Coucou les gens, la suite. En espérant toujours, une bonne lecture ^^


Chapitre10 : Le tueur de loups


Hunith n'avait jamais vu son fils bouder si longtemps, venant de lui c'était tellement inhabituel. Il n'avait plus jamais adressé la parole à Félie, pourtant elle lui avait expliqué que parfois les mères qui ont un premier bébé ont des angoisses. Et Félie était particulièrement angoissée. Elle lui avait demandé s'il ne pouvait pas déplacer les loups ; mais il avait répondu que le printemps arrivant, Louve avait eu ses bébés… De magnifiques petits louveteaux. Des petites boules de poils glapissantes et innocentes. Il s'était mis à pleurer en disant qu'il n'y avait pas de solution.
Will venait le voir tous les jours, mais même avec lui il était très silencieux. Hunith était vraiment inquiète de le voir enfermé ainsi dans son mutisme.

Un matin Will décida de rejoindre Merlin à la clairière aux loups ; il vint s'asseoir près de celui-ci qui observait les louveteaux jouer.

Will : « Si Félie avait pu voir ça, elle aurait peut-être changé d'avis ? »
Merlin ne répondit pas.

Will : « Merlin tu es mon ami. Demain arrive la personne que le village a convoquée ; est-ce qu'on va rester là sans rien faire ?

Merlin : Je ne vais pas rester sans rien faire !

Will surpris de le voir sortir de son mutisme : Laisse-moi t'aider Merlin, l'homme en question est un chasseur aguerri… Une vraie brute d'après ce que j'ai pu comprendre. Tu ne sais pas te battre, je n'ai pas envie qu'il t'arrive quelque chose.

Merlin le regarda droit dans les yeux et déterminé : Je sais me battre, je ne suis pas un chevalier, mais je sais me battre, je défendrai la meute !

Will secoua la tête : Comment Merlin ? Je suis deux fois plus épais que toi ? En plus Méléagan viendra avec ses chiens… Ils ne t'apprécient pas, ses chiens… J'ai peur pour toi. »

Merlin baissa la tête, il était touché par la sollicitude de Will : « Tu m'as dit que je pouvais te faire confiance.

Will : Oui, laisse-moi t'aider.

Merlin : Les gens du village ont raison ! Je suis maudit… Je suis né avec la magie. »

Will resta coi.

Merlin ne bougeait pas, c'était la première fois de sa vie qu'il disait son secret, si ça tournait mal, Hunith allait vraiment lui en vouloir.
Will : « Personne n'a attaqué ta mère ?

Merlin : Moi, peut-être en venant au monde. »

Will se leva pour réfléchir… Il regardait les loups, il regardait Merlin… Puis tourna le dos à tout le monde.
Merlin était inquiet de sa réaction mais il attendit.

C'était trop long, il s'inquiétait d'avoir perdu un ami : « Will, si ma mère apprend que j'en ai parlé, elle va m'envoyer loin d'ici !

Will toujours le dos tourné : Je suis déçu !

Merlin : Tu vas me dénoncer ?

Will se retourna : Je suis déçu que tu ne m'en aies pas parlé plus tôt, Merlin tu n'es pas maudit, c'est un don ! »

Merlin tremblait, il était désarçonné.

Will revint s'asseoir près de lui et le prit dans ses bras, puis se recula en le regardant: « Est-ce que quelqu'un t'a appris à t'en servir ?

Merlin était vraiment désarçonné : Heu… Non la pratique de la magie est interdite, je risque ma vie…

Will : Mon dieu Merlin tu es un sorcier, sais-tu que mon père a utilisé plein de fois les services de sorciers pour sauver le village ? Et toi tu es là ? Tu es une bénédiction, pourquoi ne me l'as-tu jamais dit ?

Merlin était complètement perdu : C'est difficile de dire : les autres ont raison je suis bien un enfant maudit !

Will rit : Tu n'es pas maudit, avec ton pouvoir et les connaissances de ta mère tu pourrais être un très grand guérisseur…

Merlin surpris : On peut utiliser la magie pour guérir ?

Will rit de sa naïveté : Merlin la magie blanche est une bénédiction, pas une malédiction. Montre-moi s'il te plaît ? »

Merlin ne savait pas quoi faire, il n'avait jamais entendu dire que la magie puisse être une bénédiction, dans son esprit il avait toujours été maudit et le fait que sa mère le cache n'avait fait que renforcer ce sentiment…
Will le secoua : « Allez ne te fait pas prier ! »

Merlin se leva et s'éloigna des loups ; il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire, il ne maîtrisait pas ces choses qu'il savait faire. Will le suivit.

Merlin s'arrêta près du cours d'eau, il tendit la main et se concentra… L'eau se souleva en volutes et commença à dessiner des arabesques dans l'air… Merlin se concentra et l'eau dessina une tête de loup dans l'air au-dessus du ruisseau. Merlin perdit sa concentration et l'eau les éclaboussa tous les deux.
Will rit à n'en plus finir…
Merlin s'excusa, il ne maîtrisait pas bien.

Will s'arrêta de rire : « Merlin c'est réel, tu es un sorcier, et un puissant sorcier à en juger par ça. Qu'est-ce qu'on fait demain pour les loups?

Merlin fut ramené à la dure réalité : Je ne sais pas ! »

***
Le lendemain, Merlin et Will attendaient sur la place avec d'autres villageois l'arrivée du tueur de loups.
Hunith savait que Merlin allait tenter quelque chose avec William ; ils s'étaient préparés pour partir plusieurs jours s'il le fallait. Elle n'avait pas interdit à son fils de tenter quelque chose, elle l'avait regardé partir et lui avait juste dit de faire attention à lui.

De la voir ainsi inquiète sur le pas de sa porte, Merlin était revenu en arrière pour la prendre dans ses bras : « Ne t'inquiète pas maman, je ferai très attention, je te le promets. »

Will vit leur relation sous un regard neuf, il comprit de quoi Hunith avait peur. Ils s'étaient rendus sur la place ensemble.

Une carriole arriva sur la place, l'homme qui la conduisait, entre deux âges, était affreux. Il avait le visage horriblement balafré, il lui manquait un œil. Il était mal rasé, et sa tignasse n'était qu'un nœud. Il portait une fourrure de loup ; bien sûr, terriblement crasseuse. Dans la carriole pendaient toutes sortes de choses qui dégouttèrent Merlin toutes au plus haut point.
Des pièges en acier munis de mâchoires infernales, des cages toutes dégoûtantes. Des peaux pendaient, des têtes de loups… Merlin n'arrivait pas à décrocher son regard de ces têtes.
Will lui donna discrètement un coup de coude, pour qu'il ne se fasse pas remarquer.
Il émanait bien sûr de l'ensemble une odeur inimaginable.

Méléagan poussa tout le monde pour tomber dans les bras de l'homme immonde : « Adhémar, comme je suis content de te revoir.

Celui-ci eut un rire atroce : Méléagan, vieille fripouille ; tu vis toujours ?
Méléagan : J'espère qu'on va organiser la battue ensemble, j'ai des chiens dont tu me diras des nouvelles, dressés pour tuer les ours. »

Il eut aussi un rire gras.

Merlin tremblait de tout son être, ces deux individus méprisants allaient partir à la chasse de «sa meute »… Il avait envie de pleurer, de vomir… Il ne savait plus trop tant les émotions se bousculaient.
Will l'attrapa pour le conduire chez lui : « Merlin reste tranquille… »

Merlin avait la nausée et se laissait traîner par Will, celui-ci le poussa contre le mur de sa maison à l'abri des regards : « Merlin respire, on voit que tu n'es pas beaucoup sorti du village ; je ne sais pas si Hunith t'a rendu service là !

Merlin respirait très fort : Et on dit que ce sont les loups qui sont des bêtes sanguinaires ; les loups ne tuent que pour manger !

Will secouait Merlin pour qu'il se ressaisisse : Tu ne dois rien laisser transparaître sinon les autres vont se douter de quelque chose… Je me demande si tu ne ferais pas mieux de nous attendre à la clairière ?

Merlin secoua la tête : Oui, faisons ça, je vais vous attendre à la clairière ! »