— Trente-et-un —
Italie, Milan,
20 janvier
20XX
Elle portait un de ces looks que l'on qualifiait de Lanvesque tant sa taille était marquée, le tissu satiné, les jambes fuselées. Ses lunettes de soleil encadraient un visage parfaitement symétrique, lèvres bordeaux, cheveux tirés vers l'arrière dans un chignon élégant. Une couronne de fourrure entourait ses épaules. La jupe était noire. Un manteau reposait délicatement sur le dossier de son siège. Kalyn sirotait un café.
— Tu es particulièrement féroce et froide, aujourd'hui, commenta Mycroft en s'installant en face d'elle.
Depuis peu, l'A Oméga avait cédé aux sirènes de la mode masculine et se plaisait à remplir sa garde-robe de pièces de créateurs. C'était plus frais que ce que les tailleurs de Saville Row lui offraient.
— Alors... Ce Gregory, minauda Kalyn en lui adressant un clin d'oeil.
Mycroft prit aussitôt une teinte rouge profonde et se dissimula derrière une gigantesque tasse de thé. Kalyn éclata de rire et lui tapota gentiment le bras.
— Il était particulièrement séduisant dans sa chemise ouverte et son torse... Hmm... Dommage qu'il est marié sinon... rajouta Kalyn en se ventant le visage.
Mycroft n'avait aucun doute sur les capacités de son amie à séduire l'inspecteur. Elle n'échouait jamais. Toutes ses conquêtes, toutes dynamiques confondues, tombaient dans ses bras au moindre battement de cil et déhanchement. Les chances de Mycroft de réussir étaient bien plus limitées. Avec le temps, il avait perdu la main. La séduction avait laissé place aux menaces et aux poings sur la table. Il était connu du monde comme étant Bêta, voire peut-être Alpha.
— Il te suffirait d'oublier d'utiliser ton gel douche spécial pour une journée et Lestrade sera dans tes bras. Ce n'est pas bien compliqué pour toi, Myc', recommença à le taquiner Kalyn.
L'oméga soupira et reposa la tasse sur la table.
— Tu te méprends.
— Oh que non, Myc'. Un specimen comme ça! Et puis... Tu passes de plus en plus de temps avec lui ces derniers mois...
— Sherlock fait des siennes. Et depuis qu'il trimballe ce Watson, c'est de pire en pire. Je n'ai d'autres choix de d'impliquer Lestrade. Lui seul est à même de cogner un peu de bon sens dans le crâne bordélique de mon frère.
— Ne sois pas si pessimiste. Tu verras. Un jour, ce sera toi qui le rendra fou. Comme toutes tes précédentes conquêtes. D'ailleurs, Aden semble être encore meurtri par votre rupture, dit Kalyn en fronçant le nez. Elle n'appréciait pas réellement Aden Banaart à la réputation désordonnée.
— Ce qui est passé est passé.
— Vous auriez pu terminer fiancés et peut-être même liés si possible. Mais je trouve que tu as pris la bonne décision. Mieux vaut être seul que près d'Aden.
— Kalyn, s'il te plaît.
— Tu connais très bien mon point de vue à son sujet.
— C'est passé!
Sa voix résonna encore dans le minuscule café milanais, attirant les murmurs et regards des autres clients. Kalyn plissa les yeux et balaya une miette invisible de son coin de table. Et soudain, elle réalisa la vérité.
— Oooh... Tu couches encore avec lui? manqua-t-elle de crier.
Mycroft avait repris sa teinte rouge.
— Oh mon Dieu! M... My... Alex! Tu continues à coucher avec lui?
— Et alors?
— Je n'ai rien dit c'est juste que...
— Tu couches bien avec Sacha, non?
— Mycroft, on a déjà passé et repassé ce sujet.
Elle avait raison. Son histoire avec Sacha était purement physique. Avec Aden, c'était différent. Ils avaient réellement été en couple.
— Oui nous couchons encore ensemble, avoua-t-il à demi-voix.
— C'est compliqué.
L'A Oméga soupira.
— Toute notre vie est compliquée.
— Mais ce Gregory. Il ne te laisse pas indifférent.
Mycroft tâta ce recoin dissimulé de sa mémoire. Il revit le visage de l'inspecteur au sourire en coin et visage de jeune premier. Cheveux grisonnants, attitude nonchalante, pleinement alpha. Il ne put s'empêcher de sourire timidement.
Kalyn lui caressa la joue.
— Tu vois, ce n'est pas facile de te l'avouer.
Non, ce n'était pas difficile. Il avait depuis longtemps accepté cette réalité.
— Je suis indéniablement attiré par lui. Que veux-tu que j'y fasse, K?
— On verra ça avec le temps.
*xXx*
Thaïlande, jungle,
3 juillet
Jour 204
— Son père doit être paniqué, murmura Maria à l'intention de Mycroft Holmes. Elle regardait son ventre avec révérence.
L'A Oméga redressa la tête et nia.
— Il n'est pas au courant, dit-il finalement.
Inutile de mentir. A ce stade, il ne pouvait que dépendre de cette bande de chercheurs allumés. La jeune femme avait écarquillé les yeux et soudain, le prit dans ses bras.
— Je suis désolée pour vous. Tellement désolée! gémit-elle en resserrant son étreinte.
Il l'imita.
— C'est... La vie, lâcha-t-il.
Cette bande de joyeux chercheurs lui remontait le moral à chaque instant, ne le laissant jamais seul. Il les suspectait de le trouver intéressant, comme une expérience qu'ils devaient à tout prix réussir. Ayant grandi avec William — qui se préférait Sherlock à présent —, Mycroft avait appris à faire avec ce regard insistant et toujours inquisiteur. Comme s'il cachait des choses et des secrets bien étranges. Or il n'avait presque rien à cacher sur lui-même.
Gregory n'était pas au courant de sa gestation comme il était vraiment perdu dans cette maudite jungle. Il n'avait pas un sou sur lui, vivait grâce aux aides bienveillantes de cette bande et connaissait des crises de manque oméga de plus en plus fréquentes et courtes. Son organisme se purgeait de la présence d'alpha de famille et de son alpha. C'était un phénomène rare et souvent synonyme de deuil. Par le passé, les omégas endeuillés de leur alpha et en gestation se détachaient aussi vite qu'ils pouvaient de leur vie ancienne pour se parer à la possibilité de se lier avec un autre alpha pour protection et honneur. Aujourd'hui, c'était bien plus rare. Un alpha qui divorçait de son oméga en gestation était toujours mis au ban de la société. Cela ne se faisait pas.
Mais dans son cas, ce n'était ni un deuil — Greg était bien vivant — et encore moins un cas de divorce — ils n'avaient rien entrepris ensemble de durable! —. C'était juste le résultat d'un concours de circonstances qu'ils avaient tous deux bien cherchés et méritaient.
Si seulement il avait mis sa connerie d'égo de côté pour avouer noir sur blanc ses sentiments et aspirations idéalisés à l'alpha qu'il aimait. Il savait Gregory attendre son signal. Au début, rien n'était gagné. Mais après des semaines passées dans une jungle à suer comme un animal et grogner de désespoir, il avait finalement compris le sens des mots de Merry.
"— On ne vit qu'une fois."
"— Tu es un idiot, Myc'. Il t'aime et tu le sais bien. Tout le monde le sait. Même le serveur du restaurant de ce midi l'a vu! Mais non, tu fais ton con."
"— Kalyn et moi allons chercher Greg pour lui remettre ses idées en place. C'est quoi cette connerie de coucher ensemble tout le temps et ne rien se dire, hein?"
"— Mycroft, je te le jure! Il t'aime et tu l'aimes. Tu dois arrêter de te prendre pour Dieu. J'ai déjà un grand-père qui joue merveilleusement bien ce rôle-là. Alors ne t'y mets pas aussi!"
"— Vous me rendez malheureuse à vous tourner autour et rien entreprendre à part coucher ensemble. C'est triste. Je ne sais pas comment tu fais."
"— J'aurais donné n'importe quoi pour revoir Will. Et toi, tu... Greg est là, à ta disposition, prêt à te suivre jusqu'au bout et tu as le culot de le repousser et jouer à l'homme de glace. Tu es humain. Dieu sait comme tu es humain..."
Qu'aurait-elle pensé aujourd'hui dans cette jungle qu'elle connaissait bien. L'Amazonie, l'Asie du Sud-Est... Elle avait parcouru tellement de paysages inconnus seule. Son expérience crue de la vie lui avait donné une interprétation toute autre des interactions humaines qu'il ne réussissait qu'à comprendre qu'en ce moment, dans une jungle.
Le monde était important certes, mais lorsqu'on perdait tout, la chose unique qui nous ancre encore dans cet univers demeurait encore et toujours l'amour. Celui de la famille, des amis, et l'Amour.
Pour Mycroft, Gregory était son ancre, à lui.
Etait-il trop tard pour souhaiter encore une domesticité épanouie?
*xXx*
Thaïlande, jungle.
4 juillet
Jour 205
Ethan Miller devait célébrer la fête nationale américaine aujourd'hui, pensa Greg en se passant la main dans les cheveux.
Il continuait de marcher en direction de la fumée, signe qu'un dénouement était prochain.
La frénésie et le désespoir avaient progressivement laissés place à la résignation et une peur incontrôlable. Il ignorait ce qu'il allait lui dire, comment il agirait. Serait-il patient? Compréhensif? Pourrait-il se contrôler à la vue de l'homme qu'il aimait et portait son enfant? Son esprit assagie par le temps avait repris le dessus sur ses instincts Alphas.
Il marcha longtemps, sans s'arrêter. Quelques fois, il se retournait pour juger de son avancée. Mais toujours, il se revit fixer la fumée qui vivait encore.
*xXx*
Thaïlande, jungle.
4 juillet
Jour 205
Son enfant dormait en son sein. Cela s'accompagnait toujours d'une agréable sensation de plénitude. Il caressait sans fin son ventre enfin arrondi. Personne ne pouvait attester du contraire désormais. Il était amaigrie, les joues creuses mais on le couvait assez bien pour garder son bébé en bonne santé. C'était un magnifique cadeau du ciel. Cet enfant serait peut-être bien son dernier. A son âge, il ne pouvait pas espérer davantage.
— C'est étrange, je sens une drôle de senteur. Humaine, mais pas méchante, murmura Maria qui avait pris pour habitude de le garder près d'elle.
Mycroft avait perdu quelque peu la finesse son odorat, autre conséquence de sa gestation. La nature l'avait bien paré pour se protéger des senteurs nauséabondes des alphas autres que le père de son enfant.
Rapidement, Tania et Stefano, les deux seuls alphas de la bande, se précipitèrent devant lui pour le protéger. N'ayant jamais eu pour habitude de se faire garder par des alphas, Mycroft jugeait cet acte très surprenant. Les chercheurs ignoraient qu'il pouvait en quelques prises assommer et tuer les alphas les plus forts.
Il ferma les yeux et huma l'air ambiant pour tenter de déceler la senteur étrangère.
Londres, la pluie, le vent, le café froid et cette épice.
Gregory Lestrade.
Alors il se releva, s'appuyant sur ses mains pour contrebalancer son ventre heureusement encore peu proéminent. Il tenta instinctivement de se recoiffer et se frotta le nez. Il tira sur sa chemise prêtée par Pietro pour se redonner un air moins fatigué. Il ignorait pourquoi il faisait tout ceci. Après tout, il n'était plus aussi séduisant qu'avant.
*xXx*
Gregory Lestrade s'était pris une décharge de miel et de patchouli. C'était si sucré, bien plus que ce que sa mémoire ne lui disait.
Et puis, il sentit sa propre senteur.
C'était donc vrai, Mycroft portait son enfant. Et il était en bonne santé.
*xXx*
— My... commença Pietro, étonné.
L'A Oméga se détacha du groupe et s'avança devant lui, se dirigeant vers cette senteur à la fois familière et redoutée.
— C'est le père de l'enfant, entendit-il Isabella dire à ses élèves.
Gregory.
Lestrade. Gregory Lestrade.
Mycroft se caressa le ventre et ne put s'empêcher de rougir. Réaction physique instinctive. L'oméga en lui grondait son impatience et son désir de plaire au père de son enfant.
— Vite, vite, de l'eau! cria Maria.
La bande de chercheurs s'affaira autour de lui.
Une serviette d'eau fraîche qu'on lui donna pour qu'il puisse se donner une apparence moins brouillonne. Une tasse de thé pour le requinquer. Un nouveau chemisier de Pietro, bleu pâle cette fois-ci pour le rendre plaisant à regarder. On le nettoyait en vitesse, on le recoiffait. Il rougissait davantage, baissant le regard.
*xXx*
C'était un rêve devenu réalité. A mesure qu'il avançait, la senteur abondait. D'autres senteurs également se présentaient à lui. Des bêtas, des omégas, et deux alphas. L'oméga n'était pas seul. Mais pas en danger non plus. Deux alphas pourtant...
Son esprit fit un quart de tour à la perspective de voir Mycroft entouré de deux alphas. Mais il sentait son enfant sain et sauf. Et l'A Oméga n'envoyait pas de signaux de détresse, au contraire.
Parce que ces effluves étaient sucrées, terriblement gourmandes. Gregory avait envie de s'y lover.
Il tenta de se recoiffer. Il remit ce qui lui restait de vêtements en ordre. Il ne devait pas ressembler à un clochard ou délinquant bien que la jungle lui donnait toutes les excuses. Il souriait. En même temps, il était pétrifié.
*xXx*
Qu'allait-il lui dire? Comment Gregory allait-il réagir? Serait-il en danger, abandonné? Son estomac se crispa à la pensée de se retrouver seul.
Mais Gregory n'abandonnerait jamais un enfant. Il le savait rêvant d'une vie familiale. Mycroft n'était certes pas l'oméga au foyer rêvé, mais il pouvait procréer.
Et puis...
Gregory l'aimait.
— Tu es adorable! s'exclama Maria en faisait de grands gestes, trahissant ses origines italiennes.
Mycroft ne savait quoi faire de ses bras, de ses jambes. Il évitait de paraître trop impatient mais en même temps, redoutait de paraître indifférent.
Et enfin, il le vit.
*xXx*
Gregory le vit. Dans une clairière, près d'un cours d'eau. La fumée était produite par un feu de camp crépitant. Des tentes étaient plantées. Quelques outils de scientifiques, beaucoup d'appareils photo, des stylos, des cahiers, des sacs à dos. Ils étaient peu nombreux, mais amicaux.
Et au centre, c'était lui. Avec ce ventre arrondi qu'on ne pouvait plus dissimuler à présent. Et cette force sucrée qui émanait de son être tout entier. Instantanément, Greg fut transporté dans un amas de cotons au miel et sucres doux.
Mycroft n'avait pas bien changé, à l'exception de ces cheveux plus longs, de cette chemise qui appartenait à l'oméga mâle italien à ses côtés.
— Gregory, entendit-il.
*xXx*
Greg avait de la barbe, des cheveux redevenus grisonnants par la force du temps et de la nature. Sa teinture avait disparue, de même que ses lentilles de couleurs. Sa chemise était maladroitement rentrée dans son pantalon à trous. Il avait besoin d'une bonne douche mais sentait tellement bon.
Mycroft avança lentement, balançant son poids du mieux qu'il le pouvait entre la terre humide, son ventre, et l'excitation terrifiante qui l'embaumait.
— Gregory, dit-il.
*xXx*
Lestrade se vit courir vers l'A Oméga et le prendre dans ses bras.
— Mycroft, jeta-t-il en le pressant contre lui.
Il huma sa nuque, ses cheveux. Il avait fermé les yeux.
C'était un miracle.
— Gre...
— Shhh... Je suis là. Et je ne pars plus. Je ne te quitte plus. Tu pourras me menacer, me tuer... Et je resterais.
Il embrassait sa nuque, caressait son dos, ses bras. Il était en larmes. D'autres larmes avaient rejoint les siennes. Sa bouche avait un goût salé. Lentement, il se détacha de l'oméga.
— Tu es magnifique, dit-il avant de lui déposer un baiser.
C'était maladroit mais comblé de promesses pour l'avenir. Ils étaient si idiots.
— Mycroft, Mycroft, Mycroft... Myc'... Mon amour...
Il continuait de lui murmurer ces mots, inlassablement.
*xXx*
Gregory l'embrassait, avec tendresse. Il l'avait appelé amour.
Mycroft se pressa contre lui pour l'humer, s'imbiber de sa senteur alpha. C'était tellement bon. Il était chez lui.
*xXx*
Sentir Mycroft contre lui était une sensation tellement belle qu'il en perdait les mots. C'était bien trop incroyable pour être décrit par des phrases. Il effleura le ventre de son oméga, ayant toujours du mal à croire en ce miracle.
— Oui, il est à toi, lui souffla Mycroft.
Besoin de le sentir...
Gregory se détacha de lui et tomba à genoux. Il continua d'effleurer le ventre arrondi, émerveillé par ce qu'il protégeait.
— Tu le peux, l'autorisa l'A Oméga.
Gregory se pressa contre le ventre, humant enfin la senteur mixée de leur enfant. De leurs enfants.
Oh mon dieu...
— Oh mon dieu! cria-t-il haut et fort en se relevant et prenant Mycroft une nouvelle fois dans ses bras.
— Hmm?
— Mycroft. Oh amour! Tu ne peux pas savoir à quel point je... Heu... V...
— Tu as le droit de me tutoyer.
— Ce sont des jumeaux.
— P... Pardon?
— Des jumeaux, Mycroft. Des jumeaux!
— ...
— Leur senteur est distincte. Ce sont des jumeaux, amour.
— Je... Je l'ignorait.
— Tu ne pouvais pas le savoir.
— Alors... Comment?
— Parce que je suis leur père. C'est aussi simple que cela. Je peux reconnaître chaque parfum, chaque nuance de ce que tu dégages contrairement aux autres et même à toi avec ton odorat diminué.
Et il le pressa une nouvelle fois contre lui.
— Je me demandais pourquoi ils mangeaient tant. Ils étaient donc deux... se dit Mycroft.
— Oui, ils sont deux. Et en bonne santé. Oh mon amour. Si tu savais... Quels idiots nous faisons.
— Je suis désolé.
Lestrade lui embrassa une paupière.
— Nous avions d'autres problèmes.
— C'est cette jungle... Elle... Et Kalyn... Et Merry... Et...
— Tu me diras tout plus tard. Viens, tu dois être épuisé.
Il y avait encore tant de choses à régler, à se dire. Mais pour le moment, Lestrade ne pouvait que couvrir Mycroft de baisers et d'amour.
*xXx*
C'était mieux ainsi. Kalyn, Merry, Bai Long, Sherlock, John, Alice... Ils avaient tous raisons. Cela ne servait à rien de débattre sur le rôle des omégas et des alphas dans la société. A se refuser de prendre Gregory pour lui.
— J'ai traversé une jungle pour comprendre à quel point je m'étais fourvoyé à agir de la sorte avec toi. Je suis désolé, Gregory. Sincèrement.
— Myc'. Tu n'as rien à te reprocher, et moi non plus. Allons de l'avant. et commençons par nous asseoir. Puis tu me présenteras tes bienfaiteurs cachés dans ces tentes à nous espionner. Et enfin, on ira se débarbouiller et nous reposer. Je suis épuisé, et toi aussi.
— Tu as raison. Et nous devons retrouver la civilisation au plus vite. J'ai trop longtemps erré dans cette jungle de malheur.
— Toujours aussi directif et efficace. Allez viens.
Mycroft regarda leurs mains liées et suivit l'alpha vers le cours d'eau. C'était la première fois qu'il se laissait faire, qu'il écoutait son coeur. Ce n'était pas si difficile au final.
