Disclaimer : cf chapitre 1

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Gros bisous à ma beta, la merveilleuse Mistycal !

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Ultimes Sacrifices 6 / 11

Acte 7 : L'Entourloupe De Salazar

Hagrid

Ça n's'arrange pas d'vant les Grilles ! J'sais pas d'où ça sort tout ç'qui vient encore, mais c'est pire qu'des punaises ! Plus qu'y en a d'faits prisonniers ou d'tués, plus qu'y en a qui arrivent !

Ça m'fait mal au cœur, d'voir tout ça ! Ces pauv' Chimères, Crabes de Feu et Trolls ! J'suis sûr qu'y sont pas méchants dans l'fond, si on sait s'y prendre avec eux ! Alors c'est qu'on a dû leur faire bien des misères, pour qu'y d'viennent aussi enragés !

Et ça m'fait plus mal au cœur encore, d'savoir qu'y a des tas d'jeunesses, d'bonnes gens, d'Centaures, Créatures et Animaux Magiques qui meurent d'nôtr' côté ! Tout ça à cause de cet salop'rie d'empeigné d'Jedusor ! Si j'avais su une affaire pareille, j'lui aurais fait sa fête du temps d'not' jeunesse ! Au moins j's'rais pas allé à Azkaban pour rien à cause d'lui ! Et y aurait pas aujourd'hui tous ces braves jeunes, ces Gob'lins et ces Elfes sur l'carreau !

Bien sûr on aurait cru qu'c'était moi l'héritier d'Serpentard et j's'rais mort d'chagrin à Azkaban à l'heure qu'il est. Mais quèque ça aurait été ça, à côté de s'qui s'passe aujourd'hui ?

« Attention, Hagrid ! A droite ! » qu'y m'crie Vincent, qu'est sorti d'la Fôrêt, maint'nant qu'y plus d'ennemis d'dans.

Un coup d'Epée et la tête d'une Harpie s'envole.

Sale engeance ! Ça, c'est des Créatures mauvaises de naissance ! On a beau y met' du sien, ç'n'est pas sociable pour une noise et ça n'pense qu'à faire des misères aux autres !

« Allez ! Essayons d'en rabattre vers la Forêt encore une fois ! » qu'y s'exclame Bill, en j'tant des Sorts d'Expulsion bien puissants.

Il est r'venu au sol, après qu'le pauv'Sombral qu'il chevauchait a été grav'ment blessé et d'puis il s'bat comme un lion. Et il doit avoir pris une Potion pour s'refaire une santé aussi, pasqu'il avait l'air plus fatigué qu'ça, y a une minute. J'comprends ça qu'il était fatigué. Même moi que j'ai bien plus d'forces dans l'sang, j'commence à fatiguer un peu.

Tout l'monde produit son effort comme il peut. Les uns avec leur Baguette, les autres avec des Gadgets des jumeaux qu'on est v'nu nous en ravitailler un peu pasqu'on était à court. Et quand on a r'poussé assez près d'eux les Trolls, Chimères et Crabes de Feu, les Centaures leur tirent dessus des flèches d'puis la lisière d'la Forêt dans laquelle ils restent embusqués.

C'est qu's'ils en sortaient, ils s'raient des cibles trop faciles pour les Manj'morts, qu'ont l'respect d'rien, ni d'personne. Les Hippogriffes aussi sont restés dans la Forêt. Mais j'suis sûr qu'ils restent à l'affût, comme les Centaures, prêts à sauter tous bec et serres dehors, sur ç'qui pass'rait à leur portée comme ennemi.

Y en a un peu moins, des Manj'morts qui dégorgent par ici d'puis l'Lac et les anciennes Grilles. Y r'montent vers l'Château dès qu'ils réussissent à nous déborder. Et j'plains d'tout cœur ceux qui s'battent tout près ou d'dans l'Ecole, pasqu'ils doivent y grouiller comme d'la vermine ces sagouins d'Manj'morts et ça doit êt' encore plus pénible là-bas qu'ici dans l'fond !

Y en a pas mal aussi qu'y sont du côté d'la Ferme. Mais j'suis sûr qu'c'est pour la contourner et tâcher d'entrer dans l'Château par l'côté ou par derrière.

« Bill ! Je t'amène Norbert ! Il te sera utile pour combattre les derniers Détraqueurs en lice dans le parc et rabattre les Chimères vers des archers ou des Grenadiers ! Vous avez des Grenades ? Et assez de munitions ? » qui s'écrie Charly, d'puis l'ciel.

Norbert s'pose tout juste auprès d'Bill.

Qu'est-ce que ça m'a fait plaisir, d'savoir qu'il allait ch'vaucher Norbert, Harry ! Quand Charly m'l'a dit ç'matin j'n'en croyais pas mes oreilles ! Et ça m'a fait bien plaisir aussi de l'voir, Norbert ! Qu'est-ce qu'il a bien grandi d'puis que j'l'ai vu la dernière fois ! C'était encore un bébé à l'époque. Maint'nant, ç't'un adulte. Comme Harry.

Et dans l'fond d'mon cœur, j'l'envie Bill, d'pouvoir monter sur lui. J'aim'rai bien aussi l'faire. J'n'ai jamais pu beaucoup voler alors qu'j'aime ça, pasque j'suis trop lourd pour les Balais et même les Sombrals et les Hippogriffes sont bien trop vite fatigués par mon poids. Mon plus grand vol, c'est quand qu'Sirius m'a prêté sa moto, pour m'ner Harry d'Godric's Hollow jusqu'à Little Winging.

Ça r'monte loin, tout ça.

« On a un peu de tout, sauf des Grenades ! » qu'y répond Bill à son frère.

« Alors prends ça ! Tu sais comment ça marche ? » qu'y dit alors Charly, en j'tant un sac droit dans les bras d'Bill.

« Oui ! J'avais reçu le mode d'emploi sans la marchandise ! » qu'y répond Bill, avant d'saluer son frère, qu'y doit r'tourner au Lac, pasque ça dégorge toujours d'Inferi là-bas.

Bill monte sur Norbert et il lui dit quèque chose en langue des Elfes. Alors Norbert il déploie ses ailes et il s'envole en rase motte d'nos têtes, pendant qu'Bill distribue des Grenades et quand il a terminé sa p'tite tournée, Bill fait d'mi tour et il r'vient vers moi.

« Hagrid ! J'ai besoin d'un coéquipier pour surveiller mes arrières, ça te dit ? » qu'y m'demande.

Oh ! Mille Gorgones ! Il n'pouvait pas m'faire plus plaisir ! Mais voilà, y a Graup. Qu'est-ce qu'y va dire mon p'tit frère, si j'le laisse là tout seul, à s'débrouiller avec ces cochonn'ries de Harpies qui r'viennent toujours vers lui pour l'tourmenter ?

« Vas y, Hagrid ! Papa, Blaise et moi, nous nous occupons de Graup ! » qu'y dit alors Vincent qui a dû d'viner ma pensée.

Y m'connait si bien !

Et comme son père et Blaise font oui d'la tête, et ben j'cède. Ça m'fait trop plaisir, car au moins si j'dois mourir avant la fin de ç'te bouch'rie qu'est ç'te Bataille, eh ben, j'aurais réalisé un vieux rêve.

J'me l'fais donc pas dire deux fois et j'grimpe derrière Bill. Et vous n'pouvez pas savoir ç'que ça m'fait comme bonheur, même là, au milieu d'la Bataille, quand qu'Norbert déploie ses grandes ailes et qu'on s'envole.

Mais ça dure que quèques s'condes mon bonheur. Pasqu'à faire un p'tit tour d'horizon au-d'sus d'Poudlard, j'prends encore plus conscience qu'c'est plus encore la pire des pires Batailles que j'pensais d'jà qu'c'était.

Vous n'pouvez pas vous imaginer à quel point qu'c'est l'pire du pire d'l'Enfer qu'on vit ici !

Non, vous n'pouvez pas vous l'imaginer à quel point !

J'crois même pouvoir dire sans m'tromper, qu'même ceux qui sont en plein d'dans n'peuvent pas s'l'imaginer. Même vu d'là haut d'puis l'ciel, on n'peut pas vraiment. Pasque d'là, on n'peut pas voir ç'qui s'passe à l'intérieur du Château.

Et qu'ça doit pas êtes beau à voir non plus.

Pas beau du tout.

C'est vraiment laid la guerre !

OoOoOoO

Richard

Bien que je change de blouse régulièrement, ce n'est plus d'un Médicomage dont j'ai l'allure, mais d'un boucher.

Même lors de la terrible Bataille de Dublin nous n'avons pas eu affaire à autant de très graves blessures. Eh bien que j'ai fait appel à plusieurs Confrères et Consœurs très compétents et fiables sur le Continent, nous sommes débordés et je crains fort que des blessés meurent faute d'avoir reçu des soins à temps.

« Pompom, demandez à quelqu'un d'aller chercher des Elèves de cinquième année qui ont suivi des cours de Soins d'Urgence, afin qu'ils prennent en charge les Services plus légers, de Molly, Augusta et Fleur. Nous avons besoin d'elles ici. Et si vous avez d'autres Infirmières de votre connaissance qui pourraient également venir, appelez-les d'urgence par Cheminette, cela nous rendrait grand service. Dyna pourra leur indiquer l'adresse et les faire rentrer. » décide-je, en changeant de blouse pour la énième fois, avant de me diriger vers le blessé suivant.

« Pourquoi pas plutôt des sixièmes ? » demande Pompom, en enfilant un tablier propre, tout en se dirigeant vers la porte déjà.

« A mon humble avis, ils sont tous restés à Poudlard et il n'est pas dit que tous les cinquièmes soient ici non plus. » réponds-je, grimaçant aussitôt, en découvrant les brûlures très profondes qui affectent le dos de la jeune Philippa Sawyers.

Pompom ne répond pas, sortant déjà sans doute à pas pressés, et je me penche vers ma patiente.

« Qu'est-ce qui vous a fait cela, Philippa ? Maléfice, Crabe de Feu ou Chimère ? » demande-je, avec le plus de douceur et de neutralité qu'il m'est possible.

« Maléfice. » répond-elle, dans un souffle très douloureux.

« Dans ce cas, je suis désolé, Philippa. Je ne peux rien vous donner pour calmer la douleur, ni vous endormir, avant que le Maléfice soit contré. » explique-je, de mon ton toujours aussi professionnel.

Il y a des jours comme aujourd'hui, où je déteste mon métier et de ne pouvoir compatir davantage. Mais si je le faisais, cela me deviendrait vite trop insupportable.

« Je sais, Richard. C'est bien pourquoi je n'ai rien pris de moi-même. Faites vite, je vous prie ! » répond Philippa, des larmes dans la voix.

Elle souffre déjà beaucoup et sait qu'elle va souffrir davantage encore, lorsque je vais jeter le Contre Maléfice.

« Accrochez-vous à votre oreiller et pensez à ce vous avez de plus précieux en ce monde. » recommande-je, attendant qu'elle ait crispé ses doigts sur l'oreiller, avant de jeter le Contre Maléfice.

Elle se crispe immédiatement toute entière, mordant son oreiller dans un cri qu'elle tente d'étouffer et que je l'encourage aussitôt à ne pas retenir.

Exprimer sa douleur, l'effacera un peu.

Son corps se détend lorsque l'effet du Contre Maléfice cesse et elle sanglote, tandis que je jette un Sortilège de Diagnostic, grimaçant aussitôt. Elle a subi deux Maléfices combinés et la brûlure se prolonge à l'intérieur de son corps. Au niveau du foie, plus exactement.

« Je regrette, mais je vais devoir réitérer le Contre Maléfice, Philippa. » l'informe-je, tandis que l'une de mes Consœurs du Continent, me hèle vivement pour me signifier qu'elle a un urgent besoin de mes services.

Je lui réponds d'un signe de tête que j'arrive aussi vite que possible, avant de procéder pour la seconde fois au Contre Maléfice dont Philippa a besoin. Et je prends ensuite le temps de lui administrer une Potion Antalgique, avant de couvrir son dos d'un linge propre et stérile

Pompom lui appliquera un Onguent cicatrisant et un pansement, à son retour.

Je me rends maintenant auprès du blessé qui requiert mon expertise. Accident de Balai, avec traumatisme crânien, bien évidemment. Le patient, un jeune homme que je ne connais pas et porte les couleurs des Membres de l'Ordre de l'Allemagne, saigne au niveau des oreilles. Un peu de liquide rachidien s'échappe également. Sortilèges de Diagnostic. Grimace encore une fois.

C'est extrêmement grave et je réserve mon pronostic. Ce jeune homme pourrait bien ne pas passer la nuit. Je prodigue les soins nécessaires, afin de faire cesser l'hémorragie et diminuer l'œdème cérébral, mets en place les appareils de surveillance.

Blessé suivant.

J'ai la mauvaise surprise de reconnaitre cette fois le Ministre Clovignac. Il est inconscient. Vide-Entrailles combiné à un Maléfice de Lacération des viscères. Ce n'est pas la première fois que je vois cela ce soir et malheureusement le jeune blessé, un élève de cinquième année je crois, est mort. Trop d'organes étaient irrémédiablement fichus.

Le Ministre Clovignac a plus de chance, il survivra. Seule sa rate est perdue et il faut l'enlever. Le reste peut être guérit. C'est l'affaire de Mme Prewitt. Mais elle est déjà occupée à opérer une jeune femme russe. Augustus ? Occupé également. Julius ? Il recouvre le corps d'un Auror d'un linceul et répond à mon appel.

Bien. Le Ministre Clovignac sera vite sur pied. Il lui faudra juste prendre une Potion et suivre un régime sain jusqu'à la fin de ses jours. Un moindre mal, étant donné qu'il aurait pu laisser sa vie dans cette Bataille.

Blessé suivant.

Amputation de la jambe, juste au-dessus du genou. Il a de la chance. L'hémorragie a été stoppée, le Maléfice contré, le moignon enveloppé proprement, puis il a été endormi et son Membre récupéré, mis dans la glace. Je vais donc pouvoir regreffer sa jambe.

« Les renforts arrivent enfin ! Ste Mangouste nous envoie du monde ! Sur le champ de Bataille aussi les renforts arrivent enfin de partout ! » s'exclame Pompom, de retour avec Molly, Augusta et Fleur.

Cette dernière a les yeux rougis. Ce qui est normal car son père est décédé au début de la Bataille. Je n'ai rien pu faire pour le sauver. Il était mort à son arrivée. Mais elle nous l'avait amené, refusant la réalité, espérant que nous pourrions réaliser un miracle. Elle s'est effondrée lorsque j'ai confirmé le décès de son père. Mais elle a rapidement relevé le front avec courage, appelant l'Elfe de sa famille afin qu'il prenne soin de la dépouille de son père, puis elle a directement repris son travail.

« Parfait ! Il était grand temps ! J'espère seulement que quelqu'un veillera à faire le tri parmi le personnel de Ste Mangouste ! Il ne faudrait que l'un d'entre eux vienne ici dans l'intention de tuer nos blessés dans leur lit ! » réponds-je, tout en indiquant de la main à Pompom de panser le dos de Philippa, à Molly d'en faire autant avec la poitrine du jeune Mickael Corner dont une Consœur suisse vient également de contrer les graves brûlures sur la poitrine, à Fleur de s'occuper d'un Membre de l'Ordre Français très gravement lacéré et à Augusta de venir me rejoindre.

« Ne vous inquiétez pas, le service d'ordre est en place ! » répond Pompom, tandis que je me penche déjà pour replacer dans l'axe la jambe amputée de mon jeune blessé.

« Plait-il ? » demande-je, arquant un sourcil sur ma question, bien que Pompom ne puisse le voir, puisque je poursuis ma délicate tâche et qu'elle a probablement entrepris la sienne aussi.

« Ronald a confié ses Pytimouss à Argus ! Si une personne malintentionnée s'approche du Château, Argus le saura ! Et faute de pouvoir retourner tout de suite au Combat, Ritchie Coote s'est posté auprès de lui. Vous pouvez compter que ce jeune homme neutralisera l'indésirable, avant même qu'il ait franchi la zone du Fidélitas ! » répond Pompom, tandis qu'Augusta soutient maintenant la jambe, afin qu'elle reste bien dans l'axe pendant que j'opère.

Je souris face à tant de confiance et de solidarité entre un Cracmol, des Lutins et un intrépide Gryffondor. Puis je jette les Sortilèges qui rétablissent la continuité osseuse en premier lieu, la continuité vasculaire en second, la continuité nerveuse en troisième et enfin la cicatrisation des tissus musculaires. Et quand la jambe du jeune Kevin O'Brian est totalement greffée, je me prends à aimer à nouveau mon travail.

Voilà pourquoi je le fais. Pour sauver des vies, permettre à des corps de retrouver leur intégrité.

Un rapide coup d'œil par la fenêtre en changeant de blouse, avant de passer au patient suivant. Et je frémis à la pensée que ma belle, intelligente et courageuse Narcissa est en train de se battre contre des milliers de monstres cruels et assoiffés de sang, capables de commettre les pires atrocités.

J'espère de toutes mes forces que Narcissa, me reviendra entière et en vie, à la fin de cette si horrible Bataille, qui a déjà coûté tant de valeureuses vies et de souffrances.

Je ne supporterai pas de la perdre. Pas elle, non, pas elle ! Car même si j'ai profondément et sincèrement aimé Martine, ma première épouse, Narcissa est la femme de ma vie. Mon Âme Sœur. Ma moitié indissociable.

Ma vie n'aurait plus aucun sens sans elle pour la partager !

Blessé suivant.

Rolanda Bibine. Accident de Balai encore une fois. Colonne vertébrale fracturée. Moelle épinière sectionnée. Depuis trop longtemps pour que je puisse encore la guérir. Elle ne volera, ni ne marchera donc plus jamais.

Il était vraiment plus que temps, que des renforts arrivent enfin à la rescousse. Cela évitera peut-être ce genre de chose de se produire encore.

OoOoOoO

Narcissa

Ma sœur Bellatrix est morte. Et cela ne me touche pas plus que le décès de Lucius la nuit dernière ou celui de Rabastan ce matin.

Tout ce qui m'est venu à l'esprit en l'apprenant, c'est que la branche noire de la famille s'est bel et bien éteinte cette fois. Et que si le Ciel le veut, nous survivrons à cette terrible Bataille Draco et moi-même et pourrons enfin jouir pleinement de quiétude et de paix, lors de nos réunions de famille.

Cela dit, je pensais que le décès de Bellatrix entrainerait la défection de ses troupes. Il n'en est rien hélas ! La Ferme continue de subir, comme tout Poudlard, des assauts incessants et terribles.

Comment Voldemort est-il parvenu à rassembler ces milliers de Créatures et de Mangemorts ? Et pourquoi ses troupes s'acharnent-elles avec autant d'opiniâtreté ? C'est insensé !

Oh Merlin ! Voilà que l'étable est en feu ! Pourvu qu'aucune flammèche n'aille incendier la Forêt ! Ce serait tellement affreux !

Bon sang, quand les renforts vont ils enfin se décider à arriver par ici ?

« Narcissa ! Il faut absolument éloigner ces saloperies de Chimères de l'étable si on veut pouvoir éteindre ce fichu incendie ! » s'exclame Sirius, qui combat désormais depuis la bergerie, tout comme moi.

« Je veux bien ! Mais comment veux-tu que nous procédions ? » réponds-je, me demandant quelle idée peut encore trotter dans la tête de mon fougueux cousin.

Elles sont généralement pour le moins originales, farfelues et dangereuses. Mais j'avoue sans peine qu'elles sont également très efficaces !

« Rem et moi, on s'occupe de ça ! En revanche, dès que la voie est libre, Tonks et toi foncez là-bas avec les autres ! Et ne vous inquiétez pas de l'ennemi, nous le tiendrons assez loin de vous le temps nécessaire ! » répond Sirius, sans plus d'explication.

Je redoute le pire soudainement !

Je ne m'appesantis cependant pas sur cela pour l'heure. J'ai bien trop à faire avec les Trolls et Mangemorts qui viennent vers nous !

Les Sortilèges fusent, pour contrer les Maléfices et assommer les Trolls avec leur propre massue. Cette dernière Technique est plutôt efficace. Il est juste dommage que les Trolls ne soient pas plus durablement inconscients.

Cela dit, lorsqu'ils s'effondrent ils entrainent souvent des Mangemorts dans leur chute, leur brisant un membre ou deux, quand ils ne les écrasent pas complètement. Et c'est malheureux de dire ça, mais c'est bien arrangeant pour nous quand cela met les Mangemorts définitivement hors combat. Car même terriblement blessés, ces derniers tentent encore de nous tuer, plutôt que de réserver leur énergie pour gagner Ste Mangouste ou se jeter à eux-mêmes les Contre Sorts des Maléfices que nous leur avons renvoyés.

« Merlin tout puissant ! Ils sont complètement fous de s'approcher aussi près des Chimères ! Ils vont se faire carboniser ! » s'exclame soudainement Tonks, dont le regard s'est égaré du côté de l'étable.

Un coup d'œil rapide du même côté.

Oh ! Merlin ! Voilà que Sirius et Remus volent en rase motte des Chimères, remontant leur ligne pour arriver jusqu'aux deux meneuses ! Oh ! Tonks a raison, ils sont complètement fous ma parole ! Ils viennent tous deux de sauter sur le dos de ces Créatures Maléfiques !

Les Chimères se cabrent, crachant un feu nourri avant de s'élancer en avant, virant brusquement sur la gauche ! Et les autres les suivent ! Oh ! Merlin ! Elles libèrent la place ! Mais je ne comprends pas pourquoi Sirius et Remus les guident par ici ! Ils pourraient au moins essayer de les éloigner de la Ferme !

« Putain ! Ils sont cinglés, mais quel panache ! Et le pire c'est que ça marche leur truc ! Regardez moi ça ! » s'exclame soudainement Fabien, le plus jeune des fils du Ministre Clovignac, qui se trouve lui-même je ne sais où, avec son fils aîné.

Il a raison en fin de compte. Ça marche ! Et même très bien ! Sirius et Remus sont en train de mener les Chimères à l'assaut des Mangemorts et Trolls qui nous assaillent ! Et moi qui me demandait comment nous pourrions nous rendre jusqu'à l'étable pour éteindre l'incendie, j'ai ma réponse ! Car le terrain se dégage pour la première fois depuis que le Combat a commencé pour nous.

« Oui, eh bien n'essayez surtout pas d'en faire autant, vous ! C'est totalement irresponsable et il n'y a qu'eux, pour réussir un tel tour de force ! » s'exclame Tonks, qui ne masque aucunement son mécontentement, mais qui ajoute tout de même sur l'ombre d'une hésitation et d'un faible sourire : « A part les Weasley ! Eux aussi, peuvent tout se permettre ou presque ! »

« Ce sont bien les seuls, oui ! Alors écoutez Tonks et ne vous avisez pas à tenter le diable ! » renchéris-je, en direction des jeunes gens, suivant ma nièce qui se dirige vers la sortie.

Nous courons toutes les deux avec les autres Membres de l'Ordre disponibles, afin d'aller éteindre l'incendie qui menace dangereusement la Forêt. Les jeunes gens depuis leur Balai, pour arroser le toit et les buissons alentours, tandis que nous autres nous occupons du reste. Cela nous prend une bonne dose d'Energie de produire de gros jets d'eau et je suis heureuse de voir arriver quelques Baguettes de plus à la rescousse.

Des Baguettes fraîches d'habitants de Pré Au Lard !, réalise-je en reconnaissant le propriétaire de l'épicerie fine. Ils sont donc enfin arrivés ! Quel bonheur ! J'espère que d'autres citoyens de notre Communauté ne tarderont pas à suivre leur exemple !

Du coin de l'œil je tâche de garder attention aux alentours, au cas où nous aurions à filer en grande vitesse. Mais également sur Sirius et Remus.

Oh ! Misère de misère ! On ne peut pas dire qu'ils soient de très fameux dompteurs ! Certes, les jets de flammes repoussent toujours Trolls et Mangemorts, mais leurs montures ne cessent de tenter de les éjecter de leur dos ! Et si elles y parviennent, je ne donne pas cher de leur vie ! Car aussitôt, elles se retourneront contre eux !

« Rem, Sirius, éjectez-vous de là ! » s'écrie-t-on soudainement depuis le ciel, suffisamment fort pour couvrir les infernaux bruits de la Bataille.

Je lève la tête et oh, quelle surprise ! Voilà Bill et Hagrid qui chevauchent un Dragon !

Sirius et Remus abandonnent aussitôt leurs montures récalcitrantes, Transplanant entre Tonks et moi-même dans un crac sonore qui me fait sursauter, tandis que Bill amène son Dragon à poursuivre les Chimères pour les repousser plus loin. Et soudainement, dans un jet de flamme impressionnant, le Dragon les mène devant un groupe de combattant volant, qui éjectent quelque chose en direction des Chimères alors qu'elles ouvraient la gueule pour cracher leur feu.

Et les têtes les Chimères explosent, leur corps poursuivant leur course sur quelques mètres, avant de tomber lourdement vers le sol.

Voilà une bonne chose !

« Dites-donc, là ! Ce n'est pas le temps de fainéanter, on n'est pas au spectacle ! On a un Combat à mener et nos ennemis se rapprochent de nouveau ! Alors à vos places, m'sieurs dames, s'il vous plait ! » s'exclame Sirius, d'un ton très sérieux.

« Oh, toi, l'intrépide dompteur, ça va ! Et ne t'aventure plus jamais dans une entreprise aussi folle et risquée, tu as compris ! » réplique-je, lui lançant un petit jet d'eau à la figure.

Sirius était ruisselant de sueur. Il avait donc bien besoin que je les rafraichisse un peu lui et ses idées folles !

« Merci, Narcissa ! C'est justement ce dont j'avais besoin pour me rafraichir un peu ! C'est qu'elles nous ont donné du mal, ces bestioles, n'est-ce pas Rem ? » s'exclame Sirius, en me prenant par le bras, pour m'entrainer avec lui vers la bergerie.

Il marche plutôt lentement, étant donné les circonstances. Je m'attendais à ce qu'il m'entraîne dans une course rapide.

« Un peu, oui. Et à l'avenir, rappelle-moi de ne plus tenter ce genre de cascade acrobatique. Chevaucher des Chimères, c'est un peu trop chaud à mon goût pour mon fessier ! » répond Remus, sur une grimace quelque peu douloureuse.

« J'allai justement te demander la même chose, mon ami ! Et si tu as de l'Onguent contre les brûlures aussi, parce que j'ai donné le mien à je ne sais plus qui. Or, ça cuit de plus en plus durement, vois-tu. » répond Sirius, avec la même grimace que Remus tantôt, avant d'ajouter dans ma direction : « D'ailleurs en attendant que je puisse me tartiner d'Onguent, pourrais-tu aussi me rafraichir un peu le cul, s'il te plait Narcissa ? Je t'en serais bien reconnaissant. »

Je suis soudainement prise de doute et je jette un coup d'œil sur l'arrière train de mon cousin.

Oh ! Misère ! Son pantalon de treillis a totalement brûlé depuis les fesses jusque dans le creux des genoux ! Au point que ses fesses et jambes sont à l'air ! Et leur couleur rouge vif, grêlé de grosses cloques, ne laisse aucun doute : Sirius et Remus ont effectivement eu très, très chaud au fessier !

« Quand je vous le disais, qu'il ne fallait surtout pas suivre leur exemple ! En voilà la plus belle des preuves ! » s'exclame Tonks, qui a eu le même réflexe que moi et désigne le fessier rougi et cloqué de Remus du doigt, à l'intention des jeunes gens de notre groupe.

Ils pouffent aussitôt, sous le regard penaud et douloureux de Sirius et Remus. Et ma foi, je dois avouer que malgré l'intensité dramatique notre situation actuelle, je ne puis m'empêcher de me joindre à l'hilarité générale, tout en arrosant copieusement l'arrière train de mon cousin d'eau froide.

Cette hilarité générale cependant n'éteint pas la gravité des regards et ne dure guère que trois ou quatre secondes.

OoOoOoO

Gabe

Coup d'œil sur mon Bracelet.

Draco m'invite à piéger Benson dans la Grande Salle.

C'est très tentant et j'irais assurément avec grand plaisir, car ce salaud a bien mené sa barque, restant à l'abri je ne sais où, pour donner ses ordres à sa troupe d'Ânes Bâtés.

Nous n'avons pas pu le repérer sur les Cartes. Ce salaud s'est enfermé dans la Salle sur Demande à tous les coups, car c'est dans ce coin que l'on a perdu sa trace. Et impossible de tendre une embuscade à la sortie, car bien sûr la place est largement couverte par des troupes de sagouins sans cesse renouvelée !

J'en veux pour preuve les bribes d'une conversation que j'ai surprise tout à l'heure, entre ces deux petits cancrelats d'Annibal Chester et Herbert Colton, qui s'étaient planqués dans un placard à Balai non loin de la Salle Commune de Serpentard et ne m'ont pas vu venir. Ils avaient sans doute informé Benson qu'on avait une fois de plus repoussé une Attaque sérieuse et ont reçu une réponse de sa part, les enjoignant de rassembler un grand groupe de Mangemorts et Vampires, pour attaquer une nouvelle fois Serpentard.

J'ai pu empêcher ces petites frappes de le faire et les emprisonner dans le Labyrinthe. Non bien sûr, sans avoir essayé en faisant les gros yeux, de leur soutirer le mot de passe des faux Gallions que je leur ai piqué. Mais à peine leur ai-je posé la question, que leur langue s'est collée à leur palais.

Une sorte de Sortilège de Confidence Scellé, sans doute. En plus méchant encore, car ils affichaient un air buté qui ne trompait pas. Ils n'auraient pas répondu. Le Sortilège n'avait donc pas de raison de se déclencher. Mais il l'a fait quand même.

Saleté d'ordure de Benson ! Il a bien pris ses précautions ! Alors oui, j'aimerai le coincer au plus vite ! Mais nos ennemis ont trouvé le moyen de forcer l'entrée du Château, qui ouvre sur le Lac, alors je vais décliner l'invitation. On a trop besoin de Baguettes ici, car pas question qu'on laisse passer l'ennemi par cette porte !

Ça donnerait le champ libre à tous ces enfoirés, à la fois vers la Grande Salle justement, mais aussi vers Serpentard. Hors, s'ils mettent un point d'honneur à prendre cette place, nous, nous mettons un point d'honneur à la défendre.

Quelle que soit notre Maison d'origine.

Artemus se retournerait dans sa tombe, s'il pouvait voir ça de l'Enfer où il se trouve depuis les calendes grecques. En revanche, Messire Salazar en est très touché, j'en suis certain. Je l'ai vu dans son regard quand je suis allé jeter dans le Labyrinthe, ce putain de sale traitre à Gryffondor de Mortimer Oken.

Lorsque je lui ai demandé pourquoi il ne se tenait pas dehors, non loin de Harry comme il me semblait que ce devait être le cas, Messire Salazar m'a répondu que son rôle auprès de mon ami n'aurait lieu qu'à la toute fin et qu'en attendant, sa place était dans cette partie du Château, qu'il a autrefois choisie pour installer la Maison Serpentard.

Et c'est lui qui se charge de refouler nos ennemis au plus loin possible, dans le Labyrinthe d'Artemus.

Ceci dit, le Labyrinthe est presque saturé. Car aucun Mangemort ni Âne Bâté n'est encore parvenu à trouver le chemin de la Chambre des Secrets. C'est ennuyeux. Nos Sortilèges et pièges divers perdront de leur efficacité, si trop d'ennemis sont présents dans les méandres du Labyrinthe.

Et qui sait alors s'ils ne trouveraient pas la sortie vers le Lac ou même celle par la Salle au Trésor ? Ce serait ennuyeux qu'on ouvre la porte et qu'ils nous foncent aussi sec dessus tous en même temps. Ils sont si nombreux, que nous ne parviendrions pas à les refouler.

Je prends cinq secondes pour décliner l'invitation de Draco et je m'attelle de nouveau à repousser l'ennemi vers le Lac.

Ce n'est pas une sinécure, je peux le promettre !

Ça grouille comme des cancrelats dans leur nid ! Et en plus, ces salopards de Mangemorts sont venus avec des Harpies et Crabes de Feu aussi cette fois !

« Expulsez-moi ces saloperies qui arrivent par la gauche ! » ordonne-je, en direction de mon frangin et de Kevin Entwhistel, tout en décapitant les trois Harpies qui se sont jetées sur moi.

Kyle et Kevin obéissent comme un seul, expulsant les Crabes de Feu vers les Mangemorts, ceux-ci se prenant aussi sec des jets de flamme qui leur brûlent la gueule ou foutent le feu à leur robe.

Malgré mon caractère frondeur et bien que j'ai toujours été volontaire, je n'ai jamais aimé batailler. Cette fois moins encore que les autres. C'est un carnage impensable ! Nos ennemis se jettent sur nous comme s'ils s'en fichaient d'être tués ! Encore au début, nous parvenions à les faire fuir, mais plus maintenant. Même désarmés ils se jettent sur nous, poignard ou pierre en main, pour nous tuer.

Et j'ai la sale impression de participer à un génocide. Un massacre organisé.

Prémédité !

Ça me dégoute profondément.

Bordel ! Voilà qu'en plus on nous envoie des Trolls, maintenant !

Mais il y en a combien de ces Créatures là ? Merde alors !

Les assommer c'est bien. Mais ils vont se relever, si on se contente encore de ça. Et merde ! Ils arrivent à fond de train en plus ! Putain, on va tous se faire écrabouiller !

« Couvrez-moi ! » décide-je sur un coup de tête.

Et je me lève, me transformant en Buffle, alors que je fonce déjà tête baissée vers les Trolls. Et j'en embroche un sur mes cornes, le repoussant très vite et fort vers l'arrière, avant de piler net pour le décrocher de mes cornes. Les autres se sont arrêtés net également, alors je me tourne aussi vite vers son voisin, qui lève déjà sa massue bien au-dessus de sa tête pour mieux l'asséner sur la mienne. Des Maléfices et des Sortilèges fusent. Les Sortilèges viennent des miens et sont destinés à distraire les Trolls. Les Maléfices viennent d'en face et me visent bien sûr.

Mais il faut croire que j'ai un bon Ange Gardien pour me protéger car aucun Maléfice ne me touche, ni même ne m'effleure seulement, tandis que je me cabre et saute, encornant tout ce qui bouge devant ou à côté de moi.

Tous les Trolls sont à terre en une minute et demie au plus. Alors je reprends forme humaine, prenant soin en même temps de me plaquer au sol, afin d'être protégé par le monceau de Trolls que je viens de si cruellement embrocher pour sauver ma peau, celle de mon frangin et de mes amis. Et je sors vite ma Baguette pour recommencer à canarder les Mangemorts, à l'abri derrière mon dégueulasse rempart de Trolls morts ou gravement blessés.

Ça me donne envie de gerber, de profiter ainsi de ces cadavres et Trolls agonisants, pour garer mes fesses. Mais qu'est-ce que je peux bien faire d'autre, bordel ?!

Kyle, Padma, Parvati, Millicent et les autres me rejoignent. Nous avons repris au moins vingt mètres de couloir à l'ennemi.

« T'as fait ce qu'il fallait Gabe ! » souffle mon frangin qui me connait bien et devine donc aisément mon état d'esprit, en me pressant vite fait l'épaule.

Ouais ! Sûr, j'ai fait ce qu'il fallait ! N'empêche que j'en ai gros sur la patate !

Et que je sais bien que quand tout sera terminé, j'irai me planquer dans un coin, pour évacuer la boule que j'ai dans le bide et sur le cœur, en chialant un bon coup.

Si je suis encore en vie quand ce sera fini, bien sûr !

Sinon, c'est au Paradis que je chialerai. Dans les bras des amis que j'aurai rejoints.

OoOoOoO

Ievguenia

Les enfants sont très calmes. Beaucoup trop calmes, sérieux et silencieux pour leur âge. Nous ne leur avons pas dit qu'il y a une Bataille à Poudlard, mais ils savent bien que quelque chose de grave se passe. Nous sommes beaucoup trop inquiètes, Anna Seymour et moi-même, pour qu'ils ne le remarquent pas. Notre état d'esprit déteint donc sur eux. Ils ne veulent pas aller dormir. Et nous avons beau leur proposer des jeux ou de leur lire des jolies histoires, rien ne les distrait. Ils manquent totalement d'enthousiasme et d'entrain à chacune de nos propositions.

Jonas particulièrement. Il est recroquevillé dans un coin du canapé, son regard fixé sur la nuit étoilée, serrant son Pytimouss dans ses bras et la joue appuyée contre Plume d'or, qui s'est posé auprès de lui.

Devons-nous endormir les enfants par Magie ?

Je ne crois pas, non. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu'il ne faut pas faire cela.

« Veux-tu que nous jouions avec le jeu que t'a offert Madame Skeeter, Jonas ? » lui demande-je avec douceur, après m'être agenouillée devant lui.

Signe négatif de la tête. Jamais Jonas n'avait refusé de jouer avec ce jeu qu'il adore et c'est pour moi un signe supplémentaire s'il en était besoin, qu'il est profondément affecté et préoccupé.

« A quoi penses-tu, mon chéri ? » demande-je donc, en effleurant sa joue d'une caresse aérienne.

« Jonas est inquiet pour Papa Harry, Papa Ron, Jodie et Jérémy ! Et puis aussi pour Papy Sev, Mamie Nally, Grand-père Arthur et tous ses Tontons et ses Tatas ! » répond Jonas, dont le regard soudainement embué de larmes vient se poser sur moi pour ajouter : « Jonas sait qu'ils sont en train de se battre dans une grande Bataille et Jonas a peur pour eux ! Jonas voudrait les aider, mais Jonas est beaucoup trop petit et Jonas ne sait rien faire qui pourrait les aider ! »

Je ne sais que répondre. Je ne peux nier qu'il a des raisons de s'inquiéter. Mentir ne l'aiderait pas à aller mieux. Il ne me croirait pas de toute façon. Il a deviné que je suis inquiète moi aussi. Alors il perdrait confiance en moi.

Comment a t'il su pour la Bataille ?

Mon regard effleure son Pytimouss. Il tremble et a l'air très inquiet lui aussi. C'est lui, j'en suis sûr, qui a révélé qu'il y a une terrible Bataille à Poudlard à Jonas. Il doit l'avoir su par les Pytimouss de Ron, Jodie ou Jérémy.

Je m'assois auprès de lui et invite Jonas à un câlin. Il se niche dans le creux de mon bras, invitant Plume d'Or à venir se poser contre son ventre, tandis qu'il blottit son Pytimouss dans son cou. Je le serre doucement, lui embrasse le front, puis caresse ses cheveux de ma joue. Et nous restons ainsi, silencieux tous deux, pensant très fort aux personnes que nous aimons et qui risquent actuellement leur vie dans une affreuse Bataille.

J'aimerai moi aussi, pouvoir les aider. Ils ont tant fait pour moi !

Leur générosité, leur patience, leur affection, m'ont permis de revenir peu à peu à la vie et même à un doux bonheur que je croyais perdu à jamais. Ils m'ont appris tant de choses aussi ! Ils ont ouvert tant de portes et de fenêtres dans mon esprit, m'offrant vue sur autant de perspectives que je n'aurais pu contempler, ni même imaginer !

Et je les aime, du plus profond de mon cœur. D'un vrai amour. Un amour éclairé et lucide. Bien plus profond, que j'en étais capable autrefois lorsque j'étais si ingénue. Mon amour était alors chimérique, fondé sur du vide et des rêveries romantiques, alimentée par les histoires romanesques que je lisais à l'époque. Et jamais je ne saurai leur être trop reconnaissante, pour m'avoir offert ce si précieux cadeau, en me permettant de ressentir cet authentique et solide amour.

Cet amour qui est la plus grande des forces en ce Monde. Le plus grand et plus puissant des pouvoirs, selon le professeur Dumbledore. Il habite mon cœur et m'anime aujourd'hui, comme il habite le cœur et anime celles et ceux qui se battent pour sauver Magie Mère et le Monde Sorcier en ce moment même.

C'est la seule arme, dont je dispose. Et il m'apparait maintenant, que je peux en faire usage pour aider ceux que j'aime dans leur Combat. Oh, ce n'est pas grand-chose, bien sûr ! Mais c'est mieux que rien ! Et mon cœur me souffle qu'ils sauront, qu'ils sentiront que je pense à eux et que cela leur fera du bien, les encouragera !

« L'amour que nous éprouvons pour eux et celui qu'ils éprouvent pour nous, c'est ce qui les aide dans leur combat, Jonas. Nous ne pouvons pas nous battre à leurs côtés c'est vrai, mais nous pouvons penser très fort à eux, avec tout l'amour que nous avons dans notre cœur. Ce que nous pouvons faire aussi, c'est chanter avec tout cet amour que nous éprouvons, les jolies chansons qu'ils ont eux-mêmes chantées pour appeler les Anges à veiller sur notre sommeil, afin qu'ils veillent à présent sur eux. Qu'en penses-tu ? » murmure-je donc doucement, attendant que Jonas ait hoché positivement la tête, avant d'entonner une première chanson.

L'une de celles que Narcissa a chantées pour moi, lorsque j'étais catatonique et plus tard pour bercer mon chagrin de la perte de mes parents. Je la chante maintenant pour elle, pour Draco, Théo, Harry, Ron, Hermione et tous les autres. Appelant de tous mes vœux, que mon amour protège leur vie.

Jonas joint sa voix à la mienne. Alors Anna et les autres enfants viennent s'asseoir autour de nous et entonnent eux aussi le chant. L'atmosphère autour de nous se charge peu à peu d'une douce ferveur, d'un profond espoir. Nous sommes tous unis dans les mêmes pensées, la même émotion, le même amour pour les nôtres.

Et lorsque les doux trilles de Plume d'Or nous accompagnent, une sensation de chaleur se diffuse dans tout mon corps, m'apportant la conviction profonde, que les Anges répondent à notre appel et qu'ils vont veiller au mieux sur les êtres que nous aimons si fort.

OoOoOoO

Ron

A peine la vague de Magie de Harry m'effleure-t-elle, je comprends ce que mon pif cherchait à me dire depuis pas mal de temps déjà.

Alors je me débarrasse très vite de mes trois adversaires, puis je saute sur le dos du Vert Gallois que j'avais délaissé pour me battre au sol, afin de sortir de la zone de Combat. Je n'attends pas que ma monture ait de nouveau posé pied, pour sauter bas, saisir un caillou et en faire un Portoloin qui me transporte dans le QG.

« Où est Nally ? » demande-je aussi sec vers Magda, avant de m'apercevoir que l'équipe de surveillance comporte encore des élèves de troisième et quatrième année.

Ils n'ont pas pu être relevés et cela ne m'étonne pas du tout. Il y a bien trop à faire dans tout Poudlard.

« Dans le Bureau du professeur Dumbledore. » m'apprend Magda, sans relever le nez des rapports écrits à vitesse folle par les Plumes Enchantés, qu'elle a vivement consultés.

« Ok. Merci ! » souffle-je, tout en fabriquant un nouveau Portoloin, avec une tasse de thé vide.

Je suis dans le Bureau en deux secondes, mais Nally n'y est pas.

« Je suis ici, Ron ! » m'appelle-t-elle cependant, depuis l'étage.

Voix voilée, étranglée. Quelque chose ne va pas, me dis-je, en grimpant quatre à quatre l'escalier en colimaçon. Et je m'arrête aussi sec ai-je passé le seuil d'une chambre à coucher.

Putain, merde ! Albus est mort !

« Je me suis rendue compte en arrivant dans le Bureau, que je ne l'avais pas vu depuis que nous avons quitté le toit. J'ignore qui l'a amené ici. Je n'y suis venue que parce que Fumseck a chanté aussitôt ma prise de conscience. » déclare Nally, une larme glissant sur sa joue.

« Sans doute quelqu'un qui n'a pas voulu que la nouvelle se répande comme une trainée de poudre, parce que ça ficherait un sacré coup au moral des troupes. Il semblait tellement imbattable et indestructible ! » réponds-je, en m'approchant du lit.

Nally acquiesce tout simplement de la tête. Je me penche vers le lit et embrasse le front à peine tiède d'Albus, comme nous le faisons pour tous nos morts au cours ou après chaque Bataille, puis Nally le couvre du plaid fleuri dont elle l'avait découvert. Je ne peux m'empêcher de sourire, malgré mon chagrin. Ce plaid correspond tellement aux goûts d'Albus !

« Veille bien sur lui, Fumseck. » murmure-je ensuite, caressant brièvement la tête du Phénix qui s'est lové contre Albus, puis allumant une bougie à son chevet avant de tourner les talons et de sortir à la suite de Nally, refermant soigneusement la porte de la Chambre derrière moi, puis celle de l'Antichambre.

« Que viens-tu faire ici ? » demande alors Nally, qui descend déjà l'escalier en colimaçon.

« Je suis venu te dire que je sais quelle entourloupe nous a réservée Salazar. » réponds-je, en descendant quatre à quatre à sa suite.

« Si c'est pour m'apprendre qu'il a Ensorcelé ses troupes afin qu'elles accomplissent sa volonté de massacrer tout le monde, je l'ai compris il y a quelques minutes. Il leur a fait ingérer des Baies de Djengouliak moulues. Et je suis en train de chercher une solution à ça. » répond Nally avec préoccupation, en se retournant vers moi, puis m'expliquant brièvement ce qu'est la Baie de Djengouliak car j'ai levé un sourcil interrogateur sur elle.

« Ça va plus loin que ça, Nally. Ce n'est pas notre massacre qu'il veut. C'est celui de ses troupes. C'est pour cela qu'il ne les a pas toutes envoyées sur nous en même temps, mais par flots discontinus. Sinon nous aurions été rapidement laminés et ce n'est pas ce qu'il voulait. » déclare-je, tandis que Nally examine la Maquette de Poudlard.

Elle relève brusquement son visage sur moi, l'air totalement éclairée et furieuse à la fois.

Elle a tout compris maintenant.

« Sale putain de charogne ! » s'exclame-t-elle, à ma méga surprise.

Nally grossière, c'est une très grande première !

« Tu l'as dit ! Et je suis entièrement d'accord ! » réponds-je, soupirant avant d'ajouter : « Quoi qu'il en soit, il faut faire cesser ce massacre. Et il nous faut absolument le concours de quelques personnes supplémentaires, pour réfléchir à ça avec toi. »

Et ce disant, je compose un message d'appel à des personnes bien précises, sur mon Bracelet de Communication. Quelques secondes plus tard, Severus, Hermione, Sirius, Remus et Blaise arrivent. Il manque Papa, Draco et Nev à l'appel. Mais Draco m'informe par retour de message, que Papa et lui-même arriveront dès que cela leur sera possible. Quant à Nev, je suppose qu'il ne pouvait pas venir, ni répondre pour une excellente raison et qu'il nous rejoindra aussi plus tard s'il le peut.

J'espère du fond du cœur que c'est ça…

J'expose la situation, puis en sus Nally révèle que les Ânes Bâtés ont également été contaminés par des Baies de Djengouliak moulues, que Vaneck en avait certainement ingurgitées aussi, ce qui expliquerait qu'il ait été persuadé agir de son propre chef. Et cela lui permet de conclure que Benson en avait à sa disposition. Il a certainement reçu les badges dans le colis que lui a remis Barlow ce matin de la part de Cooper, mais il disposait peut de la Baie de Djengouliak après avoir reçu un colis clandestin ou alors en disposait déjà bien avant ce jour. Car qui d'autre que Benson aurait pu faire ingurgiter la saloperie de Baie de Djengouliak à Vaneck et aux autres Ânes Bâtés ?

En conséquence…

« Si tel est le cas, alors Cooper n'était sans doute pas son seul Espion parmi les Elèves. Benson en était un aussi ! » murmure Blaise, sourcils froncés, se faisant écho de ma conclusion personnelle.

Bien que ma conclusion aille un peu plus loin.

« En fait, tout cela me fait surtout penser que Benson a toujours été le véritable Lieutenant de Voldemort à Poudlard. Et s'il disposait de Baie de Djengouliak, alors nous pouvons conclure aussi, que Voldemort n'était pas si sûr que ses jeunes troupes lui étaient aussi fidèles que ça et qu'elles pourraient se dérober au mauvais moment pour lui. » précise-je donc, avant que Nally prenne elle-même la parole.

« Oui, c'est ce que je pense également. Mais peu importe cela à présent. Ce qu'il nous faut considérer, c'est que Salazar a deviné que notre but était qu'il vienne à Poudlard où nous étions prêts à le recevoir. Cependant il a relevé le défi, dans l'objectif de jeter ses troupes au massacre, espérant ainsi pouvoir absorber une grande quantité de ses frères et sœurs souillés de Magie Noire, avant même d'arriver dans l'antichambre du Temple. Et il est tout à fait persuadé de parvenir à absorber des frères et sœurs souillés dès que le corps de son hôte sera mort. Notamment ceux des nombreux Mangemorts et Créatures à combattre dans ses environs plus ou moins immédiats. Il pense qu'ainsi beaucoup plus fort déjà, il pourra échapper à Megildur et ensuite absorber la Magie Noire qui aura été tenue à l'écart, dans l'Antichambre. Et qu'il sera donc bien plus puissant encore, ce qui augmenterait exponentiellement ses chances d'échapper à Megildur et de vaincre Magie Mère, en l'absorbant elle aussi. C'est également à cette fin, qu'il refusait le Combat : afin qu'il y ait eu le plus de morts possibles, avant qu'il soit vaincu par Harry. Car il sait qu'il va perdre le Duel contre lui. Il a compris à Godric's Hollow que Harry possède des atouts qu'il n'a pas : une grande résistance physique, une Technique épurée et parfaite, ainsi qu'une volonté de fer, nourrie par son amour infini pour les siens. Il sait donc qu'il doit l'affaiblir, pour avoir une chance de le posséder et réabsorber Tristan, avant de gagner le Temple. Il ne cherche donc pas à le tuer, mais à le blesser assez sérieusement. » récapitule Nally, à l'écoute attentive de chacun.

« Mais dans le même temps il a empêché les renforts d'arriver. Pourquoi cela ? Ça n'a pas de sens. Ses troupes seraient plus vite massacrées ! » intervient Blaise, mettant le doigt sur le seul point que je n'ai pas compris jusqu'à présent.

Mais que je comprends tout à coup, sur une inspiration de mon pif.

« Pas plus vite massacrées, plus vite vaincues, ce qui est différent ! Et puis ainsi, il y a moins de Magie non souillée pour retourner vers Magie Mère et la nourrir d'énergie ! Car ce salaud sait que nous sommes beaucoup mieux entraînés que les troupes rassemblées par Voldemort ! Il sait donc aussi qu'il y aura beaucoup plus de morts de son côté que du nôtre ! En revanche, des renforts civils auraient permis de faire davantage de prisonniers, mais elles auraient aussi été moins efficaces et plus vulnérables, risquant donc de mourir en nombre, leur Magie renforçant alors Magie Mère. Il fallait donc les empêcher d'arriver. » réponds-je, certain de tenir là l'explication.

Ça me semble logique en tout cas. Couler de source.

« Ok. Oui, c'est fort probablement la raison. Donc, pour résumer, nous avons affaire à des Mangemorts et des Créatures dont il contrôle la volonté. Il a en fait des kamikazes qui ne renonceront jamais à nous donner l'assaut, jusqu'à ce que le dernier d'entre eux soit mort. Nous devons cependant au maximum préserver leur vie, tout en préservant la nôtre. Sinon, votre tâche à Harry et toi Ron, sera quasi impossible à accomplir, s'il parvient à se renforcer en absorbant les Magies souillées qui passeront à sa portée, avant même qu'il pénètre dans le Temple. » récapitule Remus, tandis que je hoche positivement la tête

« Il croit effectivement pouvoir le faire. C'est délirant, mais il pense effectivement pouvoir absorber d'autres enfants souillés. Je ne suis cependant pas d'accord avec lui, même si je ne rejette pas totalement l'idée qu'il y parvienne effectivement. » précise Nally, visage chiffonné sur la préoccupation.

« Il faut envisager le pire. Alors considérons qu'il peut effectivement le faire. Et faisons en sorte de faire cesser le massacre de ses troupes au plus vite. » déclare-je, avec fermeté, mon pif cessant de chatouiller aussitôt l'ai-je dit.

On va l'avoir sec avec Harry, si Salazar réussi ce projet qui semble impensable à réaliser.

« Putain ! Comment veux-tu qu'on réussisse un tel tour de force, sans y laisser la peau ? » demande Blaise, en secouant la tête l'air de dire que je demande l'impossible.

« En rusant ! En menant les Mangemorts et Créatures dans des traquenards dont ils ne pourront pas sortir ! En clair, il faut tous les emprisonner solidement ! » réponds-je, avec fermeté.

« Ouais d'accord ! Mais en attendant qu'on ait trouvé comment faire ça, faut-il vraiment donner l'ordre d'éviter à tout prix de tuer l'ennemi ? » demande encore Blaise, haussant un sourcil très soucieux.

« Non ! Ils sont beaucoup trop nombreux et ce serait bien trop risqué pour la vie des nôtres ! Nous ne pouvons donc pas nous permettre d'épargner Mangemorts et Créatures Maléfiques, aussi longtemps que nous n'avons pas trouvé le moyen de les enfermer à coups sûr ! » répond aussi sec Nally, dont je partage tout à fait l'avis.

« Ouais, entièrement d'accord ! Et c'est pour ça qu'il faut vite trouver une solution ! » renchéris-je, en jetant un coup d'œil par la fenêtre.

Je ne vois pas grand-chose d'où je suis placé. Un peu de Combat aérien ultra serré, c'est tout. Et je suis incapable de dire qui a le dessus.

« Le Labyrinthe d'Artemus commence déjà à être saturé. Le Passage du Jardin à la Liseuse le serait vite aussi. » murmure Hermione, sourcils froncés, son visage s'éclairant avant d'ajouter : « La Chambre des Secrets ! Dean et les Elfes peuvent certainement facilement réparer les dégâts dans le tunnel qui s'est effondré à cause de Lockhart ! Nous pourrions donc aussi en emprisonner directement là-bas en les faisant passer par les toilettes de Mimi ! Et en belle quantité ! Comme pour le Jardin à la Liseuse ! Il faut juste les attirer dedans et s'arranger pour qu'ils perdent leur Baguette avant de les enfermer ! »

« Juste les attirer dedans et s'arranger pour qu'ils perdent leur Baguette avant de les enfermer ? Bonjour pour y parvenir ! Nous n'avons quasi plus rien pour les piéger ! Ni Pétards, ni Galettes, ni rien de rien ! Et puis nous l'avons tous constaté : même sans leur Baguette ils cherchent toujours à nous tuer. Alors les capturer et les endormir l'un après l'autre, ça va prendre des heures ! » réagit Blaise, regard à la fois dubitatif et un peu moqueur.

« En réfléchissant sérieusement à ça, nous trouveront bien une idée ! » répond fermement Hermione, avec un geste impatient qui signifie clairement que Blaise ferait mieux de chercher tout de suite une solution à ce problème ou de trouver une autre idée, plutôt que critiquer la sienne avec pessimisme et sans être constructif.

Blaise hoche la tête, pour indiquer qu'il a compris le message et se met à gamberger sec.

« Les cavernes sur les terres de Voldemort peuvent faire l'affaire aussi. Pour enfermer les Créatures et les derniers Détraqueurs du moins. » propose ensuite Severus, en mode réfléchissant intensément également.

« Ouais, ben ne compte pas sur moi pour chevaucher des Chimères afin de les entraîner là-bas. J'ai déjà fait ça et eu assez chaud aux fesses pour aujourd'hui ! » grimace Sirius, en frottant son cul à deux mains, dans une grimace.

« Ah ! C'est donc pour ça, que Remus et toi n'avez plus ni fond de pantalon, ni caleçon ! » souris-je, imaginant parfaitement Sirius et Remus se faire cuire le cul sur le dos d'une Chimère, pour l'éloigner d'un point sensible.

« Ouais. Heureusement qu'on avait mis une coquille pour protéger nos précieuses au cas-où. Ça les a préservées au moins. Et désolé de vous offrir cette vue imprenable sur notre pleine lune personnelle, mais nous n'avons pas eu loisir de changer de froc. » répond Sirius, avant de proposer à son tour, sans aucune transition : « La Salle sur Demande, nous pourrions en faire une bonne prison aussi. Mais c'est même problème que pour la Chambre des Secrets, le Passage du Jardin à la Liseuse et le Labyrinthe : il faut d'abord avoir pu retirer leur Baguette aux Mangemorts, avant de les enfermer. »

Bonnes propositions de la part d'Hermione, Sev et Sirius. Ils sont bien partis pour trouver une solution à notre problème. Je pense donc qu'il n'y a plus nécessité que je reste. Harry peut avoir besoin de moi à tout moment.

« Ouais. Ben réfléchissez à ça dare-dare. Moi, je retourne auprès de Harry qui va faire son max pour que nous puissions régler le compte de Salazar au plus vite, aussitôt notre problème résolu. » déclare-je donc, en me saisissant de la tasse de thé dont j'ai déjà usé tantôt pour en faire à nouveau un Portoloin.

Mais je suis stoppé dans mon élan par la main de Sirius qui a saisi mon poignet, tandis que Blaise propose également de se servir des quartiers des Ânes Bâtés comme prison pour les Mangemorts.

« Une question encore, Ron. Pourquoi avoir fait mine d'être surpris que le terrain soit piégé, s'il était au courant qu'on l'attendait à Poudlard ? Et pourquoi avoir donné l'ordre à ses troupes de lui amener Harry et Draco vivant ? Après tout, cette histoire de Rituel c'est du pipeau et il le sait parfaitement bien, n'est-ce pas ? » me demande-t-il, visage chiffonné sur cette question.

« Salazar savait qu'on l'attendait et il sait que le Rituel c'est du pipeau, c'est vrai, puisque c'est lui qui a inventé ce conte à dormir debout. Mais Voldemort lui, ignorait qu'on l'attendait et cette fadaise de Rituel, il y croit dur comme fer. Or Salazar a besoin que Voldemort se tienne tranquille. Il lui a donc donné le change. En même temps qu'il nous donnait le change à nous. Parce que s'il y a bien une chose aussi qu'il a comprise, c'est que nous avions un moyen de savoir tout ce que Voldemort pouvait dire ou faire. Que ce soit chez lui ou ailleurs, sauf sur les terres cachées. C'est d'ailleurs pour ça, qu'il a tiré ses plans de Bataille et donné ses ordres là-bas. Pour être certain que cette fois, nous ne pourrions pas savoir ce qu'il mijotait pour nous avoir dans les grandes largeurs. » réponds-je, jetant un Portus sur la tasse, avant d'ajouter : « Il a juste oublié un truc important. C'est que nous sommes bien plus intelligents qu'il le pense et que nous avons donc fini par deviner où il voulait en venir. Et qu'il va perdre dans les grandes largeurs, parce qu'on trouvera toujours un moyen de le contrecarrer ! »

Et je me saisis du Portoloin, pour retourner au plus près de la zone où Harry combat.

OoOoOoO

Ginny

Mille milliards de mille Gorgones !

Ça n'a pas de sens ! Tout ça m'a aucun sens !

Au plus nous en abattons de ces saloperies de Harpies, au plus il en arrive ! A croire qu'il y en a toute une réserve quelque part de ces cochonneries ! Même chose des Mangemorts, Vampires, Troll, Chimères et Crabes de Feu ! On ne s'en sort pas et ce n'est pas normal du tout ! Merde alors ! Ça devrait s'éclaircir pourtant, avec le nombre plus que conséquent de prisonniers et morts que nous avons faits !

« Ginny ! Derrière toi ! » me crie Neville, avant de pousser un ahanement dans son propre effort.

Je fais volte-face, tout juste à temps pour décapiter une Harpie et enfoncer ma seconde Epée dans la poitrine d'un Vampire. Mais ce faisant, je n'échappe pas au jet de flammes d'un Crabe de Feu auquel j'ai dû donner un coup de pied pour l'envoyer bouler un peu plus loin.

Merde ! Si je vais à l'Hosto et que Maman le sait, elle va s'inquiéter encore davantage qu'elle doit déjà le faire !

Je ne peux quand même pas rester comme ça. Ça fait trop mal. Le hic, c'est que je n'ai plus de Balai. Le mien a été détruit par une Chimère. Et je ne me vois pas prendre le temps de faire un Portoloin, alors que nous sommes assaillis de toutes parts. Je me ferais tuée avant même d'avoir remisé l'une de mes épées pour sortir ma Baguette à la place.

« Tu as encore ton Balai, Nev ? » demande-je, tout en virevoltant sur moi-même pour décapiter quatre nouvelles Harpies qui me fonçaient dessus.

Ouille ! Nom d'une prune ! Ça me fait bigrement mal à la jambe, quand j'effectue cette manœuvre !

« Ouais ! » répond Nev, en se débarrassant du Vampire qui avait réussi à l'attraper par le bras.

« Alors emmène-moi ! Faut que je me soigne la jambe ! » décide-je, courant déjà vers lui, en effectuant des moulinets très larges avec mes épées, pour être certaine qu'une Harpie ou un Vampire ne m'ait pas par surprise.

Je commence à avoir du mal à le faire. Mes bras deviennent lourds et mes épaules crient peu à peu grâce. Il y a beau jeu que je serais hors service, si nous n'avions pas eu toutes ces heures d'entraînement harassantes avec Sev. Ceci dit, combattre des cibles c'est une chose, mais combattre des vraies Harpies, Vampires et Trolls s'en est une autre.

Et encore, en ce moment, on a la chance de ne pas se faire tirer dessus par des Mangemorts en prime. Il n'aurait plus manqué que ça, tiens !

« Oui, mais on ne peut pas laisser Colin et Seam faire front à deux seulement. Sans compter que ça va totalement libérer le passage vers la Classe du professeur Firenze, s'ils viennent avec nous. Or, ça canarde déjà sec de ce côté ! » fait remarquer Nev, l'air embêté.

« Je sais bien, mais pas le choix ! Je suis HS si je ne me soigne pas et je ne veux pas que Maman sache que j'ai été blessée, même si ce n'est pas grave ! On rejoindra les autres après ! » réponds-je, hélant Seam et Colin, afin qu'ils nous suivent.

Et tout en réduisant à nouveau en cendres un Vampire, je saute derrière Nev, qui a vite enfourché son Balai. Nous nous élevons très vite, pour aller trouver refuge dans la salle de classe vide du dernier étage de la Tour d'Astronomie. Ainsi, nous avons vue dégagée sur tous les alentours de Poudlard et nous verrons l'ennemi arriver de loin, s'il vient vers nous.

Je sors très vite mon Onguent contre les brûlures, m'en tartinant fort généreusement la jambe. Ça fait drôlement du bien de sentir que ça se rafraichit là-dessous et j'en rajoute encore une couche, avant de me bander la cuisse.

Nev, Colin et Seamus en profitent aussi pour soigner leurs petits bobos, avaler une bonne rasade d'eau et une Potion Revitalisante Renforcée.

« Ce n'est pas normal, qu'on ne s'en sorte pas ! Côté Détraqueurs, c'est sûr ça s'est sacrément bien éclairci. Et je pense que du côté Inferi ça doit être la même chose, maintenant. Mais j'ai la sale impression que pour le reste, on en est au même point qu'au début. Et pourtant, on a fait des centaines de prisonniers parmi les Mangemorts. On a aussi tués chacun, au moins trois dizaines d'ennemis, Mangemorts et Créatures confondues. Si ce n'est plus, même. Alors comment ça se fait qu'il en reste toujours autant pour nous Attaquer ? » fais-je remarquer, avant de boire encore un peu d'eau.

« Je ne sais pas. Les Fantômes n'avaient pas vu les Trolls, les Chimères et les Crabes de Feu dans les Cavernes. Et Goyle a repéré cet après-midi que Flint allait dans une autre direction, probablement une caverne avec une entrée différente de celle où l'affreux gardait les Inferi. Alors c'est là, qu'ils devaient être. Et puis j'ai remarqué qu'il y a aussi des Mangemorts qui sont drôlement pâles et ont les yeux rougis. Ils sont vite éblouis ceux-là, comme s'ils n'avaient pas vu le soleil depuis longtemps. Voldemort les retenait peut-être là-bas. Il y avait peut-être aussi une grosse Tribu de Harpies et un Clan de Vampires important dans ces cavernes dont Goyle n'avait pas connaissance. Et peut-être encore qu'on ne les voit pas arriver ceux-là, parce qu'ils dégorgent d'ailleurs que depuis les rives du Lac, de la Forêt et de l'entrée principale. » propose Nev, en se rafraichissant le visage avec un linge mouillé.

« Fort possible. Et si c'est ça, alors on n'est pas dans la merde du tout ! » répond Seam, au hochement de tête positif de Colin, qui profite de notre pause, pour avaler une banane.

Bonne idée, tiens. Je vais en manger une aussi. Et un citron en prime, ça me fera des vitamines bienvenues.

« Eh bien il faut tâcher de le savoir ! Parce qu'on ne peut pas continuer comme ça ! Au rythme où ça va, il ne faudra pas longtemps pour que la situation devienne totalement incontrôlable ! » déclare-je, résolue à percer ce mystère.

Mais je suis arrêtée dans mon entreprise, par ce que je vois soudainement arriver dans mon champ de vision. Nev, Seam et Colin, qui gardaient tout comme moi un œil à la ronde sur les fenêtres, suspendent également leur geste, se levant d'un bond pour regarder l'escadrille d'au moins trois à quatre cents individus qui déboule dare-dare dans le ciel de Poudlard.

De pouilleux et crasseux Vengeurs, constatons-nous, lorsqu'ils rasent la tour.

« Putain ! Pas eux, non ! » murmure Colin, avec découragement.

« T'inquiète, cette fois ce n'est pas nous qu'ils viennent combattre ! Jamais ils ne s'allieraient à Voldemort ! » m'exclame-je, me sentant soudainement nettement plus confiante que je l'étais depuis quelques minutes, en me précipitant de concert avec les autres vers les fenêtres.

Des renforts arrivent enfin de l'extérieur ! De toutes les directions !

« Ouais ? Ben j'attends de le voir pour le croire ! Parce que moi, je ne les vois pas venir à notre secours, alors qu'ils n'ont rien à fiche du reste du monde ! Alors peut-être qu'ils sont sous Imperium et arrivent seulement maintenant pour nous attaquer, parce qu'on vient tout juste de leur en donner l'ordre ! » répond Colin, nettement plus découragé encore, en observant les Vengeurs qui font un tour d'horizon comme pour évaluer la situation.

Je ne l'ai jamais connu aussi pessimiste, Colin. La mort de Madame Chourave sans doute. Il n'a pas pu retourner combattre les Détraqueurs à cause de ça.

Moi non plus, je n'ai pas pu, après voir emmené la dépouille d'Agatha McAllan à l'Hôpital.

« Ce sont des sauvages, mais jamais ils ne tueraient des gosses, a dit le vieux Vengeur ! Alors s'ils ont entendu dire que Poudlard est attaqué, peut-être que… » commence Neville, avant de s'interrompre pour s'exclamer en voyant un groupe des Vengeurs foncer comme un seul homme à l'attaque de nos ennemis au sol : « Ouais ! Génial ! Ils sont bien venus nous aider ! »

Vif soulagement de Colin exprimé dans un soupir. Je lui souris. J'avais raison de penser que cette fois les Vengeurs n'allaient pas s'en prendre à nous. Et ils combattent nos ennemis, avec plus encore d'acharnement et de hargne, qu'ils en avaient eue contre nous.

« Génial, oui ! Je ne sauterai pas à leur cou pour les remercier, mais le cœur y est ! » sourit à son tour pauvrement Colin, avant de se détourner de la fenêtre pour nous regarder Seam, Nev et moi-même et demander : « Bon alors, quand est-ce qu'on y va, chercher d'où peuvent bien venir toutes ces cochonneries qui nous tombent sans cesse sur le râble ? »

« Maintenant ! » répondons-nous en cœur, Seam et moi-même, le moral remonté d'un bon cran.

« Merde ! Un instant ! J'oubliais que j'ai reçu un message tantôt ! » nous retient cependant aussi vite Nev, remontant vivement sa manche sourcils foncés, avant d'ajouter : « Passons par le Bureau du professeur Dumbledore. Je ne sais pas pourquoi, mais Ron a demandé que j'y vienne, dès que je peux. Nally sera là aussi sûrement, nous en profiteront pour lui parler de nos soupçons. »

Et il ramasse tout aussitôt un pied de chaise cassé, pour en faire un Portoloin.

« Quand as-tu reçu ce message ? » demande-je, un peu inquiète, pendant qu'il fabrique notre moyen de Transport.

Si Ron a appelé Nev c'est certainement pour une très bonne raison.

« Je ne sais pas exactement. Cinq ou six minutes, peut-être un peu plus. Je n'y ai pas trop pris garde, nous étions en pleine action. » répond Nev, en nous présentant le Portoloin.

Colin, Seam et moi posons un doigt dessus et il nous emmène aussi sec à destination.

OoOoOoO

Jodie

« Putain ! V'là les Vengeurs, maintenant ! Comme si on avait eu besoin de ça en plus ! » s'exclame Eddy, alors que je jette ma dernière Grenade pour abattre une Chimère.

Je frissonne. Ça me rappelle de sacrés mauvais souvenirs ça. J'ai eu la trouille de ma vie quand le Poudlard Express a été attaqué. Du moins, c'est ce que je croyais, parce qu'aujourd'hui, c'est bien pire. Et de loin.

En même temps, ce qui est arrivé ce jour-là, je dois avouer que c'était une bonne chose pour moi. Car ça m'a fait prendre conscience de bien des choses aussi. Même si ce n'est pas lui qui a ordonné cette Attaque sur le Poudlard Express, c'est là, dans le train déraillé et dans les bruits infernaux de la Bataille, que j'ai pleinement compris la folie des idées de Voldemort, mais aussi le courage, la générosité de ceux qui le combattent.

Philippa et Gabe auraient très bien pu me laisser avec ma jambe cassée dans ce wagon éventré, à trembler de froid et de peur. Mais ce n'est pas ce qu'ils ont fait. Ils m'ont soignée. Ils ont respectueusement recouvert les corps des morts avec une cape. Et ensuite, Philippa nous a emmenées à l'abri, Carla et moi-même.

Carla n'a pas compris. Mais moi, oui. J'ai compris.

Et j'ai mesuré aussi combien je tenais à Jérémy. Je me suis fait tellement de soucis pour lui ! Merlin merci, il est revenu en vie de sa captivité à Priest Hole Manor. Et je ne remercierai jamais assez Harry pour ça. Ni pour la chance que Ron et lui m'ont offerte d'avoir une vie agréable, dans un foyer équilibré et chaleureux. C'est pour cela que je les appelle Papa. Parce que d'une certaine manière ils m'ont donné une deuxième fois la vie.

« Oh ! Mais ils nous aident cette fois ! Ah ! Putain ! Je retire ce que j'ai dit ! Finalement je suis bien content de les voir ! » s'exclame de nouveau Eddy, tandis que cette fois je bande mon arc pour ajuster un tir vers une autre Chimère, car je n'ai plus de Grenades.

Dans l'œil. Sous la douleur, la Chimère ouvre la gueule, crachant ses flammes avec fureur et Georges en profite pour lui faire exploser la tête.

Des Vengeurs viennent se mêler à nous. Ils sentent si mauvais que leur odeur supplante la puanteur qu'il y a déjà ici. Et moi qui avais déjà envie de vomir, j'ai bien du mal à réprimer mes haut-le-cœur. Georges le voit et il jette un petit Sortilège vers moi, m'entourant d'une agréable odeur de jardin en fleur.

Bref coup d'œil vers lui pour le remercier de cette gentille attention, alors que nous sommes en pleine Bataille. Et je décoche une nouvelle flèche, qui cueille cette fois une Harpie en plein cœur. C'est ensuite un Troll que je vise. Car Georges a donné l'ordre de ne plus nous contenter de les assommer. Nous ne pouvons plus nous le permettre, il y a beaucoup trop d'ennemis à combattre encore.

Il faut ficher plusieurs flèches dans leur corps cependant. A moins d'avoir la chance d'atteindre un œil et que la flèche traverse le fond de l'orbite, atteignant assez profondément le cerveau. Ce qui n'arrive que lorsque les Trolls sont très près de nous. Trop près…

« Draco appelle de nouveau à renforts ! Et c'est pour prendre Benson au piège ! » s'exclame Eddy, l'air de dire qu'il faut y aller à tout prix.

Je sais qu'il tient à être celui qui neutralisera Benson. Il lui en veut terriblement d'avoir trahit l'esprit de la Maison Serdaigle.

« Fouètes ceusses qu'vous avouètes à faire ! Nous zôt', on s'charge ed'ceusses là ! » propose aussitôt l'un des Vengeurs, d'un ton très bourru.

Et il crache sur le sol, avant de jeter un Maléfice vers un Troll.

Georges accepte. Mais il demande néanmoins à deux Membres de l'Ordre, Alex Osborn et Leanne Maxwell, de rester ici afin que les informations, demandes de renforts et ordres du QG ou de Nally, puissent parvenir aux Vengeurs.

« Pouvouètes tous z'y aller. Nous zôt' on n'a point b'zoin d'personne et on n'prend point d'ordre que d'nous zôt'mêm' ! » déclare cependant le même Vengeur, en crachant de nouveau au sol avant de tirer.

Bizarre et dégoutante manie.

« Ça ne marche pas comme ça ici ! Tout le monde est à la même enseigne ! On s'entraide, on va où il y a des besoins et on répond aux ordres qui nous sont donnés par la tête ! Or, en venant combattre ici, vous vous êtes automatiquement placés sous son autorité ! » répond Georges, avec fermeté, son œil Magique rivé sur le Vengeur, tout en décapitant une Harpie qui arrivait sur lui et qu'il fixait de son œil valide.

« Qui qu'c'est vôt' têt' ? » demande alors le Vengeur, en regardant Georges de la tête aux pieds avec un certain mépris, avant de le fixer dans les yeux.

« La rastaquouère qui a fichue une pilée à votre Chef, quand les vôtres ont attaqué le Poudlard Express ! Tu dois voir de qui je parle, n'est-ce pas ? Elle lui en avait déjà fichue une bonne à Sawley ! Et sache aussi qu'elle parle au nom de Harry Potter ! Ça te va comme réponse ? Sinon, toi et les tiens, vous dégagez de Poudlard ! On se débrouillera sans vous ! Parce qu'il y a déjà bien assez de pagaille ici, sans que vous veniez y ajouter la vôtre ! » répond Georges avec autorité et soutenant maintenant le regard du Vengeur de ses deux yeux.

Ça ne l'empêche pas de toucher une autre Harpie, qu'il expulse droit dans la figure d'un Troll.

Le Vengeur crache à terre encore une fois. Puis il prend le temps de consulter trois ou quatre des siens du regard, avant de cracher de nouveau.

« Si ç't'au nom d'Potter, alors ça va l'fouère ! » répond-il, finalement, crachant encore sur le sol et se détournant pour reprendre le Combat.

« Parfait ! Prends seulement soin de faire passer ce mot à tous les tiens : qu'ils se mettent sous les ordres de notre tête aussi en rejoignant nos groupes de combattants et que surtout, s'ils croisent le chemin d'un Géant, de Gobelins, d'Elfes de maison et de Centaures, ils ne leur fassent pas de mal. Ce sont nos alliés, tout comme le petit peuple de la Forêt, les Hippogriffes, les Sombrals et les Acromentulas ou araignées géantes si tu préfères. Sur ce, merci du coup de main. Il est plus que bienvenu. » déclare Georges, d'un ton plus cordial, en tendant la main vers le Vengeur.

Celui-ci la regarde et hésite un peu avant de sceller l'accord, faisant immédiatement preuve de sa bonne foi, en demandant à deux des siens de faire passer le message de Georges à leurs autres unités. Et Georges nous invite à le suivre vers la Grande Salle. Cependant nous sortons à peine de la Classe du Professeur Firenze, que Sir Nicholas surgit devant nous. Sa tête est tombée de côté et il a l'air urgent, tout autant que soulagé de nous voir.

« Il faut que l'un au moins d'entre vous vienne avec moi dans le Jardin Secret de Dame Poufsouffle ! Cet immonde Vaneck en a trouvé l'emplacement et il est en train de torturer la jeune Sophie Faucett, dans l'espoir qu'elle lui révèle comment accéder au Passage Secret menant aux lieux où ont été évacué les jeunes Elèves ! » s'exclame-t-il, en replaçant sa tête comme il faut sur ses épaules.

« Je viens avec vous ! » m'exclame-je, aussitôt.

Voilà ! Maintenant je sais ce que je dois faire ! Je dois tirer Sophie des sales pattes de ce salopard de Vaneck ! Et emprisonner ce sale cloporte aussi ! Sinon il recommencera à torturer l'un des nôtres, dans l'espoir d'obtenir le renseignement qu'il veut !

Pour tuer Jérémy ! Je suis sûr qu'il a appris que mon petit frère est en vie et qu'il veut accomplir son meurtre !

« Pas question Jodie ! Vaneck est beaucoup trop dangereux ! » s'oppose vivement Georges, avec fermeté, son œil bleu fixé sur moi et son Œil Magique se dirigeant vers Ben et Kano.

Je ne lui laisse pas cependant le temps de leur dire de suivre Sir Nicholas.

« Mais c'est ça que je dois faire ! Je le sais maintenant ! Il veut retrouver Jérémy ! Je suis sûre qu'il a appris finalement qu'il est vivant et veut terminer son sale travail ! Je le sens au plus profond de mes tripes tu comprends, Georges ! Je dois y aller ! Je dois l'empêcher de retrouver Jérémy ! Je dois protéger mon petit frère ! Et les autres enfants aussi ! Car je sens qu'il ira avec des Mangemort chez Mamie Nally ! Et ils feront un carnage, avant que les secours arrivent ! Je ne sais pas dire pourquoi je le sais, mais je le sais, Georges ! Je te jure que je le sais ! C'est moi qui dois y aller ! On a trop besoin des Elèves les plus entrainés et puissants dans la Grande Salle ! Moi, je dois arrêter Vaneck ! Et je peux le faire seule, j'y arriverai ! Je sais que j'y arriverai ! » m'exclame-je, m'accrochant au bras de Georges, le regardant avec supplique, tandis que Mulhûl, mon Pytimouss sort de ma poche de jambe dans laquelle il est resté caché depuis le début de la Bataille, grimpant sur moi à toute vitesse pour venir se porter au plus près de l'œil valide de Georges.

Il est venu pour me soutenir. Et je suis sûr qu'il parle dans la tête de Georges, qu'il lui dit que j'ai raison !

« Etranges petites Créatures, que les Pytimouss ! Je sûr qu'on n'a pas fini d'en apprendre sur eux ! » murmure soudainement Georges, avant de fixer de nouveau son œil valide sur moi et d'ajouter avec fermeté: « Soit très prudente Jodie ! Vaneck est un stupide connard, mais c'est aussi un salopard de premier ordre ! Alors ne le sous-estime surtout pas, tire à vue ! Et n'hésite pas à le tuer si nécessaire ! »

« Je crois que c'est à ça que je me suis entrainée depuis le début de la Bataille : à tuer sans hésiter pour sauver ma vie et celle des autres. » réponds-je, entourant la taille de Georges de mes bras et le serrant très fort contre moi, avant de lui promettre que je serai très prudente.

Que j'irai conduire Sophie à l'Hôpital et que je resterai chez Mamie Nally, dès que j'aurai neutralisé Vaneck.

« Je devrais quand même t'adjoindre Ben ou Kano, voire même Peeves, qui n'aurait qu'à lâcher un Pétard sur sa tête. » souffle-t-il cependant.

« Non. Vous avez besoin de toutes les Baguettes disponibles, Georges. Et de Peeves, aussi. Car tu peux être certain que ce lâche de Benson va arriver en force et qu'il y aura beaucoup de Mangemorts et Créatures à neutraliser dans la Grande Salle. Pour le moment, Vaneck est seul, dans le jardin de Dame Poufsouffle et Sir Nicholas va me guider par les Passages Internes. Et je ne sais pas pourquoi, mais je sais que je dois accomplir cela toute seule. » réponds-je, en levant mon regard vers lui et lui glissant dans la main ma Mitraillette Magique ainsi que mon sac à malice, qui contient encore un peu de munitions.

Ma Baguette et mes armes blanches, c'est tout ce dont j'ai besoin, pour me défendre de Vaneck. Et je sais comment le ligoter proprement, lorsque je l'aurai neutralisé, si je ne suis pas obligée de le tuer.

« Pytimouss ! » sourit Georges, puis il m'embrasse vite fait le bout du nez et tourne les talons, pour courir vers la Grande Salle avec les autres, confiant ma Mitraillette Magique et mon sac à malice à Allan Cadwallader qui n'en avait pas encore, puisque c'est un Elève du Groupement et que nous n'avions pas assez de Gadgets pour pouvoir tous les équiper.

Les Membres du Comité ou de l'Ordre récupèrent donc ceux des morts ou des blessés graves qui ne reviendront pas de l'hôpital, pour les donner aux Elèves du Groupement.

Messire Nicholas m'indique aussitôt où se situe l'entrée des Passages Internes de la Classe du Professeur Firenze et il me guide à vive allure dans les couloirs et escaliers. Mon cœur bat la chamade et mes mains sont moites. J'ai suivi beaucoup d'entrainements et ma Magie est bien plus développée qu'elle l'est en principe pour une élève de cinquième année, mais Vaneck est en septième et c'est un adepte de la Magie Noire.

Alors oui, je vais devoir être prudente. Je vais devoir ruser assurément. Frapper dans le dos si je peux. Tant pis, si ce n'est pas loyal. Dans cette fichue Bataille, ce genre de loyauté nous devons nous asseoir dessus, pour sauver notre vie et celle des nôtres.

Je m'encourage intérieurement. Je suis une Serpentard après tout ! Et je suis plus intelligente que Vaneck ! Je vais donc réussir ! Je vais mettre ce salopard hors course et sauver la vie de Sophie, l'amie de Ginny, que j'apprécie beaucoup moi aussi ! Je vais sauver la vie de mon petit frère ! Et d'autres enfants ! J'en suis profondément convaincue !

Pytimouss a dit Georges, juste avant de partir. Est-il possible que ce soit Mulhûl qui m'apporte ces convictions ? C'est fort possible. Les Pytimouss sont des petites Créatures extraordinaires. Elles sentent le danger avant qu'il soit là. Elles sont télépathes aussi. Elles savent juger les êtres sans se tromper.

Peut-être Mulhûl sait il, ce que Luna a vu. Elle n'a rien voulu me dire, peut-être parce qu'elle ne savait pas elle-même. Ou peut-être aussi parce qu'elle sentait qu'elle ne devait pas le faire. Et si c'est le deuxième cas, alors elle a eu raison. Je me serais lancée tout de suite à la poursuite de Vaneck si j'avais su. Et je n'aurais pas été préparée à l'affronter comme je le suis à présent. J'aurais été hésitante. Là, je ne le serai pas. Pas après avoir déjà tué un bon nombre de Vampires, Mangemorts, Trolls, Harpies et Chimères.

« Nous arrivons, Jodie ! S'il n'a pas changé de position, d'ici il ne vous verra pas arriver. Je vérifie cela tout de suite. » chuchote soudainement Sir Nicholas, en ralentissant.

Puis il s'arrête tout à fait, passe rapidement sa tête qu'il tient à deux mains au travers du mur, revient tout aussi vite en confirmant que Vaneck nous tourne bien dos et m'indique comment ouvrir le Passage. Ce que je fais très prudemment, après m'être Désillusionnée. A peine cependant est-il entrebâillé, que j'entends un hurlement qui me déchire le cœur et je dois me retenir pour ne pas surgir en force dans le Jardin.

« Tu finiras par me le dire, sale petite garce ! Je veux la peau de ce sale petit traite et je l'aurai, coûte que coûte tu m'as compris ! Et je tuerai aussi tous les autres petits rats avec lui ! Dès que tu auras parlé, je soulèverai ma petite armée et j'irai dans votre cachette secrète ! Alors parle ! Parle et j'abrège tes souffrances ! » s'exclame Vaneck, le ton enfiévré de folie furieuse, par-dessus les sanglots et gémissements de douleur de la malheureuse Sophie.

Je pénètre à pas de loups dans le Jardin.

Vaneck est un peu trop loin, pour que je l'atteigne d'ici. Alors j'avance très prudemment, marchant dans l'herbe afin de ne pas faire crisser le gravier de l'allée menant vers lui. Je retiens mon souffle et lorsque je suis à portée de tir, je lève ma Baguette avec fermeté.

Mais au moment où je jette le Stupefix que je lui réserve, Vaneck jette un Maléfice sur Sophie et son hurlement de douleur me fait sursauter. Mon Sortilège rate Vaneck d'un cheveu et il fait volte-face vers moi, jetant toute sa puissance dans le Doloris qu'il destinait précédemment à Sophie, me touchant en pleine poitrine. Je valse en arrière dans un cri de surprise, mais je suis vite arrêtée dans un choc très sourd et très violent, qui me bloque à demi le souffle.

Mon dos a heurté le socle d'une Statue.

Je m'effondre au sol, comprenant aussitôt mon intérêt de laisser croire que je suis assommée. Je n'ai plus ma Baguette. Elle m'a échappée de la main et a roulé je ne sais où. Mais j'ai toujours mes armes blanches et je sais aussi me servir de mes mains et de mes pieds pour me défendre.

Merci mes Papas et mes Tontons pour cela ! Ils m'ont entrainée à fond la caisse ! Sans jamais me faire de cadeau !

Alors j'attends que Vaneck dont j'entends le bruit des pas courir sur le gravier arrive à ma hauteur, prenant garde à réguler mon souffle et ne pas bouger les paupières.

« Jodie Costner ! Je n'en demandais pas tant ! Je vais pouvoir me faire le plaisir de trancher la gorge de la sœur, avant d'en faire autant avec le frère ! » s'exclame-t-il d'un ton mauvais, avant de ricaner.

Il me saisit par les cheveux et je devine instinctivement qu'il a lâché sa Baguette dans l'herbe, pour sortir un couteau de sa poche. Alors je passe à l'attaque, exactement au même moment que Mulhûl, qui, quand j'ouvre les yeux, s'accroche toutes dents serrées sur le nez de Vaneck, lui griffant ses yeux et ses joues au plus profondément qu'il lui est possible de ses petits ongles pointus. Vaneck pousse un cri enragé et saisit Mulhûl, pressant sa main très fortement sur son corps.

Il va le tuer en l'écrasant ! Non ! Je ne veux pas !

Tandis que Sir Nicholas crie à Vaneck de me laisser tranquille en lui assénant des coups de poings glacés sur la tête, je bande tous mes muscles. Puis je jette toute mon énergie dans le coup de poing que je décoche sur son menton, en même temps que j'use de mes jambes pour le repousser au plus possible et assène une manchette sur sa main qui tient Mulhûl.

Et dans un nouveau cri de colère, Vaneck qui avait lâché mon Pytimouss sous le coup d'une vive douleur au poignet, s'en saisit à nouveau prestement et il arrache Mulhûl de son nez, avant de le jeter violemment au loin. Puis il me flanque aussi vite un coup de poing au visage. J'en vois trente-six chandelles, mais je lutte pour garder ma conscience, tandis que Vaneck m'attrape cette fois par le cou, serrant très fort, le visage tordu de haine. Il va m'étrangler à mains nues ! Il va serrer jusqu'à ce que la vie quitte mon corps !

Je ne peux atteindre le couteau que je porte au côté, car Vaneck appuie fortement son genou sur mon flanc, juste au-dessus de mon fourreau. Je ne peux pas non plus atteindre celui qui est attaché à ma cheville, ni mon épée qui me scie le dos. Alors je n'hésite pas. J'assène des coups sur ses bras et son visage à main gauche, tâtonnant à main droite dans l'herbe à la recherche du couteau que Vaneck a laissé tomber. Je le trouve très vite et frappe très fort, directement dans sa gorge, visant la carotide.

Le sang gicle lorsque je retire le couteau d'un geste sec. Mais je frappe encore, tandis que Vaneck redresse le dos et la tête dans un sursaut de surprise, la prise de ses mains se relâchant un peu sur ma gorge. Ses yeux sont écarquillés et il ouvre grand la bouche. Il n'en sort pas un son cependant. Seulement un flot de sang qui gargouille et s'écoule très vite sur son menton.

Je ne veux pas que ce sang me souille la figure ou la poitrine ! Alors je bande une nouvelle fois mes muscles, lâche le couteau et je repousse Vaneck à deux mains, aussi fortement que je le peux. Il bascule sur le côté, puis sur le dos. Les yeux fixes.

Il est mort.

Vaneck est mort. Jamais plus il ne cherchera à faire du mal à mon petit frère. Ni à aucun de ceux que j'aime.

« Par tous les saints du Paradis ! Vous avez réussi à vous en défaire ! Quel soulagement ! » s'exclame Sir Nicholas, tandis que je me lève prestement, courant pour aller chercher Mulhûl qui revenait en titubant au plus vite vers moi.

Je m'assure rapidement qu'il va bien, le place dans ma poche de jambe et appelle ma Baguette à revenir dans ma main dès que je la vois, avant de courir vers Sophie qui sanglote, recroquevillée sur elle-même, sous le regard peiné du Fantôme de sa Maison.

Merlin ! Je ne sais pas depuis combien de temps Vaneck la torturait, mais la pauvre Sophie est horriblement blessée. Son pauvre corps tremble convulsivement. Son visage est complètement tuméfié, déformé par les coups. Tous les doigts de ses mains sont brisés et elle présente plusieurs fractures dont deux ouvertes, au niveau des jambes. De larges et profondes coupures, des brûlures aussi, sur la poitrine, le ventre, les bras.

C'est sûr, elle a beaucoup souffert et souffre encore beaucoup. Mais je ne peux rien lui donner, ni l'endormir avant qu'elle soit examinée par un Médicomage, car je ne suis pas suffisamment calée en Sortilège de Diagnostic, pour savoir si je peux faire l'un ou l'autre, sans que cela lui porte préjudice par la suite.

Cela me brise le cœur.

« Tu arrives… à temps… Jodie… J'allais… j'allais…bientôt craquer…il me faisait… trop mal… » dit-elle, dans ses sanglots, lorsque je m'agenouille auprès d'elle, tout en ôtant mon Portoloin de mon cou.

« Chut. Tu as été très courageuse Sophie. Et je suis sûre que tu n'aurais pas craqué. Tu aurais résisté encore et encore, je le sais. Et maintenant Vaneck ne te fera plus mal. Il est mort. Et je vais t'emmener à l'Hôpital où l'on va bien prendre soin de toi. » souffle-je, l'enveloppant dans un brancard, puis l'entourant de mes bras, avant de prononcer le mot de passe qui nous emmène là-bas, chez Mamie Nally.

Je laisse Sophie aux bons soins de Dyna qui se charge de l'amener dans le service où officie Richard. Et je me laisse guider par un autre Elfe, pour me faire examiner sous toutes les coutures par Madame Skeeter, selon l'ordre express que m'a donné la petite Reine des Elfes.

Je me laisse guider, l'esprit apaisé malgré la violence des Combats qui font rage encore à Poudlard. J'ai accompli ma mission. Aucun ennemi ne pénétrera chez Mamie Nally grâce à Vaneck, pour tuer Jérémy, les enfants et les blessés.

Oh ! Bien sûr, je sais que je ferai d'horribles cauchemars, dès la nuit prochaine. Et toutes les suivantes aussi. Longtemps tous ces Combats que j'ai menés, Vaneck, les Mangemorts, Vampires, Harpies, Chimères et Trolls que j'ai tués, viendront me hanter dans mon sommeil.

Mais pour l'heure, j'ai vraiment l'esprit apaisé.

OoOoOoO

Fred

Comment je peux tenir, crotte de Troll, comment je peux tenir ?

J'ai un trou béant dans le cœur, comme un puits sans fond.

Angie, ma belle Angie, pourquoi tu as été tuée ?

Saloperies de Mangemorts ! Je vais tous me les faire, je te jure ! Dans le tas, il y aura bien celui qui t'as enlevé à moi !

Je sais bien ma belle. Ouais je sais bien que ça ne soulagera pas ma douleur et mon chagrin. Mais ça les empêchera de tuer quelqu'un d'autre que j'aime. Merde !

J'ai pu voir Ron, Charly et Bill de loin, mais je n'ai aucune nouvelle de Georges, ni de Ginny, ni de Papa ! Je ne sais même pas s'ils sont encore en vie !

Je ne veux pas qu'on me les tue aussi, tu comprends Angie ? Et puis j'ai perdu assez d'amis en plus de toi, tu ne crois pas ? Tu te rends compte qu'ils ont même tué Fol Œil ces salopards ? Fol Œil, foutre queue ! Fol Œil ! Ce n'était pourtant pas n'importe qui ! Et pourtant ils l'ont eu ces salauds !

Alors comment je peux m'en sortir, moi, hein ? Comment je peux tenir et tenir la promesse que je t'ai faite ?

Pas d'imprudence…

Mais putain d'bordel ! Comment on peut être prudent dans ce merdier ? Ils viennent de partout, de tous les côtés et on est cernés !

« Fred ! La porte qui donne dans l'Ecole côté Lac a été dégondée il y a dix minutes ! Les Mangemorts dégorgent là-bas, avec des Crabes de Feu et des Trolls ! Gabe et son groupe sont parvenus à les repousser jusqu'ici, mais maintenant c'est au tour de la Bulle du Lac de céder ! Les Inferi ont donc le champ large et il y a des Mangemorts qui les incitent à aller vers la Porte du Lac eux aussi ! Or, il en reste au moins un quart à réduire en poussière, si ce n'est plus encore ! » s'exclame Théo, qui arrive en courant avec Marian, baissant la tête pour éviter au max les Maléfices qui fusent à toute blinde vers eux.

Enculés de boucs !

Ce n'est pourtant pas faute que Charly et Nadya en grillent avec les Dragons des Inferi ! Ni les copains et copines avec les dernières Ceintures de Feu encore disponibles ! Sans compter les Mitraillettes Magiques ! Et il y en a une bonne quantité en action dans la Zone du Lac, puisque Terry et son groupe ont pu se défaire de l'effet de la Branchiflore grâce à l'Antidote de Sev et sont revenus donner un coup de main !

Merde ! Merde ! Merde !

Ceux qui défendent la porte du Lac ne pourront jamais s'en sortir avec tout ça !

Alors désolé Angie, mais l'imprudence, là, je ne peux pas l'éviter ! Je ne peux pas rester à l'abri des rochers ! Tu comprends ? On ne peut pas laisser des Inferi entrer dans Poudlard ! Faut que j'y aille !

« Vous avez vos Balais et vos Mitraillettes chargées ? » demande-je à Théo et Marian.

Et comme ils acquiescent, je décide : « Alors on y va ! A moi mon groupe ! »

Je m'envole aussi sec, avec mon cœur béant de douleur et arme au poing.

Et avec mon groupe de potes qui a perdu la moitié de ses effectifs. Morts pour une bien trop grosse part. Blessés gravement pour les autres.

Nous fonçons à toutes blindes vers la porte latérale qui ouvre sur l'Ecole. Je mitraille tout sur mon passage. Tant pis pour les Mangemorts et les Trolls dont je fais de la bouillie. Tant pis pour les Crabes de Feu qui sont expulsés dans l'eau et s'éteignent à jamais.

Le trou béant dans mon cœur ne se comble pas. Mais le nombre d'Inferi, de Mangemorts, de Trolls, de Harpies et de Crabes de Feu diminue et c'est tout ce qui compte.

C'est tout ce qui compte.

Ouais. Et c'est la seule chose qui m'aide à tenir Angie. La seule chose !

Parce que ça sauve des vies ça !

Or, c'est pour ça que tu te battais, ma belle. Et c'est pour ça, que je continue de me battre.

Pour sauver des vies !

OoOoOoO

Harry

Il n'y a aucun FeuxFous par ici mais c'est tout de même un véritable feu d'artifice de toutes les couleurs, de Sortilèges et Maléfices qui s'entrechoquent et explosent vers le ciel.

Putain de vrille ! Trois fois que j'essaye de la contrer et trois fois que ça rate !

Le rythme en est trop modifié par la Magie brute de Salazar et je ne parviens pas à le choper.

Je ne l'aurai pas comme ça. Son Aura est bien trop étendue encore. Trop chargée. Trop puissante. Il faut que je trouve autre chose. Il faut que je le fatigue davantage, afin qu'il perde de l'Energie.

Et en même temps, il faut que j'économise la mienne. J'en aurai trop besoin pour le combattre tout à l'heure, quand je l'aurai privé du corps de son hôte.

Il s'économise lui aussi le salopard d'enfoiré. Il ne jette plus d'Avada Kedavra. Il ne veut pas me tuer, juste me blesser, pour m'affaiblir, puis me posséder et absorber Tristan, avant de m'achever.

Il faut que j'en fasse autant. Si je parviens à le blesser suffisamment il devra manger de l'Energie pour maintenir le corps de son hôte en fonction satisfaisante.

Je dois donc le contrer encore et encore. Garder sa Baguette occupée le plus longtemps possible et le blesser dans le même temps.

Je guette l'instant où son Aura va m'indiquer le bon moment. Petit sursaut dedans. Voilà, il jette son Maléfice le plus vicieux et je jette mon Sortilège le plus puissant, prenant soin qu'il rencontre son Sort à mi-parcours. Je le tiens. Allez Harry ! Tiens bon ! Ça fait très mal dans les os de ton poignet, mais tiens bon ! Ne le lâche surtout pas et rassemble de l'Energie dans ta main gauche !

Allez go, c'est le moment !

Geste fluide de la main gauche. Mon Sortilège d'Expulsion fuse. Il part à vitesse et puissance respectables, rasant mon premier Sort, se fondant presque dedans. Il remonte maintenant celui de mon adversairequi ne le voit pas venir. Légère inclinaison de la main et il percute le Maléfice de Salazar, juste un mètre devant sa Baguette, expulsant une partie du Maléfice vers l'épaule gauche de l'affreux.

Touché !

Il recule sous l'impact, l'épaule en sang et pousse un cri de douleur et de rage mêlées, tandis que le reste de son Maléfice se perd vers le ciel.

Je ne lui laisse pas le temps de se reprendre, jetant toute la puissance qu'il m'est possible dans le Sortilège qui fuse toujours vers lui depuis ma Baguette.

Touché une fois de plus !

Il valse en arrière. Tombant lourdement sur le cul. Mais il riposte tout aussitôt, furieusement. D'un Avada.

Bien ! Qu'il bouffe son Energie !

Ça m'arrange parfaitement bien !

OoOoOoO

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V