Bonjour à tous !
Voici la suite, avec le départ loin du mont Venteux, ainsi que quelques rencontres plus ou moins déplaisantes.
J'espère que ce chapitre vous plaira. N'hésitez pas à me faire part de vos reviews.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 6 : Adorable abomination
Le rôdeur observa Sayaka avec un regard sombre et empli de suspicion, mais il détourna aussitôt les yeux pour se concentrer sur Frodon. Aragorn déboutonna le manteau de voyage du semi-homme, ainsi que sa tunique, afin d'observer attentivement la plaie.
La blessure était profonde, mais avait heureusement évité les organes et les artères vitales. Bien que préoccupante, la blessure du Hobbit n'avait pas causé une hémorragie abondante. Cependant, cette plaie était entourée de sombres rainures, qui juraient avec la chair livide.
- La plaie est assez laide, admit Aragorn, avant de regarder autour de lui, pour trouver un indice.
Son regard perçant nota la présence d'une arme qui gisait, abandonnée, près du blessé et il n'eut même pas besoin de la toucher pour comprendre. Les runes gravées sur la lame et le fait qu'elle s'effrita en poussière, confirma son sombre pressentiment.
- Il a été poignardé par une lame de Morgul, comprit-il. Ces armes sont maudites par de puissants sortilèges et c'est bien au-delà de mes compétences de guérison, il lui faut de la médecine elfique.
Le rôdeur fouilla dans sa sacoche, retirant de petites plantes aux feuilles larges. Ces feuilles rappelaient un peu de la salade et elles semblaient encore fraîches, puisque les tiges suintaient encore de la sève.
- L'athelas est un puissant contre-poison et ralentira la progression de la blessure, expliqua t-il en tendant les feuilles d'un vert épinard au jardinier. Prenez-les et faites-moi une infusion, Sam. Préparez ça le plus vite possible, chaque minute compte.
Le hobbit joufflu se hâta de faire bouillir de l'eau, préparant la décoction dans une bouilloire à thé. Pendant que le Hobbit s'activait, le rôdeur se redressa et posa un regard inquisiteur sur les autres voyageurs.
- Merry, Pippin, hélà t-il, prenez chacun une torche et gardez les sorties. Si vous voyez quelque chose de suspect, ne bougez pas et appelez-moi.
Alors que les deux cousins prenaient des branchages enflammés et se postaient aux deux seules issues, Aragorn se retrouvait seul avec la justicière aux cheveux bleus.
- Vous avez des explications à nous fournir, ordonna t-il avec une expression glaciale, tout en lui attrapant le poignet avec force. Un bras en moins, je peux fermer les yeux, car je veux bien croire en votre régénération. Par contre, votre cœur détruit, c'est beaucoup trop suspect.
- Il n'y a rien de compliqué, expliqua la jeune fille avec détachement. Vous avez déjà été le témoin de la dangerosité des sorcières. En conséquence, une Puella Magi doit disposer d'un corps plus solide et capable de guérir très rapidement. Comme vous pouvez le constater, je suis capable de survivre à toutes les blessures. Même si mon corps est détruit, je peux le régénérer avec ma magie. Cependant, si je suis pratiquement immortelle, ce n'est pas le cas de Frodon. Son cas est plus urgent que le mien et vous devriez vous préoccuper de lui en premier.
Aragorn savait qu'elle avait raison. Même si les pouvoirs de Sayaka semblaient de plus en plus suspects, il avait une priorité plus élevée à l'heure actuelle. Frodon avait été blessé à l'épaule, mais le poison des Esprits Servants était issu d'enchantements maléfiques redoutables, le condamnant à sombrer dans les ténèbres et à devenir l'un d'eux.
Sayaka resta digne, rengainant son arme. Elle observa les choses avec calme, détaillant les gestes du rôdeur pour en apprendre le plus possible.
Le rôdeur approcha l'infusion de Frodon, dont le teint devint plus vivant lorsqu'il respira les vapeurs fraîches et apaisantes dégagées par la mixture.
Aragorn lava la plaie avec le liquide chaud, désinfectant les chairs dont les rebords nécrosés avaient pris une couleur noire absolument immonde, tandis que le sortilège s'étendait de part et d'autre, comme le font des racines en croissant et en faisant éclater la roche.
Le rôdeur ordonna à tout le monde de se préparer à partir immédiatement. La cité de Fondcombe était encore située à six jours de marche et chaque seconde était précieuse.
- Dépêchons ! s'exclama t-il en descendant les escaliers rapidement, éclairant la voie avec sa torche. Nous n'avons pas de temps à perdre !
Les autres lui emboitèrent le pas, quittant les ruines ayant été les témoins de cette sinistre défaite. Cette tour dégageait une aura sinistre, qui semblait saper tout espoir et ils préféraient mettre le plus de distance entre eux et le mont Venteux.
Une fois dans la combe envahie par une horrible brume, tous frémirent de plus belle. A découvert et avec leurs torches, ils étaient parfaitement visibles pour toutes les entités qui pouvaient se cacher dans les fourrés, derrière les rochers ou dans tout autre recoin envahi par les ténèbres.
Malgré l'environnement terrifiant, le rôdeur poursuivit sa route vers l'est, se dirigeant vers la cité elfique.
Infatiguable, Aragorn courut sans cesse en portant Frodon sur ses épaules, tenant une torche pour chasser la brume horrible qui envahissait ces landes balayées par le vent du nord.
Tandis que le blessé sombrait dans un état comateux et délirait en murmurant des propos incohérents, les voyageurs accélérèrent le rythme.
Les trois autres Hobbits et Sayaka parvenaient à suivre le rythme imposé par leur guide. Ils étaient rongés par l'angoisse, craignant pour la survie de leur ami et aucun d'entre eux ne voulait ralentir. Malgré l'épuisement, ils savaient que s'ils faiblissaient, Aragorn serait forcé de ralentir pour rester à leur niveau, ce qui pouvait s'avérer fatal pour leur ami.
Soudainement, la nuit fut troublée par l'arrivée d'un cavalier. Des clapotis retentirent dans l'obscurité, tandis que le ciel nuageux se découvrait partiellement, révélant des étoiles aux scintillements de multiples couleurs.
La clarté nocturne balaya partiellement les ténèbres, révélant une silhouette montée.
Le chevalier approcha, mais contrairement aux esclaves du Mordor, celui ci n'était pas enveloppé dans une aura glaciale faite de peur et de cruauté. Au contraire, il semblait entouré par la lueur de l'aurore, émettant une douce chaleur réconfortante.
Lorsque le cavalier fut pleinement visible, il s'arrêta à proximité des marcheurs dotés de torches. Un splendide cheval blanc hennit, stoppant sa route à deux pas Aragorn, tandis que son maître était entouré d'une aura brillante qui semblait écarter la nuit, parvenant à dissiper crainte et affliction.
- Glorfindel, salua Aragorn en reconnaissant l'elfe blond au front haut et au regard perçant. Votre venue est un don des Valar !
- Certes, répondit-il, mais elle est aussi une conséquence de la sagacité de Maître Elrond.
Les deux amis sourirent, jusqu'à ce que l'elfe à la longue chevelure ne pose son regard sur le hobbit glacé, dont les lèvres cyanosées indiquaient qu'il allait de plus en plus mal.
- Il a besoin de l'aide du Seigneur Elrond de toute urgence, constata le cavalier en tâtant le bras gauche du Hobbit glacé, avant d'approcher son destrier. Je vais le prendre et le conduire jusqu'à Fondcombe.
- Je ne ... laisserais pas mes amis ... derrière, haleta le Hobbit à l'agonie.
- Votre noblesse d'âme est louable, répliqua Glorfindel avec un ton cinglant, mais je doute que vos amis soient en péril sans vous. C'est vous qu'ils traquent. C'est uniquement vous et votre fardeau qu'ils recherchent.
Sur ces sages paroles, Aragorn chargea Frodon sur le destrier de l'elfe, qui leur adressa un dernier regard.
- Je vous ferais envoyer des renforts pour vous escorter, une fois arrivé à Fondcombe. Le seigneur Elrond sera certainement surpris de vous rencontrer, Puella Magi.
Sayaka resta stupéfaite une seconde, choquée par cette déclaration abrupte. Elle se demanda comment cet inconnu pouvait être au courant de son statut. Sa tenue, ainsi que ses cheveux bleux trahissaient le fait qu'elle était étrangère, mais Aragorn lui avait assuré que dans ce monde, personne ne savait ce qu'était une Puella Magi.
Soit le rôdeur avait menti, soit quelqu'un était au courant de son état et avait laissé filtrer l'information.
- Comment savez-vous ? questionna t-elle d'une voix rauque, en déglutissant.
- C'est facile, avoua t-il avec un léger sourire, tout en tournant la bride. Sachez, dame Sayaka, que l'une des vôtres est déjà parmi nous et a longuement parlé de vous.
A cet instant, Sayaka sembla surprise. Elle s'était habituée à l'idée d'être seule dans un monde hostile, cherchant à retourner à Mitakihara. Maintenant, elle apprenait qu'elle n'était plus seule, que quelqu'un la connaissait, lui permettant de retrouver un lien avec son monde.
- Qui est-ce ? demanda la justicière. Dites-le-moi ! supplia t-elle avec une voix plaintive, dans laquelle perçait le désespoir et l'angoisse. S'il vous plait ...
- Il s'agit d'une jeune fille nommée Kyôko Sakura, répondit l'elfe en lançant son cheval au galop et s'enfonçant dans les landes, disparaissant dans un tourbillon de poussière.
A ce moment, la Puella Magi se figea. Son corps sembla envahi par un puissant sentiment d'extase, une joie sans bornes qui réchauffa son âme. Enfin, elle ne serait plus seule dans ce monde inconnu. Il y aurait quelqu'un pour l'aider à affronter cette épreuve, qui pourrait rester à ses côtés.
Un immense sourire barra le visage de la jeune fille, témoignage de la joie sans bornes qui la gagnait. Son bonheur semblait infini, au point qu'elle ne pouvait pas le laisser contenu en elle. Sayaka ne put s'empêcher d'exulter, en poussant un cri de joie.
Samsagace lui adressa un regard noir, qui passa inaperçu au sein de la nuit. Il ne voyait pas ce qu'il y avait de positif dansleur situation, rien ne justifiait une telle démonstration de joie. La sabreuse devait bien être la seule à être soulagée en ce moment, alors que Frodon était menacé par un sort pire que la mort.
Tandis que la guerrière ne pouvait retenir un frémissement, ainsi qu'un geste victorieux, Sam ne tint plus. Il fit un pas en avant et alors qu'il allait faire une remarque assez caustique, il fut arrêté par une main posée sur son épaule.
Le Hobbit grassouillet s'attendit à voir l'expression sage d'Aragorn, qui lui adresserait un regard noir, teinté de compréhension, l'incitant à ne rien dire pour préserver l'entente régnant dans le groupe.
A sa grande surprise, ce n'était pas leur guide qui avait agi ainsi. Il s'agissait de nul autre que Pippin, qui avait vu le mouvement esquissé par Sam et avait décidé de l'arrêter, l'incitant à se taire.
Pippin pouvait être irresponsable, gaffeur et maladroit, mais il n'était pas stupide. Il avait compris que ces sourires étaient précieux, puisque ces rares témoignages de bonheur étaient extrêmement rares. Depuis leur première rencontre à Bree, ils n'avaient jamais vu Sayaka sourire sincèrement. Le rictus fou qu'elle avait arboré lorsqu'elle avait lacéré la sorcière ne comptait évidemment pas.
La jeune fille semblait toujours mélancolique et hantée par de nombreux soucis. Ses traits semblaient perpétuellement voilés par une ombre de tristesse où de regret. Pour une fois qu'elle était un tant soit peu souriante, mieux valait la laisser profiter de cette bonne nouvelle. Elle méritait un peu de réconfort, il trouvait plus juste de ne pas briser ses espoirs.
Alors que Sayaka avançait avec tant de gaieté, Merry ne put s'empêcher de se demander qui pouvait-être cette mystérieuse amie que Glorfindel avait mentionnée.
- Qui est cette Kyôko ? l'interrogea le hobbit à la chevelure bouclée. Est-elle ... comme vous ? hésita t-il en ne sachant pas comment formuler sa question.
Sayaka réfléchit en se caressant le menton, ne sachant pas comment répondre pour être sincère, sans trop en révéler.
- Kyôko est mon amie, avoua t-elle, bien que nous ne nous connaissons pas depuis très longtemps. Physiquement, c'est une rousse avec de longs cheveux et des yeux noisette qui brillent d'espièglerie, car elle est un peu arrogante. C'est une grande gueule, qui adore manger, danser et se bagarrer. Elle est différente de moi, mais elle pourrait me singer si ça l'amusait. Mais cette brève description ne lui rend pas hommage, loin de la. Il y a beaucoup plus en elle, qu'on ne l'aperçoit au premier abord.
- Comment êtes-vous devenues amies ? demanda t-il.
La jeune fille aux cheveux bleus regarda le ciel d'un velours sombre, lui tournant le dos pour ne pas montrer sa gêne.
- C'est compliqué, hésita t-elle en ne sachant comment conter leur alliance sans en révéler davantage. Au début, nous étions rivales et nous nous sommesaffrontées pour récupérer le territoire de Mami. Chaque Puella Magi essaye d'avoir un terrain de chasse suffisamment peuplé pour disposer d'un nombre de sorcières suffisant pour qu'elle puisse survivre en les chassant. Comme les familiers des sorcières se transforment en sorcières après avoir tué trois ou quatre humains, Kyôko aime à avoir un espace vaste, de façon à limiter le nombre de sorcières présentes, pour ne pas attirer l'attention, mais tout en disposant d'assez de proies pour continuer à extraire les grief seed nécessaires à sa survie. Plus son terrain de chasse est grand, plus elle peut se faire discrète. Je veux dire que une ou deux morts accidentelles dans une ville de plusieurs millions d'habitants restent plus discrètes qu'un village de cent personnes qui se fait décimer du quart de ses habitants en une seule nuit.
Sayaka se racla la gorge, n'aimant pas se remémorer l'ancienne Kyôko.
- A cause de son attitude, nous sommes rentrés en conflit. J'avais l'habitude de ne laisser aucune chance aux familiers, afin qu'ils ne puissent pas faire de mal aux innocents et nous avons fini par nous combattre. Ensuite, après deux violentes luttes, une discussion dans un café, une partie de danse, une discussion chez elle, une autre rencontre dans un bar suivie par le vol de plusieurs bouteilles d'alcool et d'une cuite mémorable pour elle, nous avons fini par sympathiser. Depuis, on s'apprécie et on est arrivées à un accord pour résoudre nos différents. Il faut dire que nous avons réalisé que nous avons beaucoup en commun, y compris notre haine de ce fumier de Kyubey.
Sayaka se tut, refusant de repenser à cet abominable être, dont l'aspect mignon dissimulait une créature ignoble, impassible, dénuée de pitié ou de compassion. Sayaka se tourna vers Aragorn, toujours souriante.
- Quand arriverons-nous ? demanda t-elle, s'éloignant légèrement des Hobbits pour leur faire clairement comprendre que la conversation était finie.
- Dans moins de cinq jours, répondit abruptement le rôdeur, épuisé par toutes les épreuves qu'ils avaient été forcés de traverser.
Sayaka soupira, sentant des fourmillements à l'intérieur de ses jambes, alors qu'elle observait ses bottines d'un bleu pétrole, maculées de boue. Elle poussa un nouveau soupir, elle devrait marcher pendant encore une semaine, avant de pouvoir revoir son amie. La jeune fille se força à être optimiste, elle n'avait plus que quelques jours à attendre, avant d'arriver à Fondcombe et d'être enfin réunie avec son amie. Elle avait hâte d'y être et avait l'impression que rien ne pourrait gâcher sa bonne humeur.
La petite poussée d'énergie dans sa poche y parvint cependant.
La justicière saisit la grief seed qu'elle avait maladroitement fourrée dans une poche et la contempla, observant cette sphère entièrement noire qui commençait à s'agiter.
Si elle ne s'en débarrassait pas très vite, elle devrait avoir affaire à une autre sorcière.
- Qu'est-e que je dois en faire ? se demanda t-elle, ayant des scrupules à l'abandonner dans les terres sauvages, au risque que d'autres voyageurs rencontrent cette créature.
- Donne-là moi, déclara une petite voix chantante qu'elle reconnut entre mille, puisqu'elle l'exécrait.
Une étrange créature ressemblant à un chat avec des oreilles de lapin émergea d'un buisson, s'avançant lentement vers Sayaka.
- Tu es ici, cracha t-elle en ajoutant une insulte bien fleurie. Prends ton dû, fumier, ajouta t-elle en lui jetant la grief seed.
Sa discussion n'était pas passée inaperçue et Aragorn s'était retourné. Tout comme les trois Hobbits, il fixait l'animal avec curiosité et Sayaka s'aperçut bien vite du point de convergence de leurs regards.
- Ils peuvent te voir ? s'étonna la jeune fille.
- En effet, répliqua l'étrange chat à la queue touffue. Bien qu'il y ait moins de monde dans ce monde que sur Terre, ils ont globalement plus de pouvoir que les tiens. Ces énergies seront idéales pour lutter contre l'entropie et cet endroit est idéal pour la poursuite de notre plan.
- Sale bâtard, cracha t-elle en serrant les dents et en dégainant son épée. Tu as recommencé ?
Kyubey la regarda avec son éternelle expression souriante, sans lui adresser le moindre son.
- Réponds ! hurla t-elle, exaspérée, avant de faire un grand mouvement avec sa lame.
Sa frappe fut vive et coupa l'arbuste derrière lequel Kyuebey avait disparu, ne dévoilant aucune présence.
- Bien sûr que nous poursuivons le projet Puella Magi, répliqua t-il, comme s'il s'agissait d'une évidence. Cette planète est très intéressante, j'en suis déjà à quatre-vingt treize contrats.
Les yeux de Sayaka s'écarquillèrent, alors qu'elle se rua sur lui, le décapitant prestement. Elle haleta fortement, avant de clouer cette vermine au sol avec son épée.
- J'apprécierais que tu arrêtes de détruire mes corps, reprit alors Kyubey, réapparaissant derrière une large pierre. Cela ne sert absolument à rien et je ne comprendrais jamais pourquoi vous autres humains, êtes tant obstinés à lutter contre l'inopposable. Je ne comprends même pas pourquoi vous êtes aussi intéressés par des choses qui ne vous concernent pas. Accepter le contrat est un choix qui n'appartient qu'à celle qui l'accepte, conclut-il en agitant sa queue touffue. Cependant, si tu as d'autres grief seeds, fais-moi signe.
Sur ces mots, la créature aux yeux roses disparut derrière son rocher, alors que Sayaka jetait son épée au sol et crachait une litanie d'injures, qui fit rougir le rôdeur.
Aragorn aurait bien voulu interroger Sayaka sur cette étrange créature capable de parler sans ouvrir la bouche, mais étant donné la fureur ardente qui avait agité la justicière, ainsi que le fait qu'elle serrait les poings et fulminait à chaque pas, il trouva préférable d'attendre qu'elle se calme, voire même d'être arrivé à Fondcombe.
Cependant, malgré tous les mystères qui entouraient la jeune fille, il avait compris une chose.
En voyant Sayaka adopter des émotions différentes, passant d'un état exalté à de longues périodes de morosité, avec quelques temps de répit, il réalisa la vérité.
Sayaka était mentalement instable, son apparence fière dissimulait sa fragilité et ses doutes.
Peut-être que toutes ces luttes et ses responsabilités l'avaient écrasée. Son esprit chancelant avait du être broyé par cette lutte éternelle, qu'elle avait acceptée et qui l'avait emprisonnée. Elle ne voyait aucune issue à ses combats, forcée d'affronter des monstres pour survivre, tout en sachant que chaque lutte pouvait être la dernière.
Il l'avait longtemps soupçonné, en la voyant changer d'expression aussi radicalement. Il en avait désormais la certitude, maintenant qu'il voyait ces iris cernés de sang et ce visage déformé, tant par la rage, que par la haine.
Cette jeune fille n'était plus saine d'esprit.
