Disclaimer : cf chapitre 1

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Milles merci et bisous à Mistycal, ma super beta!

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Réponse sur mon forum, au commentaire de : - lion -

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Dernière Ligne Droite 2 / 4

Acte 4 : Avant Dernière Carte

Ron

Il est minuit treize, lorsque la Cheminée du Bureau ronfle ses flammes vertes, pour annoncer le retour de Papa. Il n'est pas seul cependant. Amélia Bones et Kingsley l'accompagnent.

« Nous agréons à votre demande. » déclare Papa, lorsque Crabbe et Goyle sont délivrés de la Bulle de Silence dans laquelle je les ai maintenus depuis son départ, précisant cependant très rapidement en voyant leur réaction satisfaite : « Mais il est entendu qu'il s'agit là d'une mesure de mise en liberté sous condition, pour laquelle un contrat sera signé et que vous devrez vous rendre au bureau des Aurors, dès la guerre terminée. »

« Ouais. On vous aide à gagner et après on se rend. C'est entendu, c'est nous qu'on l'a proposé et on tiendra parole ! » acquiesce Crabbe, au hochement de tête approbateur de Goyle.

« Certes. Mais qu'il soit entendu également, que si vous ne tenez pas votre promesse et qu'il faut aller vous chercher, aucune circonstance atténuante à ce propos ne vous sera créditée lors de votre procès. Votre parole n'aura plus aucune valeur et le doute sera alors permis dans les esprits, quant à votre ignorance du projet de Lucius Malfoy de vous imposer des Bracelets d'Esclavage. Vous pourriez donc être accusés non seulement de harcèlement, oppression et subordination d'autrui par la menace et la violence et de complicité d'escroquerie, faits établis antérieurs à la date où vous avez été soumis au Bracelet d'Esclavage, mais également de meurtres, de viols, de coups et blessures graves, d'usage de Magie Noire, de violation de sépulture et de profanation de corps, en vue de la création d'Inferi etc, etc, etc… » enchérit Amélia Bones, d'un ton très sec.

« C'est entendu. Et ne vous en faites pas, on tient que tout le monde sache qu'on a fait tout ça à cause de Lucius Malfoy. » répond Crabbe, une fois de plus approuvé muettement par son vieux compère et ami.

« Très bien. Dans ce cas, voici le contrat officiel que je vous prie de signer. Le lien que cela établira entre vous et le Département de la Justice Magique, permettra aux Aurors de vous localiser si vous n'avez pas tenu votre promesse dans les deux heures suivant l'annonce officielle de fin de guerre. » déclare Amélia Bones, en déroulant deux Parchemins qu'elle pose ensuite sur le bureau, avant de tendre une plume vers Crabbe et Goyle.

Ils signent tous deux sans hésiter, leur main droite s'enrobant d'une lueur jaunâtre tandis qu'ils écrivent sur les parchemins. Puis Papa, King et Amélia Bones signent également et enfin, le Sceau de la Justice Magique est apposé sur les documents.

« Par quoi vous voulez qu'on commence ? Les Inferi ? On en a discuté en attendant dans notre coin tous les deux, on peut attirer ceux qui les gardent dehors, les assommer et après, quelques Feudeymon jetés dans la caverne et ça sera vite réglés, aucun ne pourra en réchapper. » déclare Goyle, lorsqu'Amelia ainsi que King sont partis.

« Non. Nous ne faisons pas usage de la Magie Noire dans nos rangs, il n'est donc pas question que vous en usiez non plus et surtout pas ces incontrôlables Feudeymon. Par ailleurs, les cavernes où sont parqués les Inferi sont protégées et je ne pense pas que vous ayez été autorisés à y pénétrer, n'est-ce pas ? » répond Nally avec autorité et ajoutant, lorsque Crabbe et Goyle lui donnent raison : « Alors vous ne les atteindriez pas. Et vous ne nous seriez plus d'aucune aide. Au contraire, vos cadavres seraient remisés avec ceux qui attendent d'être Ensorcelés et de rejoindre les rangs des Inferi. »

« Comment vous pouvez être si sûr, que les Cavernes sont protégées et qu'on ne passerait pas ? » demande Goyle, sourcils froncés sur ses efforts de réflexion.

« Nous avons un très bon réseau d'Espionnage. » répond aussi sec Severus, d'un air détaché.

Crabbe et Goyle semblent dubitatifs, mais ils ne mouftent pas, l'air de dire que quels que soient les ordres, ils se tiennent prêts de toute façon à les appliquer.

« Bon, ben alors qu'est-ce qu'on fait pour vous aider ? Vous êtes sûrs qu'on ne peut pas même simplement boucher la caverne, en faisant sauter l'entrée ? » demande Crabbe, pressé de toute évidence de se mettre en action.

« Non. Vous ne faites rien dans l'immédiat. De toute façon, il y a une voie de communication entre les cavernes et le Lac Noir. Voldemort ferait donc sortir ses Inferi par là. Ce qui a toujours été son projet. Nous sommes parés en conséquence. Alors il ne doit surtout pas savoir que nous avons connaissance des lieux où il crée et garde ses Inferi. Cela pourrait faire capoter notre défense. Et il ne doit pas plus apprendre que vous êtes désormais ses ennemis, ce qu'il devinera aisément si vous vous rendez auprès de lui maintenant, car il sentira, que vous n'êtes plus porteur des Bracelets d'Esclavage. Mais n'ayez crainte, de l'action, vous en aurez d'ici peu et certainement bien plus que vous n'en voudriez. » répond Harry, avant d'entreprendre d'expliquer la situation.

Il est plus que concis, passant sous silence de nombreux faits, pour ne livrer que l'indispensable, à savoir : le bilan des troupes de Voldemort que nous aurons à combattre, que nous manœuvrons depuis plusieurs jours pour attirer Voldemort dans un piège ici à Poudlard et que ce sera chose faite avant la nuit prochaine.

« Alors tout ce qu'on a à faire, c'est d'attendre ici qu'il jette toutes ses forces dans la gueule de votre Dragon ! » résume Goyle, à la fin du mini exposé de Harry.

« Vous avez surtout à prendre connaissance de notre plan de Défense, car il ne s'agirait pas que vous tombiez dans l'un des pièges qui seront activés dès le signal d'Alerte. » réplique Nally, en attirant l'attention de Crabbe et Goyle sur la maquette disposée sur une grande table de travail, qui était jusqu'à présent masquée à leurs yeux.

Une maquette comme celle que nous avons dans la Yourte d'Etat-Major au Paradis. Hormis bien sûr, que celle-ci représente Poudlard et les alentours, y compris Pré Au Lard, la Cabane Hurlante et la Propriété de Nally.

« C'est quoi, ce Château ? Il n'existe pas, je ne l'ai jamais vu ! » fait remarquer Crabbe, en désignant justement cette dernière.

« Détrompez-vous, il existe bel et bien. Il est juste invisible aux yeux, car protégé par un Fidelitas. Mais vous n'aurez sûrement pas à aller là-bas, alors peu importe. » répond Harry, avant d'entreprendre d'activer la Maquette, afin qu'elle se mette en mouvement.

« Qu'est-ce qui s'passe là ? » demande alors Goyle, en désignant cette fois la partie de la maquette qui représente le Lac Noir.

Il est surpris bien sûr, en voyant l'eau bouillonner, sous l'action de murs et plateformes qui émergent peu à peu des profondeurs.

« Les obstacles qui vont se dresser entre les Inferi et Poudlard. Mais là non plus, vous n'aurez pas votre place. » répond Nally avant d'ajouter, en montrant du doigt les Grilles de l'Ecole : « Vous, c'est ici, que vous serez positionnés et vous aurez tout intérêt à collaborer en bonne intelligence avec Hagrid, si vous ne voulez pas vous faire écraser impitoyablement par Graup, son demi-frère Géant. »

« Pourquoi c'est eux deux et pas vous, qui donnent les ordres ? » questionne alors Crabbe, en regardant vers Albus, son doigts désignant tour à tour Nally et Harry.

« Parce que Madame De Paimpont est notre Cheffe Stratège et que Harry est notre Chef de Guerre. C'est donc sous leurs ordres que vous vous êtes placés, en vous portant volontaires pour nous aider. » répond celui-ci en rendant son regard à Crabbe, par-dessus ses lunettes en demi-lunes.

Ce dernier réfléchit durant un bref laps de temps, puis hoche la tête, l'air de dire qu'il ne voit rien à objecter à cela.

« D'accord. On défendra donc cette place. Quels sont les pièges à éviter ? » dit-il ensuite, en regardant Nally droit dans les yeux.

Et Nally fait signe à Sev de leur expliquer ce qui va être mis en place, avant de jeter un coup d'œil vers l'horloge, puis Harry et moi-même.

Et nous comprenons tous les deux le message. Voldemort doit avoir terminé son marquage de bétail au Manoir Malfoy et si c'est le cas, alors nous pouvons mettre en branle la phase suivante de notre plan d'entretien du Volcan.

Nous partons donc tous les deux, direction la Base d'Espionnage, pour rejoindre Lee et Dudley qui font la garde depuis minuit.

« Alors comme ça, Lucius Malfoy et Thorpe sont morts ? » demande Lee, en confirmation de l'information probablement obtenue de la Base de Peterhead.

« Oui. Tout ce qu'il y a de plus morts. » confirme-je donc, en jetant un coup d'œil sur les Ecrans.

Voldemort n'est pas revenu encore ?

« Il va revenir bientôt. L'Ecosse nous a dit il y a deux minutes, qu'il lui reste quelques recrues à marquer. » déclare Lee, son regard suivant brièvement le mien avant de demander encore : « Que s'est-il passé exactement ? On n'en a pas su plus. On ne sait même pas si tout le monde est indemne ou non de notre côté. »

« Anika est morte. » lâche-je sur un soupir, à la réaction peinée immédiate de Lee, qui a eu l'occasion de combattre aux côtés d'Anika à Stockholm.

Puis, tandis que Harry donne quelques instructions à Messire Salazar, je fais à Lee le récit de ce que je sais. Pas grand-chose en réalité. Juste ce que j'ai fait, ce que j'ai pu entrapercevoir de-ci, de-là et ce que Severus nous a brièvement expliqué des circonstances du décès de Lucius.

« Concernant Thorpe, tout ce que je sais, c'est qu'il s'est pris un Avada perdu. Si tu veux plus amples renseignements, il faudra voir ça avec Blaise. D'après ce que j'ai compris, c'est lui qui était aux premières loges quand c'est arrivé. » achève-je, avant de boire une goutte du thé que Harry nous a servi.

Et au ton de ma voix, Lee comprend bien que ce n'est plus la peine de chercher à en savoir davantage. Il hoche la tête et nous fait à son tour un court résumé de ce qu'il s'est passé à la Gentilhommière après notre départ, jusqu'à celui de l'affreux.

C'est-à-dire pas grand-chose en vérité.

Et Lee a terminé son rapport depuis à peine trois secondes, que l'affreux revient justement. Il a l'air harassé, sous son masque d'évidente satisfaction. Et je n'ai qu'une envie, lui asséner le coup de grâce, en lui apprenant la mort de Lucius. Je me lève donc aussi vite et enfile mon blouson, pour lui livrer son petit colis.

« Au fait, il y a encore quelque chose qu'on ne t'a pas dit, Lee. C'est que Crabbe et Goyle Sénior sont dans notre camp, maintenant. Alors si tu croises leur chemin demain, pas de blague, hein ! » informe-je cependant Lee, juste avant de sortir de la Base.

Laissant ainsi à Harry le soin d'apporter les précisions que Lee ne va certainement pas manquer de lui demander.

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Harry

Comme la dernière fois, Voldemort, toute satisfaction totalement disparue, ordonne au planton qui lui a amené le colis empaqueté de rouge et enrubanné d'or, de le laisser sur la chaise installée auprès de la porte. Et il le fixe d'un regard sombre, attendant que Messire Salazar vienne à lui.

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« Ce n'est pas une riposte cette fois, puisque tu n'as pas répondu à sa précédente provocation. » déclare celui-ci, aussitôt arrivé dans le bureau de l'affreux.

« Non, effectivement, Salazar, ce n'est pas une riposte. » répond Voldemort, dans un souffle à peine audible, avant de faire venir le paquet à lui.

Il déchire le papier, surpris de voir un morceau de parchemin plié en deux, reposant sur un petit écrin. Il le déplie et je vois son aura nettement traversée par une onde de colossale fureur, à peine ses yeux effleurent-ils le court message écrit de ma main : Petit souvenir à garder précieusement car tu ne le verras jamais plus. La preuve en images.

Il bride cependant sa colère, le temps d'ouvrir l'écrin dans lequel repose la Bague que Papa a récupérée tout à l'heure au doigt de Lucius et une petite fiole contenant un souvenir.

Il prend la Bague de sa main gauche, la serrant immédiatement dans son poing, avant de poser l'écrin sur son bureau et d'en extraire la fiole de sa main droite. Puis, sans dire un seul mot, il se lève pour se diriger vers sa Pensine, dans laquelle il déverse le souvenir, se reculant de trois pas, avant de l'activer. Cependant, le souvenir n'a pas le temps de s'élever tout à fait que Voldemort le fige.

Et il reste figé lui-même, regard fixé sur la brune du souvenir encore à demi replié.

« Il n'est nul besoin de regarder ce souvenir. » dit-il soudainement, détournant son regard vers Messire Salazar, avant d'ajouter : « Tu as compris tout comme moi, n'est-ce pas Salazar ? Tu as senti toi aussi, la Protection de Sang déjà faible, s'affaiblir encore au Manoir. Je pensais que cela était dû à tant de présences étrangères sur le domaine. Mais ce n'était pas cela. »

Je suis assez surpris par cette réaction, je l'avoue. Car sa voix est certes empreinte de froide fermeté, mais j'y détecte également une certaine nostalgie que je ne m'attendais pas du tout à le voir exprimer. Ni éprouver d'ailleurs, si j'en juge son Aura.

« Oui, j'ai compris ! Lucius n'est pas seulement prisonnier, il est mort ! Il va donc nous falloir réviser nos plans pour tout à l'heure ! » lâche quant à lui abruptement Messire Salazar, avec une très vive contrariété.

« Nos plans ? » interroge alors l'affreux, le ton de voix semblant surpris de cette réaction de Messire Salazar, avant d'ajouter avec une grosse pointe de colère : « Je viens de perdre le seul être qui ait quelque peu compté dans ma vie et tout ce à quoi tu songes, c'est qu'il va nous falloir modifier nos plans de la matinée ! »

Messire Salazar éclate aussitôt d'un bref rire glacé.

« Ton stupide sentimentalisme fait pitié à voir, Voldemort ! » ironise-t-il ensuite, le regard allumé d'une lueur moqueuse.

« Je ne m'adonne pas à un stupide sentimentalisme ! Lucius m'a offert sa jeunesse, sa fortune, sa ferveur et sa vie. Il n'a cessé d'œuvrer pour permettre mon ascension vers les plus hauts sommets ! Il s'est battu sans relâche, pour faire reconnaitre la valeur de mes idéaux à travers toute l'Europe ! Et c'est toujours avec zèle, qu'il s'efforçait de réaliser mes vœux, il avait même trouvé le moyen de très bientôt m'obtenir un Dragon ! Il est donc naturel que j'éprouve quelques regrets à l'idée de sa perte ! Et que je souhaite honorer sa mémoire en vengeant sa mort ! » réagit aussi sec Voldemort, flamboyant cette fois d'une colère noire qu'il darde sur Messire Salazar, avant de poursuivre avec défi : « C'est sur cette vengeance que je veux à présent concentrer mes efforts, Salazar ! Je veux que celui qui a mis fin à la vie de mon plus ardent et fidèle Serviteur le paye de la sienne ! Et qu'il le fasse au plus vite ! Nos projets de la matinée attendront donc que nous ayons mis au point notre vengeance, avant que nous leur accordions de nouveau notre attention ! »

« Je te reconnais davantage dans cette attitude, Voldemort. » commente Messire Salazar, qui se permet un petit sourire en coin avant d'ajouter avec sarcasme : « Mais comment comptes-tu t'y prendre pour honorer la merveilleuse mémoire de Lucius et accomplir vengeance, si tu ignores qui l'a tué ? »

Pour toute réponse, l'affreux se tourne vers la Pensine qu'il évitait soigneusement de regarder, jetant immédiatement le Sortilège pour activer le souvenir.

Il appartient à Blaise. On ne voit pas qui a tué Lucius, seulement Narcissa, Papa et Draco, ce dernier Baguette au poing, qui fixent le corps au regard vide de toute étincelle de vie allongé dans la neige. Le Chalet, en arrière-plan, porte nombreuses traces de la Bataille qui a eu lieu là-bas. Alors l'affreux interprète ce qu'il voit exactement comme nous l'escomptions, lorsque nous avons fait choix de ce souvenir tout à l'heure dans le Bureau d'Albus, juste avant le retour d'Arthur.

« La Malédiction de Morgane se serait-elle une fois de plus réalisée ? Ce serait donc Draco qui aurait tué Lucius ? » murmure-t-il en effet, les yeux rivés sur mon frère.

Son Aura bouillonne de colère.

« Cela semble, effectivement. » appuie Messire Salazar, marquant une brève pause, avant d'ajouter avec fermeté : « Il n'y a donc plus à tergiverser. Nous allons joindre l'utile à l'agréable vengeance. »

« Que veux-tu signifier par-là, Salazar ? » questionne abruptement l'affreux, visiblement sur la réserve.

« Il n'y a plus lieu désormais, de considérer se lancer dans une quelconque action vengeresse hasardeuse, Voldemort. Accomplir nos projets et soumettre Draco, l'asservir, l'assujettir à notre personne comme le désirait ardemment Lucius quand ce petit cancrelat nous a trahis : voilà la meilleure des vengeances. Et nous disposons déjà d'un plan tout prêt, pour lequel nous n'avons plus qu'à décider qui envoyer à la place de Lucius, pour accomplir notre volonté. » répond Messire Salazar, plus résolu que jamais, son regard fixant le Draco du souvenir qui tourne en boucle, avec un dédain parfait.

Voldemort reste sans réaction durant quelques secondes. Tout comme son Aura, son regard est traversé de sentiments contradictoires, la fureur se disputant à la concupiscence cruelle et jubilatoire.

« Oui. Oui, tu as raison, Salazar. Nous allons joindre l'utile à l'agréable. Nous allons d'abord accomplir le Rituel de Sang avec Potter et Draco, puis honorer la mémoire de Lucius, en faisant de son fils renégat notre esclave sexuel, humble et soumis. » déclare-t-il finalement, avec une satisfaction anticipatrice.

« Tu me vois ravi que nous tombions d'accord sur ce point, Voldemort ! Et voyons comme un heureux présage, que Draco et Potter nous aient permis de récupérer ma Bague, sans que nous ayons à froisser Lucius en exigeant qu'il nous la rende. » commente Messire Salazar, non moins satisfait, mais pour des raisons bien évidemment tout à fait différentes.

Voldemort sursaute discrètement, avant de déployer son poing gauche qui était toujours serré, pour regarder la Bague reposant dans le creux de sa paume.

« La Bague. Oui, il est effectivement heureux que Potter nous l'ait renvoyée. » dit-il, ricanant froidement avant d'ajouter : « Tout compte fait tu as raison, Salazar. Nous devrions remercier Potter, car ses stupides provocations nous servent admirablement. »

« Admirablement, oui, Voldemort. Car grâce au pouvoir de cette Bague, nous sommes assurés de concevoir les Sept Chevaliers qui garantiront notre suprématie partout dans le Monde. » déclare alors Messire Salazar, à la grimace immédiate de l'affreux.

« Quelle désagréable corvée en perspective, que d'avoir à baiser une femelle ! » réagit il ensuite sur un soupir.

« Cela te répugnera sans doute moins, d'apprendre qu'il s'agit de baiser sept vierges et qu'il est possible donc, de les choisir à peine nubiles. » répond Messire Salazar, qui masque son dégout d'avoir à prononcer ces paroles en tournant le dos à Voldemort, pour aller prendre place sur le fauteuil qu'il occupe habituellement.

L'affreux quant à lui, affiche aussitôt une mine bien plus enthousiaste.

« Des vierges à peine nubiles. Oui, forcer leur petit con quasi glabre encore, me conviendra beaucoup mieux. » admet-il, en venant s'asseoir face à Messire Salazar.

Ce faisant, il accroche du coin de l'œil le souvenir qui défile toujours en boucle et il effectue un geste impatient dans sa direction, pour lui faire réintégrer sa Pensine.

« Laissons nos projet d'avenir pour l'heure et revenons au présent. Je ne vois guère que Rabastan désormais, pour réaliser l'enlèvement de Draco. » déclare-t-il ensuite, son regard cherchant l'approbation de Messire Salazar.

« Je ne vois nulle autre solution et certes, l'essentiel de notre plan repose sur les épaules de ton descendant, mais il y aura assurément également plusieurs jeunes gens à maitriser au plus rapidement. Et Rabastan a été si souvent trahi, si souvent malheureux dans ses choix, qu'il me semble nécessaire de choisir avec soin tous ses partenaires. » répond Messire Salazar, dont le regard fixe la Bague que l'affreux a glissée à son majeur, tandis qu'il ajoute : « A qui Lucius aurait-il fait appel, pour l'aider dans sa Mission ? »

« Crabbe et Goyle, c'est une évidence. Or, ils doivent être morts ou en en prison maintenant. » répond Voldemort, pinçant les lèvres.

« Naturellement. Je sais bien qu'il ne faut plus compter sur eux non plus. Alors qui d'autres Lucius aurait-il engagés à ses côtés, telle est l'objet de ma question. À qui se serait-il fié ? » réplique Messire Salazar, semblant enfoncé dans sa réflexion.

« Des Serviteurs qui n'ont jamais failli à ma cause, qu'il connait depuis longtemps et avec lesquels il a déjà travaillé. » répond l'affreux, les yeux plissés sur sa propre réflexion.

« Le frère et la sœur Carrow en font partie. Il serait donc peut-être bon que nous les imposions à Rabastan. » suggère Messire Salazar, qui ajoute, sur une brève hésitation : « Il n'y a pas d'autre ancien. Greyback, Mulciber et les autres sont en prison. Je me demande donc, s'il ne serait pas judicieux de faire appel à quelques-uns de ces jeunes si désireux de faire leurs preuves. Après tout, ils connaissent bien Draco et ses amis. Et ils ont désirs de vengeance contre eux. La perspective de pouvoir les torturer à leur aise à leur retour, devrait les réjouir et les galvaniser. »

Voldemort ne répond pas immédiatement. Il est clair qu'il hésite franchement.

« Je n'apprécie pas beaucoup l'idée de faire appel à ces jeunes gens inexpérimentés, pour mener une si délicate Mission. Cependant, je dois reconnaitre le bien-fondé de tes arguments. » accorde-t-il finalement, soupirant avant de préciser : « Les plus âgés savent Transplaner, ils me l'ont dit tout à l'heure, lorsque je les ai marqués. »

« Oui, je sais. » répond Messire Salazar, l'air de dire que l'affreux n'avait pas besoin de lui apporter de précision, avant de poursuivre avec gravité : « Ils doivent fêter cet évènement et la marque d'estime que tu as apposée sur leur bras. Alors faisons les venir ici sans attendre avant qu'ils soient trop ivres. Ainsi que Rabastan. Tu leur expliqueras ce que nous attendons d'eux, avant de leur ordonner de prendre repos. »

« Tu as raison, c'est bien ce qu'il convient de faire, Salazar. Je vais les appeler tout de suite. Et je vais également leur adjoindre quelques Mangemorts de mon choix.» approuve l'affreux, qui se lève aussitôt, pour demander au planton de lui prêter son bras afin qu'il fasse venir tout son petit monde.

« Dans ce cas, à tout à l'heure, Voldemort. Je reviendrai lorsque notre Mission aura été saluée de succès. » déclare aussi sec Messire Salazar, qui n'attend pas la réponse de l'affreux, avant de revenir dans la Base.

« Oui. A tout à l'heure, Salazar. » répond néanmoins ce dernier, sans se rendre compte qu'il a parlé dans le vide, avant d'ouvrir la porte.

Et tandis que je songe que les bases de l'avant dernière carte que nous allons jouer, sont désormais définitivement posées. Bien sûr, j'aurais préféré que Voldemort ne désigne pas plus de Mangemorts de son choix à l'équipe composée de Rabastan, des Carrow et des quelques Ex élèves Majeurs qui ont rejoint ses rangs. Mais c'était compter sur l'impossible, ça. Il ne pouvait se contenter d'une équipe aussi réduite.

Il n'y a plus qu'à espérer maintenant, qu'aucun grain de sable ne viendra gripper les rouages de notre plan et qu'aucun de mes frères ou de mes amis, n'aura à en payer le prix fort.

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Draco

Les copains et moi-même venons de finir de poser les seuls pièges que nous pouvions déjà tendre sur les toits de Poudlard. C'est donc éparpillés un peu partout sur celui-ci, que nous sommes maintenant assis, pour regarder le Soleil se lever et éclabousser les montagnes environnantes et le Lac Noir, de ses rayons rougeoyants.

Théo a pris place auprès de moi. Et il est tout aussi silencieux que je le suis.

« Personne n'en parle dans le Comité, mais tout le monde y pense. » déclare-t-il cependant soudainement, lorsque le Soleil est complètement levé.

« A quoi ? » demande-je machinalement.

Je sais pourtant ce dont il s'agit.

« Que c'était peut-être notre dernière nuit. » précise Théo, bien qu'il sache probablement que je connaissais pertinemment la réponse.

« Ouais. Peut-être bien. Mais tout le monde fera aussi en sorte qu'il y en ait d'autres. » réponds-je, avec une véritable confiance.

Nous sommes tous surentrainés. Nous savons tous ce que nous avons à faire. Et tout le monde sera prudent.

« Ça aussi, tout le monde le sait. » acquiesce Théo, qui marque une brève pause avant d'ajouter : « Et puis, ce n'est pas tout à fait vrai, que c'est notre dernière nuit, puisque Nally va s'arranger pour que nous en ayons tous une au Paradis, avant que n'arrive l'heure fatidique. »

J'acquiesce d'un simple hochement de tête et me lève pour rentrer, signifiant par-là à Théo que cette conversation est close. Je n'ai pas envie de penser à cela maintenant, parce qu'en réalité, j'ai déjà eu à y penser trop souvent à mon goût.

Et puis, il est presque l'heure d'aller me mettre en place.

Mon Bracelet chauffe sur mon poignet et je soulève ma manche, en même temps que Théo.

« Ça y est. Ils sont dans le Passage. Il nous reste un quart d'heure, avant que l'un des sbires de Cooper soit prêt à nous jouer sa petite comédie. » murmure à peine Théo, yeux rivés sur son Bracelet de Communication.

« Eh bien, n'attendons pas quant à nous, pour nous apprêter à jouer notre grande comédie. » commente-je, tandis que mon cœur bat la chamade.

Je sais qu'il ne m'arrivera rien. Voldemort me veut en vie. Et puis, Pa et quelques autres ont été prévenus aussi. Ils doivent donc déjà être en chemin, pour s'embusquer non loin de la sortie du Passage et intervenir, si cela s'avère nécessaire. Je n'ai donc personnellement rien à craindre. Il n'en est pas de même cependant pour ceux qui m'accompagneront et c'est pour cela, que mon cœur bat la chamade.

Je ne veux pas qu'il leur arrive quoi que ce soit. Or nous savons, grâce à son journal, que Cooper tentera de persuader Rabastan, de laisser au moins un cadavre dernière nous.

Celui de Théo, de préférence, s'il fait partie de ma garde, a t-il précisé.

« Ça va aller, Draco. Les ordres de Voldemort ont été très clairs. Tout doit se passer sans la moindre anicroche, au plus vite et au plus discret. Rabastan n'est pas du genre à s'arranger des ordres reçus par son Maître. Au contraire, il veillera au respect du plan décidé par l'affreux. » déclare Théo, en posant une main apaisante sur mon épaule.

« Et Voldemort nous veut tous en vie à l'arrivée. Oui, je sais. Mais ce serait présomptueux, de penser que nous sommes à l'abri pour autant. Car nous savons bien comment les autres Mangemorts vont réagir, quand viendra le moment fatidique, n'est-ce pas ? » réponds-je, en me mettant en train pour rejoindre mon équipe.

Ils étaient nombreux à se porter volontaires pour cette Mission. Nally a finalement désigné Théo, Blaise, Marian, Elinor, Colin et Gabe. Car non seulement ce sont eux qui sont le plus souvent affectés à ma garde personnelle, mais de plus, quatre d'entre eux sont Animagus. Ils sont tous très solides et j'ai parfaitement confiance en eux. Même si j'ai tenté de dissuader Théo, en invoquant la faiblesse de ses capacités respiratoires.

Je l'ai fait, seulement parce que je redoutais les réactions de Cooper à son égard.

Ce n'était pas un argument très solide cependant. D'une part, parce que Théo a effectivement nettement moins de problèmes physiques depuis notre Mission sur Tyll Celwie o Agar Myrn, cadeau sans doute de la Magie de Vána, la mère de Nally, qui avait de grand talents de guérisseuse. Et d'autre part, Cooper aura de l'avance sur nous, n'est-ce pas ? Alors si notre plan se déroule exactement comme nous l'avons prévu, tout devrait être terminé avant que nous soyons trop près de lui, pour qu'il puisse tenter quoi que ce soit contre mon frère, qu'il désire plus que tout torturer et achever de sa propre main.

« Tout le monde est en place ! » déclare Nev, quand nous rejoignons le groupe de mes gardes du corps.

« Parfait. Il ne reste donc qu'à attendre le bon vouloir de Cooper. » réponds-je, en jetant un coup d'œil sur ma montre.

« T'inquiète. Il piaffe d'impatience auprès de l'entrée du Passage depuis déjà une demi-heure, à attendre le signal de ses complices. Il a respecté pile poil sa stratégie pour le moment et donc, comme prévu, il les a placés sur tous les chemins d'accès possibles à la Grande Salle, pour être certains de nous chopper avant notre arrivée dans le Grand Hall. C'est donc bien Lange en poste avec Smith du côté de chez les Poufsouffle. En conséquence, Smith va nous jouer la comédie, pendant que l'autre courra vite prévenir Cooper de notre arrivée imminente, dès qu'ils auront eux-mêmes reçu le signal de l'un des autres. » intervient Blaise, en repliant la Carte du Maraudeur que Harry lui a confiée et ajoutant, sur un sourire narquois : « On peut donc dire que c'est plutôt lui, qui attend notre bon vouloir. »

« Et bien dans ce cas, qu'il attende que le champ soit libre et que Nally nous donne son feu vert. » réponds-je, armé de patience.

Je me sens totalement prêt maintenant. Calme. Serein même. Bien plus que je l'étais, lorsque l'heure est venue de partir pour le Manoir Malfoy à Halloween ou plus récemment pour Tyll Celwie.

Oui je suis prêt à faire face à mon oncle Rabastan, qui ne manquera certainement pas de se réjouir de la belle prise qu'il va ramener à son Maître. Je suis surtout prêt à me retourner contre lui, lorsque viendra le moment de le faire.

« Quelqu'un sait si le petit discours de Brandburgy a fait effet et que d'autres Ânes Bâtés parmi les plus âgés ont rejoint l'une ou l'autre des Maisons ce matin ? » demande soudainement Théo.

« Aucun. Quasi tous les quatrièmes sont retournés dans les Quartiers des Ânes Bâtés aussi et assez bien de troisièmes les ont accompagnés. Mais parmi les deuxièmes et premières, une douzaine seulement ont fait choix de rejoindre leurs aînés. Et ils ont dit que personne ne les délogera de là. En revanche, les autres garçons et filles de leur promo avaient l'air de ne plus vouloir retourner avec eux, même pour tout l'or du monde. En revanche, il n'est pas dit que ce soit la même chose dans les autres années. Il est possible que deux ou trois d'entre eux soient des taupes en réalité. » répond Nev, l'air de dire que tout ce qu'il était humainement possible, pour faire revenir les Ânes Bâtes à la raison a été fait et qu'on ne peut rien de plus maintenant.

« Ça fait combien qui sont retournés avec les Ânes Bâtés ? » demande alors Elinor, sourcil haussé sur sa question.

« En plus de la douzaine de petits, vingt-quatre quatrième année et… » répond Nev, qui s'interrompt brusquement pour soulever sa manche.

Tout comme le sien, mon Bracelet chauffe. Rapide coup d'œil dessus. Nally, donne l'ordre de départ. Elinor devra donc attendre pour avoir réponse complète à sa question.

« Allons-y ! » déclare-je, avant de me mettre en train.

Colin entreprend aussi sec de mener une discussion animée sur le sujet convenu entre nous tantôt et tout le monde entre dans le jeu, affichant en apparence, la plus grande décontraction possible. Je sens cependant que chacun est sur le qui-vive, très affûté et prêt à entrer en action au quart de poil près.

Nous sommes presque au bas du Grand Escalier, lorsque ce petit putois de Zaccharia Smith, prévenu de notre arrivée par un signe d'Elsa Barlow, surgit du couloir de droite, jouant la comédie de l'affolement.

« Malfoy ! Je suis content de te voir ! Il se passe quelque chose de pas normal à l'entrée du Passage Secret de la Liseuse ! » s'exclame-t-il, faisant mine d'avoir le souffle court.

« Comment ça, quelque chose de pas normal ? Explique-toi mieux, veux-tu ? » demande-je, affectant la surprise et l'incompréhension.

« Je n'en sais rien exactement, mais ce n'est pas normal ! » répond Smith avec fébrilité, avant d'ajouter très vite : « Franck et moi on revenait de la Volière quand on a vu les buissons autour du banc du Passage s'agiter. Franck a même cru voir quelqu'un qu'il n'a pas reconnu. Alors il a couru voir qui c'était et j'étais tellement surpris que je n'ai pas réagi tout de suite. Mais quand je l'ai fait, j'ai entendu Franck me crier d'aller chercher du secours. Alors j'ai fait demi-tour pour venir en chercher ! Il faut vite y aller ! Franck a besoin d'aide ! »

« Tu as bien fait de faire demi-tour, Zaccharia. Très bon réflexe. Car ce sont peut-être des Ânes Bâtés qui cherchent à saboter le Passage ! » déclare-je, faisant mine de réfléchir vite fait avant d'ajouter : « Nev, va prévenir le Directeur. Il est justement en réunion dans son Bureau avec Harry et quelques autres Membres de l'Ordre. On ne sait jamais, on pourrait avoir besoin d'eux. Nous on y va. Allez, viens Zaccharia, une Baguette de plus n'est jamais de trop ! »

Et j'entraine Smith, qui a pâli à la mention de Harry et des Membres de l'Ordre. Il ne s'attendait bien sûr pas du tout à ça. Cooper non plus d'ailleurs, ne s'attend pas à ce que nos renforts comprennent Harry et des Membres de l'Ordre. Dans les plans soi-disant fomentés par son paternel, nous étions censés foncer bille en tête, après avoir demandé à Smith lui-même, d'aller prévenir un prof. Ce qu'il aurait tardé au plus possible de faire, sans paraitre ensuite suspect.

Smith n'est pas très gaillard à la course. Et je le traîne plutôt qu'autre chose. Nous déboulons cependant assez rapidement dans le Jardin à la Liseuse, nous précipitant vers le bosquet d'arbres et de buissons qui masquent le banc, Baguette au poing. Comme prévu cependant, tout a l'air calme et nous pénétrons donc les lieux, faisant mine d'examiner soigneusement tous les alentours et d'appeler Cooper.

« Là ! Regardez, il y a eu de la bagarre ! » s'exclame finalement Gabe, en désignant quelques branches cassées.

« Ouais. Mais ce n'est pas le pire ! Il y a une Baguette ici ! Et un morceau de robe déchirée pris dans le mécanisme du Banc ! » déclare presque aussi sec Elinor, qui se baisse pour ramasser la Baguette, puis se tourne vers Smith pour demander : « Ce ne serait pas celle de Franck ? »

« Je ne sais pas. Peut-être bien. » répond Smith, un peu sur la réserve, avant d'ajouter, comme sur une inspiration : « Vous croyez qu'ils l'ont emmenés dans le Passage ? »

Exactement la question que Marian était supposé poser et celui-ci effectue un clin d'œil discret accompagné d'un sourire en coin, dans ma direction.

« Possible oui. Et on va s'assurer de ça, avant d'entreprendre des recherches ailleurs. » réponds-je, me tournant vers Smith pour ordonner : « Tu n'as pas l'air bien gaillard. Alors reste ici et préviens Harry et les autres quand ils arriveront, que nous sommes partis explorer le Passage. »

Smith hésite un quart de poil, avant d'acquiescer. Encore quelque chose qui n'était pas prévu dans le plan dont il a eu connaissance. Il comptait bien dans ce plan là, afin de retarder les recherches des renforts prévenus par ses soins, que Lange, qui est bien sûr planqué non loin d'ici, effacerait toute trace suspecte autour du banc et en créerait d'autres ayant l'air de mener du côté de la ferme.

Or maintenant, impossible pour Smith de retarder les renforts sans se griller, puisqu'il sait que Nev est au courant que nous l'avons emmené avec nous. Il n'a donc plus d'autre choix, s'il espère pouvoir encore retarder nos renforts, que de quitter Poudlard sans tambour, ni trompette. Ce qui ne servira à rien finalement, puisque brouillage de piste ou non, nos renforts viendront bel et bien dans le Passage Secret.

Je suis le premier à m'engager dans celui-ci avec Blaise et Gabe. Et comme prévu, j'attends qu'il s'ouvre à nouveau, afin de laisser passer un second binôme, pour crier qu'il y a encore des traces de luttes, que Cooper a été entraîné dans le Passage et que nous allons le suivre. Tout cela à l'intention de Smith, bien évidemment.

Pas que je compte qu'il le précise à Harry et aux autres quand ils viendront à leur tour. Mais afin qu'il pense au moins avant de filer e Poudlard, que nous sommes tombés dans le panneau.

Mes amis et moi-même crapahutons maintenant dans le Passage Secret, appelant de temps en temps Franck lorsqu'une trace a été laissée, comme si ce dernier avait essayé de se débattre contre ses faux ravisseurs.

« Regardez, ils sont devant ! Et ils semblent faire Léviter Franck maintenant ! Allez plus vite ! On peut les rattraper avant qu'ils arrivent au bout ! » s'exclame soudainement Marian, alors que nous sommes aux trois-quarts du Passage Secret.

Exactement ce que nous avons planifié. Rabastan a calculé son parcours et respecte bien à la lettre les ordres de son Maitre. Nous pouvons donc voir assez nettement que deux silhouettes se profilent progressivement dans la faible clarté de la fin du tunnel qui approche doucement, mais sûrement.

« Ouais ! Courage Franck ! On arrive ! Et on va les avoir, ces deux pignoufs ! » s'écrie à son tour Gabe, avec toute la fougue et la fièvre d'un bon Gryffondor qui fonce droit au casse-pipe sans se poser la moindre question.

« Tenez-vous parés. Ça va être le moment de la véritable action. » murmure-je quant à moi, prêt à laisser ma Baguette s'échapper de ma main, tout en faisant mine d'être surpris et de chercher à la rattraper sans succès.

Cela se produit exactement trente secondes plus tard. Exactement comme escompté.

Des silhouettes noires et masquées semblent alors soudainement surgir de nulle part et nos Baguettes s'envolent en même temps vers elles. Bien sûr, nous stoppons net dans la lueur qui nous aveugle presque immédiatement et, dans le ricanement satisfait de nos assaillants, nous faisons rapidement volteface comme pour détaler comme des lapins affolés, pour nous trouver nez à nez avec d'autres silhouettes noires masquées, qui ricanent également tout aussitôt.

« Surpris, n'est-ce pas Draco ? » fanfaronne aussi sec Rabastan, venant vers moi en retirant son masque de Mangemort, avant d'ajouter : « Franck était un appât. Un des nôtres en réalité et tu es tombé tout droit dans le piège que nous t'avons tendu. »

« Si c'était un piège pour Draco, alors Smith serait donc dans le coup, lui aussi ! » gronde aussitôt Blaise, prêt déjà à sortir ses crocs et griffes.

« Smith ? » demande Rabastan, en haussant un sourcil ironique, avant d'ajouter avec moquerie : « Bien sûr. Tout comme Franck, qui est venu de son plein gré avec nous. »

Rabastan a cependant à peine terminé sa phrase, que la voix de Harry m'appelle dans le lointain.

« Vite Harry ! C'est un piège ! » m'écrie-je avec force et un brin d'affolement, comme si j'vais réellement été piégé, tandis que le visage de Rabastan s'assombrit d'une vive contrariété.

Naturellement. Ce n'était pas prévu dans son programme des réjouissances, ça. Selon les plans fournis par son Maître, les renforts étaient supposés arriver bien trop tard.

Mon oncle jette un vif coup d'œil par-dessus son épaule, probablement pour tâcher d'évaluer la distance qui nous sépare de Harry, puis voyant une lumière s'approcher très vite, il fait revenir son regard vers moi, pointant sa Baguette sur ma gorge. Dans le même temps, un petit courant d'air fait voleter mes cheveux. Mes amis Sylphes et Sylphides sont piles à l'heure, eux aussi.

« Tais-toi et cours vers la sortie, si tu ne veux pas que j'abatte tes amis ! » ordonne sèchement Rabastan, avant de faire signe à sa petite troupe de Mangemorts de se mettre en train.

« Non ! » refuse-je avec fermeté, donnant ainsi le signal de notre entrée en action, au moment même où la lueur d'un Sortilège jeté d'assez loin encore par Harry, fuse au-dessus de nos têtes.

Illico, Blaise, Marian, Elinor et Gabe se Métamorphosent en Animagus, Théo active son Caméléon, Colin bondit et décoche un coup de pied en pleine poire aux deux Mangemorts qui lui font face, tandis que je détends brusquement mon poing pour en flanquer un bon coup sur le plexus solaire de Rabastan.

Il se courbe en deux, souffle coupé, tandis que les Animagus, mais aussi les coups assénés par un Théo invisible et un Colin en mode karatéka super rapide, déclenchent une belle panique dans sa petite troupe composée pour la plupart d'amateurs, déstabilisés par le vent qui se déchaine autour d'eux et les empêchent d'ajuster leurs Baguettes vers nous.

J'achève mon oncle, d'un coup de genou sur son nez et d'une manchette sur sa nuque, puis avant même que Rabastan soit au sol, je me défais de la prise d'un Mangemort qui a pris le parti de s'accrocher à moi, en lui décochant un bon coup de coude dans les côtes.

« Go ! » m'exclame-je, ensuite à l'intention de mon frère et de mes amis.

C'est le second signal convenu avec eux. Et dans la tempête qui s'attise encore, les Animagus, tous griffes cornes et crocs menaçants en avant, bondissent droit vers les Mangemorts qui nous interdisent le retour vers Poudlard. Face à cet assaut super agressif, nos ennemis s'écartent vivement, laissant ainsi passage libre et Colin, Théo et moi-même qui fonçons à la suite de nos amis, protégeant notre fuite avec des Sortilèges jetés sans Baguette.

Quelques pas plus loin cependant, nous faisons tous volteface, en nous plaquant au sol, puis chacun récupère vivement sa vraie Baguette, restée bien sagement dans son fourreau, la pointant aussi sec en direction de nos ennemis. Les rafales de vents sont si terriblement tournoyantes et violentes, qu'elles les envoient valser en arrière, quand ils ne sont pas fauchés par nos Sortilèges.

Mon oncle Rabastan cependant, que je n'ai finalement pas réussi à complètement assommer, est redressé sur ses coudes. Il est tourné vers nous et, à deux mains, il tâche de stabiliser sa Baguette dans ma direction. Je me prépare donc à riposter quand une rafale, beaucoup plus violente encore que les précédentes, arrache brusquement sa Baguette de ses mains, puis le soulève carrément de terre. Une véritable tornade s'est déclenchée et c'est en tournoyant à vitesse folle sur lui-même, que Rabastan prend soudainement la direction de la sortie du tunnel. Il disparait de ma vue, alors que Harry, Ron et quelques autres nous rejoignent, jetant des Sortilèges contre ceux qui sont encore debout et tâchent de décamper vers la sortie, en titubant tant bien que mal et se raccrochant comme ils peuvent aux parois de pierre.

« C'est bon. On a eu les Carrow et les autres sont du menu fretin. Laissons les partir. Il faut bien quelques témoins pour raconter ce qu'il s'est passé à Voldemort. » décrète Harry, en baissant sa Baguette.

J'appelle aussitôt mes amis Sylphes et Sylphides à cesser leur Combat, les remerciant de leur belle efficacité. Sans leur précieux concours, cette opération aurait été terriblement plus hasardeuse.

« Sev dit qu'on peut y aller. » déclare Ron, après avoir jeté un œil sur son Bracelet de Communication, alors que les derniers Mangemorts sont sortis depuis quelques secondes.

Et de concert avec Harry, il enfourche son Balai, afin d'arriver plus vite à la sortie du tunnel et Transplaner ensuite vers la Base, où ils assisteront en direct au retour des vaincus auprès de leur Maitre.

« Cooper ne doit pas être content. J'ai vu sa tête s'avancer dans l'ouverture du passage pour se gausser de notre déconfiture et en conséquence, il n'a rien manqué de la sienne. » fait ensuite remarquer Blaise, tout en arrachant la manche un peu déchirée de sa robe, pour regarder son bras blessé de plus près.

« Bien. Il pourra donc tout rapporter à Voldemort. » répond Nev, tout en examinant la blessure de Blaise, avant d'ajouter dans sa direction : « Ce n'est rien de grave. Juste une coupure. Je t'arrange ça tout de suite. »

« Vérifie que c'est bien juste une coupure. N'oublie pas que Chomski était dans les rangs. Elinor en a fait les frais et Gil est déjà en route pour l'emmener à l'Infirmerie. » intervient cependant Remus, tandis que mes cheveux se dressent sur ma tête.

Chomski ! C'est vrai que ce salopard était là, à balancer ses Internum Frigore Perniciosa ! Putain ! J'espère qu'il fait partie de nos prisonniers ! me dis-je, en tâchant de voir s'il est en train de se faire enchainer par King, Tonks et Maugrey.

Mais ils me bouchent la vue et je ne vois aucun visage de nos ennemis à terre.

« On vérifie déjà le cuir chevelu de tout le monde ! » déclare alors Sirius, attrapant Théo, le plus proche de lui et soulevant sa frange pour examiner la base de ses cheveux.

C'est Nev qui s'occupe de moi, après avoir examiné Blaise. Je sais cependant déjà que je n'ai rien. Car je ne ressens absolument pas le froid s'insinuer en moi. Au contraire, j'ai chaud.

« C'est bon pour Théo. » annonce Sirius, après quelques secondes d'examen soigneux.

« Ok pour Colin également. » enchaine Bill, tandis que Fleur, qui a examiné Gabe et Marian annonce qu'ils sont indemnes aussi.

« Idem pour Blaise et Draco. » rebondit Nev, en laissant enfin mes cheveux tranquilles.

« Très bien. Mais attendez-vous tous à passer sous la Baguette inspectrice de Pompom. Elle va vouloir s'assurer par elle-même, que vous êtes bien sains et saufs. » déclare Remus, avant de s'avancer vers King, Maugrey, Tonks et les prisonniers qu'ils ont fini d'enchainer.

Je lui emboîte aussi sec le pas, croisant les doigts pour que Chomski soit parmi eux. Je n'ai pas fait deux pas cependant, que je m'arrête. Car Maugrey et King s'écartent pour laisser passage à Pa, précédé d'un brancard sur lequel repose un corps, dont le visage est recouvert d'une cape noire de Mangemort.

« Qui est-ce ? » demande-je, sourcil froncés.

Aucun Sortilège de Mort n'a été jeté, j'en suis certain.

« Rabastan. » répond Pa, d'un ton parfaitement neutre.

« Quoi ? Mais comment ? » demande-je, abasourdi.

« Il a été violemment projeté hors du Passage Secret et sa course a été tout aussi violemment arrêtée par un chêne. Tête la première. » explique Pa, toujours du même ton, tandis qu'un vif courant d'air frais me titille l'oreille.

Il n'aurait pas dû avoir d'aussi mauvaises intentions envers toi et tes amis, me souffle la voix d'un Sylphe.

Il a compris qu'il ne pourrait te ramener à son Maître et qu'il en mourrait, poursuit un autre.

Il te visait, la rage au ventre. Il allait te tuer, vous tuer tous, continue une Sylphide.

Il pouvait le faire, même sans Baguette. Il avait un poignard Ensorcelé sur lui, explique encore une autre.

Et pour votre protection, seule une violente tornade pouvait l'éloigner de vous, achève un dernier Sylphe, le courant d'air frais s'évanouissant tout aussitôt.

J'acquiesce néanmoins, pour signifier que je comprends, bien que je sois certain qu'ils le savent déjà, pour l'avoir lu en moi.

« Draco ? » m'appelle Pa, l'air de me demander pourquoi je reste ainsi figé et silencieux, à lui barrer chemin.

« C'était un accident. Ils n'avaient pas l'intention de le tuer, ils voulaient juste nous protéger en l'expulsant loin de nous. » réponds-je, m'effaçant pour laisser passer Pa.

« Il n'y a pas à s'expliquer là-dessus. » réplique Pa, en parfaite neutralité.

« Rabastan ne pouvant plus lui servir d'exutoire, ni les Carrow, il se pourrait que ce soit le fiston qui en fasse les frais, quand Voldemort va apprendre l'échec de son entreprise. » commente alors Remus, qui découvre le visage de mon oncle.

Enfin le visage…

Ce qu'il en reste plutôt. Il a complètement explosé dans l'impact contre le chêne et franchement, ce n'est pas beau à voir. Je serais même incapable d'identifier mon oncle, s'il n'était l'élégante et coûteuse épingle à cravate que je n'ai pas manqué de le voir porter il y a quelques minutes seulement.

« Lucius mort hier soir, Rabastan ce matin. Ta famille du côté ténébreux est bel et bien en train de sombrer, Draco. » déclare Sirius, venu se placer à mon côté.

« Ouais. Il ne reste que Bellatrix. Et c'est aussi le dernier bras droit sur lequel Voldemort peut compter. » acquiesce-je, avant de me détourner du cadavre de Rabastan, que Remus recouvre à nouveau de sa cape, pour demander en direction de King : « Et Chomski ? Est-il parmi les prisonniers ? »

Hochement de tête négatif de King et je grimace.

« Mais nous avons les Carrow, le fils Preston, Li Su et Ramsey père. Une jolie petite brochette. » déclare King, l'air satisfait.

« Ok. C'est bien parce que ce sera toujours ça en moins à combattre tout à l'heure. Mais il faudra faire passer le mot dans nos rangs, que Chomski est toujours en cavale et qu'il faudra donc être particulièrement vigilent à son terrible Maléfice. » répond Remus, que j'approuve du chef.

Soudainement, le brancard sur lequel repose le cadavre de Rabastan tombe au sol, sous une exclamation étouffé de Pa.

« Ça y est, il sait. Et il est dans un bel état de rage. » lâche-t-il, dans un souffle tendu et se tenant le poignet gauche sur une grimace nettement douloureuse.

Remus lui presse l'épaule avec sollicitude et, tandis que Tonks, Maugrey et quelques Aurors emmènent les prisonniers vers la sortie toute proche, nous nous mettons en train vers Poudlard. Remus se chargeant de faire Léviter le brancard mortuaire de Rabastan.

Il y a du peuple, lorsque nous sortons du Passage Secret. Naturellement la nouvelle a vite fait le tour de la Grande Salle où c'était le moment du petit déjeuner quand l'action a été déclenchée.

Professeurs et élèves sont donc tous là, derrière le professeur Dumbledore et Nally. Et bien sûr, tout le monde se demande qui peut bien être mort.

« C'est Rabastan Lestrange. » déclare Remus, du même ton neutre que Pa tout à l'heure, au haussement de sourcil de Nally, posant le brancard au sol, avant de préciser, non pour elle, ni notre Directeur sur lequel il pose maintenant son regard, mais pour l'assemblée : « Avant l'intervention de l'Ordre, Lestrange a révélé à nos élèves qu'ils étaient tombés dans un piège destiné à enlever Monsieur Malfoy et que Franck Cooper n'était pas une victime mais leur complice. Celui-ci est parvenu à s'échapper, ainsi que plusieurs autres Mangemorts. Par ailleurs, Lestrange a également convenu que Zaccharia Smith était volontairement impliqué dans cette affaire d'enlèvement. »

Naturellement, cela déclenche une rumeur de murmures surpris et indignés à la fois parmi les élèves, tandis que tous les regards partent à la recherche de Smith.

« Nous nous sommes doutés de ce dernier point, car Monsieur Smith a été vu par le professeur Hagrid, alors qu'il quittait précipitamment le Château.» répond le professeur Dumbledore.

« Cette affaire est très grave. Il va nous falloir interroger tous les amis de Cooper et Smith, afin de nous assurer qu'ils n'ont pas encore des complices ici. Pouvez-vous mettre un bureau à notre disposition ? » déclare alors King, visage verrouillé sur une expression dure, en direction du professeur Dumbledore.

Nouveau concert de murmures, parmi les élèves et notre directeur n'a pas le temps de répondre, qu'une voix s'élève fortement.

« Je n'étais pas au courant ! Je ne savais pas que Smith et Cooper étaient des sales traitres ! Ni qu'ils prévoyaient de se servir du Passage Secret pour faire venir des Mangemorts ici, pour enlever Draco Malfoy ! Je vous aurais prévenus sinon ! » s'exclame en effet Corey Peakes, qui surgit des rangs des élèves, l'air furieux, pour se planter devant King et ajouter : « Vous pouvez m'interroger sous Veritaserum ! Je suis volontaire ! »

« Moi aussi ! Je vous jure que je ne savais rien ! » réagit alors MacLaggen, en venant se placer à côté de Peakes, l'air totalement déconfit et mortifié.

Caswyn Bamford, Alba Gilroy, Eleanor Swytte et Grace Wantele, en font tout autant.

En revanche, Jack Lange, Elsa Barlow, Janet Bird, Ysolte Shaw et Robert Kean, se gardent bien de se montrer et ne répondent pas non plus, à l'appel de leur nom.

Normal. Smith mis dans l'obligation de quitter le navire, ils l'étaient aussi. Car il était certain alors, que des soupçons germeraient à son encontre et qu'ils seraient interrogés au même titre que toute la petite bande de Cooper. Ils sont donc partis le rejoindre à Little Hangleton, base de repli que Cooper leur avait recommandée au cas où l'affaire capoterait, ainsi que le lui avait ordonné son paternel.

Bien sûr, ils étaient l'un et l'autre persuadés que cela n'avait aucune chance d'être nécessaire, puisque leur affaire serait un succès. Mais Messire Salazar avait insisté sur ce point, affirmant qu'il fallait toujours, quand on fomente ce genre de projet, envisager le pire si l'on voulait être certain d'obtenir le meilleur, quelle que soit la manière dont les choses tournent.

« Que tout le monde rentre dans les Salles Communes. Cela facilitera les recherches que je vais charger les Fantômes d'effectuer, afin de vérifier si ces élèves ont bel et bien quitté Poudlard également ou s'ils s'apprêtent à commettre d'autres forfaitures. » déclare le professeur Dumbledore, tandis que je songe que cela masquera plutôt le fait qu'aucune recherche n'aura lieu.

Car la Carte Améliorée a déjà dû livrer le verdict, n'est-ce pas ?

Tout le monde obéit néanmoins, partant dans le bon ordre. Naturellement, Blaise, Théo, Marian, Gabe, Colin et moi-même, sommes priés de nous rendre auparavant à l'Infirmerie. Ce que nous faisons de bonne grâce, rejoignant Elinor dans l'Annexe.

« Contente de vous voir ! Vous allez pouvoir m'aider à persuader Pompom, que je peux parfaitement bien sortir d'ici à présent ! » s'exclame cette dernière, à notre arrivée.

« Il faudra déjà qu'on parvienne à la convaincre que nous n'avons pas nous-mêmes besoin d'y rester. » répond Blaise, avec un sourire moqueur.

« Pour une fois, je suis d'accord avec vous, Monsieur Zabini ! » réplique alors Pompom, qui fait justement son entrée.

Elle nous examine bien sûr sous toutes les coutures tout aussitôt, avant de finir par nous donner son feu vert. Ainsi qu'à Elinor, d'ailleurs, qui ne se le fait pas dire deux fois et est la première à sortir de l'Infirmerie.

« Warrington et Ramirez te cherchaient Blaise, avant le petit déj'. En désespoir de cause, ils se sont adressés à moi. Ils voulaient te prévenir que quelque chose de louche se préparait pour ce matin. Ils ne savaient pas quoi exactement, mais Benson les a briffés hier soir, qu'il fallait s'attendre à une bonne nouvelle et qu'avant midi, ce serait lui, le Chef officiel de leur petite bande. » déclare Gil, lorsque nous sommes de retour au QG.

Hormis Gabe et Colin, qui sont rentrés chez les Gryffondors où ils vont se préparer à affronter la suite de la journée.

« Et bien ça y est, c'est fait. C'est Benson le Chef maintenant. Et il ne doit pas être aussi satisfait qu'il pensait pouvoir l'être. L'enlèvement de Draco a bel et bien capoté et son petit réseau secret de coursier est à l'eau aussi. Car ils sont bien partis, n'est-ce pas ? » répond Blaise, haussant un sourcil sur sa question.

« Lange, Barlow, Shaw, Bird et Kean ? Ouais. Ils ont piqué des Balais dans les Vestiaires du Terrain de Quidditch et ont filé dès qu'ils ont eu champ libre. » acquiesce Gil, avant de boire une goutte de thé.

« Grand bien leur fasse ! Ça fera ça de moins à combattre aussi. Et j'espère qu'ils vont se prendre une bonne punition en remerciement de leurs désastreux services. » commente-je, avant d'ajouter : « Ceci dit, avec tout ça, j'ai complètement oublié que je devais repasser par la planque de Cooper. »

Ce salaud y est allé ce matin très tôt, assez longtemps pour avoir eu la possibilité d'écrire encore quelque chose dans son journal. Et quoi que ce soit, je veux savoir ce que c'est.

« Il faudrait aussi tâcher de savoir ce que Barlow a remis personnellement à Benson, avant de partir. » intervient alors Martha, depuis la table où est étalée la Carte, un poil avant que le Miroir qui nous relie au Bureau du Directeur, vibre sur la table.

Ça, c'est pour nous mettre au parfum de l'avancée de nos plans.

On peut donc considérer cette fois, que l'avant dernière carte a bel et bien été jouée. Il ne reste donc plus que la dernière à jeter sur le tapis.

OoOoOoO

Harry

Quand Ron et moi-même revenons à la Base, Cooper et les autres ne sont pas arrivés encore à la Gentilhommière.

C'est un peu étonnant.

« Ils ont été sacrément secoués par la tempête. Alors ils ont peut-être fait une pause quelque part, pour récupérer un peu, avant de se présenter pour recevoir la branlée que l'affreux va leur flanquer sans coup férir. » suggère Ron, en prenant place à côté de Dedalus.

« Possible. » réponds-je, observant Voldemort qui s'impatiente.

Il s'est posté devant la porte fenêtre de son bureau à laquelle il tourne généralement le dos, son regard vrillé au loin, sur la grille ouverte de sa propriété et soudainement il sursaute, éclatant d'un rire triomphant.

Du monde vient de Transplaner devant la grille et Carrow père s'avance pour délivrer l'adresse de la Gentilhommière aux nouveaux venus, tandis que l'affreux ouvre sa porte fenêtre, pour aller au-devant de sa troupe, qu'il pense bien évidemment victorieuse.

o-o-o

« S'il reste dehors, je ne vais pas pouvoir le rejoindre. » murmure Messire Salazar, un peu tendu.

« Il va vite s'apercevoir que Draco n'est pas là. Alors il s'arrêtera et attendra sa troupe de vaincus en fulminant, puis leur jettera quelques Doloris, fera demi-tour et reviendra dans son bureau pour ruminer sa colère. » réponds-je, yeux fixés sur l'affreux, qui descend déjà un peu moins gaillardement l'allée.

o-o-o

Il a compris déjà, même s'il refuse encore l'évidence, que sa troupe rentre diminuée et tête basse.

Il fume cependant de plus en plus, s'arrêtant finalement comme je le subodorais, alors qu'il n'a pas effectué le quart du parcours qui les séparait, pour attendre les Mangemorts emmenés par son fils.

« Où est Rabastan ? Où cet imbécile a-t-il emmené Draco et ses amis ? » demande-t-il abruptement, son regard flamboyant courant à la ronde.

Il donne l'air d'entretenir un espoir qu'il n'a pas. Mais il a compris en fait, que Rabastan ne reviendra pas et il cherche déjà celui ou celle qu'il va rendre responsable, non seulement de l'échec qu'il vient d'essuyer, mais également de la perte de son Lieutenant.

Et je ne doute pas un instant, que c'est celui qui aura le courage de répondre, qui sera le payeur. Le premier de la liste. Car sa fureur est à son comble.

« Rabastan est mort, Monseigneur. Nos proies se sont échappées. Potter… » commence Ridgewood père, qui soutient son fils blessé, avant de tomber au sol, hurlant de douleur.

Et comme je m'y attendais, il n'est pas seul à recevoir des Doloris. Il punit tout le monde, surtout les deux qui ont tenté d'échapper à sa Baguette : Alban Ridgewood, qui cherchait à ramper loin de son père et Aliénor Forbanks, qui a tenté de détaler vers la sortie.

Seul Cooper, qui est tombé à genou et le fixe les yeux écarquillés de peur, est épargné. Car l'affreux retient de justesse son bras. Ou plutôt, c'est Salazar, qui l'a retenu.

Il a pris les commandes en douce, pendant la punition des Serviteurs vaincu. Et s'il n'a pas puni Cooper, je gage que c'est uniquement car il pense avoir bientôt besoin de son corps et ne souhaite donc pas l'abimer.

Je suis sûr, qu'il doit déjà le considérer comme sien d'ailleurs.

« Tu viendras me rendre compte quand je te ferai chercher ! » lui siffle Salazar, qui n'attend pas la réponse du fils de Voldemort, avant de tourner les talons et de revenir à grandes enjambées vers la Gentilhommière.

o-o-o

« Il est tout prêt d'exploser. Je pense donc qu'il est mieux qu'il vous trouve à son retour, Messire Salazar. Cependant, tenez-vous sur vos gardes et soyez prudent dans vos réponses, car l'air de rien, Salazar domine et semble tout près de prendre les commandes définitives. » souffle-je, yeux rivés sur l'aura de Voldemort/Salazar.

Elle ne s'étire pas comme elle le fait habituellement. Au contraire, elle se ramasse sur elle-même, comme un fauve sur le point de bondir.

Oui, c'est bien Salazar qui domine. Et j'ai l'intime conviction qu'il le fait très sournoisement, sans que Voldemort puisse prendre conscience qu'il n'est plus aux commandes. Salazar ne se montre pas à lui. Il va juste s'arranger pour s'exprimer à travers lui, tout en lui laissant croire et à nous aussi par la même occasion, que c'est bel et bien lui, Voldemort, qui parle.

Et s'il procède ainsi, c'est qu'il n'a pas encore assez d'éléments pour nous contrer. Il veut donc nous confronter, dans l'espoir de les obtenir.

o-o-o

Voldemort / Salazar pénètre maintenant dans son bureau et aussitôt voit-il Messire Salazar, qui s'est retiré dans l'ombre la plus épaisse possible, il brandit vivement sa Baguette vers lui.

« Ose jeter un Maléfice dans ma direction et tu perds à jamais toutes tes chances de voir nos Magies et nos Esprits s'unifier ! » déclare Messire Salazar, d'un ton aussi défiant que son regard.

Les yeux flamboyants du corps de Voldemort vacillent brièvement, à la recherche de la réponse adéquate. Une réponse ambigüe qui n'éveillera pas le soupçon de l'affreux lui-même, ni le nôtre bien sûr.

« Il me suffit de tuer mon descendant et tu n'auras pas d'autre choix que de rester avec moi, en attendant une heure plus propice ! » siffle-t-il, aussi défiant que Messire Salazar.

Cela signifie clairement à mes oreilles, qu'il menace de disparaître aussi longtemps qu'il le juge nécessaire, attendant que je m'affaiblisse, avant de venir m'affronter.

« Il me restera celui de t'abandonner à ton triste sort et ton esprit se diluera à nouveau, lorsque tu perdras ton corps, cependant que le mien sera très clair, grâce à l'énergie dont je suis abondamment alimenté. Par ailleurs, il te manquera toujours une clef essentielle pour reprendre vie et je peux alors t'assurer que tu n'auras plus aucune chance de le faire encore, car je m'y opposerai jour après jour, te menant vers les limbes éternels et l'oubli du goût de la vie et de la Magie ! » réplique Messire Salazar, en une mise en garde qui s'adresse bien sûr au Salazar de Voldemort.

Traduction : Tu n'as pas d'autre choix pour l'heure, que nous laisser mener notre barque comme nous l'entendons, si tu veux pouvoir espérer avoir même la moindre chance de remporter la victoire, lui dit-il en substance.

« Tu ne m'as donc pas tout dit ! » conclut Salazar, les yeux plissés sur la suspicion.

« Certes, j'ai présentement l'aspect d'un spectre à tes yeux, mais n'oublie pas pour autant que je suis Messire Salazar Serpentard en personne ! » répond Messire Salazar, qui avance légèrement le visage en avant, regard animé de rouerie, avant d'ajouter : « Me crois-tu assez stupide, pour n'avoir pas envisagé que tu puisses chercher à tricher et qu'il serait donc opportun que je garde un As ou deux dans ma manche ? Penses-tu pouvoir réellement échapper à mon juste courroux, si tu me fais défaut ? »

En clair : quoi que tu tentes maintenant, je te retrouverai.

Et aussi sec, l'Aura de l'affreux se détend. Salazar s'est retiré.

Voldemort hésite un bref instant, puis il détourne sa Baguette et ferme avec brutalité la porte fenêtre qui était toujours ouverte dans son dos, ainsi que les doubles rideaux.

« Ton plan a échoué, Salazar ! Rabastan est mort et Draco nous a échappé ! » s'exclame-t-il, avec colère, comme s'il ne s'était rien passé du tout auparavant.

« Mon plan était parfait ! Ce sont sûrement ton descendant et ses amis qui ont commis une erreur! » répond Messire Salazar, sur le même ton, marquant une brève pause avant d'ajouter : « Non, plutôt tes hommes ! Ceux qui étaient au Manoir et que tu as sélectionnés ! Ridgewood allait parler de Potter ! Quelqu'un a dû le prévenir, pour qu'il soit si prompt à intervenir ! »

« Aucun des hommes que j'ai choisis n'aurait osé me trahir ! Aucun, tu m'entends ! Pas plus que les jeunes gens qui ont œuvrés auprès de mon Descendant ! Tu sais bien que tous ont leur famille au Manoir ou à Poudlard et que j'ai fait peser sur eux des menaces de représailles ! C'est donc dans ton plan qu'il y avait une faille ! » réplique Voldemort, avec véhémence.

« Il n'y avait pas de faille dans mon plan ! Ce qui n'était pas le cas dans la mémoire de Rabastan ! » rétorque Messire Salazar, qui s'adoucit un chouia avant de poursuivre : « Sans doute est-ce là, que réside notre échec ! Et finalement peu importe ! Le résultat est là ! »

« Oui, le résultat est là ! Draco nous a échappé ! Tu as voulu tout précipiter et nous avons échoué ! Nous aurions dû attendre la pleine Lune suivante ! Maintenant qui sait quand nous pourrons réaliser nos projets ! » siffle rageusement Voldemort, le regard plus flamboyant que jamais.

« Attendre ! Toujours attendre ! J'en ai assez d'attendre ! » s'exclame alors Messire Salazar, entamant les cent pas dans le bureau.

Voldemort quant à lui, reste figé sur place. Il rumine sa colère, durant les quelques secondes que lui accorde Messire Salazar, avant de venir se planter devant lui pour s'exclamer encore.

« J'en ai assez d'attendre, m'entends-tu ! »

« J'ai entendu ! Mais que veux-tu que nous fassions ! Que nous allions chercher nous-même Potter et Draco à Poudlard ? » s'écrie en retour Voldemort.

Exactement la réponse que nous attendions et Messire Salazar fronce subitement les sourcils, tandis que nous croisons tous les doigts dans la Base.

« Poudlard ? » dit-il, niant de la tête et semblant hésiter avant d'ajouter : « Non. Pas Poudlard. Ce serait insensé. L'Ordre du Phénix doit s'attendre à ce que nous attaquions un jour là-bas, assurément. Or, c'était déjà la meilleure place défendue de tout le Royaume Uni et ils doivent encore avoir renforcé les Protections depuis Halloween, avoir disposé nombre de leurs infernaux pièges partout ! Il nous faut affaiblir l'Ordre du Phénix, avant de nous attaquer à Poudlard. Alors le Ministère ou mieux encore, Ste Mangouste feraient l'affaire. Oui, Potter viendrait défendre les malades si nous attaquons là-bas ce soir. Nous pourrions alors le capturer et l'Ordre du Phénix en déroute, il sera aisé d'aller chercher Draco à Poudlard et de le faire fléchir quand nous aurons parcouru le Chemin des Âmes. »

Voilà, les dés sont jetés. Il était nécessaire de prendre le risque de vouloir l'orienter ailleurs qu'à Poudlard, dans l'espoir que Salazar pense que nous ne voulons réellement pas qu'il aille là-bas et il ne nous reste plus qu'à espérer que, sous son influence, Voldemort prendra le contrepied au moment fatidique et qu'il viendra donc à Poudlard, comme nous le souhaitons.

« Tu voudrais donc que nous attaquions Ste Mangouste ce soir ? » commente Voldemort, qui semble surpris.

Sa colère, quoiqu'encore bien prégnante dans son Aura, est nettement tombée d'au moins trois échelons sur son échelle personnelle.

« Ce soir ou demain soir, comme il te chante ! Du moment que nous sommes certains d'arriver au terme du Chemin des Âmes, avant que la pleine Lune se soit couchée. » répond Messire Salazar, avec un rien d'impatience.

Voldemort ne répond pas tout de suite. Il réfléchit.

« Faut-il prendre le risque de capturer Potter ce soir ? C'est la nuit prochaine, que Balegarian va nous révéler où se trouve la Porte du Chemin des Âmes. » finit-il par dire, en faisant rouler sa Baguette entre ses doigts.

« Oui, c'est vrai, tu as raison, Voldemort. Il semble effectivement plus prudent d'avoir cette information, avant de capturer Potter. Attendons donc la nuit prochaine. » agrée Messire Salazar, qui va s'assoir et soupire, avant d'ajouter : « En espérant que nous ayons encore suffisamment d'Energie après avoir vaincu Potter, pour accomplir les épreuves qui nous attendent et mener notre projet à bien avant le petit matin. »

« Potter captif et l'Ordre du Phénix décimé par mes nombreuses troupes, nous pourrons attendre la pleine Lune suivante, si cela s'avère nécessaire. » répond Voldemort, en venant prendre place face à Messire Salazar.

« Naturellement ! » répond Messire Salazar, aussi sèchement qu'il pianote sur l'accoudoir de son fauteuil.

« Tu es si hâtif. » commente alors l'affreux, l'air presque amusé.

« Qui ne le serait pas, après avoir attendu de renaitre à la vie durant milles années ou presque, passées dans l'ombre et la tourmente ? » interroge alors Messire Salazar, en haussant un sourcil sur sa question.

« Oui… Oui, bien sûr, je comprends, Salazar. Bien que nettement moins longtemps, n'ai-je pas moi-même survécu dans les mêmes conditions ? » répond Voldemort, le regard un peu dans le vague.

Il frissonne également imperceptiblement et bien sûr, Messire Salazar ne manque pas de le noter.

« Tu redoutes d'avoir à l'affronter encore, n'est-ce pas ? » demande-t-il, son regard fixant l'affreux d'un air très grave, avant d'ajouter : « Je peux le comprendre. Cette perspective n'est guère plaisante. Potter est devenu très puissant avec le temps, nous ne pouvons le nier. Et sa puissance bénéficie également de cette Potion de Force dont Latton n'a pas eu le temps d'identifier ce mystérieux ingrédient qui figure sur la recette. »

« Je ne crains pas Potter. Je sais que je peux le vaincre. En revanche, la Potion de Force, voilà effectivement un point que je redoute, Salazar. Car nous ignorons également combien de temps cette Potion produit effet et je ne souhaite pas perdre beaucoup d'Energie à cause d'elle, avant de parvenir à vaincre Potter. » répond Voldemort, d'un ton lugubre, ses yeux s'égarant toujours dans ses pensées.

« Bien sûr. Il nous faudra prendre en compte la durée d'effet de cette Potion, lorsque nous l'aurons capturé. » commente Messire Salazar, tandis que Voldemort relève vivement son regard vers lui.

« Penses-tu donc qu'il pourrait nous échapper encore, comme cela s'est produit à Priest Hole Manor ? » demande-t-il, avec vivacité.

« Je n'envisage pas cette possibilité, non. Car nous ferons en sorte que cela ne se reproduise pas, n'est-ce pas ? » répond Messire Salazar, cherchant l'approbation de Voldemort en fixant son regard dans le sien.

Mais l'affreux ne répond pas. Il semble soucieux à présent et Messire Salazar doit insister pour obtenir sa réponse.

« Nous ferons en sorte que Potter ne s'échappe pas, n'est-ce pas ? » demande-t-il de nouveau, d'un ton pressant.

« Je pense, Salazar, qu'il serait plus raisonnable d'attendre avant de mener notre Attaque sur Ste Mangouste. Ainsi, nous disposerons du temps nécessaire, pour trouver l'ingrédient manquant et concocter non seulement la Potion de Force, que nous prendrons nous-même pour le vaincre plus aisément, mais aussi son Antidote. Nous en donnerons alors à Potter dès que nous l'aurons capturé et nous le mènerons immédiatement après, sur le Chemin des Âmes. » répond Voldemort, avec fermeté.

Messire Salazar reste à son tour silencieux, durant quelques longues secondes.

« Tu crains donc bien, malgré tes dénégations, d'affronter Potter en combat singulier et de perdre une fois encore. Ta colère est si facilement retombée tout à l'heure. Hier encore j'aurais dû refreiner tes ardeurs à mener vengeance, mais ce nouvel échec aujourd'hui, qui impliquait sa présence, a achevé de te convaincre que tu ne parviendras pas à le battre, n'est-ce pas ? Et voilà pourquoi tu refreines à ton tour mes ardeurs aujourd'hui. » commente-t-il finalement, soupirant avant d'ajouter : « Eh bien soit, attendons, puisque tu y tiens. Je suis hâtif, certes, mais qu'est-ce qu'attendre quelques mois ou années de plus, au regard de ce que j'ai déjà traversé ? Nous pouvons très bien réaliser uniquement la première partie du Rituel, ce qui nous permettra, grâce au corps de ton fils, de tomber dans l'ombre de l'oubli. Potter aura beau jeu alors de se gausser de nous et de se vanter d'avoir fait peur au grand et terrible Voldemort, grâce à de simples et minables petites provocations. Et ce, au point qu'il est allé se terrer dans un trou perdu. Mais peu importe, qu'il se vante n'est-ce pas. Car pendant ce temps, nous mènerons doucement nos nouveaux plans et nous prendrons Potter par surprise, en l'attaquant dans le dos, lorsque notre prochain descendant aura atteint l'âge adulte. Puis nous attendrons encore vingt ou trente ans, le temps de rebâtir notre réputation et d'avoir constitué de nouvelles troupes, pour partir enfin à la conquête du Monde. Par ailleurs, ce n'est pas non plus comme si Excalibur ne risquait pas de nous échapper au profit de cette Balegarian, qui va venir cette nuit nous révéler où se trouve le Temple. Non, nous pourrons aller chercher le Bâton de Merlin dès demain matin. Et au moins, avec lui, nous serons assurés de vaincre Potter. Parce que même si nous l'attaquons dans le dos, ce sale gamin pourrait encore nous réserver un sale tour. Oui, il en est bien capable. Alors soyons prudent et attendons une centaine d'années, qu'il soit aussi vieux et décrépi que… »

Naturellement, Voldemort est terriblement vexé par ce discours et sa colère enfle peu à peu.

« JE NE CRAINS PAS POTTER ! » finit-il donc par hurler, pour interrompre Messire Salazar.

Il a bondit sur ses pieds, l'air terriblement mauvais.

« C'EST POURTANT L'IMPRESSION QUE TU ME DONNES ! » hurle aussi fort Messire Salazar, avec une expression aussi mauvaise et se levant lui aussi.

Et c'est le point de départ, pour un duel de regard meurtrier.

o-o-o

« Décidément, j'adore le voir faire joujou avec les nerfs de Voldemort !» sourit Ron, le regard rieur.

« Moi aussi. Il est tour à tour Arrosoir ou Soufflet avec brio et je suis bien incapable de dire dans lequel de ces deux rôles je le préfère. » renchérit Hestia, sous le hochement de tête approbateur de Dedalus.

« Je vote sans hésiter pour le Soufflet. Parce que c'est le rôle le plus délicat à doser. » déclare-je, un peu tendu.

Car l'Aura de Voldemort est de nouveau en train de se ramasser sur elle-même. La révolte de Salazar n'est donc pas loin de s'exprimer.

o-o-o

« Je. Ne. Crains. Pas. Potter. ! » gronde soudainement l'affreux, détachant chaque mot d'un ton plus coupant qu'un rasoir bien aiguisé et crachant presque mon nom, avec le plus parfait dédain.

Et sans lâcher le regard de Messire Salazar.

« Alors fais m'en démonstration dès ce week-end ! Et prépare d'ores et déjà ton fils à nous recevoir et nous céder son corps, plutôt que ressasser cet insignifiant échec que nous avons essuyé aujourd'hui ! » gronde en retour Messire Salazar, sur les mêmes ton et regard que Voldemort.

« Je le ferai dès maintenant avec plaisir ! » accepte l'affreux, à la froide satisfaction de Messire Salazar.

« Très bien ! Mais sache que si cela est, il te faudra mener attaque dès ce soir ! Car demain il sera trop tard ! Le Sortilège n'a effet que durant trente heures ! Il faudra donc achever le Rituel de Sang, bien avant le coucher de la pleine Lune ! » réplique Messire Salazar, avec défi.

« Qu'il en soit ainsi ! » rétorque Voldemort, avec une détermination farouche.

« Parfait ! » conclut Messire Salazar, accordant aussi sec à l'affreux la victoire de leur duel, en inclinant à peine la tête et les paupières, puis se rassoyant sur son fauteuil, dans une posture nettement plus décontractée.

L'affreux en fait autant. Il reste cependant quelque peu tendu et contracté.

« Encore faut-il que tu m'indiques comment préparer le corps de mon fils. » déclare-t-il, avec un feint détachement.

« Naturellement. » répond Messire Salazar, avec tranquillité.

A la pleine satisfaction de l'affreux, dissimulée derrière un sourire de remerciement poli, à peine esquissé.

Et une brève flamme flamboyante dans son Aura, m'indique que Salazar est tout aussi satisfait.

Ok. Qu'ils soient satisfaits tous les deux, puisqu'ils croient avoir pris avantage, grâce au petit manège mené depuis que Messire Salazar a déclaré avoir gardé un As ou deux dans sa manche.

Nous avons assez longuement étudié notre approche et nos scénarii, pour prévoir ce genre de réaction. A savoir : que Voldemort penserait pouvoir, s'il parvenait à obtenir la clef nécessaire pour préparer Cooper à lui laisser son corps, se jouer de Salazar et dominer quoiqu'il arrive son Esprit, quand viendrait le moment de leur unification. Et que quant à lui, Salazar penserait pouvoir, lorsqu'il saurait quand et où nous souhaitions qu'ait lieu notre Ultime Combat, se jouer de nous et se défaire dès ce week-end de Voldemort, pour récupérer son intégrité.

Mais à malin, malin et demi, n'est-ce pas ? Car ils ont négligé l'essentiel, malgré la mise en garde de Messire Salazar : c'est qu'il est bel est bien Messire Salazar Serpentard en personne et qu'il s'est donc servi des As gardés dans ses manches, pour contrecarrer leurs tricheries et les mener exactement là où nous le souhaitions.

Bref…

Notre avant dernière Carte est définitivement jouée maintenant.

Il ne reste que la dernière à abattre sur le tapis.

Ensuite, ce sera à moi, avec l'aide ô combien précieuse de Ron, de jouer notre va tout et de les vaincre tous les deux.

OoOoOoO

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