Attation les enfants, comme le laissait présumer la fin du chapitre précédent, à partir de maintenant ça va se taper dessus. Je sous-entends par là que le rating va peut-être passer de T à M, je suis pas encore fixée, je me laisse un ou deux chapitres de réflexion pour décider.
Donc disclaimer : Ce chapitre contient des passages violents. Lecture à vos risques et périls.
Sur ce, bonne lecture à tous (woohoo super ambiance)
-et avant que j'oublie, mille mercis à Swangranger et IKNOX3 pour leurs reviews trop cools, et à Amelie6, ma beta de l'espace qui supporte mes mille et une questions quotidiennes, vous êtes merveilleuses-
Oochoo


IV

La douleur l'aveuglait, bloquait ses neurones, l'empêchait de respirer, brûlait ses membres. Elle lévitait au-dessus de son bureau et son corps n'était que pure souffrance. Chaque centimètre carré de sa peau était un incendie, et des lames acérées visitaient sans distinction chacun de ses organes.

Puis soudain elle retomba, brutalement. Son dos heurta le chêne de son bureau, vidant ses poumons du peu d'air qu'elle avait réussi à conserver. Ses sens revinrent, et elle s'entendit crier, elle sentit ses larmes bouillantes sur ses joues, elle goûta le sang dans sa bouche.

-Putain, je crois que ça m'avait manqué, dit une voix derrière elle.

Hermione tentait de respirer en haletant, clignait des yeux pour disperser ses larmes, essayait de se redresser sur un bras, la tête incroyablement lourde.

-Arrêtez, par pitié, arrêtez ! coassa-t-elle, la voix cassée.

-Endoloris ! s'exclama la voix.

Son corps s'éleva, et les poignards brûlants revinrent se planter entre ses côtes, dans ses cuisses, dans son crâne. Dans son ventre rond. Alors elle hurla à nouveau. Elle ne savait plus quand le sort avait pris effet, et sûrement il allait continuer à la faire souffrir jusqu'à ce qu'elle devienne folle, jusqu'à ce qu'elle en meure. Une éternité plus tard, elle s'écrasa encore sur le bureau comme une poupée de chiffon. Cette fois elle n'essaya pas de bouger. Elle n'était pas sûre d'en être capable de toute manière.

Quelque part, des portes claquaient, des hurlements résonnaient dans les couloirs du Ministère, des explosions et des bruits sourds faisaient vibrer les murs. Tout le bâtiment était victime de l'assaut meurtrier.

-Bon, on la termine et on va aider les autres ?

oOo

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, son bureau avait disparu, et elle était attachée avec ses centaines d'employés dans le hall du Ministère. Elle entendait des gémissements, des appels à l'aide, des insultes, des menaces. Dans un coin de son champ de vision, elle apercevait un tas de baguettes d'un mètre de haut. Devant elle, des dizaines d'individus masqués en robe noire allaient et venaient, déposant sans délicatesse les derniers sorciers ligotés. Ses tempes pulsaient horriblement, et elle ne sentait plus ses jambes. La terreur empêchait cependant ses paupières de se fermer.

L'agitation autour d'elle sembla prendre fin. Une des robes noires se détacha de la masse, et ôta son masque. Nott, reconnut-elle, et un étau enserra subitement son cœur.

-J'imagine que ce n'est pas la peine que je me présente, commença-t-il, jubilant. J'ai été, pendant un moment, dans votre liste d'ennemis publics je crois... Vous m'avez même jugé pour ça. Et vous m'avez envoyé à Azkaban. Oh bien sûr je ne suis pas le seul, ajouta-t-il, embrassant la foule masquée des bras. Mais comme vous pouvez le constater, nous n'y étions pas à notre aise. Alors nous avons pris la liberté de nous en aller.

Alors que les Mangemorts ôtaient un à un leurs masques, le cerveau d'Hermione tentait tant bien que mal de former une pensée cohérente. Ils se sont échappés de leurs cellules… Tous. Son rythme cardiaque déjà élevé s'accéléra. Qui était en charge de la sécurité générale ? Qui coordonnait les Détraqueurs ? Dans sa panique, aucun nom ne lui revint. Il y avait eu beaucoup de remaniements, de nombreux courriers échangés…

En y repensant, elle n'y avait simplement pas porté beaucoup d'attention. Dès qu'un Mangemort avait été attrapé, elle se désintéressait totalement de son sort, laissait le système judiciaire s'en charger, et partait à la traque d'un nouveau suspect. Aussi, la gestion de l'incarcération des jugés coupables avait été largement déléguée, voire même procrastinée. A présent la faute lui éclatait au visage, avec force de détails. Elle avait négligé tout un pan de son gouvernement, avait laissé sans réponse nombre de plaidoiries, avait ignoré des dizaines d'employés aux tâches ingrates. Entièrement préoccupée par sa fuite en avant, elle avait laissé la situation s'envenimer. Les gardiens avaient été corrompus, tout simplement. Lorsque l'autorité ne répond plus, se tourner vers le plus offrant était la réponse naturelle. Comment ai-je pu être aveugle à ce point ? paniqua-t-elle, les yeux écarquillés, le sang lui montant au visage.

L'enchaînement d'actions était clair désormais. Des mois, des années de frustration accumulées, de l'opportunisme, la sortie clandestine de prisonniers, les organisations souterraines grandissantes… Et rien, absolument rien n'avait percé. Les ridicules missions menées par ses Aurors semblaient encore plus vaines, vues sous cette nouvelle lumière. Devant elle se tenaient tous ceux qu'elle n'avait pas pensé à chercher, puisqu'elle les pensait emprisonnés. Son crâne vrombissait et son souffle devint court. La culpabilité lui serra la gorge, elle eut envie de vomir.

Nott continuait son discours revanchard, pointant du doigt toutes les failles du système qu'il lui a été facile d'exploiter, toutes les injustices et la souffrance laissées par le gouvernement. Tournant autour du tas d'officiels ligotés, il se félicitait de la nouvelle ère dans laquelle la Société de Sang-Pur allait entrer. Il prit même le luxe de rappeler à tous les raisons de la supériorité des Sang-Purs sur les Nés-Moldus, avec un ton d'évidence qui dissimulait mal sa haine profonde et sa rancœur.

-Les traîtres au Régime, clama-t-il, seront incarcérés. Les contrôles du sang seront rétablis, et les courageux sympathisants ayant résisté dans l'ombre au gouvernement se verront récompensés à la hauteur de leurs efforts et de leur implication, finit Nott dans un sourire glaçant.

Un tumulte éclata dans une zone du tas de prisonniers, hors de la vue d'Hermione. Toujours groggy, celle-ci ne réussit pas à se tourner pour observer la scène. En revanche, elle entendait.

-Tu crois que nous enfermer suffira pour te faire couronner, Nott ? hurla une voix.

Hermione aurait reconnu entre mille la voix d'Harry. Son estomac bondit.

-Bien sûr, Potter… Toujours là pour l'ouvrir…

Nott esquissa un sourire malsain, et ferma les yeux. D'un geste vers la foule au sol, il fit léviter Harry, qui se débattait dans ses liens. Lorsqu'il rouvrit les yeux, Harry était posé à ses pieds. Penchant la tête pour le regarder, il se tut un instant, attendant que les clameurs s'éteignent.

-Je suppose que cette mission, qui aurait dû être accomplie il y a bien longtemps me revient… Même si, crois-moi, je connais un bon nombre de gens qui rêveraient d'être à ma place.

Il se mit à tourner autour du Survivant, lentement.

-C'est bon, personne pour se mettre entre toi et ma baguette ? Aucun ami pour se sacrifier ? demanda-t-il, l'air faussement préoccupé. Oh, ferme-la Potter, on t'a trop entendu, dit-il ensuite en esquissant un geste de la baguette pour réduire Harry au silence quand celui-ci s'apprêter à rétorquer.

La foule d'employés liés les uns aux autres était tétanisée, et chacun fixait l'Auror en Chef avec des yeux immenses. Leur silence résonnait dans le Hall.

-Et bien, nous y voilà, déclara Nott, presque doucement. Mais je crois que je m'en voudrais éternellement si je ne faisais pas ça avant.

Il glissa sa baguette dans la poche de sa robe, prit son élan, et son pied vint heurter Harry dans l'estomac avec force. Lié aux mains et aux chevilles, il n'eut d'autre choix que de basculer sur le côté, toussant de douleur. Le talon de Nott revint à la charge, frappant cette fois à la mâchoire. La foule hurla, et reçut un Silencio immédiat. Harry cracha rouge, ses lunettes brisées gisaient à quelques pas de son visage, expulsées par le coup. Nott, énergisé par sa toute-puissance, semblait s'être donné pour mission d'atteindre toutes les zones du corps de sa victime à coup de pied, avec une certaine préférence pour son visage. Alors que la foule hurlait en silence et se contorsionnait pour s'échapper de ses liens, le visage d'Harry se tuméfiait à mesure qu'il accusait chacun des coups dans un bruit sourd.

Soudain l'acharnement pris fin, sur un dernier coup dans les tibias, et Nott se releva, repoussant d'une main les mèches qui s'étaient égarées devant ses yeux. Un air de profonde satisfaction s'étalait sur son visage fin. Il remit en place ses manches qu'il avait retroussées pour l'occasion, et pointa de nouveau sa baguette devant lui, remettant Harry en joue.

-C'était plaisant, c'est indéniable, constata-t-il encore légèrement essoufflé. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, hélas…

Alors que la foule retenait son souffle, et d'un coup de baguette qui fendit l'air, il envoya un éclair vert aveuglant vers Harry qui s'était difficilement redressé sur un bras. Le sortilège le frappa en pleine poitrine, et il s'écroula contre la dalle.

Hermione le vit heurter le sol comme au ralenti. Elle n'entendit pas la foule hurler et pleurer, elle était à la frontière de l'inconscience. Elle sentit comme si on avait soufflé la flamme qui la maintenait en vie, tout son corps et son esprit n'était que fourmillements insensibles, irréels. Incapable de détacher les yeux de son meilleur ami, elle tomba quand la personne à sa droite contre laquelle elle était appuyée fut détachée du lot et emmenée. Personne n'ayant pris la peine de la relever, elle resta ainsi, la joue contre le sol froid malgré la saison, les mains liées dans le dos, les genoux repliés contre son ventre, le regard fixé sur les yeux ouverts et gonflés d'Harry, plongés dans le vide.

oOo

Hermione sentait des milliers d'insectes invisibles vrombir dans sa boîte crânienne vide, oblitérant toute pensée, toute émotion. Attachés les uns aux autres, les sorciers n'ayant pas passé le contrôle du Sang marchaient les uns derrière les autres dans une chaîne humaine qui s'étirait à perte de vue. Nombre d'entre eux avaient été roués de coups, et Hermione n'avait pas fait exception. Sa lèvre inférieure s'était fendue, et toute la moitié gauche de son visage avait heurtée le mur avec tant de violence que son œil ne voyait plus, trop gonflé pour s'ouvrir. Elle sentait diverses contusions sur ses bras, son dos et ses jambes, et sa cheville la tuait à chaque pas, si bien qu'elle boitait pour avancer.

L'interminable file avançait dans la nuit, qui avait fini par tomber. Dans un geste d'humiliation, les Mangemorts les avaient dépouillés de leurs capes et de leurs robes, et les soirs d'été britanniques n'avaient rien de chaud ou même de tiède. Les sorciers frissonnaient en marchant, tentant de se réchauffer en se frottant les mains. Une immense fatigue s'était emparée des membres d'Hermione, et chaque pas était exténuant. Elle ressentait tout le poids de son ventre dans ses lombaires et dans ses jambes, et d'une main posée sur celui-ci, elle sentait les coups de son futur enfant.

Elle leva la tête et à l'horizon, elle aperçut se profiler une forme imposante. Evidemment, où d'autre… Le Manoir, dont toutes les fenêtres étaient illuminées, disposait d'une silhouette qu'il était difficile de confondre avec une autre. Sa façade principale, flanquée de deux grandes tours coiffées de tuiles d'ardoise, était bâtie dans une roche noire, aussi chaque chandelle placée derrière une vitre paraissait être un œil, scrutant la nuit sombre, inspectant les sorciers que le Manoir s'apprêtait à dévorer.

La procession ralentit à mesure que les prisonniers étaient admis dans l'entrée de l'immense demeure, et le froid se fit mordant. Hermione pouvait sentir le vent s'engouffrer dans le dos de sa chemise déchirée par les cordes qui la maintenaient, sentir l'humidité de l'herbe sous la plante de ses pieds nus, ses chaussures ayant disparu entre deux séries d'Endoloris. Elle ne parvenait plus à réprimer ses tremblements, ses dents claquaient, et elle était presque soulagée de pénétrer dans le Hall scintillant du Manoir.

En haut des marches du Grand Escalier, Nott discutait avec un homme à la robe vert sombre, des petites lunettes rectangulaires vissées sur le nez. En plissant les yeux, Hermione reconnut Julius Berkings, magistrat au titre honorifique au Magenmagot. Il avait présidé une grande majorité des procès de Mangemorts pendant les quelques années fastes en arrestation. Son regard plongeant sur la foule miséreuse en contrebas laissait exprimer un sentiment de propriété. C'est lui qui avait fait racheter le Manoir par le Ministère, et il avait l'air de s'y sentir chez lui. D'un geste négligeant il caressait la montée d'escalier taillée dans un bois rare, tout en acquiesçant de la tête les paroles de Nott. Ses yeux, rapetissés par la correction de ses lunettes, scannaient les sorciers défilant dans le Hall. Il sembla s'arrêter l'espace d'un instant sur son ancienne Ministre, mais aucune émotion ne transparaissait sur son visage pointu et légèrement marqué par l'âge. Il se pencha vers Nott, lui dit trois mots, ce dernier hocha brièvement la tête en signe d'approbation, et les deux s'en allèrent par un escalier menant aux étages supérieurs.

Hermione se retrouva devant un bouledogue en robe noire, qui la fouilla brutalement, piqua son doigt d'un coup de baguette et la força à déposer une goutte de sang dans un grand registre relié de cuir. Le Mangemort ne paraissait pas parler anglais, aussi il lui indiqua par un grognement accompagné d'un mouvement de la tête de se diriger vers la droite. Là, elle rejoint un groupe de sorciers, au moins aussi abimés qu'elle, encadrés d'autres Mangemorts. L'un d'entre eux les mena à travers des escaliers en colimaçon si étroits qu'il y était impossible de s'y croiser.

La pierre composant les murs était froide et humide, et des gouttes tombaient régulièrement des plafonds. Après une interminable descente, où elle manqua de trébucher, ils prirent un virage à droite, encore à droite, débouchèrent sur un long couloir, puis prirent un escalier dérobé dissimulé derrière une tapisserie rongée par l'humidité. Ils descendirent encore, encore, jusqu'à en avoir la tête qui tourne. Puis celui qui les dirigeait ouvrit une grande cellule dont les gonds laissèrent échapper un grincement déchirant, et uns à uns, les Mangemorts attachèrent les prisonniers aux fers ancrés dans la dalle de pierre mal taillée.

Lorsque le dernier sorcier fut attaché aux poignets et aux chevilles, un Mangemort referma la porte en fonte forgée, la verrouilla à l'aide d'une lourde clef métallique, et jeta un éclair doré sur les barreaux, qui s'illuminèrent un court instant. Enfin, la troupe en robes sombres s'en alla, emportant avec elle les torches qui éclairaient jusque-là les murs ruisselants. Hermione et tous les Nés-Moldus autour d'elle furent plongés dans les Ténèbres.


Comme certains disent, that escalated quickly...

(au fait, les lecteurs fantômes, je vous vois ! Si vous avez lu jusque là, vous devez bien avoir un petit truc à me dire non ? Comme tous les auteurs de FF j'aime beaucoup lire les reviews, pour vous ça ne prend que trois minutes, et pour moi c'est une heure de danse de la joie dans ma chambre et une journée de motivation pour écrire, alors n'hésitez plus, une revew c'est un auteur qui gazouille ! Rendez-moi heureuse, et dites moi ce que vous pensez)
A la prochaine, bisous sur le genou
Oochoo