Disclaimer : cf chapitre 1

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Grand merci à Mistycal !

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Dernière Ligne Droite 4 / 4

Acte 6 : Va Tout

Neville

Quels que soient nos plans, il y a toujours eu un grain de sable pour venir se glisser dans leurs rouages. Et je ne cesse de me demander ce qu'on a bien pu faire au ciel, pour mériter ça. Tout de même, nom d'un petit bonhomme ! Avec le nombre d'ennemis à combattre, ce n'est quand même pas comme si ça s'annonçait trop facile pour nous, de gagner cette fichue Bataille !

Et puis merde ! Je déteste être grossier, mais là, ça dépasse largement les bornes de l'acceptable ! Alors putain de chiotte de bordel de merde, mais qu'est-ce qui te prends là-haut le vieux barbu ! Ça t'amuse de nous compliquer la tâche plus à l'extrême encore ! Ou alors quoi, ce que tu souhaites c'est la fin de la Magie ? Non, parce que si c'est ça, il faut le dire tout de suite, hein ! Au lieu de nous le casser, on restera assis sur notre foutu cul, en attendant que ton émissaire des Ténèbres vienne tous nous tuer et puis basta !

« Ne te décourage pas, mon Neville. Souviens-toi il y a quelques semaines, nous pensions tous que Ron et Nally étaient en Enfer et que jamais plus nous ne les reverrions. Mais ils sont revenus avec Sirius et leur séjour en Celtycie a permis l'Alliance jusqu'alors impensable, des Rebelles et des Hauts Elfes. » murmure ma Luna, en se coulant contre moi.

« Oui, c'est vrai. Mais cette fois c'est différent ma douce Luna. Tout ce que nous avions prévu est à remettre en question. Il faut réorganiser toute notre défense, alors que nous avons si peu de temps pour le faire. Et nous devrons disperser nos moyens bien plus que prévu également, sans savoir précisément en quel nombre et à quel endroit seront les enfants, quand viendra l'heure de l'Attaque... S'il vient ici. Car ce n'est pas gagné non plus, ça. » réponds-je, sur un profond soupir, avant de poursuivre : « J'ai l'impression que tout contrôle sur la situation nous échappe et que nous ne pourrons rien de rien maitriser du tout, tandis que ce sera le contraire pour Voldemort. »

« Il ne maitrise ni sa tête, ni sa Magie. Alors comment veux-tu qu'il puisse contrôler quoi que ce soit ? » demande Luna de sa voix douce et chantante, me souriant et déposant un chaste baiser sur mes lèvres, avant d'affirmer : « Il viendra ici, à Poudlard, où nous contrôlons bien mieux la situation que tu le penses, mon Neville. Nous sommes préparés à garder notre calme, à nous adapter et à improviser. C'est cela, notre plus grande force. Et quel que soit le moment où il attaquera, c'est nous qui allons créer l'effet de surprise, tandis que lui sera prisonnier de la Protection des Hauts Elfes. »

Sa confiance m'apaise le cœur. Elle a raison sur bien des points. S'il y a bien un domaine où nous sommes champions, c'est l'adaptation et l'improvisation. Jamais nous n'aurions survécu aux Simulations grandeurs nature que Nally et Severus nous ont imposées lors de nos nombreux entrainements, si ce n'était pas le cas.

Alors je lui souris et je l'embrasse avant d'aller rejoindre Blaise et Draco, qui ont rassemblé tous les Chefs de groupes, pour réviser notre stratégie au mieux de ce qu'il est possible de prévoir. Et nous commençons bien sûr, par expliquer les derniers développements et la décision qui a été prise en conséquence, ce qui provoque naturellement de nombreuses grimaces et des soupirs fatalistes en pagaille.

« Ça va être sacrément chaud, s'il attaque avant le couvre-feu ! Et je ne vois pas comment on pourrait avant qu'il arrive, imposer aux gosses de rentrer dans les Salles Communes, plutôt qu'aller à la Bibliothèque, dans les clubs divers ou aux entraînements du Groupement de Défense. » intervient Gabe, sous le hochement de tête approbateur de l'ensemble des Membres du Comité présents.

« Ne cherche pas. Nous avons retourné le problème dans tous les sens, il n'y a pas moyen. Et comptez sur Benson pour jouer les empêcheurs de tourner en rond, quand il sera temps de les emmener dans les Salles Communes. Il va penser à tout ce salaud, c'est certain. » répond Draco, qui regarde à la ronde en ajoutant : « Notre avantage sur lui, c'est qu'il va devoir disperser également ses troupes et que grâce à la Carte, nous saurons à combien d'adversaires nous aurons à faire face, où ils se trouveront exactement et comment les prendre en étau, afin de les neutraliser au plus vite. Cela va bien sûr exiger de doubler les Chefs de groupes et donc une coordination serrée entre ces mêmes Chefs, le QG et les Salles Communes, qui accueilleront tous les enfants se trouvant au plus près d'elles. »

« Ça aussi, ça va être chaud. Car au plus nous seront dispersés et nombreux à communiquer via les Miroirs ou Bracelets, au plus vite les lignes risquent d'être saturées malgré l'attribution d'un interlocuteur unique pour chaque groupe. » grimace aussi sec Katie Bell, qui est la coordinatrice du QG.

« Malheureusement, pour être au plus efficace, nous n'avons pas d'autre choix que de multiplier par deux au moins les Chefs de Groupes. Et nous n'avons pas non plus les moyens humains suffisants pour t'attribuer des effectifs supplémentaires, au moins jusqu'à la fin de l'évacuation des petits, Katie. Alors à toi de superviser au mieux, d'anticiper au plus juste et de réviser l'organisation si tu le juges nécessaire, au cours des opérations. » répond Draco, qui précise que Philippa viendra lui donner un coup de main à la coordination, dès qu'elle sera disponible.

Ce qui fait derechef grimacer Katie, bien qu'elle ne fasse aucun commentaire. Je la comprends. Car Philippa ne pourra l'aider, que lorsque les environs de Serpentard seront dégagés et sécurisés au maximum. Or, il y a gros à parier, que Benson mettra un point d'honneur à satisfaire les soi-disant Serpentard de ses troupes, en leur accordant de prendre possession de leurs anciens quartiers.

Ça risque donc de se bousculer au portillon dans cette zone. Raison pour laquelle nous avons prévu que des Elèves de toutes les Maisons renforcent les effectifs de Défense de Serpentard.

« C'est vraiment dommage que nous ne puissions emmener les enfants chez Tatie par Portoloin. Au moins, nous serions assurés que l'évacuation se fasse rapidement, car nous aurions pu les fabriquer à l'avance sans risquer de devoir changer de destination en dernière minute. » soupire Claryce qui se fait visiblement beaucoup de soucis.

« Oui, c'est bien dommage. Mais nous n'avons pas le choix alors inutile de se lamenter à ce propos et concentrons nous sur nos plans. » intervient cette fois Blaise, en dévoilant le Tableau que nous avons rempli tous les deux dès notre retour du Paradis, avant d'expliquer : « Voici donc l'organisation que nous avons prévue. Concernant la défense de l'accès aux Maisons, les Chefs de Groupes seront : Ritchie Coote et Leanne Maxwell pour Gryffondor, Keith Petrie et Agatha McAllan pour Poufsouffle, Elys March et Oliver Payne pour Serdaigle et enfin pour Serpentard, Gil et Philippa. Gabe, Eddy, Hugh et Ben, vous êtes chargés de neutraliser Benson. Claryce, Megan, Miranda et Parvati, à vous la Grande Salle. S'il y a encore beaucoup d'enfants là-bas au moment de l'Attaque, prévoyez de les répartir à Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. S'il n'y a plus personne, hormis Parvati qui ira à Serpentard, rejoignez vos Salles Communes, où vous organiserez les arrivées des gosses par Transplanage ou Portoloin. Kevin ira avec toi Parvati, car tu te rendras dès que possible chez Nally avec Millicent, pour accueillir et installer les gosses là-bas. »

J'établis ensuite le relai pour expliquer ce qu'il en sera du côté de la Bibliothèque et des Clubs, avant de demander s'il y a des questions.

« Les amis de Jérémy vont sûrement demander à se recueillir sur sa dépouille et d'autres joindrons assurément leur voix aux leurs. Que devrons-nous leur répondre ? » demande Claryce, en haussant un sourcil vers Draco, Blaise et moi-même.

« Il n'est pas question que Jérémy joue plus longtemps que nécessaire le rôle du mort. En conséquence, Harry annoncera lui-même à la fin du dîner, que celles et ceux qui le veulent pourront saluer sa dépouille demain matin. Dès que ce sera possible, quelqu'un ira expliquer aux enfants qu'il n'est pas mort, qu'il a fait semblant de l'être pour échapper à son agresseur et que les grands ont décidé de poursuivre la comédie destinée aux Ânes Bâtés, afin que Jérémy puisse être mis en sécurité. » répond Draco, au soulagement partiel d'un bon nombre de filles et gars.

Mentir aux gosses, n'est pas un exercice que nous apprécions, même lorsque cela s'avère absolument nécessaire, comme cela a dû être fait quand il a fallu organiser le faux accident mortel de Severus.

« Oui, bon. Voyons le bon côté des choses. Nous n'aurons pas à nous préoccuper de Jérémy et Jodie, qui seront déjà chez Nally, n'est-ce pas ? » déclare alors Megan, qui tâche d'avoir l'air optimiste.

« En fait, Jérémy a refusé tout net d'être emmené chez Nally, alors que ses amis seront ici à essuyer les premiers feux. Même chose pour Jodie. Harry et Ron ont décidé d'accepter cet état de fait, après en avoir longuement parlé avec eux. Ils partiront donc ensemble, depuis Serpentard. Jérémy viendra dans le QG juste avant le diner et il sera évacué sous cape d'Invisibilité, avec le premier groupe de gosses. Jodie quant à elle, devra le rejoindre aussitôt que possible. Et ce ne sera sûrement pas une mince affaire que de la faire venir, avant que tous les gosses aient quitté la Grande Salle. Harry et Ron ne nous ont rien demandé, mais nous savons que dans le fond, ils comptent sur nous pour être particulièrement vigilants et qu'on lui confie la responsabilité d'un groupe d'enfants dès que possible. » réponds-je, avec un regard pointu sur Megan, Claryce, Miranda et Parvati, à l'instar de Draco et Blaise.

« Compte sur nous pour régler ça ! » déclare aussitôt Megan, à l'approbation de nos trois autres amies.

« Bon courage ! » commente aussi sec Draco, sur un ton qui en dit long.

Et pour cause. Jodie avait un air très décidé ce matin. Par ailleurs, nous savons de très bonne source, qu'elle est en possession d'un sac à malice bourré à craquer de Gadgets Défensifs de tout poil et qu'elle a même trouvé le moyen de se procurer une Mitraillette Magique, ainsi que plusieurs chargeurs de rechange. Naturellement, elle n'a pas voulu dire qui lui a fourni tout son arsenal, mais Harry et Ron ont quelques soupçons à ce propos. Ils n'ont cependant rien confisqué, car ils estiment que lui interdire catégoriquement de garder tout cela était le meilleur moyen de pousser Jodie à faire une bêtise. Et ils pensent d'ailleurs que la personne qui a donné les armes à Jodie, devait penser le même genre de chose, mais aussi qu'elle serait plus en danger encore que tout autre Elève, en raison des liens qui l'unissent à Harry. Et qu'elle souhaitait donc lui donner une chance supplémentaire de s'en tirer en cas de coup dur.

C'est sans doute vrai. J'espère seulement que Jodie saura se montrer raisonnable et qu'elle ne se fichera pas elle-même dans le pétrin, en allant se jeter dans la Bataille malgré les ordres clairs d'évacuation de tous les Elèves non majeurs.

Un ordre qui ne sera pas suivi par tous, j'en propose sans hésiter de mettre en gage ma main dans la gueule d'un Dragon, si je perds ce pari. Car il n'y aucun danger qu'il me faille en arriver là.

« Et qu'est-ce qu'on fait de nos prisonniers ? Il est toujours question de les emmener sous bonne garde chez Nally ? » demande Eddy, à l'écoute attentive des autres Chefs de groupe.

« Non. Benson a au moins un(e) espion(ne) chez les Gryffondors. Alors il ne faut prendre aucun risque avec eux, il y aura bien assez de Mangemorts, Vampires, Harpies et Détraqueurs à combattre, sans qu'on se coltine ces faces de cons d'Ânes Bâtés deux fois, parce qu'ils auront été délivrés. On les envoie donc se perdre dans le Labyrinthe d'Artemus. Même s'ils auront un peu chaud aux fesses, il n'y aura aucun danger pour eux là-bas et surtout, personne pour les délivrer, avant la fin de l'Attaque. » répond Blaise, avec fermeté.

« Au moins, il servira à quelque chose et voilà qui fera plaisir à celles et ceux qui ont travaillé des heures et des heures dans ce Labyrinthe ! » commente Gabe, avec un demi-sourire en coin digne d'un Serpentard.

« D'autres questions ? » demande ensuite Draco, et comme tout le monde hoche la tête négativement, il conclut : « Bien, dans ce cas, tout le monde au travail. Briffez bien vos équipes et surtout, quand l'Alerte sonnera, n'hésitez pas à enrôler des gars et filles majeurs(es) du Groupement dont vous êtes sûrs. Parce qu'en attendant nos renforts, nous aurons bien besoin de toutes les bonnes volontés. »

Et tout le monde obéit au doigt et à l'œil, tandis que je jette un coup d'œil sur l'horloge.

Il est 14H05. Jérémy va bientôt devoir se rendre à la Bibliothèque.

Ginny et Théo savent déjà ce qu'ils auront à faire, mais nous avons encore à placer d'autres gars et filles là-bas, avant leur arrivée.

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Théo

Coup d'œil sur ma montre, lorsque Ginny et moi quittons le Labo où nous sommes allés chercher notre sac de Gadgets Défensifs. C'est le moment bientôt d'entrer en scène et je m'enquiers auprès du QG, de la position de Benson auquel je dois filer le train le plus possible, pour tâcher de savoir quand l'affreux lui donnera des ordres.

« Cette enflure est toujours à la Bibliothèque ! » répond Gabe, via le Miroir de Communication.

« Ok ! Alors c'est sûrement là que ça va se passer, comme nous le pensions ! Bon. Eh bien Colin et moi-même allons chercher Jérémy et les quelques mioches qui doivent venir aussi ! » s'exclame Ginny, pour se faire entendre.

« Entendu ! Oliver et Hannah sont déjà sur place, avec Justin, Alice et Martha ! » répond Gabe, parlant assez fortement pour que tout le monde l'entende à un kilomètre à la ronde.

« Pas la peine de t'égosiller mon pote, j'ai actionné le Sortilège Haut-Parleur. » souris-je, avant de demander : « D'autres Ânes Bâtés, dans la Biblio ou les environs ? »

« Vaneck, Dawson, Harris et Gilford. Tous les quatre à la même table. » répond Gabe, d'un ton beaucoup plus raisonnable.

« Bien, merci. Je vais aller me mettre sous Caméléon tout près de la porte et si Benson n'est pas sorti d'ici là, j'entrerai comme prévu dernière Ginny. » déclare-je, demandant ensuite à Gabe s'il a autre chose à m'apprendre.

« Rien de neuf non. Et ne t'embêtes pas à chercher Katie Pygott dans les environs de la Biblio. La pauvre fait le pied de grue dans l'alcôve la plus proche, sous la Cape d'Invisibilité de Harry, depuis déjà pas mal de temps. Je la préviendrai que tu arrives dès que tu auras mis un pied dans le couloir, afin qu'elle puisse se dégourdir les jambes au plus vite. » répond Gabe, fronçant subitement les sourcils avant d'ajouter : « Le mieux ce sera encore qu'elle se mêle au groupe de gosses de Ginny et Colin. Comme ça, elle ne vadrouillera pas toute seule dans les couloirs et pourra filer la Cape de Harry à Ginny, sur le chemin de l'Infirmerie. »

« Ok, on fait comme ça. » approuve-je, avant de couper la communication.

Un bisou vite fait et ma Ginny prend la direction inverse de la mienne avec Colin.

Et tandis que je me hâte vers la Bibliothèque, je songe à ce qui va se produire sous peu. Benson ne s'occupera pas de l'affaire lui-même. C'est certain. Il ne va pas prendre le risque de se faire déloger de Poudlard pour intégrer une cellule au Ministère, alors qu'il a enfin pris le galon qu'il convoitait, se retrouvant maintenant seul maître à bord à Poudlard.

Enfin, seul maitre à bord, c'est beaucoup dire. Il prend quand même ses ordres de l'affreux.

Disons donc plus exactement, qu'il est son lieutenant à Poudlard.

Alors non, il ne prendra pas de risque. En conséquence, c'est Vaneck ou l'une des filles avec lesquelles il se trouve actuellement, qui va frapper. Et je suis certain aussi que Benson ne s'en ira pas avant que le forfait soit accompli. Il ne serait pas venu à la Bibliothèque, pour partir au moment où son sous-fifre désigné va passer à l'action. Il veut jouir du spectacle, c'est sûr. Et pouvoir affirmer à l'affreux, que son ordre a bel et bien été exécuté avec succès.

Je vais donc m'attacher aux pas de Benson, aussitôt que mon rôle d'Ange Gardien de Jérémy sera terminé, restant au plus proche de lui. Avec un peu de chance, je le verrai envoyer son message à l'affreux et pourrait lire la réponse qu'il recevra peut-être.

Si seulement je pouvais aussi lui piquer son faux Gallion ! Dommage que ce soit hors de question, ça. Parce que ça m'aurait fait plaisir, de voir sa tête, en s'apercevant qu'il ne l'a plus, puis se mettre à le chercher dans tous les coins où il est passé !

Puéril, dirait Severus. Il aurait raison.

Ah ! Voilà Ginny, Colin et les enfants. Je recommande à Katie de filer la Cape à Ginny aussitôt qu'elle le peut et lui dit d'attendre dans son Alcôve que le groupe passe à proximité, pour se glisser hors de sa cachette et se mêler à eux, ni vue, ni connue.

Enfin, lorsqu'elle passe auprès de moi, je frôle la main de Ginny pour lui signaler ma présence à ses côtés et nous entrons de concert, avec la discrétion imposée par Madame Pince dans son antre.

Ginny fait aussi sec signe aux gosses d'aller s'installer à une table, pendant qu'elle va rendre son bouquin à notre chère bibliothécaire et je m'attache aux pas de Jérémy, Il a l'air sérieux comme un pape et ne sourcille pas d'un poil, quand je lui signale ma présence en posant ma main sur son épaule. Il déballe ses affaires comme ses amis, tandis que Colin s'installe à la table d'à côté.

Nous procédons toujours ainsi. Les grands qui accompagnent les petits leur laissent toujours du large quand c'est possible. Ça ne paraîtra donc pas suspect à Benson.

Benson, tiens, justement. Il a relevé à peine les yeux sur notre groupe. Mais je l'ai vu jeter un vif coup d'œil du côté des autres Ânes Bâtés. Il les a juste effleurés du regard, mais c'est comme s'il avait voulu s'assurer qu'ils étaient bien tous là encore et après ça, je suis certain qu'il a effectué un geste sous la table, qui pourrait bien être un Sortilège.

Je me fais peut-être du cinoche comme dirait Seamus, me dis-je, me penchant à l'oreille de Jérémy pour lui signaler que je vais prévenir Oliver de se tenir prêt et que je reviendrai lui taper sur l'épaule, quand le moment sera venu pour lui de se rendre dans la section Défense Contre les Forces du Mal.

Oui, je sais, c'est ironique. Mais c'est surtout une fameuse coïncidence, qu'il n'y ait personne pour voir ce qu'il se passe dans cette travée depuis les tables.

Oliver prévenu, n'attend pas pour se rendre dans la section Divination, qui se trouve tout à côté de celle de la DCFM. Je lui fais confiance pour surgir à temps, afin de prendre la main dans le sac l'Âne Bâté qui frappera Jérémy.

Tape sur l'épaule de celui-ci. Il se penche vers son pote Alioth, pour lui dire qu'il va chercher un bouquin, puis il va voir Ginny et Colin afin de leur signaler la même chose. Que du normal, encore une fois. Maintenant il avance gaillardement, regardant droit devant lui, tandis que je ne me prive pas pour jeter un coup d'œil sur Benson. Le sale enfoiré fait semblant de lire, mais il nous surveille du coin de l'œil et effectue encore un geste sous la table. Cette fois c'est sûr, ce n'est pas du cinoche que je me fais. Il vient de donner un ordre, j'en suis convaincu. Et à la table d'à côté, Vaneck se met subitement à fixer un point invisible au-dessus de la tête de Jérémy, comme s'il réfléchissait intensément.

Comme s'il en était capable cet andouille ! Il vient de recevoir l'ordre de tuer Jérémy, j'en suis certain !

« Vaneck ! » murmure-je donc vite fait à Jérémy, à peine sommes-nous dans la travée DCFM.

Jérémy hoche la tête et effectue encore quelques pas avant de s'arrêter, pour examiner la tranche de gros bouquins. Il se met même sur la pointe des pieds, pour tendre la main vers l'un d'entre eux, quand Vaneck arrive à son tour devant la section Défense Contre les Forces du Mal. Cet enfoiré n'a pas sa Baguette en main. En fait ses mains sont dans ses poches. Il jette un coup d'œil rapide vers le comptoir de Mme Pince et les tables environnantes, puis il avance dans la section, le pas déterminé et son regard s'enfiévrant de jubilation barbare, quand il retire brusquement ses mains de ses poches.

Merde ! Il va frapper avec un couteau ! Il fallait s'en douter ! Ainsi, pas d'éclair de lumière pour signaler Pourvu qu'il ne vise pas la gorge !

Jérémy vient de prendre un gros bouquin en main et au moment où il se tourne comme pour sortir de la travée, Vaneck le plaque contre l'étagère d'une main sur sa bouche et brusquement lui enfonce son grand couteau dans le bide, manipulant furieusement le manche, afin que le tranchant de la lame fasse le maximum de dégâts à l'intérieur. Et tandis que Jérémy écarquille ses yeux soi-disant de terreur mêlée de douleur, celui de Vaneck s'allume d'une lueur de pure jouissance cruelle.

« Crève, sale petit traître ! » murmure-t-il, avec un sourire mauvais, tandis que la sueur me dégouline sur le front.

Putain ! J'ai beau savoir que sa lame n'a pas pénétré même d'un millimètre dans le ventre de Jérémy et que ce qui souille sa robe en une tâche qui s'élargit rapidement c'est du faux sang, produit par un Sortilège jeté sur sa côte de maille en Ithilmar, j'ai mal au bide pour lui.

Jérémy, yeux plus écarquillés que jamais et laissant ses jambes se dérober sous lui, lâche le gros bouquin et exhale son souffle comme si c'était le dernier, dans un léger râle étouffé par les doigts de Vaneck. Alors le salopard ramène enfin sa lame dégoulinante de faux sang vers lui et Jérémy s'effondre au sol.

Vaneck jubile derechef, tandis qu'il nettoie sa lame avec un coin de la robe de Jérémy, quand son Pytimouss littéralement enragé, lui saute dessus. Rakzïl, plante si violemment ses petites dents pointues dans le pavillon de son oreille gauche et lui griffe si méchamment la joue, que ce salopard de Vaneck ne peut s'empêcher de pousser un cri de douleur. Et au même moment, Oliver surgit dans la travée.

« Putain ! Qu'est-ce que tu as fait sale crevure ! » s'écrie aussi sec mon ami, sautant sur le poil de Vaneck qui ne l'a pas vu venir dans son dos et gueule maintenant comme un putois sous la cruelle morsure du Pytimouss, qui ne veut pas lui lâcher l'oreille et lui lacère le visage avec ses ongles aussi pointus et acérés que ses dents.

« Bouge-toi Rakzïl ! » ordonne Oliver, en attrapant la nuque de Vaneck d'une poigne de fer.

Rakzïl obéit vite fait, lâchant l'oreille de Vaneck et Oliver frappe violemment le visage de l'Âne Bâté contre la tranche en chêne massif de la bibliothèque.

« Monsieur Moon ! Mais qu'est-ce que vous faites ! » s'exclame d'un ton offusqué Madame Pince, qui vient de surgir à son tour dans la travée.

Elle devait être en train de ranger un bouquin juste à côté, pour être arrivée aussi vite.

« Ce putain de salopard a tué Jérémy ! » s'écrie Oliver, frappant encore une fois le pif déjà bien abimé de Vaneck contre le bois massif.

Il doit en voir de sacrées étoiles, moi je vous le dis ! Car Oliver joue à fond son rôle de mec gravement en rogne.

C'est foule maintenant derrière Madame Pince, qui écarquille des yeux horrifiés et semble incapable de réagir. Ginny la bouscule, pour venir en courant vers nous, s'agenouillant auprès de Jérémy en criant son nom d'un ton étranglé.

Elle est maintenant cachée par les jambes de Vaneck, d'Oliver et les miennes. Alors tandis qu'elle fige Jérémy pour faciliter son rôle du mort, je profite de mon côté, pour jeter sur elle un petit Sortilège destiné à la faire larmoyer, histoire que ça fasse plus authentique encore. Puis je m'éloigne rapidement, faisant le tour de la travée, à la recherche de Benson.

« Il est mort ! Jérémy est mort ! » s'exclame Ginny, d'un ton désespéré.

Des sanglots éclatent aussitôt, parmi une vague de murmures effrayés et indignés.

Et quand j'arrive au bout de la section Divination, je vois Benson qui s'éloigne, sourire satisfait aux lèvres. Il va se planquer dans une autre travée et je le suis. Mais ce salopard a déjà sorti son faux Gallion et envoyé un message à l'affreux quand j'arrive derrière lui. Et il attend maintenant sa réponse, que je ne pourrais pas lire, car il a pris soin de se placer dans un coin et me tourne le dos. Or, il est trop grand, pour que je puisse lire par-dessus son épaule.

Quelques instants passent. Benson envoie un second message, attend de nouveau environ trente secondes et se retourne, serrant le poing sur le faux Gallion, l'air plutôt déçu.

Il réfléchit maintenant, regardant distraitement passer Vaneck qui est enchainé, la Baguette d'Hannah pointée sur sa nuque et la main d'Oliver enserrant son bras d'une poigne de fer. L'assassin n'a pas du tout fière allure, avec son visage et son cou labourés de griffes profondes dégoulinantes de sang, son œil qui dit merde à l'autre poché, son nez salement tuméfié et son oreille qui pissent aussi le sang. Mais il relève le front quand même, l'air très satisfait de ce qu'il a fait.

C'est ensuite le brancard que fait Léviter Justin Finch-Fletchley, qui passe devant Benson, puis le triste cortège des élèves qui l'accompagnent. Et quand enfin Madame Pince, qui pleure à grosses larmes épaisses, engage tout le monde à rentrer dans sa Salle Commune, il sort de la travée, fait signe aux Ânesses Bâtés de le suivre et il s'en va, à grands pas pressés.

Je m'apprête à le suivre, aussi longtemps qu'il m'est possible de le faire, quand mon Bracelet chauffe avec urgence. Merde ! Il faut je le lise tout de suite. Je m'engouffre donc la section Botanique, lâche mon Caméléon et remonte ma manche pour lire le message.

Mon cœur bat aussitôt d'une chamade folle.

Je file vers Katie, récupère en la lui arrachant presque des mains, la Cape d'Invisibilité de Harry dont je vais avoir besoin sous peu et je sors en courant de la Bibliothèque, bousculant au passage Benson qui marche aussi vite qu'il le peut, ses sbires sur les talons. Et je me fiche bien un peu plus loin, que Peeves caracole au-dessus de ma tête, en braillant que je ne dois pas courir dans les couloirs.

Désolé, mais là, il y a urgence.

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Harry

Un quart d'heure déjà, que j'attends devant la Gentilhommière, soigneusement caché sous mon Sortilège de Désillusion.

C'est moi qui livre le colis aujourd'hui et j'ai tenu à venir très tôt, car j'avais besoin d'être au grand air. Il fait plutôt frais aujourd'hui, j'ai pourtant les mains moites. Je ne cesse aussi de me demander si nous avons pris la bonne décision.

Il est trop tard cependant pour reculer. Si je ne provoque pas Voldemort, les rôles s'inverseront à coup sûr. Il attaquera des villages Moldus, pour me faire venir à lui.

« Ça se met en place, Harry. » me prévient Ron, d'une voix ferme.

« Qui va tenter de tuer Jérémy ? » demande-je, les mains plus moites que jamais.

« Je ne sais pas. Gabe m'a juste prévenu que Jérémy vient de quitter la Salle Commune de Gryffondor avec Ginny et Colin. Il sera donc à la bibliothèque dans 13 minutes au plus. » répond Ron, avec un peu de nervosité.

La sueur dégouline maintenant dans mon dos. J'ai le brusque sentiment que ce serait une erreur d'attendre la fin de la tentative de meurtre, pour faire parvenir le colis à Voldemort.

« Tout le monde est rentré du Paradis, n'est-ce pas Ron ? » demande-je, mille pensées se bousculant dans ma tête.

« Oui. Pourquoi ? » répond-il, surpris.

« Alors préviens tout le monde que je change un peu le programme, en livrant le colis maintenant. » déclare-je, poussé par mon instinct.

C'est maintenant qu'il faut jouer notre va tout !

« Quoi ? Non ! Ne fais pas ça Harry ! Il faut s'en tenir au plan ! » s'exclame Ron dans mes Ecouteurs.

Mais je ne l'écoute pas. Je grimpe sur mon Balai, annule mon Sortilège de Désillusion et je fonce vers la Gentilhommière, fige le Planton sur place dès que je l'aperçois et pose pied à terre, juste à côté de lui.

« Cours vite livrer ça à ton Maître. Crois-moi, tu as intérêt de te dépêcher pour le faire et dis-lui bien que je suis venu en personne, ça lui fera très plaisir ! » déclare-je, avant de laisser tomber le colis sur son ventre.

Puis j'annule mon Sortilège et je Transplane au QG, avant que le planton n'ait eu le temps de dire ouf.

« Putain, mais qu'est-ce qui t'as pris ? Tu devais attendre qu'il ait reçu le message de Benson ! » s'exclame Ron, quand j'entre dans la Base.

« Je me suis fié à mon instinct. Il ne m'a jamais fait défaut. Or, il m'a soudainement semblé plus logique qu'il reçoive le colis, avant le message de Benson. » réponds-je, avec calme, en allant prendre place devant les Ecrans.

Car calme, je le suis maintenant. Je suis même serein.

« Si le planton fait correctement son job, Voldemort ouvrira son colis tout de suite. Et dès qu'il saura que le meurtre a eu lieu, il décidera de venir à Poudlard ce soir. » ajoute-je, lorsque je suis assis, absolument sûr de mon fait, à l'intention de Ron, Messire Salazar, Dedalus et Hestia, tout en suivant le planton du regard.

Il fait vite. L'œil affolé, mais il fait vite et il entre aussitôt l'ordre de Voldemort, qui prend un thé avec Cooper.

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« Maître ! Cette fois, je l'ai vu ! C'est Potter en personne qui a apporté ce colis ! » s'exclame-t-il, avec une précipitation hachée.

« Potter ? Es-tu certain ? » demande l'affreux, qui s'est levé d'un bond.

Et Cooper avec lui. Pâle, défait.

Ça tombe bien qu'il soit là, lui. J'espère que Voldemort va oublier sa présence et regarder ce que je lui envoie devant lui. Ça ne lui fera pas de tort.

« Oui, Monseigneur ! J'en suis certain ! Il a même franchi vos Protections, Monseigneur ! Il m'a Stupefixé, puis il s'est posté à côté de moi pour m'ordonner de vous apporter ce colis ! Je l'ai très bien vu, c'était lui en personne ! » répond le planton, en tendant le colis rouge et or vers son maître.

Et le colis s'envole soudainement de sa main, la porte se claquant quasi aussitôt sur son nez. Voldemort réceptionne le colis d'un geste vif de la main. Son Aura est absolument noire de fureur et c'est avec rage qu'il déchire le papier et le ruban tout en se dirigeant à grands pas vers sa Pensine. Il envoie valser le couvercle de l'écrin, saisit la fiole contenant mon message et déverse son contenu dans sa Pensine Puis il recule de trois pas et active mon souvenir.

Fulminant de plus en plus, ses yeux flamboyants de fureur fixés sur le montage de toutes ses défaites contre moi. De la première lorsque j'avais un an, à la dernière à Godric's Hollow, en passant par les deux fois où je l'ai agressé à Priest Hole Manor, alors que j'étais très loin d'être dans une forme olympique.

Et sa rage augmente encore, lorsque je me dresse devant lui, regard défiant, pour lui adresser mon message :

Je te promets que notre prochain Combat sera notre Ultime Combat, Jedusor. Et j'ai bien l'intention de t'envoyer effectuer un séjour en Enfer dès ce soir. Alors je te propose que nous fixions un rendez-vous, aux heure et lieu qui te conviennent, rien que nous deux et nos seconds. Ron Weasley sera le mien. A toi de choisir le tien. Quoique j'y pense tout à coup, Lucius mort la nuit dernière et Rabastan ce matin, il ne te reste plus d'autre choix que Bellatrix la foldingue. A moins bien sûr, que tu ne préfères confier l'honneur de témoigner de ta dernière défaite, à ce minable de Franck Cooper. Bref, peu m'importe. Dépêche-toi de me faire savoir où tu souhaites que cela se passe, tu sais où m'adresser ton message, n'est-ce pas ? Ceci dit, je te promets également, que si je n'ai pas de tes nouvelles avant minuit, je viendrai te déloger de ta petite retraite dorée. Et bien entendu, inutile d'essayer de jouer les filles de l'air, espèce de lâche. Car je dispose d'un moyen infaillible, tout petit, si petit mais si lumineux et attaché à ma personne, qui me permettra toujours de te retrouver, quelle que soit la profondeur du trou dans lequel tu irais te cacher. Il n'y aura nul repos pour toi. Jamais. Nulle part. Quoi que tu fasses, où que tu ailles, je te promets que tu te feras dévorer par les limbes éternels et que ton souvenir s'éparpillera aux quatre vents de l'oubli… A ce soir, Jedusor. Que tu le veuilles ou non, à ce soir…

Point culminant atteint. Le Volcan entre en éruption et les vitres volent instantanément en éclats. Un bris de verre venant même couper sa joue.

o-o-o

« Si seulement son sale vaurien n'était pas là, je pourrais y aller ! » murmure Messire Salazar, la voix tendue à l'extrême.

« Aucune importance, Messire Salazar. Même s'il n'avait pas été là, vous n'y seriez pas allé. » réponds-je, fixant l'Aura de l'affreux.

Elle ondule par vagues qui envahissent peu à peu l'espace et se contractent tour à tour.

Cooper se recule contre le mur, terrifié devant l'attitude de son paternel qui est figé, poings crispés crépitants d'étincelles et le regard rivé sur le souvenir qui rejoue ses défaites successives.

Voldemort tente de lutter contre Salazar, qui veut réagir tout de suite. Les meubles tremblent et tressautent. Seule la console sur laquelle repose la Pensine reste fixe.

« Tentative de meurtre en cours. » souffle Dedalus, après un bref coup d'œil dans le Miroir qui vibrait dans sa main.

« Parfait. » réponds-je, lui adressant un bref sourire confiant, avant d'ajouter : « Je doute qu'il attaque dès à présent, mais donnez quand même l'ordre à tout le monde de se tenir prêt à évacuer et défendre Poudlard. »

La main de Ron se pose aussitôt sur mon épaule. Me signifiant ainsi qu'il est déjà à sa place et qu'il y restera jusqu'à son dernier souffle. Et je pose ma main sur la sienne, sans le regarder, pour lui signifier que je serai également à ses côtés jusqu'au bout.

« Tentative de meurtre accomplie. Tout s'est bien passé pour Jérémy. » souffle maintenant Hestia, à laquelle Dedalus a laissé le Miroir, pour envoyer le message d'Alerte sur tous les Bippers.

o-o-o

A la Gentilhommière, il m'apparait clairement dans l'Aura de Voldemort, qu'il est en train de perdre du terrain sur Salazar. Ce dernier est plus qu'enragé. Il a compris que le moyen infaillible dont je dispose pour retrouver l'affreux, n'est autre que Tristan. Et que grâce à lui, j'ai compris comment débarrasser le monde de sa présence indésirable.

Il ne lui reste donc qu'une seule chose à faire. Me devancer. M'attaquer par surprise sur le terrain qu'il aura choisi lui-même et m'arracher Tristan.

« Père ! Un message de Benson ! Jérémy Costner est mort ! » s'exclame soudainement Cooper, qui a vivement retiré un faux Gallion de sa poche.

Et comme l'affreux reste sans réaction, il ose venir se placer devant lui pour insister : « Père ! Costner est mort ! Il vient d'être tué par Vaneck ! »

L'aura de Voldemort se contracte aussitôt avec violence et il sort de sa poche son propre faux Gallion, pour vérifier lui-même l'information, avant de se détendre à nouveau, dans un éclat de rire glacial.

« Je ne voudrais pas que tu t'ennuies Franck. Alors va donc chercher tes amis restés à Little Hangleton, afin qu'ils te tiennent compagnie, pendant que j'organise les festivités pour ce soir.» déclare-t-il ensuite, avec une froide détermination.

« Oui, père ! J'y vais tout de suite ! » répond Cooper, avec un immense sourire.

Mais l'affreux n'écoute pas sa réponse. Il sort déjà par la porte fenêtre qui n'a plus de vitres, ayant pris soin au préalable, de récupérer Nagini qui dormait sur son fauteuil de bureau et repose maintenant sur ses épaules.

« C'est Salazar qui mène la danse et il la mènera jusqu'au bout désormais. Alors occupe-toi de Nagini dès que possible, Ron. » déclare-je, en regardant l'affreux se diriger en volant sans Balai, vers les Grilles de la Gentilhommière.

Puis il Transplane et presqu'aussitôt nous perdons sa trace, dans les horribles crachouillis qui nous indiquent clairement où il se trouve.

Il est parti sur ses terres, pour donner des ordres déjà.

« Il est temps maintenant que nous allions montrer notre chagrin, Ron. Alors allons-y. » décide-je, me tournant en direction de Dedalus et Hestia pour ajouter : « Je ne pense pas qu'il revienne, ni n'attende longtemps pour attaquer. Il le fera je pense, au coucher du soleil. Demandez donc à Théo d'aller jusqu'au plus proche de ses terres avec Crabbe ou Goyle et de rapporter directement tout ce qu'il se passe là-bas à Albus. Par ailleurs, il faut autant que possible surveiller les mouvements de Benson, dès lors où les Elèves pourront de nouveau circuler. Ensuite, vous savez ce que vous avez à faire, n'est-ce pas ?. »

Et j'enfile mon blouson en peau de Dragon, yeux dans les yeux avec Ron, avant d'étreindre Dedalus qui partira en Ecosse quand viendra le moment de veiller sur Pré Au Lard, au cas fort improbable où ce serait là que l'affreux se décide plutôt à Attaquer. J'embrasse ensuite Hestia, qui est chargée de rester à l'écoute de Radio Sorcière dans la Cuisine et de coordonner l'arrivée des renforts aussitôt que l'annonce sera effectuée.

Puis je remercie Messire Salazar pour son aide précieuse et enfin, je vais embrasser Tante Pétunia et Dudley, avant de Transplaner devant les Grilles de Poudlard, mon Balai à la main.

Un Sortilège, puis un autre. Et nous sommes prêts à jouer la petite comédie qui confortera Salazar, dans sa décision de venir à ma rencontre à Poudlard.

OoOoOoO

Acte 7 : Dernière Comédie

Ron

Harry et moi-même filons très vite vers Poudlard. Benson se fait vertement prier de rentrer dans ses quartiers par le Baron Sanglant, lorsqu'il s'arrête pour nous regarder passer quasi en rase-motte au-dessus de lui.

Il a sûrement saisi notre pâleur, mais rien d'autre. Il sera toujours temps pour lui tout à l'heure au dîner, de constater les yeux faussement bouffis de larmes de Harry.

Nous passons maintenant la Grand Porte et filons vers l'Infirmerie. Les élèves qui se pressent encore vers leurs Salles Communes s'écartent de notre chemin et nous regardent passer le regard chagriné. Comédie de la part de celles et ceux qui savent la vérité. Mais pas pour les autres. Et je me sens mal à l'aise vis-à-vis d'eux.

L'Infirmerie. Rusard, le visage grave, nous tient la porte ouverte et nous fait un petit clin d'œil au passage. Et enfin l'Annexe, dont la porte se ferme sur nous.

« Ça va Jérémy ? » demande Harry, en posant pied à terre auprès de Jérémy, qui est pâlichon et a l'air plutôt alarmé.

« Je suis inquiet ! Rakzïl a mordu cet imbécile de Vaneck à sang ! Je suis sûr que ça va le rendre malade ! » répond Jérémy, en caressant son Pytimouss lové dans le creux de son cou et tout tremblant, tandis que Jodie, assise auprès de lui, lève un peu les yeux aux cieux, l'air de dire que son frère se fait du souci pour rien.

« Pour qui t'inquiètes-tu ? Rakzil ou Vaneck ? » demande-je, sur un sourire et un clin d'œil.

« Rakzil, bien sûr ! Et Vincent qui n'est pas là ! Qu'est-ce qu'il fait bon sang ! » répond Jérémy, que ma boutade n'a pas détendu d'un poil.

« Tu sais bien que Vincent se trouve actuellement dans la Cabane de Hagrid, Jérémy. Et je comprends ton inquiétude pour Rakzil, mais il a dû en voir d'autres dans sa forêt de Celtycie, tu sais. Ceci dit, si ça peut te rassurer, confie-le moi. Je vais faire un saut à la cabane. Comme ça, Vincent pourra examiner ton Pytimouss. » répond Harry, avec un sourire attendri.

Jérémy hoche la tête et confie Rakzil à Harry, qui se Désillusionne aussitôt et part sur son Balai, en passant par une fenêtre.

« Bon, à part ça, comment ça s'est passé ? » demande-je, en m'assoyant sur le fauteuil que Harry vient de quitter.

« Bien. Vaneck n'y a vu que du feu. Mais heureusement que Ginny m'a figé, parce que d'entendre Lilas et Keina pleurer, ça m'a fichu les boules. Madame Pince aussi elle pleurait, tu te rends comptes ? » répond Jérémy, l'air tout penaud.

« Oui, je me rends compte. Et je peux t'assurer que personne ne t'en voudra quand la vérité éclatera. Tu as fait ce qu'il fallait, pour qu'on puisse mettre fin à la guerre. » déclare-je, en prenant Jérémy par l'épaule pour le rapprocher de moi.

« Alors ça a marché, il va venir ? » souffle Jérémy, en relevant vers moi son regard inquiet.

« Nous pensons que oui. Mais cela ne dépend plus de nous, maintenant. Et tu sais ce que tu as à faire dès que l'Alerte sonne, n'est-ce pas ? » réponds-je, sans me dérober à son regard.

« Je dois partir avec le premier groupe. Et Jodie. » répond un peu mécaniquement Jérémy, regardant sa sœur et lui prenant la main.

Jodie lui sourit en pressant sa main et mon pif chatouille, comme il a chatouillé hier soir, quand nous avons parlé de tout cela avec eux. Jodie va se retrouver au cœur des Combats, j'en mettrais ma main dans la gueule d'un Dragon. Je suis certain également, tout comme Harry, que notre mystérieuse Luna sait quelque chose à ce propos et que c'est elle qui a fourni un arsenal plus que conséquent à notre fille.

Ceci dit, si Luna a fait cela sans nous en parler à Harry et moi-même, alors je suis également convaincu que Jodie s'en sortira et qu'elle sauvera des vies. Je m'inquiète donc pour elle, certes, et même sacrément, mais j'ai confiance en Luna. Et dans le jugement de Jodie. Elle fera preuve de prudence. Et puis, nous la connaissons assez, pour savoir que ça ne servirait à rien de la braquer. Elle se lancerait en cavalier seul, sans personne autour d'elle pour lui venir en aide en cas de besoin.

Et puis j'ai confiance aussi en mes amis du Comité, pour veiller à ce qu'elle ne s'attarde pas, après l'Alerte.

Juste le temps nécessaire pour qu'elle accomplisse ce que Luna pense qu'elle doive accomplir, me dit mon cœur.

Alors je frotte mon nez et je souris à Jodie et Jérémy, tandis que Harry revient déjà.

« Rakzil va parfaitement bien. Et Vincent assure qu'il ne sera pas malade non plus dans les heures et jours qui viennent. » dit-il, en plaçant le Pytimouss sur les genoux de Jérémy.

Cela rassure notre bonhomme, mais sa mine ne se fait pas moins soucieuse pour autant.

« Vous serez prudents, n'est-ce pas ? » dit-il, levant les yeux vers Harry et moi-même.

Des larmes bordent maintenant ses cils et je sens mon cœur fondre, à l'instar de celui de Harry.

« Oui, nous serons prudents. Et je te promets que nous ferons tout, pour revenir entier et en vie. » répond Harry, dans un souffle, avant d'ouvrir les bras pour englober Jérémy et Jodie dans une étreinte.

Je me joins à eux pour ce câlin, regrettant que Jonas ne soit pas là pour le serrer lui aussi sur mon cœur encore une fois. Nous restons ainsi durant quelques longues et belles secondes, jusqu'à ce que la porte s'ouvre et que nous nous tournions tous d'un bloc vers elle.

« Je viens les chercher pour les emmener chez vous. » déclare Pompom, en regardant plus spécifiquement vers Harry et moi-même.

« Ok. » souffle Harry, tandis que nous nous séparons, avant d'ajouter en regardant Jérémy et Jodie : « A moins d'un changement de programme de dernière minute, nous viendrons vous chercher à 18H00. Alors à tout à l'heure. »

Et, sur un baiser sur la joue de chacun de nos enfants, nous nous Désillusionnons, puis partons par la fenêtre, direction le Bureau d'Albus.

OoOoOoO

Severus

La Marque brûle crescendo sur mon bras.

J'ignore ce que Voldemort mijote en ce moment, mais il est certain qu'il tire des plans bien tordus et qu'il en jubile d'avance.

« Faites comme ça, c'est entendu. A tout à l'heure ! » répond Nally, en s'adressant au Miroir qui nous permet actuellement de communiquer avec Théo et Goyle, alors que Harry et Ron entrent par la fenêtre.

« Qu'est-ce qui est entendu ? » demande aussitôt Harry, en posant pied auprès de la Maquette animée des environs de Poudlard.

« Voldemort se trouve dans les Cavernes où il a appelé Bellatrix. Goyle va donc se rendre au Manoir et tâcher de se trouver sur son chemin à son retour, avec espoir de lui arracher une ou deux informations. » répond Nally, tandis que Ron et Harry grimacent.

« Risqué ! » disent-ils également en chœur.

« Oui. Mais Bellatrix n'est pas Voldemort. Et Goyle veut faire quelque chose qui aurait rendu son fils fier de lui. » répond Nally, d'un ton parfaitement neutre.

Mais je sais qu'elle est tendue. Car nous n'avons aucun moyen pour l'instant de savoir où sera menée l'Attaque, même s'il y a de grandes chances que ce soit à Poudlard.

« Que fait-on, s'il n'a donné aucun signe de vie à minuit ? » demande soudainement Minerva, avec nervosité.

« Je lui ai promis que je le trouverai où qu'il soit et je tiendrai promesse. Nous ferons sauter ses Protections et j'irai le déloger de sa cachette. » répond Harry, qui me semble d'une sérénité à toute épreuve, avant de tourner son regard vers Albus et de demander : « Où est Vaneck ? »

« Dans l'antichambre de mes Appartements. » répond Albus, en désignant du doigt une porte dissimulée par une tenture, là-haut sur la mezzanine.

« Vous l'avez fouillé, je présume ? » demande alors Ron, en haussant un sourcil.

« Oui. Mais il n'avait pas de faux Gallion sur lui. » réponds-je, sur un soupir.

Cela nous aurait été très utile.

« Je m'en doutais. Vaneck a toujours été le genre de pièce qu'on n'hésite pas à sacrifier. » commente Ron, avant de demander encore : « Je suppose en revanche, que vous ne l'avez pas encore interrogé ? »

« Non. Mais nous allons le faire maintenant. Alors soyez assez aimables pour vous retirer un peu plus loin. » réponds-je, alors que le Miroir vibre à nouveau sur le bureau d'Albus.

Nally jette aussitôt les Sortilèges d'Activation et Haut-Parleur.

« Goyle vient d'arriver au Manoir Malfoy ! » s'exclame Dedalus, avec grande inquiétude.

« Désolée nous aurions dû vous prévenir. C'est normal, rassurez-vous Dedalus. » répond Nally, avant de demander s'il y a du nouveau ailleurs.

« Non. Enfin si, Dudley m'a contacté par radio, pour dire que les complices de Cooper sont arrivés à la Gentilhommière. Ils se sont installés dans le petit salon de Voldemort, où ils se réjouissent qu'il y ait une attaque ce soir, tout en se désolant de ne pas en être. » nous apprend le vieil ami d'Albus, d'un ton qui traduit parfaitement son sentiment d'écœurement.

Nally le remercie pour l'information, puis coupe la communication. Harry et Ron, se Désillusionnent donc et Albus demande à Oliver et Hannah qui ont gardé notre prisonnier, de le faire venir dans le bureau.

L'interrogatoire de Vaneck ne donne cependant rien qui permette de mettre Benson hors course. Il affirme avoir eu l'idée lui-même de tuer Jérémy. Que rien n'était prémédité et qu'il a simplement saisi l'opportunité qui se présentait à lui.

« Le Veritaserum finira bien par lui délier la langue. Et en attendant que les Aurors viennent le chercher, laissons donc à Monsieur Vaneck le temps de réfléchir aux conséquences de ses actes, dans le calme et la quiétude de l'antichambre. » déclare Albus, lorsque l'horloge sonne 16H15.

Je suis bien d'accord avec lui. Nous avons perdu suffisamment de temps avec Vaneck, qui n'est après tout coupable de pas grand-chose, si ce n'est de sa bêtise forcenée et d'une tentative de meurtre que nous aurions pu très facilement déjouer. Et j'ai le sentiment puissant, que jamais il n'avouera avoir été le jouet de Benson. J'ignore comment ce dernier a obtenu une telle fidélité de la part de Vaneck et qu'il garde ainsi silence sur son rôle dans cette tentative de meurtre, mais le fait est là. Un Serment de Confidence Scellé, peut-être ?

Peu importe pour l'heure. Benson avouera lui-même en temps voulu.

S'il ne meurt pas dans la Bataille...

« Voulez-vous que nous le gardions encore à l'œil, Monsieur le Directeur ? » demande Oliver, qui affiche une mine infiniment dure et sérieuse.

« Je vous remercie, Monsieur Moon, mais je ne voudrais pas abuser de votre temps. Le professeur Sylvestre va s'assurer que Monsieur Vaneck soit solidement enchainé et personne ne viendra l'aider à s'évader d'ici. » répond Albus, tandis que je mène Vaneck à l'étage.

Oliver et Hannah s'en vont donc pendant que j'attache solidement Vaneck sur une chaise de l'antichambre des Appartements d'Albus, m'assurant en prime qu'il n'entendra rien de ce qu'il se passe dans le bureau.

« Quand Kingsley viendra-t-il chercher cet exécuteur de basses œuvres ? » demande Filius, alors que je redescends l'escalier.

« Lorsque le temps le lui permettra, Filius. » répond Albus, qui se tourne ensuite vers Minerva pour demander : « Vous serez aimable, Minerva, d'aller chercher Sybille et de la mettre à l'abri, aussitôt que l'Alarme se déclenchera à Poudlard. »

Minerva hoche la tête pour acquiescer et n'a pas le temps d'ouvrir la bouche pour ajouter un quelconque commentaire, car le Miroir vibre sur le bureau.

« Bellatrix vient de rentrer au Manoir avec un paquet sous le bras. Elle jubilait et s'est à peine étonnée de voir Goyle ! Elle lui a dit de se préparer à faire la fête ce soir et quand il lui a demandé où et à quelle heure ce serait, elle a répondu qu'elle ne savait pas. Puis elle est allée dans les cuisines et après ça, elle a prévenu les troupes au grand complet que le thé allait être servi sous peu et que tout le monde devait copieusement manger et boire ! Et ce soir au souper aussi ! » s'exclame Dedalus, passablement nerveux.

« Nous avons donc tout intérêt à nous sustenter également copieusement, dès à présent, car il n'est pas certain que nous ayons le temps de diner. » déclare-je, sur une grimace, car ma marque vient de brûler d'un cran supplémentaire.

Voldemort titille de plus en plus sérieusement l'excitation de ses troupes. Comme il l'avait fait à Halloween. Aucun Mangemort ne peut ignorer qu'une Attaque aura lieu aujourd'hui. Et je suis prêt à parier que Dedalus va nous annoncer sous peu, des arrivées au Manoir.

Combien seront-ils à le faire ? Nous ignorons le chiffre exact de celles et ceux qui peuvent encore se joindre à lui.

Dedalus met fin à sa communication et le Miroir vibre derechef. Cette fois, c'est Théo qui nous informe que Raymond et Antonin Flint, chargés tous deux d'un paquet, ont quitté les terres cachées de Voldemort peu après Bellatrix et qu'ils avaient l'air très pressés.

« Que peut-il donc bien mijoter ? » demande Harry, fronçant les sourcils.

« Je l'ignore. Et mon pif aussi, malheureusement. » répond Ron, avec préoccupation.

Une préoccupation que je partage tout à fait. Je donnerai cher, pour savoir ce qu'il y a dans les paquets de Raymond et Antonin Flint. La même chose sans doute que dans celui de Bellatrix, avec lequel elle est descendue aux cuisines. Seul lieu où aucun Micro, ni aucune Caméra n'ont pu être installée par Dobby, car d'une part il y avait constamment au moins l'un des Carrow pour se tenir dedans, prêt de jour comme de nuit à servir un plateau de thé réclamé par leur Maître. Et trop bas de plafond d'autre part, pour être certain que nul parmi le personnel humain, ne se cogne sur une Caméra en passant un peu trop près d'elle.

OoOoOoO

Hermione

Je n'aime pas du tout la manière dont les choses se présentent.

Et il est plus que visible, que les autres non plus. Nally elle-même semble nerveuse.

« Vincent m'a dit tout à l'heure, que les Lutins d'Ecosse, Farfadets et Gnomes n'avaient pas encore quitté la forêt lorsqu'il a fait son tour ce matin. En conséquence, bien qu'ils ne l'aient pas encore proposé, il pense que les Lutins souhaitent nous aider en établissant un réseau d'information pendant l'Attaque. Je crois que cela pourrait être utile et j'ai dit à Vincent que si tel est le cas, tu organiseras cela avec eux. » déclare soudainement Harry, dans ma direction.

« D'accord. » réponds-je, mon cerveau entrant aussitôt en ébullition.

Comme les Pytimouss, les Lutins d'Ecosse, Farfadets et Gnomes sont télépathes. Ils pourraient donc effectivement nous être grandement utiles, en relayant les renseignements sur l'avancée des troupes de Voldemort qui passeront par la Forêt et que Blaise, Sirius et Justin, sont chargés de surveiller. Ainsi, ces derniers n'auraient ni besoin de reprendre forme humaine, ni de parler, au risque de se faire repérer, pour nous transmettre leurs renseignements.

Les Lutins pourraient aussi relayer toutes les informations venant de la Ferme Pédagogique, des berges du Lac Noir, du Parc, des environs de la Cabane Hurlante et même à l'intérieur de Poudlard.

Oui. Il faut juste qu'ils se répartissent un peu partout et sachent à qui s'adresser. Je vois déjà comment faire. Il ne faudra pas beaucoup de temps pour mettre cela en place.

Le Miroir vibre et je concentre aussitôt mon attention sur lui.

« C'est Goyle ! Je suis revenu du Manoir. Je me suis rendu aux cuisines par la porte arrière pour voir ce que Lestrange a apporté là-bas, mais je n'ai pas pu savoir ce qu'il y avait dans son paquet. Il avait déjà été ouvert et le papier mis à la poubelle. Et les gars qui étaient là, ils parlaient que le russe ou le bulgare, je ne sais pas trop alors je n'ai rien pu tirer d'eux. Ils étaient énervés aussi, à se dépêcher de préparer le thé, les sandwichs et les muffins. Et comme ils ne me connaissent pas, ils m'ont vite rabroué, l'œil méfiant. Alors, comme Bellatrix m'aurait sûrement dit si elle en avait su plus, je suis revenu ici, au Lac. » explique Goyle, d'un ton morose.

« Avez-vous remarqué quelque chose qui sorte de l'ordinaire, dans les préparatifs du thé, des muffins ou des sandwichs ? Avez-vous vu un gros flacon de Potion par exemple ? Senti une odeur particulière ou un peu trop forte ? » demande Severus, arquant un sourcil interrogatif.

« Non. Rien de tout ça. J'ai juste vu qu'ils mettaient trop de poivre à mon goût dans la sauce des sandwichs et qu'ils préparaient des petits verres de vodka au poivre aussi. Ça doit être un truc de chez eux. » répond Goyle, d'un ton qui traduit qu'il s'en fiche un peu de cela, puisque de toute façon, il n'a pas à prendre le thé au Manoir.

« De la Vodka ? Je pensais pourtant l'alcool prohibé au Manoir Malfoy ? » fait remarquer Madame Chourave, surprise.

« Par Lucius, oui. Mais Rabastan et Bellatrix ont autorisé son usage modéré. Un verre à liqueur d'alcool est donc désormais servi à chaque repas. Et il s'agit effectivement souvent de Vodka poivrée. » répond Nally, puis, après s'être assurée que Goyle n'avait rien d'autre à nous apprendre, elle ajoute « Vous avez fait ce que vous avez pu. Alors n'ayez aucun regret. A plus tard ! »

Et elle coupe la communication.

« Combien de temps leur laissera-t-il pour digérer ? » demande alors Ron, en direction de Severus.

« Au plus, deux heures, à partir du moment où ils auront mangé. » répond-il, en jetant un coup d'œil machinal sur l'horloge, avant d'ajouter : « Il est 16H50. Le thé sera servi d'ici quelques minutes au plus. Alors l'Attaque pourrait être lancée entre 18H30 et 19H30. A moins qu'il ne change d'avis bien sûr. Auquel cas, ce sera dans les deux heures qui suivent le repas suivant. Soit entre 22H00 et minuit. »

« Le coucher du Soleil est son échéance. Il voit là le symbole des Ténèbres s'abattant sur le Monde et sa chance d'être victorieux. » déclare alors Harry, d'un ton doux et un peu lointain.

Son regard s'égare par la fenêtre, où l'on peut déjà voir le déclin du jour s'amorcer très doucement.

« Tu as déjà affirmé à Dedalus et Hestia qu'il attaquerait au coucher du Soleil, tout à l'heure. En es-tu si sûr ? » demande Ron, sourcils froncés.

« Oui. Je le sens dans mes tripes. » répond Harry, avec fermeté.

« Vous pensez donc Harry, qu'il va attaquer au moment même où le Soleil se couchera. » conclut McGo, sur un frisson qui fait écho au mien.

« Oui. C'est ce que je pense effectivement. La seule chose qui m'échappe, c'est combien de temps il s'accordera dès lors, avant de m'affronter. » répond Harry, son regard revenant cette fois vers nous, comme pour nous consulter.

Je suis bien en peine pour répondre à cela.

« Dans ce cas que faisons-nous pour les élèves ? » demande le professeur Flitwick.

« Hélas Filius, nous n'avons toujours pas d'autre choix que de respecter les habitudes. » répond Albus, avec tristesse.

« A quelle heure le Soleil se couche-t-il, ce soir ? » questionne alors Madame Chourave, en regardant à la ronde, pour obtenir réponse.

« Il se couche officiellement à 19H04. Nombreux seront donc les élèves dans la Grande Salle ou pour les plus rapides à manger, dans les couloirs, en chemin des Salles Communes, Clubs ou Bibliothèque. » répond Nally, avec d'immenses regrets.

Nous en avons tous, bien évidemment. Car au fond de nous, nous espérions tous très fort, que Voldemort attaquerait plus tardivement, quand les enfants seraient à l'abri des Salles Communes.

Mais il faut se résoudre. C'est le pire de tous les scénarii possibles qui va se dérouler ce soir. Et je sens que l'attente va me mettre les nerfs à vifs, jusqu'au moment où le branle-bas de combat sonnera.

A ce moment, je n'aurais plus qu'une pensée : sauver le plus de vies possibles.

La mienne y compris.

OoOoOoO

Théo

Trois quarts d'heure maintenant, que Bellatrix, puis les Flint sont partis. Et il n'y a pas eu un seul mouvement sur les terres cachées de Voldemort, que le père de Grégory, revenu depuis quelques minutes, ne cesse de scruter.

Nous sommes tous deux dissimulés derrière la Cape d'invisibilité de Harry, que j'ai tendue entre deux arbustes.

Le père de Vincent, lui, est reparti dès que son ami est revenu à son poste.

« Antonin Flint revient et pas tout seul. » annonce soudainement Goyle, en plissant un peu les yeux derrière les Multiplettes que je lui ai prêtées.

« Qui est avec lui ? » demande-je, avec précipitation, pestant encore une fois de ne rien voir.

« D'ici je ne vois pas bien. Il y a des hauts buissons qui gênent un peu. Je crois qu'il y a ton oncle. Ils sont à peu près une soixantaine a vu de nez. Et v'là l'autre qui sort de la Caverne pour les accueillir. » répond le père de Greg, qui regrette lui, de n'avoir pas été autorisé à entrer sur les terres cachées.

Nally n'a pas voulu. Et il a décidé de lui obéir à contre cœur.

Le temps s'écoule lentement sans qu'il dise quoi que ce soit et je suis sur des charbons ardents. La pression monte et j'ai bien du mal à avaler le repas que Harry nous a fait apporter par Dobby. Il faut pourtant que je me force à manger, car dans deux heures, j'aurais besoin de toutes ces calories. Et si j'attends le diner pour le faire, en rendant mon esprit moins alerte, les premières minutes de digestion pourraient coûter cher non seulement à moi-même, mais à beaucoup d'autres aussi.

« Raymond Flint revient aussi, avec une bonne cinquantaine de types. Pour la plupart, c'est des partisans qui n'étaient pas encore marqués et c'est en train de se faire. Les Flint s'enfoncent maintenant dans un bosquet d'arbres, avec ton oncle et le paquet qu'ils ont toujours sous le bras. Le jeune Florian Travers lui, il dresse une table pour le thé, là dehors, avec Rowle Thorfinn. » déclare le père de Greg, avant de prendre un autre sandwich au roastbeef.

Il n'a aucun mal à manger lui. Il a même l'air de se régaler, me fais-je la réflexion, en activant le Miroir pour informer Nally de ce qu'il se passe sur les terres cachées.

« Dommage qu'elle ne veut pas que j'y aille. Là-bas au moins, je suis sûr que j'aurais pu glaner des informations. » soupire-t-il, quand j'interromps ma communication avec le Bureau Directorial.

« Nally a raison de vous empêcher d'y aller. Voldemort saurait que vous êtes entré sur ses terres et il… » commence-je, avant qu'il m'interrompe.

« Ouais, je sais ce qu'elle a dit, alors ce n'est pas la peine de rabâcher. » dit-il, avec agacement, avant d'insister : « N'empêche que c'est dommage. Parce qu'il y a rien qui dit qu'il ferait attention à moi. »

« Oh, si il le ferait ! Il doit plus que jamais être à l'affût de tout, maintenant qu'il s'est décidé à attaquer ce soir. C'est bien pour ça, qu'il est venu ici et qu'il prépare son plan d'Attaque lui-même ! » réponds-je, avant de boire une goutte de thé.

« Mais non, il ne prépare pas son plan d'Attaque. Il demandera à Lestrange de le faire au dernier moment, comme d'habitude. » oppose le père de Greg, sur un haussement d'épaule.

« Non. Pas cette fois. Croyez-moi, c'est bien différent aujourd'hui. Bellatrix a raté ses dernières Attaques d'envergure. Il ne l'a faite venir que pour dire qu'elle devait ordonner à ses troupes de bien se sustenter et lui confier ce mystérieux paquet qu'elle a descendue elle-même aux cuisines. » réponds-je, avant de choisir une banane dans la corbeille à fruits.

« Bah. Il ne devait pas être si mystérieux ce paquet. J'y ai réfléchi depuis tout à l'heure et je me suis souvenu que Lucius a dit hier, que la prochaine fois qu'on Attaquerait, on aurait une Potion de Force avant de partir. Alors c'était sûrement ça, qu'elle a apporté dans la cuisine, pour qu'on en mette dans le thé ou la Vodka. » réplique le père de Greg, sur un nouveau haussement d'épaule.

« Il lui aurait au moins fallu une caisse, pour transporter toutes les fioles de Potion de Force qu'il aurait fallu afin que tout le monde en ait. Alors ce n'était certainement pas ça. » rétorque-je, en épluchant ma banane.

Le père de Greg ne répond pas. Il mange une banane lui aussi, en regardant toujours ce qu'il se passe sur les terres cachées. Et les minutes passent encore une fois. Elles me paraissent interminables. Et je me sens partagé, entre le désir de les voir s'écouler plus rapidement et celui qu'elles ne défilent pas plus vite.

« Il vient de partir. Et Antonin Flint avec lui. » déclare subitement le père de Greg, tandis que mon cœur effectue un bond en avant.

« Et les autres, que font ils ? » demande-je, me sentant venir les mains moites.

« Ils digèrent ! » répond le père de Greg, tandis que j'active le Miroir, pour informer Nally.

« Merci Théo. Nous allons tâcher de savoir où il est parti. » répond celle-ci, avant de couper la communication.

Et de nouveau les minutes passent, tandis que je m'impatiente de plus en plus.

« Le revoilà déjà ! Tout seul ! Et à la façon dont il se tient, je peux te dire qu'il est très satisfait de lui-même, le salaud ! » déclare le père de Greg, avec un peu de hargne.

Coup d'œil machinal sur ma montre, avant d'informer Nally. Voldemort est parti durant à peine six minutes.

Qu'est-ce qu'il a pu faire qui le satisfait autant, en si peu de temps ?

Et pourquoi Flint n'est-il pas revenu avec lui ?

OoOoOoO

Harry

Qu'est-ce que l'affreux a pu faire, en seulement six minutes, me demande-je pour la énième fois, sur le chemin de retour du QG, où j'ai emmené Jérémy, pour le confier aux bons soins de Katie Bell.

J'accompagne maintenant Jodie dans la Grande Salle.

« N'oublie pas de mettre ton brassard, Jodie. » rappelle-je à ma fille, lorsque nous arrivons dans la salle des professeurs.

« Ah oui, c'est vrai ! » répond-elle, sortant rapidement un brassard noir de sa poche pour l'enfiler sur son bras, avant d'ajouter : « Ma tête, ça va ? »

Je l'examine durant deux secondes pleines. Quelques mèches de cheveux défaites, pâleur, yeux rougis. Expression bouleversée.

« Parfait. Et moi ? » réponds-je ensuite, sous son regard scrutateur.

« Derrière ton masque digne, tu as l'air purement et simplement anéanti. Benson et les Ânes Bâtés vont se régaler ! » déclare Jodie, esquissant un bref sourire.

« Tant mieux pour eux. » réponds-je, prenant une bonne bouffée d'air, avant d'entrainer Jodie vers le couloir dans lequel nous nous hâtons, afin de passer par la porte de la Grande Salle, comme si nous arrivions de l'Infirmerie.

Toutes les têtes se tournent à notre entrée et les amies de Jodie se lèvent, pour venir à sa rencontre. Mais Jodie redresse le front et fait comprendre d'un regard qu'elle ne souhaite pas de manifestation de sympathie ici. Et en vraie Serpentard, elle affronte la lueur jubilatoire des yeux des Ânes Bâtés, avec dignité et fierté.

Ces mêmes regards pèsent également sur moi. Et je surprends du coin de l'œil Benson, qui accorde un bref coup d'œil sur ses mains cachées par la nappe, effectuer un geste discret. Je suis prêt à parier qu'il vient d'envoyer un message à Voldemort et que celui-ci sera très heureux de le recevoir.

Lorsque nous arrivons à la place qui lui est réservée, je serre Jodie contre moi avant de la laisser avec ses amis, puis me dirige vers la table des professeurs. Et je n'ai pas à réclamer l'attention, lorsque je me retourne vers les tablées.

« Je remercie toutes celles et ceux qui nous ont adressés des messages de condoléance et de sympathie, à Jodie et moi-même. Par ailleurs, je sais que nombre d'entre vous souhaitent rendre hommage à Jérémy. J'organiserai cela demain avec le corps professoral et les Préfets. » déclare-je d'un ton étranglé dans le silence profond, avant de tourner les talons et de sortir.

Je me sens fébrile, hâtif d'en finir avec cette dernière comédie.

Nous réservons une grosse surprise à Voldemort, certes. Mais Salazar nous réserve lui aussi une entourloupe de première. J'en suis de plus en plus convaincu. Et j'espère maintenant de toute mon Âme, n'avoir pas à regretter durant toute ma vie et mon éternité, de l'avoir piégé ici, à Poudlard.

« Toujours aucun mouvement dans les environs. Antonin Flint n'est pas revenu encore. Et tout le monde est prêt désormais à rejoindre sa position, dès que la marque de Severus brûlera. » déclare Maman, lorsque j'entre dans le bureau avec Albus, tandis que mon Bracelet chauffe sur mon poignet.

C'est un message de Draco.

« Verona a pu lire non seulement le message envoyé par Benson, mais également celui qu'il a reçu en retour. Voldemort est satisfait et confirme son Attaque sur Poudlard, pour le coucher du Soleil. » informe-je Maman, Papa et Albus.

« Je vais donc ordonner le Branle-Bas de Combat tout de suite. » déclare Maman, quand Papa grimace soudainement fortement, en se tenant le bras.

« C'est ce que Voldemort vient de faire lui-même. » déclare-t-il, une brusque suée perlant sur son front et ses ailes du nez.

Maman prévient aussitôt tout le monde. Puis, l'œil rivé sur la Maquette de Poudlard et ses environs, nous attendons avec fébrilité et dans un silence très lourd, qu'il soit temps pour chacun d'entre nous, d'aller prendre position.

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