Disclaimer : cf chapitre 1

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Mille merci à Mistycal, ma super beta !

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Réponse sur mon forum aux commentaires de : - Achevigny -

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Ultimes Sacrifices 2 / 11

Acte 3 : Le Pire Scénario

Luna

L'Alarme sonne depuis trente secondes déjà ! Vite, vite, vite ! Je dois me dépêcher avant qu'il soit trop tard !

Pourquoi donc a-t-il fallu que cette Vision me parvienne si tardivement, alors que j'en ai eu de moins urgentes avant ?

Ouf ! La voilà, je suis dans les temps ! Je vais pouvoir faire ce qu'il faut ! Merci ma bonne étoile !

« Attendez-moi, professeur McGonagall ! » appelle-je, juste avant que celle-ci ne sorte des Passages Internes.

« Miss Lovegood ? Mais que faites-vous donc ici ? Je vous croyais dans la Grande Salle ! » sursaute le professeur McGonagall, en se retournant vivement vers moi.

« Oui, je devais bien rester là-bas. Mais il m'est apparu qu'il me fallait plutôt me joindre à vous, pour aller chercher le professeur Trelawney. » réponds-je, en m'arrêtant auprès d'elle, un peu essoufflée de ma course.

Le professeur McGonagall aussi est essoufflée, de s'être précipitée dans les Passages Internes.

« Oh ! Eh bien s'il vous est apparu que vous deviez venir avec moi, allons-y, Miss Lovegood ! » répond-elle, juste avant que je pose ma main sur son bras, m'excusant parce que je vais passer devant elle.

Elle me retient cependant à son tour alors que j'allais ouvrir, plantant son regard en apparence si sévère dans le mien.

« Qu'avez-vous exactement vu, Luna ? » me demande-t-elle, tandis que je me fais la réflexion qu'elle est vraiment très perspicace.

Car je vois bien dans son regard, derrière son apparente sévérité, que mon geste lui a permis de deviner que je suis venue pour la protéger, que j'ai vu sa mort venir. Et que si jusqu'ici j'ai compté sur les autres pour changer les destins qu'il m'était donné de voir avant l'heure, j'ai décidé d'agir moi-même cette fois.

Parce que c'est ce que je dois faire. Je suis la seule à pouvoir le faire. Non car tout le monde est d'ores et déjà trop occupé pour remplir cette tâche, mais parce que je suis la seule à savoir exactement à quel moment intervenir, à savoir que faire pour empêcher l'horrible massacre des professeurs McGonagall et Trelawney.

Ainsi que celui de beaucoup d'Elèves et Membres de l'Ordre.

« J'ai vu que le professeur Trelawney et vous-même aurez la vie sauve, si je fais ce qu'il faut. » lui réponds-je, la tête un peu penchée sur le côté et avec ce sourire que les personnes qui ne me connaissent pas trouvent étrange et un peu fou.

Etrange, je le suis assurément. Même mon Neville l'admet parfois. Mais folle, non, je ne le suis certainement pas. Bien au contraire, j'ai toute ma raison et je sais toujours exactement ce que je fais et pourquoi je le fais.

Et je sais aussi que le professeur McGonagall a très bien compris cela et qu'elle me fait entièrement confiance. D'ailleurs elle me rend mon sourire. Pas seulement avec ses lèvres, mais aussi avec ses yeux en apparence si sévères.

« Merci, Miss Lovegood. » dit-elle, avant d'effectuer un petit signe qui signifie clairement que nous devons maintenant nous mettre en route.

Alors j'entrouvre le Tableau et je passe ma tête pour jeter un coup d'œil de chaque côté et un Sortilège du côté de la fenêtre. Je savais déjà qu'il n'y aurait personne, mais c'est ce que je devais faire. Je dois respecter à la lettre ce que j'ai vu dans ma Vision, hormis ce qui sauvera la vie du professeur et d'autres.

C'est la seule chose qui doit être changée.

Le professeur McGonagall et moi-même avançons très vite et le plus silencieusement possible dans le couloir et nous atteignons la Tour Nord en moins d'une minute, puis nous grimpons vivement l'échelle menant chez le professeur Trelawney. Nous traversons sa classe et entrons dans son Appartement. Le seul de tout Poudlard dans lequel il n'y a pas d'accès aux Passages Internes, car il est situé beaucoup trop haut, au-dessus du toit principal.

Je laisse le professeur chercher et trouver Sybille Trelawney, tapie au fond d'une armoire de sa chambre avec ses Cartes de Tarots étalées autour d'elle. Elle sanglote terriblement, car elle aussi a vu la mort venir pour elle, dans ses Cartes.

« Voyons, Sybille ! Reprenez-vous ! Miss Lovegood qui est une Voyante bien plus douée que vous, a vu qu'il n'y a aucun danger pour nous ! » s'exclame le professeur McGonagall.

Elle a sciemment menti pour tâcher de la rassurer. Ce que j'ai vu, c'est qu'elles mourraient toutes les deux et que je serais gravement blessée, si je ne fais pas ce qu'il faut pour changer cela. Mais je ne rectifie pas. Le professeur Trelawney est assez effrayée comme ça. Je me contente donc de sourire et de hocher la tête pour confirmer.

Ce n'est qu'un tout petit mensonge et il nous sera aisément pardonné, n'est-ce pas ?

Le professeur Trelawney se fait encore un peu prier, avant d'accepter de nous suivre. Elle serre son châle autour de ses épaules et sa Baguette dans sa main tremblante, avançant en retenant les flots de larmes qui lui brûlent les yeux. Elle ira mieux tout à l'heure, quand elle sera sauvée. Elle trouvera même son courage et se battra pour refouler l'ennemi hors de l'Ecole, qui est sa maison depuis si longtemps.

Les bruits de la Bataille sont déjà terribles et ça sent horriblement mauvais. Mais je n'y prends pas garde. Ce n'est pas cela qui doit retenir mon attention.

Je devance mes professeures sur le chemin de retour vers les Passages Internes, les menant à vive allure. Une horloge qui est toujours en retard sonne 19H00 et je suis moitié soulagée, moitié angoissée. Car nous sommes exactement au même endroit que dans ma Vision, lorsqu'elle le fait. Encore quelques mètres et nous arriverons devant l'entrée du Passage et alors, de moi seule dépendra le destin de très nombreuses personnes.

Mon cœur bat très fort et j'ouvre le Passage que le Chevalier au Catogan a déserté, pour aller se poster auprès de la Grosse Dame qui protège l'entrée de Gryffondor, afin de l'encourager à tenir bon à sa place et ne laisser passer que les nôtres.

« Allez-y, professeurs. » invite-je, le cœur battant.

Voilà le moment où je dois faire ce qu'il faut sans flancher. Un bruit feutré et je me retourne vivement, jetant à pleine puissance le Sortilège qui va sauver mes professeures d'un horrible massacre et m'éviter d'être gravement torturée.

Piers Taylor, qui est parvenu à échapper à la riposte de mes amis à proximité du Club d'Astronomie et cherchait à rallier un autre groupe, observait avec intérêt notre départ, depuis le bout du couloir par lequel il vient d'arriver. Il s'apprêtait à me tirer dans le dos comme dans ma Vision, mais sous la force de mon Sortilège il valse en arrière, percutant violemment la fenêtre derrière lui. Celle-ci ne résiste pas à la violence du choc, car je l'ai fragilisée tout à l'heure. Elle cède sous son poids décuplé par la force de sa vitesse de percussion et Taylor s'envole maintenant dans les airs, à la rencontre d'un Avada Kedavra jeté par un Mangemort, qui attaque depuis le ciel.

Je répare rapidement la fenêtre avant que des Détraqueurs s'engouffrent dans l'ouverture, la renforce de Volets Magiques et jette une Illusion afin qu'ils ne me voient pas entrer dans les Passages Internes.

Ma main est tremblante.

Je n'aime pas avoir dû tuer Taylor. Cela va me hanter jusqu'à la fin de mes jours, je le sais. Mais c'est ce que je devais faire.

Car si je m'étais contentée de le Stupefixer au lieu de l'expulser ainsi vers la mort, Taylor serait parvenu à s'échapper, lorsque nous allons rencontrer nos prochains adversaires. Or, maintenant que les Protections de Poudlard sont tombées, n'importe qui trouvant une entrée peut s'aventurer dans les Passages Internes.

Et Taylor en aurait profité bien sûr, nous retrouvant un peu plus tard sur son chemin, surgissant devant nous avec des Mangemorts de sa connaissance. Mes amis du Comité et du groupement de Défense, ainsi que les professeures McGonagall et Trelawney auraient été horriblement torturés avant d'être tués et j'aurais été horriblement brûlée aux mains, au visage et à la poitrine, avant d'être laissée pour morte. Je n'aurais plus pu faire de Magie à cause de cela. Car j'aurais perdu mon Portoloin dans la Bataille et les secours auraient été trop tardifs pour me permettre de garder mes mains.

Alors oui, j'ai fait ce que je devais faire. Taylor devait mourir afin que mes amis et mes Professeures survivent. Et bien d'autres aussi survivront grâce à sa mort. Car il aurait ensuite attaqués et tués plusieurs autres de mes amis, de nombreux élèves et Membres de l'Ordre, avant d'être tué à son tour.

Il est mort à présent. Il ne fera donc du mal à personne désormais. Et moi, je vais pouvoir aider tous ceux qui vont avoir besoin moi avant la fin de cette terrible Bataille.

Oui. Parce que j'ai tué Taylor, je vais pouvoir contribuer à sauver de nombreuses vies.

Contribuer à la sauvegarde de Magie Mère.

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Justin Finch-Fletchley

Les troupes de Voldemort ne sont pas passées par l'extrême Nord de la Forêt.

Je redescends donc à toute vitesse sous ma forme de Guépard, afin d'évaluer ce qu'il en est de l'avancée de celles qui ont franchi la ligne de défense où était posté Sirius, avant qu'il rejoigne la Ferme Pédagogique.

Je comprends que nos ennemis continuent de progresser à pied, quand ils pourraient pourtant Transplaner jusqu'à l'orée de la Forêt. Avec le nombre insensé de FeuxFous et Dragons de Feu qui parcourent le ciel, il y a de quoi avoir la trouille de se faire griller au passage ou à l'atterrissage.

Ils doivent aussi avoir compris maintenant que Harry n'a pas menti, que d'autres pièges les attendent dans le Parc et qu'ils ont donc tout intérêt à évaluer leurs chances, avant de sortir du couvert des arbres.

Dommage en revanche, qu'ils n'aient pas écouté son conseil et n'aient pas décidé de laisser Voldemort se débrouiller seul avec lui.

Merde ! Ça y est, je les vois. Ils sont accompagnés d'une bonne trentaine de Trolls et ne sont plus en ligne. Ils ont constitué des groupes qui avancent très vite, en jetant devant eux des Sortilèges pour sonder le passage, examinant bien les branches des arbres.

La peur de se retrouver encore une fois aux prises avec des Acromentulas assurément.

Un Lutin d'Ecosse se présente devant mon nez. Je le regarde droit dans les yeux pour lui indiquer le message à faire passer à Hermione. Il ferme ensuite les siens et quelques secondes plus tard, il me transmet une réponse par télépathie.

Bien pratique, ce circuit d'information ! Ça m'évite d'avoir à reprendre forme humaine pour utiliser mon Bracelet, au risque de me faire repérer.

J'indique au Lutin que nous allons encore avancer et il s'accroche aussi sec à ma patte avant. Alors je me mets en train, progressant prudemment derrière la ligne des groupes ennemis, en tâchant d'évaluer leur nombre approximatif. Au plus précisément qu'il m'est possible.

Mais soudainement, le vent se lève dans de rapides courants d'air qui font chanter les feuilles en un bruissement un peu sifflant. Puis la terre tremble et les groupes de Mangemorts les plus proches de moi s'arrêtent net, regardant de tous côtés. Ils ne sont pas fiers les cocos. Ils se demandent ce qu'il se passe encore. Moi je le sais. Et je reste soigneusement tapi derrière un bouquet de végétation foisonnante, dans l'attente de ce qui va se produire.

Les herbes se redressent, toute la Forêt Interdite frémit et subitement, des arbres prennent vie dans des craquements secs et des gémissements coléreux. Ils courbent brusquement leur cime, leurs branches tendues vers les Mangemorts, pour les agripper vivement et les ramener vers eux.

Ça crie, ça hurle de tous les côtés. Aussi bien ceux qui sont pris par les arbres, que ceux qui ne le sont pas et cherchent à se carapater, gênés dans leur fuite par des ronces qui s'agrippent à leurs chevilles, les font trébucher, s'affaler violemment sur le sol où des touffes d'herbes hautes viennent s'enrouler autour de leurs membres et de leur gorge, dans une poigne de fer qui les retient prisonniers.

Ceux qui restent miraculeusement libres cherchent à filer sur les côtés, comprenant tout aussi sec que cette issue n'est pas la bonne, car une volée de flèches les stoppe nette lorsqu'elles se fichent au sol à leurs pieds.

« Partez ! Rompez le combat ! Faites demi-tour ou Transplanez hors des limites de Poudlard ! Tout le terrain est piégé et nous ne vous laisserons pas passer ! Alors partez ! » s'exclame la voix d'un Membre de l'Ordre que je ne reconnais pas, amplifiée par Sonorus.

« Jamais ! On va tous vous massacrer ! Bande de traîtres à leur sang ! On va vous massacrer tous autant que vous êtes ! A l'attaque ! » répond la voix gutturale de l'un des Mangemorts, jetant un Avada Kedavra dans la direction d'où semblait venir la voix.

« A l'attaque ! » hurle en écho un autre, se jetant en avant suivi de tous les autres Mangemorts encore libres de leurs mouvements, leurs Maléfices fusant à l'aveuglette.

C'est la riposte immédiate. Flèches et Sortilèges venant de toutes parts. Les arbres, les ronces, les herbes hautes se mêlant farouchement au Combat pour gêner l'avancée de l'ennemi. Même un Gitrash rejoint notre lutte, se jetant sur les Mangemorts pour les faire tomber dans les buissons qui les agrippent aussitôt.

Alors les Mangemorts qui ne tombent pas sous la riposte, finissent par Transplaner.

Je ne sais pas où ils ont choisi d'aller. J'espère de toutes mes forces qu'ils sont partis et que nous ne les reverrons pas.

« Capitulez, rendez-vous ! On vous laissera quitter Poudlard, si vous décidez d'abandonner le combat ! » s'exclame la voix du même Membre de l'Ordre que tantôt, à l'intention des prisonniers.

« Jamais ! Jamais ! On est là pour vous massacrer ! Vous massacrer tous ! » répond l'un des Mangemorts en se débattant furieusement entre les branches d'un arbre qui le retient contre son gré.

« A mort, les Traites à leur sang ! A mort ! » s'écrie un autre, se démenant tout aussi furieusement pour tâcher d'échapper à l'emprise des branches d'arbres sur son corps.

Et tous les autres prisonniers de la végétation qui les enveloppe étroitement se fait écho de ses cris de haine et de rage. Ruant, regimbant à toutes forces, pour échapper aux arbres, aux ronces, aux buissons et aux herbes hautes.

Et c'est avec horreur, que je vois soudainement les ronces, buissons et herbes hautes resserrer leurs prises sur les membres et les gorges, s'insinuer dans les narines et les bouches, pour étouffer les cris. Pour étouffer la vie de ces Mangemorts haineux dont les derniers soubresauts de vie sont étroitement étreints.

A quelques pas devant moi, une Nymphe cerne de ses bras un Mangemort ramené vers elle par les branches d'un chêne. Il hurle de terreur derrière son masque, tandis qu'elle l'entraine à l'intérieur du tronc, dans lequel ses cris sont bientôt assourdis, puis s'éteignent.

Alors la Nymphe sort du tronc et elle salue le chêne. Et je la suis des yeux, tandis qu'elle s'en va rejoindre ses sœurs et frères, qui ont fait tout comme elle.

Je me rends compte alors que la terre a cessé de trembler, les arbres de gémir et craquer. Il n'y a plus un seul prisonnier dans les branches qui se redressent, reprenant place dans un frissonnement bref. Un silence de plomb est tombé d'un seul coup par ici.

Si lourd. Si grave.

Je reprends forme humaine, le cœur et la gorge serrés par l'effroi, le regard fixé sur les Nymphes, me demandant pourquoi elles ont entrainé les Mangemorts à l'intérieur des arbres. Pourquoi elles les ont étouffés avec les herbes, buissons et ronces, quand elles devaient simplement les retenir prisonniers au plus longtemps possible.

« Leurs cœurs étaient si sombres et leurs intentions si monstrueuses, que leur contact nous brûlait ! Nous n'aurions pu les retenir bien longtemps avant de mourir sous cette brûlure ! Et à peine délivrés, ils auraient incendié toute la Forêt en représailles, avant d'aller massacrer des vaillants cœurs qui les combattent à Poudlard ! Alors les arbres ont sacrifié leur vie, pour sauver tous les autres, nous sauver tous ! » me dit l'une d'entre elles, de sa voix douce et chantante.

Son beau visage ruisselle de larmes infiniment tristes. Il en est de même de ses sœurs et frères. Et mon cœur s'étreint davantage encore, lorsque mon regard court sur les arbres séculaires qui m'entourent.

« Oui, ton cœur a bien compris, jeune Humain. Ces si majestueux arbres millénaires vont mourir. Désormais plus aucun arbre ne pourra pousser là où ceux-ci sont morts. Une nouvelle clairière va donc naitre et à jamais nous honorerons leur mémoire. » me dit une autre Nymphe, avant de partir à la suite de ses frères et sœurs, d'un pas rapide et silencieux.

Malgré l'effrayant bruit de la Bataille qui me parvient clairement, ici sous ces arbres qui ont sacrifié leur vie, j'ai le sentiment que le silence se fait plus lourd encore après le départ des Nymphes.

C'est parce que je suis dans un cimetière, réalise-je, lorsque mes yeux effleurent non seulement les arbres mourant, mais également les cadavres qui jonchent le sol, parmi lesquels je reconnais Robert Ramsey et Desmond Rickers.

Des anciens de cinquième année de Serpentard. Ils n'avaient que quinze ou seize ans, putain !

Comment Voldemort a-t-il pu les marquer et les emmener se faire massacrer dans cette Bataille ? Quel monstrueux salopard !

Je frissonne, le bide tordu, le cœur broyé.

Il faut que je parte d'ici ! Je dois rejoindre mes amis, me battre avec eux maintenant !

Dernier coup d'œil à la ronde sur les arbres séculaires qui se meurent désormais, murmurant un merci qui me semble dérisoire au regard de leur sacrifice. Et je décide de reprendre ma forme de Guépard, pour rejoindre plus rapidement mes amis, mes frères et sœurs d'armes. Je veux combattre à leurs côtés. Faire en sorte que cette fichue Bataille se termine au plus vite. Et avec le moins de morts possible des deux côtés.

Je n'ai cependant pas le temps de me Métamorphoser, car un Mangemort surgit brusquement devant moi.

Une Mangemorte dois-je plutôt dire, à voir ses formes. Elle a dû rester coite, brider sa rage, sa haine et faire la morte en attendant l'heure propice pour se sauver.

« Justin Finch-Fletchley ! Tu ne t'en sortiras pas, maintenant que ces saloperies de Nymphes et de Centaures sont partis ! » s'exclame-t-elle, pointant sa Baguette droit sur moi et main gauche crispée sur sa cuisse droite, dans laquelle est fichée une flèche.

Cordelia Corbin !, reconnais-je à la voix.

La sueur me dégouline dans le dos. Aurais-je le temps de tirer ma Baguette pour défendre ma vie face à cette garce ?, me demande-je, lorsqu'un furtif mouvement dans l'arbre sous lequel se tient Corbin attire mon attention.

Soulagement. Je ne suis pas aussi seul que je le pensais par ici. Je vais bénéficier d'un coup de pouce, d'une distraction qui va me permettre de neutraliser mon adversaire.

« Je vais me faire un immense plaisir de te torturer à mort, Finch-Fletchley ! » poursuit Corbin, d'un ton qui transpire la cruauté et la haine.

« Je n'en serais pas aussi sûr, à ta place, Cordelia Corbin ! Tu ferais bien mieux de jeter ta Baguette et de te rendre. » réponds-je avec un calme qui me surprend moi-même, effectuant un rapide signe de tête pour lui indiquer de regarder au-dessus d'elle.

« Si tu crois m'avoir avec cette minable ruse, tu te trom… » réplique Corbin, avant de s'interrompre dans un grand cri.

Le Gitrash a bondi vers elle pour la déséquilibrer, puis des dizaines et des dizaines de Farfadets et de Lutins lui sont tombés dessus. Et elle a beau se débattre comme une diablesse, les Farfadets la hissent en un clin d'œil jusqu'à la plus basse branche de l'arbre sous lequel elle se tenait, y nouant tout aussi vite ses cheveux, tandis que les Lutins lui jettent vivement et férocement, leurs petits Sortilèges terriblement dangereux et douloureux sur le visage, la poitrine, les bras, les mains, les épaules et le dos.

Ce brusque acharnement me donne la nausée, envie de vomir tripes et boyaux. Je suis surpris également par autant de violence et de sauvagerie de leur part. Je pensais sincèrement qu'ils allaient juste la surprendre, la déstabiliser pour me laisser le temps de la désarmer.

« Ça suffit ! » m'exclame-je donc, par-dessus les hurlements d'atroce douleur de Corbin, lorsque ma surprise horrifiée ne m'interdit plus ma voix.

« Hooky, tchooky yah ! Stop ! Le Chef Guépard a parlé ! Laissons là ! Elle a son compte de toute façon et les Acromentulas viendront la chercher ! » entends-je l'un des Lutins crier aux autres.

Ils obéissent instantanément.

« Ne la laissez pas accrochée dans l'arbre, s'il vous plait ! Ce serait se rabaisser au niveau de nos ennemis ! » déclare-je aussi sec, aux petites Créatures qui amorçaient déjà leur départ précipité.

Elles stoppent net, m'observant un bref instant avec surprise, puis le Lutin qui semble être leur Chef hoche la tête positivement. Alors les cheveux de Corbin sont vivement coupés et elle est allongée au sol. Et, hormis celui qui me reste attaché, tous les Lutins et Farfadets s'éparpillent vivement dans la Forêt.

Je me précipité aussitôt vers Cordelia Corbin, auprès de laquelle il ne reste plus que le Gitrash qui semble décidé à monter la garde auprès d'elle.

L'acharnement des Lutins et Farfadets n'a pas duré plus de deux ou trois secondes, mais Cordelia Corbin est horrible à voir. Elle a perdu son masque lorsque les Lutins et Farfadets lui sont tombés dessus. Ils étaient si nombreux à le faire, à s'attaquer à elle avec sauvagerie, qu'elle est gravement, très gravement brûlée.

Tellement gravement, que son visage tout boursoufflé de cloques, présente carrément des petites plaques de peau carbonisée sur ses joues. Son nez, ses lèvres et ses oreilles semblent avoir fondu, comme de la cire soumise à la chaleur d'une flamme. Ses yeux sont cuits et sortent à demi de ses orbites. Sa robe est à demi arrachée et je constate nettement que son cou, sa poitrine, ses bras, ses épaules et son dos ont salement morflé aussi.

Quant à ses mains, elles sont totalement carbonisées ou peu s'en faut.

Corbin gémit de douleur et ses membres tremblent convulsivement. Je m'agenouille auprès d'elle et je l'endors pour lui épargner cette souffrance atroce, puis je jette un Sortilège de Diagnostic, comprenant tout de suite qu'elle ne survivra pas longtemps, même avec les soins du meilleur des experts.

Il ne faut vraiment pas se faire des ennemis des Lutins d'Ecosse !, me dis-je, une nouvelle fois le cœur au bord des lèvres et mon estomac complètement retourné jouant au yoyo dans mon œsophage.

Et je décide d'appeler un Elfe de maison, afin qu'il l'emmène à l'Hôpital de Secours. Car Cordelia Corbin est une putain de sacrée garce, c'est vrai. Mais ce n'est pas une raison pour la laisser mourir là, au milieu des cadavres des Mangemorts qui ont été étouffés par les herbes, buissons et ronces, transpercés de flèches ou encore tués par leurs propres Maléfices de Mort.

Ce ne serait pas humain. Ce ne serait pas digne.

Je viens de vivre un véritable cauchemar, me dis-je, quand l'Elfe est reparti avec Corbin.

Un cauchemar qui me poursuivra durant toute ma vie, toutes les nuits.

Et qui n'est pas fini non plus pour ce soir, c'est sûr.

Non. Ce n'est pas fini. Le pire de ce cauchemar est certainement encore à venir.

Et il ne finira pas avant que cette Bataille prenne fin.

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Adrian Pucey

C'est terrible, d'entendre les horribles bruits de la Bataille qui fait déjà rage au-dessus de l'Ecole, du côté de la Grille, du Lac ou dans la Forêt Interdite, et de rester là, à attendre que l'ennemi arrive.

Depuis l'étable dont les vaches ont été évacuées en fin d'après-midi, je vois un peu du Terrain de Quidditch et ça se bat violemment aussi par-là. Mes mains sont moites, mon cœur cogne la chamade à grand coups. J'ai le trouillomètre à zéro, mais aussi une terrible envie d'aller aider les copains qui morflent salement là-bas.

Cependant ma place est ici et je me battrai comme un lion pour défendre la Ferme Pédagogique qui fait mon bonheur et celui de Maman.

Jamais je n'aurais pensé que cela me plairait autant d'être ici et de travailler dans une Ferme Pédagogique. Mais c'est un fait que j'y suis heureux et je veux que ça continue comme ça.

« Préparez-vous ! Bellatrix arrive en force avec une jolie troupe d'une bonne cent cinquantaine de Baguettes, quatre douzaines de Vampires, autant de Harpies et au moins trente Trolls ! Ils seront sur nous dans une minute au plus ! » s'exclame soudainement Remus, avant de remercier le Lutin d'Ecosse qui vient de lui donner cette information, puis de lui ordonner d'aller se planquer où il peut.

Je compte mentalement les secondes dans ma tête, l'œil rivé sur la lisière de la Forêt qui se trouve à cinquante pas. La lueur des Dragons de Feu et des centaines de FeuxFous qui empêchent les Détraqueurs de fondre sur nous est réfléchie par la Barrière des Elfes. Elle me permet donc bientôt de distinguer parmi les arbres, des ombres qui se meuvent rapidement vers nous.

Voilà l'ennemi. Et cette fois j'y suis. Ça passe ou ça casse.

Je serre la main de Maman, qui a tenu à rester et combattre nos ennemis elle aussi, malgré mes supplications. Je voulais qu'elle aille donner la main à l'Hôpital, mais elle a catégoriquement refusé, se jugeant bien meilleure combattante qu'Infirmière.

« Partez ! Le terrain est piégé, vous ne passerez pas ! Quittez Poudlard ! C'est votre seule chance de survie ! » s'exclame Remus, la voix amplifiée d'un Sonorus, lorsque l'ennemi est sur le point de franchir la lisière de la Forêt Interdite.

« A l'assaut ! Massacrez-les tous ! » réplique aussitôt Bellatrix Lestrange, d'un ton déterminé et cruel, jubilatoire.

La moitié de ses effectifs s'envole aussitôt afin de nous attaquer depuis les airs, restant prudemment loin sous les FeuxFous, tandis que les autres accourent vers nous, jetant Maléfices et Avada Kedavra à tours de bras, en se fichant pas mal que des Mines Caméléon emprisonnent très vite une partie d'entre eux.

Et je riposte aussitôt, comme Maman et tous les autres Membres de l'Ordre qui ont pris position dans les bâtiments de la Ferme. Me contentant dans un premier temps de détourner les Maléfices et de Stupefixer l'ennemi. Mais je me rends vite compte que je ne peux pas me permettre ça.

Non, je ne peux pas me le permettre. Nos ennemis sont beaucoup plus nombreux que nous. Il en dégorge de nouveau de nombreux de la Forêt. Et ils sont ici pour nous tuer, nous massacrer. Si nous ne les tuons pas nous aussi, alors aucun d'entre nous ne survivra à cette épouvantable Bataille.

Aucun.

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Gabe

Le Duel d'Eddy et Benson a aussitôt engagé le nôtre, avec les trois autres sagouins.

Ça pète sec. Ces enfoirés nous balancent des Maléfices vachards. Et M'sieur Rusard ne sera pas content, quand il verra dans quel état on est en train de mettre le Grand Hall et le couloir, qu'il a briqués ce matin même.

En moins d'une minute, au moins cinq dalles du sol sont ébréchées, les murs présentent quelques impacts noirâtres, les Grands-Portes des éraflures sévères et à leur grand scandale, trois des Portraits sont déjà salement lacérés. Ils ne cessent donc d'insulter les Ânes Bâtés, nous encourageant Ben, Hugh, Eddy et moi-même, à leur flanquer une belle rouste.

Et voilà en plus, que la Statue du célèbre astronome John Flamsteed, vient de perdre la tête.

Ceci dit, je préfère que ce soit la sienne, plutôt que la mienne. Et au moins, nous on avance, tandis que les Ânes Bâtés reculent pas à pas vers le Hall sous notre force de frappe. Leur rage augmente, ça se voit sur leurs sales gueules. Ils ont compris qu'ils n'auront pas le dessus.

Dawson, mon adversaire, a les yeux qui roulent à toute allure d'un côté et d'autre. Il cherche une échappatoire. Mais il peut toujours espérer, je ne lui en laisserai aucune. Je balance un quatrième Stupefix, à pleine puissance cette fois, dont il aura bien du mal à se défaire, je vous le promets. Il s'en rend compte, jetant la purée lui aussi pour tâcher de me renvoyer mon Sortilège, mais dans un geste totalement imprécis et me ratant d'au moins un mètre.

Ça ne m'étonne pas, tiens ! Ce maladroit raterait une vache même dans l'étroit couloir du sixième, dans lequel on ne peut pourtant circuler qu'en file indienne !

En revanche il ne rate pas le Buste d'Anthemios, mathématicien et architecte byzantin, vers 474-532, selon les Moldus. Et Arithmancien de la même époque, mais sur une période bien plus longue, chez les Sorciers.

Et cette fois c'est moi, qui suis con. Au lieu de laisser cette chose voler n'importe où pour neutraliser Dawson d'un bête Sortilège du Saucisson, j'aurais mieux fait de la lui renvoyer à la gueule. Parce qu'elle explose à demi une fenêtre à ma gauche.

Alors bien sûr le froid s'insinue aussi sec jusque dans mes os, faisant trembler ma Baguette dans ma main. Mais ce n'est pas le pire croyez-moi bien. Car le pire, c'est que depuis là-haut dans le ciel, des Mangemorts ont repéré l'ouverture et ils engagent illico des Détraqueurs à fondre sur nous.

Merde ! Cette fois on est vraiment dans le pire scénario possible ! Chiotte de chiotte ! Quelle sacrée connerie j'ai fait ! Ça va drôlement compliquer l'évacuation des gosses ça !

« On s'casse ! » m'écrie-je, jetant un Patronus par la fenêtre à moitié éventrée.

Pas la peine d'essayer de la réparer ! Maintenant qu'elle est fragilisée et que nous sommes repérés, les Mangemorts la feront voler illico presto !

Alors je choppe Eddy au passage, pour l'empêcher de courir derrière Benson qui a entrepris de monter le Grand Escalier quatre à quatre, puis je déploie les Filets qui protègeront l'accès au couloir de la Grande Salle et du Grand Escalier, tandis que Hugh et Ben foncent droit devant, bousculant Gibbon et Jugson, maintenant figés et yeux écarquillés de terreur, au milieu du Grand Hall.

« Récupérez votre comparse et suivez-nous si vous voulez avoir la vie sauve ! » s'exclame Hugh, par-dessus son épaule.

En même temps il actionne une fusée qu'il jette en l'air et les FeuxFous explosent avant même d'amorcer la redescente. J'en fais autant, pendant que Ben et Eddy balancent tous deux leur Patronus par-dessus leur épaule. Puis passé la limite du Grand Hall, nous nous arrêtons net et faisons volte-face.

« Putain ! Mais bougez-vous ! Venez nous rejoindre ! » m'écrie-je, en direction de Jugson et Gibbon, jetant un Finite Incantatem sur Dawson pour annuler mon Sortilège du Saucisson.

Putain ! Ces cons ne bougent pas d'un poil !

« Mais qu'est-ce que vous foutez ! Venez par ici ! » s'écrie Ben, regardant tout comme moi d'un air atterré les Ânes Bâtés chercher fébrilement quelque chose dans leur poche au lieu de se bouger.

Et quoi que ce soit, ils n'auront pas le temps de le sortir. Car malgré les FeuxFous qui les attaquent bon train, des Détraqueurs seront sur eux dans moins d'une seconde. Alors je jette un Patronus encore, espérant ainsi donner assez de temps aux Ânes Bâtés de se carapater au lieu de fouiller leurs poches.

Mais les Détraqueurs sont bien trop nombreux. Mon Patronus ne peut tous les repousser. Pas plus que ceux de mes amis. Et déjà un Détraqueur agrippe Jugson qui hurle de terreur.

« Trop tard, pour eux, Gabe. » murmure Ben d'une voix blanche, posant une main sur mon épaule avant d'ajouter : « Faut transplaner de l'autre côté pour protéger l'évacuation des gamins. Nous tiendrons les Détraqueurs au plus longtemps possible loin des Filets de ce côté-là. Au moins assez de temps, pour que les gosses soient tous à l'abri avant que les Filets cèdent. »

« Ok ! » approuve-je dans un souffle, le bide tordu.

Je déclenche le Filet qui protègera le couloir des Poufsouffles, détournant aussi vite les yeux d'une main qui traine à terre, ouverte sur un badge que je n'ai pas le temps d'identifier avant qu'il disparaisse sous la robe noire déchirée d'un Détraqueur.

Jugson, Gibbon et Dawson sont noyés dans la masse, à présent. Leur Âme est bouffée. Leur Esprit coincé dans un corps inerte qui ne pourra plus survivre bien longtemps, même si on en prend grand soin.

Bref, leur sort actuel est pire que la mort.

Si seulement ils nous avaient suivis, ces cons !

OoOoOoO

Hannah Abbot

Nom de nom ! Le pire des scénarii est en train de se produire !

Cinquante mètres, c'est tout ce qui manquait pour arriver au Club d'Echec lorsque l'Alerte s'est mise à sonner. Alors nous voilà maintenant coincés par les Ânes Bâtés dans les escaliers, avec des gosses qui hurlent et d'autres qui défaillent à cause des Détraqueurs qui ont déferlé dans le Ciel de Poudlard.

Nous les protégeons du mieux que nous pouvons de nos corps et de Bulles de Protections, mais ces immondes Ânes Bâtés nous ont pris en tenailles et n'y vont pas de main morte avec leurs Maléfices. Alors je ne sais pas si nous pourrons nous en sortir. Car nous ne sommes pas assez à savoir Transplaner pour emmener tous les gosses en même temps. Les gamins sont trop affolés pour prendre un Portoloin en toute sécurité. Et il n'est de toute façon pas prudent d'en prendre un sans savoir ce qui nous attend à l'arrivée.

« Attention Hannah ! A droite ! » s'exclame Loo Lin, la seule gamine à garder un calme relatif.

Elle accroche mon poignet, le faisant dévier vers la droite, alors que j'allais Stupefixer cette punaise de Marietta Edgecombe et je suis obligée de baisser la tête, non seulement pour éviter de me prendre son Maléfice en pleine figure, mais aussi celui de cette teigne de Laura Koch.

Et naturellement mon Stupefix se perd, fracassant la rampe en contrebas.

« Merci du renseignement Loo Lin ! Mais la prochaine fois évite de t'agripper ainsi à mon bras ! Utilise plutôt ta propre Baguette ! » déclare-je, avec fermeté, en jetant un nouveau Stupefix qui envoie cette fois Koch au tapis.

Puis je me retourne vivement vers Edgecombe, la ratant d'un cheveu car Loo Lin m'a un peu bousculée, dans son geste vivement enthousiaste pour tirer sa Baguette de sa manche.

Je réitère donc vite fait mon Sortilège et Edgecombe finit par s'esquiver sous la puissance et la rapidité de mon attaque contre elle. Nous la retrouverons sans doute un peu plus loin. Mais peu importe pour l'heure, ce qui compte c'est que la situation s'éclaircit par ici.

« Petrificus Totalus ! » hurle Loo Lin, m'écorchant à demi l'oreille, avant de s'exclamer : « J'ai eu cette andouille d'Annibal Chester ! Je l'ai eu ! »

Et elle se lève, sautant de joie et, par la même occasion sortant à demi de la Bulle de Protection que j'ai dressée autour de nous. Elle est donc aussitôt frappée par un Maléfice de Lacération qui la blesse profondément au visage.

« Soigne vite la joue de Loo Lin, avant que ça ne s'aggrave, Demelza ! » ordonne-je, tout en visant ce cancrelat d'Amos Fuller qui a blessé Loo Lin, l'envoyant valser en contrebas de l'Escalier, dont la partie se déplace aussitôt, pour l'emmener loin de nous.

Et dans la foulée, je Stupefixe également Olivia Flamstead, avant qu'elle ne jette vers nous un énième Maléfice Eclate tête, qu'elle prise beaucoup.

« C'est clair en haut, alors en route les mômes ! On se retranche dans la première Salle venue ! » ordonne soudainement Ethan Mongomery.

Tout le monde obéit au doigt et à l'œil, tandis qu'Ethan et moi-même couvrons la fuite des enfants, remontant à reculons tout en canardant à droite et à gauche. Et lorsque nous sommes enfin arrivés, nous barricadons solidement la porte avec les Sortilèges les plus puissants que nous connaissons.

« Les Portoloins, Hannah ! Il faut partir d'ici sans tarder ! Demande le feu vert d'urgence ! » souffle Ethan, en dirigeant sa Baguette vers son bras gauche afin de soigner une vilaine brûlure.

Je hoche la tête et sors mon petit sac de Portoloins ainsi que mon Miroir de Communication, pour me mettre en relation avec le QG et demander si je peux tout de suite envoyer les enfants à Gryffondor.

Mon appel reste sourd cependant. Et cela m'inquiète vivement, car de violents coups ébranlent déjà la porte de la petite Salle d'Etudes où nous avons trouvé refuge. Nous ne pouvons partir sans avoir obtenu le feu vert cependant. Ce serait dangereux. Non que je doute que mes amis de Gryffondor aient neutralisé les Ânes Bâtés aux abords de leur Salle Commune, les empêchant ainsi de prendre possession des lieux. Mais des Mangemorts peuvent déjà aussi avoir assailli la Tour Gryffondor depuis l'extérieur.

Je ne laisse cependant rien voir de mon inquiétude et pendant qu'Ethan soigne Wayne qui semble salement touché, qu'Alfred tâche de rassurer les autres enfants, que Demelza s'occupe des petits bobos et les autres de dresser des barricades pour nous protéger si la porte cède, je vais voir Loo Lin afin de vérifier l'état de sa blessure.

« Comment ça va, Loo Lin ? » demande-je, avec douceur, tout en soulevant avec précaution son pansement imprégné d'Onguent Cicatrisant.

Demelza a fait du très bon travail. Il ne reste qu'une fine cicatrice un peu rouge encore. Mais je ne doute pas que d'ici quelques heures elle ne sera plus qu'une ligne blanche à peine perceptible.

« Je m'en fiche d'avoir une cicatrice ! Je suis très fière de ma blessure de guerre ! Et j'ai eu Annibal Chester alors qu'il est en quatrième année ! Alors je suis aussi très contente de moi ! » s'exclame Loo Lin, redressant fièrement le menton, avant de prendre ma main et d'ajouter, d'un ton beaucoup plus confidentiel : « Il a raison, Oliver. Malgré tes cicatrices sur la joue, tu es très belle, Hannah. Et je suis heureuse de te ressembler un peu désormais. »

Elle est totalement sincère et cela m'émeut. Alors je la serre contre moi, puis lui embrasse le bout du nez.

« Ici Karen ! A toi Hannah ! » s'exclame au même moment une voix dans le Miroir.

Je le porte rapidement à hauteur de mes yeux. Deux secondes plus tard nous avons le feu vert pour emmener les enfants dans la Salle Commune de Gryffondor et on nous signale aussi, qu'on a besoin d'aide de toute urgence au Club de Bavboules.

Bien que je sois soulagée que nous puissions évacuer les enfants via Gryffondor, je suis également vivement inquiète pour les défenseurs du Club de Bavboules et je répercute aussitôt la demande de renfort vers mes amis. Tous ceux qui le peuvent répondent à l'appel, tandis que je m'occupe de l'évacuation.

Il n'est pas besoin de fabriquer d'autres Portoloins, puisque j'en avais déjà confectionnés cet après-midi et je me dépêche de rassembler les enfants autour de moi, puis d'activer le mot de passe qui emmène les trois groupes dans la Salle Commune de Gryffondor.

« Wayne est parti se faire soigner chez Tatie sur mon ordre, mais où sont Felice, Alfred, Walter et Matt ? » demande Ethan, lorsque les derniers enfants dont nous avions la charge sont enfin dans le Passage Secret menant chez Nally.

Loo Lin en tête de troupe auprès de Camilla Faucett qui va les guider sur le chemin.

« Tu n'as donc pas entendu ? Ils sont partis dès que nous avons eu le feu vert pour venir ici, afin de donner un coup de main au Club de Bavboules. » réponds-je, avec vivacité.

« Non, je n'ai pas entendu. Trop concentré sur la blessure de Wayne sans doute. » répond Ethan, qui a la mine soucieuse.

« Grave ? » demande-je, gagnée par son inquiétude.

« Une vacherie qui l'aurait eu à l'usure. Les Parkinson ont transmis leur savoir en matière de Magie Noire, Hannah. Et Wayne est incapable de dire qui l'a touché. Alors je vais prévenir tout le monde qu'à la moindre sensation d'engourdissement, il faudra aller voir Richard, Mondingus ou Augustus à l'Hôpital, de toute urgence. Entre ça et les Maléfices Eclate-Tête dont ces salauds d'Ânes Bâtés usent à tour de bras, nous avons intérêt à bien protéger nos miches. Sans compter que Chomski est sûrement quelque part, lui aussi. » répond Ethan, qui compose déjà un message d'alerte générale sur son Bracelet de Communication.

Je frissonne, espérant de toutes mes forces que personne n'aura à souffrir de ces saloperies de Maléfices. C'est l'un d'eux, qui ont failli avoir la peau de Ginny il y a quelques mois, me dis-je alors que je demande au QG s'il y a besoin d'aide ailleurs.

Serpentard et le Club de jeux de société Moldus, me répond-on aussitôt.

J'ai très envie de rejoindre mon Oliver à Serpentard, mais j'opte finalement pour rester ici.

Car ce que je craignais arrive aussitôt ai-je remisé mon Miroir : des Mangemorts s'attaquent aux vitres de la Tour et du couloir de Gryffondor.

Il faut défendre la place à tout prix !

Aussi longtemps que les petits ne sont pas tous évacués des Clubs !

OoOoOoO

Miranda Paul

Merci Croquemitaine !

Son intervention m'a rappelé comment a été réglée la situation au Ministère, l'avant-veille de Noël. Endormir les petits otages sous Imperium dont ils se servent de bouclier, voilà la solution pour mettre nos adversaires à découvert !

J'ai donc fait courir l'ordre tout le long de notre ligne de défense, de se mettre par paire pour attaquer les Ânes Bâtés. L'un pour endormir les petits et l'autre pour neutraliser ces sales abrutis d'assassins.

Nous avons tous frappé en même temps, et ça a marché. Plus un Âne Bâté n'est en état de se battre. Soit Stupefixé, soit touché par son propre Maléfice retourné à l'envoyeur. Et si l'on fait fi de ce qu'il se passe hors de la Grande Salle, un silence seulement troublé par les sanglots de quelques enfants nous est tombé d'un seul coup dessus.

Je tremble soudainement de tous mes membres. Prise de conscience que je pourrais être morte à la place de mon amie Claryce, qui a été plus rapide que moi pour se jeter devant le gosse tout à l'heure.

Merde ! Je dois me concentrer, retrouver maitrise de moi-même !

Je ne dois pas penser à Claryce. Ni à Madame Pince dont je viens de découvrir le corps sans vie derrière la table des Professeurs. Et moins encore au fait qu'il y a probablement d'autres morts déjà parmi mes amis. Ici dans le Château ou à l'extérieur.

C'est ici que je suis affectée, c'est ici que doit être toute ma tête. Je dois cesser de trembler et concentrer mes efforts sur ce qu'il y a lieu de faire à présent. Alors je puise du courage dans le sourire de mes amis décédés dans d'autres Batailles et dont les grandes photographies sont accrochées au mur.

Rapide point maintenant : Megan organise les secours aux blessés avec le professeur Slughorn et Monsieur Rusard, envoyant les cas les plus graves à l'Hôpital de secours, soignant les plus légers sur place. Je dois donc prendre en charge l'évacuation des petits.

Une bonne inspiration pour achever de maitriser le tremblement de mon corps et de ma voix et je me lance.

« Millicent et Parvati, rassemblez un premier groupe de gosses et partez dès maintenant par la Salle des Profs ! MacLaggen, va voir ce qu'il se passe dans le couloir et si on peut dès à présent évacuer aussi les gosses en allant à pied chez les Poufsouffles ou Serdaigles ! » ordonne-je avec le plus de fermeté qu'il m'est possible.

MacLaggen m'obéit au doigt et à l'œil, sans protester. Depuis la claque qu'il s'est prise quand il a compris ce matin que Cooper l'avait berné dans les grandes largeurs, il fait profil bas. Et je pense qu'il ne cherchera plus à faire son petit chef avant longtemps.

« Magda ! La voie est-elle libre chez les Serpentards ! Peut-on y venir à pied depuis le couloir aussi bien que par les Passages Internes ? » demande-je maintenant avec urgence dans mon Miroir, heureuse d'avoir eu tout de suite quelqu'un en ligne.

Et croisant mentalement les doigts pour que la réponse soit positive. Car, si on peut évacuer tous les enfants à pied plutôt que par Portoloins, les grands pourront plus vite rejoindre les groupes de Combat qui doivent avoir un urgent besoin de renfort.

« Par les Passages Internes, oui c'est possible ! Mais les abords de la Salle Commune ne sont pas dégagés encore ! Ne prenez donc pas le couloir ! Votre retraite est également fichue du côté Poufsouffle et Serdaigle ! Des Détraqueurs viennent d'entrer par une fenêtre brisée dans le Grand Hall et pire, maintenant les Mangemorts commencent à s'attaquer aux fenêtres quand ils voient du monde derrière ! Alors dans le Hall, Ben vient d'avertir Adrian qu'Eddy, Gabe, Hugh et lui-même vont tenir les Détraqueurs au plus possible loin des filets, pour protéger votre évacuation via Serpentard, quand ce sera possible d'y venir par le couloir ! » répond Magda, avec quelque peu de nervosité.

L'ambiance doit être sacrément tendue dans le QG. Il ne doit pas y avoir assez d'yeux pour tout voir sur les Cartes, ni de bouches pour répondre à toutes les demandes.

« Ok ! Je vais donc faire passer tous les enfants par les Passages Internes depuis la Salle des Profs ! Envoie-nous un Fantôme pour nous guider ! » déclare-je, coupant aussitôt la communication afin de libérer cette ligne, tout en songeant que nous avons vraiment bien fait de demander aux Elfes de maison de venir condamner les fenêtres de la Grande Salle aussitôt la Bataille engagée.

Ils sont venus nombreux, alors même qu'on se battait avec les Ânes Bâtés et ont presque fini de murer les fenêtres de la Grande Salle déjà. Dans une minute au plus, on ne pourra plus du tout nous voir depuis l'extérieur.

« Miranda ! Il y a des Détraqueurs dans le Hall ! Les préfets de septième… » commence MacLaggen, qui vient de revenir de sa petite mission au pas de course effréné.

« Je sais ! On vient de me l'apprendre ! » le coupe-je, avant de donner l'ordre à quelques amis du Comité d'aller donner un coup de main dans le couloir, et surtout de prendre bien soin de dissimuler leur présence en jetant des Illusions sur toutes les fenêtres à proximité.

Gars et filles m'obéissent au doigt et à l'œil.

« Je suis du Groupement, qu'est-ce que je peux faire pour aider ? » demande Jodie, accourant à côté de moi, tandis que je me dirige vers la Salle des Profs, pour vérifier si tout est bien tranquille de ce côté.

Il nous faudra sans doute jeter des Illusions ou murer les fenêtres là-bas également, avant que des Mangemorts nous repèrent, songe-je.

« Commence par soigner la joue de Gordon ! » réponds-je à Jodie, tournant à peine la tête à droite, pour montrer du doigt un première année qui présente une vilaine égratignure.

Jodie obtempère et j'esquisse un sourire, avant d'ouvrir la porte de la Salle des Profs. Mais au même moment un bruit de fenêtre brisé par un Mangemort qui a perdu le contrôle de son Balai et s'est écrasé dessus avec violence, me fait sursauter et des gamins hurlent tout aussitôt.

« Les grands à moi ! » crie-je également, jetant un Stupefix sur le Mangemort blessé qui tentait déjà de se relever, bien qu'aux trois quarts sonné et la tête salement en sang.

MacLaggen et Parvati qui allait entrer avec son groupe, arrivent aussitôt à la rescousse. J'expulse le Mangemort par la fenêtre, tandis que Parvati et MacLaggen jettent un Patronus vers les Détraqueurs qui tentent déjà d'entrer et que Millicent pousse vite fait les gosses qu'elle a en charge dans le Passage.

« Fusée ! » m'écrie-je ensuite vers Verona, qui surgit également à mes côtés avec Jodie et quelques autres, tous produisant des Patronus qui repoussent bien les Détraqueurs.

Verona jette illico une fusée à FeuxFous par la fenêtre éventrée, puis Cowan la bouche à l'aide d'une énorme et lourde armoire.

« Il n'y a rien d'autre pour barricader plus solidement les fenêtres et regarde moi ça, des Mangemorts et Vampires arrivent dare-dare par ici ! » fait remarquer Nathanaël, en indiquant une autre fenêtre, depuis laquelle nous voyons nettement un groupe de Mangemorts et Vampires se dirigeant très vite par ici, malgré la défense aérienne qui tente vaillamment de les repousser.

« Ils nous ont vus, alors on ne les retiendra pas longtemps dehors. Et jeter une Illusion pour leur faire croire que nous avons filé me semble hasardeux, puisque les Détraqueurs savent maintenant qu'il y a du monde dans cette pièce. Pas même un mur dressé par les Elfes de maison ne pourraient les empêcher de chercher à entrer ici. Notre présence va les attirer comme du miel attire les mouches. Les Mangemorts dégageront donc les murs à coup de Bombarda, quand ils verront que ces saloperies tentent de forcer le passage, car ils devineront qu'ils le font parce qu'il y a du monde derrière. Par ailleurs de toute façon les Elfes ont fini leur job dans la Grande Salle, ils viennent de partir je ne sais où. » déclare rapidement Verona, tandis que Parvati encourage les gosses de son groupe à rejoindre Millicent.

« Mieux vaut éviter aussi de continuer à emprunter les Passages Internes. S'ils parviennent à entrer ici avant qu'on ait fini d'évacuer, ils sentiront la présence des gosses dedans et ils s'engouffreront à leur suite. Il en sera alors fini du QG et de Serpentard… » appuie Nath, avec une vive inquiétude que je comprends.

On ne peut pas se permettre de perdre le QG, ni Serpentard et ses alentours.

Le pire des scenarii que nous avions envisagé et que nous pensions quasi impossible, est en train de se produire. Et je ne peux m'empêcher de penser à Harry, qui nous a répété des millions de fois de toujours nous tenir prêts à improviser.

« Vous avez raison ! On dégage d'ici ! Mais Nath, rappelle quand même des Elfes afin qu'ils condamnent au mieux les fenêtres de cette Salle, ainsi que les portes. Ça retardera au moins l'ennemi. Et faute de pouvoir emprunter les Passage Internes et le couloir pour l'instant, nous allons renvoyer tous les gosses par Portoloin dans la Salle Commune de Serpentard ! » décide-je donc, en pressant les autres vers la Grande Salle, tandis que Nathanaël appelle déjà des Elfes à la rescousse.

« Pourquoi seulement Serpentard ? Ça irait plus vite si on en envoie aussi dans les autres Salles Communes. » fait remarquer MacLaggen, sourcils froncés.

« Serpentard, c'est la seule Salle Commune qui n'a pas de fenêtre. Pas de danger donc que nous ayons le même sale tour qu'ici, d'être vite envahis par l'ennemi. » répond aussi sec Cowan, alors que je donne l'ordre maintenant à Verona et Parvati de fermer bien soigneusement les deux petites portes de communication avec la Salle des Profs.

Puis je sollicite une nouvelle fois Nathanaël, afin qu'il découpe des panneaux du bois bien épais de la table des Professeurs, pour les barricader au plus possible du côté de la Grande Salle aussi. Cela renforcera le mur que les Elfes de maison vont dresser de l'autre côté. Je demande également à Jon Savage d'en faire autant avec la porte de la Salle des Profs qui donne sur le couloir. Car il ne faudrait pas que ces salopards de Mangemorts profitent que ce soit moins solide de ce côté-là, pour nous surprendre en passant par-là. Il y en bien assez dans le Hall, avec les Détraqueurs.

Enfin, je prie Kano et Gary Nichols de fabriquer des Portoloins supplémentaires pour aller jusqu'à Serpentard, puis je tente d'avertir le QG de notre nouvelle situation et de l'organisation décidée.

Mais je ne parviens pas à les joindre.

Tant pis, on se passera de leur feu vert !, me dis-je alors. Et, avec l'aide de Cowan, je commence toute suite l'évacuation grâce aux quelques Portoloins dont je dispose déjà. A peine cependant trois groupes d'enfants sont-ils partis que mon Miroir vibre et je le porte aussitôt devant mes yeux.

« Attendez-là ! Vous allez trop vite ! Gryffondor vient d'être fermé car une masse de Mangemorts s'attaque aux vitres ! Les copains vont les tenir occupés là-haut, mais plus question d'y envoyer des gosses ! Ça se bat encore à Poufsouffle aussi et Serdaigle n'est pas sûr non plus ! Il ne reste donc plus que Serpentard comme issu de sortie sécurisée ! Alors les gosses arrivent tous ici de partout et les différents groupes se tombent dessus à l'arrivée ! » s'exclame Kate Prewitt, Ange Gardien au QG.

« Ok ! Dans ce cas organise les choses en parant au plus urgent ! Mais fais vite ! Nous sommes très menacés également ! On compte donc rapidement sur ton feu vert pour envoyer les gosses par groupe de dix ! » réponds-je, faisant signe à Cowan de ne pas envoyer le groupe suivant.

« Très bien ! Mais il faudrait aussi envoyer quelqu'un au deuxième dans les toilettes des garçons de l'aile Nord ! Un gosse qui était parti tout seul à l'aventure s'est réfugié dedans ! » s'exclame la voix éloignée de Katie Bell, qui supervise les Anges Gardiens.

« Ok ! Je le fais tout de suite ! » réponds-je, cherchant déjà des yeux qui choisir pour cette mission.

« Je peux y aller ! Je resterai avec le petit dans les toilettes et j'irai directement chez les Serpentards, dès qu'on me donne le feu vert ! » s'exclame aussitôt Jodie, avec de l'espoir dans les yeux et, voyant sans doute que ma réponse sera négative, elle s'empresse en même temps d'ouvrir son sac à malice qu'elle a sorti il y a un instant de sa poche pour soigner la joue de Gordon, plongeant sa main dedans pour en sortir une Mitraillette Magique, en ajoutant : « J'ai ma cotte de maille et je suis armée jusqu'aux dents ! Et j'ai un Miroir aussi ! Je pourrai donc communiquer avec le QG ! »

Explosion dans la Salle des Profs et je sursaute, tandis que les plus jeunes hurlent. Merde ! Les Elfes n'ont pas eu le temps de dresser les murs et les Mangemorts et Vampires arrivent déjà sur nous ! Des gars et filles se mettent aussi vite en place sur ordre de Megan, pour défendre les petites portes de communication quand ce sera nécessaire. Ils dressent aussi les grandes tables de Serdaigle et Poufsouffle en barricade.

« Ok ! Tu es désormais enrôlée par le Comité ! Vas y ! Je mets le Portoloin pour Serpentard dans ta poche ! Tu n'auras qu'à le prendre en main, dire sucrier dès que tu as le feu vert et il se déclenchera ! » répond Cowan avec précipitation et en mes lieux et places.

Il a déjà fabriqué des Portoloins supplémentaires avec des ronds de serviette et avant que j'aie eu le temps de l'en empêcher, il glisse celui qui l'emmènera chez les Serpentards dans la poche de Jodie, tandis qu'elle s'empresse de saisir celui qu'il tend vers elle et disparait aussi vite.

« Tu es complètement malade ! Harry et Ron vont te tuer quand ils vont apprendre ça ! » reproche-je à Cowan, avec sévérité, les cheveux hérissés sur la tête.

« Au contraire ! Elle est prête à se jeter dans la bagarre sans réfléchir. En la missionnant, j'ai fait en sorte qu'elle soit la première d'entre nous à se retrouver à l'abri. » répond Cowan, tout en jetant un Portus sur un autre rond de serviette.

Il n'a pas tort, me dis-je, tandis que les premiers coups sourds s'écrasent contre les portes de communication avec la Salle des Profs.

Il faut du renfort pour empêcher ces salopards d'entrer !

Vite !

Et aussi longtemps que les gosses ne sont pas évacués !

OoOoOoO

Georges

Les Dragons de Feu font du bon boulot. Du très bon boulot, même !

On peut compter qu'environ un quart des Détraqueurs a été zigouillé déjà.

Le hic, c'est que des Mangemorts glissés parmi eux, leur font comprendre qu'ils ont intérêt à descendre pour entrer dans le Château par les fenêtres, qu'ils se sont chargés de briser. Et des Vampires se mêlent aussi de la partie à présent.

Putain de Bataille en perspective ! Elle est à peine commencée, que c'est déjà la pagaille dans tous les coins. Ça dégorge de partout. Mangemorts, Vampires et Créatures mêlées. C'est le pire du pire des scénarii qui est en train de se dérouler, là. Alors les renforts ont intérêt à faire fissa pour arriver, sinon on est plus que mal barrés.

« Troisième salve, feu ! » ordonne-je sous Sonorus pour être bien sûr d'être entendu partout sur le toit.

C'est qu'il y a un boucan d'Enfer ici.

« Georges ! Descends à l'intérieur avec ton groupe ! Le deuxième vient d'être envahi côté Nord ! Le Grand Hall l'est aussi ! Tombez leur dessus depuis le troisième ! J'ai demandé que des élèves du Comité et ceux du Groupement de Défense qui savent produire un Patronus, forment également dès que possible des groupes d'intervention, au premier, deuxième et rez-de-chaussée, qui sont fortement menacés ! Réduisez-les tous en cendres ! Tant pis s'il y a des Mangemorts et Vampires parmi eux ! Nous leur avons assez demandé de partir ! Ils savent donc ce qu'ils ont à faire s'ils veulent rester en vie ! » ordonne fermement Nally, qui vient d'aller évaluer vite fait la situation dans le QG de Serpentard.

« Ok ! » réponds-je, avant de répercuter l'ordre vers les gars et filles de mon groupe.

Nous prenons illico un Portoloin qui nous mène dans le couloir du troisième et nous nous séparons, afin de prendre nos cibles en étau. Mais, surprise des surprises, alors que je m'apprête à descendre un petit escalier dérobé, je tombe nez à nez avec Jodie, armée jusqu'aux dents et qui monte en courant avec un môme.

« Mais qu'est-ce que tu fous là, toi ! » m'exclame-je, avec rudesse, la poussant de côté pour descendre en vitesse.

« Je fais partie du Groupement ! Et j'ai été enrôlée par le Comité pour venir chercher ce mioche, qui était planqué dans des toilettes du deuxième ! J'attends le feu vert pour prendre un Portoloin qui nous ramènera dans la Salle Commune de Serpentard. Mais figure-toi que ça se bouscule au portillon là-bas ! Parce qu'on ne peut plus transiter par Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor. Ça tarde trop à dégager le couloir Serpentard aussi alors je ne peux pas passer par-là ! Et, on ne peut plus non plus passer par la Salle des Profs pour emprunter les Passages Internes. Or dans la Grande Salle, il y a encore beaucoup de gosses qu'il faut évacuer par Portoloin ! Alors je devais rester dans les toilettes du deuxième en attendant le feu vert pour prendre le mien direction Serpentard, mais à peine arrivée, j'ai entendu une fenêtre voler en éclat au bout du couloir et il y en a d'autres qui ont suivi tout aussitôt. J'ai donc décidé de filer vite fait bien fait de ces fichues toilettes ! » débite à toute vitesse Jodie, en redescendant à mes côtés, trainant le mioche terrorisé par la main.

« C'est bien ! Remonte attendre là-haut alors ! Ça va se bagarrer dur ici ! » déclare-je, en avançant résolument vers le Nord, Mitraillette Magique prête à cracher ses Mini Bombincinerus.

« Pas question ! S'il y en a d'autres qui arrivent dans les étages, nous pourrions bien être chocolat ! Et il y a des Ânes Bâtés qui se baladent aussi je ne sais où ! Nous sommes donc plus en sécurité en restant avec toi ! Et puis, je sais me servir de ça, moi aussi ! » répond Jodie, d'un ton buté, en levant vers moi la Mitraillette Magique qu'elle tient elle aussi fermement en main droite.

« Ok, mais tu restes derrière moi avec une bonne Bulle de Protection autour de vous deux et dès que tu as le feu vert, tu dégages ! » réponds-je, juste avant de lâcher une fusée de FeuxFous vers l'ennemi qui avance dare-dare vers nous et de crier, par acquis de conscience : « Rendez-vous ! Vous êtes cernés ! »

Menaces de mort et Maléfices en réponse aussi sec. Alors je crache une première salve dans le tas, car malgré le danger que représentent les FeuxFous et nos armes, nos ennemis avancent de plus en plus dangereusement vers nous, Détraqueurs, Vampires et Mangemorts en vrac. Ces derniers tirant des Maléfices en pagaille.

Les Détraqueurs et Vampires sont réduits en cendres, les uns par les FeuxFous, les autres par nos Mini Bombincinerus. Le ventre et la poitrine des Mangemorts explosent, avant de prendre feu. Leur sang et leurs entrailles re-décorent les murs, Armures, Tableaux et Statues, dans une horrible odeur de chair brûlée et les sifflements ou les hurlements d'agonie douloureuse.

Ce n'est pas beau à voir, ni à entendre. Et le gosse se met à gueuler comme une Banshee. Mais Jodie doit lui mettre une main vite fait sur la bouche, car son cri est rapidement étouffé.

« Ne crie pas comme ça ! Tu vas en rameuter d'autres ! » assène-t-elle aussi, d'un ton très sévère.

Comme si ça allait changer quelque chose que le gosse ne crie plus ! Tout le ramdam qu'il y a par ici, ça attirera inévitablement d'autres ennemis. Mais bon, ça a le mérite de le faire instantanément cesser de crier le mioche.

Ça mitraille sec de ce côté, mais aussi par derrière nos assaillants, quand soudainement Jodie se place à mes côtés, tournant le dos aux ennemis qui continuent de dégorger par les salles aux portes béantes. Et elle mitraille dans notre dos.

Coup d'Œil Magique derrière. Merde ! C'est nous qui sommes pris en étau, maintenant !

Et hop, je fais volte-face !

« Feu vert ou pas, fous le camp, Jodie ! » m'exclame-je, balançant une nouvelle fusée de FeuxFous, tout en baissant vivement la tête, car un Maléfice vient vers moi.

« Je n'ai pas attendu que tu le dises et le mioche est déjà parti avec le Portoloin ! » répond-elle avec fermeté, sans cesser de tirer.

Putain ! Ce n'est pas possible ! Ron et Harry en ont fait une Ginny en second ! Comment ont-ils pu déteindre à ce point sur cette petite Serpentard !

Et ils vont me tuer, quand ils vont savoir que j'ai décidé de la garder avec moi !

Parce que je ne lui ordonne pas de partir chez Nally avec le Portoloin qu'elle porte à son cou. Non. Tout simplement parce qu'une Mitraillette Magique en plus, c'est bon à prendre vu ce qui vient devant et derrière nous.

Et elle sait s'en servir, Jodie, de son arme. Pas une munition n'est gâchée.

Mais putain ! Il faut des renforts et vite !

Sinon, on ne s'en sortira pas, de tous ces pignoufs de merde qui aboulent sur nous !

OoOoOoO

Blaise

Ils étaient au moins six cent cinquante, à passer de ce côté.

Un petit quart s'est pris dans les toiles des Acromentulas. Mais les trois-quarts restant ont refusé tout net et avec véhémence de partir ou de se rendre, jetant aussi sec des Maléfices à tout va. Ils font maintenant face à un groupe de Membres de l'Ordre et de Centaures.

Ces derniers décochent flèche après flèche quasi aussi vite que des Hauts Elfes et les Mangemorts qui n'ont pas l'habitude de faire face à ce genre d'attaque, s'affolent d'autant qu'à l'instar des Membres de l'Ordre, les Centaures sont dissimulés à leurs yeux dans les fourrés touffus émergeant d'un fouillis de très hautes fougères. Les hommes et femmes de main de Voldemort jettent donc leurs Maléfices au hasard, ne faisant pas trop mouche, tandis que les flèches et Sortilèges fusent tellement vite et nombreux de partout devant eux, qu'ils s'en prennent parfois plusieurs dans le corps avant de tomber.

Je ne comprends pas que les Mangemorts rescapés du massacre continuent pourtant à avancer.

Ça me démange de me jeter dans la Bataille, pour défendre mon Ecole. Mais j'ai un rôle à tenir avant de le faire. Plus important que de me battre et qui sert les intérêts des Membres de l'Ordre et de mes amis. Alors je m'y tiens.

Merde ! Ça déborde sur les côtés et des ennemis se rapprochent dangereusement de bibi !

Il faut que je me tire prestement de là ! Parce que si ça continue d'avancer ainsi dans ma direction, je vais finir par me faire repérer !

Je me mets donc en train en tapinois, sur le ventre pour tâcher de filer le plus discrètement possible de ma cachette, du côté qui va me permettre de retourner vers Poudlard.

Mais merde ! Je me suis décidé un poil trop tard et ma retraite est coupée maintenant !

Je n'ai donc pas d'autre choix que de contourner l'obstacle en rasant la caverne aux Grapcornes.

Je le transmets au Lutin qui s'attache à mes basques et aussi sec il me saute dessus, s'accrochant à mes poils pour me grimper sur le dos. Je crois bien que ça lui plait, les cavalcades à dos de Tigre Royal.

Je me faufile silencieusement d'arbre en arbre, de buisson en buisson, tapis sous les hautes fougères, m'éloignant du carnage au plus rapidement. Il sera temps plus loin de m'arrêter à nouveau pour refaire le point. Tout se passe bien sur quatre-vingt mètres environ, jusqu'à ce que les fougères se raréfient et que soudainement un Maléfice me frôle.

« C'est Zabini ! Le Tigre c'est Zabini ! Un Animagus ! » s'exclame derrière moi une voix étouffée par un masque.

Putain ! Des Mangemorts se sont aussi aventurés par ici et je suis repéré ! Et pas par n'importe qui ! C'est ce salopard de Rufus Chomski et ses infernaux Internum Frigore Perniciosa !

Ça ne lui a donc pas suffi de se prendre deux branlées déjà aujourd'hui, qu'il lui en faut une troisième ?

« A mort le Tigre ! A mort ! » gueule une voix étouffée par un masque, au milieu du groupe qui s'élance vers moi.

Putain de bordel je suis foutu !, me dis-je, tous les poils hérissés et cherchant une échappatoire, quand soudainement j'entends une sorte de rugissement grinçant qui arrive de mon côté droit.

Et tout aussi soudainement une vieille bagnole bleue surgit des fougères géantes, fonçant à toute allure sur le groupe de Mangemorts qui s'arrête net de surprise.

Putain ! Je n'en crois pas mes yeux ! La vieille Ford Anglia d'Arthur ! Elle est toujours là ! Et elle fonctionne encore ! C'est incroyable !

Incroyable oui, mais c'est aussi mon salut !

La bagnole s'en prend plein le capot et le pare brise, mais ça ne l'arrête pas. Et je bondis en avant pour filer vite fait bien fait, alors que la vieille Ford percute le groupe de plein fouet, envoyant valser plusieurs Mangemorts dans les airs, en écrasant d'autres impitoyablement.

« Avec moi ! Sus à Zabini ! A mort le Tigre ! A mort ! » s'exclame cependant de nouveau la voix de Chomski, par-dessus le rugissement de la bagnole et les bruits de ferraille qui souffre.

Putain ! Dommage qu'il ne se soit pas fait avoir par la Ford Anglia, celui-là !

Coup d'œil vite fait en arrière. Bien sûr il a fallu que ce salopard ait un Balai ! Et ils sont plusieurs à en avoir enfourché un à sa suite !

Alors je m'élance, comptant sur ma vitesse de pointe pour passer entre les Maléfices.

Et gare s'il y a un Mangemort qui essaye de s'interposer entre moi et mon salut ! Parce que je ne ferai pas dans la dentelle, je le jure !

Je louvoie je ne sais comment entre les arbres, saute par-dessus les buissons, mu par un instinct de survie quasi totalement animal, les Maléfices s'écrasant autour de moi, passant au-dessus ou au-dessous, à vitesse folle.

Et soudainement plus rien. Ou plutôt si, des hurlements de douleurs terribles derrière moi. Et je m'arrête presque net, faisant volte-face pour voir ce qu'il se passe.

Putain de couille ! Les Grapcornes et des Acromentulas en pagaille !

Les araignées géantes tombent en masse sur la tête des Mangemorts depuis les arbres et les Grapcornes sont sortis de leur caverne, encornant l'ennemi tombé de balai à tout va. C'est la débande parmi les Mangemorts qui me poursuivaient. Ou plutôt, ils essayent de se carapater, mais quelle que soit la direction vers laquelle ils se tournent, ils se prennent des Acromentulas sur la tête ou se jettent sur des cornes meurtrières, qui les traversent impitoyablement de part en part, avant de les secouer comme des sacs à Ciseburines, pour les balancer au loin.

Mon regard accroche l'un de ces corps qui vole vers moi. Il s'élève assez haut, effectuant ensuite une courbe descendante, avant de s'écraser sur le dos, à moins de trois pas devant moi.

Son visage est tourné dans ma direction et ses yeux morts me fixent.

Chomski ne balancera plus jamais ses infernaux Internum Frigore Perniciosa.

Je ne peux pas dire que ça m'émeut de le voir mort. Ni que cela me réjouit. Non. Je suis juste soulagé à la pensée que personne n'aura à mourir comme Cho Chang aujourd'hui, à cause de lui.

Ceci dit, il faut que je file me faire examiner. Car on ne sait jamais. Avant de mourir, cet enfoiré de Chomski m'a peut-être eu sans que je m'en aperçoive.

Ou peut-être qu'il a touché mon nouveau pote Lutin d'Ecosse.

Alors je reprends forme humaine, attrape le Lutin d'Ecosse à main gauche, lance un merci à mes sauveurs et referme ma main droite sur mon Portoloin.

OoOoOoO

Oliver Moon

Putain ! Quelle enfoirée cette pétasse !

Ça fait trois Avada qu'elle balance vers Gil !

Petit coup sec de sa Baguette et cette fois mon pote le retourne à l'envoyeuse.

Mais cette salope d'Elladora Parkes se planque encore une fois à temps derrière la lourde porte de la Salle de Classe de Potion, qu'elle a ouverte pour se protéger et qui est à demi dégondée maintenant. Son Avada passe donc à côté d'elle. Cependant, Kurt Wagner qui passait la tête et le bras du couloir menant autrefois aux Cachots Perdus, dans l'intention de jeter un énième Maléfice vers les copains venus de l'autre côté pour prendre ces salopards d'Ânes Bâtés entre nos deux feux, est touché à l'épaule.

Il s'effondre, raide mort.

Tant pis pour lui ! Et ça fait un de moins à combattre pour nous !

Parce que mine de rien, ça doit bien faire six ou sept minutes maintenant que nous combattons sans interruption. Et croyez-moi, ça y va très fort et on a déjà plusieurs blessés très sérieux, qui ont dû partir se faire soigner.

Carl Goldman notamment, qui ne reviendra pas. Non seulement parce que c'est un cinquième et qu'il a donc eu ordre d'évacuer dès que les plus jeunes seraient partis, mais aussi et surtout, parce qu'il a subi un très sévère Vide-Entrailles combiné à un Maléfice de Lacération.

Alors je ne suis pas sûr qu'il va s'en sortir vivant le pauvre.

Yula Ivanova non plus ne reviendra pas. Hanche éclatée. Ce n'était pas beau à voir.

Putain de foutus enfoirés ! Combien sont-ils encore, alors que nous ne sommes plus que trois pour défendre la place de ce côté-ci ?

C'est qu'ils sont vraiment venus nombreux du côté de Serpentard ces cons hargneux ! Une volonté liée à leur orgueil sans doute. Pour pouvoir affirmer qu'ils ont repris la Maison Serpentard aux ennemis de leur cause débile. Mais qu'est-ce qu'ils croient ces usurpateurs à la noix ! Plus jamais nous ne les laisseront souiller l'honneur de NOTRE Maison !

Alors je jure que les connards d'Ânes Bâtés encore en lice dans le coin, iront vite rejoindre Isabella Chomski, Mi Xié Lé Luan et Sophia Rinaldi, que nous avons déjà flanqués dans le Labyrinthe d'Artemus !

Tracy Davis, Oswald Wells, Hashley Down et d'autres sont prisonniers de Mines Caméléon qui ont bien rempli leur office, enfermant ces Ânes Bâtés trop pressés d'envahir notre Salle Commune. Et d'autres encore sont gravement blessés ou morts je n'en sais rien et je m'en fous un peu pour le moment. Tout ce que je veux c'est dégager ces sales chiures de mouches à merde d'ici !

« Bravo Parkes ! Ton Avada vient de tuer ton copain Wagner ! » m'exclame-je, histoire de déstabiliser cette sale pute d'Ânesse.

Marre qu'elle ne comprenne pas qu'il est temps de capituler ou dégager son gros cul pour aller rejoindre sa bande de dégénérés dehors !

Je n'ai jamais pu l'encadrer cette mocheté de chouette géante, mauvaise comme une teigne ! Et tiens ! Puisqu'elle aime tant se réfugier derrière sa porte, je vais lui donner une bonne raison de rester collée à elle !

Et aussitôt pensé, aussitôt fait. Je balance un Bombarda Maxima qui frappe la porte ouverte en plein centre. La porte est aussi sec violemment arrachée de ses derniers gonds et s'en va voler à trente pas au moins plus loin, avant d'être durement arrêtée par les Escaliers et de rebondir légèrement en avant et glisser au sol.

Parkes quant à elle, reste sonnée sur les marches. A moins que sa nuque soit brisée, je n'en sais rien. Peut-être bien, vu l'angle de sa tête.

« Allez, ce bout de couloir est enfin dégagé ! On peut aller à l'assaut de ceux qui sont plus haut ! » encourage Gil, avant de surgir de derrière les grosses portes de Cachots que nous avons dressées en barricade devant nous.

Daphnée et moi-même acquiesçons et nous surgissons tous les trois de concert, courant tête baissée direction les escaliers, en louvoyant entre les Mines Caméléon et deux corps baignant dans une mare de sang, sur lesquels nous ne nous retournons pas. Ils sont inertes et yeux fixes grands ouverts. Il sera donc temps plus tard de nous en préoccuper.

Nous montons les marches quatre à quatre. J'accorde en passant un coup d'œil à Parkes. Ses yeux sont grand ouverts aussi et du sang s'écoule de son nez complètement aplati, de ses oreilles et de derrière sa tête également. J'ai donc bien tué cette salope. Ce n'est pas ce que je voulais. Et ça me flanque un coup en pleine tronche. Mais je me secoue. Ce n'est pas le moment d'avoir des états d'Âme, parce qu'en état de légitime défense j'ai tué une sale punaise qui nous canardait à coup d'Avada.

Deux autres connards d'Ânes Bâtés sont morts aussi dans l'escalier : Collys Gilford et David Levy. Pas de sang. Avada donc tous les deux, comme Wagner tout à l'heure.

La fin de l'Escalier approche. Nous nous allongeons sur les marches, Daphnée, Gil et moi-même, avançant prudemment le cou pour évaluer la situation, avant de nous risquer plus loin.

D'après ce que je peux voir d'ici, il ne reste que ce merdeux de Di Marco en lice, sous la volaille qui caquète en se débattant furieusement, sans doute depuis qu'elle est saucissonnée par les pattes là-haut, au plafond. Mais il n'est pas dit qu'il n'y en a pas encore un peu plus haut des Ânes Bâtés, cachés pour l'heure dans les alcôves ou des réserves.

Je m'apprête à sonner Di Marco d'un Stupefix, quand Gil s'effondre soudain nez en avant, victime d'un Maléfice traitreusement jeté dans notre dos. Je fais volte-face dans un réflexe.

« Sale crevure ! » crache-je, levant machinalement ma Baguette en direction de Franck Narbury qui pointe méchamment la sienne vers moi.

J'suis mort ! Un Avada arrive déjà sur moi à toute vitesse ! Je n'ai ni la possibilité de le contrer, ni celui d'esquiver !

Pourtant je ne meurs pas. Car heureux pour ma pomme, Daphnée m'a précédé d'un poil de seconde pour se retourner. Et elle a mis tant de puissance dans son Redire Mittente Maxima, que ce salopard de Narbury n'a pas le temps de réaliser ce qui lui arrive, avant d'être touché par son propre Maléfice de Mort et de voler en arrière.

« Merci Daphnée ! Je t'en dois une belle ! » murmure-je, la voix étranglée et tremblante.

Le visage de mon amie ruisselle de larmes silencieuses et je la serre brièvement contre moi. Puis je me retourne vers le couloir, jetant à pleine puissance un Stupefix dans le dos de Di Marco, la rage et la douleur au cœur.

Et après ça, j'attrape mon pote Gil dans mes bras, une énorme boule au ventre. Il pourrait être à ma place et moi à la sienne. Mais c'est lui, que Narbury a choisi de tuer en premier. Ce salopard a dû rester planqué dans le bureau du prof de Potion, attendant son heure pour faire son coup. Et il a choisi de tuer Gil en premier, parce qu'il le craignait bien sûr davantage que moi. Et moi en second, parce qu'il redoutait moins d'affronter Daphnée de face.

Erreur fatale. Daphnée a des réflexes plus rapides que moi. Et il en fait les frais.

Heureux pour moi. Ouais, heureux pour moi.

« Je ne veux pas que le corps de Gil reste dans un coin quelconque en attendant que la Bataille soit finie. Alors dis aux autres que je l'ai emmené chez Tatie et que je reviens ! » souffle-je vers Daphnée, qui embrasse le front de notre ami mort.

Et je n'attends pas sa réponse, pour saisir mon Portoloin.

OoOoOoO

Arthur

A peine Georges est-il parti avec son groupe, que les Détraqueurs comprennent tous que leur intérêt est de déserter le ciel.

Ils descendent vers le sol, se pressant aux fenêtres et portes que des Mangemort attaquent à coups de Bombarda Maxima.

« Groupes un, deux, trois, quatre à vos Balais ! Cinq, six, sept et huit, côté serres ! Neuf et dix Forêt ! Onze, la Ferme ! Les autres à l'intérieur ! Il n'y a aucun ennemi au dernier étage ! Ni dans la Tour d'Astronomie ! Groupe douze rendez-vous au Club de Bavboules ! Treize, Club jeux de Société Moldus ! Quatorze et quinze passez par l'extérieur, afin de défendre la Grande Salle qui est attaquée depuis la Salle des Professeurs ! » s'exclame Nally, avant de Transplaner directement au sol.

Rapide coup d'œil alentour.

Les Mangemorts et Créatures sont très nombreux à nous attaquer, mais notre Défense résiste farouchement.

Le vent apporte jusqu'à moi des voix amplifiées par Sonorus, qui encouragent encore fermement les Mangemorts à rompre le Combat.

Nous avions sincèrement espoir qu'un nombre conséquent le fasse, en constatant que de nombreux pièges étaient tendus ou que leurs propres Maléfice revenaient systématiquement vers eux, les fauchant impitoyablement.

Espoir vain, hélas, je ne le sais que trop bien maintenant.

Car il est évident que partout ailleurs comme ici, aucun n'a déserté les rangs. Bien au contraire, ils semblent prendre nos avertissements comme un défi et s'acharnent d'autant plus. Il ne reste donc qu'à espérer, que Voldemort ne se soit pas volatilisé dès le début de la Bataille, quand il avait encore une mince, très mince chance de le faire.

Tout me porte à croire que non. Harry nous aurait immédiatement prévenus si cela s'était produit. Et puis, Voldemort aurait rappelé ses troupes, pour attaquer en force ailleurs. Des lieux isolés. Des villages non protégés.

Je jette un dernier Patronus, avant de me précipiter vers la Tour d'Astronomie par laquelle je vais rentrer dans le Château, afin d'aller donner un coup de main au Club de Jeux de Société Moldus.

« Passe encore que tu n'aies pas produit de Patronus, Vaneck ! Je veux bien croire que tu ne sache pas en faire ! Mais là tu peux te rendre utile, si tu te décides enfin à nous aider ! Sinon, tiens, je t'offre mon Balai ! Tu peux toujours essayer de te tirer ! Moi, je trouverai bien un autre moyen de descendre rejoindre mes potes pour me battre à leurs côtés ! Quoiqu'il en soit, ne reste pas dans mes pattes sans rien faire et dégage de mon chemin ! » déclare soudainement Draco, un peu durement, à ma droite.

Et cela fait réagir enfin Vaneck, qui n'a cessé de fixer silencieusement ce qu'il se passait dans le Parc et les environs du Lac Noir, depuis qu'il est arrivé sur le toit avec Albus. Il arrache avec brusquerie le Balai des mains de Draco et le bouscule ensuite violemment, le faisant basculer en arrière. Et Draco serait tombé du toit s'il n'avait pas eu le réflexe de se rattraper à une gargouille.

« Vous nous avez piégés ! Vous nous avez tous piégés ! Espèces de sales pourritures d'adorateurs de Moldus et de Sang de Bourbes ! » s'exclame Vaneck, en sautant sur le Balai de Draco.

Et il s'envole aussitôt, partant en direction de la Forêt. Je pointe alors ma Baguette vers lui, pour le ramener à moi et l'emprisonner, mais Albus m'en empêche en posant sa main sur la mienne.

« Laissez-le, Arthur. Il rencontrera sans doute son destin plus loin. Aidez plutôt Draco à remonter. » me dit-il avec douceur.

J'acquiesce et me dirige vers Draco qui a quelques peines à remonter sur le toit, car les pierres givrées de la gargouilles sont glissantes. Nous sommes les derniers à partir et nous remontons vers la Tour d'Astronomie dont Albus ouvre maintenant la porte. Mais je m'arrête soudainement net, horrifié de le voir valser assez loin en arrière avant de retomber lourdement sur le toit, roulant deux ou trois fois sur lui-même, avant d'être arrêté par une cheminée.

Merlin, je n'y crois pas !

Non ! Albus ne vient pas de recevoir un Avada Kedavra en pleine poitrine !

Ce n'est pas possible, non !

« Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas possible ! Nally a dit qu'il n'y avait aucun ennemi dans les parages ! » murmure Draco, qui s'est arrêté tout aussi nettement que moi, avec la même surprise, la même négation.

Son murmure débloque mon cerveau et mes membres. J'attrape Draco par le bras et je cours vers Albus, faisant claquer la Porte de la Tour d'Astronomie au passage. Et lorsque je m'agenouille auprès de lui, je dois me rendre à l'évidence.

Le regard bleu d'Albus fixe le ciel où désormais son étoile brillera à jamais.

OoOoOoO

Dedalus

Je ne sais pas évaluer le temps que je suis resté là, les bras ballants, à prier le Ciel pour que les nôtres soient épargnés. La nuit est définitivement tombée sur Londres à présent. Alors j'effleure à peine d'un baiser le front de mon arrière-petite-fille et celui de son petit Victor, qui dorment toujours à poings fermés.

Je n'ai que trop tardé déjà ! Il faut que j'aille aux nouvelles, maintenant !

Je ne fais pas la même bêtise que tout à l'heure cette fois. Pas question d'attendre l'ascenseur, pour finalement descendre à pied. Je vais sortir sur mon Balai par la fenêtre du couloir, pour descendre directement dans la cour intérieure, d'où on peut Transplaner en toute tranquillité.

Un petit Sortilège de Désillusion, afin que personne ne me voit faire et trente secondes plus tard, j'arrive sur le perron du QG.

Une bonne inspiration pour tâcher de chasser mon angoisse et j'entre avec détermination.

« Vous avez des nouvelles ? » me demande aussitôt avec angoisse la tante de Harry, qui descend de l'étage un panier de linge sale en mains.

Ça doit être sacrément dur pour elle aussi, d'attendre l'issue de la Bataille sans rien savoir. Alors elle doit s'être mise dans l'idée de faire la lessive, pour passer ses propres nerfs, tâcher de ne pas penser à ce qu'il se passe à Poudlard, pour lequel elle ne peut rien faire.

« Oui, moi aussi j'aimerai des nouvelles ! Il n'y a aucun Portrait ni Âme qui vive dans le Bureau de Dumbledore ! Je ne peux donc avoir aucune information ! » s'exclame tout aussitôt l'acariâtre Portrait de Phineas Nigellus Black, avec une inquiétude sincère.

« Non je n'ai aucune nouvelle ! Et je suis dans le même état d'angoisse que vous deux ! » réponds-je sur un soupir, avant de me presser au plus possible dans l'escalier.

« Je vous monte un thé ! » déclare Pétunia, que je remercie car j'en aurais bien besoin de ce thé.

Dudley, qui est seul à veiller au grain, se retourne vers moi et ne me laisse pas le temps de lui demander s'il a eu des nouvelles d'Ecosse.

« Ah ! C'est vous ! Justement j'allais vous appeler, Dedalus ! Cooper a dit quelque chose de bizarre ! » déclare-t-il, d'un débit rapide et avec un visage si soucieux qu'il me fiche un frisson glacé.

« Qu'est-ce qu'il a dit ? » demande-je, avec urgence, en m'assoyant auprès de lui, sans même retirer ma Cape.

« Il a dit aux autres qu'il ne pouvait pas attendre comme ça, sans rien faire pour aider Voldemort à remporter la victoire, alors qu'il allait faire un tour et qu'il aurait peut-être une grande nouvelle à annoncer à son retour ! Sauf qu'il est là, allongé sur le sofa, les yeux fermés, depuis au moins deux à trois minutes ! J'ai d'abord pensé qu'il allait essayer de contacter son Père par la pensée, mais après je me suis dit que ça n'avait pas de sens ! Il ne le dérangerait sûrement pas en sachant qu'il est en train de se battre ! Alors maintenant je crois qu'il a peut-être voulu dire qu'il allait prendre possession de quelqu'un ou un truc comme ça ! » explique vivement Dudley, son regard inquiet me scrutant en appelant une réponse rassurante.

Mais mon vieux cœur s'est mis à battre un peu trop vite pour le bien de ma santé et je ne peux pas le rassurer, sûrement pas non ! Car il a raison ! Cooper trame bel et bien quelque chose ! Son visage sur lequel je viens de zoomer, est très pâle, tout crispé !

« Tu as raison ! Ce petit salaud est en train de posséder quelqu'un ! Il sait que la Bataille a lieu à Poudlard ? » réponds-je à Dudley, qui hoche positivement la tête, avant de préciser qu'il en a été informé grâce au faux Gallion, par un message de Benson qui répercutait l'ordre d'Attaque de Voldemort à toutes ses troupes d'Ânes Bâtés.

Ah, bon sang ! Je suis sûr que ce petit saligaud va tenter quelque chose là-bas ! Quelque chose d'important, de grand, pour pouvoir affirmer qu'il a joué un rôle essentiel dans la victoire de son père !

« Je vais essayer de contacter quelqu'un à Poudlard ! » décide-je, tendant aussi vite la main vers le Miroir de Communication.

Mais j'ai beau prononcer différents mots de passe, je n'arrive à joindre personne.

Cela ne m'étonne pas vraiment. Ils doivent tous être très occupés. Alors j'attends une bonne minute, nerveux, me rongeant les sangs, plus terriblement angoissé encore que tout à l'heure à Ste Mangouste et je refais un autre essai.

Infructueux lui aussi. Alors je me dis que je ferai mieux d'essayer d'y aller à Poudlard, en passant par la Cheminée du Bureau d'Albus. Ça ira certainement plus vite de procéder ainsi.

Mais au moment où je vais lever mon vieux fessier, un éclat de rire mauvais retentit depuis l'Ecran fixé sur Cooper et ses jeunes complices, qui ont pris quartier dans le salon de Voldemort.

« Ne nous fait pas languir, dis-nous ce que tu as fait mon amour ! » s'exclame une grande godiche rousse, en se collant contre Cooper.

C'est donc elle, la fameuse Ysolte Shaw, la maitresse de ce saligaud !

« J'ai une grande nouvelle à fêter, mes amis ! Une nouvelle qui va vous réjouir ! Et qui rendra notre Maître très fier de moi, lorsqu'il l'apprendra ! Mais avant que je vous l'annonce, verse donc nous un Whisky Pur Feu, Zac ! Que nous puissions trinquer tout de suite à mon heureuse et victorieuse entreprise ! » répond Cooper, en se redressant sur le sofa, le visage fendu d'un sourire jusqu'aux oreilles.

Et le regard tellement jubilatoire et triomphant, que j'en ai des suées froides.

Pour sûr qu'il a assassiné quelqu'un ce petit salaud ! Quelqu'un d'important à ses yeux et aux yeux de Voldemort. Cette pensée me dresse les cheveux sur la tête et me met les poils droits sur tout mon corps.

Je crois que je ne veux pas savoir tout compte fait. J'ai trop peur de ce qu'il a fait. Oui, je ferai mieux de partir. Ce qu'il va annoncer va me plomber définitivement le moral. Me faire très mal, j'en suis sûr. Je le sens dans toutes les fibres de mon vieux corps.

Mais bien sûr je ne parviens pas à me lever. Mes jambes molles et tout mon vieux corps tremblant sont en plomb tout à coup.

Le Whisky est versé maintenant et tout le monde tient son verre en main. Cooper lève le sien et prend l'air solennel.

« Mes amis, buvons ce verre avec délectation, pour fêter la mort de… » commence-t-il, regardant ses sales complices à la ronde en souriant largement, l'œil triomphant davantage encore, avant d'achever : « Ce vieux fou de Dumbledore ! »

C'est l'explosion de joie dans le salon, tandis que je ferme mes yeux sur le coup que je viens de prendre en plein cœur et que derrière moi se fracasse le plateau de thé, que Pétunia a laissé tomber sur son cri de surprise effrayée.

C'est ce que je craignais. Oui, maintenant je sais que c'est ça que je craignais qu'il fasse.

Albus…

Mon vieil ami de près de cent quarante ans est mort…

Mon vieux cœur doit se rendre à l'évidence, même s'il refuse encore d'y croire. Mon vieil ami a été tué en traître et par lâche procuration, par le rejeton de Voldemort.

Jamais je ne pourrai dire ça aux autres, qui attendent les nouvelles en Ecosse.

Non, je ne pourrai pas.

Mon vieux corps a trop envie de pleurer mon vieil ami qui vient de s'éteindre. C'est ma punition, pour avoir suggéré de donner le prénom Victor au petit. Et elle ne fait sûrement que commencer, me dis-je, dans une bouffée de sueurs froides.

« Qu'est-ce qu'on doit faire à propos de ça, Dedalus ? » me demande soudain Dudley, en posant sa solide main sur mon épaule.

Sa chaleur réchauffe mes vieux os. Et un peu mon cœur aussi. Dudley est un brave gamin. Il a deviné combien je tenais à mon vieil ami rencontré sur les bancs de l'Ecole et je vois bien qu'il est triste pour moi.

« Rien. On ne fait rien, gamin. Et surtout, on ne dit rien aux autres. Ça ficherait un coup au moral de tous ceux qui ne peuvent pas aller se battre et attendent les nouvelles, comme nous autres. » réponds-je, prenant sa main pour la serrer dans la mienne, afin de trouver la force de poursuivre : « Non, on ne fait rien. On va seulement rester là, à surveiller ces sales vauriens, en espérant avoir bientôt de vraies bonnes nouvelles. »

« D'accord. Mais baissons le son, alors. Ça enregistre de toute façon et puis, on pourra toujours le relever, si ça nous parait utile. » déclare Dudley, en allongeant sa main libre pour appuyer sur le bouton du son.

Je le remercie d'avoir pensé que nous n'avons pas besoin d'entendre les sales petites ordures rire et se réjouir, alors que nous, nous avons du chagrin pour mon vieil ami mort il y a quelques instants et que nous nous rongeons les sangs pour ceux que nous aimons, dont certains sont peut-être morts aussi déjà ou qui pourraient mourir dans les secondes, les minutes, les heures qui viennent.

Attendre des nouvelles bonnes ou mauvaises et que le reste de ma punition pour ma présomption me tombe sur la tête, je n'ai que cela à faire.

Mais un voile se déchire soudain dans ma tête. C'est des balivernes tout ça ! Et mon vieux cœur décide que non, je ne vais pas attendre là, comme ça, sans rien faire, à me lamenter et me raconter des sornettes ! On a appelé le petiot Victor, parce qu'on avait l'Espoir ! Alors le Ciel ne peut pas avoir permis qu'Albus soit tué par punition pour ça ! Non, certainement pas !

Albus est mort, parce que son heure était venue, c'est tout ! Et moi, je ne dois pas rester là, à le pleurer et attendre que d'autres meurent sans rien faire ! Parce qu'il y a une chose au moins que je peux faire !

Une chose que je veux faire !

Et tout de suite, encore !

OoOoOoO

Marian

Deux Barrières ont déjà été franchies par les Inferi. Pas mal ont été dégommés, mais malgré les Ceintures de Feu et les attaques aériennes à la Mitraillette Magique, beaucoup de ces saloperies sont passées aussi et vont très bientôt s'atteler à escalader le troisième obstacle.

Pour le moment, la Bulle tient le choc. Et c'est tant mieux. Car il y a bien assez d'ennemis déjà qui arrivent par les Berges. Alors on n'a pas besoin qu'en plus les Inferi envahissent le Parc.

Les Mangemorts arrivant par les rives quant à eux, ont compris qu'elles sont piégées également, qu'ils sont réellement tombés dans un traquenard géant. Mais ils ne font pas demi-tour pour autant, malgré les multiples invitations de King.

Je ne comprends pas pourquoi ils ne veulent pas rompre le Combat. Je ne comprends pas qu'ils ne rentrent pas vite fait chez eux, alors qu'ils se font emprisonner par les Mines Caméléon ou qu'ils tombent comme des Doxys un jour de grand nettoyage de printemps, fauchés par les Maléfices qui leur sont systématiquement renvoyés à la tronche.

« Putain, ils arrivent sur nous ! » murmure-je pour Théo, en désignant du doigt un groupe de Mangemorts qui tente sa chance en essayant de passer au large.

« Le gros rocher, à trois pas sur la gauche ! Ils seront bien obligés de le contourner et ils ne nous verrons pas, ni ne sentiront notre présence ! Alors on y va ! » souffle en retour Théo, qui attrape ma main sous la Cape d'Invisibilité de Harry et m'entraine aussi sec vers le rocher.

Nous nous planquons vite fait, nous faisant tout petits en nous serrant l'un contre l'autre et je renseigne Hermione sur la tangente qu'ont prise les Mangemorts. La réponse m'arrive trois secondes plus tard : les salopards vont être rabattus vers la Berge par le groupe de King, qui est composé de Membres de l'Ordre, Gobelins et Elfes de maison.

Alors Théo et moi-même faisons le tour du rocher, pour nous planquer de l'autre côté. Car il ne s'agirait pas que nous nous prenions un Sort perdu.

« Faut filer d'ici, remonter un peu plus haut vers Poudlard ! » chuchote-je pour Théo.

« Ouais ! Je m'occupe de nous transporter au niveau cinq ! » répond mon pote sur le même ton.

J'acquiesce à peine que Théo jette un Portus sur un caillou pour en faire un Portoloin. Et deux secondes plus tard nous sommes à l'abri derrière un autre rocher. Je jette alors un coup d'œil en arrière.

Les Mangemorts ont pris confiance en voyant qu'aucune galette ne se referme sur eux. Ils commencent donc à courir plus haut sur la Berge, encourageant les Crabes de Feu et Chimères à les précéder. Mais soudainement des Sortilèges fusent vers eux. King est entré en action avec son groupe. Alors les Mangemorts s'arrêtent aussi sec, se planquant derrière les rochers et commencent à riposter.

Et croyez-moi, ça canarde illico très fort dans le coin !

« Troisième Barrière franchie Marian ! Et on ne verra pas la progression au niveau quatre ! » s'exclame Théo, qui s'est occupé de suivre la progression dans le Lac.

J'envoie illico l'info à Hermione et Terry, espérant de toutes mes forces que Lee et Elinor verront ce qu'il se passe au niveau quatre, depuis la Berge Nord.

Je l'espère d'autant plus, que ça canarde très sec aussi, de leur côté.

Et je ne vous dis pas les colonnes d'ennemis qui dégorgent encore, d'un côté comme de l'autre.

C'est effrayant ! Proprement effrayant ! Ils sont bien plus nombreux que prévu, c'est sûr ! Au moins deux, peut-être même trois fois plus ! Où est-ce que l'affreux est donc allé chercher tous ces types et ces Créatures ?

C'est impensable qu'il y en ait autant !

Et on est vraiment dans le pire scénario, putain de merde !

Le pire du pire !

OoOoOoO

Harry

Trois fois que je retrouve Salazar plus ou moins loin de Poudlard ! Et trois fois que ce salopard s'échappe dès qu'il m'aperçoit !

J'espère qu'il ne va pas faire durer ce petit jeu trop longtemps ! Car à chaque minute perdue à cause de sa lâcheté, ce sont plusieurs membres de ma famille de cœur ou mes amis, qui risquent d'être blessés ou tués !

Sont sans doute déjà, blessés ou tués.

Je survole le Lac Noir, effectuant un rapide passage au-dessus d'une Barrière Végétale afin de griller des Inferi. J'espère que cela effrayera les Mangemorts, Vampires, Harpies et Trolls qui dégorgent encore des terres de Voldemort et qu'ils fileront d'ici.

Hélas, cela les laisse totalement indifférents. Ils poursuivent leur avancée comme si rien n'était.

Alors je file dans la direction où se trouve ce salaud et je l'aperçois finalement sur le flanc de la Montagne. En bonne compagnie bien sûr !

Je suis très loin au-dessus de lui et il ne me voit pas venir. Car son regard flamboyant de fureur est fixé en direction de Poudlard, observant la pénible avancée de ses troupes, qui rencontrent forte résistance.

« Vas y Mimi ! Fonce lui dans le lard ! Et tâche de le rabattre vers la droite ! » lance-je, par-dessus mon épaule.

« La nôtre ou la sienne ? » demande Mimi, en penchant la tête de côté, l'air grave.

« La nôtre. » réponds-je, prenant encore de la hauteur afin de me placer au-dessus de ma proie, avant de piquer sur elle.

Mimi file aussi sec, me précédant autant qu'elle le peut.

Et finalement je ralentis un chouia, pour lui laisser le temps de flanquer au moins quelques coups de poings glaciaux dans la figure de son assassin.

J'espère qu'il se payera un bon gadin en allant vers la droite ! Ainsi il ne me verra vraiment pas arriver et je pourrai peut-être enfin le coincer !

Mimi s'en donne à cœur joie. Et j'avoue que je m'arrête pour la regarder faire au moins durant deux ou trois secondes. Durant ce bref laps de temps, je ne sais combien de coups de poings et de pieds elle fait mine de flanquer en pleine figure de Voldemort, hurlant une multitude d'insultes à plein poumons. Mais toujours est-il que Salazar recule rapidement sous son assaut, sous l'œil abasourdi des Mangemorts impuissants à aider leur Maître à se débarrasser de ce Fantôme enragé.

Tout ce que deux d'entre eux peuvent faire, c'est le rattraper à temps pour lui éviter de dégringoler durement le flanc de la Montagne, lorsqu'il dérape sur le bord du sentier.

Je m'apprête donc à lui foncer à nouveau dessus, mais je m'interromps dans mon intention car quelqu'un vient de me devancer en s'exclamant : A l'assaut ! avec force et détermination.

Peeves !

Incroyable !

Peeves, le Heaume d'une Armure sur la tête, armé d'un Bouclier et d'une petite casserole en cuivre, a délaissé le Château dont il n'est pas sorti depuis des centaines d'années ! Et il a pris la tête d'un groupe de Fantômes qu'il jette à l'assaut des Mangemorts !

Et le voilà qui se joint à Mimi pour tourmenter Salazar, tapant à grands coups sur son ventre, son dos, sa poitrine et ses épaules avec sa petite casserole en cuivre !

« Laisse mon Ecole tranquille, face de gueux ! Je suis le seul autorisé à y mettre du désordre, tu m'entends ! » s'écrie-t-il, avec fureur, ponctuant chacune de ses syllabes d'un coup de casserole.

Et malgré l'heure si grave, je me sens pris d'un atroce fou rire nerveux.

Surtout quand Peeves se décide à taper de toutes ses forces sur les genoux de Voldemort, qui hurle sa rage et sa douleur en effectuant des bonds. C'est si comique, que Mimi cesse elle-même de frapper, pour regarder la scène poings sur les hanches et hurlant de rire.

Et ce qui devait arriver arrive. Le pied de Voldemort glisse sur une touffe d'herbe qui borde le sentier et il se retrouve à dégringoler la pente sur le cul, emmenant dans sa chute l'un de ses Mangemorts, auquel il a essayé de se rattraper et qu'il lâche vite fait pour tenter de se raccrocher à autre chose.

Je le regarde chuter et lorsqu'il se relève péniblement, je me décide à foncer vers lui, tandis que Ron flanque la débandade dans son groupe, jetant des Sortilèges à toute allure. Mon ombre tombe rapidement sur Salazar, qui lève vivement la tête vers le ciel.

Il est surpris de me voir arriver sur les terres cachées de son hôte, bien sûr ! Tout à sa rage, il n'a pas remarqué que ses Protections sont tombées en même temps que celles de Poudlard. Il se remet vite de sa surprise cependant. Et une fois de plus, il se Désillusionne et s'enfuit pour éviter le Combat.

« Sale lâche ! » hurlent de concert Mimi et Peeves, qui m'ont vivement rejoint.

Puis l'Esprit Farceur vient se planter devant moi.

« Retrouve-le ! Et fais lui passer le goût de la vie à ce grand mécréant qui ne respecte rien ! Moi, pendant ce temps-là, je vais retourner donner un coup de main au Château avec ma troupe ! » déclare-t-il, se mettant fièrement au garde à vous et faisant mine de sonner le rappel de ses troupes en soufflant, comme s'il s'agissait d'une trompette, sur le manche de sa casserole portée devant sa bouche en cul de poule.

Puis il effectue une cabriole et file vers le Château, suivi de sa troupe de Fantômes.

« Flanque-lui la pâtée à cet assassin ! Mais surtout, fais attention à toi ! Il ne s'agirait pas qu'il te tue aujourd'hui ! C'est lui qui doit mourir ! Pas toi ! » déclare alors Mimi, avec sévérité et faisant mine de me mettre un bisou sur la joue, avant d'ajouter avec beaucoup plus de douceur : « Je peux bien encore patienter un peu, avant que ton Fantôme ne vienne me rejoindre dans mes toilettes. »

Et elle file à son tour, prenant la direction du Lac.

Alors je jette le Sortilège de Localisation, afin de repartir en chasse de Salazar, laissant le soin à Ron de s'occuper de Nagini qui a quitté les épaules de son Maître, pour éviter les coups de casserole de Peeves.

OoOoOoO

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