Disclaimer cf chapitre 1

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Gros bisous à Mistycaln ma super beta !

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De retour de vacances ! Désolée d'avoir omis de vous prévenir !

Je vous souhaite une excellente lecture sur ce chapitre !

Bisous à toutes et tous !

Me-Violine

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PS: Je réponds à vos précédents commentaires après avoir updaté...

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Dernière Ligne Droite 3 / 4

Samedi 22 Mars 1997

Acte 5 : Dernière Carte

Ron

Messire Salazar explique à Voldemort ce qu'il doit faire, pour préparer Cooper à recevoir leurs Esprits et Magies et surtout pour s'assurer qu'il leur cèdera bel et bien son corps, sans résistance, ni aucune rébellion possible.

« Cela est si simple. » commente Voldemort, avec une surprise dubitative.

Naturellement. Il s'attendait bien sûr à de la Magie plus Noire que noir.

« C'est effectivement très simple, Voldemort. Mais quoi que tu penses, c'est là, dans cette simplicité, que réside tout mon génie. Et je puis t'assurer que cela fonctionnera. » répond Messire Salazar, affichant une fierté hautaine et quelque peu vexée.

L'affreux lui concède un sourire poli et un hochement de tête approbateur qui l'est tout autant.

« Je ne doute pas un instant que cela fonctionnera, Salazar. Ne prends donc pas ombrage au fait que je m'attendais à ce que ce soit beaucoup plus complexe et douloureux. Après tout, mes expériences passées l'ont été, n'est-ce pas ? » dit-il, d'un ton doucereux.

« Elles l'ont été, c'est exact. Et elles constituaient la majeure partie de la phase préparatoire. Car il s'agissait bien de nous préparer longuement à ce qui va se produire désormais sous peu : la dernière phase de notre entreprise. Et certes, cela apparait d'une grande simplicité, mais ne te fie pas à cette apparence. La Potion n'a-t-elle pas été complexe à mettre au point ? Quant à la douleur, elle sera bien présente, Voldemort. Au moment de quitter ton corps actuel, durant notre voyage vers ton fils et lorsque nous prendrons définitivement possession de son corps. Et cette douleur sera atroce, crois-moi. Si atroce, qu'elle nous semblera durer sans fin et que nous serons fort tentés d'y mettre un terme, au détriment de la pleine réalisation de notre projet. » répond Messire Salazar, avant d'ajouter avec tout autant d'extase dans le ton de sa voix que dans son expression faciale et son regard : « Mais finalement, que représentera cet instant de douleur, en comparaison de l'éternité qui nous tend les bras ? Rien qu'un très bref laps de temps, Voldemort. Une simple goutte de pluie qui se perdra dans l'océan de plénitude, dans lequel nous pourrons sans fin jouir de notre inégalable puissance. Le Monde sera à nous, chacun rampant à nos pieds et désireux de nous plaire. Tous nos projets, tous nos rêves pourront enfin se réaliser, sans qu'aucun obstacle ne vienne plus jamais se dresser sur notre chemin. Et un jour lointain, nous repenserons au long chemin que nous avons eu à parcourir, aux obstacles que nous avons dû si péniblement franchir un à un, pour obtenir victoire sur nos ennemis passés. Nous repenserons à cette horrible, cette abominable douleur que nous avons eue à vivre pour accomplir nos desseins et nous nous dirons alors, que ce n'était qu'un bien mince sacrifice, au regard de l'immense récompense que nous avons obtenue en la supportant, avec cette persévérance qui nous caractérise. Alors faisons fi dès à présent de cette douleur Voldemort. Faisons fi de cette terrible souffrance que nous redoutons avec tant de juste appréhension, puisqu'elle ne sera bientôt plus qu'un vague souvenir dans nos mémoires. »

Le petit discours de Messire Salazar a fait son effet, il n'y pas à redire là-dessus. C'est un vrai yoyo qu'il a balancé à la tronche de l'affreux encore une fois. Entre l'extase des rêves bientôt réalisés et la trouille de l'atroce douleur qu'il faudra d'abord subir, il ne sait semble-t-il pas vers quoi pencher.

Quoiqu'à mon avis, ça penche un peu plus du côté de la trouille. Car ce n'est pas le genre de type que le courage étouffe, n'est-ce pas ? Alors j'imagine que ça doit sacrément se tordre dans son bide. Il est d'ailleurs plus pâle que pâle, dans le silence de son souffle suspendu qui s'éternise quelque peu.

« Est-ce la crainte d'avoir à mourir et souffrir encore ou est-ce la perspective de réaliser bientôt nos rêves qui te rend ainsi muet ? » demande finalement Messire Salazar, en se penchant vers l'avant, pour se mettre dans le champ de vision de l'affreux.

« Plait-il ? » réagit celui-ci, avec un peu de raideur.

En fait, il a parfaitement bien entendu et la première partie de la question l'a vexé.

« Ton silence m'inquiétait. » répond Messire Salazar avec détachement, en se recalant contre le dossier du fauteuil qu'il occupe.

« Il n'y a pas à s'inquiéter. Je me disais simplement que sachant maintenant ce qu'il y a lieu de faire, il ne me reste plus qu'à appeler mon descendant et mettre en branle notre projet pour ce soir. » déclare l'affreux, avec la même raideur que tantôt, qui masque son manque évident d'empressement.

« Il ne reste plus, effectivement, Voldemort. » répond Messire Salazar, qui se penche de nouveau légèrement en avant, avant de poursuivre, le regard contenant une sévère pointe de mise en garde : « Laisse moi cependant ajouter ceci, avant de t'activer pour mettre en branle nos projets : ne pense pas un seul instant pouvoir me faire défaut maintenant que je t'ai livré ce qu'il convenait de faire pour préparer ton fils à nous recevoir. Car il me reste toujours un ou deux As en manche. »

Et il se redresse, yeux allumés d'une lueur triomphante, tandis que l'affreux fulmine sec à présent.

« As-tu donc réellement si piètre opinion de moi, pour douter ainsi de ma parole donnée il y a quelques minutes ? » demande-t-il, d'un ton glacial.

« Tu es un vil Serpentard, Voldemort. Il est donc dans tes habitudes de mûrement réfléchir à tes décisions, de longuement tergiverser d'une hésitation à l'autre et de faire fi des promesses formulées dans l'unique dessein d'obtenir ce que tu veux. » répond Messire Salazar, avec un chouia d'apaisement un rien moqueur, avant de poursuivre, plus grave et sérieux : « Ce n'est guère là un défaut, mais prudence légitime, j'en conviens aisément. Et je conçois également que tu puisses me trouver excessivement hâtif. Mais je ne le suis pas sans raison, mon très cher descendant. Je ne t'en ai rien dit jusqu'à présent, car j'espérais que tu prendrais par toi-même conscience que le succès pourrait nous faire défaut si nous n'agissons pas dès aujourd'hui. N'avons-nous pas en effet, rendez-vous avec une sérieuse concurrente la nuit prochaine ? Nous sommes parvenus à la devancer jusqu'ici, mais qu'en sera-t-il, si nous attendons demain ou un autre jour pour agir ? »

L'attitude de l'affreux change aussi sec. Sa fureur envers Messire Salazar s'est envolée, pour laisser place à la prise de conscience désagréable, que l'urgence se fait effectivement sentir.

« Balegarian ! » murmure-t-il, reportant tout aussitôt sa colère envers elle.

« Oui. Balegarian. » acquiesce Messire Salazar, fixant l'affreux d'un regard pointu.

« Bien sûr. Elle a affirmé vouloir assurer nos succès respectifs, mais il s'agit là de mensonge. Ce qu'elle veut, c'est Excalibur. Nous devons donc prendre de l'avance sur elle et être prêts à nous rendre sur le Chemin des Âmes, avant que ne lui soit remis le Volumen. » conclut l'affreux, qui prolonge sa coléreuse réflexion, dès qu'il a obtenu l'approbation muette de Messire Salazar.

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« Comment réagit son Salazar, peux-tu le voir ? » demande-je alors à Harry, sur un bref coup d'œil.

« Il avait déjà compris que ça urgeait pour nous. Il le comprend d'autant mieux maintenant. Mais je pense aussi, qu'il ne sait plus trop quoi faire. Nous avons trop d'informations précises qui relèvent du secret absolu, comme le fait que Voldemort a un fils, que la rencontre avec Balegarian a lieu la nuit prochaine. Il se demande comment nous pouvons savoir cela et il ne sait comment interpréter cette mise en garde contre elle. Par ailleurs, il semble ne pas comprendre cette urgence, cette pression que nous imposons et ça lui fait très peur. Je crois qu'il fomente un plan de secours. Je ne saurais être affirmatif cependant. L'Aura de Voldemort est un peu trop embrouillée. » répond Harry, avec inquiétude.

« Tu crois qu'il faut temporiser ? Arroser davantage ? » interroge-je donc, me laissant gagner par son inquiétude.

Tout s'est déroulé parfaitement jusqu'à présent. Ce n'est pas le moment de commettre la moindre erreur.

Harry répond d'un signe de tête, qui signifie clairement qu'il a besoin de réfléchir sérieusement, avant de pouvoir en dire davantage. Je laisse donc mon regard revenir vers l'Ecran, sur lequel Voldemort vient de reprendre parole.

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« Je comprends maintenant ta hâte Salazar. » dit-il, sa manière de s'excuser sans doute, soupirant avant de se lever et d'ajouter : « Je vais procéder dès à présent. »

« Je vais donc te laisser. Prends soin ensuite de te reposer, Voldemort. Nous aurons besoin de toutes nos forces et Energie ce soir. » déclare quant à lui Messire Salazar, qui n'attend pas que l'affreux ait fini d'acquiescer du chef, avant de revenir à la Base.

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« Merlin que ce fut délicat ! J'espère n'avoir commis aucun impair ! » s'exclame-t-il alors, tandis que l'affreux demande au planton d'aller chercher Cooper.

« Je ne pense pas, Messire Salazar. Mais de toute façon, quoi qu'il en soit, cela ne dépendait pas de vous. Ce plan est de notre fait, pas du vôtre. Par ailleurs, même si nous avons tâché d'envisager toutes les réactions qui nous ont semblé possibles, nombres de paramètres échappent à notre contrôle et nous ne pouvions tout présumer. Nous connaissions donc les risques que cela nous faisait courir et nous avons accepté d'endosser les responsabilités qui nous incomberont, si cela vient à tourner à notre désavantage. » répond Harry, sur un soupir inquiet, avant d'ajouter : « Ceci dit, je donnerai très, très, très cher, pour savoir ce que Salazar pense exactement actuellement. »

« Ouais. Moi aussi. » approuve-je, avec la même inquiétude.

Car il nous faut maintenant prendre la décision définitive du moment exact où nous allons abattre notre dernière carte. Et moi qui étais certain jusqu'à présent que notre choix initial était idéal, je suis bien incapable maintenant, d'être aussi catégorique.

« Allons, pas d'inquiétude inutile ! Tout va bien se passer ! Oui, tout va bien se passer ! » murmure de son côté Hestia, cherchant à se rassurer elle-même.

Dedalus lui tapote aussitôt l'épaule avec encouragement et elle se saisit de sa main, pour la serrer avec anxiété.

« L'espoir, Hestia. L'espoir… » murmure-t-il à son tour, serrant lui aussi ses doigts sur ceux d'Hestia, avec laquelle il a noué de forts liens d'amitiés, depuis qu'ils partagent si souvent les mêmes horaires de travail dans la Base.

Avant de faire revenir ses yeux sur les Ecrans, Hestia hoche la tête, regardant Dedalus, l'air de dire qu'elle prend en compte son conseil et qu'elle va tâcher de ne pas l'oublier.

« Voilà déjà ce vaurien de Cooper. Regardez le courir comme s'il avait le diable lui-même à ses trousses, alors même que c'est vers lui qu'il se dirige ! » dit-elle, avec agacement, lorsque ses yeux s'arrêtent sur l'Ecran du couloir menant aux quartiers de l'affreux.

« Ouais. Sauf qu'il n'a pas l'air d'avoir peur pour un sou. Le lien que l'affreux a établi avec lui, a dû le renseigner sur sa disposition d'esprit à son égard et il a plutôt l'air pressé de le rejoindre, le diable. » commente-je, avec le plus grand mépris.

C'est ce que j'éprouve pour ce salaud. Du mépris. Rien que cela. Et à mon humble avis, il ne mérite déjà pas autant.

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Cooper frappe à la porte du salon et il s'empresse d'entrer à l'ordre de son paternel, se précipitant vers lui, pour se mettre à genou et lui baiser la main.

« Je suis tellement désolé, Père ! Je souhaitais plus que tout, que votre projet soit un succès ! Mais les renforts sont arrivés bien plus vite qu'escompté, car par un malheureux hasard, Potter et l'Ordre du Phénix tenaient réunion à Poudlard ! Et Londubat a couru les prévenir, aussitôt Smith a-t-il délivré la fable convenue à Malfoy ! » s'exclame-t-il, le regard animé de sincères regrets.

« Calme-toi, mon fils. Bien que je conçoive que tu aies pu le penser lorsque j'étais sous le coup de la colère tout à l'heure, je ne te tiens pas pour responsable de cet échec. » déclare Voldemort, qui dégage sa main de celle de Cooper, pour lui caresser brièvement la joue avant d'ajouter : « Je sais que tu as parfaitement obéi à mes ordres et que tu souhaites plus que tout, ne jamais me décevoir. »

« C'est vrai, Père. Et je vous promets qu'il en sera toujours ainsi, à l'avenir. Je vous… » répond Cooper, avec une ferveur fiévreuse, avant d'être interrompu.

« Très bien. Nous en reparlerons cependant tout à l'heure, car à présent, je souhaite que tu me fasses rapport de ce qu'il s'est produit. » le coupe en effet l'affreux, effectuant un geste qui l'invite à s'assoir auprès de lui sur le sofa.

Cooper s'exécute, cependant il n'a pas le temps de commencer son rapport, car on frappe à la porte.

C'est Bletchley qui apporte le thé commandé par l'affreux, en même temps qu'il envoyait le planton chercher Cooper. Bletchley s'empresse de poser le plateau sur la table de salon, puis de servir le thé, tournant les talons aussitôt que c'est fait, heureux sans aucun doute, de pouvoir sortir avant que Voldemort n'ait déployé la Gazette qu'il a livrée aussi.

Voldemort quant à lui, semble totalement indifférent au journal, bien qu'il doit se douter que la Une annonce la mort de Lucius. Cooper en revanche, jette dessus un regard rapide, l'œil brillant brièvement de satisfaction.

Ce n'est guère étonnant. Car il a eu le temps d'apprendre la nouvelle, un poil avant que le planton le trouve en train de s'empiffrer d'œufs au bacon dans la cuisine, se fichant pas mal que ses compagnons se remettent difficilement de la branlée reçue par son paternel, faute d'avoir à disposition, une Potion efficace à cent pour cent.

Dame ! Ils n'ont que celles que Preston Sénior se procure au marché noir et qui ont toutes ou peu s'en faut, été concoctées par cet incompétent de Latton.

Mais bref à ce propos. Revenons-en à Cooper. Il est satisfait bien sûr, que Lucius soit mort. Il rêve depuis des mois de prendre sa place de bras droit auprès de son paternel et il doit voir aujourd'hui, s'offrir à lui une opportunité d'autant plus idéale, que Rabastan est mort également.

« Tout se déroulait parfaitement bien, Père. Draco Malfoy était tombé dans le panneau et Rabastan Lestrange venait de lui prendre sa Baguette, tout comme les autres s''étaient emparés de celles de ses amis, quand Potter est arrivé avec des Membres de l'Ordre du Phénix. Lestrange a immédiatement donné l'ordre de départ, mais un Maléfice infernal et très puissant a été jeté je ne sais par qui, déclenchant une très violente tempête dans le Passage Secret. Et dès lors, tout est allé très vite, Père. Certain des amis de Malfoy se sont transformés en animal, bousculant vos Mangemorts qui ne pouvaient déjà pas ajuster leurs tirs en raison des vents violents. Cela a permis à Malfoy de repartir vers Poudlard. Lestrange a alors tenté de l'arrêter, mais il a été brusquement expulsé du Passage Secret, finissant sa course contre un arbre. J'ai couru vers lui et j'ai compris tout de suite qu'il était mort. Alors comme je ne disposais pas des coordonnées de la Gentilhommière, j'ai donné l'ordre immédiat de départ pour Little Hangleton, car Potter et les autres arrivaient sur nous. » raconte Cooper, aussitôt Bletchley sorti du salon et la porte refermée sur lui.

« Tu as bien fait. Mais pourquoi Little Hangleton précisément ? Tu aurais pu faire choix d'une autre destination, puisqu'il n'était pas question que tu y restes. » fait remarquer l'affreux, haussant un sourcil.

« Je voulais savoir pourquoi les renforts étaient arrivés aussi vite. La seule explication à mon sens, c'est que Smith n'avait pu jouer son rôle comme il était entendu et qu'il devait donc s'être replié comme nous en avions l'ordre, au moindre faux pas dans le déroulement de notre Mission. » répond Cooper, qui plante son regard droit dans celui de l'affreux, avant d'ajouter : « Et j'avais raison. Smith était bien arrivé déjà à Little Hangleton. Il m'a expliqué n'avoir pas pu procéder comme convenu, car Malfoy a donné ordre à Londubat de prévenir Potter, qui, comme je vous l'ai précédemment rapporté, se trouvait par malchance en réunion de l'Ordre du Phénix, dans le bureau de Dumbledore. Ensuite Malfoy a entrainé Smith avec lui, lui donnant plus tard ordre de rester auprès du Passage Secret et de prévenir Potter, qu'il était parti à mon secours avec ses amis. Smith a alors fait ce qu'il a pu pour retarder Potter, s'en tenant au plan prévu. Il a donc décidé de quitter Poudlard, puisque Londubat savait qu'il était avec Malfoy. Lange, que j'ai vu également à Little Hangleton, m'a expliqué qu'il a bien brouillé les pistes pour faire croire que j'avais été emmené du côté de la Ferme, cependant, cela n'a pas marché. Car Potter a décidé qu'il fallait faire deux groupes. Un pour aller vers la Ferme et un autre pour s'assurer que tout allait bien dans le Passage Secret. Et plus tard, Lange qui était resté à l'affût dans les parages, a vu remonter l'une des amies de Potter avec un Membre de l'Ordre et il a entendu ce dernier dire à Dumbledore qui arrivait au même moment, que l'opération de sauvetage était terminée et que j'étais le seul manquant à l'appel. Lange a donc compris que tout mon cercle devait quitter immédiatement les lieux, pour conserver une chance de vous servir. »

Voldemort a attentivement écouté Cooper et il réfléchit maintenant dans le silence qui s'est abattu dans le salon, en sirotant sa tasse de thé à petites gorgées.

« Laisse-moi voir ton souvenir, je suis curieux de ce Maléfice de Tempête dont tu as parlé. » dit-il enfin, en posant sa tasse vide sur le plateau.

Cooper se prête volontiers à l'exercice. Et durant tout le temps que prend l'affreux pour examiner son souvenir, il ne cille pas un seul instant, ni ne semble souffrir le moins du monde.

« Ce Maléfice est vraiment très puissant, pour avoir expulsé Rabastan avec autant de violence. » murmure l'affreux, lorsqu'il se retire.

« Oui. J'en été très surpris et ce d'autant que je n'ai pas connaissance d'un tel Maléfice. » répond Cooper, qui hésite un quart de seconde, avant de demander : « Et vous, Père, le connaissez-vous ? »

« Il faut jouir d'un grand pouvoir Elémentaire lié à l'air, pour parvenir à pratiquer un tel Maléfice et je ne vois que Potter, pour posséder la puissance suffisante pour maîtriser cet art et déclencher une tempête de cette ampleur. » répond distraitement Voldemort, le coin de sa bouche agité d'un tic contrarié.

Très contrarié même, si j'en juge le flamboiement de ses yeux et Cooper, qui n'a pas manqué de le noter, n'ose plus moufter, ni même bouger un cil.

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« Tu te trompes, Voldemort, ce n'est pas Harry qui possède ce pouvoir là. Mais je t'en prie, continue à le croire et crains le davantage encore que tu le fais déjà. » murmure Dedalus, avec une certaine satisfaction.

« Il ne faut tout de même pas qu'il me craigne trop, ou il pourrait choisir l'option d'aller se planquer au Diable Vauvert et on serait bien dans la merde. » murmure-je en retour, croisant les doigts pour que cela ne se produise pas.

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« Et en plus, quatre de ses amis sont des Animagus ! De très dangereux Animagus ! » renchérit maintenant Voldemort, rompant ainsi le silence inconfortable qui s'était installé dans son salon.

Cooper se contente de hocher la tête, pour toute réponse. Ceci dit, son paternel s'en fout de sa réponse, puisqu'il ne prête pas du tout attention à lui et se parle à lui-même. Il se souvient cependant de lui après deux ou trois minutes encore de silencieuse réflexion.

« As-tu trouvé un moyen de communiquer discrètement avec Benson, comme je t'ai demandé de le faire, au cas où tes amis et toi-même seriez contraints de quitter Poudlard ? » demande-t-il soudainement, son regard revenant dans le présent.

« Oui, Père. À défaut d'une autre, j'ai exploité une idée qui me répugnait, puisqu'à l'origine c'est une Sang de Bourbe qui l'a eue. Nous pourrons user de ceci. » répond Cooper, sortant un faux Gallion de sa poche, tandis que je sens la moutarde me monter au nez, aussi vite que mes cheveux se hérissent sur ma tête.

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« Petit salaud de Smith ! Il lui a soufflé l'idée d'Hermione ! Merde ! On aurait dû y penser ! » maugrée-je entre mes dents, au hochement de tête de Harry, qui n'est pas plus ravi que moi.

Qu'on est cons, qu'on est cons, qu'on est cons ! Putain, on est vraiment cons ! Ce foutu Gallion va certainement sérieusement compliquer notre affaire, me dis-je, tandis que Cooper explique le principe du faux Gallion à Voldemort.

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« Bien sûr, ce n'est pas très pratique, puisque les messages doivent être très courts, mais j'ai jugé bon d'user de ce moyen sommaire, en attendant de trouver mieux. Et vous pourrez vous-même lui faire parvenir directement des ordres, puisque ce faux Gallion est pour vous, Père. » achève Cooper, l'air de dire qu'il va réfléchir dare-dare à quelque chose de plus satisfaisant.

« Tu as très bien fait et je te félicite. Et peu importe que les messages soient courts, nous pourrons toujours en envoyer plusieurs à la suite, si cela s'avère nécessaire. » répond Voldemort, décidant dans la foulée, d'effectuer un essai en confiant d'ores et déjà une petite tâche à Benson.

Il a l'air d'un chat repu soudainement et je me demande ce qu'il mijote, alors qu'il jette le Sortilège nécessaire à la transcription de son message, puis celui destiné à le faire parvenir à Benson. Et je m'inquiète d'autant plus, quand il reçoit réponse une dizaine de secondes plus tard et qu'il éclate de son rire le plus glacialement satisfait.

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Harry

Putain qu'on est cons ! me dis-je, en échangeant un coup d'œil avec Ron.

On aurait dû souffler à Voldemort, l'idée d'ensorceler des Miroirs dont l'un aurait été remis à Benson, au lieu de laisser Cooper se dépatouiller avec ce problème, dans l'espoir qu'il n'ait aucune idée et que les ponts soient coupés entre les Ânes Bâtés et Voldemort.

Maintenant, c'est nous qui sommes bien dans la merde. Non seulement les ponts ne sont pas coupés, mais avec ce moyen-là, nous ne saurons pas quels ordres ont été transmis, car même en zoomant au max, on ne pourrait pas voir ne serait-ce qu'une bribe de ce qui est inscrit sur la tranche du Gallion.

Tandis qu'avec les Miroirs, on aurait su.

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« Ce moyen de communication est finalement parfait, Franck. Et il faudra penser à remercier la Sang de Bourbe qui en a eu l'idée, si cela est possible, avant de lui faire passer le goût de la vie.» déclare Voldemort, lorsqu'il se décide de cesser de rire, avant de demander, sourcil haussé : « Une Serdaigle sans doute ? »

« Non. C'est cette sale garce de Granger ! » répond Cooper, en crachant le nom d'Hermione, avec toute la haine qu'il éprouve à son égard.

« Granger… Oui, je me suis laissé dire qu'elle est plutôt intelligente, pour une Sang de Bourbe et Gryffondor. La véritable tête pensante du trio qu'elle forme avec Potter et Weasley. » commente alors Voldemort, le visage grimaçant de dégoût.

« Oui. Il faut se méfier d'elle. Et je rêve de l'écraser comme un Veracrasse ! » renchérit Cooper, ses poings se serrant et mâchoires contractées.

« Peut-être en auras-tu l'occasion très bientôt. » répond Voldemort, le regard traversé d'une lueur cruelle.

Et quelque chose dans son ton alerte Cooper, qui le dévisage aussitôt avec une attention accrue.

« Vous prévoyez une Attaque très bientôt ! » lâche-t-il, au bout de deux secondes, un sourire plus que satisfait étirant ses lèvres.

« Oui. J'en prévois une. Ce soir même. » admet l'affreux, affichant la même satisfaction que son rejeton.

Mais lui, c'est parce qu'il l'a mené droit sur le terrain qu'il voulait.

« Me laisserez-vous venir avec vous ? » s'exclame Cooper, se laissant glisser à genou sur le sol, dans une attitude humble.

« Pas cette fois, non. » répond Voldemort, avec une neutralité feinte.

Il a pris grand soin de mesurer son ton, espérant que cela encourage Cooper à oser insister. Et ça marche.

« Je vous en prie, Père ! Je serais tellement heureux d'être à vos côtés et d'assister à votre triomphe ! Car vous triompherez, j'en suis certain ! Chaque fibre de mon corps le sent ! » s'exclame Cooper, avec supplication.

« J'ai dit non, Franck ! J'ai d'autres projets pour toi, de grands projets, tu le sais bien ! » répond l'affreux, avec plus de fermeté cette fois et face à l'attitude certes soumise, mais également quelque peu boudeuse de Franck, il ajoute, les yeux un peu plissés : « Je reconnais cette attitude Franck. C'est celle d'un enfant capricieux qui a une idée derrière la tête. Songerais-tu à me désobéir ? »

« Nullement, Père ! Comme vous le savez, je ne ferai rien qui puisse vous décevoir, jamais ! Je vous le jure, de toute mon Âme ! » se défend aussi sec Cooper, relevant vers Voldemort, son regard le plus sincère possible.

« Soit. Tu ne verras donc pas d'inconvénient à ce que je m'assure que tu tiennes cette promesse, aussi bien aujourd'hui, qu'à l'avenir.» lâche l'affreux, avec sévérité.

« Aucun inconvénient, Père ! Je n'ai qu'un désir, vous vouer ma vie et vous obéir en tout, je vous l'ai dit déjà ! » répond Cooper, avec fougue.

Il me ferait pitié, si je ne connaissais pas la noirceur de son Âme.

« Je te crois, mon fils et je t'en prie, relève-toi. Reviens t'assoir à mon côté, que je t'explique ce que j'attends de toi. » déclare l'affreux, avec un sourire qui se veut tout à la fois satisfait, confiant et indulgent.

Mais au fond, il jubile. Car il a obtenu exactement ce qu'il voulait. Après cette petite scène, Cooper ne peut rien lui refuser, sans se dédire de la promesse qu'il vient de formuler. Et il le fera d'autant moins, qu'il est tellement désireux de lui plaire, qu'il ne prendra pas le temps de réfléchir aux conséquences possibles avant d'accepter sans aucune restriction ce qui va suivre.

« Je n'attends pas de toi une promesse éternelle, Franck. Il arrive inévitablement un temps où les enfants déçoivent leurs parents. » commence l'affreux, qui lève une main pour empêcher Cooper de protester et lui intimer l'ordre de l'écouter jusqu'au bout en silence, avant de poursuivre : « … ne serait-ce que lorsqu'ils décident de quitter le nid familial, pour vivre leur vie. Je sais donc, malgré ta promesse de me vouer ta vie, qu'il viendra un moment où tu désireras fonder une famille et rester plus souvent à son côté qu'au mien. Tout comme tu voudras me prouver ta valeur, en réalisant tes propres projets. Ce qui est bien naturel et légitime. »

Ce salopard réussit le tour de force, de paraître comme le plus attentionné et patient père de la création, me dis-je sur un soupir intérieur.

« En conséquence, ce que j'attends de toi, Franck, c'est que tu me fasses une promesse bien précise, qui t'engagera pour une seule et unique action. Et je tiens, avant que tu me prêtes Serment, à t'expliquer précisément en quoi cela consiste. Car je ne veux pas que tu t'engages à la légère, dans une Mission qui pourrait être périlleuse et douloureuse pour toi. » poursuit Voldemort, de son ton le plus doux et hypnotisant.

Il n'y a pas à dire. Il sait y faire, pour obtenir ce qu'il veut, ce putois hypocrite. Il aurait même pu aisément se passer de la petite scène précédente, car Cooper boit ses paroles comme du petit lait, le regard adorateur.

« Je vous écoute attentivement, Père. » répond ce dernier, dans un souffle.

Voldemort avance alors ses mains vers lui, pour prendre les siennes et les serrer avec ce qui semble de l'affection, ne les lâchant pas quand il reprend la parole, son regard planté droit dans celui de Cooper.

« Tu sais que je ne peux pas mourir, Franck. Mais nul, pas même moi, ne peut être assuré de voir son corps survivre à la guerre et lors de la prochaine Attaque… » déclare Voldemort, avant d'être interrompu cette fois.

« Vous triompherez et sortirez indemne de cette Bataille, Père ! » se récrie en effet Cooper, serrant les mains de l'affreux, avec une confiance désespérée.

Voldemort lui sourit, d'un sourire qui se veut attristé, mais m'apparait plutôt crispé.

Son Aura me le confirme. La perspective de l'Attaque l'effraye. C'est de plus en plus prégnant depuis tout à l'heure. Et je suis de plus en plus convaincu, que s'il peut éviter de m'affronter directement, il le fera. Je devrai donc me mettre en chasse, pour le défier en face à face. A moins que Salazar prenne le dessus et qu'il soit moins couard que son hôte. Ce qui n'est pas si sûr.

Et ce fait m'inquiète de plus en plus. Car même si tout sera mis en œuvre pour qu'il se trouve finalement face à moi, cela prolongera inévitablement la Bataille.

Or, au plus elle durera, au plus le nombre de victimes augmentera exponentiellement.

Je me secoue cependant. Je ne dois pas penser à cela maintenant, mais me concentrer sur le présent.

« Je t'en prie, Franck. Laisse-moi parler sans plus m'interrompre, mon fils. » demande l'affreux, avec une indulgence des plus feintes, reprenant, lorsque Franck hoche la tête pour acquiescer : « Je suis très puissant, nous le savons tous deux. Mais Potter l'est également il nous faut le reconnaitre. Tu as pu toi-même le mesurer tout à l'heure et je l'ai suffisamment combattu pour savoir à quel point sa force de frappe est redoutable. Ceci, car il a l'avantage de posséder un corps beaucoup plus jeune et résistant que le mien. Je dois donc envisager qu'il puisse me vaincre une fois de plus. Ce serait une erreur, de ne pas le faire, je suis sûr que tu en conviendras, n'est-ce pas ? »

« Oui, j'en conviens, père. » accorde Cooper, appuyant sa parole d'un hochement de tête hésitant.

Il a l'air effrayé lui aussi, à la perspective que Voldemort puisse échouer encore.

« Mon esprit, mon Âme et ma Magie survivront, c'est un fait. Je ne désire pas cependant qu'ils le fassent dans les conditions désastreuses que j'ai déjà connues. J'ai donc longuement réfléchi à cela et j'en suis arrivé à la conclusion, qu'il me fallait anticiper ce problème et le contrer, en me liant à une personne de confiance, qui me permettra de survivre en elle, le temps de pratiquer le Rituel qui me permettra d'avoir à nouveau un corps. » explique Voldemort, tandis que le visage de Cooper s'éclaire de compréhension.

« Vous m'avez choisi ! » s'exclame-t-il, avec fougue, baisant les mains de l'affreux, avant d'ajouter sur le même ton : « Je ne saurais jamais vous remercier assez, pour cette confiance et ce grand honneur, Père ! »

Voldemort sourit, face à tant d'enthousiasme joyeux et juvénile.

« Je ne doutais pas de ta réaction et de ton fervent enthousiasme, Franck. Mais une fois de plus je t'en prie, écoute toutes mes explications, avant de considérer sérieusement la réponse que tu vas m'apporter. Car je te l'ai dit, cela pourrait être périlleux et douloureux. Quirrell en est mort. Queudver et Lucius, qui m'ont également prêté leur corps durant un court laps de temps, en ont terriblement souffert également. Car il est très inconfortable d'abriter un autre en son sein et que l'Esprit, l'Âme et la Magie s'en défendent, même lorsqu'on a donné son accord. Tout simplement parce qu'ils sont guidés par l'instinct de survie. Or, plus longtemps cela dure, davantage il est difficile de résister à cet instinct et le corps en souffre alors de plus en plus douloureusement. Et j'ignore durant combien de temps exactement je devrais cohabiter avec toi. Sans compter que Potter ou quelqu'un dans son entourage, pourrait deviner pourquoi je t'ai fait venir auprès de moi aujourd'hui. Il pourrait alors chercher à te tuer, pour m'atteindre moi. » explique encore l'affreux, avant de demander, en regardant Cooper droit dans les yeux : « Prends donc le temps de réfléchir, Franck. Te sens-tu de taille à affronter Potter s'il te trouve ? Te sens-tu capable de résister à la douleur que ma présence t'imposera, sans chercher à m'expulser, ce qui m'affaiblirait et retarderait le moment où je pourrais investir un corps qui m'appartiendrait ? »

Cooper obéit et considère ces questions avec sérieux, durant un instant qui n'est pas très long.

« Oui, Père, je me sens capable de vous recevoir et de résister contre vents et marées à Potter, s'il venait par un malheureux hasard à croiser mon chemin, avant que vous ayez pu retrouver un corps. » déclare-t-il finalement, avec une belle assurance.

« Je t'en remercie, Franck. Car grâce à toi, je n'aurais pas à errer, confus et désorienté, de rat en rat ou de serpent en serpent, durant les longues années nécessaires pour retrouver enfin mes esprits et assez d'Energie pour posséder une personne que je pourrais soumettre à ma volonté, suffisamment longtemps pour procéder au Rituel qui permettra ma résurrection. » sourit l'affreux, baisant le front de Cooper qui accueille cette marque d'affection avec bonheur, avant d'ajouter : « Il ne nous reste donc plus qu'à procéder au Rituel, qui me permettra de venir à toi, sans risque de me perdre en chemin. »

Il explique ensuite à Cooper, qu'ils vont devoir en premier lieu boire une Potion, puis effectuer, au court d'un Serment Inviolable, une promesse solennelle qui les liera tous deux et enfin, Ensorceler un objet qui a une forte signification pour tous les deux.

Il précise également, que pour être certains d'être les seuls à connaitre leur secret, le Serment sera prononcé en Arménien, langue que Bellatrix Lestrange, qu'il a choisie pour réaliser cette partie de leur Rituel, ne connait pas.

« Je ne connais pas cette langue non plus et je ne voudrais pas commettre un impair qui ferait tout rater. Pourquoi ne pas plutôt user du Fourchelang ? » déclare alors Cooper, sourcils froncés.

« Il nous faut user d'un langage humain, exclusivement. » répond Voldemort, l'air dégagé, avant d'assurer, avec un sourire engageant : « Mais n'aies crainte, mon cher fils, j'ai déjà écrit le texte que tu liras à plusieurs reprises à voix haute, afin que je puisse corriger ta prononciation. Par ailleurs, si cela peut te rassurer, au moment d'officier j'énoncerai les mots que tu n'auras qu'à répéter après moi. »

« Je me sentirai effectivement plus confiant, si nous procédons ainsi. » répond Cooper, qui fonce décidément tête baissée dans le piège que l'affreux croit lui tendre.

Car bien sûr, ce Serment sera parfaitement inutile. A supposer que Salazar parvienne à m'échapper aujourd'hui, son errance sera inévitable et ce ne sera pas demain la veille qu'il rejoindra Cooper, lorsqu'il se souviendra de lui. Car nous avons bien l'intention d'emprisonner ce salopard jusqu'à la fin de ses jours.

En conséquence, quoiqu'il arrive, il lui sera inutile, lui aussi.

Et puis, je n'ai pas l'intention de toute façon, de laisser Salazar s'échapper, avec l'Esprit de Voldemort.

« Quels sont les termes de la promesse, que je vais devoir prononcer ? » demande Cooper, en toute curiosité, lorsque l'affreux lui demande s'il a des questions à lui poser, avant qu'ils ne commencent à accomplir leur projet.

« Il s'agit pour toi d'appeler de tes vœux, que ton corps soit le réceptacle de mon Esprit, mon Âme et ma Magie s'il en est besoin. Quant à moi, je devrais appeler de mes vœux, que ton corps soit réceptacle de mon Esprit, mon Âme et ma Magie et de prendre soin de lui, aussi longtemps que je jouirai de ce privilège. » répond Voldemort, récitant mot pour mot ce que lui a dicté Messire Salazar.

Bien sûr, il ne précise pas que la version en Arménien prévoit en fait, que Cooper accepte de lui faire don de son corps. Ni qu'il lui suffira de prononcer un seul mot, pour que l'Âme, l'Esprit et la Magie de Cooper quittent son corps de leur propre chef, pour lui laisser place nette.

« Et en quoi consiste le Sortilège suivant ? » demande cette fois Cooper, avec la même curiosité qu'auparavant.

L'affreux lui explique alors, qu'il s'agit d'ensorceler le Collier de Salazar Serpentard, afin qu'il vienne jusqu'à Cooper lorsque lui-même perdra son corps.

« C'est lui, qui guidera mon chemin jusqu'à toi. Et lorsque tu le porteras à ton cou, je pourrai m'en détacher et m'insinuer en toi, sans risquer l'errance. Dès lors, quoiqu'il arrive, tu ne devras plus le quitter, car il me permettra de récupérer l'Energie nécessaire pour accomplir ma Résurrection. » conclut-il, avec tranquillité.

« Comment cela se passera t-il ? Comment pourrai-je alors vous aider ? » demande encore Cooper, véritablement désireux d'apporter toute son aide, si j'en juge son expression.

« Tu auras juste à tenir ton engagement et me laisser guider ton corps, lorsque cela s'avèrera nécessaire. » répond Voldemort, qui sourit, avant d'ajouter : « Mais assez de questions pour le moment, mon fils. Car j'ai hâte de te donner un précieux cadeau, en récompense de ta loyauté et de la généreuse décision que tu as prise. »

« Ma plus belle récompense, c'est l'honneur que vous venez de me faire, en m'accordant pleine confiance pour être votre réceptacle si cela s'avère nécessaire, Père. » répond Cooper, avec une sincérité palpable.

« Tu changeras d'avis assurément, lorsque tu sauras quel est ce cadeau. » sourit Voldemort, qui ouvre ensuite sa main pour révéler la présence dans le creux de sa paume, de la fameuse Bague que nous lui avons renvoyée cette nuit et ajoutant en la glissant au majeur de Cooper : « Cette Bague appartenant à notre Ancêtre, Messire Salazar Serpentard en personne. »

Les yeux de Cooper brillent aussitôt d'une joie triomphale.

« Quel merveilleux cadeau, Père ! » s'exclame-t-il, se saisissant de la main de l'affreux pour la baiser avec ferveur, avant de prendre le temps de contempler la Bague de ses yeux réjouis.

o-o-o

« Oui. C'est un merveilleux cadeau, Cooper. Surtout pour nous. Parce que maintenant, nous pourrons te suivre à la trace et entendre tout ce que tu dis. » murmure-je, avec une certaine satisfaction, car au moins cette partie est gagnée.

Quoiqu'il arrive, Cooper ne pourra pas nous échapper. C'est une certitude. Il pourrait aller se terrer en enfer, que nous le retrouverions grâce au Sortilège de Localisation, que nous avons inséré à l'intérieur du châssis dans lequel est sertie non seulement la grosse émeraude, mais également un nouveau Micro.

Dommage que nous n'ayons pas pensé à faire la même chose avec le Collier, car alors il y a belle lurette que nous aurions connaissances des terres cachées de Voldemort. Je ne m'attarde cependant pas à cela, car sur l'Ecran, l'affreux fronce les sourcils et sort le faux Gallion de sa poche.

o-o-o

Il lit le message de Benson et il éclate de son rire glacial, comme tout à l'heure. Son Aura cependant, exprime moins de satisfaction qu'alors. Ou plutôt, elle exprime soudainement un léger doute, une hésitation plus précisément.

« Benson aurait-il déjà accompli avec succès la Mission que vous lui avez confiée tout à l'heure ? » demande Cooper, avec une curiosité avide.

« Non. Il m'informe simplement qu'il est parvenu à apprendre ce que le petit protégé de Potter compte faire cet après-midi et que son plan est au point. Le jeune Jérémy Costner sera donc mort avant le diner.» répond l'affreux, tandis que je me sens devenir exsangue.

Et je me saisis aussitôt de mon Miroir, pour alerter le QG, certain au fond de moi, que Salazar n'est peut-être pas étranger à ce sale coup qui se prépare contre mon fils.

OoOoOoO

Blaise

Tout le Comité est sur le qui-vive, depuis que Harry nous a informés en milieu de matinée, que Benson a reçu l'ordre de tuer Jérémy, par l'affreux lui-même, avec lequel il peut désormais communiquer autant qu'il le souhaite ou presque.

Le professeur Dumbledore a envoyé Peeves veiller au grain dans le Quartier des Ânes Bâtés dès qu'il l'a su, mais celui-ci, bien qu'il soit resté à foutre le boxon dans leur Salle Commune jusqu'à l'heure du déjeuner, n'a rien noté qui sorte de l'ordinaire. Benson n'a parlé à personne. Il est resté imperturbablement attentif à la lecture d'un bouquin, après avoir ordonné à ses sbires d'en faire autant. Et il s'en est foutu aussi, que Peeves s'attache à ses basques, quand l'heure du déjeuner est venue et qu'il a été annoncé que les élèves pouvaient se rendre dans la Grande Salle.

Alors nous pensons bien sûr, qu'il avait déjà donné ses ordres, car il n'a certainement pas décidé de mener l'affaire lui-même. Il avait eu le temps de monter son coup, avant de prévenir l'affreux qu'il tenait le moyen d'accomplir son ordre. Cependant, il ne l'a pas claironné sur les toits non plus. Sinon, Warrington et Ramirez auraient cherché à me prévenir.

« C'est l'heure Blaise. » déclare Draco, posant une main sur mon épaule, pour m'encourager à le suivre.

Je détache donc mon attention de la Carte, sur laquelle je suivais tous les mouvements de Benson. Enfin, tous les mouvements. Façon de parler. Car il est resté le cul vissé sur une chaise à la Bibliothèque depuis un quart d'heure. Tout seul à une table.

Nous partons vers le Bureau du professeur Dumbledore, où c'est le grand défilé depuis la fin de matinée, car Nally a organisé des petits séjours au Paradis au compte-goutte, pour tous les Membres de l'Ordre et du Comité. Et comme le départ s'effectue depuis le Grenier du QG, ça doit aussi être un défilé permanent dans les escaliers là-bas.

De quoi bien foutre en rogne Phineas Nigellus Black.

Un groupe revient, quand nous arrivons dans le bureau. Les quelques gars et filles ont l'air frais comme des gardons, mais leurs regards ne sont pas aussi joyeux que d'habitude. Normal. Ils ne reviennent pas d'un séjour d'agrément. Pour eux, la dernière nuit avant la Bataille a pris tout son sens maintenant.

J'ai confiance cependant. Ils donneront le change. Et puis, de toute façon, après ce qu'il s'est passé ce matin, c'est normal qu'il y ait de la gravité ou de la nervosité dans l'air, n'est-ce pas ?

« Notre séjour va durer un peu plus longtemps. Réunion oblige. » déclare Ron, lorsque nous arrivons dans le grenier.

Ceci dit en passant, Phineas n'a pas ouvert son habituelle grande gueule, quand nous avons monté l'escalier en courant. Il avait plutôt l'air résigné, derrière son masque renfrogné et son œil noir.

Nous hochons la tête, Draco, Nev que nous avons rejoint chez le professeur Dumbledore et moi-même. On s'y attendait depuis que la nouvelle à propos des possibilités pour Benson de communiquer avec l'extérieur est tombée. Parce que ça change sacrément la donne sur notre organisation.

Les dernières lignes écrites par Cooper dans son journal a fait plus que le confirmer d'ailleurs. Car il révèle que le faux Gallion de Benson est actionné par un mot de passe muet. Et comme de bien entendu, pour une fois que cela aurait pu être vraiment intéressant de lire ce foutu journal, il a fallu que Cooper s'abstienne de le révéler. Ce qui signifie, que nous ne pouvons donc pas neutraliser Benson pour récupérer le faux Gallion et répondre à sa place aux futurs ordres qu'il pourrait recevoir, ni, par extension, faire parvenir une fausse information à Cooper et l'affreux. Ce d'autant moins, que Cooper a mis suffisamment de faux Gallions à disposition de Benson, pour qu'il puisse communiquer à distance de tous ses sbires.

Ce qui signifie également que nous ne pouvons donc plus neutraliser les autres Ânes Bâtés, ni commencer l'évacuation des mioches avant même de balancer la dernière carte sur le tapis. Car Benson a probablement des Espions dans toutes les Maisons à l'heure qu'il est.

Ceci dit, je ne suis pas étonné de ce grain de sable venu se glisser dans notre machine pourtant bien huilée jusqu'ici. Ni réellement inquiet. Tout roulait trop bien ces derniers jours. Il fallait bien qu'un pépin finisse par nous tomber sur la gueule et grippe notre plan. Et j'aime autant que ce soit maintenant que plus tard, pendant la Bataille elle-même.

Vertige et j'ouvre les yeux sur le Paradis, où il fait grand Soleil. Ça fait du bien, de sentir la chaleur. Parce qu'il fait frisquet aujourd'hui en Ecosse. Il y a même eu une petite gelée ce matin.

« Je suppose que tu as déjà pris le temps de réfléchir au problème qui se pose à nous, Harry. Quelle est ton opinion ? » demande le professeur Dumbledore, aussi sec a-t-il déclaré la Réunion ouverte.

« Il est clair à mes yeux, qu'il ne nous est plus possible de maintenir notre plan initial. Et bien que cela m'ennuie profondément, je propose d'agir sans interférer d'aucune sorte, sans en arriver bien sûr au meurtre de Jérémy. Non… Je m'explique mal... Ce que je veux dire, c'est que la journée à Poudlard doit continuer à se dérouler normalement. Jérémy doit faire ce qui était prévu cet après-midi, comme si rien n'était et que Benson ne prévoyait pas son meurtre. Donc si un Âne Bâté s'approche d'un peu trop près de lui, il faut le laisser faire, sauf s'il jette un Avada Kedavra. Jérémy est protégé par sa côte de maille en Ithilmar, contre laquelle les autres Maléfices et Sortilèges ne peuvent rien. Ni les armes blanches de notre Monde. Ainsi, tout juste après qu'il sera informé que la Mission de Benson est un succès, nous jouerons notre dernière carte. » répond abruptement Harry, en passant une main nerveuse dans sa chevelure.

« Quoi ? Mais tu te rends compte de ce que cela implique ? Si Salazar prend le contrôle et attaque tout de suite, il pourrait y avoir encore des gosses dans tous les coins de l'Ecole ! Alors il faut au moins attendre qu'ils soient tous dans les Salles Communes, avant de balancer la provoc ! » réagit aussi sec Nev, avec une inquiétude certaine.

« Laisse Harry s'expliquer, Neville. S'il propose cela, c'est qu'il a de bonnes raisons de penser que c'est la meilleure chose à faire. » apaise aussi vite Nally, bien que son front soit soucieux.

« Je ne suis pas aussi certain que ça, que ce soit la meilleure décision à prendre et je compte bien que nous examinions à la loupe, ce qui m'a amené à effectuer cette proposition. » déclare alors Harry, sur un soupir, avant de regarder Nev et d'ajouter : « Ceci dit, je crains que nous n'ayons pas d'autre choix Nev. »

« Mais pourquoi ? » demande mon pote, l'air totalement incertain.

« Allons Neville, tu le devines bien ! » intervient Severus, haussant un sourcil vers mon ami, qui finit par en convenir d'un hochement de tête.

« Oui, bien sûr. Jérémy tué cet après-midi, Harry n'irait pas balancer une provocation après le couvre-feu, ça n'aurait pas de sens. Alors il ne reste que deux solutions : soit on contrecarre le projet de l'affreux en faisant capoter le meurtre de Jérémy et on agit ce soir comme prévu, soit on laisse le meurtre soi-disant s'accomplir, sautant ainsi sur une occasion de faire croire à Voldemort que Harry ignorait que Jérémy venait de mourir quand il a balancé sa provocation à la Gentilhommière. Et qu'en conséquence, il ne sera plus aussi fanfaron que dans son message, mais bel et bien diminué au moment de son Attaque sur Poudlard. Ceci dit, je ne comprends toujours pas pourquoi nous devrions prendre le risque d'adopter ce second scénario, alors qu'il comporte autant de risques pour les enfants. » répond Nev, l'air lugubre.

« Cette incompréhension est normale, Nev. Et tu n'as pas deviné au plus juste non plus, car j'aurai d'abord dû expliquer à tout le monde ici, comment les choses se sont exactement passées à la Gentilhommière ce matin. » répond Harry sur un soupir las.

« Alors vas-y, explique tout dans les détails, que nous soyons bien au clair. » encourage Charly, à l'approbation générale.

« En clair, Voldemort me craint trop désormais, pour m'affronter en face à face d'emblée. Et s'il était très satisfait sur le moment, d'avoir donné l'ordre à Benson de tuer Jérémy, dès le moment où il a su que ce serait fait avant le diner, il a commencé à douter du bienfondé de son idée première. Même après avoir réalisé le soi-disant Rituel pour préparer Cooper à lui céder son corps, il ne parvenait pas à se détendre. Et dès que Cooper est sorti du salon, il s'est enfoncé dans ses réflexions, au point que Messire Salazar a dû de nouveau se rendre auprès de lui, pour éviter qu'il ne plonge trop loin. Il lui a alors demandé ce qui n'allait pas, pourquoi il faisait cette tête, alors que tout s'annonçait à merveille pour eux. De fil en aiguille, Voldemort a reconnu qu'il craignait voir leur plan capoter à cause de ma puissance. Messire Salazar a alors tenté de le persuader que le mieux était qu'il s'ôte très vite cette épine du pied, en me défiant aussitôt mon arrivée à Ste Mangouste. Et là, Voldemort a fait remarquer à Messire Salazar, que lorsque mon cher petit protégé serait mort, je serai soit consumé de chagrin, soit bouillonnant de colère. Et que dans le deuxième cas, cette colère que j'éprouverai à son égard décuplerait au contraire ma puissance. Il a ensuite ajouté qu'il reconnaissait maintenant, avoir commis une fâcheuse erreur, en obéissant à une impulsion, dont je suis certain à 90%, qu'elle est imputable à son Salazar. Mais ça, c'est une autre affaire. » répond Harry, buvant une goutte de thé, avant de reprendre son explication : « Messire Salazar a alors proposé à Voldemort d'annuler son ordre, puisqu'il serait toujours temps de tuer Jérémy quand ils seraient victorieux. Voldemort a répondu qu'il ne voulait pas paraître telle une girouette aux yeux de Benson et qu'il était inutile d'insister à ce propos, car même terriblement ennuyé, il ne donnerait pas ce contrordre. Alors Messire Salazar a changé de tactique, comme nous en avions rapidement convenu et il a tenté de minimiser la portée de l'erreur, en assurant qu'à sons sens, ma colère serait inévitablement mêlée de chagrin et que cela me ferait sans doute commettre une erreur, ce qui lui serait profitable. Voldemort a convenu que c'était une possibilité envisageable, puis son Aura s'est soudainement détendue dans une vague de joie cruelle, profondément hypocrite et sournoise. Et tout aussitôt, il a décidé, qu'il attaquera ailleurs qu'à Ste Mangouste, où il n'y a pas suffisamment de place ni de victimes potentielles, pour contenter toutes ses troupes. Il projette donc plutôt de raser plusieurs villages Moldus isolés en campagne, ce qui obligerait l'Ordre à diviser ses effectifs. Et il ferait également en sorte de rapidement m'épuiser, en m'opposant de nombreux adversaires avant de me tomber dessus pour me capturer. »

Harry s'interrompt de nouveau, pour s'hydrater la bouche avec un peu de thé.

« Je comprends mieux à présent effectivement. » en profite pour glisser Nev, approuvé par quelques-uns d'entre nous, dont bibi.

Ça change pas mal la donne tout ça.

« Certainement, mais tu comprendras mieux encore, si j'ajoute ceci : Ce n'est pas Voldemort qui s'exprimait à ce moment là, mais Salazar. Il l'a fait à l'insu total de Voldemort et c'était du bluff. Du moins, en ce qui concerne son projet d'Attaque sur les villages Moldus. Je suis profondément convaincu qu'il a cherché à nous égarer et que son intention est déjà de venir attaquer Poudlard. Par ailleurs, au travers de tout ce qui s'est dit ces derniers jours, j'ai d'excellentes raisons de craindre quant à moi, que le moindre indice d'échec annoncé dans son entreprise d'aujourd'hui sous l'influence et la dominationde Salazar, Voldemort choisisse de se retirer de la scène durant une période indéterminée, se faisant totalement oublier durant des mois, voire même des années, pour me frapper en un lieu et un moment qui nous seront impossibles à prévoir. Si cela se produit et qu'il emmène Cooper, nous pourrons toujours le repérer grâce au Sortilège de localisation, certes. Mais dans le cas contraire, nous perdrons sa trace s'il part hors de portée de nos récepteurs. Et puis, durant combien de temps les Micros fonctionneront-ils encore, avant de flancher pour une raison ou une autre ? Seront-ils encore actifs, quand il se décidera à revenir en zone de réception ? Si oui, pas de problème, nous pourrons sans doute le contrecarrer. Sinon… » renchérit Harry, s'interrompant lui-même sur le sinon fataliste.

Sinon, il y aura une bien plus grande probabilité pour que nous soyons fichus et que le Monde Magique disparaisse.

« En conséquence, le seul espoir pour qu'il vienne quasi à coup sûr à Poudlard ce soir, avec l'intention de t'affronter sur le terrain que nous avons soigneusement préparé, c'est qu'il reçoive ta provocation, non pas ce soir, mais bien avant. Et le mieux c'est que ce soit juste après qu'il ait appris que tu seras soi-disant psychologiquement diminué et donc enclin à commettre une erreur fatale. » conclut Nev, son expression faciale et le ton de sa voix, marquant maintenant sa totale compréhension du méga problème qui se pose à nous.

« Oui. En même temps, je ne suis pas certain que ce soit la meilleure chose à faire. Car de deux choses l'une : où il se décide à attaquer tout de suite après avoir reçu la provocation, où il attend, pour s'assurer que j'ai été prévenu du meurtre de Jérémy et que j'ai eu bien le temps de m'imprégner de chagrin, de culpabilité et de regrets. Je doute cependant qu'il attende bien longtemps. Il va ressentir une urgence à me faire payer ma provocation et à profiter de mon état de faiblesse. Alors il attaquera au plus tôt et donc dès le coucher du Soleil, soit peu après 19H00. Ce qui lui laissera bien du temps aussi, pour tâcher de mettre la main sur Megildur avant que Balegarian ne débarque à la Gentilhommière. Car il pourrait alors se débarrasser aussitôt de cette gênante rivale. Enfin bref. La question est, qu'est-ce qu'on fait des gosses au moment du dîner ? On laisse tout le monde bouclé ? Ce n'est pas logique. On laisse seulement les Ânes Bâtés bouclés, afin de s'assurer qu'ils ne cherchent pas à empêcher l'évacuation des enfants vers les Salles Communes ? Ce n'est pas logique non plus, après ce qui a été dit hier soir. Et dans les deux cas, cela pourrait alerter Benson, qui alerterait lui-même Voldemort et celui-ci pourrait alors flairer le piège. » déclare alors Harry, qui soupire encore une fois avant d'ajouter : « Tout doit paraître naturel, alors que rien ne l'est. C'est bien ça, notre gros problème. »

« Ça c'est sûr. Nous savions déjà qu'il y avait beaucoup de paramètres incertains, Voldemort n'étant pas le moindre. Et nous en avons la preuve à présent. » approuve Remus, le front soucieux, avant de relever son regard sur Nally et Ron et de leur demander comment ils envisagent la situation.

Ils échangent tous deux un regard. Ce qu'ils vont dire va peser lourdement dans la balance. Ils n'ont donc pas intérêt à parler à la légère. Et sur un signe de tête de Ron, c'est Nally, qui répond la première.

« En premier lieu, la question est bien : que ferions-nous, en temps normal ? Si nous nous en tenons à ce que nous avons fait jusqu'à présent, après chaque agression à Poudlard, alors la réponse est : les élèves doivent être envoyés dans leur Salle Commune durant le temps de l'enquête. Le coupable sera alors interrogé puis bouclé sous haute surveillance, jusqu'à ce que les Aurors viennent le chercher. S'ils devaient trop tarder à le faire, ce qui ne manquera pas puisque nous sommes Samedi et que le service est réduit au plus juste possible, les élèves seront rassemblés dans la Grande Salle où Albus recommandera à tous de faire preuve de prudence, avant d'inviter chacun à vaquer à ses occupations.
En second lieu, il faut maintenant considérer l'emploi du temps de Jérémy. J'ignore exactement par qui Benson a pu en avoir connaissance et ce n'est vraiment pas ce qui importe pour l'heure. Ce qu'il faut retenir de cela, c'est que le seul moment où Jérémy pourrait être vulnérable, c'est lorsqu'il sera à la Bibliothèque, de 15H00 à 17H30. Car les chemins empruntés par les grands quand ils escortent les petits d'un lieu à l'autre sont trop aléatoires et que les abords des clubs, de la Grande Salle ou de la Bibliothèque sont beaucoup trop surveillés, pour qu'une embuscade soit organisée dans les couloirs ou la Salle Commune de Gryffondor, où d'ailleurs aucun des ex et / ou soi-disant ex Ânes Bâtés les plus âgés, n'a été accueilli ce matin. En conséquence, nous ne pourrons pas éviter que les enfants soient dans la Grande Salle pour le dîner, ni qu'ils s'éparpillent ensuite dans tout Poudlard, sous la conduite des Elèves plus âgés.
Cependant, je pense que même dispersés, les enfants seront à l'abri du danger dans les murs de Poudlard et qu'ils seront évacués, avant que les ennemis les plus redoutables parviennent à pénétrer dans le Château. Après ce qu'il s'est produit ce matin, ils savent qu'en cas d'Alerte ils ne devront plus aller dans le Jardin à la Liseuse, mais garder leur calme et suivre les instructions qui leur seront annoncées. Albus a été très clair sur ce point ce midi. Il le leur a même fait répéter au moins dix fois, si ce n'est plus. Comptons sur leur obéissance et sur les Anges Gardiens qui veilleront sur eux, pour que rien de fâcheux ne leur arrive. » déclare Nally, regardant à la ronde avant d'ajouter : « En conclusion, je suis favorable pour mettre l'idée de Harry en œuvre. Qu'il se montre après la tentative de meurtre, que l'on voit son chagrin et ensuite, attendons la décision de Voldemort. Nous sommes déjà bien préparés et nous allons encore étudier tous les cas de figure possibles, pour préserver la sécurité des petits au mieux. »

« Il n'y a qu'un point sur lequel je ne suis pas d'accord avec toi, Nally. C'est que les gosses ne sont pas totalement à l'abri, s'ils ne sont pas dans les Salles Commune avant l'Alerte d'Attaque. » déclare cependant Ron, sur une grimace.

« Oui, bien sûr. Il faut compter avec les Ânes Bâtés. Mais le Comité les a déjà tous à l'œil et nous savons qu'ils s'interposeront avant qu'ils aient pu toucher à un seul cheveu des enfants. Et n'oublions pas qu'il sera possible, pour celles et ceux qui auront un badge, de Transplaner et d'user d'un Portoloin à l'intérieur du Château, dès que les Protections de Poudlard seront tombées et ce pour toute la durée des combats. Ce qu'ignorent les Ânes Bâtés. Par ailleurs, je pense que ces derniers chercheront avant tout à régler leurs comptes, avec ceux contre lesquels ils ont une dent sérieuse. Et donc des Elèves de leur année, ou d'une année supérieure. Les petits, ils chercheront plutôt à les terroriser et s'en amuser, en leur faisant démonstration de leur puissance. Par exemple en torturant sous leurs yeux, des Elèves jusqu'alors réputés pour leur autorité et leurs excellentes performances en DCFM. Certains s'en prendraient même aux profs je pense, plutôt qu'aux petits. Je me base pour affirmer ça, sur les discours entendus maintes fois de la part de ceux qui sont actuellement au Manoir.» répond Nally, à l'approbation de Bill, Charly et Sirius.

Ron aussi, en convient.

« Ok. Il faut donc se résoudre à l'évidence. Soit on empêche la vengeance de s'accomplir, soit on laisse soi-disant faire et on balance la dernière provoc, tout de suite après et dans ce cas, il faut s'attendre à une attaque dès le coucher du Soleil, peu après 19H00, sans pouvoir commencer l'évacuation des gosses, ni neutraliser les Ânes Bâtés et Benson en particulier. » résume Draco, en regardant plus précisément vers Ron, Nally et Harry, qui acquiescent du chef.

« Il faut ajouter également que si nous faisons choix de la première option, il est fort probable que sous l'influence de son Salazar, Voldemort pourrait choisir de disparaitre durant un temps indéterminé, avant de frapper quand il sera sûr de vaincre Harry, sans courir le moindre risque. » ajoute Narcissa, très tendue.

« C'est tout à fait cela. Et avant de le faire, il pourrait finalement très bien jeter ses troupes sur des villages Moldus, comme il a menacé de le faire tout à l'heure.» approuve Harry, soutenu par les hochements de tête positifs de Ron et Nally.

Un silence épais suit ce résumé, tout le monde réfléchissant avec gravité aux options qui s'offrent à nous. Il s'agit de choisir le moindre mal. Et croyez-moi, ce n'est pas facile du tout, de prendre une telle responsabilité, quand on a un cœur et des scrupules. Et que l'on sait, que si on commet la moindre erreur de jugement et le mauvais choix, on aura à vivre avec ça sur la conscience durant toute notre vie et même au-delà.

Finalement, c'est Sirius, qui rompt le silence.

« Bon, il faut se décider. Tergiverser durant des heures et des heures n'avancera pas notre affaire. » dit-il abruptement, avant de regarder à la ronde pour déclarer : « Alors voilà ma position : ça m'embête drôlement, de prendre le risque que les gosses ne soient pas évacués avant l'Attaque, mais je suis quand même pour la stratégie proposée par Harry. Parce qu'on ne peut pas courir le risque que l'affreux disparaisse du paysage, ça mettrait trop les Mondes Moldu et Sorcier en danger, ce soir déjà et plus tard aussi, quand il se déciderait à refaire surface. »

Et il lève la main bien haut, avec détermination, pour lancer le vote. Dès lors, les autres mains se lèvent également, une à une. Presque sans hésitation. Du moins en apparence.

Mais je sais bien que tout le monde redoute la manière dont tout ça va tourner.

Après le vote, nous discutons encore de la situation, du fait qu'il va falloir entre autres, informer Jérémy sur le rôle du mort qu'il va devoir jouer. Puis nous passons en revue tous les scenarii qui nous viennent en tête, les pires configurations qui soient possibles pour l'évacuation des gosses, mais aussi en cas d'Attaque sur des villages Moldus, afin de nous préparer au mieux aux décisions adéquates à prendre, dans chacun des cas de figure étudiés.

Quand c'est fait, la cérémonie de mariage de Bill et Fleur a enfin lieu. En toute simplicité. Il sera fêté en grandes pompes quand la guerre sera finie, ainsi en ont-ils décidé ce qui est très bien. Car de toute façon, aucun cœur n'était en fête, il va sans dire.

Alors on boit une bonne Bièraubeurre, après les félicitations d'usage, puis, aucun d'entre nous n'ayant beaucoup dormi la nuit dernière, chacun se retire dans sa Yourte pour passer une soirée tranquille et se reposer au mieux.

Et je peux vous dire que Nally a dû sacrément prolonger la nuit, car aussi bien les uns que les autres, nous avons eu beaucoup de mal à nous endormir.

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