Disclaimer : Cf chapitre 1

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Mega merci à Mistycal, ma super Beta

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Réponse sur mon forum au commentaire de : - Achevigny -

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Ultimes Sacrifices 3 / 11

Acte 4 : Putain De Bataille !

Bill

Bordel, quel carnage !

Ça fait quoi, six ou sept minutes peut-être, que la Bataille a commencé et on ne compte déjà plus les corps de Mangemorts et de Trolls écrasés par Graup devant les grilles !

Ni ceux des Membres de l'Ordre, Elfes de maison et Gobelins tombés sous les Avada et autres Maléfices tout aussi dangereux que nous avons durement essuyés.

Et, bien que les pièges tendus dans tous les environs aient fait preuve d'une belle efficacité jusqu'à présent, nous sommes encore largement en sous-nombre, par rapport à nos ennemis.

Sans doute parce qu'en faisant nos comptes, nous avons sous-estimé le nombre de Mangemorts encore anonymes, qui rentraient tranquillement dans leur foyer après les Attaques. Nous n'avons pas non plus ajouté les Partisans non marqués que Voldemort a fait chercher chez eux pour les engager dans la Bataille d'aujourd'hui.

Et puis, nous n'avions pas tablé sur les Trolls des Cavernes, auxquels nous pensions que Voldemort ne ferait plus appel après le fiasco d'Halloween. Or, il a récidivé aujourd'hui. Et, rien que par ici, ils sont au moins cent cinquante à deux cents à être entrés déjà dans le parc.

Combien y en a-t-il d'autres, dans la Forêt et sur les rives du Lac ? Où est-il allé les chercher pour qu'il y en ait autant ? Etaient-ils dans ses Cavernes depuis des années ?

C'est fort possible.

Ce n'est pourtant pas le pire. Non, car pire que tout, il a aussi amené des Chimères et Crabes de Feu qui arrivent par la Berge sud du Lac Noir, selon les dernières nouvelles reçues de Théo. Deux à trois cent de chaque. C'est à croire qu'il en a fait élevage depuis des années et des années, pour en avoir autant à disposition. Et je ne me fais pas d'illusion, il y en a sûrement autant, venant par l'autre Berge.

Et sûrement par d'autres côtés aussi.

Ça dégorge en très grand nombre de partout, selon la rumeur qui se propage comme une traînée de poudre dans nos rangs.

Alors forts de cela, les Mangemorts ne veulent bien évidemment pas baisser les armes et si nous sommes parvenus à tenir la zone jusqu'à présent, pendant combien de temps pourrons-nous encore le faire ?

Plus très longtemps, je pense.

Car pour eux, il est évident que c'est marche ou crève et ils tentent maintenant le passage en force en jetant une escadrille de Harpies en tête. Ces saloperies foncent droit sur nous, poussant leurs horribles cris aigus et nos Sortilèges ne leur font rien, bien évidemment.

« A vos Epées ! » ordonne-je donc, en sortant la mienne

Griborg répercute mon ordre à l'intention des Gobelins, bien trop fiers pour accepter jusqu'à présent, d'être commandés par de simples Sorciers. Griborg reste donc auprès de moi, afin qu'ils conservent l'illusion de garder leur indépendance.

De nombreuses têtes volent dès que les Harpies nous atteignent. Mais elles sont en nombre bien supérieur et surtout une bonne douzaine d'entre elles s'attaquent à Graup, le faisant reculer sous leurs assauts incessants qui visent ses yeux et si cela continue, il va finir par nous piétiner.

Je n'ai donc pas d'autre choix que d'ordonner un repli derrière la seconde ligne de défense.

« J'peux pas laisser Graupy tout seul ! » s'écrie cependant Hagrid, fonçant vers son frère pour le faire revenir avec nous.

« Je m'en occupe Hagrid ! » m'écrie-je à mon tour, le retenant par le bras à toutes forces.

Hagrid cède aussi vite. Il sait que ce ne sont pas des paroles en l'air et que je vais voler au secours de son frère. Il se replie donc et, tout en coupant deux têtes de Harpies coup sur coup, je siffle dans un sifflet qui n'émet aucun son, hormis pour les sensibles oreilles des Sombrals.

J'espère que plusieurs pourront venir. C'est plus sûr de chevaucher sur eux que sur un Balai, par les temps qui courent.

« Prenez quelques instants le commandement au sol, Griborg ! » m'exclame-je encore, faisant voler une nouvelle tête de Harpie, avant de baisser la mienne pour éviter un Maléfice de Mort.

Nous perdons la place. Les Mangemorts nous débordent par les côtés et sont en train d'envahir le Parc. Nombre d'entre eux s'envolent aussi et mènent Bataille dans les airs, prenant soin de rester hors de portée des Dragons de Feu.

Des Sombrals arrivent, se posant parmi nous et j'appelle les copains à les chevaucher deux par deux. Giovanni, un collègue et pote italien, saute dernière moi et nous nous envolons aussitôt, nous dirigeant vers Graup pour le défaire des Harpies qui l'assaillent toujours. C'est fait en trois tours de piste et Graup, se précipite aussitôt en direction de Hagrid, piétinant systématiquement tout ennemi se trouvant sur son passage. Même ceux enfermés dans des Mines.

Corne de bouc ! J'aimerai bien qu'un groupe puisse venir par ici, pour nous aider à repousser les nombreux ennemis qui franchissent encore les portes de Poudlard et dont nombres se dirigent aussi vers la Ferme Pédagogique, où ça canarde sec déjà.

Coup d'œil à la ronde dans un frisson. Car vu de là-haut, c'est encore pire de voir ce qu'il se passe au sol.

Du côté du Lac notamment. Où de très nombreux Inferi parviennent à franchir le troisième mur, malgré le feu nourri de Fred et son groupe. Je suis effaré, en voyant les centaines et centaines de Mangemorts qui dégorgent par les Berges. Ainsi que les six dizaines de Chimères et Crabes de Feu qui se dirigent déjà droit vers nous.

Putain de Bataille ! Il nous faut vite du renfort où on ne s'en sortira pas !

Je croise les doigts, espérant qu'ils arrivent en force. Le Directeur de Radio Sorcière a dû annoncer la nouvelle tout de suite quand l'Alarme s'est déclenchée, alors tous les Sorciers de Grande Bretagne en état de se battre, doivent déjà débarquer, n'est-ce pas ?

Et puis, ceux de Pré Au Lard ont dû comprendre immédiatement ce qu'il se passait, lorsque les Protections sont tombées. Sans doute sont-ils arrivés du côté du Terrain de Quidditch, me dis-je, un millième de seconde avant que mes cheveux se hérissent sur ma tête.

Corne bouc !

J'espère que c'est à cause de ce qui vient dans mon dos qu'ils le font et non pas pour me faire douter de l'arrivée à bon port, du message de Papa et des renforts de Pré Au Lard !

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Ginny

« Pestes de lâches maroufles ! Inutile de courir ! Vous n'échapperez guère à notre courroux ! » s'écrie le Chevalier au Catogan, filant de Portrait en Portrait à la suite de nos ennemis

Ouf, ça y est ! Enfin un peu de répit du côté de la Tour Gryffondor !

Nous avons neutralisé les Ânes Bâtés et la bonne trentaine de Mangemorts et Vampires venus leur donner un coup de main, après avoir explosé une fenêtre du couloir.

On a fait plutôt vite pour les avoir ces sales bêtes !

Bon, d'accord, ils n'étaient pas si nombreux comparé à tous les ennemis qui arrivent en force et en plus il y a trois Ânes Bâtés et une bonne poignée de Mangemorts qui sont parvenus à s'échapper. Mais on finira par les avoir ailleurs. L'essentiel, c'est qu'ils n'ont pas pu entrer dans Gryffondor. Et surtout, que nous n'ayons à déplorer aucune perte sérieuse. Juste quelques blessés légers, qui devraient pouvoir revenir au Combat.

« Ling ! Je sais que c'est complètement idiot, mais avec tous ces changements de dernière minutes et cette fichue pagaille partout, je ne sais absolument plus ce que l'on doit faire maintenant, de nos prisonniers ! » déclare Leanne, via son Miroir de Communication.

« Toujours comme prévu avant la Bataille : Labyrinthe d'Artemus via Serpentard, par Portoloin pour celles et ceux qui sont capables d'en fabriquer et sont munis d'un Badge du C.C.S.A.B.P.M. ou de l'Ordre activé par mot de passe ! Et puisque vous avez terminé de votre côté, il serait bon que quelques-uns d'entre vous se rendent immédiatement dans les Quartiers des Ânes Bâtés où il y a une douzaine de gosses menacés ! Des Détraqueurs ont trouvé le chemin pour y entrer ! Et ramenez les à Serpentard ! Gryffondor n'est définitivement plus opérationnel ! Une fenêtre est brisée et un bon paquet de Détraqueurs tentent déjà d'entrer, par là ! Alors on va abandonner la place qui est trop difficile à défendre désormais ! En revanche il faut absolument des renforts encore, pour surprendre les Mangemorts qui s'attaquent à la Grande Salle via la Salle des Profs ! Mais vous ne pourrez le faire qu'en passant par les Passages Internes ou par l'extérieur ! Serpentard aura sans doute aussi rapidement besoin d'aide ! Dans le Parc et la Forêt aussi il en faudrait ! » répond Ling avec urgence.

« Je prends le Quartiers des Ânes Bâtés ! J'y vais avec Colin, Dean et Seamus ! » propose-je illico tandis que Ritchie Coote nous tend immédiatement le Portoloin qu'il a déjà fabriqué, en ensorcelant un Tableau représentant une nature morte.

Le Portoloin nous emporte aussitôt et nous atterrissons très durement dans la Salle Commune des Ânes Bâtés. Je ne m'attarde pas au décor, car une trentaine de Détraqueurs sont déjà là, s'avançant dangereusement vers les gosses, recroquevillés les uns contre les autres.

Tremblant, gémissant et pleurant de terreur.

Et d'autres Détraqueurs arrivent encore. Ils dégorgent en masse, c'est certain !

Je suis prise du froid qui décuple rapidement en intensité. Je tremble aussi, incapable de jeter mon Patronus. Et je me retrouve soudain dans les Cachots Perdus, auprès de Draco et Théo dont les corps sont atrocement mutilés, pleurant sur eux car je suis incapable d'aller chercher du secours.

« Ginny ! Merde ! Réagis ! Faut repousser ces saloperies ! Pense à Théo ! T'as bien passé la nuit avec lui, non ? Alors pense à ça ! » me parvient comme dans un brouillard, la voix de Colin.

Théo ! Ma nuit avec Théo ! Oui, c'est à cela que je dois penser ! Théo, mon merveilleux Théo ! Si doux, si tendre, si attentionné !

Je me concentre sur la douceur de ses baisers, sur ses caresses qui me font frémir de désir, sur le plaisir qui explose et se répand dans tout mon corps.

Et je jette mon Patronus enfin, repoussant le froid très loin de moi.

« Allez, tous ensemble ! On les repousse dans le couloir ! Et dès que c'est fait, on se barricade ! » s'exclame Dean, produisant un effort pour diriger son Patronus et le mener comme un chien de berger qui rassemble ses moutons, afin de forcer les Détraqueurs à repartir vers le couloir menant vers la sortie.

Nous manœuvrons tous comme lui et après une à deux minutes d'efforts, les Détraqueurs sont enfin rejetés dans le couloir.

« Putain, Seam, qu'est-ce que tu fous ! On barricade j'ai dit ! » s'écrie Dean, alors que Seamus s'avance un peu dans le couloir.

« Pas sans avoir balancé des FeuxFous contre ces saloperies ! » répond fermement Seamus, avant de jeter trois ou quatre fusées au plus loin.

Puis il fait demi-tour et claque la porte sur lui, dans un petit concert d'explosions.

Dean et Colin s'occupent aussitôt de renforcer la porte et de la barricader en plus, avec ce qu'ils trouvent de plus lourd dans la Salle Commune : trois gros fauteuils seulement. L'endroit est spartiate tout compte fait, me dis-je sur un rapide coup d'œil à la ronde. Mais bon, on ne voit quasiment plus rien de la porte quand même.

« Je ne vois pas pourquoi vous vous embêtez à faire ça, alors que nous serons partis dans moins de dix secondes ! » commente-je, cherchant du regard ce que je pourrais bien transformer en Portoloin.

Il n'est plus question d'aller à Gryffondor et je n'ai pas un seul Portoloin préfabriqué pour aller à Serpentard.

« Pas la peine de t'embêter de ton côté à chercher de quoi faire un Portoloin ! Ni de Transplaner ! On a déjà essayé, mais ça ne marche pas ici ! Et je n'ai pas réussi à joindre le QG ! Les communications ne passent pas ! Ni avec Miroir, ni avec Bracelet ! » répond Seamus, sur une grimace.

« Merde ! » m'exclame-je, me frappant le front avant d'ajouter : « Merde, je ne pensais plus que c'est complètement bridé ici et qu'il y a des tonnes de Sortilèges et Maléfices qu'on ne peut pas produire ! »

« Personne n'y a plus pensé ! Et même si ça m'emmerde profondément de devoir faire ça, on n'a pas le choix : le seul moyen de fiche le camp d'ici en toute sécurité avec les mioches, c'est de démolir une partie du mur. » déclare Dean, qui sonde déjà le dit mur à la recherche du meilleur angle d'approche.

« Mais il n'y a plus que par-là, qu'on peut évacuer les gosses en toute sécurité ! Or si on fait ça et que les Détraqueurs passent notre petite barricade, ou plus tard des Mangemorts et autres saloperies de Vampires ou Harpies, Serpentard devra être condamné et notre QG avec ! » m'exclame-je, horrifiée à cette perspective.

C'est le pire scénario possible. Aurons-nous eu le temps d'évacuer tous les gosses, s'il se produit ?

« Je sais bien ! Mais tu vois une autre solution, toi ? » répond Dean, qui se concentre ensuite de nouveau sur sa tâche.

Le moindre faux pas pourrait nous coûter cher. Il ne faudrait pas que le plafond nous tombe sur la tête. Mais j'ai beau réfléchir, je ne vois pas quoi faire d'autre.

« Bon, je crois que c'est là, qu'il faut opérer ! » déclare soudainement Dean, tandis que je renforce la barricade avec quelques Sortilèges, de concert avec Colin et Seamus, sous le regard des petits Ânes Bâtés toujours serrés les uns contre les autres.

Ils nous regardent de travers malgré leur frayeur.

Je comprends qu'ils aient peur. La pierre nous communique les bruits de la Bataille qui a lieu dans le Lac et alentours, au-dessus de nos têtes. Ça raisonne sans cesse de bruits de détonations qui se répercutent en grondements sourds dans toute la Salle Commune. C'est terriblement angoissant.

Et puis, nous sommes dans une très mauvaise posture. Des Détraqueurs aux prises de FeuxFous sifflent leur agonie et ceux qui ne le sont pas pèsent sur la porte qui gémit sa misère, sous les coups répétés de leurs griffes glacées.

« On pourra toujours essayer de reconstruire le mur derrière nous, si on en a le temps ! » poursuit Dean, sur un soupir, avant de lever sa Baguette vers le mur construit par les Elfes de maison, il n'y a pas si longtemps, quand on y pense.

Mille Gorgones ! Les Elfes ! Mais bien sûr ! Eux peuvent Transplaner ici ! Et donc nous faire Transplaner aussi !

« Non ! Attends Dean ! J'ai une idée ! » arrête-je mon ami, avant de crier : « Dyna ! »

« Bien vu ! » s'exclame Colin, alors que Dyna arrive déjà.

« Dyna, il faut nous aider à aller de l'autre côté du mur ! » m'exclame-je avec inquiétude, car la porte a nettement craqué cette fois.

« Et ça urge ! » renchérit Colin, qui se tient tourné vers la porte justement, tâchant de la renforcer encore.

Elle gémit de plus en plus et j'ai bien peur qu'elle cède à chaque coup qui l'ébranle. Déjà, sur le peu qu'on peut en voir, des petits éclats de bois sont tombés, le froid glacial s'insinue par les interstices et ce ne sont pas les trois malheureux fauteuils amoncelés devant, qui vont arrêter ces saloperies de Détraqueurs.

Claquement de doigt. Dyna vient d'appeler des Elfes à la rescousse. Ils sont une douzaine à répondre à son appel.

« Allez les mioches, en piste ! On se barre ! Venez prendre la main d'un Elfe et ne la lâchez surtout pas ! » ordonne Seamus, en encourageant les gosses d'un signe de la main, à sortir du recoin dans lequel ils se sont réfugiés.

« Jamais je ne laisserai une de ces choses répugnantes me toucher ! » répond cependant l'un des gosses, en regardant les Elfes, l'air dégouté.

Je crois bien que c'est Ramon Ramirez, le petit frère de Carlos.

« A ton aise ! Si tu préfères le baiser du Détraqueur, je n'y vois aucun inconvénient ! » rétorque aussi sec Seamus, en se saisissant lui-même de la main d'un Elfe, qui le fait aussitôt Transplaner.

Ça fait réagir le mioche, qui jette un rapide coup d'œil vers la porte, franchement sur le point de céder cette fois. Et il se précipite pour attraper la main qu'un Elfe a vivement tendue vers lui.

J'en fais autant maintenant que tous les gosses sont partis et j'ai tout juste le temps d'entendre la porte craquer, avant d'être emportée de l'autre côté du mur.

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Draco

Merlin ! Je n'arrive pas à croire que le professeur Dumbledore soit mort !

Mais qui est l'enfoiré qui a fait ça ?! Nally a pourtant affirmé qu'aucun ennemi n'était à signaler dans les parages de la Tour d'Astronomie !

Serait-ce un traître caché parmi nous ?

Je ne parviens pas à y croire !

Et pourtant je dois me résoudre, parce que ne vois pas d'autre explication.

Je regarde Arthur fermer les yeux de mon ancien Directeur, le ventre tordu, la gorge serrée dans un gros nœud.

Et je retire brusquement mon Miroir de ma poche. S'il y a un traître parmi nous, je veux savoir qui c'est et partir en chasse de ce lâche assassin !

« Dis-moi tout de suite qui se trouvait dans les escaliers de la Tour d'Astronomie, il y a moins d'une minute ! » m'exclame-je, lorsque j'obtiens enfin une réponse de Magda.

« Je regarde ça dès que possible ! » répond-elle, s'éloignant vivement.

Puis je me précipite pour aider Arthur à porter le corps sans vie du professeur Dumbledore et nous progressons avec précaution sur les tuiles glissantes, nous dirigeant vers une lucarne que j'ouvre d'un coup de Baguette. Arthur soutient seul le corps du professeur Dumbledore, tandis que je saute dans le grenier après avoir rapidement examiné les lieux. Puis je réceptionne la dépouille de mon Directeur, qu'Arthur fait descendre vers moi avec précaution.

« Emmenons le dans sa chambre et nous irons ensuite chercher l'assassin tous les deux. » déclare-t-il aussitôt est-il descendu, renforçant la fermeture du vasistas, pour en interdire l'accès le plus longtemps possible.

Puis il entoure avec moi le corps de mon ancien Directeur de son bras, avant de tendre vers moi un Portoloin, qu'il vient de fabriquer avec une fiole de Potion vide.

Nous avons tous bu déjà au moins une Potion Revitalisante Renforcée. Car nous avons jeté un nombre incroyable de Patronus, durant les quelques minutes de notre Combat sur le toit.

J'acquiesce et pose mon doigt sur l'Artefact qui nous emmène dans le Bureau du professeur Dumbledore.

« C'est Felice Petham ! Je ne comprends pas, elle était censée donner un coup de main du côté du Club de Bavboules. » m'apprend enfin Magda, à peine sommes-nous arrivés.

Et soudainement des images se bousculent dans ma tête.

Felice Petham. C'est une fille de Poufsouffle qui fait partie du Groupement de Défense. Elle est très effacée, très douce et elle serait jolie si elle se mettait un peu plus en valeur. Et parce qu'elle lui jetait souvent des coups d'œil furtifs depuis juin dernier, Cooper se gaussait d'elle dans son journal, que j'ai lu intégralement lors du dernier séjour au Paradis, histoire de vraiment tout savoir de ce salaud.

« Est-ce qu'elle a croisé la route de Cooper hier ou ce matin ? Est-ce qu'ils se rencontraient quelques fois ces derniers temps ? Demande à Katie d'effectuer cette recherche en urgence ! » demande-je encore, car je veux savoir, je veux comprendre comment Felice Petham a pu tuer le professeur Dumbledore, alors que rien ne laissait présager cela de sa part.

Est-elle sous Imperium ? Ou est-elle une complice recrutée récemment ou dont Cooper n'aurait jamais rien dit dans son journal ?

« Pourquoi me deman… » répond Magda, l'air de dire qu'elle a autre chose de plus urgent à faire.

« Ne discute pas et fais-vite s'il te plait ! » la coupe-je, avec plus de fermeté, en observant le visage du professeur Dumbledore.

Il a l'air de simplement dormir et je m'attends à tout instant à le voir ouvrir les yeux. J'ai même le sentiment qu'il respire. Mais je sais que c'est une vue de mon esprit qui refuse encore la réalité.

« Ok ! Mais ça va prendre un peu de temps. Nous sommes débordés. » répond Magda, son visage s'éloignant aussitôt du Miroir.

Arthur me fait alors signe d'aller vers l'escalier qui mène vers les Appartements du Directeur. Nous le montons en portant dans nos bras le corps sans vie de cette homme qui fut le plus puissant et brillant Sorcier de ce siècle et qui est mort si bêtement aujourd'hui, tout simplement parce qu'il a ouvert une porte sans se méfier de ce qu'il y avait derrière.

Nous l'allongeons sur son lit et recouvrons son corps d'un plaid fleuri qui était plié sur un fauteuil, avant de fermer soigneusement les doubles rideaux et de sortir pour rejoindre le Bureau, où les Tableaux sont vides des Portraits.

Ils sont partis veiller sur les couloirs, sur mes amis et tous les Membres de l'Ordre, du Comité ou du Groupement de Défense, qui se battent actuellement contre nos ennemis.

« Felice a croisé Cooper tôt ce matin dans la Salle Commune des Poufsouffles. Et il est resté auprès d'elle pendant quelques minutes. Mais c'est tout. Rien d'autre depuis que la Carte Améliorée est en fonction. Mais pourq… » m'informe enfin Magda, qui a de toute évidence compris maintenant que quelque chose de grave s'est produit et tient visiblement à avoir réponse à ses interrogations.

« Ne pose pas de questions, Magda ! Je n'ai pas le temps de répondre ! Dis-moi simplement où elle se trouve actuellement ! » la coupe-je une nouvelle fois, avec plus de fermeté encore que précédemment.

Je ne veux pas que la rumeur court dès à présent que le professeur Dumbledore est mort ! Ça ficherait trop un sale coup au moral des copains et copines !

« Elle est encore dans l'escalier, en haut de la Tour d'Astronomie ! » répond Magda, le regard interrogateur et inquiet.

Mais je la laisse avec ses questions inquiètes, coupant net la communication, pensant que j'aurais mieux fait d'user de mon Bracelet et de communiquer directement avec Katie. Les choses auraient été plus simples avec elle. Elle n'aurait pas perdu de temps à poser des questions.

Non par manque de curiosité, mais parce qu'elle est plus âgée, plus aguerrie que Magda et que la situation étant prioritaire partout, elle n'aurait à aucun moment voulu perdre une seule seconde en questions, dont la réponse pouvait attendre la fin des Combats.

Arthur saisit une plume sur le bureau et il en fait un Portoloin, tandis que je jette un rapide coup d'œil sur la Maquette. Ça se bat dans tous les coins et c'est terrible à voir.

« Allons-y, Draco. » m'appelle doucement Arthur, tendant la plume vers moi.

Elle nous emmène à mi-parcours de l'escalier de la tour d'Astronomie et nous montons, après nous être Désillusionnés et avoir amorti nos pas d'un Sortilège qui garantit le silence de notre rapide ascension. Là-haut, la porte est de nouveau ouverte. Felice est sortie et elle se tient debout sur la margelle entre deux créneaux. Elle sanglote, tournant le dos au vide, à l'horizon et aux Combats qui font rage dans le Ciel de Poudlard.

Elle attend la mort !, me dis-je. Elle se sent coupable et elle attend que la mort vienne la faucher en punition !

C'est même miraculeux qu'elle soit encore en vie.

Une pression de la main d'Arthur sur mon bras. Il a deviné lui aussi que la situation n'est pas aussi claire qu'elle semblait l'être. Felice ne réagirait pas comme cela, si elle avait eu la volonté de nuire à Albus Dumbledore, de le tuer de son plein gré.

A-t-elle été mise sous Imperium ? Possédée ?

Arthur et moi-même avançons lentement. Nous devons l'attraper, l'empêcher d'être tuée. Mais lorsque nous franchissons le pas de la porte, une petite Alarme sonne.

« N'approchez pas ! Et montrez-vous ou je saute dans le vide tout de suite ! » s'exclame aussitôt Felice tout en pointant sa Baguette vers nous.

Sa main tremble terriblement. Je suis certain qu'elle n'userait pas de sa Baguette contre nous. Mais en revanche, je prends sa menace de sauter très au sérieux.

« Ne faites pas cela, Felice ! Albus Dumbledore ne l'aurait pas voulu. » déclare Arthur, avec une douceur attristée, en lâchant son Sortilège de Désillusion

Et tandis que je reste à couvert, m'avançant lentement vers Felice.

« Vous êtes deux, je le sais ! J'avais programmé l'Alarme pour le savoir ! Montrez-vous ou je saute ! » s'exclame cependant Felice et je lui obéis instantanément, certain qu'elle sautera, si je ne le fais pas.

« Je ne voulais pas tuer le professeur Dumbledore ! Je ne voulais tuer personne ! Mais il m'a obligé à le faire ! » s'écrie ensuite Felice, les larmes roulant sur ses joues.

Elle jette vivement un regard par-dessus son épaule et je suis tenté de courir vers elle pour la retenir. Mais je sais qu'elle percevra le moindre mouvement et sautera. Alors cela me retient.

« Nous savons, Felice. Nous l'avons tout de suite compris. Nous sommes-là pour vous aider à faire éclater la vérité. Alors s'il vous plait, descendez. Venez avec nous à l'Infirmerie. Vous nous expliquerez là-bas, ce qu'il s'est passé et nous irons arrêter le coupable. » demande Arthur, avec sa patience très douce de père bienveillant.

« Vous ne pourrez pas l'arrêter ! Il n'est plus à Poudlard ! C'est Franck Cooper ! C'est lui qui m'a fait faire ça ! Il a fait semblant de s'intéresser à moi ce matin ! Il m'a parlé ! Il m'a même embrassée ! Mais c'était pour mieux asseoir son emprise sur moi, maintenant je le comprends très bien ! Il a dû aussi en profiter pour me mettre sous Imperium ou quelque chose comme ça ! Je ne sais pas trop ce qu'il m'a fait, mais je suis sûre que tout à l'heure, il a pris Possession de mon corps ! J'ai lutté ! Tout ce que j'ai pu, j'ai lutté ! Je voulais le dire aux autres, mais je n'ai pas pu le faire ! Et il m'a obligée à venir jusqu'ici ! Il m'a forcée à lever ma Baguette quand le professeur Dumbledore a ouvert la porte, il m'a fait jeter un Avada Kedavra vers lui ! J'ai résisté, mais je n'ai pas réussi à détourner ma Baguette, à empêcher les mots de sortir de ma bouche ! » révèle Felice, dans un récit entrecoupé de sanglots.

« Nous vous croyons Felice. Et en vérité, ce n'est pas votre main, ni votre bouche, qui ont tué Albus Dumbledore. C'est Franck Cooper le coupable et nous allons vous aider à le prouver. Alors je vous en prie, venez avec nous ! » répond Arthur, toujours aussi doux et patient.

« Non ! » s'écrie Felice, sanglotant plus fort que jamais : « Non ! Je ne viendrai pas ! J'attendais que quelqu'un vienne pour pouvoir expliquer tout ça ! Je voulais que tout le monde sache que je ne voulais pas faire ça ! Mais j'ai été trop stupide et trop faible pour résister ! Et maintenant, je sais que je ne pourrai pas vivre avec ça sur la conscience ! Alors s'il vous plait, dites à mes parents, mes frères et sœurs que je les aime ! »

Et nous n'avons pas le temps d'ouvrir la bouche, ni d'esquisser le moindre geste, qu'elle se jette brusquement en arrière.

Alors bien sûr nous nous précipitons pour tâcher de la retenir d'un Sortilège, mais il est trop tard déjà quand nous nous penchons par-dessus les créneaux. Le corps de Felice s'écrase lourdement au sol. Totalement disloqué.

Et je maudis Cooper.

Je jure qu'il payera ça !

Je le jure de tout mon cœur !

De toute mon Âme bouleversée !

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Terry

Vraiment pratique la Branchiflore, pour respirer sous l'eau et nager plus vite, grâce aux mains et pieds palmés.

Mais ce n'est pas top en revanche, pour tirer et recharger les Mitraillettes Magiques, me dis-je, en rattrapant de justesse mon nouveau chargeur, avant qu'il n'échappe à ma vue.

Mon Bracelet chauffe et je le porte devant mes yeux afin de déchiffrer ce qui est écrit. Ça devient coton aussi pour le faire ça, avec l'eau souillée par tous les Inferi que nous avons déjà fait imploser. Par leur déplacement aussi, qui a beaucoup remué la vase du fond.

Cinq secondes avant que la troisième barrière soit franchie, m'apprend-on. J'en informe les Tritons et Sirènes, qui le disent à leur tour aux Strangulots et au Calmar Géant.

Ce n'est pas du luxe, de les avoir tous avec nous. Ils défendent leur territoire avec acharnement et sont bien attentifs à nous aider, quand c'est le moment de dégager la place. En nous agrippant par la taille, ils nous permettent de partir à reculons en tirant quelques dernières salves de Mini Bombincinerus, pour réduire encore des Inferi en cendres.

C'est toujours ça en moins à devoir affronter la fois suivante.

Ceci dit, heureusement que là-haut on nous donne un bon coup de main aussi. Sinon, il y a beau jeu que nous aurions été débordés.

Voilà, ça saute par ici. Comme à chaque fois nous attendons que les Inferi aient repris leur stabilité et viennent vers nous, avant de tirer. Au moins, nous sommes assurés de ne pas les manquer.

C'est terrible, de penser que ces corps d'hommes, femmes et enfants sont deux fois victimes de la guerre. Et je sais que cela nous fait mal au bide à tous, d'anéantir ces morts. Mais nous n'avons pas le choix. Ce sont eux ou nous.

Cette fois encore des Mangemorts sont passés avec eux. L'un d'entre eux me fait face, Baguette au poing. Il sait sans doute déjà qu'il n'a pas grande chance de me toucher, car les Maléfices ne peuvent avoir une trajectoire stable avec tous les remous que génèrent les implosions et les déplacements des centaines d'Inferi qui ont été jetés à la baille pour venir nous attaquer. Je me demande pourquoi il s'acharne. Il suffit qu'il jette sa Baguette et se rende, pour avoir la vie sauve. Ou qu'il fasse demi-tour.

Alors pourquoi diable s'obstine-t-il ?

Je ne cesse de me poser la question.

Le Maléfice fuse, mais il est dévié quand des Strangulots attrapent le Mangemort et l'entrainent vivement vers le fond, où ce sont des Sirènes et Tritons qui vont s'occuper de lui. C'est ainsi que nous procédons depuis le début. Les copines, copains et moi tuons les Inferi, tandis que les Sirènes et Tritons s'arrangent des Mangemorts quand ça leur est possible. Ils les maintiennent prisonniers sous l'eau et ils seront relâchés lorsque la Bataille sera terminée.

Enfin, s'ils ont assez d'air pour pouvoir survivre jusque-là.

« Ton amie ! Vite ! Un Mangemort l'a débordée et elle est blessée ! » s'exclame soudainement Mimi Geignarde, arrivée il y a peu.

Une sirène m'attrape par la main pour m'entraîner à sa suite dans la direction indiquée par Mimi, tandis que mon regard s'écarquille d'horreur.

Putain ! Merde ! Non ! Lavande !

Lavande a eu la gorge tranchée et sa vie s'échappe à flot de sa gorge, tandis qu'elle tente désespérément de la retenir. Je suis très vite sur place et j'applique aussi sec un pansement imperméable sur sa gorge, une bulle d'eau autour de sa tête, puis saisis son Portoloin et le place dans sa main, avant d'activer le mot de passe.

Sera-t-elle seulement encore en vie, à son arrivée ?

Je n'en sais rien. J'ai peur que non.

Je dois me résoudre à l'évidence que certainement non.

Putain de Bataille !

« Ne cherche pas ! Le Mangemort a été pris par le Calmar. Il l'a rejeté de l'autre côté de la Barriere ! » s'exclame Mimi en voyant que je cherche des yeux le salopard qui a tué Lavande.

« Viens vite ! Il faut partir ! Les morts arrivent sur nous ! » s'exclame tout de suite après la Sirène

Et aussi sec, elle m'agrippe par la taille, m'entraînant à reculons, tandis que j'arme de nouveau ma Mitraillette, tirant à vue sur tout ce qui bouge.

Et tant pis s'il y a un Mangemort dans le tas !

Il n'avait qu'à jeter les armes, quand il a compris qu'il était pris au piège !

OoOoOoO

Fred

Putain ! Fais chier cette saloperie ! J'y tiens à ma tignasse, merde alors !

C'est déjà assez que j'ai une guibolle en moins, sans en plus devenir complètement chauve parce qu'une Chimère m'aura grillé la peau du crâne !

Bon, qu'est-ce que je peux bien trouver pour anéantir ce monstre furieux. L'Epée c'est bien, mais faut s'approcher d'un peu trop près à mon goût. Arc et flèches, efficaces aussi. Mais pas pratique quand on est dans les airs, à moins d'être en duo. Or, on n'est déjà pas assez nombreux pour distraire ces sales bestioles et les amener face aux flèches des archers embusqués dans les rochers, pour se risquer en même temps à faire la chasse.

Nan ! Vraiment, ce n'est pas possible ça. On ne peut pas être chasseur et chassé en même temps.

Allez, Fredo, dépêche-toi de pondre une idée géniale. Parce que ça urge-là !

C'est là que Georges me manque bien, tiens ! Parce que je suis peut-être le plus beau et le plus intelligent de nous deux, mais il faut reconnaître tout de même, qu'il stimule bien mon intellect et que mes idées géniales fusent plus vite quand on est ensemble.

Bon. Qu'est-ce qu'il me dirait Georgio Fol Œil, s'il était là ?

Ben il me dirait que non, ce n'est pas moi le plus beau et intelligent de nous deux, mais lui-même.

Et qu'est-ce que je lui répondrais ?

Ben que c'était vrai peut-être avant qu'il ait la gueule cassée en Suède, mais que ça ne l'est plus maintenant.

Il se foutrait alors de ma patte folle. Et ça finirait de toute façon, qu'on se mette d'accord sur le fait qu'à nous deux on fait un Génie complet, un mec parfait et une parfaite doublure de Maugrey Fol Œil en même temps.

Mais trêve de plaisanterie, Fredo la malice. Ça va mal par ici et il faut vraiment, vraiment, vraiment que tu te surpasses. Parce que même si sans Georges tu n'es plus qu'à demi génial, tu restes quand même beaucoup plus intelligent que la moyenne.

Alors ces Chimères, comment je pourrais faire pour les abattre plus facilement, qu'en jouant les rabatteurs pour les archers, pendant que les copains et copines s'occupent des Inferi ? Faisons le point. Qu'est-ce que j'ai sous la main, qui pourrait servir de base à une idée super géniale ?

Mitraillette Magique, non. Ces bestioles ne volent pas très longtemps mais si elles poussent une pointe, ça gâchera des cartouches. Alors mieux vaut garder ça pour les Inferi et les Vampires. Ceintures de Feu, idem, elles parviendraient sans doute à s'échapper et ce serait aussi du gâchis pour rien. Bombes Larmoyantes Extra Fortes ? Déjà essayé, pas super efficace, loin de là. La chaleur dans les yeux, elles supportent à haute température déjà quand elles crachent leurs flammes. Les FeuxFous, elles s'en amusent.

Me reste que les Grenades. Mais à moins de la leur enfoncer directement au fond de la gorge, il y aurait beaucoup de gâchis itou. Or, on n'en a pas trop déjà comme ça. Et je n'ai pas envie, mais alors pas envie du tout, de me risquer de leur foutre le bras dans la gueule, pour leur enfoncer une grenade bien profond dans la gorge.

Tiens, ça me fait penser à Draco et le fameux coup de bol qu'il a eu, en éjectant l'une des balles de golf de l'oncle Vernon direct au fond de la gorge d'une Bestiole du Diable. M'étonnerait qu'on puisse réitérer un coup pareil, à moins d'avoir une Chimère coopérante sous la main et de s'entraîner à fond la caisse avec elle.

Et ça, c'est loin d'être gagné. Autant essayer d'apprendre à danser à un Troll.

Un Troll… Ah ! Putain ! Mais voilà, je la tiens mon idée ! Suffit de jeter sur cette Grenade le même Sortilège que Georges et moi on avait jeté sur un Cognard, pour qu'il soit programmé uniquement à l'intention de ce Troll de Marcus Flint !

Bon, d'accord. Cette idée on l'a eue grâce à Dobby, qui en avait fait autant avec Harry quelques jours auparavant.

Mais ce n'était pas le même Sortilège. Nous, on a fait dans le nettement moins flagrant et plus efficace. Personne n'a rien vu, quand nous l'avons fait. Et on a pratiqué seulement un jour où c'était l'entraînement des Serpentards. En match, on ne l'aurait pas fait. On n'est pas des tricheurs, nan mais !

Allez, zou, je me colle à faire un essai.

Putain ! C'est gagné, ça marche super ! Plus sûr que les flèches !

Ben mon Fredo, là, t'as vraiment été un pur génie à toi tout seul !

Mais trêve d'autosatisfaction. Comme dirait Georges, maintenant que tu as trouvé un moyen sûr d'en venir à bout de ces sales bestioles, faut que tu files le truc à quelques-uns des gars en bas. Comme ça, ça ira plus vite à les dégommer ces saloperies de Chimères.

Quelle putain de Bataille quand même !

OoOoOoO

Minerva

« Nous allons mourir ! Nous allons mourir ! » s'exclame Sybille, quand retentit un terrible bruit de verres et boiseries brisés, à peine avons-nous fait trois pas dans les Passages Internes.

Elle s'agrippe tellement à mon bras, que je ne parviens pas à me dégager de sa prise pour aller porter assistance à Luna Lovegood. C'est donc avec un vif soulagement que je vois celle-ci entrer et refermer soigneusement le Tableau sur elle.

Elle semble d'un calme à toute épreuve cette jeune fille, mais la pâleur de son visage et son regard m'indiquent qu'elle est en proie à un profond désarroi. Je repousse donc Sybille, avec suffisamment de rudesse pour parvenir à échapper à sa grippe.

« Luna ? Qu'est-il arrivé, pour que vous soyez si pâle ? » demande-je avec inquiétude, en posant ma main sur son épaule.

Il faut qu'elle en parle, qu'elle évacue un peu ce désarroi qui égare ses yeux, même si je ne doute pas que tout doit être parfaitement clair dans sa tête et qu'elle est prête à réagir aussi vivement que l'exige la situation.

« Piers Taylor devait mourir, professeur. Alors je l'ai tué, en l'envoyant dehors sous le feu de l'Avada Kedavra d'un Mangemort. » répond-elle, avec cette douceur chantante qui la caractérise.

Une torsion provoque une brève mais vive douleur dans mon ventre, tandis que ma poitrine se fait trop étroite. Je comprends tout à fait le désarroi de cette si douce jeune fille et qu'elle vient là d'accomplir ce qu'elle devait pour nous sauver la vie à Sybille et moi-même. A d'autres également assurément.

Piers Taylor. Ce vaurien était un assassin en herbe, qui n'aurait éprouvé aucun regret, aucun remords, que du plaisir à torturer et tuer tout élève rencontré sur son chemin. Même les plus jeunes, il se serait fait un plaisir de les tuer dans d'atroces souffrances.

« Vous avez fait ce qu'il fallait, Luna ! J'en suis absolument convaincue ! » déclare-je donc, mon regard vrillé sur elle, avant de la serrer avec chaleur dans une brève étreinte.

Son regard revient parfaitement dans le présent et elle me fixe, la tête un peu penchée.

« Je sais, professeur. Et nous devons maintenant porter secours à d'autres toutes les trois. » répond-elle, le regard beaucoup plus présent maintenant.

Et je comprends alors que le désarroi que j'ai vu transparaître dans son regard était aussi lié à une nouvelle Vison. Je hoche donc la tête et me tourne vers Sybille, recroquevillée contre le mur, toute tremblante, le regard totalement égaré d'affolement paniqué, la respiration hachée. Il me prend en la voyant ainsi, l'envie de la secouer avec vigueur !

Je me contente de lui asséner une petite claque très sèche, pour la sortir de sa panique et ramener son attention vers moi. Ce qu'elle fait, portant sa main à sa joue, ses yeux encore un peu égarés embués de larmes.

« Voyons, enfin, reprenez-vous Sybille ! Ne restez pas là, plantée à me regarder avec des yeux de chouette hystérique ! Secouez-vous bon sang ! Miss Lovegood a fait ce qu'il fallait pour nous sauver la vie, à nous maintenant d'aller en sauver d'autres ! C'est la moindre des choses que nous puissions faire pour la remercier et mériter la faveur qui nous a été faite d'être sauvées ! » déclare-je sèchement, tandis qu'elle me regarde de ses grands yeux incertains brûlants de larmes.

« Sauvées ? Nous sommes sauvées Minerva ? » demande-t-elle, obéissant dans un automatisme à l'ordre de marche que je lui donne en la poussant fermement dans le dos, mais tournant son visage vers moi pour ajouter encore : « Vous êtes certaine, Minerva ? Dans les Tarots, la mort rôdait autour de moi, prête à m'agripper. Et les Tarots ne mentent jamais. »

« Bien sûr que la mort rôde autour de vous ! Nous sommes en pleine Bataille, Sybille ! Mais ce n'est certainement pas en vous terrant dans un placard, que vous allez la persuader d'aller prendre la vie de nos ennemis plutôt que la vôtre ! Quant à vous agripper, elle en avait certes l'intention, mais grâce à l'intervention de forces supérieures, son plan a été déjoué par Miss Lovegood ! Alors vous allez me faire le plaisir de reprendre totalement vos esprits dès à présent et de vous préparer à vous battre avec courage, comme tout le monde le fait déjà partout dans Poudlard ! » réponds-je, en la pressant de soutenir le rythme de marche rapide que nous impose la jeune Luna, qui nous a vivement dépassées.

« Mais, me battre ? Comment ? Je ne sais pas faire cela. » balbutie Sybille, dont le corps tremble toujours comme un petit oiseau blessé.

« Bien sûr que si, vous savez vous battre ! Vous avez appris à vous défendre quand vous étiez vous-même Elève et ce sont des choses qui ne s'oublient pas, Sybille ! Et puis, vous n'êtes pas une chiffe-molle que diable ! Alors haut les cœurs ! Prenez bien votre Baguette en main et sus à l'ennemi, Sybille ! C'est à votre tour, de sauver des vies ! Ainsi en ont décidé les forces supérieures ! C'est pour cela que votre vie a été préservée et que vous bénéficiez de leur Protection ! Parce qu'elles estiment que vous recelez en vous les capacités de sauver d'autres vies ! Alors faites leur honneur pour la confiance qu'elles vous accordent ! Et la faveur dont vous bénéficiez ! Relevez le front bien haut et préparez-vous à donner l'assaut à l'ennemi ! » m'exclame-je avec rudesse, consciente de dire n'importe quelles sottises, pour tâcher d'insuffler un peu de courage à ma collègue.

Et surtout, éminemment agacée d'être à l'abri ici dans ce Passage Secret, au lieu de me tenir auprès de mes Elèves pour bouter l'ennemi hors de nos murs !

« Il faut sortir ici, professeur. » déclare Luna, d'un ton très bas, alors que nous venons de finir de descendre un escalier.

Et j'impose aussi vite silence à Sybille, en plaquant ma main sur sa bouche qui allait protester une fois de plus, lui intimant l'ordre de se taire. Luna ouvre précautionneusement la porte qui permet accès aux Appartements de Nally et Severus, puis elle se dirige vers le Bureau, dont elle entrouvre la porte.

« Vous nous avez peut-être piégés mais on vous aura tous quand même, sales pourritures ! On ne va pas se laisser faire et on vous fera la peau à tous ! A tous, vous m'entendez ! » s'écrie plus loin dans le couloir, une voix que je reconnais sans peine.

Scott McTavish ! Cet infâme vaurien qui a trahi ma Maison ! Et qui ose en plus se poser en victime ! Ah ! Décidément, il faut tout entendre ! Mais il ne perd rien pour attendre ce grand escogriffe idiot ! Car je lui réserve une belle surprise de mon cru !

Toutes les trois descendons maintenant silencieusement l'escalier menant dans la Classe de Défense Contre les Forces du Mal, dont la porte est dégondée. Et, tout comme Luna, je jette rapidement un coup d'œil dans le couloir, pour voir les dos de McTavish et quelques vauriens de son acabit mêlés à des Mangemorts et Vampires, qui attaquent furieusement un groupe composés d'Elèves du Comité et du Groupement de Défense.

Et je mets aussitôt mon idée à exécution, jetant un Sortilège pour faire venir à nous les Boucliers des Armures renversées. Je jette dessus ces Sortilèges de Protection Réflecteurs si efficaces que Nally nous a enseignés, tandis que Luna Ensorcèle des Heaumes et des Jambières de la même manière. Puis, après nous être rapidement toutes les trois équipées de cet attirail, nous nous mettons en marche avec trois Statues, quelques peu abîmées certes, mais qui nous serviront de boucliers supplémentaires si cela s'avère nécessaire. Sybille et moi-même armées de nos Baguettes et Luna de l'une de ces armes redoutables, dont les jumeaux Weasley sont les géniaux créateurs.

« Feu ! » m'exclame-je, lorsque nous sommes à distance adéquate.

Et c'est sans aucun état d'Âme, que je jette des Sortilèges sur cette bande d'envahisseurs indésirables, dont une belle part se retourne vers nous ! Mais cela ne m'arrête nullement ! J'avance sans faillir un seul instant ! Efficacement protégée par mon Heaume, mon Bouclier, mes Jambières Ensorcelées, la Statue et ma Baguette qui renvoient systématiquement les Maléfices à ceux qui nous les ont adressés !

Tout comme Sybille, qui semble avoir trouvé une belle confiance en soi soudainement et jette des Stupefix d'assez bonne facture. Et Luna, qui vise exclusivement les Vampires, les réduisant en cendres.

Forts de notre arrivée, les autres défenseurs éprouvent sans coup férir un regain d'énergie et c'est l'hécatombe quasi immédiate parmi nos assaillants.

Parmi les jeunes pro-Voldemort, Scott McTavish et Malika El Fassi, anciennement de Gryffondor, se voient tués par leur propre Avada Kedavra, ainsi qu'Iris Wallpurd, ex de Serpentard, tuée quant à elle par son Maléfice Eclate-tête. D'autres sont également terriblement blessés par leurs propres Maléfices et succombent faute de soins immédiats. Il s'agit de Marietta Edgecombe, Rosemary Leeveson, Arthus Thickness et Marjorie Oken, qui se sont rapidement vidés de leur sang, après avoir été très vilainement lacérés ou amputés.

Cela me brise le cœur de voir ces jeunes vies ainsi fauchées.

Mais il l'est bien plus encore lorsque nos ennemis capitulent devant nous, prenant la poudre d'escampette en s'esquivant en Balai par l'une des fenêtres béantes.

Car alors, je constate les décès de mon collègue, Horace Slughorn, ainsi que de Blanche Walton, Elys Marsh, Morag McDougall et Alan Chaucey, quatre braves et intelligents jeunes gens dont leurs camarades et amis évacuent immédiatement les corps sans vie.

Quelle terrible misère !

OoOoOoO

Ron

Je ne me prive pas de passer en rase motte des Mangemorts que les Fantômes viennent de délaisser pour partir à la suite de Peeves et qui s'enfuient en courant.

Bon sang ! Jamais je n'aurais pensé que je me taperais un fou rire comme ça, alors qu'on est en pleine Bataille !

Mais voir l'affreux se faire cogner dessus par Mimi Geignarde puis avec une casserole par Peeves, c'était trop burlesque, trop impayable.

Le Vert Gallois que je chevauche menace les fesses de quelques Mangemorts et ils s'empressent de se carapater, trébuchant et tombant finalement tête la première. Sûr qu'ils ont cru que j'allais les faire griller. Comme si c'était notre genre !

Bien sûr, Voldemort / Salazar l'aurait fait lui. Il aurait profité de l'énorme avantage que représente un Dragon, pour griller tout le monde sur place !

Pas nous. Les Inferi seuls seront cibles des Dragons, lorsque Charly, Nadya et les Elfes de maison auront enfin fini leur travail sur la Barrière qui emprisonne l'affreux. Et je suppose aussi que mon frangin et ma belle-sœur profiteront de chevaucher un Dragon, pour tâcher de faire fuir les Chimères auxquelles nous ne nous attendions pas.

Pour le reste, Charly et Nadya se battront à la loyale, comme chacun dans nos rangs.

J'effectue maintenant un demi-cercle serré pour rejoindre Harry. Et naturellement, ça ramène mon regard vers Poudlard. Quand je vois ce qu'il se passe de ce côté, je suis bien tenté de foncer là-bas pour donner un bon coup de main à ma famille et mes amis. Mais mon job, c'est de rester auprès de Harry.

Et de m'occuper de l'infernal Serpent de l'affreux.

« Nagini s'est fait la malle de son côté ! » s'exclame Harry, lorsque je le rejoins, avant de filer en direction du Nord.

Sortilège de Localisation. Nagini n'est pas très loin d'ici, caché sur le flanc de la Montagne.

Je redescends donc, filant vers ma proie qui s'est réfugiée dans un amas de rochers. Putain de saloperie ! Je vais devoir soulever tout cet énorme tas de roches, pour le mettre à jour et le tuer !

Je pose pied au sol, demandant en Elfique à mon Dragon de rester à proximité. Et je me dirige vers les rochers, les dégageant un à un en les envoyant rouler plus bas. Beaucoup plus bas. Car il ne s'agirait pas que Nagini parvienne à se sauver jusqu'à eux et que tout soit à recommencer.

Mais cette sale bête a dû comprendre que j'en ai après elle et que sa seule chance de s'en sortir, c'est de me tuer. Car elle surgit soudainement, tous crocs dehors, sifflant en crachant son venin, venant vers moi en une reptation incroyablement rapide.

Il peut venir, ce salopard de Serpent ! Et même essayer ses crocs sur mon cou, mes bras ou mes cuisses s'il veut ! J'ai mon Armure complète en peau de Foërlick sous mon treillis. Je ne crains donc rien de ses crocs.

Mais ça aussi, il a dû le deviner. Car il me fouette soudainement d'un bon coup de queue. Je m'attendais cependant à ça. Et au lieu de l'esquiver, je m'accroche à lui. Il enroule aussitôt ses anneaux autour de mon ventre et de ma poitrine, serrant très fort, pour m'écraser.

Il peut y aller ! Ça ne me fait pas peur ! Parce que j'ai aussi prévu ça et me suis donc protégé d'un Bouclier extra solide.

Voilà, il approche sa sale gueule de mon visage. Il va essayer d'arracher mon Heaume. Ou de m'avaler tout cru ce gourmand qui a les yeux plus gros que le ventre. Comme s'il pouvait avaler un gars de ma taille et de mon poids !

Mais je ne vais pas me plaindre qu'il s'y essaye, car c'est exactement ce que j'escomptais !

Je peux y aller à mon tour. A cette distance, je ne le raterai pas. Car maintenant que ses anneaux sont bien enroulés autour de moi, il ne pourra plus esquiver si facilement. Même s'il tente de reculer sa sale gueule, il ne pourra pas le faire assez vite ! Ni assez loin ! Car la portée de mon bras sera largement suffisante pour compenser son éloignement !

Je tends la main vers le sol et l'épée que j'ai jetée dans l'herbe avant de commencer à dégager les rochers, me saute dans la main. Un mouvement ample et c'est fini. Nagini a perdu la tête et ses anneaux se relâchent, me libérant avant même qu'elle soit tombée au sol.

Mission accomplie ! Nagini n'est plus !

Salazar ne pourra plus ni communiquer avec l'affreux par son intermédiaire, ni emmener son Esprit se réfugier dans son corps !

Il ne me reste qu'à rejoindre Harry. Espérer également, que Salazar cesse d'éviter le Combat à tout prix et que cette putain de Bataille prenne fin au plus vite.

OoOoOoO

Kevin Entwhistel

Dès les abords de notre Salle Commune libérés des Ânes Bâtés que nous avons tous faits prisonniers, je demande à un Elfe de condamner définitivement les lieux de tout intrus, puis entre dans les Passages Internes, à la suite d'Anthony et Mehdi, pour aller aider les copains de Poufsouffle.

Les pauvres ne s'en sortent pas avec les Ânes Bâtés qui ont trouvé refuge dans les cuisines, car ils doivent aussi défendre le couloir qui mène là-bas, les Détraqueurs ayant vite forcé le Filet du Hall situé de leur côté et des Mangemorts se mêlant également de la partie maintenant.

Nous avons eu la chance qu'aucun Mangemort ne soit venu chez nous, bien qu'ils aient croisés les alentours au dehors. Mais Serdaigle n'est ni une place stratégique comme peut l'être Poufsouffle situé au rez-de-chaussée et dont les fenêtres ouvrent sur une grande cour intérieure, ni un lieu symbolique comme le sont Gryffondor et Serpentard.

« Anthony, tu es sûr de pouvoir arriver jusqu'aux cuisines en passant par-là ? Je croyais que cette entrée avait été condamnée ! Et ça n'est pas balisé non plus ! » me souviens-je brusquement avoir entendu raconter, quand Ron nous a fait visiter les Passages Internes.

« Ouais ! J'ai demandé que le Moine Gras vienne nous rejoindre à l'intersection de Poufsouffle et qu'un Elfe de maison libère l'ancienne entrée des cuisines ! » répond Anthony, qui crapahute comme un bon.

Ok. Ça va le faire alors. On va pouvoir prendre ces abrutis d'Ânes Bâtés à revers. Du moins je l'espère !

« Vite les enfants ! Par ici ! » s'exclame soudainement le Moine Gras, qui attend un peu plus loin devant nous.

Il n'est pas seul. Quatre Gryffondors et cinq Poufsouffles sont avec lui.

« Il n'y a que vous trois ? » demande Ritchie Coote, en fonçant déjà à la suite du Moine Gras.

« Ouais. Les autres sont partis donner la main du côté des Club de Bavboules et de Jeux de société Moldus ! » répond Mehdi, en sortant déjà des petits chapelets de Pétards Métamorphosants de sa poche.

Je me demande brièvement de quelle gamme il s'agit. Si c'est Régal sur la Banquise, il faudra se dépêcher de déployer nos filets. Car nous ne disposerons pas de beaucoup de temps pour pêcher nos prisonniers.

Des bruits sourds se répercutent dans les murs. Ça barde salement dans les cuisines, me dis-je, en ralentissant pour m'arrêter tout à fait cinq mètres plus loin.

« Attends avant d'ouvrir. Il faut d'abord jeter un coup d'œil, pour savoir comment les autres sont placés. » chuchote Ritchie, en posant sa main sur l'épaule de l'Elfe de maison qui s'apprêtait à claquer dans ses doigts pour libérer le Passage, tout en jetant un coup d'œil vers le Moine Gras.

L'Elfe acquiesce et le Moine Gras passe sa tête au travers du mur, tandis que Medhi distribue des petits chapelets de Pétards, nous recommandant d'en balancer au moins trois ou quatre par tête de pipe, afin d'être certain de ne pas rater notre coup.

Il précise qu'il en a de toute façon plus qu'il n'en faut dans son sac à Malice, pour piéger la moitié des salopards venus nous attaquer.

Il exagère, bien sûr. Ce serait trop beau si on avait assez Pétards même à nous tous, pour piéger seulement le quart de nos ennemis !

« C'est bien ce que je pensais, ils vous tournent le dos ! Il en y a quatre à gauche, deux devant et huit à droite ! » nous apprend le Moine Gras dans un murmure, lorsque sa tête est revenue avec nous.

« Parfait ! Vas y, débloque le Passage. Et s'il te plait, n'oublie pas de huiler les gonds de la porte, qu'ils ne nous entendent pas entrer derrière eux. » chuchote Ritchie, en direction de l'Elfe de maison.

Un claquement de doigt et le mur qui condamnait l'accès se volatilise. Les bruits résonnent aussi sec d'autant plus fort. Et l'Elfe de maison effectue un autre claquement de doigt, faisant cette fois apparaître une burette d'huile, qu'il verse généreusement sur les gonds de la petite porte qu'il vient de révéler.

« Ce serait bien si tu pouvais condamner l'accès de Poufsouffle, pendant qu'on s'occupe des Détraqueurs et des Mangemorts et qu'ensuite tu reviennes pour condamner aussi les cuisines. Car il ne faudrait pas que l'ennemi trouve les Passages Internes, n'est-ce pas ? » chuchote encore Ritchie, vers l'Elfe de maison qui acquiesce de la tête.

Puis il ouvre la porte, sans qu'elle fasse le moindre bruit.

Le plafond est drôlement bas. Va falloir qu'on courbe sacrément l'échine pour pénétrer dans la cuisine. Et c'est un véritable capharnaüm aussi. Des casseroles volent à vitesse folle entre les deux camps, interdisant aux tirs d'aboutir. Ça n'empêche pas les Maléfices de fuser abondamment, de la part des Ânes Bâtés, les Sorts rebondissant méchamment sur la batterie de cuisine.

Ritchie passe le premier, puis Anthony, bibi, et les autres après moi.

« Rendez-vous, bandes de traîtres ! Vous ne pourrez pas indéfiniment repousser les nôtres dans le couloir, ni nous empêcher de vous avoir ici ! Alors autant capituler tout de suite vous ne croyez pas ! » s'exclame Geoffrey Sandhurst, qui, si j'en juge le ton de sa voix, a l'air de drôlement s'amuser que mes potes soient en si mauvaise position.

Comment peut-il être joyeux, quand le cadavre d'Ali Ben Soussan git à deux pas de lui ? Et celui de Susan Bishop à trois pas ?

D'après ce que je peux constater, ils se sont vidés de leur sang tous les deux ! Or je n'ai pas le sentiment, que les autres Ânes Bâtés ont tenté de les aider. Aucun n'a de sang sur les mains. Aucun n'a de sang sur lui tout court, apparemment. Putain ! Comment c'est possible une affaire pareille ? Comment peut-on être aussi indifférent au sort des siens ?

« Misérable cloche ! » s'exclame Medhi, en jetant un Pétard qui pète immédiatement au contact du dos de Sandhurst.

Et comme nous en avons tous fait autant sur ses comparses, c'est une jolie pétarade qui ponctue son exclamation. Et un Régal sur la Banquise qui saute et tressaute aussitôt, gueules des poissons s'ouvrant et se fermant avec affolement à la recherche d'oxygène.

« Filets ! » s'exclame Anthony, alors que je jette déjà le mien sur le gros maquereau qu'est devenu Mark Tothyll.

Ce qui, entre nous, lui correspond très bien. Car je suis sûr que ce gars finira tenancier de maison close dans le quartier Sorcier louche d'une petite ville quelconque.

Enfin, s'il sort un jour de taule !

« Je vais faire emmener les cadavres chez Tatie, quand les cuisines seront fermées aux intrus. Mais qui se dévoue dès à présent pour emmener ces fumiers dans le Labyrinthe d'Artemus, pendant qu'on tient la place, le temps que l'Elfe de maison ait condamné Poufsouffle et l'entrée d'ici ? » demande Ritchie, alors que Keith Petrie et ses gars redoublent d'efforts auprès de la porte donnant sur le couloir.

Ils balancent dedans un max de FeuxFous, jettent des Sortilèges à tour de bras aussi.

« J'y vais ! J'aurais dû de toute façon aller organiser les évacuations là-bas, après l'abandon de Gryffondor. Tu viens avec, Kevin ? » répond mon pote Kyle Harrison.

Je hoche la tête pour acquiescer.

« Attendez une seconde ! Nous allons vous faciliter la tâche ! » intervient cependant Mehdi, jetant aussi sec un autre pétard sur Sandhurst qui reprenait déjà forme humaine et redevient illico poisson.

« Bonne idée ! » sourit Anthony, qui en fait de même avec la petite peste de Phedra Karadès.

Nous en faisons autant sur les autres et deux secondes plus tard, c'est chargé de cinq filets de pêche contenant chacun un ou deux poissons, que Kev et moi-même débarquons dans la fameuse Salle au Trésor miteuse de Serpentard, nous trouvant nez à nez avec Messire Salazar en personne.

Nous ne posons aucune question à Messire Salazar, sur sa présence ici. Nous nous dépêchons en revanche de libérer nos prisonniers des filets que nous tenons à récupérer, car ils auront sûrement encore leur utilité. Puis nous balançons les poissons dans le Labyrinthe, dont Messire Salazar vient d'ouvrir l'entrée.

« Etonnant qu'il n'y ait eu personne derrière le mur ! » commente-je alors, sincèrement surpris.

« C'est parce que je me charge moi-même de les repousser jusqu'au Sortilège de Confusion qui les amène à s'aventurer dans les méandres du Labyrinthe. Et croyez bien que je n'ai aucun mal à les persuader de reculer sous la seule influence de mon regard le plus sévère. » répond alors Messire Salazar, de sa voix la plus sépulcrale et le regard rieur.

Un regard cependant qui change d'expression pour adopter effectivement une sévérité glaciale, avant qu'il se tourne vers le mur pour le traverser.

« Je veux bien croire que ça doit leur faire tout drôle, de se retrouver tout à coup face à lui ! » sourit Kevin, avant d'entrouvrir la porte pour s'assurer d'un coup d'œil que le passage jusqu'à la Salle Commune de Serpentard est libre.

Il l'est. C'est même très calme dans le coin. Tant mieux. Ça va permettre d'évacuer les gosses en toute sécurité ça.

Pourvu que ça dure !

Ouais, je sais. Je me fais des illusions.

Ça va sûrement péter gros dans pas longtemps.

Bien pour ça que je me dépêche tout de suite pour filer un coup de main aux amis, qui redressent les barricades qui ont déjà bien morflé.

OoOoOoO

Hugh Pygott

« Il faut déjà que je prenne un instant de répit les gars ! Je vais demander qu'on me remplace ! » annonce-je, totalement essoufflé et suant des gouttes grosses comme mon poing.

Il faut dire que nous avons produit déjà un sacré nombre de Patronus, pour tenir les Détraqueurs éloignés des Filets. Du côté couloir Poufsouffle, ça a craqué depuis quelques temps déjà et ces saloperies ne cessent de dégorger par la fenêtre cassée. Malgré les Illusions posées sur les fenêtres, la chair fraîche que nous représentons doit les attirer drôlement.

Il faut qu'on tienne coûte que coûte cependant ! Parce qu'il y a encore pas mal de monde à évacuer de la Grande Salle, du peu que j'en sais. Or ça canarde aussi très sec, du côté de la Salle des Profs.

Aucun Mangemort n'est encore passé dans le couloir depuis cette Salle, mais je ne serais pas étonné qu'elle soit bien envahie déjà.

« Jette une fusée, avant de dégager, Ok ? » me demande Gabe, qui n'est déjà plus en grande forme non plus.

Pas plus que Ben et Eddy, d'ailleurs.

C'est dingue ! Nous avons tenu bien mieux que ça lors de la Bataille du Poudlard Express. Mais bon. C'est vrai que les Patronus ça exige beaucoup d'Energie.

« Je vais demander qu'on vous relaye aussi. » déclare-je, plaçant ma Fusée entre les mailles du Filet, avant de l'actionner et l'envoyer au plus près des Détraqueurs.

Elle fuse droit devant, se jetant dans le paquet de Détraqueurs qui s'avançaient dare-dare, maintenant qu'il y a un Patronus en moins. Puis je cours vers la Grande Salle, y arrivant au moment où la Porte s'ouvre sur Miranda.

« Le couloir est enfin dégagé côté Serpentard ! On en profite pour évacuer tous les gosses, avant que les portes de communications avec la Salle des Profs ne cèdent ! » s'exclame-t-elle, sortant en courant, en tête de file d'une bande de gamins de deuxième et de troisième années, qu'encadrent également des quatrièmes et cinquièmes, Baguette au poing.

Les plus jeunes sont plus que pâles, mais donnent vaillamment tout ce qu'ils peuvent pour suivre le rythme rapide que Miranda impose.

Mon amie a raison : ça cogne dur contre les portes de communication avec la Salle des Profs. Et il est plus évident encore quand on se trouve ici plutôt que dans le couloir, que ça se bat farouchement de l'autre côté.

« Scatmander ! Viens me remplacer à la Protection des Filets ! » appelle-je, avant de héler quelques autres gars, Comité et Groupement de Défense mêlés.

« Je viens aussi ! » s'exclame Jon Savage, fonçant Baguette au poing.

Il manque pas mal de copains à l'appel. Ils auraient dû être là pourtant, afin d'escorter les mômes jusqu'aux Salles Communes et rester avec eux pour défendre l'accès aux ennemis, jusqu'à ce que le dernier des élèves non majeurs soit parti. Le professeur Slughorn et Madame Pince non plus, ne sont plus là. J'ai pourtant seulement vu Monsieur Rusard fermer la marche de l'important groupe emmené par Miranda, Miss Teigne à ses côtés.

Mais je ne me pose pas de question à ce propos. Si les copains, Madame Pince et le professeur Slughorn ne sont pas là, c'est qu'il y a une bonne raison pour ça.

Merde, j'ai soif ! Et ce n'est pas la Potion Revitalisante qui va aider à me désaltérer ! Cependant avec tout le fatras qu'il y a ici, je ne pense pas trouver grand-chose à boire. Je m'approche néanmoins d'une cruche renversée de côté, près de la Table des Serpentards, espérant qu'il y ait encore un petit fond d'eau ou de jus de citrouille à boire dedans.

Je devrais plutôt dire ancienne table de Serpentards, parce qu'elle est renversée de côté, salement fendue et trouée à plusieurs emplacements. Et quand je me penche pour ramasser la cruche, mon œil est attiré par un bras inerte qui passe justement à travers l'un des trous. La cruche est vide. Je me décide donc à regarder d'un peu plus près à qui appartient le bras que je viens de voir.

Pearl Benson. La cousine d'Arthus. Décédée des suites d'un Vide-Entrailles que l'un de mes amis lui a sans doute retourné. Elle n'est pas la seule à être morte derrière la table. Saphira Casey, Carlos Ramirez et Lance Warrington sont côté à côte, non loin d'elle. Pas de sang. Rien qui indique une blessure. Avada donc.

Mon regard revient sur Pearl Benson. Arthus ne sera pas content, s'il vient à appendre que sa cousine est morte. Ils étaient promis l'un à l'autre depuis l'enfance, afin de réunifier la fortune familiale.

« Elle a dû être touchée en début de Combat, parce que lorsque cela a été terminé, on est aussi allés voir s'il y avait des blessés parmi les Ânes Bâtés et elle était déjà morte. » me souffle Megan, qui dégage des gravats et la vaisselle cassée dans un coin.

Ainsi que quelques autres filles et gars, tandis que d'autres montent la garde aux barricades faisant face aux Portes de Communications avec la Salle des Profs, qui ont été blindées avec une belle épaisseur de pans de table.

Ils s'apprêtent de toute évidence à mener un siège par ici. Mais il est vrai que la Grande Salle peut constituer une bonne base de repli.

Ou une bonne souricière, au choix.

Bref, c'est une place stratégique qu'il faut à toute fin garder.

« Des morts, on en retrouvera dans tous les coins après la Bataille. » réponds-je, l'air de dire qu'on ne pourra pas justifier chaque décès et qu'il n'y a donc rien à expliquer.

On se bat, c'est tout. Pour notre peau et celle de nos amis. De plus, ici il s'agissait de défendre des gamins sans défense.

Et puis, je n'ose pas demander s'il y a eu des victimes parmi les nôtres. Je n'ai pas envie de savoir avant la fin.

« Tu as raison. D'ailleurs, je pensais justement qu'il faudrait évacuer ces corps à la morgue de l'Hôpital de Secours. » murmure Megan, avant d'appeler Kano et de lui demander de s'en occuper.

Puis comme son Miroir vibre, elle le sort vivement de sa poche, tout en jetant un regard inquiet vers les portes de communication avec la Grande Salle, derrière laquelle ça canarde encore plus sec tout à coup.

« Des Mangemorts se dirigent vers l'escalier de la Tour Sud ! S'ils descendent par-là, ils vont arriver à proximité de l'entrée des Cachots dans cinq minutes maxi ! Or les gosses seront à peine passés à cet endroit ! Ils pourraient facilement être rattrapés et massacrés ! Il n'y a que chez vous qu'il y a des effectifs disponibles pour le moment étant donné que des Membres de l'Ordre et du Comité s'occupent de la Salle des profs depuis l'extérieur ! » s'écrie à toute vitesse Ling Niam affolée.

« On y va ! » m'exclame-je alors même qu'elle n'a pas terminé de parler, rameutant le tiers des troupes disponibles ici et engageant un autre tiers des autres à aller donner un coup de main dans le Hall, où le froid s'est un tantinet intensifié encore.

Une autre fenêtre a dû céder plus haut. Bref, peu importe. Il faut défendre la place c'est tout !

Celles et ceux du Comité qui étaient tous équipés d'un Balai, embarquent chacun quelqu'un du Groupement, et MacLaggen vient grimper d'autorité derrière moi. Puis nous filons au plus rapide, afin d'avoir le temps de préparer notre défense, pressant les gosses de courir plus vite encore, lorsque nous arrivons à leur hauteur. Et bien sûr, arrivés sur place nous n'attendons pas leur passage au pied de la Tour Sud, pour commencer à sécuriser au max les environs.

Les portes des Salles sont soigneusement fermées, les fenêtres du Couloir sont sécurisées avec des Illusions, des épaisses tables appelées depuis la Salle d'Etude la plus proche sont préparées pour être dressées en barricades entre les Statues que nous déplaçons pour consolider notre défense.

« Jetons des Fusées dans l'escalier ! Ça les gênera dans leur descente et avec de la chance, il y en aura quelques-uns en moins en capacité de nous attaquer, à l'arrivée ! » suggère Susan Bones, quand tout est prêt ou peu s'en faut, pour accueillir nos hôtes indésirables, qui ont commencé à descendre selon les derniers renseignements.

« Non ! Il faut garder les Fusées pour les Détraquemerdes et les Mitraillettes Magiques pour les Vampires ! Alors préparez plutôt vos Pétards ! Et quelqu'un d'autre que moi a bien des Galettes, non ? » oppose vivement Eddy, qui est déjà en train de sortir des Mines Caméléon de son sac à Malice.

« Ouais ! Tu sais bien qu'on en a tous dans le Comité ! J'ai aussi quelques Bombes Larmoyantes Extra fortes, grand format ! Et ça, on devrait en faire exploser dans la Tour tout de suite ! » répond Gabe, en sortant aussi son attirail.

« Ok, si tu as l'Antidote qui va avec ! Je n'ai pas envie d'être aveuglé par les vapeurs résiduelles qui ne manqueront pas de nous atteindre quand la porte s'ouvrira ! » acquiesce-je, recevant aussitôt son hochement de tête positif et un vaporisateur d'Antidote entre les mains.

« Où avez-vous donc eu tout ça ? » demande Allan Cadwallader, haussant un sourcil surpris et observant attentivement les munitions que nous avons sorties

Et alors que Miranda qui repasse auprès de nous, encourage vivement son groupe à faire plus fissa encore, car une clameur triomphale retentit là-haut vers la Grande Salle et que ça mitraille aussi sec dans des pétarades fortement nourries.

Je crois que cette fois au moins l'une des portes de communication avec la Salle des Profs a cédé et que nos potes sont salement aux prises de l'ennemi. Des Vampires au moins, puisque ça mitraille.

« Fabrication maison selon la recette Weasley ! Et avec des ingrédients payés grâce à l'argent du pari gagné contre les Ânes Bâtés ! » répond Gabe, tandis que des renforts nous arrivent depuis Serpentard et que je vaporise rapidement les yeux de chacun.

Gabe entrouvre aussi sec la porte de la Tour Sud, après s'être assuré qu'il n'y avait personne encore derrière, puis il dépose deux grosses Bombes sur les marches les plus hautes qu'il puisse atteindre, sans se risquer dans l'escalier en colimaçon.

Il recule ensuite d'un pas et jette deux Sortilèges. Le premier pour actionner les Bombes, le deuxième afin que les vapeurs montent rapidement jusqu'en haut, avant de redescendre et d'arroser les Mangemorts. Ainsi, ils croiront que cela vient d'en haut et non d'en bas et ils viendront d'autant plus vite se jeter dans la gueule du loup.

Gabe ferme la porte, un poil avant qu'on entende des cris et exclamations furieuses provenir de l'escalier.

« Nous avons intérêt à bien nous planquer ! Parce qu'ils vont peut-être être aveuglés et pleurer tout ce qu'ils peuvent, mais ils sont assez furax pour jeter quand même des Maléfices dans tous les coins et recoins quand ils vont débouler ici et comprendront qu'on les attendait de pied ferme ! » déclare aussi sec Ben, en indiquant de la tête les barricades qui attendent d'être refermées sur notre passage.

« Ouais ! Eh bien avec un peu de chance, ils n'auront pas le temps de le faire ! Maintenant que les gosses sont passés, on peut répandre nos autres pièges aussi ! » répond Eddy, qui engage les gars et filles du Groupement de Défense et du Comité à se répartir de chaque côté du couloir, avant de jeter des Mines Caméléon au sol.

Je recule avec lui, tandis que Ben et Gabe en font autant de l'autre côté du couloir, semant également des Galettes dans leur sillage.

Et nous nous mettons en planque, attendant le cœur battant et Baguettes prêtes à tirer leur jus, que la Porte s'ouvre. Ce qu'elle fait exactement quatre secondes plus tard, des Maléfices fusant aussi sec à l'aveuglette et nous ripostons pour les détourner vers le plafond quand nous le pouvons, dans le tas de Mangemorts quand c'est trop dangereux qu'ils se perdent n'importe où.

Cela n'empêche malheureusement pas Lewis Jorkins d'être salement touché d'un Maléfice qui le prive de quelques côtes. Neal O'Toole se charge immédiatement de récupérer ses os, puis d'emmener notre pote, vivement enveloppé dans un brancard par mes soins.

Nos adversaires sont très nombreux déjà à avoir dégorgé de la Tour, se déployant à droite et à gauche. Nos mines sont rapidement toutes refermées sur des prisonniers et finalement les Mangemorts aveuglés par leurs larmes qui sont encore dans l'escalier, tentent de remonter, oublieux ou ignorant qu'il ne permet que la descente.

Alors quand le premier fait demi-tour, les marches s'effondrent, formant un toboggan archi glissant exactement comme celui des dortoirs filles. Il ne leur reste donc qu'une solution s'ils ne veulent pas se faire tirer comme des lapins ainsi ils l'ont été jusqu'à présent : se planquer derrière leurs complices enragés prisonniers des Mines et continuer à jeter des Sorts à l'aveuglette.

Phillys Waterbird, l'air très fière malgré ses larmes d'arborer un badge sur lequel ondule la Marque des Ténèbres, finit par se manger son propre Avada. Même chose pour James Tothyll et Margry Palmer, tandis que cette salope de Mercy Fritz qui a si salement blessé Lewis, se prend maintenant un retour à l'envoyeur qui la prive des os de sa jambe droite.

De notre côté, malgré quelques blessés dans nos rangs, nous tenons bon. Défendant chèrement notre peau, jusqu'à ce que le dernier ennemi sorte de la Tour.

« A l'assaut ! A mort tous ces sales traîtres ! » s'exclame soudainement l'un d'entre eux.

Les autres font écho et se jettent en avant.

Mais à peine le font ils, qu'ils se prennent une formidable volée de Pétards Métamorphosant sur la tête et se retrouvent donc à caqueter, cancaner, cocoricoter etc…

Merci Gabe ! Car il a pris le risque insensé de chevaucher son Balai pour arroser nos ennemis de Pétards.

Nous sortons vite fait du couvert de nos barricades et nous Stupefixons toutes les volailles, avant de les emmener dans le Labyrinthe d'Artemus. Hormis Mercy Fritz, reconnaissable à sa patte blessée et ses gloussements douloureux, que Susan endort et emmène à l'Hôpital de Secours où elle recevra des soins, avant d'être enfermée dans un cachot.

Nos prisonniers jetés dans le Labyrinthe, nous ne nous félicitons pas de notre rapide petite victoire. D'abord parce qu'il y a eu cinq blessés sérieux parmi nous et ensuite, parce qu'en amont des escaliers, une fenêtre vient de céder. D'autres ennemis arrivent en force dans une clameur enragée et il nous faut à nouveau défendre l'accès à la Salle Commune et au QG.

Et les amis restés dans le Hall et la Grande Salle, devront assurément doublement défendre chèrement leur position aussi.

Quelle putain de Bataille ! Merde !

OoOoOoO

Dudley

Je me sens malheureux pour Dedalus. Et je ne sais vraiment pas quoi lui dire pour le soutenir dans son chagrin.

Alors je décide de me lever pour aider Maman à ramasser les dégâts causés par la chute du plateau de thé qu'elle nous apportait et qu'elle a lâché quand l'autre misérable assassin a annoncé avoir tué Albus Dumbledore.

Mais je n'ai pas le temps de ramasser un seul morceau. Parce que Dedalus se tourne tout à coup vers moi pour dire quelque chose qui me laisse sur le cul.

« Quoi ? » je demande, pas certain d'avoir bien entendu.

« Tu as bien compris, Dudley ! Tu vas être mon Ange Gardien, quand je vais aller fiche une bonne trempe à ce petit saligaud d'assassin ! » qu'il répète Dedalus, l'air décidé.

« Mais vous êtes fou ! Ils sont sept et vous êtes tout seul ! Sans compter qu'il y a aussi Bletchley, le père et la mère Carrow en plus ! Et les plantons aussi ! » je réagis, tous mes cheveux dressés sur ma tête et mes poils sur le corps.

« Dudley a raison ! Vous ne pouvez pas aller là-bas, Monsieur Dedalus ! Ce serait du suicide ! » qu'elle m'appuie Maman, qui est complètement pâle comme une morte depuis ce matin et pleure à larmes silencieuses maintenant.

Elle se fait un sacré mouron pour Harry. Et moi aussi je me fais du sacré mouron pour lui. Et pour Draco et tous les autres. Je ne me suis jamais senti aussi tremblant et impuissant de ma vie ! Aussi inutile surtout ! Ces derniers temps je pouvais encore leur rendre service, mais je ne leur sers à rien, aujourd'hui. Et ça me fait mal. Sacrément mal ! Alors je ne vais certainement pas laisser Dedalus me faire sentir plus mal encore que je le suis déjà, en le laissant faire une telle folie !

« Oh ! Mais je ne vais pas y aller tout seul ! J'ai d'autres amis qui se sentent inutiles en ce moment ! Et qui seront d'accord avec moi, pour dire qu'on ne peut pas laisser ces sales vauriens fêter impunément la mort d'Albus et de tous les autres qui ont perdu la vie déjà, ou sont en train de la perdre en ce moment même ! » qu'il s'exclame Dedalus, qui arrange et nettoie en deux coups de Baguette les dégâts du plateau de thé, avant de demander à Maman : « Alors s'il vous plait, Madame Pétunia, allez chercher du thé, nous en aurons besoin avant de partir. Et ne dites surtout rien à mes amis, quand ils arriveront. Je leur annoncerai moi-même la mauvaise nouvelle. »

Maman hoche la tête pour dire oui. Mais je vois bien qu'elle hésite. Pas pour aller chercher du thé, mais à tenter de dissuader encore Dedalus. Je crois seulement qu'elle a compris comme moi, qu'on ne pourra pas l'empêcher de faire ce qu'il a en tête et que le mieux qu'il nous reste à faire, c'est de l'aider comme on peut pour lui éviter malheur.

« J'ai jamais fait Ange Gardien. Et je ne suis pas sûr de savoir le faire. » je dis, quand Maman a quitté la Base.

« Tu sauras ! Il n'y a rien de compliqué à ça ! Il suffira que tu me dises dans le Micro ce qu'il se passe à la Gentilhommière. Si quelqu'un vient dans mon dos, par exemple. Tout ce que tu vois et qui pourrait nous coûter des ennuis à mes amis et moi. » qu'il répond Dedalus.

Après ça, il me regarde avec un air sévère, mais chaleureux en même temps, et il ajoute : « Et arrête de te sous-estimer gamin ! Parce que moi j'ai confiance en toi ! Et je suis sûr que tu seras parfait dans ce rôle d'Ange Gardien ! »

Ça me donne envie de pleurer ce compliment. C'est certainement parce qu'il est couplé à toute l'angoisse que je ressens aujourd'hui. Et je ne peux pas lui répondre, même pour lui dire simplement merci d'avoir confiance comme ça en moi. Alors je hoche seulement la tête, comme Maman il y a un instant.

« Allez, je vais rameuter mes vieilles connaissances ! » qu'il déclare Dedalus, en tapotant ma main, avant d'ajuster des Ecouteurs sur ses oreilles et d'appeler la Base d'Ecosse.

Il ne dit rien de la mort d'Albus Dumbledore. Il demande seulement que certaines personnes bien précises viennent ici, parce que nous avons besoin d'un petit coup de main. Il évite les questions comme un vieux renard et minimise les raisons de sa demande. Puis il remonte le son de la télé qui donne vue sur le salon, mais la met aussi vite en veille, me disant que l'une des personnes qui vont venir ne doit pas voir tout de suite ce qu'il se passe là-bas à la Gentilhommière.

Je comprends sans peine. Parce qu'il a demandé qu'un certain James Cooper vienne. Et je sais que cet homme, c'est le grand-père de Franck.

Dedalus prépare du matériel, pendant qu'on attend les autres. Ils arrivent en même temps que Maman avec le thé. Hestia aussi est montée. Je suis étonnée qu'elle soit encore là. Je la croyais partie depuis un bon moment, pour coordonner les arrivées des renforts à Poudlard.

A part elle, l'homme que je devine être James Cooper et une femme enceinte, ils sont tous très âgés. Je dirais qu'ils sont centenaires ou pas loin pour certains et bien plus que centenaires pour d'autres, j'en suis sûr de sûr.

Ils se posent visiblement des questions aussi et ont l'air inquiet, mais Hestia a l'air de se faire un plus sacré mouron encore qu'eux. Et elle va pour dire quelque chose, mais Dedalus commande déjà à tout le monde de s'asseoir avant de songer à poser des questions. Qu'ils n'ont même pas besoin d'en poser d'ailleurs, parce qu'il va tout leur dire quand ils seront installés.

Et quand ses amis sont assis, il se racle un peu la gorge avant de parler, juste avant qu'Hestia le fasse elle-même.

« Ecoutez, ce que j'ai à vous dire n'est pas facile. Alors autant que je le fasse tout de go. » qu'il dit, déglutissant sa salive avec difficulté, avant d'ajouter en osant à peine les regarder : « Notre vieil ami Albus est mort. »

« Dis-moi tout d'suite qu'c'est-y qu'c'est d'la blague ! » qu'il réagit l'un des hommes, l'air suffoqué et de ne pas vouloir croire ce qu'il vient d'entendre, tout en redoutant visiblement que ça soit bien vrai.

Les autres ont le même air. C'est normal. J'ai remarqué que ça fait ça à tout le monde quand on annonce qu'il y a une connaissance, un ami ou un parent qui est mort, alors qu'on ne s'y attendait pas du tout. Ça vous tombe sur la tête comme un gros coup de massue.

« Je voudrais bien, Fergus. Crois-moi, je voudrais bien. » qu'il répond Dedalus, avec un gros soupir plein de chagrin.

« Comment peux-tu savoir ça, quand aucune nouvelle ne filtre ? Pas même de chez Nally ? » qu'elle demande vite l'une des vieilles Dames.

Elle a les larmes aux yeux et d'un côté elle s'accroche à la main de la jeune femme enceinte, qui pleure des larmes silencieuses et de l'autre, à celle d'une autre très, très vieille femme. La plus vieille de tous les vieux amis, je suis sûre.

Hestia aussi, elle a les larmes aux yeux. Et tout son sang s'est retiré de sa figure. Elle tremble même de la tête aux pieds.

« On l'a su, parce qu'on surveillait la Gentilhommière. » qu'il répond Dedalus, en jetant un coup d'œil rapide vers l'homme que je pense être James Cooper.

Il semble avoir le souffle coupé. Et il a l'air tout à coup encore plus sacrément malheureux qu'il l'avait déjà en entrant dans la Base.

« Tu veux dire que mon gamin a quelque chose à voir avec ça. » qu'il souffle, en évitant tous les regards et en prenant machinalement la tasse de thé que Maman lui met dans sa main qui tremble.

« Mets-toi une bonne fois pour toute en tête que ce n'est plus ton gamin, James ! Et que dans le fond, il ne l'a jamais été ! » qu'il répond Dedalus et il ajoute après encore un gros soupir : « Et sors-toi de la tête que c'est de ta faute tout ça ! Tu lui as donné toutes les chances d'être un bon garçon ! Mais le malheur a voulu qu'il n'ait rien pris du bon de ta petite Lisbeth et qu'il ait déjà le diable dans le corps quand il est venu au monde. Alors tout l'amour que Britney et toi vous lui avez donné ne pouvait rien y changer. Ce n'est pas ton gamin, James ! Ni celui de ta fille ! C'est celui de Voldemort et c'est tout ! »

James Cooper dit oui avec sa tête, mais les larmes qu'il a dans les yeux disent le contraire. Il se sent coupable, très malheureux et j'ai de la peine pour lui. Maman avait le même regard, quand j'ai été arrêté l'été dernier et je sais qu'elle a souvent pleuré. Elle a même dit au juge que tout était de sa faute, qu'elle était responsable et que c'est elle qui devait être punie, pas moi. Et je suis sûr que Monsieur Cooper pense la même chose.

Dedalus explique maintenant que Cooper a pris possession de quelqu'un, pour tuer Albus Dumbledore.

« Ouais ! Ben te connaissant, mon vieux Dedalus, si tu nous as fait venir ici avec ma petite Penny, ce n'est pas juste pour nous dire qu'Albus est mort et que c'est le fils de Voldemort qui l'a tué. C'est parce que tu as une idée dans la tête. Alors vas-y, explique ! » qu'il intervient un très vieil homme qui n'a plus aucun cheveu sur la tête, mais une grosse moustache et des sourcils bien épais d'un blanc neigeux.

Penny, ça doit être pour Pénélope. Et il s'agit sûrement de la jeune femme enceinte. Ce serait donc elle, qui attend un enfant du frère mort de Ron ?

Sûrement.

« Je vous ai demandé de venir Charlus, parce que je ne supporte pas de rester les bras ballants à regarder ça ! » qu'il répond Dedalus, en actionnant le bouton de la télé qui donne sur le salon privé de Voldemort.

Tous les regards se tournent automatiquement vers la télé et les lèvres se pincent quand ils voient et entendent la fête qui se déroule là-bas.

« Ce s'rait pas qu'c'est y qu'tu nous as fait v'nir, parce qu'c'est y qu'tu voudrais aller gâcher leur fête ? » qu'il demande l'homme que Dedalus a appelé Fergus, tandis que celui-ci coupe à nouveau le son.

« Je ne vois pas pourquoi tu le demandes, Fergus, quand on a tous compris que c'est ce qu'il veut ! » qu'il déclare un homme avec un fort accent Irlandais, avant de regarder Dedalus, avec un air de reproche affectueux et d'ajouter : « Aurais-tu soudainement perdu la tête, pour ne plus te rendre compte que mis à part Pénélope, Hestia et James, nous ne sommes plus qu'un vieux tas de branches à demi-mortes ? Que veux-tu que nous fassions contre ces ordures de vicieux salopards, qui sont bien plus jeunes, vifs et alertes que nous ? Et en plus tu ne voudrais quand même pas que Penny… »

« J't'arrête tout de suite ! Pas question que Penny aille au-devant de ces petits cloportes venimeux ! Quant à nous, on est peut-être moins vifs que ces saligauds, je te l'accorde, Chad ! Mais nous sommes beaucoup plus malins et je dis que nous avons encore assez de cœur et d'énergie pour leur faire passer le goût de rire ! Regarde Algie et Rupert ! Ils se sont bien défendus contre les Mangemorts qui leur ont couru après à travers toute l'Europe ! » qu'il répond Dedalus, très résolu, en montrant deux autres hommes.

« Rupert et Algie ont trente-cinq ans de moins que moi qui en ai déjà quinze de moins que toi ! » qu'il se défend Chad, sur la réserve.

« Assurément ! Mais Albus ? Quel âge il avait Albus ? Le même que moi ! Ça ne l'a pas empêché de se battre à chaque fois que c'était nécessaire ! Et il a dû en remontrer à plus d'un encore aujourd'hui, avant de se faire prendre en traitre ! » qu'il s'exclame Dedalus, sur un ton convaincu.

« Dedalus a raison ! Ce n'est pas parce que nous avons de l'âge et que nous sommes un peu rouillés, que nous devons rester ici à ne rien faire ! Albus était un grand homme et je ne saurais souffrir de savoir que ces petits… ces petits… ces petits monstres assoiffées de sang, soient aussi irrespectueux envers lui et tous ceux qui se battent avec courage, pour sauver la vie des vieilles branches que nous sommes ! » qu'elle s'exclame l'une des vieilles femmes présentes.

« Bien dis, Muriel ! Et regardez les ! Ils ont l'air totalement imbibés de Whisky ! Ils ne devraient donc pas nous donner tant de peine, ces crapules ! » qu'elle l'approuve une autre dame âgée.

« Eh ben. Il s'ra pas dit qu'c'est y qu'le vieux McNamara aura été lâche, quand qu'c'est y qu'des Dames ont fait preuve de courage ! Alors vas-y, dis-nous donc ton plan, Dedalus ! » qu'il dit alors tout de suite le vieux Fergus, tandis que son ami Chad approuve de la tête, ainsi que les autres messieurs et dames.

« Dudley et Penny seront nos Anges Gardien et on va prendre ces petits saligauds en traître, comme c'est leur spécialité de le faire ! » qu'il déclare Dedalus, qui s'apprête à expliquer son plan en détails, avant que Madame Hestia le coupe.

« D'accord, il faut y aller et prendre ces petits assassins dans nos traitres filets, vous avez raison, Dedalus. Mais il y a une autre chose qui m'inquiète fortement. Et à ce propos, je m'étonne franchement que vous n'ayez pas été surpris de me voir encore ici ! Quoique vous avez peut-être essayé de me joindre, mais depuis tout à l'heure j'essaye moi-même d'avoir Poudlard à ce propos, alors peut-être que nos appels se sont télescopés et… » qu'elle commence Madame Hestia, avec beaucoup de nervosité, avant que Dedalus la coupe à son tour.

« Qu'est-ce que vous me racontez, Hestia ? Comment ça pas encore partie ? Je vous croyais au contraire déjà revenue ! Mais qu'est-ce que ça veut dire ? » qu'il dit brusquement Dedalus, qui ne semble pas savoir s'il doit pâlir d'inquiétude ou rougir de gêne d'être pris en défaut de ne s'être posé aucune question sur la présence de Madame Hestia ici, alors que c'est vrai qu'il ne l'avait pas appelée à nous rejoindre.

« Radio Sorcière n'a toujours pas annoncé que Poudlard est attaquée et que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues là-bas ! Quand j'ai vu les autres arriver dans la cuisine, j'ai cru que vous en saviez davantage à propos de cela et je suis donc montée aux nouvelles, après avoir demandé à Minko de rester à l'écoute et de me prévenir immédiatement si enfin le message était passé à la Radio ! » qu'elle répond très vite Madame Hestia, encore plus en proie au mouron que tout à l'heure.

« Temps qu'on y est, faut aussi qu'tu saches qu'c'est y qu'moi non plus, qu'c'est y qu'je n'ai pas réussi à joindre Poudlard, pour leur signaler qu'c'est y qu'à Pré Au Lard non plus qu'rien n'a bougé. A moins qu'Alfredus ait réussi d'puis qu'c'est y que j'suis ici, ils sont tous encore à s'comporter comme si qu'c'est y qu'rien n'était ! » qu'il ajoute le vieux qui s'appelle Fergus.

« Quoi ! Et c'est seulement maintenant que tu le dis ! » qu'il réagit Dedalus, jetant aussitôt un coup d'œil sur l'horloge de la Base, avant d'ajouter : « Nom de Morgane ! Ça fait un bon maintenant que tous les Sorciers du Royaume Uni devraient être sur les dents ! Et moi j'étais si préoccupé, que je n'ai pas fait attention à tout ça ! Alors les nôtres se battent tout seuls depuis le début de la Bataille ?! Mais bon sang d'bonsoir ! Je veux bien croire qu'à Radio Sorcière il y ait eu un contretemps ! Toujours possible là-bas qu'un partisan de Voldemort ai bloqué le message ! Mais pas à Pré Au Lard ! Ce n'est pas normal, ça ! Tout le monde de là-bas devrait être sur le pont depuis le début des hostilités ! »

Puis il jette un coup d'œil sur la télé, se lève très vite et tout en prenant du matériel d'équipement dans l'armoire, il se décide à dire encore :

« Les petits saligauds ne vont pas s'envoler et ils seront d'autant plus ivres dans dix ou quinze minutes. Alors on va passer par le siège de Radio Sorcière d'abord ! Il faut faire diffuser le message coûte que coûte ! Et toi Penny, tâche de contacter Poudlard ! Il faut absolument que tu signales ces anomalies à Nally ! Tous les mots de passe sont notés sur mon carnet, Dudley sait où il est. Alors Penny, ne lâche surtout pas l'affaire avant d'avoir eu quelqu'un en ligne ! »

Tout le monde est d'accord et ils s'en vont, Dedalus sortant en tête de leur petit groupe, tandis que moi, je me dépêche de prendre le carnet de Dedalus et de l'ouvrir sur la page des mots de passe.

OoOoOoO

Remus

Lorsque Bellatrix a débarqué par ici avec ses troupes, c'est à dire cent cinquante Baguettes au moins, quatre douzaines de Vampires, autant de Harpies et une trentaine de Trolls, nous en serions je crois facilement venus à bout, grâce aux pièges tendus tout autour et dans les bâtiments de la Ferme. Mais il a fallu que des Détraqueurs, Chimères, Crabes de feu et d'autres Trolls, Vampires, Mangemorts et Harpies viennent aussi s'en mêler.

Les immenses serres en plastique ont toutes fondu, laissant les champs de légumes à découvert et nous avons rapidement perdu notre petit avantage.

Plusieurs Membres de l'Ordre, également. Dont le père de Fleur, Florian Fortarôme, Sören et Nills, qui vient de tomber sous un Maléfice de Mort de Bellatrix.

« Nom de Zeus ! Cette fois je vais l'avoir, cette charogne ! » s'exclame subitement Sirius, avec une détermination telle dans le ton et sur le visage, que je ne réponds rien, ni ne cherche à l'empêcher de partir au-devant de Bellatrix, qu'il défie en Duel singulier, là, en plein champ de salades, devenu champ de Bataille.

Et Merde ! Cette salope répond à la demande, mais en bonne lâche qu'elle est, elle ne vient pas toute seule. Elle se fait accompagner de trois Mangemorts. Quatre contre un c'est trop facile pour eux. Mais un contre deux, ce n'est pas la mer à boire pour nous et on va s'en sortir aisément, me dis-je, sortant du couvert de l'étable où nous avions pris place, pour venir me placer vivement à hauteur de Sirius, engageant le Duel en même temps que lui.

Je tâche de me déplacer avec prudence parmi les salades, afin de conserver au mieux mon équilibre. En revanche, je joue des coups bas pour forcer mes adversaires à bondir de côté et d'autre, afin de les déséquilibrer tandis que je leur renvoie systématiquement leurs Maléfices. Ma Technique est beaucoup plus maîtrisée que la leur, je suis nettement moins fébrile que le sont ces enragés. Alors je joue au ping-pong avec eux, rejetant sa balle à chacun durant quelques coups et soudainement je change de tactique, en renvoyant la balle de l'un vers l'autre. Ça paye et l'un des Mangemorts touché s'effondre, hurlant de douleur en se tenant le ventre à deux mains.

« Harpie derrière, Rem ! » s'écrie dans mon dos la voix amplifiée de Cecyl O'Hara.

Je me jette aussitôt au sol, roulant dans les salades pour éviter un Maléfice et tirant mon épée de derrière mon dos de ma main gauche, tout en me relevant. Et il faut croire que j'ai une sacrée veine aujourd'hui, car je parviens je ne sais comment, à renvoyer le nouveau Maléfice qui vient vers moi, tout en décapitant la Harpie.

Et je crois que ça impressionne l'ennemi, ça. Car il recule de deux pas, Baguette incertaine en main. Alors j'avance vers lui, pointant mes deux armes dans sa direction.

C'est un jeune, un très jeune gars. Je le sens dans mes tripes. Il est venu là dans l'espoir de se sentir important et d'être vainqueur au moins une fois dans sa vie. Mais il a dû se rendre compte depuis le début de cette foutue Bataille, que la victoire ne serait pas aisée et maintenant, il doit se dire qu'elle est impossible.

« Tu te rends ? Si oui, jette ta Baguette et je te fais tout simplement prisonnier, comme nous l'avons promis à plusieurs reprises déjà. Sinon à ta guise, tu peux partir loin d'ici, rentrer chez toi en toute sécurité. Je ne suis pas du genre à attaquer dans le dos, alors tu peux prendre tes jambes à ton cou sans craindre quoi que ce soit de ma part. » déclare-je, avec fermeté.

Le Mangemort hésite. Mais finalement il semble pris d'une rage désespérée et il jette toute la puissance qu'il peut dans le Maléfice de Mort qu'il dirige vers moi. Je lui ai laissée sa dernière chance, il ne l'a pas saisie. Et il y a trop à faire par ici, pour que je lui en laisse une de plus encore. Car pendant ce temps, ce sont mes amis et mes alliés qui meurent autour de moi.

Alors je lui renvoie son Maléfice. Et je n'attends pas que le jeune Mangemort soit tombé pour tourner mon attention vers Sirius. Il est à trois pas de moi, se détournant de Bellatrix qui fixe le ciel de ses yeux encore écarquillés sous la surprise, d'avoir vu elle aussi son Avada Kedavra revenir vers elle pour la frapper.

« Allez, on peut s'occuper tranquille de ces charognes-là, maintenant ! » souffle Sirius, en pointant le doigt vers la Ferme.

J'acquiesce et nous partons de concert au petit trot, pour rejoindre l'étable assaillie par les Mangemorts, Détraqueurs, Trolls, Crabes de Feu et Chimères.

En plus grand nombre encore qu'ils l'étaient il y a quelques instants.

Putain de Bataille !

Je ne sais pas si on en sortira !

OoOoOoO

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V