— Cinq —
Hong Kong,
28 janvier
Jour 45
Deux écrans étaient allumés, magnifiques appareils de couleur blanche et design sobre. C'était une création tout juste sortie de chez Samsung, entreprise en majorité détenue par Kalyn et Mycroft.
Ce dernier terminait de boutonner une manchette, les yeux d'un bleu profond fixés sur la tablette numérique posée sur le bureau. Elle affichait quelques prises de vue de Gregory Lestrade au Portugal.
Un visage féminin apparut sur l'écran de droite: Minerva du Circus.
— C'est la première fois que je vous vois être aussi distingué, fit-elle en guise de salutation.
Il se tourna vers l'écran et retourna le salut d'un hochement de la tête.
— Comprenez que je n'ai pas pour habitude de me promener torse nu et enchaîné, ma chère, répondit Holmes dans un ton sarcastique.
— Je n'ai rien fait à ce niveau-là. Si mes souvenirs étaient exacts, votre... accoutrement lors de votre captivité étaient l'oeuvre unique de notre ami commun.
— Qu'avez-vous de nouveau sur lui?
— Observez mes alentours.
Mycroft l'avait fait depuis longtemps. Minerva n'était pas aux Etats-Unis. Elle était en Thaïlande.
— La chaleur et la pauvreté vous ont-ils manquées? ajouta-t-il.
L'A Oméga savait mieux que quiconque qu'il ne devait surtout pas citer de lieux précis dans une conversation vidéo, aussi privée et protégée par les satellites du Vatican qu'elle l'était.
— Enquête interne. Je ne peux rien dire de plus. Des soupçons pèsent sur tout le monde. Mes homologues sont en rage.
Mycroft laissa transparaître une once d'inquiétude sur son visage de marbre.
— Je suis hors de cause... Ma popularité et les derniers évènements jouent en ma faveur. Etant en charge du dossier des Etats-Unis, je suis protégée. Et voilà où mes recherches m'ont menées... continua la brune hispanique en désignant ses alentours.
— Tenez-moi au courant.
— Dans la mesure du possible. Et... merci pour tout.
L'écran s'éteignit d'un coup. Mycroft avait gagné la confiance de Minerva grâce à quelques mots bien placés, quelques expositions des thèses déterrées par Daiyu Li et la vérité sur les agissements du Circus. Mais ce qui avait fait le déclic était son implication dans les études supérieures des frères et soeurs de la Conseillère du Circus. Sans lui, la famille nombreuse de Minerva n'aurait jamais pu accéder à l'université, encore moins à Harvard et à Columbia.
Satisfait des récentes avancées, il se tourna vers le second écran et reprit ses recherches actives dans les réseaux informatiques des banques et autres établissements financiers. Il devait impérativement trouver l'origine des fonds infinis du Circus et de la Roseraie. S'il réussissait, il pourrait couper les deux organisations à leurs sources et éviter à un certain nombre d'agents SSA de mourir inutilement en infiltration.
Il arrivait juste au niveau de la Meryll Linch lorsque les lignes de codes commencèrent à disparaître les unes après les autres.
Découvert!
Il se retira rapidement de la banque et entreprit de contrecarrer les possibles contre-attaques à son encontre. Il devait impérativement protéger le sol de Hong Kong. Rien ne servait d'ajouter une crise entre Asie et Occident au milieu de toutes les autres.
Un message apparut sur l'écran. C'était une liste de noms d'entreprises liées à l'industrie pharmaceutique. Un coeur et trois smileys accompagnaient le tout. Ainsi que le code habituellement utilisé par la SSA pour désigner le Circus.
Mycroft se lança à la poursuite de l'origine du message. Si seulement Kalyn et Alice avaient été là! Il aurait eu beaucoup moins de mal. L'informatique était un art qu'il ne maîtrisait que vaguement, juste assez pour se protéger et grappiller quelques informations ici et là. Malheureusement, les deux femmes étaient hors d'atteintes. La première continuait à chagriner son amour perdu et sa foi en l'amitié et dans l'humanité. En effet, quel genre de mentor pouvait tuer l'amour de son disciple avant de se suicider et entraîner la mort de son oméga lié en même temps? Et la deuxième... Alice portait encore les traces des nombreux chocs induits par les décisions de Dimitrov Ostrovski, son ancien coéquipier et supérieur hiérarchique. Elle s'était recluse dans une vie de citoyenne américaine lambda, employée de Starbucks.
Et l'écran continuait de lui envoyer des coeurs et des smileys, sans raison apparente. S'il n'avait pas été aussi sûr de la localisation de Sherlock, il aurait cru que tout ceci était une sale blague de son frère. Ce dernier s'amusait à le devancer dans ses recherches sur la Roseraie au travers de messages caustiques et très... désagréables. Gregory et John le surveillaient de près mais Aden donnait du travail supplémentaire.
Un autre message apparut. C'était la liste des programmes de télévision de cette soirée à Hong Kong.
Après une lecture attentive, Mycroft comprit que tout ceci lui était uniquement destiné. Il grommela quelques insultes en mandarin lorsque quelques programmes furent surlignés en direct en jaune.
Le Bachelor
L'Oméga en folie
Histoire de l'indépendance de pensée chez les Omégas
Le Mystère A Oméga
Séduire un A Alpha en dix jours
Cacher sa dynamique ou non?
Et cette foutue liste continuait. Mycroft se frappa le visage, désespéré par les nombreuses piques qui lui étaient adressées.
— Tchiiiuuuu!
L'A Oméga se retourna vivement sur l'origine du cri très féminin qui venait de le surprendre. Une jeune femme de taille moyenne, fine comme une liane et immense chignon sur le sommet du crâne se précipitait vers lui.
— Micky! cria-t-elle avant de l'enfourcher et lui ébouriffer les cheveux.
Toujours sans voix, Mycroft défila les nombreux visages qu'il connaissait de la SSA dans son esprit sans aucun souvenir flagrant. Ceci dit, la jeune femme puait l'A Alpha et il se déroba à la hâte.
— Tu m'as trop manqué! continua-t-elle de minauder tout en esquissant des moues boudeuses.
Enfin, Mycroft se dépêtra des kilomètres de bras et jambes et mini-jupes et bracelets colorés pour observer la jeune fille. Il leva les yeux au ciel.
— Kim Yi Na... dit-il, abasourdi par le changement chez la jeune fille qu'il avait trouvée dans la rue quelques années auparavant dans le centre ville de Pékin.
La petite Kim était devenue une redoutable jeune femme, A Alpha de surcroît malgré son tempérament plutôt A Oméga pour le moment. Elle avait gardé son espièglerie enfantine, une frange qui avait besoin d'être taillée, une silhouette à faire pâlir Sherlock tant elle était fine et bien arrondie là où il le fallait. New Balance aux pieds, chaussettes arrivant mi-cuisse d'écolières japonaises, mini-jupe moulante, T-shirt à message un peu trop grand et très court, c'était l'incarnation de l'adolescente coréenne à la mode. Son maquillage forcé sur les yeux le prouvait bien: Kim Yi Na ressemblait à un membre de ces groupes K-pop.
Et dire qu'il l'avait ramassée à douze ans dans la rue lors d'un déplacement au QG scientifique de la SSA. L'intelligence vive de la jeune fille, son désespoir et sa soif de s'en sortir avaient convaincu Mycroft de la recueillir. En quelques jours, elle avait intégré la SSA avec le nouveau prénom de Kim et il l'avait envoyée dans les bras des intendants bienveillants pour lui offrir foyer et avenir doré. Mais comme toute recrue orpheline et mineure, il n'avait pas pu s'en approcher avant sa majorité. La politique de Bai Long en la matière était très stricte. Très protecteur et possessif envers les jeunes, il les cloîtrait dans les hautes montagnes du fin fond de la Chine pour les couvrir des dangers extérieurs, mais aussi pour les former comme bon lui semblait: lavage de cerveau, conditionnement des personnalités et natures liées à leur dynamique et entraînement de haute volée compris. C'était ce qu'avait connu Kalyn entre autres. Et pour le moins qu'on en puisse dire, c'était le bon choix puisque ni Kim ni Kalyn ne semblaient être devenues folles... Même si enlever les traits de caractères A Alphas à la petite le troublait.
— Six ans que je ne t'ai plus vu... Viens-là que je t'inspecte! dit-il soudain ému, les bras grands ouverts.
— J'ai dix-huit ans cette année, alors on m'a laissée sortir. C'est fou comme c'est grand et beau ici! s'écria la jeune fille dans un anglais britannique parfait.
Elle s'enroula dans les bras de son bienfaiteur, reniflant sa douce senteur mielleuse.
— Je parle cinq langues, suis experte en karaté et autres arts martiaux et vais étudier dans quelques mois l'ingénierie financière au MIT! dit-elle comme s'il était tout à fait normal pour une jeune fille d'être aussi douée, belle et séduisante à son âge.
Mais Mycroft sentait que ce n'était pas tout. Le caractère expansif et très Lolita de la jeune fille laissaient présager quelque chose qu'il redoutait...
Bai Long en projette d'en faire une agent de plaisir...
Il lui prit le visage et inspecta sa peau parfaitement diaphane, descendit vers la poitrine ronde, ferme et presque indécente pour une femme encore fille et s'attarda sur la mini-jupe très courte. Il savait que dessous, se cachait la preuve de sa dynamique. Mycroft couina et s'enfouit une nouvelle fois dans le cou de sa petite Kim, encore vierge et probablement ignorante de ce qui l'attendait à court terme.
Agenouillée sur ses cuisses, dos cambré, lèvres déjà pulpeuses comme celles de Kalyn... C'était exactement ce qu'appréciaient les Alphas homosexuels dans le genre d'Arthur Winston et les Omégas très dominants tels que... lui. Mycroft frissonna de plus belle, refoulant ses hormones aiguisées par la proximité d'une A Alpha si sexy qu'il en avait peur pour elle... et pour lui. Pauvre petite. Elle aurait pu être sa fille, l'appeler maman ou papa et se pendre à son cou...
En quelques secondes, sa décision était prise. Kim resterait à ses côtés et ne fera aucune mission sans sa supervision ou accord. Il avait bien le droit d'imposer ceci à Bai Long...
— Je ne veux pas connaître tes capacités à analyser, combattre, séduire ou suivre des ordres. Je veux savoir ce que tu aimes lire, tes loisirs, tes passions, tes rêves. Alors... raconte-moi tout, souffla l'aîné Holmes.
Kim lui avait fait oublier Gregory.
*xXx*
Elle avait tenté de tout révéler à son ami. Elle espérait qu'elle avait bien réussi sa tâche. Mycroft n'était pas dupe.
Elle aurait voulu lui dévoiler son identité, mais elle avait encore si peur... Tellement peur d'être découverte que la toile d'Andy Warhol demeurait dissimulée sous le canapé-lit défraichi de son appartement.
Employée de Starbucks... C'était sa vie désormais.
Seulement... sa vie d'antan lui manquait tellement. Tableaux de maîtres, galeries d'arts privées, soirées mondaines, et les enchères... Comme elle aimait ces enchères qui lui donnaient le tournis, la faisaient frémir d'excitation et de sensualité... Et pourtant, cette malheureuse décision avait été mûrement réfléchie et sienne! On ne se retirait pas de la scène sur un coup de tête et encore moins changer sa dynamique pour revenir du jour au lendemain!
Mais elle s'inquiétait tellement... Heureusement que garder un ordinateur n'était plus un luxe de nos jours. Le piratage demeurait sa passion. Et ce qu'elle découvrait chaque jour lui refroidissait de plus en plus les entrailles jusqu'à la faire pleurer de tristesse pour ces malheureuses victimes.
Le financement du Circus provenait essentiellement des firmes pharmaceutiques. En échange, le Circus fournissait matières premières pour tester les médicaments. Ces matières premières étaient essentiellement des humains issus des pays pauvres. L'affaire de Jack l'Eventreur 2.0 résolu grâce à Sherlock Holmes et ses amis était également liée. De même que les disparitions mystérieuses dans les quatre coins du monde. Et pourquoi vouloir contrôler les Etats-Unis? Ces derniers étaient les premiers consommateurs de médicaments. Contrôler ce marché à travers celui de la politique était donc indispensable. Mais ce n'était pas tout, loin de là. Le Circus désirait créer une nouvelle race d'humains... C'était...
Alice Imogen se prit la tête entre ses mains couvertes de bagues bons marché Forever 21. Ses cheveux avaient repris leur rousseur flamboyante, boucles frisées naturelles encadrant son visage recouvert de larmes.
En arrière plan, la révolte continuait. Les manifestants et rebelles avaient transformé New-York en un champ de bataille moderne. Les taxis enflammés servaient de boucliers, les pavés devenaient munitions.
Au milieu de tout ceci, Alice continuait à creuser, creuser, creuser... Et à tout envoyer à Mycroft en espérant que le seul ami encore au courant de son existence puisse l'aider.
Si seulement j'ai les coordonnées de John Watson!
De l'autre côté, la Roseraie s'aidait des pays traditionalistes pour se renflouer. Quelles étaient leurs motivations? C'était si opaque...
*xXx*
Portugal, Porto
31 janvier
Jour 48
Sherlock Holmes comprenait qu'ils avaient été menés en bateau. Odval était très intelligente, brillante même. En attirant leur attention complète sur elle, elle les avait détourné des autres pièges qui pullulaient. Désormais, ils étaient non seulement recherchés par la police d'Espagne, mais également par Interpol. Et comme toujours, c'était son frère qui s'occupait de ramasser les miettes semées. Ce dernier avait dépêché Sally Donovan au MET pour tenter de calmer les esprits, mit Gregson nouvellement promu sur l'affaire et ajouté la première ministre Amelia Longburn pour appuyer le tout. Tout ceci en raison de quelques explosifs bien placés en pleine journée et de quelques journalistes au courant des faits avant même leurs réalisations. Sherlock ne savait pas s'il devait admirer ou détester leur proie. Odval n'était pas une mince affaire. Mais enfin, ils la tenaient.
C'était d'ailleurs vraiment bizarre. Selon toute vraisemblance, l'agent de la Roseraie, robotique en apparence et très froide, devait uniquement suivre des ordres. Mais plus ils la coursaient, plus ils parvenaient à saisir toute l'ingéniosité de la femme d'origine mongole. Alors quel était donc son rôle au sein de la Roseraie?
L'A Alpha avait établi quelques conclusions à partir de ses recherches, conjointement avec son frère exilé à Hong Kong. La Roseraie vivait grâce à des fonds financiers en provenance de pays profondément traditionalistes tels que la Russie et les pays du Golfe Persique. L'Inde également n'était pas étrangère même si elle jouait double jeu avec une politique sociale soi-disant pro-bêta. A côté de cela, quelques donateurs privés s'en donnaient à coeur joie d'aider l'organisation. Ensuite, la Roseraie prônait des thèses très traditionnelles allant dans le sens de la restauration. C'était bien entendu une utopie. Il était impossible de faire retour en arrière, surtout en Occident. L'Asie n'entrait même pas en ligne de compte puisque Bai Long avait dressé des remparts idéologiques de part et d'autres de son continent contrôlé. Alors que recherchait donc la Roseraie? Sherlock n'était pas dupe. L'organisation était terrifiante à la fois dans ses actions, ses plans obscurs et même ses membres étaient encore inconnus de tous. Contrairement au Circus, la Roseraie désirait imposer des thèses primitives. Ces dernières tournaient autour de la suprématie des dynamiques dominantes: alphas et omégas. Les alphas travaillaient et construisaient le monde tandis que les omégas enfantaient. C'était simple et réducteur. Sherlock grimaça.
Au milieu de toutes ces idéologies Circus et Roseraie opposées, l'Asie de Bai Long laissait les dynamiques libres. Les bêtas, alphas, omégas... chacun vivait libre de sa dynamique. Mais le problème était l'éducation. Seul un peuple hautement éduqué et peu nombreux pouvait achever cette utopie. C'était pourquoi le taux d'éducation en Asie était hallucinant. N'importe qui pouvait parler deux ou trois langues et comprendre l'actualité. Mais à quel prix? Celui de l'enfermement sur soi, d'un régime presque tyrannique, d'un lavage de cerveau commencé dès la maternelle.
— Sherlock?
La voix de John résonnait dans son esprit. Sherlock la mit de côté un instant, juste le temps de rassembler le reste de ses pensées. En effet, ils étaient une nouvelle fois sur une piste viable d'Odval. Cette dernière commençait sérieusement à leur casser les pieds!
— Sherlock?
Il sentit une main sur son épaule, et la dégagea violemment.
— Sherlock!
— Je réfléchis, pas le temps!
Il ignora les alentours et ses amis qui insistaient. Il tenait quelque chose d'important...
Sherlock s'agrippa la tête et tournoya plusieurs fois sur lui-même.
La Roseraie n'était pas utopique au point de vouloir imposer une simple thèse traditionaliste à la population générale! Elle cherchait forcément autre chose.
Le Circus désirait instaurer une nouvelle ère avec une nouvelle dynamique hybride et parfaite; le tout, en prônant la civilisation sur la bestialité. C'était ce qu'il avait déduit ces derniers mois en se basant sur les enquêtes, les indices, les témoignages et les récentes discussions qu'il avait eus avec Minerva. Mais Dimitrov avait changé les plans du Circus pour gagner davantage de fonds avec en arrière plan la revanche.
La Roseraie... La Roseraie... Sherlock trépignait d'impatience. Pour une fois, son cerveau ne tournait pas assez vite à son goût. Putain!
Il savait qu'elle était en guerre contre la SSA et le Circus indirectement. Il savait qu'elle avait provoqué la guerre entre le Circus de Dimitrov et la SSA. Il savait aussi qu'elle avait essayé de s'allier avec la SSA dans l'unique but d'entrer en Asie et la détruire de l'intérieur: sans résultat puisque Anna avait été si directe dans son refus qu'elle était désormais dans un coma profond. Enfin, il savait que son frère, Kalyn et précédemment Merry enquêtaient en secret sur un autre aspect de l'organisation.
S'il découvrait le but de leurs recherches, peut-être qu'il trouverait les raisons véritables derrière les agissements de la Roseraie.
Mais pour le moment, son frère et Kalyn s'empêtraient dans leur chagrin pour Merry et demeuraient d'une totale incapacité.
Sherlock grogna, ragea, s'énerva.
— Sherlock!
Il sursauta. John et Aden s'étaient attroupés autour de lui, les visages alertes. L'A Alpha se remit peu à peu de ses pensées et observa ses alentours.
Gregory Lestrade et Odval étaient face à face, deux armes prêtes à tirer pointées l'une vers l'autre, immobiles.
Sherlock sentait John lui agripper la taille et renifler son cou en quête de réassurance. Aden demeurait stoïque, de peur de commettre une erreur, son passé le hantait encore.
— Gregory Lestrade, Commissionner de la police de Hong Kong et dévoué agent de Bai Long, je présume? demanda froidement la mongole assassin.
Gregory acquiesça en silence.
— Sherlock Holmes, John Watson et... Aden Xander Banaart? demanda-t-elle une nouvelle fois en direction des trois amis.
Ces derniers imitèrent Gregory, pleinement conscients de la dangerosité de la situation.
— Je pensais avoir été claire. La Roseraie n'aime pas être dérangée dans ses agissements. Vous... fouinez un peu trop.
— On ne m'a pas prévenu de cette nouvelle, riposta Sherlock.
Odval écarquilla des yeux avant de pointer l'arme sur le détective génie.
— Souvenez-vous d'Anna Ulanov.
John frissonna frissonna et lui agrippa le poignet. Aden serra les poings, prêt à en découdre. Et, contrairement aux attentes, Gregory demeurait toujours aussi calme... presque apaisant.
— Votre organisation manque cruellement de donations régulières. Vous pensez entrer en Asie et y provoquer la panique comme aux Etats-Unis pour ensuite apparaître comme ses sauveurs et gagner les faveurs de la population. C'est exactement la même chose qui se trame aux Etats-Unis, mais avec le Circus pour cible. Vous désirez les chasser de leur territoire en déclenchant une guerre civile. Profiter de l'intervention de la SSA pour réduire vos coûts et ensuite la défaire en son propre territoire est une brillante stratégie. Vous n'avez juste pas idée que nous sommes au courant de tout, attesta Gregory Lestrade à la surprise générale.
Sherlock n'en croyait pas ses oreilles. Comment? Lestrade... Il savait bien plus qu'il ne le devait, plus même que lui!
— La Roseraie agit pour le bien de l'humanité, répéta Odval comme un robot.
Ce fut à cet instant précis que John et Aden levèrent les yeux aux cieux et tressaillirent.
Sherlock n'eut aucun mal à reconnaître les uniformes du Circus. Ces derniers étaient armés et ils en étaient la cible.
Quant à Odval... elle était épargnée.
Ce n'est pas le Circus de Minerva. Que se passe-t-il là-bas? Est-elle découverte par Dimitrov? Jamais le Circus ne nous viserait pour défendre Odval.
L'assassin de la Roseraie avait conscience du danger... sans aucun doute. Mais elle ignorait les agents du Circus pour le regard déterminé de Gregory Lestrade.
Sherlock sentait que quelque chose n'allait pas. Que voulait donc le Circus?
— On ne fera de mal à personne, dit John en direction du Circus.
Sherlock était à deux doigts de soupirer et lever les yeux au ciel. Comment pouvait-on sortir de telles paroles dans une situation de vie ou de mort? Trois organisations réunies... Qui allait y passer? Et pourquoi ne visaient-ils pas Odval, mais seulement eux?
— Rendez-vous, cela vous est bien plus bénéfique que d'essayer de vous défendre, cria enfin une voix masculine étouffée par un masque.
Sherlock leva les bras aux cieux mais pas pour la raison attendue et fit signe à ses amis de faire de même. Il reconnaissait le regard d'un assassin aguerri. Et cet homme l'était avec certitude. Il valait donc mieux se rendre et trouver une échappatoire plus tard. Connaissant les méthodes de Dimitrov Ostrovski, l'A Alpha savait qu'ils ne seraient pas tués. Le traitre était trop fier et joueur pour cela. Conséquence typique d'un homme en manque de reconnaissance de ses pairs.
Mais Odval n'était pas de cet avis. Il visa l'un des membres du Circus.
— Je vous conseille de faire de même, Odval. Vous n'avez aucune chance contre nous, continua la voix étouffée en visant la jeune femme en retour.
Gregory et Sherlock se fixaient des yeux dans l'espoir de trouver une issue.
— Plutôt mourir que de me rendre, fit-elle avant de pointer l'arme sur elle.
Le Circus tira, elle également.
Gregory continuait de le fixer, déterminé. Sherlock ne le quittait pas du regard. Mais il pouvait voir derrière la silhouette de Lestrade la jeune femme s'écrouler à terre, le cerveau explosé, débris éclatant au vol.
Par instinct, Sherlock recouvrit les yeux de son John.
Aden était pétrifié.
Gregory se retourna, visa, et atteignit l'homme à la voix étouffée. Ce dernier tomba à la renverse.
Sherlock se jeta sur John et le plaqua à terre sous une déferlante de tirs.
Les deux derniers agents du Circus furent abattus. Levant la tête, l'A Alpha aperçu une longue chevelure noire, silhouette fine et très jeune déguerpir en vitesse.
On dirait Merry en plus jeune...
Et il se pencha une nouvelle fois sur John qui n'était plus là. Ce dernier s'occupait de traiter Greg et Aden, tous deux touchés légèrement par des éraflures.
Odval, morte, gisait dans un amas de sang et de débris humains.
Sherlock se retint de vomir.
Ou comment Sherlock en vient aux mêmes conclusions que Mycroft (cf. Partie 3)!
Bon, un peu de piments et autres aussi. Ca sent le roussi pour tout :)
Merci à tous pour vos messages et patience!
