Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre, posté en avance.

J'espère qu'il vous plaira, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques.

Bonne lecture !


Chapitre 43 : L'orbe noir

Homura attendait, mais elle avait suffisamment d'élégance pour ne pas se comporter de façon triviale, ne serait-ce qu'en accomplissant le ridicule rite de faire les cent pas dans sa grotte, ce qui n'était qu'une perte de temps.

Elle restait assise, à vérifier les chargeurs de son Desert Eagle, attendant le rapport de son agent, envoyé il y a moins d'une heure. Elle savait très bien que son pantin reviendrait en temps voulu, mais elle détestait l'incertitude.

Surtout, elle détestait lorsqu'un imprévu faisait gripper les rouages de ses machinations.

Pile à l'instant prévu, un de ses pantins entra dans la grotte servant de base d'opération pour la manipulatrice temporelle.

Homura resta silencieuse, attendant que son espion ne lui fasse son rapport.

Le pantin trembla légèrement, croisant et décroisant les doigts dans son dos, tout en trouvant que le sol était très intéressant.

La brune tourna la tête, avec un mouvement indiquant que sa patience était mince et qu'il était préférable de ne pas trop la faire attendre.

Homura resta silencieuse, observant son agent qui déglutit. Quelques secondes plus tard, la nouvelle tomba.

- Les orques ont capturé Madoka, déclara Nekura en craignant la colère de sa maîtresse. L'un des Nazgûl est à Cirith Ungol pour l'interroger. Frodon et Sam ont poursuivi leur route et planifient de s'infiltrer dans la tour pour la libérer.

Homura resta impassible, mais à l'intérieur d'elle même, elle paniqua. Cependant, rien ne trahit sa crainte, pas même un tic nerveux de ses paupières.

- Les choses ne devaient pas se passer ainsi, répondit-elle avec le même ton désespérément monocorde. Tous les scénarios prévoyaient que c'est Frodon qui se faisait capturer.

Homura grinça alors des dents et cette soudaine marque de colère incita Arwen à rester silencieuse. L'elfe n'avait jamais vu Homura ne serait-ce que hausser la voix, sauf lorsqu'elle lui avait avoué son projet dément.

L'autre fois, la joie ayant envahie Homura n'était que de la jouissance, prélude à l'obtention d'un pouvoir illimité. Le seul moment où cette magicienne avait été sincèrement heureuse, avait été lorsqu'elle avait eu le nom de Madoka aux lèvres.

- Je vais me charger de secourir Madoka, décida alors la jeune fille. Ganko va rester ici pour garder la prisonnière et toi, tu vas préparer un paquet pour Frodon et Sam. Ils ne doivent pas se faire prendre, ils doivent poursuivre leur mission. Prépare également deux tenues d'orques, pour qu'ils se camouflent.

Homura continua de préparer soigneusement ses armes, laissant la poupée emballer le paquetage en question. La Puella Magi passa un doigt sur ses paupières, essuyant le coin de ses yeux, avant de charger son arme de poing.

- Toutes les armes sont opérationnelles, conclut-elle en s'adressant à elle-même. Il n'y a que la Davy-Crockett dont je ne suis pas certaine de l'efficacité, mais nous verrons en temps voulu. Si elle ne s'avère pas utilisable en l'état ...

Homura fronça les sourcils, réfléchissant à son armement.

- Il va falloir mobiliser les Harpoon et les déplacer sur la plaine de Dagorlad.

Sur ce, Homura releva la tête et rejeta ses longues mèches corbeau en arrière, dégageant ses oreilles.

- As-tu fini, Nekura ? interrogea t-elle de sa voix dure, observant la blonde coiffée d'un chapeau noir, dont une bande passait sous le menton.

La blonde hocha de la tête, présentant le paquetage en question, soigneusement noué d'un ruban de tissu élimé.

- Bien, conclut-elle. Tu me places deux Harpoon en position, pour bombarder les armées orques. Tu les dissimules sous le camouflage et tu m'en places deux autres, réglés sur les positions qu'occuperont les troupes humaines. Je ne veux pas laisser d'incertitude.

Homura prit le sac et se dirigea alors vers la sortie, précédée par son pantin. Ses filles, ces petites créatures qui l'entouraient et qui étaient des extensions d'elle-même, étaient également ses serviteurs.

Nekura avança, agissaient à la fois comme un héraut et une dame de compagnie, tout en attendant l'opportunité pour prendre son envol et se défaire de toutes les entraves possibles.

Sur le pas de la caverne obscure, la Puella Magi stoppa l'écoulement du temps et profita de l'occasion pour dégainer son Ithaca 17.

Lorsque le temps reprit son écoulement normal, Homura était au sommet d'une haute tour de pierres soigneusement agencées, dont les portes étaient entourées par d'hideuses statues grimaçantes. Les herses métalliques étaient relevées et la rouille les couvrant semblait présente depuis longtemps.

La Puella Magi saisit un filin d'acier terminé par un grappin et descendit en rappel, afin de rejoindre l'étage sans avoir à passer devant les milliers d'orques gardant les escaliers de la tour.

Homura traversa la fine ouverture et abattit les trois orques présents dans la pièce, d'une balle dans la tête pour chacun. Dès que les monstres tombèrent, le capitaine noir se retourna. Cependant, il ne put rien faire. Durant ce bref interlude, Homura jeta une grenade incendiaire sur l'esprit servant qui avait à peine eut le temps de se retourner.

Le spectre hurla en sentant la chaleur chasser ses ténèbres, mais Homura le réduisit bien vite au silence, tirant sa quatrième cartouche sur la main droite du spectre.

La balle fit exploser l'anneau du Nazgûl en deux. Le spectre hurla et trembla, mais Homura n'avait ni pitié, ni remords pour ces êtres. Ils avaient laissé leur faiblesse et leur avidité les corrompre, abandonnant leur route pour se soumettre à une créature qui ne leur voulait pas de bien.

Homura employa alors une magie étrange, prenant la forme d'une fumée argentée qui émana de la bague entourant son annulaire.

La vapeur scintillante enveloppa le spectre, drainant son existence éthérée, l'aspirant dans le saphir ornant la bague de la Puella Magi.

Tandis que le spectre à l'agonie disparaissait, il ne resta que sa robe sombre au sol, lentement dévorée par les flammes libérées par la grenade au phosphore.

Homura observa la bague du roi déchû s'effriter en une substance rouge. La poussière fut balayée par les bottines de la brune, formant une poudre sanguine qui glissa au sol.

La brune dédaigna cette nouvelle victime et se dirigea vers la dernière personne en vie.

Contrairement aux orques et au Nazgûl, la dernière personne n'était pas un des êtres maléfiques régnant sur cette tour.

Homura se pencha sur la silhouette allongée au sol et son visage abandonna immédiatement sa dureté. Un semblant de tendresse naquit sur ses traits d'adolescente, rapidement gommé par une fausse indifférence.

Devant elle, se trouvait une jeune fille entièrement nue, dans un état presque inconscient. L'adolescente était solidement ligotée par des cordes qui mordaient ses chairs, laissant des traces violacées dans sa peau.

La jeune fille respirait lentement, ses yeux laissant couler des larmes silencieuses.

La manipulatrice temporelle observa que son amie avait été frappée à de multiples reprises. Son corps était marqué par plusieurs coups de lanières de cuir qui côtoyaient des bleus et des tâches jaunâtres, ainsi que de petites entailles qui laissaient perler des goutelettes de sang. Homura pâlit en voyant le dos, strié de coups formant un hideux échiquier où le pion blanc avait été torturé par deux fous et un cavalier noir.

Homura rougit légèrement, avant de se rendre compte de son attitude inconvenante. Elle observait la nudité de sa meilleure amie, qui subissait encore les affres d'une séance de torture passée.

Homura se reprit, s'avançant vers celle qu'elle aimait.

Avec douceur, elle posa sa main sur l'épaule de Madoka.

La jeune fille torturée ouvrit les yeux, les dents serrées, craignant de voir ce qui était derrière elle.

La captive osa tout de même bouger et se força à regarder ce qui était derrière elle, afin de chasser l'inconnu. Elle préférait savoir, même si elle devait faire face à de nouvelles horreurs, plutôt que de rester ignorante du destin qui l'attendait.

A l'instant où la brune entra dans le champ de vision de la suppliciée aux cheveux roses, une étincelle d'espoir rejaillit dans le regard larmoyant de la douce collégienne.

- Homura ? croassa t-elle avec une voix rauque, craignant qu'il ne s'agisse d'une illusion créée par son esprit pour se protéger de ces interminables séances de torture.

La brune lui sourit, apparaissant tel un ange dans cet enfer. Elle était sans doute le dernier espoir pour la collégienne, son unique chance de pouvoir s'en sortir.

Homura dégagea doucement le front de Madoka, écartant les cheveux agglomérés par du sang.

Ses gestes étaient d'une douceur infinie, emplis de tendresse.

- Je vais te sortir de là, murmura la brune avec gentillesse, coupant toutes les cordes et les liens. Ou est ta soul-gem et où sont tes vêtements ?

La blessée leva faiblement sa main gauche, dont deux doigts étaient brisés, lui indiquant un coffre contenant la plupart de ses affaires, qui lui avaient été confisqués par ses ravisseurs.

Homura retrouva les effets personnels de son amie, dont la précieuse pierre rose qui semblait ternie.

Homura saisit une griefseed et purifia la gemme.

Soudainement, la perle brilla intensément, à peine corrompue.

- Tu te sens mieux ? s'enquit Homura, sincèrement inquiète.

Madoka frémit, comme envahie d'un sombre pouvoir. Elle avait l'impression d'être dans une nécropole. Tout avait un parfum de mort, avec des relents de cendres et de pourriture.

- Qu'est-ce que ... ? s'étonna Madoka, avant d'être saisie d'une nausée et de vomir sur ses jambes griffées. Je ne peux pas me régénérer, haleta t-elle en se sentant de plus en plus mal, au point que ses yeux veinés d'un bleu malsain ne s'humidifient de nouveau.

Madoka tenta une fois de plus de se soigner, saisissant sa gemme, mais son corps fut alors parcouru d'une onde visqueuse et putride, lui donnant l'impression de se noyer dans un bain glacé.

Un murmure de douleur émergea de ses lèvres, alors que sa peau se couvrit de lignes sombres, comme si elle des barbelés incandescents étaient apposés sur son corps.

- Ca fait mal, haleta t-elle en laissant ses muscles bouger de façon erratique, ses doigts se crispant sur ce qu'elle pouvait saisir, en un réflexe dérisoire pour limiter la douleur.

- Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? demanda Homura, choquée devant l'état lamentable de son amie.

- Je ne sais pas, bégaya Madoka, dont le visage était teinté de larmes et de morve. J'ai ... j'ai senti quelque chose d'atroce s'enfoncer en mon corps. C'était plus douloureux que le reste et que ...

Madoka poussa un autre sanglot, refusant de repenser à ce qu'elle avait vécu. Elle retenta de se soigner, mais plus elle essayait, plus son corps se dégradait.

Madoka abandonna et immédiatement, la douleur devint plus supportable.

Elle ferma les yeux et regarda son amie, avec une expression navrée.

- Homura, chuchota t-elle avec un faible sourire, tu es venue jusqu'ici pour moi. Tu as pris tant de risques, tu es venue ici, dans les ténèbres, là ou tout espoir a disparu, juste pour me sauver. Je ... je te remercie. Je ... merci d'être là pour moi et ... merci d'être mon amie.

Madoka poussa un nouveau sanglot, alors que son corps était traversé par de nouveaux influx douloureux, comme une monstrueuse maladie grouillant sous sa peau.

- Homura, supplia Madoka en salivant, poussant un nouveau cri de souffrance. Est-ce que tu pourrais avoir assez de pitié pour ... m'achever ?

Le ton suppliant de Madoka était révélateur des atroces douleurs qu'elle ressentait, mais Homura ne voulait pas tuer sa camarade.

- Je ne veux plus refaire quelque chose comme ça, murmura la Puella Magi en serrant la soul-gem rose contre son corps. Plus ... plus jamais, poursuivit-elle avec un regard hanté.

Homura se sentit agressée par un vieux souvenir. Elle revit l'atroce moment où elle avait tué Madoka, brisant la gemme d'une balle bien placée.

Homura se sentit dégoûtée, impure. Elle avait envie de se vomir elle-même, tant elle se détestait pour ce qu'elle avait fait.

Madoka ferma les yeux, versant des larmes de sang, alors que la magie noire la gangrenait.

Homura détourna le regard de ce corps en cours de désintégration et disparut.

Cependant, elle ne retourna pas de suite dans sa cachette.

Homura observa la perle, la rangeant dans une poche, avant de fermer les yeux. Madoka était sa priorité, mais Homura devait s'assurer que les choses se déroulent comme prévu.

La jeune fille se dirigea vers les petits sentiers traversant les montagnes, suivant les informations données par une de ses poupées.

Elle retrouva Frodon et Sam, qui empruntaient l'étroit sentier rocheux menant vers la tour gardant le col.

Les deux Hobbits progressaient avec prudence, jetant des coups d'œil nerveux autour d'eux, afin de voir si aucun orque ne patrouillait. Evidemment, ils prenaient soin d'observer s'il n'y avait aucune araignée de présente.

Homura figea le temps, avant de se positionner devant eux. A quelques mètres des deux camarades, elle donna une pichenette au sablier de son bouclier, laissant le temps reprendre son cours.

Les deux Hobbits se figèrent devant cette apparition, avant que Sam ne se mette devant son ami, l'épée à la main.

- Qui êtes-vous ? interrogea le jardinier en pointant sa lame vers la brune, bien qu'un sombre pressentiment ne fasse courir un frisson le long de son échine.

La femme devant lui n'était pas très vieille. Ses longs cheveux corbeau et soyeux l'entouraient tel un rideau d'obsidienne, tandis que ses yeux étaient emplis de vide et de désespoir.

- Je suis Akemi Homura, répondit-elle calmement, avec un ton monocorde.

La panique saisit les deux Hobbits, qui se tendirent encore davantage. Ils avaient déjà entendu parler d'elle et en avaient eu une description assez précise, mais la voir en vrai avait quelque chose de différent.

Tous les mots ne pouvaient pas décrire son calme glaçant enveloppé d'une détermination si froide au point d'en devenir hautaine, l'enveloppant d'une suffisance insupportable. Le portrait dressé par Sayaka et Kyôko n'était pas à la hauteur de la vérité. Homura semblait entourée d'une aura de puissance écrasante.

- Il est inutile d'aller sauver Madoka, annonça la jeune fille, je me suis déjà occupée d'elle. Elle est à l'abri et en sécurité maintenant.

- Quelle preuve ai-je que ce n'est pas un mensonge ? questionna Frodon.

- La même preuve que celle affirmant que je mens, c'est à dire aucune. Mais tu as une mission à terminer, rappella t-elle. Tu dois accomplir ta quête.

Sur ce, Homura sortit un paquetage de son bouclier.

- C'est pour vous, offrit-elle. Il y a des tenues d'orques pour vous déguiser, ainsi que des biscuits et de l'eau pour le voyage retour. J'aimerais que vous surviviez et que tout le monde puisse rentrer chez soi, heureux, comme dans les vieux contes qui finissent bien pour tous les héros.

Homura tourna les talons et s'éloigna, avant de s'arrêter.

Elle glissa une main dans ses cheveux, les faisant flotter au vent, avant de les regarder de nouveau du coin de l'œil.

- Les plaines de Gorgoroth seront vidées d'ici huit jours, ajouta t-elle. Aragorn et les autres vont attirer le regard de Sauron vers le nord, profitez-en pour passer. Utilisez ces déguisements pour traverser les légions d'orques, de toute façon, ils ne vous repéreront pas. Vos amis partiront de Minas Tirith dans quatre jours, c'est à dire le 18 mars. Ils atteindront la Porte Noire le 24 mars au soir et déclencheront l'assaut le lendemain. Vous devez vous rendre à la Montagne du Destin pour cette date, afin que vos compagnons ne soient pas écrasés par les armées du Mordor. Cependant, même si les plaines seront dégarnies, soyez tout de même prudents.

Sur ces mots, la jeune fille disparut, laissant les deux amis seuls et bien surpris.

La Puella Magi reparut à plusieurs dizaines de kilomètres de là, sur les pentes de la Montagne du Destin.

Sans une hésitation, Homura gravit la pente couverte de scories fumantes. La chaleur incommodante et l'odeur de soufre ne lui arrachèrent pas une larme, puisqu'elle était habituée à l'odeur de la poudre et du carburant.

La jeune adolescente avança rapidement, profitant de l'immense porte percée dans le flanc du volcan. L'entrée menaçante semblait rappeler une bouche prête à avaler les impudents qui s'y aventureraient, mais si Sauron avait eu la stupide idée de laisser un accès libre et non gardé vers le seul lieu où son unique point faible pouvait être atteint, tant pis pour lui.

Homura avança dans la grotte, assaillie par les jets de gaz sulfurés et les fumerolles qui lui piquaient les yeux et irritaient ses poumons.

La jeune fille traversa une étroite langue de pierre, avant de regarder en contrebas.

Le gouffre était envahi par une rivière de magma en fusion qui coulait furieusement. Le torrent jaune était parcouru de filaments orangés, alors qu'un grondement sourd montait des profondeurs.

Elle sortit sa soul-gem, ainsi que les Anneaux de Pouvoir qu'elle avait dérobé, réunissant ces nombreux objets emplis d'une puissance magique ancienne.

Elle relut une dernière fois le diagramme qu'elle avait tracé, s'assurant ne pas avoir fait d'erreur dans le tracé du pentagramme.

Puis, elle réunit tous les objets dans un creuset. Elle fit soigneusement descendre le mélange dans la lave en fusion à l'aide d'un filin d'acier, multipliant les rites, avant de l'en extraire.

La mélasse incandescente était d'un gris bleuté, brillant d'éclats magiques accompagnés d'un sifflement constant, provoqué par l'état de fusion de ces matériaux.

La Puella Magi déglutit, avant de retirer sa soul-gem. Elle observa l'améthyste losange, avec un regard triste. Elle frissonna, la pierre dans la paume de sa main, avant de la faire tomber au sein de la substance en fusion.

Lorsque le réceptacle de son âme entra en contact avec le composé, elle fut assaillie par une douleur qu'elle n'avait jamais connue.

Homura hurla, traversée par une souffrance abjecte. Elle s'écroula au sol, en position fœtale, torturée par l'effroyable chaleur qui parcourut absolument tout son corps, liquéfiant ses nerfs et ses organes. Elle avait l'impression que sa chair brûlait continuellement, immolée en permanence.

Elle serra les dents, mugissant de souffrance, crispant ses doigts sur la roche poussiéreuse, alors que les grondements du volcan couvraient ses hurlements qui montaient vers les cieux, n'atteignant personne. Ses souffrances furent ignorées. Comme d'habitude, personne ne les entendit, personne ne vit ce qu'elle ressentait, personne ne fut sensible à sa détresse.

Seule, abandonnée au milieu de cette fournaise, Homura avait perdu son masque de froideur en laissant aller ses émotions.

Homura resta prostrée ainsi durant un long moment, n'arrivant plus à saisir l'écoulement du temps passant. Elle ignora combien de temps s'était écoulé, combien de temps avaient duré cette éprouvante épreuve.

Mais, elle ne pouvait pas abandonner.

Elle n'avait pas le choix, elle devait se relever et aller de l'avant.

La jeune fille se redressa finalement, chassant les larmes qui brouillaient sa vision, refusant d'abandonner.

Sa vie avait été bien pire. Cette souffrance physique n'était rien en comparaison de tous ses voyages dans le temps. Voir Madoka mourir devant ses yeux, devoir abattre son aimée d'une balle avait été une torture mille fois plus atroce que celle qui la saisissait en ce moment.

Homura se dirigea vers le creuset, dont le contenu formait une roche grise. D'un coup, elle brisa la gangue de lave solidifiée.

A l'intérieur, il ne restait plus qu'une sphère pourpre, entourée d'une couronne noire lui servant d'écrin.

Sans un mot, la manipulatrice temporelle rangea sa gemme, lui rendant l'apparence du losange ancré dans sa main gauche.

Sa main glissa sur son bouclier, alors qu'elle bloqua le mouvement de l'engrenage.

Homura disparut, retournant dans sa caverne lui servant de repaire.

A l'intérieur, une de ses poupées l'attendait déjà.

Elle observa sa montre, notant que la date était celle du 19 mars 3019. Elle avait agonisé durant près de cinq jours. A l'heure actuelle, Frodon et Sam étaient à mi chemin dans les plaines de Gorgoroth et l'armée d'Aragorn avait du atteindre le val de Morgul, afin de faire sauter les ponts.

Homura s'intéressa alors à Ganko, qui semblait terrifiée par sa créatrice.

- Maîtresse, appela t-elle en claquant de toutes ses articulations, Frodon et Sam, ils ... ils ne vous ont pas écoutée. Ils se sont fait prendre.

Homura ne lui adressa pas un seul mot. Elle ferma légèrement les paupières, soufflant plus longuement que d'habitude.

- Alors, c'est ainsi, soupira t-elle avec amertume. Ils ont donc été stupides et Sauron va récupérer son Anneau d'ici peu. Quant à l'autre sorcière, elle sera aussi là-bas. Il est peut-être temps d'étudier une nouvelle continuité, avec ... ce choix.

Homura admira la gemme pourpre, entouré par une couronne sombre qu'elle trouvait incomplète, avant de se diriger vers l'intérieur.

Elle accorda à peine un regard à l'elfe captive, comme si elle n'était rien.

Aux yeux de Homura, Arwen n'était rien, à part un pion dans on plan.

A force de revivre ses souffrances, Homura s'était privée de ses émotions, les enfermant sous clef, là où seule Madoka pourrait avoir un peu de chance de les trouver.

La jeune fille timide s'était endurcie, parce qu'elle n'avait plus le choix. Si elle ne le faisait pas, elle se briserait et elle condamnerait Madoka à un destin plus sombre et plus terrible que la mort.