Bonjour à tous !
Voici la suite, plus centrée sur les réflexions de mon héroïne favorite.
J'espère que ce chapitre vous plaira !
Bonne lecture à tous !
Chapitre 39 : Le plan de Homura
Le Mordor était une terre désolée et stérile. Partout où l'on regardait, le regard embrassait le même paysage couvert de roches sombres et de cendres agglomérées, formant un substrat rocheux épais et compact.
Ce pays était perpétuellement couvert par le drap de cendres vomi par le volcan en éruption trônant au centre du pays cerné de montagnes sombres.
Dans le domaine du seigneur des ténèbres, rien n'échappait au regard de l'œil vigilant situé au sommet de l'immense tour de basalte et d'obsidienne, qui servait de forteresse à Sauron.
Enfin, il y avait une petite zone qui échappait à son œil vigilant.
Dans les montagnes de l'ouest, un piton rocheux inaccessible était percé d'une petite grotte, dont l'entrée sombre était soigneusement dissimulée, dans un renfoncement invisible à tous.
L'endroit était absolument inaccessible depuis les plaines poussiéreuses et seul un parachutiste expérimenté aurait pu se poser sur le petit socle situé devant l'entrée de la caverne, sans risquer de se briser une cheville et de glisser le long de la falaise abrupte.
L'entrée était sombre, mais lorsque l'on était à l'intérieur, on notait que le fond de la grotte était un peu plus éclairé.
Dans cet espace nu, il y avait deux matelas posés à terre, séparés par une caisse qui servait de support à une petite bougie qui projetait un éclat tremblant sur les parois de pierre sombre.
Homura était assise contre la roche nue, sa tenue blanche étant toujours dépourvue de sueur, malgré le fait qu'elle était active depuis des heures. Elle nettoyait consciencieusement son sniper, retirant chaque poussière, essuyant chaque recoin de toutes les pièces démontées, graissant soigneusement l'arme.
Elle était d'une minutie absolue. Chaque geste était élégant, alors qu'elle ne négligeait pas le moindre détail. Chaque pièce, chaque ressort comptait. Homura vérifiait chacune de ses armes et un tel sens de l'organisation stupéfiait la seconde personne présente dans la cachette.
La femme assise sur le second lit était fort peu vêtue. En fait, la brune en question était absolument nue. Ses courbes appréciables étaient soigneusement visibles, ses seins ronds et fermes avaient les auréoles dressées à cause de la fraîcheur, malgré l'air lourd et étouffant qui stagnait à l'extérieur.
La femme aurait bien aimée se dissimuler davantage, plus qu'en serrant les cuisses, mais elle était solidement ligotée.
Les cordes maintenaient ses chevilles liées, de même que ses genoux et ses cuisses. Ses avant-bras étaient serrés contre son corps par d'autres liens, de même que ses poignets qui reposaient sur son ventre plat.
Le réseau de liens était fait pour l'empêcher de s'enfuir, si jamais elle avait caressé l'idée de s'évader. Le fait qu'elle soit privée de vêtements n'était pas seulement une incitation supplémentaire à rester loin des regards, mais également un moyen d'éviter que la captive ne profite de l'épaisseur du tissu pour faire glisser les cordes et se détacher.
La belle brune resta silencieuse, observant l'écuelle vide posée à sa droite. Le ragoût qu'elle avait eu à midi n'était guère plaisant, mais au moins, elle avait été nourrie. Le bol pour chien était vide et elle se demandait si son ravisseur allait jouer avec elle, en la privant ou en l'affamant.
A moins d'une lieue, des milliers d'orques stationnaient et le grand œil résidait dans sa citadelle, alors elle ne devait pas trop se plaindre. Les orques se seraient montrés beaucoup plus brutaux dans leurs tourments et ils n'auraient pas hésité à la torturer, la violer et la mutiler, juste pour assouvir leurs envies bestiales et pour exprimer leurs plaisirs sadiques.
Arwen frémit en pensant à ces créatures verdâtres. Sa mère avait un jour été enlevée par les orques et n'avait jamais plus été la même. Le visage livide et hanté de Celebrian l'avait marquée et Arwen savait que si elle avait été capturée par des orques, son calvaire aurait été bien pire que la nudité forcée qui lui était imposée.
Depuis qu'elle était ici, la captive n'avait jamais été frappée. Elle n'avait pas été interrogée, ni même malmenée.
En fait, elle ne savait même pas ce qu'elle faisait ici.
Tout ce dont elle se souvenait, c'était que cette jeune femme avait fait irruption à Fondcombe, s'introduisant dans sa chambre, avant de la ligoter à l'aide d'une étrange magie.
La princesse elfe s'était débattue, mais n'avait guère pu agir contre cette magicienne dont la main gauche était ornée d'une gemme pourpre logée dans sa chair, tandis qu'elle arborait une bague dérobée au seigneur de Fondcombe.
Arwen s'était débattue, avait dégainé son fauchon, mais Homura semblait disparaître et réapparaître à volonté, tout en pouvant lire les actions de ses ennemis, lui permettant de contrer tous les coups.
Au final, Arwen avait été enlevée et la magicienne avait abattu l'ensemble des gardes qui étaient restés sur son chemin.
Ensuite, Arwen ne se souvenait de rien. Un moment, elle était sur les épaules de Homura et l'instant suivant, elle était attachée dans cette sombre caverne.
Arwen releva la tête vers la femme aux longs cheveux, maintenus par un serre-tête de plastique, toujours focalisée sur son arme, dont elle faisait doucement cliqueter le chargeur, écoutant soigneusement le son du métal qui s'enclenchait soigneusement.
La prisonnière observa ce visage impassible, dont les yeux étaient entourés de cernes d'un lilas malsain. Homura était belle, il fallait le reconnaître, mais cette beauté froide et déterminée semblait gangrenée par quelque chose qu'elle ne parvenait pas à comprendre. Homura n'affichait pas la moindre expression. Même durant des heures de concentration, elle n'avait pas émis le moindre soupir, n'avait pas poussé la chansonnette ou n'avait pas pincé les lèvres devant la difficulté. Ses lèvres étaient restées inertes et l'elfe eut l'impression de voir une statue, davantage qu'un être humain.
Bien évidemment, Arwen avait essayé de protester, demandant pourquoi elle était retenue en otage.
Ses premières questions semblèrent rebondir contre un mur. La brune l'avait ignorée pendant plusieurs jours, avant que Arwen ne soit plus capable de supporter ce silence indifférent.
La princesse elfe en avait assez de cet isolement et elle exigea des réponses.
Homura resta silencieuse, ne la regardant même pas. Elle resta avec ses armes, suscitant l'agacement d'Arwen.
La brune captive songea qu'elle allait devoir employer une autre stratégie. Elle allait continuer de lutter et se montrerait plus agressive et exigeante. Elle allait arrêter d'être docile et de se montrer comme une femme soumise, afin de tromper la vigilance de Homuran puis elle passerait à l'action.
Le soir même, Arwen décida de tenter de s'évader. La fuite était impossible, sauf si elle neutralisait son ennemie et la contraignait à la libérer.
Alors que Homura lui tendit un bol rempli de pain et de laitue, Arwen resta calme. Ses mains ne tremblèrent pas, jusqu'au moment où Homura se baissa.
A cet instant, l'elfe se jeta sur la Puella Magi et tenta d'agripper la main de celle qui l'avait enlevée. Homura se releva, surprise, mais les mains d'Arwen se refermèrent sur la main gauche de la Puella Magi, refermant ses doigts sur la peau.
Homura se recula, mais trop tard. Les ongles de la princesse agrippèrent la peau de Homura, arrachant la chair et faisant perler le sang. Lorsque l'extrémité des doigts finement manucurés frôlèrent l'anneau dérobé à Elrond, un éclat de lumière aveugla la princesse.
Immédiatement, le monde disparut autour d'elle, se muant en un brouillard blanc, comme si du givre s'était plaqué sur ses yeux pour masquer l'obscure caverne. A l'inverse, la silhouette de Homura était devenue claire et limpide comme du cristal. Deux longues ailes étaient apparues dans son dos, semblables à une barre d'acier sur laquelle de longues rémiges noires étaient accrochées.
La vision fugace n'était restée qu'un instant, avant que Arwen ne revoie le monde visible.
Un cliquetis se fit entendre, tandis que Homura était à deux mètres, pointant une arme sur la tête de la brune, dont le visage était choqué.
- Que ... vous n'êtes pas humaine, murmura la brune avec une expression terrorisée. Qu'êtes-vous réellement ?
Homura l'observa avec dédain, avant de rengainer son Desert Eagle à sa ceinture.
- Répondez-moi ! exigea la princesse. Qu'êtes-vous et que voulez-vous de moi ?
Homura s'approcha, la dardant de ses prunelles inexpressives.
- Tu es ennuyeuse à parler ainsi, chuchota t-elle. Tu es ici, parce que tu me sers de moyen de pression et que j'ai encore besoin de toi ... parfaitement intacte. Cependant, tes cris m'agacent et ... je vais te faire taire.
Homura saisit une grosse balle noire, ornée de deux courroies.
Arwen recula, butant contre le mur, tandis que Homura s'avançait, menaçante.
De ses doigts, elle serra les joues d'Arwen, la forçant à ouvrir la bouche. La puissante poigne de la magicienne eut raison de la résistance de la princesse.
La Puella Magi enfonça la boule noire entre les lèvres roses et noua la courroie derrière les cheveux bruns, serrant le bâillon pour que Arwen ne puisse pas le chasser.
La prisonnière poussa un gémissement, étouffé par son large bâillon de caoutchouc qui la forçait à écarter la mâchoire.
Bâillonnée et ligotée ainsi, Arwen aurait parfaitement pu tourner dans un clip SM, mais Homura n'était pas ce genre de personne. Elle n'allait aucunement abuser sexuellement de la brune. Ce n'est pas parce qu'elle était lesbienne qu'elle allait sauter sur toutes les femmes.
Homura refréna cette pensée. Elle n'avait pas d'intérêt sexuel à proprement parler. Le seul centre de son univers était Madoka. Elle aimait Madoka d'un amour infini et si ses sentiments n'étaient pas réciproques, ce n'était pas grave. Tout ce qu'elle voulait, c'était que Madoka soit heureuse. L'acte sexuel en lui même ne lui importait pas vraiment, elle n'en avait pas besoin pour prouver son amour.
Akemi Homura resta immobile, le regard terne et brumeux. Sa lassitude ne fut chassée que par un mouvement derrière elle. Elle se tourna alors vers l'entrée de la caverne et jeta un coup d'œil à la montre attachée à son poignet gauche.
Un pas se fit entendre à l'orée de la cachette. Pile à l'heure, songea Homura en observant la marionnette qui apparut devant elle.
- Ils y sont ? demanda t-elle de sa voix neutre.
Le pantin à la robe noire tenait une canne et hocha la tête, souriant en dévoilant des dents triangulaires.
- Les quatre ? ajouta t-elle, recevant une réponse négative.
- Là, ça ne me plait pas, jugea Homura en caressant son bouclier. Gollum n'aurait pas du trahir Frodon, puisque j'ai évité les événements de l'Ithilien, avec Faramir.
Homura se tint le menton, plongée en pleine réflexion.
- Est-ce que sa schizophrénie n'aurait pas été responsable ? Est-ce que c'est un paramètre totalement aléatoire sur lequel je ne peux pas influer ?
Homura resta calme, même si cette conclusion ne lui plaisait pas du tout.
- C'est bientôt la dernière ligne droite, dit-elle à sa marionnette. Il faut impérativement qu'elle résiste. Elle ne doit pas ...
Homura s'interrompit. Les événements s'étaient mis en branle et elle n'allait bientôt plus avoir de prise dessus. C'est le passage le plus terrifiant, celui où elle allait devoir bien jouer ses dernières cartes. C'est là qu'elle allait devoir agir avec la minutie d'une horloge suisse.
Mais le pire, c'était l'attente.
Elle qui maîtrisait le pouvoir de remonter le temps, de le manipuler comme elle voulait, était toujours tributaire de son écoulement incessant. Elle ne pouvait pas accélérer les choses, elle devait toujours les vivre, craignant le grain de sable qui allait tout faire changer et mettre en péril ses plans soigneusement tramés.
La brune devait maintenant ronger son frein. Elle allait devoir patienter, le temps que les derniers rouages de son plan ne s'enclenchent.
Elle observa son anneau, orné d'un saphir et songea qu'il était presque dommage de devoir le détruire, avant de se reprendre.
Elle ferait ce qu'elle devait faire.
Comme elle l'avait toujours fait, quel que soit le prix à payer.
- Je te sauverais, Madoka, murmura t-elle avec un ton las et amoureux.
Arwen écoutait soigneusement les murmures et le monologue de Homura, espérant glaner quelques informations qui l'aideraient à comprendre ce que préparait la brune.
Le léger changement de ton la surprit. Jamais elle n'aurait pu imaginer que cette créature glaciale, cette meurtrière impassible et manipulatrice puisse éprouver des sentiments.
Surtout, ce qui choqua Arwen, ce fut le fait que Homura éprouvait un amour fort pour une fille.
C'était ... contre nature, pensa l'elfe. L'amour était censé lier un homme et une femme. Cette femme était-elle tant emplie de vices, qu'elle ne se souciait même pas de la moindre morale ?
Le soir, après plusieurs heures d'attente, Homura retira la balle entre les lèvres d'Arwen.
L'elfe sentit ses muscles endoloris chauffer, alors qu'elle retenait un filet de salive.
Homura lui tendit une assiette contenant des légumes et un peu de viande. Les elfes étaient végétariens, mais Arwen détestait gâcher la nourriture et n'allait pas faire la fine bouche.
Arwen mangea silencieusement, observant du coin de l'œil la jeune fille qui vida le contenu d'une boîte métallique.
L'elfe ne sut jamais si la nourriture consommée par Homura était bonne où mauvaise.
Lorsque l'on partait au combat, les rations n'étaient jamais de bonne qualité. Cependant, si cette jeune fille pouvait être aussi omnipotente, elle pouvait aisément se fournir avec ce qu'elle préférait.
Elle n'aurait jamais de réponse, puisque le visage de la brune resta impassible.
- Dame Homura, appela Arwen avec sa voix la plus douce possible, vous n'êtes pas obligée d'être seule. Personne ne peut réussir s'il reste seul. Vous n'avez rien commis d'irréparable. Nous pouvons vous aider, suggéra t-elle. Mon père peut ...
- Ne peut rien, coupa Homura. Comme il n'a rien pu faire pour toi.
- Vous avez tort ! rétorqua Arwen. Laissez-nous vous venir en aide. Je comprends ce que vous ressentez. Vous craignez pour la personne ... que vous chérissez. Vous voulez la protéger, mais au final, vous ne pouvez l'empêcher de faire ses propres choix.
Homura se détourna de sa prisonnière, observant l'extérieur. Les plaines désolées s'étendaient à perte de vue, tandis que la Montagne du Destin redoublait de fureur, faisant jaillir des torrents de lave, qui dévalèrent ses pentes en de longues rivières pourpres qui se solidifiaient en bourrelets gris.
Au dessus d'elle, les épais nuages de cendres obscurcissaient le ciel.
Partout où elle regardait, Homura sentait que le monde était noir, comme si les ténèbres et le désespoir voulaient l'encercler et l'enfermer, avant de la broyer.
La jeune adolescente soupira, courbée par la lassitude.
Elle ne devait pas se laisser abattre. Elle avait une mission à réussir, elle l'avait juré.
Elle n'avait pas le choix.
Elle n'avait plus le choix.
Son destin, tout comme celui de Madoka, était déjà tracé.
Elle avait déjà tant joué avec les fils de la réalité, qu'elle les avait entrecroisés au point de faire que son amie était au centre de multiples réalités parallèles.
Si Homura continuait ainsi, elle allait briser la continuité des réalités et la déchirure se produirait en Madoka.
Elle voulait sauver son amie, mais en fin de compte, elle n'avait fait que la condamner.
Le regard sombre, elle observa sa gemme. Le losange pourpre semblait empli d'une lueur visqueuse et Homura comprit bien ce que cela signifiait.
Elle commençait à perdre pied. Malgré toute sa planification, elle commençait à se demander si tout n'était pas vain, si elle ne faisait plus que repousser l'inévitable.
Est-ce qu'elle n'avait pas condamné Madoka ? Est-ce qu'elle n'avait pas précisément fait ce que Kyubey attendait d'elle ?
Non.
Homura expira lentement, se calmant.
Elle ne devait pas penser ainsi. Elle pouvait réussir.
Cependant, le prix à payer serait infiniment plus douloureux.
Homura ricana amèrement, caressant son bouclier.
Elle avait voyagé dans le temps un nombre incalculable de fois. Elle avait été impuissante durant des milliers de voyages, observant son aimée mourir des centaines de fois.
Elle n'avait toujours pas été broyée.
- Dame Homura, ajouta alors Arwen, ne vous fermez pas. Ne cédez pas aux ténèbres.
Homura disparut et reparut devant l'elfe.
Arwen se rendit compte qu'elle était de nouveau bâillonnée. Elle n'avait pas senti Homura lui enfoncer cette boule de caoutchouc dans la bouche, ni même resserrer les liens.
- J'en ai assez d'entendre ces stupidités, riposta la brune. Plus rien ne m'arrêtera. Je vais regarder comment les choses évolueront dans cette continuité, mais si ce plan échoue ...
La brune observa le plafond de la grotte et Arwen vit une ombre se promener dans l'éclat des prunelles de la jeune fille.
- Si je ne veux pas être blessée par le futur, je peux changer le passé. Si je ne veux pas être asservie par le destin, je n'ai qu'à dénouer ses fils pour m'en affranchir. Mais, si je ne veux pas être écrasée par l'univers ...
La brune s'abaissa vers sa prisonnière, laissant un sourire barrer son visage.
- Alors, chuchota t-elle à l'oreille de son précieux otage, je n'ai plus qu'à l'anéantir pour en créer un nouveau !
Le regard céruléen d'Arwen s'écarquilla, alors qu'elle se recula jusqu'à être acculée contre la paroi de roche fraîche.
Cette fille ...
Non.
Ce monstre était prêt à tout !
Avec une telle volonté et un tel pouvoir, pas même les dieux ne pourraient l'arrêter !
Homura approcha de la sortie, puis elle disparut, comme si elle n'était qu'une anomalie dans la réalité.
