Disclaimer cf chapitre 1
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Mille merci à Mistycal, ma super beta!
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Ultimes Sacrifices 10 / 11
Acte 9 : Dernière Bataille
Ron
Le chant de Plume d'Or n'apporte aucun réconfort à mon cœur broyé de douleur et des larmes brûlent mes yeux.
La Magie primaire brute de Salazar est beaucoup trop forte, beaucoup trop sauvage pour que nous soyons parvenus à la dompter, à la vaincre avec la seule force de notre amour l'un pour l'autre. Il faut bien plus. Il faut la force d'un sacrifice ultime, nourri par notre amour pour les nôtres. Pour la Magie. Pour le Monde.
« Je t'aime Harry. » murmure-je, empli de désespoir et d'un amour éperdu de chagrin.
Ma vue brouillée puise l'immense courage dont j'ai besoin à présent pour faire ce que je dois faire, dans celui de Harry qui exprime toute sa confiance en moi dans son sourire.
« Je t'aime Ron. » répond-il, dans un même murmure.
Et c'est dans ces mots, que je trouve la force désespérée de le transpercer de la lame de Megildur, accrochant aussitôt Salazar qui se cabre dans un brusque sursaut de douleur, tandis que Harry, le dos arqué, la bouche à peine ouverte sur un cri de douleur muet, me transmet dans son regard sa profonde gratitude.
Comment peut-il me remercier, alors que je le tue, moi qui l'aime si fort, lui qui est toute ma vie, mon Âme Sœur pour l'éternité.
« Parce que c'est mon Âme et ma Magie, que tu sauves, en me tuant. » chuchote Harry dans mon cœur.
Mes larmes redoublent. Si terriblement brûlantes que je voudrais fermer les yeux pour toujours. Mais je les laisse ouverts et les larmes couler, les expulsant d'un clignement de paupière qui me permet à nouveau de clairement voir Harry, dont les épaules s'affaissent mais qui reste à genoux. Il résiste à la force et aux encouragements de Salazar, qui l'attirent vers la lame, l'incitent à se laisser totalement transpercer de part en part et mourir.
Non ! Non, il ne doit pas s'affaisser ! Harry ne doit pas mourir avant que j'aie ôté Salazar de son corps ! Je ne laisserai pas ce salopard souiller sa si lumineuse Magie ! Sa si lumineuse personne !
Alors je laisse vivement la mienne, nourrie de tout mon amour pour Harry, filer le long de la lame et j'accroche plus fermement encore Salazar, qui se cabre dans un brusque sursaut de douleur décuplée.
Et je lui parle, je le provoque.
Ça te fait mal, hein, salopard ! Ça te crève ! Tu ne t'attendais pas à ce que nous fassions ça n'est-ce pas ! Que nous puissions faire un tel sacrifice, ça ne t'est jamais venu à l'Esprit ! Car jamais tu n'aurais toi-même songé et moins encore eu le courage de sacrifier ta vie par amour ! Tout simplement parce que tu ne sais rien, de l'amour ! Jamais tu n'en as éprouvé ! Tu ne connais donc pas la force de l'amour ! Tu ne connais que celui de la haine dévorante ! Tu croyais qu'elle était plus forte que tout ! Et tu te rends compte maintenant que c'était une stupide erreur ! Que l'amour est mille fois plus fort ! Et tu ne sais plus quoi faire, pour te tirer de là !
Eh bien ne cherche pas, salopard ! Tu ne trouveras pas ! Parce qu'il n'y a rien de plus fort que l'amour que Harry et moi éprouvons l'un pour l'autre !
Il n'y a rien de plus fort, que le sacrifice que nous accomplissons, en offrant nos vies pour protéger nos enfants, notre famille, nos amis, la Magie et le Monde, des Ténèbres dans lesquelles tu veux les plonger ! Et c'est la Lumière qui brillera et animera les cœurs, quand tu seras réduit à rien dans le néant des limbes éternels de l'oubli où je vais maintenant t'envoyer pour l'éternité, comme nous avons à jamais envoyé Voldemort en Enfer !
Salazar entend ma diatribe, il souffre cruellement de mon amour pour Harry et il se rue vers ma Magie, la lacérant au plus qu'il peut de ses griffes de haine dans l'espoir de me chasser, que je me retire et lui laisse toute la place libre. Que je lui laisse mon Harry.
Qu'il aille se faire foutre cet enculé démoniaque ! Je ne cèderai pas ! J'y laisserai la peau s'il le faut mais il n'aura pas Harry !
C'est horriblement douloureux, c'est vrai. Mais c'est aussi la réaction que j'attendais, ce que j'espérais de sa part. Car plus il se bat contre moi, plus il délaisse Harry, s'accroche moins fort à lui, à sa Magie. Alors je retiens le Grizzly de le repousser loin de moi. Fort au contraire, je retiens encore et encore son attention sur moi, luttant comme un beau diable avec ce putain de charognard, qui me siffle sa haine et toute sa folie furieuse, sauvage, d'une cruauté barbaresque.
Et lentement, millimètre après millimètre, j'ôte Megildur des chairs de Harry, prenant garde à ne pas emporter sa Magie hors de son corps, en même temps que Salazar.
La longue langue noire et visqueuse affichant le visage de Voldemort regimbe farouchement, siffle rageusement. Salazar appelle ses frères et sœurs à lui, leur ordonne de venir l'alimenter de leur énergie et là-haut, la horde sauvage des Enfants souillés se jette contre le Bouclier déployé par Megildur, dans des chocs sourds et de puissants hurlements de fureur décuplée.
Salazar projette dans mon esprit l'image d'un serpent qui se jette en avant pour me mordre profondément à la gorge. Je lui oppose aussi sec le souvenir de Nagini que je décapite, puis ma Magie se dresse, déchirant Salazar à coups de griffes du Grizzly qui ont surgit au bout de ses doigts, s'agrippant à lui pour le ramener vers elle, vers les crocs menaçants qu'elle a sortis également.
Tu n'auras pas mon Âme Sœur, salopard ! Nous allons te pulvériser ! Te réduire à rien ! gronde-je, avec toute la force de ma conviction et de mon amour.
Salazar hurle, se débat, cherche à me faire plus mal encore, à m'affaiblir, en projetant dans mon esprit des souvenirs où il torture Harry et Jérémy, des Illusions dans lesquelles il torture, viole et tue Jonas et Jodie. Alors je me concentre sur les souvenirs de nos plus beaux instants partagés en famille, de moments où je fais l'amour avec Harry.
Il enrage, il brûle et se consume dans ce bain d'amour, tandis que je l'extirpe lentement, précautionneusement du corps de mon Harry, en le provoquant encore et encore, malgré l'atroce douleur qu'il m'inflige. Et quand je sens que sa prise sur la Magie de Harry se relâche enfin totalement, je tire d'un coup sec vers moi pour l'extraire tout à fait.
Et tandis que le corps de Harry s'affaisse sur le côté, Salazar fulmine de s'être fait gruger. Il comprend que nous avions anticipé ses réactions, prévu que Harry se ferait oublier tandis que je le provoquerai, que je retiendrai toute son attention, attiserai sa colère contre moi. Il pousse un rugissement frénétiquement enragé et, en une brusque et brève détente, il étend l'entièreté de son Aura dans laquelle explosent les éclairs vert Avada Kedavra de sa sauvage colère.
« Anéantis-le sans attendre, Ron ! Vite ! Avant qu'il soit trop tard ! » souffle Harry, dont je devine bien plus les paroles que je les entends vraiment, tant son chuchotement est ténu.
Salazar se rassemble maintenant, se ramasse autour de Megildur. Il s'enroule comme un serpent autour d'elle, comme s'il cherchait à l'étouffer de ses immondes anneaux visqueux et glacés. Ses sifflements sont plus que jamais furieux, enragés, frénétiques, impérieux, forcenés. Et là-haut sous la voûte, derrière le Bouclier dressé par Megildur, la horde des Enfants Souillés gronde et grogne, se ruant encore et encore en avant, dans des chocs effroyables de sauvagerie et de férocité brute, qui fissurent progressivement la Protection Elfique.
Mais je n'en ai cure, je me précipite pour m'agenouiller auprès de Harry, prenant bien garde à tenir Salazar hors de portée, en éloignant Megildur au plus loin possible vers ma gauche.
« Il faut te soigner, mon amour. » murmure-je, en découvrant la plaie située deux centimètres à gauche de son nombril.
« Pas le temps, Ron ! Le Bouclier va bientôt céder ! » répond Harry, en essayant de se redresser.
Je l'aide en le soutenant de mon bras droit, le ramenant vers moi et plaçant mes jambes de chaque côté de lui, afin de caler son dos contre ma poitrine. Je pose ma joue contre la sienne et le serre doucement sur mon cœur, mon regard rivé sur le sang qui s'échappe de la plaie béante.
Il faut que j'arrête l'écoulement de ce flot de sang, car c'est sa vie qui s'enfuit loin, trop loin de moi.
« Ron… ça n'aurait plus de sens ! » murmure Harry, qui ressent mon état d'esprit, mes émotions. Devine mes pensées.
« Non. Ce qui n'aurait pas de sens, c'est que tu meurs, avant que nous en ayons terminé avec ce salopard ! » réponds-je, ouvrant vivement ma veste de treillis, avant d'inviter : « Allez, les Gourgandines, c'est le moment où nous avons besoin de votre très précieux concours ! »
La quinzaine de Fées que j'abritais sous mon plastron d'Armure en peau de Foërlick depuis le début des combats, s'envole aussi sec pour secouer leurs ailes au-dessus de la plaie, dont j'écarte un peu plus encore les berges de mes doigts tremblants, afin que la poussière des Fées puisse agir au plus profondément possible.
« Ça va aller, mon amour. Tu verras, tu tiendras avec moi jusqu'au bout. » murmure-je, à l'oreille de Harry, lorsque les Fées reviennent se réfugier sous mon Armure.
Puis j'applique ma main droite sur la plaie et je jette un Sortilège de Guérison, dont je puise l'énergie dans mon cœur.
Harry arque son dos, souffle suspendu sous la brûlure qui cautérise ses vaisseaux sanguins et ses chairs déchirées, non seulement par la lame de Megildur, mais aussi et surtout par la lutte de sa Magie et la mienne, contre Salazar. Des larmes de douleur s'échappent de ses yeux et je les cueille d'un baiser papillon, avant d'embrasser sa bouche d'un furtif baiser dans lequel j'exprime toute la profondeur de mon amour pour lui. Je lui embrasse le front, les joues, le nez, les tempes, la bouche, aussi longtemps que je laisse ma main sur son ventre.
Espérant de toute mon Âme parvenir à le guérir suffisamment, afin que Salazar ne puisse plus s'engouffrer dans la moindre brèche de la cicatrice.
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Hermione
J'appelle Luna, Neville, Ginny, Théo, Draco, Sirius et Remus à nous rejoindre Blaise, Sev et moi-même, auprès de l'Autel d'Or, situé face à la paroi bleu nuit. Et je leur explique très rapidement ce qu'il se passe et que nous devons absolument aider Harry et Ron.
« Tout à fait Ok ! J'en suis à cent pour cent ! Mais que peut-on faire, si nous ne pouvons rejoindre Harry et Ron dans la caverne, sans nous faire tuer ? » demande vivement Sirius, avec angoisse.
« Il y a un moyen d'y parvenir ! Nous pouvons les aider en procédant tous ensemble à une Communion Magique ! Bien sûr, c'est excessivement risqué, mais… » réponds-je, avant d'être interrompue.
« Ce sera bien plus risqué si nous ne tentons pas l'expérience ! Harry et Ron auront en vain sacrifié leur vie et le Monde entier est foutu, si nous ne faisons rien ! Alors nul besoin donc de réfléchir, ni de tergiverser pendant cent sept ans ! Chaque seconde compte. Alors tout de suite au boulot ! » déclare énergiquement Draco, à l'approbation vive des autres, qui s'assoient immédiatement sur le sol pierreux.
« Comment s'y prend on, pour procéder tous ensemble à cette Communion Magique ? Et pour les rejoindre ensuite ? » demande Nev, d'un ton résolu.
Je laisse le soin à Sev de l'expliquer, en effectuant un signe de tête vers lui.
« Harry et Ron ne sont pas n'importe où, en ce moment. Les Protections des Roherdirons ne vous permettront pas de les trouver. Je suis le seul à pouvoir le faire et je vous guiderai jusqu'à eux, lorsque je jugerai notre Communion Magique suffisamment solidement établie. Quand nous serons sur place, alors seulement vous pourrez les sentir et communiquer avec eux. » explique-t-il, demandant ensuite à Draco et Remus d'intervertir leur place, avant d'ordonner : « Durant notre voyage sur le Sentier des Enfants Perdus, tenez-vous par la main en entrelaçant étroitement vos doigts, concentrez-vous sur Harry et Ron et surtout ne lâchez vos voisins sous aucun prétexte. Quand nous serons arrivés à destination, soyez très prudents et attentifs les uns aux autres, car Salazar va chercher à nous séparer, nous diviser, nous affaiblir par tous les moyens possibles. Alors surtout, prenez plus que jamais soin de toujours vous accrocher à vos voisins. Ne brisez pas la chaine, jamais, ou nous serions tous violemment expulsés, tués même probablement pour la plupart. Je coordonnerai donc notre action et déciderai qui doit jeter de l'Energie à Harry et Ron, en fonction de leurs besoins du moment. »
« Compris, Sev ! Sois assuré que nous respecterons tous tes ordres à la lettre et que la chaine ne sera jamais brisée ! J'espère seulement que les Protections vont nous laisser passer ! » s'exclame alors Ginny, entrelaçant déjà ses doigts avec ceux de Luna et Théo.
« Elles le feront, n'aies crainte. Ma présence avec vous le permettra. Attendez-vous seulement à être secoués au passage de chacune d'entre elle. » répond Severus, effectuant un signe de tête vers Dobby, afin qu'il dresse un Dôme Protecteur autour de nous.
Severus s'assure ensuite que nous sommes bien fermement accrochés à la main de nos voisins, avant de nous recommander de ne pas nous précipiter. Nos Magies se connaissent bien, certes, puisque nous nous côtoyons depuis pas mal de temps lors des Entrainements et avons vécus de nombreux évènements en commun, aussi bien dans le bonheur que dans le malheur. Nombres d'entre nous ont également œuvré ensemble en Mission pour Magie Mère, mais nos Magies ne sont pas toutes déjà très intimement unies les unes avec les autres.
« Il y a trois couples d'Âmes Sœurs, parmi nous. Alors le mieux c'est que chaque couple procède à sa Communion. Ensuite, Hermione finalisera le processus en nous reliant les uns aux autres, car c'est elle qui a établi déjà le plus de liens dans notre groupe. » conclut-il, tandis que nous signifions notre accord, d'un hochement de tête.
Et nous fermons les yeux, afin de mieux nous concentrer.
Ma Magie et celle de Blaise s'emmêlent très vite. Je les laisse flirter durant quelques secondes, afin de renforcer notre Communion et nous rendre indissociables l'un de l'autre. Puis je pars à la rencontre de la Magie de Severus, avec laquelle j'ai déjà des liens très solides également, puisque nos Magies et Esprits ont Communié à plusieurs reprises. La Magie de Sev doit cependant faire mieux connaissance avec celle de Blaise. Mais elles se reconnaissent rapidement toutes deux dans l'esprit des Chevaliers de Tyll Celwie o Agar Myrn et s'adoptent donc rapidement.
Neville maintenant, avec lequel j'ai déjà uni mes efforts pour réveiller la Reine des Nymphes. Sa Magie a déjà brièvement rencontré celles de Blaise et Severus à cette occasion et elle s'emmêle joyeusement à nous, avec ce sens de l'amitié et cette sagesse qui caractérisent mon ami.
Luna. Notre tendre, chère et énigmatique Luna, si clairvoyante. Sa Magie est d'une pureté cristalline et chantante, qui ne s'étonne nullement que nous envahissions son espace. Cela lui semble aussi naturel que de respirer et elle se tisse aux nôtres avec spontanéité et chaleur.
Ginny à présent, avec laquelle ma Magie a œuvré également dans l'Erin o Faelynaë. J'aime sa fougue généreuse, la simplicité avec laquelle elle accueille chacun, sa joie de vivre, sa franchise, sa vivacité d'esprit, son amicale loyauté et sa confiance absolue que nous permettrons à Harry et Ron de vaincre Salazar.
Ah ! Théo. Le Chevalier au grand cœur, sincère, généreux et franc comme l'or. Au sens aiguisé de l'honneur et de la galanterie ! Sa fragilité est sa force. Et il est persévérant jusqu'à l'épuisement ultime de ses forces.
Oh ! Merlin ! Remus ! Tout comme pour Théo, c'est la première fois que ma Magie rencontre la sienne et quelle chaleureuse sensation cela me procure ! Cet homme est vraiment la bonté, le courage incarné ! Il est également d'une solidité extraordinaire. D'une incroyable luminosité.
Sirius, maintenant, brièvement rencontré déjà lorsque Nev, Ginny et moi avons réveillé les Nymphes. Sirius est un poème et une épopée épique à lui tout seul. Foncièrement joueur et joyeux, d'une bravoure à toute épreuve. Opiniâtre dans l'adversité. Nul ne saurait le faire plier sous son joug. Aucun d'entre nous ne le ferait, bien sûr. Mais lui, Merlin, lui ! Tout comme Harry, il découragerait le diable lui-même de chercher à le corrompre !
Draco enfin. Draco est tout entier empli de son amour fraternel pour Harry et Ron. Il a changé depuis que j'ai rencontré sa Magie dans l'Eryn o Faelynaë. Il a acquis une gravité et une sagesse qu'il n'avait pas alors. C'est un cœur d'or, prêt à tout donner dans cette guerre, un protecteur attentionné, qui se battra jusqu'au bout de ses forces lui aussi, pour protéger Magie Mère et le Monde.
« Nous sommes prêts ! Et je sens nettement Harry et Ron ! Ils ont besoin de nous de toute urgence ! Alors allons-y, suivez-moi ! » déclare enfin Severus, dans mon esprit.
Et je me laisse aller, je m'envole à sa suite, passant en frémissant la Porte du Temple, dont la Magie est si pure et électrisante. La présence de Magie Mère est très puissante désormais, mais j'en ressens également une autre, beaucoup plus éloignée, vers laquelle Severus nous emmène à vive allure. Elle est terriblement furieuse, abominablement sombre et atrocement cruelle.
Voilà, nous remontons le Chemin des Âmes, songe-je.
Il est si proche et lointain à la fois, le jour où j'ai dupliqué le vieux grimoire, dans le bureau réquisitionné par Voldemort au Manoir Malfoy. Et j'étais très loin de penser alors, que je remonterai ce Chemin des Âmes un jour, pour aider mes frères de cœur à mettre fin à la Magie de Voldemort.
« Pas le Chemin des Âmes, Hermione. Le Sentier des Enfants Perdus. C'est ainsi que Harry préfère l'appeler. » rectifie Draco, d'un ton grave.
Oui, le Sentier des Enfants Perdus. C'est beaucoup mieux effectivement. Cela correspond bien davantage à ce qu'il est, c'est vrai. Harry a eu raison de le baptiser ainsi et je ne l'appellerai plus autrement désormais.
Secousse. Si brutale, que j'ai failli lâcher la main de Blaise. Je ne dois pas me laisser distraire par mes pensées, mais m'accrocher à Blaise et Severus. Me concentrer toute entière sur la tâche qui nous attend, me préparer à nourrir la Magie de Ron et Harry, de toute la mienne s'il le faut.
Me préparer à souffrir aussi. Car nous souffriront c'est certain. Moins que Harry et Ron, c'est indéniable. Mais une part de leur souffrance sera nôtre. C'est le prix à payer pour parvenir à les aider. Cependant c'est un bien petit sacrifice, au regard des enjeux. Et je le ferai jusqu'à épuisement de mes forces.
Les secousses se succèdent très rapidement. Je frémis de plus en plus fort, face à la noirceur, la cruauté belliqueuse, féroce et sauvage que je ressens de plus en plus fortement. Elle m'étreint le cœur et la poitrine, me broie les entrailles, m'écorche les oreilles de ses sifflements rageurs et hargneux.
Mais je ne cèderai pas ! Jamais !
« Putain ! Ça ne va pas être de la tarte ! Nous ne sommes pas encore arrivés et c'est déjà bien pire que ce que j'imaginais ! » murmure Blaise, en serrant davantage encore sa prise sur mes doigts.
J'approuve muettement. Nous le faisons tous.
La solidité de notre Communion me le communique. Aucun d'entre nous ne cèdera. Aucun ne pliera sous la douleur. Nous ne laisserons pas Salazar nous séparer. Quel que soit le prix à payer pour accomplir notre volonté d'aider Harry et Ron dans leur ultime combat contre lui.
Le voyage me semble très long, pour parvenir jusqu'à mes frères de cœur. Et si nous filions à vitesse vertigineuse jusqu'à présent, j'ai soudainement la sensation puissante que nous avançons maintenant au ralenti.
« Sev, que se passe-t-il ? » demande-je, très inquiète
« La masse des Enfants Souillés s'est unie pour dresser un Bouclier de Magie Noire, afin de se protéger des Roherdirons. Et je ne parviens pas à trouver le moyen de forcer le passage ! Je me heurte sans cesse à cette Barrière ! » répond-il, la voix hachée dans les efforts qu'il produit.
Et l'horrible douleur qu'il ressent se propage à nous tous.
« Merde ! Ça va nous tuer, si je tente encore de forcer ! Si près du but ! Je ne peux passer même en esprit seulement parce que je suis un Roherdiron ! Peut-être vaudrait-il mieux que je vous laisse ici et que vous poursuiviez sans moi ! » déclare subitement Sev, après encore deux poussées.
« Non ! Nous serons fichus si tu nous laisses ! Nous avons besoin de toi ! » réponds-je, avec vivacité, renforçant ma prise sur sa main.
« Ouais. D'accord avec Hermione ! Et parlons-en des Roherdirons justement ! Ils ont bien dû prévoir que l'un des tunnels pouvait toujours s'effondrer, alors il doit y avoir deux ou trois issues de secours quelque part, non ? » suggère aussitôt Nev, qui a travaillé assez souvent avec Dean dans les Passages Secrets, pour songer à ça.
« Je n'en sais rien ! Je n'ai pas eu l'occasion de venir par ici, ni le temps de m'intéresser à la question. » répond Sev, nettement ennuyé, profondément inquiet aussi.
Pour la vie de Harry. Il est blessé, devine-je confusément. Sérieusement blessé.
« Ne disposes-tu pas d'un moyen pour le savoir, accroché autour de ton cou ? » demande Remus avec douceur.
« Oui, bien sûr, mon Médaillon. Mais ça va abaisser vos barrières Protectrices en même temps que les miennes et vous allez avoir très, très mal. » répond Sev, avec précipitation.
« Il n'y a pas de chochottes ici ! Alors vas-y sans hésiter, on s'en remettra ! » gronde Blaise, dont le Tigre Royal est tout près de sortir.
C'est toute cette Magie Noire à l'état brut se trouvant à proximité, qui le met sur des charbons ardents.
« Si vous êtes sûrs… » murmure Sev, d'un ton sourd.
« Sûr ! » répondons-nous dans un chœur parfait.
« Ok. Mais ça va être atrocement insupportable alors accrochez-vous plus que jamais les uns aux autres et serrez les dents ! » déclare Sev, qui me demande ensuite de laisser glisser ma main jusqu'à son poignet et de suivre ensuite son mouvement.
Je lui obéis et j'accompagne son geste lorsqu'il lève la main pour appuyer sur son Médaillon.
Une lumière aveuglante et une douleur atroce explosent aussitôt dans mon cerveau et je ne peux retenir un gémissement. Cette atroce souffrance est heureusement très brève et Blaise avait raison, nous nous en remettons aussi vite ou presque cesse-t-elle.
Sev effectue aussi vite un demi-tour et bientôt nous surplombons à nouveau le Lac souterrain.
« Retenez votre souffle ! » ordonne-t-il soudainement et il plonge vivement vers les eaux sombres, nous entraînant presque jusqu'au fond avant de virer brusquement.
Nous filons en ligne droite et cela dure si longtemps que ma poitrine brûle. Bientôt la tête me tourne et je suis très tentée d'aspirer une grande goulée d'air. Mon cœur s'affole de plus en plus. C'est ridicule ! Je vais me noyer ou mourir asphyxiée, alors même que je ne suis pas réellement dans l'eau, mais sous un Dôme de Protection érigé par Dobby, dans le Temple des Elfes de maison.
Remontée soudaine en chandelle, vers des lueurs dansantes de flambeaux et brusquement nous émergeons.
J'aspire l'air avec bonheur.
Un bonheur bien éphémère toutefois. Car brusquement Harry et Ron sont là et une douleur foudroyante explose dans tout mon corps, m'écartelant, me déchirant, me broyant littéralement.
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Harry
Le Sortilège de Guérison de Ron brûle mes chairs et mes entrailles, dans une douleur si insupportable que j'ai l'horrible sensation que mon cœur va exploser.
Je me raccroche cependant de toutes mes forces à la douceur des baisers papillons qu'il dépose sur mes paupières, mes lèvres et mon visage, afin de ne pas hurler. Salazar serait trop heureux, si je criais. Il se nourrirait de ma souffrance, s'en abreuverait pour se renforcer.
Il utiliserait la douleur que Ron m'inflige pour tenter de nous séparer, nous leurrant l'un et l'autre, pour nous retourner l'un contre l'autre. Alors je dois me contenir. C'est tout à fait possible. J'ai déjà enduré bien pire. Je peux donc accueillir cette douleur-là. Et même la dorloter. Car c'est une douleur pour me guérir, non pour me torturer.
Oui j'ai supporté bien pire, oui, bien pire, quand Ron extirpait Salazar de mon corps. C'était une déchirure horrible, abominable, atroce. Autant et pire à la fois, que toutes les tortures subies dans la cave de Priest Hole Manor.
Comme si je les subissais toutes en même temps en réalité.
« Ses Serviteurs vont très bientôt le rejoindre, Harry ! » entends-je Tristan souffler discrètement à mon oreille.
Il est terriblement inquiet. Je le sens à sa façon de s'accrocher à ma Magie.
« Je sais, Tristan. » souffle-je en retour, accueillant la douceur d'un nouveau baiser de Ron sur mes lèvres, pour atténuer ma douleur.
« Il faut en finir très vite avec lui ! Alors ne t'épuise pas à chercher à me sauver, Harry ! Je ne veux pas que tu meures ! Ni Ron avec toi ! » murmure encore Tristan, d'un ton triste et doux.
« Et moi, je ne veux pas que tu disparaisses à jamais, dans les limbes de l'oubli, Tristan. Ce serait pour moi, comme si je tuais Jonas, Jérémy ou Jodie et j'y perdrais mon Âme. Alors s'il te plait, laisses-moi te sauver. » réponds-je, ma Magie l'enveloppant de ma tendresse pour lui.
« Je ne peux pas accepter cela, si tu dois en mourir ! » réplique Tristan en se lovant un peu plus étroitement contre moi.
« Quoi qu'il arrive, mon Âme, mon Esprit et ma Magie seront éternels, Tristan. » déclare-je, tournant mon regard vers lui, pour ajouter : « Rassure-toi, Tristan. J'ai accepté l'idée de mourir s'il le faut, c'est vrai. Mais je n'ai pas accepté de me laisser tuer facilement, tu sais. Je lutterai pour vivre autant que je le peux. Et Ron mènera cette lutte avec moi. »
Je lui souris et il a l'air un peu soulagé.
« J'ai cru… Enfin, comme tu ne voulais pas que Ron te soigne… » dit-il, levant vers ma Magie ses yeux bruns si tristes et doux qui en disent plus que des mots.
« J'avais trop mal et je voulais aussi et surtout le protéger. Je voulais qu'il en finisse vite avec Salazar, que Ron ait la vie sauve en parvenant à le vaincre avant que ses Serviteurs se libèrent et nourrissent la puissance de leur Maitre. Mais Ron m'a ramené à la raison, Tristan. Notre sacrifice n'aurait aucun sens, aucune valeur, si nous mourons sans lutter autant que nous le pouvons pour sauver aussi nos vies. Plus que tout, pour avoir une chance de vaincre Salazar, nous devons lutter ensemble, lui et moi. Jusqu'à épuisement, jusqu'à en mourir s'il le faut, ensemble, jusqu'au bout. » réponds-je, lui souriant encore avant d'ajouter : « Et le moment de lutter est venu, Tristan. Je vais bien mieux. Grâce aux Fées, au Sortilège de guérison et aux Potions que Ron vient de me faire boire. Alors préparons-nous, à vaincre Salazar. »
Tristan hoche la tête et me sourit.
« Je t'aime, Harry ! » dit-il, serrant ses bras autour de ma Magie.
« Je t'aime aussi, Tristan. » réponds-je, ma Magie le serrant en retour sur son cœur.
Et j'ouvre les yeux, accrochant mon regard à celui de Ron. Tristan s'est matérialisé à mon côté, s'accrochant soigneusement afin de ne pas s'envoler vers Salazar et se faire absorber tout aussitôt par sa noirceur. Ron nous regarde tous deux avec un sourire empli de sa tendresse.
Et cela achève de me ragaillardir. Autant que la Potion Revitalisante Renforcée et la Potion de Régénération Sanguine qu'il m'a faites ingurgiter il y a un instant.
« Je suis prêt, Ron. » souris-je, me redressant un peu pour effleurer à mon tour ses lèvres d'un baiser papillon.
Il cueille ma bouche pour approfondir ce baiser. Son amour pour moi explose, autant que mon amour pour lui le fait. Et lorsque nos bouches se séparent, nos cœurs battent à l'unisson et le regard de Ron me sourit.
« Ok. Moi aussi je suis prêt. Alors allons-y. Fichons lui la pâtée une bonne fois pour toute, à ce salopard ! » murmure-t-il, m'aidant à me redresser un peu plus, son bras droit enserrant ma poitrine.
Puis nous fermons les yeux et nos Magies s'emmêlent à nouveau, dans une Communion de nos deux cœurs, s'épousant très étroitement. J'invite ensuite Tristan à nous rejoindre. Il se love contre nous deux, s'accrochant à chacun d'entre nous et alors seulement Ron ramène Megildur devant nous. Mes mains se joignent aux siennes et nous entrecroisons nos doigts autour de la poignée, pour la maitriser, l'empêcher au mieux de tressauter et de s'échapper.
Car Salazar qui avait détourné son attention de nous pour se fixer sur les Enfants Souillés, les encourageant encore et encore à venir à lui, a désormais compris nos intentions. Il a pris la pleine mesure de notre implacable volonté. Il sait que nous n'avons pas menti et que nous sommes véritablement prêts à sacrifier nos vies, pour l'anéantir. Il a peur. De la douleur que nous allons lui infliger. De perdre la Bataille qui va incessamment s'engager entre nous et de disparaitre à jamais.
Alors il se cabre furieusement. Ses sifflements sont puissants, écorchant, transperçant nos tympans. Ses ruades sont violentes, impétueuses, farouchement saccadées.
« Deux Âmes Sœurs, Salazar ! Comme autrefois mes parents ! Mais unies aujourd'hui dans une Communion Magique, avec ce qui fût autrefois une part de la Magie de Tom Jedusor. Une part avec laquelle tu ne faisais qu'un au jour où Jedusor a essayé de me tuer et l'a rejeté. Une parcelle minuscule certes, mais si pure et lumineuse ! Un trio gagnant, Salazar ! Uni pour te vaincre et te faire disparaitre à jamais ! » murmure-je, en affermissant autant que je le peux, ma prise sur Megildur.
« A jamais, Salopard ! Car rien ne subsistera de toi quand nous en aurons fini ! » renchérit Ron avec détermination.
Et nos Magies étroitement unies par nos cœurs si amoureux et à la Lumière éclatante de Tristan, fusent pour nous lier à Megildur, comme le sont celles des Gardiennes et Roherdirons, de Greg et Inglorion.
Leurs visages apparaissent clairement dans mon esprit et je suis infiniment heureux, de retrouver la belle, la merveilleuse Lumière de Greg qui nous sourit avec amitié. De faire connaissance avec Ancalimë, Kementari et Vána. De m'unir à la loyauté des Roherdirons et d'Inglorion.
Les hurlements de douleur de Salazar explosent dans mes oreilles lorsque nous l'effleurons. Il lutte farouchement pour ne pas se laisser consumer par nos Lumières conjuguées et l'océan d'amour, d'amitié, de loyauté à Magie Mère dont nous l'enveloppons peu à peu.
Il siffle, dans des chuintements injurieux, obscènes. Se cabre dans des hurlements de rage. Allonge des griffes comme des rasoirs et nous lacère furieusement, nous infligeant à son tour d'atroces douleurs, lorsque sa noirceur tente de s'insinuer dans nos plaies. Mais nous gagnons peu à peu du terrain, jetant toute notre énergie dans ce farouche Combat, unissant plus que jamais nos cœurs, notre courage, pour les opposer à sa cruauté, à sa férocité âpre et barbare.
Soudainement cependant, le Bouclier Protecteur cède, dans des milliers d'éclats qui tintent comme du verre brisé et les hurlements de triomphe rageur de la horde sauvage des Enfants Souillés, déferle vers nous.
Salazar jubile aussitôt. Salazar triomphe dans un éclat de rire glacé, sarcastique, sadique, frénétiquement fou, parvenant dans un sursaut brusque à créer une petite brèche dans la Magie Lumineuse dont nous l'avons enveloppé, s'engouffrant immédiatement dedans pour tendre une main vers la horde.
« Ne te réjouis pas trop vite, salopard ! Ce n'est pas parce que tes Serviteurs accourent à ta rescousse, que tu as gagné ! » s'exclame Ron, dont la Magie endosse la forme de son Grizzly et se dresse en rempart.
Ron lacère les premiers Enfants Souillés à arriver sur nous, coupant en deux la Magie Noire de Bellatrix qui arrivait bien sûr en tête, d'un seul coup de ses puissantes griffes. Mais les deux parties se rassemblent quasi aussi vite et Bellatrix attrape la main tendue de Salazar qui l'attire prestement contre lui. La folie de Bellatrix explose aussitôt dans ma tête, dans un rire cruel et fou comme celui de son hôtesse antan. Elle exulte et jubile, sa Magie se pressant contre celle de celui dont elle est follement amoureuse depuis des années et des années. Sa bouche s'unit à la sienne dans un baiser avide. Son corps épouse étroitement le sien presqu'à fusionner.
Leurs Magies ainsi intimement épousées, Bellatrix et Salazar semblent ne former qu'une seule masse profondément noire, visqueuse, présentant leurs deux visages cruellement réjouis. Et cette masse de Magie Noire se hérisse d'épines, puis se cabre avec une violente vigueur, dans une tentative de se défaire de notre prise sur elle.
Mais nous tenons bon, raffermissant notre emprise autour de Salazar, malgré les blessures que nous occasionnent ses épines et celles de Bellatrix. Ma Magie effleure le visage de celle-ci, égratignant sa joue. Elle hurle aussitôt de douleur, les yeux exorbités de terreur. Et elle tente de fuir, de s'arracher à la prise de Salazar. Il la retient, la serre contre lui, l'enveloppe fermement de ses bras tentaculaires, penchant son visage vers elle, happant sa bouche. Et Bellatrix cesse de se débattre, elle se love à nouveau contre Salazar, répond avec avidité à son baiser.
Soudain bruit de succion goulu, écœurant. Et Bellatrix tente de se dérober, yeux écarquillés de surprise apeurée, comprenant que Salazar absorbe son Energie pour la faire sienne. Mais il lui a imposé sa volonté, l'a lié à lui et elle ne peut lui échapper, elle ne peut lui désobéir, ni se révolter. Elle ne peut que tenir la promesse qu'il lui a arrachée malgré elle et lui faire offrande de son énergie. Et il l'avale bientôt toute entière, profitant aussitôt de la puissance Magique qu'il a volée à Bellatrix, pour se débattre, nous attaquer, nous déchirer avec fureur et une vigueur décuplée.
Mais nous lui opposons toujours des vagues de notre amour pour Magie Mère, nos familles, nos amis. Et quand il nous touche, cela provoque en lui une terrible brûlure. Il se ratatine alors sur lui-même dans un réflexe défensif, qui nous permet de reprendre un peu du terrain que nous avions perdu sur lui. Il s'affole aussitôt, se débat comme un forcené, parvenant dans un sursaut brusque et désespéré, à glisser une épine hors de notre emprise. Il bride sa douleur, se concentre, allonge et transforme cette épine en deux bras, attrape deux autres Enfants Souillés, qu'il absorbe cette fois tout aussitôt, s'en délectant, les savourant, se nourrissant de cette Energie qui lui offre la puissance barbare et sanguinaire dont il est si friand.
De terribles images de viols et de tortures explosent dans ma tête. Des incendies me consument de l'intérieur. La souffrance est abominablement atroce et je cherche désespérément mon souffle dans des cris muets.
Ne pas flancher, surtout ne pas flancher ! Résister à cette effroyable et foudroyante douleur, l'expulser vers Salazar !
Me raccrocher à l'amour des miens. Repousser grâce à lui la noirceur de Salazar.
L'envelopper plus étroitement de ma Magie conjuguée à celle de Ron, Greg et tous les autres, car pour le moment cela épuise son Energie plus rapidement qu'il en absorbe.
Tendre l'oreille vers le chant si doux de Plume d'or qui me nourrit de l'amour de Jonas, Jérémy et Jodie, de la chaleur, de l'amitié de toutes celles et ceux que j'aime.
A mes côtés, Ron se bat avec autant de ferveur et de détermination que moi. Et Tristan lutte aussi de toutes ses forces, pour garder la pureté, l'innocence qu'il oppose à la noirceur de Salazar. Greg, Inglorion, Ancalimë, Kementari, Vána et tous les Roherdirons qui ont depuis toujours voué leur vie à la sauvegarde de Magie Mère, produisent également des efforts surhumains, surelfiques, pour vaincre la folie et le désir de Salazar, de plonger le Monde dans les Ténèbres, de provoquer le chao, l'effondrement de tous les Mondes, dans l'espoir délirant d'acquérir l'Immortalité et la Puissance suprême, de dominer tous les Humains, les Êtres et Créatures du nouvel ordre qu'il établirait à la gloire de sa seule et unique personne.
Car il n'a toujours pas compris que son entreprise est vouée à l'échec, même s'il venait à être vainqueur de notre Combat. Il n'a toujours pas compris que Mère Nature ne saurait tolérer qu'il détruise ce qu'elle a créé et qu'elle précipiterait la fin de la Magie, en ne mettant plus d'hôte à sa disposition.
Et qu'il s'épuiserait peu à peu, dans la solitude de sa rage et l'Enfer personnel de sa haine.
Le temps défile, sans que je puisse l'évaluer. Salazar absorbe les Enfants Souillés assujettis à sa volonté les uns après les autres, enflant progressivement, malgré tous les efforts que nous fournissons, toute l'Energie que nous brûlons pour consumer la sienne.
Notre souffrance est effroyablement atroce, nous nous épuisons progressivement, tandis qu'il se renforce à présent peu à peu. Ma blessure est à nouveau béante, sous la poussée des terribles efforts que je fournis sans compter et sous les attaques de Salazar qui cherche à s'engouffrer dedans pour me posséder.
Et malgré la Potion de Régénération Sanguine que j'ai avalée tantôt, je sens que ma vie s'enfuit de nouveau progressivement de mes veines.
« Vite les Fées ! Harry a besoin de vous ! » murmure Ron, avant d'embrasser furtivement ma tempe, pour m'encourager à tenir bon, coûte que coûte.
OoOoOoO
Neville
L'incroyable douleur qui explose dans mon corps, dans mon cœur et dans mon Âme, dans une cacophonie insupportable de hurlements et sifflements rageurs, me coupe le souffle, que j'ai à peine eu le temps de reprendre après avoir émergé du Lac souterrain.
Je n'ai jamais eu à subir directement de torture, le Ciel m'en a préservé. Je reconnais cependant sans peine la terrible souffrance qu'infligent les Doloris, pour en avoir fait l'expérience alors que j'étais bébé, au travers de la Communion Magique partagée avec mes parents.
Et je reconnais également la douleur, assurément imposées par les Maléfices de Lacération, de Brûlure, de Fouet Tranchant, Fractures et autres tortures, car Blaise, Théo et Draco ont eu à en souffrir autrefois, sous les tortures infligées par Thorpe, Parkinson et Lucius.
Mon corps est toujours intact là-bas dans le Temple des Elfes de maison, mais ma Magie souffre mille morts et je dois fournir des efforts incommensurables afin de ne pas hurler, ni me débattre pour m'arracher à cette monstrueuse douleur.
Je ne dois surtout pas lâcher mes compagnons ! Je ne le ferai jamais ! Je n'abandonnerai pas mes amis à leur sort ! Je ne risquerai pas leur vie ! Ne mettrai pas en danger la victoire de Harry et Ron sur ce monstrueux Salazar !
La main de Luna et celle de Blaise, sont mes seules sources de chaleur et d'apaisement. L'amour, l'amitié, la détermination de vaincre que nous partageons tous dans l'union de nos cœurs, sont ma seule force.
« Repoussez cette foutue douleur ! Parez-vous mentalement d'un solide Bouclier ! » ordonne Severus, avec fermeté.
Et j'imagine aussitôt que je jette une Bulle de Protection autour de nous. La douleur reflue aussitôt, jusqu'à devenir un vague et très désagréable souvenir, qui pulse doucement dans mon cerveau.
« Pu… tain…de… nom…de… Zeus ! » souffle Sirius, relâchant tout l'air qu'il a dans les poumons, puis inspirant à fond, avant d'ajouter : « Putain de nom de Zeus ! J'ai l'impression que je viens de prendre aux moins dix Doloris et autres Maléfices de torture d'un seul coup ! »
« C'est tout comme, Sirius. Salazar torture Harry et Ron au travers de leur Magie et cela nous atteint aussi. » répond Severus, qui reprend également son souffle.
« Ça ne s'est pas du tout passé comme ça, avec Vása ! Il ne nous a pas torturés, je n'ai ressenti aucune douleur ! Je n'ai vu aucune horrible image dans ma tête non plus comme cela a été le cas ici. Pourquoi est-ce si différent ? » demande Théo, qui entraine le bras de Ginny à se lever en même temps que le sien, pour essuyer son front perlant de sueur sur la manche de son treillis.
« Tu as nourri les Magies de Greg et Inglorion de la tienne, mais tu n'étais pas lié à Megildur, comme c'est le cas pour Harry et Ron. En conséquence, tu ne ressentais pas ce que Vása a pu infliger aux Magies de Greg, Inglorion et les autres. C'est pour cela que nous devons très vite aider Harry et Ron. Leur corps, leur esprit et leur Magie ne pourraient pas souffrir cette douleur bien longtemps, sans apport d'Energie Magique supplémentaire. » répond Severus, reprenant brièvement son souffle avant de poursuivre : « Il faut vite évaluer la situation, organiser nos interventions. »
« La situation est simple ! Nous avons affaire à la plus énorme masse de Magie Noire de l'univers ! Putain ! Mais regardez-moi ça ! On va en avoir pour des heures, à le combattre, s'il absorbe tout ça. Mais merde ! Combien de Mangemorts, Harpies, Vampires et autres Trolls ou Crabes de Feu avons-nous donc tués ? » répond Blaise, ses yeux écarquillés d'un effarement effrayé, rivés vers le haut.
Mon regard suit la même direction que le sien et je suis effaré moi aussi par ce que je découvre : piqué sur Megildur, Salazar a la forme d'une énorme boule noire gluante, hérissée de grosses épines très pointues et coupantes. Les Magies conjuguées de Harry, Ron, Greg, Inglorion, Gardiennes et Roherdirons, l'enveloppent au plus étroitement possible. Mais une bonne douzaine de bras parviennent à s'infiltrer dans des déchirures de leur enveloppe lumineuse, se saisissant des Enfants Souillés qui se pressent par centaines et centaines au-dessus d'eux, se bousculant dans des hurlements de fureur, pour saisir au plus vite les mains tendues. Et Salazar les absorbe tour à tour goulument, à vitesse folle, se gonflant aussitôt de leur puissance.
« Je vais prendre contact avec Harry et Ron ! Il faut qu'ils sachent que nous sommes là et qu'ils doivent prendre l'Energie Magique que nous allons leur offrir. Alors préparez-vous, car cela va ouvrir les vannes et vous allez à nouveau partager leur douleur. Moins fort qu'eux certes, mais ce sera atroce quand même. Et… » décide Sev, avant d'être interrompu.
« Combien de fois moins ? Je veux juste savoir pour mieux me préparer. » demande en effet Ginny, qui resserre sa prise sur la main de Théo.
« Dix, peut-être même douze fois moins. Mais ce sera atroce quand même. Alors opposez immédiatement des souvenirs heureux. Hermione, dès qu'ils savent que nous sommes là, soit bien attentive à leur besoin et jette une bonne dose de ton Energie conjuguée avec celle de Blaise, vers chacun d'entre eux. Je verrai ensuite à qui le tour de donner, en fonction de ce qui leur sera nécessaire. Je pense cependant que tu peux d'ores et déjà te préparer à leur jeter de l'Energie chargée de pouvoir de guérison. » répond Sev, avant de fermer les yeux, pour mieux se concentrer.
Je tends l'oreille, mais c'est dans ma tête que je l'entends appeler Ron et Harry. Aussitôt, je ressens à nouveau une douleur effroyable, atténuée par mon Bouclier cette fois. Et je me dis qu'il faut un sacré et incroyable courage à Harry et Ron, pour en supporter dix ou douze fois plus que ça. Ce qui me donne le courage à moi-même de faire front, envers et contre tout.
Sev doit les appeler à quatre reprises par-dessus la cacophonie des Enfants Souillés hurlants, avant que Ron réponde enfin.
« Sev ! Harry est blessé ! Les Fées l'ont aidé trois fois déjà, et elles n'ont plus de poussière ! Il saigne ! Plaie à gauche du nombril ! Dépêche-toi de faire quelque chose, il s'affaiblit ! » s'écrie-t-il au loin, avec une inquiétude palpable qui me gagne.
« Je m'en occupe ! Dis-lui de saisir ce que je lui envoie et de se soigner avec ! Et prends ensuite ce que je te donne ! » s'écrie Hermione, jetant aussi vite un puissant jet d'Energie.
Ce jet prend la forme du Tigre Royal de Blaise, pour se précipiter vers Harry, que je vois maintenant nettement, lové entre les bras de Ron. Il attrape d'un geste lent l'Energie conjuguée de Blaise et Hermione, la plaque sur son ventre en grimaçant de douleur, la laissant agir durant quelques secondes, avant de jeter un peu d'elle en direction de Salazar. Et Ron jette en même temps ce qu'il a reçu lui aussi.
C'est aussitôt une furie autour de Megildur, qui tressaute violemment entre les mains de Ron et Harry.
Je devine que la souffrance de Salazar est terrible et je n'ai qu'une envie : jeter sur lui tout ce que je peux, afin qu'il souffre davantage encore et se consume très vite. Mais je sais que c'est impossible, que Harry et Ron sont un vecteur obligé, que ce sont eux que nous devons nourrir de notre amitié et de notre Energie, pour les aider à supporter le calvaire qui est le leur.
Leur permettre, je l'espère de tout mon cœur, de vaincre Salazar.
Les brusques soubresauts de Salazar laissent peu à peu place à de gémissantes contorsions et si Megildur vibre encore beaucoup entre les mains de Harry et Ron, elle ne tressaute plus violemment comme elle l'a fait tantôt.
Salazar a un peu dégonflé. A peine. Ses épines semblent également un chouia moins longues. Mais l'accalmie ne dure pas bien longtemps et sur un sifflement haineux, de longs et fins bras noirs s'insinuent à nouveau brusquement au travers des petites fissures de l'enveloppe lumineuse qui l'enserre, à la recherche de nourriture. Aussi sec des Enfants Souillés se pressent au-devant d'eux et il les saisit vivement, les avalant avec gourmandise et une délectation cruelle.
Et c'est une nouvelle explosion d'images horribles dans ma tête, une nouvelle explosion de monstrueuse douleur dans mon cœur.
J'oppose aussitôt des souvenirs heureux. Puisant en eux la force de jeter mon Energie conjuguée à celle de ma douce Luna, vers Ron et Harry, lorsque Sev m'en donne l'ordre.
Salazar se contorsionne de douleur lorsque mes amis la lui jettent à ma figure. Il hurle de souffrance. Et je me sens infiniment heureux, d'être un artisan de sa perte.
Mais cela est de courte durée. Et je suis profondément malheureux, lorsqu'il se venge, me touchant en plein cœur, par l'intermédiaire de mes deux amis.
Mais je ne lâcherai pas. Non. Jamais !
Je resterai avec eux jusqu'à la fin !
OoOoOoO
Ron
Harry saigne abondamment.
Trois fois déjà que les Gourgandines ont secoué leurs ailes au-dessus de cette blessure que je lui ai infligée pour extirper Salazar de son corps. Mais les Attaques sadiques de ce putain de salopard ciblent sa blessure dès qu'il le peut.
La peur attise sa folie furieuse. Il a trouvé une parade, élaboré un nouveau plan. Je ne sais d'où cela vient, mais cela apparait aussi clairement que s'il avait dessiné ses projets dans mon esprit. S'il ne peut atteindre Magie Mère aujourd'hui, il le fera un autre jour. En attendant, il veut revenir à la vie, se constituer une nouvelle armée qui prendra le contrôle de la Celtycie et du Temple. Et pour y parvenir, il veut prendre possession de mon Harry. Qu'il devienne l'instrument de sa vengeance contre nous et le Monde, comme il a été le chef de file de notre Combat à son encontre.
Putain d'enfoiré ! Il n'a toujours pas compris que Harry résistera jusqu'à la fin ! Qu'il n'acceptera pas d'être l'instrument de sa vengeance. Que son Âme et son cœur ne lui appartiendront jamais ! Qu'il préfère la mort à ce destin !
Attaque. Vision du règne de terreur qu'il veut imposer au Monde Entier. Tous les Humains, tous les Elfes, toutes les Créatures sont à son service. Tous rampent à ses pieds pour implorer sa clémence, se plient en quatre pour accomplir ses désirs, sa volonté, satisfaire ses plaisirs pervers et cruels. Il viole des enfants sous les yeux de leurs parents. Il torture des parents sous les yeux de leurs enfants. Se nourrit de la peur qu'il inspire, se délecte de la souffrance qu'il inflige.
Contre-Attaque. L'amour, toujours l'amour. L'amitié encore et encore. Le bonheur simple d'un câlin de nos enfants, d'une promenade en famille, d'un chant de Noël chanté en chœur et des rires d'enfants, de leur cris de joie quand on les chatouille.
Il brûle et se contorsionne dans des ruades épouvantablement brutales et des cris déchirants de douleur. Et se venge en nous jetant des Maléfices pour nous faire souffrir en retour, annihiler notre volonté, nous faire plier sous son joug délirant, nous imposer sa fureur et sa haine.
Angoisse. Le corps de Harry s'affaiblit, il s'affaisse et s'alourdit peu à peu contre moi. Il tremble de tous ses membres, transpire abondamment. Et je crains plus que tout pour sa vie.
Je ne veux pas qu'il meure maintenant ! S'il meure, j'ignore si j'aurais assez de force pour vaincre ce salopard de Salazar, avant d'aller le rejoindre au Paradis.
« Ron ! Harry ! Ron ! Nous sommes là ! Nous sommes venus vous aider ! Harry ! Ron ! » entends-je soudainement la voix de Sev, dans mon esprit, très loin un peu plus haut sur mon côté droit.
Vif coup d'œil par-là. Mon cœur bondit dans un sursaut de joie. Sev, Hermione, Blaise, Draco, Sirius, Remus, Theo, Ginny, Nev et Luna sont là. Ils sont venus pour nous aider. Nous nourrir de leur Energie.
Voilà notre chance de sauver Harry ! J'en suis profondément convaincu !
La Reine des Nymphes me l'avait dit. Je devais espérer, je devais avoir confiance. De l'aide nous parviendrait et une chance de vivre un bonheur paisible, nous serait offerte avant que ne vienne la fin.
Mais Salazar ne doit pas savoir qu'ils sont là. Ou il leur fera du mal ! Il les affaiblira eux aussi, les attaquera, les torturera.
Alors je vais devoir distraire son attention ailleurs, au plus longtemps possible.
J'allonge le bras. Coup de griffe de mon Grizzly pimenté à la sauce d'amour. Salazar souffre. Il brûle. Il est donc distrait et je peux maintenant répondre à l'appel de Sev.
« Sev ! Harry est blessé ! Les fées l'ont aidé trois fois déjà et elles n'ont plus de poussière ! Il saigne ! Plaie à gauche du nombril ! Dépêche-toi de faire quelque chose, il s'affaiblit ! » m'écrie-je, jetant en même temps toute la puissance de mon amour vers Salazar afin de prolonger sa distraction.
Il enrage et se cabre.
« Je m'en occupe ! Dis-lui de saisir ce que je lui envoie et de se soigner avec ! Et prends ensuite ce que je te donne ! » répond Hermione, qui conjugue sa puissance avec Blaise pour jeter de l'Energie vers Harry et moi.
Un Tigre Royale, vert feuille et brun chocolat, chargé d'amour et de pouvoir de guérison bondit aussitôt vers nous, puis un second. Une part pour Harry et une pour moi.
« Tu as entendu, mon amour ? Prends ce qu'Hermione et Blaise t'envoient et soigne ta blessure. » encourage-je Harry, murmurant au creux de son oreille.
Salazar ne peut pas m'entendre. Il est trop occupé à hurler sa douleur, à nous promettre que sa vengeance sera terrible.
Harry saisit mollement l'Energie qui se précipite vers lui et la plaque sur son ventre, arquant son dos sous la douleur que cela lui inflige. Il gémit et tremble convulsivement, mais je sens qu'il reprend aussi des forces, que sa vie cesse de fuir son corps si douloureux. Puis soudainement, il projette ce qu'il reste de l'énergie de Blaise et Hermione vers Salazar qui recommence déjà à avaler des Enfants Souillés.
Je jette aussi sec moi aussi ce qu'Hermione et Blaise m'ont offert.
La douleur, la fureur de Salazar se déchainent. Le Sortilège de Guérison a lacéré sa masse et il précipite toute sa noirceur vers cette plaie pour empêcher notre Lumière de s'insinuer en elle. Une matière noire, visqueuse et gluante s'écoule de la plaie, la colmate puis durcit, comme le magma d'un volcan qui se refroidit.
Et Salazar se venge de la blessure que nous lui avons infligée, jetant toute sa haine et sa férocité vers le ventre de Harry. Je m'interpose vivement, déchire ses sortilèges à coups de mes griffes de Grizzly, pousse des grognements en découvrant mes crocs qui lui promettent que jamais il ne verra son triomphe.
Une Fleur chantante d'Energie pure parvient jusqu'à moi et je m'en saisis vivement. Je ressens toute la tendresse et la solide amitié de Luna et Neville dedans. Et je les jette au visage de Salazar, en les conjuguant à ma volonté inflexible de protéger le Monde.
Salazar ressent cela comme un torrent qui le noie et le broie de douleur. Mais je perçois également qu'il comprend que d'autres sont venus nous rejoindre dans notre Combat forcené et j'en ai la preuve lorsque sa douleur s'apaise un peu et qu'il contre-attaque. Car il nous envoie alors les souvenirs de Bellatrix, qui torture les parents de Neville, riant, s'amusant comme la folle qu'elle était. Il projette des images de Cooper baisant Luna dans ses fantasmes libidineux, des Illusions où il torture lui-même Nev, où Nev prend plaisir à torturer Luna et inversement.
J'ai mal pour mes amis. Car je sais qu'ils voient ces images à travers moi, malgré tous mes efforts pour y faire barrage. Qu'ils ressentent la douleur des tortures.
Vague de douceur, d'amour et de tendresse. Harry m'embrasse, dans un baiser passionné.
Salazar enrage. Il se jette en avant pour nous séparer. Harry lui flanque son poing au visage, puis écrase sur sa pommette droite une lune et une étoile entrelacées d'Energie gorgée de générosité et d'amour.
Théo et Ginny, réalise-je, lorsque je saisis à mon tour, les mêmes lune et étoile, que je jette pile dans l'œil gauche de Salazar.
Hurlements, sifflements. Vociférations haineuses. La fureur de Salazar est à son comble. Il trépigne et piaffe dans une frénésie de douleur impérieuse. Et de nouveau un magma visqueux s'écoule, afin de boucher la brèche créée dans sa masse.
Harry et moi échangeons un vif regard. Nous savons, nous avons soudainement compris comment vaincre Salazar. Et surtout comment réduire la quantité de Magie Noire Originelle à rien dans les entrailles de Tyll Celwie, éloignant à jamais les menaces qui pèsent sur Magie Mère, depuis qu'elle est apparue.
Mais nous devons le taire, nous devons patienter, supporter les terribles souffrances qu'il nous inflige aussi longtemps que nous le pourrons, avant de jeter notre ultime effort. Ce que nous savons désormais pouvoir réaliser, vaut bien ce sacrifice.
Nous pouvons y parvenir.
Oui, nous pouvons y parvenir !
Douleur, supplices, visions d'horreur.
Salazar se venge abominablement, atrocement. Encore, encore, encore et toujours.
Mais nous résistons. Encore, encore, encore et toujours.
« L'aide que nous recevons est très précieuse, mais elle n'est pas suffisante ! Je sais ce dont nous avons besoin, mais il nous faudrait pouvoir faire parvenir un message à Nyween Faelynaë. » murmure la voix de Vána dans ma tête.
De l'aide supplémentaire. Oui, elle serait bienvenue. Car nous nous essoufflons, nous perdons nos forces, nous épuisons, malgré la quantité phénoménale d'Energie que nous ont déjà fait parvenir Sev et les autres.
« Plume d'or, le Phénix de Jonas ! Il est encore ici, je l'entends chanter pour nous, par-dessus les hurlements de la horde des Enfants Souillés ! Alors demande à Plume d'Or de délivrer le message à Jonas ! Il le transmettra à Maman ! » répond Harry dans un souffle léger.
Excellente idée ! Et je me félicite d'avoir eu la riche idée moi-même de faire venir Jonas dans le Temple des Elfes. Merci aux cieux de m'avoir bien inspiré sur ce coup !
Le chant du Phénix s'enfuit. Cela laisse un vide dans mon cœur. Mais cela m'encourage aussi.
Car même s'il faudra sans doute du temps avant que l'aide demandée nous parvienne, je sens, au plus profond de moi qu'elle nous parviendra au moment le plus opportun.
OoOoOoO
Bill
Bordel !
J'ai souvent eu l'occasion de contenir des Dômes lorsque Harry était captif à Priest Hole Manor et je croyais que rien ne pourrait être pire, que ce qu'il s'est passé lorsque Harry a été effroyablement torturé par Voldemort.
Et pourtant…
Ce qu'il se passe en ce moment même, est bien, bien plus terrible.
Après seulement une demi-heure à peine, le Dôme était déjà très large, très élevé.
Une heure à peu près s'est passée depuis et il est à présent d'une couleur noire en total contraste avec la blancheur immaculée de la caverne. Il y a aussi comme un arc électrique d'une vilaine couleur vert Avada Kedavra, qui siffle et chuinte dans des sons si aigus qu'ils nous vrillent les tympans et de nombreux, très nombreux éclairs de couleurs douteuses, fusent comme des Maléfices, provoquant des tressautements et vibrations de la coupole.
C'est effroyable et je m'attends à tout moment à ce que le Dôme se fissure, craquelle et nous explose en pleine figure !
Les Elfes de Maison sont très nombreux à soutenir Roi Dobby, qui chancelle sous les efforts. Cuthalion, Merzhin, Aldaron et deux dizaines de Haut Elfes se sont également joints à nous dès le début des hostilités, pour dresser un solide Bouclier autour du Dôme. Mais nous avons beau nous relayer régulièrement, nous commençons tous à être sérieusement fatigués.
« Merzhin ! Il faut que des Roherdirons viennent nous aider, sinon, nous ne tiendrons pas beaucoup plus longtemps ! Il faut également que nous ayons une idée exacte de ce qu'il se passe dans le ventre de Tyll Celwie ! » s'exclame Nally, qui est d'une pâleur à faire peur.
Je n'ose imaginer ce qu'elle peut ressentir, émanant du Dôme mais aussi de toutes celles et tous ceux qui sont rassemblés ici. Car il est clair que tout le monde est terriblement inquiet. Angoissé jusqu'à la moelle.
J'angoisse moi aussi. Non seulement pour Harry et Ron, mais également pour Ginny, Théo, Draco, Sev, Sirius, Remus, Nev, Luna, Hermione, Blaise.
Merzhin hoche la tête pour acquiescer, puis il plaque sa main sur sa poitrine à hauteur de son Médaillon et quelques secondes plus tard, une trentaine de Roherdirons traverse la Paroi bleu nuit, se répartissant aussitôt autour du Dôme, levant les deux mains paumes à demie tournées vers le ciel, tandis qu'autant d'autres se tiennent derrière eux, prêts à prendre le relais ou à les appuyer si cela s'avère nécessaire.
Des Sortilèges fusent et le Dôme désenfle un chouia.
Alors Merzhin plaque de nouveau sa main sur son Médaillon, fermant les yeux et cette fois, lorsqu'il relâche sa pression, son Médaillon émet une lumière qui va frapper le Dôme de plein fouet, rebondissant dessus, puis formant une sphère dans laquelle nous voyons clairement Harry et Ron.
Putain de Salazar ! C'est effroyable !
Harry et mon frangin brandissent Megildur autour de laquelle s'agite furieusement une énorme masse noire et visqueuse, hérissée de longues, épaisses épines et d'une multitude de bras, de mains avides d'attraper tout ce qui est à leur portée.
Cette masse de Magie Noire est solidement enveloppée par une lumière éclatante, mais des centaines de visages profondément marqué de haine et de rage, se pressent tout autour et les mains s'en saisissent, se transformant alors en bouches qui absorbent aussi sec les visages.
Et la masse enfle inexorablement.
Soudainement, la masse de Magie Noire hérissée est frappée d'un éclat de Lumière et elle se rétracte, se cabrant, ruant, regimbant à toutes forces. Puis, dès qu'elle se calme un peu, je note que la fréquence des éclairs Maléfiques dans le Dôme, augmente conséquemment.
Et la masse noire et visqueuse à peine désenflée, recommence à avaler avidement, goulument des Enfants Souillés.
Bordel !
C'est plus effroyable encore, que tout ce que j'aurais pu imaginer ! C'est même au-delà de l'imaginable ! Il faut le voir pour le croire. ! Il faut le voir, pour mesurer toute l'horreur et le danger de la situation !
Salopard de Salazar ! Il a vraiment bien préparé son coup ce sale putain d'enfoiré !
Et je n'ose penser à ce que Harry et Ron doivent déguster. Nom de nom de bordel ! Ça doit être atroce ! De quoi perdre la raison autant que la vie !
Harry et Ron. Mon regard dévie sur eux.
Blotti dans les bras de Ron, Harry est visiblement épuisé. Une tâche sombre s'élargit sur son tee-shirt déchiré à hauteur du ventre. Son visage marqué de souffrance est d'une pâleur à faire peur, ses yeux sont affreusement cernés, ses bras tremblent et il transpire à grosses gouttes.
Et Ron n'est guère beaucoup mieux. A peine moins misérable. Juste un poil plus épargné par la fatigue et je ne doute pas un instant qu'il souffre le calvaire lui aussi.
« Combien d'Enfants Souillés sont-ils parvenus à rejoindre Salazar, Fëanturi ? » demande Nally, dans un souffle rapide en angoissé.
« Hormis ceux des Détraqueurs, Chimères, Trolls et Crabbe de Feu contaminés que nous avions contenus dans deux autres Antichambres, tous ! Ceux qui avaient été enfermés dans des Sphères ont été libérés par ceux qui ne l'étaient pas. Et en tout, ils étaient mille huit cent quatre-vingt-sept Magies Souillées de Mangemorts, Harpies et Vampires ! » répond Fëanturi, tandis que je me sens devenir exsangue, cheveux et poils dressés d'horreur.
Putain ! Je savais que cela avait été un massacre, mais j'étais loin de penser quand même que nous avions tué autant de Mangemorts, Harpies et Vampires ! Et c'est sans compter les Détraqueurs, Trolls, Crabes de Feu et Chimères !
C'est impensable ! Effroyable !
« Peut-on savoir combien il en reste ? » demande Charly, d'un ton très vivement alarmé, tandis que Plume d'or revient, filant droit vers Jonas sur les genoux duquel il se pose.
« Mille cent soixante-trois ! » répond aussi sec Fëanturi, comme si le décompte avait pu s'effectuer dans sa tête, à mesure du festin de Salazar.
Corne de bouc ! Salazar a déjà absorbés 724 Enfants Souillés ! Ce n'est pas étonnant que Harry et Ron sont tous deux dans cet état lamentable ! Et bordel ! Jamais ils ne tiendront le choc, face à tout ce qu'il reste ! Même avec Sev et les autres en renfort !
« Jamais ils ne s'en sortiront ! C'est impossible ! Pas sans aide supplémentaire ! Nous devons faire quelque chose pour les aider, Nally ! » m'exclame-je, des sueurs froides me dégoulinant dans le dos.
Le Monde Magique court à sa perte, si nous ne faisons rien d'autre que contenir ce fichu Dôme qui pourrait bientôt nous exploser à la gueule ! Et au train où vont les choses dans les entrailles de Tyll Celwie, ça ne tardera pas à péter, j'en suis certain !
« Plume d'Or dit à Jonas qu'il faut chanter Mamie Nally ! Tout le monde doit chanter avec tout son cœur, pour demander aux Anges de veiller sur Papa Harry et Papa Ron ! Et puis il faut faire de la musique avec les tambours, claquer des mains et danser comme au mariage de Dobby et Dyna aussi ! C'est ça qui va les aider ! C'est ta Maman Vána qui a dit à Plume d'or qu'il fallait faire ça ! Ils pourront nous entendre ! Et sentir qu'on les aime tous très fort ! Ils pourront recevoir notre Energie ! Ça va traverser par-là et ils vont entendre et sentir qu'on les aime et c'est ça qui va les aider ! Ils pourront prendre notre Energie et notre amour ! » s'exclame Jonas, qui a déboulé comme une fusée à FeuxFous, pour se placer devant Nally et désigne de son doigt la paroi bleu nuit que Plume d'Or retraverse pour rejoindre Harry et Ron.
Ça semble fou. Complètement dingue ! Mais je crois dur comme fer, que Plume d'Or est effectivement venu délivrer un message de Vána à Jonas.
Et je me sens prêt à chanter, claquer des mains et danser toute la nuit pour aider Harry et Ron à vaincre ce sacré foutu salopard de putain d'enfoiré de Salazar.
Ouais ! Ce n'est pas seulement le Combat de Harry et Ron !
Ce doit être notre Combat à tous !
OoOoOoO
Draco
Putain !
Ce que j'ai subi quand Pansy m'a torturé dans les Cachots Perdus ou même Lucius dans les Cavernes du Diable, ce n'était rien à côté de ce que nous endurons ici.
Je me demande sans cesse comment Harry et Ron parviennent à supporter dix, voire douze fois pire. Il faut vraiment qu'ils soient sacrément forts, sacrément courageux ! D'autant plus, qu'ils trouvent encore le moyen de me donner le courage nécessaire pour tenir dans cette effroyable tourmente de douleur, à chaque fois que Salazar m'attaque personnellement à travers eux.
Alors putain que je les aime, tous les deux ! Autant l'un que l'autre ! Ouais, ils sont à égalité dans mon cœur maintenant. Deux frères, à la vie, à la mort !
« Comment peux-tu croire que tu vas me berner si facilement, espèce d'enflure ! Je l'ai tuée tout à l'heure cette charogne ! Alors carre-toi le doigt bien profond dans le cul et prends ça dans la gueule ! » s'exclame Blaise, qui s'encourage souvent, en s'adressant ainsi à Salazar même s'il sait bien qu'il ne peut pas vraiment l'entendre.
Blaise rugit et son Tigre bondit vers Ron et Harry, qui l'attrapent, l'éjectant illico presto vers le visage de Salazar. Aussi sec de méchants coups de griffes arrachent la moitié de la joue de cette chose immonde, qui pousse aussi sec des hurlements d'écorchés vifs.
Et ça me fait du bien de l'entendre gueuler ainsi, aussi fort que toutes les malheureuses victimes qu'il a lui-même torturées, ou fait torturer.
« On va l'avoir, cette grosse baudruche visqueuse dégueulasse ! Ou c'est que je ne m'appelle plus Zabini ! » gronde encore Blaise, pour s'encourager encore, bandant déjà ses muscles, dans l'attente du retour de flamme.
Ça ne tarde pas à venir. Ça le fait même très rapidement. Et c'est diablement douloureux, bien sûr ! Mais comme les autres, je serre les dents et j'encaisse le coup, en gémissant à peine. Histoire de démontrer à l'autre salopard qu'il est bien moins courageux que nous et que nous ne dégonflerons pas, que nous resterons ici jusqu'au bout, quitte à mourir, pour aider mes deux frangins à le vaincre une bonne fois pour toute.
Il faut pourtant que je me rende à l'évidence au bout d'un long moment de la torture effroyable de notre lutte. Notre jus commence à s'épuiser et ce que nous parvenons encore à offrir à Harry et Ron n'est plus très vaillant, même si ça fait encore bien du mal à l'affreux. Ça lui fait juste mal moins longtemps.
Riposte de Remus et Sirius. Réplique de Salazar. Attaque de Sev et moi-même. Contre-attaque de Salazar. Ginny et Théo. Salazar. Nev et Luna. Salazar. Hermione et Blaise. Salazar. Harry et Ron. Salazar. Etc, etc, etc…
Nous jetons toute notre Energie vers Harry et Ron, chaque duo à tour de rôle, mettant nos cœurs à nu dans chacun de nos lancés. Et nous encaissons la cruauté, la férocité de Salazar, opposant nos souvenirs heureux à la douleur.
Je ne sais combien de temps cela dure. Mais je me sens maigrir à vue d'œil, comme le font les autres, tous d'une pâleur de plus en plus have, de profonds cernes noires se dessinant sous leurs yeux.
Et j'ai peur, terriblement peur pour Harry. Je crains de voir bientôt sa flamme s'envoler pour le Paradis. A chaque fois que je l'effleure, je sens qu'il s'affaiblit dangereusement.
A plusieurs reprises pourtant, nous lui avons envoyé des vagues d'Energie chargées en puissance destinée à le guérir. Mais sa blessure ne guérit jamais totalement et ce salopard de Salazar s'acharne à rouvrir la plaie encore et encore.
Harry est en train de sacrifier sa vie, il le sait. Mais mon frère n'abandonne pas le Combat. Il poursuit inlassablement sa lutte acharnée contre Salazar, ne baisse pas les bras, ne courbe pas l'échine.
Mais je crains de plus en plus que les Ténèbres nous avalent tous bientôt, dévorant nos vies, nos Âmes, pour les faires siennes.
« L'espoir perdu abreuve la soif des Ténèbres et les renforce. Alors prends garde, jeune et vaillant Guerrier, même aux heures les plus sombres où les Ténèbres semblent sur le point de triompher, à toujours entretenir la flamme de l'espoir...» resurgit la voix de la Reine des Nymphes dans ma tête.
L'espoir…
Où le puiser ?
Les heures les plus sombres sont arrivées. Salazar a avalé, absorbé au moins un tiers des Enfants souillés présents lorsque nous sommes arrivés. Il affiche maintenant la forme d'une montgolfière, hérissée de longs piquants coupants comme des rasoirs, qui déchirent, lacèrent, mutilent la Lumière qui s'accroche à eux.
Mon espoir a toujours été que la vie de celles et ceux que j'aime du plus profond de mon cœur soit préservée. Il en a été ainsi jusqu'à présent. Puis-je réellement entretenir encore l'espoir qu'il en soit ainsi jusqu'à la fin de notre Combat, quand Harry est si visiblement mourant ?
« L'espoir perdu abreuve les Ténèbres et les renforce. » insiste la voix de la Reine des Nymphes.
Vision d'horreur, dans laquelle Salazar m'étreint, dardant une épaisse langue noire et visqueuse qui me lèche le cou, penchant la tête vers moi pour m'embrasser et aspirer ma Magie, comme un Détraqueur aspirerait mon Âme.
« Expecto Patronum ! » m'exclame-je dans un réflexe, concentrant toutes mes réserves de puissance, tous mes souvenirs heureux, dans les pelotes d'épingle que je jette vers Harry et Ron.
Ils les réceptionnent dans un même réflexe, les éjectant tout aussi vite sur la montgolfière épineuse. Elles s'écrasent lourdement l'une sur le front, l'autre sur la joue gauche du visage de Salazar. Les épingles l'égratignent profondément et la lumière de ma Magie s'insinue dans les égratignures. Un magma gluant s'empresse de la rejeter, de recouvrir les égratignures, durcissant aussitôt, constellant le front et la joue gauche de Voldemort comme des petites pustules disgracieuses.
Et c'est la riposte impitoyable, épouvantable qui déferle sur nous tous.
Mais je n'en ai cure. Car l'espoir est revenu dans mon cœur, plus fort, plus solide que jamais !
Les Ténèbres ne triompheront pas ! Elles ne triompheront jamais ! Dussions-nous y laisser tous la vie. Peu importe ! Car il y a une autre vie, qui nous attend au Paradis où nous serons à jamais heureux.
Alors que Salazar, lui, se sera dilué dans les Limbes ténébreuses du néant de l'oubli.
OoOoOoO
Harry
J'ai froid, je tremble et je claque des dents. Mes oreilles bourdonnent, mes cellules ne sont plus suffisamment oxygénées et je suis essoufflé.
Je perds trop de sang. Il ne s'écoule pas très vite de la plaie, mais il le fait depuis trop longtemps et ma vie s'enfuit peu à peu avec lui.
Et je ne peux m'empêcher de penser au scenario que nous avons inventé, dans lequel Messire Salazar affirmait à Voldemort, que pour obtenir l'Immortalité il lui fallait mon Sang, recueilli grâce à Excalibur.
Or, mon sang s'écoule maintenant, par une plaie imprimée dans ma chair par Megildur.
Quelle ironie !
Salazar s'en délecte. Et il prend plaisir à ouvrir et rouvrir encore cette blessure, à peine les berges commencent-elles à se souder quand je reçois de l'Energie chargée de Sortilèges Guérisseurs.
« Tu meurs Potter ! » murmure-t-il, dans un sourire hideux de réjouissance cruelle, son visage se tordant soudainement de colère, avant qu'il ajoute : « Imbécile petit idiot ! Allie-toi à moi, laisse-moi jouir de ton corps ! Je te guérirai et nous règnerons tous deux sur les trois Mondes, à jamais Immortels et Invincibles ! »
« Va te faire foutre ! Jamais je ne serai ton allié Salazar ! Jamais je ne te laisserai l'usage de mon corps ! Oui, je meurs ! Mais peu importe ! Une autre vie m'attend, quand tu sombreras à jamais dans les Limbes du néant et de l'oubli ! » réplique-je, lui envoyant des images heureuses de retrouvailles avec mes défunts parents et amis, en contraste parfait avec d'autres images où il erre solitaire dans une nuit sans fin, perdu dans l'oubli de lui-même et de ce qu'est la vie.
« Chimères ! Tu vas mourir et je vais triompher ! Les Ténèbres régneront ! Et même de ton Paradis, je trouverai un jour moyen de faire un Enfer dont je serai le Maître ! » crache Salazar, projetant vers moi l'une de ses longues épines qui ont la faculté de prendre toutes les formes qu'il souhaite.
Mains et bouches, pour saisir des Enfants Souillés, qu'il gobe tout entier maintenant. Epées ou rasoirs, pour nous mutiler. Baguettes, pour nous jeter des Maléfices.
Celle qu'il dirige maintenant vers moi prend une forme serpentine qui s'avance dans une reptation rapide vers ma plaie, dans l'espoir de s'y introduire et la fouiller à la recherche de ma Magie qu'il désire souiller, absorber, spolier de son hôte.
Coups de griffes de Ron qui l'envoient balader très loin, tandis que j'attrape une Fleur d'Energie que je plaque une fois de plus sur ma plaie. Elle me brûle et me fait du bien dans le même temps, ralentissant le flux de sang qui s'écoule, retenant la vie dans mon corps.
« Tu vas mourir Potter ! Ton Âme Sœur et tes amis avec toi ! » hurle Salazar, dans sa propre douleur.
« Pas avant que tu sois dilué dans les limbes, je te le promets ! » souffle-je, tandis que mon cœur rate un battement.
Il en rate un deuxième dans la foulée, puis il s'affole, tandis que j'entends déjà au loin des tambours et le chœur de mes ancêtres, qui attendent d'accueillir mon Âme au Paradis en dansant et chantant joyeusement.
C'est trop tôt, je viens de faire une promesse à Salazar et je dois la tenir !
Oui, tenir, tenir encore ! Pour sauver le monde de sa tyrannique menace. Sauver la Magie !
Sauver Jonas, Jérémy et Jodie des Ténèbres, des tortures qu'il veut leur infliger !
Vague d'amour, de tendresse, dans laquelle je sens l'odeur de mes enfants, la chaleureuse générosité et l'amour, l'amitié de ma famille et de mes amis.
Dans ma tête, je vois Jonas chanter en souriant, tapant des mains et des pieds, en une danse tribale qu'il danse avec Jérémy et Jodie, au rythme des tambours. Je vois Molly portant Brian dans ses bras, Arthur, Julian, Emily, Bill, Fleur en pleurs, Nadya, Charly, Georges et Fred en pleurs aussi, dansent avec eux, chantant de tout leur cœur. Tante Pétunia, Dudley, tout le monde autour d'eux danse et chante, en tapant dans les mains. Hagrid et Graup. Mes amis, les Membres de l'Ordre, les Aurors et Tireurs de Baguette. Rusard. Peeves. Mimi Geignarde. Les Fantômes des quatre Maison et tous les autres. Messire Salazar. Des Elfes de Maison, des Haut Elfes, des Sirènes et Tritons, des Fées, Lutins, Gnomes et Farfadets, jouent de la musique ou chantent et dansent en frappant dans leurs mains.
Même Vernon est là, danse en tapant dans ses mains.
Je dois devenir fou, me dis-je.
Mais dans mon cœur, Ron me souffle que non, je ne deviens pas fou, car il perçoit la même chose que moi.
OoOoOoO
Charly
« Plume d'Or dit à Jonas qu'il faut chanter Mamie Nally ! Tout le monde doit chanter avec tout son cœur, pour demander aux Anges de veiller sur Papa Harry et Papa Ron ! Et puis il faut faire de la musique avec les tambours, claquer des mains et danser comme au mariage de Dobby et Dyna aussi ! C'est ça qui va les aider ! C'est ta Maman Vána qui a dit à Plume d'or qu'il fallait faire ça ! Ils pourront nous entendre ! Et sentir qu'on les aime tous très fort ! Ils pourront recevoir notre Energie ! Ça va traverser par-là et ils vont entendre et sentir qu'on les aime et c'est ça qui va les aider ! Ils pourront prendre notre Energie et notre amour ! » s'exclame Jonas, en regardant Nally de ses grands yeux candides emplis de conviction absolue.
Tout le temps qu'il parle, Nally le fixe en retenant son souffle. Puis elle s'agenouille devant lui son regard brûlant de vivacité joyeuse et elle le serre brièvement contre son cœur, l'embrassant sur les joues, avant de se relever, souriant jusqu'aux oreilles.
« Tambours ! » s'exclame-t-elle ensuite, en direction des Elfes de maison, qui ne sont pas occupés à aider Roi Dobby.
« Tambours ! » s'exclame-t-ils en retour, claquant des doigts dans un synchronisme parfait.
Des tambours tribaux de formes et tailles différentes apparaissent aussitôt devant nombre d'entre eux et leur musique explose tout aussitôt dans le Temple, tandis que les Elfes qui n'en jouent pas, frappent dans leurs mains, dansant en cadence en émettant des sons chantants, parmi lesquels je distingue les noms Elfiques de Harry et Ron.
Jonas les imite aussitôt, dansant et frappant dans ses mains avec la maladresse des enfants de son âge. Mais il y met tout son cœur, toute son Âme et sa ferveur aimante et innocente.
Ça m'émeut jusqu'aux tréfonds des tripes.
« Pour Papa Harry ! Pour Papa Ron ! Dansez, chantez avec l'amour pour eux dans le cœur. Allez Jérémy, Jodie ! Tout le monde ! » crie-t-il, en nous regardant à la ronde.
Jérémy et Jodie échangent un vif regard, puis ils courent rejoindre leur petit frère et dansent, chantent avec lui, frappant en cadence dans leurs mains. Leurs amis les rejoignent aussitôt. Alors Jonas rit et y met plus de cœur encore. Et je vois soudainement Maman se joindre à eux, portant Brian dans ses bras. Et Papa s'avance lui aussi, entrainant Emily et Julian avec lui.
Alors j'y vais, moi aussi. Avec Bill, Nadya, Fred le visage en pleur et Georges. Fleur nous rejoint, le visage ruisselant également de larmes, songeant sans doute à son père qui a trouvé la mort au décours de la Bataille.
Mais elle danse quand même. Les jumeaux l'embrassant sur la joue chacun à leur tour. Et je l'embrasse sur le front, sans cesser de frapper dans mes mains et de danser. J'y mets tout mon cœur, toute ma flamme. Toute mon Âme et ma ferveur aimante.
Dudley un instant sidéré, entraine soudainement sa mère vers nous. Et Pétunia laisse aussitôt tomber sa réserve, pour danser avec la même ferveur que nous.
Peu à peu, notre groupe s'agrandit, nos amis venant nous rejoindre et finalement tout le monde se lève, chacun mêlant sa voix au chant, ses claquements des mains aux sons des tambours. Des Fées viennent voleter autour de nos têtes, frappant de leurs mains minuscules. Des Lutins, Gnomes et Farfadets grimpent sur nous, pour participer sans se faire écraser. Les Centaures sortent aussi petits tambours, flûtes de pan ou cornes, pour se joindre à la fête des cœurs.
Et tandis que les Roherdirons contiennent le Dôme, les Hauts Elfes se mêlent aux Elfes de maison, jouant de la flûte ou du fifre. Au fond de la Caverne, Hagrid est debout à côté de Graup qui reste assis, mais se dandine d'un côté et d'autre de concert avec Aragog, en tapant très fort dans ses mains, émettant des sons inarticulés entre deux rires.
Tout le monde danse et chante. Même les Sirènes et Tritons dans leur bassin.
Même les blessés encore allongés sur leur Brancards participent comme ils le peuvent.
Même Vernon, que Pétunia est allé chercher avec Dudley, frappe dans ses mains, en se dandinant maladroitement d'un pied sur l'autre.
C'est incroyable !
Mon cœur bat au rythme des tambours, qui accélèrent progressivement la cadence de la danse tribale et du chant. La fièvre me gagne. Mon cœur et mes pensées sont totalement tournés vers Harry et Ron.
Je les invite à prendre mon Energie, ma chaleur, mes souvenirs heureux et ma vie s'il le faut, pour vaincre Salazar, dont la puissance a été nourrie et va l'être encore, par les centaines d'Enfants Souillés qu'il a absorbés, absorbe en ce moment et absorbera encore jusqu'au dernier.
Je danse, je chante, je frappe dans mes mains. Echangeant des regards, des sourires et des larmes avec tous ceux qui m'entourent, me sentant peu à peu brûlant, dans la lumière dorée qui m'enveloppe progressivement. Je danse, je chante, je frappe dans mes mains, sans faiblir. Sans penser un seul instant à m'arrêter, malgré la cadence de plus en plus rapide, frénétique, que nous imposent les tambours, les flûtes, les fifres et les cornes.
La fièvre augmente brusquement dans mon corps, je bous littéralement. La lumière dorée qui m'enveloppe brille de mille feux, je suis ébloui et je ferme les yeux, dansant, chantant, frappant dans mes mains encore et encore. Et j'ai la sensation soudaine que je flotte dans les airs, que je m'ouvre pleinement et qu'un vertige emporte à vive allure, toute l'Energie dont la danse et le chant m'ont nourri, tout l'amour que contient mon cœur et mon espoir infini, que nous puissions enfin vivre dans la paix et la tranquillité d'un bonheur serein.
Et quand je tombe brusquement à genou, vidé, épuisé, le souffle court, j'ouvre les yeux sur un épais flux de lumière dorée, qui traverse la paroi bleu nuit, nourri par toute l'Energie fusant de toutes les personnes présentes.
Elle vient même d'au-delà le corridor qui permet de descendre jusqu'ici…
OoOoOoO
Théo
Il a toujours été bouffi d'orgueil, mais là, c'est le comble du comble !, songe-je, en fixant l'espèce d'énorme ballon hérissé d'épines, piqué sur Megildur comme la boule d'un bilboquet sur son manche.
Pas étonnant qu'il soit si énorme ce ballon hérissé d'épine, il a bouffé plus de la moitié des Enfants Souillés, maintenant.
« Allez les amis, courage ! On va bientôt lui faire dégonfler sa grosse tête à ce pignouf de merde ! » murmure Blaise, tandis que j'imagine soudainement, que Salazar parvient à se défaire de Megildur et qu'il s'envole en pétant, brinquebalé dans de brusques soubresauts qui le jettent en tous sens, jusqu'à ce que l'air se soit totalement échappé de sa baudruche et qu'il s'aplatisse alors comme une lamentable merde sur le sol.
Et je suis pris d'un fou rire irrépressible.
C'est épouvantable. Je suis sûr d'avoir perdu dix kilos depuis que je suis sous le Dôme, j'ai mal partout, je suis tellement épuisé que je ne parviens plus à m'assoir, mon froc est trempé et je schlingue, parce que mes sphincters ont lâché quand je me suis pris au moins vingt Maléfices d'un coup. J'ai probablement la même tête de déterré que les autres, pourtant je ris, sans qu'il me soit possible de m'arrêter.
Je deviens fou sûrement, à force de tortures et de douleur. Mon corps est en train de flancher et ma raison se fait la malle. Si je survis à notre Combat contre Salazar, je vais finir mes jours à Ste Mangouste avec les parents de Neville.
Pas grave ! Ils seront sûrement de très bonne compagnie !
« Comment fais-tu, pour trouver le moyen de te marrer malgré l'aspect dramatique de notre situation ? » demande Draco, en arquant un sourcil vers moi.
Les lunettes de mon frangin sont de travers sur son nez. Et il a vraiment une très sale tête.
Je ne peux pas lui répondre, parce que je ris toujours, le corps secoué de mon fou rire convulsif redoublé.
« Fais pas ton égoïste, Theo ! Ça ne te ressemble pas et nous avons tous bien besoin de nous marrer un peu ! Alors partage, s'il te plait ! » insiste Sirius, la voix enrouée des efforts qu'il a fournis comme nous tous, afin de ne pas hurler sous la douleur que nous a si souvent sadiquement infligée Salazar, depuis que nous sommes entrés en Communion avec Harry et Ron.
Je ne peux pas parler. C'est impossible. Je ris à gorge déployée, les abdominaux horriblement contractés. Alors malgré mon épuisement et la douleur de mon fou rire, j'effectue un gros effort, pour envoyer à tout le monde l'image mentale qui l'a déclenché.
« T'es con ! » réagit Blaise.
Mais il se met aussi à rire. Et ça entraine Sirius dont les aboiements de clébard enroué contaminent aussi les autres.
Nous sommes tous affalés sur le dos, incapables de bouger même un cil tant nos corps sont lourds et douloureux, nous accrochant aux mains de nos voisins, les jambes emmêlées dans le cercle que nous formons et nous rions comme des malades, sur une image mentale ridiculement bête.
Mais ce rire me fait un bien fou. Il m'aère la tête de toutes les horreurs que Salazar nous a montrées. Toutes ces scènes successives de tortures, de viols, de meurtres dont les personnes que nous aimons ou nous-même faisons l'objet.
Il m'apporte un regain d'Energie, ramène à ma mémoire des souvenirs heureux. L'un d'entre eux surtout s'impose à moi. Celui du mariage de Dobby et Dyna. Il est tellement vivace dans ma tête, que j'entends les tambours, le claquement des mains, les chants. Et j'ai l'impression aussi de sentir la même chaleur, la même fièvre que ce jour-là, monter progressivement dans mon corps.
Il y a juste un truc qui ne colle pas. C'est qu'il y a des sons de flûtes, de cornes et de fifres qui se mêlent à la musique vivement cadencée des tambours et que je vois le visage de personnes qui n'étaient pas présentes au mariage, mais aussi des Gnomes, Fées, Lutins, Farfadets, Gobelins, Centaures, Sirènes, Tritons, Graup, Aragog, Peeves, Fantômes et Haut Elfes. Il y a même un Hippogriffe…
« Vous entendez ? Vous voyez ça ? » demande soudainement Nev, qui ajoute tout aussitôt : « C'est mon imagination ou il y a vraiment de la musique tribale et tout le monde qui chante et danse dans la Temple des Elfes ? Vous sentez, vous aussi, l'Energie que ça dégage ? »
« Oui. Ça me fait la même chose ! » réponds-je, me sentant soudainement plus joyeux encore, empli d'Energie chaleureuse.
Je serre la main de Ginny un peu plus fort, tournant la tête vers elle, pour lui sourire. Ses yeux brillent de larmes de joie et d'espoir aussi. Alors j'unis mon cœur plus étroitement au sien et nous envoyons aussitôt à Harry et Ron, toute cette belle Energie qui vient de nous renforcer.
Tant pis pour le retour de flamme que nous allons nous prendre en pleine poire ! Tant pis pour cette souffrance qu'il va encore nous infliger sadiquement, cruellement, avec barbarie et jubilation !
Parce que je sens que Blaise a raison et que bientôt, très bientôt, nous allons réussir à lui faire dégonfler sa grosse tête bouffie d'orgueil, en forme d'énorme ballon de baudruche hérissé d'épines, à ce salopard de pignouf de merde de Salazar !
OoOoOoO
Harry
Etoile et Lune lovées l'une contre l'autre.
Ginny et Théo ont encore trouvé la force de nous faire parvenir de l'Energie.
C'est fervent, chaleureux, empli de joie et d'espoir.
Cela me réchauffe. Et, de concert avec Ron, je jette toute cette belle Energie sur Salazar, qui réagit vivement sous la très vive douleur qu'elle lui provoque. Il est surpris également, de la force, de la puissance qu'il vient de se prendre en pleine figure, alors que notre défense faiblissait dangereusement depuis quelques temps.
Nouveau jet d'Energie, de la part de Blaise et Hermione. Nous ne laissons pas le temps à Salazar de se remettre et le lui envoyons tout aussitôt. Fleur chantante de Luna et Nev. Puis le Canidé de Sirius associé au Soleil de Remus, Lance de Roherdiron de Papa et Pelote d'Epingles de Draco, nous nourrissent aussi d'Energie.
Salazar se tortille, se cabre et gigote avec force, cherchant désespérément à échapper à l'emprise de Megildur. Mais si elle était quasi sur le point de relâcher sa prise sur lui il y a peu, le regain d'Energie que les autres nous ont offert lui a permis à elle aussi de récupérer et de l'accrocher plus fermement.
Salazar souffre. Salazar prend conscience qu'il n'a pas gagnée encore. Mais Salazar se dit aussi, que ce n'est pas normal ce qu'il se passe et que son intérêt est assurément d'absorber très vite tous les Enfants Souillés encore disponibles.
Une idée se forme dans son esprit. Etendre son Aura lui permettra d'en attraper davantage. Il sait qu'il pourrait exploser s'il va trop vite. Il sait qu'il aura très mal s'il se déchire. Mais il pense que c'est là, la solution au problème que lui pose Megildur. Qu'ainsi il échappera à sa prise et pourra se rassembler très vite, puis se précipiter vers Magie Mère.
Ou à défaut vers moi.
Folie. Délire.
Il lui faut Tristan pour parvenir à rejoindre Magie Mère. Il ne pourra donc s'éloigner de moi. Il ne pourra non plus se décrocher totalement de Megildur.
Quoi qu'il en soit, mon intérêt n'est pas qu'il explose. Car alors un morceau de lui pourrait trouver refuge dans mon réceptacle et sa colossale puissance me fera exploser moi aussi.
Alors je jette mes forces, pour l'empêcher de s'étendre. Et Ron avec moi. Toute la Lumière de Greg, d'Inglorion, des Roherdirons et des Gardiennes se joignant à la nôtre, pour l'envelopper plus étroitement.
Dans ma tête, la musique tribale et le chant s'amplifient. La douleur que Salazar nous impose encore une fois bat au rythme des tambours dans mon cerveau. Pulsatile, lancinante, tranchante et brûlante à la fois. Elle broie mes organes à les faire exploser, ses sifflements rageurs me vrillent les tympans, les déchire. Sa multitude de bras et de mains absorbent les Enfants Souillés, comme autant de bouches goulues qui les aspirent à grandes succions sonores et sifflantes.
Il enfle, encore et encore. Avalant toujours plus goulument les Enfants Souillés dont la horde s'amenuise à grande vitesse. La puissance de Salazar devient rapidement gigantesque et ses brusques sursauts jettent Megildur dans tous les sens, la ballotte comme un fétu de paille dans le vent. La roche tremble sous mes fesses. Elle gémit, se craquelle, se fend.
Je bande mes muscles, m'accrochant à Megildur de toutes mes forces pour la garder en main, appelant les autres à l'aide.
Papa, Hermione, Blaise, Draco, Theo, Ginny, Neville, Luna, Remus, Sirius, jettent toute l'Energie qu'ils peuvent vers Ron et moi. Et nous jetons tout en même temps sur lui. Mais il est si gigantesque, si titanesque, si puissamment armé, qu'elle rebondit sur lui, l'égratignant à peine.
Nous allons céder, Megildur va céder.
Je ne veux pas ! Non, je ne veux pas ! Jamais ! Je ne laisserai jamais ce salopard de Salazar gagner !
Ma blessure se déchire, dans les efforts que j'effectue et son Attaque sauvage, effrénée de cruauté sadique. Tenir, je dois tenir ! Je dois puiser au fond de moi, dans les tréfonds de mon cœur, pour trouver la force de le vaincre !
Alors je repousse la douleur atroce qui me possède tout entier et je me concentre sur la musique des tambours, des flûtes, cornes et fifres. Mon esprit, mon cœur dansent et chantent en rythme avec Jonas, Jérémie et Jodie. Mon cœur bat à l'unisson de celui de Ron.
Et soudainement, un déferlement, un tsunami d'Energie me noie tout entier, dans un cocon de chaleur et d'amour.
Tenir, oui je vais tenir grâce à cela ! A cette Energie qui s'insinue en moi, qui prolonge ma vie, renforce ma volonté ! Je la sens fourmiller dans tout mon corps! Je la sens gonfler ma poitrine et mon cœur d'une puissance infinie, invincible et je souris.
Mon cœur, contre lequel la pureté et l'innocence de Tristan se love, s'unissant plus que jamais à celui de Ron.
« Ça y est, il les a tous avalés maintenant et ses bras se tendent à présent vers les Sphères qui renferment tous les autres. » chuchote Ron, d'un ton haché, essoufflé par les efforts colossaux que nous fournissons.
« Attendre, il faut encore attendre un peu ! Résister encore ! Juste un peu ! » réponds-je cependant, me repaissant de la lumière chaude et douce qui déferle toujours en moi, dans laquelle je me baigne avec délice, avant de la laisser filer vers Megildur qui la déploie autour de Salazar l'enveloppant d'une Aura Lumineuse de plus en plus épaisse.
« Cela te tue, Harry ! » souffle Ron, avec inquiétude.
« Non ! Cela nous sauve ! Je saurai quand le moment sera venu ! Fais-moi confiance Ron, je saurai ! » réponds-je, pleinement convaincu que mon instinct ne me trompe pas.
Il ne me trompe jamais.
Je guette Salazar, je l'observe étendre ses centaines de bras, les allonger, les étirer comme des tentacules qui rampent vers les Sphères dans lesquelles s'agitent des centaines et des centaines, des milliers d'autres Enfants Souillés, que la fureur, la rage et la haine de Salazar excitent.
Il est si gourmand ! Si avide ! Si insatiable de puissance !
Ce sera là sa perte, me dis-je.
Les Sphères tintent, s'agitent de plus en plus à l'approche de Salazar, qui se distend, s'étale et s'étire de plus en plus, fort des centaines d'Enfants Souillés qu'il a déjà absorbés et désormais convaincu qu'il ne peut plus perdre contre nous, qu'il est invincible déjà. Il se fissure, se fendille et craquelle. Mais s'étale toujours davantage.
Quelques centimètres encore et ses tentacules saisiront les Sphères pour les briser.
Ça y est ! Il les touche et la Magie des Roherdirons le brûle si profondément, qu'il se rétracte dans un réflexe brusque, ramenant tous ses tentacules vers lui dans une cacophonie de chuintements stridents.
Et les fissures, les fendillements, les craquellements se font plaies béantes, cernées de toutes parts par l'épaisse couche Lumineuse de la Magie que les nôtres nous ont fait parvenir.
« Maintenant ! » m'écrie-je, jetant la pleine puissance de toute l'Energie dont je me suis repu.
Ron, les Magies de Greg, Inglorion, Ancalimë, Kementari, Vána et tous les Roherdirons, approfondissent les plaies béantes, entaillent davantage encore la masse visqueuse et noire, la lacérant impitoyablement de toutes parts, engouffrant immédiatement leur Lumière nourrie par celle des nôtres, dans les larges plaies béantes. Le magma visqueux et puant de la haine de Salazar s'échappe d'une centaine de longues et à présent larges plaies, durcissant immédiatement.
Mais l'épaisse couche de Lumière qui enveloppe Salazar brûle le magma durci, le réduit en cendre fine, si fine qu'elle n'est bientôt plus rien.
Salazar rugit de douleur et se débat furieusement, se jetant violemment dans tous les sens, la bouche grande ouverte sur son puissant hurlement de rage sauvage, primitive, bestiale.
« Maintenant, Tristan ! »
Tristan mêle son énergie si pure, si innocente à la mienne et je dirige le flux de nos lumières conjuguées vers la bouche béante de Salazar, l'enfonçant profondément dans sa gorge, tandis que Ron dirige le sien vers ses narines.
Salazar ne peut plus respirer.
Salazar s'étouffe.
Salazar panique.
Il est terrorisé.
Il a beau se débattre, il a beau se cabrer, piaffer, ruer, regimber, il ne parvient pas à échapper aux flux continus qui l'aspergent et le noient. Et il finit par aspirer de grandes goulées de cette puissante Magie constituée d'amour, de pureté, d'innocence, enflant, gonflant peu à peu.
Et sa noirceur diminue, pâlit, dégringole progressivement la gamme de toutes les nuances de gris, jusqu'à devenir presque laiteuse. Alors Salazar produit des efforts gigantesques pour se rétracter, se craquelant de lui-même, pour rejeter cette Lumière éclatante qui le consume de l'intérieur, lui faisant souffrir mille tortures, mille morts.
« Maintenant ! » m'écrie-je encore, essoufflé pas l'effort titanesque que nous produisons, brûlant de toute l'Energie qui me traverse à présent à une vitesse vertigineuse, souffrant de toute la douleur que parvient encore à nous transmettre Salazar dont la taille s'est considérablement réduite maintenant et qui se tortille, s'entortille autour de Megildur pour tenter de l'étouffer.
Ron me soulève d'un bras, m'entrainant au plus vite possible vers la roche noire plantée dans la terre des entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn et nous fonçons sur elle, la lame de Megildur pointée en avant.
Et lorsque nous sommes à deux pas d'elle, nous nous jetons sur la roche, pour enfoncer Megildur dedans jusqu'à la garde. Salazar désormais emprisonné dans la roche noire mugit furieusement. La masse des Magies de Círyon, Mablung et Elurin vocifère.
La Magie Noire Originelle des trois Elfes se rebelle, furieuse que la Magie de l'un des vils Sorciers honnis, si rustres et incultes, s'autorise à les effleurer. Salazar se cabre aussitôt terriblement vexé. Il a plus de connaissances qu'eux trois réunis et leur prouvera qu'il est bien plus puissant aussi. Il se jette sur eux pour les absorber. La Magie Noire Originelle des trois Elfes se défend. Et un terrible Combat s'engage entre eux.
Ils se battent, farouchement, sauvagement, avec une barbarie et une cruauté infinie.
Alors, nos deux cœurs intimement enlacés, Ron et moi jetons toute notre puissance, tout notre amour, toute la pureté et l'innocence de Tristan dans la roche.
OoOoOoO
Nally
Un silence profond succède à la danse et au chant tribal. Les cœurs sont encore en liesse fervente, mais les souffles sont suspendus.
Personne n'exultera avant la fin du combat que mon fils et son Âme Sœur mènent contre Salazar. Et l'inquiétude aura sans doute repris les cœurs, bien avant cette fin, que nous espérons tous victorieuse.
Je sens la roche trembler, gémir et souffrir, sous mes pieds. Et j'espère de toutes mes forces que les entrailles de Tyll Celwie ne vont pas s'effondrer. Cela sonnerait le glas de la Celtycie. Le glas également, d'une partie des Mondes Magique et Moldu.
Mon regard est fixé sur le Dôme, comme celui de chacun et, bien que la sphère conjurée par Merzhin tantôt ne soit plus, je sais exactement à quel moment l'Energie que nous avons offerte à Harry et Ron leur parvient enfin.
Car l'arc électrique vert Avada Kedavra s'éteint brusquement, avant de se rallumer, quelque peu vacillant.
Et le Dôme enfle toujours et encore, se gorge de Magie Noire et Merzhin appelle d'autres Roherdirons pour le contenir. Salazar a absorbé tous les Enfants Souillés à vitesse folle. Sa fureur se déchaine, plus que jamais haineuse, implacablement féroce. Et des vagues de douleur déferlent vers moi, me touchant de plein fouet.
Les Fées sentent ma détresse et nombreuses viennent se lover contre moi, pour m'offrir leur réconfort. Je les accueille avec gratitude et me concentre sur le Dôme avec un peu moins de douleur.
A peine moins.
Les éclairs se multiplient, fusant à vitesse folle de toutes parts.
Je crains pour la vie de mon fils et celle de Ron. Je crains pour la vie de Sev, Draco, Sirius, Remus, Théo, Ginny, Neville, Luna, Blaise et Hermione.
Ils combattent Salazar depuis si longtemps maintenant ! Ils ont tellement souffert aussi !
Bien plus qu'il est humainement possible de souffrir.
Ils ont donné tant d'Energie Magique !
Plus qu'aucun Sorcier n'a jamais donné en si peu de temps.
Si peu de temps et pourtant si longtemps. Bien trop longtemps.
Soudainement le Dôme se rétracte. Un cri de rage explose dans ma tête, la panique gagne mon cœur.
Salazar en est la cause. Je ressens sa détresse, que j'observe également dans le Dôme, dans lequel l'arc électrique vert Avada Kedavra est à nouveau prégnant, émettant des sifflements écorchés suraigus qui vrillent nos tympans. Et le Dôme se gonfle à nouveau, dans des proportions plus qu'inquiétantes.
L'angoisse gagne les cœurs.
Le Dôme s'éclaircit peu à peu. Jusqu'à devenir laiteux et il se rétracte brusquement à nouveau, chassant la blancheur, s'assombrissant, jusqu'à redevenir d'un noir visqueux. Puis il rougit peu à peu jusqu'à l'incandescence et soudainement il explose dans un éclat de lumière aveuglant, expulsant Sev et les autres avec violence.
Je me précipite vers eux, avec Richard et l'équipe de secours rassemblée autour de moi dès la fin de la danse tribale.
Ils sont en vie, je le sens ! Blessés, épuisés, inconscients pour la plupart, mais en vie !
« Sev ! » murmure-je, en prenant mon époux dans mes bras.
« Je ne sais pas… Je ne sais pas s'ils ont réussi, Nally… Nous avons été… expulsés avant la fin… » murmure-t-il, dans un souffle ténu.
Et le cœur étreint d'une douleur effroyable.
Car je lis dans ses yeux, ce qu'il ne dit pas.
Ils ont été expulsés, parce que notre fils agonise.
OoOoOoO
