Bonjour à tous !

Voici la suite, avec un peu d'action à Edoras.

J'espère que ce chapitre vous plaira.

Bonne lecture !


Chapitre 26 : La princesse guerrière

Suite aux révélations de Kyubey, qui avait dévoilé la vérité sur les Puella Magi, Eowyn laissa tomber ses couverts d'argent, avant de se redresser.

Sans même demander l'autorisation de sortir de table, la blonde aux yeux tremblants quitta la pièce, avant de s'enfermer dans sa chambre.

- Je suis navrée, s'excusa précipitamment Sayaka à la place de son amie, sans trop savoir pourquoi. Je sais que c'est dur, mais elle devait connaître la vérité. D'autres magiciennes auraient pu exploiter les faiblesses d'Eowyn au moment le plus délicat, afin d'éliminer une conccurente.

- Ouais, gromella la rousse. Homura n'aurait pas hésité. Elle aurait balancé toutes ses vérités, avant de profiter de l'occasion pour écraser une rivale inexpérimentée.

Elle non plus, d'ailleurs, songea amèrement l'orpheline. Il n'y a pas si longtemps, elle n'aurait pas hésité à se débarrasser d'une rivale, de façon à assurer la sécurité de son territoire de chasse.

Cependant, la nécessité de récupérer des grief seeds était devenue nulle, en raison de la présence de Gandalf. L'anneau de pouvoir du Magicien blanc était capable de purifier son âme, alors elle n'allait pas se priver de ce don qui lui évitait de se lancer dans une fastidieuse chasse aux sorcières.

Ce monde était moins peuplé que la Terre, mais paradoxalement, les grief seeds étaient plus puissantes, ce qui les rendaient utilisables plusieurs fois. C'était un avantage, mais en contrepartie, les sorcières étaient bien plus dangereuses.

Kyôko frémit, légèrement dégoûtée de la personne qu'elle avait été. Le tressaillement dans ses épaules, ainsi que la contraction des muscles de ses joues ne passa pas inaperçu, en particulier pour sa camarade à la chevelure azurée, qui terminait une pomme de terre légèrement roussie, maniant assez aisément sa fourchette pour reprendre un peu de jambon.

Théoden resta calme, jusqu'à ce qu'un messager n'arrive en trombe dans la salle du trône.

- Sire, commença t-il en s'inclinant, haletant à cause de la course qu'il venait d'accomplir, tandis que l'odeur de cheval qui l'accompagnait indiquait qu'il avait du faire une sacrée chevauchée.

- Parle, messager, ordonna Théoden.

- Nos éclaireurs nous signalent que l'Isengard est passé à l'action. Saroumane lance une immense force contre nous, l'armée ennemie à commencé sa marche. Selon les premières estimations, ils se dirigent droit vers le Gouffre de Helm. Des cavaliers ouargues ont déjà été aperçus, ils semblent agir en éclaireurs. Ils atteindront la forteresse dans moins de quatre jours.

Le roi donna immédiatement l'ordre aux forces armées de se mettre en ordre de bataille, tandis que la population devait évacuer. Edoras était difficilement défendable, avec ses murs de bois autour d'une plaine ouverte, alors il devait mettre sa population en sûreté.

- Combien sont-ils ? questionna le monarque.

- Envion dix-mille, répondit le porteur de mauvaises nouvelles.

Le roi se figea, atterré. Une telle armée, avec une ampleur aussi importante, semblait presque inimaginable.

Il donna de nouveaux ordres, préparant à évacuer la population pour ne pas la laisser à la merci de l'armée ennemie, alors que sa nièce reparut.

Eowyn avait les yeux légèrement rouges, mais elle restait digne et droite. Personne n'aurait pu dire si elle avait pleuré, tant elle restait stoïque.

- Veuillez m'excuser pour mon attitude, déclara t-elle formellement, s'inclinant devont son roi et parent.

Théoden lui pardonna bien vite, ne sachant pas comment s'enquérir de l'état de sa nièce. Il se doutait bien qu'elle n'allait pas bien du tout, mais qu'elle faisait bonne figure en public. Eowyn avait toujours été forte, surtout depuis le décès de ses parents.

La réunion fut interrompue par l'arrivée de deux réfugiés. Il était coutume d'accueillir tous ceux étant dans le besoin et Théoden avait toujours ouvert les portes du château d'or à ceux le nécessitant.

Les deux arrivants étaient assez jeunes, il s'agissait d'un petit garçon d'à peine huit ans, accompagné de ce qui devait être sa sœur et qui avait à peine fait son entrée dans l'adolescence.

La jeune fille était ravagée par l'angoisse, à cause du fait que son petit frère s'était évanoui durant le trajet.

Les soigneurs du roi prirent le jeune en charge, tandis que la jeune fille racontait ce qu'il s'était passé à son roi. Elle conta toutes ses péripéties, depuis l'attaque des ourouk-haï, jusqu'à sa fuite.

En temps normal, elle se serait adressée avec respect, mais cet homme âgé et usé, las à cause de sa pesante fonction, lui faisait pitié.

Lorsqu'elle eut fini, elle demanda des nouvelles de son frère. Le médecin était très gêné, mais il osa lui avouer la vérité. Son cadet n'avait pas survécu.

La jeune fille baissa les yeux et avant même que quelqu'un ne puisse lui dire le moindre mot, elle redressa la tête pour fixer Théoden avec un regard haineux.

- C'est de votre faute, cracha t-elle. Vous restez ici, bien à l'abri, au chaud, à vous gaver, tandis qu'on crève de faim et qu'on se fait piller par tous.

- Un peu de respect ! cracha alors Théodred. Vous parlez au roi, je vous le rappelle !

- Je vous hais tous ! hurla t-elle, avant de s'entourer d'un éclat de lumière.

La jeune fille s'écroula au sol, inanimée, tandis qu'une sphère noire, à l'aura mortifère, flottait au dessus d'elle.

- Grief seed, marmonna Sayaka, essayant de trouver Kyubey, sans succès.

- Elle va se transformer en sorcière ! alerta Kyôko. Reculez tous !

La graine empli de chagrin scintilla, avant de projeter une masse de couleur. La salle devint verte, avec des motifs psychédéliques rappelant les blés murs sous le ciel bleu.

Au centre, une créature monstrueuse se tenait. Il s'agissait d'un centaure, dont la silhouette humaine ressemblait à un épouvantail, dont le visage de paille était gravé d'une parodie de sourire.

La créature tenait une faux entre ses mains de bois et poussa un cri guttural qui n'avait rien d'humain.

Tandis que la garde protégeait le roi, tendant leurs lances, Sayaka et Kyôko dégainèrent leurs propres armes.

- C'est une sorcière maintenant, expliqua la rousse. Vous ne pouvez rien faire. Seule une Puella Magi à une chance contre elle.

La rousse se tourna vers Eowyn et lui sourit.

- C'est le moment, princesse. Utilise ta magie et viens te battre à nos côtés. On ne sera pas trop de trois pour la vaincre.

La princesse guerrière passa outre le tutoiement, qui ne l'affecta pas du tout, avant de dégainer une deux épées d'une longueur respectable.

Théoden ordonna à sa nièce de se retirer, mais Eowyn refusa obstinément, décidant d'affronter l'ignoble créature devant elle.

Le centaure poussa un hurlement, malgré qu'il n'ait pas de bouche. Ce cri résonna dans les entrailles de ceux qui l'écoutèrent et plusieurs soldats s'effondrèrent, tétanisés. Même Théoden recula, comme gelé de l'intérieur. A l'exception des trois magiciennes, seul Gandalf résista à l'aura de désespoir.

La sorcière avança, enjambant le cadavre de la jeune fille qu'elle était il y a encore quelques minutes, avant de créer une large faux.

La bête poussa un grognement inintelligible, mais que les trois combattantes comprirent aisément, plus qu'elles n'entendirent, car leur tympans ne captaient qu'une nuisance, comme une craie crissant sur un tableau.

Sayaka chargea la première, mais son katana fut paré par le manche de la faux. D'un seul geste brusque, la sorcière repoussa l'assaillante aux cheveux azurés, avant de faucher les deux autres.

- Saute ! hurla Kyôko en voyant que la blonde était tétanisée par cette horreur.

Eowyn obéit instinctivement, esquivant le métal acéré de l'outil paysan, avant de charger.

Plusieurs chevaux faits de flammes grises émergèrent autour de la sorcière. Eowyn frappa instinctivement de ses lames doubles, alors que les apparitions s'étiolaient. Cependant, malgré ses efforts, il semblait que pour chaque cheval spectral abattu, deux autres destriers apparaissaient.

- Concentre-toi sur la sorcière, signala Kyôko. Si tu te focalises sur les familiers, on y sera encore demain ! Vise ses jambes pour la faire tomber !

Eowyn changea de cible et s'attaqua au centaure. Elle se rua vers la bête et esquiva un coup de faux en faisant une belle roulade. Cependant, alors qu'elle se relevait pour poursuivre sa route, elle ne put esquiver le retour de la faux.

Le manche la percuta dans le ventre, faisant exploser les organes internes, avant de la projeter vers le haut.

- Eowyn ! hurla le roi, tandis que la blonde fut catapultée vers le plafond.

La princesse percuta violemment une poutre, avant de s'écraser contre le plancher, fracturant le sol.

- Allons ! Debout ! cria la combattante à la longue chevelure flamboyante, ne se retournant même pas pour ne pas quitter son ennemi des yeux.

La blonde se redressa, sans la moindre douleur pour défigurer ses traits. Elle fut animée d'une nouvelle détermination, se préparant à affronter la bête.

Le centaure rugit, avant de ruer et de frapper Sayaka qui s'était glissée derrière la sorcière.

La Puella Magi avait cru en sa bonne étoile, mais deux familiers ressemblant à des licornes venaient de surgir près d'elle. Alors qu'elle exécutait une frappe sèche et rapide, la collégienne fut frappée de plein fouet par les sabots, la frappant dans la mâchoire et la projetant à travers un mur donnant sur les plaines environnantes.

Kyôko chargea, utilisant sa lance pour bloquer la large faux.

- Défonce-la ! meugla t-elle à l'agresse d'Eowyn, je la retiens !

La blonde chargea entre les colossales jambes, tranchant les membres avant, puis lacérant les tendons arrière, faisant mugir la bête.

Le centaure s'effondra au sol, amputé des pattes soulevant son buste, alors que sa tête de paille fixa les deux combattantes. Les épis s'élargirent, en une parodie de grimace, faite par quelque chose qui n'avait qu'une vague idée des émotions.

Un éclat de lumière magique bleutée émana du centaure, crachant une rafale ardente, que Eowyn esquiva avec grâce.

- Eclate-là ! brailla Kyôko en détournant un nouveau faisceau d'énergie.

Eowyn chargea, décapitant la bête qui poussa un cri plaintif, presque terrifié à l'idée de mourir. Même si cette bête était un monstre, animé par les plus noirs sentiments, elle partageait une crainte inhérente à tous les êtres vivants. Au crépuscule de son existence, tout être était partagé par l'enthousiasme à l'idée de savoir ce qu'il y avait de l'autre coté, tout en étant inquiet par l'idée de tout perdre en ce monde et terrifié par la crainte de finir dans le néant en ayant gaché tout le potentiel dont il disposait.

- Je ... ne ... vais pas ... finir ! s'égosilla la bête en s'agitant de spasmes. Tu ... es ... terminée !

Kyôko frappa le corps avec une violence peu commune, plongeant sa lance dans les viscères, transperçant la bête le plus possible, avant qu'elle n'explose.

Un laser et plusieurs boules de flammes émergèrent de la carcasse, soufflant Kyôko en arrière, au point qu'elle s'écrasa à coté de Théoden.

Eowyn se rua contre la sorcière et faucha tous les tentacules et les lambeaux de chair qu'elle pouvait voir, avant que ses épées ne scintillent. D'un geste elle les plongea dans la masse organique, qui finit par voler en fragments sombres.

Le cadavre fut soufflé, éparpillant de fines cendres, ne laissant pour seule trace de la sorcière qu'une gemme d'un noir sordide.

Les deux jeunes filles s'approchèrent des restes de la sorcière et Eowyn récupéra la gemme.

- Qu'est-ce que j'en fais maintenant ? demanda t-elle, le regard perdu.

Kyôko lui expliqua brièvement le fonctionnement de la gemme et l'on put voir que la princesse disposait d'une pierre d'un vert étincelant, qui s'éclaircit à mesure qu'elle était purifiée.

La grief-seed glissa hors des doigts faibles de la Puella Magi et roula sur le sol. Elle fut arrêtée par une petite patte blanche.

- Je vous remercie, déclara le félin manipulateur en absorbant la pierre, avant de s'esquiver comme un voleur.

Kyubey consomma cette vie, comme si elle n'avait aucune valeur.

Eowyn resta immobile, choquée par ce qu'elle venait de voir. Une Puella Magi venait de se métamorphoser en sorcière et Kyubey avait aspiré son âme, mettant fin à un cycle, tout en laissant aux deux demoiselles le soin de le poursuivre.

Qu'elles le veuillent ou non, elles n'avaient pas le choix. Elles en faisaient partie et même si elles refusaient de tuer des sorcières, elles finiraient par périr.

- C'est donc ça que l'on appelle l'inéluctabilité du destin, murmura Eowyn, tandis que Sayaka réapparaissait à travers le trou dans le mur. J'ai toujours voulu échapper à ma cage dorée, à mon statut de femme et de princesse, tant je le trouvais lourd.

- Et maintenant, coupa Sayaka, tu te trouves esclave d'un destin encore plus cruel encore. Tu n'as plus le choix, tandis que tu ne sais pas comment réagir.

Le silence éloquent de la princesse guerrière fit soupirer Sayaka.

- Tu sais, confessa la collégienne en passant une main dans ses cheveux retenus par une barette dorée, lorsque j'ai découvert la vérité, j'ai abandonné. J'ai décidé que j'allais répandre la justice autant que je pouvais, puis que je mourrais. C'était mon destin, alors je ne voyais plus l'intérêt de lutter contre l'inévitable. J'avais l'impression que l'avenir finirait dans les ténèbres, alors tout ce que je voulais, c'était me transformer le plus vite possible, mourir aux cotés de quelqu'un ayant encore un peu d'estime pour ce que j'étais, avant de me métamorphoser en espérant que cette personne aurait assez de pitié pour m'achever.

Kyôko déglutit, se souvenant de l'apparence cadavérique arborée par Sayaka lors de leur confrontation, avant que la plus jeune ne prenne le train.

- Maintenant que j'y repense, poursuivit Sayaka, je me rends compte à quel point j'ai été égoïste. Je voulais juste choisir la solution de facilité, oubliant commodément que j'allais libérer une bête qui tuerait des innocents sans se soucier de ses crimes, qui pourrait s'en prendre à ceux que j'aime, sans même parler de la douleur que ma mort causerait. Maintenant que j'y repense, le seul bon choix que j'ai est de combattre le plus longtemps possible, de lutter pour ceux que j'aime et de résister. Lorsque je n'aurais plus le choix, que je sentirais le moment venu, je briserais ma gemme, de façon à ne pas devenir une sorcière.

Sayaka sourit légèrement, s'étirant rapidement.

- Sans oublier, ajouta t-elle de son sourire mutin, que ça fera bien chier cette enflure d'Incubateur.

Kyôko poussa un petit rire, avant de se retourner vers le roi.

- Alors, pour revenir à cette histoire d'invasion et d'orques, qu'est-ce qu'on fait ?