Je m'excuse de mes cafouillages sur FF je maîtrise encore mal la publication oups ^^
Alors je tiens à mettre un crédit-image, l'illustration du loup dont je peine à faire dépasser la truffe du cadre à été dessiné par Thérèse Larsson. C'est une illustratrice suédoise dont j'adore le travail alors je lui fais un peu de pub.
Voici la suite pour qui veut, en espérant une bonne lecture à celui qui prend la peine de s'arrêter ici ^^
Chapitre3 : La scène familiale
Merlin et Hunith était assis par terre au coin du feu ; il faisait trop froid à la table pour y manger. Hunith lui avait fait une bonne soupe de panais qu'il dévorait avec un bout de pain. Elle le regardait manger comme s'il n'avait rien mangé d'autre de la journée ; ce qui était presque le cas.
« Comment était ta journée Merlin, tu as trouvé beaucoup de bois ? Qui t'a donné ce pain ?
Le regard de Merlin s'assombrit : Méléagan ! »
Hunith le regarda, surprise : « Tu as accepté son pain, tu devais avoir drôlement faim? Tu n'as pas mangé la viande séchée que je t'ai laissée au matin ?
Il détourna le regard vers le feu : « Si… Je l'ai mangée ! »
Hunith prit un air sévère : « Ne me mens pas Merlin, je sais quand tu mens ! »
Merlin regarda sa soupe : « Maman je n'aime pas trop la viande séchée, tu le sais bien.
Hunith : Sais-tu ce que j'ai dû faire comme lessive pour avoir ce jambon ? Qu'en as-tu fais Merlin ?
Merlin n'osait pas la regarder en face : Je… Je l'ai donné à quelqu'un qui avait plus faim que moi. »
Hunith secoua la tête et passa sa main dans les cheveux de son fils en souriant.
Celui-ci se dégagea du geste de tendresse de sa mère, celle-ci soupira ; son fils grandissait, un jour il quitterait la maison.
« Maman, je ne suis pas encore parti » dit-il.
Hunith le regarda encore sévèrement : « Ne fais pas ça !
Merlin : Quoi ?
Hunith : Tu réponds à mes pensées !
Il soupira : Mais non maman, je te connais c'est tout ! »
Il continua à boire sa soupe, de mauvaise humeur.
Hunith essaya de relancer la conversation sur autre chose : « Tu vas faire la tête toute la soirée, tu ne veux pas savoir ce que j'ai fait de ma journée ?
Merlin releva la tête : Le bébé de Félie est né ? »
Hunith lui sourit, cet enfant n'était jamais de mauvaise humeur bien longtemps : « Pas encore, mais la mère et l'enfant se portent bien, je l'ai aidée à faire son ménage, c'est elle qui m'a donné les panais !
Merlin : « Félie a toujours été gentille avec nous, et j'adore les panais.
Hunith : « En voilà un drôle de garçon qui n'aime pas le jambon séché, et qui aime les panais. Ne t'inquiète pas pour Félie, je suis sûre que son bébé va venir facilement et qu'il ne faudra même pas appeler la sage-femme.
Merlin : Je ne l'aime pas trop, elle !
Hunith soupira : Ce n'est pas de sa faute tu sais, c'est une personne très dévouée ; nous serions morts tous les deux si nous ne l'avions pas eu ; tu le sais.
Merlin soupira : Oui maman je le sais.
Elle sourit et repassa sa main dans ses cheveux : Je n'aurais pas eu la joie de connaitre un certain Merlin, tu sais celui-là même qui embellit mes journées ; je serais restée sur mes apriori en entendant parler d'un Merlin. »
Il ne put s'empêcher de rire. Hunith avait le don de dédramatiser les situations.
Il se rappela des pommes. Et se leva d'un bon : « Maman j'ai trouvé quelque chose pour toi. »
Il alla chercher les pommes toutes fripées dans ses poches et revient près d'elle au coin du feu, leur arôme une fois sorties des poches embaumait la pièce.
Hunith le regarda souriante : « Elles ont une bien triste allure…
Merlin la prit au jeu : « Dans un village aux tristes gens, une triste bâtisse abritait une mère et son fils qui n'avaient comme dessert que des pommes à la triste allure… »
Ils éclatèrent de rire.
Hunith en goûta une : « Mon dieu ce qu'elles sont sucrées ; le gel les a confites.
Merlin qui en rajoutait des couches : Les pommes à la triste allure furent confites par la triste saison hivernale…
Hunith : Je ne plaisante pas Merlin elles sont très bonnes.
Merlin : Je ne plaisante pas, j'ai déjà gouté les pommes à la triste allure ! »
Elle lui fit de gros yeux pour le faire cesser, mais il continuait de sourire bêtement ; elle secoua la tête, il était parfois vraiment impétueux.
Merlin se nicha dans les bras de sa mère devant le feu qui crépitait dans la cheminée, il adorait quand elle lui parlait de sa grand-mère, ils n'étaient pas très riches ; mais qu'auraient-ils eu besoin de plus !
Ils passèrent ainsi un long moment…
Hunith soupira : « Merlin aurais-tu quelques chose à me demander ? »
Il ne put s'empêcher de rire.
Elle lui chiffonna de nouveau son épaisse tignasse : « Tu es un jeune garçon vraiment incorrigible tu sais ? »
Il se redressa et redevint sérieux : « Ne te fâche pas Maman, j'aimerais vraiment savoir si les loups sont des créatures magiques ? Ils ont des yeux tous jaunes… C'est comme de l'or.
Hunith le regarda sérieusement : Oh ! On dirait bien qui tu as fait une rencontre de saison triste ?
Merlin : Maman… Je ne plaisante plus ! »
Elle sourit à son fils : « Je ne crois pas que les loups soient des créatures magiques, bien que des fois j'hésite ; ils ont vraiment des gestes gracieux, on dirait que l'air n'a pas de prise sur leurs gestes. »
Le visage de Merlin s'illumina ; Hunith ne le grondait pas de parler de créatures magiques, elle ne lui disait pas non plus de se méfier de cet animal dévoreur d'enfants … Elle semblait connaitre les loups et lui parlait sérieusement comme s'il était déjà un adulte.
Hunith lui sourit, elle savait le toucher : « Ainsi donc mon jambon si durement gagné se retrouve dans le fond du ventre d'un loup ?
Merlin baissa les yeux : Je m'excuse Maman.
Elle bienveillante : Ne t'excuse pas va, cet hiver est particulièrement froid, et il doit effectivement avoir plus faim que nous. Et lui ne peut pas apprécier des pommes à la triste allure. »
Les yeux de Merlin s'illuminèrent : « Dis m'en plus maman…
Hunith : J'ai déjà eu l'occasion d'en voir, il est vrai que ce sont des créatures magnifiques, méfie-toi quand même quand tu rencontres un loup solitaire, surtout affamé, il pourrait bien te prendre pour son dîner et t'enlever un bon bout de viande d'une seule morsure.
Lui : Maman…
Elle : Je ne plaisante qu'à moitié là, un loup solitaire affamé peut être plus dangereux que des loups en meute… Simplement parce qu'il a plus de mal à chasser. Les males doivent quitter leur meute d'enfance, une fois devenu adultes. Ils doivent trouver une nouvelle meute ou en fonder une avec une femelle. Certains ne se débrouillent pas pour chasser et meurent.
Lui : Comment sais-tu tout ça ?
Elle lui sourit : Tu sais bien, la lecture. » Rires.
Merlin se renfrogna : « Si j'avais un livre sur les loups, je suis sûr que je le lirais jusqu'au bout, c'est bien plus intéressant qu'un truc sur des plantes médicinales.
Elle : « Ne sois pas arrogant veux-tu ? Je vais écrire à un ami qui me doit bien des services, il aura peut-être un livre pour toi !
Merlin trépigna : Maman tu ferais ça ? Tu me trouverais un livre sur les loups rien que pour moi ?
Elle rit devant son impatience : Je ne te promets rien, Merlin, je vais juste en faire la demande.»
Il lui sauta dans les bras… Elle en profita un peu, c'est vrai qu'il grandissait vite cet enfant.
« Il faut allez se coucher maintenant, il est déjà bien tard.
- Oui Maman », accompagné d'un gros soupir.
Merlin alla vers sa paillasse froide, il avait pris une bouillote qui chauffait près du feu, et s'emmitoufla dans les couvertures. Il garda les yeux ouverts un moment en repensant à sa rencontre.
« Tu sais Maman, je l'ai vu prendre ton jambon, on aurait dit qu'il dansait, c'est vraiment une créature magnifique. »
Hunith, qui avait pris des travaux de couture à finir avant d'aller dormir, lui répondit de loin : «Ainsi donc le loup solitaire de la triste saison a bien mangé le fruit de mon dur labeur ; parce que les pommes à l'allure triste ne l'intéressaient pas. »
Merlin rit du fond de ses couvertures.
Elle lui dit une dernière chose avant qu'il ne s'endorme : « Merlin si tu revois ce loup, laisse-le bien tranquille ; même s'il te parait en difficulté. Il sera bien plus en difficulté s'il élit domicile près du village, s'il fait des dégâts, les gens seront sans pitié pour lui. »
Merlin ne dit rien et se cacha un peu plus dans ses couvertures… Il devait aller rechercher une partie de son fagot ; il avait bien l'intention de regarder si l'animal gracieux était toujours dans les alentours !
