Notes de l'auteur

Voilà, c'est la fin. Vous avez vécu et suivi plusieurs années de longues attentes entre les chapitres, quelques périodes de vide, des irrégularités dans l'écriture, l'orthographe (bonté divine), le style et même l'histoire.

L'histoire a commencé en 2012. Nous sommes désormais en 2016. Durant ces quatre années, je suis passée de jeune étudiante à maintenant jeune active. Du coup, tout s'est ressenti, notamment l'évolution dans l'écriture. Alors je ne sais pas si j'ai davantage progressé ou baissé en qualité littéraire.

Mais j'ai tenté au mieux de suivre un fil conducteur logique.

La musique est omniprésente de même que la mode. La première parce que les mélodies jouent sur le moral de chacun et les ambiances, et la mode parce que je la considère comme un magnifique vecteur de personnalité. Aussi, le vêtement constitue un redoutable outil qui peut changer l'avis des autres sur soi-même comme une armure ou une arme selon l'utilisation qu'on en fait.

Les phrases sont parfois courtes, très courtes même pour marquer le rythme. J'aime adopter une écriture minimaliste, presque cinématographique qui enlève la lourdeur descriptive pour laisser place pleinement à l'action et l'imagination de chacun.

L'histoire est compliquée, très même. Mais c'est un peu ce qui se passe dans la vraie vie. Des plans sont élaborés avec plus ou moins de précisions, ils sont suivis comme on le peut, abandonnés d'une manière ou d'une autre. Des imprévus interviennent, on change. Puis on s'adapte et on change encore. Sauf que le but reste le même dans sa globalité. Donc cette histoire n'est pas qu'une succession de vignettes et de péripéties, mais également l'histoire de personnages qui se découvrent, se perdent eux-mêmes comme le lecteur, se retrouvent et tentent de reconstruire un semblant de paix et de vie normale tout en faisant face aux épreuves qui leur arrivent.

J'ai voulu parler d'amitié solide (Mycroft et Merry), de rencontres et de découvertes amicales fortes (Greg et Kalyn/Anthea, Mycroft et John), de la place de chacun (Aden Banaart, Anna Ulanov), de la famille (Sherlock et Mycroft), d'amour réaliste (Anna et Paul), d'amour hollywoodien (Sherlock et John), d'amour complètement déjanté (Greg et Mycroft). Il y a des doutes sur l'existence (Mycroft, Alice), sur ses convictions (Anna, Filibert, Sacha), sur sa carrière (Greg, Alice, Ethan), sur les autres (Anna). On évoque les rêves (Raf, Ethan, Mycroft+Merry), la richesse (Aden, Kalyn, Alice), le pouvoir (Sacha, Dimitrov, Bai Long), la peur de ne pas être à la hauteur (Anna, Aden, Mycroft, Victoria), la volonté de rester soi-même (Sherlock, Anna), la fierté de réussir sans en avoir honte (Kalyn, Sacha), l'échec (Aden, Greg, Bai Long), la séparation (Aden et Mycroft, Greg et son ex-épouse), l'espoir (Filibert et Kalyn, Greg et Mycroft), la haine (Dimitrov), les regrets (Aden, Alice), le futur (John, Sally)... Les thèmes sont nombreux et tous les citer est clairement impossible.

Sans Nom/Promesse/Destin/Volonté:

Les quatre parties se suivent et ne peuvent pas être lues de manière isolées.

Dans "Sans Nom", on pose les bases de la saga en découvrant les personnages habituels des fics Sherlock BBC dans un nouveau cadre, quelques personnages nouveaux sont introduits, mais on reste sur le duo Sherlock/John pour ne pas destabiliser le lecteur.

Dans "Promesse", on découvre la profondeur des personnages secondaires de Sherlock BBC (Mycroft, Anthea) et on apprend sur leur passé (inventé) tout en ajoutant d'autres paramètres et personnages.

Dans "Destin", le cadre est bien planté. On dévoile donc le vécu et on explique à partir de là les actions de chacun. Cette partie est charnière car on doit sortir du passé pour passer à la suite.

Dans "Volonté", on creuse et on cherche une solution aux problèmes. On a attribué aux nouveaux personnages un passé, un futur et collé un peu de piquant à leurs personnalités variées. Ces personnages servent de support au dénouement et au futur des personnages originaux de Sherlock BBC.

Construction de l'espace temporel et géographique:

Il y a deux parallèles évidents que sont l'avant/après retour de Daiyu Li, et l'Occident/Orient.

Réponses à quelques interrogations évidentes:

La mort de Daiyu:

J'avais prévu dès l'introduction du personnage de la tuer. Au départ, je pensais la tuer entre Promesse et Destin, mais j'ai voulu lui redonner encore un peu de temps, assez pour lui permettre de passer son rôle à Greg. Et Greg ne pouvait pas tenir le rôle sans en apprendre un peu plus sur Mycroft.

Ce personnage ne pouvait pas continuer à vivre. Daiyu Li prend trop de place dans le passé et le présent de Mycroft. Elle peut causer une sorte de déséquilibre dans l'existence de Mycroft une fois Greg et lui en couple. Autre chose, Kalyn doit se libérer de ses aspirations et tourner la page pour prendre pleinement conscience de son potentiel. De même qu'Aden. Et même Greg qui serait écrasé par sa présence un peu trop envahissante.

Etant le genre de personnage qui peut facilement capter toute l'attention au détriment des autres, et bien que je l'adore pour tout ce qu'elle représente, je n'ai pu que la tuer.

Au fil de l'histoire, une autre partie de sa personnalité se détache, loin de la parfaite meilleure amie. Jusqu'alors, tout était vu des yeux de Mycroft, Kalyn et un peu de Greg.

L'handicap d'Anna:

Je ne voulais pas faire de son handicap une sorte de symbole de réussite moderne ou autre, loin de là. Anna est un peu l'exemple de la fille de provenance pauvre à qui tout réussi par la force du travail (c'est une bosseuse), de l'intelligence et clarté d'esprit et aussi beaucoup de chance. Si je continue de la porter vers un chemin de gloire, elle deviendrait un peu fausse voire caricaturale. Alors je l'ai blessé plusieurs fois, lui ai donné des assignations difficiles à accepter, un rôle bien trop important à tenir pour son âge et expérience (irréaliste même) et je l'ai rendu un peu handicapée. On peut se dire que son image s'en sort bien mieux, mais il faut avouer que ne plus pouvoir marcher est très embêtant dans la vie quotidienne.

La disparition puis le retour d'Ethan:

Le personnage ne devait pas être aussi présent au départ. Je voulais le présenter comme rival de Sherlock pour les beaux yeux de John en lui donnant notamment une personnalité humaine expansive, un peu contraire à celle de Sherlock. Mais au fil des chapitres, je lui ai donné un passé, une profondeur nouvelle. De tous les personnages, Ethan est celui qui aspire à vraiment aider simplement les autres d'une manière quotidienne (il voulait ouvrir une clinique en Orient pour soigner ceux dans le besoin). Mais voilà, la vie et le passé l'ont rattrapé. Je n'ai pas pu le tuer car ce serait trop triste. Mycroft a perdu beaucoup d'amis de son ancienne vie et Ethan et lui se sont mutuellement sauvés la vie. Donc je l'ai fait disparaître. Pour mieux le faire revenir. Car on a un peu besoin de rêver, non?

Aden Banaart, le retour du fils prodigue:

Le fils prodigue. Il porte sur ses épaules un poids tellement lourd qu'il est parti ailleurs, ayant presque tout abandonné. Mais il porte encore un nom, une identité et par remords, il est revenu. C'est un peu celui qui sort d'une longue crise d'adolescence et se révèle comme un adulte très stable. Si l'histoire devait continuer et qu'il devait vieillir, je l'imagine bien devenir un miroir de Diesbach à terme, contrebalançant toujours Kalyn. Il est l'un des personnages les plus bons je pense, toujours fidèle à lui-même.

William Rothschild, celui qu'on adore détester:

Au début de l'histoire, il est un souvenir, la clé d'un passé adolescent joyeux. Il est présenté sous l'angle du parfait époux, du parfait ami, le gendre idéal, le garçon populaire beau comme une star de lycée et très riche. Mais au fil de l'histoire, on découvre la sienne. Du regard fasciné de Mycroft, Daiyu et Kalyn, on le découvre ensuite de par Dimitrov, Alice et les autres. La mémoire tend à embellir ceux qu'on a aimé. Will n'a jamais été ce spécimen parfait, loin de là. Il a eu beaucoup de relations, brisé des coeurs et des carrières. Il s'est coupé de sa soeur aux aspirations plus pures avant sa déchéance. C'est lui qui était à l'origine de la SSA et donc un peu de tout ce qui s'est passé par la suite. On peut donc dire d'un côté qu'il a bien mérité sa mort. Et Daiyu, elle était bien niaise pour le suivre bêtement. Mais il était beau, grand, fort, intelligent, etc... Et elle était jolie, riche, puissante, du même milieu que lui. Ils formaient un beau couple soi-disant, mais aux yeux des outsiders, ils formaient un parfait couple de gens imbus d'eux-mêmes ne connaissant pas la routine d'une existence banale.

Le trio SSA/CIRCUS/ROSERAIE:

Au début, c'était le Circus. L'organisation tournée vers le progrès scientifique qui veut changer le monde vers plus d'égalité et de modernité. Mais comme toute belle théorie sur le papier, la mise en place est toute autre. L'histoire de cet univers ne permettra pas, à court terme, aux bêtas de régner en égalité avec les dynamiques extrêmes. Alors des dérives arrivent et des révoltes, et des idées à contre-courant refont surface.

C'est peut-être là le génie de Dimitrov Ostrovski. Il a réussi à balader la bande de Mycroft du Circus à la Roseraie en passant par divers lieutenants et intermédiaires pour un but au final d'ordre personnel.

Bien que très noble comme théories et très compréhensibles si l'on se place des deux côtés opposés, c'est la mise en place et les moyens déployés qui causent des révoltes sans fin dans le monde.

Dimitrov a réussi à mettre sens dessus-dessous le monde entier de par ses agissements.

Tout ceci, parce que trois gamins dans leur vingtaine ont voulu changer le monde: Mycroft, Will et Daiyu en créant la SSA, une association qui se voulait libre des gouvernements et idéologies présentes pour une quête d'un certain type de justice.

Alors qui est donc légitime?

On ne le saura pas dans cette série car c'est bien trop tôt. Surtout que la fin laisse à penser que c'est finalement Mycroft qui prend les rênes des trois associations avec une recherche d'équilibre très personnelle.

Le personnage principal et donc grand gentil de la série étant Mycroft et ses amis, c'est sa version du monde qui l'emporte.

Dimitrov et la recherche d'un autre idéal:

Dimitrov est le principal antagoniste de l'histoire, mais aussi le pendant alpha de Mycroft. Il est tout aussi doué, brisé, charismatique que notre A Oméga préféré mais est dépeint ici comme étant une sorte de psychopathe en délire perpétuel.

Il n'est pas méchant. Et sa cruauté n'est pas si terrible si on commence à énumérer les faits et gestes de Mycroft et de Kalyn.

Dimitrov tout comme Mycroft ont vécu une enfance similaire, des expériences premières parallèles. Ils ont tous les deux aimé, chéri, espéré et agi.

Leur grande haine vient finalement d'une succession d'évènements que l'épilogue résume assez bien finalement. De jeunes gens qui voulaient bien faire dans un monde qui changeait trop vite. Entre tradition et modernité. Des histoires personnelles qui se transforment en regrets puis en haine.

Dimitrov est le grand perdant de la politique éducatrice de Bai Long. Il ne pouvait pas avoir deux héritiers potentiels.

Bai Long, le véritable méchant en somme:

On reviendra finalement encore à Daiyu qui l'avait bien compris. Elle a cherché toute sa vie durant à ses défaire de l'influence de Bai Long. Le Dragon Blanc est l'exemple même du despote éclairé à qui tout le monde voue une admiration sans borne. Il est vrai que son objectif est profondément bon: donner à chacun la possibilité de vivre en paix et comme il le veut. Mais ses méthodes ont quand même rendu une bande de jeunes gens désorientés jusqu'à provoquer des révoltes dans le monde entier.

Mais en gardant une influence sur eux et en profitant de cette révolution sociale, sociétale, culturelle et bien entendu scientifique, il réussit le coup de maître de garder sa main mise sur le monde Oriental et pose une première pierre à la domination Occidentale.

Il est le grand vainqueur de l'histoire.

Et si on creuse un peu plus loin, l'histoire de Mycroft n'est en somme qu'un détail dans son long règne. Il a vécu les histoires de sa fille décédée, celle de ses parents et sa jeunesse. Il a vu venir et partir des intendants qui ont également une histoire propre avec ses défis et incidences sur le monde, notamment en donnant naissance à une nouvelle génération de combattants intellectuels de très hauts niveaux.

Les recherches de Daiyu:

Ben Aman: le personnage arrivé tard qui ne semble pas être si important mais au final constitue la clé dans le futur.

Il a connu Daiyu dans sa période de gloire intellectuelle et en sait bien plus qu'on ne le saura jamais. Mycroft est au courant. Il a juste choisi de se concentrer sur les problématiques sociales et politiques de part un penchant naturel pour ces disciplines et aussi parce que c'est plus urgent.

Seulement, le véritable problème dans cette série est bien la recherche et la trouvaille de Daiyu qu'Aman décide de ne pas divulguer avec la complicité de Mycroft et de Diesbach.

Pour les besoins d'action de l'histoire, ce côté a été mis à l'écart jusqu'à la fin.

La fin de la série:

Ce n'est pas véritablement une fin en soi. La vie continue après tout. On clôture juste une querelle très longue existant entre Mycroft et Dimitrov.

Que dire des révoltes? Des demandes des peuples? Des résolutions possibles que cherchent à tester Anna Ulanov, Amelia Banaart et les autres femmes fortes de la politique?

Que vont devenir les trois organisations SSA, Circus, Roseraie? Vont-elles continuer d'exister, se muer en d'autres organisations ou simplement disparaître pour devenir une légende? Même l'épilogue reste vague à ce sujet.

Que vont devenir les recherches de Daiyu? Est-elle la seule à travailler dessus?

Les trois chapitres ont délibérément été écrits en donnant un sentiment de nébuleuse en labyrinthe. Car même les personnages ne savent pas ce qu'il s'est passé. Personne ne saura jamais ce qui est passé par la tête de Dimitrov en se tirant par une fenêtre. Ou pourquoi Mycroft a décidé de le laisser partir. Ou pourquoi Mycroft n'a pas voulu rester un peu plus longtemps avec Greg plutôt que de partir aussitôt à la recherche des écrits de Daiyu.

Mycroft devait s'occuper des écrits de Daiyu. Il ne pouvait pas laisser les révoltes sur le sujet des dynamiques devenir encore plus graves si quelqu'un trouvait les recherches et les publiait.

Finalement, peut-être bien que Dimitrov et Mycroft ont conclu un pacte secret. Un pacte qui aurait laissé Mycroft enfin prendre le temps de chercher ces écrits pour justement éviter une crise culturelle bien plus grave.