Bonjour à tous !
Voici le moment de la bataille contre les troupes de Saroumane.
J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à commenter.
Bonne lecture !
Chapitre 30 : La bataille de Fort le Cor
Deux armées se faisaient face.
Le vent s'engouffrait dans la combe, sifflant furieusement en poussant des trombes d'eau, comme si le ciel voulait rendre plus ardue la mission des défenseurs en s'acharnant sur eux.
Il semblait que même les forces de la nature s'acharnaient à faire plier la forteresse et ceux s'y étant retranchés.
Sur le rempart de pierre, les Rohirrim aux armures d'acier et au tissu vert se tenaient aux côtés des Galadhrim aux armures d'or et d'azur. Tous avaient leurs arcs prêts, restant silencieux, ne montrant pas la crainte qui pourrait faire chanceler leur moral.
Plus bas, dans la combe couverte de boue et d'herbes folles, les ourouk-haï se tenaient en masse, formant une horde répugnante qui se mit à hurler, martelant de leurs lances le sol détrempé par la pluie. Leurs cris résonnèrent dans les montagnes, en un mugissement terrifiant qui fit reculer les plus jeunes soldats.
Sayaka détourna le regard et aperçu à sa gauche, qu'un jeune garçon se trouvait à environ deux mètres d'elle et qu'il commença à trembler, le regard fixe et brillant.
D'un coup, elle posa sa main sur l'épaule du jeune, qui devait à peine avoir quatre ans de moins qu'elle. Le garçon la regarda avec l'œil humide et la lèvre tremblante et Sayaka tenta de le réconforter, lui adressant un sourire.
- Quand tu seras au combat, avertit-elle, ne réfléchis pas. Frappe dès que tu les vois, pour ne pas leur laisser d'avantage. Utilise ton instinct.
- Vous ... vous n'avez pas peur ? demanda t-il, se focalisant sur la femme exotique qui lui adressait la parole et non plus sur la horde ennemie.
- Si, admit-elle sans honte. Tout le monde doit connaître la peur pour savoir la dominer. Si quelqu'un te dit qu'il n'a pas peur, soit il ment, soit il est fou.
A cet instant, une flèche fendit les airs depuis le bastion.
Le projectile se ficha dans la gorge d'un des ourouk-haï, juste à la jointure du cou et du casque.
- Joli tir ! félicita Kyôko, sans parvenir à savoir qui avait décoché avec une telle précision.
Sayaka sourit au jeune combattant, qui semblait avoir repris confiance en lui. Elle reprit place aux côtés de son amie rousse, qui observait l'ennemi devenu silencieux.
Les orques braillèrent, tandis que la justicière ne put s'empêcher de serrer les dents, attrapant la main de Kyôko pour se rassurer.
La rousse raffermit sa prise, réconfortant Sayaka en lui souriant.
- Je serais toujours à tes côtés, murmura t-elle doucement, alors que la horde ennemie meugla et chargea en leur direction.
- Jusqu'au bout ? demanda Sayaka avec un ton mal assuré, légèrement pâle.
- Pour l'éternité, assura Kyôko.
Une volée de flèches percuta les premières lignes, les faisant s'écrouler et entravant la progression des suivantes qui furent ralenties.
Les lignes suivantes chargèrent à leur tour, marchant sur les cadavres des orques tombés juste avant.
Les flèches furent décochées en salves, bien plus efficaces que des tirs individuels, puisque les lignes qui s'effondraient en même temps ralentissaient l'avancée de la troupe ennemie, faisant gagner de précieuses secondes aux défenseurs.
La combe commença à se remplir de corps, mais l'armée ennemie avança toujours, atteignant finalement le pied du mur.
Les arbalétriers ennemis commencèrent à décocher et plusieurs défenseurs tombèrent, alors qu'une pluie de carreaux noirs sifflait par-dessus les merlons du rempart.
- Echelles ! hurla un des défenseurs, tandis que les ourouk-haï apportèrent de nombreuses échelles de bois et d'acier, signe que Saroumane n'avait pas lésiné sur la logistique.
Pendant que la masse chargeait le mur du gouffre, les archers situés au niveau de la porte principale décochèrent plusieurs volées, qui frappèrent l'armée ennemie sur les flans.
Face à cette attaque, le capitaine monté sur une butte de terre ordonna à ses troupes de se scinder en deux corps, afin d'attaquer également la porte principale.
Les ennemis déployèrent de nombreuses échelles, dont le sommet était orné de crochets pour s'agripper aux remparts. Les attaches avaient la taille idéale pour se maintenir, comme si Saroumane avait été parfaitement au courant des dimensions des remparts du Gouffre.
Dès que les lamelles de métal s'abattirent sur la pierre, Sayaka se jeta sur l'échelle la plus proche. Elle fendit les crochets d'un coup de son épée, avant de repousser l'échelle qui retomba sur les lignes ennemies, avec un bruit écœurant. Les échelles étaient très lourdes, puisqu'il fallait plusieurs hommes pour les rejeter, mais cela ne sembla pas être une contrainte pour la jeune fille.
Kyôko fit de même, repoussant l'ennemi de son côté. Leurs exploits suscitèrent l'admiration de plusieurs hommes, qui n'imaginaient pas que des membres aussi fins puissent renfermer tant de vigueur.
Cependant, malgré les efforts des défenseurs, les orques commencèrent à prendre le dessus, mettant le pied sur les remparts.
Lorsque le premier ourouk-haï fit passer sa tête au-dessus des crénaux, un Rohirrim la trancha d'un seul coup, faisant retomber le corps sur les monstres le suivant. Les archers commencèrent à dégaîner leurs épées pour faire face à l'invasion, alors que Sayaka fendit en deux les orques qui commençaient à assaillir les défenseurs.
- Utilisez toutes vos flèches ! brailla t-elle. Je vous couvre en attendant !
La Puella Magi frappa avec fureur, plongeant son katana dans le corps des berserkers, tranchant les bras et les têtes sans distinguer.
La jeune fille se débattit avec vigueur, abattant tous les orques qui se ruaient sur elle, faisant gicler les membres. Les dents serrées, elle frappa avec sauvagerie, fendant les os et le métal.
Ses sens furent brouillés, elle fut assaillie par les martèlements de l'acier et par la multitude de cris jaillissant autour d'elle. Le tonnerre grondait, comme un tambour céleste soulignant l'intensité et le drame de la bataille.
Le sang coula à gros bouillons, teintant sa lame et son armure de sang noir. Ce liquide pestilentiel souillait les plaques de son armure, mais la pluie d'orage glaciale qui tombait du ciel d'un noir d'encre ruisselait sur le métal, le purgeant des fluides corporels de ces créatures.
Malgré la fureur des combattants, malgré les volées de flèches, les orques étaient toujours plus nombreux. Ils parvenaient à prendre pied sur les murs, submergeant les défenseurs.
Dans la combe, deux sapeurs déposèrent de curieuses sphères dans le caniveau, près de la bouche d'égout. Un candidat au suicide se rua vers ces mines, une torche à la main.
Legolas s'en aperçut et décocha en direction du berserker, tentant de l'abattre, mais malgré les trois flèches plantées dans son corps, le monstre au torse scarifié et peint d'une main blanche sublima la douleur, avant de se jeter dans l'égout.
A l'instant où sa torche enflamma les deux bombes, une formidable déflagration retentit. Il y eut une violente explosion qui provoqua une onde de choc ébranlant la forteresse, tandis qu'un flash rouge éblouit les combattants, teintant la forteresse d'un éphémère reflet cuivré.
Le mur du gouffre fut soufflé par l'éclat de lumière, projetant les pierres dans le ciel, chassant les lourds blocs comme des cartes.
Les rocs s'écrasèrent aux alentours, tandis qu'une faille béante était ouverte dans le mur.
A cet instant, Kyôko sauta en contrebas, déployant sa lance en une chaîne acérée.
- Nous allons les retenir ici ! hurla t-elle pour couvrir les bruits de la bataille. Repliez-vous au bastion et renforcez vos défenses !
Legolas retransmit l'ordre aux autres, se tenant en arrière pour couvrir les autres archers qui se replièrent au bastion.
De ses deux couteaux, Legolas abattit les guerriers en armure lourde qui s'emparaient du rempart. Sa chorégraphie mortelle sauva plusieurs elfes, tandis que les lames maniées avec dextérité tranchèrent tendons et muscles, mettant les ourouk à terre.
Ceux qui n'avaient pas été tués immédiatements furent écrasés par les suivants, alors que la horde commençait à refluer pour emprunter l'ouverture béante percée dans le rempart.
Les deux Puellae Magae se placèrent au milieu du ruisseau gonflé par la tempête, face à la meute qui les chargea.
Les deux encaissèrent l'attaque de plein fouet. Malgré leur force et leur détermination, elles se sentirent soulevées par la masse monstrueuse.
Sayaka contra deux machettes, moulinant avec force pour trancher les bras de ses ennemis. Elle repoussa un berserker de grande taille, mais la horde se rua vers elles, les lances en avant, chargeant sans la moindre subtilité.
La Puella Magi esquiva une lance, tandis qu'une seconde pointe acérée érafla son armure.
Elle dansa dans son armure, faisant cliqueter les plaques couvrant sa taille avec ses jambières.
Un coup, plus traître que les autres, l'atteignit dans la carotide.
Sayaka chancela, tandis que Kyôko se rua à son aide, tranchant la lance et fendant le crâne de l'ourouk en question, avant de balayer la nouvelle ligne d'attaque.
- Sayaka, Kyôko ! interpella Legolas depuis le rempart. Ne restez pas là !
Alors qu'il avertissait les deux jeunes filles, l'elfe ne vit pas qu'un autre orque s'était infiltré sur le mur. La bête leva sa lame et frappa le prince dans le dos.
Legolas écarquilla les yeux et poussa un cri silencieux, alors qu'il s'effondrait à genoux. Le prince sentit une violente douleur, alors que son corps fut déchiré par la lame.
L'immortel glissa sur la roche, tombant mollement sur le rempart, son sang ruisselant sur la pierre détrempée.
Les deux Puellae Magae sentirent une bouffée de rage les gagner. Un autre camarade venait de tomber, submergé par la horde ennemie.
Ensemble, avec des gestes parfaitement coordonnés, elles massacrèrent les monstres hurlants autour d'elle.
Elles esquivèrent une pluie de carreaux sifflants au-dessus de leurs têtes, avant de se replier en empruntant l'escalier pour regagner le bastion. Les deux filles abattirent tous les ourouks présents sur leur chemin.
Lorsque les deux combattantes arrivèrent dans l'avant dernier niveau de défense, deux archers terrasèrent les ourouk lancés à leur poursuite, avant de faire tomber la herse donnant sur le mur.
Désormais, alors que le gouffre était perdu, l'unique chemin restant était la porte principale.
Les orques l'avaient compris, puisque des sons de bois fracassé parvinrent aux oreilles des deux amies.
Plusieurs soldats revinent du bastion, avec des tables et des madriers, afin de renforcer la porte principale.
- Tenez cet accès ! s'exclama Kyôko. Nous partons à la porte !
Les deux jeunes magiciennes guerrières partirent endiguer le flot d'ennemis au niveau de l'unique entrée, désireuses de faire gagner du temps aux archers qui continuaient de décocher en direction de la horde adverse.
Lorsqu'elles arrivèrent, elles virent que le bois avait cédé en de nombreux endroits.
Kyôko projeta sa lance à travers l'un des orifices, embrochant le monstre qui poussa un gargouillis d'agonie, avant de s'écrouler sur les autres.
Un nouveau coup résonna, alors qu'un bélier parvint à briser la planche barrant les deux battants.
Alors que la porte s'ouvrit, Sayaka s'élança sur la chaussée, ses deux lames fendant les armures. Avec sa vitesse, elle ressemblait à un oiseau de proie en pleine chasse, frappant sans arrêt, poussant des cris enragés.
Kyôko était à ses côtés, mais alors qu'elle fit tournoyer sa lance, faisant basculer plusieurs orques dans le vide, un nouveau beuglement de Sayaka la fit frémir.
Sa camarade commençait vraiment à lui faire peur. Sayaka semblait exaltée par la violence, massacrant impitoyablement, se couvrant de sang noir, tuant avec une cruauté égale à celle de ces monstres.
Sayaka poussa un hurlement, semblable à un long cri de jouissance. C'était une ode à la cruauté, un hymne dédié à la barbarie, un autel dressé au culte du fanatisme.
La jeune fille au visage barré par un rictus fou élimina les ourouk-haï qui osaient s'avancer et qui tentaient de prendre la chaussée d'assaut.
La guerrière sentit un trait d'arbalète se ficher dans l'une des plaques couvrant son épaule droite. Elle poussa un sifflement méprisant, alors que sa magie résorba une petite blessure, ne laissant qu'une chair pâle teintée de sang séché.
La jeune fille sentit l'adrénaline pulser en elle, irriguant son corps en lui fournissant un sentiment d'extase absolue. Plus elle tuait, plus ses muscles brûlaient en elle et plus la drogue naturelle courrait dans ses veines en excitant ses nerfs.
Sa gemme luisait comme jamais, irradiant d'une pulsion mêlant rage et souffrance, mais aussi plaisir et extase, catalysant ces émotions contradictoires, en une réaction perpétuelle.
Même blessée, Sayaka avait des réflexes fulgurants. Les ourouk-haï étaient comme des machines, ne craignant ni la mort, ni la douleur. Sayaka faisait de même, à ceci près qu'elle pouvait totalement sublimer sa souffrance.
Tout comme ces bêtes, elle n'avait pas peur.
De toute façon, sa plus grande crainte s'était déjà réalisée.
Après quelques minutes, la jeune fille sentit sa gemme s'assombrir.
A force d'utiliser ses pouvoirs avec trop d'intensité, elle avait usé son âme. Ses pensées devenaient de moins en moins claires, ses gestes raides étaient désormais dépourvus d'élégance et ses réflexes s'émoussaient.
Des larmes commencèrent à glisser silencieusement de ses yeux, bien qu'elle ne s'en aperçut pas.
Kyôko le remarqua. La lancière abattit plusieurs orques, avant de jeter sa lance contre une baliste, rendant l'arme de siège inopérante.
L'orpheline repoussa la horde autour d'elle, avant de se diriger vers sa camarade.
La rousse attrapa Sayaka par les épaules, la secouant pour la ramener à la raison, avant de l'attraper et de la placer sur ses épaules.
Kyôko tourna les talons et remonta le long de la chaussée. Les ourouk-haï les poursuivirent, mais les deux jeunes filles ne s'en soucièrent pas.
La rousse bondit comme un chat, remontant sur le rempart, tandis que les portes renforcées retinrent les hordes de Saroumane.
L'orpheline déposa alors Sayaka contre les créneaux, l'adossant à la pierre.
- Est-ce que tu m'entends ? s'inquiéta la rousse.
- Je vais bien, murmura Sayaka avec un regard vitreux, regardant sa gemme dont la couleur d'eau troublée était inquiétante.
- Tu ferais mieux de te reposer, ordonna Kyôko en caressant la gemme, avant de saisir doucement la main de sa camarade entre ses doigts fins. Je vais t'amener à l'abri, pour que tu te reposes.
Sayaka ne contesta même pas, sachant que son amie avait un très fort caractère et qu'elle pouvait se montrer très insistante et protectrice.
Kyôko porta la guerrière en armure vers le bastion, l'allongeant dans un coin avec les blessés.
- Sois ... sois prudente, murmura la jeune fille aux cheveux bleus.
- Tu me connais ! sourit la rousse avec un clin d'œil appuyé.
- Justement, rétorqua Sayaka. C'est pour ça que je te demande de faire attention à toi.
La blessée sourit légèrement, avant de fermer les yeux.
- Sayaka ? s'inquiéta Kyôko en ne la voyant plus bouger. Sayaka ! hurla t-elle en se jetant à genoux aux côtés de son amie, lui attrapant la main.
- C'est bon, murmura la jeune fille en ouvrant les paupières et en fixant sa camarade avec un regard terne. Je suis épuisée, mais je vais pas mourir.
Kyôko sembla brusquement soulagée. Son visage devint plus lumineux, avant de redevenir plus sérieux.
- J'y retourne, déclara t-elle, avant d'entendre un cor sonner.
Les deux amies observèrent le ciel, à travers une petite ouverture. Une lueur dorée se glissa dans la pièce, leur offrant un peu de réconfort.
- C'est l'aurore, murmura Aragorn.
Dans un geste à la fois héroïque et désespéré, le roi et tous les autres combattants encore en état de lutter décidèrent de faire une dernière sortie.
Si telle était leur fin, ils feraient en sorte qu'elle soit digne de rester dans les annales.
Le monarque et sa suite montèrent à cheval. Ils saisirent leurs lances, se mettant face à la porte.
Lorsque les deux battants cédèrent et que les portes sortirent de leurs gonds, les Rohirrim chargèrent avec leur roi. Ils étaient accompagnés d'Aragorn et de Kyôko, qui ne voulait pas être laissée en arrière.
La mêlée glorieuse franchit les hordes d'orques, massacrant les bêtes qui s'étaient introuduites dans le bastion, piétinant les corps et les étendards.
Alors que les défenseurs parvenaient sur la chaussée, le soleil surgit au-delà de l'horizon. A l'est, une armée parut derrière la combe.
A sa tête, Eomer chevauchait aux côtés de Gandalf.
- Pour le roi ! s'exclama le prince en levant sa lance, avant de se lancer à grand galop contre l'armée ennemie.
L'aube dorée accompagna les valeureux guerriers, qui se ruèrent contre l'armée de Saroumane.
La charge fut décisive. Il y eut un fracas assourdissant lors de l'impact.
Les corps s'effondrèrent, les boucliers se brisèrent, les bannières tombèrent et les lances volèrent en éclats.
L'armée ennemie fut taillée en pièces, les Rohirrim massacrant impitoyablement ces engeances qui avaient pillé et brûlé tous les villages sur leur chemin.
Les deux armées convergèrent et nul ne fut épargné. Il ne resta aucun orque pour apporter la nouvelle dans le nord.
