Bonjour à tous !
Je publie la suite, j'espère qu'elle vous plaira.
N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires et de vos idées.
Bonne lecture !
Chapitre 29 : Le Gouffre de Helm
Le ciel s'obscurcissait d'heure en heure au dessus du pays du Rohan.
Théoden et ses hommes s'étaient repliés vers la grande forteresse du gouffre de Helm. C'était un calcul tactique, puisque même si le roi abandonnait son royaume à l'immense armée, il jugeait plausible que l'ennemi tenterait d'abord d'annihiler l'armée royale, avant de piller le pays.
Le choix de se replier dans la forteresse était logique, puisque affronter une armée largement supérieure en nombre en rase campagne était suicidaire, notamment lorsque ladite armée était composée de piquiers qui ne feraient qu'une bouchée de sa cavalerie.
Les forces de Théoden, considérablement amoindries par la nécessité de sécuriser les frontières, avaient galopé dans les prairies d'herbes jaunes, soulevant une colonne de poussière.
Les chevaux écumaient à cause de l'effort demandé, mais Théoden n'allait pas ménager ses montures. Les soldats combattraient à pied lors de la bataille à venir et chaque minute gagnée était précieuse. Les chevaux se reposeraient lors de la bataille, pas ses hommes.
La troupe arriva en vue du Gouffre de Helm, après un voyage sans encombre. Les réfugiés avaient ralenti le convoi, mais Théoden avait forcé les civils ayant emporté des biens inutiles à se délester de leurs trésors.
A part les personnes lésées, personne n'avait rien trouvé à y redire. A quoi bon être riche, si l'on était mort ?
Vers le début de l'après midi de ce trois mars, la colonne arriva en vue des contreforts des montagnes blanches.
Les hautes cimes enneigées étaient noyées dans les nuages, mais la combe la plus proche était bien visible.
Cet espace, large d'environ trois cent mètres, était barré par un large mur, qui semblait particulièrement imposant. Aucune ouverture n'était visible, à l'exception d'un petit caniveau barré de plusieurs épaisseurs de métal. Cette petite ouverture laissait échapper les eaux d'un ruisseau, qui parcourait la vallée avant de rejoindre d'autres torrents qui parcouraient la plaine en dessinant des méandres sinueux.
Le mur était dominé par une forteresse prenant appui sur la falaise. La forteresse en elle-même n'occupait qu'un quart de cet espace muré, mais ses murs s'élevaient au-dessus de la défense principale, tandis qu'un donjon bâti avec de belles pierres surplombait l'ensemble, adossé à la montagne.
Lorsque le roi s'approcha des portes, un des gardes sonna de sa trompe et ouvrit les portes sans faire attendre son suzerain.
Théoden laissa son cheval aux soins d'un palfrenier et convoqua l'intendant de la forteresse, pour lui faire connaître ses ordres.
Rapidement, le monarque accompagné des étrangers et de son maréchal, examina les défenses.
Lorsque le roi monta sur le mur, il observa la portion de la plaine fermée par le mur. A l'intérieur, il y avait des paysans qui cultivaient une part des terres, profitant de la terre régulièrement irriguée par le ruisseau. Tous ces braves paysans entretenaient des cultures de blé vert et retirèrent leurs chapeaux, baissant la tête pour honorer leur roi.
- Il faudra couvrir le mur avec les trois cinquièmes de nos escouades, ordonna t-il. Les autres couvriront la chaussée. Je ne veux personne en repli au bastion, nous n'y prendrons position qu'en cas de nécessité.
Puis, il observa les paysans et soupira en voyant ces braves gens qui cultivaient les plantations alimentant la garnison.
- Et ordonnez à ces gens de se mettre à l'abri ! exigea t-il, soucieux de leur sécurité.
Théoden se plaça au-dessus de la porte principale, laissant passer un homme portant des stocks de flèches, pour équiper les gardes royaux ayant pris position sur les murs.
- Les récoltes peuvent être resemées, les maisons reconstruites, clama t-il. Mais ça, ajouta t-il, nous l'avons déjà vu ! Derrière ces murs, nous leurs survivrons.
Aragorn objecta plus doucement, essayant de faire comprendre au roi que les troupes de Saroumane étaient désireuses de massacrer son peuple.
Kyôko mit un coup de coude à Aragorn, lui signifiant qu'il avait été maladroit, tandis que Théoden se pencha vers le rôdeur.
- Pensez-vous que je l'ignore ? gronda le roi derrière ses dents. Mes hommes sont terrifiés, leur moral ne tient qu'à un fil et tous les renforts disponibles sont beaucoup trop éloignés. Nous devrons affronter cette tempête seuls. Les vieilles alliances sont mortes et nous n'avons pas autant d'amis que vous.
Théoden sembla abattu, mais il se reprit bien vite. Cette forteresse avait toujours défendu son peuple et en ces heures cruciales, il ne devait pas faillir à son devoir. Ses ancêtres et ses descendants le regardaient et le roi se reprit.
- Sire, appela alors Sayaka. Je sais que nous ne sommes pas vos sujets et que pour vous, nous sommes des étrangères, mais ce soir ... nous nous battrons sur le mur, aux côtés de vos hommes. Nous le faisons, parce que c'est la bonne chose à faire, pas juste parce que vous êtes un allié. Face à Sauron, la tentation est grande de céder à la panique et à la lâcheté, mais cela signifierait également renier nos valeurs et nos serments. Tant qu'il ne sera pas abattu, nous lutterons et tous ceux qui défendent leur terre auront notre concours. J'ai promis de lutter pour la justice et je ne veux pas dévoyer mes idéaux.
- J'accepte cet hommage, déclara Théoden. Je ne peux me départir du concours d'aucun volontaire et je ne peux vous ordonner de vous mettre à l'abri, avec les femmes et les enfants. Vous devriez aller à l'armurerie, conseilla t-il, avant de héler Hama pour donner de nouveaux ordres.
Les deux jeunes filles se hâtèrent de suivre ce conseil. Bien qu'elles soient insensibles à la douleur, si elles pouvaient éviter de se prendre des dégâts, ce ne serait pas plus mal. La bataille s'annonçait longue et violente, ce ne serait pas dans leur intérêt de trop souiller leurs gemmes.
A l'intérieur, les hommes s'activaient, armant même les plus jeunes et les vieillards.
Sayaka se sentit désolée pour ces enfants qui partaient à la mort.
La jeune fille saisit une côte de mailles et soupira en l'enfilant. La chemise couvrait son corps et ses cheveux, alors qu'elle remit ses vêtements par-dessus.
- Je ressemble à quoi ? questionna t-elle en s'observant dans le reflet de son katana.
- A rien ! piaffa Kyôko en sentant des larmes de rire lui monter aux yeux.
Sayaka gromella et retira la tenue des Rohirrim.
Plusieurs hommes rougirent et détournèrent le regard, tandis que la justicière s'entoura d'une lueur céruléenne, qui se dissipa bien vite.
Sayaka était désormais vêtue d'une armure de samouraï, dont les plaques étaient peintes en des tons bleus et dorés.
La tenue rappelait les armures portées par les guerriers du passé, symbole d'une époque de guerre durant laquelle l'honneur était la valeur suprême et dont les légendaires guerriers étaient restés dans l'imaginaire collectif.
Kyôko sursauta, observant son amie dont les cheveux étaient dissimulés sous un casque orné de dessins dorés, rappelant une partition aux notes mélancoliques.
Sayaka fredonna le chant, tandis que Kyôko préféra se contenter d'une chemise tissée de mailles métalliques.
- Tu t'es pas foulée, rit Sayaka.
- Je ne voulais pas te voler la vedette, ma jolie guerrière, répondit Kyôko avec un sourire malicieux, caressant la main de Sayaka.
Les deux amies sourirent, dissipant la tension persistante, tandis qu'elles sortirent.
Alors que les deux camarades quittaient le bastion, elles croisèrent Eowyn. La Puella Magi blonde observa les deux autres avec amertûme.
- Pourquoi est-ce que vous pouvez vous battre et que je suis obligée de rester avec les femmes et les enfants ? demanda la princesse avec une rage contenue, bien que son regard froit menaçait de s'embuer de larmes. Est-ce parce que personne ne se soucie de ma valeur ? ajouta t-elle en sentant ce mépris teinter son âme de rage.
- Voyons, commença Kyôko en faisant semblant de réfléchir. Parce que ton roi t'en donne l'ordre ? hasarda t-elle. Que ton oncle se soucie trop de toi pour risquer ta vie ? Qu'il sait que tu es la seule capable de maintenir l'ordre parmi les civils ? Ou bien serait-ce parce que si la bataille est perdue, il compte sur toi pour évacuer la population, voire assurer la régence ?
Sur ce, la rousse laissa Eowyn digérer ces mots, avant de reprendre sa route en compagnie de son amie en armure intégrale, la couvrant de la tête aux pieds.
Sayaka fit sensation devant tous les autres. Ses compagnons eurent du mal à la reconnaître, en raison du fait qu'elle avait quitté sa tenue de soie pour une armure.
- Quelle étrange armure, constata Legolas. Elle semble bien massive, avec une certaine rudesse dans la conception de certaines plaques, bien que fonctionelle.
- C'est celle des guerriers de jadis, répondit Sayaka. Je ferais tout pour en être digne, pour ne pas faire honte à leur héritage. Alors, un peu de respect pour nos ancêtres, termina t-elle plus froidement.
La Puella Magi s'afficha devant tout le monde, montant sur le rempart fermant le val. Elle se posta à cet endroit, en compagnie de Kyôko, qui observa la dépression devant eux.
- C'est trop calme, murmura la jeune fille en voyant la combe qui commençait à être envahie par une brume grise.
- C'est le calme avant la tempête, constata Legolas. L'armée ennemie s'avance à l'horizon, précisa t-il en désignant le nuage de fumée qui se voyait au loin, soulevé par les pas de milliers d'ourouk-haï. Ils devraient être là à la tombée de la nuit.
- Qu'ils viennent ! s'écria Gimli, impatient et joyeux d'aller au combat. L'obscurité ne les protègera pas du tranchant de ma hache !
Kyôko s'autorisa un sourire, grignotant quelques gâteaux. Elle appréciait beaucoup le caractère de Gimli, franc et toujours prêt à accepter une bonne bagarre.
La rousse dégaina sa boîte à pocky et la présenta à la guerrière en armure.
- T'en veux ? demanda t-elle pour briser la tension due à l'appréhension.
Sayaka saisit du bout des dents le bâtonnet chocolaté que la rousse tenait entre ses lèvres, happant le gâteau de son amie.
- Merci, répondit-elle en engloutissant la friandise au chocolat, tout en ayant savouré le regard éberlué de son amie.
- Saya-baka, grogna la rousse en rougissant légèrement, tandis que plusieurs archers prenaient place près d'elles.
Le ciel s'assombrissait d'heure en heure, tandis que des nuées de corneilles observaient les cieux en croassant, tourbillonnant en une nuée de plumes sombres qui s'éloigna bien vite.
L'attente était encore pire, songea la justicière. Elle allait participer à une bataille inévitable, un conflit dans lequel elle ne pouvait pas fuir et auquel elle devait participer. Mais il n'était pas question de subir, elle se battrait.
Alors que l'armée ennemie s'approchait, Sayaka ne put s'empêcher de se demander si Madoka allait bien.
Elle sentait que son amie était encore en vie, mais elle craignait de plus en plus pour la sécurité de la jeune adolescente aux cheveux roses.
Un grondement brisa le fil de ses pensées, alors qu'un éclair fendait les cieux sombres.
Une pluie violente et glaciale se mit alors à tomber sur l'armée, alors qu'un groupe de soldats s'approchait des portes.
Plusieurs soldats préparèrent leurs flèches, mais le cor qui sonna stupéfia tout le monde. Ce n'était pas le cor des orques, c'était un signe de ralliement que Legolas connaissait très bien.
- Les Galadhrim ! s'exclama Legolas en délaissant son poste pour rejoindre la porte. Allez quérir le roi !
Théoden descendit du bastion duquel il avait une vue infaillible sur l'ensemble du champ de bataille.
Il se figea, lorsqu'il vit le capitaine elfe lui faire face, vêtu de son armure rutilante et accompagné de nombreux archers composant la garde personelle de la dame blanche.
- J'apporte un message de la Dame de Lorien, salua Haldir. Autrefois, hommes et elfes ont combattu contre Sauron. Nous sommes venus pour honorer cette alliance et si notre communion peur repousser le mal, qu'il en soit ainsi.
- Votre aide sera d'un secours des plus précieux, remercia t-il. Notre dette envers vous est aussi grande que notre gratitude.
Les elfes prirent position sur les murs, tandis que la combe commença à être envahie par une foule en armure, dont les torches formaient une mer de feu au milieu de l'espace dénudé.
- Les voilà, commenta sobrement Sayaka.
Les archers s'installèrent et les deux magiciennes de retrouvèrent aux côtés de Haldir, le gardien qui les avait accueillis dans la forêt, n'hésitant pas à ête sarcastique envers Gimli. Le nain était à seulement une centaine de mètres, tenant fermement sa hache pour l'abattre sur le crâne du premier orque à approcher. Legolas était à ses côtés et il semblait que ces deux là s'appréciaient de plus en plus. Ils se respectaient mutuellement depuis un moment, mais en étaient arrivés à une étape supérieure.
Devant eux, l'armée ennemie arriva.
