Disclaimer : cf chapitre 1
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Grand merci à Mistycal !
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Ultimes Sacrifices 9 / 11
Acte 10 : Le Sentier des Enfants Perdus
Blaise
Hermione et moi-même sommes à pied d'œuvre dans le parc, dissimulés sous Sortilèges de Désillusion, nous loin du petit reste de la Statue qui marquait l'entrée du Quartier des Ânes Bâtés.
Nous guettons le moment où notre Bracelet chauffera pour nous indiquer que le moment est venu d'entrer en scène. Et j'espère que nous n'allons pas prendre quelqu'un sur la tête d'ici là, car là-haut, ça se bat toujours très farouchement. Or, si les nôtres tâchent de ne tuer aucun Mangemort, la réciproque n'est pas de mise.
J'espère également que l'un des Vampires, Trolls ou Crabes de Feu qui rodent dans le coin, ne va pas repérer notre odeur.
Mon Bracelet chauffe. Coup d'œil dessus, puis vers la droite pour accrocher Bruce Tangashi. Il est en tête du groupe plus qu'important que nous devons attirer dans le piège où se finira sa course au massacre.
Je grimace. Je connais bien Tangashi. C'est un putain d'enfoiré salement hypocrite, tordu, teigneux et malin comme un singe. Cela ne m'étonne donc pas qu'il soit encore en lice après plus d'une heure de combat. Il a dû s'en donner à cœur joie pendant tout ce temps à tuer et salement blesser pas mal des nôtres.
« Prête ? » demande-je à Hermione, serrant sa main dans la mienne, avec tout l'amour que j'éprouve pour elle.
Nous risquons gros à jouer les appâts. Hermione bien plus que moi encore. Et j'espère de toutes mes forces qu'elle n'aura pas à en payer le prix fort.
« Prête ! » répond-elle, d'un ton résolu, serrant fermement ma main en retour.
« Alors go ! » m'exclame-je, lâchant mon Sortilège de Désillusion.
Bonne inspiration et nous surgissons de notre abri précaire, courant tous deux à perdre haleine, guettant de l'œil le moment où Tangashi va enfin nous voir et se jeter à notre poursuite.
« Sus à Malfoy ! » gueule-t-il soudainement, bondissant vers nous, sa troupe soudainement hurlante nous coursant tout aussitôt à sa suite.
Hermione et moi redoublons dès lors d'efforts, cœur battant la chamade, sautant par-dessus des cadavres, louvoyant entre les prisonniers des Mines Caméléon et Maléfices et plongeant enfin littéralement dans le passage ouvert sur les Quartiers des Ânes Bâtés, alors que l'un des Sorts fusant vers nous achève la pauvre Statue dont il ne restait déjà plus grand-chose.
« Ils sont coincés ! On va les avoir ! » entends-je Tangashi s'écrier avec une satisfaction plus qu'évidente.
Je presse Hermione à me précéder dans le couloir à peine éclairé çà et là, par une pâle lueur bleutée.
« Pas d'Avada ! Je veux torturer et tuer la Sang de Bourbe moi-même ! J'ai gagné cette récompense ! Alors ne la tuez pas maintenant ! » s'exclame Tangashi, en dégringolant l'escalier à toute vitesse, alors qu'un éclair vert frôle Hermione.
Je serre le poing, retenant mon Tigre Royal de faire volte-face et de sauter à la gorge de ce fumier et j'entre dans la Salle Commune des Ânes Bâtés à la suite d'Hermione, surpris de la voir se tenant en garde avec Draco, là-bas dans le coin le plus reculé.
J'ai pourtant moi-même posé cette Illusion tout à l'heure.
Trois pas à gauche et nous nous engouffrons dans les toilettes, refermant silencieusement derrière nous et nous attendons, observant ce qu'il se passe dans la Salle Commune, grâce au Sortilège d'Indiscrétion qu'Hermione a également jeté tantôt sur la porte.
Tangashi entre et stoppe net, écartant les bras pour empêcher sa troupe de le déborder.
« Du calme ! Ils sont faits comme les sales rats qu'ils sont ! Et on va s'amuser un peu avec eux avant d'amener Malfoy au Maitre ! » se réjouit-il, avec un ricanement gras qui entraine celui des Mangemorts de sa troupe et un grognement toutes canines dehors des Vampires.
« Prenez vos aises et jouissez du spectacle ! » ordonne ensuite Tangashi, effectuant un large geste qui invite Mangemorts et Vampires à se déployer, tandis qu'il avance résolument vers notre illusion dans un nouveau rire mauvais.
Un Sortilège sur sa gorge et Hermione fait parler son personnage qui s'exclame en relevant le nez avec fierté : « Rira bien qui rira le dernier, Tangashi ! »
Eclat de rire général de Tangashi, des Mangemorts et Vampires.
« Tu as raison, Granger ! Je vais bien me marrer quand tu hurleras de douleur sous les tortures que je vais me faire un plaisir de t'infliger ! Depuis le temps que j'en rêve, je vais me régaler ! » s'exclame Tangashi, tout sourire cruel aux lèvres.
Puis son visage se tord dans une expression de haine pure et il lève sa Baguette. Mais soudainement la porte se ferme dans un claquement sonore, les pâles lueurs bleutées du faible éclairage de la Salle Commune s'éteignent et des éclairs fusent.
Tangashi et sa troupe ont à peine eu le temps de sursauter de surprise, qu'ils se sont effondrés au sol. Les Mangemorts profondément endormis, les vampires enchainés de la tête aux pieds, leurs hurlements de rage étouffés par un épais bâillon.
« Dégageons vite la place ! » presse Hermione, en sortant des toilettes, la mine très déterminée à remettre ça au plus vite.
Grâce aux Elfes, nos prisonniers sont entassés en deux temps trois mouvements dans les dortoirs, dont les lits ont été ôtés afin de gagner de la place. Puis, après avoir prévenu Nally, Hermione et moi repartons nous positionner à l'extérieur, remontant le petit couloir au pas de course.
Ce n'est pas vraiment que nous soyons pressés de repiquer un sprint parmi les prisonniers des Mines Caméléon et les cadavres qui jonchent le Parc, non, ce n'est pas ça. Mais nous venons de faire une petite centaine vingtaine de prisonniers et c'est peu, au regard de ce qu'il reste. Car il y décidément beaucoup trop de Mangemorts et Vampires à emprisonner encore, avant qu'ils ne tuent nos amis et alliés.
Cependant, alors que nous allions gravir l'escalier, une ombre tombe sur les marches, descendant d'un pas maladroit et poussant des gémissements plaintifs.
« Inferius ! » souffle Hermione, tandis que je hoche la tête, m'armant vite fait de ma Mitraillette Magique.
Nous reculons précautionneusement, attendant que l'Inferius qui s'est aventuré jusqu'ici arrive au bas de l'escalier, afin d'être certain qu'il est seul d'une part et de ne pas le rater d'autre part. Je n'ai plus beaucoup de Mini Bombincinerus dans mon Chargeur. A peine une dizaine. Il faut donc les économiser.
Soudainement mon cœur se pince horriblement.
« Ursula ! » souffle-je, tétanisé de la tête aux pieds, lorsque l'une des pâles lueurs bleues nous permet de distinguer le visage de l'Inferius.
« Ce n'est pas elle, Blaise ! Ce n'est plus elle ! Sa dépouille a été volée, possédée par la Magie Noire pour accomplir la volonté de Voldemort ! » murmure Hermione, d'une voix blanche, posant sa main chaude sur mon dos.
Et sa chaleur me rend l'usage de mon corps.
« Je sais, Hermione. » réponds-je dans un chuchotement, la poitrine serrée, écoutant la plainte de l'Inferius qui avance avec lenteur vers nous, avant d'ajouter, la certitude me vrillant l'Âme et le cœur : « Mais son Âme est là. Elle me cherchait et a guidé sa dépouille infestée de Magie Noire vers moi, afin que je lui rende sa dignité en anéantissant ce corps qui n'est plus sien. »
Hermione hoche la tête, pour signifier qu'elle me comprend. Je suis même intimement convaincu qu'elle ressent la même chose que moi.
« Repose en paix, Ursula. Repose en paix, ma belle. » murmure-je, avant d'appuyer sur la détente de ma Mitraillette Magique.
Une fois, une seule.
Le corps d'Ursula s'effondre aussitôt en un tas de cendres et je m'agenouille auprès de lui. Et c'est avec un infini respect, que je transferts les cendres étoilées dans l'urne que j'ai conjurée, car je refuse que les pauvres restes d'Ursula, que j'ai sincèrement aimée, soient foulés aux pieds par la multitude d'ennemis que nous allons encore attirer dans ce traquenard.
Je vais les garder précieusement sur moi et quand la Bataille prendra fin, j'irai les rendre à ses parents et ses frères aînés, venus se battre avec nous se soir.
Ainsi, Ursula pourra à nouveau être inhumée avec décence.
OoOoOoO
Remus
« Combien crois-tu que nous puissions en emprisonner, là-dedans ? » demande Ralph, en désignant le Passage Secret de la Liseuse dont nous venons de bloquer le banc sur l'ouverture.
« Au bas mot quatre à cinq cents, pourquoi ? » réponds-je, en haussant un sourcil et repartant déjà vers l'angle du Château.
« Parce que votre plan est très bien, mais il va demander trop de temps à mon goût pour se réaliser. Or, Roger et moi, nous pouvons vous aider à accélérer le mouvement, grâce à ça. » déclare Ralph, désignant la Marque des Ténèbres sur son avant-bras gauche, avant de préciser : « Les quatre à cinq cents, on peut te les rassembler en quelques secondes et les mener tous là-dedans en deux minutes chrono. »
Bon sang, il a raison ! Sûr que nous allons gagner du temps et assurément sauver des vies grâce à ça !
« J'en informe Nally. Elle sera sûrement d'accord ! » réponds-je, me faisant réflexion que nous aurions dû avoir cette idée plus tôt.
Nous pourrions même emmener tout le reste de nos ennemis dans la Chambre des Secrets en usant du même stratagème, me dis-je, avant de me raviser, réalisant qu'il n'y a pas suffisamment de Hauts Elfes, pour neutraliser autant d'ennemis en seule fois.
Nally approuve l'idée de Ralph, précisant d'attendre cinq minutes afin que les Elfes nécessaires pour endormir quatre cents cinquante à cinq cent individus soient en place, ce que je transmets aussitôt à Ralph.
Il s'empresse donc de rejoindre Roger, lui explique son idée et tous deux Métamorphosent leurs vêtements en robe noire, avant de revenir vers moi.
« Surtout activez votre Portoloin aussitôt arrivés dans le Passage, où vous serez endormis avec les autres. » recommande-je, tandis qu'ils couvrent leur visage du Masque des Mangemorts.
« T'inquiète ! Pour rien au monde on ne restera plus qu'il ne faut parmi cette vermine ! Ceci dit, préviens les nôtres de faire bien gaffe de ne pas nous tirer dessus lorsque nous passerons à proximité d'eux. Et ne va pas le faire toi-même, quand nous te prendrons en chasse. » répond Roger, sa voix profondément assourdie par son masque.
« Aïe ! Je n'avais pas pensé à ça ! Mais ça va être difficile de vous reconnaitre parmi les autres. » réagis-je, pensant aussitôt que j'ai vraiment l'esprit émoussé.
Il l'est en vérité, depuis que j'ai compris qu'Albus est mort. Cela a été un véritable coup d'assommoir pour moi.
Je me secoue la tête. Je dois repousser cette pensée et me concentrer sur le moment présent.
« Ça devrait aller pour nous reconnaitre avec ça, non ? » demande Roger, en se faisant pousser une très longue et épaisse chevelure rousse flamboyante, de concert avec Ralph.
J'acquiesce. Nul ne pourra manquer de les remarquer, avec une telle crinière digne de Godric Gryffondor.
« Ok ! Alors nous allons nous positionner. Dès que nous avons le feu vert, nous appellerons tous ceux qui se battent dans le ciel. Compte trente alors et tiens-toi prêts à décamper en vitesse avec l'équipe, parce qu'on va fondre sur vous comme des buses sur un lapin. » déclare Roger, en enfourchant déjà son Balai.
Hochement de tête pour acquiescer et ils s'envolent, prenant très rapidement de l'altitude. Le feu vert est bientôt accordé par Nally. Alors je compte mentalement trente secondes, guettant le ciel du côté où se déroule le plus gros des Combats aériens, satisfait de voir soudainement tous les Mangemorts décrocher.
Ils se dirigent vers Roger et Ralph qui foncent immédiatement dans ma direction.
Les Mangemorts suivent leur mouvement, poussant soudainement des cris triomphants. Ça y est, ils m'ont vu. Ou plutôt, ils ont vu Draco. Alors je donne l'ordre de départ, filant très vite derrière mon équipe, dont les membres plongent trois par trois dans le Passage Secret de la Liseuse.
Et je suis heureux d'en faire autant, car il s'en faut d'un cheveu que je sois touché par un Maléfice. Deux secondes plus tard, je suis à l'abri avec le reste de mon équipe, derrière le solide mur que Nally a demandé aux Elfes de maison de construire ce matin en bout de tunnel.
C'est maintenant une Illusion que les Mangemorts poursuivent et je croise les doigts, pour qu'aucun Haut Elfe ne soit tué par les Maléfices qui seront jetés avant que tous les Mangemorts soient entrés dans le Passage Secret.
OoOoOoO
Vincent
Ça s'éclaircit bon train dans le ciel tout à coup. Tous les Mangemorts volant sont tombés dans le traquenard tendu dans le Passage Secret du Jardin à la Liseuse.
Il reste cependant un bon nombre de Mangemorts et Vampires qui cernent le Château,
Mon Bracelet de communication chauffe soudainement et je relève vivement ma manche : C'est net dans coin, on peut commencer. Bill. lis-je rapidement.
« On peut y aller ! » annonce-je, en direction de Milli, mon père et les autres.
Je suis content que Milli m'ait rejoint. Ça m'a fait chaud au cœur quand elle est arrivée dans le Grand Hall avec Gabe, tout à l'heure.
Papa, Milli et moi, nous sortons de la Bergerie, avec le père de Gregory, Dean et Seamus. Neville et Luna, Adrian Pucey et quelques Membres de l'Ordre que je ne connais pas, sortent également du couvert de la petite maison qui a salement morflé depuis le début des Combats et n'est plus que ruines.
Bill est là aussi, sur un Dragon, tante Narcissa chevauchant derrière lui et Hagrid sort de la Forêt avec Graup.
Et tous ensembles, nous rabattons peu à peu les Trolls et les Crabes de Feu que nous trouvons en chemin, pour les emmener vers les Cavernes où nous allons les enfermer. Ce n'est pas bien difficile, il nous a suffi pour le moment de revêtir une robe noire et de leur ordonner de nous précéder, en direction du Lac.
C'est à partir de là, que ça va se corser. Car il est impossible de communiquer efficacement avec eux.
J'ai fait un essai tout à l'heure avec un Troll salement blessé. Sa nuque s'est brisée et il est désormais paralysé de la nuque aux pieds. Pas retourner dans la caverne, pas arrêter de se battre jusqu'à la mort, pas arrêter de massacrer les sorciers sans robe noire. Ça tournait en boucle dans sa tête et je n'ai rien su obtenir d'autre de sa part.
Alors sûr, il va falloir ruser, quand nous arriverons sur les rives du Lac. Que nous portions ou non une robe noire, ils feront n'importe quoi pour ne pas aller dans la caverne. Je parie même qu'ils se retourneront même contre nous, pour donner assaut au Château.
Mais Merzhin a promis de nous aider quand viendra le moment de les diriger vers les Cavernes. Alors finalement, je ne me fais pas trop de soucis pour ça.
Nous avançons bien et plutôt vite, traversant quasiment tout le Parc sans encombre. Depuis le ciel à présent vidé de Mangemorts, des copains, des Membres de l'Ordre et des Vengeurs protègent notre progression, empêchant les Mangemorts et Vampires qui cernent encore le Château, de venir s'en prendre à nous. Refoulant aussi les Inferi qui sont parvenus dans le Parc, vers le Dragon chevauché par Bill qui les réduit en cendres.
Un cri aigu modulé alors que nous longeons les derniers mètres de Forêt. C'est Buck. Il est arrivé tôt ce matin avec Cunégonde. Là-bas au village des Elfes, un Lutin lui a appris qu'une Bataille allait se dérouler ici à Poudlard et il tenait à aider son ami Hagrid, ainsi que les Weasley qui lui ont offert asile pendant plusieurs mois.
Il me demande à présent si nous avons besoin d'aide. J'accepte volontiers. Car les Trolls se méfient des Hippogriffes dont les serres acérés et leur bec très fort pourraient les tuer d'un seul coup et ça pourrait bien nous rendre service ça.
Buck sort du couvert de la Forêt avec un groupe de ses semblables et ils nous autorisent à les chevaucher, en venant spontanément nous saluer. Seul Hagrid refuse de monter sur Buck, car il ne veut pas le fatiguer. Mais Buck insiste et Hagrid fini par céder et je suis sûr qu'il en est heureux au fond de lui.
Puis nous nous remettons en route en direction du Lac, drainant encore un important groupe de Trolls et Crabes de Feu laissés soudainement à l'abandon par les Mangemort que Tonks, grimée en Bellatrix Lestrange, vient d'encourager à la suivre à la recherche de Draco.
« Sus au Château les Trolls ! Venez tous les massacrer ces sales vendus à Potter et aux Moldus ! A mort ! A mort ! » s'écrie cependant un Mangemort sous Sonorus, alors que nous arrivons en vue du Lac.
Et aussi sec, les Trolls qui se tenaient tranquilles jusqu'ici poussent un grognement enragé et font demi-tour, fonçant très vite pour remonter vers l'Ecole. Les Hippogriffes se cabrent aussitôt, toutes serres dehors et poussant leurs cris aigus qui intiment aux Trolls de reculer, sous peine d'être déchiquetés.
« Laissez le Château ! Il y a mieux à faire au Lac ! Arrière ! Arrière ! Laissez le Château ! Nous allons au Lac ! Arrière ! Arrière ! » crie-je aux Trolls, en usant de leur langage.
Ils stoppent net. Trop tard cependant pour quelques-uns d'entre eux, trop proches de nous déjà. Ils sont profondément griffés aux bras, sur le torse ou la figure, avant d'avoir eu le temps de reculer. Et cela me fait mal au cœur car je ne peux rien faire pour eux pour l'instant. Ils refuseraient de se faire soigner, pour encore et toujours répéter, qu'ils ne doivent pas arrêter de se battre, pas arrêter de massacrer les sorciers sans robes noires, jusqu'à la mort
Voldemort est vraiment un saligaud de première, pour leur avoir bourré le crâne ainsi !
Et je suis satisfait de savoir qu'il va bientôt mordre la poussière une bonne fois pour toute. Je n'ai jamais souhaité la mort de personne, mais lui ne mérite rien d'autre. Il a trop fait le mal. Pas seulement chez les Sorciers. Chez les Créatures et les Animaux Magiques aussi.
Il a essayé de les enrôler tous, leur promettant monts et merveilles. Hagrid ne le sait pas, mais moi je sais qu'il a même essayé de soudoyer Aragog la dernière fois qu'il est venu à Poudlard, il y a vingt ans de ça. Il promettait une forêt pour sa famille et lui seuls et qu'il leur fournirait de la viande tous les jours, s'il s'alliait à lui.
Mais Aragog se souvenait trop bien que c'est à cause de lui qu'il a dû trouver refuge autrefois dans la Forêt Interdite. A cette époque il était encore très jeune, il a donc dû affronter mille dangers avant d'atteindre sa taille adulte et de ne plus craindre grand-chose des autres Animaux dangereux ou des Centaures. Alors il a refusé de s'allier à Voldemort.
Jamais Aragog ne l'a dit à Hagrid. Il ne voulait pas lui faire de peine en lui révélant les menaces que Voldemort a fait peser sur lui-même et sa famille, lorsqu'il lui a opposé tout net son refus.
Et à moi, Aragog l'a révélé seulement lorsqu'il a su que la Bataille se profilait sur Poudlard et c'est autour de sa fosse que les nombreuses premières toiles ont été tissées. Et heureusement. Car l'antre d'Aragog était bien visé. Des Mangemorts, des Harpies et des Trolls en grand nombre ont tenté de les anéantir lui et sa famille.
« Attention Vincent ! » s'écrie soudainement le père de Greg.
L'Hippogriffe que je chevauche effectue une embardée, sous la poussée brutale de celui monté par Monsieur Goyle, puis j'ai tout juste le temps de saisir du coin de l'œil qu'un Maléfice file dans ma direction, avant d'être vivement poussé et de tomber lourdement sur le sol pierreux.
Je me relève aussi vite d'un bond, Baguette en garde. Le père de Greg tombe lui aussi, quand son Hippogriffe se cabre dans un cri suraigu de colère et le claquement sec de deux Sorts qui s'entrechoquent. Et je me précipite en avant, pour amortir la chute du père de mon défunt ami.
« Merci, M'sieur Goyle ! Sans vous je… » commence-je précipitamment, avant de m'arrêter net, en voyant l'horrible blessure que présente à la tête le père de Greg.
Merde !
Oh putain ! Merde ! Non ! Il s'est pris un Eclate-Tête à ma place quand il m'a poussé !
Putain c'est pas vrai ! Il lui manque un gros bout d'os ! Presque toute la moitié gauche de son crâne !
« On va vous soigner M'sieur Goyle ! Bougez pas, on va vous soigner ! » crie-je, quand le père de Greg essaye de relever sa tête vers moi.
Je suis horrifié. Affolé aussi, quand je m'aperçois qu'un petit bout de cervelle a aussi été arraché et que le reste se met à gonfler à vue d'œil. Et sans réfléchir je pose ma main sur sa tête, pour tâcher de retenir sa cervelle à l'intérieur.
« Mon gamin… J'vais r'joindre mon gamin… » souffle le père de Greg, avec un drôle de sourire sur ses lèvres.
« Non ! Merde, non ! On va vous soigner, M'sieur Goyle ! » m'exclame-je, sentant une énorme boule monter dans ma gorge, priant tout ce que je peux, pour que quelqu'un de calé en Soins d'Urgence vienne tout de suite à la rescousse.
Bill, Tante Narcissa, Nev, Milli et mon père s'agenouillent soudain auprès de nous. Bill jette rapidement un Sortilège sur la tête du père de Greg et la cervelle s'arrête de gonfler. Mais mes doigts sont déjà tous poisseux du sang qui pisse de son cuir chevelu et du liquide qui s'échappe encore du crâne ouvert.
« Non Vincent… Greg est d'jà là… Mon gamin est v'nu m'chercher… » souffle encore le père de Greg, tout souriant.
Puis ses membres se mettent à trembler et à se tordre. Ses yeux deviennent vitreux. Et il sourit plus fort encore, pour exhaler un long souffle.
Son dernier souffle.
C'est fini. Il est mort. Et je me sens horriblement coupable.
« C'est ma faute. Si j'avais gardé l'œil aux aguets… » murmure-je, la gorge serrée et les yeux brûlant sur les larmes que je ne retiens pas.
« Non, Vincent. Tu ne dois pas te sentir coupable. Ça fait plus d'une heure que tu te bats sans avoir pris un seul instant de répit. Et nous sommes bien éloignés du Château et des Combats maintenant. Alors il est normal que tu aies un peu relâché ton attention. Tu ne pouvais pas deviner qu'il y avait encore un ennemi en vie parmi les cadavres et les prisonniers des Mines Caméléon que nous longeons. Personne ne pouvait le deviner. Et on avait tous notre attention un peu émoussée. » me dit Bill, qui presse sa main sur mon épaule.
« Bill a raison. Et puis, quand il a vu le Maléfice arriver sur toi, Monsieur Goyle a fait le choix de te sauver. Comme Greg a fait celui de sauver Draco, Narmacil et Cullen. Monsieur Goyle a fait preuve d'héroïsme, Vincent. Et en te sauvant la vie, il a probablement sauvé son Âme également. » renchérit Tante Narcissa avec une douceur triste.
Puis elle se penche pour embrasser la joue de Monsieur Goyle, le remerciant de m'avoir sauvé la vie. Et après elle m'embrasse aussi, me serrant fort contre elle, avant de se lever et de nous laisser.
Et moi, je laisse ce que Bill et Tante Narcissa ont dit faire son petit bonhomme de chemin dans ma tête. Il faudra que je réfléchisse à tout ça, mais je crois bien qu'ils ont raison. J'espère en tout cas que Tante Narcissa a raison de dire que l'Âme du père de Greg est sauvée. Et que grâce à ça, il est maintenant avec mon pote là-haut et qu'ils vont pouvoir bien parler tous les deux, comme je l'ai fait avec Papa ce matin.
Mais avant de laisser tout ça de côté, en attendant d'avoir le temps d'y réfléchir, il y a tout de même une question qu'il faut que je pose, une réponse que je veux connaitre.
« Qui est-ce qui a jeté cette saloperie de Maléfice Eclate-Tête ? Est-ce que vous le savez ? Je sais que beaucoup d'Ânes Bâtés en jetaient. Alors est-ce que c'est Âne Bâté ou un Mangemort qui a lancé celui-là ? Et est-ce que vous l'avez neutralisé ou est-ce qu'il court encore ? » interroge-je en regardant Bill, Hagrid, Nev, Milli et Papa.
Je veux savoir qui a voulu me tuer. Pas pour lui faire la peau, mais pour le faire prisonnier moi-même. Je dois bien ça au père de Greg.
« Ouais, c'est quelqu'un que nous connaissons. Mais ne t'inquiète pas de lui. Il a aussi essayé d'avoir Milli tout de suite après avoir touché Monsieur Goyle et ton père a contré son Maléfice. Il ne pourra plus faire mal à qui que ce soit désormais. » répond Nev, l'air de dire que je ne dois plus m'inquiéter de ça.
« C'était qui ? Dis-le moi, Nev. Je veux savoir qui c'est. » insiste-je, parce que je veux savoir quand même qui a voulu me tuer et tuer Milli aussi.
« Pollux Rosenback. Il était très gravement blessé aux jambes et au bras gauche aussi. C'est pour ça, qu'il était encore par ici, quand tous les autres Mangemorts sont bien plus haut vers le Château. » répond Nev, qui me presse l'épaule, puis se penche à son tour pour embrasser la joue de Monsieur Goyle.
Pollux Rosenback…
C'est lui qui a fait évader Bletchley. Et je me souviens bien de lui. Je ne sais juste pas pourquoi c'est moi et Milli qu'il a visés, plutôt que Nev, Luna, Dean ou Seamus. Peut-être simplement qu'on était ceux qui était le plus près de lui ?
Ouais. Finalement, Nev a raison. Ça ne vaut pas la peine de se poser des questions à propos de ça. Je n'aurai pas les réponses. Jamais. Alors le mieux, c'est de me dire que c'est arrivé, simplement parce que c'était le destin comme ça.
« Prends le temps qu'il te faut pour t'occuper de Monsieur Goyle, avec Milli et ton père, Vincent. Nous nous occupons des Trolls et Crabes de feu. Et ne t'inquiète pas pour nous, tout ira bien. » déclare Bill, tandis que Hagrid me tapote gentiment l'épaule, avant de tourner les talons.
Eloigner les Trolls et Crabes de Feu du Château, les enfermer au plus vite dans les cavernes, c'est ce qu'il y a de mieux à faire, oui. Il faut mettre fin à la Bataille. Il y a eu bien assez de morts comme ça. Mais je demande à Bill de prendre une minute encore, pour envelopper le crâne du père de Greg dans un pansement. Parce que je ne sais pas le faire et je veux être certain que le reste de sa cervelle ne va pas se répandre sur le sol, quand je vais l'emmener à l'Hôpital.
Bill le fait, puis il part rejoindre les autres et, quand il ne reste plus que lui, Milli et moi, je regarde mon père et il comprend la question qui me brûle les lèvres, sans que j'ai rien à lui demander.
« Ne te fais pas t'inquiétude Vincent. Je lui ai seulement retourné son Maléfice, comme pour tous les autres. Et j'ai fait comme ça, parce que je ne pouvais pas faire autrement. C'était trop tard pour tenter quelque chose d'autre sans risquer de tuer l'un des nôtres. » me dit-il, me pressant l'épaule avec affection.
Ça me soulage bien. Je n'aurais pas aimé que mon père ait retourné son Maléfice à Rosenback par vengeance. Même si c'est tentant de dire qu'il le méritait, ce sale type.
Je suis soulagé aussi que Papa ne m'en veut pas, d'avoir pensé qu'il avait voulu venger la mort de son ami d'enfance, qui a aussi été son compagnon de souffrance, pendant toutes les années où ils ont été prisonniers des Bracelets d'Esclavage de Lucius Malfoy.
Papa fait ses adieux à son ami. Je me sens presque de trop, même si j'ai le sentiment que ça ne le gêne pas que je sois présent. Je ne suis pas surpris qu'il n'embrasse pas son ami, mais qu'il se contente de lui presser la main en lui disant simplement au revoir, comme s'ils allaient se retrouver le lendemain. Les embrassades et les accolades, ça n'a jamais été dans ses habitudes. Pas plus que c'était dans les miennes avant qu'on m'enlève le Bracelet et que j'aie toute une famille de cœur pour m'aimer et me cajoler.
« Je te laisse t'occuper de lui Vincent. Moi, faut que je tienne la promesse qu'on a fait avec Goyle, en restant jusqu'au bout de la Bataille. » dit ensuite Papa, qui me regarde droit dans les yeux avant d'ajouter : « A tout à l'heure, fils. »
Il ne me dit pas avec des mots d'être prudent et de ne plus baisser ma garde quand je reviendrai ici, mais il le dit avec ses yeux.
« A tout à l'heure, Papa. » réponds-je, en promettant moi aussi avec mes yeux, qu'il peut compter que je vais écouter son conseil et ne plus me laisser distraire par mes pensées.
Et Papa s'en va rejoindre les autres. D'ici, je peux voir qu'ils ont déjà retrouvé Merzhin et que les Trolls et Crabes de Feu vont docilement vers les cavernes.
Je ne sais pas ce qu'a fait Merzhin, mais ça marche en tout cas.
« Je vais t'aider, mon Vincent. Je sais où il faut emmener nos morts. » me dit Milli lorsque Papa s'est bien éloigné, avant de m'embrasser la joue et de me serrer fort contre elle, pendant un petit instant très court.
Je fais oui de la tête, puis je demande aux deux Hippogriffes qui sont restés avec nous, d'aller nous attendre sous le couvert des arbres les plus proches du Lac, car nous allons bien sûr revenir, Milli et moi. Parce que moi aussi, je veux me battre jusqu'à la fin de la Bataille.
Je veux être avec Papa et mes amis survivants quand Harry donnera le coup de grâce à Voldemort. Je veux être avec eux pour attendre que Harry et Ron reviennent d'avoir emmené Salazar dans le ventre de Tyll Celwie o Agar Myrn pour l'anéantir définitivement.
Ouais, je veux être avec eux jusqu'au bout. Jusqu'au moment où on pourra crier victoire et enfin pleurer tous nos morts.
Alors je dépose la dépouille du père de mon ami décédé dans la Chapelle Ardente, sans m'attarder pour le moment sur les autres morts. Je saluerai et embrasserai chacun d'entre eux lorsque je reviendrai pour prendre bien soin du corps du père de Greg.
Qu'est-ce qu'il pense de tout ça là-haut au Paradis, Greg ?
Tel que je le connais, je suis sûr qu'il est heureux d'avoir retrouvé son père. Et je me demande tout à coup, si ce n'est pas lui qui a soufflé à son père l'idée de rester le plus possible à mes côtés pour me protéger et de me sauver la vie, quand ce serait le moment de le faire.
Ouais. Peut-être qu'il savait ce qui allait se passer et qu'il m'a dit juste quand la Bataille s'engageait, que je ne devais pas m'inquiéter, parce qu'il avait déjà demandé à son père de me sauver la vie s'il le fallait.
Ce serait bien dans l'esprit de Greg, de faire en sorte pour que ma vie soit sauvée et l'Âme de son père avec elle.
Ouais, c'est bien Greg, de s'arranger pour que je sois sauf et que l'Âme de son père n'ait pas de détours à faire, avant de pouvoir entrer au Paradis.
OoOoOoO
Théo
« Bellatrix Lestrange et environ deux cent cinquante Mangemorts et Vampires, dans trente-cinq secondes. » lis-je sur mon Bracelet, complètement effaré.
« Carrément Bellatrix ! Putain on va l'avoir sec ! » s'exclame Marian, plus pâle que pâle tout à coup.
Je dois l'être autant que lui, car j'ai senti mon sang se retirer de mon visage et de tous mes membres pour se précipiter vers mon cœur.
« Ce n'est pas elle. Bellatrix est morte. En réalité il s'agit de Tonks. » sourit Arthur, tandis que je pousse un énorme soupir de soulagement.
De concert avec pas mal de monde. Ce qui est bien normal, car Bellatrix est archi connue comme une sale garce cruelle, même hors de nos frontières. Notre soulagement est de courte durée cependant. Car une clameur s'élève soudainement derrière nous.
« Oh ! Putain ! Elle aurait pu le dire Nally, qu'ils arriveraient par là ! » s'exclame Gabe, en jetant un Sortilège au hasard, qui rate volontairement sa cible car notre but n'est pas de descendre les Mangemorts mais qu'ils nous coursent seulement.
« Elle a dû penser qu'il fallait préserver le naturel de notre réaction ! » s'exclame Georges, avec bonne humeur, jetant lui aussi quelques Sortilèges inoffensifs.
« Ouais, ben elle va être contente, parce que pour être naturelle notre réaction, elle va l'être! Courez ! » m'exclame-je, en m'arrachant aussi sec de ma position, pour courir comme un dératé vers les Toilettes de Mimi Geignarde, tandis que Tonks/Bellatrix, s'engouffre déjà dans l'Ecole par ce qui était autrefois l'emplacement d'une fenêtre et est maintenant un trou béant, en nous tirant dessus des Stupefix à tout va.
« N'oubliez pas, je les veux tous vivants ! » s'exclame-t-elle, ce qui me soulage à demi.
Seulement à demi, parce que vivant, ça ne veut pas dire automatiquement indemne, n'est-ce pas.
Presque, on y est presque ! A peine dix mètres et on y est, alors fais gaffe à ne pas t'emmêler les pinceaux, Théo ! Ce n'est pas le moment de te prendre un gadin !, me stimule-je, quand soudainement Charlyn Wagner surgit par une fenêtre, à moins de vingt mètres devant moi, jetant un Avada que je lui renvoie dans un réflexe de survie.
Elle vole aussi sec en arrière, tandis que je m'engouffre dans les toilettes, plongeant tête la première vers les profondeurs de la Chambre des Secrets, tout en saisissant le Portoloin qui m'emmène dans le QG de Serpentard.
Là en bas, c'est une Illusion qui prendra le relai et entrainera les Mangemorts au plus loin dans la Chambre des Secrets.
« Ça va frangin ? » me demande Draco avec inquiétude, quand j'atterris durement sur les matelas jetés sur le sol damé, à l'intention de mon groupe.
« Ouais ! » réponds-je, en me dégageant vite fait de la zone d'arrivage où ça se bouscule déjà, avant de relever les yeux vers Nally et d'ajouter : « Désolé ! J'ai tué Charlyn Wagner dans un réflexe ! »
« Je préfère largement que ce soit elle qui soit morte, plutôt que toi ! Et c'est moi qui suis désolée de n'avoir pu te prévenir. Elle est arrivée sans crier gare. » répond avec douceur Nally, sans cesser d'examiner la Carte.
Ouais, moi aussi, je préfère que ce soit elle, plutôt que moi. Mais tout de même. Ça fait un mort de plus. Et un cadavre de plus sur ma conscience.
« Bill, Graup, Hagrid et les autres avancent bien dans le rabattement des Trolls et Crabes de Feu vers les Cavernes. Ils seront au bord du Lac dans trois minutes. » déclare Megan, dont la joue est couverte d'un pansement et son bras droit en écharpe.
Elle examine quant à elle la Maquette de Poudlard que Nally a ramenée ici.
« Très bien ! J'envoie Merzhin au point de rendez-vous dès à présent ! Et du côté des Inferi, qu'est-ce que ça donne maintenant ? » demande Nally, en composant un message sur son Bracelet.
« Il en reste approximativement trois centaines, éparpillés un peu partout. Mais il n'en sort plus du Lac depuis deux minutes environs. Alors ce devrait être fini avec eux dans quelques minutes au plus. » répond Draco, qui précise ensuite : « Je ne note plus non plus aucune entrée de Mangemorts, Vampires ou autre dans la zone. »
« Très bien ! Il était temps ! Et si tout se passe comme nous l'avons prévu, deux fois comme ça dans la Salle sur Demande, le Quartier des Ânes Bâtés et la Chambre des Secrets, et ce sera bon. Il ne restera plus que ceux qui combattent aux alentours de la Cabane Hurlante. » déclare alors Nally, visiblement satisfaite.
« Alors allons-y. Au plus vite ce sera fait, au mieux ce sera ! » décrète-je, tendant la main vers le Portoloin qui doit nous ramener au second étage, mon équipe et moi-même.
Hâtif de remettre le couvert.
Quand la Bataille sera finie à Poudlard, Harry pourra enfin donner le coup de grâce à Voldemort et Salazar.
OoOoOoO
Harry
Les Combats sur Poudlard sont nettement moins violents, Salazar ne peut pas l'ignorer étant donné que l'infernal bruit de la Bataille diminue très significativement. Ce qu'il ignore en revanche, car il tourne le dos au Château, c'est que les Hauts Elfes sont arrivés en renforts, il y a quelques temps déjà.
J'en suis très heureux. Leur aide était plus que bienvenue pour les miens. Et leur présence renforce ma conviction qu'il n'y aura très bientôt plus qu'un seul Combat ici : le nôtre.
Salazar fatigue bien, je le sens nettement lorsque nos deux forces de frappe se rencontrent. Mais il est loin encore d'être épuisé et son Aura exprime toujours une grande confiance en lui-même, car il est convaincu de gagner la partie, quelle que soit l'issue de notre Combat.
Je me garderai bien de le détromper. Car si j'ai un atout inestimable dissimulé dans mon dos et deux As dans mes manches, je sais que rien ne sera gagné, aussi longtemps qu'il restera la moindre infime parcelle de Salazar encore en vie.
Il doit disparaitre à jamais. Se diluer totalement dans le néant des limbes éternels, ou le Monde Magique ne sera jamais en sécurité de le voir revenir, même dans dix siècles.
Or, s'il y a bien une chose que je ne veux pas, c'est celle-là.
Sa noirceur et sa folie sont bien trop profondes, ses connaissances trop étendues, pour lui permettre d'en garder souvenir et de contaminer un enfant de Magie Mère, de sa folie furieuse.
OoOoOoO
Griborg
Dès que j'ai pu, je suis venu aux abords de la Cabane Hurlante, avec quelques-uns des miens, pour faire partie de ce que j'appelle "la garde rapprochée de Harry Potter".
Cela me semblait indispensable et normal, puisqu'il y a longtemps que j'ai ce garçon à l'œil.
Il a capté mon attention à lui autant que la lumière attire un phalène, dès la première fois où je l'ai vu. Ce n'était qu'un bébé alors. Son père m'avait demandé d'avoir l'amabilité de venir chez lui, pour régler une affaire de succession et donc un transfert de coffre à coffre, car il ne pouvait sortir de chez lui, à cause de la menace que représentait Voldemort pour son enfant.
Les Gobelins ont toujours su quand faire des concessions et déroger à nos sacro-saintes règles de ne jamais aller jusqu'aux Sorciers, mais de laisser les Sorciers venir à nous. J'ai donc accepté. Car je savais, pour la Prophétie.
Le hasard a voulu que je sois dans les parages, quand cette jeune Sorcière, Sybille Trelawney, l'a prononcée devant Albus Dumbledore. Personne ne m'a vu alors. Et je n'ai rien dit à qui que ce soit. Car il faut savoir garder ce genre de secret, si l'on veut avoir une longueur d'avance sur tous les autres.
Et j'ai su, en voyant ce bébé, que c'était lui et non l'autre garçon, né comme lui à la fin du mois de juillet, qui faisait l'objet de cette Prophétie.
Oh ! Je n'avais pas fait le rapprochement avec le fait que tout comme Voldemort, il ne soit pas un Sang-Pur ce qui, selon Albus Dumbledore, aurait poussé celui-ci à désigner Harry Potter, plutôt que Neville Londubat. Non. C'est vraiment en voyant ce bébé, que j'ai su. Il m'est apparu immédiatement qu'il serait très puissant et qu'il possédait un don rare.
Mieux que les Sorciers les Gobelins ont préservé leur histoire et ont donc toujours su que les Hauts Elfes n'étaient pas légende. Je connaissais donc l'existence des Réceptacles. Harry Potter en était un. Cela m'était évident, même s'il n'y a aucun moyen d'en reconnaitre un juste en le regardant. Et j'en ai toujours eu la profonde certitude depuis. Peut-être est-ce ma Magie qui l'a senti et m'a transmis inconsciemment ce savoir, car cela arrive plus souvent qu'on le pense, que la Magie transmette ainsi ses pensées ou sentiments à son hôte.
Toujours est-il que fort de cette conviction, je me suis promis de veiller sur cet enfant, de m'assurer qu'il grandirait et vivrait suffisamment longtemps pour débarrasser le Monde Magique du descendant d'Artemus Serpentard.
Un être vil, fourbe, vicieux, cruel à plaisir.
Certains diront que je décris là un être digne des Gobelins, que l'on dépeint volontiers en ces mêmes termes.
C'est vrai. Je ne nie pas que certains Gobelins sont parfois ainsi. Mais il est faux d'en faire une généralité. Ce que ne détrompe cependant pas mon peuple, car cela sert notre sécurité souvent, tout comme notre aspect revêche qui renforce notre réputation, il faut bien le reconnaitre. Qui oserait nous défier, même lorsque nous sommes seuls dans les ruelles sombres ?
Mais revenons-en à Voldemort, qui est vil, fourbe, vicieux et cruel comme certains Gobelins, certes, mais n'appartient pas à notre race pour autant. Et il serait éminemment furieux, s'il pensait seulement qu'on puisse oser le comparer à un Gobelin. Car il nous méprise, nous hait avec une infinie ferveur. Au point qu'il nous aurait tous massacrés depuis très longtemps, si cela n'avait pas desservi ses intérêts de rayer notre race du Monde Magique.
Cela a toujours fait cependant partie de ses projets futurs, j'en suis intimement convaincu depuis toujours également.
Alors oui, je me suis promis de veiller sur cet enfant, quand je l'ai vu pour la première fois. Et je l'ai fait. Je l'ai même épié souvent. Et un jour, alors que sa tante l'avait emmené en promenade dans un parc avec son cousin, j'ai eu confirmation qu'il est bien un Réceptacle. J'ai su aussi qu'il portait en lui une parcelle de Magie innocente et éclatante de pureté qui ne lui appartenait pas. Tout simplement parce que je l'ai vue de mes propres yeux, se pencher sur ce petit enfant pour le consoler, lorsque son cousin l'a méchamment fait tomber et que sa tante est restée indifférente à sa douleur.
Quelle grande surprise ce fut pour moi ! Quel effarement également ! Car ce petit bout de Magie portait les traits de Voldemort lorsqu'il était enfant et cela impliquait donc qu'Albus Dumbledore avait raison : le Mage Noir le plus craint de tous les temps n'était pas mort et reviendrait un jour.
Le petit bout de Magie aurait rejoint Magie Mère s'il en était autrement.
Oui, les Gobelins savent tout de la Magie, son origine et l'histoire de notre Monde Magique. Comme je l'ai dit déjà tout à l'heure, ils ont su préserver les anciennes connaissances, bien mieux que les Sorciers.
Mais une fois encore, laissons là ce sujet et revenons-en à nos propos.
Harry Potter était bien un Réceptacle et il portait en lui une parcelle de Magie lumineuse de pureté et d'innocence, qui avait autrefois appartenu à Voldemort.
Je n'ai rien dit à qui que ce soit, encore une fois. N'ai jamais fait allusion à ce fait. Sauf en présence de Harry Potter lui-même lorsque nous avons déjeuné ensemble à la banque. Et encore, je l'ai fait sous couvert d'une plaisanterie que j'étais seul à pouvoir goûter. Le fameux Château de Peter Pan.
Quel ineffable plaisir j'ai ressenti à cette plaisanterie ! Toute la durée de la visite des jeunes Harry Potter et Ronald Weasley a été un délice en vérité. Leur compagnie m'a été très agréable.
Mais faisons fi de cela. Ce n'est pas le propos encore une fois.
Harry Potter sait aujourd'hui qu'il est un Réceptacle, j'en suis convaincu. Tout comme je suis convaincu également, qu'il mesure l'extrême importance de cette minuscule parcelle de Magie innocente et pure qu'il héberge. Et qu'il va vaincre Voldemort, grâce à elle et son Âme Sœur.
Cette certitude est ancrée, chevillée à ma conscience, à mon cœur de Gobelin, qui n'est pas aussi asséché, endurci et rêche que les Humains le pensent.
« Griborg ! Ça s'est plus que bien éclairci à Poudlard et des renforts arrivent dare-dare par ici ! Alors fini de faire joujou avec ceux-là ! Il est temps de faire place nette ! On les endort et on les emmène à Poudlard ! » s'exclame le jeune Ronald Weasley, sous le commandement duquel je me suis placé avec les miens lorsque nous sommes arrivés.
J'ai le plaisir de constater n'avoir pas besoin de répercuter sa demande auprès des miens. Ils mettent aussitôt les bouchées doubles, pour neutraliser nos adversaires.
C'est la troisième fois depuis une demi-heure, que cela se produit. Ils ont obéi à Bill tout à l'heure. Et pour la seconde fois à Ronald. Je sais également que certains des miens sont partis spontanément offrir leur aide dans le Château.
Les Gobelins ont enfin mis de côté leur fierté, coopérant pleinement avec les Sorciers dans cette Bataille.
Et j'en suis heureux.
Car c'est avec sincérité, que j'espère voir les rapports des Gobelins et des Sorciers s'améliorer nettement, très bientôt.
Ceci, depuis que j'ai un ami très précieux, qui s'appelle Bill Weasley.
Non, soyons honnête jusqu'au bout.
Mon amitié avec Bill Weasley a beaucoup renforcé mon espoir, c'est un fait que je ne renierai certes pas. Mais je dois reconnaitre qu'il a pris racine dans mon cœur, lorsque j'ai croisé le regard vert d'un bébé nommé Harry Potter, qui a gazouillé et m'a aimablement sourit malgré ma repoussante laideur, lorsque je me suis penché sur son berceau.
Et cet espoir s'est également épanouit au contact de ses parents, qui m'ont fait l'honneur de m'inviter à diner, avec chaleur et simplicité.
OoOoOoO
Harry
Les derniers représentants des troupes de Voldemort tombent comme des mouches, tandis que tous les alliés qui les ont combattues se rassemblent autour de nous.
Et Voldemort jette un Avada rageur vers moi. Il a pris conscience que la Bataille prend fin et il est éminemment contrarié qu'elle le fasse bien plus rapidement qu'il l'avait escompté.
Son Maléfice de Mort est pesant, difficile à contenir et je m'en débarrasse très vite, afin de préserver mon poignet qui souffre assez comme ça depuis le début de notre Combat. Salazar est surpris. Il ne s'attendait pas à cela. Car depuis tout à l'heure, si je n'ai pas trop perdu en force de frappe, j'ai ralenti la vélocité de mes ripostes.
Vague de chaleur et d'amour. Vague de tranquillisation. Les Combats ont définitivement cessé à Poudlard. L'ennemi est neutralisé. Endormi. Solidement emprisonné.
C'est également le moment d'endormir la méfiance de Salazar, de lui laisser penser que nous n'avons rien compris à sa manœuvre, que nous avons fait son jeu et que j'ai trop confiance en moi.
« Tu entends ce silence du côté de Poudlard ? Les Combats ont cessé là-bas, comme autour de nous ! Bien qu'en très net surnombre, ton armée a été vaincue ! Et il ne reste désormais que toi et moi ! » m'exclame-je, d'un ton empli de triomphalisme et de suffisance satisfaite.
Etirement de l'Aura de Salazar. Ma provocation balaye sa contrariété. Il exulte. Il triomphe.
« Une armée peut toujours se reconstituer, Potter ! Et j'en aurai très bientôt une à mon service, bien plus puissante encore que ne l'était celle-ci ! » répond-il, dans un flamboiement brusque de son Aura.
Voilà une réponse très claire à mes yeux, qui confirme tout à fait ce que j'ai deviné. Je feins néanmoins une surprise moqueuse.
« Quoi ! Tu espères encore gagner ? Allons, un peu de sérieux ! Tu es en train de perdre notre Duel dans les grandes largeurs et tu le sais très bien ! » riposte-je donc, éjectant son Maléfice d'un petit coup de poignet sec, puis jetant un puissant et rapide Sortilège dans la foulée.
Son aura se rassemble et il contre d'un Maléfice de Lacération, dont la vrille a retrouvé enfin son rythme habituel. C'est une nouvelle ruse de sa part, j'en ai bien conscience. Mais à malin, malin et demi.
« Rien, ni personne ne m'arrêtera jamais, Potter ! » s'exclame-t-il, en appuyant fortement sur sa puissance.
Je lui laisse croire qu'il m'a surpris par sa force de frappe, en reculant sous son impact. Il jubile aussitôt et pousse de nouveau sur son Maléfice, son Aura s'étendant aux limites de l'impossible. Je recule encore, l'amenant à s'avancer vers moi, s'il veut pouvoir faire peser son Sort de tout son poids sur le mien. Puis je grimace et feint de stabiliser de ma main gauche, mon bras droit à demi tendu vers lui. Alors il prend de plus en plus confiance, sous l'effort terrible que je semble fournir pour garder l'équilibre et la maitrise de mon bras.
Il est mûr à point !, me dis-je, lorsqu'il est tout près de laisser exploser sa joie dans une ultime poussée.
Petit sortilège de ma main gauche sur mon poignet droit, qui active la manœuvre que j'ai si longuement et patiemment attendu d'effectuer : la vrille en contre sens qui lui renvoie son Maléfice à puissance et vitesse décuplée.
Salazar a tout juste le temps de pencher la tête sur le côté, pour éviter de le prendre en pleine poire. Sa joue est profondément entaillée et il pousse un cri de rage, jetant un Avada vers moi. Mais surprise des surprises, il se heurte à la vrille que je lui impose à mon tour. Une vrille plus rapide et saccadée que la sienne et c'est à lui à présent, de sentir l'énorme poids si vibrant et douloureux dans son poignet. Cela le déconcerte et il réfléchit rapidement, prenant conscience qu'il ne doit pas lâcher mon Sortilège mais trouver le moyen de l'expulser, s'il veut avoir une chance de lui échapper.
Sa fureur explose dans son Aura. Sourde. Profonde.
Abyssale.
Il s'en fiche que le corps de Voldemort soit détruit. Mais sa fierté ne peut lui permettre de me laisser le tuer. Car il désire plus que tout, être celui qui décide de mettre fin à la vie de son hôte. Et surtout, il veut être sûr avant de le laisser tomber, de pouvoir me posséder et me tuer après avoir récupéré Tristan.
Je lui concède à nouveau du terrain en reculant d'un pas, ce qui lui permet d'éjecter mon Sortilège. Aussitôt il contre-attaque vivement, avec force et rage. Il est décidé à me faire la pleine démonstration de sa puissance, de sa suprématie sur moi. Et comme tout à l'heure, je lui permets de reprendre pleine et entière confiance, en reculant progressivement sous l'impact de ses Maléfices, poussant parfois des ahanements d'efforts, faisant mine d'être de plus en plus essoufflé, de perdre mon équilibre et finalement de tomber sur un genou.
« Cette fois, tu vas mourir Potter ! » exulte alors Salazar, avançant à grands pas, Baguette pointée vers moi.
La dernière phase de notre Duel est arrivée. Tous les efforts qu'il vient de fournir l'ont fatigué bien plus que moi. Je lui laisse croire cependant que je ne parviens pas à me relever, que mon bras est trop lourd pour que je puisse le tendre vers lui et je sens une partie de la foule rassemblée autour de moi suspendre le souffle sur sa peur soudaine de me voir échouer.
Mais lorsqu'il arrive à environ trente pas et jette enfin son Maléfice, je le surprends une fois de plus par la vitesse de ma réaction, cueillant son Sort alors qu'il n'a pas parcouru la moitié du parcours.
« Non ! C'est toi qui va mourir, Salazar et Jedusor avec toi ! » réponds-je avec toute ma détermination, assez haut pour qu'il m'entende, mais trop bas cependant pour que la foule puisse saisir mes paroles.
Et je me relève, plombant mon regard dans le sien tandis que j'éjecte son Maléfice vers le ciel, jetant ensuite Sortilège après Sortilège à pleine puissance, dans une attaque si rapide, qu'il ne peut la contrer qu'en éjectant mes Sorts au hasard, avec force gestes larges. Il recule pas à pas et j'avance au même rythme, jetant encore et toujours mes Sortilèges, mon regard impératif vrillé au sien, puisant toutes mes forces, toute mon énergie, dans l'amour des miens.
Je sens leur confiance en moi. Et comme cela s'est déjà produit tout à l'heure, j'ai le sentiment d'entendre Jonas chanter et appeler les Anges à veiller sur moi.
Et je souris à cette pensée, avec l'absolue conviction au fond de mon cœur, que mon petit bonhomme chante vraiment, y mettant tout son cœur, tout son amour, sa confiante innocence. Et cela regonfle mes batteries à bloc.
Autour de nous, la foule a repris confiance, elle aussi.
Salazar quant à lui, prend progressivement peur. S'essouffle. Se demande ce qu'il peut faire pour reprendre le contrôle de la situation.
Mais je l'empêche de réfléchir, en le harcelant encore et encore et, lorsqu'à l'exact moment que j'ai choisi je lui laisse le temps de le faire, il jette un Avada Kedavra désespéré, sur lequel je fais aussi sec peser tout le poids d'un Expelliarmus, avant de lui jeter un Stupefix de la main gauche.
Trop concentré sur son effort, Salazar n'a pas vu venir ce Sortilège et il vole en arrière. Alors aussi vite je l'entrave très solidement, attrapant sa Baguette de ma main gauche, rangeant la mienne dans ma manche, puis dégainant Megildur de son fourreau accroché et Désillusionnée dans mon dos. Et je cours vers lui, la longue Epée Magique toujours invisible aux yeux de chacun, pointée en avant.
Salazar tente aussitôt de me posséder. Mais mon Esprit est verrouillé très solidement. Alors il se débat furieusement contre l'entrave que je lui ai imposée, roulant des yeux à la recherche d'une aide quelconque. Mais il n'y a plus un seul Mangemort, plus une seule Créature Maléfique dans les parages. Il n'y a plus personne dans la Bulle qui le retient prisonnier.
Et au-delà de cette Bulle, il n'y a que les Membres de l'Ordre, Graup, les Gobelins, Centaures, Farfadets, Lutins, Gnomes, Fées, Hippogriffes, Sombrals, Elfes de maisons, Hauts Elfes et mes amis du Comité, qui restent silencieux, graves et tendus, dans leur souffle retenu.
Il n'y a que les Membres du Groupement de Défense et la foule des très nombreux Sorciers du Royaume Uni venus en renforts à Poudlard, qui m'applaudissent déjà dans une grande clameur victorieuse.
Mais je ne suis pas victorieux encore. Et je suis loin de l'être.
Car il me reste maintenant le plus difficile à faire : capturer Salazar, avant qu'il ait le temps de se défaire du Sortilège qui l'entrave, le retenant prisonnier dans le corps de Voldemort. Et surtout, il reste à l'emmener sur le Sentier des Enfants Perdus, jusqu'aux entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn.
« Na anim, Megildur ! » murmure-je, en arrivant à sa hauteur, plantant la longue Epée Magique dans la fosse iliaque gauche du corps de Voldemort.
Ce n'est pas un coup mortel, loin sans faut. Mais il s'agit là du refuge de Salazar, que Megildur accroche fermement, avant de devenir enfin visible aux yeux de tous.
Voldemort écarquille les siens de terreur. Mais je vois dans son regard et son Aura, que Salazar espère encore sincèrement parvenir à me vaincre et qu'il l'apaise de son mieux.
« C'est bientôt la fin Jedusor ! Salazar t'a conduit à ta perte ! Rien ni personne ne pourra te sauver désormais ! » murmure-je, en cassant net sa Baguette en deux.
Puis je retire lentement Megildur de son corps, entrainant avec elle Salazar qui, dans des sifflements et grognements furieux, se cabre, rue et regimbe avec la violence et la vigueur du diable, dans l'espoir de se décrocher de Megildur. Je n'arrive cependant pas à croire à cette comédie du désespoir rageur qu'il nous joue. Il a encore un as en poche, je le sais très bien. Mais quant à moi, j'en ai encore deux : Tristan et Ron. Et nous sommes déterminés tous trois, à ne pas laisser filer la victoire entre nos doigts.
Salazar s'étire maintenant comme une très longue et épaisse langue noire et visqueuse. Et lorsqu'il est totalement sorti de son corps, la vie dans les yeux de Voldemort et son souffle s'éteignent.
Il n'est pourtant pas tout à fait mort encore. Car Salazar, qui s'entortille maintenant autour de la Lame de Megildur comme s'il cherchait à l'étouffer, a pris bien soin de s'accrocher à son Esprit et à son Âme si sombres.
OoOoOoO
Ron
Les Sorciers de la Communauté Britannique venus en renfort à Poudlard, ainsi que les Elèves rescapés du Groupement de Défense, acclament Harry lorsqu'il désarme Voldemort.
Ce n'est pas le cas des Membres de l'Ordre, ni des Membres du Comité, ni des Hauts Elfes. Le plus dur reste à venir et nous le savons tous.
Les Elfes de Maison, Gobelins, Centaures et Créatures du petit Peuple ne se réjouissent pas encore non plus. Leur extrême sensibilité à la Magie leur a sans aucun doute permis de sentir que tout n'est pas fini encore.
Harry court maintenant vers l'affreux solidement entravé et son bras part en avant lorsqu'il arrive à sa hauteur.
Voilà, Megildur apparait. A l'étonnement ébahi de ceux qui ne savent rien d'elle. Harry casse la Baguette de Voldemort, puis retire lentement Megildur de son corps, Salazar accroché à elle en une longue langue noire qui rue et regimbe comme un beau diable, dans des sifflements et hurlement rageurs, dignes d'une Banshee.
Et cela soulève cette fois des murmures d'effarement.
« Va chercher Jonas, veux-tu ? Viens avec lui, Jérémy et Jodie dans le Temple, lorsque nous en auront franchi la Porte. Ça nous fera du bien, de les savoir tout près. » murmure-je à Hermione, qui me serre la main depuis qu'elle m'a rejoint ici, ajoutant, après une brève hésitation et sans savoir exactement pourquoi je dis cela: « Demande aussi à Sev d'aller chercher Pétunia et Dudley. Tout le monde doit venir, oui, tout le monde. Rien n'est fini pour personne. Tout commence au contraire pour chacun d'entre nous. »
Et lorsqu'elle acquiesce, je lâche sa main et enfourche mon Balai, pour rejoindre très vite Harry.
« Non ! Restez ici ! Ne bougez surtout pas ! Ce n'est pas terminé ! Et c'est loin de l'être ! » entends-je la voix impérative de Nally s'exclamer dans mon dos.
D'autres voix lui font écho et je devine que mes amis du Comité et les Membres de l'Ordre contiennent maintenant la foule des civils, qui ont certainement pensé que tout était terminé lorsque je me suis avancé vers Harry.
Harry monte derrière moi, aussitôt que je le rejoins et nous filons à vive allure vers le Château de Nally, passant loin au-dessus, avant de piquer vers la cascade dont Roi Dobby écarte les eaux en deux pans largement ouverts.
Je fonce vers la Caverne aux Stalactites et Stalagmites, tenant fermement le manche de mon Balai, pour maitriser au mieux les embardés causées par les ruades frénétiques de Salazar dont les sifflements de protestation m'écorchent les oreilles.
Corne de bouc ! Ce ne sont pas des sifflements de rage, c'est du Fourchelang !,réalise-je soudainement, avec une angoisse soudaine.
« Que dit-il ? » demande-je avec urgence en direction de Harry, suffisamment fort pour qu'il m'entende par-dessus la cacophonie produite par Salazar.
« Il appelle tous ses Serviteurs à le rejoindre ! » répond Harry dans un souffle tendu, tandis que je m'arrête devant l'autel.
Je mets prestement pied à terre et me tourne vers Harry. Son visage est blanc comme un linge, marqué par les efforts terribles qu'il fournit pour retenir Megildur, qui trépide violemment dans ses mains, serrées sur la poignée à blanchir ses jointures.
Je remise aussi sec mon Balai dans mon dos.
« Que dit-il exactement, Harry ? Que pense-t-il pouvoir faire ? Est-ce bien ce que nous avons deviné ? » demande-je, vivement inquiet, en posant mes deux mains sur les siennes pour lui communiquer ma force.
« Oui. Il est furieux. Il ne s'attendait pas à ce que je sois en possession de Megildur. Alors il appelle déjà à lui ses frères et sœurs, pour les absorber, se nourrir de leur Energie. Il leur donne l'ordre de venir à lui à tout prix et ils vont chercher par tous les moyens de lui obéir, Ron. Il en a la certitude. Il a fait ce qu'il fallait pour cela. Il les a liés à lui, avant l'Attaque, avec un code en Fourchelang. Ils vont comprendre ses ordres, dès qu'ils entendront son appel. Et il pourra les absorber. Ils ne pourront pas se retourner contre lui. Ils ne pourront rien faire pour lui échapper. » répond Harry, qui inspire et expire profondément à trois ou quatre reprises, avant d'ajouter : « Il va falloir faire très vite, Ron. Car il cherche également à me posséder et que j'ai beaucoup de mal à le repousser. »
Je hoche la tête vivement et entraine Harry vers la Porte, la passant à reculons afin de pouvoir tenir mes mains encore autour des siennes. Puis je l'engage à me précéder dans le boyau étroit, que je ne peux passer qu'en me contorsionnant.
Notre progression est difficile car Salazar imprime de nouveau des ruades furieuses qui déstabilisent Harry, le jetant contre les parois ou nez en avant. Je suis donc obligé de le retenir fermement afin qu'il ne tombe pas, surtout quand nous débouchons dans la grande caverne, carrefour des trois voies souterraines de la montagne.
Salazar exerce une forte poussée sur Megildur, entraînant brusquement Harry en direction du Temple où se trouve Magie Mère, sifflant plus rageusement, plus fortement que jamais. Si fort en vérité, que je suis persuadé qu'il a amplifié son appel d'un Sonorus. Et il rue brutalement aussi, tant que je ne peux me permettre de lâcher Harry même d'une seule main, pour appliquer une Bulle de Silence autour de nous.
Alors j'entraine rapidement Harry dans la direction opposée, l'engageant de quelques pas sur le Sentier des Enfants Perdus, avant de le faire monter sur le Balai. Devant moi, cette fois.
Encore un sifflement suraigu. Auquel répond soudainement un autre sifflement, puis des grondements rageurs, des chocs sourds, des bruits de verre qui s'entrechoquent violemment.
« Putain, c'est quoi, ça ? » demande-je, alarmé, en jetant un coup d'œil en arrière.
« Il leur a ordonné de venir le rejoindre sur le Chemin des Âmes et ils l'ont entendu, Ron ! L'un de ses frères Fourchelang lui a répondu ! Il a dit qu'il allait venir et qu'il va engager les autres à le suivre aussi ! Les Roherdirons n'ont pas eu le temps de les enfermer tous dans une sphère individuelle encore ! Ils sont beaucoup trop nombreux à avoir trouvé la mort ce soir ! Et l'autre va aussi tâcher de libérer tous ceux qui sont prisonniers ! Alors dépêche-toi, Ron ! Si la porte de l'antichambre cède, ils vont nous poursuivre ! » explique Harry, avec une très, très vive inquiétude qui me gagne de la tête au pied.
« Putain ! Mais pourquoi a t il fallu qu'il y ait un Fourchelang dans le lot ! Ça doit le ravir ces nouvelles ! » gronde-je, appuyant sur l'accélérateur de mon Balai
Vague de Magie venant de Harry et une image me saute en tête, me filant un long frisson.
Putain ! Si Harry a raison et que Cooper est mort, alors croisons les doigts pour que l'Esprit de Voldemort soit assez confus, pour ne pas avoir reconnu sa voix ! Car ce sera foutu ! Il ne voudra pas suivre son Etincelle et son Fantôme haineux hantera la terre pour l'Eternité !
Bordel, il ne manquait plus que ça pour compliquer encore notre affaire ! Mais merde ! Comment cela s'est-il produit nom de Merlin ! Qui a pu tuer ce salopard de Cooper ? L'un de ses sbires ? Une engueulade qui aurait dégénéré en bagarre ?
Merde ! J'ai failli me manger la paroi dans le virage ! Putain, Ron ! Cesse de penser à ce salopard de Cooper ! Peu importe la manière dont il est mort et qui l'a tué ! Tu ne dois pas te préoccuper de cela pour l'instant ! Concentre-toi sur le chemin à parcourir et fais gaffe de ne pas nous viander dans un brusque virage de ce couloir que tu n'as jamais emprunté !, m'admoneste-je intérieurement.
Il ne faut pas non plus que nous rations les bornes, dont il me faut lever la sécurité, sinon nous pourrions être tués en nous heurtant aux Protections, songe-je également.
Foutre de Godric ! J'espère que les Enfants Souillés de Magie Mère ne pourront pas les passer !
Je l'espère de toutes mes forces, mais dans le fond, je n'y crois pas. Ce serait trop beau, bien trop beau !
« Borne à gauche, Ron ! » me prévient Harry, accroché plus que jamais à Megildur, plus enragée encore entre ses mains.
Non, ce n'est pas elle qui est enragée, c'est Salazar.
Un Sortilège vivement prononcé en Elfique. La borne s'efface et une Protection avec elle. Coup d'œil par-dessus mon épaule. La Protection reprend déjà place.
Ruades furieuses. Sifflements rageurs.
« Qu'est-ce qu'il dit ? » demande-je vivement, plus qu'alarmé encore que précédemment.
« Il vient de se rendre compte qu'il n'aurait pas pu passer les Protections, parce qu'il ne parle pas Elfique ! Alors il promet de nous tuer tous les deux et d'absorber notre Magie pour pouvoir passer au retour ! » répond Harry, que je sens transpirer abondamment sous les efforts effroyables qu'il doit faire, pour retenir Megildur et repousser Salazar, qui tente toujours de prendre possession de lui.
Il fatigue aussi, s'alourdit contre ma poitrine.
« Ah ! Rien de plus que les menaces de mort et promesses en l'air qu'habituellement, en somme. » réponds-je, en envoyant une vague de sourire et d'amour à Harry.
« En somme, oui. » répond celui-ci dans un souffle.
Je sens cependant qu'il sourit lui aussi.
Coup d'œil sur ses mains. Frisson. La Magie Noire à la fois vaporeuse et visqueuse de Salazar commence à glisser un peu sur les doigts de Harry.
« Ralentis ! Borne gauche, droite ! » s'exclame-t-il, avec fièvre.
Godric est avec moi. Je fais mouche à deux reprises et accélère pour passer les Protections, cabrant vite fait mon Balai afin de longer une pente très aride, avant de plonger en avant pour la redescente qui se prolonge durant un temps plus long, puis d'effectuer un virage quasi en épingle à cheveu qui nous amène à passer au-dessus d'un Lac souterrain aux eaux très sombres.
Allure à fond de train. Virage à gauche à nouveau en épingle à cheveu serré, pour un retour en arrière. Mon instinct m'indique le parcours que je dois effectuer. Une falaise très haute se rapproche et je repère l'entrée du tunnel que nous devons maintenant emprunter, juste au-dessus du couloir que nous avons quitté un instant plus tôt. Je m'engouffre dedans en ralentissant à peine.
« Borne droite, gauche, gauche ! » s'exclame Harry, qui a décidément un œil sacrément pointu pour un myope et repère bien plus rapidement que moi les bornes.
Putain de couille ! Je rate la deuxième gauche et je freine tout ce que je peux, nous jetant de côté afin d'éviter la collision avec la Protection. Et c'est la chute.
Harry roule sur le sol et j'attrape son poignet pile poil au moment où il allait dégringoler dans une crevasse. Je le remonte vers moi difficilement, car Salazar se manifeste par saccades convulsives de grandes amplitudes et Megildur est plus secouée que si elle était dans un shaker. Mon pauvre Harry est essoufflé, plus que s'il avait couru le marathon. Il transpire des gouttes grosses comme mon pouce. Sa pâleur et ses cernes font peur à voir. Mais ce qui me fait le plus peur, c'est de constater que ses mains sont maintenant totalement engluées dans la Magie Noire de ce salopard de Salazar.
Alors je décide de prendre le temps de serrer Harry contre moi, de lui murmurer des mots d'amour tendre à l'oreille et de l'embrasser. Et lorsque ma bouche rejoint la sienne, cela provoque un hurlement de douleur chez Salazar et je suis obligé de retenir les bras de Harry à pleine poigne, bandant toutes mes forces pour empêcher Salazar de l'envoyer dans la crevasse.
Et j'ai la certitude soudainement, que l'Esprit de Voldemort n'est pas étranger à cette réaction si vive non plus.
« Ça te rend jaloux n'est-ce pas, espèce de vieux queutard pervers ! Eh bien va te faire foutre en Enfer avec la veuve poignée ! Jamais tu n'auras le bonheur de baiser avec Harry ! Je suis et serai éternellement le seul à avoir le privilège de lui faire l'amour ! » gronde-je, en fixant l'espèce de langue serpentine écœurante qui s'enroule autour de Megildur, constatant avec plaisir qu'elle ne touche plus les mains de Harry.
Ma provocation cependant fait bondir Salazar aussi sec vers moi dans un hurlement enragé et je suis obligé d'esquiver la lame en penchant vivement la tête sur le côté.
« C'est ça ! Insulte moi et menace moi de mort autant que tu veux ! Je n'en ai rien à foutre, pauvre petite nouille molle ! » déclare-je, aidant Harry à remonter sur le Balai et m'assurant qu'il soit confortablement calé entre mes bras, avant de m'envoler.
Et cette fois, je ne rate plus la seconde borne gauche, ni la droite. La Protection se lève et je m'engouffre dans le passage libéré, accélérant à nouveau, pour aller au plus vite, car Harry a jeté un coup d'œil furtif vivement inquiet par-dessus mon épaule, ce qu'il fait de plus en plus souvent, à mesure que nous passons les obstacles.
Megildur quant à elle, vibre rapidement dans le sifflement continu de Salazar. Ses chuintements me paraissent de plus en plus aigus, me vrillant parfois le tympan lorsque l'écho les répercute. Et je me demande au bout d'un temps, s'il ne cherche pas à briser la Lame Magique.
Sifflements furieux loin derrière nous.
« Dépêche-toi, Ron ! Ils sont parvenus à se libérer de l'Antichambre et ils arrivent ! Leur grand nombre leur permet de forcer très vite les Protections ! » murmure soudainement Harry.
Notre court baiser lui avait donné un petit regain d'énergie, mais il est de nouveau à bout de souffle, me semble quasi à bout de forces. Et je me souviens soudainement, qu'il avait fallu une demi-douzaine de Roherdirons pour contenir la sauvagerie rageuse de Círyon. Et que Théo avait bénéficié immédiatement ou presque de l'aide des Magies archi lumineuses de Greg et Inglorion, pour vaincre celle de Vása.
Or, Harry a combattu déjà durant plus d'une heure et il est seul pour lutter contre Salazar, depuis je ne sais combien de temps maintenant. Au moins dix, peut-être quinze minutes. Je n'en ai aucune idée. Et puis je serai seul avec ce tout petit bout de Tristan, pour l'aider lorsque nous serons parvenus dans les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn.
Serons-nous suffisamment forts Harry et moi, pour remplir la Mission qui nous est dévolue ? La puissance de notre amour sera-t-elle suffisante pour vaincre Salazar et sauver Tristan ?
Oui. Oui nous le vaincrons ! Je ne dois pas en douter un seul instant ! Je dois garder cet espoir coûte que coûte dans mon cœur, même si tout me semble fichu à un moment donné, jamais je ne devrai baisser les bras !
C'est primordial.
« Ils sont là, Ron ! Ils arrivent sur nous ! Vite ! » s'écrie Harry, qui tremble de tous ses membres à présent et commence à claquer des dents comme s'il était pris de fièvre ou d'un froid intense.
Salazar siffle avec une ardeur renouvelée, triomphale déjà.
Coup d'œil rapide par-dessus mon épaule. Une ombre compacte fonce vers nous.
« Borne gauche, droite, droite, gauche ! Virage serré gauche ! » s'exclame Harry avec urgence.
Quatre Sortilèges qui font mouche, un virage très serré au cours duquel je frôle très dangereusement la paroi.
Putain de couille ! Ce n'est vraiment pas le moment de me viander !
« Borne gauche, droite, gauche ! Virage serré droite ! » s'écrie ensuite Harry, que j'entends pourtant à peine, car si Salazar siffle très fort, ce n'est rien à côté des grognements ou hurlement sauvages et belliqueux qui nous poursuivent.
Je suis les instructions de Harry, comptant sur ma bonne étoile pour toucher les bornes du premier coup, car l'ombre sauvage et belliqueuse des Enfants Souillés de Magie Mère nous avalerait, si je ratais une seule d'entre elles. Et là, on serait foutus. Magie Mère et le Monde Magique seraient foutus.
Une chandelle vertigineuse qui s'adoucit dans une courbe étroite, un long couloir sinueux. L'ombre est sur nos talons, je tente de la repousser d'un Expulsio sévère jeté par-dessus mon épaule. Ça la ralentit à peine et amplifie sa rage d'au moins trois crans.
« Borne droite, gauche, droite ! Plongeon ! » s'écrie Harry, qui redresse Megildur à la toute dernière seconde pour éviter qu'elle accroche la paroi, lorsque je pique vers les profondeurs.
Nous sommes à présent dans une cheminée très étroite, très sombre et si infiniment longue, que j'ai le sentiment de descendre vers les profondeurs abyssales des Enfers.
Et soudainement la cheminée s'évase pour déboucher sur une très, très vaste caverne, dans laquelle flotte des centaines et des centaines de sphères d'ombres vaporeuses qui s'agitent à notre passage. Et je m'arrête enfin dans un virage et un freinage très serré, face à une masse de roche noire plantée dans le sol.
Celle dans laquelle la Magie Noire Originelle est contenue.
Je jette aussi sec mon Balai plus loin, me fichant qu'il tombe dans la flotte d'un petit Lac souterrain, soutenant Harry qui chancelle de mon bras gauche et l'aidant de mon bras droit à brandir Megildur vers l'ombre épaisse, sauvage et belliqueuse, qui fonce droit vers nous en poussant ses hurlements de Banshees furieuses.
Putain de bordel de merde ! Ils sont au moins huit, peut-être même neufs centaines, à nous tomber très bientôt dessus !
Et comme si cela ne suffisait pas, il en dégorge encore de la Cheminée !
OoOoOoO
Hermione
Un Portoloin car nous n'avons plus suffisamment de forces pour Transplaner. Blaise et moi-même arrivons face au fouillis qui masque l'entrée du Village des Elfes.
Mot de passe et nous enfourchons les Balais que nous avons empruntés aux premiers venus, fonçant jusqu'à la petite maison de Pénélope. A peine entrons-nous, que Jonas saute du divan et court vers nous.
« Papa Harry et Papa Ron ont trop besoin de Jonas ! » s'exclame-t-il, en tendant un bras vers Blaise, portant son Pytimouss dans l'autre et Plume d'Or volant à ses côtés.
« Oui, mon poussin. Ils ont besoin de toi. » répond Blaise, levant un regard vers Ievguenia pour ajouter : « Ils ont besoin de toutes celles et ceux qu'ils aiment et qui les aiment. Alors venez chez Nally avec tous les adultes et enfants qu'ils connaissent et même les autres. Toutes les bonnes volontés sont bienvenues. »
Et nous partons à vive allure, prenant un nouveau Portoloin qui nous mène non loin du portail du Château. Puis nous nous envolons de nouveau vers le Temple des Elfes, volant au-dessus des très nombreuses personnes et Créatures assises dans le Hall à ciel ouvert.
Il y a du monde partout au sol, sur les terrasses et sur les toits. Et même dans l'arbre si haut qu'il semble toucher le ciel. Et j'ai le sentiment que toute le Royaume débarque ici à présent, car j'aperçois de nombreux enfants en pyjamas.
La cascade s'écarte pour nous laisser passer et nous parcourons le chemin à vive allure, louvoyant entre les Stalagmites et Colonnes de calcaire aux formes tarabiscotées d'un blanc immaculé, jusqu'à ce que nous rejoignions Jérémy et Jodie, assis au premier rang, entre Nally et Cuthalion. Jonas s'assoit d'autorité sur les genoux du Roi des Elfes et je laisse mon regard courir à la ronde sur la foule massée ici.
La caverne est pleine à craquer. D'elfes de maison bien sûr. Mais également de tous les Membres de l'Ordre, du Comité et du Groupement de Défenses, ainsi que les Centaures, Gobelins, Lutins d'Ecosses, Farfadets, Gnomes et Fées, qui ont combattu ensemble depuis le début jusqu'à la fin de la Bataille. Même les Sirènes et les Tritons sont présents dans un petit Lac ménagé à leur intention. Même des Hippogriffes et Sombrals sont là.
Et Graup, installé au fond de la caverne avec Hagrid et Aragog.
Les blessés sont tous ici aussi, entourés des Membres de l'équipe de secours. Et tous les Fantômes de Poudlard flottent sous la voûte, avec un Peeves solennel et silencieux comme jamais.
Les combattants civils sont là également. Même les Vengeurs.
J'en ai les larmes aux yeux. Le cœur débordant d'amitié pour toutes ces personnes qui portent les stigmates de la Bataille et en souffriront comme moi assurément durant de longues années, toute leur vie, dans leurs cauchemars.
L'atmosphère est silencieuse, emplie d'espoir.
Et je me surprends à réciter une vieille prière Moldue, apprise alors que j'étais toute petite, appelant la protection du ciel sur mes amis auprès desquels j'aimerai tant être, dans la terrible épreuve qu'ils sont en train d'affronter.
OoOoOoO
Severus
« Bill, Charly, venez avec moi au QG ! » demande-je, aussitôt Hermione m'a-t-elle transmis la demande de Ron.
Ils haussent un sourcil et je réponds rapidement à leur question muette, avant de Transplaner dans le hall. Ils me suivent aussitôt et le triple crac sonore de notre Transplanage fait surgir Pétunia de la cuisine et Dudley, ainsi que Pénélope, Andy et le commissaire Finch-Fletchley de la Base d'Espionnage, qui n'a plus rien à espionner.
Ils y attendaient fébrilement les nouvelles.
« La Bataille à Poudlard est finie ! Voldemort est vaincu. Mais pour Harry et Ron, ce n'est pas terminé encore. Ceci dit, soyez tranquillisé, Monsieur Finch-Fletchley, Hugh a été assez sérieusement blessé mais il n'y paraitra plus demain. » déclare-je rapidement, au soulagement du commissaire, mais pas celui de Pétunia, ni de Dudley qui descend quatre à quatre l'escalier pour venir se placer auprès de sa mère dont il entoure l'épaule de son bras et à laquelle je m'adresse maintenant pour expliquer : « Je viens te chercher, Pétunia, ainsi que Dudley, pour vous conduire dans le Temple des Elfes de maison, où sont rassemblés toute la famille de sang ou de cœur et les amis de Harry et Ron. Nous allons vous faire Transplaner et n'ayez crainte. Certes, ce ne sera pas très agréable, vous aurez l'impression d'être pressés dans un tuyau en caoutchouc et de ne pouvoir respirer, mais c'est sans danger si vous me faites confiance et ne bougez pas. Et cela ne durera pas longtemps. »
Pétunia et Dudley hochent aussitôt la tête avec vivacité et j'invite s'ils le désirent, Andy, Pénélope et le commissaire Finch-Fletchley à se joindre à nous.
Après tout, d'après ce qu'Arthur m'a brièvement rapporté, ils ont participé aussi à la guerre, dans une certaine mesure. Et ils ont depuis quelques temps été nos yeux et oreilles dans le monde Moldu.
« Moi aussi, je viens ! » déclare brusquement Dursley, en passant un bras sur l'épaule de son épouse et de Dudley, en ajoutant : « Je dois soutenir ma femme et mon fils ! »
Je soutiens quant à moi son regard. Je suis hautement surpris, à l'instar de Pétunia et Dudley qui le fixent, la bouche ouverte et le regard incrédule.
« Êtes-vous certain, Dursley ? Il y aura une foule de Sorciers et des Créatures Magiques, telles les Centaures, les Fées et autres Gobelins, que vous n'avez pas du tout intérêt à froisser en prononçant une quelconque parole douteuse. Un simple regard peut être interprété comme terriblement insultant pour certaines de ces Créatures. Surtout parmi celles du Petit Peuple d'ailleurs. » mette-je en garde, avec gravité.
« Je viens ! » répond-il d'un ton ferme.
Je soutiens une nouvelle fois son regard durant quelques secondes, puis j'acquiesce et comme malgré la Potion Revitalisante Renforcée que nous avons vivement avalée avant de venir, nous sommes toujours fatigués des durs combats que nous avons menés, Bill, Charly et moi-même effectuons deux voyages pour les transporter tous.
Il nous faut ensuite fendre une foule compacte assise à même le sol, aussi bien dans le hall à ciel ouvert, que dans le Temple. Le Commissaire Finch-Fletchley retrouve son fils en cours de route et Andy décide de rester avec eux. Pénélope en revanche, poursuit son chemin avec nous, pour s'installer avec la famille de Ron, assise auprès de Nally.
Pétunia et Dudley sont accueillis avec chaleur et nul ne fait commentaire en voyant Dursley, qui se dandine d'un pied sur l'autre en évitant de trop regarder autour de lui. Il est cependant vivement soulagé, lorsque Nally lui propose de s'assoir entre son épouse et son fils, juste derrière nous. Il lui obéit prestement, passant un bras autour de son épouse et de Dudley, pour les serrer contre lui.
Et à peine sommes-nous assis également, Bill, Charly et moi-même, que Plume d'Or entame un trille très doux. Alors les Elfes de maison entonnent un chant, une mélopée envoutante, que peu à peu tout le monde fredonne avec eux, en se tenant par la main ou par les épaules.
C'est une véritable communion de cœur qui prend forme, toute emprunte de l'amour et de l'amitié que chacun éprouve pour Harry et Ron, toute emprunte de l'espoir qui anime nos cœur et notre Âme, qu'ils reviennent très vite.
OoOoOoO
Harry
Megildur pèse des tonnes dans ma main. Si Ron n'était pas là, mes bras tomberaient lourdement et je la lâcherai.
La horde hurlante et sauvage des Enfants Souillés de Magie Mère se précipite vers nous. Je parviens à distinguer parmi eux des visages familiers qui me font frémir. Bellatrix, Cooper, Benson, Wagner frère et sœur, McTavish, Edgecombe, Ramirez, Arcturus Brandburgy, Smith, Chomski, Rosenback et tant d'autres, tant d'autres…
Tous plus noirs les uns que les autres, répondent présents à la volonté de Salazar. Car c'est à la sienne, non à celle de Voldemort, que leurs hôtes et donc eux-mêmes ont été liés, juste avant la Bataille. A lui, qu'ils ont malgré eux fait promesse de le nourrir de leur énergie.
Vague d'amour infini. Ron me transmet sa force, son Energie et je ferme les yeux, sur ces visages haineux.
« Na anim, Megildur. » murmure-je, laissant filer ma Magie.
Ron laisse aussi filer la sienne, afin qu'elle rejoigne celles des Gardiennes, des Roherdirons, de Greg et Inglorion.
Un puissant faisceau lumineux fuse alors vers la horde hurlante et sauvage des Enfants Souillés qui stoppent net, arrêtés par un Bouclier Magique Elfique. Ils reculent, puis foncent à nouveau, tentant de faire voler en éclat cette Barrière qui les empêche de répondre à la volonté de leur Maître.
Salazar se cabre aussi sec, si enragé, si écumant de fureur et farouche, qu'il parvient presque à se décrocher de Megildur. Son visage se dessine, il tente de prendre les traits de Messire Salazar. Mais s'il pouvait jeter une Illusion dans l'esprit de Voldemort, il ne peut le faire à présent car Megildur ne le lui permet pas. C'est donc le visage de Voldemort qui s'affiche. Il s'étire, il étend son Aura au plus qu'il le peut, sifflant sa haine, appelant ses Serviteurs à lui offrir leur puissance en offrande.
La ruée est féroce. Megildur ne pourra la retenir si elle doit lutter sur deux fronts. Et nous perdrons notre Combat contre Salazar.
Vague d'amour et de confiance destinée à Ron. Il faut maintenant effectuer ce que nous savons tous deux devoir faire, pour sauver Magie Mère.
Vague d'amour et de confiance de Ron. Son cœur est lourd, car il sait que je vais souffrir, mais il est prêt tout comme moi à faire tout ce qu'il faut.
Alors je permets à Salazar de se décrocher de Megildur. Il se précipite aussitôt vers moi et nous hurlons tous deux de douleur dès que la lutte s'engage entre ma Magie qui protège Tristan et la sienne qui veut s'en emparer.
Je dois fournir des efforts colossaux pour le repousser, tout en restant agrippé à lui. Car malgré la douleur, malgré les risques que j'encours, il ne doit surtout pas m'échapper maintenant. Vague d'amour de Ron, qui tente autant qu'il le peut de faire barrage à la douleur. Son amour m'apaise, me permet de la supporter, de me concentrer sur ce que je dois faire et mon esprit part à la recherche de celui de Voldemort, taisant mes pensées, les voilant derrière des souvenirs emplis de Ron et de tous ceux que j'aime. Ces souvenirs brûlent Salazar si atrocement qu'il n'est bientôt plus que hurlements de souffrance et de terreur absolue.
Je souffre autant que lui, mais je m'accroche à mes souvenirs heureux comme à autant de bouées de sauvetage, poursuivant inlassablement mon effort envers et contre tout. Je me bats pour l'amour de Ron, pour l'amour de Jonas, Jérémy et Jodie. Je me bats pour l'amour de ma famille et de mes amis. Je me bats pour l'amour de la Magie et la sauvegarde de notre Monde. Je me bats pour repousser au plus loin les Ténèbres et la désolation.
Cela me semble durer des heures, cela me semble durer indéfiniment, tant la douleur que Salazar me communique est atrocement abominable. Mais je finis par trouver ce que je cherche et je m'insinue subrepticement dans l'Esprit de Voldemort.
Il ressent lui aussi l'atroce souffrance et voit sa mort venir avec terreur. Ses souvenirs sont emplis d'horribles images de l'Enfer tel que l'imaginent les Moldus. Il se voit damné à jamais dans un monde de tortures et de douleurs perpétuelles. Tour à tour brûlé vif, plongé jusqu'au cou dans de l'huile bouillante, rôti à la broche, écorché vif, écartelé.
Ecartelé il l'est déjà. Il ne veut pas mourir. Et pourtant, il souhaite plus que tout accueillir cette mort qu'il craint tant, pour échapper à cette atroce douleur qui lui fait vivre sur cette terre, cet Enfer tant redouté dans les profondeurs où se situent selon lui les rives du Styx.
Fantôme ! S'il doit vraiment mourir il sera Fantôme, mais n'ira jamais en Enfer ! Oui, c'est décidé ! C'est hautement dégradant, mais tant pis ! Il pourra toujours tourmenter les vivants, pour se venger de cette humiliante condition !
Attendre cependant, attendre encore un peu et supporter cette douleur, car l'espoir de pouvoir renaitre à la vie comme il l'a déjà fait une fois, lui est permis. Lui a été promis. Par Salazar Serpentard lui-même.
Mais cela est trop douloureux. Mais cela fait trop mal !
Non tenir, il faut tenir ! Son courage sera récompensé. Il renaitra dans un corps jeune et fort. Celui de son fils.
Je renforce ma prise sur Salazar et dans un effort colossal, je tâche de lui renvoyer toute la douleur dont il se décharge sur moi. Salazar hurle plus fort que jamais, en proie à une douleur dix fois plus vive qu'un Doloris jeté à pleine puissance.
Chuchotement discret dans l'esprit de Voldemort, l'invitant à ouvrir les yeux.
« Si Brannon Alyan. » murmure-je aussitôt, me concentrant de toutes mes forces, puis ouvrant mes propres yeux pour lui permettre de voir à travers eux.
Messire Salazar apparait devant nous, fixant son regard dans le mien.
« Tranquillise-toi, rien n'est perdu Voldemort. Souviens-toi de mon conseil. Le moment est venu de garder les yeux ouverts et de suivre sans jamais faillir, l'Etincelle qui te guidera vers ton héritier et la nouvelle vie qui s'offre à nous. Prends garde cependant à ne pas t'égarer, à ne pas écouter l'imposteur qui cherchera à te dissuader de suivre cette minuscule Etincelle. Suis-moi, viens avec moi, sans tarder. Allons rejoindre ton fils. » dit-il, avant de s'élever vers la voûte, les mains tendues vers moi, vers l'esprit de Voldemort, en une invitation à le suivre.
Hurlement de rage, de douleur et de haine.
Salazar a entendu et deviné que je cherche à le séparer de l'Esprit de Voldemort. Il a compris que je sais comment le vaincre et envoyer Voldemort vers la mort, vers son destin en Enfer. Il lui intime l'ordre de rester à ses côtés, de ne pas suivre l'Etincelle. Mais je fais barrage, lui impose silence et il cherche à s'introduire dans mon esprit, pour m'arracher le secret qui va me permettre d'anéantir celui de Voldemort. Je le repousse, lui oppose toute ma volonté la plus inflexible, puisant dans l'Energie que Ron me communique par vagues successives.
« Si Tristan. » murmure-je dans un souffle, jetant toute l'Energie que je peux vers la petite parcelle de Magie de Voldemort, restée pure, innocente et lumineuse, envers et contre tout.
Tristan se matérialise au côté de ma Magie, s'accrochant à sa hanche. Salazar tente aussitôt de fondre sur lui. Mais les mains de ma Magie le retiennent de toutes leurs forces à l'écart et tout à sa rage, tout à la brûlure de l'amour dont je suis nourri et qui le consume, il ne voit pas Tristan ouvrir soudainement les doigts, pour libérer la minuscule Etincelle qu'il tenait bien à l'abri dans le creux de sa main droite, depuis tant d'années.
Et celle-ci s'élève vivement, quittant mon Réceptacle, pour s'envoler vers la voûte de la Caverne.
Hurlement déchirant de douleur enragée. L'Esprit de Voldemort s'est vivement détaché de Salazar, s'arrachant sans hésiter de son emprise chuintante, pour s'élever et suivre l'Etincelle qui va l'emmener tout droit dans le monde vide et ténébreux de l'Enfer qui verra son tourment éternel.
Salazar tente encore en Fourchelang de l'appeler à revenir à lui, mais rien ne saurait le faire et l'Esprit étroitement attaché à l'Âme de Voldemort, aussi noire et visqueuse que sa Magie, ne se retourne pas, n'hésite pas un seul moindre infime instant, à poursuivre sa route.
Cette tâche est accomplie enfin.
Tom Jedusor est bel et bien mort à présent et son Fantôme ne hantera jamais la terre.
Son Âme si noire, si cruelle, errera pour l'Eternité dans les affres de l'Enfer et son esprit sera à jamais taraudé de tourments et de remords, à souffrir les milles tortures qu'il a fait endurer à ses victimes.
Je suis épuisé. Et j'ai mal, si mal que je voudrais pouvoir m'allonger et m'endormir pour oublier à jamais cette atroce douleur qui continue à me brûler, me consumer vif de l'intérieur.
Mais je dois rester éveillé. Je dois endurer encore cette atroce souffrance. Car il me faut à présent sauver Tristan et Magie Mère, avec l'aide si précieuse de Ron. Et je dois le faire très vite, car ce n'est plus moi qui m'accroche à Salazar. C'est lui qui s'accroche à moi, qui cherche à me posséder, en contaminant ma Magie, en fusionnant avec elle.
Je lutte, autant que je le peux. Mais il est désormais guidé par un instinct primitif de survie et si farouchement sauvage, que je ne parviens pas à échapper à sa prise. Alors Ron unit ses efforts aux miens et nous luttons tous deux contre ce monstre titanesque, avec toute la force de notre amour.
Mais Salazar ne se décroche pas, malgré les invitations suppliantes de Tristan à le rejoindre hors de mon Réceptacle.
Alors j'ouvre les yeux pour plonger mon regard dans celui de Ron, et ma main transmet totalement Megildur dans la sienne. Ses yeux s'emplissent de larmes et de promesses et il penche son visage vers le mien, pour m'embrasser d'un baiser brûlant d'un amour infini.
« Maintenant, Ron ! Il gagne du terrain. Alors, au nom de notre amour, fais-le maintenant, Ron ! Avant qu'il soit trop tard pour sauver ma Magie et mon Âme. » souffle-je, lorsque nos bouches se séparent.
Je recule de deux pas, résistant à la fureur homicide qui me pousse à me ruer sur Ron pour le désarmer, résistant au monstrueux désir qui ne m'appartient pas, de tirer ma Baguette de son fourreau pour lui jeter un Avada Kedavra, avec toute la rage et le désespoir de Salazar.
Puis je me laisse glisser sur mes genoux, écartant les bras, souriant à Ron avec confiance et tout l'amour, toute la tendresse que j'éprouve pour lui. Je sais qu'il va puiser au plus profond de lui, le courage et la force de faire ce qu'il doit faire. Comme je le fais là, maintenant.
Un éclair éblouissant. Plume d'Or vient d'arriver. Le doux et apaisant chant du Phénix de notre petit bonhomme nous apporte l'énergie de l'amour et de l'espoir qui animent le cœur de toutes celles et ceux que nous aimons. Il nous transmet la force et le courage de faire ce que nous devons accomplir tous deux, pour sauver notre Monde.
Une larme glisse sur la joue de mon Âme Sœur, comme sur la mienne, lorsque la voix de Jonas nous parvient de si loin, pour nous crier son amour.
« Je t'aime, Harry. » souffle Ron, le regard bouleversé, brouillé des larmes qui ruissèlent maintenant sur ses joues.
« Je t'aime Ron. » réponds-je dans un même souffle.
Et le remerciant de toute mon Âme, tandis qu'il me transperce de la Lame si longue et effilée de Megildur.
OoOoOoO
Severus
Fourmillement dans mon avant-bras gauche. Je soulève vivement ma manche. La Marque des Ténèbres s'efface, laissant à peine la trace d'une fine cicatrice d'un blanc nacré.
« L'esprit et l'Âme de Voldemort ne sont plus. Tom Jedusor est définitivement mort ! » murmure-je, dans un vif soulagement.
La première phase est donc accomplie. Ce que confirme d'un hochement de tête Messire Salazar, revenu tandis que j'observais mon avant-bras.
Reste maintenant le plus difficile à faire, mettre définitivement fin à Salazar, songe-je, tandis que Nally se love contre moi.
Je sens son angoisse pour notre fils et pour Ron. Elle sait parfaitement bien à quel point leur Mission est ardue, hautement risquée. Et que leur vie ne tient probablement qu'à un fil.
Mes pensées s'envolent vers mon fils et son Âme Sœur.
Je ne saurais dire depuis combien de temps cela dure, avant que la petite voix fluette de mon petit-fils ne fasse revenir mon attention dans le Temple.
« Jonas a demandé à Plume d'Or d'apporter l'aide de son chant à Papa Harry et Papa Ron, parce qu'ils en ont beaucoup besoin ! » s'exclame-t-il, alors que Plume d'Or s'envole et traverse la paroi couleur bleu nuit, derrière l'autel d'or.
Puis Jonas échappe soudainement à Cuthalion, courant vers la paroi bleu nuit devant laquelle il s'arrête, portant ses mains en porte-voix pour crier très fort :
« Je t'aime de tout mon cœur Papa Harry ! Je t'aime de tout mon cœur Papa Ron ! »
Mon cœur terriblement ému fait écho à ce cri d'amour sincère pour mon fils et son Âme Sœur.
OoOoOoO
Hermione
Le chant de Plume d'or et la mélopée envoutante des Elfes m'hypnotisent, me transportent dans un état de transe qui me permet de vibrer au diapason des innombrables cœurs présents. L'amitié et l'amour que nous éprouvons fourmillent dans tout mon être, chassant la fatigue harassante des durs Combats que nous avons menés.
Peu à peu je me sens brûler d'une énergie folle, d'une puissance décuplée.
« Jonas a demandé à Plume d'Or d'apporter l'aide de son chant à Papa Harry et Papa Ron, parce qu'ils en ont beaucoup besoin ! » entends-je soudainement Jonas s'exclamer.
J'ouvre les yeux, juste à temps pour voir le Phénix traverser la paroi bleu nuit. Puis Jonas court à son tour vers elle, s'arrêtant à moins de cinquante centimètres de la Porte.
« Je t'aime de tout mon cœur Papa Harry ! Je t'aime de tout mon cœur Papa Ron ! » s'écrie-t-il, de toute la force de sa petite voix.
Je suis émue jusqu'aux tréfonds de mon cœur et de mon Âme, les intestins noués, vrillés par une profonde angoisse. Harry et Ron sont en danger. Et je ne peux rien faire d'autre pour les aider que de rester assise ici, pour les soutenir moralement de mon amitié, de l'amour que j'éprouve pour eux, mes frères de cœur.
Ce n'est pas juste !
Non ce n'est pas juste qu'ils soient seuls encore à se battre, à risquer leur vie pour sauver Magie Mère et le Monde Magique, quand nous sommes simplement là, à espérer leur victoire, attendant bien tranquillement leur retour, dans cette atmosphère incroyablement chaleureuse qui recharge à fond nos réserves d'Energie, alors qu'eux s'épuisent certainement très vite.
Mais qu'est-ce que je fais là, bon sang ? Je devrais être auprès d'eux ! Je devrais me battre avec eux ! Risquer ma vie avec eux !
Bribe de souvenir, qui me saute soudainement à l'Esprit. Harry me fixe de son regard si vert, à la fois souriant et infiniment sérieux.
« Toi, Hermione, tu devras empêcher Lucius et les Mangemorts de nous suivre, en leur interdisant l'accès au Sentier. » dit-il, avec une conviction absolue.
Mais Lucius et les Mangemorts sont morts ou profondément endormis à présent. Il n'y a aucun Serviteur pour tenter de rejoindre son Maitre. Et je n'ai donc plus rien à faire.
« Ils ont absorbé de la Baie de Djengouliak moulue et ne cesseront le combat que lorsque la volonté de leur Maître sera accomplie ou qu'il sera mort lui-même. » déclare maintenant Nally, dans le bureau où l'absence d'Albus nous est si cruelle, même si aucun n'y fait allusion.
D'accord ! Mais Voldemort est mort à présent ! Pas seulement son corps. Son Esprit, son Âme ne sont plus accrochés à Salazar. La Marque des Ténèbres s'est effacée sur le bras de Severus et Messire Salazar l'a confirmé : Tom Jedusor souffre à son tour les affres de l'Enfer, qu'il a si cruellement fait endurer sur terre à nombre de ses victimes. Alors même s'ils se réveillaient maintenant, les Mangemorts et Créatures qu'il avait assujettis à sa volonté, ont retrouvé leur pleine conscience. Ils se rendront en apprenant la mort de leur Maître.
« Salazar a pris le contrôle et c'est lui qui le gardera jusqu'à la fin. » résonne une fois encore la voix de Harry dans ma tête.
« Oh ! Merlin ! » murmure-je, dans une brusque prise de conscience horrifiée.
Non, mon Combat n'est pas terminé ! Il est même très loin de l'être et j'aurais dû réagir bien avant ! J'aurais dû faire barrage ! Je devrais être auprès d'eux, avec eux !
« Quoi ? » demande Blaise, alarmé, tandis que Nally et Severus se penchent un peu en avant pour me regarder avec interrogation et inquiétude.
« Le Maître aujourd'hui c'était Salazar, pas Voldemort ! Or la Baie de Djengouliak n'affecte pas que l'Esprit, elle affecte également la Magie, n'est-ce pas ? » murmure-je, en fixant Nally et Sev, qui pâlissent à devenir exsangue.
« Qu'est-ce que cela signifie ? » demande Blaise, qui hoche négativement la tête avant de poursuivre : « Tu ne veux tout de même pas dire que Salazar contrôle la volonté des Enfants Souillés actuellement enfermés dans l'antichambre ? »
« Si, c'est cela ! Et ils doivent être totalement enragés, incontrôlables pour les Roherdirons ! S'il les appelle, ils n'auront de cesse que de le rejoindre et s'ils y parviennent… » réponds-je, vivement alarmée, avant d'être interrompue par Merzhin, qui pose sa main sur la mienne, avec apaisement.
« Tranquillise-toi, Eldalótë. Même s'ils ne sont pas tous enfermés déjà dans une sphère et qu'il est entendu, les autres Enfants Souillés ne pourront pas le comprendre, puisque Salazar est Fourchelang et que sous sa forme actuelle, c'est la seule langue dont il puisse user. » dit-il tandis que je me sens devenir aussi exsangue que Sev et Nally.
« Le Ciel t'entende, Merzhin ! Cependant j'ai deux raisons de croire qu'il puisse communiquer avec les Enfants Souillés. La première, c'est que Salazar a parfaitement pu comprendre ne pouvoir communiquer qu'en Fourchelang. Il a donc pu avant les Combats, convenir d'un code avec les Frères et Sœurs Souillés auxquels il a soumis sa volonté grâce à la Baie de Djengouliak. La seconde, c'est que même s'il n'a pas convenu d'un code avec eux, la Magie de Franck Cooper n'est probablement pas encore emprisonnée dans une sphère Protectrice. Alors si elle a entendu les ordres de Salazar, elle excitera les autres, Aussi bien tous ceux qui ne sont pas enfermés que ceux qui le sont déjà. Il suffira qu'elle s'agite, exprime toute sa rage, s'efforçant de briser les Protections et les sphères en se précipitant vers elles pour que les autres joignent leur fureur et leurs efforts aux siens. Alors nul ne pourra les arrêter, pas même l'union de tous les Roherdirons, car ils sont bien trop nombreux à avoir trouvé la mort ce soir. Ils parviendront donc à briser les Sphères et les Protections, se précipitant vers Salazar. Et Megildur elle-même ne pourra pas à les retenir bien longtemps, lorsqu'ils rejoindront le Maitre de leur volonté, qui les absorbera les uns après les autres sans qu'ils puissent se rebeller, malgré leur peur et leur désir de pouvoir le faire. Sa puissance sera donc gigantesque. Alors non, Harry et Ron ne peuvent pas s'en sortir seuls, c'est impossible. Absolument impossible ! » explique Nally, tandis que nous échangeons tous des regards horrifiés.
Merzhin, qui a appuyé sur son médaillon aussitôt les premiers mots de Nally, grimace significativement en recevant réponse.
« Ils se sont échappés. Tous ! Fëanturi vient juste de reprendre conscience. Les Roherdirons ont été assommés par le souffle de l'explosion de l'antichambre. Tous les Enfants Souillés sont déjà dans la Caverne de Tyll Celwie o Agar Myrn. C'est impossible de pénétrer dedans désormais. Ils sont beaucoup trop nombreux. Quiconque ira là-bas sera tué. Même si nous y allions tous, nous serions tués bien avant d'avoir rejoint Elrond et Althibalys, Nally. » dit-il, la voix blanche et d'une pâleur mortelle.
J'ai failli à ma mission, merde !
Mais cela ne me décourage pas. Nous pouvons encore aider Harry et Ron. Je le sais !
« Je sais comment les aider ! Je sais comment nous pouvons y arriver ! Je comprends maintenant ce que la Reine des Nymphes m'a dit dans l'Eryn o Faelynaë ! Harry et Ron ont besoin de l'aide de tous les Sorciers de notre Monde, désignés par Magie Mère ! Ils ont besoin des Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn et des Réveilleurs de L'Eryn o Faelynaë ! Il faut…» déclare-je, avec fermeté, avant d'être interrompue par Blaise.
« Je les aiderai avec grand plaisir Hermione, dussè-je y laisser la vie, tu le sais ! Mais comment faire alors que c'est déjà trop tard, puisque tous les Enfants Souillés sont actuellement dans la caverne ? Tu as entendu ce qu'a dit Merzhin ! C'est impossible de pénétrer là-bas maintenant ! Quiconque essayera sera tué bien avant d'avoir pu atteindre Harry et Ron ! » s'exclame-t-il, gris comme la mort.
« Non ! Il n'est pas trop tard ! Je sens que ça ne l'est pas ! Nous ne pouvons pas nous rendre là-bas physiquement, mais notre Esprit, notre Magie passeront ! Il nous faut juste l'aide de Roi Dobby, des Elfes de maison et de tous nos amis ici présents ! Tout le monde doit participer d'une manière ou d'une autre ! » réponds-je, en me levant, regard fixé sur Nally.
« C'est excessivement risqué, mais je pense que tu as raison et que c'est effectivement ce qu'il faut faire, car là réside notre seule chance que Salazar soit vaincu et le Monde sauvé. » déclare-t-elle, se levant elle aussi, avant d'ajouter : « Alors faites-le. Je me charge d'assurer au maximum la sécurité de chacun. »
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