Bonjour à tous !

Voici la suite de l'histoire, avec l'apparition de nos antagonistes favoris.

J'espère que ce chapitre vous plaira et que vous pourrez comprendre les nombreux indices cachés, car il a été difficile à écrire.

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos commentaires.

Bonne lecture !


Chapitre 13 : Saroumane le Multicolore

Au sud des Monts Brumeux, à quelques lieus à l'ouest des avancées boisées de l'ancestrale forêt de Fangorn, un étrange colonne de fumée sombre s'élevait près des racines de la montagne.

L'immense plaine, étendant ses vastes étendues herbeuses, était surplombée par une étrange place forte. Un haut mur circulaire délimitait une vaste dépression, dominée par une imposante tour. Cette structure aux teintes d'obsidienne semblait avoir émergé de l'ossature de la terre, tant les bases des murs semblaient être bruts et dépourvus d'une finition ayant lissé la roche.

Cela-dit, cette tour n'était pas non-plus une simple masse de pierre, puisque des fenêtres avaient été percées et que des balcons se dressaient à plusieurs endroits. Les colonnes décorant les balcons, les pilastres encadrant les fenêtres et les sols étaient parfaitement lisses, signe qu'une main avait façonné l'oeuvre de la terre. Le sommet de la tour était composé d'une immense plate-forme dédié à l'observation des astres de la nuit, alors que quatre fines pointes se dressaient fièrement vers les cieux, marquant les quatre points cardinaux.

Cette aiguille de pierre était entourée d'une vaste plaine. Autrevois verte et fertile, couverte d'arbres et de fleurs, il n'en était plus ainsi. Elle était désormais désolée et stérile, forée de puits et encombrée de constructions. Des jets de vapeur et des bruits de machines résonnaient incessamment, de sorte que ce lieu ressemblait à un cimetière agité.

La vaste plaine fourmillait d'activité, tandis qu'en sous-sol, d'immenses roues et des échafaudages s'entrecroisaient dans ce réseau de galeries. Des arsenaux, des fonderies et des ateliers de siège vomissaient des flots d'armes et d'équipements, tandis que les puits à orques et les cages à ouargues formaient les futurs soldats de l'armée marquée de la main blanche.

D'innombrables orques travaillaient là-bas, ainsi que des esclaves et des agents des forces armées. La citadelle qu'était devenue l'Isengard ressemblait à une base dont les troupes s'apprêtaient à être lancées contre les villages environnants, afin d'étendre la domination du magicien blanc.

Le moins que la voyageuse observant la scène pouvait dire, c'est que Saroumane le blanc n'avait pas traîné. Il était rapide et efficace et c'était quelque chose de très agréable chez un allié.

Tandis que l'armée du magicien blanc prenait forme, le maître de la forteresse restait à l'intérieur, près de ses livres. Ses bibliothèques étaient chargées, bien que l'érudit n'avait pas rangé certains volumes, formant une pile tanguant dangereusement au-dessus d'un verre de vin.

Une volée de corbeaux croassa bruyamment près de ses fenêtres, tourbillonnant autour du balcon. Le sorcier tendit l'oreille, écoutant les piaillements de ses espions volants, qui l'informèrent de tout ce qui se déroulait à l'extérieur.

Un sourire se dessina sur le visage ridé du vieux sorcier, qui se pressa sur le balcon, observant les monts dont les silhouettes enneigées se découpaient à l'horizon.

- J'espère que les nouvelles de vos familiers sont bonnes, ajouta alors une voix froide derrière lui.

Le mage ne se retourna même pas, sachant parfaitement qui était venu l'importuner. Cependant, il n'appréciait pas une telle familiarité et décida de le prouver. Il siffla à ses bêtes, leur donnant de nouveaux ordres, tout en saisissant son bâton poli dont la tête était ornée d'un gros cristal blanc.

- Quelles nécessités vous ramènent donc ici ? demanda t-il sèchement, se retournant finalement en agitant ses robes teintes de nuances multiples.

L'homme était décidément un être impressionnant, songea la voyageuse. Son visage sévère et son front bien dessiné donnaient une impression d'intelligence, que ses paroles élégantes confirmaient bien vite. Son apparence physique était frêle, mais était démentie par l'impressionnante puissance magique qu'il pouvait déployer. Les brûlures qu'elle avait subies n'étaient plus qu'un mauvais souvenir, mais la douleur avait été très persistante.

- Je vois que vous avez teint vos robes, ajouta la froide créature lui faisant face, comme pour initier une conversation.

- Le blanc n'est qu'un assemblage de toutes les couleurs, déclara t-il d'un ton docte. Je suis en même temps le blanc et le multicolore. Chaque être aspire à s'élever davantage, à être plus que ce que le destin l'a assigné à être. Comprendre le monde est le premier pas vers cette ascension.

- Certes, concéda prudemment l'autre, mais une fois brisée, le blanc n'est plus blanc. Détruire une chose pour la comprendre est souvent une nécessité, mais représente une perte parfois irremplaçable.

Le magicien marcha calmement sur le sol sombre, laissant son manteau à l'indéfinnissable nuance glisser sur la pierre lisse, avant de s'installer près d'une table.

L'autre personne était déjà présente. Elle venait de prendre place devant le magicien, tenant une soucoupe avec élégance, avant de siroter le contenu d'une tasse dont l'infusion laissait répandre un parfum de nature surprenant au milieu de cette atmosphère de roche et de métal.

- Cependant, reprit-il en gardant sa prise sur son long bâton de métal, cette intéressante discussion ne répond toujours pas à ma précédente question.

Saroumane posa ses yeux sombres sur la demoiselle qui lui faisait face. Elle resta très calme, remettant un sucre dans sa tasse à l'aide d'une pince d'argent.

La jeune fille n'avait pas l'air d'avoir plus de quinze ans, mais son regard trahissait tout autre chose. Son visage rond était d'une fixité désespérante, comme un masque de marbre figé. Lorsqu'elle parlait, c'était avec le même ton plat et morne, comme si absolument rien en ce monde n'avait réellement d'importance.

Ses yeux étaient d'une belle nuance violette sombre, mais ils semblaient morts et vides, comme si elle n'avait plus goût à rien. Le vieux mage avait souvent croisé des êtres brisés, dont les regards larmoyants indiquaient qu'ils feraient presque tout si l'on résolvait leurs problèmes. Ces gens-là étaient si faciles à manipuler, mais cette brune ne semblait pas appartenir à cette catégorie.

- Je viens aux nouvelles, déclara t-elle calmement. J'ai découvert l'emplacement de l'une de mes conccurentes, mais elle se terre dans la forêt de la Lorien et reste donc hors d'atteinte pour le moment. Je n'ose pas affronter la puissance de la dame blanche, du moins pour le moment.

- Je pense que vous serez satisfaite de savoir que mes corbeaux ont trouvé les deux autres, déclara le mage avec une expression ravie, puisqu'il disposait désormais de l'ascendant sur sa complice.

A cet instant, le regard de la jeune fille devint soudainement brillant. Son intérêt avait été réveillé, mais ses paupières n'avaient pas bougé. Seul la teinte de ses iris était devenue plus claire, alors son expression apathique n'avait pas évolué.

- Sont-elles à portée ? demanda t-elle avec calme, reprenant une gorgée de son thé rouge. Peuvent-elles être tuées ?

Le magicien resta silencieux un instant, ne suscitant aucune réaction de la part de son encombrante invitée.

- Cela dépend, déclara Saroumane avec une voix enchanteresse. Nous avons nombre d'ennemis, mais avant que je poursuive notre collaboration, j'aimerais que vous m'informiez en détail de ce que vous êtes. Je sais qui vous êtes, Homura Akemi, mais pas ce que vous êtes, ni ce à quoi vous aspirez.

- Vous avez enfin posé la bonne question, déclara t-elle en se levant, tourbillonnant dans sa robe funèbre.

La jeune fille en noir marcha calmement, faisant claquer ses talons sur la pierre sombre, avant de s'approcher d'un piédestal orné d'une sphère de la taille d'un pamplemousse.

L'orbe était d'un bleu horizon, mais semblait exsuder une puissante aura malveillante, tandis que des nuages brumeux tourbillonnaient à l'intérieur, laissant voir des relents écarlates.

- Je suis une nuisance, déclara t-elle avec calme, tout en caressant négligemment le palantir. Je suis celle qui aspire au ténèbres, qui galvaude les idéaux, qui broie les espoirs et qui pile les rêves en fragments. Je suis le grain de sable qui s'insinue dans les engrenages, celle qui détruira ceux qui se tiennent sur sa voie. Je suis l'éternité, l'obscurité qui s'insinue partout, attendant lentement son heure, observant les autres vivre et périr. Si le monde s'oppose à moi, je détruirais ce monde. Si les dieux se mettent en travers de mon chemin, même les cieux brûleront et se teinteront de pourpre cramoisie.

Homura s'éloigna du palantir, mais Saroumane sembla surpris. La jeune fille n'avait pas eu l'air inquiète de toucher cette pierre braquée vers l'oeil de Sauron et n'avait même pas été contactée par son noir seigneur. C'était comme si elle n'avait pas peur des ténèbres, comme si elle s'y était noyée depuis longtemps.

Homura se rapprocha du mage blanc, lui redemandant s'il était certain d'avoir localisé Kyôko et Sayaka.

Saroumane lui tourna le dos, se dirigeant vers une porte marquée d'une main blanche. Le battant s'écarta sur son passage, le menant sur une terrasse, tandis qu'un étroit escalier de plusieurs milliers de marches menait jusqu'au sommet.

Alors que les deux montaient les escaliers dotés d'une rambarde sombre, Saroumane lui fit part du rapport de ses oiseaux. Les corbeaux avaient localisé la Communauté, qui se dirigeait vers le col de Caradhras, ainsi que deux jeunes filles aux cheveux teints de nuances curieuses. Rouge et bleu n'étaient pas des couleurs très courantes et n'étaient pas très discrètes. Ses oiseaux avaient été catégoriques, l'informant de la présence des deux jeunes magiciennes.

- Cela ne me dit toujours pas comment vous comptez les tuer, demanda Homura. Je veux impérativement que Kyôko Sakura périsse, ainsi que cette idiote de Sayaka. Les autres ne m'intéressent pas. Tout ce que je veux, c'est être l'unique Puella Magi. Moi seule peut devenir la Dernière Sorcière. Même Walpugis ne m'arrivera pas à la cheville.

Le magicien s'autorisa un petit sourire satisfait, ayant réussi à tirer un peu d'ennui à cette demoiselle apathique.

- Regardez donc, lui ordonna t-il, tout en ajoutant pompeusement l'injonction de se taire et d'admirer son pouvoir.

Le magicien commença à psalmodier quelques formules magiques. Son chant s'élevait dans les cieux, alors que les nuages s'accumulaient sur les hauts sommets. C'était comme si les nuages et le ciel lui obéissaient, comme s'il avait prise sur les phénomènes irradiant ce monde.

Sur la montagne en question, la Communauté progressait difficilement, en raison des congères et du blizzard hurlant, qui s'abattait sur l'étroite corniche servant de passage.

Boromir utilisait son bouclier pour chasser une partie de la neige et s'abriter un peu du vent, dégageant un chemin pour les hobbits qui peinaient à avancer, engoncés dans les capes qui se teintaient de poudreuse glacée.

Legolas était le mieux loti, puisqu'il parvenait à marcher sur la neige. Ce phénomène surnaturel donnait des envies de meurtre à Gimli, qui aurait bien aimé pouvoir passer au-dessus de ce tas froid et humide qui se glissait partout, y compris dans son cou.

- Gandalf, appela alors l'elfe parti en éclaireur, j'entends une voix sinistre dans les airs. Je n'arrive pas à comprendre tout ce qu'elle dit.

Le vieux mage prit compte de l'avertissement, tendant l'oreille pour discerner des sons d'origine humaine, qui se perdaient au milieu du hurlement du vent glacé.

- C'est Saroumane ! annonça t-il en criant de nombreux sortilèges pour lutter contre les maléfices proférés par le sorcier déchû.

Malgré ses efforts, les mots du mage d'Isengard étaient plus puissants que les bénédictions du pèlerin gris. Les nuages s'ammoncelèrent, annonciateurs de tempête. Ce fut à ce moment qu'un éclair frappa le sommet de la falaise, faisant s'effondrer une part de la corniche, entraînant des tonnes de neige et de roches.

A ce moment, Legolas eut le réflexe salvateur de tirer Gandalf vers l'arrière. Tout le monde se colla à la paroi, tandis que Aragorn, resté en arrière, profita du sentier tracé par la communauté, se mettant hors de portée de l'avalanche.

La vague glacée s'abattit impitoyablement sur eux, les enfouissant sous d'épaisses couches de neige.

Les plus grands s'échappèrent facilement, mais Aragorn se rua sur les congères, dégageant les hobbits enfouis sous la couche épaisse.

Legolas dégagea la neige à proximité, avant de heurter le casque de fer de Gimli.

L'elfe poursuivit ses efforts, tractant le nain hors du piège glacé. La barbe rousse de Gimli avait pris une teinte blanche, rappelant légèrement celle de son père, Gloïn.

Gimli aspira avidemment l'air vital, avant de voir qui venait de lui sauver la vie. Il se contenta de maugréer un mot de remerciement, avant de tourner ostensiblement le dos à son sauveur, déneigeant les environs à l'aide du plat de sa hache.

Les Hobbits furent rapidement découverts et sauvés, mais ils n'étaient pas en forme. Ils grelottaient et leurs lèvres étaient bleuies par le froid.

- Gandalf, ça suffit ! pesta Aragorn, décidé à contredire le mage pour la première fois depuis le début de ce périple. On ne peut pas continuer ainsi !

- Passons par la trouée du Rohan ! s'exclama Boromir. Faisons un détour par Minas Tirith!

- Si on ne peut pas passer par-dessus la montagne, suggéra Gimli avec insistance, passons par-dessous ! Empruntons la voie de la Moria !

Une cacophonie de voix s'élevèrent au milieu du souffle glacial qui semblait redoubler d'intensité, déterminé à les chasser de ces lieux.

- Ca suffit, gronda Gandalf avec une voix forte, dont l'autorité fit taire ces querelleurs. Laissons le porteur de l'Anneau décider.

A cet instant, dix paires d'yeux se fixèrent sur le visage épuisé de Frodon. Ses yeux bleus semblaient vaciller, mais il savait que le choix de l'itinéraire venait de lui être confié. Il y aurait des déceptions, mais il était certain de ne pas vouloir continuer sur ce chemin.

- Les mines, choisit-il après quelques secondes d'hésitation. Nous passerons par les mines de la Moria.

Gandalf baissa les yeux, acceptant ce choix. Rapidement, il reprit la tête du groupe, accomplissant le chemin qu'ils avaient pris en sens inverse.

Un nouvel éclair brisa le ciel, tandis que des grondements résonnaient de plus belle. Des craquements se firent entendre et au même moment, une réplique de l'avalanche balaya de nouveau les sentiers. Une troisième secousse, encore plus violente retentit, au point que ce fut toute la route qui craqua et s'effondra dans la vallée, emportant avec elle une part de la falaise.

- C'est bon, Caradhras ! gromella le mage en constatant que la route du col venait d'être définitivement fermée. Nous partons ! Nous te laissons en paix, maudite montagne !

Les sorts de Saroumane avaient eu raison de leur vaillance. Ils avaient été vaincus.