Bonjour à tous !
Voici le nouveau chapitre, préparant le combat final.
J'espère qu'il vous plaira et que vous aurez des théories intéressantes.
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos commentaires.
Bonne lecture !
Chapitre 44 : Devant la Porte Noire
Les champs du Pelennor étaient noirs de monde.
Les capitaines de l'ouest s'étaient assemblés et avaient réunis toutes les troupes disponibles, formant une immense coalition dont les armures brillaient au soleil.
Sur les murs de Minas Tirith, femmes et vieillards saluaient les courageux défenseurs avec une pointe de tristesse, puisque beaucoup des vétérans de la bataille précédente allaient peut-être périr.
La cruelle réalité de la guerre s'affichait devant les civils, puisque les anciens allaient sans doute devoir enterrer leurs enfants, alors qu'en tant de paix, c'était l'inverse qui se produisait.
Cependant, cette perspective n'avait pas effleuré le moral des coalisés. C'était presque l'inverse qui les avait saisi. Chaque homme savait qu'il allait participer à la bataille décisive, celle qui permettrait d'abattre Sauron et ses maléfices pour de bon. Certes, il y aurait des pertes, mais chaque soldat espérait que ce ne serait pas lui, mais un autre, qui tomberait.
Sous la houlette des seigneurs des nations humaines, les troupes avaient entamé une longue marche depuis Minas Tirith, jusqu'à la plaine de Morannon, qui marquait l'entrée du royaume de Sauron.
La progression se fit sous un soleil magnifique. La coalition de Rohirrim et de Gondoriens avança avec un bon moral, bien que haut dans le ciel, on pouvait distinguer des ombres ailées qui laissaient un petit frémissement dans le cœur de ceux qu'elles survolaient.
Aragorn chevauchait en tête, aux côtés de Théodred et de ses camarades qui l'avaient accompagné depuis Fondcombe. En temps normal, des roturiers ne méritaient pas d'être aux côtés du roi, mais le futur monarque avait décidé de gratifier ses amis d'un honneur spécial, que même les grands du royaume n'avaient pas obtenu.
De toute façon, Gandalf était un être divin et Gimli était apparenté à une famille royale naine. La présence des trois jeunes filles qui le côtoyaient était plus difficile à accepter, mais le fait qu'elles soient magiciennes et que l'une d'elles avait tué le Seigneur des Neuf, était une raison suffisante pour tolérer leur présence.
Le monarque et on entourage ne pouvaient s'empêcher de frémir, sentant constamment le regard inquisiteur de Clara scruter leurs dos. Le pantin de Homura continuait de voyager avec elles, espionnant à loisir, bien que ce secret soit encore gardé par ceux l'ayant éventé. Il valait mieux garder cette menace à proximité, là où l'on pouvait la garder sous surveillance, plutôt que prendre le risque qu'elle ne disparaisse et ne continue à épier dans l'ombre.
Alors que Pippin était ballotté par Gandalf, Kyôko et Sayaka chevauchaient la même bête, restant ensemble.
Il fallait dire que depuis que Sayaka avait été blessée par le roi Sorcier, la rousse ne l'avait pas quitté d'une semelle. A force de lutter, elles avaient réalisé que la vie était fragile, mais cet affrontement avait déclenché quelque chose de plus chez elles. Sayaka avait toujours été prudente, mais avait fini par réaliser qu'il fallait parfois savourer la vie, ainsi que ses plaisirs, avant qu'ils ne soient perdus.
La veille du départ, Kyôko avait rejoint Sayaka dans son lit et la rousse avait avoué sa peur de perdre Sayaka. Elle avait également concédé du bout des lèvres qu'elle avait envie de savourer le plus possible ces moments ensemble. Tout en refusant d'être fataliste, chacune voulaient profiter de la présence de l'autre. Au final, les deux amantes s'étaient doucement enlacées, avant de passer à l'action.
Leur nuit avait de nouveau été intense et Sayaka se sentait comme sur un nuage. D'ailleurs, ce sentiment de félicité persistait, mais c'était sans doute du au fait que son amante passait ses mains autour de sa taille, les mains jointes sur le ventre de la justicière.
Kyôko fit un petit mouvement avec ses doigts, caressant le nombril de sa camarade, effleurant doucement la gemme céruléenne avec l'extrémité de ses doigts.
Sayaka rougit, sachant que son amie essayait de la gêner pour profiter du trouble qui se lisait sur son visage. Kyôko adorait la taquiner, la laissant légèrement frustrée. La rousse n'avait presque aucune pudeur, mais Sayaka n'était pas prête à révéler publiquement leur relation. De fait, l'idée d'honorer son amante sous une tente, à portée de voix de milliers de soldats, n'était pas une perspective qui la réjouissait.
Kyôko le savait parfaitement. En conséquence, elle taquinait son amante avec de petits gestes et de discrets baisers dans le cou, la laissant légèrement frustrée.
Après plusieurs jours de chevauchée, les armées des royaumes des Hommes atteignirent la plaine de Dagorlad, là où l'ultime Alliance avait assiégé le Mordor, il y a plus de trois mille ans. Ils arrivèrent en vue des hautes tours encadrant la Porte Noire. Les saillies pointues ressemblaient à des dents, prêtes à saisir tous ceux qui n'avaient rien à faire ici.
Face à ce spectacle sinistre, les capitaines décidèrent de camper et de se reposer, repoussant l'assaut au lendemain. Clara n'avait rien dit, songeant que tout se passait normalement.
Ce 25 mars 3019, les Hommes décidèrent qu'il allaient mener l'ultime bataille. En début de matinée, ils approchèrent de l'imposant rempart de basalte, dont les créneaux dissimulaient les archers orques et les sentinelles.
De toute façon, les espions ailés de Sauron l'avaient averti de l'avancée des armées coalisées. Les légions du Mordor étaient prêtes et personne ne bénéficierait de l'effet de surprise.
A mesure que les compagnies humaines s'avançaient en formation vers la Porte Noire, l'obscurité devint plus présente et plus oppressante. Aux frontières du royaume de Sauron, même l'éclat du Soleil semblait pâlir. Les corbeaux s'étaient tus, mais leurs croassements furent remplacés par les mugissements de dizaines de trolls et les glapissements de milliers d'orques.
Le vacarme sembla saisir les soldats. La clameur sauvage des orques retentissait derrière le rempart sombre, prêts à déferler sur les défenseurs de la Terre du Milieu. C'était à la fois une menace provenant des orques, mais également un appel à engager le combat, afin de pouvoir satisfaire leur soif de sang en taillant en pièces les armées alliées.
Quelques cors sonnèrent, prévenant les occupants du Mordor de l'avancée de l'armée d'invasion.
Aragorn observa le mur, qui était étrangement vide. Ce n'était qu'une illusion, puisque il devinait la présence des orques derrière les merlons de métal.
Le descendant d'Isildur n'était pas homme à se laisser dominer par la peur. Il avait affronté des milliers d'orques et d'autres abominations impies sorties de l'esprit dément des serviteurs du mal. Ce n'était pas des orques qui allaient l'effrayer, surtout pas en cet instant crucial.
Le roi s'avança, seul, levant la bannière blanche qui était celle de son illustre ancêtre, Elendil. L'arbre d'argent et les sept étoiles semblaient resplendir comme un phare dans l'obscurité, chassant les sortilèges du Seigneur des Ténèbres.
- Que le seigneur de la terre noire s'avance ! exigea t-il d'une voix forte. Justice lui sera faite, car il a injustement déclaré la guerre aux Hommes !
Ses mots résonnèrent dans le lointain, mais aucune réponse ne lui parvint. Aragorn observa la porte de longues secondes, tandis que même les orques s'étaient tus. C'était comme s'ils craignaient de déranger leur maître, alors qu'il réfléchissait à la réponse qu'il devait donner.
Aragorn resta immobile, hésitant. Au moment où il allait tourner la bride, un grincement métallique l'arrêta. Le monarque se redressa pour faire face aux défenses massives.
Les deux battants s'entrouvrirent, ne dévoilant presque rien de la terre située derrière eux, laissant juste assez de place pour laisser passer un simple cavalier.
Le cheval noir était couvert de métal sombre, de même que l'homme le montant. Celui-ci était couvert d'une cape sombre, son visage était dissimulé par un casque et seul sa bouche était visible.
- Je suis la bouche de Sauron, déclara t-il avec un sourire garni de crocs jaunâtres. Mon maître vous souhaite la bienvenue. Y'a t-il quelqu'un ici qui ait autorité pour traiter avec moi ?
Gandalf s'avança à son tour, imité par Théodred, puis par les deux adolescentes.
- Nous ne sommes pas venus négocier avec un Sauron déloyal et maudit, tonna Aragorn. Il doit quitter ces terres pour ne jamais revenir et ses orques doivent se disperser pour toujours.
Le messager poussa un rire rauque, ce qui était l'exact état d'esprit de son maître en ce moment, observant l'assemblée lui faisant face.
- Vous exigez, constata t-il, mais vous n'êtes pas en position de dicter quoi que ce soit à mon maître. Vous avez un de ces rats de la Comté, ainsi que deux de ces magiciennes.
Alors que Pippin écarquillait les yeux et que Sayaka trembla, le messager rit de nouveau.
- Ne soyez pas surpris, ajouta t-il, la vision de mon maître est bien plus perçante que vous ne pourrez jamais l'imaginer. Savez-vous que nous avons fait belle prise il y a peu ? Mon maître n'aime guère les espions et ceux que vous avez envoyé ont échoué. Ainsi, s'ils vous sont chers, vous devriez réfléchir à son offre. Le sort de nos prises dépend de votre réponse à nos conditions et vous devriez utiliser le peu de temps qu'il vous reste à bon escient.
- Nommez-les, déclara Gandalf.
Le messager fit une liste si exorbitante, qu'elles étaient absolument inacceptables. Devoir abandonner la rive orientale de l'Anduin, payer tribut au Mordor, reconstruire l'Isengard pour le compte d'un serviteur de Sauron et ne pas porter d'armes, était pire qu'une insulte. Ce serait se soumettre à ce nécromancien, devenir ses esclaves.
- Ainsi, dédaigna Aragorn avec un royal mépris, le vil maître de la perfidie s'est tant affaibli qu'il en est réduit au point de négocier ce qu'il n'a jamais pu obtenir par la force ? Nous ne vous croyons pas, ni vous, ni vos mensonges !
Le cheval du messager couvert de plaques hennit légèrement, alors que l'ambassadeur leva la main, faisant signe aux guetteurs.
Deux orques arrivèrent, claudiquant en tirant un paquet grossièrement enveloppé.
Les deux monstres tordus se placèrent à la gauche du cavalier. Leurs traits répugnants étaient agités d'un rictus, comme s'ils se retenaient de charger.
Sur ordre du messager, les deux orques déplièrent le drap troué, révélant leur preuve.
A l'instant où le contenu fut dévoilé, Sayaka ne put s'empêcher de hurler et de mettre pied à terre.
Les autres devinrent blêmes, lorsqu'ils virent le cadavre de la jeune Puella Magi aux cheveux roses.
Kaname Madoka n'était plus reconnaissable qu'à cause de ses cheveux roses. Son corps n'était plus qu'une masse de plaies, de coups et d'os brisés. Sa peau douce était parsemée de cicatrices et de griffures maculées de venin et de sang coagulé.
Son visage souriant avait été soigneusement tailladé, avec une cruauté raffinée, les orques ayant poussé l'injure jusqu'à mutiler le cadavre en inscrivant de multiples insultes en leur langue, signant le tout d'un œil fendu sur le front.
Sayaka s'approcha, incrédule. Son regard céruléen était devenu sombre. Sa mâchoire serrée laissait échapper un filet de salive.
D'un geste, elle décapita les deux orques, avant de tomber à genoux.
Alors que la lame de la justicière tombait sur la terre grise couverte de gravillons, Sayaka resta figée devant le visage défiguré de son amie.
Après quelques secondes, sous le regard narquois du messager, elle posa une main sur la joue scarifiée de sa meilleure amie.
Le simple contact avec la chair froide et raide lui donna la nausée. Le sang caillé se colla à ses doigts, restant accroché en formant un drap poussiéreux.
Elle n'avait pas voulu y croire, refusant d'admettre la vérité, se disant que ce n'était qu'un piège et une grossière machination pour la blesser, mais maintenant qu'elle touchait le corps, la preuve sous ses doigts était irréfutable.
Sayaka posa un sanglot déchirant, s'écroulant à genoux, enlaçant le cadavre de sa meilleure amie, qui gisait dans la poussière.
Kyôko ne savait pas quoi dire. Elle ne savait même pas si elle pouvait - ou si elle devait - dire quelque chose.
La rousse avança doucement, intérieurement choquée.
Madoka était une jeune fille douce et souriante, une personne profondément gentille et compatissante. Elle ne méritait certainement pas ce qui lui était arrivé.
Vu de plus près, le corps de la collégienne était encore pire à voir, songea Kyôko, qui n'imaginait pas ce qu'il fallait avoir dans les tripes pour oser faire ça à une personne sans défense.
Kyôko déglutit, alors qu'elle approchait de Sayaka. La rousse ne savait pas que faire, alors elle voulut juste poser une main compatissante sur l'épaule de sa camarade, afin de réconforter un tant soit peu son amante.
Elle s'approcha et au moment où sa main effleura l'épaule de sa camarade, la justicière frémit. Soudainement, Sayaka émit une aura froide et sombre.
La justicière aux cheveux bleus serra les dents, s'enfonçant les ongles dans les paumes, tandis que ses épaules se soulevèrent irrégulièrement.
Kyôko recula et sentit qu'elle ferait mieux de prendre ses distances. Lorsque Sayaka était dans un état d'excitation et d'hystérie extrême, elle pouvait être dangereuse pour tout ce qui l'entourait.
Le visage de Sayaka, déformé par le chagrin, s'agita de tremblements. Une expression indéfinissable la gagna, tandis que la longue plainte émergeant de sa gorge se mua en un un son indéfinissable, empli de haine, de fureur et de folie.
Sayaka projeta une aura étouffante. Sa gemme s'obscurcit, à mi-chemin de la corruption totale et même la bague qu'elle portait n'arriva pas à tout absorber.
D'un seul coup, Sayaka récupéra son arme. Elle se releva en bondissant et dans le même geste, elle trancha la tête du cheval.
La monture s'écroula au sol, tandis que Sayaka redescendait, ses doigts serrés sur la poignée de l'arme, les muscles tendus.
Sayaka retomba et abattit son sabre sur le cavalier, fendant le casque et la tête.
La Bouche de Sauron se tut, s'écroulant au sol en poussant un gargouillis ignoble.
Cependant, cela était loin de lui suffire. Ces monstres avaient torturé Madoka, elle n'allait pas les laisser s'en tirer aussi facilement.
Elle frappa de nouveau, hurlant comme une possédée.
Son bras enchaîna les moulinets, comme si ses muscles n'étaient pas fatigués, galvanisés par la haine.
La chose devant elle lui faisait horreur. Elle voulait la pulvériser, l'anéantir, au point de la faire disparaître de la surface de la Terre.
A force de frapper, elle réduisit le messager à l'état de pulpe sanglante sur la terre grise et sèche.
Sayaka se calma finalement. L'adrénaline se dissipa, alors qu'elle observait la purée de viscères et d'os, appartenant au messager de Sauron et à sa monture.
Ses doigts tremblants lâchèrent son sabre, alors que Kyôko attrapa doucement son amie en état de choc.
- J'aurais du être là, sanglota t-elle. Je n'aurais pas du écouter Homura.
Persoone ne fit le moindre commentaire. Tout le monde avait pu constater la démence ayant saisi Sayaka et personne ne souhaitait risquer d'être la cible de sa rage insensée. La colère était peut-être retombée, noyée par le chagrin, mais elle pouvait toujours émerger.
A cet instant, la porte s'ouvrit plus largement.
Sayaka se tourna vers la Porte Noire, observant la lumière orangée qui l'éclairait. Cet éclat semblable à une flamme provenait de l'immense œil situé au sommet de la tour qui dominait l'horizon.
- Elessar, gronda Sauron d'une voix qui semblait résonner dans leurs esprits plutôt que dans leurs oreilles. Oktavia von Seckendorff ... vous êtes terminés ...
- Amène-toi ! meugla Sayaka, levant son coutelas maculé d'hémoglobine. Viens ici que je te bute, enfoiré !
Sur ce, elle ajouta une impressionnante litanie d'injures, qui firent rougir pas mal de soldats, peu habitués à une telle sortie.
Le grand œil braqua alors son faisceau lumineux sur elle, se désintéressant de tout le reste.
Sayaka soutint le regard de cette masse vitreuse, dont la pupille fendue rappelait celle d'un chat.
Les portes s'ouvrirent soudainement en grand, laissant émerger une armée d'orques et de trolls.
Aragorn avança, l'épée en main, faisant un discours pour galvaniser le moral de ses hommes, qui avaient choisi de suivre leur capitaine jusqu'au bout.
- Tenez vos positions ! exigea t-il, alors que les hommes dressaient leurs boucliers pour former un mur. Fils du Gondor et du Rohan ! Mes frères ! les appela t-il, se mettant au même niveau que ses hommes, acceptant de partager le même destin, tant bien même il était roi. Je lis dans vos yeux la même peur qui pourrait saisir mon cœur. Un jour peut venir où le courage des hommes faillira, où nous abandonneront nos amis et briseront tous liens.
Une telle image sembla faire peur à tous ces soldats. Ils avaient sans doute des femmes et des enfants, ainsi que des proches qu'ils voulaient protéger.
- Mais, reprit Aragorn avec une voix claironnante qui porta loin, ce jour n'est pas arrivé. Ce sera l'heure des loups et des boucliers fracassés lorsque l'âge des Hommes s'effondrera. Mais ce jour n'est pas arrivé ! Aujourd'hui nous combattrons ! Pour tout ce qui vous est cher sur cette bonne Terre, je vous ordonne de tenir, Hommes de l'Ouest !
Une série de cris et d'acclamations unanimes conclurent ce discours, alors que le roi du Gondor levait son épée, celle qui avait déjà eu raison de Sauron, il y a des millénaires de cela.
- Pour Frodon, conclut-il, avant de charger.
Il fut suivi par toute l'armée, rattrapant les deux jeunes filles qui chargèrent également, ivres de vengeance.
Alors que les deux armées allaient se rencontrer, n'étant plus séparées que par une trentaine de mètres, un éclat de lumière jaillit autour du cadavre de Madoka.
La force de l'éclat stoppa les deux armées, qui reculèrent, aveuglées par cette puissance.
A la stupéfaction générale, la jeune fille se leva, entourée d'une lueur ténébreuse. C'était à la fois plus sombre que la nuit et plus lumineux que le soleil, en un mélange complémentaire et impossible.
Madoka se redressa, toujours nimbée de cet éclat doré. Lorsque la lumière se fit moins violente, tous purent voir qu'elle avait changé.
Ses longs cheveux coulaient dans son dos, tandis que ses yeux roses s'étaient assombris. Sa peau avait retrouvé sa douceur et sa teinte emplie de vie, mais son sourire était plus assuré, plus confiant.
Ses vêtements étaient différents. Elle portait un corselet et un gilet de tissu mauve bouffant et vaporeux, laissant voir sa peau par transparence. Ses gants sombres étaient assortis à ses cuissardes, alors que sa mini-jupe de cuir moulait ses fesses.
La jeune fille observa son corps, notant la présence de bracelets de cuir autour de ses poignets, avant de caresser le collier clouté autour de sa nuque.
- Madoka ? murmura Sayaka avec une expression presque désespérée.
Alors que les orques reprirent leur charge, hurlant sans subtilité, l'adolescente aux cheveux roses projeta une onde de choc, qui balaya leur première vague.
La première ligne s'écroula, bousculant les suivantes, qui s'arrêtèrent.
Madoka n'avait même pas eu à se retourner, affichant sa puissance avec insolence.
- Assez avec toute cette violence, demanda t-elle, rejetant ses cheveux en frôlant les piercings accrochés au pavillon de son oreille gauche.
Elle regarda Sayaka et lui adressa un sourire navré.
- Désolée de devoir briser tes espoirs, Okt ... Miki Sayaka, mais je ne suis pas ton amie. Je suis vraiment désolée de t'infliger cette peine.
- Qui êtes-vous ? demanda alors Sayaka. Vous êtes dans son corps et vous lui ressemblez tellement.
- Je suis, je suis, commença t-elle en réfléchissant intensément, dévoilant une sphère noire accrochée autour de son cou. Je suis Kriemhild Gretchen, finit-elle en faisant rouler ce nom sur sa langue, goûtant à sa saveur. Je suis la grande sorcière de l'espoir.
Kyôko l'observa avec incrédulité. C'était impossible, une sorcière ne pouvait pas être aussi consciente, discutant de façon calme et posée.
- Je veux ramener la paix et l'espoir, que tous puissent vivre en se comprenant. Je veux que tous vivent en harmonie, pour faire de ce monde un paradis. Je vais vous laisser dix jours pour y parvenir et éliminer tout chagrin.
- Et si c'est impossible ? questionna Kyôko. Que feras-tu pour y parvenir ?
- C'est très simple, répondit la sorcière au corps humain. J'anéantirais tout ce qui s'oppose à cette paix. J'absorberais toute vie sur cette planète, avant de recréer un monde idéal, dans laquel nous serons tous unis en un paradis éternel !
Sayaka observa avec ahurissement cette créature qui possédait le corps de Madoka. Sa meilleure amie n'aurait jamais osé dire quelque chose comme cela et surtout, elle n'aurait pas eu un ton aussi effroyablement sincère.
- Vous pensez vraiment que nous allons discuter avec ces engeances ? cracha Théodred en désignant les orques qui observaient la sorcière. Jamais je ne m'allierais avec les bêtes qui servent Sauron !
Kriemhild regarda l'immense œil, qui semblait se délecter de ce spectacle, attendant de voir comment les choses évolueraient, bien qu'il rêvait d'écraser Elessar et tout ce qui s'opposerait à sa domination du monde.
- Sauron n'est pas le plus altruiste, ni le plus gentil des dirigeants, commença t-elle avec la même voix douce. Ce n'est pas un être juste, ni même honnête, mais lui au moins à l'avantage de ne pas considérer les orques juste comme des êtres à exterminer.
Elle avait un point, songea Aragorn, mais l'heure n'était guère aux discussions.
A cet instant, un éclat lumineux jaillit derrière eux.
Le sommet de la tour de Barad-dûr scintilla. Une flamme s'éleva, alors que l'œil trembla. l'immense orbe de flammes se rétracta, comprimé sur lui-même, avant de disparaître.
Avec stupeur, tous virent le grand œil ardent disparaître.
Avant même que quelqu'un ne lève son épée en hurlant à la victoire, un éclair frappa le sol, devant la Porte Noire.
Une silhouette apparut devant les légions d'orques, mesurant bien trois mètres de haut, couverte par une armure sombre.
L'être dégageait une aura étouffante, qui semblait éclipser l'éclat d'espoir émise par Kriemhild Gretchen.
L'être leva sa main droite, tenant une masse noire.
Cependant, ce qui horrifia tout le monde, ce fut l'anneau doré aux inscriptions de feu qui luisait autour de son annulaire droit.
