Bonjour à tous !

Voici la suite, avec le début de l'épopée d'Aragorn et compagnie vers Fondcombe. Comme Thorin auparavant, ils devront affronter beaucoup d'épreuves et d'embûches sur leur chemin.

Je suis à l'écoute de toutes vos remarques et de vos commentaires et s'y répondrais avec joie.

Bonne lecture à tous et à toutes !


Chapitre 3 : Mystérieuse épéiste

Aragorn veillait depuis plusieurs heures, luttant contre la fatigue pour s'assurer que les Hobbits seraient en sécurité.

Le rôdeur ne prenait pas son devoir à la légère et avait pris toutes les mesures nécessaires afin de bien accomplir le rôle lui incombant. Par acquis de conscience, il avait discrètement verrouillé la porte, afin de pouvoir gagner de précieuses secondes, si quelqu'un tentait de la forcer. De même, il guettait l'extérieur depuis des heures, scrutant les rues désertes, à travers une petite fenêtre. Il s'était installé dans un fauteuil confortable, situé dans un angle bien choisi de la pièce, qui lui permettait d'observer les allées et venues, sans pour autant être visible depuis la voie pavée qui serpentait dans le village.

Le guide savait que les cavaliers noirs agiraient discrètement, au plus noir de la nuit, afin de surprendre leurs victimes dans leur sommeil. Ces ombres étaient attirés par les êtres vivants et par le pouvoir de l'Unique. Cependant, même s'il doutait que les êtres maléfiques oseraient combattre ouvertement, puisqu'ils étaient beaucoup plus forts dans le noir et contre des ennemis désemparés et désarmés, il était possible que ces serviteurs du mal s'infiltrent dans l'auberge. S'ils localisaient leur proie, il fallait s'attendre à ce qu'ils tentent une mesure désespérée, afin d'éliminer le porteur de l'Aneau.

Aragorn avait appris à ne jamais sous-estimer ses ennemis et envisageait toujours le pire, bien qu'il priait pour que ces événements ne se réalisent pas. Il savait que ces êtres maudits avaient peur du feu et qu'ils fuiraient, si jamais les autres clients étaient ameutés. Le rôdeur s'était muni d'une petite lampe à huile, qu'il conservait avec lui, dissimulée sous quelques chiffons usagés. Ainsi cachée, la lanterne ne projetait aucune lueur qui pourrait trahir le fait que les occupants de la mansarde ne dormaient pas tous. Cependant, en gardant une petite source de flammes à proximité, le rôdeur disposait d'une arme qu'il pourrait employer contre les cavaliers noirs, s'ils tentaient de forcer la porte.

Ses craintes ne furent pas infondées. En pleine nuit, alors que les quatre Hobbits et l'adolescente dormaient tous d'un profond sommeil, les ombres entrèrent en action. les silhouettes émergèrent du brouillard nocturne, s'infiltrant dans l'auberge, avant de suivre les indications de leurs espions. Sans la moindre hésitation, ils montèrent silencieusement les marches et se dirigèrent dans la chambre louée par les hobbits.

Les quatre esprits ténébreux s'approchèrent des lits, dégainant leurs lames en silence. Ils retournèrent leurs lames, les pointes acérées vers le bas, prêts à accomplir leur œuvre de mort. Au signal convenu, ils plongèrent l'acier dans les draps, transperçant édredons et coussins avec violence. Les silhouettes frappèrent à de multiples reprises, martelant encore et encore les matelas, accomplissant leur sinistre besogne.

Lorsqu'ils eurent fini, leurs mains gantés d'acier soulevèrent les couvertures criblées de trous, ne révélant rien d'autre que des coussins et autres tissus accumulés, destinés à les leurrer.

Dès qu'ils s'apercurent de la supercherie, les cavaliers hurlèrent de fureur. Dans leur fuite, ils renversèrent les lits par colère, avant de retourner s'engouffrer dans les ténèbres les ayant engendrées.

Ces hurlements stridents n'avaient rien d'humains, songea Sayaka en écoutant ces cris extrêmements aigus, qui lui vrillaient les tympans. Aucun animal n'avait de voix aussi atroce. Elle trembla légèrement, angoissée en entendant ces sons qui ne semblaient pas naturels, comme s'ils étaient venus d'une autre réalité. Un ruisseau de sueur glacée coula dans son dos, alors qu'elle avait le désagréable sentiment d'avoir écouté la mort hurler.

Les Hobbits furent également réveillés par ces glapissements infernaux et Frodon posa alors la question qui caressait les lèvres de Sayaka.

- Que sont-ils ? demanda t-il d'une voix étranglée, ayant inconsciemment réalisé que ces choses ne pouvaient même pas être décemment qualifiées d'êtres vivants.

- Autrefois des hommes, répondit acerbement Aragorn. Ils étaient même de grands rois. Puis Sauron, l'imposteur, leur offrit neuf anneaux de pouvoir. Aveuglés par la cupidité et le désir d'exercer leur domination sur leurs sujets, ils les acceptèrent sans poser de questions. Les neuf anneaux portaient la marque d'un puissant enchantement, les plaçant sous la coupe du Seigneur du Mordor. Un à un, ils sombrèrent dans les ténèbres et désormais, ce sont les esclaves de la volonté de Sauron. Ils ne sont ni vivants, ni morts et à tout moment, ils sentent la présence de l'Anneau. Ils ne voient pas comme nous, mais ils sentent le sang des êtres vivants, le désirant et le haïssant en même temps. Soyez certains d'une chose, c'est que tant que l'Unique ne sera pas mis en sûreté, ils ne cesseront jamais de vous pourchasser. Si vous souhaitez vraiment connaître le nom de ces êtres, sachez qu'on les appelle les Nazgûls.

Lorsqu'il prononça ce mot, un courant d'air surnaturel traversa la pièce, comme un spectre du passé qui aurait couru en provoquant un coup de vent, tirant un frisson à tous ceux qui étaient présents.

L'attaque des cavaliers noirs était cependant une bonne nouvelle, songea Aragorn. Même si cela indiquait que les Neuf étaient assez aventureux pour entrer dans les villes et ne plus se cantonner aux plaines sauvages, ils étaient désrmais en fuite. Maintenant que les spectres avaient réveillé toute l'auberge, ils ne reviendraient pas. Ils étaient peut-être immortels, mais pas indestructibles. Une armée de gens combatifs et armés de torches pouvaient les repousser. Tout portait à croire qu'ils se replieraient dans les terres sauvages, observant et attendant dans quelque recoin désert. Ils repasseraient à l'attaque une autre nuit, attaquant depuis les ténèbres, d'où ils avaient été engendrés.

- Rendormez-vous, demanda Aragorn en s'enroulant dans une couverture, désireux de prendre quelques heures de repos. Ils ne retenteront rien cette nuit et une longue marche nous attend demain.

Après cette attaque, les Hobbits n'avaient plus vraiment le sommeil, craignant toujours d'être attaqués durant leur nuit, malgré les assurances de leur protecteur. Cependant, la fatigue, la course poursuite dans la vieille forêt et la longue marche sous la pluie eurent bien vite raison de leurs craintes. Ils dormirent profondément, pas même affectés par les éventuels cauchemars qui auraient pu les saisir durant la nuit.

Le lendemain matin, les Hobbits furent réveillés à une heure qui leur sembla parfaitement indécente. Ils se restaurèrent rapidement, puis ils quittèrent l'auberge de très bonne heure, voire de trop bonne heure selon l'avis de Sam, partagé par Pippin. Alors qu'ils quittaient le bourg fortifié, l'aube se levait à peine.

Tandis que le groupe de marcheurs quittait la ville, Sam Gamegie décida d'acheter un animal pour porter les sacs des compagnons. Le seul animal qu'il trouva fut un pauvre poney famélique, surchargé et visiblement maltraité par son propriétaire, un certain Bill Fougeron.

L'animal était totalement inutile, mais Sam ne voulut pas laisser cette bête entre les mains de ce bourreau. Le gros hobbit en fut quitte pour douze sous, soit le triple de la valeur réelle de l'animal, mais il ne regrettait en rien son achat. Il porterait les sacs à la place de l'animal, mais il le traiterait convenablement.

D'ailleurs, lorsque le vendeur provoqua Sam après la transaction, le qualifiant de mûle et d'autres termes peu glorieux, le Hobbit jeta une pomme de toutes ses forces en direction de Fougeron. Ce dernier fut frappé assez violemment par le fruit qui lui arriva dans le visage et qui éclata en morceaux juteux, sous les jurons de l'homme.

- Une si belle pomme gâchée, soupira Sam avant de penser à la route l'attendant. Allons, mettons-nous en chemin, nous n'avons que trop trainé.

Ils abandonnèrent Bree, s'enfonçant vers les collines couvertes d'une rosée matinale et dominées par le ciel sombre, qui se parait d'un manteau violet, tâcheté de rose.

Lorsque les rayons du soleil se firent plus nombreux, éclairant davantage les terres sauvages, le rythme des six voyageurs accéléra davantage. Les racines émergeantes et les ornières furent bien plus aisées à repérer et à éviter.

Le voyage dans la forêt fut assez monotone, le paysage étant toujours le même, comme si les arbres s'étendaient à l'infini, mais le rôdeur était sûr et certain de sa route. Il connaissait par cœur toutes les routes traversant les terres sauvages, pour les avoir parcourues à de multiples reprises. Leur guide était si expérimenté, qu'il avait en mémoire nombre de raccourcis et de sentiers cachés, des voies que les autres auraient pu difficilement déceler sans les précieux conseils de leur guide.

Après plus de deux heures, les Hobbits ralentirent le rythme. Sayaka, toujours imperturbable, dépassa les hobbits et se retrouva proche du rôdeur. Lorsqu'elle doubla les quatre semi-hommes, ces derniers se tendirent et Pippin hoqueta même de surprise.

Aragorn et Sayaka se retinrent de sursauter, mais ils eurent un mauvais pressentiment. Cela ne pouvait être rien du tout, mais mieux valait prendre toutes les précautions nécessaires. Ils retournèrent en même temps et virent bien la stupeur lisible sur les visages de ces petites gens.

- Qu'est-ce qui vous prend ? demanda la Puella Magi. On dirait des poissons.

- Vous avez-vu quelque chose ? coupa Aragorn en dégainant son épée, scrutant longuement les alentours, essayant de discerner quelque chose dans les arbres, qui aurait pu échapper à son attention.

- Vous ... vous avez les cheveux bleus, hésita Merry en se recroquevillant devant le regard sombre d'Aragorn.

Sur ces mots, le guide rengaina son épée et soupira. Sayaka les observa quelques instants, ne comprenant pas réellement leur réaction.

- Oui et alors ? demanda t-elle en haussant les épaules. Je ne vois pas le problème.

Sur ce, la jeune fille se retourna en soupirant, rejoignant le guide qui s'était arrêté et qui observait la scène d'un œil perplexe.

Les Hobbits ne semblèrent pas convaincus et restèrent immobiles, attendant davantage d'explications.

- Je ne vois vraiment pas pourquoi vous semblez si surpris, ajouta t-elle en se retournant vers eux, ma couleur est parfaitement naturelle.

Sur ces mots, elle vit les regards s'écarquiller davantage, pour son plus grand déplaisir.

- Maintenant, vous allez vous dépêcher ? demanda t-elle sèchement. Je n'ai pas envie de traîner davantage dans le coin.

Sur ces mots, le périple reprit. La marche n'était pas spécialement difficile pour les six voyageurs. Aragorn savait que les hobbits étaient souvent d'infatiguables travailleurs, habitués à courir la campagne. Même Sam, malgré son embonpoint, était dévoué à son ami Frodon et parvenait à suivre le rythme. Par contre, il était surpris de la vigueur de la jeune Miki. Elle était endurante, au point qu'il ne voyait pas la moindre goutte de sueur perler sur son front.

Après une autre heure de marche, ils atteignirent le sommet d'une petite colline et ils distinguèrent l'orée du bois dans lequel ils circulaient. Aragorn leur demanda de s'arrêter et de rester en retrait, le temps qu'il scrute les environs. Il ne lui fallut que quelques minutes, terré dans les broussailles, pour repérer les cavaliers faisant des rondes sur les routes principales. Le rôdeur lista mentalement tous les itinéraires alternatifs qu'il connaissait et retourna vers les Hobbits pour leur intimer l'ordre de continuer. De retour au camp, il découvrit avec stupeur, que les quatre semi-hommes avaient commencé à sortir leurs affaires, Sam tenant même une poêle dans s main droite.

- Messieurs, les interpella le rôdeur avec un ton raide, nous ne ferons pas d'arrêts avant la tombée de la nuit.

- Mais, rétorqua Pippin avec une sorte d'effarement dans la voix, et notre petit-déjeuner ?

- Vous l'avez déjà eu, répondit Aragorn qui fronçait les sourcils, tandis qu'il se souvenait bien les avoir vu manger le matin même.

- Le premier, c'est vrai, admit Pippin. Mais que faites vous du second petit déjeuner ? poursuivit le Hobbit, pour qui l'existence de ce repas relevait de la logique même et qui ne semblait absolument pas au courant de l'incongruité de sa demande.

Aragorn s'éloigna en soufflant, marmonnant quelques mots sur les coutumes hobbites et leur obsession pour leurs nombreux repas, qui se terminaient immanquablement par une remarque sur le fait qu'il n'y en avait jamais assez.

- Il n'a pas l'air au courant pour le second petit-déjeuner, répondit Merry qui avait rangé ce qu'il avait à peine eu le temps de sortir.

- Mais, la collation de onze heures ? Le déjeuner ? Le goûter ? Le diner ? Le souper ? Il est au courant pour ça, quand même ? poursuivit Pippin avec une voix choquée, à la tonalité proche de celle employée pour les suppliques.

- Mieux vaut les oublier, conclut Merry en tapant amicalement sur l'épaule de son cousin, encore sous le choc.

Le rôdeur lança tout de même une pomme à chacun des hobbits, même si la distraction de Merry fit qu'il n'eut pas les réflexes nécessaires pour arrêter le fruit avant qu'il ne lui touche le visage.

Le soir même, lorsque Aragorn décida de monter le camp en pleine forêt, tous les hobbits soufflèrent de soulagement. Ils déballèrent leurs affaires, enthousiastes à l'idée de pouvoir enfin manger quelque chose de consistant.

Sayaka posa ses affaires, sans montrer la moindre trace de fatigue, ni de lassitude. Elle ne se souciait pas de ces problèmes, ni même de son état physique. Tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver ses amis, ceux qu'elle aimait et qu'elle pouvait protéger.

La jeune fille et les Hobbits installèrent rapidement le bivouac, tandis que Aragorn partait faire une patrouille, s'assurant que personne ne les avait suivis.

Au camp, les hobbits étaient restés seuls avec la jeune fille. Si les semi-hommes étaient connus pour ne pas aimer trop s'éloigner de chez-eux, ils étaient des créatures curieuses. Même s'ils étaient polis, ils voulèrent en savoir plus sur leur camarade de route.

- J'avais faim ! s'exclama Meriadoc en dégustant quelques champignons, son plat préféré. On est partis tôt ce matin et j'ai attendu ce moment avec tant d'impatience.

- Tu as toujours faim, Merry ! s'exclama Peregrin en engloutissant une tranche de bacon.

Sam tendit une assiette à la jeune fille, qui accepta le plat. Même si elle n'était pas habituée à une telle cuisine, puisqu'elle ne se rendait pratiquement jamais dans les fast-food occidentaux, ni même dans les restaurants européens, elle n'allait pas faire la fine bouche.

Le goût des aliments était différent de ce à quoi elle était habituée, mais la saveur grillée de la viande avait un petit retour agréable sur la langue. Le bœuf était plus dur que le célèbre bœuf de Kobé, mais elle avait de bonnes dents. Surtout, les tomates braisées étaient fantastiques, jamais ce légume n'avait semblé si bon. Sam était un excellent cuisinier et elle lui fit le compliment.

- J'espère que ça vous à plu, dame Miki, déclara le cuisinier.

- C'était excellent, l'assura t-elle. Cependant, je ne suis pas une dame, ni même d'une quelconque noblesse. Appelle-moi juste Sayaka, comme le font mes amies. C'est mon prénom après tout. Miki est le nom de ma famille.

La révélation surprit les quatre hobbits. Depuis le début, ils avaient pensé qu'elle s'était présentée en utilisant son prénom, suivi du nom de son clan ou de sa filiation. Cette façon de se présenter leur sembla étrange, ils n'étaient pas habitués à l'idée de mettre le nom de leur famille avant leur prénom. Beaucoup de personnes n'appartenaient pas à une lignée importante et se présentaient en employant d'abord leur prénom.

Frodon fut impressionné par l'importance donnée à la famille dans la culture de cette jeune femme. Même lui, provenant d'une honorable lignée, n'aurait jamais songé à se présenter comme Sacquet Frodon. En général, il se définissait juste comme Frodon et se présentait comme Frodon, fils de Drogon, uniquement lors de réunions officielles.

- La cuisine de Sam est la meilleure que je connaisse ! vanta Pippin. Je ne sais pas d'où vous venez, mais je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'aussi bons cuisiniers chez-vous.

Le hobbit en question rougit, flatté. Ses amis en profitèrent pour sourire, amusés par la timidité de ce modeste jardinier.

- Il n'y a pas grand chose de semblable à Mitakihara, avoua t-elle. Notre cuisine est effectivement très différente.

Lentement, elle accepta de leur dévoiler quelques fragments de sa vie simple, qu'elle passait dans une métropole de verre et de béton. Contrairement aux hobbits, elle avait les transports en commun et ils l'écoutaient avec passion, alors qu'elle faisait le récit de villes plus grandes qu'ils n'avaient pu l'imaginer, dans un monde qui n'avait rien à voir avec la Terre du Milieu.

Cependant, malgré les merveilles dont elle faisait part, elle partageait certaines similarités avec eux. Elle était une simple jeune fille, qui s'amusait avec ses amies et qui passait du temps avec sa famille. Malgré son mode de vie étonnant, elle n'était pas si différente d'eux. Elle passait beaucoup de temps à faire la fête avec ses amies et paressait beaucoup lorsqu'il s'agissait d'étudier. Ceci fit sourire Frodon, qui trouva qu'elle ressemblait un peu à Merry et Pippin, dont le sens du travail et de l'effort n'étaient pas des plus développés.

- Si votre patrie est si éloignée, demanda Sam avec curiosité, que venez-vous faire ici ?

- C'est la question que je me pose, avoua la collégienne. Je me suis retrouvée ici sans raison. Je combattais une sorcière, j'ai du m'assoupir à la gare et d'un coup, me voilà je ne sais où, récupérée par Gandalf et Aragorn.

- Vous connaissez Gandalf ? s'étonna Frodon, excité d'entendre le nom du vieux mage.

La jeune fille sourit. Frodon semblait véritablement attaché à ce mystérieux magicien.

- Je ne connais pas personellement Gandalf, avoua t-elle. Aragorn m'a juste raconté que c'est Gandalf qui m'a trouvée en premier. Ensuite, il m'a confié aux soins d'Aragorn. Je me suis réveillée en sa compagnie et la suite de l'Histoire, vous la connaissez.

- Vous combattiez ? s'étonna Meriadoc, qui n'avait pas raté un simple mot prononcé par la jeune fille à la chevelure étrangement colorée.

Le sourire de Sayaka disparut subitement, lorsqu'elle regarda Merry. Ses lèvres formaient désormais une ligne mince et dure, tandis que ses yeux avaient perdu leur pétillante douceur, remplacée par une froideur cobalt.

- Je combats, déclara t-elle. Je suis une Puella Magi, une jeune fille magique et mes ennemies sont les sorcières. Je les traque et les extermine partout où je les trouve. Je lutte pour la justice, ainsi que pour protéger ce à quoi je tiens. Je ne suis peut-être pas parfaite, mais j'ai obtenue une nouvelle chance, alors je ne la gâcherais pas.

La jeune fille se redressa soudainement et dégaina son épée d'un seul trait. En une fraction de seconde, elle se retourna, sa cape flottant derrière elle en accompagnant son mouvement. Entraînée par ce mouvement, la justicière frappa derrière elle, croisant le fer avec l'épée d'Aragorn.

Les deux lames se percutèrent, générant un tintement métallique, brève note claire qui résonna dans le lointain.

Les deux épéistes s'observèrent quelques instants, avant que le rôdeur ne recule en rangeant son arme.

- Beau réflexe, admit l'homme en souriant, avant de gratter sa barbe légère. Vous avez des sens développés.

- Les sorcières sont des ennemis dangereux, répliqua la jeune fille en se plaçant en garde. Si je ne suis pas aux aguets, je ne peux me targuer d'être une Puella Magi. Tant que je touche ma cible, ça va. Si je baisse ma garde, je meurs. C'est aussi simple que cela.

La jeune fille garda son épée sortie, toujours pointée vers Aragorn.

- Ne soyez pas si paranoïaque, assura t-il en levant les mains en un geste apaisant.

- J'ai mes raisons et j'ai des raisons de l'être, répliqua t-elle, glaciale. Pourquoi avez-vous sorti votre épée dans mon dos ?

- Je voulais juste vous tester, avoua t-il. J'ai vu votre épée et je voulais me faire une idée personelle de vos aptitudes.

Sayaka l'observa avec méfiance, essayant de déterminer une trace de mensonge dans ses yeux.

- Maintenant vous savez, rétorqua t-elle. Sachez que je ne fais pas facilement confiance et que désormais, je vous aurai à l'œil. Je ne relâcherais jamais plus ma vigilance en votre présence.

- Qu'est-ce qui justifie autant de méfiance ? s'étonna Pippin. Grands-Pas nous à tous aidés jusqu'à présent.

Sam regarda l'échange avec la même méfiance, que celle agitant Sayaka. Il semblait tout aussi vigilant, prêt à protéger Frodon. Lui aussi restait méfiant, bien que personne n'ait encore fait preuve de déloyauté.

Sayaka observa Aragorn et rengaina son arme, l'air lasse.

- C'est une leçon que j'ai apprise à la dure, avoua t-elle en semblant hantée par un vieux regret.

Elle vit des regards plutôt insistants se poser sur elle, mais elle n'avait pas du tout envie d'en parler.

- Même si vous m'avez aidée, ne me donnez pas de raisons de croire que vous êtes un ennemi, Aragorn, déclara t-elle en se retirant sous une tente concue avec une toile légère.