Bonjour à tous !
Voici le nouveau chapitre, avec les retrouvailles en Lorien.
J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos commentaires.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 18 : Ma meilleure amie
La Communauté se trouvait au pied des marches forman l'entrée principale d'un grand bâtiment. Du haut de ces escaliers de pierres lisses, les seigneurs elfes faisaient face, venus les accueillir pour leur offrir l'hospitalité tant souhaitée.
Le couple était éclatant de force et de calme. Il avait une prestance indéniable, irradiant une aura de pure lumière, très apaisante.
Sayaka ne s'en soucia pas le moindre du monde. Alors que leurs hôtes venaient les saluer, elle fit preuve d'une impolitesse rarement vue, tandis qu'elle courut à perdre haleine vers la jeune fille vêtue de rose.
Madoka fut surprise par la vitesse qu'atteignait la justicière, mais elle ne bougea pas. Elle n'esquissa aucun mouvement de recul, tandis que ses yeux brillèrent de joie.
Sayaka atteignit Madoka et enserra son amie dans ses bras, avant de tomber à genoux et de coller son visage contre le torse de sa camarade, qui rougit légèrement.
- Je suis désolée ! sanglota t-elle en teintant la robe de Madoka de larmes. Je suis tellement désolée !
Sayaka gémit, inconsolable, tandis que son amie passa une main compatissante dans les cheveux de sa camarade.
- Je ne t'en ai jamais voulu, avoua sincèrement Madoka, trop heureuse d'avoir retrouvé sa meilleure amie. Je sais ce que tu as traversé et je comprends parfaitement la colère qui t'a envahie, ainsi que tes larmes.
La collégienne à la chevelure pastel saisit un petit mouchoir et essuya le visage larmoyant de sa meilleure amie, avant d'aider Sayaka à se relever.
- Merci, murmura l'épéiste, dont le visage semblait radieux et bien plus heureux qu'il ne l'avait été depuis longtemps.
Tandis que Sayaka était dans les bras de Madoka, la jeune fille aux deux couettes caressa doucement le dos de son amie, se souvenant de la cape blanche que Sayaka arborait perpétuellement.
A ce moment, Kyôko serra les dents derrière ses lèvres serrées et sa mâchoire se crispa. Elle rangea précipitemment ses mains dans ses poches, serrant les poings en retenant une bouffée de jalousie.
Elle savait parfaitement que Sayaka était la meilleure amie de Madoka et qu'elle était malade d'inquiétude à l'idée de la perdre. C'était une amitié très profonde, mais elle savait également que Sayaka n'était pas du genre à revenir sur ses promesses et que jamais la justicière ne laisserait tomber une amie, juste parce qu'elle en avait retrouvé une autre.
Kyôko savait que Sayaka n'oserait jamais jeter une amie comme une chausette usagée, mais au fond d'elle même, la teigneuse rousse était terrifiée à l'idée de perdre la fille dont elle était devenue l'amie.
A cet instant, l'orpheline à la robe cramoisie sentit un impact s'écraser contre son âme. Une présence se glissa en elle, émettant une chaude sensation d'apaisement, tandis que sa gemme semblait plus claire et envahie par une présence bienfaisante.
Kyôko sentit cependant que quelque chose n'allait pas, c'était une impression davantage instinctive que raisonnée, comme si un parasite s'insinuait en elle. Elle en eut notamment la confirmation, à la seconde où Boromir commença à trembler et à détourner les yeux, cherchant à esquiver la vision de la reine lui faisant face.
Les yeux bleus de Galadriel était d'une profondeur inouïe, brillants d'une puissance si tentatrice que l'on se jetterait dedans. Cette femme était vraiment très puissante et la Puella Magi sentait qu'elle devait rester sur ses gardes.
Kyôko resta calme, faisant comme si elle n'avait rien remarqué, tandis que Boromir se reprenait. Désormais, la reine avait changé de centre d'intérêt et elle braqua pleinement son regard perçant sur la rousse.
La sensation reprit, mais bien plus puissante qu'auparavant. Elle ressentit cette force externe percuter son esprit, fondant vivement vers les tréfonds de son âme. Lentement, elle vit quelques flashs, des souvenirs, des pensées et des doutes revenir à la surface, comme si quelqu'un s'introduisait dans sa vie privée.
Cette idée mit la rousse dans une profonde colère, alors qu'elle revit la mort de ses parents et de sa sœur, ainsi que ses combats dénués de but, sa vie faite de fatalité et dégoïsme. C'était ses pensées, les siennes ! C'était ses moments privés, ses impressions, ses peurs et ses regrets ! Personne n'allait se permettre de les voir et de violer son intimité sans qu'elle ne consente elle-même à dévoiler son triste passé.
L'aura de la rousse explosa, émettant une rafale d'énergie sanguine, qui repoussa tout le monde. Les yeux de Kyôko brillèrent d'une flamme ardente, alors que sa lance acéréese glissait entre ses doigts.
- Pour qui est-ce que tu te prends ? cria t-elle en pointant la reine de son arme, laissant une aura de flammes échauffer l'air autour d'elle.
Tout le monde sursauta, mais les membres de la Communauté de l'Anneau étaient trop écrasés par l'onde d'énergie dégagée par Kyôko pour pouvoir réagir. Galadriel sembla meurtrie par la violence de cette riposte, tandis que les archers se tendirent.
- Dégage de mon esprit, vieille putain ! ordonna t-elle en repoussant la souveraine qui tituba, avant de ponctuer son injonction d'une menace explicite, puisqu'elle lança son arme.
La lance fendit les airs et se ficha aux pieds de la reine, perçant un cratère qui lézarda les marbres de l'escalier.
A la seconde où Kyôko frappa, plusieurs archers décochèrent par réflexe, mais Kyôko n'eut même pas à faire d'efforts pour esquiver leurs traits. Elle bougea négligemment, avant d'attraper l'un des projectiles entre le pouce et l'index.
A cet instant, Sayaka reprit son masque de froideur. Ses larmes de bonheur se tarirent, alors qu'elle dégainait son épée, la plaçant près de la gorge d'Haldir.
- Donnez à vos hommes l'ordre de cesser de tirer sur ma camarade, exigea t-elle en approchant le tranchant de la carotide du blond, menaçant de faire perler le sang.
Haldir observa sa suzeraine du coin de l'œil et se soumit à l'injonction de Sayaka.
Les archers cessèrent le feu et Sayaka rengaina son épée, tandis que les archersbaissèrent leurs armes.
La tension resta très vive, alors que tout le monde observait les deux jeunes filles avec méfiance et suspicion.
A cet instant, Madoka s'avança, avec une expression curieuse sur le visage.
- Tu as bien dit que Kyôko était ton amie ? questionna t-elle avec un air enfantin qui semblait déplacé.
Les deux jeunes filles rougirent et détournèrent le regard, confirmant les soupçons de Madoka.
La jeune fille poussa un rire amusé, alors que ces deux-là avaient enfin réussi à mettre leurs différents de côté.
- Je suis heureuse pour toi, félicita Madoka, ravie de voir son amie sourire et reprendre goût à la vie. Je suis heureuse que tu retrouves le sourire.
Sur ces quelques mots, la Puella Magi vêtue de sa robe rose bouffante à froufrous recula, comme si elle était de trop, comme si elle était indigne d'assister à cette réunion.
- Reste, siffla Sayaka. Tu n'es pas une gêne et tu n'en seras jamais une. Tu es ma meilleure amie. Tout ce que j'ai à dire, tu peux l'entendre.
Dans cette atmosphère pesante, devenue lourde et malsaine à cause des regards défiants que tout le monde se lançaient, Galadriel émit une lueur de pureté apaisante.
- Je suppose que vous êtes respectivement Miki Sayaka et Sakura Kyôko ? demanda l'elfe par pure formalisme.
- Effectivement, répondit l'escrimeuse en redressant sa frange, caressant sa barette ornée de notes. Comment l'avez-vous su ?
- Ce n'était guère difficile, répliqua la souveraine couronnée. Votre amie n'a pas cessé de parler de vous.
Sur ces mots, Madoka se sentit comme prise en faute, tandis que Sayaka soupirait intérieurement. Madoka pensait avant tout à ses amies et, une fois encore, elle démontrait qu'elle se souciait de ses aimés avant sa propre personne. C'était ce que Sayaka trouvait de plus admirable chez sa camarade.
- Majesté, l'interpella Kyôko avec une certaine dose de négligence, désolée d'avoir réagi avec autant de violence. J'espère que ce genre d'incidents n'aura pas à se reproduire.
La menace à peine voilée était suffisamment claire et Galadriel préféra ne plus rien tenter. Même si tous avaient compris la provocation sous-jacente, métamorphosée en une insulte, ils préférèrent l'ignorer.
- Dix vous êtes, alors que onze vous étiez à votre départ de Fondcombe, constata Celeborn pour tenter de dissiper le malaise permanent. A moins que vos plans n'aient été changés depuis votre départ, dites-moi ou se trouve Gandalf, car j'aimerais vivement m'entretenir avec lui.
- Il n'a pas passé les frontières de ce pays, murmura Galadriel d'une voix éthérée. Il a basculé dans l'ombre.
- Il est tombé, expliqua le rôdeur, car inutilement nous passâmes par la Moria.
Gimli baissa les yeux, comme s'il se sentait coupable d'avoir voulu passer par les mines où il croyait que son cousin résidait.
- Aucun des actes de Gandalf ne fut jamais inutile, trancha la reine de sa voix claire mais profonde, et personne ne peut en vouloir à Gimli pour ce choix de vouloir passer par la cité de son peuple. Si nous-mêmes avions été chassé de la Lothlorien pendant des siècles, nous aurions également tenu à la traverser, fut-elle devenu le repaire de dragons. Ne vous laissez pas accabler par le chagrin. Ce soir, vous dormirez en paix.
Pour dormir calmement, les membres de la communauté furent conduits dans les grandes demeures qui reposaient dans les frondaisons des mallornes. Hébétés par la lassitude et les épreuves, les dix voyageurs se laissèrent rapidement glisser dans de confortables draps de coton épais, laissant leurs esprits dériver vers le monde des songes.
Le lendemain matin, aux alentours de dix heures du matin, Sayaka se réveilla dans une pièce inconnue. Les lieux étaient sobres, bien qu'élégants et elle se remémora les événements de la veille. La Puella Magi se massa le crâne, gémissant à cause d'un rayon de soleil qui perçait à travers les rideaux et éclairait son visage.
La jeune fille se leva, entendant un gémissement près d'elle. La jeune fille aux cheveux bleus se retourna et aperçut une masse désordonnée de cheveux rouges dans le lit voisin. Les joues de l'épéiste s'empourprèrent, lorsqu'elle vit que Kyôko était à moitié dénudée, puisque sa nuisette avait été relevée dans son sommeil et que les draps avaient été rejetés d'un geste brusque du pied.
- Tire pas les draps, murmura Kyôko dans son sommeil, faisant un geste pour essayer de retrouver la couverture, tout en froissant davantage le protège-matelas, exposant sa toison rousse.
Sayaka s'esquiva discrètement dans la pièce la plus proche, dans laquelle elle eut l'agréable surprise de voir qu'un bain avait été préparé pour elles.
Lorsqu'elle glissa dans l'eau encore tiède, s'assurant bien de vérifier que personne ne pouvait entrer, elle se laissa aller et repensa aux événements de la veille. Elle était furieuse contre la reine qui avait eu la détestable idée de s'infiltrer dans les pensées de son amie. Elle s'en voulait également à elle même, retenant de se gifler. Elle avait voulu défendre son amie, s'attirant l'hostilité des elfes. Cependant, elle avait retrouvé Madoka et cela valait tout l'or du monde.
L'adolescente se lava avec joie, appréciant un bon bain pour se décrasser. Alors qu'elle se séchait avec une serviette épaisse, Sayaka repensa à la réaction de Madoka. Son amie l'avait immédiatement pardonnée, comprenant que leur dispute était due au fait que la Puella Magi était épuisée nerveusement, stressée et écrasée par son éprouvante mission.
Mieux encore, Madoka n'avait pas été repoussée par son aveu d'avoir réussi à nouer une amitié forte avec Kyôko. La jeune fille aux cheveux roses n'avait pas montré la moindre jalousie, elle s'était contentée d'un sourire lumineux, sincèrement heureuse pour elle. La jeune collégienne aux deux couettes était vraiment une amie admirable, qui se souciait de ses proches, bien plus que d'elle-même.
Sayaka décida de se vêtir convenablement, s'entourant d'un beau kimono aux tons argentés, qui s'harmonisaient avec sa chevelure brillante. Elle voulait oublier toute cette épuisante quête, sa lutte perpétuelle contre les sorcières et tous les soucis de sa vie quotidienne. Sans sa cape et son épée, elle avait l'impression de ne plus être la justicière qu'elle avait accepté d'être.
Tout ce qu'elle voulait, c'était se reposer et profiter de ses retrouvailles avec ses amies. Si ce jour était dédié au calme et à la paix, elle savourerait pleinement ce repos.
La jeune femme prit soin d'elle, prenant son temps pour accomplir tous les soins esthétiques qu'une adolescente moderne devait faire, pour se sentir bien dans son corps. Elle appliqua une légère touche de maquillage, ainsi qu'une ombre violette sur ses paupières, renonçant à vernir ses ongles, qui auraient bien besoin d'une bonne manucure.
Sayaka quitta la salle de très bonne humeur, informant son amie rousse que la pièce était libre. Elle n'eut pour toute réponse qu'un grognement à moitié animal, qui indiquait bien que la rousse n'était pas très matinale.
Lorsqu'elle sortit de sa chambre, la Puella Magi retrouva rapidement Madoka, ainsi que le reste de la communauté. Tous étaient près d'une table, venant juste de se réunir en ce début de matinée. Visiblement, l'odeur de savon qui restait tenace dans l'air, indiquait que tout le monde avait apprécié le moment de détente réservé et ça se voyait particulièrement dans les cheveux d'Aragorn. Bien que le style de baroudeur lui allait, il était vraiment pas mal avec les cheveux propres et bien lisses. Quant à Legolas, il avait toujours de longs cheveux soyeux et brillants.
Sayaka s'installa à table, à coté de Madoka, récoltant quelques compliments sur sa tenue.
- Bien dormi ? demanda la Puella Magi aux cheveux roses, vêtue d'une sobre robe immaculée.
- Oui, répondit la jeune fille au sourire éblouissant. Kyôko n'est pas avec toi ?
- Elle dort encore, expliqua Sayaka. C'est un vrai loir. Elle est plus active la nuit.
- Pour voler ? répliqua narquoisement l'un des elfes. Nous savons tout depuis le repas donné par le Seigneur Elrond. Votre amie s'est fait remarquer par sa ...
Sur ces mots, un craquement métallique retentit. Sayaka serra sa poigne, faisant grincer le métal argenté qui céda sous sa poigne.
Tous se turent et l'elfe déglutit en voyant la coupe d'argent que la jeune fille venait de plier avec la simple force de ses doigts.
- Je vais être très claire, énonça calmement Sayaka, en détachant chaque syllabe. Je n'aurais pas du en révéler autant, mais je vous interdis de blesser Kyôko en refaisant mention de ces faits. Si jamais vous avez la mauvaise idée de gaspiller votre salive en reparlant de ceci, ce sera la dernière chose que vous pourrez avaler.
- C'est une menace ? coupa sèchement Boromir.
Les elfes avaient jugé préférable de ne plus faire la moindre remarque, surtout pour s'attirer les foudres de la justicière.
Par contre le gondorien aux cheveux blonds-roux semblait plus que désireux de pousser Sayaka à bout.
- C'est une promesse, coupa t-elle avec un regard meurtrier. Mais je ne devrais pas avoir à me soucier d'un pleutre qui larmoyait devant le regard de la dame. Vous aviez si peur, que je pouvais sentir votre urine, coupa t-elle avec un rictus sauvage.
Manifestement, les mots de Sayaka firent mouche, puisque le Gondorien détourna le regard, adoptant une expresssion ombrageuse. La Dame et son mystérieux pouvoir étaient encore dans leurs esprits.
- J'avais l'impression qu'elle regardait en moi, confessa Sam, et ça ne me plaisait pas du tout.
- Aurait-elle percé à jour un sombre dessein ? ricana Pippin. Tu étais rouge, était-ce à cause d'une conscience coupable ? J'espère que tu ne projetais rien de plus que de me voler quelques couvertures !
A ces mots, tout le monde rit de bon cœur. La perte de Gandalf était encore proche et tout ce qui pouvait éloigner ces souvenirs était bon à prendre.
- J'avais l'impression de me trouver devant un dilemme, confessa Boromir, prompt à réfuter les accusations de Sayaka. J'avais le choix entre m'enfoncer sur une route inconnue, ou obtenir quelque chose que je voulais ardemment. Pour cela, il me suffisait juste d'abandonner la quête. Mais j'ai refusé cette voie, reprit-il avec conviction, les hommes de Minas Tirith sont fidèles à leur parole.
Sayaka observa Madoka et lui sourit, se désintéressant de la conversation.
- Dis-moi, comment es-tu arrivée ici ? questionna t-elle, curieuse. Comment se fait-il que tu sois devenue une Puella Magi ?
- Je suis arrivée ici il y a plusieurs mois, répondit Madoka. C'était très exactement le 22 septembre, réfléchit-elle en observant le plafond. Je me souviens juste d'un rand éclat de lumière, puis je me suis retrouvée dans la chambre à coucher de la Dame Galadriel et depuis, je suis restée ici. Je n'ai aucune idée de pourquoi je suis arrivée et je ne me souviens pourtant pas avoir fait de vœu. La dame a été très compréhensive et m'a autorisée à rester ici, le temps que je trouve des réponses et que je puisse rentrer. Je ne savais pas si j'étais seule, où si d'autres étaient venues, mais je suis tellement heureuse que vous allez toute bien.
- On est pas seules, ajouta Sayaka en éclairant son amie sur les événements s'étant déroulés depuis son arrivée sur Arda. Homura et Kyubey sont ici. Kyubey continue ses contrats, sans éprouver le moindre remords et Homura ... nous ne savons pas ce qu'elle veut réellement.
- Je l'ignore toujours, murmura Madoka, mais je sais qu'elle n'est pas mauvaise. Elle se soucie de moi.
Cette révélation surprit Sayaka, mais ce ne fut pas la seule information que livra la Puella Magi.
- Nous avons eu une discussion, deux jours avant notre arrivée en Terre du Milieu, révéla Madoka. J'étais avec Kyubey et j'allais accepter son contrat, lorsque Homura l'a abattu. Elle m'a demandé pourquoi je voulais toujours me sacrifier pour les autres, pourquoi je n'étais pas égoïste et elle a même tenté de me faire culpabiliser. Lorsque je suis partie, elle pleurait. Je ne sais pas pourquoi, mais elle semblait réellement inquiète pour moi.
Sayaka sembla surprise. L'idée que Homura puisse arborer autre chose qu'un masque impassible semblait aussi étrangère qu'un poisson pouvant voler. Mais le fait que Homura révèle ses sentiments, au point de pleurer, semblait aussi stupéfiant que Kyubey capable de ressentir du remords.
- Génial, murmura alors Kyôko, qui venait d'apparaître en bondissant dans la pièce, toujours vêtue d'une sempiternelle tenue de ville moderne, avec une chemise rouge et un baggy de jean. C'est tellement plus simple, lorsque les choses sont divisées par une ligne claire et que l'on peut les cataloguer comme amis ou ennemis. J'ai l'impression qu'elle nous donnera des migraines jusqu'au bout.
La rousse s'attabla, avant de saisir un fruit et de le croquer à pleines dents. D'un regard distrait, elle détailla la tenue de Madoka, s'attardant sur l'arc semblable à une fleur.
- Tu as trouvé des sorcières ? demanda t-elle en lui présentant sa gemme rouge, légèrement assombrie. J'en ai pas besoin dans l'immédiat, mais j'aimerais bien pouvoir savoir où en trouver, en cas de nécessité.
- Je n'en ai pas eu besoin, avoua Madoka. La dame Galadriel possède un Anneau magique purifiant le mal et son pouvoir irradie dans la forêt, nous protégeant. Elle a déjà purifié ma soul-gem à mon arrivée, mais je n'ai même pas eu besoin de lui redemander de l'aide.
Sayaka resta songeuse, alors que Madoka restait d'un calme serein.
- Madoka, hésita Sayaka en croisant ses doigts, quel était le vœu que tu voulais faire avant que Homura ne t'arrête ? Non pas que ce fut une mauvaise chose, ajouta t-elle précipitemment.
Madoka baissa les yeux, touchant machinalement les rubans dans ses cheveux.
- Je, hésita t-elle en serrant les dents, je voulais que tu retrouves le sourire et que tu regagnes ton âme.
Sayaka resta immobile quelques instants. Elle poussa un petit ricanemant dépourvu de joie.
- Je vois, répondit-elle en laissant sa frange dissimuler ses yeux. Homura avait définitivement raison, tu es beaucoup trop altruiste pour ton propre bien. Cela m'aurait fait très mal que tu te sacrifies, juste pour me sauver.
- Arrêtez de regretter, les filles, ajouta Kyôko en reprenant la pomme qu'elle avait à moitié croqué, ne faites pas comme moi. Tu ne t'es pas sacrifiée pour Sayaka et c'est un choix qui peut se comprendre. Tout ce qu'on peut faire, c'est faire avec ce dont nous disposons.
Madoka sourit légèrement, avant de remercier ses deux amies. Au moins, même si elles étaient ensemble, elles ne l'écartaient pas et continuaient de se soucier d'elle.
- Sayaka, Kyôko, déclara solenellement Madoka, je ne sais pas trop quel est votre objectif final, mais je veux vous accompagner. Maintenant que je vous ai retrouvées, je ne veux pas vous perdre.
Sayaka sembla prête à la contredire, mais elle se ravisa finalement. Madoka était parfois timide et maladroite, mais elle était d'une détermination sans faille lorsqu'il s'agissait de se battre pour ce en quoi elle croyait, ainsi que pour aider ses amies. Il était inutile de tenter de la faire changer d'avis.
- Je suis pas du genre à coopérer, commença prudemment Kyôko, mais je ne dirais pas non à un peu de compagnie pour surveiller mes arrières. Si Sayaka arrive à me supporter, je suis certaine que tu y arriveras sans problème.
Sayaka mit un coup de coude absolument pas discret à la rousse, qui se contenta de rire, avant de poursuivre son repas.
- Vous n'avez pas peur ? demanda alors Frodon, stupéfait de voir Madoka suivre Sayaka et Kyôko avec si peu de réticence, malgré les périls qui s'étaient trouvés sur leur chemin.
- Si, répondit l'adolescente aux cheveux roses. Mais je suppose que toi aussi et ça ne t'a pas empêché de continuer. Cela ne sert à rien de vouloir se cacher pour l'éternité, même si on s'isole du monde, le monde bouge et viendra à nous. Autant prendre le taureau par les cornes et affronter l'extérieur.
- D'autant plus que vous seriez avisées d'agir au plus vite, ajouta une jeune fille à la courte chevelure rousse, qui venait d'apparaître au milieu des bois.
