Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre, avec quelques révélations sur les sentiments de nos héroïnes.

Bonne lecture !


Chapitre 33 : Nuit assombrie

La capitale du Rohan était en pleine effervescence. Le roi et sa garde étaient de retour, tandis que les armées s'étaient réunies dans Edoras.

Les trompes sonnèrent à tout-va, tandis que la population jetait des fleurs sur le passage des cavaliers, applaudissant leur monarque. Bien que la bataille ait été coûteuse en vies, la plupart des civils étaient saufs et leur souverain avait remporté une victoire incroyablement héroïque, annihilant une armée d'une ampleur pourtant inédite.

Toutes les habitations avaient été décorées par de petits étendards verts triangulaires, ornés d'un cheval au pelage blanc.

Lorsque le souverain arriva aux palais, il vit ses gardes former une haie d'honneur et le saluer.

Théoden mit pied à terre et avança avec sa suite, menant la compagnie des héros ayant lutté à la bataille du gouffre de Helm. Tout le monde l'attendait avec respect, à l'exception de Sayaka.

La jeune fille aux cheveux bleus était adossée contre une colonne, avec une coupelle emplie de grains de raisins.

Elle adressa un signe poli au monarque, cherchant du regard sa camarade. Les prunelles azurées scrutèrent l'escorte et lorsque la justicière aperçut Kyôko, couverte de poussière, elle sourit sincèrement.

Maintenant, elles étaient enfin réunies.

Le soir même, le hall du château d'Edoras était empli de guerriers et de notables, venus de toutes les provinces du royaume.

De longues tables avaient été dressées dans la grande galerie, toutes couvertes de couverts permettant d'accueillir de nombreux convives.

L'immense foule resta stoïque, écoutant le souverain qui prononça un discours religieux, à la gloire des défenseurs du Rohan.

L'hommage funèbre dura de longues minutes, durant lesquelles Théoden insista sur les notions de sacrifce, de courage et de valeur morale. Après quelques phrases bien choisies et émouvantes, tout en étant emplies de majesté, Théoden leva une coupe emplie de vin.

- Ce soir, souvenons-nous de ceux qui ont versé leur sang pour ce pays, conclut t-il. Remémorons-nous le nom et les actes de ceux qui ont combattu pour le Rohan. Célébrons la gloire de ceux qui sont tombés. Saluons les morts victorieux.

- Gloire ! répliqua unanimement l'assemblée d'une voix tonitruante.

Tous les invités levèrent leurs coupes en un geste déterminé, avant de les vider d'un seul tenant.

Sayaka suivit le mouvement, avant de sentir sa tête la tourner. Avaler autant de vin d'un seul trait, surtout lorsque l'on n'avait pas l'habitude de consommer de l'alcool, pouvait donner mal à la tête.

La jeune fille expira profondément, alors que les relents de vin émanant de sa bouche étaient parfaitement discernables.

Sayaka posa une main froide sur son front, tentant de chasser sa migraine, avant de s'asseoir. Elle fut bien vite rejointe par Kyôko, ainsi que par Eomer.

- J'ai eu vent de vos exploits, commença le maréchal qui les avait déjà rencontrées lors de son exil, lorsqu'il menait une troupe de cavaliers fidèles au roi. Sans votre concours, j'aurais probablement perdu mon oncle, mon roi et ma patrie. Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour le Rohan et pour notre peuple. Je vous ai insultés lors de notre première rencontre, qui ne s'est guère déroulée sous les meilleures auspices, alors je vous présente mes sincères excuses.

- Je les accepte, répondit rapidement Sayaka.

La jeune fille n'aimait pas laisser les choses pourrir. Une situation compliqué finissait forcément par se dégrader. Même si la lassitude pouvait faire penser que les colères retomberaient et que les mouvements de foule s'étoufferaient d'eux même, le feu continuait toujours de couver sous la cendre.

Un incendie étouffé pouvait toujours ressurgir. Il suffisait d'un seul souffle, d'une occasion légère pour réactiver le brasier.

Fermer les yeux et se convaincre que tout était apaisé était le meilleur moyen d'être totalement surpris par la réémergence des flammes.

Mais lorsque l'on ignorait tous ces petits détails, les conséquences pouvaient être dramatiques, au point que l'on ne pouvait plus les arrêter.

Sayaka savait bien que tous les non-dits, les mensonges et les hésitations pouvaient détériorer les relations entre individus. A force de mentir, de dissimuler ses sentiments et de se complaire dans sa misère, elle avait aggravé la situation à une très vaste échelle.

Elle avait perdu Kyôsuke, n'osant pas avouer les sentiments qu'elle avait pour lui, se faisant ravir la main de son ami par Hitomi. Ensuite, elle avait failli perdre Madoka, s'énervant contre son amie qui préférait vivre en humaine, plutôt que de devenir une Puella Magi.

Même si Madoka lui avait pardonné, même si elle n'avait pas été dans son meilleur état physique, elle n'arrivait pas à se pardonner. Sayaka culpabilisait toujours, surtout que Madoka avait accepté de sacrifier son vœu pour elle.

Madoka était admirable, se souciant toujours de son amie, qui lui avait pardonné à de multiples reprises.

Sayaka voulut chasser ce souvenir, mais elle n'y parvint pas. Elle se revit courir vers la gare, sa soul-gem obscurcie au point qu'elle avait failli mourir.

Légèrement déprimée à cette pensée, elle interpella une domestique et leva sa coupe. La servante versa une bière forte et mousseuse.

Sayaka vida une fois de plus sa chope contenant le liquide alcoolisé, dont la chaleur vibra en elle, lui donnant l'impression de la réchauffer.

Kyôko tenta de la dissuader de boire autant, mais l'expression lasse dans les yeux de sa camarade ne lui échappa pas.

Sayaka ingurgita une nouvelle gorgée, tout en adressant un regard de biais à la rousse. La jeune fille avait envie de se montrer plus honnête, d'arrêter de se mentir et de dissimuler ce qu'elle ressentait. Maintenant qu'elle avait accepté les excuses d'Eomer, elle réalisait qu'elle avait fait ce qu'elle aurait du faire depuis longtemps.

Sa vie était tellement éphémère, puisqu'en raison de son statut, elle n'était pas sûre de pouvoir vivre pour voir la prochaine saison. Le maillot de bain jaune qu'elle avait acheté en prévision des prochaines vacances n'allait peut-être même pas lui être d'une quelconque utilité.

Elle se sentit comme déplacée, pensa t-elle en observant la beuverie, les chants et les danses, alors que la fête battait son plein.

A bien y penser, le fait que ni Gimli, ni Pippin n'étaient présents, renforçait cette désagréable impression.

Elle avait vu le nain arborer une expression morose suite à la perte de son ami. Elle avait également vu Gimli s'esquiver pour retrouver Pippin, qui était totalement anéanti après avoir découvert que son cousin était mort.

Sayaka n'arrivait presque pas à manger. Boire pour oublier, même si l'arcool était irritant, l'aidait à chasser la sensation pesant sur son esprit. Après avoir mangé un petit morceau de viande, elle préféra s'esquiver.

La jeune fille se dirigea vers la terrasse située devant la façade est du palais, donnant sur la falaise dominant la plaine. Dès qu'elle ouvrit la porte, elle fut assaillie par l'air frais de la nuit. Le vent contrastait avec l'atmosphère surchauffée du hall, rendue étouffante par la transpiration des invités et par la dizaine de cheminées faisant rôtir porcs et cygnes.

Au moment où Sayaka referma la porte derrière elle, elle fut immédiatement coupée des chants et des rires. Elle eut l'impression de se trouver enveloppée d'une brume de silence.

La nuit était paisible. Le stridulement des grillons avait quelque chose de reposant, presque lancinant, comme si le temps n'avait pas de prise sur ce monde.

Elle passa une main dans ses cheveux, légèrement agités par le vent nocturne, observant le ciel étoilé.

A Mitakihara, les étoiles étaient en permanence voilées par l'éclat lumineux dégagé par la cité étincelante, dont les tours de verre s'élançaient dans les cieux, telles des pointes de nacre et d'argent. Ici, elle pouvait à loisir contempler ces petits éclats de diamant qui scintillaient au milieu du drap bleuté qui couvrait la voûte céleste.

La Puella Magi soupira, entendant les talons de sa camarade claquer sur le bois et la pierre du balcon.

- Alors ? questionna Kyôko avec un ton légèrement moqueur, désireuse de titiller l'épéiste. Tu ne t'amuses pas ?

- Je n'ai pas la tête à m'amuser, souffla doucement Sayaka. Je suis ... troublée.

Kyôko regarda à l'horizon. Son regard glissa sur la plaine, avant de contempler les chaînes de montagnes sombres à l'horizon, faiblement éclairées par un orage grondant.

- Tu t'inquiètes pour Madoka ? tenta de deviner la rouquine.

- Un peu, mais pas tant que ça, la contredit la jeune collégienne. J'ai ... j'ai confiance en elle. Elle est pleine de ressources et je sais qu'elle s'en sortira. J'étais juste en train de réfléchir, je pensais à une chose.

Kyôko ne dit rien, laissant son amie continuer de se confier à son rythme.

- Je ... je n'en peux plus de me mentir, souffla doucement la jeune fille légèrement ivre. Je ... tu ...

Elle inspira, comme pour se donner du courage, avant de serrer la rembarde de pierre entre ses doigts.

- Tu m'avais demandé de te dire ce que je ressens, murmura Sayaka en baissant les yeux, se dissimulant derrière ses mèches azurées. Je ne sais pas trop comment te le dire, poursuivit-elle en déglutissant difficilement, touchant son cœur.

Kyôko lui sourit, avant de lui prendre les mains.

- Calme-toi et prend ton temps, conseilla doucement Kyôko. Je serais toujours-là, à tes côtés.

- J'ai envie de rester à tes côtés, mais je ne sais pas comment ... enfin, de quelle façon. Est-ce que nous devons rester amies, où est-ce que je peux aller plus loin ?

Sayaka se mordit la lèvre, comme elle le faisait lorsqu'elle était nerveuse, avant de sentir sa gorge nouée.

- Je ne suis pas sûre de mes sentiments, avoua la magicienne, mais je sais une chose. Je sais que ma vie est fade sans toi et que je n'ai pas envie de te perdre.

- Je comprends, sourit Kyôko, gratifiant Sayaka d'un sourire lumineux, mais dont la brillance ne masquait pas la douleur dans ses yeux.

Sayaka se tut, tandis que son amie reste à ses côtés, silencieuse, observant la ville aux nombreuses demeures endormies.

- Je me demande, murmura Sayaka en détournant la conversation sur un autre sujet, je me demande combien de Puellae Magae ont fait un vœu par amour ?

- Je l'ignore, répliqua Kyôko en s'étirant.

La rousse resta silencieuse, avant de penser à une chose.

- Pour Clara, chuchota t-elle, je me demande ce qu'elle a pu faire comme souhait.

- Demande-lui, suggéra Sayaka, mais si c'est un douloureux sujet, je ne pense pas qu'elle te répondra.

Sayaka ressassa les paroles de son amie. Elle avait fait un vœu par amour, mais elle ne devait pas être la seule.

Songeuse, elle observa l'ombre s'étendant depuis le Mordor, dont les noirs nuages avaient la teinte des cheveux de Homura.

- Kyôko, appela Sayaka, tu ne t'es jamais demandé ce que Akemi à pu souhaiter ?

- Je ne sais pas, répondit la rousse en s'appuyant sur le balcon, le menton sur sa paume, mais ça à sûrement un rapport avec le temps où l'espace.

- Tu ... tu penses qu'elle aurait souhaité avoir plus de temps à vivre ? s'étonna la justicière. Ca me semble suspect qu'elle se soit concentrée sur elle-même, vu qu'elle agit d'une façon qui semble trop étrange pour quelqu'un d'absolument égoïste.

Les deux jeunes filles semblèrent envahies par une migraine, puisque résoudre une énigme à cette heure ne les amusait guère. Penser à Homura en ce moment ne servirait à rien, sauf à stresser et à angoisser inutilement.

- Je ne sais pas, avoua Kyôko. Je ne sais pas quoi penser d'elle.

Kyôko n'aimait pas trop se rappeler de Homura. La Puella Magi impassible la surclassait aisément et pouvait sans problème l'écraser. Cependant, penser à la brune à l'aura sinistre lui permettait de penser à autre chose qu'à Sayaka.

Homura était une énigme, comme une anomalie qui n'avait pas sa place en ce monde. Elle était en permanence entourée d'une aura glacée et sinistre, comme si elle absorbait toute chaleur.

Kyôko se souvint que lorsqu'elle était aux côtés de la brune, même la chaleur de son sang semblait s'être dissipée.

La brune était toujours fermée, ne montrant aucune émotion. Elle semblait être parvenue à les enfermer loin au fond d'elle-même et Kyôko se demanda si Homura pouvait encore ressentir quelque chose.

Apparemment oui, vu que Madoka leur avait dit qu'elle avait vu Homura pleurer, mais c'était comme une phase exceptionelle.

L'orpheline aux longs cheveux rouges s'était endurcie après la mort de ses parents, mais elle parvenait à montrer beaucoup d'émotions, les extériorisant facilement. Lorsqu'elle s'énervait, elle pouvait exploser et devenir très aggressive.

A l'inverse, Homura ressemblait davantage à une coquille vide.

Kyôko savait ce que c'était que de souffrir, mais si Homura en avait été réduite à devenir cette créature glacée, acceptant d'elle-même de devenir un automate quasi insensible ...

La rousse frissonna, mais pas à cause du vent frais qui balayait la ville.

Elle n'osa même pas imaginer toute l'étendue des souffrances que Akemi Homura avait du endurer. Une telle idée lui retourna l'estomac et elle se remémora ce que la brune leur avait dit sur les soul-gem.

Elle savait tout cela, elle connaissait tous les secrets de leurs catalyseurs, parce qu'elle l'avait déjà vécu. Elle avait déjà du voir une Puella Magi se métamorphoser.

A bien y repenser, Homura n'avait jamais mentionné sa famille, lors de leurs rares rencontres. Elle n'avait jamais mentionné aucun plaisir, aucun projet d'avenir, aucune relation ni même aucun intérêt.

Kyôko déglutit. Est-ce qu'il restait encore quelque chose à cette fille ?

Bien sur que oui, se répondit-elle. Homura agissait, elle s'activait pour obtenir quelque chose, parce qu'elle avait encore de l'espoir.

Les personnes les plus dangereuses et les plus déterminées n'étaient pas celles qui avaient tout perdu, c'était celles qui n'avaient plus qu'une seule chose à perdre et qui n'hésiteraient pas à tout faire pour protéger ce à quoi elles tenaient à tout prix.

- A tout prix, murmura Kyôko pour elle-même.

Son regard s'écarquilla, alors qu'elle se retournait vers celle qu'elle aimait.

- Sayaka, demanda t-elle, lorsque tu as regardé le miroir de Galadriel, as-tu vu quelque chose à propos de Homura ? Un objectif, une raison de lutter ?

L'épéiste essaya de se remémorer ces visions, qui étaient déjà difficiles à comprendre et qui lui semblaient être floues dans son esprit.

- Je me souviens avoir vu une sorcière qui lui ressemblait, commença t-elle en se grattant la tête. Elle aspirait à protéger une sorcière à la puissance redoutable, une sorcière qui ressemblait à Madoka. Je ne comprends pas pourquoi, mais Homura semblait vouloir protéger Madoka, même lorsqu'elles étaient sous la forme de sorcières. Mais ce n'est pas logique, elles ne s'étaient jamais rencontrées auparavant.

Kyôko trouvait effectivement cette vision étrange, presque déplacée. Cependant, elle repensa à sa découverte, lorsqu'elle avait vu Homura en Isengard.

Homura ne s'était pas téléporté. Elle s'était déplacée.

Le temps, pensa Kyôko en gardant sa théorie pour elle-même. Se pourrait-il que Homura puisse le manipuler ? Si oui, dans quelle mesure ?

- Il faut que je voie Gandalf, déclara subitement Kyôko. J'ai une question à lui poser.

La rousse se dirigea vers l'intérieur du palais. La célébration tirait vers sa fin, puisque la majorité des convives était partie, bien que quelques personnes ivres cuvaient l'alcool dans des recoins de la pièce.

Les deux magiciennes se dirigèrent vers le vieillard au visage buriné et dont les sourcils broussailleux étaient légèrement froncés. Il fumait sa pipe autour d'une bière, alors que Aragorn et Gimli faisaient de même.

- Gandalf, apostropha t-elle, j'aurais besoin de vous poser quelques questions. Je sais que vous ne voudrez peut-être pas y répondre, mais je vous promets que c'est important.

Le vieux magicien lui sourit, l'enjoignant à s'asseoir et à parler.

- J'ai besoin de comprendre ce que vous êtres réellement, vous autres magiciens. Etes-vous des mortels où des demi-dieux ?

- Nous sommes des Maiar, expliqua t-il, des divinités nées d'Illuvatar. Bien que dotés d'une grande puissance et que nous pouvons guérir plus rapidement, nos corps peuvent être détruits et nous pouvons mourir si nos esprits sont trop gravement blessés. Cependant, il faut une grande puissance pour y parvenir.

- Justement, poursuivit Kyôko. Est-ce qu'une personne peut arracher les secrets de l'esprit d'un d'entre vous ?

Gandalf tira une bouffée de fumée et regarda le plafond, tandis que les deux autres hommes écoutaient, intrigués par le curieux raisonnement de la rousse.

- C'est possible, concéda le sorcier à la barbe emmêlée, bien qu'il faudrait avoir une puissance hors du commun. Seul un Maia ou un Vala pourrait le faire.

- D'accord, comprit l'orpheline. Maintenant, j'aimerais savoir si vous savez comment Sauron a créé l'Anneau de Pouvoir et ce qu'il permet de faire, voire quel est son mode de fonctionnement.

- Je le sais, admit-il. Ce n'est un secret pour personne, mais il y a infusé son âme et sa puissance, afin de la décupler. L'Anneau est un moyen d'interférer avec les puissances de la nature et du monde. Il permet d'atteindre un niveau d'existence supérieur pour celui dont l'âme est assez forte pour s'émanciper de sa nature. Quant au sujet de la création de l'Unique, l'Ennemi a utilisé de nombreux rites, ainsi que son propre sang. Avant que vous ne le demandiez, je ne connais pas tous les rites noires et même si cela était le cas, je ne le révèlerais pas.

Kyôko jura, avant de regarder vers l'est.

- Je ... je crois que j'ai compris une chose, annonça t-elle aux quatre autres personnes qui l'entouraient, bien qu'elle se mordait la lèvre, avec un tic nerveux évident. Je crois que je sais ce que Akemi Homura est en train de faire.

Tout le monde se tendit, tendant une oreille attentive, curieux de connaître la théorie de Kyôko.

- Homura veut créer son propre Anneau de Pouvoir, affirma t-elle brutalement.

Alors que la nouvelle tomba brusquement et que Gimli manqua de s'étouffer avec une bouffée de tabac, la rousse développa sa théorie.

- Homura a tué Saroumane, mais avant, elle lui a extorqué les savoirs de création des Anneaux. Maintenant qu'elle sait les concevoir et qu'elle dispose de la puissance pour le faire, elle va vouloir en créer un. Elle aspire à obtenir un pouvoir plus grand et à ne pas avoir de conccurence. Elle veut éliminer Sauron, mais compte bien lui extorquer ses secrets lorsqu'il sera le plus vulnérable. C'est pour cela qu'elle nous a aidés, pour que Frodon puisse détruire le seul apte à lui faire barrage.

- Homura veut devenir le nouveau Sauron ? s'étonna Sayaka. Mais cela n'a aucun sens ! Que retirerait-elle de cette puissance ?

- Outre le pouvoir ? ironisa la rousse. Elle pourrait contrer la malédiction placée sur sa gemme, exister au-delà de son corps humain et même utiliser Madoka à sa guise.

Sayaka fut scandalisée, mais ne comprenait pas cette dernière affirmation.

- Tout tourne autour de Madoka, ajouta pernicieusement la rousse. Tu l'as vu dans le miroir. Son pouvoir est bien plus puissant que le notre, même si elle n'en a pas conscience et qu'elle ne l'a pas encore éveillé.

- Homura a rassemblé tous les ingrédients, chuchota Sayaka. Madoka, l'Anneau, Sauron et les secrets de fabrication.

- Elle a fait en sorte que tout soit réuni à l'endroit où l'énergie de la Terre se déchaîne en permanence, là où elle pourra forger le sien, acheva Gandalf, qui venait de saisir l'étendue du plan de la magicienne mégalomane.

Un silence lourd et pesant s'abattit. L'ambiance était si sinistre et le silence si angoissant, que Sayaka préféra le briser, même en disant quelque chose d'encore plus déprimant.

- Mais quelle salope ! jura la collégienne. Elle ne voulait pas du tout nous aider ! Elle voulait juste ...

- Elle voulait juste que nous fassions son sale travail à sa place, sans qu'elle n'ait à se fatiguer, conclut la rousse avec une expression sinistre. Nous avons marché droit dans le piège.