Bonjour à tous !

Voici la suite, avec notamment l'évolution du lien entre Sayaka et Kyôko. Ces deux-là ont une relation ambiguë, alors toutes les interprétations peuvent être faites. Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos suggestions.

J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture à tous.


Chapitre 12 : Le col de Caradhras

La Communauté de l'Anneau poursuivit sa route vers le sud, comme le préconisait Gandalf. Le chemin sinueux était toujours aussi monotone, bien que la végétation devienne de plus en plus verte et qu'elle était bien plus répandue, à mesure que les voyageurs s'éloignaient des landes boréales.

Les chemins circulaient sur des terres plus fertiles de Hollin, dont la teinte noire indiquait qu'elle était idéale pour de nombreuses plantes, au point que l'on se demandait pourquoi la région n'avait pas été colonisée par des communautés agraires. L'une des raisons pouvant être avancée était que le pays était très chaotique, couvert de hauts rochers servant de supports à des mousses jaunes.

En cet après-midi de janvier, Pippin observa les montagnes à l'horizon, dont la forme lui semblait suspecte.

- Gandalf, appela t-il en observant les pics noyés dans la brume, j'ai l'impression que nous avons bifurqué. Les montagnes étaient sur notre gauche et voilà qu'elles nous font face.

- Nous n'avons pas tourné, répliqua le guide en s'appuyant sur son bâton. Les Monts Brumeux s'allongent vers l'ouest en cette région. Il y avait de nombreuses cartes en la demeure d'Elrond, peut-être auriez-vous du les consulter.

- Pas besoin de cartes pour savoir où nous sommes, ajouta Gimli avec une voix emplie d'émotion. Maints poèmes chantent les noms de ces trois pics. Caradhras le cruel domine les autres et sous ses racines, se situe la grande cité de mon peuple, la profonde Khazad-dûm. Gandalf, appela t-il en se tournant vers leur guide, mon cousin Balin nous accueillerait royalement et le chemin serait raccourci.

Le vieux magicien ne répondit rien, mais l'ombre dans son regard indiqua qu'il ne choisirait pas cette voie, à moins qu'il n'ait pas d'autre choix. Il lui fit part de ses doutes et préféra ne plus mentionner ce chemin.

Tandis que le meneur du groupe fumait sa pipe, les autres montèrent le camp. Sam avait commencé à faire cuire un petit ragoût, tandis que les deux bretteurs humains entraînaient les autres Hobbits à parer et à esquiver les coups.

Sayaka et Kyôko observaient la scène avec amusement, tandis que la rousse grignotait un pocky de sa réserve.

- Tu penses que nous pourrons retrouver Madoka ? demanda la jeune fille aux cheveux bleus.

- Que te dit ton cœur ? répliqua la rousse en souriant, incitant Sayaka à faire une introspection.

- Que je reverrais mon amie, rétorqua Sayaka en regagnant un peu d'espoir.

Kyôko sourit, avant de regarder la justicière, lui faisant signe de la rejoindre.

Elles s'isolèrent derrière un rocher et le visage souriant de la rousse se fit plus sombre.

- J'ai peur, avoua t-elle, dévoilant une faiblesse inattendue. Je me demande ce qu'on fait ici, dans ce monde et loin de chez nous. Et si on ne pouvait jamais retrouver Mitakihara ? Et si on était condamnées à rester seules ?

- On ne sera jamais seules, répliqua Sayaka. Tu as été une source de réconfort et je suis heureuse que tu sois ici. Ca peut paraître lâche, mais je suis ravie d'avoir une amie à mes côtés. Ma plus grande crainte, c'est d'être seule et abandonnée. Avec toi, je me sens plus courageuse et je sais qu'au moins, nous affronterons les difficultés ensemble.

- Tu n'es pas une lâche, coupa Kyôko, pas plus que tu n'es égoïste. Nos craintes sont naturelles et font de nous des êtres humains. Tu vaudras toujours mille fois plus que Kyubey, même si on devait se retrouver dans le pétrin par ta faute. Au moins, on sera ensemble.

A ce moment, Sayaka sourit. Les mots de son amie vibraient dans son cœur, au point que ses yeux brillèrent.

La justicière s'approcha et eut presque envie de poser ses lèvres sur celles de Kyôko.

Sayaka resta quelques secondes ainsi, transie d'émotions papillonnant en elle, avant de se retirer.

- Je suis désolée, murmura t-elle, choquée par l'idée d'accomplir ce geste incongru et inconvenant.

- Pourquoi ? l'interrogea Kyôko, se départissant de son expression arrogante et provocatrice, uniquement saisie par la curiosité.

La téméraire chasseuse de sorcière tourna la tête, dissimulant ses joues d'une nuance vermillon, tandis que la rousse restait stupéfaite, ne comprenant pas le dilemme ayant traversé son amie.

- Tu sais, commença Kyôko, tu es ma meilleure amie. Je me sens plutôt flattée et heureuse d'être ainsi considérée par toi. Tu es une personne merveilleuse, Sayaka-chan.

La jeune fille déglutit difficilement, serrant sa cape en baissant les yeux.

- C'est gentil, chuchota la jeune collégienne, sans trouver les bons mots. Quand je suis avec toi, je me sens en paix. Ca n'a pas été facile au début, mais nous avons fini par nous comprendre. Tu m'as soutenue et tu t'es souciée de moi. Tu as été une étincelle d'espoir. Alors, même si je sais que notre destin est tracé, je sais que je ne regretterais jamais aucun de nos moments passés ensemble.

Kyôko saisit délicatement la main de Sayaka, caressant les doigts fins de la bleue avec les extrémités des ses mains calleuses, couvertes par ses mitaines de cuir noir.

- Sayaka, appela t-elle avec une douceur presque ensorcelante, je dois te dire que ...

La rousse se mordit les lèvres, n'ayant jamais été très douée avec les mots. Alors que la bleue attendait, légèrement impatiente, la rousse se fit violence pour avouer ce qu'elle avait sur le cœur.

- Cela fait un moment que je voulais te le dire, commença t-elle avec davantage d'assurance. Notre temps est très court et je ne vais pas gaspiller ce qu'il nous reste. Sayaka-chan, je suis en paix à tes côtés. Je ...

Les deux étaient rouges et se regardaient avec des yeux brillants de larmes contenues. Les corps étaient agités de tremblements légers, mais qui parvenaient à faire hérisser les poils clairs sur leurs bras, alors que leurs gemmes semblaient être en phase.

A cet instant, Boromir gâcha l'ambiance en débarquant, hurlant aux deux filles de se cacher.

Les deux Puella Magae réagirent au quart de tour. Avant même que le Gondorien ne répète cet ordre, elles se dissimulèrent derrière de petits éboulis, s'abritant sous le couvert offert par les branches de buissons épineux.

Les deux filles restèrent immobiles, envahies par l'appréhension. Elles restèrent silencieuses, attendant l'arrivée imminente d'une menace inconnue. Quelques instants plus tard, une nuée de corbeaux couvrit les cieux, tournoyant dans les cieux avant de revenir d'où ils venaient.

Lorsque l'escadron croassant s'éloigna, les voyageurs restèrent terrés à l'abri durant de longues secondes, durant lesquelles ils s'attendirent à un nouveau survol de la part de ces créatures ailées.

Lorsque Gandalf fut certain que les oiseaux repartaient vers le sud, il sortit de son abri, l'air sombre et dépité.

- Le passage vers le sud est surveillé, constata t-il en fronçant ses épais sourcils. Saroumane sera averti de nos moindres faits et gestes si nous poursuivons sur cette voie. Il nous faut passer par le col de Caradhras, annonça t-il en désignant le haut pic noyé dans une brume menaçante.

Pippin jura, alors que l'ascension sembla interminable, surtout lorsque l'on était encore sur les contreforts des montagnes.

- N'y a t-il vraiment aucun autre chemin disponible ? demanda Kyôko, ennuyée à l'idée de se lancer à l'assaut de ce sommet.

Leur guide lui adressa un regard noir, la dissuadant d'insister, bien que Gimli soupira bruyamment.

Ainsi, la communauté commença la lente ascension de la montagne. Les pins laissèrent place à la froideur des cîmes, alors que les sentiers disparaissaient sous l'épais manteau neigeux.

Gandalf avait parcouru la Terre du Milieu durant des siècles, à pied et à cheval, connaissant tous les chemins, même les plus inattendus. Cela se voyait, puisqu'il ne montra aucune hésitation, ne demandant même pas conseil à Aragorn.

Vue de près, la neige était éblouissante. Les rayons du soleil étaient réverbérés par le couvert immaculé, aveuglant les voyageurs. Les progrès étaient cependant assez rapides, puisque la neige était composée d'une couche molle, posée sur des plaques durcies.

Cependant, cette facilité n'était qu'un paravent, dissimulant les pièges de la montagne. Une plaque de glace, plus traîtresse que les autres, se déroba soudainement sous les pieds du porteur de l'Anneau.

Frodon glissa dans la neige, faisant plusieurs roulades, avant d'être rattrapé par la poigne d'Aragorn.

Sa première réaction ne fut pas de s'accrocher à la main de son sauveur, ni même de le remercier, mais de porter la main à son cou.

L'Anneau n'était plus présent. Le bijou enchaîné avait abandonné son porteur, cherchant un candidat plus malléable.

L'artefact de l'Ennemi attendit dans la neige, patientant jusqu'à ce que quelqu'un ne le ramasse. Boromir était le plus proche, pour le plus grand plaisir de l'Unique. Le Gondorien se pencha pour récupérer l'Anneau. Il observa l'or avec une expression hantée, le caressant avec un geste presque amoureux.

- Boromir, l'interpella sèchement Aragorn en mettant la main sur la garde de son épée, rendez l'Anneau à Frodon.

Les paroles du rôdeur ne semblèrent avoir aucun effet, alors que le Gondorien restait obnubilé par les murmures de l'outil de l'Ennemi.

Tout le monde s'était arrêté, observant la scène. Kyôko agit la première, arrachant la chaîne qui glissa entre les gants de Boromir, rendus humides par la neige fondue.

Elle observa le bijou avec un regard circonspect, avant de pousser un grognement méprisant.

- Prends-moi pour une conne, siffla t-elle avec dédain, avant de rapporter le bijou à Frodon.

Le Hobbit s'en saisit précipitemment et le dissimula tout aussi rapidement, alors que la rousse tournait les talons.

- Merci, murmura t-il, encore stupéfait de la résistance dont elle avait fait preuve.

Boromir observa la rousse avec un regard lourd, que la Puella Magi se contenta d'ignorer superbement.

Sayaka nota l'échange silencieux, mais ne dit rien. Cependant, sa paranoïa maladive venait de prendre un sérieux coup, tandis qu'elle se jurait de surveiller encore davantage l'humain qui se remettait en marche, portant son bouclier.

Les deux amies poursuivirent leur trajet, continuant à arpenter la crète enneigée, jusqu'à ce qu'ils arrivent sur le sommet.

Gandalf repéra le chemin à suivre, qui s'annonçait très périlleux. La pente plongeait vers un ravin vertigineux, alors que le seul chemin visible consistait en un étroit sentier qui longeait des falaises, avant de descendre de l'autre côté de la chaîne de montagnes.

- Gandalf, appela Boromir en soufflant comme un boeuf, il faut faire un feu. Dès que nous descendrons cette pente, nous serons assaillis par un vent glacial. Si nous ne trouvons pas un abri, nous allons geler sur place.

Le Gondorien, ayant vécu une partie de sa vie sur le piémont des Montagnes Blanches, n'avait pas menti. Dès que la Communauté eut fait quelques mètres en direction de l'est, descendant la pente enneigée, le vent redoubla de vigueur et hurla comme mille loups en chasse.

La traversée était déjà pénible, surtout pour les Hobbits qui progressaient pieds nus. Elle vira au supplice, tandis que tous s'emmitoufflaient dans leurs capes et frictionnaient leurs extrémités engourdies.

La Communauté poursuivit malgré tout son voyage, tandis que le blizzard redoublait de violence. Leur progression était rendue très difficile, alors que le vent semblait tout faire pour les pousser dans le ravin.

- Arrêtez de vous obstiner, Gandalf, implora le rôdeur. Il faut s'arrêter et faire un feu !

A contrecœur, le mage accepta. Le teint bleuté des lèvres des jeunes Hobbits était un indicateur de leur état, de même que leur attitude amorphe. Ils n'avançaient plus que par automatisme, poussés par ceux qui étaient derrière eux.

La Communauté de l'Anneau atteignit un petit renfoncement dans la falaise, semblable à une entrée de grotte. Tous se précipitèrent dans cet abri, déposant leurs sacs avec soulagement. L'air était toujours froid, mais au moins, ils étaient à l'abri du vent.

- Un abri, gromella Sam, frigorifié. Si ça, c'est un abri, alors il faut croire que trois murs sans toit font une maison.

Le mage regroupa quelques fagots, avant de pointer son bâton sur le tas et de prononcer quelques formules. Sur ces mots, le bois s'embrasa, projetant une lueur dorée sur les visages fatigués, ainsi qu'une douce chaleur.

Tout le monde s'approcha du feu, soupirant de soulagement en se frictionnant les doigts rongés d'engelures.

Gandalf gromella, songeant que si quelqu'un avait vu ça, il avait signalé son emplacement aussi efficacement que s'il avait hurlé.

Ce qui était fait était fait, songea t-il, sachant pertinemment que cette décision appartenait au passé. Le mage aux cheveux gris se rapprocha lui aussi du feu, profitant de la chaleur, alors qu'il chassait la neige accumulée sur ses épaules d'un revers de main.

- Nous ne continuerons pas pour aujourd'hui, annonça t-il, à la grande joie de toute la communauté au complet. La nuit, la montagne est encore plus dangereuse et nous reprendrons notre marche demain, à l'aube.

Le ciel était gris et sombre, en raison de la tempête de neige qui balayait les sommets, mais Legolas parvenait malgré tout à sentir les rayons de l'astre diurne caresser la terre et sa peau. Le soleil était invisible, derrière les nuages et la crète, mais il savait que l'orbe de vie était déjà bas à l'horizon. D'ici peu, le soleil se coucherait et la température baisserait encore davantage.

Les voyageurs se blottirent dans leurs sacs de couchage, restant près du feu en laissant la fatigue avoir raison d'eux.