Bonjour à tous !

Voici la suite, centrée sur Homura. J'espère que ce chapitre vous plaira. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos commentaires.

Bonne lecture !


Chapitre 45 : Le défaut du plan

Homura observa la gemme rose qui luisait dans la paume de sa main. Elle marchait mécaniquement, comme si elle n'avait pas conscience de son environnement.

Avec la démarche d'un automate, Homura passa devant le matelas qu'elle avait placé dans un recoin poussiéreux, avant de s'approcher du recoin où elle avait pris l'habitude de s'installer pour nettoyer ses armes.

En temps normal, Homura aimait prendre soin de ses machines de mort. Lorsqu'elle nettoyait chaque pièce et récurait chaque recoin, elle avait l'esprit entièrement concentré sur cette tâche et ne se perdait pas en considérations diverses, dont l'intérêt était parfois très discutable.

Cependant, Homura n'avait plus le luxe de se détourner de la question qui la taraudait. Elle devait impérativement trouver une solution pour sauver Madoka.

La jeune femme s'assit le long de la paroi, se laissant glisser contre la roche sèche, éraflant sa tenue blanche.

Homura avait un regard vide. Ses iris lilas semblèrent s'assombrir, auréolés d'un éclat désespéré.

La seconde suivante, la Puella Magi se reprit. Les engrenages de son esprit avaient recommencé à tourner, reprenant leurs incessants calculs mécaniques, mettant de nouveau en marche le cerveau de la manipulatrice qui fonctionnait avec une précision despotique et une volonté inébranlable.

- Les Clara Dolls, sortez, ordonna t-elle à ses poupées, avec un ton sec indiquant qu'elle n'admettrait aucune contestation.

Les rares marionnettes présentes dans la caverne obéirent à l'instant, sachant que la volonté de leur maîtresse était absolue.

Lorsque Homura fut certaine d'être seule, puisque l'elfe captive ne comptait pas, elle soupira, se prenant la tête dans les mains.

Elle aurait presque pu se mettre à sangloter, tant les nouvelles étaient mauvaises, mais elle se contenta de regarder ses jambes avec une expression vide.

Elle avait trop longtemps été impuissante et pleurer ne résolvait rien. Les larmes étaient inutiles, alors autant s'en passer pour faire quelque chose de plus utile.

La Puella Magi leva sa main droite au niveau de son visage et ouvrit sa paume, dévoilant la soul-gem de Madoka, qui brillait d'une forte lueur.

Son regard devint plus doux en observant la pierre. Elle contempla chaque facette de la gemme, repensant à toute la bonté qui scintillait à l'intérieur, irradiant son cœur d'une douce caresse, comme si les doigts de Madoka effleuraient gentiment son corps.

Homura grava chaque détail de cette âme pure en son esprit, alors que les commissures de ses lèvres se soulevèrent légèrement, donnant un air plus doux à son visage.

Cependant, son regard terne et empli de mélancolie démentait cette fausse impression d'apaisement.

Alors qu'elle pouvait être réconfortée par la présence proche de celle qu'elle aimait, Homura était rongée par les regrets. Elle savait parfaitement que chaque fois qu'elle essayait de sauver son amie, elle ne réussissait qu'à la faire souffrir. Que ce soit en la tuant, en la blessant par son indifférence ou en étant cruelle, Homura blessait Madoka.

Elle avait beau se dédouaner, prétextant que c'était pour le bien de la collégienne aux cheveux roses, Homura devait voir la réalité en face. Madoka était blessée à chaque fois et cela était douloureux à voir. Paradoxalement, elle faisait souffrir celle qu'elle aimait, juste pour la protéger d'un sort bien pire.

La voyageuse temporelle repensa au passé et regarda autour d'elle.

L'obscurité l'entourait. Ce n'était pas la blancheur immaculée d'une chambre d'hôpital, mais la solitude qui l'étreignait était la même. Pas de chaleur, pas de douceur, personne pour la réconforter. Elle ne pouvait que s'accrocher à une image fugace, à un souvenir qui restait vivace.

Jadis, Homura avait longtemps été seule dans sa chambre d'hôpital, avec des parents distants. Ses géniteurs se montraient lointains et impassibles avec leur seule enfant. Ils se protégeaient en étant indifférents, ne voulant pas trop s'attacher à elle, en un égoïste effort pour ne pas souffrir de la mort programmée de leur fille.

Mais Homura avait survécu. Une brève rémission lui avait permis de vivre un semblant de vie normale. Elle avait pu aller au collège et rencontrer la plus merveilleuse des personnes.

Cependant, lorsqu'elle avait perdu ses amis, elle s'était de nouveau retrouvé seule.

Homura avait trop longtemps été enserrée par les bras glacés de cette ombre noire, dont les griffes s'enfonçaient dans son âme.

Seule la présence apaisante et le doux sourire de Madoka avaient permis de chasser la solitude qui l'emmitoufflait de son manteau obscur.

Madoka avait été son espoir, sa lumière, son phare dans les ténèbres.

Lorsque Madoka était morte, Homura n'avait pas accepté cette fin. Elle s'était juré de protéger son amie, de tout faire pour elle, de la même façon que Madoka lui avait rendu l'espoir et le goût de la vie. Si Madoka lui avait donné son amitié, l'espoir et la joie de vivre, Homura ferait tout pour lui rendre la pareille.

Homura avait accepté le fardeau de sauver Madoka, elle avait librement emprunté un chemin fait de douleur et de solitude, dans lequel elle se condamnait volontairement à ne pas être heureuse.

Il fallait bien que quelqu'un se dévoue pour les autres. Le bonheur absolu n'était qu'un mensonge. Certains avaient tenté de bâtir des paradis sur terre, mais ils étaient toujours construits aux dépens d'autres.

Homura l'avait bien compris. Pour elle, il n'y avait ni espoir ni rédemption possible. Mais, quitte à devoir être damnée, autant assumer ce fardeau jusqu'au bout et tout faire pour aider les autres, ses amies.

Madoka méritait d'être heureuse et en sécurité.

Homura devait tout faire, tout tenter pour celle qu'elle aimait.

Absolument tout.

Homura se redressa, reprenant son air dur.

- Je dois tout faire pour te sauver, Madoka, songea Homura. Je n'aurais de cesse de te protéger, même si je dois rester enfermée pour toujours dans un labyrinthe de douleur et de solitude.

Homura approcha de Arwen et retira le bâillon de la brune.

La princesse elfe serra les dents pour chasser la crampe dans ses muscles, mais avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit d'autre, Homura dégaina son Desert Eagle.

D'un seul geste, la Puella Magi pointa son pistolet sur l'elfe. Avant que les remords ne la fasse hésiter, Homura tira dans la poitrine, perforant le cœur.

L'elfe écarquilla les yeux, avant de s'effondrer au sol.

Son regard devint vide, alors qu'un filet carmin s'écoula au sol, dégageant un entêtant parfum métallique.

Immédiatement, Homura saisit la précieuse gemme de son amie et la plaça devant la plaie. La manipulatrice chargea son énergie et utilisa le pouvoir qu'elle avait drainé pour accomplir un rituel interdit.

Lentement, Homura parvint à extraire la précieuse âme, employant les rituels de nécromancie les plus ignobles qu'elle avait volé à Saroumane et aux Nazgûl, ramenant l'âme de Madoka dans le corps blessé.

La plaie se referma autour d'une substance brillante, d'une couleur de fraise.

Après quelques secondes d'incertitude, où Homura tâta le pouls, le cœur de l'elfe se remit à battre. Une faible pulsation agita de nouveau le muscle, avant que le sang ne circule de nouveau dans les veines.

La soul gem échappa des doigts de Homura et tomba au sol, émettant un son mat. Il ne s'agissait plus que d'un écrin doré, entourant une sphère de cristal vide. Cet objet vide n'avait plus aucune valeur, puisque l'âme censée être catalysée et convertie en énergie avait de nouveau intégré un corps biologique.

Arwen respira lentement, avant d'ouvrir les yeux.

- Que s'est-il passé ... Homura-chan ? demanda t-elle d'une voix adulte, mais dans laquelle on retrouvait sa légendaire douceur.

Homura la serra dans ses bras, soulagée d'avoir retrouvée son amie. Puis, elle recula, avec une expression presque honteuse, alors qu'elle essayait de garder un contact visuel avec l'elfe possédée par Madoka.

Homura savait que cela ne finirait pas bien, mais elle ne pouvait plus mentir à Madoka. Elle lui raconta tout ce qu'elle avait fait. Du moins, elle ne conta que ce qu'elle avait fait dans cette chronologie, évitant de dévoiler la vraie nature de son pouvoir.

L'expression horrifiée de Madoka ne la surprit pas, bien qu'elle soit profondément blessante.

- Homura, déclara la collégienne enfermée dans le corps de l'elfe. Je ... je ne peux pas cautionner tout ça.

- Je le sais, avoua Homura, n'osant pas la regarder dans les yeux. Je ne le sais que trop bien. Je ... j'aurais bien voulu trouver d'autre solution, mais ...

Homura posa sa main sur son bouclier, prête à retourner dans le passé, au moment où Madoka débarquait en Terre du Milieu.

Ce maudit souhait, fait par son amie, avait si bouleversé l'espace-temps, que Homura ne pouvait plus remonter au-delà de cette arrivée, l'empêchant de revenir au jour de sa première rencontre avec Madoka.

Homura s'apprêta à faire rétrograder le cours du temps, pour développer une autre chronologie, mais alors que le sablier de son bouclier était prêt à libérer son pouvoir, Homura se figea, empêchant l'engrenage de glisser.

Si elle retournait en arrière, Madoka aurait encore plus de réalités liées à elle. Son potentiel grandirait encore, mais elle serait encore plus menacée.

Homura trembla, alors qu'une réalisation horrifique fracassa ses défenses mentales.

En fait, elle aurait tout fait pour rien. Ses combats, ses sacrifices, ses souffrances, tout serait vain.

Homura laissa tomber son arme, gardant les bras ballants, alors que son bouclier claquait contre la paroi d'obsidienne.

- Pourquoi ? demanda t-elle d'une voix désespérée, sans savoir à qui elle s'adressait réellement, comme si elle espérait trouver une entité supérieure à blâmer à sa place.

Sa soul gem brilla d'un éclat noir. La corruption s'engouffra dans son âme, alors qu'elle chancella et se rattrapa de justesse au mur.

Elle glissa faiblement le long de la paroi, laissant ses larmes couler, tandis que le désespoir la dévorait doucement.

- Pourquoi est-ce que j'ai fait tout ça pour rien ? bégaya t-elle en pleurant. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à te protéger ?

Madoka fut choquée. Homura restait toujours impassible, mais elle dévoilait ses doutes et ses faiblesses devant elle.

Homura était une criminelle, une manipulatrice cruelle et impitoyable, mais elle n'avait que de bonnes intentions. Un proverbe disait que l'enfer était pavé de bonnes intentions et Homura en était un bon exemple. Face à tant de bonne volonté, face à tant de souffrances endurées, Madoka ne pouvait pas ignorer que Homura faisait les choses pour aider ses amies. La collégienne, piégée dans le corps d'une elfe, ne voulait pas accabler davantage la brune en la faisant culpabiliser.

Homura continua de pleurer, se laissant aller. Elle laissa sa gemme noircir et briller d'un sombre éclat, s'abandonnant au désespoir.

Madoka saisit la main de Homura, en un geste apaisant.

- Ca suffit, Homura, murmura t-elle avec douceur, posant une main sur la joue de la brune en un geste doux et apaisant. Je trouverais une solution, ajouta t-elle, avant d'avoir l'illumination.

- C'est ... trop tard, murmura la brune, les yeux dans le vague, alors qu'elle avait l'impression d'être saisie à la gorge par ses erreurs, par ses fautes qui voulaient la plonger dans un océan fait de ses larmes amères.

Elle trouva cependant la force de regarder Madoka dans les yeux.

Homura regarda ces prunelles aux reflets perlés, dont la profonde nuance dorée était emplie de douceur et de compassion. Elle connaissait par cœur chacune des petites tâches qui scintillaient à chaque battement du cœur de son amie.

- J'ai trouvé, répondit Madoka en serrant la main de sa camarade, réchauffant doucement la gemme qui s'assombrissait et semblait absorber toute chaleur et tout espoir.

Madoka observa l'entrée de la grotte et soupira, ses yeux adoptant une émotion moins douce et bienveillante.

- Tu peux sortir Kyubey, appela t-elle. Je sais que tu as compris.

L'extraterrestre émergea de l'ombre, avec son éternel expression souriante, endormant la méfiance de celles qu'il approchait. Il avait patiemment attendu, observant les choses dans l'attente de pouvoir récolter l'âme de Homura. Elle était à deux doigts de sombrer et d'achever un nouveau cycle. Un cycle insignifiant parmi des milliers d'autres, une existence qui n'était qu'une négligeable poussière dans ce vaste univers.

- Kaname Madoka, salua l'alien. L'acte insensé de Homura aggrave l'entropie, mais si tu souhaites de nouveau faire un contrat pour contrecarrer cette action, c'est possible.

Kyubey ne cachait même plus ses ambitions. Il ne se souciait plus d'enrober la vérité, puisqu'il avait compris que Madoka voulait sauver Homura, quitte à se damner à son tour.

- Avant de refaire le contrat, je veux connaître le vœu que j'avais fait.

- Je l'ignore, répondit Kyubey. Tout ce que je sais, c'est que tu voulais que personne ne soit au courant. J'ai interprété tes mots de la façon la plus littérale possible, en effaçant tes souvenirs, faisant en sorte que personne ne connaisse l'intitulé de ce contrat. Un secret est en danger, dès lors que quelqu'un le connait.

Madoka l'observa, se maudissant d'avoir eu une formulation aussi malheureuse. Cependant, elle ne se ferait pas piéger une seconde fois.

Elle réfléchit, cherchant comment tourner ses mots pour éviter que Kyubey ne la trompe une fois de plus.

- Je sais ce que je vais faire, déclara Madoka. Je veux pouvoir ...

A cet instant, Homura tenta un geste désespéré, essayant d'arrêter son amie, mais Madoka lui adressa un doux sourire, lui demandant de lui faire confiance.

Homura avait échoué et elle le savait. Sa seule chance, c'était de laisser Madoka tenter quelque chose.

Cependant, si Madoka échouait ...

Homura préféra ne pas imaginer une si terrifiante hypothèse. Elle se contenta d'observer, impuissante.

Elle exécrait tellement ce sentiment !

Elle avait trop souvent été couchée sur un lit d'hôpital, à devoir attendre que son cœur daigne correctement fonctionner, seule, avec pour seul horizon les murs de sa chambre.

Madoka se mit devant Kyubey et l'observa.

- Tu as dit que j'avais un grand potentiel. Dans ce cas, j'aimerais pouvoir faire le contrat. Je souhaite détruire toutes les sorcières, avant qu'elles ne naissent ! Je veux pouvoir sauver toutes les Puella Magi, partout et à toutes les époques, avant qu'elles ne se transforment en sorcières ! Je veux qu'aucune ne souffre du désespoir !

- Mais, répondit Kyubey avec ce qui ressemblait à de la surprise, c'est bien au-delà de la manipulation temporelle ! C'est ... veux-tu devenir ... ce que vous appelez Dieu ?

- Peu importe ! répondit Madoka. C'est mon souhait, alors exauces-le, incubateur !

Kyubey obéit. Il posa sa patte sur la poitrine de Arwen, extrayant l'âme de Madoka en créant une nouvelle soul-gem.

La jeune fille s'entoura d'une aura immaculée. Le visage fin et élégant de l'elfe se métamorphosa, laissant place à celui qui était familier aux yeux de Homura. Ses cheveux s'allongèrent et retrouvèrent leur nuance dragée, sa robe devint d'une blancheur immaculée, tandis que l'intérieur était empli d'étoiles tourbillonnantes.

Madoka était radieuse, emplissant la caverne d'une magnifique aura de pureté.

- Je vais te sauver, Homura-chan, claironna t-elle d'une voix à la fois douce et puissante, retentissant dans le cœur de la brune. Ensuite, je sauverais toutes les autres et jamais je ne cèderais aux sirènes du désespoir !

Homura était bouche bée, fascinée devant tant de pouvoir et tant de bonté d'âme. Elle regrettait presque ce qu'elle allait faire.

Cependant, elle se doutait bien que Kyubey et sa maudite espèce n'en resteraient pas là. Elle savait Madoka trop pure, trop gentille et trop innocente pour affronter les malveillances de ses ennemis, sans parler des malversations délétères et cruelles de cet univers. Il y avait tant de menaces potentielles, des périls dont elle n'avait même pas idée et qui échappaient à l'entendement. La race maudite des Incubateurs n'était qu'un péril, visible mais dont on ignorait l'étendue des capacités.

Homura frissonna en y réfléchissant. Si Kyubey s'était bien gardé de révéler ce que l'humanité trouverait lorsqu'il avait affirmé qu'elle atteindrait les étoiles, alors elle ne pouvait s'empêcher de se demander qu'est-ce qui pouvait exister ailleurs ? Quelles horreurs se terraient dans les recoins des ténèbres de milliards de galaxies isolées ?

Homura ne pouvait pas laisser son amie affronter tous ces dangers.

Elle se laissa tomber, en larmes. Son bras devint mou, alors que sa gemme se fissura.

Madoka saisit la main de la brune, en un geste apaisant.

- J'ai ... tellement attendu ce moment, murmura Homura.

Un petit sourire se dessina sur les lèvres de la voyageuse temporelle.

Elle saisit les mains de la déesse, qui fut ébranlée par cette agression à laquelle elle ne s'attendait pas.

L'expression de stupeur sur le visage de Madoka blessa profondément Homura, fendant sa gemme sous l'impact de cette trahison, mais la brune résista à cette nouvelle mutilation.

- Je le fais pour toi, pensa t-elle avec les meilleures intentions possibles. Mon amour n'a pas de limites !

Un éclat plus sombre et plus écœurant que le désespoir émergea de la soul-gem de Homura, entourant la déesse. La substance entoura Madoka, qui se sentit déchirée en deux, comme si on l'écorchait à vif.

- Homura, gémit-elle avec une voix désespérée, emplie d'une souffrance abominable. Arrête ! Ca fait ... tellement ... mal ! Pitié ! Je t'en supplie ! Arrête ! TU VAS ME BRISER !

Un craquement retentit, alors que toute la caverne fut envahie de ténèbres.

Immédiatement, Madoka s'effondra dans les bras de Homura.

La magicienne serra la jeune fille aux cheveux roses dans ses bras, la gardant contre elle, comme un précieux trésor méritant d'être chéri et protégé, alors que l'aura de la Puella Magi s'étendit comme le feu dans la paille.

Homura se sentit grisée, envahie d'un pouvoir infini.

Cependant, alors qu'elle était enivrée par cette puissance illimitée, Homura fut saisie de violentes crampes dans le ventre.

Homura jura en sentant sa chair brûler, incapable de contenir l'être divin qu'était Madoka. La brune sentit la magie grouiller dans son corps, comme une force monstrueuse qui la parasitait et qui cherchait à fuir sa chair.

- Je ... je ne peux pas tenir ça très longtemps, haleta Homura en serrant les dents. Mon corps n'est pas adapté pour un tel pouvoir.

Homura fit circuler une part de ce pouvoir divin dans sa gemme, voulant infuser son âme avec ce pouvoir divin, mais le joyau se fendit.

Incrédule, Homura observa l'orbe sombre, traversé par une brisure.

- Je n'ai pas assez de puissance pour pouvoir contenir l'énergie divine de Madoka, comprit-elle. Il me faut de quoi canaliser ce pouvoir ... et même de quoi le dominer.

A cet instant, le regard de Homura s'écarquilla, alors qu'elle comprenait ce qu'elle allait devoir faire.

Une nouvelle trahison, un nouveau mensonge, un autre renoncement.

Mais, ce serait la dernière fois, se jura t-elle. Une ultime injure à Madoka, une dernière blessure et tout serait terminé.

Il ne lui restait plus qu'une chose à faire.

Elle allait devoir se damner pour l'éternité, sans aucun espoir de rédemption ou de salut.

Mais au moins, elle pourrait sauver Madoka.