Bonjour à tous !

Voici la suite, en se plaçant du point de vue de Frodon, Sam et Madoka.

Bonne lecture.


Chapitre 27 : La route vers le Mordor

Le destin avait peut être séparé les membres de la Communauté de l'Anneau, mais cela ne les empêchait pas de se faire du souci pour les autres.

Chaque groupe faisait de son mieux pour faire triompher les forces des Peuples libres, affrontant les armées du mal comme il le pouvait.

Dans la cité d'Edoras, Théoden ordonnait à la population d'évacuer en ne prenant que le strict nécessaire, afin de rejoindre la forteresse du Gouffre de Helm dans les plus brefs délais.

Sayaka porta son regard vers l'est, observant l'horizon avec une expression anxieuse.

- J'espère que tout ira bien pour toi ... Madoka.

Alors que Sayaka se faisait un sang d'encre pour sa camarade, elle n'imaginait pas les épreuves que ses compagnons avaient du affronter.

Depuis la bataille de l'Amon Hen, trois personnes s'étaient éloignées vers l'est et se dirigeaient vers les terres désolées du Mordor.

Deux Hobbits et une humaine poursuivaient leur périlleux périple. Les semi-hommes étaient vêtus de leurs habits de voyage, couverts de capes elfiques brunes. Avec eux, la jeune fille arporait une cape de même facture, mais ses habits se composaient d'une tenue de marin blanche, modifiée par ses soins.

Les trois voyageurs erraient dans un labyrinthe rocheux, dont les pics gris et les escarpements étaient tous semblables. Il leur semblait que quelqu'un se soit amusé à dessiner un paysage régulier, juste pour perdre les inconscients qui s'aventureraient ici, les laissant perdre leur sang-froid dans ce paysage chaotique.

- On tourne en rond depuis des heures ! ragea Frodon en reconnaissant la veine de minerai cuivrée, qui avait une forme de roue bien curieuse, devant lequel il venait de repasser une fois de plus.

- Pas de panique, répondit Sam en escaladant une haute marche, avant d'observer les environs. Je crois que je vois une faille là-bas, qui passe entre les deux blocs que nous avons vu lors de notre départ.

Le Hobbit joufflu tendit sa main pour aider ses deux autres compagnons à passer, avant de sourire.

- Il y a toujours une solution, même si elle n'est pas évidente, déclara t-il en citant son vieux père.

- Rien ne peut entamer ton optimisme, Sam, sourit la jeune fille les accompagnant, alors qu'un souffle de vent agita ses deux couettes roses.

- Si, ces nuages le peuvent, répliqua Sam en désignant les épaisses masses sombres couvrant l'horizon, agglomérées autour des montagnes dénudées.

- Ils font cet effet sur tout le monde, frémit Madoka en détournant le regard. Je me sens mal à l'aise rien qu'en les regardant et j'ai l'impression que ça ne fera qu'empirer. Mais on ne peut rien faire pour le moment, nous ne pouvons que faire avec le temps qui nous est imparti.

Sur ces mots, les trois voyageurs poursuivirent leur route dans les labyrinthes de rochers, cherchant à garder un cap dans ce détale naturel fait de formations grises et déprimantes, dépourvues de toute vie.

Depuis le début, ils avaient été seuls, avec pour seul compagnon le sifflement du vent. Aucun arbre, aucune plante ne rendait le paysage moins austère, tandis qu'aucune vie n'avait été vue. Elle n'avait aperçu aucun campagnol, aucun insecte, absolument rien.

Maintenant qu'elle y pensait, ce manque de vie était sinistre et lui fit davantage peur. Elle aurait aimé voir une plante grimpante Elle aurait même préféré voir une grosse araignée noire, plutôt que ce sol de gravillons et de pierres poussiéreuses.

Madoka resta proche des deux Hobbits, qui semblaient aussi inquiets qu'elle. Ensemble, au milieu de ce paysage sordide, la présence des autres conjurait un tant soit peu la crainte produite par cet environnement.

Les trois aventuriers poursuivirent leur chemin, s'enfonçant dans une fissure étroite à travers un massif rocheux, jusqu'à ce que l'air ne leur amène des tintements d'acier.

A mesure qu'ils avançaient entre les pierres, ils entendirent plus clairement ce qui ressemblait à des bruits de lutte.

Ils s'accroupirent et rampèrent à travers les rocs, couverts par leurs capes elfiques qui avaient pris un ton gris, presque poussiéreux.

Avec parcimonie, ils s'approchèrent d'un éboulis qui dissimulait la voie à suivre. Sam leva la tête le premier, avant de faire un geste, invitant les deux autres à faire de même.

Le trio découvrit un spectacle effrayant. Une vingtaine d'orques avaient été abattus, leurs cadavres gisant au sol, dans une flaque de sang noir. Autour du charnier, deux petites filles se battaient avec acharnement. L'une était une belle blonde aux yeux verts, vêtue d'une robe grise et d'un chapeau noir, qui tenait une longue aiguille noire encore plantée dans un corps.

- As-tu fini, Reiketsu ? demanda t-elle à l'adresse de sa camarade. Maîtresse Echec sera encore plus fâchée si tu tardes à dégager la voie pour Madoka.

- Elle n'est jamais contente, Nekura, répliqua l'autre blonde aux yeux céruléens, qui s'amusait à percer des petits trous dans un cadavre, usant de son arme effilée. Surtout, cesse de mentionner ce nom, je commence à en avoir assez d'entendre toujours quelqu'un parler de Madoka. Madoka par ci, Madoka par là ... ça m'énerve ! Même Echec ne cesse de nous rabâcher les oreilles avec sa Madoka. Si ça ne tiendrait qu'à moi, je te la découperais en morceaux, membre par membre. Echec aurait plus facilement son cœur et au moins, elle serait plus facile à transporter, la Madoka.

Madoka frémit, avant de se cacher davantage, n'osant plus regarder ce que faisaient ces terribles créatures. L'une de ces jeunes filles parlait même de la dépecer et énumérait une liste abjecte de sévices, un sourire aux lèvres.

- Tu ne devrais pas parler comme ça, avertit la blonde au chapeau circulaire. Si Maîtresse t'entend, elle te mettra au placard. Nous sommes ses enfants, mais avant tout ses petits jouets.

- J'emmerde Echec, cracha Reiketsu. Elle et toutes les idiotes qui la suivent.

- Et Usotsuki ? s'enquit Nekura, blessée d'être ainsi cataloguée par sa sœur. Elle est déjà partie depuis plus d'un mois. Est-ce que tu n'éprouves rien pour elle ?

La jeune fille ricana légèrement, esquissant un pas de danse devant les morts, remettant son petit chignon en place.

- Tu n'as pas compris, coupa froidement Reiketsu avec dédain. Je ne me soucie pas de ce pantin que la maîtresse à envoyé en mission auprès des autres. D'ailleurs, je ne me soucie pas plus de toi. Vous n'êtes que des incapables et j'ai hâte que l'Akuma se réveille. Là, les choses seront vraiment intéressantes.

- Tu aimes le carnage, encore plus qu'Higami, chuchota sa sœur à la robe surmontée d'un gilet noir et carrelé.

- Ne me compares pas à cette tarée, exigea la blonde vêtue d'une livrée à la queue de pie. Je ne trouve aucun plaisir à sacrifier des enfants vivants, juste pour satisfaire mes envies les plus ignobles. Qu'elle se complaise à aimer le carnage, tant qu'elle fasse ce qu'il faut pour notre plan.

L'autre renifla avec mépris, retirant son arme du corps de l'orque, essuyant l'acier noir sur les hardes du cadavre.

- Elle n'aura aucun problème pour ça, siffla Nekura. Elle est plus puissante qu'une Puella Magi. Elle en a combien déjà à son actif ? Trois, si je me souviens bien.

- Elle en a tué cinq, corrigea sa sœur en gloussant, mais ce n'était pas bien difficile d'abattre ces filles sans entraînement. Maintenant, retournons voir Maîtresse Echec. Nous en avons fini ici.

Les deux créatures sourirent, s'éloignant en produisant un petit cliquetis de bois et de métal, avant de disparaître derrière le versant d'un massif granitique.

Les trois voyageurs s'observèrent, ne sachant pas comment ils devaient réagir. Ces individus étranges ressemblaient fortement à Clara et agissaient étrangement. Elles avaient abattu tous les orques sur leur chemin, ce qui facilitait la quête du porteur de l'Anneau, mais elles le faisaient parce que quelqu'un désirait attirer Madoka.

La façon totalement détachée dont Reiketsu avait parlé de dépecer la Puella Magi, avait fait frémir la jeune fille aux cheveux roses, qui n'osait imaginer ce que l'on prévoyait pour elle. Elle savait cependant que quelqu'un planifiait quelque chose la conernant. Si ces créatures, de simples serviteurs, étaient capables de vaincre une Puella Magi sans difficulté, elle n'avait aucune envie de rencontrer leur chef.

- Que sont-elles ? demanda Frodon.

- Je n'en sais rien, avoua Madoka. Elles dégageaient une énergie familière, mais ce n'étaient ni des Puella Magi, ni des Sorcières. Cela ressemblait à des familiers, mais en plus puissant et en très différent. Elles ont une conscience et leur âme est dans leur corps. C'est ... c'est bien ce qui m'inquiète le plus, c'est quelque chose que je ne connais pas.

- Ce qui m'inquiète davantage, chuchota Sam, c'est qu'elles ont parlé d'une camarade en mission, appelée ... Usi ... non, Usotsuki, partie en mission depuis plus d'un mois. Compte tenu qu'elles ressemblent à Clara, je commence à avoir des doutes.

Madoka réfléchit, murmurant ce nom.

- Usotsuki, répondit Madoka, est un prénom que l'on pourrait traduire par « Menteur » ou « Menteuse » si on parle d'une femme. Si Clara et cette Utotsuki ne font qu'un, cela explique sa facilité à s'être glissée parmi nous. Sans vouloir porter d'accusations, je pense que quelqu'un s'amuse à nous utiliser et se sert de ces jeunes filles pour influer sur la Terre du Milieu.

- Comme un joueur d'échecs, conclut Frodon.

Madoka réfléchit quelques secondes, se souvenant de ce jeu qu'elle n'affectionnait pas particulièrement, préférant le go.

- En effet, admit-elle. Maintenant, la question est de savoir si le fait d'entendre cette conversation était un accident, ou bien quelque chose d'intentionnel, mis en place par le maître du jeu. Si cette personne nous a volontairement donné cet indice, je n'imagine pas qu'il désire, ni même ce qu'il planifie.

- La seule chose dont nous sommes certains, suggéra Sam, c'est que cette personne ne travaille pas avec Sauron. Sinon, l'Unique serait déjà retombé entre les griffes de l'œil du Mordor.

- Pas de conclusions hâtives, tempéra Madoka. Peut-être que ce chef mystérieux ne veut pas que Sauron récupère immédiatement l'Anneau. Qui sait ce qu'une personne aussi fourbe, capable de contrôler des centaines de personnes à des centaines de lieues, est capable de planifier.

Frodon songea à cette rencontre dans les collines à l'ouest des Monts Brumeux, lorsque les onze marcheurs étaient tombés sur une horde d'orques assassinés.

Les mots de Kyôko et de Sayaka lui revinrent en mémoire.

Elles ne connaissaient qu'une personne, capable d'être aussi omnisciente et manipulatrice. Il s'agissait d'Akemi Homura.

Si cette Homura s'était entourée d'une cour de pantins, qu'elle employait pour davantage de facilité, cela signifiait qu'elle était devenue encore plus puissante et plus dangereuse.

Il avait l'impression qu'elle lui ouvrait une voie, mais qu'elle lui laissait le choix de l'emprunter, limitant la difficulté, sans toutefois réduire ce voyage à une promenade de santé.

- Nous n'avons pas le choix, reprit le Hobbit. L'Anneau doit être détruit. Nous devons poursuivre notre route.

Le trio continua pendant quelques heures, avant que la nuit ne tombe. Ils décidèrent communément de faire un arrêt, puisque continuer dans l'obscurité serait trop dangereux. Avancer à l'aveuglette dans des ravins pouvait s'avérer funeste.

Cependant, ils dormirent dans le froid. Allumer un feu dans cette obscurité était même plus dangereux, puisque dans cette obscurité, les flammes seraient bien visibles pour tous les observateurs.

Les trois voyageurs se couchèrent, épiés par une paire d'yeux globuleux, brillants comme des lampes.