Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre, alors que nous entamons le second livre de la trilogie de J.R.R. Tolkien. J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos commentaires, cela me fait toujours plaisir.

Bonne lecture.


Chapitre 24 : Les chasseurs d'orques

Les plaines septentrionales du Rohan formaient de vastes espaces aplanis, dont les marges étaient composées d'escarpements et de chaos rocheux, dominant des espaces abondamment couverts d'herbes et de graminés.

La haute silhouette d'Aragorn dominait ces pierres blanches, à peine érodées par le vent et par les herbes jaunes qui proliféraient à perte de vue.

- Le Rohan, murmura t-il en contemplant les plaines désertes. Le pays des seigneurs des chevaux. Leurs frontières sont de plus en plus dégarnies, constata t-il. Pas l'ombre d'une patrouille à l'horizon.

Le rôdeur appela l'elfe, lui demandant s'il pouvait l'éclairer à propos d'un nuage de poussière qui s'était formé à l'horizon, mais dont il ne pouvait identifier précisément l'origine.

- La horde à changé de cap depuis hier, nota Legolas. Leurs traces dévient vers le nord-ouest. Ils conduisent les Hobbits en Isengard.

Aragorn comprit immédiatement que Saroumane était le responsable de l'attaque sur l'Amon-Hen. Tous les ourouk-haï qu'ils avaient affrontés portaient l'emblème de la main blanche, le symbole du magicien renégat. Il n'était pas non plus difficile d'en déduire que Saroumane était désireux de s'emparer de l'Anneau.

A ce moment, Gimli glissa le long d'une pente rocheuse, avant de se relever. Toutes les têtes se tournèrent vers le nain, qui se releva prestement, bien qu'il soufflait comme un bœuf.

- Il faut respirer, c'est la clé, se répéta t-il. Nous les nains, nous sommes des sprinteurs, redoutables sur les courtes distances !

Alors que Gimli fournissait un effort supplémentaire, les deux jeunes filles firent un bond impressionnant et le dépassèrent, avant d'atterrir près du rôdeur qui reprit sa course.

Les cinq compagnons poursuivirent leur course, ne s'arrêtant que deux heures durant la nuit, afin de gagner de l'avance sur les ourouk-haï qui avaient enlevé leurs amis.

Le lendemain, alors que l'aube s'élevait en teignant les nuages d'écarlate, les cinq marcheurs avaient repris leur route depuis déjà deux heures.

Legolas observa l'horizon, essayant de discerner une trace de l'armée qu'ils chassaient. Il eut du mal à percevoir quelque chose, mais il nota que des cavaliers étaient en approche.

- Aragorn, des cavaliers approchent. Ils sont cent-cinq et leur chef porte une armure dorée. Ils sont blonds et grands pour la plupart. Ils portent tous des lances, bien qu'il y ait également des archers parmi eux. Apparemment, ils arborent l'étendard du Rohan et les armes du Troisième Maréchal du Riddermark.

- Ce sont des alliés ou des ennemis ? questionna Sayaka.

- Difficile à dire, répliqua Aragorn avec sincérité. J'ai voyagé avec eux par le passé, ce sont des gens honnêtes mais ignorants, braves mais méfiants. En tout cas, ils ne servent pas Sauron, mais je crains que le bras de Saroumane ne se soit allongé.

Ils seraient bientôt fixés, songea Kyôko en voyant ces cavaliers s'approcher. Les deux amies ne restèrent pas sur le passage que l'escouade montée allait emprunter et se replièrent dans les rochers, de même que Legolas et Gimli.

Aragorn laissa les cavaliers passer, avant de reprendre position sur le sentier et de les héler.

- Cavaliers du Rohan ! s'égosilla t-il en levant une main, la paume en avant en un geste d'apaisement. Quelles nouvelles de la Marche ?

Ses compagnons le rejoignirent bien vite, tandis que le capitaine leva sa lance, tournant la bride.

Les cavaliers formèrent un cercle autour des cinq voyageurs, avant de les pointer de leurs lances.

Immédiatement, Kyoko réagit en claquant des doigts. Des milliers de petits carreaux rouges s'élevèrent, formant une barrière protectrice autour des cinq chasseurs.

- Sorcière ! hurla alors l'un des hommes, incitant Sayaka à tirer son arme à la vitesse de la foudre.

- Rendez-vous immédiatement et déposez vos armes ! ordonna leur chef en s'approchant. Vous êtes encerclés !

L'homme aux cheveux blonds était coiffé d'un cimier orné de motifs équins, mais son air supérieur et arrogant irrita hautement Kyôko. La Puella Magi claqua des doigts et fit apparaître un second mur autour des cavaliers, à la différence près que ces carrés étaient ornés de pointes de sang séché.

Pour ajouter une injure supplémentaire, la rousse sauta dans les airs, à plusieurs mètres de hauteur, avant de redescendre derrière ce second bouclier.

- Rectification, corrigea t-elle avec son éternel sourire exaspérant, tout en jouant avec sa lance, dont la taille n'avait rien à envier à celle du seigneur blond. C'est vous qui êtes encerclés. Maintenant, vous allez écouter ce que nous avons à vous dire.

Aragorn essaya de calmer la situation, levant les mains en un geste apaisant.

- Je suis Aragorn, fils d'Arathorn. Mes compagnons et moi-même sommes à la poursuite d'un groupe d'Ourouk-haï, qui ont enlevé deux de nos amis.

- Les ourouks que vous recherchez ont été engagés cette nuit, répondit le guerrier. Nous les avons détruits.

Le regard de Sayaka s'écarquilla d'horreur, alors que ce sentiment fut partagé par ses compagnons.

- Mais il y avait un Hobbit et une jeune fille avec eux ! s'étouffa Gimli, scandalisé.

- Ils étaient petits, avec la taille d'enfants à vos yeux, expliqua Aragorn.

- Il n'y avait que des orques, rien d'autre, contra Eomer. Nous avons récupéré tous les cadavres, les avons entassés et brûlés, ajouta t-il en désignant l'horizon, duquel une colonne de fumée grise émergeait.

Le regard de la rousse se fit de plus en plus sombre, alors que ses dens grincèrent. Une aura sinistre l'entoura, rendant les chevaux très nerveux.

Les bêtes s'agitèrent, mais elles ne pouvaient pas fuir en raison de la barrière entourant l'escouade de cavaliers. L'inquiétude gagna les cavaliers, mais leur chef tenta de faire bonne figure.

- Qui êtes-vous exactement ? demanda le chef, de plus en plus suspicieux.

- Je suis Sakura Kyôko, une Puella Magi. Voici mon amie Miki Sayaka, ainsi que mes compagnons.

- Gimli, fils de Gloïn, se présenta le nain.

- Legolas, fils de Thranduil, du royaume d'Eryn Lasgalen.

- Comme je vous l'ai déjà dit, poursuivit le rôdeur, je suis l'héritier d'Isildur.

Sur ces mots, il dégaina Anduril, laissant la lame luire dans les airs, comme une flamme.

- Me laisserez-vous aider mes amis, où me contrecarrerez-vous ? Choisissez vite ! exigea t-il.

Son intervention fit son petit effet, puisque le chef retira son casque et se montra autrement plus amical, dévoilant les traits du neveu du roi Théoden.

- Cherchez vos amis si c'est là votre désir, mais n'ayez pas trop d'espoir. Saroumane a étendu son influence sur ces terres et à empoisonné l'esprit du roi. Nous sommes restés fidèles et pour cela, nous avons été bannis. Soyez prudents si vous allez à Edoras.

Sur ces mots, il regarda Kyôko et déglutit.

- Vous êtes libres de partir, ordonna t-il, alors que ses guerriers levèrent leurs lances. Pouvez-vous nous laisser partir, s'il vous plait ?

Kyôko désactiva ses boucliers, laissant les cavaliers partir sans encombre.

Eomer offrit également trois chevaux aux étrangers, puisque ces animaux seraient plus utiles à ces étranges voyageurs, qu'à des soldats morts. Il avait le pressentiment que ces cinq personnes pourraient réussir à affronter la magie de Saroumane et il voulait donner au Rohan une chance supplémentaire de lutter contre le magicien blanc.

- Vers le nord ! cria Eomer à ses troupes, reprenant leur marche vers les plaines de l'Estemnet, dont les derniers rapports faisaient état d'incursions d'orques pillant les villages isolés.

Aragorn, Legolas, Gimli, Sayaka et Kyôko montèrent sur les trois destriers, bien que les deux asiatiques eurent beaucoup de mal à se stabiliser. Elles n'avaient jamais fait de cheval et leur malaise était partagé par Gimli.

- Sérieusement, murmura la jeune fille aux cheveux bleus en essayant de se positionner, cette selle est encore moins confortable qu'un banc d'école !

Les cavaliers s'organisèrent rapidement. Sayaka chevauchait avec Aragorn, Legolas et Gimli étaient ensemble, tandis que Kyôko parvenait à manoeuvrer facilement son destrier, donnant des ordres d'une voix sèche et rude.

Aragorn fit claquer les rênes et lança sa monture au galop, se dirigeant vers la colonne de suie qui s'élevait depuis l'horizon.

Pendant que les cinq voyageurs cherchaient désespérément des traces de leurs amis, les troupes d'Eomer poursuivirent leur course contre les orques, parvenant dans un village. Les lieux avaient été attaqués il y a quelques minutes, puisque des cadavres et des traces de lutte étaient visibles, mais l'essentiel des chaumières et des récoltes étaient toujours intactes.

Une centaine d'hommes sauvages et de maraudeurs étaient morts. Le responsable du carnage restait immobile au milieu du corps, tandis que les habitants étaient terrés chez eux, terrifiés par une étrange magie. Seules quelques paires d'yeux courageux osaient observer cette femme vêtue de noir, dont les cheveux corbeau étaient noués en un élégant chignon.

La jeune femme resta immobile, attendant que les chevaliers ne viennent vers elle.

- Qui êtes-vous ? demanda le maréchal en exil, ne recevant aucune réponse.

Le blond s'avança, pour se mettre au niveau de cette étrangère et espérer l'intimider en la dominant de toute sa stature, mais à peine eut-il fait quelques mètres en sa direction, que l'adolescente se retourna vers lui.

Avec une certaine arrogance, elle observa Eomer, laissant le vent agiter les mèches de jais encadrant son visage. D'un geste calme, l'adolescente rangea sa montre dans sa poche.

Eomer fut choqué par l'apparence de cette femme. Elle ne semblait pas plus vieille que l'autre magicienne qui l'avait arrêtée, mais son air froid et déterminé semblait très anxiogène. Surtout, ce qui le terrifia, ce fut son visage. Ses iris d'un pourpre impérial étaient brûlants de détermination. Des larmes de sang avaient coulé de ses prunelles, glissant sur ses cernes et traçant des brisures sur ses joues, comme une toile d'araignée.

- Eomer, fils d'Eomund, appela t-elle, le surprenant puisqu'il n'avait jamais donné son identité. Vous arrivez en retard.

Elle poussa un soupir sarcastique, avec un rire dépourvu de joie.

- Une fois de plus, ajouta t-elle, vous êtes en retard. Vous n'avez pas pu aider votre cousin et vous n'avez pas pu aider ces gens. Dire que vous osez encore prétendre que vous pouvez défendre votre peuple. Cependant, ne soyez pas prompt à céder à la faiblesse et au désespoir. Vous pouvez encore vous rendre utile et protéger votre pays.

- Qui êtes-vous ? exigea t-il. Etes-vous une de ces magiciennes qui ...

- Epargnez votre salive, répondit la femme vêtue d'une robe funèbre sombre, brodée de dentelle élégante. Je suis bien plus qu'une vulgaire Puella Magi. Je ne suis pas comme les deux médiocres imbéciles que vous avez rencontré ce matin.

Eomer et son escorte furent saisis par la stupeur. Comment quelqu'un pourrait-il être au courant de cette rencontre ? Comment cette jeune fille à pied aurait-elle pu dépasser ses destriers, à la fois endurants et rapides ?

- Comment le savez-vous ? demanda t-il en pointant sa lance sur elle.

Homura soupira, écartant l'arme en mettant son index sur la partie acérée, avant de la repousser sans se blesser.

- Je suis devenue bien plus qu'une vulgaire magicienne et même plus qu'une sorcière. Un être de mon calibre, prêt à absolument tout pour atteindre ses objectifs, avec un pouvoir éclatant ... vous avez déjà deviné. Même un esprit aussi étriqué que le votre ne peut se voiler la face devant moi. Je suis celle destinée à être le Diable, à écraser toutes les déités pour réécrire l'univers à sa convenance. Mais si souhaitez avoir un nom ... vous pouvez m'appeler Akuma Homura.

Sur ces mots, la jeune fille s'avança vers lui, disparaissant et réapparaissant aléatoirement, changeant d'emplacement en un instant, avec une indifférence nonchalante. Elle donnait l'impression d'être une anomalie, quelque chose qui n'arrivait pas à trouver sa place et qui n'avait rien de normal.

- Vous allez poursuivre vos opérations, ordonna t-elle, en menant vos hommes vers le sud-est, afin de détruire une armée d'ouargues, puis vous reviendrez au Gouffre de Helm, dans la nuit du 3 au 4 mars.

Sur ce, elle s'avança d'Eomer, avant de léviter dans les airs pour se mettre à son niveau et le fixer dans les yeux.

- Ce n'est qu'en suivant mes ordres que vous pourrez sauver votre pays. Je ne mènerais plus de bataille pour vous, précisa t-elle d'un ton sec. Je suis très occupée, alors faites ce que je vous dis. Si vous ne m'obéissiez pas, ajouta t-elle en faisant glisser sensuellement un doigt sur le menton du Rohirrim, je le saurais. Je n'aurais plus qu'à utiliser votre oncle et votre sœur comme mes petits pantins.

Eomer frissonna, ayant l'impression d'avoir été touché par les doigts glacés de la mort. Cependant, il n'allait pas laisser cette chose menacer sa famille.

Il saisit sa lance et embrocha la créature au niveau du nombril. La lance perça les chairs, faisant ressortir les viscères de l'autre côté. Homura observa son abdomen avec un intérêt morbide et rit, retirant l'épieu ensanglanté.

- Vous n'avez tout de même pas espéré que cela serait suffisant pour abattre une divinité ? s'amusa t-elle en reculant et en posant de nouveau pied à terre.

- Vous prétendez être une déesse, rétorqua le chevalier, mais vous avez besoin des mortels pour agir.

- Faux, coupa t-elle avec dédain, repoussant une de ses mèches sombres. Je pourrais le faire par moi-même, mais je préfère largement déléguer et laisser les choses se faire par l'intermédiaire de mes petits pions. Cela me laisse plus de temps pour comploter, mais au final, le résultat sera le même.

Eomer serra les dents, mais il avait bien vu qu'il ne pouvait pas combattre cette créature. Il n'avait pas osé affronter les deux magiciennes ce matin et celle-ci semblait bien plus puissante.

- Pourquoi nous laisser le choix ? interrogea t-il, alors qu'elle s'éloignait. Pourquoi ne pas tout faire par vous même ?

- Pourquoi tout faire de mes mains, agir avec mon pouvoir divin, sans avoir à comploter, ni même vous manipuler ? questionna t-elle en poussant un rire malveillant, avant de s'éloigner.

Après quelques secondes de marche, Homura se retourna légèrement, l'observant du coin de l'œil et lui adressant un sourire machiavélique.

- Où donc serait le plaisir ? rétorqua t-elle avant de disparaître.