Disclaimer: cf chapitre 1
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Mille merci à Mistycal !
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Réponse sur mon forum, aux commentaires de :
- Achevigny – Guest (je crois savoir qui, mais dans le doute…)
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Eh bien voilà, le dernier chapitre débute ce soir.
Cela me fait tout drôle après tant d'années d'écriture et de publication!
J'espère que cette dernière bataille sera à la hauteur de vos espérances et attentes.
Et que vous apprécierez la manière dont j'ai choisi de vous la décrire, ainsi que les
quelques surprises qui ont permis de faire durer le suspense jusqu'au bout.
Bonne lecture !
Me-Violine
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Ultimes Sacrifices 1 / 11
Samedi 22 Mars 1997
Acte 1 : Branle-Bas De Combat
Draco
Notre diner à peine terminé, Blaise et moi-même courons dans le couloir désert, direction le QG. Mais nous n'avons pas parcouru le tiers du parcours, lorsque mon Bracelet de Communication chauffe sur mon poignet.
Je ralentis à peine, relevant ma manche pour lire le message, bien que je me doute de sa teneur, à savoir que la Marque de Pa a déjà brûlé.
J'avais raison. Branle-Bas de Combat, lis-je en effet, cœur battant une chamade folle.
Brusque suée et je suis moite de la tête aux pieds en moins d'une seconde.
Cette fois nous y sommes bien. Maintenant c'est sûr, nous ne pouvons plus reculer. Nous ne pouvons désormais qu'avancer dans le temps et vers notre destin. Tous nos beaux plans d'évacuations faciles sont envolés. Voldemort/Salazar va attaquer Poudlard alors que les gosses sont éparpillés dans l'Ecole et nous serons responsables s'il y a des morts parmi eux.
Putain de merde ! Je dois empêcher ça à toute fin ! C'est mon rôle de protéger les gosses ! De m'assurer qu'ils seront en sécurité au plus vite !
Rapide échange de regard avec Blaise, puis nous saisissons notre Balai Désillusionné dans notre dos, l'enfourchant d'un bond déterminé et nous fonçons à toute blinde vers le QG, survolant des copains qui se hâtent déjà de dresser une barricade en amont du mur d'entrée de la Salle Commune. Ils la Désillusionneront avant qu'arrivent les Ânes Bâtés que Benson ne va certainement pas manquer d'envoyer par ici.
« Localisation ! » m'exclame-je, dès que nous surgissons dans le QG.
« Déjà fait, Chef ! Benson est en train de placer ses billes, exactement comme prévu. De notre côté, le toit est déjà blindé de monde. Lee, Elinor, Marian et Théo sont en position, ainsi que tous les Défenseurs du Lac. L'équipe de la Forêt arrive via chez Hagrid. Bill et son unité de Sorciers, Gobelins et Elfes de Maison sont planqués tout près des Grilles. Vincent, Sirius et Justin seront à leur poste dans deux minutes. La Ferme Pédagogique est totalement investie par les nôtres. Charly est à pied d'œuvre également. Bref, ne manque plus en place que Blaise dans la Forêt, toi sur le toit et le Comité qui est dare-dare en train de gagner sa position dans Poudlard. Ce qui se fait comme convenu au compte-goutte à toutes les places stratégiques définies. » répond Gabe, qui complète sa tenue de combat avec quelques armes blanches, auprès de la table sur laquelle sont étalées les Cartes.
« Bien. Nous serons vite là où nous devons. » répond Blaise, avant de demander où en sont les gars et filles chargés de l'évacuation des enfants.
« Tout le monde a l'air de se positionner sans trop de souci, mais il y a encore beaucoup de gosses dans la Grande Salle ou en déplacement vers les Clubs. Heureusement que nous avons anticipé les pires scénarii et que nous avons des plans de secours, car les Ânes Bâtés sont sur tous les fronts, eux aussi. Sans compter qu'ils arrivent en force par ici maintenant. Il faudra donc sans doute assez vite des renforts pour défendre l'accès à Serpentard. » répond Katie Bell, ses yeux courant sur la Carte.
Rapide coup d'œil sur l'horloge. 18H43. L'heure tourne trop vite et Voldemort ne va plus faire durer son discours de galvanisation de ses troupes durant cent sept ans. Je dois donc gagner ma propre position au plus vite. Et les autres aussi.
« Il faut y aller. Alors tout le monde en place. Surtout, assurez-vous tous soigneusement qu'on n'a oublié aucun mioche nulle part. Et commencez par vérifier les toilettes, car il y a toujours eu un môme pour se trouver aux chiottes, quand l'Alarme sonnait lors des exercices. Alors ça ne manquera certainement pas aujourd'hui non plus. » déclare-je, avec calme et fermeté, en regardant plus particulièrement les gars et filles qui vont veiller sur les Cartes.
« Ok Chef ! » répondent-ils, dans un même chœur.
Coup d'œil à la ronde sur celles et ceux qui vont combattre et chargent leur sac à malice sur leurs épaules. J'évite de me demander qui je reverrai ou non, à la fin de la Bataille.
J'évite de penser aussi, que ce sont eux qui pourraient bien me voir pour la dernière fois, en ce moment même.
« A tout à l'heure. Et je compte bien vous revoir tous entier et en vie. » leur dis-je, toujours du même ton calme et ferme, gravant les visages pâles de mes amis dans ma mémoire, afin me souvenir d'eux et de cet instant si grave à jamais.
Ils ont visiblement la trouille, tout comme moi. Mais tout comme moi, aucun ne flanchera. Je suis archi confiant pour ça.
« Entier et en vie, Chef ! » répond le chœur de mes amis, avant que nous nous donnions une rapide accolade.
Terrible pincement au cœur à chacune d'elles. Pourvu qu'on s'en sorte tous !
J'ouvre le Passage, enfourche mon Balai et vole rapidement vers le Bureau du professeur Dumbledore, guidé par le Baron Sanglant. J'espère bien sûr voir Harry avant que l'Alerte Générale ne sonne. Cependant, lorsque j'entre dans le Bureau, l'Alarme est encore muette mais mon frère s'envole déjà par la fenêtre.
« Harry ! » hurle-je, en me précipitant vers la croisée.
Mon frère m'entend et il stoppe net, se retournant vers moi dans les dernières lueurs de lumière qui transpercent l'ombre du crépuscule déjà bien avancé. Ma gorge est terriblement nouée, mon cœur douloureux, mon souffle bloqué dans ma gorge, mes mains plus moites que jamais.
Harry me sourit, d'un sourire si confiant que mon souffle se libère dans un soulagement relatif. Harry va s'en sortir, j'en suis certain au fond de mon cœur.
Je rends son sourire à mon frère et il effectue un signe de tête vers moi, puis il fait demi-tour et, dans une brusque poussée sur l'accélérateur, son Balai l'emmène vers l'ombre épaisse assombrissant de plus en plus le ciel de la Forêt Interdite et de la petite partie du Lac Noir que nous pouvons voir d'ici.
Harry vole vers son Ultime Combat contre Voldemort et Salazar.
Et je croise très fort les doigts. Espérant de toute mon Âme, que je serai là, pour le voir revenir entier et en vie.
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Vincent
J'embrasse mon père, qui me serre fort contre lui et, pour la première fois de ma vie je crois bien, il me dit qu'il m'aime.
Nous avons beaucoup parlé tous les deux. Je suis même venu le chercher tôt ce matin à la Cabane de Hagrid où il a passé la nuit avec le père de Greg, pour aller faire un tour avec lui dans la Forêt.
Je regrette de ne pas avoir pu lui dire l'entière vérité à propos de la mort de mon ami, au père de Greg. Il était si malheureux de ne pas pouvoir parler à son fils, comme mon père le faisait avec moi.
On n'avait jamais parlé comme ça à cœur ouvert, avec mon père. J'ai pu lui montrer mes dessins, mes sculptures et même mon don de guérisseur des animaux. Il est fier de moi, mon père. Et j'en suis heureux. Même si je ne peux pas être tout aussi fier de lui. Parce que quand même, il a fait des choses qu'il n'aurait pas dû, avant qu'on lui mette le Bracelet d'Esclave.
Mais je lui pardonne tout ça de bon cœur. Et je l'aime quand même, pour tout ce qu'on a pu se dire aujourd'hui et la bonne décision qu'il a prise, même si c'est par vengeance qu'il s'est rangé à nos côtés, parce que je crois qu'il est en train de comprendre bien des choses. Même s'il ne veut pas trop y réfléchir et y croire pour l'instant, je pense qu'un jour il verra le Monde comme moi je le vois.
En tout cas, j'espère de toutes mes forces que ça se passera comme ça.
Un Iragan vient se poser sur mon épaule, puis un second. Ils seront mes messagers pour les Animaux Magiques ou non, qui sont encore dans la Forêt. Des oiseaux surtout sont restés pour faire le guet. Les Acromentulas également, qui vont nous donner un petit coup de main. Un coup d'œil sur ma gauche. Même s'ils ne sont pas tout près, je sens venir vers moi la nervosité des Grapcornes. Ils ne sortent presque jamais de leur grotte, mais ils ont quand même compris que quelque chose de grave se passe, je le ressens fort.
Quand la menace se précisera, qu'ils entendront le bruit de la Bataille, alors les Mangemorts n'auront pas intérêt à passer trop à proximité de leur antre, car je suis sûr qu'alors les Grapcornes feront du vilain dans leurs rangs.
Ils n'aiment pas la Magie Noire. C'est pour cela qu'ils se sont réfugiés à Poudlard il y a longtemps de cela. Parce qu'ici, dans la Forêt Interdite, ils en sont à l'abri.
Un frôlement dans les buissons et tout de suite après un Lutin d'Ecosse grimpe le long de ma jambe.
« Je vous avais dit de filer d'ici. » soupire-je, en attrapant le fripon pour le porter devant mes yeux.
« Hooky, tchooky yah ! Filer d'ici ? Nyep Guérisseur ! Les Lutins, Gnomes et Farfadets veulent aider ! Nous pouvons faire circuler les informations entre les Humains et les Centaures ! Faire des repérages discrets avec les Fées ! » se défend le Lutin, tandis qu'un second grimpe aussi le long de ma jambe.
« Et nous cuirons les yeux des Mangemorts pour les bouter hors de notre Forêt ! Yeap ! Guérisseur ! Hooky, tchooky yah ! » s'exclame-t-il à son tour, faisant surgir des petites étincelles de ses ongles, en prenant l'air très mauvais.
Elles peuvent paraîtres inoffensives à première vue ces petites étincelles, mais elles sont très redoutables en réalité. Et ces Créatures sont certes très petites, mais elles ont une forte personnalité et sont capables quand elles sont très en colère, de s'attaquer à bien plus fort qu'elles, se montrant alors très cruelles.
Je ne veux pas qu'elles le soient. Comme Harry l'a dit dans son beau discours il y a quelques semaines, on doit se battre c'est vrai, mais pas dans un esprit de vengeance, seulement avec notre cœur et pour défendre la vie de ceux que nous aimons, autant que pour la nôtre.
« Ouais. Ben n'allez pas confondre les amis des ennemis surtout ! » réponds-je donc, avec sévérité, en récupérant le second Lutin.
Inutile que je cherche à les dissuader de rester. Ils sont plus têtus que Seamus Finnigan les bougres et j'avais deviné qu'ils resteraient. J'en ai donc parlé avec Harry tout à l'heure et je sais qu'Hermione a déjà tout organisé, pour les inclure dans nos réseaux de renseignement.
Ça sera drôlement utile, car les Anges gardiens ne pourront pas avoir l'œil partout en même temps, ça c'est sûr !
« Nyep ! Guérisseur ! On sait reconnaitre la mauvaise graine ! Hooky, tchooky yah ! » répondent en chœur les Lutins, visiblement ravis d'avoir obtenu gain de cause.
« Je l'espère bien ! Et puisque vous insistez pour aider, j'ai un message à faire passer à mon amie Hermione. » déclare-je, avant de demander : « Vous savez qui c'est, n'est-ce pas ? »
« Hooky, tchooky yah ! Yaep ! Guérisseur ! C'est la Fille Verte qui communique avec le cœur des arbres ! » répondent-ils d'une même voix encore une fois.
« C'est ça. Demandez-lui de ma part de vous expliquer l'organisation du réseau d'information que vous allez intégrer. Et dites bien à tous les vôtres, que pendant la Bataille il faut obéir sans broncher aux ordres que les Membres de l'Ordre ou mes amis vous donneront. » leur ordonne-je, adoptant un air plus sévère encore.
Il faut ça pour qu'ils comprennent, obéissent à ma demande et n'en fassent pas qu'à leur tête durant la Bataille.
« Hooky, tchooky yah ! Yeap ! Guérisseur ! » répondent les Lutins, avant de fermer les yeux, le visage grave.
Ils envoient leur message. Tous leurs frères et cousins seront informés en même temps et le plus proche d'Hermione va se mettre à son service pour renvoyer ses explications et ordres à toute la Communauté du Petit Peuple de la Forêt Interdite. Sûr donc, que dans quelques minutes, tous les Lutins, Farfadets et Gnomes seront éparpillés dans la Forêt et le Parc de Poudlard, aux places les plus stratégiques.
Quand les Lutins ont terminé de faire passer mon message, je les place dans ma poche de jambe et quelques pas plus loin, je mets un pied dans la clairière où je dois prendre position pour le moment.
« Bonsoir, jeune Guérisseur. » m'accueille aussitôt Ronan, bien qu'il me tourne le dos.
Il a reconnu mon pas ou simplement senti mon odeur à la faveur d'un coup de vent peut-être.
« Bonsoir, Ronan. » le salue-je en retour, en me plaçant à côté de lui.
« Les Centaures passeront ou mourront cette nuit. C'était inscrit dans les Etoiles la nuit dernière. » dit-il, le regard fixé sur la Forêt.
« Ils passeront ! Je le sens dans mon cœur ! » réponds-je, avec l'assurance que je ressens très profondément.
Sans doute y aura-t-il des victimes parmi eux, mais ce ne sera pas la fin des Centaures, car beaucoup survivront. Et puis, les femelles et les jeunes sont à l'abri, n'est-ce pas ? Alors non, ce n'est pas la fin de leur Peuple. Je suis même sûr au fond de moi, que ce sera un recommencement pour eux, l'aube d'un nouvel avenir empli de promesses de bonheur, comme pour nous tous.
Ouais, je suis sûr de ça. Même si c'est certain que beaucoup d'entre nous vont mourir, le Monde Magique va connaitre de beaux jours pour longtemps.
« Ta certitude encourage le mien à le penser également. » déclare alors Ronan, tournant la tête vers moi et me regardant dans les yeux, avant d'ajouter : « L'honneur est grand pour moi, de combattre à tes côtés. »
« L'honneur est grand pour moi aussi. » réponds-je, en le saluant de la tête sans quitter son regard, comme coutume chez les Centaures.
Ronan me rend mon salut, puis fixe à nouveau la Forêt. Deux ou trois minutes passent en silence, puis soudainement mon Bracelet chauffe.
Branle-bas de Combat, lis-je, un frisson remontant ma colonne vertébrale.
Je sors mon sifflet de ma poche et je souffle dedans, avant de scruter le ciel. Quelques ombres passent bientôt très haut au-dessus des arbres. Les Sombrals ont répondu à mon appel et vont remplir leur mission.
« L'ennemi sera bientôt là. » dis-je alors, pour Ronan, les Lutins et les Iragans.
« Ton ami Guépard est déjà là. Et Firenze est en position également en lisière de Forêt. » répond Ronan, d'un ton un peu sourd et rêveur.
Mais il ne rêve pas, c'est sûr. Il est sur ses gardes, humant les odeurs que le vent nous amène à la recherche de celles de nos ennemis.
Quelques minutes passent, puis il y a un frôlement à ma gauche.
« Tiens, prends mon Balai. Tu en auras certainement plus besoin que moi. » déclare Blaise, qui vient de se poser auprès de moi et se dépêche de me fourrer le manche de son Balai dans la main.
« Tu sais pour les Lutins, Farfadets et Gnomes ? » demande-je, tout en le remerciant d'un signe de tête.
« Oui. Hermione a demandé qu'un Farfadet reste auprès de moi, quand je serai à destination. Mais sous ma forme Animagus, pour l'instant. » répond-il, l'air de dire que ça ne servira à rien.
« Détrompe-toi. Même sous ta forme Animagus, il te suffit de regarder le Farfadet dans les yeux, pour qu'il comprenne le message et le fasse passer à qui de droit. » explique-je, étonné qu'il ne sache pas cela.
Je croyais dur comme fer que tous mes amis savaient que, comme les Pytimouss, les Lutins, Gnomes et Farfadets communiquent par télépathie, avec tout le monde et tous les animaux.
« Ah, génial ! Merci du renseignement. Gaffe à tes fesses, hein ! » répond Blaise, me donnant ensuite une accolade.
J'ai à peine le temps de le serrer avec amitié, qu'il se transforme en Tigre, filant aussitôt vers la gauche. Il sera posté non loin du repaire d'Aragog dans deux minutes au plus.
« Va prévenir les Acromentulas. Qu'ils aident mes amis situés en poste avancés, s'ils en ont besoin. » demande-je à l'un des Iragans.
Il file aussi vite.
Et je me dirige vers Graup. Car le froid s'est un peu intensifié autour de nous et que très bientôt l'Alerte sonnera dans tout Poudlard et son Parc. C'est donc le moment de le réveiller et de le conduire à Hagrid, afin qu'il se positionne auprès des Grilles de l'Ecole.
Quand je reviens à peine cinq minutes plus tard, Ronan porte à sa bouche la corne qu'il tenait en main, souffle dedans et un râle profond imitant parfaitement le brame d'un cerf, donne l'ordre aux Centaures de prendre leur arc en main.
Cela signifie que les premiers Mangemorts ont pénétré dans la Forêt, là-bas, en lisière du chemin qui mène de la Gare à Pré Au Lard.
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Théo
Ça fait maintenant un bon quinze minutes que je suis à pied d'œuvre avec Marian sur les Berges du Lac, au plus près de la limite des terres cachées de Voldemort.
Bien sûr je suis sous Caméléon. Et j'ai décroché la Cape de Harry que j'avais tendue entre des arbustes, afin que Marian s'en couvre, se dérobant ainsi grâce à elle des regards.
Notre job, dès que l'ordre d'assaut aura été donné à ses troupes par Voldemort, sera d'évaluer la progression des Inferi et d'en informer les amis et Membres de l'Ordre qui vont les combattre sous l'eau. Nous avertirons aussi les autres groupes d'intervention affectés de ce côté du Lac, du nombre de Mangemorts arrivant par ici. Ensuite, nous remonterons au rythme de nos ennemis, espérant qu'un grand nombre sera vite prisonnier des très nombreux pièges semés sur les Berges ce matin par les jumeaux.
Mon Bracelet chauffe.
Ça y est. La marque de Severus a brûlé et c'est le Branle-Bas de Combat.
Maintenant c'est sûr, il ne faudra certainement plus très longtemps avant que Voldemort lance son ordre d'Attaque sur Poudlard.
Je laisse filer deux minutes et je me dis que maintenant l'affreux doit être en train de galvaniser ses troupes, toutes rassemblées autour de lui. Cependant, j'ai beau fixer mon regard au plus loin vers ses terres, je ne vois toujours rien. Pas plus que je n'entends quoi que ce soit. J'ai juste plus froid qu'il y a quelques instants. Et ça, c'est assurément parce que les Détraqueurs sont là aussi, derrière cette foutue limite qui ne me permet pas de voir autre chose qu'une Illusion.
Une ombre me tombe sur la tête. Je lève les yeux. Les Sombrals évoluent dans le ciel.
Eux, rien ne peut arrêter leur vue, ni leur ouïe. Alors lorsqu'ils quitteront le ciel du Lac, cela signifiera que Voldemort place ses pièces sur l'échiquier et que l'ordre d'Attaque est imminent.
Le froid s'intensifie encore et je me retrouve soudainement dans le cauchemar des pires moments de ma vie. Ça défile à toute vitesse et je dois faire des efforts surhumains pour me sortir de là. Je me raccroche de toutes mes forces au sourire de ma Ginny, à sa main qui caresse ma peau, à sa bouche qui effleurent mes affreuses cicatrices de doux baisers, avec un amour si infini qu'il me fait me sentir beau. Et peu à peu la chaleur revient en moi, me permettant de sentir que Marian a saisi ma main et qu'il tire dessus pour me faire venir à lui.
« Putain, mais qu'est-ce que tu fiches ! Ton Caméléon a lâché ! Viens te foutre sous la Cape, Théo ! » chuchote-t-il, d'un ton urgent.
Je lui obéis illico presto. Les Détraqueurs se rapprochent donc déjà ? Et des Mangemorts seront sans doute parmi eux. Alors nous avons tout intérêt à ce qu'ils passent au-dessus de nous, sans nous voir.
« Nally et Ron avaient raison. L'affreux va faire sauter les Protections et les Détraqueurs vont ouvrir le bal pour couvrir l'arrivée des Inferi, Mangemorts, Vampires et Harpies. Ils vont débouler de tous côtés pour nous encercler et tomber dans nos pièges par la même occasion. » souffle Marian, collé à moi, afin que nous nous fassions le plus petit possible sous la Cape.
Et échanger de la chaleur et du réconfort surtout.
Je ne lui réponds pas. De toute façon Marian n'attend pas de réponse. Comme le mien, son regard est rivé sur les Sombrals qui tournent encore au-dessus de nous. Ma Baguette est prête à transmettre le signal que Harry attend dans une clairière de la Forêt Interdite. Celle de Marian est prête à transmettre celui que son frère attend sous les eaux du Lac qui ne gèleront pas sous le passage des centaines et centaines de Détraqueurs que nous attendons.
Car Nally et les Elfes ont posé dessus une Bulle de Protection qui tiendra les eaux au chaud aussi et rend nos défenses invisibles aux regards autres que les nôtres. Elle empêchera surtout les Inferi de sortir directement par les Berges et elle absorbera les Maléfices des Mangemorts pendant un bout de temps.
Il faut espérer qu'elle résistera le plus longtemps possible et que les Inferi auront franchi au moins la moitié des Barrières végétales et été neutralisés, lorsqu'elles cèderont.
Cela dépendra de combien de Maléfices seront jetés sur elles.
Alors, même si c'est hautement illusoire, je croise les doigts pour qu'aucun Mangemort ne vienne par les Berges et ne la fasse sauter.
Et pour que les Ceintures de Feu soient bien efficaces.
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Hagrid
Crabbe et Goyle font une drôle de tête en r'gardant mon p'tit frère. J'crois qu'il leur fait peur. Il leur f'ra pourtant pas d'mal. Vincent lui a bien fait la l'çon encore une fois avant d'repartir dans la Forêt.
Mais ça leur f'ra pas d'mal j'crois bien, que j'leur dise encore qu'y a rien à craindre, même si Vincent leur a d'jà dit. Un bon p'tit gars Vincent. Et j'croise les doigts pour qu'il lui arrive rien d'fâcheux dans la Forêt.
Pas penser à ça ! Non pas penser à ça ! Ça pourrait lui porter malheur et ça m'f'rait trop mal au cœur, qu'il lui arrive malheur ! Pasque c'est comme mon fils, Vincent. Même s'il a r'trouvé aujourd'hui un père qui parait digne de ç'nom, c'est comme mon fils. Et ça l'rest'ra jusqu'à la fin d'mes jours.
« N'vous inquiétez pas, c'est mon p'tit frère, il vous f'ra pas d'mal ! » que j'rassure Crabbe et Goyle, tapant un p'tit coup d'parapluie sur la jambe de Graup pour qu'il m'écoute, avant d'lui crier : « Hein Graup, que tu leur f'ras pas d'mal ! C'est des gentils eux ! Les autres, les méchants, y sont tout en noir ! Avec un masque le plus souvent ! Tu sais ç'que c'est un masque hein, Graup ! Hermione t'a montré à quoi qu'ça r'semble ! »
« Masque, oui. Vincy et Hermy montrer à Graup, Hagger. » qu'y m'répond mon frère, montrant Crabbe et Goyle d'sa grosse main pataude, avant d'dire encore : « Eux pas méchants. Gentils. Masques méchants. Robes noires méchants. »
« C'est ça ! Ouais, c'est bien Graup ! C'est très bien ! » que j'lui réponds, avant d'lui donner un gâteau.
Il aime mes gâteaux mon frère. C'est bien l'seul à part moi à les aimer. C'est que j'suis pas très fort en cuisine et pâtiss'rie, même si j'aime ça, préparer des p'tits plats et faire des gâteaux. Y a qu'moi qui m'régale avec ç'que j'fais. Harry a dit l'aut' jour, que c'est parce que j'ai des goûts à part, mais que j'dois pas m'en faire avec ça, pasque tous les goûts culinaires sont dans la nature et qu'y a donc rien d'mal à ça.
Ah ! Harry ! Quel bon p'tit gars aussi ! J'me d'mande s'il va rapid'ment battre l'autre Vod'mort.
Rhaaaa ! J'arriv'rai jamais à l'dire correct'ment du premier coup ! J'vais faire comme Harry et l'app'ler Jedusor, tiens ! C'est plus facile. Et c'est normal, puisque c'est son vrai nom et que j'l'app'lais comme ça du temps qu'on était tous les deux des élèves. Y a loin d'ça c'est vrai, mais j'm'en rappelle comme d'hier. Et sous ses faux beaux airs hypocrites, quelle sale engeance c'était d'jà à ç't'époque !
« Hagrid ! Ils vont bientôt arriver aux abords de la Grille ! » qu'elle m'appelle Hermione, d'puis la f'nêtre de ma Cabane.
« Eh bien qu'ils y viennent ! On va les r'cevoir comme il faut ! » que j'lui réponds à Hermione, en m'levant d'l'herbe.
« Bien sûr ! Je vous fais confiance pour ça ! Attendez seulement que l'Alarme ait sonné et qu'ils aient fait sauter la Grille, avant de vous placer dans leur champ de vision ! Je ne voudrais que Graup et vous-même vous soyez blessés en la recevant de plein fouet ! » qu'elle dit encore Hermione, l'air de s'faire bien du souci pour moi.
« N't'inquiète pas Hermione ! Nally m'l'a déjà dit ça ! J'f'rai pas d'bêtise, c'est promis ! » que j'lui réponds, l'air bien sérieux, pour qu'elle arrête d's'inquiéter pour moi.
Brave fille, Hermione ! J'l'aime aussi ! J'les aime bien tous, ces gars et ces filles du Comité. Mais Harry, Hermione, Ron et Vincent, c'est mes préférés, bien sûr. Mes p'tits chouchous entre tous.
« Allez, Graup, debout ! Les méchants s'ront bientôt là ! » que j'dis à mon frère, l'encourageant à s'lever vite, d'un p'tit coup d'parapluie sur sa jambe.
Crabbe et Goyle aussi, y s'lèvent. Et y ont l'air décidés à n'pas s'laisser faire par leurs anciens comparses.
On va vers Bill, son groupe de l'Ordre, les Elfes de maison et les Gob'lins qui sont en face, pour couvrir l'aut' côté d'la Grille. L'ciel est sombre. Y fait sacrément frisquet aussi. Ça, c'est à cause des Détraqueurs qui sont tout près.
J'aime pas les Détraqueurs, mais j'm'en fais pas pour ceux-là. Hermione m'a dit qu'ils n'pourront pas v'nir ici en bas d'vant la Grille., grâce aux Dragons d'Feux qui veilleront au grain dans l'coin.
Et c'est tant mieux ! Pasqu'on en aura sûr'ment bien assez d'jà, avec toute la sale engeance qui vient vers nous.
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Eddy
Branle-Bas de Combat, lis-je sur mon Bracelet.
Coup d'œil automatique vers Benson. Il lève le nez et effectue un signe discret vers Philip Robertson, qui se lève aussitôt, imité par quelques autres de ses congénères.
Le manège de Benson dure depuis déjà cinq bonnes minutes et mes cheveux commencent à se hérisser sérieusement sur ma tête.
Merde ! Le voir donner discrètement ses ordres me file une grosse envie de tirer ma Baguette et de lui flanquer tout de suite une bonne dérouillée !
Je ne comprends décidément pas comment ce mec, qui est pourtant très loin d'être bête, a pu se ranger du côté de Voldemort. Et encore moins envisager avec autant d'enthousiasme et de ferveur, de n'être qu'un servile valet qui lui obéira au doigt et à l'œil. Ce salopard ne fait vraiment pas honneur à notre Maison ! Et ça me démange depuis longtemps, de lui foutre une raclée.
Bref ! Il faut que je bouge d'ici, sinon je vais finir par le provoquer en Duel.
Je vais donc voir où en sont Elys Marsh et Oliver Payne. Ils semblent remontés à bloc et prêts, à eux deux seulement, à affronter tous les Ânes Bâtés qui vont tenter de forcer le passage de notre Salle Commune. Benson finit par sortir de la Grande Salle à son tour. Tout seul et laissant derrière lui une bonne poignée d'Ânes Bâtés. Elys, Oliver et moi décidons donc d'y aller nous aussi.
Benson n'est déjà plus en vue lorsque nous sortons. Les gars et moi-même remontons au plus vite le couloir, restant silencieux jusqu'à ce que nous rejoignions le point de rendez-vous qu'ils ont donné à leurs groupes : la petite réserve à bois qui permet d'alimenter le feu dans notre Salle Commune.
« Je viens d'avoir Katie. Voilà où sont placés les gugusses que Benson a envoyés à la conquête de notre Maison. » déclare Harold Dingle, à peine avons-nous refermé la porte sur nous, en nous montrant un plan sommaire des environs.
« Génial ! Pile où je m'attendais à ce qu'il le fasse ! Alors dès que l'Alarme sonne, vous me les prenez en étau ces pignoufs ! Je ne veux pas qu'un seul d'entre eux vous échappe ! Vous avez compris ? » déclare-je, en regardant mes filles et gars à la ronde.
« Pas de souci, Chef ! Tu peux être certain que nous allons leur mettre une peignée dont ils se souviendront ! » assure aussitôt Elys, le regard résolu.
« J'y compte bien ! Allez-y, Désillusionnez-vous et mettez-vous en embuscade dès à présent. Ça ne va pas tarder à se déchaîner. » déclare-je, jetant un coup d'œil sur ma montre, avant d'ajouter : « Il est temps aussi que j'aille me mettre en chasse du Benson de toute façon. Gaffe à vos fesses surtout ! En vie et entier, hein ! »
Acquiescement de tête collégial. Une bonne accolade à chacun, puis je me Désillusionne, à l'instar des autres. Nous sortons de la Réserve à bois derrière Elys qui, comme ses gars et filles, a pris quelques buches dans ses bras pour donner le change au cas où nos ennemis nous épieraient. Puis je cours vers le Grand Hall, prenant soin de faire le grand tour et de me placer un peu en aval de la Grande Salle, afin d'empêcher Benson d'y accéder lorsqu'il reviendra dans les parages.
Parce qu'il le fera dans quelques instants, c'est certain. C'est un type ambitieux Benson. Il compte donc certainement prendre rapidement du galon. Et quoi de mieux pour ça, que de faire un carnage parmi les gosses, ouvrir les Grand Portes et accueillir son Maître à penser, entouré d'un tas de cadavres ?
Il n'est pas question que je le laisse faire ça ! Surtout pas quand nous savons devoir nous attendre à voir débouler un à deux milles Détraqueurs dans notre ciel. Peut-être même plus, car ils ont dû se reproduire à gogo ces dernières semaines, avec l'ambiance morose générale dans le royaume. Alors il ne faudrait pas qu'ils s'engouffrent dans l'Ecole par la Grand Porte, alors que les gosses ne sont pas encore évacués.
On en aura déjà bien assez, d'avoir à tenir la place comme ça. Parce que je ne sais pas durant combien de temps les Volets Magiques que nous avons posés sur toutes les fenêtres vont tenir. Ni les filets Magiques qui se déploieront à quelques bonnes places stratégiques, quand les Détraqueurs, Mangemorts, Vampires et autres saloperies du même acabit, parviendront à entrer.
Or, il ne faut pas se faire d'illusion. Ils y parviendront à un moment ou l'autre.
Au plus tard, j'espère ! Au plus tard !
Je ralentis quand j'arrive au bout du couloir. Je ne dois pas risquer de bousculer quelqu'un qui ne serait pas dans la confidence de la Bataille que nous allons bientôt devoir mener, ni un Âne Bâté retardataire à son poste.
Personne en vue. Alors j'avance en rasant les murs et lorsque j'arrive dans l'alcôve que j'ai choisie comme base d'attente, je lâche mon Sortilège de Désillusion pour économiser mon Energie, mais me dissimule grâce à une petite Illusion. Une Bulle de Silence maintenant, puis je sors mon Miroir de ma poche pour appeler le QG.
« Quelle est la situation ? Où sont Hugh, Ben et Gabe ? Où est Benson ? Avec qui ? » demande-je, aussitôt la communication établie.
« L'ennemi est en position et nous aussi. Il n'y a que du côté des Clubs où ça cafouille encore pas mal. Tous les gosses qui voulaient s'y rendre ne sont pas encore arrivés à destination, mais on ne peut rien de plus sans les alarmer, ni mettre la Ciseburine à l'oreille de l'ennemi. Benson se trouve quasi devant la porte de la Grande Salle. Il est avec Dawson, Gibbon et Jugson, prêt à cueillir ceux qui tenteront d'en sortir, quand l'Alarme se déclenchera et que les sbires dans la place vont ouvrir le feu. » m'apprend Magda, d'un ton parfaitement calme.
Salopard ! Exactement où je l'attendais, encore une fois ! Mais je ne le vois absolument pas dans mon champ de vision pourtant bien large sur le Grand Hall et le couloir de la Grande Salle. Ses comparses et lui sont donc Désillusionnés.
Sales enfoirés ! Ils ne perdent rien pour attendre ! On leur réserve une belle surprise !
« Ok ! A un contre un, ça va être trop facile. Merci. » réponds-je, avant de couper la communication.
Nouveau coup d'œil sur ma montre. Si l'affreux attaque bien pile au moment du coucher du Soleil, alors il ne reste qu'une minute et demie à attendre.
Alors je sèche soigneusement mes mains et mon front moites de transpiration, pour être certain que ma Baguette ne glisse pas de ma main ou que la sueur ne me brûle pas les yeux, au plus mauvais moment.
Oui, j'ai une trouille d'Enfer, je l'avoue. Mais pas d'inquiétude, ça va passer. Dès que j'entrerai en action.
Je n'aurai plus le temps d'avoir peur à ce moment-là. Juste celui de sauver ma peau, celle des gosses et de mes amis.
OoOoOoO
Charly
Mon rôle, dès que les Protections de Poudlard tomberont, c'est de permettre aux Elfes de maison auxquels Cuthalion et Merzhin ont enseigné la manière de faire, de déclencher la mise en place du Bouclier qui empêchera Voldemort de sortir des limites de Poudlard.
Il pourra Transplaner durant un petit temps, voler avec ou sans Balai autant qu'il veut, mais pas quitter le périmètre qui a été défini avec beaucoup de soins.
Branle-Bas de Combat, me signale mon Bracelet.
Désillusion aussi sec, puis Nadya, les amis et moi-même appelons les Elfes de maison que nous ferons progressivement monter dans le ciel, jusqu'à ce que soient bien soudés les pétales de la corolle du Bouclier, déployé depuis le sol jusqu'à très haut dans le ciel.
Ça devrait prendre cinq à six minutes maxi, pour boucler ce processus. Et nous devrons être bien synchro, bien attentifs, si nous voulons être certains de ne laisser aucune faille dans ce Bouclier Elfique.
Quoi qu'il en soit, à moins d'avoir une chance de cornu et de trouver une brèche avant que nous ayons terminé de les souder, Voldemort ne pourra pas sortir. Ça va le mettre sacrément en rage, c'est sûr ! Surtout quand il se rendra compte que ses troupes pourront quitter le champ de Bataille, contrairement à lui.
Je croise les doigts pour qu'elles le fassent très vite. Tout au moins une bonne partie d'entre elles, sinon, nous aurons très, très chaud aux fesses, c'est certain. Pas que nous n'ayons pas l'habitude de nous battre à trois ou quatre contre un, comme ça va être le cas encore ce soir. Mais il y aura un bon nombre de Détraqueurs et des Inferi en plus.
Et puis, les rapports qui nous sont parvenus depuis que Salazar a pris les commandes, ne cachaient pas qu'il nous réserve probablement une belle saloperie d'entourloupe. Nous ignorons quoi. Mais Sev a ressenti sa jubilation à travers sa Marque. Et Harry a confirmé, avoir senti lui aussi, des vagues d'excitations triomphantes et bien sournoises titiller sa cicatrice.
Bientôt 18H58. Il ne reste que six minutes avant le coucher du Soleil qui commence doucettement à rougeoyer entre deux montagnes. Les Sombrals quittent le ciel au-dessus du Lac, retournant vers la Forêt. Et mon Bracelet chauffe encore une fois, signalant du mouvement le long du chemin menant de la Gare jusqu'à Pré Au Lard, mais aussi du côté du Lac.
Devant moi, Dobby claque des doigts pour donner l'ordre aux siens de se tenir prêts.
La prochaine fois qu'il le fera, ce sera pendant le coup de tonnerre annonçant que les Protections de Poudlard tombent et que c'est le moment de déployer le Bouclier.
OoOoOoO
Megan
J'échange un bref coup d'œil avec Claryce et Miranda, qui sont un peu plus loin sur ma droite.
Cette espèce de sale macaque de Benson sait de toute évidence que son Maître va venir ici et il va tout faire pour nous barrer la route vers les Salles Communes.
Je pense que nous devons déjà mettre nos billes en place sans alerter les petits, ni les Ânes Bâtés qui sont toujours ici et encore moins Benson, posté non loin de la porte de la Grande Salle. Il surveille sans arrêt sa montre, effectuant régulièrement un discret signe de tête vers un groupe ou l'autre des Ânes Bâtés, qui sortent alors de la Grande Salle. Bien entendu pour prendre position au poste qu'il leur a déjà assigné.
Branle-Bas de Combat, signale soudainement mon Bracelet.
Mon cœur bat la chamade. Je n'aime pas du tout la configuration actuelle. Tels qu'ils sont placés, cela va être difficile de neutraliser les Ânes Bâtés.
« Je veux partir dès maintenant au Club d'Echec ! » s'exclame subitement Loo Lin Xiao, faisant face à Felice Petham, air buté autant que le ton de sa voix et poings sur les hanches.
« Tu permets au moins que Felice finisse son dessert et son jus de citrouille ? » demande un peu sèchement Ethan Mongomery, qui échange un bref coup d'œil inquiet avec Hannah avec laquelle il fait également équipe, pour l'escorte du groupe auquel Loo Lin appartient.
« Mais qu'elle se dépêche un peu alors ! Sinon on va arriver tard ! Et à cause de ça, on aura les pièces d'Echec les plus moches et récalcitrantes ! » oppose Loo Lin, à l'approbation de ses deux inséparables copines.
« Fort bien ! Ça te permettra d'apprendre la patience au moins ! » rétorque Ethan, en jetant un coup d'œil sur sa montre et au petit tic qui anime le coin de sa bouche, je devine qu'il peste intérieurement, avant d'ajouter : « Ceci dit, puisque tu es si pressée, nous irons jusqu'au Club au pas de course ! Ça te fera un bon exercice ! »
Loo Lin fait immédiatement la tête. Courir elle n'aime pas ça. Elle n'ose cependant pas opposer son véto maintenant qu'elle a exprimé son désir d'arriver au plus vite et quand Felice se lève quelques secondes plus tard, sa dernière bouchée de dessert à peine avalée, elle file sans broncher derrière Ethan, qui a pris la tête du groupe et lui impose un rythme soutenu.
Il a bien sûr évalué le temps qu'il lui reste, pour atteindre le Club d'Echec sans risque d'être pris en embuscade par l'Attaque des Ânes Bâtés postés dans ses environs et espère sans doute épargner la plus mauvaise des surprises aux enfants, en les menant grand train à destination.
Je croise les doigts pour que ce soit le cas, en regardant le groupe sortir. Les plus âgés encadrant les plus jeunes, sont sur le qui-vive et prêts à sortir leur Baguette assurément.
« Il faut d'ores et déjà envisager le pire des scénarii et évacuer le max des gosses via Serpentard, en empruntant les Passages Internes depuis l'entrée de la Salle des Profs, tu ne crois pas ? » me souffle Parvati, en jetant un coup d'œil vers la table des Professeurs où il n'y a plus que Madame Pince et Slughorn.
Les autres Profs sont déjà partis se positionner sur le toit pour les uns, dans la Forêt pour d'autres.
« Je pense que tu as raison. Alors dès que nous avons neutralisés les Ânes Bâtés, tu prends ton groupe d'enfants et tu les emmènes par là. Va le dire discrètement à Madame Pince. Millicent et les autres en feront autant. Je vais demander qu'on vous envoie Sir Nicholas. Il vous guidera. » décide-je, précisant que je me charge d'informer Claryce, Miranda et les Chefs de groupes d'évacuations de cette décision.
« Ok. Je me camouffle et j'y vais tout de suite. » répond Parvati, en se laissant glisser du banc, jusque sous la table.
Elle se Désillusionne et part presto. J'attends quelques secondes qu'elle se soit éloignée en direction de la table des profs. Puis je me lève à mon tour pour aller voir Claryce et Miranda afin de leur expliquer le changement de plan, avant d'envoyer le message aux Chefs de groupes.
OoOoOoO
Sirius
J'empoche mon Miroir et endosse ma forme Animagus, m'élançant vers le cœur de la Forêt Interdite que je connais comme ma poche, pour l'avoir si souvent parcourue de long en large et en travers avec Lunard et Cornedrue, lors des nuits de pleine Lune.
Le Soleil qui est sérieusement sur le déclin perce encore un peu la pénombre des arbres, aujourd'hui. Et je suis tout seul. J'irai rejoindre Rem plus tard, quand j'en aurai fini avec ce que je dois faire maintenant. Tout comme Blaise au sud et Justin au nord, il me faut évaluer les forces Mangemoriennes et autres, qui parviendront à franchir notre première ligne de défense.
Une forme spectrale bondit soudainement vers moi. C'est le Gytrash local. Il a pris l'aspect d'un chien et me fait la fête comme au bon vieux temps de nos balades nocturnes. Je ne peux pas le laisser m'accompagner cette fois. Il attirerait l'attention sur ma petite personne, ce qui me coûterait la peau et de précieux renseignements pour les autres.
« Désolé vieux, mais je n'ai pas le temps de jouer avec toi. Vincent a bien dû te dire que tu devais fiche le camp d'ici, non ? » lui dis-je, après avoir repris forme humaine.
Le Gytrash me lèche la figure, frotte sa tête trois ou quatre fois sur ma poitrine, puis lève ses yeux morts vers moi. Et j'ai subitement le sentiment de lire dans son regard pourtant inexpressif, qu'il est venu jusqu'à moi pour me souhaiter bonne chance.
« Merci. Bonne chance à toi aussi, vieux ! Allez ! Va vite te terrer quelque part où tu seras à l'abri des salauds qui arriveront bientôt par ici ! » murmure-je, en lui caressant la tête, avant de reprendre ma forme de chien.
Il me léchouille le museau d'un coup de langue froid et bondit tout aussitôt en direction d'où il est venu. Et ça me fiche soudainement les glandes, de me retrouver tout seul. Alors je me mets en route, me concentrant sur ma destination afin de ne plus penser à ma solitude, filant plus vite qu'un lièvre poursuivi par un renard.
Et finalement, il ne me faut pas longtemps pour arriver. Je dépasse la ligne tendue de toiles d'Acromentulas que les Mangemorts, Vampires et Harpies ne verront pas, car Ensorcelées par nos soins pour être invisibles à tous yeux autres que les nôtres. Puis je me mets en place dans un arbre assez bien garni de feuilles printanières déjà, quand mon Bracelet chauffe.
Branle-Bas de Combat.
Alors ça y est, nous y sommes donc !, me dis-je, cœur battant à tout rompre. Et je pense très fort à ma chouquette, bien décidé à survivre à cette Bataille qui s'annonce des plus ardues, mais que nous espérons quand même la plus courte possible.
Nom de Zeus ! Pourvu que nos pièges dissuadent vite nos ennemis de marcher sur Poudlard ! Ce serait vraiment magnifique, qu'ils comprennent être tombés dans un traquenard géant et qu'ils laissent Voldemort se débrouiller tout seul dans la prison qui va se refermer sur lui !
Ouais, ce serait magnifique. Alors espérons, espérons !
Coup d'œil vers le ciel qui s'assombrit de plus en plus, laissant déjà apparaitre une étoile dans son bleu de plus en plus sombre, puis je me Désillusionne, ainsi que le Lutin d'Ecosse venu s'installer sur moi. Je lui explique ce qu'il y aura lieu de faire lorsque je presserai un peu ma main sur son corps, puis nous attendons en silence et sans le moindre mouvement, l'œil rivé en direction de l'Ouest.
Le temps passe, les minutes me paraissant terriblement longues. La pénombre s'épaissit. Mais soudainement des frôlements et des craquements indiquent que des ennemis approchent et qu'ils font vite. Alors je plisse les yeux et finalement je distingue des silhouettes sombres, qui avancent d'un pas déterminé. Parmi elles, une seule n'est pas masquée. Je n'ai donc aucun mal à reconnaitre ma cousine Bellatrix. En tête de troupe, comme de bien entendu !
S'il y en a une que je veux voir passer nos défenses, c'est elle. Car je voudrais la combattre moi-même et lui rendre la monnaie de sa pièce une fois pour toutes.
Quoique ! Si je me retrouve face à elle et que j'ai le temps avant de l'envoyer ad patres avec son propre Maléfice, il faudra que je la remercie pour m'avoir offert un petit séjour en Celtycie. Après tout, certes ça n'a pas été rose tous les jours pour moi là-bas, loin s'en faut même, mais ça m'a aussi et surtout été sacrément profitable à tous les niveaux.
En attendant, ma main me démange de sortir ma Baguette et de l'entreprendre tout de suite en Duel. Mais il faut me résoudre à être raisonnable. Ils sont bien trois et demi à quatre centaines de Mangemorts à l'accompagner.
Ça fait un petit peu trop à se mettre sous la dent, même pour un grand gourmand comme moi.
OoOoOoO
Harry
Trois minutes, avant le coucher du Soleil.
Un terrible silence s'est abattu sur la forêt. Il n'y a même pas le moindre souffle de vent pour faire chanter les feuilles dans les arbres. C'est comme si la Forêt toute entière retenait son souffle, dans l'attente de la tempête qui va très bientôt se déchainer.
Je serre la main de Ron et il se penche vers moi. Comme au soir de la Bataille à Godric's Hollow, nous échangeons un baiser court mais très intense, vibrant de tout l'amour que nous avons l'un pour l'autre dans notre cœur et dans notre Âme. Empli de confiance également.
Salazar nous a réservé un très sale tour, c'est certain. Mais les surprises que nous lui avons préparées le déstabiliseront bien plus que nous le serons, j'en suis intiment convaincu.
Une minute.
Ron et moi nous séparons et enfourchons chacun notre monture.
Plus que quelques secondes maintenant. Et ce sera l'heure H.
Je suis prêt.
Prêt à livrer mon dernier Combat contre Voldemort et Salazar.
Prêt pour un Ultime Sacrifice s'il faut en venir là, pour les empêcher à jamais de nuire.
OoOoOoO
Dedalus
Je me sens totalement impuissant. Horriblement préoccupé. Et j'ai le sentiment désagréable que mon cerveau fonctionne au ralenti.
Il n'y a plus rien à surveiller sur les Ecrans du Manoir et nous avons reçu confirmation il y a quelques secondes, que le secteur de Poudlard est totalement bouclé par Voldemort.
Maintenant qu'il a mis pied dans la forêt, Voldemort ne peut quasiment plus espérer en sortir. Le piège va se refermer sur lui et il n'ira donc pas à Pré Au Lard, c'est certain.
Et dès que l'Alarme se déclenchera, Pré Au Lard sera vidé de ses habitants en trente secondes, c'est certain aussi. Car passée la surprise, ils vont tous se porter au secours de l'Ecole.
Je sens des fourmis dans mes jambes. Il faut que je bouge. Je ressens le besoin urgent d'aller embrasser mon nouvel arrière-arrière-petit-fils. Comme si ça pouvait conjurer le sort de la mort qui rode aux alentours de Poudlard, prête à faucher de nombreuses vies.
Qu'elle prenne autant de vies de Mangemorts qu'elle veut, mais qu'elle épargne les braves !, prie-je le Ciel, la gorge serrée d'une boule d'angoisse comme je n'en ai jamais eue.
Oui, il faut que je bouge ou je vais devenir maboul avant une minute !
« Je retourne à Londres ! Je vais passer vite fait embrasser mon petiot, puis j'irai au Square Grimmaurd. Au moins, là-bas il y a Cooper à surveiller sur les Ecrans. Je te laisse le soin de ceux d'ici, Fergus. Si t'arrive à la joindre, préviens Nally dès que ça bouge à Pré Au Lard. » décide-je donc, attrapant ma Cape et n'attendant pas de réponse de qui que ce soit, avant de sortir.
Je prends mon Balai appuyé auprès de la porte et file vers la sortie du Village des Elfes, Transplanant dès qu'il m'est possible à Ste Mangouste. Je m'impatiente dix secondes devant l'ascenseur qui n'en finit pas d'arriver et je prends finalement l'escalier, montant aussi vite que me le permettent mes vieilles jambes, me maudissant quand j'arrive tout essoufflé en haut, de n'avoir pas pensé à chevaucher mon Balai.
Mon arrière-petite-fille dort, comme son petit ange dans ses bras. Ça m'attendrit, me bouleverse même. J'ai le cœur tout à coup aussi serré que ma gorge et des larmes me montent brusquement aux yeux, quand une fulgurante pensée m'assaille.
Nom de Morgane ! J'espère qu'on n'a pas fait une bêtise, d'appeler le petiot Victor ! Il ne faudrait pas qu'avoir anticipé l'issue de cette foutue Bataille, nous porte la poisse ! Qu'on nous punisse, pour avoir été présomptueux, en nous plongeant dans les Ténèbres !
On ne voulait pas être présomptueux. C'est l'Espoir, avec un grand E, qui a animé nos cœurs et nous a fait choisir ce prénom pour ce petit être, venu à la vie dans un moment si important pour le Monde Sorcier.
Pour le Monde tout entier.
Je ferme les yeux et je croise les doigts. La Bataille doit être commencée maintenant. Et je prie tous les Dieux de la Création de protéger les braves qui se battent pour défendre notre Monde.
OoOoOoO
Annabelle
Mes yeux sont rivés sur ma montre depuis que l'on nous a annoncé que le Branle-Bas de Combat a été ordonné.
Mon souffle est également suspendu depuis.
Une minute. Il ne reste plus qu'une minute !
Je serre dans ma main, le chapelet qui appartenait à Maman.
Mon Dieu ! Je sais que je ne me suis pas adressée à vous, depuis que Papa et Maman ont été aussi abominablement torturés et tués sous mes yeux. Je vous en ai terriblement voulu depuis, c'est vrai, de ne pas nous avoir protégés. Mais je vous en prie ! Je vous en supplie ! Pardonnez-moi cette colère que j'éprouve toujours à votre encontre ! Et ne m'enlevez pas l'amour de ma vie ! Ne m'enlevez pas non plus ma sœur qui est désormais ma seule famille de sang ! Ne m'enlevez pas mes amis et ma famille de cœur !
Mon Dieu, épargnez les, je vous en prie !
Bénissez-les, protégez les quand l'Enfer va se déchainer sur eux !
Une seconde. Je ferme les yeux, afin de ne pas la voir s'égrener.
Une larme coule sur ma joue et je frissonne, avant même que le tonnerre explose et fasse vibrer l'air sur la plaine qui s'étend au pied de la tour du Château de Nally, au sommet de laquelle je me trouve, avec toute l'équipe de Soins et Secours.
« Protégez-les, mon Dieu. Protégez-les ! » murmure-je, en me serrant davantage contre tante Molly, des larmes ruisselant sur mes joues, comme sur les siennes.
OoOoOoO
Acte 2 : Alarme
Sirius
Bellatrix s'arrête quasi au pied de mon arbre, levant la main pour arrêter sa troupe. Puis d'un signe de tête vers la droite, suivi d'un autre sur la gauche, elle ordonne aux Mangemorts de se déployer en ligne sur quatre rangs de chaque côté d'elle. Quand c'est fait, elle appuie sur sa Marque Ténébreuse, sans doute pour indiquer à son Maître qu'elle est en place.
Quasi aussi sec, je sens le froid s'insinuer en moi. Des images terribles assaillent mon cerveau et il me faut faire un effort colossal pour les repousser. Et surtout ne pas gémir.
Je ne saurais pas dire combien de temps ça me prend pour y parvenir, mais j'ai l'impression que ça ne fait pas longtemps, avant que j'ouvre mes yeux, la tête emplie de ma chouquette et de tous les plus beaux moments de ma vie. Je suis donc très étonné, de voir que l'horrible est là, entouré de quelques dizaines de Détraqueurs, Vampires, Trolls et Harpies.
Voilà qui explique le froid soudain qui m'a glacé les veines et le cerveau. Je m'empresse de serrer un peu ma main sur le corps du Lutin d'Ecosse, afin que Poudlard soit prévenu que les Protections vont bien tomber au coucher du Soleil et que ça se passera comme prévu, depuis la Forêt Interdite.
Voldemort ordonne à Bellatrix et une bonne trentaine de ses sous-fifres, de faire demi-cercle avec lui autour du point d'ancrage le plus faible des Protections de Poudlard, se riant bien sûr, qu'il ne soit pas davantage protégé.
Ben rit bien, mon coco. Parce que c'est la dernière fois que tu le fais, me dis-je, en le regardant pointer sa Baguette vers le point d'ancrage, comme Bellatrix et les autres le font déjà. Il redresse la tête, fièrement triomphant déjà et à son ordre, de toutes les Baguettes fusent le même Maléfice.
Cinquante-quatre secondes de gros efforts plus tard (ouais, je les ai comptées), Voldemort demande à une vingtaine de Baguettes supplémentaires de donner un coup de main. Et il faut encore trente-deux secondes chrono, avant que les Protections cèdent brusquement, dans une puissante déflagration qui secoue tous les arbres de la Forêt.
Ça y est. L'heure H a sonné.
L'Alarme se déclenche à Poudlard. Ce qui est normal. En revanche, Voldemort ne s'attendait pas du tout, à ce qui se produit dans la foulée : à vingt pas derrière lui, un Geyser de Magie fuse très, très haut dans le ciel, se déployant à vitesse fulgurante en illuminant la Forêt plus qu'en plein jour et des explosions retentissent dans tous les alentours, le ciel s'embrasant de rouge et or.
Ça fait émerger des soupçons dans sa caboche à la vitesse de l'éclair. Alors il s'élève aussi sec, volant sans Balai et je le suis du regard. Il va assez haut, mais pas assez pour que je ne devine pas le changement d'expression sur son visage et soudainement il renverse la tête en arrière, poussant un hurlement rageur, poings serrés crépitants d'étincelles vertes qui renseignent bien sur son état d'esprit.
« Tout le terrain est piégé ! Tu ne pourras pas sortir d'ici, Jedusor ! C'est l'heure de l'ultime Duel pour toi et moi ! Vous entendez tous ! Laissez-le se débrouiller seul avec moi ! Vous pouvez partir, mais pas lui ! Il ne pourra pas sortir d'ici ! Il est piégé ! Tout le terrain est piégé ! Vous ne pourrez pas gagner ! Ne courrez pas au massacre alors que ce n'est pas votre combat, mais celui de Jedusor seul ! » s'exclame la voix de Harry, sous Sonorus.
Voldemort fulmine sec et tourne son regard flamboyant vers ma cousine.
« Bellatrix ! Mène mes troupes à la victoire ! Pas de quartier ! Nous ne partirons pas d'ici avant d'avoir massacré tout le monde ! Souviens-toi seulement que je veux Potter et Draco vivants ! Qu'on me prévienne, dès qu'ils sont capturés ! » s'écrie-t-il également sous Sonorus, avec une fureur qui déforme salement ses traits.
Bellatrix relève sa manche et appuie sur sa Marque. Une clameur s'élève, si haineuse qu'elle me flanque des frissons et les Mangemorts s'élancent en avant dans les craquements du bois mort qui se casse sèchement sous leurs pas. Mais je ne la regarde pas. Car le ciel maintenant envahi de Détraqueurs s'écarte soudainement pour laisser passage à un vrai Dragon qui crache ses flammes.
« Nom de Zeus ! Il a vraiment osé ! » murmure-je, dans un souffle ténu, l'œil admiratif, en regardant le Dragon stopper net devant l'affreux qui est redescendu de quelques mètres, sous le coup d'une surprise apeurée mêlée de fureur décuplée.
Il effleure maintenant à peine la cime des arbres.
« Ordonne à tes troupes de partir, Jedusor ! Ne les jette pas inutilement au massacre ! Viens te battre d'homme à homme avec moi sur la plaine au Sud de Pré Au Lard ! Toi et moi, seuls ! » s'exclame Harry, défiant Voldemort du regard.
Et croyez que je resterai bien là, à regarder ce qui va se passer là-haut maintenant. Mais le son des cors des Centaures et les premiers cris viennent de retentir en bas, derrière moi. Alors faut que je retourne au boulot.
Parce qu'on est en guerre, nom de Zeus ! Pas au spectacle !
Ce que je peux confirmer de visu, quand je me retourne et que je vois des Mangemorts, Vampires, Harpies et Trolls pris dans les toiles des Acromentulas qui descendent des arbres dans lesquels elles avaient pris place, pour fondre sur leurs proies et les empaqueter dans un cocon de leur fil de soie épais.
Nom de Zeus, de nom de Zeus ! Si c'est comme ça tout le long de cette ligne de défense et que personne ne songe plus à aller délivrer ces prisonniers-là, les Acromentulas auront de quoi manger pour des mois et des mois.
Car elles ont pris presque un quart des Mangemorts et autres Créatures qui sont passés par ici.
Pourtant hélas, aucun des Mangemorts, Vampires, Trolls ou Harpies ne s'enfuit comme je l'espérais. Comme nous l'espérions tous si fort. Ils foncent droit devant, forçant le passage à coups de Maléfices ou de massues.
Je ne suis pas capable cependant, de dire si Bellatrix est parmi eux ou non.
Affaire à suivre donc, me dis-je, avant de rendre compte à Hermione, puis de Transplaner, pour rejoindre Remus à la Ferme Pédagogique.
OoOoOoO
Severus
Draco referme soigneusement la fenêtre du Bureau d'Albus, ne quittant pas des yeux Harry qui s'éloigne très rapidement vers la Forêt Interdite.
Puis il reste silencieux, comme chacun d'entre nous, jetant de temps à autre un coup d'œil nerveux sur l'horloge.
Ma marque brûle de plus en plus. Voldemort/Salazar enflamme ses troupes. Et je sens au travers de cette Marque aussi hideuse que brûlante, qu'il triomphe par anticipation, certain cette fois de gagner. Et je ne peux m'empêcher de frissonner. Car j'ai la certitude de plus en plus prégnante, qu'il nous réserve un très sale tour.
« Tout le monde est prêt dans le Hall, la Grande Salle, les quatre Maisons et ce sera bientôt le cas également du côté des Clubs, Albus. Il faut nous mettre en position, nous aussi. » déclare Nally, après quelques minutes de cette attente silencieuse qui me pesait de plus en plus
Nally se détourne à présent de la Maquette sur laquelle elle était penchée depuis tout à l'heure, scrutant minutieusement les moindres recoins de l'Ecole.
« Minerva, je pense qu'il est temps pour vous d'aller vous occuper de Sybille. » annonce alors Albus en direction de ma collègue, qui acquiesce d'un hochement de tête, tout en se pressant déjà vers le Miroir sans tain qui masque l'entrée des Passages Internes.
« Que fait-on de lui ? » demande-je alors, en désignant d'un signe de tête la porte de l'antichambre dans laquelle Philip Vaneck est emprisonné.
« Après tout, même s'il y a eu tentative, il n'est pas coupable de meurtre, n'est-ce pas ? Alors laissons lui une chance de se racheter, ou tout au moins de se défendre de l'ennemi. » déclare Albus, d'une voix douce.
Je ne sais pas si c'est une bonne idée, car je suis intimement convaincu que Vaneck ne se rachètera pas et que c'est toujours en nous qu'il verra ses ennemis. Mais l'heure n'est pas à la polémique ni aux tergiversations et nous aurons vite fait de le neutraliser, si cela s'avère nécessaire. Alors je vais rapidement le chercher dans l'Antichambre, l'encourageant à dévaler l'escalier au plus vite. Puis, à la grande surprise de l'Âne Bâté, Albus lui rend sa Baguette avant de saisir son bras et de lui recommander de ne surtout pas se débattre.
Il empoigne ensuite la queue de Fumseck et ils disparaissent dans un craquement très sonore, emmenant également Pomona. Au même moment, Poolyocop Dreeselpyne saute vers Nally, qui l'attrape au vol et le regarde droit dans les yeux durant un bref instant, avant de l'engager à prendre son poste.
« Cette fois nous y sommes bel et bien. Voldemort s'attaque au point d'ancrage. » déclare mon épouse, tandis que le lutin saute prestement dans ma poche de jambe.
Et sans transition ni avertissement, elle nous prend par le bras Draco et moi-même, nous emmenant sur le toit dans un vertige nauséeux. Le silence est lourd, tendu dans l'attente, jusqu'à ce que les Protections tombent dans un tonnerre assourdissant. L'Alarme sonne aussitôt dans tout Poudlard, alors que des milliers de Détraqueurs déferlent vers nous.
« A vos Canons et Baguettes ! Feu ! » crie Georges, quelque part à ma gauche, de sa voix amplifiée d'un Sonorus.
Il reçoit pour toute réponse un concert de sifflements, provenant des petits canons que Fred et lui-même ont mis au point il y a peu, afin de propulser les FeuxFous à vitesse folle dans le ciel. Ceux-ci explosent à grand bruits, moins d'une seconde plus tard.
Et aussitôt, trois douzaines de Dragons de Feu et autant de Soleils géants dansent de concert avec une centaine de Patronus dans le ciel, pour mener leur guerre contre les Détraqueurs, tandis qu'au loin, tout autour de Poudlard, des hauts Geysers de Magie fusent très haut, éclairant les environs comme en plein jour et se déployant en coroles qui se rejoignent à vitesse de l'éclair, pour former une très haute coupole.
« Faites votre choix maintenant, Monsieur Vaneck. Vous pouvez rester avec nous ou partir, à votre convenance. » déclare Albus, qui a lâché le bras de Vaneck et concentre toute son attention sur son Patronus, tandis qu'au loin la voix de Harry, amplifiée d'un Sonorus, invite Voldemort dans un Duel seul à seul.
Vaneck ne répond pas. Il se demande si c'est du lard ou du cochon, pense assurément qu'il y a embrouille quelque part. Je suis même certain qu'il nous soupçonne d'attendre qu'il esquisse le moindre geste pour s'esquiver, afin d'avoir un prétexte pour le descendre dans le dos.
Au loin, Voldemort engage Bellatrix à mener ses troupes à l'attaque et une clameur haineuse s'élance aussitôt vers nous.
« Nous avons eu vent de vos projets de meurtre et contrairement à ce que vous croyez, Jérémy Costner est en vie. Il ne souffre pas de la moindre égratignure et sera très bientôt à l'abri dans un lieu secret, avec tous les autres enfants. Par ailleurs, comme vous pouvez le voir, nous n'avons pas le temps de nous occuper de vous maintenant, Monsieur Vaneck. Et nous estimons que vous êtes en droit d'être en mesure de vous défendre des Détraqueurs, Inferi, Vampires, Harpies et Mangemorts qui ne distingueront pas l'ami de l'ennemi, parmi les élèves de Poudlard. Car ni vous, ni aucun de vos semblables ne portant la Marque des Ténèbres, vous serez considérés de la même manière que nous autres. Or, actuellement il n'y a aucune échappatoire possible, car nous sommes cernés, comme vous pouvez le constater. Alors faites votre choix, Monsieur Vaneck. Vous êtes en possession de votre Baguette. Usez-en pour nous aider, sachant que vous aurez plus de chances de survivre si vous restez auprès de nous et qu'il en sera tenu compte, lorsque nous aurons vaincu l'ennemi. Ou tentez votre chance et partez, au risque de vous faire tuer par les vôtres lorsque vous irez à leur rencontre pour leur proposer vos services. » explique-je plus amplement, criant assez fort afin que Vaneck m'entende par-dessus les sifflements aigus des Détraqueurs à l'agonie et des explosions de FeuxFous qui n'en finissent pas de se reproduire dans le ciel.
Et je sens son regard sur moi, tandis que je jette mon Patronus pour la quatrième fois au moins déjà. Je perçois ensuite du coin de l'œil qu'il sursaute, quand Georges jette un nouvel ordre sous Sonorus, afin qu'une seconde salve de FeuxFous soit jetée.
Ils explosent rapidement, révélant une nouvelle gamme de Dragons de Feu. La première était rouge et or. Dans celle-ci, toutes les couleurs de Poudlard sont représentées. Et ce serait absolument magnifique de les voir évoluer aussi gracieusement dans le ciel, s'il n'était les cris suraigus et la puanteur des Détraqueurs qui succombent à leur contact.
« Impressionnante notre défense, n'est-ce pas ? Et encore, tu es loin d'avoir tout vu. Tiens, par exemple, jette un coup d'œil du côté de la Grille. » invite Draco, après quelques nouvelles longues secondes de silence de la part de Vaneck.
Celui-ci lui obéit dans un automatisme, sursautant de nouveau.
Et je devine que son regard s'écarquille à la fois de surprise et de peur.
Pour cause.
Un Géant, des Membres de l'Ordre armés jusqu'aux dents, des Elfes de maison brandissant des armes blanches et des Gobelins en grande tenue de Combat, sont en train d'accueillir les Mangemorts, Vampires et Harpies qui franchissent les Grilles arrachées de leurs gonds.
C'est terriblement impressionnant.
OoOoOoO
Théo
Les Sombrals virent subitement, vers la Forêt et le ciel s'assombrit d'un seul coup, tandis que le froid dans mon corps et dans mon cœur devient presque insupportable. Je pense très fort à ma Ginny, à ma victoire à Tyll Celwie o Agar Myrn aussi, tandis que tout ce qu'il y a autour de nous se couvre de givre.
Le Lac se remplit très vite d'Inferi du côté des terres cachées et ça avance vite, créant des remous qui font enfler les vagues, les rejetant de plus en plus loin sur les Berges, par ici aussi. Et très bientôt la première tête émerge à quelques pas de nous, à l'instant même où une puissante détonation retentit, faisant trembler le sol et frémir l'air autour de nous.
L'Alarme sonne très fort sur les terres de Poudlard, dont le ciel s'embrase aussitôt dans une salve d'explosions nourrie. Alors je saisis la main de mon ami qui cherchait la mienne, mon regard rivé sur l'eau du Lac, agitée de vagues de plus en plus fortes et hautes.
Merlin, protégez-nous ! Les Inferi sont sur nous !
Et en réponse à Harry, Voldemort ordonne l'assaut.
Les Inferi sont désormais des centaines et des centaines à émerger dans une horrible puanteur. Parmi eux, des Mangemorts tentent de faire tomber la Barrière Végétale. Puis, n'y parvenant pas, ils ordonnent aux Inferi de l'escalader.
Ce qu'ils font très vite, vraiment très vite.
Aussi vite que bat mon cœur affolé !
OoOoOoO
Charly
Craquement très sec et sonore qui ébranle la terre et l'air alentour, nous faisant tous sursauter.
Putain ça y est ! Les Protections ont cédé.
Et voilà le premier Geyser Magique, pilier de la nouvelle Protection, qui fuse vers le ciel.
Dobby qui chevauche devant moi, claque des doigts en synchro parfaite avec les Elfes de maison qu'il a lui-même choisis, pour exécuter la délicate tâche de soudure. Immédiatement toute la zone que nous avons délimitée est cernée de Geysers qui s'élèvent aussi haut que le premier et prennent de la largeur à vitesse grand V pour se rejoindre. Alors nous nous élevons progressivement dans les airs, pour souder les corolles.
D'où je suis, je vois les Détraqueurs qui grouillent au-dessus de Poudlard, se faire attaquer par des Dragons de Feu et une bonne centaine de Patronus au moins. Puis quand j'ai pris un peu plus de hauteur, c'est le Lac que j'aperçois. Et je frémis d'horreur. L'eau bouillonne littéralement du côté du Lac situé sur les terres de l'affreux dont les Protections sont également tombées et de nombreux Inferi grimpent déjà la première Barrière Végétale.
Et surtout, je suis horrifié de voir, courant sur les Berges, les longues et larges colonnes de Mangemorts, auxquels se mêlent de nombreuses Créatures.
Putain de bordel ! Nos ennemis sont bien plus nombreux que prévu ! Au moins deux fois plus ! Peut-être même trois ou quatre fois plus, si c'est comme ça tout autour de Poudlard !
Nom d'une burne ! Il faut absolument qu'on finisse au plus vite ici. Parce qu'il y a urgence à donner un coup de main sur le champ-de-bataille !
Vraiment urgence !
OoOoOoO
Vincent
Coup de tonnerre. Les Protections sont tombées.
D'autres explosions pètent quasi immédiatement, couvrant le son strident de l'Alarme. Autour et au-dessus de Poudlard, le ciel s'illumine, éclairant tous les alentours aux couleurs de l'automne et mon cœur bat très fort dans ma poitrine.
Harry invite Voldemort dans un Duel seul à seul. Il lui répond en ordonnant à Bellatrix de mener ses troupes à l'attaque.
« Mars et les Centaures sont en guerre ! » s'exclame alors très fort Ronan, avant de souffler dans son cor.
Plusieurs dizaines de cors lui répondent aussitôt, tandis que le froid me gèle soudainement les entrailles. Je lève la tête. Ils sont des centaines et des centaines, des milliers de Détraqueurs à passer au-dessus de la Forêt.
J'entends maintenant des cris, assez loin devant. Les toiles des Acromentulas viennent de remplir leur office. Des craquements de pas courant sur des branches mortes résonnent aussitôt et se répercutent dans toute la Forêt. De nombreux Mangemorts ont échappé au piège des Acromentulas et arrivent très vite vers nous.
Alors je m'applique un Sonorus sur la gorge.
« Partez ! Vous êtes cernés, piégés ! Alors partez, Transplanez pendant qu'il en est encore temps ! Ne courrez pas au massacre pour rien ! Partez ! Seul Voldemort ne peut pas s'échapper d'ici ! Partez ! » m'écrie-je, la voix de Blaise faisant écho au sud et celle de Justin au nord.
Bref silence devant nous, uniquement troublé par les FeuxFous qui explosent au-dessus du Château et du Parc.
« C'est vous qui êtes cernés ! C'est vous qui êtes piégés ! Et vous allez tous crever ! » s'exclame soudainement une voix d'homme très rauque, également amplifiée d'un Sonorus.
Une clameur rageuse lui donne aussitôt raison et les craquements reprennent. Puis un Iragan vient se poser sur mon épaule, pépiant avec affolement dans le creux de mon oreille.
« Il y a aussi des Trolls des Cavernes avec eux ! Et ils sont nombreux ! Plusieurs dizaines ! » traduis-je, pour les Membres de l'Ordre qui viennent de me rejoindre, chevauchant pour certains des Hippogriffes et d'autres des Sombrals.
« Ce n'était pas prévu, mais nous allons faire avec ! » répond Merton Grave, avant d'indiquer à ceux qui ont mis pied à terre déjà, de prendre position dans les arbres.
Moi, je reste au sol, auprès de Ronan, le cœur battant de nouveau à tout rompre, de la sueur me dégoulinant dans le dos malgré le froid intense. Car nos ennemis approchent vraiment vite et la terre tremble maintenant sous le pas très lourd des Trolls qui seront bientôt sur nous.
« Wingardium Leviosa. Souviens-toi, c'est comme ça que Ron a fait avec le Troll dans les toilettes, quand on était en première année. Et Tonton Sev l'a fait aussi à Halloween. Aie confiance en ça. Tu t'en sortiras très bien. Je veille sur toi, Vincent. Je veille sur toi, mon ami et je te promets que tu verras la fin de la Bataille. » me souffle à l'oreille, une voix très calme et apaisante.
Je me tourne vers elle. Le visage de Greg s'est dessiné sur le tronc de l'arbre tout proche de moi. Il me sourit de son sourire grave et confiant à la fois, puis il s'efface peu à peu.
« Merci mon pote ! » souris-je, avant qu'il disparaisse tout à fait.
Je suis sûr que je n'ai pas rêvé, que Greg est bien venu pour m'aider.
Et de savoir qu'il veille sur moi depuis là-haut, ça calme les battements affolés de mon cœur. Car avec Greg dans les parages, je sais qu'il ne m'arrivera rien.
Non il ne m'arrivera rien. Je vais m'en sortir vivant ! Oui, je vais m'en sortir vivant !
OoOoOoO
Hagrid
Les Protections sont tombées dans un boucan d'Enfer et ça y est, la Grille saute à son tour. Elle vole loin dans l'parc. Heureuz'ment vraiment qu'y avait personne d'vant, ça lui aurait fait du vilain sinon.
« Méchants ! Pas entrer, méchants ! Pas entrer ! » qu'il crie tout d'suite Graup, couvrant la voix de Bill, qui disait à nos ennemis que c'est piégés ici et qu'ils f'raient mieux d'partir.
Et ç'bourrin s'met à courir, alors qu'jui avais dit d'rester à côté d'moi. Il fait trembler la terre. Ça arrête sec les Manj'morts qui entraient en courant, criant comme s'ils avaient d'jà gagné la Bataille.
Comme si qu'on allait les laisser faire !
Les Manj'morts réagissent, ils jettent des Maléfices vers mon p'tit frère qui fonce vers eux en criant d'colère, sautant tout à coup à pieds joints sur l'premier rang d'nos ennemis.
« Non ! Les écrase pas, Graup ! Faut juste les j'ter dehors ! » que j'lui crie alors qu'son pied écrabouille déjà un autre des masqués et qu'il en attrape aussi un dans chaque main.
Mais il n'peut pas m'entendre avec tout l'tintamarre qu'y au-d'sus nos têtes et tout partout dans les environs. Et puis j'cours pas assez vite non plus pour l'rattraper, avant qu'il en a encore écrasés quèques-uns sous ses pieds et dans ses grosses mains. Alors comme les Manj'morts l'énervent à lui j'ter des Maléfices dessus, j'crois que j'pourrai pas l'empêcher d'continuer à les écrabouiller, comme si qu'c'était des punaises.
Mais ç'n'est pas d'sa faute à mon p'tit frère. Ils n'avaient qu'à pas l'énerver, ni à lui faire du mal.
Ni nous attaquer, pour commencer.
Ça s'fait pas, d'attaquer une Ecole où y a plein d'gosses sans défense !
Faut vraiment être sans cœur, pour même juste penser à l'faire !
OoOoOoO
Eddy
Un coup de tonnerre fracassant. L'Heure H est venue et putain qu'il fait froid tout à coup dans le coin ! Mais je ne m'attarde pas à ça, je me concentre sur un souvenir heureux et sors de mon Alcôve.
Les gosses ont bien sûr compris que cette fois ce n'est pas un exercice et des cris retentissent du côté de la Grande Salle, dans laquelle il est clairement audible que des Sorts fusent déjà.
Bordel ! Si des gosses sortent, malgré les ordres au calme de Megan, Miranda et Claryce, ce salopard de Benson et ses comparses vont les faucher !
Je cours donc à fond vers le Hall alors qu'une série d'explosions fait trembler le Château tout entier, jetant des lumières rouges et or dans l'ombre épaisse qui nous est tombée dessus, en même temps que les Détraqueurs. Et je déboule presque à hauteur de la Grande Salle, au même moment que Gabe, Hugh et Ben.
Benson, que je tiens maintenant dans ma ligne de mire, sursaute alors qu'il s'apprêtait à tirer dans le tas des gosses qui surgissent de la Grande Salle, bousculant Monsieur Rusard qui tente de s'interposer. Les complices de Benson aussi sont surpris et ils en ratent à demi leurs Maléfices, que nous détournons les copains et moi, pour les envoyer se fracasser contre le mur, au-dessus de leurs têtes.
« Arrière les mômes ! Retournez dans la Grande Salle ! On doit nettoyer le passage ! » ordonne Hugh, à l'intention des quelques gosses qui n'ont pas obéi à Miranda, Megan et Claryce et que M'sieur Rusard essaye tant bien que mal de faire rentrer, avec l'aide de Croquemitaine et Miss Teigne.
Benson se tourne vers nous. Il comprend que les choses ne tournent pas rond dehors. Des cris suraigus se font entendre et une écœurante odeur de chairs trop grillées flotte déjà dans l'air. D'autres explosions retentissent encore, éclairant davantage le ciel de lumières joyeuses. Et derrière lui, ça se bat dans le couloir du quartier des Poufsouffles.
Et puis, il voit notre air aussi. Nos tenues. Et il sait désormais qu'il y a une sérieuse résistance déjà à l'extérieur, comme à l'intérieur. Alors il se met en garde, ordonnant à ses sbires d'en faire autant. Ça doit être un tourbillon de questions dans sa tête de pioche.
« Surpris, n'est-ce pas Benson ? Tu t'attendais à ce que ton Maitre ait la partie facile. Eh bien tu sais maintenant que ce ne sera pas le cas ! Et lui aussi, le sait désormais, qu'il a été piégé en beauté ! Alors ce n'est pas la peine de chercher un moyen de t'enfuir, dans l'espoir de pouvoir le prévenir en lui envoyant un message, grâce au faux Gallion que tu as dans ta poche ! » déclare-je, affichant un sourire narquois.
Benson fume, tandis que dehors, la voix amplifiée de Harry engage les troupes de Voldemort à laisser leur Maitre se débrouiller seul avec lui.
En réponse à Harry, Voldemort ordonne à Bellatrix de mener ses troupes à l'attaque. Et Benson jette aussi sec un Maléfice sévère dans ma direction. Je le lui renvoie avec facilité, l'obligeant à se décaler d'un pas et de se séparer un peu de ses acolytes.
« Tu te demandes comment nous pouvons savoir pour le faux Gallion, n'est-ce pas ? Tu es en train de penser que Cooper est peut-être un traitre à la cause de ton Maître. Eh bien non ! Rassure-toi. Cooper ne t'a pas trahi. Lui aussi a été piégé ce matin ! Et à mon avis, il ne sera pas ravi s'il apprend que c'est finalement le message que tu as envoyé tout à l'heure de la Bibliothèque, qui a décidé votre cher Maitre à se jeter dans la gueule du Dragon ! » me gausse-je encore de Benson, pour le déstabiliser un peu plus, tout en marchant sur lui.
Il recule sous mon avancée, tout comme ses sous-fifres le font face à Gabe, Hugh et Ben. C'est la déconfiture pour eux aussi et ils n'en mènent pas large.
« Tiens, d'ailleurs à ce propos ! Autant que tu saches aussi, qu'en réalité Jérémy Costner se porte comme un charme ! Fameux acteur ce petit gars, n'est-ce pas ? Il a joué son rôle à la perfection ! Même Vaneck n'y a vu que du feu et croit dur comme fer, qu'il a réussi son mauvais coup ! » achève-je, avec moquerie.
Puis, estimant que je suis à la bonne distance maintenant, je balance un Stupefix du feu de Merlin.
Mais ce salaud de Benson a du réflexe et bien que ma dernière provocation l'ait quelque peu désorienté, il était assez sur le qui-vive encore, pour éviter mon attaque. Il riposte donc avec toute sa rage, engageant cette fois bel et bien notre Duel.
J'ai toujours la trouille. Mais je suis confiant.
Ouais, je suis confiant ! Je vais l'avoir ce salaud !
Et tous les autres devant lesquels je me retrouverai après lui !
Il le faut ! Pour sauver ma peau, celle des gosses et de mes amis !
OoOoOoO
Philippa
Un grondement roule sourdement jusqu'à nous.
Les Protections de Poudlard sont tombées et les Ânes Bâtés dégorgent de la Classe de Potion et du petit couloir des réserves où ils avaient pris place.
Ils sont venus nombreux les salauds et nous sommes en sous-nombre. Mais foi de Philippa, nous les aurons ces sales immondes petits cafards !
« Sus aux Ânes Bâtés ! » s'exclame la voix de Gil.
Et le Combat s'engage, des Maléfices et Sortilèges fusant de part et d'autres. Les Ânes Bâtés reculent un peu de surprise sous l'assaut de l'équipe de Gil. C'est le moment pour la mienne d'entrer en action aussi.
« Allez, on y va ! » encourage-je donc mon groupe.
Nous surgissons de notre cachette, faisant barrage à Bridget Harris qui se sauvait à toute vitesse et se jette vivement derrière une Statue.
« Ils nous ont encerclés ces sales traitres ! » s'exclame-t-elle, à l'intention de ses complices.
« Alors pas de quartier ! On les tue tous ! » lui répond Franck Narbury, avant de prononcer un Avada Kedavra très audible, qui fuse en direction de l'autre groupe de Défenseurs.
Je prie le Ciel de toutes mes forces, pour qu'il n'atteigne personne, détournant dans la foulée celui que Bridget Harris jette vers moi.
Merlin ! Faites que je voie le jour prochain se lever !
Et tous ceux que j'aime avec moi !
OoOoOoO
Dean
La Protection de Poudlard qui tombe à grand fracas sonne l'heure H.
L'Alarme se déclenche illico et ça pétarade aussi sec au-dessus de nos têtes.
Crotte de Troll ! Jamais je n'aurais pensé que mon cœur pouvait battre aussi vite et aussi fort dans ma poitrine, qu'il le fait en cet instant ! Ni qu'on pouvait se retrouver mouillé de sueur de la tête au pied, en moins d'une seconde !
J'ai gravement la pétoche. Je l'avoue. Mais j'ai aussi la rage de vaincre au cœur et je jure sur la tête de tous mes aïeux, que je ne laisserai pas les troupes de Voldemort s'emparer de Poudlard ! C'est MON Ecole ! MA Maison ! Alors ils pourront faire tout ce qu'ils veulent, mais je ne les laisserai pas me la prendre !
« Bingo les amis ! C'est l'heure de faire la tête au carré à ces connards ! » s'exclame mon pote Ritchie, qui se glisse hors des Passages Internes dans lesquels nous avons pris place il y a un bon moment déjà.
Nous le suivons, rasant silencieusement les murs, direction la Salle Commune de Gryffondor, du côté de laquelle des Sorts fusent déjà en pagaille, tandis qu'au loin la voix de Harry invite Voldemort à un duel d'homme à homme.
« Foutez le camp, bande de fumiers ! Vous n'entrerez pas ici ! » s'ecrie Nicholas Ryan, au moment où nous déboulons derrière les Ânes Bâtés.
Et alors que Voldemort donne l'ordre d'attaque à Bellatrix, je me fais un immense plaisir, en Stupefixant cette charogne de John Palmer. Ça lui fera grand bien, d'aller se perdre dans le Labyrinthe d'Artemus, quand nous aurons fini de nettoyer le coin !
OoOoOoO
Anthony Goldstein
Depuis toujours, j'ai entendu ma Grand-mère paternelle dire que si tu sauves une vie, tu sauves le Monde.
Eh bien moi je dis aujourd'hui, que si on sauve Poudlard, on sauve la Magie.
Alors elles peuvent venir, toutes ces sales engeances ! On va les bouter en grande pompe !
Je le jure sur ma Kippa !
Même si je ne l'ai jamais portée ici, parce que ça ne se fait pas chez les Sorciers.
« Prêt Mehdi ? » demande-je au pote avec lequel je fais équipe, le bide tordu de trouille.
« Plus que jamais, mon ami ! » répond-il dans un souffle un peu tremblant, un poil avant qu'une formidable explosion fasse trembler les vitres de l'alcôve dans laquelle nous nous sommes retirés sous Sortilège de Désillusion.
D'autres explosions lui répondent, jetant des Lumières rouge et or qui dansent sur les murs, les Portraits, les Armures et les Statues.
« Allez-y les enfants ! Jetez-moi ces petites ordures à la poubelle ! » s'exclame le Portrait de Guillaume d'Ockham, un philosophe franciscain qui a toujours eu son franc parler.
« Comptez sur nous ! » réponds-je, en jaillissant de mon Alcôve de concert avec Medhi.
Et mes amis, postés également dans les environs, surgissent illico pour barrer la route à la bonne douzaine d'Ânes Bâtés qui croyait pouvoir tranquillement venir prendre possession de notre Maison.
Ça fuse aussi sec. Méchamment, du côté des Ânes Bâtés.
Et je renvoie de tout cœur son Maléfice de Fouet Tranchant à la tronche d'Arnold Wysemann, qui hurle aussi sec, en se tenant la joue barré d'une coupure qui saigne abondamment.
Merde ! Je vais être bon pour le soigner avant de le flanquer dans le Labyrinthe d'Artemus cet enfoiré, me dis-je, en le Stupefixant cette fois, alors que dehors, l'ordre d'attaque est officiellement donné par Voldemort.
D'un ton si haineux et rageur, qu'il me fait flipper.
OoOoOoO
Keith Petrie
L'Alarme sonne. L'heure H est arrivée.
Et un groupe compact d'Ânes Bâtés se présente dans le couloir, avançant d'un pas déterminé vers Agatha et moi-même.
« Qu'est-ce que vous venez faire par ici ? Ne me dites pas que vous avez déjà une petite faim et que vous avez l'intention de piller les cuisines ! Je ne vous croirai pas ! » m'exclame-je haut et clair, d'un ton moqueur, bras croisés sur la poitrine et bien campé sur mes jambes.
Belle comédie. Car je n'en mène pas large en réalité, loin de là.
Mais ces pignoufs ne verront rien de ma peur, je le promets sur la tête de tous mes aïeux, auxquels j'ai juré de faire honneur et qui doivent m'observer depuis là-haut.
« Et t'aurais raison ! On vient prendre possession de Poufsouffle ! Alors pousse toi de la porte d'entrée et mets-toi à genou mains sur la tête, si tu ne veux pas te prendre un méchant Maléfice ! » répond aussi haut et clair, cet abruti fini de John Mugge, en brandissant sa Baguette vers moi.
Il vient de passer l'armoire qui fait face au Tableau de la Bergère à l'Agneau et dont sortent maintenant silencieusement six de mes copains et copines, tandis que trois autres franchissent le Portrait de Poufsouffle, pour venir se placer à mes côtés.
« Si tu crois qu'on va te laisser faire ! Regarde plutôt ce qui vient derrière, pauvre andouille ! Vous êtes faits comme des rats ! Alors jetez-vous face contre terre, si vous ne voulez pas vous prendre vos propres méchants Maléfices dans la gueule ! » rétorque-je, levant moi aussi ma Baguette que j'ai vivement tirée de ma manche, alors que dehors, Harry révèle que Voldemort ne pourra pas partir d'ici, qu'il est piégé, mais pas ses troupes.
Ça jette un froid parmi les Ânes Bâtés qui semblent soudainement désarçonnés. Mais Voldemort riposte avec rage, en donnant l'ordre à Bellatrix de mener ses troupes à l'attaque.
Le Combat s'engage aussi sec. Les Ânes Bâtés se jetant furieusement dans la bagarre. Nous ripostons sévère et trois de nos assaillants sont mis hors Combat par leur propre Maléfice, alors que pas un seul d'entre nous n'est touché, grâce au fameux Bouclier de Tatie Nally capable de résister à plusieurs attaques. Alors Mugge n'hésite pas à foute en l'air la nature morte qui ouvre sur les Cuisines, s'engouffrant dans l'ouverture avec le reste de sa bande, sans se préoccuper de ses blessés.
Si c'est là qu'ils veulent se battre, très bien ! Ça me va !
« Occupe-toi des Ânes Bâtés blessés, Agatha ! Nous nous chargeons des autres ! » déclare-je, jetant à nouveau l'un des fameux Boucliers de Tatie Nally autour de moi, avant de me jeter tête la première dans les Cuisines, de concert avec mon pote Alex.
OoOoOoO
Megan
Je sors discrètement mon Miroir de ma poche pour avertir le QG que tous les enfants passeront par les Passages Internes depuis la Salle des Profs et demander que Sir Nicholas vienne pour guider leur chemin. Mais je n'ai pas loisir de prendre contact, car un coup de tonnerre fait déjà trembler les murs de l'Ecole. L'Alarme sonne aussitôt, dans un concert d'explosions immédiates et un froid intense me glace instantanément les os.
Ni Claryce, ni Miranda, ni moi-même, n'avons le temps de donner l'ordre aux enfants de rester calme, que c'est une pagaille monstre.
Car malgré la vive réaction des gars et filles du Comité, les Ânes Bâtés nous tirent déjà dessus, planqués derrière des gosses qu'ils ont pris comme bouclier. Des gamins et gamines hurlent, figés sur place, tandis qu'une dizaine d'autres, toutes consignes de calme oubliées, se précipitent vers la sortie, bousculant Monsieur Rusard qui fermait la porte. Il tente de s'interposer avec Miss Teigne et Croquemitaine, mais quelques-uns parviennent à les déborder, alors je cours pour aller l'aider.
Et c'est avec horreur, que je vois Benson, Gibbon, Dawson et Jugson lever leur Baguette vers eux. Mais ouf ! Leurs Maléfices sont détournés et se fracassent au-dessus de leur tête. A leur sursaut et celui des gosses qui stoppent net.
« Arrière les mômes ! Retournez dans la Grande Salle ! On doit nettoyer le passage ! » entends-je aussitôt Hugh ordonner aux gamins, depuis l'extérieur.
Et cette fois ils se laissent refluer dans la Grande Salle par Monsieur Rusard, Croquemitaine et Miss Teigne. Tout en intimant aux gosses qui l'entourent de se jeter à terre, notre concierge ferme la porte derrière lui, étouffant la voix de Voldemort qui donne l'ordre à Bellatrix de mener ses troupes à l'attaque.
Alors je retourne vivement vers mes amis et mon attention vers les Ânes Bâtés. Hormis ceux qu'ils ont pris en otage et restent figés devant eux, regard vide de toute expression, tous les gosses sont maintenant allongés sur le sol, à l'abri derrière les tables que les copains ont basculées sur le côté.
Mais impossible de contourner ces abrutis d'Ânes Bâtés, car ils se sont acculés au mur, protégeant les flancs de leur ligne, en jetant des Maléfices de chaque côté. Un plan de Benson ça. Parce que je ne vois pas dans leur groupe, qui d'autre aurait pu avoir cette idée.
Un Maléfice de Mort me frôle et je me jette à terre.
« Où est Claryce ? demande-je, étonnée de ne plus la voir aux côtés de Miranda, qui canarde les Ânes Bâtés comme elle le peut
Je tente également de leur jeter des Pétards Métamorphosant par-dessus la tête des otages. Mais ces salauds ont posé une Barrière au-dessus d'eux, Benson ayant sans doute supposé que nous essayerions de leur jeter tout ce que nous pouvions sur la tête. Alors mes projectiles rebondissent et explosent dans le vide.
« Elle s'est jetée devant un gosse pour le protéger et elle est tombée sous le feu de Ramirez. Je l'ai faite emmener à l'Hôpital de Secours, par Kano. » répond Miranda, d'un ton étranglé.
A sa pâleur, je devine que c'est très grave. Plus que grave même. Et tout mon sang se retire d'un seul coup de mon visage, ma poitrine devient étroite et mes mains tremblent. Mon amie est morte, c'est une certitude. Car si Claryce avait été simplement blessée, il aurait suffi de refermer sa main sur son Portoloin et de prononcer le mot de passe pour elle.
« Je jure que Ramirez va le payer ! » murmure-je, le cœur et la gorge terriblement serrés.
Ce murmure refoule les larmes qui me montaient aux yeux, fait cesser le tremblement de mes mains. Et je me jette dans la bagarre, au nom de mon amitié pour Claryce et de l'amour que j'éprouve pour ma famille, tous mes amis et Poudlard.
Je jette des Sortilèges pour détourner les Maléfices des Ânes Bâtés et protéger les petits, risquant un œil à la ronde de temps à autre par-dessus la table renversée, afin de vérifier si j'ai une ouverture qui me permettrait de neutraliser l'un des vendus à Voldemort.
Soudainement Croquemitaine bondit vers l'un des petits otages, le faisant tomber au sol et dégageant par la même occasion ma vue sur Ramirez. Ce sale assassin a jeté un Avada qui est déjà presque sur moi.
Je ne peux pas le détourner au hasard, ni me baisser pour le laisser passer par-dessus ma tête. Il pourrait rebondir sur le mur et toucher l'un des enfants. Je n'ai donc pas le choix. Alors, uniquement guidée par mon amour pour les miens et mon désir de protéger les petits, je lui renvoie son Maléfice de Mort en pleine figure.
Ma main tremble à nouveau.
Je n'avais pas le choix ! Non, pas le choix !, me dis-je, intimant à ma main de cesser de trembler, à mes larmes de rester dans mes glandes lacrymales.
Et, le regard brièvement accroché sur la grande photographie de Lucy qui me fait face sur le mur un peu au-dessus du cadavre de Ramirez, je m'intime aussi d'oublier que je viens de le tuer, car il sera bien assez temps plus tard d'y repenser.
Pour l'heure, je dois continuer à défendre ma vie, celle des enfants et de mes amis.
Comme Claryce l'aurait fait. Ainsi que Lucy, Greg, Ursula, Cho et les autres, dont la photographie est accrochée au mur.
OoOoOoO
Lee
Par les couilles de Lucifer ! On n'est pas dans la merde ! me dis-je, en regardant le Lac qui bouillonne littéralement sous mes yeux.
Voldemort a ordonné l'assaut et les Inferi ont rencontré leur premier obstacle. Ça se bouscule là-dessous. Ils sont des centaines déjà, à grimper le long d'un large mur végétal, dressé par Hermione, Ginny et Nev, qui ont mis des heures et des heures à faire pousser les algues et les tresser, avant qu'une masse de Sortilèges soient posés dessus par les Elfes de maison, pour les solidifier.
Sous l'eau, ces murs ne laissent franchir que les nôtres, le Calmar, les Strangulots, Sirènes et Tritons. Ce qui oblige les Inferi et Mangemorts qui les guident, à passer par au-dessus. Car ils ne peuvent sortir directement sur la Berge non plus. Des Filets Magiques le leur défendent. Le seul moyen pour eux de décamper de là, c'est donc de passer par les murs et plateformes.
Et là-haut, une autre mauvaise surprise les attend.
« Oh ! Non ! Lee, jette un coup d'œil sur ce qui vient par notre droite ! » chuchote soudainement Elinor, ma partenaire sur la Berge le long de laquelle nous sommes chargés de surveiller la progression des Inferi, tandis que Théo et Marian en font autant de l'autre côté.
Coup d'œil rapide.
Putain de chiotte de mouches à merde !
Des centaines et des centaines de Mangemorts avancent résolument vers nous, en rangs très serrés. Ils sont accompagnés de Trolls. Il y a aussi d'autres Créatures que je ne parviens pas à distinguer encore clairement, car elles sont à demi-cachées par les robes des Mangemorts.
Et je suppose que ce doit être la même chose de l'autre côté.
Mais bon. On s'en doutait bien, que ça viendrait en nombre aussi par là. Et estimons nous heureux, qu'en faisant sauter les Protections de Poudlard, l'affreux a aussi fait sauter les siennes qui flirtaient de trop près avec elles. Au moins, grâce à ça, on a pu les voir arriver.
Frisson. Ouais, on s'attendait à les voir débouler par là. Mais quand même. Ils sont au moins deux ou trois fois plus nombreux que ce qu'on attendait.
« Crotte de Troll ! On va droit au carnage, avec tout ça ! » souffle-je, me tournant vers mon Elinor que je ne peux pas voir, car par précaution supplémentaire elle s'est Désillusionnée sous la Cape d'Invisibilité de Fol Œil, pour ajouter : « Je suppose que tu as déjà prévenu les autres ? »
« Oui, c'est fait ! Pour les Inferi aussi ! » répond Elinor, dans un souffle.
« Ok ! Dans ce cas, on dégage d'ici ! Remontons jusqu'à la ligne suivante ! » décide-je, cherchant la main d'Elinor à tâtons, pour l'entrainer dans mon sillage.
Je ne veux pas la lâcher. Je ne veux pas la perdre au milieu de ce fatras de rochers que nous devons contourner dans des méandres caillouteux, recouverts de dizaines de Mines Caméléons.
Coup d'œil cependant sur le mur, avant de dégager définitivement le terrain. Nombreux sont les Inferi qui ont atteint le sommet et s'apprêtent à replonger de l'autre côté. Mais une bande de copains menée par Fred surgit du ciel, certains mitraillant à tout va et d'autres lâchant des Ceintures de Feu qui cernent les Inferi, s'embrasant puis implosant et réduisant en cendres tout ce qui se trouve dans son rayon d'action.
Il n'y a guère que trois ou quatre dizaines d'Inferi qui ont échappé au massacre, si je puis dire ainsi, compte tenu que nous avons affaire à des morts déjà. Et en bas, ils seront accueillis par les nôtres, qui les réduiront en cendres aussi, avec les Mitraillettes à Mini Bombincinerus adaptées pour fonctionner sous l'eau.
« Ça marche ! Putain ça marche ! » murmure-je, galvanisé par cette mini victoire et accélérant le train.
Maintenant que j'ai vu ce que je voulais voir, faut plus lambiner, sinon nous serons vite rattrapés par la horde sauvage qui nous suit dare-dare.
Car ce n'est pas parce que les premières Mines Caméléon se referment déjà sur elle, que le danger est moindre pour nos miches. Oh non ! Parce que des Mines, il n'y en aura jamais assez pour neutraliser toute cette saloperie de racaille assassine !
« Oui. Mais ils ont bénéficié de l'effet de surprise. La prochaine fois, les salopards qui arrivent derrière nous vont accueillir les copains à coups de Maléfices. Et il semble qu'il y en ait beaucoup parmi eux qui ont amené leur Balai ! » répond Elinor, d'un ton fataliste, alors qu'une escadrille d'ennemis passe déjà au-dessus de nous.
« Ouais, je sais bien ! Mais aussi longtemps que les copains sont protégés par la Bulle, ça ira ! » réplique-je, avec optimisme, croisant les doigts en espérant bien fort que la Bulle tienne le plus longtemps possible.
Elinor ne répond rien à ça. Mais c'est une Serpentard et je sais bien qu'elle préfère envisager le pire que le meilleur. Elle ne partage donc pas mon optimisme sur ce coup. Mais ça ne fait rien. A nous deux, on fait une bonne paire et si on fait la moyenne de nos deux estimations, on doit pouvoir affirmer que la moitié du parcours se déroulera sans anicroche pour nous.
Après ça, sûr que ça se corsera sérieusement.
Ouais, sûr que ça se corsera…
OoOoOoO
Harry
Voldemort vient de donner l'ordre à Bellatrix de mener ses troupes à l'attaque.
Un dernier sourire confiant vers Ron et je m'envole, en direction de Salazar.
Comme je le subodorais, il a pris de la hauteur afin de voir ce que signifiaient le Geyser de Magie et les explosions qui ont répondu au coup de tonnerre de la chute des Protections.
Son regard se fige sur Norbert et il a l'air à la fois furieux et de ne pas en croire ses yeux. Apeuré aussi, craignant plus que tout que j'en profite pour griller le corps de son hôte sur place.
Oui, c'est bien Norbert, que je chevauche. Il n'était encore qu'un œuf, lorsque l'affreux a grugé Hagrid par l'intermédiaire de Quirrell, le lui offrant pour le mettre en confiance et parvenir à lui soutirer une information essentielle, qui lui permettrait de neutraliser Touffu et ainsi franchir le premier des obstacles se dressant entre lui et la Pierre Philosophale.
Il m'a donc semblé juste, de choisir ce Dragon en particulier.
« Ordonne à tes troupes de partir, Jedusor ! Ne les jette pas inutilement au massacre ! Viens te battre d'homme à homme avec moi sur la plaine au Sud de Pré Au Lard ! Toi et moi, seuls ! » m'exclame-je, le fixant droit dans les yeux.
Salazar se reprend. Il a compris que je ne le grillerai pas. Que je l'aurais fait sans sommation si telle avait été mon intention. Et que je suis trop prudent surtout, pour lui offrir l'opportunité de se réfugier dans mon Réceptacle.
Il fulmine et décoche un tir en réponse.
Alors je riposte immédiatement, envoyant son Maléfice valser au hasard du ciel.
« C'est donc ici, que tu veux te battre ? A ton aise ! » déclare-je, lui balançant de ma main gauche et sans Baguette, un Sortilège qui le désarçonne, bien qu'il soit volontairement faiblard.
Mais enchainant tout aussitôt avec un Stupefix de ma main droite. Avec Baguette, celui-là. Et beaucoup plus puissant.
L'affreux a tout juste le temps d'esquiver mes deux tirs, que j'en jette un troisième déjà.
L'attaquer en force, c'est ce que j'ai décidé de faire. Mais il n'est guère à l'aise pour se battre dans les airs et en bon lâche, il décide de rompre le Combat et Transplane.
Il ne pourra plus le faire bientôt. Par ailleurs, s'il avait l'intention de fuir loin de Poudlard, il n'a pas pu le faire, même si nous avons prévu assez large dans les limites qui l'en empêche.
Et grâce à Norbert, je n'aurai pas grand mal à ratisser toute la zone pour le retrouver.
« Allez, Mimi ! Tu as fait ton petit tour en Dragon, alors retourne au Château, maintenant ! » lance-je, par-dessus mon épaule.
« Il m'a tuée ! Alors je mérite bien de lui flanquer au moins un petit coup de poing sur le nez, tu ne crois pas ? Je te promets qu'après, j'irai aider tes amis dans le Lac ! » réplique Mimi, le ton suppliant.
Je soupire. Elle ne me lâchera pas.
Alors j'acquiesce et nous nous mettons en chasse de Salazar, qui n'a pas senti que dans son dos, Ron a jeté sur l'attache de son Collier, un Sortilège qui me permettra de le localiser où qu'il soit.
Il en sera de même avec Nagini, dont Ron se chargera, quand le serpent se décidera à abandonner les épaules de son Maitre.
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