Bonsoir à tous !
Je poste la suite, avec les actions de Homura. J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture !
Chapitre 47 : La confession de Homura
Le silence pouvait parfois être assourdissant.
Lorsque des dizaines de milliers d'êtres retenaient leur souffle, spectateurs impuissants devant une action qui pouvait sceller leur destin, la lourdeur du silence pesait sur eux.
A leurs oreilles, ce silence était écrasant, les menaçant par l'incertitude tétanisante qu'il provoquait, alors que l'inquiétude produite par l'inconnu s'attardait, persistante.
Les témoins de la scène observèrent, alors que le silence semblait produire un malaise les rendant nauséeux.
Pourtant, il ne suffisait que d'une parole, d'un murmure, pour briser cette toile d'angoisse dont le destin était suspendu aux lèvres fines d'Akemi Homura.
- Les choses ne se sont pas parfaitement déroulées, du moins pas comme je l'avais planifié, monologua doucement Homura, mais au final, tout semble bien se terminer. Je déteste me tromper où refaire les mêmes erreurs, mais je l'admettrais, avoua t-elle avec un ton presque rêveur.
Elle leva l'Anneau Unique devant-elle, l'observant avec curiosité, notant chaque détail.
D'un geste, elle fit sortir sa propre gemme, laissant émerger l'orbe pourpre du dos de sa main gauche, lui permettant de flotter au dessus de sa paume.
- Renoncez-y, l'incita alors Aragorn. L'Anneau ne répond qu'à Sauron. Il veut vous corrompre. Il n'est pas encore trop tard, vous pouvez encore faire le bon choix.
Homura se contenta de hausser un sourcil devant le rôdeur. Elle n'était pas dédaigneuse, ni même méprisante. Elle était juste surprise qu'il tente encore de la convaincre, alors qu'elle avait pourtant prouvé sa détermination.
- Vous savez parfaitement que je n'ignore rien de tout cela, riposta t-elle. Cependant, cette anneau n'est pas juste une part de Sauron, c'est également un outil permettant d'appuyer sa volonté et d'exercer sa volonté, permettant d'extraire l'âme d'un dieu.
Sur ces mots, Homura posa l'anneau autour de sa soul-gem.
Instantanément, la bague grésilla et siffla. L'Anneau scintilla, ses lettres ardentes réapparaissant rapidement, avant que le métal ne se liquéfie.
Le métal liquide entoura la couronne sombre, avant de se mêler à l'écrin entourant la gemme de Homura.
L'adolescente resta figée, sentant la puissance absolue vibrer en elle, traversant chaque veine, chaque nerf de son corps.
- Enfin, conclut-elle avec un sourire, jouissant à cause du pouvoir qui la traversait et qui anesthésiait cette brûlure atroce.
Homura se sentit vibrer alors à l'unisson avec ce pouvoir, comme s'il était désormais sien et qu'il ne pourrait plus être retiré de son corps.
La jeune fille sourit, levant l'orbe sombre devant son visage, laissant la gemme refléter des éclats pourpres sur son visage pâle.
Alors que certains se demandaient si elle n'avait pas perdu l'esprit, Homura plaça la gemme devant sa bouche.
D'un coup de langue, elle avala la gemme, à la consternation des deux magiciennes. Elles savaient qu'il était nécessaire de conserver leur gemme à proximité de leur corps, mais l'idée de la mettre dans leurs tripes était dérangeant. Homura produisit un bruit de déglutissement écœurant, avant de tourner la tête vers les représentants des Peuples Libres.
Enfin, elle leur tournait toujours le dos, mais elle les observa du coin de l'œil, avec une nuque qui semblait brisée.
Le sourire qu'elle leur offrit était purement ignoble.
- Maintenant que j'ai la puissance nécessaire pour canaliser et maintenir le pouvoir que j'ai obtenu de la part de Madoka, je vais enfin pouvoir mettre à exécution la phase finale de mon plan. Cependant, il manque quelques personnes pour le spectacle.
Homura claqua des doigts et à cet instant, Arwen apparut aux pieds d'Aragorn.
Les étincelles s'évanouirent et dévoilèrent la présence de la bien aimée d'Aragorn.
La belle elfe était juste endormie et son amant se précipita sur elle, s'agenouillant pour s'assurer qu'elle allait bien.
Le rodeur se pencha sur elle, dégageant doucement le visage en écartant les cheveux. D'un geste doux, il releva sa fiancée, la prenant dans ses bras. Alors qu'il la portait, les paupières de Arwen frémirent, tandis qu'elle s'éveillait lentement.
- Aragorn, murmura t-elle en observant les alentours de ses iris océan, reconnaissant l'homme qu'elle aimait.
L'elfe sembla perdue durant quelques secondes, avant d'analyser son environnement. Elle n'était plus prisonnière dans cette caverne, elle était désormais libre.
La princesse déglutit, posant une main sur son torse, incrédule. Elle tâta sa chair, sentant les côtes et la peau lisse, alors qu'elle se souvint pourtant de la brûlure perforant sa poitrine.
Un peu plus loin, le corps de Kriemhild Gretchen s'agita également et Sayaka s'avança avec crainte vers la sorcière.
Sayaka avait été presque anéantie lorsqu'elle avait vu le corps mutilé et sans vie de sa meilleure amie.
Sayaka se mit à genoux, alors qu'elle posa une main tremblante sur le poignet de Madoka, ressentant une pulsation au niveau du poignet.
Madoka se redressa, une main sur le front, sentant une migraine s'estomper.
- Sayaka ? demanda t-elle alors avec une voix douce. Que s'est-il passé ?
Sans obtenir de réponse, Madoka fut surprise par la réaction de la justicière. Elle se retrouva serrée dans les bras de sa meilleure amie, dont l'expression indiquait qu'elle était viscéralement soulagée.
- Oh, merci ! s'exclama l'adolescente aux cheveux bleus, serrant Madoka, enfouissant son visage dans le cou de son amie, libérant ses larmes de soulagement trop longtemps contenues. J'ai ... j'ai eu tellement peur de te perdre.
Madoka ne dit rien, choquée de voir son amie en larmes.
La jeune collégienne serra doucement le corps de son amie, avant de baisser le regard, comme si la pudeur ne l'autorisait pas à voir les larmes que Sayaka versait.
Madoka observa son corps, s'assurant qu'elle était bien dans son enveloppe charnelle, mais lorsqu'elle regarda son enveloppe charnelle, elle tâta ses jambes et ses bras, sentant les vêtements de cuir qui la couvraient.
- Qu'est-ce que je porte ? s'étrangla t-elle en rougissant furieusement, voyant qu'elle était couverte par une tenue sexy, un ensemble de cuir qu'elle n'aurait jamais osé porter en temps normal.
Ses interrogations furent interrompues, alors que Homura poussa un hurlement de victoire, s'entourant d'une aura noire, plus sombre qu'une malédiction.
Une substance sombre et visqueuse émana de son corps, comme une magie pourpre, aux teintes multiples et indéfinissables. On aurait dit que son corps se décomposait, que sa chair coulait au sol, bien qu'elle soit toujours la même, gardant la même pose rigide.
La matière mystérieuse s'étendit brusquement, engloutissant tout sur son chemin, des pierres aux montagnes, en passant par les êtres vivants, s'étendant à perte de vue. La substance éthérée plongea tout le monde dans une obscurité miasmatique, alors que les spectateurs impuissants avaient la désagréable impression que chaque pouce de leur corps était violé par une substance inconnue.
Mais Homura ne cessa pas d'étendre son aura sur le Mordor.
Son pouvoir était si pur, si absolu, qu'il ne connaissait aucune limite. Aucun concept ne semblait pouvoir lui résister, chaque loi était à la merci de sa volonté inébranlable. Tout était à sa portée.
La magie de Homura imprégna chaque parcelle d'Arda, s'étendant au soleil et aux planètes voisines, avant de se répandre jusqu'aux confins de l'univers, en des lieux où la connaissance n'avait encore jamais pu percer les mystères, en ces places où nulle vie n'avait jamais pu découvrir les mystères.
Des milliards de mondes, des univers entiers et des dimensions dont elle n'avait même pas idée se révélèrent à elle, tandis qu'elle s'imprégnait de toutes ces réalités et de ces plans multidimentionnels.
Homura se sentit envahie d'une indicible puissance, son cœur battait à l'unisson avec des milliards d'étoiles et elle se sentit littéralement devenir tout.
Lorsque le monde redevint visible autour d'elle, les orques avaient disparu.
Les plaines du Mordor étaient couvertes d'herbes et de camélias rouges, tandis que Homura flottait dans les airs.
La brune était désormais vêtue d'une robe d'une teinte de jais, qui couvrait à peine sa nudité en s'accrochant à son corps, moulant ses formes avec indécence, dévoilant une poitrine peu développée, ainsi que le creux de ses reins.
Deux longues ailes émergeaient de ses omoplates, faites de métal sur lequel un velours gris portait de longues rémiges sombres.
Seule sa peau légèrement jaune, dont l'aspect immaculé semblait artificiel, ainsi que son ruban écarlate contrastaient avec le noir qu'elle portait, tandis qu'une gemme pendait au bijou accroché à son oreille gauche.
Lorsque Homura ouvrit les yeux, sa priorité fut de s'assurer de la sécurité de Madoka. Elle nota que son centre d'intérêt était encore blotti contre le torse de Sayaka.
La justicière se redressa bien vite, se plaçant devant son amie en un geste protecteur. Sayaka dégaina même son katana, en un geste tellement dérisoire, qu'il fit sourire le démon.
Finalement, Madoka aurait toujours quelqu'un pour la protéger dans ce monde terrestre, tandis qu'elle serait veillée depuis les cieux par un ange aux ailes noires.
Maintenant, Madoka était enfin sauve.
Et pour cela, Homura avait accepté de devenir le démon.
- Qu ... qu'êtes-vous ? demanda Gandalf, bien qu'il avait un sombre pressentiment et qu'il espérait que ses appréhensions seraient infirmées.
- Voyons, minauda la brune, avec un sourire que personne n'imaginait voir sur ses traits. J'ai dévoré l'âme d'une déesse pure, l'avalant goûlument avant de réécrire l'univers pour satisfaire mes désirs égoïstes. Je ne connais qu'un seul être capable de faire ceci et son nom ...
Elle sourit, avant de remettre pied au sol, avançant avec une royale élégance.
- Vous pouvez m'appeler Melkor, Satan, Akuma, comme vous le voulez. Je n'en ai cure.
A cet instant, Madoka s'avança vers Homura, malgré le geste de Sayaka qui tenta de l'en dissuader. Madoka était déterminée et marcha vers le démon, malgré sa crainte légitime qui lui hurlait de fuir cet être contre lequel elle ne pouvait plus rien faire.
- Homura, lui demanda t-elle, qu'est-ce tu as fait ? Qu'était le sentiment dont tu as recouvert l'univers ?
- Un sentiment plus beau que l'espoir, plus profond que le désespoir, plus doux que la compassion, plus amer que la trahison et plus brulant que la haine. C'est la quintessence des émotions humaines, le pinacle de tout ce que l'on peut ressentir. C'est l'amour, avoua t-elle. Je pense que tu mérites des réponses, bien que je sais que tu ne les aimeras pas.
Sur ces mots, elle tendit le bras vers l'une des montagnes, agrippant quelque chose de nulle part.
De ses gants sombres, elle saisit Kyubey, agrippant le félin par la peau du cou.
- D'ailleurs, sourit-elle avec un rictus sadique qui n'avait plus rien du sourire avec lequel elle s'était adressé à Madoka, je pense que cela devrait t'intéresser également ... Incubateur.
Kyubey gémit, mais avant qu'il ne puisse fuir, Homura lui brisa la nuque.
Elle jeta le corps au sol, comme s'il n'était qu'un déchet.
La créature à la fourrure blanche trembla, retrouvant alors la vie. Il jugea plus prudent de s'éloigner de quelques mètres, mais Homura le siffla comme un chien et l'alien se figea, revenant aux pieds de sa tortionnaire.
- Tu veux savoir ? demanda t-elle avec douceur. Tu souhaites réellement connaître la vérité ? ajouta t-elle en obtenant une confirmation de la part de Madoka. Tu ferais mieux de vivre dans la félicité de l'ignorance, mais ... je ne pourrais pas te refuser de savoir pourquoi j'ai fait tout ce que j'ai fait. Mes crimes n'ont été commis que pour te protéger.
Homura s'avança vers les trois Puellae, flottant en agitant légèrement ses ailes sombres, avant de s'asseoir devant une table qui n'était pas là auparavant, sirotant une tasse de thé noir.
- Je pense que je vais commencer par le début, à Mitakihara. Tout à débuté lors de ma sortie de l'hôpital, commença t-elle en s'humectant les lèvres, lorsque j'ai intégré le collège de Mitakihara. A l'époque, j'étais une jeune idiote, timide et lâche, rien de plus qu'une froussarde pleurnicharde et dépressive. J'ai finalement fait une tentative de suicide, mais j'ai été sauvée in-extrémis par une Puella Magi courageuse, une héroïne altruiste et gentille nommée Kaname Madoka.
Madoka sembla surprise, puisque ce récit lui semblait incohérent. Elle n'avait jamais vu Homura être ainsi. Elle n'avait jamais sauvé Homura, c'était l'inverse qui s'était produit, lorsqu'elle avait vu une sorcière pousser une vingtaine de personnes à tenter de se suicider avec de la javel.
- Finalement, poursuivit Homura en savourant le fait que tous buvaient ses paroles, après un mois, Walpurgisnacht est arrivée. Pour ceux qui l'ignorent, il s'agit d'une sorcière bien plus puissante que celles existant déjà, n'ayant pas besoin d'employer de barrière et pouvant annihiler une ville d'un seul coup. Le combat fut rude, mais au final, elle fut vaincue. Cependant, le prix à payer fut terrible et ette victoire avait un goût amer pour moi. Madoka est morte durant ce combat et ... c'est alors que j'ai décidé de faire un voeu. J'étais une idiote et je voulais juste te protéger ...
Le démon baissa légèrement les yeux, avant de regarder Madoka, une légère rougeur sur ses joues pâles.
- J'ai demandé à Kyubey la possibilité de revivre ma rencontre avec Madoka et ... j'ai obtenu le pouvoir de voyager dans le temps !
Un éclair de compréhension jaillit alors dans tous les regards. Kyôko venait d'avoir la confirmation que sa théorie était juste, mais cette réalisation la fit frissonner, rendant la réalité encore plus terrifiante qu'elle ne l'espérait.
- C'est donc pour ça que vous avez demandé à Eomer de faire demi tour, comprit Théodred en se souvenant de l'ordre fait au maréchal. Vous aviez déjà vécu ces événements et vous avez fait en sorte que ...
- Je n'ai pas seulement vécu cette guerre, coupa Homura. J'ai vécu des milliers de réalités, ajouta t-elle. Depuis le jour où j'ai vendu mon âme, j'ai revécu le même mois, celui de ma rencontre avec Madoka. Je l'ai vécu 19 821 fois pour être exacte et même si j'ai atrocement souffert, j'ai chéri précieusement chacun de mes souvenirs.
Les plus doués en mathématiques déglutirent. Cela faisait plus de 1 600 ans. Revivre sans cesse la même chose, voir ses amis continuellement mourir et échouer à de multiples reprises devait être une expérience terrifiante. Ils n'osaient même pas imaginer toute l'étendue des souffrances que Homura avait du ressentir.
- Ces peines, ces douleurs, je les endurais car elles me permettaient de rester près de toi, poursuivit Homura, surprenant les autres qui ne voyaient pas où elle voulait venir. Mais dans mon combat sans fin, l'une de ces lignes temporelles a eu des conséquences imprévues. Je voulais éviter que Madoka ne fasse un voeu, mais j'ai échoué. Nous nous sommes retrouvées ici, mais je n'ai pas renoncé.
- Alors, tu tenais à nous ? s'étonna Sayaka. Mais je ...
- Ma priorité est Madoka, rien d'autre, coupa sèchement la brune. Je ne voulais pas qu'elle se fasse manipuler par Kyubey et je n'ai pas hésité à toutes vous utiliser pour l'empêcher de faire son voeu. J'ai volontairement laissé Mami m'immobiliser dans ses rubans, juste pour qu'elle affronte Charlotte seule et qu'elle finisse par mourir, afin que cette vision vous dissuade de suivre ce chemin.
Face à l'expression ahurie de Sayaka et de Madoka, Homura resta impavide.
- Vous n'avez tout de même pas cru que son ruban pouvait tenir face à mes grêles de balles ? questionna la brune par pure formalisme.
Homura haussa un sourcil, avant de poursuivre dans ses révélations.
- La mort de Mami n'a pourtant pas suffi et j'ai été obligée d'aller plus loin pour que Madoka se détourne de cette voie. J'ai même laissé exister des réalités où Sayaka devenait une sorcière, juste pour que Madoka refuse de connaître un tel sort. Même si nous avons toutes été amies il y a longtemps, même si vous m'étiez proches, la seule qui m'importe réellement ... c'est toi, Madoka.
La jeune fille observa Homura avec de grands yeux, se souvenant de l'expression désespérée qu'elle avait pu lire dans les prunelles sombres de la manipulatrice, lorsqu'elle avait réduit Kyubey en charpie pour l'empêcher de faire le contrat
- Pourquoi moi ? interrogea t-elle. Qu'est-ce que j'ai donc de si important ?
- Mais tu ne comprends donc pas ? explosa alors le démon en serrant les poings, ne masquant plus ses tremblements. Je crève d'amour pour toi ! avoua t-elle, alors qu'elle laissait ses sentiments s'exprimer, après les avoir tant contenus. Tu m'obsèdes, tu hantes mes nuits et mes jours ! Tu es la seule qui fasse battre mon cœur et je ne peux pas m'empêcher de penser à toi et à tout ce que tu as fait pour moi ! Tu as été la seule à me tendre la main, la seule à te soucier de moi, l'unique lumière dans ma vie !
Homura haletait, les dents serrées, son visage couvert de larmes arborant une expression folle et déterminée.
Madoka recula, choquée par cette révélation. Elle n'avait pas compris la vérité masquée par Homura et n'imaginait pas que la jeune femme froide puisse nourrir de tels sentiments. Même si Homura s'était montrée soucieuse, Madoka n'imaginait pas que la brune éprouvait plus que de la camaraderie.
Dans cet état, Homura lui faisait presque peur.
Madoka sentit une pointe de compassion et de pitié la gagner, face à cette femme qui avait tout donné et qui avait accepté de ne jamais rien recevoir.
- Mais vois-tu, continua le démon avec une expression hachée, comme si elle voulait dire tout ce qu'elle avait sur le cœur, j'ai échoué. Tu as passé un contrat avec Kyubey et nous nous sommes retrouvées toutes ici ! Tu as oublié ton vœu, parce que tu as demandé à Kyubey que personne ne soit au courant, ce qui l'à amené à effacer également ta propre mémoire. Cependant, par je ne sais quelle formulation, le hasard nous a menés dans cette autre réalité. Tu nous a conduites ici à cause du fait que tu étais liée à de multiples réalités. Tu étais une anomalie dans l'espace-temps, en raison de mes incessants voyages dans le temps ! Tu as fait un souhait qui a été rendu possible par ma faute.
Homura déglutit, avant de poursuivre.
- Cependant, je n'ai pas renoncé. Renoncer signifiait mourir, alors ... j'ai continué. J'ai promis que je te protègerais et c'est ce que j'ai fait. J'ai revécu cette année de guerre 586 fois. J'ai essayé de trouver le meilleur moyen de vaincre Sauron et de te sauver. J'ai tout planifié, depuis l'élimination des orques embusqués en Eregion, au cadeau fait par Galadriel.
- Galadriel savait ? s'étonna Sayaka. Elle savait et elle ne nous a rien dit ?
- Bien sûr qu'elle le savait, siffla Homura. Nous avons eu une intéressante discussion, où elle a eu la gentilesse de ne rien révéler ni sur moi, ni sur Usotsuki. Elle a même accepté de t'offrir son anneau et d'envoyer des renforts au Gouffre de Helm.
Aragorn se demanda comment une humaine, bien que disposant de puissants pouvoirs, ait pu forcer la main d'une souveraine éclairée comme la Dame de Lorien. Lorsqu'il posa son regard sur son aimée, il se souvint que Arwen était la petite-fille de Galadriel et il n'était pas difficile de faire le lien entre ce fait et l'enlèvement de sa princesse.
Arwen avait été un otage précieux, à la fois pour faire pression sur Elrond, mais aussi sur Galadriel, afin de leur forcer la main et de les obliger à se soumettre à la volonté de ce démon.
- Si vous voulez vraiment savoir, admit Homura sans éprouver la moindre honte, je vous ai tous utilisés. J'ai manipulé dans l'ombre, me servant de milliers de pions. J'ai altéré des centaines d'événements pour parvenir à mes fins ... mais au final, je n'ai pas eu le choix. Si je voulais vraiment réussir, il me fallait un pouvoir divin. Comme l'Anneau n'était pas suffisant, j'ai finalement jeté mon dévolu sur le pouvoir latent en Madoka. Comme tu es au centre de chacun de mes univers, tu as accumulé beaucoup d'énergie issue de réalités différentes. Kyubey le savait et il m'a involontairement dévoilé la vérité. J'ai compris qu'il cherchait à exploiter ce pouvoir en te laissant devenir une sorcière. J'ai donc décidé de le doubler et de me saisir de ta puissance pour pouvoir accomplir ma mission.
Homura sécha ses larmes, faisant les cent pas devant les autres magiciennes.
- Je pourrais dire que suis désolée de tout ce que j'ai pu faire, puisque j'ai fait souffrir des milliers de fois celles qui étaient mes amies, mais en réalité ... je ne regrette rien. Maintenant que je dispose d'un pouvoir absolu, je vous sauverais toutes !
- Tu vas assumer ce fardeau seul ? s'étrangla Kyôko. Tu veux vraiment te condamner à la solitude éternelle ?
- J'ai fait mon choix il y a bien longtemps, siffla Homura. J'ai vendu mon âme, j'ai sacrifié mes valeurs et mes sentiments, mais je peux encore choisir ce que je veux faire de ce sacrifice. Je suis prête à tout, juste pour sauver celle que j'aime et je n'hésiterais pas à continuer.
A ce moment, la haine et le dégoût que Sayaka pouvait ressentir se mua en pitié.
- Pourquoi n'avoir rien dit ? demanda la justicière. Pourquoi avoir tout voulu faire seule ? On aurait pu t'aider !
- Non, vous ne pouviez plus rien pour moi. Vous ne m'avez jamais crue, répliqua Homura, amère. La vérité vous faisait souffrir et vous n'avez pas cessé de vous réfugier dans le déni, bercées par les douces manipulations de Kyubey. En fin de compte, j'étais seule. J'étais toujours seule. Cela se déroulait toujours de la même façon, alors s'il fallait vraiment que l'une de nous sacrifie tout, je préférais que ce soit moi.
Elle s'arrêta et contempla ses trois amies, avant de reprendre.
- Kyôko, tu as Sayaka. Sayaka, tu as ta petite amie et tes parents. Madoka, tu as un frère et des parents qui t'aiment. Vous avez des amies autour de vous, des gens qui vous aiment et qui tiennent à vous. Celle qui choisira de se sacrifier pour le bien des autres finira par perdre ... par tout perdre.
Homura les regarda, sondant l'esprit de Madoka. Elle était partagée, acceptant l'idée de sauver Sayaka et les autres, mais les regards de ses parents et de Tatsuya étaient comme une lueur de regrets.
- Vous comprenez maintenant ? demanda le démon sans attendre de réelle réponse. Mieux valait que ce soit moi qui assume tout. Je suis désolée, Madoka, mais tu es trop gentille et le monde ne mérite pas de perdre quelqu'un comme toi. Je suis désolée d'être égoïste, mais je veux m'assurer que tu vives. J'assumerais tout, quelque soit le prix pour moi.
Homura sourit. Elle arbora alors un véritable sourire, doux et apaisé, un sourire que personne n'avait vu jusqu'à présent.
- Tu te souviens de ce que signifie être une Puella Magi ? demanda Homura en rappelant le sens du sacrifice qui était exigé pour en devenir une. Nous avons choisi de protéger les gens de l'obscurité, vendant nos âmes pour une vie de combats. Notre destin est de mourir et de nous consumer. Notre seul espoir était que quelqu'un accepte de supporter le destin de toutes les magiciennes, que quelqu'un sacrifie tout, pour nous épargner les tragédies et la souffrance éternelle. Si je peux sauver ma meilleure amie, si je peux sauver celle que j'aime de toute mon âme, alors je pense que ça en vaut le coup.
A cet instant, Homura aurait aimé poser ses lèvres sur celles de sa meilleure amie, mais elle n'osa pas le faire.
Elle se dit que ce serait probablement la dernière fois qu'elle pourrait le faire, mais elle ne voulait aucunement forcer Madoka. Elle ne lui imposerait rien, elle ne la mettrait jamais dans une situation aussi gênante et elle ne forcerait jamais ses sentiments, puisque ce serait pire qu'un viol à ses yeux.
- Je suis heureuse que tu sois sauve, ma meilleure amie. Tu as été ma lumière, la seule source d'espoir qui m'ait guidée et savoir que tu seras en paix, heureuse et en sécurité ... ça me suffit. Je vais vous ramener chez vous et ... j'aimerais te remercier une dernière fois. Madoka, du fond du cœur, merci pour tout ce que tu m'as donné.
Sur ces mots, les trois anciennes magiciennes virent une épaisse brume les entourer, avant de les étouffer.
La silhouette de Homura s'étiola devant-elles, s'effaçant doucement de leur vision comme de leur mémoire, un peu comme si elle n'avait jamais existé.
Lorsque le brouillard s'estompa, Madoka, Sayaka et Kyôko ouvrirent les yeux.
Les troies camarades de classe étaient réunies dans un café, vêtues de leurs tenues scolaires, puisqu'elles avaient décidé de passer un moment entre amies, après les cours.
- J'ai l'impression d'avoir rêvé, murmura Madoka, reserrant son ruban et sentant une boucle d'oreille sous ses doigts, alors qu'elle n'en portait pas jusqu'à récemment.
Sayaka et Kyôko l'observèrent étrangement, puisqu'elles ne voyaient rien d'inhabituel. La seule curiosité était le fait que les deux amantes avaient trouvé une étrange broche ornée d'une feuille dans leur poche et elles n'avaient plus le souvenir du lieu où elles s'étaient procuré ce bijou qui était différent des fantaisies habituelles.
- Je ne sais pas d'où ça vient, murmura Sayaka, mais j'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose.
Elle regarda attentivement la fibule de béryl, fronçant les sourcils sans pour autant parvenir à se remémorer de l'endroit où elle avait acquis cet objet.
- Bah, éluda t-elle, ça ne doit pas être trop important.
