes de joyaux, tous ces objets précieux en or, en argent ou vermeille, frappés de l'écusson de Brian Boru, à ton avis ? Certainement pas dans son coffre à Gringotts ! Et ce n'est certainement pas non plus l'Ordre du Phénix qui possède de tels trésors ! » siffle-t-il entre ses dents, avant de hurler encore : « ALORS OÙ A-T-IL BIEN PU LES TROUVER, SI CE N'EST DANS LA CACHETTE DE BRIAN BORU ! »

« LES GOBELINS LES LUI ONT ASSURÉMENT PRÊTÉS ! » hurle en retour Messire Salazar, avec une expression faciale de rage égale à celle de l'affreux, tandis que je savoure la scène avec délice.

J'ai déjà bien souvent entendu Voldemort hurler de fureur. Mais jamais je n'ai vu qui que ce soit lui hurler dessus en retour. Et je vous prie de croire que cela fait un bien fou d'assister à ça. D'ailleurs, les autres ne s'y trompent pas non plus, à voir leurs yeux pétillants et leurs sourires. Et soudainement, Dedalus, émet même un petit gloussement de rire, qui nous contamine tous.

C'est donc l'éclat de rire général dans la Base.

« CES SALES PETITES CRÉATURES VICIEUSES SONT BIEN TROP AVARICIEUSES POUR DONNER UNE TELLE FORTUNE A POTTER À SEULE FIN DE ME PROVOQUER ! » rétorque l'horrible, sur un hurlement qui fait trembler le mobilier, tandis que nous rions de plus belle de bon cœur.

« OUVRE MIEUX TES OREILLES ! JE N'AI PAS DIT DONNÉ, J'AI DIT PRÊTÉ ! ET CESSE DONC IMMÉDIATEMENT DE PERSISTER AINSI DANS LA DÉRAISON OU JE TE LAISSE À TON INUTILE COLÈRE ET À TA STUPIDITÉ ! » réplique Messire Salazar, penché en avant, bras croisés sur la poitrine et clouant sur place l'affreux, de son fameux regard qui tue sans sommation, que nous l'avons minutieusement aidé à mettre au point.

Il lui a cloué le bec aussi, par la même occasion, à l'affreux. Pour combien de temps je ne sais pas, mais en tout cas, ça fait du bien à nos oreilles.

Enfin, bref. Toujours est-il que nous assistons maintenant à un duel de regards tueurs. Et à ce jeu-là, je parie sans risque sur Messire Salazar. Car il a le très net avantage de ne pas ressentir les sensations physiques de la colère, ni les picotements désagréables dans les yeux, que provoque l'absence de cillement.

« Je ne suis pas stupide ! » siffle avec rage Voldemort, qui doit sentir qu'il va flancher avant Messire Salazar et tente donc de gagner autrement.

« Si tu es stupide ! Pis que cela même ! À te laisser ainsi provoquer par Potter, tu me donnes le sentiment de n'avoir pas plus de cervelle qu'un misérable Poufsouffle ! » réplique Messire Salazar, dans un même sifflement, au sursaut plus qu'indigné de l'affreux.

Et les rires sont bloqués net dans la Base. Pas que nous ne goutions pas cette insulte, bien au contraire. Mais nous sommes surpris, abasourdis, que Messire Salazar ait osé aller aussi loin dans la provoc.

« NE M'INSULTE PAS, SALAZAR ! » menace Voldemort, haussant sourdement le ton et à demi suffocant.

« JE N'AI NULLEMENT BESOIN DE T'INSULTER, VOLDEMORT ! À RÉAGIR AINSI AVEC AUTANT DE SUSCEPTIBILITÉ ET DE MANQUE DE DISCERNEMENT QU'UN STUPIDE GRYFFONDOR, TU ES UNE INSULTE VIVANTE A TOI-MEME ET TOUS LES SERPENTARDS DIGNES DE CE NOM ! » réplique Messire Salazar, osant ce que doit assurément considérer l'affreux comme l'insulte suprême.

Et nom de Morgane !, comme dirait Dedalus, j'avoue moi-même trouver qu'il y va vraiment extrêmement fort sur ce coup, Messire Salazar. L'affreux en suffoque carrément. Sa bouche cherche à happer l'air, sans y parvenir, pendant quelques longues secondes.

« Prends garde, Salazar ! » parvient-il néanmoins à émettre, les yeux exorbités de stupeur scandalisée et menaçante à la fois.

« Non ! Toi, prends garde, Voldemort ! N'oublie pas qu'il m'est toujours possible de réaliser mes projets avec un autre, quand ce n'est pas le cas pour toi ! Réfléchis bien à cela maintenant que ta colère est retombée et estime-toi heureux, si je reviens vers toi ! » réplique Messire Salazar, avec fermeté, avant de clignoter à trois reprises.

« Tu oserais donc bien me quitter ! » souffle l'affreux, de la crainte brûlant maintenant dans ses yeux flamboyants.

« Cela me coûterait beaucoup, je te l'ai dit. Et je n'ai guère envie de le faire. Mais tu me fatigues inutilement avec tes colères injustifiées et tes hurlements improductifs. Tu es beaucoup trop prompt à réagir, Voldemort. Et en revanche beaucoup trop lent à écouter mes conseils avisés. » répond Messire Salazar, avec lassitude et poussant un soupir léger, avant d'ajouter : « Lis cet Editorial Spécial dans son intégralité, Voldemort. Cherche dedans les incohérences, les indices qui te permettront sans doute de discerner la vérité sur ce qui ne peut-être à mon sens, qu'une indéniable supercherie, une provocation supplémentaire. Et surtout, oublie tes doutes à mon encontre. Je n'ai nul désir de t'évincer au profit de ton insipide fils, dont le seul atout à mes yeux, est le corps jeune et fort qu'il possède et dont nous pouvons aisément le déposséder. »

Et Messire Salazar disparait de l'Ecran, sans coup férir, éclatant d'un rire joyeux, aussitôt revenu dans la Base.

o-o-o

« Ah ! Quel bonheur cela a été de l'insulter ainsi, mes chers amis ! Uh ! Uh ! Uh ! Uh ! » s'exclame-t-il, d'un ton aussi joyeux que son rire et le regard brillant de malice heureuse.

« Ça je n'en doute pas ! Vous n'avez vraiment pas fait dans la dentelle avec lui et j'ai bien cru qu'il n'allait pas s'en remettre, ni ne parviendrait jamais à reprendre son souffle ! » sourit Harry, sans quitter l'Ecran de l'œil.

L'affreux est encore quelque peu abasourdi, par la grosse claque qu'il vient de se prendre dans la gueule.

« Ouais. Tout de même, Messire Salazar ! Oser l'assimiler à un Poufsouffle puis dans la foulée à un Gryffondor et lui signifier en sus, qu'il est une insulte vivante à tous les Serpentards dignes de ce nom ! Vous ne pouviez pas faire plus fort, vraiment ! » renchéris-je, me repassant toute la scène dans ma tête, avec un plaisir exquis, avant d'ajouter, pince sans rire : « Heureusement cependant, que vous n'êtes pas parti sans lui laisser ne serait-ce qu'une petite lueur d'espoir de retour possible. Parce qu'après une telle claque et un abandon de votre part, il aurait pu avoir des velléités suicidaires. Auquel cas, notre affaire aurait été dans le lac et à recommencer dans vingt ans. »

Et aussi sec, Messire Salazar, qui se bidonnait encore, bloque net son rire dans sa gorge.

« Ai-je pris autant de risques ? Ai-je été trop excessif ? » demande-t-il, avec inquiétude.

« Excessif, sûr que vous l'avez été, Messire Salazar ! » réponds-je, avec gravité, mais voyant son air de plus en plus penaud et inquiet, j'ajoute immédiatement sur un immense sourire : « Ceci dit, vous ne l'avez pas été plus qu'aurait pu l'être son Salazar. Ni autant qu'il aurait pu l'être lui-même. »

« Exact. Lui, il aurait été capable de tirer sa Baguette pour vous jeter un Avada Kedavra, s'il n'avait été aussi surpris et scandalisé par la virulence de vos propos et plus encore, apeuré à l'idée que vous puissiez l'abandonner. » complète Harry, qui détache son regard de l'Ecran et le reporte sur Messire Salazar, pour ajouter : « Il a réellement peur que vous le fassiez, depuis que vous avez émis cette possibilité hier. Mais je ne vous apprends rien, n'est-ce pas. Après tout, vous avez parfaitement cerné sa personnalité et vous lisez désormais en lui comme dans un livre ouvert. »

« Je n'ai aucun mérite à cela. Il est absolument incapable de maitriser ses réactions et moins encore de masquer ses émotions. Le déstabiliser et le pousser dans ses retranchements est un véritable jeu d'enfant. » répond Messire Salazar, avec modestie.

« Aucun mérite ? Quand vous le menez désormais par le bout du nez ? Regardez comme il vous obéit au doigt et à l'œil ! » s'exclame Hestia, désignant l'Ecran sur lequel on peut voir maintenant l'affreux en train de lire attentivement chaque ligne d'un article de l'Editorial Spécial, avant d'ajouter : « Il a trouvé son Maître avec vous ! Et ça, ce n'est certainement pas rien ! Alors cessez de jouer au modeste, Messire Salazar ! Ce n'est pas un rôle qui vous sied ! Je vous préfère nettement dans celui du joyeux cabotin pétri de vantardise ! C'est beaucoup plus amusant ! »

Messire Salazar l'œil aussitôt pétillant, s'incline devant Hestia dans une profonde révérence.

« Croyez que je ne saurais souffrir de contrarier votre charmante personne, chère Madame, en faisant preuve d'une inqualifiable goujaterie votre égard. Je m'incline donc devant vos arguments solides et accepte bien volontiers vos compliments, ainsi que tous ceux de l'honorable assemblée ici présente. » dit-il, de sa voix la plus sépulcrale et du ton théâtral que nous lui connaissons si bien.

« A la bonne heure ! Je vous retrouve enfin égal à vous-même ! J'ai craint un instant que cette Mission ait définitivement changé votre caractère et ait fait de vous un horrible bonnet de nuit ! » s'exclame joyeusement Hestia, sur un ton de plaisanterie que nous lui entendons en revanche très rarement.

C'est quelqu'un de très réservé, Hestia. Très discret également.

« Que la peste soit, qu'il en fut ainsi un jour ! Car il me serait tristement fâcheux, de ne plus point vous voir en ma présence, cette flamme joyeuse qui sied tant à vos yeux et à votre teint délicat très chère ! » affirme alors Messire Salazar, d'un ton séducteur.

« Vil flatteur ! » réplique Hestia, en gloussant quelque peu.

« Il n'est nulle flatterie dans mon propos, Madame. Uniquement sincère et pure vérité ! » se défend aussi sec Messire Salazar, qui fait mine de prendre la main d'Hestia, pour y apposer un délicat baiser.

« J'accepte de vous croire, Messire Salazar. Mais cessez de me distraire maintenant, que je reprenne mon travail ! » déclare cette fois Hestia, avec un sourire amusé.

Et elle se tourne résolument vers l'Ecran, tandis que j'échange un coup d'œil rieur avec Harry.

Décidément, aucune femme ne semble résister à jouer au jeu de la séduction avec Messire Salazar. Même les plus réservées, comme Hestia !

OoOoOoO

Acte 16 : Une Chance Pour Les Ânes Bâtés

Severus

Les Ânes Bâtés ont été retenus après le dîner et bien qu'ils n'appartiennent officieusement plus à aucune d'entre elles, les Directeurs de Maison ont été invités à rester également. Nous nous tenons cependant en retrait, quasiment acculés au Mur du Souvenir. Albus quant à lui, se tient debout auprès de King, à trois pas derrière Brutus Brandburgy.

Ses anciens congénères ont bien sûr été surpris de le voir entrer, encadré d'Albus et Kingsley. Et maintenant ils écoutent attentivement ce qu'il dit. Nombreux sont les yeux effarés parmi les plus jeunes. Il y a du doute dans ceux de quelques élèves un peu plus âgés. Et de la colère dans ceux des autres.

« Ce sont des mensonges ! Ils lui ont retourné la tête ! Peut-être même qu'ils l'ont mis sous Impérium, pour lui faire dire ces saletés de mensonges ! » s'exclame brusquement Saphira Casey, en se levant de son banc, alors que Brandburgy a tout juste eu le temps d'expliquer qu'il regrette ce qu'il a fait pour Voldemort, parce que celui-ci les a grugés et qu'il n'est pas du tout ce qu'il croyait.

Je ne suis guère étonné de la réaction de Casey. C'est une pure de dure partisane, élevée depuis son plus jeune âge dans le culte de Voldemort et de ses idéaux, ses parents lui rabâchant sans cesse que les Nés-Moldus ne méritent pas de vivre et que les Sang-Mêlés sont des traitres à leur sang, qui méritent de payer au prix fort leur trahison.

Comme c'est le cas de la plus grande part des élèves se trouvant dans cette pièce d'ailleurs. Et Harry a raison. Qu'avons-nous fait depuis qu'ils sont ici, pour leur donner les moyens de remettre en question ce qu'ils ont appris de leurs parents ?

Pas grand-chose en vérité. Nous avons seulement tablé sur le fait que l'éloignement de la cellule familiale, leur permettrait de prendre de la distance et de se forger leur propre opinion. Car les connaissances, les ouvrages et journaux que nous mettions à leur disposition, favoriserait le développement de leur esprit critique.

Erreur de notre part. Ce n'était pas suffisant. Et nous prenons aujourd'hui une belle leçon : nous devrons réfléchir à une meilleure manière de procéder à l'avenir, pour que les générations futures acquièrent davantage d'ouverture d'esprit et de sagesse, dès leur entrée à l'Ecole.

Mais ce n'est pas le moment de réfléchir à cela maintenant. Je dois me concentrer sur le présent.

« Casey a raison ! C'est un sale menteur ! » renchérit Charlyn Wagner, toute aussi pure et dure que Saphira Casey.

Et plus dangereuse encore. Sa famille ne s'est jamais embarrassée du moindre scrupule et la Magie Noire est pratiquée à toute occasion au décours de leurs activités professionnelles ou de loisir.

« Ce ne sont pas des mensonges ! Je ne suis pas sous Impérium ! Ce que je vous dis, c'est la vérité ! » se défend Brutus Brandburgy, en regardant ses anciens camarade à la ronde, ses yeux les suppliant de le croire.

C'est la première fois qu'il ose les regarder vraiment. Jusqu'ici, il avait gardé une attitude plutôt repliée sur lui-même. Ses yeux n'accrochaient rien, ni personne. Et sa voix était incertaine, tremblante. Ce n'est plus le cas maintenant. Elle est ferme, assurée.

« La vérité, Brandburgy, c'est que tu es un traitre vendu à Potter ! La vérité c'est que tu nous racontes des mensonges inventés de toutes pièces, dans l'espoir de salir à nos yeux, la noblesse du Seigneur des Ténèbres et sa généreuse réputation ! Mais nous savons bien, nous, ses loyaux Serviteurs, que rien de ce que tu dis n'est vrai ! » accuse maintenant Arthus Benson, qui s'est également levé et fait peser son regard le plus autoritaire et noir sur Brandburgy.

Le ton de sa voix est ferme, fervent, destiné à convaincre celles et ceux qui pourraient être enclins à douter, parmi les plus âgés. Et les plus jeunes, qui pourraient se laisser influencer par les révélations de Brandburgy.

« Qu'est-ce que tu en sais, Benson ! Tu n'étais pas là-bas, mais moi j'y étais ! J'y étais et je l'ai vu ! JE L'AI VU ! ET VÉCU ! » s'écrie Brandburgy, les poings serrés cette fois.

Pas sur la colère cependant. Sur son désir de convaincre.

« Oui, j'étais là-bas et je l'ai vu. Je refusais de le voir, mais je l'ai bien vu. Et maintenant, j'ai les yeux bien ouverts et j'ai enfin compris toute la vérité sur lui. Je sais comment il est en réalité ! » dit-il encore, avec fermeté, bien que son regard soit embué de larmes.

Et Benson ricane.

« Eh bien vas-y ! Allez, raconte nous donc ce que tu as vu, puisque tu y étais ! Débite tous tes mensonges, puisque tu as l'air de tellement y tenir ! » déclare Benson, qui ricane encore, avant de poursuivre en regardant maintenant ses congénères : « Finalement, je crois que ça va bien m'amuser, de l'écouter raconter toutes les fadaises qu'il va nous réciter, comme le bon petit toutou de Potter qu'il est devenu. Alors laissons le parler, sans plus l'interrompre. De toute façon, nous savons à quoi nous en tenir, n'est-ce pas mes amis ? »

« Parfaitement, Arthus ! Et ce n'est pas lui qui nous fera changer d'avis avec ses mensonges éhontés ! » l'approuve Fausto Di Marco, qui fait partie des éléments de sa petite cour la plus proche, depuis que Benson a pris quartier chez les Âne Bâtés.

Et il est lui-même approuvé de nombreux hochements de tête, parmi les plus âgés et convaincus partisans de Voldemort.

« A toi donc la parole, Brutus ! Et je t'en prie, insiste bien sur les détails de ce que tu affirmes avoir vu ! Plus il y en aura, plus cela m'amusera ! » invite alors Benson, avec mépris, en se rassoyant à table.

Brutus Brandburgy semble incertain durant quelques instants. Puis il serre à nouveau les poings sur sa détermination et se lance, le regard ancré dans celui de Benson.

« Rassure-toi, je vais t'en donner, des détails, Benson ! Je vais vous dire comment ça se passe réellement au Manoir ! Je vais vous dire comment ça se passe, dans sa nouvelle propriété aussi ! Et ce qu'il veut en réalité ! Me croiront ceux qui le veulent, ce sera tant mieux pour eux et tant pis pour les autres ! » déclare-t-il, avec détermination, mâchoires un peu crispées, avant de laisser son regard revenir sur les autres, les plus jeunes, surtout, qu'il prend soin de regarder un à un, pendant qu'il raconte : « Il promet la belle vie à chacun ! Que tout le monde sera respecté et aura sa part de confort et de richesses, des repas raffinés ! Il prétend vouloir protéger les Sang-Purs, les choyer, les respecter ! Il se dit magnanime et généreux avec ses loyaux Serviteurs ! Mais tout ça c'est de la poudre aux yeux ! Des mensonges ! Il n'en a rien à faire des autres ! Il les manipule pour obtenir ce qu'il veut et pour son bon plaisir ! Tout ce qui compte, c'est lui ! Je ne voulais pas le voir, quand j'étais au Manoir ! Et le soir de mon arrivée dans la nouvelle propriété, quand le vieux Carrow me l'a dit, que je n'aurais pas dû venir, que je devais bien faire attention à moi et surtout ne pas trop m'approcher du Maître, je n'ai pas voulu le croire, non plus ! Je me suis dit que ce n'était rien qu'un vieux cinglé ! Mais la vérité, c'est qu'au Manoir Malfoy, c'est la misère pour les Mangemorts ! Ils sont tous entassés dans des tentes pouilleuses ! Il s'en fout qu'ils pataugent dans la boue et le froid ! Il s'en fout qu'ils se battent pour la nourriture, quand il n'y en a pas assez pour tout le monde ! Il s'en fout qu'ils soient blessés au combat et qu'il y a rien pour les soigner ! Ils peuvent crever dans les tentes, il ne lève pas le petit doigt pour les aider ! Il ne vient même pas les voir ! Même les morts, il ne les respecte pas ! Quand ils ne sont pas mangés par son serpent, les cadavres restent plusieurs jours dans un coin du parc, avant qu'on les emmène on ne sait où pour qu'il en fasse des Inferi ! Parce que ce n'est pas assez de le servir de son vivant ! Il faut aussi le faire quand on est mort ! »

Brandburgy s'interrompt, pour reprendre son souffle. Ses mains tremblent. Il tremble en fait de la tête aux pieds. Mais maintenant qu'il a commencé à vider son sac et ce qu'il a sur le cœur, il est déterminé à continuer et son regard reste ferme, animé d'une envie de convaincre les autres de la véracité de son propos.

Parmi les plus jeunes Ânes Bâtés, l'effarement est à son comble. Le doute s'insinue de toute évidence dans leurs esprits et certains parmi eux cherchent dans le regard de leurs aînés, ce qu'ils doivent croire maintenant.

« Et pour ceux qui sont à son service dans sa maison, c'est encore pire ! » reprend Brandburgy, après avoir pris une grande bouffée d'air : « Si le vieux Carrow est devenu à moitié cinglé et qu'il ne peut plus marcher, c'est à force de se prendre des Doloris à chaque fois que le Maître se met en colère ! Et je ne dis pas ça parce que c'est ce qui se raconte, mais parce que je l'ai vu faire ! De mes yeux je l'ai vu ! Randy Bletchley l'autre fois, il n'avait rien dit, rien fait ! Il avait seulement apporté la Gazette, mais le Maitre a deviné que les nouvelles n'étaient pas bonnes pour lui, alors Bletchley ne lui avait pas encore mis le journal dans la main, qu'il lui a fichu des Doloris à pleine puissance, comme s'il était responsable des mauvaises nouvelles ! Bletchley a dû ramper pour revenir dans les cuisines ! Et c'est la même chose pour ses lieutenants ! Dès que quelque chose ne va pas à son idée, il se fout en colère et il les punit ! Parce que ce sont bien sûr toujours les autres qui sont responsables de ses échecs, surtout pas lui ! Alors il est sans cesse à soupçonner tout le monde de le trahir ! Il ne permet donc à personne de sortir sans sa permission ! Personne n'a le doit d'envoyer ou recevoir un Hibou non plus ! Et malgré ça, quand quelque chose va de travers dans ses projets, il est toujours à trouver des coupables dans ses rangs, qu'il torture à mort pour leur faire avouer n'importe quoi ! Voilà comment il est le Maitre ! Et si tout le monde lui obéit au doigt et à l'œil, ou se met en quatre pour lui faire plaisir, ce n'est pas parce qu'il est si gentil et généreux, qu'on veut le remercier, mais parce qu'il terrorise tout le monde ! Tout le monde a peur ! Tout le monde tremble devant lui ! Alors tout le monde fait tout ce qui est possible pour lui plaire et se faire bien voir, dans l'espoir d'échapper à ses punitions ! »

Cette fois, c'est certain. Brutus Brandburgy a réussi à semer le doute dans pas mal d'esprits et je vois de la peur, surtout dans les yeux de quelques première, deuxième, troisième et quatrième années. Il y a même quelques chuchotements animés, échangés parmi eux.

Mais lorsque Brutus Brandburgy se tait, Benson rappelle tout le monde à l'ordre, en se levant et en frappant dans ses mains, dans un applaudissement qu'il lui adresse, le regard brillant d'une lueur vivement moqueuse.

« Bravo, Brutus ! Tu as parfaitement appris et récité ta leçon ! » commente-t-il, au ricanement de sa petite cour, cessant de frapper dans ses mains, avant d'ajouter : « Mais dis-moi, si tout le monde est si terrorisé, dans les troupes du Maître, pourquoi tout le monde reste-t-il auprès de lui ? »

« Parce que tout le monde a trop peur d'être retrouvé, grâce à la Marque et de ce qu'il fera alors ! D'être torturé durant des jours et des jours ! Puis tué et bouffé par son serpent ou transformé en Inferi ! » répond spontanément Brandburgy.

« Oh ! Si c'est vraiment le sort qu'il réserve aux traitres, Brutus, je t'applaudis d'autant plus ! Car vraiment, il faut beaucoup de courage dans ce cas, pour oser le quitter et revenir au grand jour à Poudlard, afin d'inciter les fidèles Serviteurs du Maitre à la trahison ! » réplique Benson, plus moqueur que jamais.

« J'ai osé le quitter, Benson, parce que j'avais plus à perdre qu'à gagner, en restant auprès de lui ! » rétorque Brandburgy, tremblant de nouveau de la tête aux pieds.

Benson ricane brièvement, avec moquerie encore une fois.

« Et qu'avais-tu donc de si précieux à gagner ! Croupir à jamais dans la sombre prison dans laquelle ils vont s'empresser de t'enfermer pour le reste de ta vie ! Qu'ils te privent à jamais de ta liberté, c'est donc ça, que tu avais à gagner ? » réplique encore Benson, qui s'interrompt brièvement en faisant mine d'avoir eu une idée soudaine et s'apprête à ajouter autre chose, mais n'en a pas le temps, car Brandburgy ne le lui laisse pas.

« Non ! Ce que j'avais à gagner, Benson, c'est qu'il ne me touche pas avec ses sales pattes de vieux dégueulasse pervers ! Ce que j'avais à gagner, c'est qu'il ne me baise pas le cul, contraint et forcé ! » s'écrie ce dernier, d'un ton étranglé, déglutissant difficilement, avant d'ajouter, en regardant à la ronde et plus spécifiquement vers les plus jeunes, le regard hurlant sa sincérité pour ajouter : « C'est ça aussi, la vérité ! Malfoy avait raison de dire que le Maitre n'est qu'un sale pervers pédophile ! Parce que c'est bien ce qu'il est ! Il aime baiser le cul des jeunes garçons ! Et c'est ce qu'il voulait de moi ! C'est pour ça, qu'il m'a fait venir auprès de lui ! Il manœuvrait pour me convaincre de coucher avec lui, en me faisant croire que c'est moi qui voulais ça ! Mais jamais je ne l'aurais voulu et bientôt il m'aurait forcé, il m'aurait violé, si je ne m'étais pas sauvé ! »

« Cette fois, tu ne m'amuses plus Brandburgy ! Il faut que tu sois tombé bien bas, pour tenir des propos d'une telle ignominie, devant de jeunes et chastes oreilles ! » s'exclame fortement Benson, le ton méprisant, son regard lourd de dédain fixé sur Brandburgy se détournant soudainement pour englober ses congénères et ajouter avec autorité : « Nous avons entendu plus qu'assez de cette ignoble comédie ! En écouter davantage reviendrait à salir et trahir nous-mêmes le Maitre ! Regagnons donc nos quartiers ! »

Il fait aussitôt demi-tour dans l'intention de partir et sa petite cour se lève pour le suivre tout aussi vite. La presque majorité des élèves les plus âgés également. Mais il y a visiblement du flottement et de l'hésitation parmi les autres.

Quoiqu'il en soit, Benson n'a pas fini d'enjamber son banc, ni sa cour et les autres élèves non hésitants de se lever, qu'il est rappelé à l'ordre par Albus.

« Un instant, monsieur Benson ! Vous n'avez pas été autorisé à quitter la Grande Salle encore. » dit-il, d'une voix douce, mais impérative, qui emplit toute la Grande Salle.

Benson se fige, à l'instar de sa petite bande, mais il ne daigne pas pour autant se retourner vers Albus. Son regard est fixé sur les Portes fermées de la Grande Salle et il est plus qu'évident qu'il y restera jusqu'à ce qu'il sorte d'ici. Mais Albus n'en a cure.

« Le retour de Monsieur Brandburgy à Poudlard, nous a fait prendre conscience, aux autres professeurs et à moi-même, que nous avions commis une erreur, en vous plaçant à l'écart et en vous infligeant de lourdes sanctions, sans avoir tenté davantage, de vous mettre en situation d'ouvrir vos esprits et d'effectuer des choix éclairés. Dans la douleur des évènements que nous avons eus à vivre ces derniers mois, nous avions oublié, qu'il ne fallait pas irrémédiablement condamner une personne, parce qu'elle a commis une erreur d'appréciation et pris une regrettable décision. Nous avions oublié également, que toute personne a droit à une nouvelle chance, lorsqu'elle reconnait avoir commis une erreur. Nous avions oublié par ailleurs, que nous ne pouvions vous convaincre d'ouvrir vos esprits, quand nous avions fermé le dialogue et que nous vous avions assommés de retenues fastidieuses, au lieu de vous offrir la possibilité de vous cultiver davantage. Enfin, nous avions surtout oublié, que les jeunes esprits, qui ont depuis toujours été élevés selon des croyances inculquées par leurs parents, ne sont pas en capacité de les remettre en cause, si on ne leur donne pas une véritable chance de le faire. Nous avons donc décidé de rectifier ces erreurs et ces oublis, raison pour laquelle nous avons en premier lieu invité Monsieur Brandburgy, à vous faire part de son expérience et je le remercie d'avoir accepté de le faire dès ce soir. » déclare Albus, son regard courant sur les élèves à la ronde.

Il prend un instant, pour leur laisser le temps d'intégrer son petit discours, avant de reprendre parole.

« Bien sûr, je peux comprendre qu'il vous soit difficile de croire en sa parole, alors que depuis toujours vous avez entendu des discours contraires, de sa part et celle de vos ainés, de vos parents également. Mais avant de rejeter en bloc ce qu'il vous a révélé, songez que vos aînés et parents ne côtoyaient pas Voldemort au quotidien, lorsqu'ils ont loué devant vous ses idéaux et ses mérites. Ils n'avaient pas à le servir chaque jour, à subir ses accès et excès de colère, sa méfiance maladive, sa tendance à voir en chacun un traitre potentiel, à accuser à tort des responsables aux échecs dont il est l'artisan, qu'il torture et tue sans pitié. Vos aînés et parents n'avaient pas non plus connaissance de sa véritable personnalité, de ses véritables intentions et projets. Ils n'avaient aucun moyen de deviner ses penchants sexuels pervers. Leurs rares, voire unique rencontre(s) avec lui, s'était(ent) déroulée(s) dans le salon familial, autour d'un thé, à l'occasion duquel il avait déployé du charme, de la séduction, pour les convaincre d'adhérer à sa cause.» dit-il encore, marquant une brève pause, sur un soupir, avant de reprendre : « Désormais la plupart de vos aînés et parents vivent quotidiennement la réalité. Cependant, ils ne peuvent vous en faire part. Car ils ne sont pas autorisés à le faire. Ils ne peuvent vous faire parvenir de Hibou, partager ce qu'ils pensent de leur nouveau quotidien, avec vous. Mais s'ils le pouvaient, que vous diraient-ils aujourd'hui ? Ne seraient-ils pas désireux de vous épargner les souffrances, la peur qu'ils sont contraints désormais d'endurer ? C'est ce à quoi je vous invite à réfléchir dès à présent, mes chers enfants.»

Durant tout ce discours, mon regard ne quitte pas Benson. Celui de ce dernier reste obstinément fixé sur les Portes. Mais je sais qu'il écoute attentivement Albus. Ses mâchoires se crispent, ses poings sont serrés sur la colère. Il va avoir fort à faire lorsqu'il va rentrer dans ses Quartiers et il le sait. Il n'a pas besoin de voir la tête de ses camarades, pour savoir que ce discours d'Albus fait mouche pour un bon nombre.

« Les retenues sont levées dès ce soir. Par ailleurs, les élèves de la première à la cinquième année resteront ici cette nuit, car nous estimons, qu'ils sont en droit de réfléchir dès à présent, loin de l'influence néfaste d'élèves plus âgées, dont les esprits obtus ou orgueilleux, refusent de reconnaitre qu'ils se sont peut-être fourvoyés. Il n'est pas possible d'organiser dès ce soir leur réintégration dans leurs anciennes Maisons, mais ce sera chose faite dès demain matin. Quant aux élèves de sixième et septième année, dont le libre arbitre est censé être plus développé que chez leurs jeunes camarades, nous laissons à leur appréciation, le choix de rester ou non ici ce soir et, dès demain également, de réintégrer ou non leur ancienne Maison. Quoi qu'ils décident cependant, nous tenons à ce qu'ils sachent, que même s'ils décident de ne pas le faire dès demain, ils y seront bienvenus s'ils changent d'avis un autre jour. Car jamais plus la porte des Maisons, celles des Directeurs de Maison, des autres professeurs, ni la mienne, ne sera fermée pour aucun Elève. » déclare maintenant Albus, qui fixe la nuque de Benson, pour achever : « Pas même pour les Elèves qui semblent aujourd'hui trop obtus ou orgueilleux, pour admettre qu'ils se sont peut-être fourvoyés. »

Benson sursaute et se redresse, comme s'il avait été piqué par le regard pointu d'Albus. Ses mâchoires se crispent plus durement encore, avant qu'il n'ouvre la bouche.

« Pouvons-nous enfin sortir, maintenant ? » demande-t-il, d'un ton abrupt et hautement irrespectueux.

« Vous le pouvez, Monsieur Benson. » répond Albus, avec une neutralité parfaite.

Et Benson s'en va. Sans accorder un seul regard derrière lui, même pour savoir qui le suit ou non. Je le suis un instant du regard, puis je l'abandonne, pour accorder mon attention sur ceux des élèves plus âgés, qui ont su saisir dès à présent la chance qui leur a été offerte, de réviser leur jugement.

Ils ne sont pas nombreux. Seulement cinq.

Mais comme l'a fait remarquer Harry, même s'il n'y en avait eu qu'un seul, cela aurait été une victoire. Et nous sommes toujours en droit d'espérer que d'autres suivront leur exemple dès demain.

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LII - Contrer L'Ennemi Et Avancer - Acte 1 : Monstres Et Compagnie – Point de vue de Ron

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