Bonjour à tous !
Voici la suite, avec le départ de nos protagonistes, loin du domaine paisible et sécurisé de la Lothlorien.
J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques.
Chapitre 21 : Adieu à la Lorien
Presque un mois s'était écoulé depuis que la Communauté de l'Anneau avait trouvé refuge dans la forêt d'or. Les voyageurs avaient récupéré, physiquement et mentalement, mais Aragorn songeait qu'il était plus que temps de reprendre leur chemin.
Leur quête n'allait pas s'accomplir en un claquement de doigts, pas plus qu'elle ne se ferait sans efforts.
Le rôdeur avait longuement discuté avec le Seigneur Celeborn et la dame Galadriel, réfléchissant à la meilleure voie possible, où du moins à la moins dangereuse.
L'homme avait eu plusieurs mauvaises nuits, bien qu'il ne montra pas l'étendue des soucis qui le rongeaient. Depuis que Gandalf était mort, c'était à lui qu'incombait la mission de guider ce groupe et il avait l'impression de ne pas être à la hauteur, doutant de lui même.
L'homme ne cessait de se comparer à son ancêtre, Isildur, dont la faiblesse avait causé tant de malheurs. Arwen avait bien tenté de lui remonter le moral et Sayaka lui avait pourtant dit qu'il avait "assuré comme un pro" depuis Bree, mais ce qui les attendait était encore bien plus difficile.
Le guide savait qu'il y avait tant de chemins possibles et ils étaient tous plus dangereux les uns que les autres. Ce serait à lui de choisir la meilleure route, puisqu'il savait qu'il n'y avait aucun chemin qui puisse être qualifié de bon, pour se rendre dans les profondeurs du Mordor.
Ainsi, Aragorn fumait comme un pompier, observant de multiples cartes, ne cessant de réfléchir.
Pendant ce temps, Madoka et Legolas affutaient leurs talents à l'arc. Les deux se cotoyaient sur les terrains d'entraînement, ciblant les disques de bois accrochés aux troncs argentés des mallornes. Ils décochaient avec aisance, se conccurençant en essayant de mettre le maximum de flèches dans le mille, tout en tirant le plus vite possible.
L'expérience de Legolas semblait mise à mal par la magie de Madoka. La jeune fille n'avait pas besoin de flèches, puisqu'elle en créait par magie et ses tirs étaient guidés par sa volonté, les longues traînées roses semblant alimentées par une conscience rudimentaire.
- Vous manquez encore de précision, jugea l'elfe en mettant une fois de plus dans le mille. Comment ferez-vous si un ennemi dispose d'une large armure et que vous devrez atteindre une faille précise ?
Madoka sourit, chargeant une flèche rose, qui brilla d'un éclat de justice. Lorsqu'elle décocha, son trait se démultiplia en une dizaine de flèches, qui perforèrent la cible en de multiples points, transperçant le bois sur plusieurs dizaines de centimètres, avant de se ficher profondément dans la terre et les arbres.
La jeune fille resta humble, ne se vantant aucunement. Sayaka ou Kyôko auraient ajouté une remarque avec un sourire goguenard, mais ce n'était pas son style.
- Vous vous reteniez ? s'étrangla l'un des archers présents.
- Bien sur ! répondit-elle avec un sourire adorable. C'est le principe d'un entraînement, non ?
Les râles d'agonie et les meuglements de rage, que l'on pouvait entendre monter depuis le terrain voisin démentirent pourtant ses propos.
Apparemment, ses amies n'avaient pas le même point de vue.
Une fois de plus, Sayaka et Kyôko s'étaient données à fond et n'avaient pas fait preuve de la moindre pitié, ni même de la moindre décence.
Comme à leur habitude, leur combat avait fini en boucherie, laissant de nombreuses traces de sang et des morceaux de viscères sur le sol.
Bien évidemment, les deux amies avaient fini par profiter d'un bon bain et s'étaient enfermées ensemble, profitant d'un bon bain, loin des yeux indiscrets.
Ce qu'elles firent durant deux longues heures resta un mystère, mais tous supposèrent qu'elles se prélassèrent dans l'eau, comme le faisaient toutes les femmes de toutes les contrées.
Cependant, Madoka avait une autre idée. Depuis qu'elle avait posé le regard dans le miroir, des fragments de possibles réalités futures étaient restés dans son esprit.
Elle s'était longuement interrogé sur la relation exacte que pouvait entretenir ses deux amies.
Madoka avait bien vu les rougeurs sur leurs joues, leurs regards en biais et leurs mains croisées par moments.
Elle avait bien compris que le lien unissant les deux amies était bien plus qu'un profond lien d'amitié et elle savait que leurs sentiments étaient devenus plus profonds, plus ardents.
Tant mieux, songea t-elle en revoyant le sourire radieux de Sayaka, si différent de l'attitude apathique dont elle ne se départissait plus lors de leurs derniers jours à Mitakihara. Tant que ces deux là étaient heureuses et qu'elles profitaient de la vie, ça lui convenait. L'existence est si courte et si éphémère, surtout pour une Puella Magi, alors ce bonheur était encore plus précieux et méritait d'être chéri.
Cependant, si les sentiments qu'elles ressentaient réciproquement étaient indéniables, Madoka ignorait si ces deux là avaient franchi le cap en s'avouant les émotions qui les habitaient et si elles partageaient une relation plus intime.
La jeune archère magicienne resta pensive durant quelques secondes, essayant d'imaginer sa meilleure amie avec la tête glissée entre les cuisses de la rousse. Madoka devint subitement écarlate, avec des joues empourprées qui attirèrent tous les regards.
Ce n'était vraiment pas pour elle, songea t-elle, tout en trouvant l'idée curieusement attrayante, comme si elle s'apprêtait à braver un tabou ... ou goûter à un fruit défendu.
L'analogie malheureuse lui donna chaud et elle s'empressa de se passer la tête sous l'eau, se concentrant sur autre chose qu'imaginer sa meilleure amie nue.
Le midi, quand tous se rassemblèrent autour de la table du seigneur Celeborn, Aragorn annonça qu'ils partiraient le lendemain matin, à l'aurore. Il exposa brièvement ses raisons et personne ne contesta ses choix. Cet exercice le conforta dans ses décisions, le laissant confiant dans ces capacités de leader.
Comme prévu, les onze voyageurs se préparèrent pour le départ. Le lendemain matin, quand tous eurent mangé et bu, ils se rendirent à l'embarcadère, où des barques avaient été apprêtées pour eux.
Avant qu'ils ne quittent le royaume de la Lothlorien, Galadriel offrit à chacun une cape tissée par ses soins, emplie de la magie de la forêt, qui les protègerait des regards indiscrets et de leurs ennemis.
En plus de ces capes grises, nouées par une broche d'or ornée d'une feuille de verre, elle offrit à chacun des voyageurs un présent.
Sam reçut une belle corde argentée, plus souple et plus résistante que le chanvre dont il se contentait habituellement, ainsi qu'une boîte au contenu mystérieux.
Merry et Pippin reçurent deux ceinturons d'argent, tandis que Boromir en reçut un en or, symbolisant le respect dù à un homme de son statut.
Aragorn reçut un nouveau fourreau pour son épée Anduril, ainsi qu'un médaillon de béryl vert, symbole d'espoir chez le peuple elfique.
Legolas se vit offrir un grand carquois et un arc spécialement conçu pour les Galadrhim, la garde personelle de la reine. Il jugea l'arme du regard et son premier coup d'œil confirma ses impressions sur la robustesse, la précision et la souplesse de cette arme.
Galadriel se tourna alors vers Gimli et sembla gênée.
- Nous n'avons pas souvent eu d'interactions avec les Nains, admit-elle. Dites-nous ce qui vous ferait plaisir, Gimli, fils de Gloïn.
Le nain hésita, n'osant pas exprimer sa demande, avant de bégayer.
- J'ai eu la chance de pouvoir contempler la beauté de la dame de Lorien, confessa t-il, et je crains que mon cœur saigne à l'idée de ne plus pouvoir en revoir d'aussi pure. Si vous puissiez pardonner mon audace et s'il m'est permis de le demander, j'aimerais obtenir l'un de vos cheveux.
La demande surprit tout le monde. Visiblement, Gimli avait des qualités de poète insoupçonnées, montrant bien que les nains n'étaient pas uniquement que des rustres avides d'or et de bière.
La reine accéda à sa demande, se coupant une mèche de ses cheveux blonds pailletés de fils d'argent, les offrant au petit être qui jura de les conserver comme des trésors.
La souveraine se tourna alors vers le Hobbit portant le lourd fardeau, celui sur lequel reposait tous les espoirs. Elle tenait un étrange flacon finement ouvragé, semblable à un cristal gainé d'argent, dont l'intérieur irradiait d'une lueur énigmatique.
- Pour vous, Frodon, je vous offre la lumière d'Eärendil, notre étoile bien aimée. Puisse cette lumière vous éclairer, même quand toutes les autres seront éteintes.
Le Hobbit saisit la fiole de verre, contenant un liquide inerte, mais pailleté d'argent. Cette lumière faible semblait tout de même émettre une lueur apaisante, qui calma le frémissement dans ses doigts.
- Kyôko Sakura, appela t-elle en lui faisant don d'une armure faite d'un métal gris et léger, je vous offre ceci. Que cette protection vous garde sauve.
La rousse remercia la reine en s'inclinant, avant de laisser place à son amie.
- Sayaka Miki, en récompense de votre dévouement, je vous offre cette épée.
La lame en question était belle et brillante. Sayaka s'en saisit et admira la légèreté, tandis que son regard se reflétait sur le métal orné de runes et de bénédictions.
- Puisse la justice guider vos actes et votre bras ne jamais vous faire défaut, pria t-elle, tandis que la guerrière aux cheveux bleus sentit sa confiance en elle être renforcée.
Clara resta humble, vêtue de sa sempiternelle robe noire, s'avançant devant Galadriel, qui lui adressa un regard étrange, presque suspicieux.
- Je vous offre ceci, présenta t-elle en offrant un poignard et une ceinture de cuir tressée en motifs végétaux. Puissiez-vous en faire bon usage. J'espère aussi que les conseils que je vous ai prodigués pourront vous aider, puissent-ils vous sauver.
Galadriel observa alors Madoka, qui restait légèrement en retrait.
- Une longue route vous attend, jeune Madoka, avertit-elle. Votre chemin sera ponctué d'épreuves, des défis plus ardus que ceux attendant le porteur de l'Anneau. Cependant, si votre choix est fait, je ne peux m'y opposer.
- Je vous remercie, Majesté, de l'hospitalité dont vous avez fait preuve à mon égard. Votre aide fut des plus précieuses et votre générosité restera gravée en moi à jamais.
- Je ne peux vous protéger hors de ces lieux, reprit la reine. La douleur et la peine vous poursuivront, alors j'ai un présent spécial à vous offrir.
A cet instant, Galadriel leva sa main droite, ornée d'un bijou. A la stupéfaction générale, elle retira sa bague et la glissa délicatement à l'annulaire de la jeune fille aux cheveux pastels.
- Je vous offre Nenya, l'un des Trois grands Anneaux de Pouvoir. Puisse t-il vous protéger, vous et vôtre âme.
La jeune fille regarda le diamant brillant, tandis que Galadriel reculait, avec une expression indéchiffrable, comme si elle était partagée entre deux sentiments contradictoires.
Cette expression disparut bien vite, alors que Galadriel reprit son sourire bienveillant, irradiant de clarté.
Cependant, tout le monde resta stupéfait, Celeborn le premier. Son épouse venait de confier l'un des anneaux de pouvoir à une jeune mortelle. Comment cette adolescente, aussi courageuse soit-elle, pourrait-elle survivre à une telle épreuve ?
Personne ne dit rien. Aucune remarque, aucune critique ne fut formulée, parce que Galadriel était la sagesse incarnée pour eux. Le fait qu'elle soit leur souveraine et que ses décisions soient irrévocables était un autre argument de taille.
Vint alors le temps des adieux. Les douze voyageurs prirent place dans les quatre barques, dotées de larges réserves de vivres calées sous les sièges.
La dame de Lorien leur adressa ses ultimes bénédictions et les observa partir, tandis que les embarcations de bois scintillant descendirent la rivière au gré du courant.
Le Celebrant n'était qu'un torrent gonflé par l'eau des glaciers de montagne, mais il rejoignait bien vite d'autres affluents du grand fleuve Anduin, se mêlant aux eaux tumultueuses des rapides.
Les quatre embarcations suivirent rapidement le cours du fleuve, dont les eaux remuantes devinrent plus calmes, à mesure que les berges s'éloignaient l'une de l'autre.
Une fois de plus, la Communauté de l'Anneau poursuivit sa route vers le sud, observant les rives qui étaient dépourvues de tout signe de vie.
Les roseaux grouillaient de larves de libellules, tandis que les arbres sur les rives étaient occupés par quelques oiseaux osant braver l'hiver. Aragorn percevait les mouvements de quelques bêtes sauvages, mais il n'y avait rien d'inquiétant. Aucune menace n'était visible, ce qui était rassurant.
Les navires poursuivirent leur descente durant deux jours, sans faire d'escales de plus de quelques heures. Les rives sauvages étaient dangereuses, à cause des animaux sauvages qui y proliféraient. Même si les animaux n'osaient pas s'approcher des hommes et du feu, mieux valait être prudent.
Un soir, alors que la compagnie progressait de nuit, le ciel sembla troublé. Le drap bleuté et orné d'étoiles semblait voilé, comme si l'ombre étendait son bras vers le nord. Soudainement, plusieurs étoiles furent éclipsées par une silhouette volant haut dans le ciel.
Legolas observa la voûte céleste avec inquiétude, imité par Madoka, qui ramait avec lui.
- Qu'est-ce donc ? demanda t-elle, attirant l'attention de Frodon et d'Aragorn, qui étaient à portée de voix. Serait-ce un aigle en chasse ?
- Je l'ignore, concéda l'elfe en plissant des yeux. Cependant, vu la forme des ailes, j'ai de sérieux doutes.
Sur ce, il saisit l'arc offert par Galadriel et caressa le chanvre, comme s'il voulait tester les résistances des matériaux. Legolas encocha une flèche soigneusement taillée, banda la corde et décocha un trait sombre, qui se perdit dans l'obscurité.
L'étrange volatile resta en suspension durant de longues secondes, avant de faire une violente embardée.
L'animal poussa un cri de douleur qui réveilla tout le monde, avant de reprendre de l'altitude et de poursuivre sa route vers le sud.
Cependant, ce ne fut pas cette menace qui effraya le plus les douze voyageurs. Le cavalier poussa un cri suraigu qui martela leurs tympans et résonna dans leurs poitrines, suscitant la désagréable impression qu'un morceau de glace vibrait contre le sternum.
- Ils nous épient jusqu'ici ? marmonna le rôdeur pour lui-même. Le bras de l'ennemi s'est assurément allongé, il nous faudra quitter le fleuve au plus tôt.
A cet instant, une détonation résonna dans les bois de la rive orientale. Toutes les têtes se tournèrent vers les bois, tandis qu'une forme ardente s'envola dans les cieux. Un étrange projectile poursuivit la silhouette ailée, avant de la percuter. Une déflagration de lumière illumina l'atmosphère, révélant une silhouette semblable à un dragon. La bête poussa un cri d'agonie et tomba à pic avant de s'écraser quelque part sur la ligne d'horizon.
Le cri de terreur d'un Nazgûl accompagna cette débâcle, alors que la menace ailée disparût dans l'obscurité.
- Qu'est-ce que c'était ? demanda Sam, encore stupéfait par ce qui ressemblait ç une des fusées de Gandalf.
- C'était un tir de lance-roquettes, répondit Kyôko, avant de se rappeler à qui elle s'adressait. Il s'agit d'une arme lançant des projectiles explosifs, pouvant tracer leur cible.
Les autochtones de la Terre du Milieu se regardèrent, avant que Gimli ne pose la question qui semblait leur brûler les lèvres.
- Votre camarade est dans le coup ? grogna t-il, plus sur un ton affirmatif, qu'interrogatif.
Madoka répondit par l'affirmative. Elle ne connaissait qu'une seule Puella Magi capable d'utiliser un tel arsenal et avec une telle précision. Ce coup au but était signé Akemi Homura.
- Cela fait déjà deux fois qu'elle nous débarrasse d'un danger, ajouta Merry. Notre dette vient d'augmenter.
- Mais cela ne rend pas la route plus sûre pour autant, répliqua Aragorn. Les orques patrouillent toujours sur la rive orientale et cette action spectaculaire risque d'attirer beaucoup de regards indésirables.
A moins qu'elle ne fasse diversion, songea t-il, mais il était préférable d'envisager le pire. Lorsque l'on commençait à échafauder des plans basés sur ce que l'on espère que l'ennemi fera, la déconvenue est souvent au rendez-vous. De plus, il valait mieux fonder ses espoirs sur ses talents, que sur les éventuelles erreurs de l'ennemi.
Cependant, ils ne pouvaient rien faire d'autre que de continuer leur chemin. Ils avaient une mission à effectuer et devaient poursuivre vers le sud, dépendants du cours du grand fleuve Anduin.
Au sud, Homura continua de guetter avec ses jumelles à vision nocturne. Abandonnant son rôle de veilleuse solitaire, elle arpenta les sous-bois, jouant de la mitrailleuse lorsque l'occasion s'en fit ressentir.
Après quelques temps, elle trouva ce qu'elle recherchait.
Le cadavre d'un reptile volant gisait dans une mare de sang et de venin verdâtre, alors qu'une cape brûlée gisait sur le cadavre.
De ses bottes, elle dégagea les pièces d'armure, avant de mettre le pied sur ce qu'elle cherchait.
- Adûnaphel, le messager sombre. La septième, murmura t-elle en écrasant légèrement la bague. Désormais, je serais ta maîtresse.
Sur ce, elle ramassa la bague, prenant soin de ne pas enfiler cet Anneau de Pouvoir.
- Il est dangereux de laisser ce genre de secrets de fabrication à portée de main, sourit-elle en concentrant sa puissance dans sa propre soul-gem.
Homura tourna la tête vers l'ouest, dans la direction qu'empruntait la Communauté de l'Anneau.
- Il n'y a qu'un seul seigneur des Anneaux, Saroumane, chuchota t-elle, comme si le mage pouvait l'entendre. Il ne partage pas son pouvoir, il faut le lui arracher de force. C'est ce que je ferais, morceau par morceau.
