Disclaimer Cf chapitre 1
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Gros bisous à Misty ! Courrez vite lire sa petite série d'OS écrite dans le cadre des nuits du FOF !
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Ultimes Sacrifices 11 / 11
Acte 10 : Le Chemin Des Âmes
Ron
Dans nos mains aux doigts entrelacées, la poignée de Megildur vibre et chauffe durement.
Le cœur de la roche noire brûle, il rougeoie rapidement, à devenir incandescent.
La lutte, le combat est rude. La Magie Noire Originelle et Salazar se révoltent et se retournent brusquement contre nous. Et si elles se sont battues contre lui lorsque nous avons introduit Salazar dans la roche, les anciennes Magies Elfiques s'accordent maintenant avec lui pour faire front à notre attaque.
Nous subissons à nouveau mille tortures. La morsure des anciens Elfes Lycanthropes, les Maléfices haineux de Salazar. Leur alliance les renforce, leur accorde une puissance décuplée, une rage et une férocité sans égal.
Notre douleur est profonde. Cruelle. Monstrueuse. C'est un raz de marée qui consume très rapidement la gigantesque quantité d'Energie qui nous a été offerte par nos enfants, notre famille de sang et de cœur, par tous nos amis et alliés.
« Il faut tout jeter dans la roche, Ron. Tout jeter ! » murmure Harry, qui tremble contre moi.
Ses jambes ne le portent plus. Il s'alourdit sur mon bras.
Il ne prend plus rien de l'Energie qui nous a été offerte, pour lui-même. Il la laisse filer, s'échapper de lui, de son corps qui en a pourtant si cruellement besoin. Sa plaie s'ouvre à nouveau, laissant échapper sa chaleur et sa vie. Son visage est si pâle, ses yeux si creusés cernés de noir, sa peau si translucide, diaphane.
Mais il est déterminé, il ira jusqu'au bout et je suis déterminé, je l'accompagnerai jusqu'au bout.
Je lui souris et je penche mon visage vers le sien, couvre sa bouche de la mienne, accueillant son baiser, le cœur gonflé d'amour à en exploser. Il est ma vie, comme je suis la sienne. Rien ne saura jamais nous séparer. Et certainement pas la mort.
Nos corps s'épousent, aussi étroitement que nos cœurs, dans ce baiser d'une douceur infinie que nous échangeons. Et nous jetons tous deux dans la roche nos Magies entrelacées, nourries de la pureté et de l'innocence de Tristan, glissant à genoux sur le sol lorsque nos jambes ne peuvent plus nous porter. Restant souffle contre souffle et yeux dans les yeux, lorsque nos bouches ne peuvent plus s'embrasser. Fermant nos paupières quand nos yeux ne peuvent plus rester ouverts. Nous allongeant sur le sol de pierre froid et dur, quand nos corps ne peuvent plus supporter le poids de la douleur et de l'épuisement.
Mais restant enlacés étroitement, jetant toujours notre Energie, notre amour dans la pierre, jusqu'à ce qu'elle explose dans une gerbe de lumière sifflante qui nous aveugle malgré nos yeux fermés et que ses éclats incandescents frappent les Dômes qui se brisent sous la voûte, consumant les Enfants Souillés emprisonnés dedans, dans d'insupportables cris de douleur aigus.
Et lorsque le silence se fait enfin autour de nous, nos corps, si épuisés, si lourds, si douloureux, peuvent enfin s'alanguir et se laisser aller pour accueillir le repos.
Que ce soit dans la vie ou dans la mort.
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Severus
Je me raccroche au regard de Nally, autant qu'elle se raccroche au mien.
Ma douleur est profonde. Abyssale. Mon cœur pelé à vif.
Je voudrais aller chercher mon fils, là-bas, dans les entrailles de Tyll Celwie, le ramener ici avec nous, afin qu'il meurt entouré de ceux qui l'aiment. Mais mon corps me l'interdit. Trop blessé, trop douloureux, trop épuisé surtout.
« Il faut soigner Sev, Nally. » souffle Mondingus, encourageant mon épouse à détacher sa main de la mienne et à m'allonger tout à fait sur le brancard moelleux qu'il a glissé sous mon corps.
Nally acquiesce et lorsque sa main quitte la mienne, je me sens immédiatement totalement glacé. Elle recule d'un pas pour laisser place à Mondingus, sans quitter mon regard, sans quitter mon cœur douloureux, entourant les épaules de Jonas, Jérémy et Jodie venus se coller contre elle.
Leurs regards sont angoissés. Je devine cependant qu'ils se raccrochent à un espoir désespéré.
Tout est tension, crispation, souffle retenu, dans les tremblements, les gémissements de la roche qui s'amenuisent, s'éloignent et s'éteignent peu à peu, nous laissant étroitement enveloppés dans une chape de plomb lourde de chagrin.
Tout le monde a compris que le Monde Magique vient d'être sauvé, mais que ce sera au prix de la vie de Harry et Ron.
Je refuse cela ! Je refuse que mon fils meure, parce que nous ne serions pas arrivés à temps pour le sauver !
Fermer les yeux. Le rejoindre en esprit. Lui donner toutes mes dernières réserves d'énergie, afin qu'il tienne, envers et contre tout, comme il l'a toujours fait jusqu'ici.
Oui. Harry doit se battre pour survivre ! Il l'a toujours fait ! Alors je vais l'aider, envers et contre tout moi aussi !
J'y parviendrai !
Nally va m'aider et ensemble, nous allons sauver Harry et Ron, les dérober à la mort !
« Nally, aide-moi ! Aide-moi à les sauver ! Nous pouvons le faire ! Nous le pouvons encore, si tu m'aides ! Viens à moi, Nally ! Aide-moi ! » murmure-je, rivant mon cœur au sien.
OoOoOoO
Harry
Les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn sont paisibles, silencieuses maintenant que tout est terminé et qu'il n'y a plus aucune Magie Noire pour vicier son atmosphère.
Mon corps n'est pas tout à fait mort encore. Mais mon souffle est ténu, ma Magie totalement épuisée et je ne survivrai plus longtemps. Très bientôt ma flamme s'élèvera et me guidera vers le Paradis.
Oh ! Bien sûr ! Je suis triste de quitter Jonas, Jérémy et Jodie, ma famille et mes amis. Mais mon amour pour eux brûlera à jamais dans leur cœur et nous nous reverrons, lorsque sera venu pour eux le moment de me rejoindre au Paradis, où je les attendrai patiemment avec Ron.
Ron, mon amour infini ! Nos cœurs, nos Âmes sont si étroitement liés, unis à jamais.
Alors lorsque le mien cessera de battre, son cœur ne pourra plus le faire non plus et son Âme s'élèvera avec la mienne, vers cette paix, cette tranquillité, ce bonheur serein auxquels nous aspirons plus que tout.
Mon regard est fixé sur lui. Les battements de mon cœur ralentissent, perdent en force. Le moment arrive à grand pas. Ron reprend doucement conscience, ouvre lentement ses yeux, les rive aux miens. Il me sourit, me caresse la joue, effleure mes lèvres des siennes.
Puis il rassemble ses dernières forces, se lève, me prend dans ses bras et nous quittons les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn à jamais.
OoOoOoO
Blaise
Thorpe peut aller se rhabiller dans son Enfer !
Ce qu'il m'a infligé à Pré Au Lard, c'est de la roupie de sansonnet, à côté du déluge de tortures et de cruauté de Salazar.
Mon corps est rompu, comme si j'avais été passé successivement à la moulinette, dans une broyeuse, sous un rouleau compresseur de dix tonnes et finalement balancé au travers d'un mur de béton armé de vingt mètres d'épaisseur.
Putain ! Comment je peux être encore en vie après tout ça ?
Il n'y a pas une partie de moi qui ne soit pas atrocement, effroyablement douloureuse.
Ma poitrine est complètement serrée dans un étau, j'arrive à peine à respirer, mon ventre se tord dans des spasmes vrillant, mes bras et mes jambes sont harcelés par des coups de hachoir, ma peau piquée par des milliers d'éclats de verre pilé, mon cerveau pulse à en exploser, mes yeux sont pilonnés à coups de poignard.
Et je brûle putain ! Je me consume totalement de l'intérieur !
Mais ce qui me fait le plus mal dans tout ça, c'est mon cœur.
Parce que Harry est en train de rendre l'Âme, que Ron va le suivre dans la foulée et que moi je suis incapable de proférer le moindre son, pour crier à Richard, Mondingus et tous les autres Médicomages de filer à toute blinde à leur secours.
Putain ! Ce n'est pas juste !
Ils ont tout donné ! Supporté des souffrances au moins dix fois pires que les miennes sans faillir, sans jamais faiblir dans leur volonté ! Ils ont donné tout leur amour, tout leur courage, toute leur énergie ! Même mourant Harry n'a pas lâché ! N'a pas gardé un iota d'énergie pour lui, consacrant tout pour foutre en l'air Salazar.
Ouais, mes potes ont tout sacrifié, tout !
Alors bordel non ! Ce n'est pas juste ! Ils ne méritent pas de mourir dans le ventre de cet Enfer sur terre, après avoir réussi un exploit pareil !
Parce qu'ils ont réussi ! Nous avons été éjectés avant la fin, mais j'en suis sûr, ils ont réussi !
Preuve en est que la roche ne tremble plus sous mes fesses. Elle ne geint plus. Ne se fend plus. Ne se craquèle plus. Alors ouais, ils ont réussi ! Les Stalactites, Stalagmites, Colonnes tarabiscotées et Draperies de calcaire nous auraient pétés à la gueule, la voûte du Temple des Elfes de maison nous serait tombée sur la tête, si ce n'était pas le cas.
Alors Magie Mère, si tu peux entendre mes pensées, écoute-moi bien : démerde-toi comme tu veux, mais sauve mes potes ! Parce que tu n'as pas le droit de les laisser mourir, après ce qu'ils ont fait pour te sauver les miches ! Bordel, non, tu n'as pas le droit ! Et si tu ne fais rien, alors je te jure que tu pourras aller te faire foutre, pour que je répande ta bonne lumière dans le Monde ! Parce que ça signifierait à mes yeux, que tu t'es servie de nous pour arriver à tes fins, mais que tu n'en as rien à foutre de nos gueules, de notre amour, de notre courage, de notre souffrance, du moment que tu obtiens ce que tu veux. Et je considérerais alors, que tu ne vaux pas mieux que ce salopard de Salazar. Tu m'entends ? Tu ne vaudrais pas mieux que lui à mes yeux ! Et ce serait sûrement la même chose pour tous les autres ici ! Et la prochaine fois que tu auras des emmerdes, il n'y aura personne pour lever le petit doigt pour t'aider. Non, personne !
Voilà ! J'ai dit ce que j'avais à dire ! J'espère que tu en tiendras compte !
Bon, ouais. D'accord. Je sais. Ce que je viens de dire ne me ressemble pas. Et ce n'est pas vrai, je ne te laisserai jamais tomber, Magie Mère. Je te respecte trop pour ça et je ferai toujours tout ce qu'il faut pour te venir en aide. Mais j'avais besoin de pousser une gueulante. Déballer la douleur qui broie mon cœur, me remettre dans l'ordre les idées que l'autre sagouin de Salazar m'a mises toutes en vrilles, dans ses derniers soubresauts de vie.
Tu me comprends, n'est-ce pas ?
Ouais, bien sûr que tu comprends que ce n'est pas vraiment moi qui parlait là. J'ai la tête tout en vrac, mais je reconnais quand même quand c'est moi qui parle et non quelqu'un d'autre qui le fait en se faisant passer pour moi.
Parce que moi, je sais bien que tu ne t'en fiches pas, Magie-mère. Je sais que tu ne veux pas la mort de Harry et Ron. Que tu feras tout ce que tu peux, pour que nous puissions fêter dignement la fin de Salazar avec eux, quand on aura rendu hommage à nos morts de la Bataille à Poudlard et que nous nous serons reposés un peu pour récupérer.
Parce que mine de rien, nous sommes épuisés, là.
Alors ne te vexe pas Magie Mère, si maintenant je vais fermer les yeux sur les larmes qui les brûlent, pour mieux refouler cette douleur qui me vrille le corps et mieux me concentrer aussi, sur cet espoir que j'ai encore dans le cœur. Me concentrer sur mes potes. Sur l'amitié que j'ai pour eux. Sur mes encouragements à prendre le petit peu qu'il me reste d'Energie et que je leur offre de bon cœur, afin qu'ils tiennent et ne rompent pas le fil avant qu'on soit arrivé à leur secours.
Faut que je les retrouve ! Putain ! Faut que je les retrouve !
Et je compte sur toi, Magie Mère. Putain, oui je compte sur toi ! Pour qu'Hermione et les autres fassent comme moi. Je compte sur toi, pour que tu nous files un coup de pouce et que tu nous aides à remonter ce foutu Chemin des Âmes à la recher…
Non ! Pas le Chemin des Âmes, foutre queue d'enculé de mes deux ! Ce n'est pas le Chemin des Âmes, mais le Sentier des Enfants Perdus ! Et d'abord ferme ta gueule-toi ! Va faire coucouche panier comme un bon toutou l'affreux, ou va sucer des queues en Enfer ! A ta guise ! Choisis ce qui te convient le mieux, moi je m'en fous ! Mais en tout état de cause, laisse parler le vrai moi ! Ne cherche plus à m'embrouiller l'Esprit ! Je ne marcherai pas dans tes combines de merde ! C'est compris ?
Bien garder les yeux fermés et me concentrer.
Aide-moi à retrouver le contact avec les autres, s'il te plait Magie Mère.
Et s'il te plait encore, fais surtout en sorte que nous arrivions à temps, pour sauver la vie de Harry et Ron.
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Ron
J'ouvre les yeux sur Harry et je souris, caresse sa joue, effleure ses lèvres des miennes et le prends dans mes bras. Mon cœur est lié à lui et mon Âme partira avec la sienne au Paradis, lorsqu'il rendra son dernier souffle.
Cela ne me fait pas peur. Je ne pourrais pas vivre sans lui de toute façon. Alors je me suis préparé à ça. J'ai accepté de faire le sacrifice de ma vie s'il le fallait, pour sauver Magie Mère et le Monde.
Mais je dois tenter quelque chose avant que ça arrive. Car même s'il n'y a pas besoin d'être Médicomage pour comprendre que ni Richard, ni aucun de ses collègues ne peut sauver la vie de Harry, je conserve un faible espoir que lui et moi vivions heureux sur terre avec Jonas, Jérémy et Jodie, notre famille et nos amis, qui attendent tous notre retour, dans le Temple des Elfes de Maison.
Et quoi qu'il en soit, si ce faible espoir est vain, je ne veux pas que Harry meurt dans les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn. Il a mérité de mourir dans un décor plus chaleureux, plus lumineux surtout, que celui où nous venons de vivre un véritable Enfer sur terre.
Alors je rassemble mes dernières maigres forces et je me lève, Harry dans mes bras. Puis je me concentre sur le lieu que j'ai choisi, serrant la poignée de Megildur et la priant de bien vouloir m'emmener là où je veux aller.
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Hermione
Bon sang d'bois ! Tout est si noir ici ! On se croirait dans un four !
Harry ! Ron ! Mes frères de cœur où êtes-vous ? Je n'arrive plus à vous voir, ni à vous sentir !
Mes oreilles bourdonnent de voix qui s'agitent autour de moi, sans que je saisisse ce qu'elles disent. Je ne veux pas les entendre ! Je dois les repousser ! Me concentrer sur la tâche que je dois encore accomplir !
Je dois rejoindre Harry et Ron à tout prix, leur offrir ce qu'il me reste d'Energie et d'espoir !
Mon Esprit et mon cœur les cherchent désespérément dans tout ce noir qui me cerne, me glace le sang et m'empêche de les atteindre.
De la lumière. Il me faut de la lumière !
Lumos Maxima !
Lumos Maxima !
Lumos ! Lumos ! Lumos !
Bon sang d'bois ! Pas moyen d'allumer !
Blaise ! Qu'est-ce que tu attends ! Aide-moi, j'ai besoin de toi ! Mais secoue-toi bon sang, ce n'est pas le moment de dormir ! Viens me rejoindre ! Harry et Ron ont besoin de nous ! Toi aussi Sev ! Allez debout ! Faites un effort bon sang ! Ginny ! Théo ! Nev ! Luna ! Sirius ! Remus ! Draco !
Mais vous allez me répondre, oui !
Bon sang de bonsoir ! Je sais bien que nous n'avons plus beaucoup de forces, mais faites un effort quand même ! A nous tous nous y arriverons bien ! Allez ! Il fait complètement noir ici, mais je sais que vous êtes là, quelque part non loin de moi, alors répondez ! Dites-moi où vous êtes que je vous rejoigne !
Mais que fais-tu donc Severus, bon sang ? Pourquoi le contact ne s'établit-il plus entre nous tous non plus ?
« Hermione, reviens avec nous Hermione, allez, ouvre les yeux ! »
Non ! Tais-toi Richard ! Laisse-moi tranquille ! Ce n'est pas fini ! Je peux encore aider Harry et Ron je le sais ! Je le sens ! Alors tais-toi ! Laisse-moi me concentrer sur eux !
Harry ! Ron ! Mes frères de cœur où êtes-vous ? Pourquoi ne puis-je vous atteindre ?
Répondez, bon sang d'bois ! Répondez !
Harry ! Ron !
Blaise ! Sev ! Draco ! Théo ! Ginny ! Nev ! Luna ! Sirius ! Remus ! Répondez !
Répondez !
Ne me laissez pas le cœur désespéré, je vous en prie !
Jamais je ne pourrai remonter le Chemin des Âmes toute seule !
Alors je vous en supplie ! Ne me laissez pas à la dérive dans ce noir glacé ! Vrai, je commence à paniquer-là ! J'ai besoin de vous ! Où êtes-vous ? Seriez-vous déjà repartis sur le Chemin des Âmes sans moi ?
Hein ? Quoi ?
Le Chemin des Âmes ?
Aurais-je encore dit le Chemin des Âmes ? Et par deux fois en plus, si je compte bien ?
Est-ce vraiment moi qui ai dit cela ?
Ah bon sang ! Je n'arrive pas à y croire !
Non !
Ce ne peut pas être moi ! Je me suis désormais bien mise en tête que ce n'est pas le Chemin des Âmes, mais bel et bien le Sentier des Enfants Perdus ! Alors qu'est-ce que c'est encore que cette entourloupe ? !
En plein cauchemar ! Oui, c'est ça, je suis en plein cauchemar ! Non, une Illusion plutôt ! Oui, c'est ça, une Illusion ! Et un Sortilège de Confusion ! Il faut que je me sorte de là et vite fait encore !
« Hermione ! Réveille-toi Hermione ! Reviens avec nous ! » s'exclame à nouveau Richard, d'un ton impératif.
Oh ! Toi ! Tais-toi ! Je n'ai aucune envie de t'écouter ! Tu n'es pas vraiment là de toute façon ! Ce n'est pas Richard qui me parle ! Je le sais bien ! Alors fiche-moi la paix !
Tu m'entends, Salazar ? Fiche-moi la paix !
Tu ne veux pas ? Et bien je m'en fiche ! Fais comme tu veux ! Mais moi, je te garantis, que je vais me sortir de cette Illusion et que je vais rejoindre Harry et Ron coûte que coûte !
Foi d'Hermione Granger !
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Ron
Nous arrivons pile poil face la pierre blanche oblongue dans laquelle Magie Mère est ancrée.
Mon corps est beaucoup trop las, beaucoup trop lourd, beaucoup trop douloureux, pour que je puisse rester debout, alors je m'assois, Harry bien calé dans mes bras. Et je pose Megildur à côté de nous. Elle a bien besoin de se reposer un peu elle aussi, avant de reprendre son poste.
Je reste un instant les yeux fermés, pour reprendre mon souffle. Puis je puise dans mes toutes dernières réserves, pour chasser un peu la fatigue et la douleur de mon corps.
Je n'ai quasiment plus rien en Energie Magique et le résultat n'est pas fameux, mais ça ne fait rien, je me contente de ça. C'est toujours mieux de toute façon, que les tortures sadiques que nous ont infligé durant des heures, Salazar, les centaines d'Enfants Souillés qu'il a absorbés et la Magie Noire Originelle.
Mon souffle est à peu près correct maintenant que l'effort du Transplanage est encaissé. Alors j'ouvre les yeux, fixe la Pierre Blanche et je me décide à lui parler avec mon cœur.
« Salut Magie Mère. Harry est mourant. Et je sais qu'il a trop donné, trop perdu dans notre combat contre Salazar, pour que les talents de Richard et tous les autres Médicomages réunis dans le Temple des Elfes, soient suffisants pour sauver sa vie cette fois. Salazar a fait beaucoup trop de dégâts à l'intérieur de lui lors de son ultime attaque contre nous. Ceci dit, je crois que toi tu peux le sauver peut-être. Alors si j'ai raison, je te demande de le faire, s'il te plait. Pas pour moi, car rien ne pourra jamais nous séparer pas même la mort et que c'est avec grand plaisir que je l'accompagnerai au Paradis. Je ne te demande pas non plus de le sauver, pour nous récompenser d'avoir combattu pour ta sauvegarde. Nous l'avons fait de bon cœur, en connaissance des risques, et parce que nous voulions aussi de toute notre Âme, la paix et la quiétude d'un bonheur serein, non seulement pour nous, mais aussi et surtout pour nos enfants. Or, ça, la paix et la quiétude d'un bonheur serein, si nous ne pouvons pas l'avoir ici, nous les aurons de toute façon au Paradis, Harry et moi. Alors non. Ce n'est ni pour lui, ni pour moi, que je te demande de sauver sa vie si tu le peux. C'est pour Jonas, Jérémy et Jodie, qui viennent à peine de trouver un équilibre et de se sentir enfin en sécurité dans un foyer heureux. Ils ne méritent pas que leur vie soit à nouveau bouleversée, par l'immense chagrin que leur causerait notre mort à tous les deux. Je te le demande aussi, pour celles et ceux qui nous aiment et espèrent notre retour, comme ils ont espéré notre victoire, luttant à nos côtés de tout leur cœur, pour nous donner une chance de réussir. »
Sensation électrique sur ma joue, comme une caresse fugace et aérienne. Une main se pose ensuite sur mon épaule. Alors je lève la tête. Une Elfe se tient auprès de moi. Elle est très belle, avec une très longue chevelure brune tressée et des yeux d'un bleu saphir profond, qui me font penser à ceux de Sev.
Mon cœur bat très fort dans ma poitrine, alors que celui de Harry bat tellement au ralenti, que je m'attends à tout moment à ce qu'il s'arrête.
Jamais les Elfes ne viennent au-delà du Temple, nous a dit Nally. Alors que vient faire celle-ci ici ?
Sauver Harry, me souffle dans ma tête, une voix qui ressemble un peu à celle de Remus.
OoOoOoO
Remus
Je ne peux rien faire, pas même bouger d'un pouce, tant mon corps est broyé de douleur.
Il ne me reste que la force de mon esprit pour résister et survivre.
Alors je fixe les trois Loups Garous dont les silhouettes sombres se découpent nettement sur la grosse pleine Lune qui me fait face. Je les fixe sans ciller, concentrant toute mon attention sur eux, les clouant sur place de mon regard implacable.
Círyon, Mablung et Elurin, ramassés sur eux-mêmes, prêts à me sauter à la gorge, grognent sourdement, prenant soin de bien découvrir leurs crocs menaçants.
S'ils croient m'impressionner !
Vása, pourtant trois fois plus puissant qu'eux trois réunis, n'est pas parvenu à me mater, alors ils n'y parviendront certainement pas non plus. Mon corps est peut-être défaillant, mais pas ma volonté. Elle est toujours aussi inflexible. Alors ils peuvent aller se gratter ailleurs, ils ne me font pas peur !
D'autant moins que je sais très bien qu'ils ne sont pas là, en réalité.
Leurs silhouettes sombres qui se découpent nettement sur la grosse pleine Lune, ne font que représenter mon pire cauchemar. Ma peur viscérale de perdre le contrôle sur ma Lycanthropie et de devenir un monstre comme eux.
Mais c'est fini, ça. Je ne suis plus un Lycanthrope.
Je n'en serai plus jamais un.
Ai-je seulement un jour été véritablement un Lycanthrope ?
Je ne crois pas, non. Je le serai peut-être devenu, si James ne s'était pas interposé entre Severus et moi, mais…
Severus… Merde ! De penser à lui, ça me rappelle Harry et Ron !
Nom d'une Licorne ! Il faut que j'aille à leur secours !
Harry va mourir si je ne le fais pas et Ron avec lui !
J'ai promis à James de veiller sur son fils et de toujours être là pour l'aider. Et je le ferai jusqu'au bout !
Jusqu'au bout, c'est compris ?
Alors couchez les Loups ! Je sais que vous n'êtes pas réels ! Que vous êtes le fruit de mon imagination, des hallucinations ! Alors allez, zou ! Foutez le camp ! J'ai mieux à faire que de rester planté là à vous regarder et vous écouter grogner ! Je ne suis pas un Lycanthrope ! Il n'y en aura même plus jamais des Lycanthropes ! Vása a été laminé en beauté par Théo, Greg et Inglorion ! Alors cette Malédiction est définitivement levée !
C'est compris ? C'est terminé les Loups Garous ! Il n'y en aura jamais plus ! Ça vous la coupe, n'est-ce pas ? Vous ne vous attendiez pas à ça ! Et surtout pas toi, hein, Salazar ?
Parce que c'est toi qui te cache derrière tout cela, n'est-ce pas ?
Fermer les yeux. Ne plus me laisser abuser. Me concentrer et effacer ce cauchemar, cette hallucination, cette Illusion de mes rétines, de mon cerveau. Revenir sur le présent. Faire le point.
On se battait. On aidait Harry et Ron. Mais nous avons été éjectés de leur esprit. Le Dôme a explosé et cela nous a séparés.
Je suis blessé. Mon corps est endolori des pieds à la tête. Je délire, j'hallucine, je ne suis pas même certain d'être vraiment conscient en ce moment même.
Mais ce n'est pas grave, ça. Je n'ai pas besoin d'être conscient, pour que ma Magie, mon cœur et mon esprit rejoignent celui des autres. Et même si je délire, j'ai encore assez de lucidité pour savoir ce que je fais.
Il faut juste que je les retrouve, que je m'accroche à eux et que nous repartions tous ensemble. Que nous remontions le Chemin des Â…
Non, ce n'est pas ça. Pas le Chemin des Âmes. Harry préfère qu'on l'appelle le Sentier des Enfants Perdus et je suis bien d'accord avec lui, c'est mieux ainsi. Mais bref, peu importe ça. Ce qui compte c'est que nous devons retourner dans les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn.
Et que nous donnions tous ce qu'il nous reste d'énergie, pour sauver la vie de Harry et Ron.
Oui, il faut que nous fassions cela.
Mais merde ! Merde ! Merde !
Ces foutues saloperies de Loups Garous sont toujours là ! Dégagez le chemin ! Laissez-moi passer !
Non ? Alors très bien, à votre guise ! Venez-là, vous trois ! Et mordez-moi, déchirez mes chairs de vos crocs autant que vous voulez, vous n'aurez pas ma peau ! Et je vous jure que vous allez regretter de me retarder ainsi !
Et que je sauverai Harry et Ron ! Vaille que vaille !
Tu m'entends, Salazar ! Je les sauverai vaille que vaille !
OoOoOoO
Ron
L'Elfe me sourit, la tête un peu penchée, puis vient s'agenouiller devant Harry.
Elle lui caresse le front, repoussant les mèches humides collées dessus, puis se penche pour effleurer de ses lèvres, sa cicatrice en forme d'éclair.
« Es-tu une Elfe Guérisseuse ? Magie Mère t'a-t-elle demandé de venir sauver Harry ? » demande-je, dans un souffle de ma voix rauque, cassée par les efforts, la douleur et les cris.
« Non, je ne suis pas une Guérisseuse. » répond l'Elfe, d'une voix douce et caressante, un peu chantante aussi comme celle de Luna, relevant brièvement les yeux vers moi et souriant avant d'ajouter : « Ton Âme Sœur et toi-même, avez accompli bien plus que l'espéré, Althibalys. »
Son regard saphir me procure soudainement l'impression étrange, qu'elle connait toutes les vérités de ce monde. Elle m'intrigue profondément également.
Et je ne peux croire, qu'elle est là pour autre chose que pour me dire, qu'il y a un moyen de sauver Harry.
« Qui es-tu dans ce cas ? Et que viens-tu faire ici ? » demande-je, me noyant presque dans ce regard saphir, qui me fixe dans un sourire doux et aussi chaleureux que celui de Ginny.
« Bayamaë, la voix des Oracles. » répond l'Elfe, en inclinant la tête dans un salut typiquement Elfique.
OoOoOoO
Draco
Brouillards qui se dissipent lentement dans mon cerveau. Je me demande un temps ce qui est arrivé et je me souviens brusquement. Une terrible explosion s'est produite et nous avons été soufflés, expulsés. Nos mains se sont séparées et nous avons été dispersés je ne sais où.
Esquisse d'un mouvement. Explosion de douleur dans mon corps jusqu'ici engourdi.
J'ai maintenant l'horrible sensation d'avoir été propulsé sur une planche à clous, qui me transpercent le corps de part en part et de toutes parts. La sale impression aussi, que cette foutue planche à clous est suspendue au-dessus d'un trou noir, qui m'aspirera et m'avalera sans fin si je bascule dedans.
Putain ! Je dois me sortir de là ! Je dois retrouver les autres, surtout !
Nous devons retourner auprès de Harry et Ron, sinon mon frère va mourir et Ron va le suivre dans la tombe.
Allez Draco ! Courage et bouge-toi. Ça va faire terriblement mal, c'est vrai. Mais comme dit Blaise, on n'est pas des chochottes et ça passera. Alors déjà commence par ouvrir les yeux et tâche de voir où tu es et où se trouvent les autres. Avec un peu de chance, tu n'auras pas loin à parcourir pour les rejoindre.
Putain ! Rien qu'ouvrir les paupières me coûtent des efforts impensables. Et merde ! Comme dirait Ron : il fait plus noir que dans le trou du cul d'un Troll, ici. Ce n'est donc pas gagné pour retrouver les autres dans ces conditions. Mais chaque chose en son temps, n'est-ce ? Alors j'aviserai ce qu'il y a lieu de faire à ce propos plus tard, car la première chose à faire, c'est de me dégager de cette putain de planche à clous !
Alors, faut te bouger, vieux. T'arracher de cette merde puis ramper à tâtons.
Allez, Draco ! Ce n'est pas la mer à boire, quand même !
Putain, serre les dents ! Fais fi de la douleur qui te vrille ! Tu peux le faire ! Décolle toi de cette foutue planche ! Le salut de Harry et Ron dépend de ça, nom d'une couille ! De ton courage ! Ta détermination ! Ta volonté de les aider ! Alors songe qu'ils auront la vie sauve, si tu trouves les autres et vas-y, bouge-toi le cul, nom d'une pipe !
Efforts terribles. Douleur atroce. Je l'expulse dans un hurlement, un cri qui m'arrache les cordes vocales, en même temps que mes chairs s'arrachent peu à peu des clous. Lutter, lutter pour ne pas tomber dans le trou noir qui cherche à m'aspirer. Pour rester conscient malgré cette effroyable douleur.
Vertige. Je tombe à genou au-dessus du trou noir.
Il ne m'aura pas ! Ce trou noir de merde ne m'aura pas ! Tu m'entends, Salazar ? Parce que c'est toi qui m'as mis en tête cette foutue merde de planche à clous et ce trou noir !
Pauvre con ! Comme si j'allais me laisser prendre à une aussi minable Illusion !
Mais allez, vas-y ! Torture-moi autant que tu le veux, fiche moi n'importe quelle Illusion à la con en tête, je m'en contrefous ! Tu peux faire ce que tu veux, tu ne m'empêcheras pas de retrouver Théo, Pa et les autres et tous ensembles, nous sauverons Harry et Ron !
Qu'on se le dise !
OoOoOoO
Harry
J'ai eu l'horrible sentiment de tomber dans un trou noir, lorsque Ron nous a fait Transplaner avec Megildur. Mes yeux se sont fermés et je ne parviens plus à les ouvrir. Mes paupières sont trop lourdes, trop fatiguées.
Je ne peux plus voir Ron. Je ne plus voir que ce qu'il se passe à l'intérieur de moi.
Pas grand-chose en vérité. Ma Magie n'est vraiment plus vaillante du tout. Quasi totalement épuisée et presque aussi minuscule que Tristan, qui est lové tout contre elle. Je me demande ce qu'il fait encore là, Tristan. Il ne devrait plus être avec moi, puisque Salazar est dilué dans les limbes de l'oubli maintenant. Je lui demanderais bien pourquoi il est resté malgré tout, mais il dort profondément et je n'ai pas le cœur à le réveiller.
J'éprouve une sensation étrange. Ce n'est pas désagréable, bien au contraire. En fait, j'ai l'impression de flotter dans un bain de caresses d'eaux mousseuses, tièdes et très douces. C'est un peu aussi, comme lorsqu'un évènement exceptionnel est sur le point de se produire et que le temps semble s'être arrêté, suspendu dans l'attente qu'il survienne enfin.
Bref, c'est un moment de flottement. Une sorte d'état entre rêve et éveil. Je suis tellement épuisé !
Ou alors je suis dans le coma.
Oui, ça doit être ça. Je suis en train de mourir après tout.
« Harry ? » m'appelle soudainement Tristan.
« Oui Tristan ? » réponds-je, baissant mes yeux intérieurs sur lui.
Ou plutôt ma Magie baissant les yeux sur lui.
Tristan vient de se réveiller et ses yeux sont tout embrumés de sommeil encore. Il est adorable ainsi. Attendrissant. Il me fait penser à Jonas quand il se réveille très tôt et vient se glisser sous les draps de notre lit, en essayant de ne pas nous réveiller Ron et moi.
Cette pensée me pince le cœur. J'aimerai tant l'embrasser mon petit bonhomme ! Le serrer dans mes bras une dernière fois. Jérémy et Jodie aussi.
« Qu'est-ce que je fais encore là ? Je devrais être reparti vers Mère. » dit-il, surpris et un peu inquiet je le vois bien.
« Je ne sais pas, Tristan. Je me pose la même question que toi. » réponds-je, sentant mes paupières internes se faire un peu plus lourdes.
Cette fois, c'est sûr. Je vais bientôt sombrer dans la nuit.
Ou plutôt, mes yeux vont bientôt s'ouvrir sur la lumière qui va me guider là-haut vers le Paradis.
Sensation électrique, fourmillement sur ma peau.
Et la voix lointaine de Ron qui parle à quelqu'un. Alors je dresse l'oreille, mais il me faut faire de gros efforts, avant de saisir quelque chose d'audible.
« Bayamaë, la voix des Oracles.. » entends-je lorsque j'y parviens enfin.
Bayamaë, murmure-je pour moi-même en écho, surpris.
Je ne peux la voir. Mais elle a une voix douce et un peu chantante, comme celle de Luna.
OoOoOoO
Ginny
C'est un cauchemar.
Ce n'est pas possible autrement, c'est un cauchemar !
Il est mort ! Cooper est mort ! Je le sais, bien ! Draco l'a tué en lui renvoyant son Avada ! Je l'ai vu dans son esprit, tout à l'heure, lorsque nous étions connectés dans la Communion Magique ! Il l'a tué parce que ce salopard de vil et lâche assassin a possédé Felice Petham pour tuer le professeur Dumbledore !
Alors il ne peut pas être ici. A poil, sexe dressé et à essayer par tous les moyens de me peloter. Ce n'est pas vrai !
Alors c'est un cauchemar ! Oui, c'est ça, un cauchemar !
Il s'avance vers moi. Près, beaucoup trop près. Mains tendues vers ma poitrine. Sentiment soudain de sentir l'odeur nauséabonde de cet animal en rut, mêlée de sueur et de stupre. De sentir la chaleur de son souffle me piquer le nez d'un arôme alcoolisé et poivré à la fois.
Milles Gorgones ! C'est assurément un cauchemar mais il est sacrément réaliste !
C'est à cause de Salazar, ça ! C'est lui qui m'a mis toutes ces images et sensations dans la tête tout à l'heure ! Il faut que je me réveille, sinon ça ne s'arrêtera pas !
Et puis je dois retrouver Ron et Harry ! Je n'ai pas le droit de les abandonner à leur sort sinon ils vont mourir !
« Bas tes sales pattes, puant cochon ! » ne puis-je m'empêcher de crier vers le Cooper de mon cauchemar, me jetant en avant pour le repousser de toutes mes forces, dans l'espoir que cela va atomiser son image.
Mais il ne s'atomise pas. Il recule à peine sous l'impact. Pire, ça le fait rire ce sale pervers !
« C'est ça, débats-toi comme une tigresse ! J'adore ça ! Ça m'excite ! Et j'en éprouverai d'autant plus de plaisir quand je te violerai ! » ricane-t-il, en fonçant vers moi.
Il m'attrape le bras et je me défends comme une belle diablesse, lui flanquant des coups de poings et des coups de pieds.
Même s'il n'est pas réel, je ne veux pas qu'il se colle contre moi ce salopard !
Je dois me sortir de ce cauchemar, mille Gorgones !
Je dois échapper à sa prise !
Et aller au secours de Ron et Harry !
OoOoOoO
Ron
Bayamaë, la voix des Oracles.
Je ne l'imaginais pas du tout comme ça. En fait, je la voyais plutôt comme une vieille bonne femme aux airs mystiques et un peu folle. Ceci dit, je comprends maintenant l'effet de son regard sur moi. Car elle connait assurément bien des choses sur le Monde, ses vérités et destinées possibles.
Mais bon, ce n'est pas le temps de penser à ça. La question est plutôt : qu'est-ce qu'elle fait ici ?
Je le lui demande donc.
« J'ai un message à délivrer. » répond-elle, comme si c'était l'évidence même.
« Oui. Bon, ok. Je m'en doutais un peu et je suppose aussi que ce message me concerne, sinon tu ne serais pas ici. » réplique-je, d'un ton qui l'invite à se dépêcher un peu de m'annoncer la nouvelle.
« Cela te concerne, effectivement. » répond-elle, laconiquement.
Là, elle me file l'impression désagréable qu'elle se fiche moi et que ça l'amuse de me passer au grill. Et aussi sec me traverse l'esprit, l'image fugace de Nally l'attrapant par les épaules pour la secouer avec force, en la priant sèchement de cracher sa Potion une bonne fois pour toute.
Comme je comprends les réactions de Nally envers Bayamaë, maintenant ! Moi aussi, j'ai envie de lui secouer les Ciseburines. Si elle a quelque chose à me dire, pas besoin de faire durer l'affaire pendant cent sept ans. Qu'elle délivre très vite son message et qu'elle me laisse tranquille avec mon Harry. Je suis trop fatigué, j'ai trop envie de m'allonger et de m'endormir en le serrant doucement dans mes bras.
Mais bon, si je la secoue, à mon avis ça m'arrangera rien à l'affaire. Peut-être même qu'elle serait capable de me laisser mariner plus longtemps encore dans mon jus. Or, je n'ai pas de temps à perdre, moi. Et le peu qu'il me reste tout court, je n'ai pas envie de le gâcher à m'énerver.
« Bien. Alors puisque ce message s'adresse à moi, vas y, je t'écoute. » invite-je donc, après avoir pris une bonne inspiration pour calmer l'agacement qu'elle a fait naître en moi.
« Ce message te concerne, mais il ne s'adresse pas à toi. » répond Bayamaë, me souriant brièvement, avant d'ajouter : « J'ai seulement besoin de toi, pour le faire parvenir à celui auquel il est adressé. »
« Je regrette, je t'aurais rendu ce service avec plaisir, mais je ne peux pas. J'ai à peine assez de forces pour rester assis. Et de toute façon, je ne veux pas quitter Harry. Alors adresse-toi à Olórin, comme tu le fais habituellement. Il doit être frais et disponible, lui. » réplique-je, me retenant de justesse d'ajouter que j'ai bien assez donné comme ça aujourd'hui, sans avoir en plus à jouer au Hibou Postal.
Que je veux qu'on me fiche la paix, qu'on me laisse tranquillement mourir avec mon Harry, s'il n'y a rien à faire pour le sauver.
« Tu n'auras pas à quitter ton Âme Sœur, pour m'aider à délivrer ce message. » insiste cependant Bayamaë, en penchant un peu la tête de côté comme pour mieux jauger ma réaction.
Une chance pour elle que mes bras soient occupés à soutenir mon Harry et que les forces me manquent de toute façon pour le faire, parce que j'ai de nouveau envie de la secouer un bon coup. Et je crois que cette fois je n'aurais pas pu me retenir de le faire.
« Ecoute, Bayamaë. J'ai la cervelle en gelée à la menthe et incapable de déchiffrer des énigmes. Alors sois assez aimable pour t'exprimer clairement, s'il te plait. » demande-je, exprimant cette fois mon impatience.
De la tranquillité. Je veux juste de la tranquillité. Et dormir avec Harry dans mes bras. M'éteindre doucement avec lui.
« J'ai besoin que tu entres en Communion avec ton Compagnon, afin de délivrer un message à Tristan.» daigne enfin expliquer Bayamaë, avec ce regard saphir profond et son sourire doux et chaleureux, qui semblent ne jamais quitter son expression faciale.
« Que j'entre en Communion avec Harry ? » répète-je dans un murmure, secouant négativement la tête avant de faire remarquer : « Harry est inconscient. Agonisant et dans le coma, plus exactement. Il n'a plus d'énergie Magique et je n'en ai quasi plus non plus. Alors je vois mal comment nous pourrions entrer en Communion. Et moins encore atteindre Tristan qui n'est certainement pas mieux loti en énergie Magique que nous. »
J'hésite un quart de seconde et finalement je poursuis : « Et puis, qu'est-ce que tu as à lui dire de si urgent, à Tristan ? Qu'il est temps de rentrer à la maison ? Si c'est cela, il ne tardera pas à le faire de toute façon. Dans cinq minutes au plus Harry sera mort. Or il n'y a pas de Réceptacle à proximité et ça, ça va à coup sûr le réveiller Tristan. Il se rendra compte alors que Salazar s'est dilué dans les limbes de l'oubli et qu'il doit regagner le bercail. »
Bayamaë sourit encore et toujours. Ses lèvres un peu plus étirées cette fois.
« Cervelle en gelée à la menthe. » dit-elle, l'air d'apprécier l'expression, si j'en juge le petit éclat rieur dans son regard.
Rieur et un peu moqueur, comme celui de Blaise.
« Quoi, cervelle en gelée à la menthe ? Qu'est-ce que j'ai dit qui cloche ? Qu'est-ce que j'aurais dû saisir ? » demande-je, en ramenant Harry contre moi.
Mes bras sont tellement douloureux et engourdis, que j'ai de plus en plus de mal à soutenir son poids. Merlin sait pourtant que Harry a sacrément fondu et que ce n'est plus qu'un poids plume.
Mais bon. Moi aussi j'ai pas mal fondu. Je suis affaibli, épuisé, douloureux.
« Je te rappelle que le temps ne s'écoule pas ici, il est suspendu, Althibalys. Et cela ne t'étonne-t-il donc pas, que Tristan soit encore avec Elrond, alors que son ancien hôte est mort et les cendres de Salazar dispersées dans les limbes de l'oubli ? » fait remarquer Bayamaë, avec un sourire cette fois énigmatique, qui n'est pas sans me faire penser à Luna.
Luna… Blaise, Ginny, Remus, Sev et les autres… Merde ! J'espère qu'ils vont bien. Que ça ne les a pas tués d'être éjectés quand Harry a commencé à sombrer dans le coma !
« Certes, le temps est suspendu. Alors Harry va peut-être vivre un peu plus longtemps grâce à ça. Du moins aussi longtemps que nous restons ici. Mais il suffit de sortir de la zone d'Intemporalité et ce sera terminé, il rendra son dernier souffle. Quant à la présence persistante de Tristan… » réponds-je, marquant une brève pause avant d'ajouter : « Eh bien je crois tout simplement que rien ne saurait plus m'étonner après ce que je viens de vivre. »
« Cela se conçoit. » admet Bayamaë, tête à nouveau penchée sur le côté.
« Oui, cela se conçoit. » répète-je, posant ma joue sur celle de Harry et fermant les yeux durant deux secondes afin de bien les hydrater car ils brûlent affreusement, avant d'insister : « Tu ne m'as pas répondu. Quel message dois-tu délivrer à Tristan ? Et d'abord, pourquoi Magie Mère ne t'aiderait-elle pas, plutôt que moi ? Elle doit pouvoir le faire, avec toute la puissance dont elle dispose. »
« Magie Mère a dû fournir beaucoup d'efforts, elle aussi ces dernières semaines. Et tout à l'heure, elle a dépensé beaucoup, pour vous faire parvenir l'Energie que ta famille et tes amis ont produite, dans le Temple des Elfes de maison. De plus, très nombreux sont ses Enfants qui ne lui reviendront jamais et son chagrin est grand, car elle les aimait, malgré leur noirceur. Cela lui a également fait perdre beaucoup d'énergie. Elle a donc à présent besoin de repos elle aussi. » explique Bayamaë avec de la tristesse dans sa voix chantante.
« Ok, je peux comprendre ça. » réponds-je, poussant un petit soupir, avant de demander encore, avec inquiétude : « Sais-tu si mes amis vont bien ? »
« Ils iront bien. » répond Bayamaë, le regard grave.
Ça, ça signifie qu'en ce moment, Sev, Hermione, Ginny et les autres ne vont pas bien du tout. Ce qui ne m'étonne pas. Cela me soulage cependant, car ça signifie aussi qu'ils sont en vie. Et c'est très bien, ça. J'en suis heureux.
« Bon, alors, ce message pour Tristan ? » insiste-je à nouveau, car avec tout ça, je n'ai toujours pas obtenu réponse.
« Je dois lui dire qu'il porte en lui le pouvoir de sauver la vie de Harry. » lâche enfin Bayamaë.
OoOoOoO
Harry
Cela m'est difficile de saisir la conversation entre Ron et Bayamaë. Leurs voix s'éloignent parfois dans un écho lointain et des bribes m'échappent.
Je parviens cependant à comprendre qu'elle a besoin de Ron pour faire parvenir un message à Tristan.
« Qu'est-ce qu'elle peut bien avoir à me dire ? » s'étonne ce dernier, avec un petit froncement de sourcils, qui me fait soudainement penser à Jérémy.
« Je ne sais pas. » réponds-je distraitement, l'esprit vagabondant vers mes enfants.
Je les aime tellement fort ! Je donnerai n'importe quoi à présent, pour les serrer encore contre moi, les embrasser. Et je me sens très malheureux, en songeant au chagrin qu'ils vont avoir. Egoïste aussi, d'accueillir l'idée de ma mort prochaine avec autant de sérénité, alors qu'au contraire, je devrais me battre de toutes mes forces pour survivre.
J'espère qu'ils comprendront que je le ferais si je le pouvais. Mais je n'en ai plus la force. Ma plaie s'est ouverte et ré ouverte trop souvent. Elle a rongé peu à peu ma vie, la ronge encore. Et je suis trop épuisé à présent pour lutter.
« Oh ! Harry ! Tu as entendu ça ! » s'exclame Tristan, en bondissant sur ses pieds à mes côtés.
Je sors aussitôt de mes pensées pour me tourner vers lui, hochant négativement la tête.
« Si je suis encore ici, c'est pour te sauver, Harry ! J'ai le pouvoir de le faire ! Bayamaë vient de le dire à Ron ! » s'exclame Tristan, le regard brillant de joie.
Il y a donc un espoir ?
Bouffée de joie dans mon cœur, dans mon Âme.
Si Tristan a le pouvoir de me sauver, je pourrai revoir Jonas, Jérémy et Jodie. Vivre une belle vie de paix, de tranquillité et de bonheur serein, avec mon Ron, mes enfants, ma famille et mes amis.
Faire l'amour à Ron encore. Câliner mes enfants. Les aimer, les choyer, les aider à grandir, à trouver leur chemin dans la vie.
Je le voudrais, oui, je le voudrais !
Cependant, la joie me quitte aussi vite qu'elle est venue. Tristan est si petit ! Ce n'est qu'une minuscule parcelle de Magie. Sa pureté, son innocence sont éclatantes, c'est vrai. Mais comment pourraient-elles m'arracher à la mort ?
« Comment pourrais-tu me sauver, Tristan ? Comment pourrait-ce être possible ? » souffle-je, yeux rivés sur Tristan, dont les épaules s'affaissent aussitôt.
« Je ne sais pas. Mais je serais tellement heureux de le faire ! » souffle-t-il, son visage s'assombrissant de tristesse.
Je hoche simplement la tête. Oui, je sais que Tristan serait heureux de pouvoir me sauver.
Bayamaë, me vient-il soudain en tête, peut-être va-t-elle dire à Ron comment Tristan pourrait me sauver.
Oui. Ron va lui poser des questions. Il va vouloir savoir ce que Tristan peut faire pour me sauver la vie.
Faire l'effort d'écouter sans me laisser distraire. Tendre l'oreille vers Ron et Bayamaë. Ça, je peux le faire encore.
OoOoOoO
Neville
Je comprends pleinement maintenant, que la douleur ait pu briser l'esprit de mes parents.
Le mien n'est pas loin d'être brisé lui aussi. Il ne faut vraiment plus grand-chose pour qu'il vole en éclat et s'éparpille aux quatre coins de la planète, qu'il s'évade définitivement loin de cette atroce douleur qui me consume tout entier et comprime mon cœur.
Je n'aspire qu'à une chose : cesser de souffrir. Qu'on m'administre bientôt une Potion. Ou qu'on m'endorme. Ou que je meurs, même ! Peu importe ! Je n'ai pas peur de la mort de toute façon. Je veux juste ne plus souffrir.
Des étoiles dansent devant mes yeux brûlants. J'entends des sons étouffés, feutrés. Des chuchotements.
« Neville ? M'entends-tu mon Neville ? » appelle soudainement clairement Luna.
« Oui. Oui je t'entends ma petite fleur chérie ! » murmure-je, dans un souffle qui s'exhale difficilement.
Luna ! Ma Luna !
Au son de sa voix, elle semble aller bien. Mais je veux m'en assurer de visu quand même. Alors j'effectue l'effort d'ouvrir mes paupières si lourdes d'épuisement et de douleur.
Ma Luna est là au-dessus de moi. Elle semble flotter dans l'air. Auréolée d'une éclatante lumière vaporeuse. Elle est si belle ! Son sourire m'atteint en plein cœur.
« Il est temps de partir, mon Neville ! » dit-elle, de sa voix si douce et chantante.
« Partir ? Où ? » souffle-je, déglutissant avec peine les lames de rasoirs qui lacèrent ma gorge, avant d'ajouter : « Je voudrais bien, mais je ne peux pas bouger. J'ai trop mal. »
« C'est justement pour cela que je suis venue te chercher, mon Neville ! Nous avons accompli tout ce que nous avions à accomplir ici. Alors il est temps pour nous de partir au Paradis, où nous n'aurons plus jamais à souffrir ! » répond Luna, tête penchée sur son sourire doux.
Ne plus jamais souffrir. Quelle douce perspective !
Mais ai-je le droit de mourir maintenant ? Ai-je vraiment accompli tout ce que je devais, avant de mériter un éternel repos au Paradis ?
Le doute m'envahit soudainement.
« Tu as juste à prendre ma main et laisser ton Âme s'élever vers la mienne, mon Neville et tu cesseras de souffrir. » sourit Luna, tendant une main vers moi.
Je suis tenté de la prendre. Mais le doute est là, ancré dans mon cœur, dans mon cerveau. Mon Âme a encore du chemin à parcourir, avant de mériter l'accès au Paradis.
« Prends ma main, mon Neville ! » m'encourage la voix de Luna.
Son regard m'invite, prometteur de douceur et d'un monde meilleur, à laisser mon Âme dériver vers la Lumière si éclatante qui brille derrière elle et qui l'auréole d'un halo vaporeux.
Mais mes doutes me retiennent. Je n'ai pas terminé ma tâche. C'est une certitude profondément ancrée dans mon cœur. Alors je lutte. De toutes mes forces. Je ne cèderai pas. Je ne prendrai pas cette main qui se tend vers moi.
Douleur atroce qui me brûle le corps tout entier. Mon cœur bat à tout rompre. Et un voile se déchire dans mon cerveau.
« Va te faire foute, Salazar ! Luna n'abandonnerai pas la partie si facilement ! Et moi non plus, je ne l'abandonnerai pas ! » murmure-je, bandant toute ma volonté, toute ma détermination pour résister, puis ajoutant dans un éclair de lucidité : « Et de toute façon, Luna a vu que nous allons survivre et vivre heureux ! Oui ! Elle l'a vu ! Elle me l'a dit, le jour de l'inauguration du village des Elfes ! Alors va te faire foutre salopard ! »
Et le si doux, si beau visage de ma Luna s'efface brusquement. Tout bascule autour de moi. Je suis emporté par un tourbillon vertigineux de cris et de hurlements. Et quand le vertige cesse, je suis dans une chambre de torture, écartelé par des chaines, face à une créature hideuse au visage tordu de haine qui me lacère la peau et m'écorche vif.
Mais tant pis pour la douleur ! Tant pis si je deviens fou à force de souffrance !
Harry et Ron ont besoin de moi, de mon amitié, de ma loyauté !
Alors je vais lutter contre ce cauchemar, de toutes mes forces, de toute mon Âme !
Et je vais trouver le moyen de sortir de cet Enfer que me fait vivre Salazar, pour me porter à leur secours !
Et quand tout sera fini, que Salazar sera vaincu, je vivrai heureux auprès de ma Luna !
OoOoOoO
Ron
Tristan aurait le pouvoir de sauver Harry ? C'est donc pour cela qu'il serait encore avec lui ?
Je ne parviens pas à y croire.
« Plait-il ? » demande-je, secouant la tête avant de préciser : « Pas que je n'ai pas entendu ni compris ce que tu viens de dire, Bayamaë. J'aimerai juste savoir comment une aussi minuscule parcelle de Magie pourrait sauver la vie de Harry. Et cela, alors qu'il doit être aussi épuisé que nous. »
« Tristan n'est pas une aussi minuscule parcelle de Magie qu'il y parait, ni qu'il le pense lui-même. Certes, son hôte ne lui a pas permis de grandir, ce qui l'a profondément affecté et il a choisi de conserver l'apparence qu'avait son hôte lorsque celui-ci a renoncé à suivre la voie qu'il a vainement souhaité lui voir suivre. Mais en réalité, il a été nourri par la Magie d'Elrond, par ses connaissances, sa bonté et son courage et à l'image de Harry, il possède une très grande puissance. Il l'a d'ailleurs prouvé en résistant à maintes reprises à Salazar par le passé et ce jour. » répond Bayamaë, caressant doucement la main de Harry avec son pouce.
Ouais. C'est loin de répondre à ma question, ça. Et elle n'a pas l'air décidée d'en dire davantage. Il va donc falloir que je lui tire les Veracrasses du nez.
« Ok. Intéressant tout ça. Mais explique-moi en quoi consiste son pouvoir de sauver la vie de Harry ? Comment peut-il le faire ? » demande-je donc, avant de piquer un baiser sur la tempe de Harry.
Le regard de Bayamaë glisse vers Megildur et le mien suit dans un automatisme.
« Ce n'est pas Megildur qui a blessé Elrond. Elle n'aurait pu transpercer ses chairs, si Salazar ne s'était pas accroché à sa Magie. Et les chairs de Harry se seraient refermées aussitôt la lame de Megildur ôtée de son corps, si Salazar n'avait laissé derrière lui ce qui tue ton Âme Sœur. » répond Bayamaë, tandis que je sens la moutarde me monter au nez.
Je bondirais sur mes pieds, poings serrés et prêt à en découdre, si je pouvais le faire !
« Qu'est-ce que ce salopard a laissé ? » demande-je, dans un grondement de colère rauque.
« Tu as senti dans ton cœur, que nul Médicomage, pas même le plus doué, ne pourrait le guérir, n'est-ce pas, Althibalys ? » demande Bayamaë, me fixant de son profond regard et comme je hoche la tête pour acquiescer, elle explique : « Salazar a jeté une Malédiction juste avant que tu le sortes tout à fait du corps d'Elrond. S'il ne pouvait fusionner avec sa Magie et partager son corps, sa blessure ne guérirait pas et il en mourrait, tel était sa volonté. »
« Putain de Salazar ! Il a bien calculé son coup ce salaud ! Il a trouvé le moyen de nous gâcher la vie même par-delà les limbes de l'oubli ! Et bien sûr, comme ce salopard était bien plus puissant que la moyenne, la Malédiction a perduré, malgré sa dilution dans le néant ! » réagis-je vivement, poings aussi fortement serrés qu'il m'est possible.
Le découragement me tombe comme une chape de plomb sur les épaules. Aussi lourd que le silence qui s'abat autour de nous. Aussi lourd que le regard de Bayamaë qui me scrute de son regard saphir.
Je soupire profondément.
« Seul celui qui a prononcé une Malédiction peut y mettre fin. Alors que pourrait bien Tristan contre celle-ci ? Rien. Il ne pourrait rien ! » murmure-je, passant une main lasse sur mes yeux si brûlants d'épuisement.
Non. Je ne vois vraiment pas ce que Tristan pourrait faire. Et j'ai envie d'envoyer Bayamaë au diable avec ce faux espoir qu'elle a fait naître en mon cœur durant quelques brefs instants.
« Cervelle en gelée à la menthe, effectivement ! Tu as habituellement l'esprit beaucoup plus vif Althibalys. » sourit quant à elle Bayamaë, penchant la tête un peu de côté, avant de questionner : « Qu'est donc Tristan ? »
Je soupire. Pourquoi ne dit-elle pas les choses tout de go ? J'en ai marre qu'elle me balade comme ça, en faisant durer le suspense indéfiniment !
« Une parcelle de Magie, pure et innocente. » réponds-je quand même, espérant que cela va rapidement l'amener à préciser sa pensée.
« Oui. Et plus précisément ? » demande-t-elle cependant encore, me donnant presque envie de hurler, à jouer ainsi avec mes nerfs.
« Et… Et Voldemort était son hôte, mais il l'a expulsé et Tristan a trouvé refuge en Harry. Il est donc apatride en quelque sorte. Désormais indépendant de tout hôte en tout cas. » réponds-je, ne voyant toujours pas vers quelle réponse Bayamaë cherche à me guider.
Je l'ai sans doute déjà quelque part dans ma caboche cette réponse, mais je suis vraiment très loin d'être en état de réfléchir. Alors cette fois, face à son silence obstiné, je me décide à dire exactement ce que je pense.
« Je comprends que Nally ait si souvent envie de te secouer les Ciseburines, parce que tu as le don de mettre les nerfs en pelote, avec ton petit jeu qui consiste à donner les infos au compte-goutte ou par énigme. Or, je ne suis pas en état de jouer aux devinettes et encore moins de supporter ton jeu puéril. Alors ou tu te décides à t'expliquer clairement et là, je me débrouillerai pour trouver les ressources nécessaires, quitte à soulever des montagnes s'il le faut pour entrer en Communion avec Harry. Ou tu continues comme çà et là, moi je m'allonge et je me laisse tout de suite mourir avec lui. » déclare-je, en la fixant de mes yeux morts d'épuisement.
Bayamaë soutient mon regard et elle ose sourire toujours.
« Effectivement noble et fougueux. » commente-t-elle, tandis que je lui flanquerais bien une gifle ou deux, pour s'amuser ainsi à mes dépens.
« Bayamaë ! » laisse-je gronder mon Grizzly, bien qu'il ne soit pas en état du tout de sortir ses griffes et ses crocs.
« Qu'était donc Salazar ? » ose-t-elle pourtant encore s'amuser.
Putain ! Cette fois, je ne joue plus et je me couche, c'est décidé !
Alors je m'allonge. Mais à peine ai-je posé tête au sol, que je la redresse.
Je ne peux pas faire ça. Je ne peux pas abandonner alors qu'il y a un espoir de sauver Harry.
« Salazar, c'était la Magie de Voldemort. Et avant d'être séparés, Salazar et Tristan formaient un tout, un seul Enfant de Magie Mère. » déclare-je, me redressant tout à fait sans cesser de fixer Bayamaë et comme elle hoche la tête positivement, je poursuis : « En conséquence, Tristan peut lever la Malédiction. »
Mais cette fois, je récolte un hochement de tête négatif.
« Ce n'est pas tout à fait cela. » dit-elle ensuite, faisant la moue en m'observant essayer de recaler confortablement Harry dans mes bras, avant d'ajouter : « Cela manque de confort ici. »
Son regard a tout l'air de me le reprocher et de dire que je manque de savoir-vivre.
« Je ne suis ni l'hôte de ces lieux, ni en capacité de remédier à cet inconfort ! » réponds-je donc, lui signifiant clairement des yeux, que je n'en ai rien à foutre de son confort et que ce qui m'importe à moi, c'est d'obtenir une réponse claire à la seule et unique question qui ait de l'importance pour moi : comment sauver Harry.
« Oh ! Bien sûr ! » dit-elle, effectuant un petit geste de la main.
Je me retrouve aussi sec à demi allongé sur une espèce de large lit très bas, Harry lové au creux de mon bras. Nous sommes aussi tous deux confortablement calés avec des coussins moelleux.
Un autre petit geste de la main et un plateau apparait entre les mains de Bayamaë. Elle pose le plateau à côté de moi, puis s'assoit un peu plus haut vers le pied de lit, me faisant face et calée par des coussins également, avant de me proposer un thé fort et bien chaud que j'accepte d'un simple hochement de tête.
« Bien, maintenant que tu as tes aises, dis-moi tout. Et cette fois, pas d'énigme, s'il te plait. J'en ai ma claque de devoir t'extirper ou deviner les réponses. » déclare-je, avant de tremper mes lèvres dans le thé.
Délicieux. Et ça fait drôlement du bien.
Bayamaë prend le temps de siroter quelques gorgées de thé, m'observant par-dessus sa tasse. Et ça me fiche de nouveau en pétard. Mais je ne commente pas, ni même n'exprime d'aucune façon mon impatience. Ça lui ferait trop plaisir assurément. Alors je sirote simplement mon thé, moi aussi.
« Il ne s'agit pas de deviner, mais de déduire, Althibalys. » dit-elle enfin, posant sa tasse vide sur sa soucoupe, avant d'ajouter : « Et je ne peux influer sur les choix, ni décider des destins qui me conviennent le mieux. »
Je fronce aussi sec les sourcils.
« Que veux-tu dire par-là ? » demande-je, avant de boire encore un peu de thé.
« Cervelle en gelée à la menthe ! » sourit Bayamaë, que cela amuse clairement beaucoup.
De mon côté, je regrette de lui avoir appris cette expression qui commence à me porter sur le ciboulot et pour toute réponse, je lui jette un regard noir. Ça la fait rire.
« Les Oracles me délivrent des messages Althibalys et ma vue s'ouvre sur les choix et destins possibles. Mais il ne m'appartient pas d'influer sur les décisions que prendront les destinataires de la parole des Oracles. » précise-t-elle néanmoins, avant de remplir une nouvelle fois sa tasse de thé et la mienne, pourtant à demi-pleine encore.
« Ça, je l'ai compris, merci bien. Et à ce propos, tu pourrais tout de même préciser à celles et ceux auxquels tu délivres tes messages et Visions, qu'il ne faut pas toujours tout prendre au pied de la lettre non plus. Parce que s'il y a bien une chose que j'ai apprise, c'est que le destin n'est pas immuable. » déclare-je, avant de la remercier pour le thé.
« Non, il ne l'est pas, effectivement. Mais je me garderai bien de le préciser car il peut être dangereux de changer certains destins, tout autant qu'il peut être dangereux de ne pas le faire. » répond Bayamaë, qui hésite avant d'ajouter : « Parce qu'il a voulu contrarier une Prophétie, Voldemort a donné à Harry le pouvoir de le vaincre. Que ce serait-il produit, s'il en avait été autrement ? »
« Oui, je sais, ce sont les choix que nous effectuons qui déterminent ce que nous sommes et notre destin. Mais on peut dire aussi que ce sont les choix que nous n'effectuons pas qui le déterminent. Bref, ce n'est pas l'heure de nous adonner à une discussion philosophique sur ce sujet. Revenons à nos Porlocks Bayamaë et sois assez aimable pour révéler à la cervelle en gelée à la menthe que je suis, ce que j'aurais dû, non pas deviner, mais déduire. » réplique-je, en la fixant droit dans les yeux.
Bayamaë ne répond pas tout de suite. Elle prend le temps de peser le pour et le contre, de toute évidence. Et j'en viendrais presque à la plaindre de se penser obligée de soigneusement peser ses paroles, si je ne savais pas que cela fait partie de son putain de petit jeu à la con encore une fois.
« Tristan ne peut pas lever la Malédiction, car bien qu'ancienne partie d'un tout, il n'est pas celui qui l'a prononcée. En revanche, en tant qu'ancienne partie d'un tout, il peut la contrarier. » déclare-t-elle finalement, en me fixant à nouveau d'un regard grave.
OoOoOoO
Théo
Harry et Ron ont gagné. Ils ont débarrassé le Monde de la diabolique et méphitique présence de Salazar, me dis-je, avant même d'ouvrir les yeux, sur la pénombre.
Ma Ginny est recroquevillée contre moi et dort d'un sommeil agité. Il n'y a personne d'autre avec nous, mais j'entends des chuchotements un peu plus loin, au-delà des paravents qui garantissent notre intimité.
On se croirait à l'Infirmerie de Poudlard, mais je crois plutôt que je suis à Ste Mangouste.
Ça me fait sourire de penser ça. Je repense à mon fou-rire nerveux et que je me suis dit alors, que je finirai sûrement à Ste Mangouste avec les parents de Nev.
Pincement dans mon cœur. J'espère qu'il va bien, Nev. Et les autres aussi. Parce qu'aucun n'était en forme du tout quand nous avons été éjectés.
Pincement plus cruel. Vive angoisse qui monte dans ma poitrine. Panique dans ma tête.
Non, Merlin non ! Non, je ne veux pas penser à ça ! Je ne veux pas !
Ce n'est pas vrai non !
C'est une attaque de cet enfoiré ! Il veut me faire croire que c'est fini ! Et que Harry était mourant ! Mais ce n'est pas vrai ! Je ne veux pas le croire !
Et d'abord pourquoi je serais à Ste Mangouste ? C'est chez Nally que je serais ! Et il y aurait quelqu'un pour veiller sur moi ! Jamais on ne m'aurait laissé seul pour me réveiller ! Même avec Ginny collée à moi ! Il y aurait eu quelqu'un pour appeler Richard, afin qu'il m'examine dès mon réveil !
Salopard ! Il se joue de moi ! Il se joue de nous tous !
Putain d'enfoiré ! Je vais me tirer d'ici je le jure ! Et je vais retrouver mon frère !
Un voile se déchire. J'ai mal partout. Je ne sais pas où je suis, mais je ne suis définitivement pas à Ste Mangouste c'est sûr. Il fait noir, complètement noir cette fois.
Mon frère ! Je dois trouver mon frère ! Je dois le ramener à la maison !
Où est ma Ginny ? Où est Draco ? Où sont-ils tous ?
Une main s'agrippe à la mienne.
« Théo ! Réveille-toi, Théo ! » entends-je une voix lointaine.
Richard, c'est Richard !
Je dois l'écouter et ouvrir les yeux.
Non !
Non !
Je ne dois pas ouvrir les yeux ! Ce n'est pas Richard ! C'est toujours l'autre enfoiré de salopard de mes deux !
Alors malgré la douleur qui explose dans ma tête et dans mon corps, je ne dois pas ouvrir les yeux ! Bien au contraire ! Je dois les garder soigneusement fermés. Je dois aussi fermer mon esprit à tout ce qui n'est pas Harry ! Je dois le chercher ! Je dois retourner dans les entrailles de Tyll Celwie et offrir toute mon Energie à mon frère !
Pour qu'il tienne le coup, jusqu'à ce que Richard puisse le soigner et le sauver !
Je sais comment faire, je connais le chemin maintenant !
Me concentrer sur lui, sur son esprit et je le trouverai. Oui, je le trouverai !
Tu m'entends sale putain d'enfoiré ! Tu peux faire ce que tu veux, je trouverai mon frère !
OoOoOoO
Harry
« Tristan ne peut pas lever la Malédiction, car bien qu'ancienne partie d'un tout, il n'est pas celui qui l'a prononcée. En revanche, en tant qu'ancienne partie d'un tout, il peut la contrarier. » entends-je Bayamaë expliquer à Ron.
« Qu'est-ce qu'elle veut dire par là, Harry ? Tu y comprends quelque chose ? » réagit aussitôt Tristan, levant son regard interrogateur sur moi.
Oui, je comprends. Et il n'y a pas besoin de réfléchir. C'est un refus net et clair. Je suis sûr que Ron comprendra. Je lui fais confiance pour cela. Je lui fais confiance pour tout.
« Harry ? » demande Tristan, avec inquiétude.
Je dois lui dire. Lui expliquer ma position. Alors j'amène ma Magie à s'installer en tailleur devant lui, comme nous l'avons fait dans le Temple des Elfes il y a quelques jours.
Tristan m'écoute. Attentivement. Il réfléchit durant quelques instants, puis lève ses yeux bruns embués de larmes vers moi.
« Je comprends, Harry. Mais je suis tellement désolé aussi, que tu ne veuilles pas que nous fassions cela ! J'aurais tant voulu te sauver la vie ! » dit-il l'une de ses larmes de poussière dorée glissant sur sa joue.
« Tu m'as déjà sauvé, Tristan, lorsque j'étais un bébé. Et je te l'ai dit déjà. C'est grâce à toi, que j'ai pu vivre de grands bonheurs, connaitre Ron, mes enfants, me faire toute une belle famille de cœur et des amis très chers. Alors ne sois pas triste, s'il te plait. Car une autre vie m'attend au Paradis. Comme une autre vie t'attend, toi aussi. » lui réponds-je, me penchant légèrement en avant pour essuyer ses larmes du bout des doigts.
Il réfléchit à ce que je lui dis, la tête un peu penchée. Puis il hoche la tête, pour signifier qu'il me comprend.
« Allez, viens là, bonhomme. C'est le moment de nous dire au revoir. Et que tu retournes vers Magie Mère. » déclare-je, l'invitant d'un sourire, à me rejoindre pour un dernier câlin.
OoOoOoO
Sirius
Putain de Nom de Zeus ! Quel valdingue !
J'en ai le souffle coupé, dis-donc !
Et avec tout ça, j'ai lâché Rem et Draco ! Quel corniaud je suis !
Faut que je les retrouve. Parce qu'il faut qu'on y retourne, nom de Zeus !
On ne peut pas laisser Harry là-bas dans cet état. Il va mourir ! Et Ron se laissera mourir avec lui ! Aucune équipe de secours n'arrivera à temps ! Le seul moyen de les maintenir en vie, d'ici qu'ils arrivent, c'est de donner notre énergie à Harry ! Tout ce qu'on peut !
Je donnerai même tout ce que j'ai ! Quitte à devenir Cracmol !
Je m'en fous pas mal, de devenir Cracmol ! Je me débrouillerai bien comme ça. Je l'ai bien fait en Celtycie. Je peux le faire pour le reste de ma vie sans problème ! Bien sûr, ça me manquera de ne plus pouvoir faire de la Magie, mais ce n'est rien. Harry a sauvé le Monde. Et Ron avec. Alors ils méritent bien que je fasse ce sacrifice pour eux !
Mais nom de Zeus ! Comment faire pour retrouver Rem, Draco et les autres dans ce foutu brouillard plus épais qu'une purée de pois du Chaudron Baveur ! Je ne vois même pas mes pieds ! Merde !
« Rem ! Draco ! » m'écrie-je.
Ou tout au moins, j'essaye. Mais j'ai beau forcer sur ma gorge, il n'y a rien qu'un minuscule riquiqui filet de voix qui passe. Même l'oreille collé à ma bouche, personne ne pourrait m'entendre.
Allez mon vieux Patmol, réfléchis !
Patmol…
Mais bien sûr ! Je suis un clébard ! Je dois donc user de mon flair !
Je lève le nez, j'hume l'air alentour et je grimace aussi sec.
Il y a quelque chose qui fouette sacrément les narines dans le coin ! La bouche d'un Troll ne doit pas puer pire et pourtant, Merlin sait que ça pue de la gueule, un Troll !
Mais je crois tout de même avoir repéré des effluves familiers, quelque part à droite. Alors haut les cœurs ! Un pas à la fois dirige toi pars là, mon bon Patmol ! Prudence ceci dit. Tu t'es sorti indemne de l'explosion, ce n'est pas le moment de te casser la margoulette et un membre en prime. Ce serait trop con !
« Sirius ! A l'aide Sirius ! »
Putain, Draco !
Je vais pour m'élancer dans la direction d'où venait son cri. Mais je me retiens de le faire à la dernière extrémité. Prudence, Sirius, nom de Zeus ! Tu ne vois rien alentour, même pas tes propres panards, n'oublie pas ! Ça urge c'est vrai, mais ne te précipite pas pour autant ! Pas dans cette purée de pois !
Vas y doucement.
Mais j'ai à peine pensé ça, que je me prends une sacrée poussée dans le dos et je valdingue nez en avant. Puis je me sens plonger dans les profondeurs, mes bras battant l'air pour tâcher de me rattraper à quelque chose.
Mais il n'y a rien, nom de Zeus ! Que des pierres lisses et glissantes tout autour de moi. Il n'y a aucune aspérité à laquelle me retenir, m'accrocher. Et je sens une odeur vaseuse et humide venir dare-dare à la rencontre de mon nez. Merde ! Je plonge tête la première dans un puits de vase, putain de nom de Zeus ! Et l'odeur se rapproche de plus en plus fort !
Je vais y être embourbé dans deux secondes je le sens ! Alors une bonne inspiration et…
Splatch !
J'y suis.
Nom de Zeus ! J'ai intérêt à bien garder mon souffle bloqué, moi ! Et de trouver une solution rapide, pour me tirer de ce merdier !
Allez Sirius. C'est rien qu'un petit cauchemar de rien du tout, sûrement. Tu en as fait d'autres des cauchemars dans ta vie ! Tu en as même vécus d'autres pour de vrai et des pires que ça ! Alors tu vas te sortir de là, nom de Zeus ! Tu vas trouver Draco, Rem et les autres aussi et vous allez tous partir au secours de Harry !
Ceci dit. Economise ton souffle et surtout ne respire pas cette saloperie de vase, avant d'être bien sûr d'en avoir complétement sorti la tête.
Parce qu'on ne sait jamais, finalement c'est peut-être un vrai coup en traite, qu'on t'a fait là.
Pas la peine d'en dire plus, n'est-ce pas Patmol ? Tu devines bien qui aurait pu faire ça.
Alors ferme ton esprit, redresse la tête et tire-toi vite fait de ce merdier, nom de Zeus !
OoOoOoO
Ron
« Ok. J'ai compris ! » déclare-je, secouant la tête négativement, signifiant ainsi clairement ce que je pense.
Harry n'acceptera pas de faire ça, même pour sauver sa vie.
Moi non plus, je ne pourrai pas accepter de faire ça, à sa place.
Alors le mieux que j'ai à faire maintenant c'est de sortir de la zone d'Intemporalité, de m'allonger auprès de Harry et fermer les yeux, en attendant que la mort vienne nous chercher tous les deux.
« Ce n'est pas à toi qu'appartient cette décision, Althibalys, mais à Elrond et Tristan. » intervient cependant Bayamaë, d'un ton doux, mais en faisant peser lourdement son regard sur moi.
« Harry ne voudra pas. » réponds-je certain de mon fait.
« Comment peux-tu avoir la certitude qu'il laissera échapper la chance qui lui est offerte, de voir grandir vos enfants, qu'il aime si profondément ? Te penses-tu donc en droit de refuser à Harry d'effectuer le choix lui-même de vivre ou de mourir ? Et cela, alors même que tu te fourvoies peut-être dans tes conclusions dans la manière de procéder pour lever la Malédiction ? » demande Bayamaë, arquant l'un de ses fins sourcils.
Elle a raison, Même si je suis certain d'avoir bien conclu quant à la manière de procéder et que je suis certain aussi que Harry refusera ça, il doit exprimer ce refus lui-même. Alors moi qui me préparais déjà à sortir du lit, je me recale sur mes coussins.
« Très bien. Explique le procédé, puisque tu penses que je me trompe dans mes conclusions alors même que je ne les ai pas exprimées. » l'invite-je donc, avec un regard qui signifie que j'espère qu'elle fera vite.
« Qu'est donc Tristan ? » me redemande-t-elle alors.
« J'ai déjà répondu à cette question. Alors, pourquoi me demandes-tu cela encore une fois ? » réponds-je, sur un soupir plus que las.
Elle est vraiment fatigante avec son petit jeu à la con !
Mais je ne m'énerverai pas. C'est décidé. Ce serait inutile et désagréable. Alors laissons la s'obstiner. Elle finira bien par se lasser elle-même et tout déballer.
« Une parcelle de Magie, pure et innocente. Voldemort était son hôte, mais il l'a expulsé et Tristan a trouvé refuge en Harry. Telle a été ta réponse, Althibalys. C'est ce que vous avez compris en première intention, lorsque vous avez déduit qui est Tristan. Cependant, ce n'est pas ainsi qu'un peu plus tard Elrond a expliqué ce qu'il s'est produit, lorsqu'il a eu accès à ses souvenirs enfouis et à ceux de Tristan. Il a dit que celui-ci ne s'est jamais identifié à son hôte, qu'il a refusé de lui ressembler, de devenir à son image et que, je cite : lorsqu'il a jeté vers moi son Avada Kedavra, une déchirure s'est produite au niveau de la fissure, Tristan jaillissant alors dans un éclat de lumière, pour se dresser entre moi-même et Voldemort. » explique Bayamaë, qui marque une brève pause avant d'achever : « Telle est la réalité Althibalys. C'est Tristan, qui a usé de la puissance Magique dont il a été nourri par James et Lily Potter, pour se séparer de Salazar et de Voldemort, afin de protéger celui en qui il s'est reconnu : un bébé pur et innocent. Et depuis lors, Harry l'a nourri et est devenu son unique modèle.»
Je ne réponds rien. Ce qu'elle dit est vrai. Même si cela ne change pas mon point de vue. Ceci dit, ce n'est pas à moi de prendre la décision, comme elle l'a si bien fait remarquer. Alors qu'est-ce qu'elle attend pour confirmer mes conclusions, en explicitant clairement de quelle manière Tristan peut sauver la vie de Harry ?
« Tu as tout à voir dans cette décision, Althibalys. Tu es l'Âme Sœur d'Elrond, il tiendra compte de ton avis lorsque Tristan acceptera de sauver sa vie. Car il le fera, tu le sais. » déclare Bayamaë et me voyant tiquer, elle ajoute d'un ton rassurant : « Je ne saisis pas tes pensées, Althibalys, je les déduis à partir de ce que je connais de toi. »
« Que peux-tu bien savoir de moi ? » réplique-je, d'un ton un peu abrupt.
« Bien plus que tu ne penses, Althibalys. Tout ce que tu penses se lit sur ton visage, plus aisément qu'on lit un livre ouvert. » répond-elle, avec un sourire mutin, qui me fait soudainement penser à Nally.
« Tu n'aurais pas un petit lien de parenté avec Nally, par hasard ? » demande-je, sur un coup de tête.
« Elle est ma petite-nièce, ne te l'a-t-elle pas dit ? » répond Bayamaë, qui ajoute, à mon haussement de sourcil surpris : « Je suis la sœur cadette de Kementari. »
« Ah ! Nous sommes donc de la même famille, en quelque sorte. » commente-je laconiquement.
Bayamaë acquiesce d'un hochement de tête.
« Puise dans tes souvenirs, Althibalys. Les derniers que tu aies de ta Communion Magique avec Elrond. Observe Tristan, ressens-le dans son contact, sa relation avec ton Âme Sœur. » demande-t-elle ensuite en penchant la tête sur le côté.
Je soupire. Bayamaë ne me lâchera pas la grappe avant longtemps, j'en ai bien peur.
« Pourquoi ferais-je cela ? A quoi cela servirait-il ? » interroge-je haussant un sourcil, en réalisant aussi sec que je me fourvoie avec ces questions et rectifiant donc très vite, sans lui laisser le temps de répondre : « En vérité tu sais que j'ai parfaitement compris, n'est-ce pas ? Et dans ce cas, il est plutôt pertinent que je te demande, si tu ne chercherais pas à influencer mon point de vue ? Et que j'influence ensuite celui de Harry ? »
« Certains le penseraient sans aucun doute. Quant à moi, il m'apparait que pour avoir un avis pleinement éclairé sur ce qu'il convient ou non de faire, il vous faut tous deux disposer de tous les éléments nécessaires à la pleine compréhension de l'exceptionnelle situation dans laquelle nous nous trouvons. » répond tranquillement Bayamaë, tandis que je hausse davantage mon sourcil.
« Nous ? » reprends-je, avec étonnement.
« Oui, nous. Jamais la Magie d'un hôte ne s'était séparée, déchirée. Et donc jamais je n'avais eu à délivrer un message à la parcelle d'un Enfant de Magie Mère détachée de son hôte et ayant trouvé refuge à l'intérieur d'un Réceptacle. La situation est donc exceptionnelle pour moi également. » répond Bayamaë, d'un ton doux.
Sa réponse me laisse dubitatif et je ne le masque pas.
« Tu n'as pas seulement un message à délivrer à Tristan. » affirme-je, en la fixant droit dans les yeux.
Elle ne se défile pas et sourit.
« On dirait bien que tu commences à ne plus avoir la cervelle en gelée à la menthe. » dit-elle, l'œil traversé d'une lueur rieuse, qui me fait cette fois penser à Draco.
« On dirait surtout, Tata Bayamaë, que tu es en train de bafouer tes propres règles et de chercher à me convaincre de faire route vers un destin qui te convient. » réponds-je, en lui jetant un petit clin d'œil complice.
Bayamaë émet cette fois un petit rire perlé à la Hermione.
« Il ne s'agit pas de n'importe quel destin, Althibalys. Il s'agit du destin des sauveurs de Magie Mère et il me conviendrait je l'avoue, qu'il poursuive son chemin. » admet-elle avec douceur, avant d'ajouter avec plus de gravité : « Quoi qu'il en soit, dès le moment où mon message aura été délivré à Tristan, la décision n'appartiendra qu'à lui-même et à Harry. »
« Oui, cela leur appartient, c'est vrai. » réponds-je donc, fermant les yeux, pour mieux me concentrer et aller à la recherche du souvenir qu'elle m'a invité à examiner.
Mais à peine ai-je plongé dans mon propre esprit, que je suis submergé par une immense et puissante vague de douleur qui me dévore les entrailles. Ce n'est pas ma douleur, c'est celle de Harry. Mais nous sommes si étroitement liés que je la ressens aussi précisément que si elle était mienne.
Et je me crispe totalement, verrouillant mon esprit et ouvrant tout aussi vite les yeux, pour échapper à cette atrocité, sachant pertinemment que je ne pourrai jamais accéder à mon souvenir dans ces conditions.
« Désolé, mais je ne peux pas. C'est trop insupportable. Je ne suis vraiment plus assez fort pour surmonter ça. Je ne peux pas à accéder à mon souvenir. » déclare-je, peinant à reprendre mon souffle.
« Ne t'excuse pas, Althibalys. C'est moi qui suis désolée. » répond Bayamaë, l'expression sincèrement navrée, avant d'ajouter : « J'aurais dû te proposer de t'aider à accéder à ce souvenir. Je peux le faire sans que tu aies à souffrir. »
« Ah. Ben dans ce cas, pourquoi pas. Je n'y vois pas d'inconvénient. Mais explique-moi d'abord comment tu comptes faire. » accepte-je, haussant un sourcil curieux.
Elle me l'explique en quelques mots. C'est une méthode très simple. Il suffit qu'elle pose ses mains sur mes tempes, pour faire barrage à la douleur. Pas de quoi en faire un fromage, donc.
« Mmmm… Franchement, je doute de changer d'avis, même après avoir vu ce souvenir, mais après tout oui, tu as raison, il me faut toutes les cartes en main pour être le plus objectif possible. Alors vas y Tata Bayamaë, aide-moi à entrer en contact avec ce souvenir qui selon toi, semble contenir des arguments assez convaincants pour que j'adhère à la solution et encourage Harry à l'accepter lui aussi. » concède-je, remuant un peu pour m'installer aussi confortablement que possible, avant d'ajouter : « Quoi qu'avant, tu ferais peut-être mieux de mettre le plateau de thé ailleurs et de t'approcher un peu de moi. Ça te permettra d'adopter une position plus confortable et d'avoir moins à allonger les bras, tu ne crois pas ? »
Bayamaë me remercie de la délicatesse de ma proposition et elle envoie le plateau de thé je ne sais où, d'un simple petit geste de la main, puis elle se lève pour venir s'asseoir plus près de moi.
Et je profite aussitôt de l'angle idéal qu'elle m'offre alors, pour plonger la lame de Megildur sous son sein, la traversant de part en part, avec détermination.
« A jamais, Salazar ! » m'exclame-je, yeux fixé dans les siens, avec une froide détermination
OoOoOoO
Luna
Salazar n'a pas compris qu'il ne pourrait pas me berner, ni distraire mes pensées. Il croit me contraindre par la force, en ayant dressé autour de moi une tour de pierre étroite qui me retient prisonnière et ne me permet pas d'appeler mes compagnons, ni Harry et Ron.
Il n'a pas compris que je suis patiente et que je vais simplement attendre le moment favorable pour agir.
Il n'a surtout pas compris, que j'ai vu clair dans ses intentions et que je sais comment il compte leurrer Harry et Ron. Comment il compte tenir les autres à l'écart également.
Comme il est sûr de lui ! Sûr de fourvoyer tout le monde !
Et pourtant comme il se trompe !
Quelles nombreuses erreurs il est en train de commettre !
Harry et Ron ont tout de suite vu clair dans son jeu et sont en train de retourner la situation contre lui. Ils le laissent seulement mener sa barque, penser qu'il les a bien ferrés tous les deux et a donc d'ores et déjà remporté la victoire. Mais en réalité, ils profitent tous deux de sa manœuvre, pour se reposer un peu, économiser et rassembler leur Energie, afin de mieux le surprendre et avoir toutes les chances de leur côté, quand viendra le moment d'engager le tout dernier Combat contre lui.
Et pendant ce temps, lui se fatigue inutilement.
Car mon Neville, Draco, Théo, Ginny et les autres luttent tous inlassablement contre les Illusions qu'il a jetées dans leurs esprits et cela l'oblige à produire de nombreux efforts, pour les maintenir à l'écart, au plus loin de Harry et Ron.
Oh ! Bien sûr, mon Neville et mes amis ont l'esprit confus, pensant réellement Harry à l'agonie. Mais justement. Au lieu de les décourager, ça les pousse à chercher à rejoindre Harry et Ron pour les aider. Car ils veulent tous donner toute leur énergie pour sauver la vie de Harry et donc celle de Ron aussi.
Ils y mettent toutes leurs ressources. Tout leur cœur.
Moi aussi je lutte à ma façon, en restant calme et silencieuse.
En fait, dès qu'il l'a dressée autour de moi, j'aurais pu me libérer de ma prison qui ne m'empêche absolument pas de savoir tout ce qu'il se passe contrairement à ce qu'il pense. Car mon esprit échappe totalement à son emprise. Mais je lui laisse ses illusions. Je lui laisse croire que je suis abattue, anéantie, de ne rien pouvoir faire pour aider Harry.
Mais en vérité, comme Harry et Ron, j'économise juste mon Energie, pour la leur donner tout à l'heure, quand ce sera le moment de le frapper pour la dernière fois.
Alors, je me libérerai de ma fausse prison au moment opportun. Il me suffit d'attendre que Nally et Severus se libèrent et aident les autres à s'échapper totalement de l'emprise de Salazar.
Ça ne va plus tarder, maintenant.
Parce que Ron et Harry agisse et qu'il est temps pour nous de le faire aussi.
OoOoOoO
Harry
Tristan se lève pour répondre à mon invitation et je l'accueille non dans mes bras, mais en enfonçant profondément Megildur dans son ventre.
« A jamais, Salazar ! » murmure-je jetant toute mon énergie, de concert avec Ron.
OoOoOoO
Nally
La douleur me submerge. Tout n'est que peine et chagrin autour de nous. Comment la refouler, quand mon cœur me souffle que même moi je suis trop loin, pour parvenir à atteindre mon fils à temps pour le sauver.
Je me sens trembler de la tête aux pieds et je sais que je tomberai bientôt à genoux.
Je suis totalement déchirée, révoltée en même temps. C'est une telle injustice !
« Nally, aide-moi ! » souffle Severus, qui m'enveloppe de sa chaleur, de son amour.
Il me semble si faible soudainement, lui habituellement si fort. Et j'ai envie de hurler. De le frapper, pour n'avoir pas su sauver notre fils et son Âme Sœur.
C'est tellement injuste ! Oui, tellement injuste !
La tête me tourne. C'est un tourbillon de tourments qui me ravage.
Je vois tout, oui, je vois tout ce qu'ils ont enduré. La cruauté sauvage, la barbarie avec laquelle ils ont été assaillis à maintes reprises. Et l'image de mon fils qui se meurt dans les bras aimants de son Âme Sœur.
Non ! Non ! Je n'y crois pas !
Non ! Non ! Je n'y crois pas ! Je n'y croirai jamais !
« Nally, aide-moi ! » murmure encore Sev, d'une voix lointaine, si lointaine.
Sa chaleur m'enveloppe plus étroitement.
« Nally, aide-moi. Aide-moi à les sauver. Nous pouvons le faire ! Nous le pouvons encore, si tu m'aides ! Viens à moi, Nally. Aide-moi ! » murmure-t-il encore, dans un tourbillon d'images effroyables, qui me parviennent de Draco, Neville, Théo et tous les autres.
Mais aussi des images qui me parviennent de Harry et Ron.
C'est un leurre, une Illusion !, réalise-je, repoussant la douleur au plus loin et ouvrant les yeux sur Sev, plongeant mon regard dans le sien pour lui parler en toute intimité.
En Elfique.
Puis je reviens dans le Temple où le Dôme est toujours en place. Moins haut, moins large et nettement moins tumultueux qu'il l'était tantôt.
Je ne doute pas cependant, que cela se déchainera à nouveau dedans très bientôt.
OoOoOoO
Severus
Nally plonge son regard dans le mien et dresse un solide Bouclier autour de nous.
« Ce n'est pas terminé, Sev ! Harry n'est pas mourant ! C'est un leurre de Salazar ! Il a bridé sa colère et tenté une autre approche bien plus sournoise ! » souffle-t-elle en Elfique, tandis que mon cœur rate un battement.
« Peste soit Salazar ! Je m'en doutais ! Mais qu'a t'il donc fait ? » demande-je, le souffle court.
« Vous avez subi une forte attaque et vous avez été séparés par une Illusion et un sortilège de Confusion ! Ton esprit, ton cœur et ton Âme ont cherché les miens, avec la volonté d'aller secourir Harry et je suis venue à toi ! Mais je suis toujours dans le Temple et toi sous le Dôme ! Les autres vivent également un cauchemar éveillé. Tu dois me laisser partir et retourner avec eux ! Vous devez rétablir le contact avec Harry et Ron ! Et les aider dans leur dernier Combat contre ce salopard ! » répond Nally, avec urgence.
« Que fait-il exactement à Ron et Harry ? » demande-je avec tout autant d'urgence, très vivement inquiet.
Je dois le savoir, pour les aider au mieux.
« Il distrait Harry, tout en cherchant à l'atteindre par le biais de Ron ! C'est surtout Ron qui est visé. Salazar tente de le tromper au travers d'une Illusion. Son but est que Ron le laisse franchir la Barrière Mentale qui lui interdit accès à leurs Esprits, Cœurs et Magies unis, lui donnant ainsi pleinement accès à Harry, dont il veut contaminer la Magie et posséder son corps et son esprit, s'en emparer à toute fin, dans l'espoir de réaliser ses projets de vengeance contre nous tous et la prise de pouvoir sur la Celtycie et Magie Mère ! » explique rapidement Nally, ajoutant avec fermeté et un sourire confiant dans les yeux : « Il n'y parviendra pas ! Ron est beaucoup plus fin et intelligent qu'il l'a toujours pensé. Il ne se laisse pas duper ! Il n'a pas cru à son Illusion. Pas même durant une infime seconde ! »
Non, Ron ne se laisse pas duper, j'en ai la conviction également. Il est observateur et c'est un excellent tacticien. Comme Nally, je suis certain qu'il a tout de suite flairé le piège, qu'il laisse Salazar penser qu'il marche dans son jeu, l'amenant peu à peu lui-même à baisser sa garde, pour le frapper par surprise au meilleur moment et l'anéantir enfin.
Oui, je suis tranquille pour ça. Et Harry ne baisse pas sa garde non plus, ne se laisse pas distraire. Il frappera en même temps que Ron.
J'embrasse furtivement Nally, qui me transmet aussitôt une bonne part de son énergie, puis je la laisse repartir.
Je me sens aussitôt plonger dans une ombre opaque et épaisse, mon corps s'alourdissant, pesant, plombé.
Je dois absolument repousser cette ombre et rétablir le contact avec les autres, tout en prenant garde à ne pas attirer l'attention sur nous.
Je fournis donc un effort colossal, décollant mes bras du sol pierreux qui me scie le dos. Dès que c'est fait, j'appuie sur mon Médaillon, afin de déployer un Sortilège de Confidentialité qui englobera aussi mes compagnons, à mesure que le contact mental sera rétabli entre nous. Puis je tâtonne mentalement à la recherche d'une main, un bras ou un pied, peu importe. Ce qui compte, c'est que je rétablisse le contact mental avec les uns et les autres, tour à tour.
Des doigts s'accrochent soudainement aux miens, à peine les ai-je effleurés par la pensée. La personne à laquelle ils appartiennent tousse aussitôt horriblement, en quintes assurément douloureuses, entrecoupées d'inspirations avides et sifflantes.
« Putain de nom de Zeus ! C'est toi, Draco ? » demande Sirius, lorsqu'il retrouve son souffle.
« Non, c'est Sev ! Aide-moi à retrouver les autres ! Attrape mentalement une main, une jambe n'importe quoi, mais attrape vite mentalement quelqu'un ! » réponds-je, avec vivacité.
« Ok ! Laisse-moi juste le temps de sortir tout à fait du puits de vase dans lequel j'étais embourbé tête la première ! » crachote Sirius, tandis que je cherche encore quelqu'un à tâtons
J'attrape enfin un poignet.
« Non, j'ai dit ! Bas tes sales pattes de moi sale vermine ! Et disparais de ma vue ! Tu n'es qu'un cauchemar ambulant ! Une Illusion de cette saloperie de Salazar ! » s'exclame Ginny, se débattant pour échapper à ma prise.
« C'est moi, Ginny ! C'est Sev ! » m'exclame-je, recevant aussitôt un violent coup de pied sur le nez
« Si tu crois que je vais me laisser prendre à ça ! Va en Enfer, salopard ! Moi, je vais rejoindre Harry et Ron ! » réplique Ginny, en se débattant toujours comme un beau diable.
Je lui envoie alors une petite vague chaleureuse de ma Magie. Et je lui parle Elfique.
« Mille Gorgones ! Désolée Sev ! J'ai cru que j'étais encore plongée dans cet horrible cauchemar dans lequel Cooper essayait de me violer ! » s'exclame alors Ginny, se jetant cette fois à mon cou.
« Illusion, comme tu l'as bien deviné Ginny. Confusion aussi. Ne me lâche surtout pas et cherche à rétablir mentalement le contact avec l'un des autres. » réponds-je, la serrant brièvement avec réconfort.
Puis Sirius étant déjà parvenu à trouver Remus, qui vient de s'accrocher lui-même à Draco, je cherche et trouve Blaise. Ginny quant à elle accroche Théo, puis Hermione nous rejoint grâce à Blaise encore.
« Oh bon sang ! Enfin sorti de l'Enfer selon Salazar ! Ce n'est pas trop tôt ! Où est Luna ? » s'exclame Nev, quand il émerge à son tour.
« Je suis ici, mon Neville, tout va bien ! » répond Luna, de sa voix douce et chantante.
Elle est bien la seule qui semble n'avoir pas été éprouvée par des Illusions cauchemardesques et m'apparait fraîche comme une fleur qui vient d'éclore.
Cela ne m'étonne pas le moins du monde de sa part. Salazar s'est assurément cassé les dents sur elle sans pouvoir l'affecter en aucune manière.
Nous sommes totalement emmêlés et notre position est hautement inconfortable, mais peu importe. Par chance, la chaine n'a pas été rompue. Nous n'avons pas dérivé de ce fait et nos Esprits, nos cœurs, nos Âmes, sont toujours à Tyll Celwie. Je demande aux autres de faire silence complet, de rassembler toute l'énergie qu'ils ont en réserve et de se tenir prêt à réagir à mon signal. Puis je pars à la recherche de Harry et Ron.
Et je les trouve très rapidement, à l'exact moment où Harry transperce avec détermination le ventre de Tristan, tandis que Ron transperce la poitrine d'une soi-disant Elfe aux longs cheveux bruns tressés.
Illusions qui laissent aussitôt place aux hurlements de douleur, de haine et de rage de Salazar.
Et cela me semble le moment idéal, pour mener notre ultime attaque sur ce salopard.
« Tous ensemble, maintenant ! » m'exclame-je donc, jetant déjà toutes mes forces, toute mon Energie, vers mon fils et son Âme Sœur.
OoOoOoO
Harry
L'Illusion a pris fin. Nous sommes donc de retour dans les entrailles de Tyll Celwie o Agar Myrn. Mes mains aux doigts enlacés à ceux de Ron serrant la poignée de Megildur, elle-même plantée dans la roche incandescente. Salazar, qui est parvenu à absorber la Magie Noire Originelle, a jeté ses dernières cartouches dans les Illusions qu'il a créées dans l'espoir de nous leurrer.
De leurrer Ron surtout.
« C'était pas mal tenté Salazar ! Très malin de ta part, de jouer sans crier gare dans un autre registre que la torture ! Mais comme toujours, tu as perdu ! » se moque ouvertement Ron, tout en attrapant de concert avec moi, l'énergie conjuguée de Papa, Hermione et tous les autres.
La combinaison de leur énergie est grisante d'amour, de volonté inflexible de vaincre. Et elle fait horriblement souffrir Salazar. Il se tortille de douleur, dans un hurlement qui se prolonge longuement.
Et là-haut, sous la voûte, les centaines d'Enfants Souillés emprisonnés dans les Sphères de verres, s'agitent, s'entrechoquant dans de brutaux tintements.
Je croise les doigts pour qu'ils ne se brisent pas. Car je suis sûr que Salazar est foutu de trouver le moyen de les appeler à lui, pour s'en nourrir. Et heureusement, le Ciel doit m'entendre, car Salazar se reprend, se rassemble, se ramasse sur lui-même, gémissant et essoufflé, tandis que les tintements cessent peu à peu.
« Comment as-tu su ? ! Comment avez-vous su tous les deux ? ! » hurle Salazar, lorsqu'il a repris son souffle.
« Oh ! Je ne doute pas que tu voudrais bien savoir exactement ce qui nous a mis la Ciseburine au nez ! Ne compte pas là-dessus ! Tu n'auras aucun indice sérieux ! Je dirai seulement que quant à moi, tu as sous-estimé mon intelligence. Et finalement, à me prendre pour un gogo avec une cervelle en gelée à la menthe, c'est toi le dindon de la farce aux marrons ! Mais on ne te bouffera pas à Noël ! Ça sûrement pas ! Car très bientôt tu seras complètement carbonisé ! Réduit à rien, même ! Complètement néantisé ! » répond Ron, avec une moquerie ouverte, qui enrage d'autant plus Salazar.
Papa et les autres jettent à nouveau leur énergie conjuguée vers nous. Dans un synchronisme parfait, issu de l'union de nos Esprits, Âmes et Cœurs. Ron et moi nous en saisissons, l'expulsant tout aussi sec vers Salazar. Et nous redoublons d'efforts également.
« Maintenant Tristan ! » m'exclame-je, à l'intérieur de moi-même.
Aussitôt Tristan unit sa Magie à la nôtre, livrant toute la magnifique lumière de son innocence et de sa pureté.
Touché profondément en son sein, Salazar siffle sa haine, hurle sa rage, se consume dans des contorsions et des soubresauts douloureux, se tortillant, se contorsionnant avec l'énergie du désespoir. Mais il s'agit là de ses dernières ruades coléreuses, ses derniers sursauts de haine. Car il a clairement brûlé ses dernières forces, dans cette ultime, sournoise, perfide tentative pour nous leurrer.
Avec ses Illusions et la Confusion projetées dans nos Esprit, il a parié que nous baisserions notre garde, s'il y avait une chance de me sauver la vie, une chance que Ron et moi nous puissions vivre notre amour, heureux, avec nos enfants, notre famille et nos amis.
Il a parié sur l'instinct foncièrement protecteur de Ron, son amour pour moi et sa loyauté indéfectible, guidée par une intelligence qu'il pensait bassement primaire, dans l'espoir de s'introduire dans nos esprits unis, nos cœurs et mon corps.
Il a parié sur ma naïveté et mon cœur d'artichaut toujours si prompt à se laisser attendrir, à câliner les enfants, afin que je l'accueille à bras ouverts sous l'aspect de Tristan. Que je le serre contre moi, lui donnant ainsi accès à ma blessure béante, dans laquelle il se serait engouffré pour accrocher ma Magie, mon Esprit et mon Âme.
Il a parié. Et il a perdu.
Il a perdu encore une fois. Pour la dernière fois.
Il a beau se débattre, il a beau lutter de toutes ses forces, puisant dans les dernières ressources dont il dispose pour nous accabler de souffrance, c'est lui qui souffre, lui qui hurle de douleur, sa masse serpentine de Magie Noire durcissant progressivement comme le magma d'un volcan qui se refroidit, se réduisant peu à peu en cendres, puis poussière de plus en plus fine, microscopique, infinitésimale, jusqu'à disparaitre totalement.
Et enfin, enfin, quand il ne reste plus même le moindre infime atome de cette poussière, le moindre vestige de son existence haineuse, folle furieuse, sadique et cruelle, l'incandescence du rocher cesse de pulser, s'éteignant langoureusement.
La longue lame d'Ithilmar glisse alors hors du rocher, sans que nous ayons le moindre effort à fournir. Megildur est luminescente, éclatante. Elle chantonne doucement, des silhouettes prenant forme dans son halo et bientôt Greg nous sourit avec amitié, les yeux brillants de joie. A ses côtés, Ancalimë, Kementari, Vána, Inglorion et tous les Roherdirons dont les Magies lui sont liés, nous sourient également, dans une inclinaison de la tête respectueuse typiquement Elfique, puis ils ouvrent des bras accueillant.
Une caresse sur ma joue, si douce. Mon cœur se gonfle de tendresse émue et de joie.
Un fourmillement sur nos mains aux doigts entrelacés sur la poignée de Megildur et Tristan se matérialise devant les Magies Lumineuses, qui l'accueillent à bras ouverts. Son visage se tourne vers moi et il me sourit.
« Merci Harry. Merci pour tout ! » souffle-t-il, avec une vive émotion, une petite larme de poussière dorée glissant sur sa joue.
« Merci à toi, Tristan. A jamais tu seras dans mon cœur ! » souris-je, me sentant infiniment heureux pour lui.
Il mérite largement que sa Lumière brille à jamais en Megildur.
Un sourire. Un baiser envoyé dans un souffle. Puis il tourne son regard vers Ron.
« Merci à toi aussi, Ron ! » dit-il, avant de lui envoyer également un baiser.
« Pas de quoi, bonhomme ! Ça m'a fait plaisir ! Et merci à toi aussi pour le sacré coup de main que tu nous as donné. Tu es un vrai de vrai champion ! Et tu mérites largement les efforts que nous avons fournis pour te sauver ! » répond Ron, avec un large sourire chaleureux et sincère.
Tristan essuie ses larmes émues, nous sourit une dernière fois dans un signe d'adieu de la main, puis il prend celle tendue de Greg et sa Lumière se fond en Megildur, de concert avec celle de mon ami, d'Inglorion, des Gardiennes et des Roherdirons.
« C'est une merveilleuse victoire ! Vous avez magnifiquement combattu tous les deux ! Et je ne trouve pas de mot pour vous dire à quel point je suis fier de vous ! A quel point nous sommes tous fiers de vous et heureux que vous n'ayez pas eu à sacrifier vos vies. » nous souffle la voix de Papa, qui est terriblement ému et heureux, alors que Ron et moi, nous affalons sur le sol pierreux.
Papa et les autres ont puisé dans leurs dernières réserves d'énergie, pour nous faire parvenir ce message. Et ils s'en vont sans crier gare, sans que nous ayons eu le temps de les remercier pour leur aide plus que précieuse.
Moi aussi je suis épuisé. J'ai besoin de prendre un peu de repos. Alors je me laisse aller sur le dos et Ron suit le mouvement. Les doigts de ma main droite et ceux de sa main gauche sont toujours enlacés autour de la poignée de Megildur. Nous sommes ivres de fatigue, perclus de douleurs, asséchés de soif et affamés. Et nous goûtons notre repos paupières fermées, en écoutant le chant de Plume d'Or, si doux et réconfortant, réalisant pleinement peu à peu.
C'est fini. Terminé. Enfin !
Salazar est bel et bien dilué à jamais dans les limbes éternels de l'oubli.
Tristan est sauvé et sa Lumière brillera à jamais, pour la protection de Magie Mère.
Magie Mère et notre Monde ne sont plus menacés par les Ténèbres que voulaient leur imposer Voldemort et Salazar.
Oui, c'est fini. Terminé.
Nos Cœurs, nos Âmes, nos Esprits, ont résisté envers et contre tout, à cette terrible tempête qui les a effroyablement malmenés.
Nous avons parcouru tant de chemins, semés d'obstacles, d'embûches, de souffrances et de terreur ! Et nous voilà enfin arrivés à destination. D'autres routes, chemins et sentiers vont désormais s'ouvrir à nous. Bien plus paisibles, plus tranquilles, plus sereins.
Et j'imagine déjà combien il sera bon de flâner sur ces chemins, avec Jonas, Jérémy, Jodie et tous ceux que j'aime.
J'ouvre les yeux, sur cet avenir prometteur de bonheur et sur la voûte de la caverne, sous laquelle les Sphères ne tintent plus. Les Enfants Souillés sont calmes désormais, mais je songe qu'il faudrait les détruire eux aussi, maintenant que nous savons comment faire.
Car il ne faudrait pas qu'un jour, dans un an, un siècle ou même un millier d'années, quelqu'un d'autre reprenne à son compte l'idée de Salazar.
Ce serait bien trop risqué. Et d'ici que cela arrive, combien y en aurait-il en plus, flottant là-haut ? Car il ne faut pas se leurrer. Il y aura d'autres Mages Noirs, que ce soit parmi les Sorciers ou les Elfes.
Je frissonne. J'espère quant à moi n'avoir plus jamais à vivre des temps aussi éprouvants. J'en ai eu pour ma part, merci bien !
Je laisse donc sans remord le soin aux Roherdirons de s'occuper de ces Enfants Souillés qui flottent là-haut, bien enfermés dans leur prison, songeant en frissonnant que parmi eux se trouvent les Magies Noires de Lucius, Astérion Thorpe, les frères Lestrange, Pansy Parkinson et toute l'ancienne clique de Voldemort.
Oui, je laisse ça aux Roherdirons. C'est leur job après tout.
Moi, j'ai largement fait ma part de travail aujourd'hui.
Plus que largement même.
Je n'ai donc pas à me préoccuper d'eux.
Alors je laisse mon regard dériver vers Plume d'or. Le Phénix de Jonas paye fortement ses efforts lui aussi. Il n'a cessé de chanter depuis qu'il est arrivé, nous apportant son réconfort. Ses plumes aux couleurs habituellement si vives, sont ternes et il est assez déplumé.
Plume d'Or vient soudainement vers nous, choisissant mes jambes comme perchoir, puis il tend la tête, saisit un pan de mon treillis dans son bec et l'écarte largement sur le côté. Je devine bien ce qu'il veut faire.
Mais lui aussi, en a fait bien assez pour aujourd'hui.
« Ne te sens pas obligé de faite ça, Plume d'Or. Tu nous as déjà bien aidés. Maintenant que Salazar n'est plus, ma blessure ne risque plus de s'aggraver. Je ne saigne plus. Et j'ai ce qu'il faut pour désinfecter et couvrir la plaie, en attendant que Richard puisse me soigner convenablement. » murmure-je, en tendant la main pour caresser son plumage.
Plume d'Or lève la tête, poussant un petit trille, l'air de dire qu'il fait ce qu'il veut, que c'est son job de me guérir et que je n'ai pas voix au chapitre sur ce coup là. Puis il poursuit sa tâche, écartant le deuxième pan de mon treillis, puis ceux de mon tee-shirt déchiré et il laisse couler ses larmes sur la plaie, perdant deux ou trois plumes à chacune d'entre elle.
Je sens la blessure se refermer. Ça picote un peu, mais ça fait du bien aussi.
« Merci, Plume d'Or. » murmure-je, au Phénix de Jonas, quand il vient se poser entre Ron et moi, plus déplumé que jamais.
Un trille un peu faiblard, un éclair blanc et Plume d'Or n'est plus qu'un petit tas de cendres, dont une tête d'oisillon émerge presque aussitôt.
Alors Ron ouvre son treillis, ramasse précautionneusement l'oisillon et le pose délicatement parmi les Gourgandines qui dorment tranquillement sur son Armure en peau de Foërlick de dessous laquelle elles sont sortis, avant de tourner son regard souriant sur moi.
Nous venons de partager la même pensée.
Vu dans la combustion de Plume d'Or le symbole de la fin de nos temps de tourments, de souffrances, de peur. Vu dans sa renaissance, le commencement de la vie douce et heureuse qui nous attend désormais.
Le visage de Ron est durement marqué par notre interminable Combat contre Salazar. Terriblement amaigri, les joues creuses et haves, yeux renfoncés dans les orbites et cernés de noir. Il a de profondes griffures sur la joue droite, un gros hématome sur la pommette gauche. Il est pourtant merveilleusement, irrésistiblement beau à mes yeux et s'il n'était les Enfants Souillés pour nous observer depuis leurs prisons, je jure que malgré mon épuisement, je trouverai la force nécessaire pour lui faire l'amour.
Je me contente de l'embrasser. Un baiser doux, langoureux, amoureux, qui me réchauffe le cœur et mon corps glacé par l'épuisement.
« Rentrons à la maison ! » souffle-je, lorsque nos bouches se séparent, ressentant à présent avec force, le manque de Jonas, Jérémy et Jodie, hâtif de les serrer sur mon cœur, de sentir leur chaleur contre moi, de respirer leur odeur.
De voir ma famille, mes amis. De m'assurer qu'ils vont tous bien.
Mais Ron grimace.
« Ouais. J'ai hâte de rentrer à la maison, moi aussi ! Malheureusement j'ai balancé notre Balai au hasard en arrivant ici et bien sûr, il a fallu qu'il tombe dans la flotte. Or franchement, je n'ai plus assez de jus, même pour un simple Accio. Ni pour plonger en apnée, à sa recherche dans les profondeurs. » répond-il, sur un sourire contrit.
« Moi non plus. Tant pis ! On finira bien par venir nous chercher ! » murmure-je, en me lovant davantage contre son corps, la tête bien calée sur son épaule.
« Oui, on viendra assurément nous chercher. » souffle-Ron, me serrant doucement dans ses bras et posant sa joue sur mon front.
Je ferme mes yeux, brûlants de fatigue.
Oui, Jonas, Jérémy et Jodie me manquent terriblement. Mais je sais dans mon cœur qu'ils vont bien. Qu'ils sont en sécurité et que je les verrai très bientôt. Salazar n'est plus. Jamais il ne pourra leur faire du mal. Je n'ai pas de souci à me faire pour ça. Et c'est sûr, on ne tardera pas à venir nous chercher. Je parie même, que Maman est déjà en route.
Et puis, Ron est là, tout contre moi. Et quand nous serons rentrés à la maison, nous allons pouvoir vivre enfin cette vie de paix, de tranquillité et de bonheur serein, à laquelle nous aspirons.
Sans Voldemort, sans Salazar, pour venir contrarier nos projets, nos joies, ni même nos peines.
Une vraie belle et heureuse vie, tout simplement…
FIN
OoOoOoO
...A suivre, Petites Pensées de l'Auteure...
OoOoOo
... Votre avis m'intéresse vivement ...
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V
