Bonjour à tous !

Voici la suite, avec l'arrivée dans la Lothlorien.

J'espère que ce chapitre vous plaira. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos critiques.

Bonne lecture à nous.


Chapitre 17 : La dame de la forêt d'or.

Alors que la Communauté quittait enfin les mines de la Moria, le moral était au plus bas et ses membres étaient accablés par le chagrin.

Revoir la lumière du soleil et retrouver l'air libre aurait du faire plaisir, surtout après avoir passé plus de quatre jours dans l'obscurité, mais les derniers événements étaient trop douloureux pour leur permettre d'apprécier pleinement cette liberté retrouvée.

Après seulement quelques mètres parcourus à l'extérieur, alors qu'ils étaient finalement hors de portée des gobelins, l'effet grisant de l'adrénaline se dissipa. Les Hobbits se laissèrent aller au chagrin et s'effondrèrent au sol pour verser leurs larmes, tandis que les adultes n'étaient pas spécialement mieux lotis.

Le plus affecté était sans nul doute Frodon. Il pleurait la perte d'un être cher, un mentor qui l'avait soutenu durant cette quête périlleuse, un ami qui souriait toujours, vagabondant avec sa bonhomie et apportant toujours ses merveilleux feux d'artifices.

Aragorn parvenait à conserver un semblant de retenue, bien que l'on vit que ses pas trahissaient un peu de faiblesse. Il se sentait ébranlé, puisque l'expédition venait de perdre son guide. Désormais, c'était sur lui que reposait la lourde responsabilité de prendre la tête du groupe.

Aragorn ordonna que l'on relève les Hobbits, pour continuer la route le plus vite possible. Malgré les objections de Boromir, qui était plus dûrement éprouvé qu'il ne le laissait paraître, le rôdeur resta inflexible sur sa décision. En tant que chef, il se devait d'imposer les résolutions qu'il prenait. Il fallait impérativement quitter la vallée des rigoles sombres avant que les collines ne grouillent d'orques, ces maudites créatures pullulant dès la nuit tombée.

Sayaka et Kyôko étaient devenues très inquiètes à cause de cette mort, pour une raison qui était loin d'être triviale. Le magicien n'était pas simplement un guide et un homme de bonne compagnie, il était le seul apte à purifier régulièrement leurs gemmes. Sans sorcières à proximité, il ne faudrait guère plus que quelques semaines pour que leurs gemmes deviennent entièrement noires. Sans Gandalf, elles devraient trouver des sorcières, puisque l'inarrêtable chronomètre du destin coupait lentement le fil retenant l'épée de Damoclès qui était en permanence au-dessus de leurs têtes.

Sayaka faisait tout son possible pour ne pas pleurer, puisque cela ne changerait rien et que cela ne ferait qu'accroître la corruption de son âme. Kyôko resta impassible, affichant un détachement glaçant. Cela faisait longtemps qu'elle avait cessé de s'apitoyer sur les morts. Elle savait qu'un tel manque d'émotion pouvait la faire passer pour une cruelle insensible, mais elle se moquait de sa réputation. Ceux qui la jugeaient comme insensible ne comprenaient pas qu'il s'agissait d'une réaction de défense. Elle s'était endurcie et c'était ce qui lui avait permis de tenir plus longtemps.

Alors que Aragorn rattrapait Sam, il passa devant les deux amies aux mines lugubres. Elles n'adressèrent pas un mot, songeant que ce n'était pas seulement la quête qui était mise en danger, c'étaient désormais leurs propres existences qui se trouvaient désormais mises en péril. Sans rien dire, elles dépassèrent Frodon avec raideur et suivirent le chemin emprunté par Legolas et Boromir.

La communauté continua sa route, bien que fatiguée et lasse. Gimli s'écarta quelques minutes pour regarder un lac à proximité, où les sommets des montagnes se reflétaient à la surface de l'eau cristalline. Il invita Frodon à l'accompagner, cherchant à détourner l'attention du Hobbit sur autre chose que la perte qui l'accablait encore.

A quelques mètres du guerrier, une étrange colonne solitaire et gravée de runes, était dressée sur les berges du lac. Cette pierre était un monument symbolique pour tout le peuple nain, car ce fut à cet endroit précis que le fondateur de la Moria regarda dans le Lac du Miroir pour la première fois, geste qu'il répéta plusieurs fois avant d'être abattu par un orque embusqué. Par une obscène ironie, le sommet enneigé du Caradhras se reflétait paisiblement et Gimli se retint de lui adresser un geste insultant, mais également parfaitement inutile face à une montagne.

- Belle est l'eau du Kheled-zâram, chuchota avec respect le nain roux, avant de passer sa main sur le monolithe. Là gît désormais la couronne de Durïn, qu'elle repose ici pour l'éternité. Adieu !

Avec respect, Gimli s'inclina devant la pierre dressée, avant de rejoindre les autres, qui avaient entrepris de descendre la pente rocailleuse en direction des vallons qui s'étendaient vers le sud-est.

La route tournait vers le sud, au milieu de tertres ocupés par des anémones, conduisant la Communauté vers une stupéfiante forêt. Les deux citadines, déjà marquées par tous les paysages ruraux qu'elles avaient du traverser, furent stupéfaites. Jamais elles n'auraient cru pouvoir apercevoir de tels arbres de leur vie. Leurs troncs étaient argentés et leurs feuillages étaient d'un jaune éclatant.

- Là sont les bois de la Lothlorien ! dit Legolas avec une joie dans la voix qui n'était pas habituelle. C'est la plus belle résidence de mon peuple et nul arbre au monde ne ressemble à ceux de ces terres. Quel dommage que ce ne soit pas le printemps, ajouta t-il. Les feuilles des mallornes perdent alors la couleur de l'or et laissent place à de splendides boutons jaunes, qui écloront en de merveilleuses feuilles vertes de vie.

La vue de la forêt, spectacle magique dans toute sa splendeur, sembla avoir un effet revitalisant sur les dix voyageurs. La douleur lancinante d'avoir perdu Gandalf s'estompa partiellement, motivant la Communauté à entrer dans ces bois étincelants. Il y avait une forte puissance qui se dégageait de ces arbres, une présence puissante, mais bénéfique.

Alors qu'ils avaient franchi l'orée de la forêt, Boromir se figea en scrutant le sentier, comme s'il craignait ces lieux.

- N'y a-t-il pas un autre chemin possible ? s'inquiéta t-il. Contre mon gré nous avons passé la Moria et ce fut notre perte. Et maintenant, nous devrions passer dans la forêt d'or ? Nous avons entendu parler de cette périlleuse contrée en Gondor, l'on dit que peu de ceux qui y entrent n'en sortent, et de ceux-là, aucun n'en revient indemne.

- Ne dites pas indemne,mais inchangé, nuança Aragorn. Toutefois, le savoir se perd en Gondor, si l'on dit du mal de la Lothlorien dans la cité de ceux qui furent sages.

- Eh bien allez-y ! lança brutalement l'homme du sud. Mais c'est un lieu périlleux.

- C'est périlleux, admit le rôdeur, je vous l'accorde. Mais seuls ceux qui amènent le mal auront à craindre la forêt d'or.

A ce moment, Sayaka s'avança vers Aragorn et se planta devant lui, les poings sur les hanches.

- Périlleux pour ceux qui amènent le mal ? répéta t-elle, sarcastique. Et vous voulez nous faire entrer là-dedans ?

- De quoi avez-vous peur ? rétorqua t-il, choqué qu'elle remette en question son choix, alors qu'elle n'avait encore jamais émis d'objection à ses choix. Craignez-vous d'être agressées à cause de votre état ? Sachez que je ne le permettrais pas et que nous vous protégerons s'il le faut.

- Ce n'est pas de nous dont je veux parler, coupa Sayaka. Je parle pour Frodon.

A ces mots, le Hobbit sursauta et vit l'index de la Puella Magi braqué droit vers lui, où plutôt vers sa poitrine.

- Je parle de la saloperie qu'il transporte, Aragorn. Si ça, ce n'est pas maléfique, alors dites-moi quelle est votre définition de ce mot ! Vous avez intérêt à être très convainquant!

A ce moment, Legolas sembla plus qu'irrité. Avant même qu'Aragorn ne puisse répondre, il s'avança.

- Ne parlez pas de ce que vous ignorez, jeune demoiselle, répliqua t-il avec un ton plus haché que d'ordinaire. Ne mettez pas en doute la sagesse de la dame blanche et n'ayez pas de craintes superflues.

- Superflues ? riposta t-elle avec un rictus sarcastique. Il s'agit juste de nos putains de vies.

- La dame de Lorien est notre alliée, ajouta Legolas. Elle nous aidera dans notre lutte contre l'Ennemi et de plus, nous avons besoin de repos.

A cet instant, Kyôko approcha et mit sa main sur l'épaule de son amie. Immédiatement, Sayaka se détendit et se montra moins réticente, bien que sa paranoïa maladive ne s'était pas totalement calmée.

Boromir s'arrêta subitement et observa les deux jeunes filles. Son expression laissa les autres perplexes, alors qu'il devint de plus en plus sombre.

- Je pense que vous ne devriez plus nous suivre, commença t-il sèchement, s'attirant des regards teintés d'incompréhension et de stupeur.

- Pourquoi ? explosa Kyôko. T'as un problème avec nous, macho-man ?

- Ce ne sont pas vos compétences que je remets en question, commença t-il, tandis que Sam l'observait avec davantage de méfiance, mais vous êtes désormais un grand risque pour nous tous.

Sur ces mots, il se racla la gorge et poursuivit sa diatribe.

- Sans Gandalf, ajouta t-il, plus personne ne peut purifier vos gemmes. Je ne prendrais pas le risque que l'une d'entre vous se métamorphose en notre compagnie.

Le point était valide, songèrent certains des membres de la Communauté. Cependant, il y avait l'art et la manière de dire les choses, puisque Sayaka devenait de plus en plus pâle et que son amie serrait les dents.

- Attendez un peu, répliqua vertement Gimli, ces jeunes dames se sont révélées loyales depuis le début et je ne peux penser à une trahison de leur part. Je suis certain que si un tel cas de figure se produisait, nos amies nous informeraient de leur état, avant que l'irréparable ne soit commis.

Sayaka reprit un minimum de confiance, tandis que Aragorn donna l'ordre de poursuivre leur route.

- La dame de Lorien pourra sans doute nous aider, commença le rôdeur, nous pourrons sans doute étudier ce problème plus tard, quand ce sera le moment.

- Qui vous a nommé chef ? riposta Boromir, hargneux.

- Gandalf, coupa Aragorn, lui rabattant efficacement son caquet.

La communauté s'enfonça alors entre les troncs, entourée par les pépiements d'oiseaux exotiques et peu farouches, tandis que des abeilles bourdonnaient autour de petites fleures jaunes. Dans cette ambiance sylvestre, le groupe qui s'enfonçait dans les bois profitait de l'ambiance offerte par ce spectacle végétal. Ils semblaient rassasiés par ce spectacle, comme si leur séjour dans la Moria les avait privés du souvenir de la nature vivante.

Alors qu'ils avançaient, les plus vigilants avaient la désagréable sensation d'être épiés. Sayaka porta sa main droite à sa ceinture, la glissant sous sa cape.

- Prenez garde jeunes hobbits, avertit Gimli. On dit qu'il réside ici une puissante sorcière qui envoûte ceux qui s'aventurent en ces lieux. Eh bien ! rit-il, voici un nain qu'elle n'ensorcellera pas si facilement ! J'ai l'ouïe du renard, l'œil du faucon et …

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, que le nain à l'œil du faucon se retrouva nez à nez avec un arc bandé, dont la flèche était pointée droit sur son nez proéminent.

- Le nain respirait si fort qu'on aurait pu l'abattre dans le noir, répondit un capitaine goguenard, qui n'avait aucunement manqué la vantardise de Gimli.

Alors que les flèches étaient braquées sur eux, Sayaka dégaina son épée et la plaça près de la gorge de l'un des archers elfes. Aussitôt, elle fut mise en joue par les autres, mais Kyôko réagit extrêmement rapidement.

- Baissez vos armes ! brailla t-elle en faisant apparaître sa lance et en mettant l'extrémité près du nombril du capitaine. Celui qui touche à mon amie, je le plante !

La tension était à son comble, tandis que Sayaka frémissait, une paupière agitée de tics nerveux et qu'elle se mordait la lèvre. Elle semblait dévorée par sa maladie mentale, au point qu'elle se retenait de passer à l'attaque.

- Haldir, salua le rôdeur en s'avançant vers le capitaine menacé par la lance de la rousse, nous sommes venus chercher aide et protection.

Le capitaine elfe recula légèrement et fit signe à ses troupes de baisser légèrement leurs arcs. Alors que les archers elfes cessaient de cibler les membres de la communauté, les deux Puella Magae firent de même. Sayaka était cependant légèrement crispée et un tic agita sa paupière gauche, tandis qu'elle gardait son arme en main.

- Nous avons entendu parler de vous, lorsque les messagers d'Elrond sont venus depuis la porte de Rubicorne. Nous sommes disposés à vous aider et nous vous conduirons à notre Dame.

Haldir escorta la Communauté vers la cité elfe, même si l'impressionnante garde d'elfes leur donnait la désagréable sensation d'être prisonniers.

La route fut soudainement interrompue par la rivière du Celebrant, dont le fort courant rendait toute nage difficile. Une corde était tendue entre les deux rives, afin de traverser le torrent mugissant, mais il n'y avait aucun autre accès. Les gardes elfes voulaient se prémunir d'une invasion d'orques et en ces temps de vigilance, ils ne construisaient pas de ponts.

- Je puis aisément suivre le chemin, dit Legolas en mettant les pieds sur le fil tressé, mais les autres n'ont pas cette habileté. Leur faudra t-il attendre la construction d'un pont ?

- Non, rit Haldir. Nous lancerons deux autres cordes pour faciliter le chemin. Une à hauteur d'épaule et l'autre à mi-hauteur, cela vous permettra de passer.

Une fois le pont de fortune établi, l'elfe passa le premier pour tester la solidité, tandis que son habileté naturelle lui permit de passer sans utiliser les deux autres cordages, s'assurant quelques réactions jalouses, voire dédaigneuses.

- Les dames d'abord ? tenta timidement Pippin, qui cherchait toutes les astuces possibles pour retarder le moment fatidique où il devrait affronter sa peur des hauteurs.

Les deux magiciennes se regardèrent et échangèrent un sourire complice. Si ces elfes aimaient exhiber leurs capacités, elles allaient faire de même.

D'un seul coup, elles coururent vers la rive, main dans la main. Elles ne semblaient pas prêtes à ralentir, malgré l'impressionnant dénivellé s'étendant devant elles, plongeant vers la large rivière encaissée.

Haldir était sur l'autre rive et se demanda si ces étranges jeunes filles étaient vraiment sensées. Il en avait vu des choses étranges, mais elles battaient certains records.

- Vous n'allez tout de même pas traverser à la nage ? cria le capitaine pour se faire entendre. Le courant va vous emporter ! C'est du suicide !

Avant même qu'il ne puisse faire quoi que ce soit d'autre pour les dissuader de plonger, il les vit tendre les muscles de leurs jambes et faire un bond impressionnant, franchissant le cours d'argent avec aisance.

Haldir, muet de surprise et les yeux écarquillés, se demanda s'il avait été victime d'une hallucination ou s'il avait vraiment vu des humaines sauter comme des cabris. Décidément, ces deux jeunes filles étaient capables de prouesses incroyables.

Il n'aurait pas du être si surpris. Il avait bien vu leurs tenues étranges, ainsi que le mépris de la mort qu'elles avaient affiché en dégainant leurs armes, malgré les flèches braquées sur elles. Il ne devait même plus avoir de doute sur le fait qu'elles étaient les représentantes de ce mystérieux ordre de magiciennes.

Alors que les autres membres de la communauté franchissaient le passage avec plus ou moins de difficultés, avec un manque d'élégance total en ce qui concernait Sam et Gimli, Haldir garda les yeux sur les deux jeunes filles, avant d'aller accueillir Aragorn, qui fermait la marche.

- Vous avez pénétré dans le Naith de la Lorien. Peu de gens ont eu le privilège de fouler ces terres et comme promis, je vais désormais vous guider vers notre Dame. Pour plus de sécurité, je vais bander les yeux du nain.

Cette décision, tout comme le ton dédaigneux de l'elfe, ne plaisait pas à Gimli.

- Je refuse, dit-il abruptement en grommelant dans sa barbe rousse. Je ne marcherais pas comme un prisonnier, car je ne suis pas un espion. Les miens n'ont jamais eu de contact avec l'ennemi et nous n'avons jamais fait aucun mal aux elfes. Il n'y a pas plus de probabilité que je vous trahisse que ne le ferait Legolas, ou n'importe lequel de nos compagnons.

- Je n'en doute pas, répondit-il froidement, au point que son ton démentait le sens de ses mots. Cependant, nous n'avons pas eu de rapports avec les nains depuis que le mal est venu des montagnes. Ils ne sont pas admis dans notre pays.

- Mais ce n'est pas les nains qui ont causé ce mal, nuança Aragorn, cherchant à défendre son compagnon. Ils en ont souffert autant que vous.

Le capitaine était assez gêné. Legolas et Aragorn semblaient faire totalement confiance à l'être des montagnes. Il serait délicat de ne pas les froisser s'il leur annonçait qu'il mettait en doute la parole de deux personnes très estimées parmi son peuple.

- J'avancerais libre, ou je retournerais dans mon pays, où l'on me connaît comme fidèle à ma parole.

- Je regrette, dit la capitaine avec sévérité, mais vous ne pouvez partir. Vous devez être présentés devant le Seigneur et sa dame qui décideront quoi faire de vous. Il y a des sentinelles en arrière qui vous abattraient à la moindre traversée de la rivière.

Kyôko commença à pouffer de rire, attirant sur elle le regard courroucé d'Haldir.

- Nous ne pouvons aller en avant, puisque vous vous obstinez à discriminer un compagnon loyal. Nous ne pouvons retourner sur nos pas, car vous nous maintenez prisonniers, bien que je sois parfaitement apte à éliminer tous vos archers. Comme la situation est dans une impasse, ajouta t-elle en s'asseyant sur le sol tapissé de feuilles orangées, nous attendrons ici. Puisque nous ne pouvons bouger, vos seigneurs devront donc eux-mêmes faire le trajet jusqu'à nous ! Donnez-nous un truc à bouffer en attendant.

Le capitaine se pinça l'arête du nez, fatigué devant tant de complications.

- Si vous tenez tant à ce que votre ami ne soit pas injustement traité, soupira Haldir, alors vous aurez tous les yeux bandés.

Cette fois ci, ce fut au tours de Legolas de protester.

- Je suis un Elfe, membre de la famille royale de Eryn Lasgalen et affilié par les liens du sang à la Dame Galadriel et au Seigneur Celeborn, rétorqua t-il avec indignation. Je n'accepterais pas d'être mené comme un chien en ces lieux !

- Dépêchez-vous de nous conduire à vos seigneurs sans nous bander les yeux, gromella la rousse. Je n'ai pas que ça à faire. Sinon, on peut toujours rester ici tranquillement et attendre sagement que Sauron décide de venir nous rejoindre. J'ai cru comprendre que ses troupes se rapprochaient, ajouta t-elle avec insolence.

- Quelle folie, murmura le rôdeur. Folie de devoir marcher comme des ennemis en ces lieux. Notre désunion ne fait que provoquer le rire du Mordor.

A ce moment là, Haldir se raidit, comme s'il avait entendu quelque chose. Il resta immobile quelques instants, aux aguets, avant de se détendre légèrement. Les plus observateurs captèrent le changement dans le comportement de l'elfe et scrutèrent les horizons pour déterminer ce qui avait pu tendre le guerrier.

- Vous pouvez passer librement, déclara t-il subitement, s'attirant des regards étonnés. Veuillez me suivre.

Haldir mena la communauté vers le centre de la forêt, ou se trouvait le havre de paix du seigneur Celeborn et de son épouse.

Lorsque la communauté arriva à destination, elle se trouva entourée dans une clairière, qui irradiait d'une lueur surnaturelle. Tout n'était que beauté et élégance. Les arbres servaient de supports à de belles habitations peintes dans des tons bleutés, qui semblaient parfaitement en harmonie avec l'argent des troncs. Ces demeures de bois étaient reliées entre elles par de grandes passerelles, tandis que des escaliers aux rampes finement sculptées courraient le long des troncs.

En ce lieu enchanteur, les maisons semblaient briller à cause des milliers de lampions bleutés qui éclairaient tout le feuillage, chassant la nuit qui avait déployé son drap de velours sur le monde. Ici, tout était raffiné, construit avec une élégance et un amour du travail de précision, pour bâtir cette vaste cité. Les elfes étaient fiers de Cerin Amroth, avec raison.

Les dix marcheurs avançaient dans un sentier net, traversant des tertres couverts de fleurs rouges et jaunes. Haldir les guida dans cet environnement majestueux, s'arrêtant devant un imposant escalier. Il s'agenouilla devant la première marche, tandis qu'un couple d'elfes descendait lentement.

Le seigneur des lieux avait une grande tunique d'argent, rehaussant l'éclat de ses cheveux brillants par leur pâleur. Sa main ferme tenait délicatement celle d'une femme à l'apparence gracile. La dame blonde aux cheveux bouclés était habillée d'une simple robe blanche, glissant pieds nus sur le sol pour se lier davantage avec les murmures qui courraient dans la terre.

Les deux elfes portaient chacun une couronne sobre, décorée de légers entrelacs. Même sans ces artefacts, leur puissance sereine indiquaient qu'ils étaient les seigneurs de la Lothlorien.

Sayaka observa les deux monarques durant un instant, avant de se rendre compte qu'une petite silhouette l'observait, dissimulée derrière un arbre.

Elle essaya de déterminer l'identité de cette personne, lorsque l'éclat de rose de la robe de la jeune fille, assorti avec la teinte rose dragée de ses cheveux s'ancra dans son esprit.

Le regard azuré de la Puella Magi devint incrédule durant une demi-seconde, avant de briller d'une joie sans bornes.

- Madoka ! s'exclama t-elle, avec une expression presque désespérée sur ses traits.