Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre, bien plus lugubre que prévu d'abord. Au tournant des deux tomes, je pense davantage obscurcir l'atmosphère, afin de créer une ambiance différente, plus propice au doute et à la méfiance, afin de refaire surgir toute l'intensité des situations dramatiques.

J'espère que ce chapitre vous plaira ! N'hésitez pas à commenter et à critiquer, je lis chaque review avec plaisir !

Bonne lecture.


Chapitre 34 : La trahison de Clara

La Communauté de l'Anneau était silencieuse. Tous les regards étaient tournés vers le sol, alors que chacun resassait la terrible révélation qui leur avait été faite.

La crainte les avait tous saisis et elle continuait de courir dans leurs veines, tel un poison glacial. Désormais, ils ne pouvaient plus se voiler la face et s'abriter derrière l'abri de papier qu'était l'ignorance.

Alors qu'ils réalisaient enfin quel avait été le véritable plan de leur ennemie, ils n'imaginaient pas ce qu'il pouvait y avoir de pire.

L'ambiance nauséabonde persista, s'attardant autour de la table avec des relents cadavériques.

- Notre ennemie est rusée, mais je crains qu'elle n'ait oublié un détail crucial, tempéra Gandalf. Sauron est bien plus puissant que Saroumane. Je ne pense pas qu'elle puisse être de taille contre lui.

- Je suis loin de partager votre optimisme, Gandalf, coupa Sayaka. L'esprit de Sauron est lié à l'Anneau et si Homura est capable de continuer à résister à son attrait, elle pourra briser votre ennemi. Une fois ceci fait, elle aura gagné. Si Sauron tombe, Homura triomphe. Madoka ne pourra rien faire contre Homura. La puissance brute et inexploitée ne fait guère long feu contre une ennemie sachant utiliser avec parcimonie chaque once de ses ressources.

La jeune justicière baissa la tête et serra les poings au point que ses ongles rognés entaillèrent ses paumes. Déterminée, elle se redressa, laissant sa cape flotter derrière elle, plaçant une main sur la garde de son épée.

- Je vais partir retrouver Madoka, déclara t-elle avec un ton dépourvu de toute subtilité pour adoucir la rudesse de son affirmation.

- C'est trop dangereux ! objecta Gandalf. Pensez à votre gemme et ...

- Ma meilleure amie est là-bas, seule et en péril de mort, coupa Sayaka avec un regard qui les mettait au défi d'essayer de la faire changer d'avis. Je dois y aller.

- Sayaka, appela Kyôko avec une voix faible, tentant de faire fléchir sa camarade, même si tu y vas, tu ne pourras pas faire grand chose.

- Au moins, j'aurais essayé, coupa Sayaka en reniflant avec un mépris teinté d'amertûme.

La rousse soupira. Sa camarade était décidément trop bornée pour son bien.

- Tu sais, poursuivit l'orpheline avec un ton qui se voulait presque moralisateur, mourir comme un chien dans les terres sauvages n'a absolument rien de glorieux, c'est juste stupide. De plus, je trouve que tu es injuste. Madoka est parfaitement capable de se défendre et tu devrais lui faire plus confiance.

- Mais je dois la protéger ! s'écria Sayaka, se retournant avec un geste sec, révélant les craintes qui fissuraient sa carapace de bravoure.

- Tu dois ou tu veux ? questionna subtilement la rousse aux prunelles ardentes. Si tu cherches à tout faire par toi même, tu devras porter le fardeau de tous et fatalement, tu échoueras. Je n'aime pas dire ça, mais on ne peut pas tout faire seul. Laisse Madoka affronter ses épreuves, laisse Madoka faire ses preuves par elle-même.

Sayaka sembla déterminée à partir, mais une part d'elle hésita lentement. Son esprit sembla osciller durant un instant, mais le sourire radieux et la bonté de sa camarade lui revinrent en mémoire. Le monde ne méritait pas de perdre un tel trésor.

Madoka ne méritait pas de mourir, pas même pour ce monde. Sa douceur et sa générosité méritaient d'être partagés avec tous, brillant comme un soleil d'espoir.

A ce moment, lorsque Sayaka toucha la poignée de la porte, Clara apparut.

- Sayaka, murmura t-elle d'une voix doucereuse et sucrée, trop mielleuse pour être honnête, tu ne dois pas partir. Nous aurons besoin de toi avec les troupes du Rohan lors de la bataille qui s'annonce.

- Que veux-tu dire ? questionna durement Kyôko, tout en pointant sa lance sur la jeune fille.

Aragorn fit de même avec son épée, approchant la lame de la nuque de la jeune rousse, puisqu'il était de plus en plus soupçonneux.

- Je n'ai plus aucune raison de vous mentir, sourit-elle en dévoilant un visage pâle et absolument inhumain. Mon nom n'est pas Clara, mais Usotsuki. J'ai été créée pour vous surveiller, ainsi que pour servir de relais entre moi et ma créatrice.

A cet instant, Gimli et Gandalf menacèrent également la petite menteuse, l'un avec son bâton, l'autre avec sa hache à double tranchant.

Usotsuki observa les cinq armes pointées sur elle, mais son sourire légèrement amusé et son dédain ne laissaient paraître rien de plus qu'une arrogance sans faille.

Elle rit, dédaignant le péril qui l'entourait, comme si elle necraignait pas la mort qui pouvait s'abattre sur elle à tout instant.

- J'aimerais vous conter un poème de ma création, qui améliore une œuvre que vous connaissez déjà, chuchota t-elle en faisant quelques pas chassés, se plaçant sur une tribune improvisée.

Elle toussota et commença à déclamer ses vers.

Trois anneaux pour les rois elfes sous le ciel,

Scindés pour être remis aux Puella Magi.

Un à la gardienne sirène,

Un pour l'ange de l'espoir,

Un au démon au cœur aimant.

Sept pour les seigneurs nains dans leurs demeures de pierre,

Pris et détruits, dans les flammes de l'oubli.

Neuf pour les hommes mortels destinés au trépas,

Condamnés à périr avec leur maître.

Quatorze pour les avatars de l'Amour.

Un pour le seigneur des ténèbres sur son sombre trône,

Unique qui fondra dans la forge d'ou émergera l'orbe,

La couronne de la déesse noire,

Une et unique, celle qui deviendra tout.

- Merci de votre attention, salua t-elle en faisant un geste digne d'un chanteur de music-hall. Maintenant, je vais aller me coucher et tu ferais bien d'en faire autant et de réfléchir, sourit-elle à l'adresse de Sayaka.

- Tu plaisantes ? s'égosilla Kyôko en pointant sa lance sur la gorge de Clara. Tu crois que je vais te laisser fuir ?

- Occupez-vous d'elle, déclara Sayaka en tournant les talons. Moi, je vais aider Madoka,

- Cela, je ne te le conseille pas, coupa froidement Clara.

L'imposteur repoussa la lance de Kyôko d'un doigt, s'avançant avec un visage qui ne ressemblait en rien à celui de l'enfant terrifiée qui avait émue la collégienne en Lorien. Elle avait décidément bien caché son jeu.

- Tu dois rester ici, ordonna t-elle. Si tu pars, tu ne changeras rien et tu condamneras plus d'une personne à mourir, ajouta t-elle en regardant ceux qui l'entouraient, jetant un froid.

- Tu penses que je vais abandonner Madoka, Akemi ? cracha la jeune fille aux cheveux bleus.

Clara poussa un petit rire glacé, accompagné d'un claquement ressemblant à un roulement à bille cassé.

- Tu es futée, Miki Sayaka, répondit Clara avec la voix froide de Homura, alors que son visage sembla brièvement arborer les traits de la Puella Magi brune. Tu as donc déjà compris que ce corps n'est pas vivant et que le détruire ne servirait à rien. A vrai dire, c'est à Kyubey que je dois l'idée. Il semblerait que ce petit déchet puisse s'arriver.

Aragorn s'avança, Anduril à la main.

- Je ne compte pas laisser un espion de l'ennemi à mes côtés, affirma t-il. Soit on vous enferme au secret, soit nous vous éliminons au plus vite.

- Je vais rester et vous ne me ferez rien, répliqua narquoisement Usotsuki. Vous savez pourquoi ? questionna t-elle en savourant l'effet de sa réplique, avant de poursuivre. Bien que je déteste agir ainsi, je n'ai pas eu le choix. J'ai été forcée de prendre un otage, en plus de l'Anneau du Seigneur Elrond. La vie d'Arwen est désormais entre nos mains, donc je vais rester avec vous pour servir de contact avec ma maîtresse.

La phrase, prononcée sur un ton anodin, glaça l'ambiance, faisant perdre de sa superbe au rôdeur.

Sayaka serra les dents, observant Homura qui parvenait à s'exprimer à travers le corps de Clara.

- Qu'est-ce que tu veux ? ordonna t-elle.

- Je veux tout, répondit la voix glaciale de Homura. Du moins, c'est ce que n'importe quel imbécile pourrait imaginer. Je veux tout le pouvoir nécessaire pour protéger ce à quoi je tiens. Quel que soit le prix, je refuse d'échouer. Même si je dois ...

- Parce que tu n'as plus le choix, coupa Sayaka avec une expression victorieuse. C'est ton dernier espoir et s'il t'es retiré, tu craqueras et tu deviendras une sorcière. Si je trouve ce que tu chéris tant, je pourrais te faire plier.

Usotsuki poussa un sifflement méprisant.

- Tu pourras toujours essayer, répondit-elle avec calme. Même si tu arrivais à le découvrir, tu échoueras toujours. Ta seule chance d'avoir un peu de valeur est de rester ici.

- Pourquoi devrais-je te croire ? cracha Sayaka avec haine.

- Tu n'as aucune raison, mais prendras-tu réellement ce risque ? siffla narquoisement la marionnette. Imagine un peu si tu meurs en chemin, ou bien que ton absence ne te permette pas de sauver ton amie ? Les regrets t'envahiront et je pense que je n'ai pas besoin de te faire un dessin ...

Usotsuki sourit, dévoilant la bague noire autour de son doigt, ornée d'une petite ligne d'argent.

- Maintenant, je vais aller dormir et je n'ai pas besoin de vous dire qu'il est inutile de trahir ma véritable nature.

Le magicien blanc leva brusquement son bâton de bois immaculé, mais Clara leva sa bague. Les deux puissances s'opposèrent, mais aucune ne sortit victorieuse.

- Vous êtes fort, reconnut le pantin, mais cela ne suffira pas. Ma maîtresse dispose elle aussi d'un des Trois Anneaux de Pouvoir, ne l'oubliez pas. Elle ne se laissera plus dominer par quoi que ce soit. Cependant, vous méritez tout de même une récompense.

- Vous savez où vous pouvez vous les mettre vos récompenses ? grogna sèchement Gimli, qui se retenait vraiment de lui fendre le crâne d'un coup de hache.

Clara sourit, avant de pousser un rire métallique.

- Je sais très bien où les récompenses de la maîtresse finissent, répliqua t-elle en tournant la tête, adoptant un angle anormal. Elles se retrouvent généralement dans des mains baladeuses et cela fait un long moment que Pippin n'a pas fait ce qu'il sait faire de mieux !

A ces mots, Gandalf devint livide et se rua vers sa chambre, là où il avait laissé le Palantir sans surveillance.

Le magicien et Aragorn découvrirent le jeune Hobbit avec un orbe brillant entre les mains. Il semblait pétrifié, attiré par cette pierre sombre traversée de lignes bleutées, bien que son visage trahissait une grande douleur.

La pierre de vision semblait brûler d'un feu sombre, alors qu'un œil à la pupille fendue comme celle d'un félin semblait braquer son regard droit vers l'esprit du jeune Hobbit, perçant la roche, les nuages, les ombres et la chair.

Aragorn retira immédiatement l'orbe, ôtant la pierre des mains de Pippin. A l'instant où il rompit la connexion, Sauron fut surpris, mais Aragorn fit un effort surumain pour bloquer la communication.

Cependant, la puissance mentale du maître de la Tour Sombre tenta de forcer l'obscurité qui s'était abattue sur la communication.

Aragorn se sentit assailli par la puissance maléfique en émanant. Il tituba et lâcha la pierre, se sentant nauséeux.

Gandalf puisa dans toute sa force d'âme pour arrêter l'orbe et l'enveloppa de nouveau dans un linge blanc, le dissimulant dans le fond de son havresac.

- Crétin de Touque ! jura t-il, avant que sa colère ne fasse place à la crainte, puisque Pippin semblait figé, comme pétrifié.

Gandalf se mit à genoux, saisissant les mains de Pippin. Il les joignit, les paumes collées, avant de murmurer quelques formules apaisantes. A force de repousser le mal, il parvint à sauver l'esprit du Hobbit.

Pippin haleta, les joues couvertes de larmes, alors que son regard paniqué observa ses alentours avec terreur, comme s'il craignait de revoir cet œil donnant sur le néant.

Lorsqu'il remarqua la silhouette de Gandalf, il tembla, honteux de sa faiblesse.

- Je suis désolé ! gémit Pippin en pleuran.

- Qu'avez vous vu ? questionna le magicien, faisant preuve d'une rudesse qu'il n'aurait pas aimé devoir employer au vu de la situation. Regardez-moi et répondez.

- J'ai ... j'ai vu une immense armée s'approcher d'une ville de pierres blanches. Au sommet de la ville, il y avait une haute tour et devant elle, un arbre blanc. L'arbre était mort et tout était en feu. Puis ... je l'ai vu ... lui !

Le Hobbit avait vu Sauron. C'était une terrible nouvelle, puisque l'esprit du semi-homme n'était pas de taille à rivaliser avec celui d'un Maia.

- Qu'avez-vous dit ? s'inquiéta Gandalf. Que lui avez-vous dit sur Frodon ou l'Anneau ?

- Rien, murmura le Hobbit. Il m'a brutalisé, mais je n'ai rien dit. Il s'est mis à rire, puis m'a ordonné de dire à Saroumane que son messager arriverait bientôt.

Le mage blanc soupira de soulagement.

- Je crois que nous avons été étrangement chanceux, conclut-il en analysant les mots du Hobbit. Ce que Pippin a vu dans le Palantir était un aperçu des plans de l'Ennemi. Sauron va frapper Minas Tirith.

Gandalf se retourna vers le Hobbit et fronça ses épais sourcils.

- Quant à vous, jeune imbécile, vous avez été chanceux de ne pas avoir davantage été questionné. Notre ennemi ne voulait pas juste des renseignements de vous. Il vous voulait vous, à son service, dans la Tour Sombre.

Pippin frémit à cette idée.

- Il faut être prêt à envisager ce genre d'hypothèses si vous voulez vous mêler d'affaires de magiciens, rétorqua Gandalf. Cependant, cela signifie également que l'Ennemi vous pensait à la merci de Saroumane en Isengard. Il lui faudra quatre jours pour qu'un messager atteigne Orthanc et autant pour revenir. Cela nous laisse même un peu de temps supplémentaire pour agir, à condition d'en profiter rapidement.

Pippin resta penaud, la mine basse, avant de se recoucher. Alors que le Hobbit se recroquevillait dans le lit, il frémit d'angoisse en apercevant le sac dans lequel était gardé la pierre de vision.

Pendant ce temps, les autres membres de la Communauté de l'Anneau se dispersèrent.

Tandis que Aragorn et Gandalf allèrent trouver le roi Théoden pour lui faire part de ces nouvelles inquiétantes, Kyôko retourna dormir, lugubre, alors que Sayaka resta à l'extérieur, aux côtés de Gimli.

La Puella Magi se montra étonnamment silencieuse, tandis que sur le toit, Clara l'observa avec un sourire.

- Alors, se demanda t-elle en jouant avec une pièce de monnaie. Laquelle apparaîtra en premier. Oktavia, Xena ou Ophelia ?