Bonsoir à tous !

Voici la suite de la fiction, avec enfin le départ hors de Fondcombe.

J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos commentaires.

Bonne lecture à tous et à toutes !


Chapitre 11 : L'Anneau prend le chemin du Sud

Suite au conseil d'Elrond ayant réuni les représentants des peuples libres de toute la Terre du Milieu, il fut décidé que la communauté partirait deux mois plus tard.

Le maître de Fondcombe était un fin tacticien et il détestait agir dans la précipitation. Le noble seigneur préférait obtenir toutes les informations nécessaires pour mener à bien ses opérations, refusant de tomber dans un piège, voire même de laisser une embuscade se produire. C'était une embuscade imprévue qui avait permis aux orques de faire prisonnière son épouse, Celebrian, lui faisant vivre mille tourments, alors il n'allait pas refaire la même erreur. Par précaution, il avait envoyé des éclaireurs aux quatre coins des terres du nord, voulant s'assurer que les chemins resteraient surs et dégagés de la présence des cavaliers noirs, voire de hordes d'orques et de gobelins.

Entre temps, ce délai permit aux Hobbits de recevoir quelques leçons d'escrime, offertes par Boromir et Aragorn. Les deux bretteurs étaient expérimentés, tout en étant de bons pédagogues. Même si les quatre semi-hommes n'étaient pas devenus des combattants expérimentés, connaître les bases leur permettrait de s'en sortir en cas de combat, voire de gagner un peu de temps pour être protégés en cas de besoin.

La débâcle du Mont Venteux était restée en travers de la gorge des Hobbits, puisque seul Sam avait eu le courage nécessaire pour s'opposer aux Nazgûls, même s'il avait été désarmé en quelques secondes. Ils ne comptaient pas refaire les mêmes erreurs, puisque la volonté et le courage n'étaient que misère sans les compétences.

Kyôko et Sayaka n'avaient guère bénéficié de ces entraînements. Elles jugeaient préférable que les Hobbits bénéficient du maximum d'entraînement possible. Boromir avait bien essayé de montrer sa vigueur de mâle dominant aux deux mystérieuses jeunes filles, mais lorsqu'il les avait vu combattre avec sauvagerie, se déchaînant au point de perdre plusieurs organes, il jugea préféra les laisser s'entraîner ensemble. Elles avaient les nerfs à fleur de peau et une parole malheureuse était très vite arrivée.

Bien évidemment, un mot très malheureux pouvait avoir la facheuse tendance à engendrer des conséquences prodigieusement malheureuses, il en avait déjà fait l'expérience.

Ainsi, les jours s'écoulèrent lentement, jusqu'à ce que les cavaliers d'Elrond revinrent de leurs voyages, à des dates différentes. Ils avaient fouillé de nombreuses zones, repérant quelques groupes de corbeaux et d'orques en maraude dans les terres sauvages. Elrond avait recoupé ces données et croisé les informations dans les rapports, faisant des déductions à propos de l'itinéraire de ces ennemis. En conséquence, il avait établi une liste des routes les plus sûres pour la Communauté, faisant part de ses conclusions à Gandalf.

Le départ fut alors fixé pour le 25 décembre, à l'aube.

Ce matin-là, la Communauté de l'Anneau s'était réunie sous le grand porche d'Elrond. Tout le monde se réunit de bonne heure, bien que certains firent des apparitions remarquées. Legolas arriva au milieu, puisque son rang interdisait de faire attendre les autres, tout en faisant comprendre que l'on ne faisait pas attendre un prince. Gandalf arriva précisément à l'heure prévue et Kyôko arriva la dernière.

Bien qu'il faisait un froid glacial, Sayaka ne lui en tint pas rigueur. Aujourd'hui, c'était le jour de Noël et pour sa pieuse amie, ce n'était pas qu'un simple jour de fête. C'était aussi le jour ou so père avait tué sa famille avant de se suicider, la laissant seule dans un monde sombre et glacé. La rousse avait sûrement du trouver un coin pour prier et avait du rester devant le tableau représentant la victoire de l'Ultime Alliance, réfléchissant longuement.

La rousse avait été seule,depuis tout ce temps. Sayaka vit bien le trouble agitant le regard brumeux de son amie et lui adressa un sourire réconfortant.

Le porteur de l'Anneau serra une dernière fois son oncle dans ses bras, qui avait insisté pour les rejoindre, malgré qu'il grelottait de froid.

Le vieil Hobbit se recula à regret, laissant son neveu rejoindre le groupe.

- Les bénédictions des Peuples Libres vous accompagnent, psalmodia Elrond. Qu'elles veillent sur vous et vous protègent durant votre périple.

- Bo ... bonne chance ! bégaya Bilbon, tremblant à cause du froid.

Le seigneur elfe et le petit érudit rentrèrent à l'intérieur, se mettre au chaud, tandis que les onze héros se mirent en marche, s'enveloppant dans leurs épaisses capes de laine.

Les premiers jours, le moral fut assez bon. L'idée de sauver le monde était un motif de satisfaction indéniable et cette responsabilité rendait fiers les élus choisis par le destin. L'importance de leur quête leur donnait la force d'endurer les difficultés et les tracas quotidiens.

Cependant, après une semaine de périple, l'ambiance devint nettement plus morose. A force de dormir sans feu, de manger de la nourriture froide et de se contenter de quelques biscuits, le moral commença à s'éroder et la lassitude monta d'un cran.

Les landes désolées n'étaient pas davantage une source de ravissement, puisque ces paysages mornes étaient toujours identiques, avec des bruyères et des buissons touffus à perte de vue, alors que les routes serpentaient dans les collines et les vallons abrupts. A force de voir un même environnement, les moins vigoureux eurent l'impression que les distances étaient infinies.

Ces dans ces conditions difficiles que la Communauté progressait. Gandalf pouvait bien voir les mines s'assombrir et les langues se taire, mais tant que personne n'exprimerait son désaccord, il continuerait à ce rythme. La vitesse et la discrétion étaient les meilleurs atouts pour que leur expédition soit couronnée de succès et il en profiterait le plus longtemps possible. Lorsque l'exaspération et la fatigue triompheraient, il serait temps de ralentir le rythme, après avoir demandé un autre effort et de faire appel à un ultime sursaut de fierté chez les plus fragiles.

Les quatre Hobbits étaient déterminés à rester ensemble et tant que Frodon ne dirait rien, ses trois amis le suivraient. Gimli et Legolas étaient rivaux et aucun des deux ne souhaiterait céder devant l'autre, tant ils étaient désireux de prouver leur supériorité raciale. Aragorn était habitué à passer des semaines dans des conditions de vie très frustres et savait qu'il fallait parfois renoncer aux commodités pour réussir une mission.

Curieusement, les deux jeunes filles ne se plaignirent absolument pas. Leur guide à la longue barbe poivre et sel avait soupçonnées que ces deux-là étaient coquettes, à juste titre. En conséquence, il avait cur qu'elles seraient scandalisées de vivre aussi simplement. Les récits de leur vie courante, dans un monde ou elles avaient de l'eau, de la lumière et de la chaleur à toute heure du jour et de la nuit, ainsi que de nombreuses machines incroyables pour leur faciliter la vie, auraient pu l'amener à penser qu'elles gémiraient devant la moindre petite difficulté.

Pourtant, elles ne disaient rien. Elles n'avaient pas émis la moindre protestation, restant ensemble et affichant désespérément la même façade apathique. A bien les regarder, il s'apercevait qu'elles suivaient le rythme, sans le moindre effort. Contrairement aux hobbits qui finissaient rouges et en sueur chaque soir, elles restaient les mêmes, comme si leurs corps étaient faits pour suivre.

Le vieux magicien se remémora ce qu'elles avaient dit lors du Conseil d'Elrond. Ces corps n'étaient que des outils contrôlés par leurs gemmes. Chaque effort et chaque difficulté était contrée par leur magie et se répercutait sur leurs gemmes.

Bien que les pierres soient encore claires, il les gardait à l'œil, demandant chaque soir si elles avaient besoin d'être soulagées. Il soupçonnait même qu'elles étaient prêtes à dissimuler leur état, pour ne pas user leur guide.

Gandalf surveillait particulièrement Boromir. Le Gondorien était obnubilé par l'idée de protéger son peuple, action louable pour tous, mais son obsession pourrait l'amener à sa perte. Mieux valait l'avoir à l'œil et que rien ne se passe, que l'inverse.

Après plusieurs jours de marche, l'ambiance était devenue lugubre entre tous. Plus personne ne parlait, même durant les rares repas. Au milieu de cette exécrable atmosphère, le silence semblait être devenu leur seul compagnon.

Le lendemain, après une nouvelle nuit froide et sans feu, ils reprirent leur route. Cependant, la monotonie ambiante fut rompue, parce qu'une étrange odeur planant dans l'air lourd surprit les onze compagnons. Legolas la sentit le premier, mais rapidement, tous purent capter l'horrible fûmet flottant dans les airs. Il y avait une odeur de pourriture charriée par le vent et toute la journée, ils furent assaillis par ces répugnants relents de viande nécrosée et décomposée.

La source de ce parfum immonde fut localisée dans le début de la soirée.

Le seul chemin était encadré par deux falaises. L'une donnait sur un ravin abrupt et l'autre était dominée par un surplomb rocheux. Au sol, sur la route, un cadavre gisait dans une flaque de sang noir.

Gandalf s'approcha, observant l'orque qui semblait avoir été tué instantanément. Son visage déformé était tordu dans une expression de surprise, comme si la mort l'avait saisi sans qu'il ne voit son ennemi.

Le mage fit signe au groupe de reculer. L'endroit était parfait pour une embuscade et il préférait ne pas prendre de risques.

Le guide repéra alors un petit sentier menant vers le plateau et il fit un signe silencieux à Aragorn, pour qu'il le suive sans émettre de sons suspects.

Rapidement, toute la Communauté se retrouva sur les hauteurs et comprit d'où venaient les émanations putrides. Une centaine d'orques était couchée dans les herbes et entre les rochers, tous en position d'embuscade. Ils s'apprêtaient à sauter sur le convoi qui passerait sous leur position et ils l'auraient fait, s'ils n'étaient pas tous morts.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? interrogea Frodon, relevant un pan de son manteau pour se prémunir de l'odeur atroce vomie par le charnier.

Aragorn pista toutes les empreintes qu'il pouvait voir, mais à par les pas lourds des orques qui s'étaient établis en position, il ne vit rien. Les corps avaient été bien amochés, certains avaient de larges plaies exposant leurs entrailles, tandis que d'autres avaient perdu la tête. Des morceaux d'os et de fluides de diverses natures s'épanchaient sur la terre ocre, signe que quelque chose avait fait exploser des morceaux entiers des corps.

- Ce ne sont pas les éclaireurs qui les ont abattus, c'est certain, indiqua Legolas. Ils nous auraient prévenus de leur combat et il ne se seraient de toute façon pas risqués à affronter si forte partie.

Les corps les plus éloignés de la falaise étaient les moins endommagés et Aragorn nota d'étranges plaies ayant conduit à la mort.

- Ils n'ont pas été tués par des épées et ces marques sont trop profondes pour correspondre à des flèches, observa t-il en arranchant les loques et les armures couvrant les cadavres. Leurs armes n'ont même pas été tirées. Ils n'ont offert aucune résistance, en conclut-il, ils ont été tués avant même de pouvoir réagir.

Kyôko s'avança vers un des corps, dont les yeux révulsés fixaient le ciel nuageux. Les traits difformes de la créature la rendaient encore plus laide qu'elle ne l'était de son vivant, mais on voyait parfaitement un trou rond dans le crâne.

Curieuse, la rousse enfonça un doigt dans l'orifice et toucha quelque chose de dur, dont la texture était différente de celle de l'os. Après quelques grimaces de dégoût, elle retira un petit objet métallique, en plus d'un peu de matière grise.

- Dire que je trouvais qu'ils puaient avant, frémit-elle, au bord de la nausée, avant de retourner vers les autres pour le exposer sa trouvaille.

Elle montra le projectile tâché de sang noir, souillant ses mitaines de cuir. Aucun d'entre eux n'avait vu cette sorte d'objet. Il s'agissait d'un petit cône, qui avait été écrasé lors du choc, mais cela ne ressemblait à aucune arme connue.

Leur ignorance et leur étonnement n'était pas partagé par les deux étrangères. La stupeur n'était pas de mise, mais l'inquiétude les étreignit.

Sayaka et Kyôko avaient compris.

Elle était ici.

- C'est une balle, expliqua alors la justicière d'un ton docte, un cône de métal contenant une réserve de poudre explosive. Lorsque la poudre est enflammée, cela propulse la balle à grande vitesse, perçant tout sur son chemi. Au vu des dégâts, je pense que certains des orques ont même été tués par des balles perce-blindage.

- Le vrai problème, ajouta Kyôko, c'est que si cette technologie n'est pas de ce monde, cela signifie que l'utilisateur vient du nôtre. Je ne connais qu'une personne utilisant ce genre d'arme, qu'une seule Puella Magi capable de faire un tel carnage. Il s'agit d'Akemi Homura.

Les deux filles s'observèrent et déglutirent. Ce n'était pas bon, pas bon du tout. Mademoiselle mêle-tout était dans la place et visiblement, elle avait commencé mettre en œuvre ses petites stratégies. Elle avait même commencé à agir.

- Qui est cette personne ? demanda Aragorn.

- Pas ici, répliqua Sayaka en observant suspicieusement les environs, espérant saisir une ombre, voire une mèche de cheveux noirs. J'aimerais qu'on évite de rester sous le vent et près de ces cadavres.

Les autres acceptèrent de différer cette discussion. Ils redescendirent de la crète et poursuivirent leur chemin, continuant leur marche jusqu'à pouvoir trouver un lieu où l'air était plus sain.

Tout le monde se hâta de déposer les sacs et d'installer un camp de fortune. La vitesse avec laquelle ils agissaient trahissait leur envie d'en savoir davantage sur l'individu dont les deux jeunes filles avaient fait mention.

- Maintenant que nous sommes confortablement installés, souffla le mage en allumant sa pipe et en s'enveloppant dans sa couverture, pouvez-vous nous parler davantage de cette ... Akemi, c'est cela ?

- Très bien, répondit Sayaka, légèrement mal à l'aise. Akemi, dont le prénom est Homura, est une Puella Magi, comme nous deux. Seulement, c'est une énigme entourée de mystères, présenta t-elle poétiquement. C'est une nouvelle étudiante, arrivée au collège de Mitakihara il y a seulement trois semaines. Trois semaines avant notre arrivée en Terre du Milieu, j'entends. Ses motivations sont inconnues, mais il s'agit d'une personne extrêmement dangereuse.

- Ca, je pense que nous l'avions compris, coupa Boromir, cinglant. Tuer une centaine d'orques, tout en étant seul, est un véritable exploit.

Sayaka lui adressa un regard noir, de même que Legolas. Le Gondorien avait l'habitude désagréable de couper la parole des gens.

- Homura est une combattante redoutable, à cause des armes de guerre qu'elle à dérobées, continua l'épéiste aux cheveux bleus. Elle dispose d'un arsenal suffisamment important pour équiper une armée entière et possède assez de puissance de feu pour s'emparer d'une nation, si elle le voulait vraiment. Outre ses pistolets, elle dispose d'armes lourdes, de fusils mitrailleurs, mais elle emploie également des armes explosives, des lance-missiles des roquettes, ainsi que des bombes.

Voyant que cette liste ne suscitait que regards confus et incrédules, Sayaka se contenta de leur dire qu'il s'agissait d'armes à la puissance explosive, pouvant faire bien plus que ce qu'ils avaient déjà-vu.

- Homura arrive à stocker tout cela dans une sorte d'espace spécial, auquel elle accède instantanément grâce à son bouclier magique.

- Parlons-en de son bouclier, gromella Kyôko. Lorsqu'elle l'utilise, elle arrive même à disparaître et à se téléporter. Il lui suffit de le toucher et elle se retrouve de l'autre côté de la ville. Je me demande même si son pouvoir et son vœu ne seraient pas liés à la manipulation de l'espace.

La bleue réfléchit intensément, avant d'acquiescer.

- C'est bien possible, suggéra t-elle du bout des lèvres. Homura peut franchir de grandes distances en quelques secondes et même s'introduire dans les endroits les plus sécurisés du monde. Ses capacités se révèlent toujours plus surprenantes, à chaque fois que l'on écarte un pan du mystère.

Ecarter un peu du mystère, c'était bien vite dit, songèrent les deux magiciennes. A chaque fois qu'une pièce du puzzle était réunie, un autre voile secret s'abattait sur le reste. Comprendre Homura était comme nager dans un brouillard avec une torche. On voyait le sentier sous ses pas, mais sans avoir une vision de l'ensemble.

- Homura dispose d'une arme encore plus redoutable, siffla Sayaka en faisant naître un frisson d'angoisse chez les autres, il s'agit de ses connaissances. Elle savait tout sur Kyubey et le mystère des soul gems, mais nous n'avons pas voulu l'écouter, préférant nous voiler la face. Elle semble avoir des dons de prescience et arrive toujours à nous doubler, anticipant nos réactions et même nos décisions. Depuis le début, elle sait ce que nous ferons, parvenant à lire en nous. Elle a une longueur d'avance sur nous toutes et je dois admettre que je tiens pas à l'affronter. Même Kyubey ignore tout d'elle, alors qu'il se souvient de chaque détail à propos de toutes les Puella Magi. Elle a réussi à le doubler, même lui. Elle a été jusque-là, conclut-elle avec un regard empli de crainte respectueuse.

- C'est une bonne chose qu'elle soit notre alliée, soupira Gimli.

Sayaka l'observa, comme s'il lui avait poussé une seconde tête.

- Elle n'est pas notre alliée, nuança t-elle, mais elle n'est pas non-plus notre ennemie. Elle n'agit que pour elle-même, avec ses propres plans et ses propres combats.

- Est-ce qu'elle veut l'Anneau ? frémit Frodon, serrant le bijou dans sa main.

- Je ne pense pas, le rassura Kyôko. Elle est évidemment au courant de son existence et de ses pouvoirs, mais si elle l'avait vraiment désiré, elle s'en serait emparé le jour du conseil, lorsque l'Unique était posé sur ce piédestal, à distance de tout le monde. Si elle le voulait, elle pourrait le prendre sans difficulté. Elle pourrait même te le prendre maintenant !

Gandalf réprima un frisson d'horreur. Une telle ennemie n'était pas à sous-estimer. Sauron avait été réduit à une ombre de son ancien pouvoir, agissant au travers de ses orques et de ses pantins. Homura pouvait se déplacer d'elle-même, pouvant les prendre par surprise, si elle le désirait.

- Pourquoi ne nous aide t-elle pas ? demanda Frodon. Si on est dans le même camp, autant s'entre-aider.

- Homura ne voit pas le monde en noir et en blanc, répliqua Sayaka. Elle voit le monde en nuances de gris, plongé dans un combat permanent. Elle considère que chacun doit mener ses propres batailles. De plus, elle a déjà ses propres combats à mener. Tu as ton fardeau, comme elle a le sien. C'est tout. Ni plus, ni moins.

Sayaka les observa, sentant bien qu'ils étaient prêts à l'interroger sur cette dernière affirmation, alors elle prit les devants.

- Ne gaspillez pas votre salive, ajouta t-elle, je ne sais rien des secrets qu'elle doit assumer seule. Même si j'étais au courant, je ne vous en révèlerais pas la moindre miette. Les secrets d'une Puella Magi n'appartiennent qu'à elle, seule l'une d'entre nous peut se permettre de juger les désirs d'une autre, parce qu'il faut avoir accepté le prix à payer. Tout ce que nous pouvons faire, c'est continuer et attendre. Si Akemi se montre, vous pourrez l'interroger en personne. Sinon, nous n'avons qu'à suivre notre destin.

- Pour nous jeter dans les manipulations de votre ... collègue ? rétorqua Legolas en étant suspicieux.

Les deux filles soupirèrent de concert, ne sachant pas que dire.

- Qu'est-ce qu'on peut faire ? demanda la justicière en baissant les yeux. On doit continuer et si Homura nous trace une route, autant l'utiliser à notre profit. Je déteste être à la merci de cette manipulatrice, mais nous n'avons pas le choix. Nous ne sommes que des marionnettes dans ce jeu.

Kyôko la secoua, furieuse. Elle était prête à la gifler.

- Arrête de déprimer ! hurla t-elle. Nous avons toujours le choix ! La route que nous emprunterons n'est définie que par nos choix ! C'est notre libre arbitre qui définit notre destin et certainement pas les manipulations de Homura ! Malgré toutes ses connaissances et ses manipulations, il est des choses sur lesquelles elle n'aura jamais de prise !

La rousse se retourna vers les autres et les fixa de son regard ardent.

- Alors, les apostropha t-elle, qu'allez-vous faire ? Allez-vous continuer votre périple, malgré le danger, ou bien céderez-vous au fatalisme?

Elle s'interrompit quelques secondes, laissant les autres digérer ses paroles, avant de reprendre.

- Le choix est vôtre. Cependant, sachez que si vous choisissez de rentrer à Fondcombe, ce serait du gâchis. Vous perdriez un temps précieux et des opportunités uniques. De plus, je n'ai pas grande estime de ceux cédant à la première difficulté.

- Si vous faites demi-tour, ajouta Sayaka, je ne vous accompagnerais pas. Je veux retrouver Madoka et si je dois explorer ce monde seule, je le ferais. SI vous abandonnez et retournez vers Fondcombe, alors nos routes se sépareront ici.

Après quelques secondes de silence, tout le monde tint conciliabule, afin de déterminer le choix à suivre. Après une rapide délibération, les membres de la Communauté convinrent unanimement d'un choix. Malgré le danger et les incertitudes, leur route était pavée de périls depuis qu'ils avaient décidé de se lancer dans une quête aussi ardue. Akemi Homura n'était rien de plus qu'une autre inconnue sur leur chemin.

Autant continuer.