Disclaimer : cf chapitre 1

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Gros bisous à ma beta, la merveilleuse Mistycal !

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OoOoOoOoO

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Ultimes Sacrifices 5 / 11

Acte 6 : Kamikazes

Daphnée Greengrass

Je n'en peux plus ! Je vais bientôt craquer !

J'ai tenu beaucoup plus longtemps que ça, dans le Poudlard Express et à Pré Au Lard aussi !

Mais ici, c'est bien pire que pendant ces Batailles-là. Dans le Poudlard Express les Vengeurs cherchaient seulement à nous blesser. Et à Pré Au lard, nous étions bien à couverts et nous sommes sortis de notre abri, seulement lorsque les Mangemorts ont reculé devant notre riposte très nourrie.

Ici, c'est nous qui reculons et perdons du terrain.

Parce qu'ils sont bien plus nombreux et qu'ils attaquent en force pour nous tuer.

Ils sont enragés ! Totalement ! Complètement !

C'est comme s'ils sentaient que c'est leur dernière chance de remporter la victoire et de faire valoir leurs idéaux pourris. Ils ont beau s'en être pris plein la figure avec nos pièges, ceux qui restent en lice refusent de rompre le Combat et ils s'acharnent avec une hargne, une rage renforcée à chaque minute.

Il y a des Détraqueurs également, qui nous mettent le froid et le désespoir au cœur. Des Vampires si rapides et forts.

Et avec ça, je ne peux m'empêcher de me faire horriblement du souci pour mon intrépide Colin, qui est parti donner un coup de main à Madame Chourave du côté des serres. Et puis bientôt nous devrons nous replier je ne sais où, alors que l'évacuation des élèves de quatrième et cinquième année n'est pas totalement terminée.

Le plus terrible encore, c'est de voir mes amis tomber les uns après les autres. Certains sont revenus déjà. D'autres ne reviendront sûrement pas, car leurs blessures étaient très graves. Et je ne reverrai jamais trois d'entre eux, c'est une certitude.

Alors au train où vont les choses, si les renforts que nous avons de nouveau demandés n'arrivent pas, ce sera bientôt la totale hécatombe dans nos rangs.

Car tout le monde est épuisé autour de moi.

« Putain ! Si seulement on pouvait tous les envoyer simplement se perdre tout seul dans le Labyrinthe d'Artemus, ces sales assassins enragés ! » murmure Geoffrey Digby, qui est revenu aussitôt après être allé se faire rapidement soigner une fracture ouverte du poignet gauche chez Tatie Nally.

Il en est revenu plus blême encore que lorsqu'il est parti et cela me fait craindre le pire.

Combien de nos ami il déjà dans la Chapelle Ardente, là-bas ?

Je n'ai rien demandé. Personne ne parle des morts. Mais je sais bien qu'il y en a d'autres que ceux que j'ai vus tomber de mes propres yeux : Gil Travers, Cicely Scott et Hamish Walters. Sous le coup d'un Avada tous les trois.

Verona Forbes et Alice Yatt devaient venir ici et nous donner un coup de main, après avoir repoussé les Détraqueurs suffisamment longtemps pour que les enfants soient évacués de la Grande Salle. Les enfants sont tous arrivés maintenant, mais Verona et Alice ne le sont toujours pas.

Je suis sûre qu'elles sont mortes !

Si elles avaient été seulement blessées ou même engagées à défendre un autre secteur ou la Grande Salle dans laquelle cela se bat farouchement aussi, Kevin O'Brian et Joyce Norton, qui sont venus à leur place, nous l'auraient dit, n'est-ce pas ? Au lieu de ça, ils ont éludé la question et se sont jetés dans la Bataille à corps perdu.

C'est si horrible !

« Ok, Geoffrey ! Si c'est ce que tu veux, alors on va essayer de faire ça. Trouve un moyen de rafler leur Baguette avant qu'ils entrent dedans et nous les attirerons par-là ! En attendant, Keith va mettre un Sortilège de Confusion sur le mur de la Salle Commune et une Illusion sur la porte de la Salle au Trésor ! Je ne veux pas que ces salauds les trouvent, si nous sommes obligés de reculer notre ligne de défense au-delà ! Tâche aussi en passant, de voir si tu peux trouver de quoi leur balancer sur la tête, dans la réserve de la Classe de Potion ! Des chaudrons feront parfaitement l'affaire par exemple ! » ordonne Katie, qui est venue temporairement superviser notre défense.

« Trouver un moyen de les priver de leur Baguette ? Le seul qui me vient en tête, ce sont les Pétards ! Or nous n'en avons plus ! » répond Geoffrey, d'un ton déconfit.

« Envoie quelqu'un voir dans la réserve, il y en a peut-être encore quelques paquets ! » suggère Katie, prenant la place de Keith, déjà parti exécuter ses ordres.

Geoffrey acquiesce et il envoie un message au QG, demandant qu'un quatrième ou cinquième encore présent, se dépêche d'aller dans notre Labo secret des Cachots, quand soudainement, on entend Peeves arriver, criant de tonitruants Taïaut ! et Sus à l'ennemi !

Mieux, dans les secondes qui suivent, nous le voyons nettement au plafond, jetant des Mines Caméléon sur la tête de nos nombreux ennemis, se fichant pas mal des Maléfices qui fusent vers lui et qu'il évite en effectuant de vives cabrioles caquetantes, tandis que des Fantômes déstabilisent les Mangemorts et Vampires, en leur fonçant à qui mieux-mieux dedans.

« Georges Weasley arrive à la rescousse avec son groupe ! » murmure Katie dans la foulée, un sourire de soulagement dans la voix, après avoir jeté un rapide coup d'œil sur son Bracelet de Communication.

Génial ! Ça me remonte bien le moral, ça !

Il re dégringole cependant en flèche plus vite et plus bas qu'il n'était un instant auparavant. Car Katie qui se risquait à jeter un coup d'œil au-dessus de notre barricade, s'effondre en arrière, victime d'un Avada Kedavra qui l'a touchée en plein front.

Et moi je m'effondre en larmes et je la prends dans un automatisme dans mes bras, pour l'emmener là-bas, dans la Chapelle Ardente dressée chez Tatie Nally.

Mais je reviendrai ! Pour faire honneur à Katie !

Pour aider mes amis !

Oui ! Une Potion revitalisante, un peu de repos et je recommencerai à me battre !

Pour Colin !

Pour mes amis !

Pour Poudlard !

Pour la Magie !

OoOoOoO

Molly

Je me dépêche de refermer les grosses coupures sur le dos, les bras et les jambes de Dean et lui donne une Potion de Régénération Sanguine, lui intimant d'attendre trente minutes, avant de songer à repartir au Combat.

Il acquiesce et sort du lit, appuyé sur l'épaule d'un Elfe de maison car ses jambes flageolent de faiblesse. Puis j'ôte immédiatement le drap souillé de son sang, doutant en mon for intérieur que Dean m'obéisse vraiment. Dans dix minutes au plus il sera parti, j'en fais le pari et je soupire avec fatalisme. J'en ferai autant à sa place, me dis-je, jetant un rapide coup d'œil dehors, en direction de Poudlard.

Merlin tout puissant ! Ce que je peux apercevoir d'ici est incroyablement effroyable !

Je préfèrerais pourtant être là-bas, plutôt qu'ici. Mais j'ai cédé aux instances d'Arthur, qui m'a convaincue en évoquant le terrible traumatisme que ce serait pour Emily, Julian et Brian, de perdre une fois de plus leurs deux parents, si la malchance se trouvait pour nous deux, de laisser notre vie dans les Combats.

« Maman ! Maman ! » m'appelle Fred, sa voix si étranglée que j'en deviens totalement exsangue.

Je me retourne vivement et court vers lui. Il avance en titubant, portant Angelina dans ses bras et je comprends à l'expression si douloureuse de mon fils, qu'il n'y a malheureusement plus rien à faire pour elle.

« Prends soin d'elle, M'man ! S'il te plait prends soin d'elle ! » pleure mon fils, tandis que je l'aide comme je peux à soutenir le corps de sa douce amie, qu'il serre contre lui.

« Je vais le faire, mon chéri. Je vais bien prendre soin d'elle, je te le promets. » réponds-je doucement, le chagrin m'étouffant la poitrine et le cœur.

Et je l'incite à poser Angelina sur le lit le plus proche. Fred a du mal à se défaire d'elle, il embrasse son visage et ses lèvres, caresse ses cheveux de sa joue avant de l'étendre doucement sur le drap, lui murmurant un je t'aime étranglé, avant d'essuyer ses larmes d'un revers de manche vif et de partir brusquement.

« Fred ! » l'appelle-je, le cœur serré à la fois par ma douleur de le voir si malheureux et par la peur terrible qu'il fasse une bêtise, en se plongeant au cœur de la Bataille sans réfléchir désormais aux conséquences de ses actions.

« Je vais revenir, M'man ! J'ai promis à Angie d'être prudent et je le serai. Je te reviendrai en vie, je te le jure ! Mais là, il faut que j'y aille. On est trop peu pour se battre. Personne n'est venu à notre secours encore, pas même de Pré Au Lard je crois bien, alors il faut que j'y aille, M'man ! Georges, Papa, Bill, Charly, Ron, Ginny et les copains ont trop besoin de moi ! » dit-il sans même se retourner vers moi, avant de se remettre en marche avec précipitation.

Mon cœur se pince horriblement. Je ne comprends pas pourquoi personne ne vient au secours de Poudlard. Et je reste figée durant quelques secondes, à regarder mon fils s'éloigner si vite pour rejoindre les Combats, priant le Ciel qu'il soit épargné, ainsi qu'Arthur, Ginny et ses frères.

Effort immense pour ne pas courir à sa suite, rejoindre la lutte moi aussi. Je dois tenir la promesse faite à Arthur.

Alors je m'occupe d'Angelina, comme j'ai promis à Fred de le faire. Bridant la colère qui m'étreint peu à peu la poitrine à la pensée qu'Angelina ne serait peut-être pas morte, si les défenseurs avaient été plus nombreux, si des renforts étaient venus comme ils auraient dû le faire tout de suite.

Je la déshabille d'un coup de Baguette. Aucune blessure sur son corps. Elle a donc été touchée d'un Avada Kedavra.

Je douche très rapidement sa dépouille pour ôter la poussière dont ses cheveux et son visage sont maculés, me promettant de le refaire plus soigneusement tout à l'heure, quand tout sera terminé. Puis je la protège d'un Sortilège de Conservation, la ceints d'un drap blanc immaculé avant de la placer sur un brancard. Et je l'emmène dans la Chapelle Ardente, située juste en face et dans laquelle reposent les dépouilles des Membres de l'Ordre, Aurors, Elèves et Créatures amies.

Une autre chapelle a été dressée pour ceux de l'autre camp.

Merlin, sursaute-je, quelle horreur ! Il y a tant de morts déjà !

Soixante, peut-être soixante-cinq Sorciers adultes et Elèves confondus, deux dizaines de Centaures au moins, une trentaine d'Elfes de maison et autant de Gobelins. Il y a même des Nymphes, Sirènes, Tritons, Hippogriffes, Sombrals, Farfadets, Gnomes et Lutins. Des petites Fées.

Et combien d'autres dépouilles gisent encore là-bas, dans la Forêt, le Parc, sur les Berges du Lac, dans le Lac ou le Château ?

Les larmes coulent sur mes joues. Elles sont brûlantes et mon cœur se serre plus fort encore, lorsque je dépose la dépouille d'Angelina, auprès de celle de la jeune Katie Bell, qu'un Elfe vient d'amener.

Elles ont joué au Quidditch dans l'équipe de Gryffondor toutes les deux, me souviens-je et il me semble juste qu'elles reposent côte à côte.

Ne pas m'attarder ici. Ne pas regarder tous ces visages dont les yeux ne s'ouvriront plus. Ces amis, ces jeunes gens et ces Créatures ou Animaux Magiques qui ont sacrifié leur vie pour sauvegarder notre Monde de la folie de Voldemort. Ne pas penser que l'un de mes enfants ou Arthur pourrait les rejoindre bientôt.

Je repars donc soigner les blessés auprès desquels je peux me rendre utile.

Mais auparavant, nouveau coup d'œil par la fenêtre. Et une bouffée de colère se mêle à nouveau à mon chagrin.

Pourquoi les renforts n'arrivent-ils pas ?

Les habitants de Pré Au Lard sont-ils subitement devenus totalement sourds, pour ne pas avoir entendu les Protections de l'Ecole tomber ? Et pour ne pas entendre depuis le fracas de la Bataille qui parvient nettement jusqu'ici ? La Radio Sorcière n'a-t-elle pas diffusé le message, dès que l'Alerte a sonné à Poudlard ?

Que se passent-ils donc ? Les Sorciers Britanniques vont ils laisser l'Ordre du Phénix, les Aurors et Tireurs de Baguette faire face seuls, avec les professeurs et les Elèves ? Seraient-ils lâches au point de ne pas venir au secours de leurs enfants ?

Ma colère tombe soudainement. Je ne peux pas y croire. Et je me fige devant la fenêtre. Ce n'est pas normal ! Jamais les habitants de Pré Au Lard ne laisseraient les élèves se faire massacrer, quand certains d'entre eux sont venus à leur secours il y a quelques semaines !

Jamais la Communauté Sorcière ne laisserait ses enfants se faire massacrer ainsi, sans se jeter dans la Bataille pour défendre leur vie et leur innocence ! Personne ne laisserait Voldemort s'emparer de Poudlard sans réagir !

Alors je me décide. Il faut que j'aille voir ce qu'il se passe et j'en informe vivement Augusta, avant de courir vers la sortie de l'Hôpital.

« Prends ce Balai et viens avec moi ! » ordonne-je à Dean Thomas, qui, comme je le subodorais, s'apprêtait à repartir au Combat bien avant la fin du délai que je lui ai imposé.

Je lui fourre dans la main le Balai que j'ai pris au hasard dans l'entrée de l'Hôpital de Secours et je l'emmène à très vive allure en direction de Pré Au Lard. Quelque chose m'alerte, lorsque nous arrivons à proximité. Tout semble normal, bien trop normal. Des passants vont et viennent, comme si de rien n'était.

Est-ce une Illusion ? Seraient-ils tous morts en réalité ? Ou sous Imperium ?

Dans ce cas, comment réagiront-ils si nous approchons trop près ? S'attaqueront-ils à nous ?

Non, il s'agit d'autre chose ! Si Voldemort les avait mis sous Imperium, ils se battraient à présents avec ses troupes, contre les nôtres.

Quoi qu'il en soit, je préfère rester prudente. Evaluer la situation, trouver ce qui les empêche de venir au secours de l'Ecole.

« Ici Molly ! Répondez Base d'Ecosse ! » m'exclame-je donc en m'arrêtant dans le ciel à distance respectueuse du village, après avoir fait signe à Dean d'en faire autant et de rester prudemment auprès de moi.

Personne ne répond et je m'impatiente.

« Base d'Ecosse répondez ! » insiste-je, ajoutant très vite devant le silence persistant : « Base d'Ecosse ! Bon sang mais il y a bien quelqu'un pour appuyer sur le bouton lumineux et me répondre, non ! »

« Oui, il y a quelqu'un ! Alfredus York. Que puis-je pour vous, ma très chère Molly ? » répond peu après la voix chevrotante d'un très, très vieil arrière-arrière-petit-cousin d'Arthur.

Cela me surprend que ce soit lui qui me réponde, alors qu'il n'a jamais mis un pied dans la Base d'Ecosse, que pour la visiter à son arrivée.

« Eh bien il est temps ! Que se passe-t-il sur les Ecrans de Pré Au Lard ? Que voyez-vous ? » demande-je un peu sèchement, en me demandant pourquoi il a fallu que ce soit lui qui me réponde.

Il est si envolé la plupart du temps. Une vraie tête de linotte !

« Ah, ça ! Justement je disais à Delphina que ça me paraissait de plus en plus bizarre, que tout semble aussi calme et normal au Village, alors que la Bataille est pourtant bien audible pour eux, puisque nous l'entendons nous-mêmes par l'intermédiaire des… euh… flûte ! Comment ça s'appelle déjà ces engins. Ah oui ! Des Ecouteurs. Et je me demandais aussi, s'il ne serait pas bon que quelqu'un aille leur secouer un peu les Ciseburines ! » répond Alfredus, d'un ton un peu trop léger à mon goût.

Cette vieille tête vide est incapable de s'inquiéter pour quoi que ce soit ! Il en a toujours été ainsi ! Et Delphina est à demi sénile !

« Eh bien il est temps que vous réagissiez, espèce de vieille baderne ! Bien sûr que ce n'est pas normal ce qu'il se passe là-bas ! Il y a longtemps que vous auriez dû en avertir Nally ou Albus ! Et d'abord, pourquoi est-ce vous qui répondez ? Je m'attendais à Dedalus, Fergus ou Chad pour le moins ! » fais-je remarquer sur un débit très rapide, avec un profond agacement.

« Je viens d'essayer Poudlard, mais les Miroirs sont saturés et je ne savais pas comment faire fonctionner le Micro pour contacter Londres. Je viens juste de comprendre quand vous avez dit d'appuyer sur le bouton lumineux, Molly ! Quant à Dedalus, il est reparti à Londres alors que la Bataille n'avait pas commencé. Et peut-être dix minutes après le début de la Bataille, il a appelé tous les autres. Il y a plus que moi et Delphina en garde ici ! Tous les autres s'occupent des enfants ! Or Delphina non plus ne savait pas comment marche cet équipement moderne ! » répond Alfredus, à mon grand étonnement.

Ça ne ressemble pas à Dedalus, de quitter ainsi le navire ! Qu'est-ce qui a bien pu lui passer par la tête, pour qu'il aille à Londres ? Que se passe-t-il là-bas ? Pourquoi avoir appelé toutes celles et ceux capables de faire fonctionner notre matériel ?

Je coupe aussi vite la communication et appelle immédiatement le Square Grimmaurd.

« Ici Dudley ! Qu'est-ce qui s'passe, Madame Molly ? Vous le savez ? Vous avez des nouvelles de Harry ? Il va bien ? » demande le cousin de Harry, avec une vive angoisse.

« Ce qu'il se passe, c'est ce que j'aimerai comprendre justement ! Et je ne peux te donner aucune nouvelle de Harry ! Je sais juste qu'il a commencé à combattre Voldemort il y a quelques instants ! Passe-moi vite Dedalus, Dudley ! » réponds-je avec une nervosité grandissante, jetant de nombreux coups d'œil sur Pré Au lard.

« Il n'est pas là ! Il vient tout juste de partir voir ce qu'il se passe au siège de la Radio Sorcière avec Hestia et quelques-uns de ses amis, parce que le message d'Arthur n'est pas encore passé ! » m'apprend cette fois ma belle-fille, à mon grand étonnement encore une fois.

Mais que fait-elle à la Base de Londres ? Elle était censée s'occuper de Brian, Julian, Emily, Jonas et Jordan au Village des Elfes, avec Ievguenia et Anna !

Je ne lui pose pas de question cependant. Il y a plus urgent. Le message qui n'est pas passé à la Radio, Pré Au Lard qui semble vivre comme si aucune Bataille ne se déroulait à cent mètres à vol d'oiseau. Ce n'est définitivement pas normal !

« Pénélope, contacte immédiatement Poudlard ! Il faut que Nally me rejoigne de toute urgence à Pré Au Lard ! » ordonne-je, avec une inquiétude de plus en plus angoissée.

« Je viens tout juste de parvenir à joindre le QG de Poudlard et de leur demander d'informer Nally de la décision de Dedalus ! Et que Pré Au Lard ne bouge pas non plus, qu'il faudrait donc aller voir ça de plus près ! Elle se dirige donc déjà peut-être vers vous, Molly ! » répond Penny, que je remercie vivement, coupant la communication tout de suite, pour recontacter l'Ecosse.

Je demande cette fois s'il s'est passé quelque chose d'anormal, avant que l'Attaque soit lancée. Mais bien sûr, le vieux Alfredus ne sait rien. On lui a juste dit d'observer ce qu'il se passe et de contacter Poudlard ou Londres, si les villageois se rendaient enfin au combat ou au contraire n'y allaient toujours pas, avant de lui expliquer sommairement comment manipuler les boutons des Ecrans. Mais pas ceux des Micros affirme-t-il.

Je suis sûr en fait, qu'il n'a pas assimilé tout ce qui lui a été dit à propos des Micros ou qu'il était distrait au moment où on lui expliquait leur fonctionnement.

Merlin ! Mais pourquoi diable Dedalus n'a-t-il pas laissé au moins une personne fiable là-bas !

Je reste toujours à distance de Pré Au Lard, décidant d'en faire le tour et intimant à Dean d'être très attentif à la moindre ondulation suspecte dans l'air. Je suis sûre et certaine qu'il y a un Maléfice très puissant à l'œuvre ici, qui trompe peut-être même nos Caméras.

« Molly ! » m'appelle cependant Nally.

Je me précipite vers elle. Elle porte les traces des durs combats et observe Pré Au Lard avec une suspicion que je n'aime pas du tout.

« Espèce de salopard ! » siffle-t-elle subitement entre ses dents, en examinant le résultat d'un Sortilège qu'elle a vivement jeté.

« Qu'a t'il fait ? » demande-je, avec une angoisse très vive.

« Il a isolé la zone et jeté dedans une très fine poudre élaborée à partir de Baies produites par une plante hybride, créée grâce un procédé de Haute Magie Noire ! La poudre s'est alors immédiatement répandue dans l'air, contaminant tous les habitants en quelques secondes ! Et ainsi, il a pu annihiler leur volonté et leur ordonner de continuer à vivre comme si de rien n'était, quoi qu'il arrive ! » répond Nally, lèvres pincées.

« Comme s'ils étaient sous Imperium ? » demande Dean, avec précipitation.

« Pas tout à fait, même si c'est un peu le même principe ! La grande différence c'est qu'on ne songe pas à lutter contre l'effet de cette poudre ! En fait, les victimes ne se rendent même pas compte qu'elles sont privées de volonté ! Elles pensent suivre leur propre idée, faire exactement et uniquement ce qu'elles veulent faire ! Mais je vais faire sauter sa zone d'Isolement et vous allez annuler l'effet de cette poudre en deux temps, trois mouvements, en allant arroser copieusement tous les habitants ! » répond Nally, qui nous recommande de nous boucher le nez pendant vingt secondes et de l'aider à ventiler largement la zone, avant de l'approcher.

Elle jette un puissant Finite Incantatem, puis un Sortilège de Ventilation que nous appuyons Dean et moi-même. Puis elle repart au Combat aussi vite qu'elle est venue.

Alors avec Dean nous allons arroser copieusement les premiers passants que nous trouvons.

« Nom d'un petit bonhomme ! Mais qu'est-ce qui vous prend de m'arroser ainsi ? Et qu'est-ce que c'est tout à coup ce boucan infernal et ces lumières colorées ? Il y a un feu d'artifice dans le coin ? Qu'est-ce qu'on fête ? » s'exclame Madame Rosemerta, en réajustant son panier de fruits et légumes sous son bras.

« Ce qu'il me prend ! C'est que vous étiez Ensorcelée et que vous vous promeniez tout tranquillement comme si de rien n'était, pendant que des enfants se battent pour leur vie à Poudlard ! Alors vous allez arroser copieusement tout le monde et avertir chacun qu'il faut aller au secours de l'Ecole vite fait, bien fait. Compris ! » réponds-je, tandis que les yeux de Madame Rosemerta s'arrondissent d'effarement.

Mais elle se reprend très vite, lâche son panier sur le sol et obéit prestement, courant vers le premier passant venu, en lui jetant un jet d'eau à la figure.

« Occupe-toi du reste de la population avec Madame Rosemerta Dean ! Moi, je pars à Londres ! » déclare-je alors, Transplanant aussitôt au plus près du siège de la Radio Sorcière.

Car on ne sait jamais ! Peut-être sont-ils là-bas victime de la même poudre qu'à Pré Au Lard !

Peut-être même pire !

Oui, mieux vaut s'attendre à pire !

OoOoOoO

Magda Collins

C'est épouvantable ce qu'il se passe !

J'ai beau ne pas être confrontée directement aux Combats qui se déroulent dans l'Ecole, ils me touchent quand même de plein fouet, à chaque fois que je vois un nom ami disparaitre de la Carte.

Est-ce que ce sont des morts ou des blessés partis chez Tatie Nally ? Je n'en sais rien. Mais je crains le pire pour chacun d'entre eux ! Et je pense inévitablement à Papa, qui se bat du côté du Lac. Je pense bien sûr aussi à Maman, décédée il y a quelques semaines. Nombre de ses collègues et amis Aurors pourraient bien mourir aussi aujourd'hui.

Papa aussi…

Et que se passe-t-il à Londres et Pré Au Lard ? Qu'a donc fait Voldemort là-bas, pour empêcher les renforts de venir à notre secours ?

Que s'est-il passé sur le toit ? J'ai beau essayer de repousser cette question, je me la pose sans cesse.

J'ai bien essayé de savoir, mais c'est Katie qui a effectué les recherches que Draco a demandé et elle ne m'a donné que les réponses qu'il voulait. J'ai cependant bien vu à la tête qu'elle faisait, aussi bien que sur celle de Draco, qu'il s'est passé quelque chose de très grave là-haut sur le toit. Quelqu'un est mort, c'est sûr. Une personne importante aux yeux de Draco. Et à ceux de nous tous aussi, assurément. Felice Petham est en cause dans ce qu'il s'est produit, c'est certain aussi. Et qui que ce soit, je devine sans peine que ça nous ficherait à tous un sacré coup au moral d'apprendre ce décès.

Alors c'est décidé. Je n'effectuerai pas de recherches pour le savoir, même si Katie m'a confié les rênes pour l'instant. Je n'abuserai pas de cette prérogative. Surtout pas quand il y a tant à faire pour sauver des vies. C'est ça, le plus urgent maintenant, sauver des vies, le plus de vies possible. Et c'est ma responsabilité ! Celles de toutes celles et ceux qui sont ici ! C'est là-dessus que je dois me concentrer. Uniquement là-dessus !

Chasser mes pensées parasites. Etudier la Carte sans relâche. Prévenir les différents groupes d'intervention de l'arrivée imminente d'ennemis. Envoyer des renforts là où ils sont nécessaires, quand c'est possible.

« Ling, prévient Harold que son bref répit est terminé ! Il y a de nouveau des Mangemorts qui se dirigent vers la Tour Sud et ils seront sur son groupe dans moins de deux minutes, arrivant depuis le couloir Est cette fois ! » déclare-je, sur un examen minutieux de la Carte.

Ling s'exécute immédiatement tandis que je relève vivement la tête, car quelqu'un vient d'ouvrir la porte du QG.

« Est-ce qu'il y a encore des gosses quelque part ? Ou des Elèves non Majeurs ? » demande Kyle, d'un ton rapide.

« Plus aucun gosse ! En revanche, il y a encore des Elèves de quinze et seize ans un peu partout ! Du Comité et du Groupement essentiellement ! » réponds-je, après avoir jeté un coup d'œil sur les comptes, tenus par les Plumes Enchantées.

« Effectue un rappel général alors ! Je vais relever Daphnée. A son retour de chez Tatie, elle m'a demandé de prendre un peu sa place, le temps de récupérer quelques forces. » déclare Kyle, avant de refermer la Porte aussi sec.

Daphnée est donc revenue ? Bien.

Je me demande cependant pourquoi Katie tarde tant à le faire, elle. Elle avait dit qu'elle n'en avait que pour deux ou trois minutes et ça fait bien six minutes maintenant qu'elle est partie dans le couloir.

Coup d'œil sur la Carte. Son étiquette n'est plus là.

Merlin ! J'espère qu'elle n'a été que blessée !

« Magda ! La Grande Salle et le Hall subissent un nouvel assaut ! » s'exclame Karen Osmond qui est de plus en plus pâle à mesure que les minutes s'égrènent.

« Appel général à renfort pour la Grande Salle et le Hall, Adrian ! » ordonne-je, croisant mentalement les doigts pour que quelqu'un puisse répondre à cet appel.

Mais ça se bat tellement partout, que je crains bien que personne ne le puisse !

Merlin ! Faites que les renforts civils ne tardent plus !

OoOoOoO

Benjamin

Je ne sais pas comment j'ai fait mon compte pour me laisser déborder par ce putain de salopard de Vampire, mais le fait est qu'il l'a fait ! Il me tient d'une clef serrée sur le cou et m'a désarmé d'une méchante prise sur le poignet.

Alors me voilà dans une sacrée mauvaise posture !

Putain, j'étouffe ! Et je serais bien reconnaissant si quelqu'un venait me filer un petit coup de main. Parce qu'il est sacrément fort le bestiaux ! Et que les bons coups que je parviens à lui donner dans les côtes et les tibias ne lui font ni chaud, ni froid ! Pas moyen de le déstabiliser, ni de le faire basculer par-dessus-moi pour m'en défaire !

Merde ! Je commence à voir des étoiles là !

Putain ! Il me plante ses crocs dans la gorge maintenant ! Merde ! C'est la fin ! Je suffoque ! Je meurs bêtement étranglé et il va me pomper tout le sang en plus !

A moins qu'il se décide soudainement à me briser la nuque. Peu importe le résultat sera le même.

Ah ! Ouf ! De l'air ! Putain que c'est bon !

Je tombe à genou, inspirant de grandes goulées d'air entre deux quintes de toux brûlantes à en avoir des sueurs froides et le vertige.

« Merci. » réussis-je enfin à articuler, en jetant un coup d'œil par-dessus mon épaule pour voir qui est mon divin sauveur.

Jodie ! Elle tient encore son couteau en main droite et m'époussette le dos avec la gauche.

« Pas de quoi, Ben ! Tu en aurais fait autant pour moi ! » répond-elle, en esquissant un sourire qui n'atteint pas ses yeux, tout en remisant son couteau dans son fourreau.

Elle soigne mon cou ensuite. Désinfectant largement les plaies avant de les refermer, tandis que je l'observe à la dérobée. Elle a bien changé Jodie depuis que je l'ai vue au diner. Son regard est d'une gravité extrême. Un regard de guerrière. Ça ne devrait pas être comme ça.

C'est une ado de quinze ans, bordel ! Merde alors ! Elle devrait avoir d'autres occupations et préoccupations, que celle de sauver sa peau, dans une Bataille aussi dure et meurtrière que celle-ci !

« Tu m'as sauvé la vie et je t'en remercie encore, mais tu devrais partir maintenant, je pense. Alors profite que nous ayons dégagé Serpentard pour y aller. Parce que le répit là-bas ne va pas durer. » lui dis-je, quand elle a terminé de me soigner, jetant un coup d'œil autour de nous et tout en remettant un chargeur neuf dans ma Mitraillette Magique.

Ça va, tout le monde va bien. Pas de blessés, ni de morts. Tout le monde est parvenu à se tirer d'affaire. En revanche, il y a une douzaine de cadavres et plusieurs tas de cendres au sol.

Les salopards nous sont tombés dessus par les fenêtres béantes, alors que juste après nous être assurés que Serpentard se sortait d'affaire grâce à Peeves et quelques Membres de l'Ordre qui sont restés là-bas, nous remontions vers le Hall, pour tâcher d'empêcher qu'un nouveau groupe d'ennemis parvienne jusqu'à la Grande Salle déjà en très mauvaise posture. On ne les a pas vus venir avant qu'ils soient sur nous ces sales putains d'enfoirés et cela a été un sale Combat au corps à corps.

Heureusement qu'on a été super bien entraînés !

« Non ! Je n'ai pas fini ici. J'ai encore quelque chose à faire ! » répond Jodie, avant de lever sa propre Mitraillette et de tirer une salve en direction du groupe de Vampires et Mangemorts qui viennent de nouveau vers nous, cette fois depuis la Classe de Divination du professeur Firenze.

Purée ! Elle ne devrait vraiment pas avoir à faire ça !

N'empêche qu'elle fait mouche pour chaque cartouche. Alors je remise ma Mitraillette et je me sers de ma Baguette pour nous couvrir des Maléfices qui viennent vers nous. Il y en a un déjà qui s'est écrasé sur la poitrine de Jodie. Fort heureux pour elle, elle bénéficie de sa cotte de maille en Ithilmar.

« Qu'est-ce que tu n'as pas fini ? » demande-je, lorsque c'est de nouveau clair devant nous.

« Je ne sais pas. Mais je le saurai je pense, quand ça se produira. » répond-elle avec sérieux, en se mettant en train et soutenant sans faillir le rythme que Georges nous impose pour remonter vers la Grande Salle.

J'échange un coup d'œil avec lui. Il hausse les épaules, l'air de dire qu'il n'y a pas à s'embêter avec ça. Mais ça m'embête tout de même. Non seulement Jodie n'est pas majeure, mais en plus s'il lui arrive quelque chose, ce serait un coup très dur pour Harry et Ron qui ne méritent pas ça du tout.

Mon Bracelet chauffe et je jette vite fait un coup d'œil dessus.

« Corne de bouc ! Faut retourner dans la Classe de Divination ! Il y a de nombreux Trolls, des Harpies et Chimères qui pourraient bientôt s'introduire par-là avec d'autres Mangemorts et Vampires encore ! » m'exclame-je, relevant les yeux vers Georges pour lui demander : « Dis-moi que tu as ce qu'il faut pour combattre les Chimères plus efficacement, qu'un simple arc et des flèches. »

« J'ai ! Fred m'a fait passer un message à ce propos ! » répond Georges, alors que nous sommes déjà repartis en sens inverse, surveillant d'un côté les fenêtres, de l'autre les Salles dont les portes sont dégondées.

Putain ! La Salle des Trophées a drôlement morflé ! Il y aura de sacrés travaux à faire pour tout remettre en état, quand la Bataille sera finie !

Dans toutes les autres Salles aussi sûrement.

Nous arrivons de nouveau devant la Classe du professeur Firenze. Il ne reste rien du toit en verre et un pan de mur entier s'est effondré, ouvrant largement la Classe sur l'extérieur. Et je vous prie de croire que ce qui était autrefois une agréable clairière bordée de jolis bosquets, est maintenant un immense chantier peu ragoutant.

Des morceaux de chair sanguinolents et des entrailles jonchent l'herbe et les buissons en fleur, ou sont accrochés comme des guirlandes dans les arbres. Des corps de Mangemorts dont le poitrail ou le ventre béant fume, empuantissent l'air d'une odeur âcre et piquante de chair brûlée.

Quelques coups de Baguettes et nous libérons le passage. Repoussant le verre cassé dans un coin, remisant les cadavres dans un autre. Et arcs ou Baguettes en main, nous nous postons dans ou derrière les arbres, que nous avons rapidement nettoyés.

« Grenades réservées pour les Chimères ! » déclare alors Georges, en sortant un bon gros paquet de Grenades de son sac à malice qui me semble inépuisable, quand il n'y a quasi plus rien dans le mien depuis belle lurette déjà.

J'en avais pourtant au moins trente kilos de Gadgets divers et variés dedans.

Georges nous explique le principe et distribue ses Grenades à la ronde, avant de se positionner lui-même à l'abri derrière un monticule de pierres. Juste à temps. Car l'ennemi arrive sur nous.

Nom de nom, de nom d'une pipe !, comme dirait Gaspard ! On va l'avoir dur, pour neutraliser tout ça !

OoOoOoO

Draco

Après avoir quitté la Tour d'Astronomie, Arthur et moi-même avons rejoint le Hall où étaient expressément demandés des renforts. Et c'est le troisième assaut que nous allons essuyer en quelques minutes seulement.

Un gros double assaut même. Qui va nous prendre en tenailles. Car des Mangemorts arrivent depuis le couloir de gauche, tandis qu'un autre groupe est en train de pénétrer dans Poudlard par les fenêtres de la Bibliothèque. Et je ne serais pas surpris qu'ils nous tombent aussi dessus ceux-là.

Je suis très inquiet. Depuis quelques minutes nos ennemis élaborent des stratégies, ce qu'ils ne faisaient pas avant. Et je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr que Benson est là-dessous. Car il y a toujours au moins un Âne Bâté ou deux parmi nos attaquants successifs.

Comme ça se produit encore maintenant. Ils sont bien reconnaissables ces enfoirés ! Ils ont accroché sur leur robe un badge sur lequel la Marque des Ténèbres ondoie légèrement, comme si elle dansait sous l'effet d'une brise légère et mis une cagoule noire sur la tête qui ne laisse voir que leurs yeux et leur nez. Benson est-il parmi eux ? Je n'en sais rien. Mais comme beaucoup des gars et filles du Comité, j'aimerai bien lui faire sa fête à ce salopard !

« Il faut se replier dans la Grande Salle où les fenêtres que les Elfes ont condamnées et l'épaisseur des murs jouent en notre faveur ! Nous pourrons mieux nous protéger et repousser ces salopards ! » suggère Anthony Goldstein, qui jette un coup d'œil nerveux et inquiet vers la Grand Porte.

Car malgré la défense extérieure, elle subit des assauts répétés et si elle cède, alors nous serons bien dans la merde.

« D'accord ! Mais ça va laisser la voie libre pour aller vers Serpentard ! » réponds-je, soucieux non pour les gamins, car ils ont sûrement tous été évacués maintenant puisqu'un rappel des mineurs a été effectué, mais pour le QG.

Nous avons absolument besoin de nos Anges Gardiens ! Or, si Serpentard est pris, je ne sais pas où ils pourraient être plus en sécurité à part chez Nally et même si les faire déménager là-bas prendrait quelques secondes seulement, celles-ci sont très précieuses pour nos fesses !

« La place est bien défendue maintenant, par Georges et les groupes de Gil, Philippa et Hugh. Ils ont envoyé un bon nombre de prisonniers dans le Labyrinthe d'Artemus déjà ! » défend Anthony, tout en jetant un coup d'œil maintenant vers le couloir de la Bibliothèque.

Ce qu'il ne précise pas, c'est que nos amis ont également sûrement subi des pertes sérieuses. Car conquérir la Maison Serpentard semble être le mot d'ordre, non seulement pour les Ânes Bâtés, mais aussi pour les Mangemorts.

Bien que nombre des Mangemorts doivent plutôt me penser là-bas et espérer pouvoir me capturer pour me livrer à leur Maître.

Bref.

Ceci dit, je dois me résoudre. Anthony a raison. Nous aurons bien davantage de chances de nous en sortir, en tendant à nouveau une embuscade à nos ennemis dans la Grande Salle. Et je m'y résous d'autant plus volontiers, lorsqu'Arthur ordonne lui aussi le repli, marchant à reculons pour renvoyer les Maléfices qui viennent copieusement vers nous. Haute Magie Noire bien sûr. Et je me demande comment ces salopards peuvent continuer à avancer comme ça vers nous à découvert, alors que nous leur rejetons systématiquement leurs Maléfices à la gueule.

Je ne sais combien d'entre eux sont morts ou blessés et agonisants dans les couloirs, sans que ça émeuve le moins du monde leurs congénères. Tout ce qui compte pour eux, c'est d'avancer sur nous, encore et encore.

Même les blessés rampent vers nous quand ils peuvent encore le faire, jetant leur haine et leurs derniers souffles de vies dans leurs Maléfices.

Merde, je ne comprends pas ça !

C'est à croire qu'ils sont suicidaires ! Qu'ils n'en ont pas plus à foutre de leur propre vie, que de la nôtre !

Nous courrons vers la Grande Salle et à peine le dernier d'entre nous entré, nous barricadons la porte comme nous le pouvons, afin d'avoir au moins une ou deux minutes de répit pour organiser notre défense.

« Stuart ! Que fais-tu encore ici ! Les cinquièmes ont été appelés à vider les lieux il y a déjà quatre minutes ! » m'exclame-je, quand je repère le petit frère d'Elinor qui tente de se faire tout petit, derrière un pan de table calé entre des morceaux de banc.

« Les cinquièmes et tous les élèves non majeur ! Or, tu n'es pas majeur non plus ! Alors ce n'est pas juste que je parte alors que toi tu restes ! D'autant moins que moi aussi je serais en sixième, comme toi, si j'étais né seulement deux jours plus tôt ! Et avec ce qui arrive, une Baguette de plus ce ne sera pas du luxe ici ! » rétorque Stuart, avec entêtement.

Echange de coup d'œil avec Arthur. Moi je ne peux rien répondre à Stuart.

« Si je le renvoie, alors que je dois aussi te renvoyer, ainsi que Maryell, Hannah, Anthony, Mehdi et quelques autres. En fait la moitié au moins des effectifs ici. Autant dire que le reste d'entre nous est d'ores et déjà mort et la Grande Salle aux mains de l'ennemi. » soupire tristement Arthur.

Et je réalise qu'il a raison. La moitié des Elèves qui sont ici ne sont pas majeurs. Et Stuart n'est pas non plus le seul cinquième année encore présent.

Alors je cède. Et comme les autres, j'installe tables et bancs, déjà bien abimés par d'autres combats, de manière à ce qu'ils nous protègent au plus possible, aussi bien devant que derrière et de chaque côté. Et lorsque nous avons terminé, Anthony effectue un discret signe de tête vers Arthur et moi-même, afin que nous le rejoignions, un peu à l'écart des autres.

« Maintenant que personne ne peut m'entendre à part vous deux, je peux vous dire qu'il y a une traitresse parmi nous, j'en suis certain. Et ça me flanque les boules d'avoir à affirmer ça, mais c'est une fille de ma Maison. » souffle-t-il rapidement, précisant, après avoir jeté un bref coup d'œil par-dessus son épaule : « Méfie-toi de Mercy Hodge, Draco. J'avais enchaîné Jarvis, Wysemann et Robertson pour les faire tenir tranquilles, en attendant qu'on puisse les amener dans le Labyrinthe quand tout serait terminé dans mes Quartiers, mais ils ont été libérés. Et j'ai bien réfléchi à la question depuis tout à l'heure, ça ne peut être qu'elle qui a fait ça. C'est une pro-Voldemort encore cachée, c'est certain. Luna l'a toujours évitée comme la peste et ça, pour moi, ça ne trompe pas ! »

« Merci d'avoir prévenu. Y a t'il quelqu'un d'autre dont on doive se méfier ? » souffle-je, jetant un coup d'œil furtif à la ronde, pour repérer les positions de chacun.

« Bruce Linch ! Mais lui, j'ignore où il est. Je crois qu'il s'est fait avoir par un Vampire avant d'avoir eu le temps de dire ouf, mais je n'en suis pas certain. Maryell pourrait peut-être t'en dire davantage, elle n'était pas très loin de lui lorsque qu'on s'est fait attaquer sur le chemin pour venir jusqu'ici. » répond Anthony, tandis que nous prenons maintenant position.

« Vaudrait mieux qu'on sache précisément. Il a peut-être enfilé une cagoule et affiché un Badge quand les Vampires vous ont interceptés. » déclare-je vers Anthony qui acquiesce et va se placer auprès de Maryell, se penchant vers son oreille pour lui parler en toute confidentialité.

Mais je n'espère pas une réponse maintenant. Car dans mon dos un coup sourd retentit, aussitôt suivi d'encouragement à produire plus d'efforts. Merde ! La Salle des Profs vient d'être encore envahie ! Et bien qu'elles aient été à nouveau très solidement barricadées, les deux petites portes de communication entre elle et la Grande Salle cèderont assurément bientôt.

Je prends position, avec Arthur et Stuart. Croquemitaine, qui ne me quitte pas d'une semelle depuis que je suis arrivé ici, se place auprès de moi, grondant vers la porte à double battant, prête à s'effondrer maintenant elle aussi.

Ça va être chaud, très chaud dans la Grande Salle, d'ici quelques secondes au plus.

Coup d'œil à la ronde rapide. Nous sommes prêts à recevoir nos ennemis, mais quand même, nous ne sommes pas nombreux pour faire face. Il va donc falloir produire encore beaucoup d'efforts. Et même si je lance encore une fois un appel tout azimut, je doute que des Renforts puissent nous parvenir, tout le monde est sûrement déjà bien débordé.

Car à ma connaissance, personne n'est arrivé à notre secours depuis l'extérieur. Cela me parait très étrange et je sais qu'Arthur est fortement contrarié par cela, lui aussi. J'espère donc que quelqu'un s'occupe de cette question. Parce que franchement, nous ne pouvons pas nous en charger, nous.

Ça y est. Les Protections que nous avons posées sur la double porte cèdent. Elle s'effondre à grand fracas et une salve très nourrie de Maléfices fuse illico vers nous.

Nous ripostons aussi sec, jetant également tout ce que nous avons encore en Pétards Métamorphosants, Bombes Larmoyantes et autres joyeusetés inoffensives, lorsque des Mangemorts pénètrent dans la place. Et la seule chose qu'il reste bientôt dans mon sac à malice, c'est deux chargeurs neuf pour ma Mitraillette Magique.

Putain ! Je n'arrive pas à croire que j'ai déjà utilisé tout ce que j'avais ! C'est impensable ! J'avais des kilos et des kilos de munitions de tout poil !

Heureusement notre organisation étant bien rodée maintenant, les poissons sont vite enfermés dans les Filets Magiques, qui sont ensuite accrochés aux plus hautes torchères, tout comme les volailles. Avec de la corde Elfique et Nœud Magique formulé en Elfique aussi et que donc les Mangemorts ne pourront défaire. Et heureusement, car je n'ai pas envie que tout ça me tombe à nouveau sur le râble.

Il y a bien assez d'ennemis qui entrent à nouveau.

Et merde ! Ça cède aussi derrière ! Alors ça se corse illico salement pour nous, car les Mangemorts dégorgent également en force par-là, avec des Vampires.

Bordel ! Je crois que cette fois, ça va être plus que chaud ! C'est l'Enfer qui se déchaine carrément ! Alors, entre deux salves de ma Mitraillette Magique qui réduit les Vampires en cendres et des Mangemorts en charpie à demi rôtie, je tente d'appeler les Sylphes et Sylphides.

Hélas, ils ne viennent pas. Trop occupés encore auprès du Lac. Et je commence vraiment à désespérer, car ça débarque encore par la double porte et la Salle des Profs. Cette fois on est cuits je pense bien !

Moi, je n'ai rien à craindre pour ma vie, puisque l'ordre de m'amener vivant à Voldemort a été clairement répercuté à tous nos ennemis. Mais je crains pour celle d'Arthur et de mes amis.

Putain ! Faut que je redouble d'efforts ! Que je profite du fait qu'ils éviteront de me blesser trop sérieusement !

Alors je n'hésite pas à me lever et je canarde à tout va sur tout ce qui bouge, prenant le temps de jeter des Boucliers sur mes amis et sur Arthur, afin de les protéger lorsque les leurs cèdent. Sur Croquemitaine aussi. Les Maléfices me frôlent, mais aucun ne m'atteint. Ce n'est pas moi qui suis visé, mais ceux qui sont derrière ou auprès de moi. Cela ne m'empêche pas de tâcher de les choper et de les renvoyer à leur propriétaire. Et ça me fait froid dans le dos, de n'éprouver aucune pitié pour ces sales types qui tombent quand je leur renvoie leur coup.

Huit fois sur dix.

Je viens de tuer huit Mangemorts ou Ânes Bâtés en quoi, deux minutes peut-être ? Et combien en ai-je déjà tués avant ça ? Au moins une vingtaine, peut-être plus et trois fois plus de Vampires. Sans compter les Harpies dont une pleine volée avait réussi à pénétrer dans le Château.

Croquemitaine fait volte-face soudainement et je sens qu'il bondit. Un cri féminin. Des grondements furieux. Il se bat comme un beau diable et je crains qu'il soit blessé, mais je n'ai pas le temps de m'en occuper. La Bulle qui nous protège Stuart, Arthur et moi vient de céder pour la sixième fois au moins. Et il n'y a pas que devant moi que cela tombe. Ça tombe aussi parmi mes amis, hélas. Trois sont partis se faire soigner déjà. Et il y a deux morts au moins.

Ça va très vite. Trop vite. Trop fort. Tout le monde fatigue et des Mangemorts lâchent le masque. Se trouvent parmi eux des anciens élèves qui ont fait un petit séjour en prison, avant de s'évader il y a trois semaines.

Mais aussi Carla Armani, Stephen Adam, Felicia Tothyll et Sarah Jarvis qui tombent sous leurs propres Maléfices retournés à l'envoyeur, agonisant rapidement dans l'indifférence générale.

Croquemitaine grogne toujours dans mon dos.

Je suis complètement en nage, de moins en moins précis dans ma Technique. Je parviens néanmoins à détourner le méchant Maléfice Eclate-Tête de Constantin Takis, vers Iris Shepard. Elle le prend en pleine figure et s'effondre, droit sur l'Avada que Janice Vaneck destinait à Arthur. La garce réitère aussi sec son Maléfice de Mort, visant encore une fois le dos d'Arthur alors que sa Bulle de Protection vient de nouveau de céder. Je m'intercale donc, riposte et renvoie le Maléfice vers elle, tandis que Harvey Preston Junior rend l'âme à son tour à grand cris, sous le retour de flamme de son Incendio, impitoyablement renvoyé par Mathilda Berwick et que Stuart met également définitivement Adrianna Pulmann au tapis, crâne fracassé par son Eclate-Tête, très prisé par les Ânes Bâtés depuis le début des combats.

Vive clameur dans le couloir, assez forte pour surmonter le bruit infernal des Maléfices et Sortilèges qui s'entrechoquent ou se perdent contre les murs et le plafond. Elle est triomphale et je crains le pire. Car les Mangemorts qui me font face sortent aussitôt en force de derrière les abris précaires, qui ne les protègent pas assez de toute façon.

« Sus à l'ennemi ! » s'écrie-t-on subitement depuis le couloir et derrière nous, alors qu'Amos Fuller s'effondre à son tour sous son Vide-Entrailles renvoyé à l'envoyeur.

Et là, Merlin ! Je vois surgir dans la Grande Salle, la plus incroyable brigade aérienne qu'il m'ait été donné de voir, fondre comme un seul homme sur nos nombreux assaillants. Des Galettes se referment sur la plupart d'entre eux. Les autres sont rapidement fauchés par leurs propres Maléfices, sans qu'aucun Sortilège n'ait pourtant été tiré par nos providentiels renforts.

Seule Phillis Peaks est touchée par l'Avada qu'elle a jeté contre Anthony, qui l'a retourné contre elle in extremis.

Incroyable ! Vraiment incroyable !, me dis-je, en regardant la Brigade se poser devant nous.

« Votre arrivée a été plus que bienvenue ! Nous n'aurions pas pu tenir plus de quelques secondes encore ! » déclare Arthur, qui reprend un peu son souffle avant d'ajouter en direction du professeur McGonagall qui vient d'ôter son Heaume : « Jolie tenue, Minerva ! Elle vous va à ravir ! »

« Heaume, Jambières et Bouclier Ensorcelés d'un Sortilège Réflecteur. Il était temps je pense, que toutes ces vieilles Armures qui ne servaient qu'à fournir du travail aux Elèves en retenue, retrouvent utilité pour ce qu'elles sont ! Il est seulement dommage que les hommes aient été aussi petits et minces au moyen âge et que les Plastrons ne soient donc pas à notre taille ! Ils ne conviendraient qu'à des enfants. Or, nous n'avions pas le temps de les ajuster, comme nous l'avions déjà fait du reste, car il y avait urgence, n'est-ce pas très chères ? » répond le professeur McGonagall, avec un regard fiérot qu'elle adresse aux deux personnes, également de sexe féminin, qui se tiennent auprès d'elle et acquiescent d'un hochement de tête.

Luna, que je reconnais aisément à sa longue et épaisse chevelure blonde qui dépasse de son Heaume dont elle remonte seulement maintenant la visière et…

Oh ! Merlin ! Je n'en crois pas mes yeux ! Trelawney ! C'est Trelawney qui vient d'ôter son Heaume et remet en place ses lunettes qui étaient un peu de travers !

« Où doit-on aller, maintenant ? » demande-t-elle, en direction de Luna.

« Il faut rester ici. Et nous préparer. Il va bientôt arriver, avec un très important groupe dans l'espoir de te capturer Draco. Parce qu'elle lui a envoyé un message, pour lui dire que tes équipiers et toi-même vous étiez bien affaiblis maintenant, que vous n'aviez plus rien pour tendre des pièges et qu'il pouvait donc venir en personne pour te faire prisonnier. » répond Luna, se penchant un peu de côté pour regarder quelque chose se trouvant derrière moi, avant d'ajouter : « Mais Croquemitaine a fait du bon travail, elle ne pourra plus le renseigner maintenant ! »

Nous nous retournons d'un bloc vers ce qu'elle regarde fixement.

Mercy Hodge. Anthony avait donc raison de se méfier d'elle. Car Croquemitaine la retient, ses crocs plantés dans sa gorge et poussant régulièrement des grognements menaçants. Il la serre juste assez pour la dissuader de faire le moindre mouvement.

Et il y a un faux Gallion juste à côté d'elle.

J'avais donc raison, de penser que Benson était le stratège des attaques incessantes que nous avons subies ici !

« Qui va venir, Luna ? Avec qui communique-t-elle et comment ? » demande Adrian Quickle, un gars de Serdaigle qui est du Groupement Défense et donc loin de savoir tout ce que nous savons.

« Benson. Il lui a donné un faux Gallion de Communication à la Bibliothèque cette après-midi, quand tout le monde se pressait pour voir si Jérémy était vraiment mort. Mais il était trop tard quand j'ai eu ma Vision, pour que je l'empêche de le faire. Cela s'était déjà produit depuis plusieurs heures. Et je n'ai pas pu vous prévenir, car tout de suite après j'ai eu d'autres Visions et des choses urgentes à faire. » répond Luna, qui regarde à la ronde, avant que ses yeux s'arrêtent sur le corps de Janice Vaneck et qu'elle ajoute « Son petit copain Pierce Taylor est mort aussi. Je l'ai tué, parce que si je ne l'avais pas fait, nous ne serions pas arrivés ici pour vous aider et vous seriez tous morts. Même toi, Draco. »

« Eh bien, puisque Benson va venir, préparons-nous à le recevoir. » déclare-je, frissonnant en réaction de ce que vient de dire Luna.

Nous l'avons vraiment échappé belle !, me dis-je, en relevant ma manche, pour lancer un message à Eddy, Ben, Gabe et Hugh, via mon Bracelet de Communication.

J'espère qu'ils pourront se libérer avec quelques autres membres des groupes avec lesquels ils combattent. Et surtout qu'ils auront la possibilité de nous apporter des munitions. Car nous sommes effectivement gravement à cours ici.

A peine ai-je pensé cela cependant, que Luna me présente son sac à malice bourré à craquer, tandis que des copains et copines arrivés avec elle, sortent des Heaumes, des Jambières, des Boucliers des leurs. Ainsi que des Plastrons, que McGo s'empresse d'ajuster à la taille d'un adulte de notre siècle.

Mes amis ont également raflé tous les Fléaux, Masses et Epées qu'ils ont pu trouver.

Je souris. Voilà qui va bien nous servir.

J'ai cependant quelque chose à faire, avant de me mettre au boulot pour accueillir Benson.

Le ventre et le cœur noués de chagrin, j'embrasse les fronts de Maryell Malyns, Terry Boot, Alice Harris et Dioniisa Newman.

Aucun n'était majeur, aucun n'aurait dû être encore présent ici, me dis-je, avant d'appeler Tylsa, afin qu'elle prenne soin de leur dépouille.

Foutue Bataille !

OoOoOoO

Millicent

Je suis contente que tous les enfants soient arrivés.

Des quatrième et des cinquièmes années sont en route aussi et c'est très bien. Ils vont pouvoir veiller sur les plus jeunes qui sont terriblement effrayés. C'est bien normal. La Bataille dans la Grande Salle et les Clubs n'a pas été très longue, mais c'était traumatisant. Nous les avons vite protégés, mais il y a eu des petits otages, des blessés, des morts.

Pas parmi les petits heureusement, ils sont tous en vie.

Pauvre Claryce ! Je l'aimais beaucoup et je suis très triste qu'elle soit morte !

Madame Pince aussi je l'aimais bien. Elle était très gentille. Elle nous a donné deux livres sur l'élevage des animaux à Vincent et moi quand elle a su qu'on voulait une ferme plus tard et à Gregory, elle lui en avait donné un sur la Défense Contre les Forces du Mal. Ce n'est pas souvent qu'elle donnait des livres aux Elèves. Je crois même que c'est la première fois qu'elle le faisait. Ça doit être parce qu'elle a eu mal au cœur, que Lucius Malfoy nous avait mis un Bracelet d'Esclavage quand on était petit et qu'à cause de ça, on n'a pas pu apprendre comme il faut à l'Ecole.

Et puis, Diamond Casey aussi est morte. C'est sa propre sœur qui l'a tuée. Pour la punir d'avoir laissé tomber les Ânes Bâtés après l'Attaque du Poudlard Express sans doute. Je l'ai vue faire, mais j'étais trop loin et je n'ai pas pu sauver Diamond. Je ne comprends pas comment on peut être méchante au point de tuer sa propre sœur ! Mais d'avoir fait ça, elle en a été punie Saphira. Parce que tout de suite après, Nathanaël Johnson lui a renvoyé l'Avada Kedavra qu'elle jetait vers Albert Griffith et elle est morte aussi.

Il y a eu quelques blessés aussi parmi les enfants, mais ce n'était rien de bien méchant heureusement et ils ont tous été soignés par Megan et le professeur Slughorn. C'est surtout des grands qui ont été fort blessés. Cassandra Rivers par exemple, qui a reçu un Vide-Entrailles. Ce n'était pas joli à voir. Mais elle a été emmenée tout de suite à l'Hôpital de Secours et elle doit aller mieux maintenant. J'irai la voir tout à l'heure, pour m'en assurer. Et puis je donnerai un coup de main à Tante Augusta et Tante Molly. Comme ça, je serai utile à la guerre.

« Milli, j'ai fini de vérifier, tous les enfants vont bien ! Et Augusta vient de me faire dire que ceux qui ont été mis sous Imperium dans la Grande Salle, peuvent revenir ici ! Peux-tu aller les chercher, s'il te plait ? Ils sont dans la pièce cinq de l'Hôpital ! Moi, je vais accueillir les prochains arrivants ! » me demande Parvati, quand je reviens avec Monsieur Rusard dans la salle de bal du Château de Tatie Nally.

Les enfants sont bien ici. On n'entend pas le bruit de la Bataille dans cette grande salle de bal. Et des Elfes de maison leur ont servi du gâteau et du chocolat. Ça va leur faire passer le froid des Détraqueurs et la peur qu'ils ont eue à cause des Combats.

Parvati part en courant vers la sortie du Passage Secret et moi, je vais vers la partie du Château où se trouve l'Hôpital. Ce n'est pas compliqué à trouver, parce que c'est indiqué par une flèche orange depuis le ciel et il y a aussi une grosse étoile orange sur le mur à côté d'une porte ovale. Un panneau et un plan aussi, qui indiquent les différentes salles où on doit aller, quand on vient de dehors.

Mais il n'y a personne qui vient par ici, parce que les arrivées des blessés se font dans une pièce spéciale, la seule où on peut arriver par Portoloin et où il y a toujours un Elfe de maison pour les accueillir et les emporter là où il faut. Le panneau, il a été mis là juste pour le cas où un petit irait mal en arrivant ici et qu'on devrait l'emmener dans la petite infirmerie de Tante Augusta, qui soigne les blessés légers avec Madame Skeeter. Ou si des renforts arrivent de Ste Mangouste.

C'est bizarre, qu'aucun ne soit arrivé encore.

Troisième porte à gauche au fond du couloir de droite, c'est là que je dois aller chercher les petits. Je me dépêche, ils n'ont pas besoin de rester ici plus longtemps qu'il faut. Mais zut ! J'ai encore confondu ma droite et ma gauche et je ne suis donc pas dans le bon couloir !

Je me retourne donc vers la bonne direction, quand une porte s'ouvre. Fleur sort de la pièce. Elle a l'air bouleversée et ne me voit pas, rentrant dans la chambre d'à côté. La porte de celle qu'elle vient de quitter est restée ouverte et je ne peux pas m'empêcher de jeter un coup d'œil dedans. Je me sens tout de suite devenir toute drôle, ça picote partout comme si j'avais des fourmis sous la peau et je tremble aussi.

Merlin ! Ce sont les morts, ici ! Et comme il y en a beaucoup déjà !

Des Sorciers, mais aussi des Elfes de maison, des Gobelins, des Centaures ! Il y a même des Lutins, des Gnomes et des Farfadets, des Sirènes et des Tritons ! Des Nymphes et des petites Fées !

Même des Hippogriffes et des Sombrals !

Mon corps tremble encore plus fort. Mon Vincent que j'aime si fort depuis que je suis toute petite, est parti dans la Forêt tout à l'heure, parce qu'il devait se battre avec les Centaures. J'ai peur, mais je veux savoir s'il est là ou pas. Alors j'avance dans la pièce, c'est plus fort que moi. Chez les Sorciers, je me rends vite compte qu'ils ont mis les élèves sur un rang et les adultes sur deux autres, alors je regarde les visages des Elèves. Je pleure en reconnaissant des amis que j'aime beaucoup. Et en même temps je suis soulagée de voir que Vincent n'est pas là.

Alors je repars vers la sortie. Et je regarde maintenant le visage des Adultes. Je veux savoir s'il y en a que je connais parmi eux. Je reconnais Monsieur Fortarôme, la si gentille Madame Pucey, l'Auror O'Brian qui m'a interrogée pour l'enquête sur Pansy, le professeur Vector, entre le professeur Slughorn et Madame Pince. Le professeur Chourave maintenant. Et puis mon cœur s'arrête soudain de battre.

Non ! Non pas Grand-père Alastor ! Non ! Ce n'est pas vrai, ce n'est pas lui ! Je ne veux pas !

Mes yeux sont tout brouillés de larmes. Mon cœur me fait très mal. Grand-père Alastor est si gentil avec moi ! Je l'aime tellement ! Et avec Vincent, on voulait lui demander si ça lui plairait de venir habiter dans notre ferme plus tard et d'être le grand-papa gâteau de nos enfants !

Oh ! Ça me fait tellement mal de tenir sa main dans la mienne ! De la sentir devenir froide ! De voir son Œil Magique qui fixe le plafond sans bouger !

Oh ! Non ! Grand-père Alastor ! Je t'aime tellement fort !

Je lui murmure à l'oreille Je t'aime, Grand-père Alastor, avant de lui embrasser les joues.

Et je décide qu'il faut que je parte d'ici.

Je ne dois plus regarder qui est mort ! Je dois rejoindre mon Vincent et mes amis !

Je ne peux pas rester avec les enfants au calme du Château pendant que Vincent et mes amis se battent et qu'ils meurent !

Je ne veux pas que ces méchantes personnes qui ont tué mon Grand-père Alastor et mes amis gagnent !

Alors je vais faire ce que je peux pour les en empêcher ! Oui, je vais faire ce que je peux pour l'empêcher !

Mais les enfants ! Je dois aller les chercher et les emmener dans la salle de bal !

Alors j'y vais et après je partirai. Oui, c'est ce que je vais faire ! Je vais les chercher, je les emmène dans la salle de bal. Je les presse sur le chemin. Et quand j'arrive, je les laisse avec Monsieur Rusard et je lui dis que je repars à Poudlard.

« Milli ? Qu'est-ce que tu as, tu es toute pâle ? Pourquoi as-tu pleuré ? Où vas-tu ? » demande Parvati qui arrive avec des quatrièmes et des cinquièmes année, quand je sors de la grande salle de bal.

« Ils ont tué Grand-père Alastor ! Ils ont tué Madame Pince, Madame Chourave, Madame Vector, Claryce, Gil, Lavande, Eloïse, Ernie, Katie et tellement d'autres Parvati ! Tellement d'autres ! Alors tant pis ! Je ne suis pas majeure, mais je vais là-bas quand même ! Je retourne à Poudlard ! Je ne peux pas faire autrement ! Je vais rejoindre Vincent et me battre à côté de lui ! » je lui réponds, en marchant vite dans le hall à ciel ouvert, d'où on entend tous les bruits étouffés de la Bataille.

Les explosions, des cris, des sifflements. Et il y a aussi cette vilaine odeur de chair brûlée qui flotte dans l'air.

« Attends ! Je viens avec toi ! Mais il faut prévenir Monsieur Rusard avant de partir ! » me dit tout de suite Parvati.

Alors nous allons le dire à Monsieur Rusard, puis Parvati prévient le QG qu'elle revient à Poudlard avec moi. Et nous sortons du Château puis prenons un Portoloin, pour rejoindre plus vite nos amis qui ont besoin de nous, pour défendre l'entrée de Poudlard qui donne sur le Lac.

Après, j'irai rejoindre Vincent !

Car je le trouverai ! Où qu'il soit en train de se battre je le trouverai !

OoOoOoO

Hestia

Nous avons Transplané assez loin du siège de Radio Sorcière, afin que nul ne nous entende arriver. Puis nous nous sommes équipés avec le matériel que Dedalus a pris soin d'emporter afin que nous puissions communiquer entre nous, si nous venions malencontreusement à être séparés. Et à présent nous marchons silencieusement et au plus rapidement qu'il est possible pour les très vieilles jambes de Bathilda, dans un dédale d'allées sombres.

Il fait nuit certes, mais la clarté de la Lune quasi pleine nous permet de voir nettement la porte d'entrée du siège de Radio Sorcière, lorsque nous parvenons à cent mètres devant. Quelques lumières éclairent les fenêtres du bâtiment, tandis que tous les autres locaux alentours sont totalement aveugles.

C'est normal, puisque nous sommes dans une zone où se trouvent essentiellement d'anciens entrepôts Moldus, dont la plupart sont à demi en ruine et trop éloignés de la ville pour attirer les vagabonds.

« Attends Dedalus. On ne peut pas entrer comme ça sans avoir un plan en tête d'abord. On ne sait jamais, il y a peut-être plusieurs Mangemorts là-dedans. » déclare soudainement Algie Londubat, en retenant par le bras Dedalus qui avançait résolument.

Dedalus s'arrête aussitôt, à l'instar de notre petit groupe.

« A supposer qu'il y a bien plusieurs de ces sales engeances, tu crois qu'ils se méfieront d'une petite bande de vieux grigous en goguette et un peu mabouls, qui ont tout à coup décidé de visiter le siège de Radio Sorcière ? » rétorque Dedalus, en haussant un sourcil plutôt confiant.

« Oui ! Si Voldemort leur a ordonné de tuer quiconque viendrait au siège ce soir, ils n'hésiteront pas à nous descendre sans sommation ! » répond Algie, le visage grave.

« D'accord avec Algie ! Hormis qu'ils nous tortureront sans doute un peu avant de nous tuer, histoire de se distraire ! » renchérit Muriel, qui serre le poing sur sa Baguette avant d'ajouter très vite : « Oui, nous torturer c'est sûrement ce qu'ils feront ! Alors je me dévoue ! Je vais entrer là-dedans et les distraire, ce qui vous permettra de discrètement pénétrer les lieux à votre tour, pour les surprendre ! »

Muriel a l'air si déterminée que j'en frémis. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est finalement aussi intrépide que ses neveux et nièces.

« Dévouement digne de Gryffondor, très chère ! Il me semblait pourtant que vous étiez une Poufsouffle autrefois ! » fait remarquer Charlus, qui incline le buste pour ajouter : « Je salue votre grand courage, néanmoins je ne peux accepter cette proposition, ce ne serait pas digne d'un Gentleman ! Au plus vieux des messieurs de sacrifier sa vie pour donner chance aux plus jeunes de vivre ! C'est donc moi qui entrerai le premier ! »

« Pas question ! Ton vieux cœur ne tiendrait pas dix secondes sous Doloris ! Je suis bien plus jeune que toi et de nous tous, c'est sûrement moi le plus résistant, alors c'est à moi de supporter cette torture ! Je vous fais confiance pour qu'elle ne dure pas trop longtemps ! » s'interpose aussitôt Rupert, de son habituel ton bourru, avant de lever la main pour arrêter Algie qui allait protester pour ajouter : « Je suis plus jeune que toi, Algie ! Même si c'est seulement de quelques jours ! Et bien que plus âgé que toi, James, je suis plus costaud c'est sûr ! Alors pas de discussion sur ce point ! »

« Attendez ! Attendez ! Il y a peut-être moyen d'éviter la torture ! » s'oppose vivement Bathilda, avant d'ajouter plus calmement : « Si j'entre là, sous prétexte de venir protester parce qu'on a changé l'heure de mon émission favorite, ils voudront assurément se gausser du scandale. Je suis très connue après tout. Cela les amusera de penser qu'ils pourront répéter à l'envi, que cette chère vieille Bathilda Tourdesac perd la boule et devient aussi aigrie qu'une vieille chouette. Et pendant qu'ils s'amusent, vous entrerez par derrière pour les surprendre en toute quiétude ! »

Oh ! Merlin ! Voilà que tous ces Sorciers vieux comme Mathusalem se querellent pour savoir qui va entrer le premier ! Je savais que cette entreprise était hasardeuse ! Je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas protesté tout à l'heure et insisté pour que nous demandions conseil à Nally, avant de nous lancer dans cette aventure !

Le désir de rendre hommage à Albus, voilà ce qui a motivé ta réaction, ma chère Hestia, aurait dit mon cher défunt époux.

Oui, naturellement.

« Ç't'une idée, oui ! Mais c'est qu'c'est y qu'ces charognes pourraient bien aussi vous torturer dès qu'c'est-y qu'vous passez la porte ! Alors non, pas question d'laisser passer une Dame d'abord ! » s'oppose Fergus, avec fermeté.

« Fergus a raison ! Je vais reprendre votre idée à mon compte Bathilda et peut-être bien que j'échapperai à la torture, après tout. » déclare Rupert, en avançant déjà vers le siège de Radio Sorcière d'un pas résolu, quand quelqu'un arrive soudainement dans un crac de Transplanage discret, à quelques mètres seulement à notre droite.

Cela fait sursauter notre petit groupe et arrêter Rupert, tout le monde pointant vivement sa Baguette sur Molly, avant de pousser un petit soupir de soulagement.

« Merlin soit loué la chance est avec moi ! Je suis heureuse de vous trouver à temps ! » s'exclame Molly, avant qu'aucun d'entre nous n'ait le loisir d'ouvrir la bouche, pour manifester la frayeur qu'elle nous a causée.

Et elle entreprend de nous expliquer aussitôt brièvement, ce qui l'amène.

« Alors bien, il n'y a qu'à entrer et arroser tout le monde ! » réagit alors Chad, avec satisfaction.

« Je ne crois pas non ! Pré Au Lard et Radio Sorcière ce n'est pas la même chanson ! A lieu différent, stratégie différente sans aucun doute ! A mon sens, il y a au moins un Mangemort pour veiller au grain, là-dedans ! Et ce n'est pas difficile de deviner lequel, car Antonin Flint n'est semble-t-il pas revenu auprès de son Maître, qui l'avait envoyé on ne savait où ! Il nous faut donc un meilleur plan ! Et le mieux serait de pouvoir l'attirer dehors ! Ainsi que ses complices s'il n'est pas seul ! » s'oppose vivement Molly, avec sévérité.

Chacun acquiesce et réfléchit très vite à ce qui pourrait bien attirer des Mangemorts dehors.

« Je vais le faire. S'il y a un Mangemort, je vais l'attirer dehors. Et les autres aussi, s'il n'est pas seul. » déclare quelques secondes plus tard James, d'un ton un peu tremblant et prenant une bonne inspiration avant d'ajouter : « J'ai la Marque des Ténèbres sur mon bras. Je peux l'appeler grâce à ça et ça me ferait du bien de savoir qu'elle a servi à quelque chose de bon. »

Personne n'ose rien répondre à cela tout de suite.

« C'est une bonne idée, oui. » finit par dire Molly, qui réfléchit quelques secondes avant de décider : « James, reculez dans le coin le plus sombre. Nous, nous allons nous Désillusionner et nous rendre à vingt pas de l'entrée. Lorsque nous serons en place, je vous le signalerai et vous activerez alors votre Marque pour faire sortir les Mangemorts. Et aussitôt qu'ils sont tous dehors, nous les Stupefixerons. »

« Oui ! Chacun d'entre nous vise le Mangemort qui se tient devant lui. C'est parfait Molly. On voit que vous êtes allée à bonne école pour monter des plans astucieux ! » acquiesce très vite Muriel, avec un sourire satisfait.

« Le problème, c'est qu'à mon âge, je risque d'avoir un peu de mal à me Désillusionner ! Ça fait longtemps que je ne l'ai pas fait et je ne sais guère si j'aurai ensuite l'Energie suffisante pour être de grand secours ! » fait remarquer Bathilda, l'air ennuyée.

« Je vais vous aider. » décrète-je, procédant aussitôt au Sortilège de Désillusion.

Et lorsque nous sommes tous prêts, Molly règle son Micro sur la même fréquence que la nôtre, puis nous demande que nous tenir par la main, avant d'avancer vers le siège de Radio Sorcière, petite bâtisse vétuste perdue au milieu de tous ces entrepôts vides et à demi en ruines.

« Ici c'est bien. A cette distance nous ne pourrons pas les rater. Mais écoutez bien vous tous, attendez mon signal avant de tirer. Je dirai simplement feu. Et ne jouez pas au héros, surtout ! Si vous êtes en difficulté, vous Transplanez immédiatement au QG de Londres ! C'est compris ! » chuchote Molly et comme nous acquiesçons tous d'un oui très ferme, elle demande à James d'activer sa Marque.

Il ne se produit rien pendant quatre ou cinq secondes, puis quelqu'un jette un coup d'œil par la fenêtre du rez-de-chaussée, regardant bien de chaque côté, avant que la silhouette s'éloigne. Et trois secondes plus tard, la porte s'ouvre, laissant passer d'abord un homme, puis un deuxième et enfin un troisième et quatrième.

Antonin Flint est parmi eux.

Leur Baguette est en garde et ils regardent de tous côtés, restant prudemment près de la porte, puis ils se décident à avancer de deux ou trois pas. Baguette un peu en berne cette fois.

« Feu ! » s'exclame alors Molly.

Nos Sortilèges de Désillusion tombent et de toutes nos Baguettes des Sorts fusent. Atteignant trois des hommes qui valsent durement en arrière puisqu'ils ont été touchés par au moins deux Sortilèges chacun et Molly jette vivement un second Stupefix pour neutraliser le dernier, qui courraient pour nous échapper.

« Joli travail ! Allons-y ! » s'exclame Dedalus, très satisfait, avant d'amorcer un pas vers la bâtisse dont la porte est restée grande ouverte.

Mais Molly le retient fermement par le bras.

« Pas si vite ! Il peut encore y avoir un Mangemort ou deux à l'intérieur ! Alors restez ici, surveillez nos prisonniers et laissez-moi faire le reste avec Algie et Rupert ! » ordonne Molly, avec une belle autorité, enchainant vivement les prisonniers, avant de faire signe aux deux volontaires désignés de la suivre.

Ils s'éloignent aussi vite au pas de course.

« Un vrai caractère de Prewitt cette Molly ! Aussi autoritaire que l'était son Grand-père que j'ai bien connu dans mon jeune temps ! Aussi courageuse aussi ! Et généreuse avec ça ! Arthur a très bien fait de l'épouser ! » déclare Charlus, au hochement de tête positif de Muriel, lorsque Molly laisse Rupert non loin de la porte, avant de contourner la bâtisse par la droite tandis qu'Algie en fait autant par la gauche.

S'il y en encore des Mangemorts à l'intérieur, ils ne leur laisseront aucune chance de s'enfuir, c'est certain. Mais il faut croire que les Mangemorts étaient tous sortis, car peu après être entré par la porte de devant, Rupert nous appelle, Dedalus et moi-même.

Nous laissons donc nos prisonniers à la garde des autres et nous dépêchons vers la Bâtisse, entrant bientôt à notre tour, pour découvrir des corps sans vie horriblement mutilés, allongés dans la petite cuisine où ils ont subi les pires tortures.

« Le Directeur et deux techniciens. » souffle Dedalus, relevant les yeux vers Rupert, Algie et Molly pour demander : « Où est l'animateur de l'émission qui est en cours ? »

« C'était l'un des leurs. Il a essayé de tuer Molly, mais c'est raté. Il est mort de son propre Avada. On l'a laissé dans le couloir donnant sur l'arrière. » répond Algie, en couvrant de capes les trois pauvres Sorciers qui ont été longuement suppliciés avant d'être assassinés.

« J'ai déjà fait appeler Ambrosius au Ministère, il arrive tout de suite pour venir chercher les prisonniers et s'occuper d'emmener les morts à Ste Mangouste. Pouvez-vous diffuser le message de l'Attaque sur Poudlard, Dedalus ? Précisez que les enfants les plus jeunes ont tous été évacués et qu'il n'y a eu aucun blessé grave parmi eux, mais qu'il reste encore là-bas tous les septièmes et nombres d'Elèves de cinquième et sixième année, qui se battent farouchement contre de très nombreux ennemis et des Créatures très dangereuses. Il faut que tout le pays sache qu'il y a des Harpies, Vampires, Chimères, Crabes de Feu, Détraqueurs, Trolls et Inferi en très grand nombre et plus d'un à deux milliers de Mangemorts à combattre encore. Peut-être même davantage. Cependant qu'ils prennent garde à ne pas s'en prendre à Graup, qui est des nôtres. Et qu'ils ne mettent pas de robe noire surtout ! C'est la couleur de l'ennemi et Graup ne fera pas la différence ! Quant à vous, Hestia, tâchez de prévenir Nally s'il vous plait, que c'est réglé et que les renforts vont enfin arriver. Moi, il faut que je retourne à l'Hôpital. » déclare ensuite Molly, qui se dirige vers la porte de sortie, mais que j'arrête lorsqu'elle passe auprès de moi, en effleurant simplement sa main.

« Ste Mangouste voudra sans doute envoyer du personnel pour aider à soigner les blessés. » fais-je remarquer assez sottement, car n'osant finalement pas poser les questions qui me brûlent les lèvres depuis son arrivée.

Combien de morts y a t'il déjà ? Qui ? Sait-elle qu'Albus n'est plus ? Et les blessés ? Est-ce grave ?

Mais ces questions peuvent attendre leur réponse.

« Oui. Eh bien il n'y a qu'à faire ce qui a été prévu. Coordonnez cela avec Ambrosius, Hestia. » répond doucement Molly, qui me sourit tristement avant de sortir.

Elle a bien deviné que là n'était pas véritablement ce que je voulais demander, comme je n'avais pas besoin de voir son triste sourire, pour deviner qu'elle a bien du chagrin et que déjà trop de personnes qu'elle estimait, jeunes ou moins jeunes, sont décédées.

Tout son être le criait à son arrivée auprès de nous.

Des Chimères, Crabes de Feu et Trolls. Ce n'était pas prévu. Non, pas prévu du tout.

Merlin ! Ce doit être horrible, vraiment horrible, ce qu'il se passe là-bas !

OoOoOoO

Ramaya

Ça s'éclaircit plus que bien du côté Détraqueurs maintenant et on a fait vraiment pas mal de prisonniers avec les Mines Caméléon parmi les Mangemorts, mais c'est très loin d'être gagné encore.

Les derniers parvenus à sortir de la Forêt ont compris leur intérêt de s'en éloigner très vite, s'ils voulaient éviter les flèches des Centaures. Ces derniers restent maintenant en lisière, à l'affût de tout ce qui bouge dans le ciel et sur terre et ils ont dégagé un maximum de Harpies et de Chimères, avant que celle-ci se retranchent également plus loin.

« Putain de chiotte ! Ce n'est pas possible ! Ils sont suicidaires ma parole ! Ils doivent pourtant avoir compris que c'est leur intérêt de capituler, non ?! » s'exclame Patrick, tandis que nous repoussons une fois de plus, la dernière bonne centaine de Détraqueurs qui sévit encore de ce côté du parc.

Je ne peux répondre. Tout comme lui je ne comprends pas pourquoi ils restent et continuent de nous attaquer, malgré les pertes plus qu'importantes qu'ils ont subies. Pareil pour les Mangemorts, les Trolls, les Vampires, les Harpies, les Crabes de Feu et les Chimères. Nous leur avons laissé le choix à maintes reprises, mais ils ne cessent de se jeter au-devant de nos Baguettes, refusant de se rendre ou de partir. Pourquoi ?

Pourquoi continuent-ils? Pourquoi ne jettent ils pas les armes ? Parce qu'ils sont encore en très net surnombre et espèrent gagner ?

« Regarde-les, Ramaya ! Les Mangemorts se fichent même de leurs blessés ! » poursuit Patrick, produisant un énorme effort pour contenir les Détraqueurs, avant de leur crier de rompre leur attaque, de partir s'il veulent avoir vie sauve.

Et je dois convenir qu'il a raison. Car si nous avons subi des pertes, pour eux c'est bien pire. De la cendre de Vampire et de Détraqueurs recouvre tout le parc et le Château. Il y a des morceaux d'os et de chair aussi, des entrailles partout. Des dizaines et des dizaines de cadavres de Mangemorts et de Créatures sont allongés parmi les Mines Caméléon qui emprisonnent étroitement ceux sur lesquelles elles se sont refermées. Et nombreux sont les blessés qui gémissent et rampent au sol, dans l'indifférence de leurs pairs.

Des Elfes de maison ont tenté de venir en chercher, afin qu'ils soient soignés avant d'être mis en cellule, mais ils se sont fait tirer dessus par les blessés eux-mêmes et il a fallu abandonner l'idée de leur venir en aide.

Même à terre, ils continuent de se battre contre nous, de chercher à nous tuer. Ils le font, jusqu'à leur dernier souffle !

« Sev ! Nous avons un sérieux problème ! » s'exclame Nally, lorsqu'elle se pose un peu plus haut à ma gauche.

« Lequel ! » demande Severus, avant de jeter l'une des fusées, dont Hermione nous a ravitaillés il y a un instant.

Ce qui ne fait pas pour autant reculer nos adversaires.

« Je reviens de Pré Au Lard, les habitants ont tous inhalé de la Poudre de Baies de Djengouliak ! (1) Raison pour laquelle ils ne venaient pas à notre secours ! » explique Nally, tandis que mes cheveux se hérissent sur ma tête.

J'ignore ce qu'est cette Baie de Djengouliak, mais ça ne me dit rien qui vaille du tout !

« Quoi ! Tu es sûre ! » réagit Severus, d'un ton qui m'alarme davantage encore.

« Absolument ! J'ai fait le test pour le vérifier ! Molly et Dean sont en train d'arranger ça. Ceci dit, vu le comportement de nos attaquants, je me suis demandé si ce ne serait pas la même chose pour eux ! Alors j'ai fait le test sur quelques Mangemorts, une Harpie, un Vampire, une Chimère, un Troll et un Crabe de Feu ! A eux, ce salopard de Salazar ne s'est pas contenté de leur faire inhaler la poudre, il leur en a fait ingérer ! Ce n'était pas du poivre que Goyle a vu les Mangemorts mettre en quantité trop importante à son gout, dans la Vodka et la sauce des sandwichs au thon ! C'était carrément des Baies de Djengouliak moulues ! » répond Nally, tout en Stupefixant un groupe de trois Mangemorts qui déboulait par ici.

Ils valsent assez loin et c'est tant mieux.

« Triple merde ! » s'exclame Severus, bien plus que contrarié et alarmant cette fois.

Il a presque l'air désemparé.

« Qu'est-ce que ça signifie ? » demande-je, vivement inquiète.

« Cela signifie que nos assaillants accomplirons la volonté imposée par leur Maître, soit aussi longtemps que ces foutues Baies qu'il leur a fait ingérées font effet, soit aussi longtemps qu'il sera en vie ! Alors nous avons tout intérêt à ce que Voldemort meure très vite, car l'effet est de douze heures pleines ! » répond Severus, avec une brusque colère.

« Il y a bien un antidote, non ? » demande Patrick, d'un ton qui en dit long.

Il se prépare à une réponse négative. Et je partage tout à fait son pessimisme.

« Quand elle est réduite en poudre et simplement inhalée, oui ! Il suffit de ventiler largement, puis d'arroser copieusement la personne, afin que la poudre encore accrochée à ses vêtements et sa peau soit dissoute ! La personne retrouve alors immédiatement ses esprits ! Mais ingérée, c'est une autre histoire ! Les sucs gastriques potentialisent la toxicité de la Baie et il faudrait faire ingérer au moins trente à trente-cinq litres d'eau à l'individu pour l'éliminer ! En moins d'une demi-heure ! Ce qui est bien sûr impossible ! » répond Severus, tandis que mes cheveux se hérissent sur ma tête.

« Et donc en clair, cela signifie également que nous n'avons pas intérêt à ce que nos ennemis quittent Poudlard ! Car ils iraient de toute façon faire un massacre ailleurs ! C'est ça ? » demande Patrick, se faisant ainsi écho à ma propre interrogation.

« Oui ! » répond laconiquement Nally.

« Je me demande donc si nous n'aurions pas intérêt à boucler la zone pour eux aussi et de déserter nous même, pour revenir quand l'effet de cette cochonnerie sera terminé ! Ils seront sans doute plus coopérant à ce moment-là ! » suggère Patrick, avec espoir.

« Ce serait l'idéal, en effet ! Malheureusement, la zone de combat est beaucoup trop vaste ! Pour simplement poser les Bases de la Prison qui retient Voldemort/Salazar, cela a nécessité quinze heures de travail à une cinquantaine de Hauts Elfes et autant d'Elfes de maison ! » répond Nally, sur un énorme soupir.

« Putain ! Qu'est-ce qu'on peut d'autre alors ! On ne peut pas continuer à se battre comme ça ! C'est un vrai massacre ! Une boucherie pure et simple ! Or, ils abandonneraient sûrement s'ils pouvaient le faire ! » s'exclame Patrick, en reculant de trois pas, car il vient de rater son Patronus.

Il en jette immédiatement un autre qui n'est pas bien vaillant non plus.

« Désolée, mais je n'en sais rien ! Regardez comment réagissent ceux qui sont enfermés dans les Mines Caméléon ! Ils ne peuvent plus faire un seul mouvement autre que celui de respirer, mais si on les relâchait, ils nous sauteraient immédiatement à la gorge ! Je suis certaine aussi que ceux qui ont été enfermés dans le Labyrinthe d'Artemus, sont en train de chercher une sortie, pour revenir à l'attaque ! » répond Nally, avec une pointe d'énervement manifeste.

« Oh, merde ! Pourvu qu'ils ne finissent pas par s'entretuer ou même simplement tuer les Ânes Bâtés qui ne portent pas la Marque ! » s'exclame alors Severus, alors que cette fois tous mes poils et cheveux sont droits sur mon corps et ma tête.

« Je ne pense pas, non ! D'ailleurs, en parlant des Ânes Bâtés, je me demande s'ils n'auraient pas non plus ingéré des Baies aussi ceux-là. Car eux non plus n'abandonnent pas la partie ! Ils se mêlent joyeusement aux Mangemorts et Vampires à l'intérieur ! Ils se reconnaissent parfaitement bien ! Aucun Âne Bâté ne semble avoir été menacé, alors qu'ils ne portent pas la Marque ! Il n'y a que les Détraqueurs pour les mettre en danger, hormis lorsqu'ils affichent leur badge ! D'ailleurs, où Benson peut-il s'être procuré ces foutus badges en si peu de temps, peux-tu me le dire ? Il ne peut pas les avoir fabriqués lui-même, le temps imparti était trop court ! À moins de les avoir eus en sa possession depuis longtemps, bien sûr. Ce dont je doute fortement ! Et Vaneck ! Il n'a pas cessé de dire qu'il avait agi de son propre chef ! Et pourtant, son manque d'intelligence n'aurait pas dû lui permettre d'éviter nos questions pièges ! Et rien n'a pu le faire fléchir non plus sur le toit ! Et je suis certaine qu'il a rejoint les siens, dès que nous sommes partis ! Ce n'est pas normal, tout ça ! Pas normal du tout ! Je suis certaine que Benson a reçu un colis clandestin aujourd'hui même et qu'il a sottement fait ingérer de la Baie de Djengouliak à tout son petit monde ! » répond Nally, de plus en plus irritée.

« Souviens-toi qu'un paquet a été remis ce matin à Benson, par Elsa Barlow avant qu'elle s'en aille ! Les badges et la Baie de Djengouliak moulue étaient peut-être dedans ! Quant au Labyrinthe, le QG pourrait peut-être nous renseigner sur ce qu'il se passe dedans ! Et tu peux aller tester des Ânes Bâtés ! Le QG saura te dire où en trouver un ! » suggère-je, avant d'avaler rapidement une Potion Revitalisante.

C'est déjà la troisième depuis le début des Combats.

« Le QG est débordé et j'ai des scrupules à vous laisser encore une fois vous débrouiller avec ces fichus Détraqueurs et Mangemorts ! » répond Nally, juste avant qu'une clameur ne parvienne jusqu'à nous.

Oh ! Merlin ! Ce sont des renforts ! Pré Au Lard arrive à notre secours ! Ils arrivent enfin !

« Il y a de la troupe fraîche qui arrive à la rescousse ! Alors va vérifier pour les Ânes Bâtés, Nally. Il faut que nous sachions où nous en sommes pour eux aussi ! Moi, je vais tâcher de trouver une solution. D'ailleurs, pendant que tu y es, fais passer le mot à tout le monde ! Toutes les idées seront les bienvenues pour arrêter ce massacre ! Réunion chez Albus, dès que quelqu'un a une idée ! » s'exclame Severus, tandis que je suis très heureuse de voir Madame Rosemerta se poser à mes côtés et produire un magnifique Patronus, qui repousse aisément les Détraqueurs.

Il était temps !

Car Potion Revitalisante ou non, depuis trois minutes au moins, nous reculions peu à peu sous leurs incessants assauts.

OoOoOoO

Alicia

Oh ! Merlin ! Les renforts arrivent enfin de Pré Au Lard !

Ah quel bonheur de les voir !

Ça donne un regain d'Energie ça !

J'espère qu'il y en a d'autres qui vont bientôt arriver aussi !

Il était temps quand même ! Bon sang de bonsoir !

Je n'en peux plus de vriller et virevolter comme une folle, pour échapper aux Avada et autres Maléfices tout aussi mortels, qu'on nous balance à tours de bras !

Heureusement encore, les Chimères sont certes rapides, mais ne peuvent pas voler trop haut, ni rapidement trop longtemps ! Ça nous permet de les éviter en prenant de l'altitude. Mais avec elles dans les parages, pour celles et ceux qui se battent au sol, ça doit être bien davantage l'Enfer encore que pour nous.

« A moi Alicia ! » s'écrie-t-on sur ma gauche.

Oh merde ! Non ! Olivier ! Balai en feu !

Je fonce vers lui et j'attrape sa main pile alors qu'il commençait à tomber comme une pierre, parvenant je ne sais comment à l'aider à se rétablir derrière moi.

« Merci ma choute ! J'ai bien cru que cette fois j'allais me viander pour de bon ! » me glisse Olivier à l'oreille, tout en jetant un Sortilège à gauche, tandis que j'en balance un à droite.

Je n'ai pas le temps de lui répondre. Trois Mangemorts nous font face maintenant et il y a deux Vampires avec eux.

« Tourne boule ! » ordonne Olivier et je lui obéis, bien que cette figure soit d'autant plus risquée que nous sommes deux sur le Balai.

J'appuie donc à fond sur l'accélérateur et entame une vrille horizontale à toute vitesse, qui nous fait foncer droit devant. J'espère que les Mangemorts et Vampires s'écarteront de notre passage dans un réflexe de survie, sinon, nous sommes morts !

Ça passe. Aussi incroyable que ça paraisse, ça passe !

« J'en ai eu trois ! » s'exclame Olivier dans mon dos, alors que je nous rétablis et amorce un demi-tour, car dans notre fulgurant élan, nous sommes sortis de la zone de Combat.

« Quoi ? » demande-je, en levant ma Baguette vers une Harpie qui nous a suivis et semble bien décidée à nous percuter de plein fouet.

« J'ai dégommé deux Vampires et un Mangemort au passage ! Avec mon Epée ! » répond Olivier, qui s'agite un peu derrière moi.

Il remise son Epée je pense.

« Mais tu es fou ! Tu aurais pu tomber du Balai et à cette vitesse ça n'aurait pas pardonné ! » m'exclame-je, vivement mécontente qu'il ait pris un tel risque.

J'en jette rageusement mon Sortilège vers la Harpie qui valse très loin en arrière puis tombe comme une pierre.

Stupefixée simplement. Mais là où elle est tombée, elle ne se relèvera certainement pas. Des Trolls vont la piétiner.

« Pas si fou, ma choute ! Je me tenais à toi d'une main bien ferme ! » répond Olivier, en balançant à son tour un Sortilège.

Vers un Mangemort cette fois. Et pour lui renvoyer son Maléfice. Le Mangemort l'évite, mais pas l'un de ceux qui le suivent. Il tombe à son tour parmi les Trolls.

C'est effroyable ! Le sol du Terrain de Quidditch est jonché de morts et de blessés !

J'espère qu'il n'y a aucun des nôtres parmi eux !

Qu'ils ont bien tous été emportés chez Nally, quand ils sont tombés.

OoOoOoO

Harry

Enragé. Plus encore que lors de notre Combat à Godric's Hollow.

Il a compris qu'il n'y aura pas d'échappatoire pour lui et qu'il s'agit là d'un Duel à mort.

Ses Maléfices pèsent des tonnes. Et il n'a jamais eu une Technique aussi efficace qu'aujourd'hui. Il est bien plus souple et sobre qu'habituellement dans sa gestuelle, ce qui me laisse nettement moins d'ouverture.

Ses vrilles sont puissantes, d'un rythme plus rapide également. Et l'esprit de Voldemort a dû comprendre qu'il avait intérêt à se tenir tranquille et laisser le plein champ libre à Salazar, car il n'y a aucun sursaut de sa part dans l'Aura qui s'étend plus que jamais autour de son corps.

J'aimerai pouvoir en finir vite, mais je dois hélas patienter. Le fatiguer. Casser son rythme au plus possible, l'obliger à se mouvoir plus que je le fais moi-même, avant d'enfin voir apparaître une faille dans sa défense.

Autour de nous aussi cela se bat farouchement. Il n'a pas fait seulement venir à lui des Mangemorts. Des Créatures sont également présentes. Elles ont encore dégorgé des Cavernes situées sur ses terres autrefois cachées, sur lesquelles j'ai vue depuis ma place.

Que cache-t-il encore dedans ? D'autres Créatures ? Des Monstres hybrides qu'il aurait créés ? Pourquoi n'a t'il pas effectué son élevage de Bestioles du Diable dedans dans ce cas ? Parce qu'il n'y avait plus de place dans ces cavernes là ?

Pourquoi n'a t'il pas fait monter d'un seul coup toutes ses troupes à l'assaut ? Pourquoi les faire arriver ainsi graduellement ?

Questions qui resteront sans doute sans réponses. Peu importe.

Je dois me concentrer exclusivement sur mon Combat contre lui. C'est tout ce qui compte pour le moment. Je dois mettre fin à sa vie, au plus tôt. Je dois réduire cette quantité phénoménale de Magie Noire à néant.

Sursaut.

Putain de bordel ! Je comprends soudainement les enjeux de cette Bataille pour lui ! Pourquoi ses Mangemorts et ses Créatures s'acharnent avec autant d'obstination, quand ils pourraient pourtant se retirer !

Oh oui, je comprends maintenant ! Il a fait en sorte que cela se produise ainsi. Je ne sais pas d'où me vient cette certitude. De Tristan peut-être ? Oui, sans doute. C'est lui, qui me permet de si bien pressentir l'état d'esprit de Voldemort / Salazar.

Ceci dit, je ne sais comment il a fait, mais ses troupes sont liées à sa volonté et elles ne plieront pas, jamais, pas aussi longtemps que durera notre Duel.

Je sais toutefois pourquoi, il a fait cela ! Et pourquoi ses troupes arrivent progressivement vers le Château !

Raison supplémentaire, pour que j'abrège au plus vite possible !

Il faut cependant que Maman sache ! Qu'une solution soit trouvée afin que la situation ne s'aggrave pas avant qu'il soit trop tard ! Pour que nous ayons une chance de sauver Magie Mère et le Monde Sorcier !

Alors je prends le risque d'une très courte Communion Magique avec Ron. Elle me coûte une blessure bénigne sur le bras gauche, provoquée par un Maléfice du Fouet Tranchant, qui me déséquilibre un peu lorsqu'il m'effleure. Mon bras est douloureux. La plaie brûle comme si j'avais été marqué au fer rouge. Mais cela importe peu.

L'essentiel est que Ron a compris.

Et que Salazar prend confiance, parce qu'il m'a touché et qu'il pense maintenant pouvoir me vaincre facilement.

Erreur de sa part !

Car fort de cette certitude, il sera moins pointu et attentif à ce que je fais et je pourrai alors le surprendre. Il faut juste que je laisse à Maman, Ron et Papa, le temps de résoudre le problème qui se pose à nous.

Mais j'ai confiance. Oui, j'ai pleinement confiance en eux, pour y parvenir !

Tout comme j'ai l'entière certitude que Ron fera ce qu'il faut lorsque le moment viendra, pour m'aider à vaincre Salazar une bonne fois pour toute !

OoOoOoO

Baie de Djengouliak : Ne cherchez pas, cela n'existe pas.

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V