Bonjour à tous !

Voici la suite, avec le point de vue des deux jeunes, enlevés par les orques.

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, de vos commentaires.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 23 : Captifs de la main blanche

Le pas sourd et pesant de la horde résonna dans les oreilles de Clara. Avant même que la jeune fille ne puisse ouvrir les yeux, elle fut assaillie par une détestable odeur, mêlant sueur et une crasse repoussante.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit qu'elle était sur le dos d'un ourouk-haï de grande taille. Ses mains étaient liées par une épaisse corde, nouée autour du poitrail du monstre à la large carrure.

Elle regarda autour d'elle, cherchant un repère familier et vit que Pippin était attaché de la même façon qu'elle, à la seule différence qu'il était encore inconscient.

- Lâchez-moi ! ordonna t-elle stupidement, avant qu'un des orques ne lui intime l'ordre de se taire, ponctuant son ordre d'un grand coup de gant métallique dans le visage.

Clara se contenta de lui cracher dessus, montrant son mépris et regrettant son geste à cause de sa gorge sèche.

Elle regretta d'autant plus son geste, que l'un de ses ravisseurs saisit un fouet de cuir attaché à sa ceinture et frappa plusieurs fois la Puella Magi au visage et dans le dos, la blessant au travers de sa robe sombre.

Clara serra les dents, sublimant la douleur, avant que l'orque ne cesse de s'acharner sur elle. L'inconscience bénie tarda à venir, puisque ses blessures se résorbèrent presque instantanément. Son pouvoir était à la fois une bénédiction et une malédiction, lui permettant de ne ressentir presque rien, mais cela permettait aussi à ses bourreaux de la torturer presque indéfiniment.

Un coup bien placé la fit sombrer dans l'inconscience.

Lorsqu'elle se réveilla, toujours attachée à l'ourouk à l'odeur pestilentielle, elle s'aperçut qu'elle avait été baillonnée. Ils avaient ajouté une nouvelle insulte à l'humiliation, songea t-elle en sentant une bouffée de rage agiter son âme.

La course des troupes portant l'emblème de la main blanche se poursuivit, alors qu'ils atteignaient des plaines bordant une forêt.

Son porteur s'arrêta brusquement, levant un bras pour intimer l'ordre à ses soldats de s'arrêter.

Il huma l'air, captant des effluves qui lui parvinrent de loin.

- Qu'est-ce que tu as senti ? questionna son second à la peau noire.

- De la chair humaine, répondit le capitaine. Ils ont suivi nos traces !

- Aragorn, comprit Pippin, dont le visage contusionné laissa voir un grand sourire.

- Ils ont suivi nos traces, gronda le chef d'une voix rauque, avant de serrer ses dents ébréchées et irrégulières. Plus vite !

Le calvaire continua pour Clara et Pippin. C'était même pire, puisque l'ourouk accéléra et fit de plus larges mouvements avec ses épaules, faisant régulièrement buter son casque d'acier contre le visage de la petite fille.

Le soir, alors que la compagnie d'orques longeait une forêt, l'un des sbires de Saroumane se mit à contester les ordres, se faisant le porte parole de certains de ses camarades.

- On n'ira pas plus loin tant qu'on aura pas fait une pause ! exigea l'être à la peau pâle et dont les oreilles ressemblant à des ailes de chauve-souris.

- Alors ramassez du bois et faites un feu, tas de vermine ! ordonna le chef.

Sur ce, les deux prisonniers furent jetés sans ménagement au sol. Les orques se réunirent et l'un deux sortit ses rations. Il caressa le pain dur, qui s'effritait en de petites particules tirant vers le vert bleuâtre.

- Je meurs de faim, grogna l'ourouk en jetant la nourriture au sol. Je n'ai rien mangé depuis trois jours, à part du pain moisi !

- On pourrait les manger eux, siffla un orque en désignant la jeune Puella Magi avec l'extrémité de son couteau.

- Ils ne sont pas à manger ! s'exclama alors le chef. Ordre de Saroumane.

L'orque se montra un peu trop insistant, tapant sur les nerfs de son supérieur, dont la patience n'était, par ailleurs, pas le fort.

Le chef dégaina son cimeterre noirci et décapita promptement le contrevenant à ses ordres. La tête sauta, avant de rouler aux pieds des deux prisonniers.

- Y'a de la viande fraîche au menu, mes amis ! s'écria t-il, pragmatique.

Une soif de sang gagna la horde, qui se rua sur le cadavre pour le dépecer. Les lanières de cuir et les hardes du cadavre furent arrachés par le groupe d'orques.

Pippin et Clara furent rejetés en arrière, totalement oubliés par la horde.

Le jeune Hobbit grimaça, sentant les plaies dans son dos se rouvrir, alors que sa tunique teintée de sang séché lui arrachait les croûtes.

- Eloignons nous, souffla Pippin en rampant, tandis que les deux captifs profitèrent de l'obscurité pour reculer.

Un sifflement jaillit de nulle part, fendant l'obscurité, surprenant les ourouk-haï. Une compagnie de cavaliers venait de surgir à l'improviste, décochant leurs traits empennés de noir contre les monstres, tandis que les plus audacieux dégainaient leurs épées.

Les chevaliers aux robes vertes et aux mailles d'acier étaient nombreux, leurs cimiers reflétaient les flammes des torches que les orques avaient allumées pour se chauffer durant cette froide nuit printanière.

La mêlée devient encore plus furieuse, alors que les chevaliers étaient avantagés par la force de choc de leurs destriers, ainsi que par le fait que leurs montures pouvaient renverser les orques.

L'acier tinta, les lances volèrent en éclats et tandis qu'une furieuse bataille était livrée, personne ne vit que les deux silhouettes vêtues de sombres capes rampaient vers la forêt.

A la faveur de la nuit et de la confusion causée par l'escarmouche, Pippin et Clara s'enfuirent vers les bois. Ils se relevèrent et se cachèrent derrière de larges troncs, soufflant de soulagement alors que les sons du combat semblaient étouffés par les branches.

Clara fit apparaître une petite aiguille sombre sans sa main, semblable à un poignard, dont les bords effilés tranchèrent les liens avec aisance.

- Partons d'ici, suggéra t-elle en se massant les poignets, les environs ne sont pas sûrs.

Clara fit à peine deux mètres, qu'elle gémit. Elle serra son ventre, retenant des larmes de douleur, avant de mettre un genou à terre.

Pippin la releva, alors qu'elle serrait les dents.

- Que vous arrive t-il ? questionna t-il. Est-ce une sorcière ? supposa t-il avec un certain flair.

- Non, haleta t-elle. C'est autre chose. Je ne pe sens pas bien, il me faut un abri.

La jeune fille vomit derrière un arbre, avant que des pas lourds ne se firent entendre derrière eux.

Trois orques venaient de pénétrer dans les bois, sans doute des fuyards ayant réussi à échapper au combat, puisque l'un d'eux avait perdu un bras.

- Grimpe aux arbres ! ordonna t-elle en lui désignant un spécimen tordu au tronc noueux, que Pippin se hâta d'escalader.

Les orques aperçurent bien vite la Puella Magi vêtue de sa courte robe noire. Ils sourirent et se ruèrent vers elle, avec l'évident dessin de la faire souffrir avant de l'achever.

Clara saisit sa baguette noire, qui s'allongea longuement, avant d'empaler le premier des monstres au nez écrasé.

Elle fit un bond en arrière, avant de tituber, mais elle tint bon. D'un seul geste, elle se rua sur les deux derniers orques, écartant leurs lames d'un geste extrêmement véloce, faisant sonner l'acier noirci, avant de briser la garde du manchot en enfonçant sa lame dans le cœur.

La jeune fille se retourna vers le troisième, esquivant son cimeterre, avant de se sentir nauséeuse une fois de plus. Clara sentait sa respiration devenir plus difficile, alors qu'elle fit de son mieux pour ne pas défaillir. Un rideau de sueur glacé coula sur ses tampes, alors qu'elle s'effondra au sol.

Elle tenta de se rattraper, usant de son arme comme d'une canne, mais elle ne parvint qu'à retarder l'inévitable.

Pippin hurla, alors qu'elle s'écroula sur le tapis de feuilles mortes, gisant lamentablement au milieu de champignons, sous le rire de l'orque qui s'avança.

La bête s'avança de la jeune fille inconsciente, mais avant qu'il ne puisse la poignarder, il fut écrasé par un énorme tronc, ressemblant à une jambe.

Le possesseur de ce membre était un immense être à la forme arborée, presque humanoïde, mais dont les traits étaient clairements végétaux.

Un de ses bras se tendit et attrapa délicatement la jeune fille évanouie, avant de la porter devant sa vue.

- Bonjour, petits humains, salua t-il en les observant de ses yeux ambrés.

- Il n'y a qu'elle qui est humaine, nuança Pippin. Je suis un Hobbit, un semi-Homme venu de la Comté. Mon nom est Peregrin Touque, pour vous servir.

- Je n'ai jamais entendu parler de Hobbits, avoua l'arbre. Mais il y a tellement de curiosités en ce monde. Mais je digresse, ajouta t-il avec un grondement. Je suis Sylvebarbe, je suis un Ent de Fangorn.

- Un arbre gardien ? s'étonna t-il avant de sourire. Un berger de la forêt, comme dans le pays de Bouc !

En prononçant ces mots, Pippin repensa à son cousin. Ils avaient été séparés lors de la mêlée furieuse où Boromir s'était distingué par sa force et son courage.

Boromir avait d'ailleurs été tué, il avait vu les trois flèches empennées de plumes de crébains se ficher dans sa poitrine. Le Gondorien s'était battu avec acharnement, mais même le plus valeureux des hommes pouvait être vaincu par un archer.

Ensuite, le Hobbit avait été enlevé par un ourouk de grande taille, qui l'avait emmené loin du corps du Gondorien. Tout ce qu'il pouvait espérer, c'est que les autres aillent bien et que Merry avait réussi à s'échapper.

Le soir même, Sylvebarbe continua encore sa route, s'enfonçant dans la forêt.

- Je vais vous mener en sécurité, expliqua t-il d'une voix rauque, comme je l'ai promis à Gandalf. Ma demeure se situe dans les profondeurs de la forêt, près des racines de la montagne.

Sylvebarbe semblait infatiguable, marchant sans cesse durant des heures, gardant soigneusement la jeune fille.

Clara se réveilla quelques heures plus tard, allongée sur sa cape qui reposait sur un épais tapis de mousses vertes.

Elle s'éveilla lentement et vit que Peregrin veillait sur elle.

- Bonjour Pippin, commença t-elle d'une voix faible. Que s'est-il passé ?

- Reste calme, l'enjoignit-il en posant sa main sur l'épaule de la jeune fille aux longs gants de soie. Tu t'es évanouie, mais Gandalf est parvenu à te soigner. Il n'a pas trouvé ta soul-gem, mais il a utilisé sa magie pour l'atteindre. Ou est-ce que tu la caches ? questionna t-il, intrigué.

La jeune fille fronça les sourcils, mais fut secrètement heureuse que personne ne l'ait dénudée.

Elle regarda autour d'elle, ne voyant rien de plus que des arbres et des fougères, alors que quelques buissons entouraient un bassin narutel, dans lequel l'eau fraîche de la montagne se déversait.

Clara se leva, se dirigeant vers l'eau et plongea ses mains dedans, s'aclaboussant le visage. Malgré la saison, l'eau était fraîche sans être glacée. Elle était revigorante, au point de ramener un peu de vie en elle.

- Vous avez faim ? questionna Merry en lui tendant un morceau de lembas, le pain elfique que Galadriel leur avait fait distribuer.

Clara accepta sans le moindre enthousiasme, n'avalant qu'une petite bouchée prise du bout des dents, avant de redonner le pain au jeune Hobbit.

Pippin ne dit rien, mais il soupçonnait parfaitement que quelque chose n'allait pas avec son amie. La jeune fille semblait de plus en plus mal à l'aise, avec une expression déprimée, comme si le poids de ses souvenirs n'arrivait pas à lui échapper.

Le Hobbit était peut-être insouciant, mais il n'était pas idiot. Clara était rongée par l'angoisse et par la volonté de retrouver sa famille. Son statut lui pesait de plus en plus, alors qu'elle était écrasée par la solitude.

Il baissa la tête, silencieux, sachant que la jeune fille aurait besoin de temps, ainsi que d'une épaule compatissante, pour ne pas craquer.

Il espérait pouvoir être celui qui soutiendrait Clara, l'aidant à porter ce lourd fardeau, avant que la jeune fille ne soit brisée à un point irréparable.