Bonjour à tous !

Voici le dernier chapitre, épilogue à cette série.

J'espère que cette fin vous plaira et que la fiction vous aura plu. N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de commentaire.

Je vous souhaite bonne lecture et j'espère que vous aurez passé un bon moment en lisant cette fiction.


Chapitre 48 : Epilogue

L'épaisse fumée blanche qui avait entouré les japonaises se dissipa lentement devant la Porte Noire du Mordor.

Les trois magiciennes avaient désormais disparu. Il ne restait que d'infimes traces de pas dans la poussière en guise de témoignages de leur présence, ainsi que des souvenirs éternels dans les esprits de ceux ayant cotoyé ces trois demoiselles.

Seule Homura restait encore, figée dans une posture régalienne, observant les humains avec une expression illisible.

La brune avança alors vers Aragorn, confiante et sûre d'elle-même. Elle n'avait pas peur, malgré les armes braquées sur elle même, et cela se voyait bien dans son attitude. Elle exsudait le pouvoir par chacune des pores de sa peau et tout le monde avait bien compris ce qu'elle était.

Il n'y avait aucun moyen de la vaincre et ils le savaient. Toute lutte était vaine et ils n'avaient pas envie de la rendre hostile, alors qu'elle n'était pas encore agressive.

Personne n'esquissa le moindre geste, alors qu'elle progressait calmement, sa robe de velours touchant presque terre. Lorsqu'elle fit face à Aragorn, à seulement trois mètres de lui, Arwen esquissa un mouvement de recul.

- Sois sans crainte, princesse, psalmodia le démon avec un ton doucereux, assorti d'un sourire se voulant rassurant. Je n'ai aucune raison de te faire de mal, désormais.

Sur ce, elle détailla Aragorn avec un regard inquisiteur et lui sourit.

- Je suppose qu'il s'agit du temps des adieux, déclara t-elle avec calme. Cependant, avant que je ne vous quitte, je souhaiterais vous faire un petit présent, afin de vous remercier d'avoir aussi bien servi mes plans. Même si tout ne s'est pas déroulé comme prévu, j'ai atteint mon objectif. Ce ne serait que justice de vous offrir une récompense.

Homura claqua des doigts et trois silhouettes apparurent à quelques mètres.

Deux Hobbits avaient l'air hagard, ne comprenant pas ce qu'il s'était passé. La seconde précédente, ils étaient dans une cellule de Cirith Ungol et maintenant, ils étaient hors des prisons de l'Ennemi.

Cependant, ils réalisèrent bien vite qui était près d'eux.

Frodon et Sam coururent vers Aragorn, Gandalf, Gimli et Pippin. Les embrassades furent courtes mais intenses, alors que les camarades profitaient de leurs retrouvailles. Les membres restants de la Communauté de l'Anneau étaient enfin réunis. Même s'ils n'étaient pas aussi nombreux qu'à leur dépard de Fondcombe, ils restaient liés par des liens d'éternelle amitié.

Lorsque Frodon et Sam découvrirent que Homura était à proximité, ils ne purent s'empêcher de la contempler. La brune avait changé d'apparence, n'étant pas vêtue de sa robe blanche, ayant troqué son uniforme élégant par une tenue sombre et aguichante. Homura leur sourit légèrement et la vue de ce décolleté fendu les fit rougir.

- Qu'est-ce que vous avez fait ? demanda le jardinier charpenté, presque accusateur. Que s'est-il passé ?

- Je vous ai évité la peine de finir votre quête et je vous ai même épargné la peine de faire le voyage retour, répondit la brune en sirotant sa tasse de thé. Ne vous avais-je pas dit que je préférais une fin heureuse pour le plus de monde possible ?

A cet instant, Homura se tourna vers la troisième personne allongée à terre. Il s'agissait d'un Hobbit au visage légèrement rond, aux joues creuses et dont les longs doigts tâtaient le sol avec stupeur.

Homura marcha vers lui, dévoilant la cambrure de son dos, avançant avec élégance en tournoyant dans sa robe absolument indécente, qui dévoilait son corps d'une artificielle perfection.

- J'aimerais également que vous aidiez le pauvre Sméagol, suggéra t-elle avec un ton indiquant qu'il s'agissait plus d'un ordre que d'une demande. Le pauvre a vécu beaucoup de choses, mais il devrait bien s'adapter en Comté.

Homura déploya pleinement ses ailes nouvellement acquises, avant de s'élever dans les airs.

- Maintenant, avez-vous d'ultimes demandes où quelque chose à dire ? s'enquit-elle en laissant le soleil de midi éclairer ses longues plumes de jais. Ce sera notre dernière rencontre, alors n'hésitez pas.

- Etes-vous certaine de ne pas vouloir reculer ? questionna assez naïvement Théodred. Ne voulez-vous pas laisser une telle responsabilité à une puissance supérieure et vous en défausser ?

- Ne soyez pas ridicule, s'amusa t-elle en rejetant la question d'un revers de main. Il n'y a pas de pouvoir supérieur au mien. Avez-vous ne serait-ce qu'une vague idée du potentiel dont je dispose ? J'ai une personne chère à veiller et ... disons que j'ai un terrain de jeu infini à ma disposition et que j'ai beaucoup de temps à tuer. En fait, j'ai même l'éternité devant moi.

Face au silence, elle sourit et s'avança vers Théodred.

- Au fait, déclara t-elle avec douceur, j'aimerais que vous transmettiez mes amitiés à votre cousine. C'est une dame élégante et une guerrière redoutable que je respecte beaucoup et je dois avouer que si je n'avais pas été amoureuse de Madoka, j'aurais probablement courtisé Eowyn. C'est le genre de femme avec qui j'aurais bien aimé me marier.

Homura avait un petit sourire, alors qu'elle pensait à sa meilleure amie, tandis que son auditoire tentait d'assimiler les paroles de ce démon à la sexualité déviante pour beaucoup, bien que d'autres la trouvaient courageuse de s'assumer aussi franchement.

- Maintenant, chuchota t-elle avec un sourire aguicheur, je vais devoir vous laisser. Vous avez beaucoup à faire et ma présence ici n'est plus nécessaire. Je vous remercie encore de votre coopération.

Sur ces mots, Homura disparut de leur champ de vision. L'instant d'avant, elle était là, mais maintenant, il n'y avait plus aucune trace d'elle.

Arwen resta collée à son amant, s'agrippant à l'armure ornée de l'arbre blanc et des sept étoiles. Son expression indiquait qu'elle craignait que ce ne soit une ruse, mais partout où elle regardait, elle ne vit aucune trace de la présence de Homura.

L'armée resta silencieuse, tandis que les capitaines de l'ouest s'observèrent sans savoir quoi dire.

Ce fut Gandalf qui prit la parole le premier, brisant la tension installée.

- Nous n'avons plus rien à faire ici, déclara le mage. Sauron a été définitivement vaincu, ses orques ont péri et nous avons retrouvé nos amis, ajouta t-il en désignant les deux Hobbits épuisés mais souriants.

- C'est enfin terminé, sourit Théodred. Eru soit loué.

- Eru est mort, répondit alors la voix de Homura à son oreille.

Le nouveau roi du Rohan regarda autour de lui, espérant apercevoir une silhouette familière.

Il ne vit rien, alors qu'il aurait juré entendre la créature maléfique qui les avait tous dupés.

Théodred se reprit, reprenant son air altier, poursuivant sa route aux côtés des autres seigneurs des Peuples Libres.


Une foule dense se tenait sur l'esplanade de pierre qui faisait face au palais des rois du Gondor.

Tout le peuple, ainsi que les nobles et les ambassadeurs étaient réunis, assistant au couronnement du nouveau roi.

Aragorn était charismatique, vêtu des insignes de sa dignité. Cependant, ses compagnons faisaient fi de la couronne et de l'armure, voyant le meneur d'hommes et le héros qui les avait cotoyés.

Alors que le roi rendait hommage aux trois Hobbits, tous eurent la conviction qu'il serait un excellent monarque. Aragorn était non seulement juste et valeureux, il savait également faire preuve d'humilité et de réflexion.

Pourtant, ce ne fut pas le couronnement d'Aragorn qui resta dans les mémoires. Ce fut l'annonce de ses fiancailles avec Arwen dans la foulée qui surprit l'assemblée.

Dérogeant au protocole, le monarque embrassa sa bien aimée, devant une foule qui l'acclama, heureuse d'avoir retrouvée un souverain et une reine, prélude à la naissance d'un héritier pour poursuivre la lignée retrouvée.

Aragorn se tint au milieu de son peuple, en compagnie de sa future belle famille. Les sourires en ce jour de fête étaient sincères et les réjouissances en ce jour célébraient l'avènement d'une nouvelle ère.

Gandalf observa la scène, se tenant en retrait, toujours vêtu de ses robes blanches, scintillantes sous la lueur du soleil.

Le magicien sourit, jusqu'à ce que son regard ne capte la présence d'une tache sombre, située presque hors de son champ de vision.

Gandalf observa le trône, qui avait été sorti pour procéder à la cérémonie. Sur le coussin de velours rouge, il nota la présence d'une seule plume, noire et allongée.

Le sorcier regarda autour de lui, mais il ne vit rien. Aucune présence n'était là pour assombrir le tableau de ce couronnement.

Il aurait juré avoir rêvé, mais cette plume restait comme un rappel tenance de l'existence d'une menace diffuse, planant sur ce monde.


Eowyn était assise sur le trône au centre du grand hall du château de Meduseld.

La blonde était calme, se tenant avec une royale dignité, totalement immobile devant le groupe d'aristocrates lui faisant face.

Les événements des dernières semaines lui revinrent en mémoire, tandis que ses yeux scrutaient l'assemblée, comme si tout le monde attendait que quelqu'un d'autre ne fasse le premier pas.

Il y a seulement deux mois, l'avenir lui semblait radieux.

Aragorn venait d'être couronné roi du Gondor et d'Arnor sous le nom d'Elessar Ier. Il avait également épousé la princesse elfe Arwen Undomiel, lors d'une somptueuse cérémonie où tous les grands de la Terre du Milieu avaient été invités.

La paix était revenue sur le monde et même les gobelins se tenaient tranquilles, retournés dans leurs grottes obscures.

Alors que les quatre Hobbits étaient retournés dans leurs foyers en Comté, les Elfes avaient commencé leur dernier voyage vers les Terres Immortelles, au-delà de la mer.

Tout semblait paisible, jusqu'à ce que Théodred et son escorte ne soient attaqués par une meute de chevaucheurs d'ouargues, ultimes reliquats des armées de l'ambitieux Saroumane. Une horde que Eomer n'avait pas détruite durant son exil, contrairement à ce que Homura lui avait conseillé de faire.

Lorsque la nouvelle avait atteint Edoras, Eowyn s'était enfermée dans sa chambre.

Le lendemain, elle était parue en étant toute de noir vêtue, marquant son deuil. Elle avait arboré ces sombres couleurs jusqu'à l'enterrement de son cousin.

Sitôt la cérémonie finie, elle avait abandonné son habit de deuil et porta de nouveau une robe immaculé.

Désormais, elle était sur le trône. Sa robe ornée de perles supportait un large cordon vert et rouge, décoré de deux médaillons.

Son front était ceint d'une couronne dorée aux motifs chevalins, qui avait jadis appartenu à son oncle, ainsi qu'à son cousin récemment inhumé.

La reine se tenait immobile, face à cette assemblée. Eowyn commençait à s'impatienter, bien qu'elle ne le montra pas.

Les gardes étaient immobiles, partagés entre leurs allégeances. Tout le monde attendait qu'un mot ne soit prononcé.

Eowyn tendit un bras, désignant les nobles en armes qui lui faisaient face.

- Saisissez ces traîtres, ordonna t-elle.

Alors que ses gardes pointèrent leurs lances vers les conjurés, les barons dégainèrent leurs épées.

- Voici donc le temps de voir le véritable visage de ceux présents ici, dicta la belle blonde. Qui se tiendra derrière nous ? Qui se tiendra contre nous ?

La pierre verte accrochée au collier de la reine brilla, laissant apparaître une longue épée dans la main de la souveraine.

- Vous aviez le choix entre vous soumettre à la loi édictée par notre défunt oncle ou exiger le retour à d'anciennes coutumes. Vous avez choisi, c'est une chose que nous respectons. Malheureusement, votre choix s'oppose au nôtre. Nous n'allons pas abandonner nôtre trône. Nous règnerons, comme notre oncle l'a voulu.

Eowyn laissa sa magie pulser dans ses veines et dans son arme.

D'un geste preste et élégant, elle coupa la tête du meneur. Ces nobles pensaient profiter de la vacance du pouvoir pour instaurer une régence en se partageant les provinces du royaume, avant de s'arranger pour que l'un d'eux obtienne la couronne.

Cependant, sous-estimer une Puella Magi, dame du Rohan de surcroit, serait leur dernière erreur.

Lorsque le premier des conjurés tomba, les autres passèrent à l'action pour défendre leurs vies.

Alors que la garde luttait contre les autres soldats soutenant ce putsch, Eowyn dansa entre les coups, esquivant gracilement les lances et les dagues.

Ses gestes étaient secs et rapides. D'un œil averti, elle voyait les failles dans les postures.

Elle saisit chaque opportunité, visant les points vitaux pour achever au plus vite ces traîtres.

Lorsqu'il ne resta plus que deux aristocrates en vie, ils jetèrent leurs armes au sol, implorant sa mansuétude.

- Vous êtes répugnants, siffla t-elle avec un somptueux dédain. Je pensais avoir affaire à des chiens prompts à se soumettre, mais ces animaux sont suffisamment loyaux pour ne pas mordre la main de leur maître.

Eowyn recula, notant les stries et les giclures rouges sur les pans de sa robe.

Elle observa ses fidèles gardes, qui capturaient les derniers soldats portant les armes au nom des insurgés.

Lorsque tous les conjurés furent capturés, Eowyn donna rapidement ses instructions.

Les criminels furent conduits dans les cachots, en ces lieux sombres et oubliés où ils seraient interrogés sur leurs éventuels complicités et leurs relais dans leurs fiefs, avant d'être exécutés.

Eowyn n'allait plus se laisser marcher sur les pieds. Elle n'était plus la princesse en cage, elle était la reine en pleine lumière et s'il fallait commencer en faisant couler le sang, il en serait ainsi.

La blonde se rassit sur son trône, laissée à ses seules pensées.

- Tu as bien fait, chuchota une voix à son oreille, qu'elle seule put entendre.

Eowyn eut l'impression qu'une mèche corbeau caressa sa joue, mais il n'y avait personne.

Cependant, elle sourit intérieurement.

En tant que Puella Magi, elle ne serait jamais seule.


Kyôko marchait calmement sur la colline fleurie.

Autour d'elle, des asphodèles jaunes fleurissaient et s'épanouissaient partout, poussant en grappes entre des plants d'armoise, qui s'étendaient anarchiquement.

Au sommet de la colline, une petite terrasse était occupée d'une unique table. Le parasol était replié, tandis que quelqu'un était déja assis, lui tournant le dos.

Homura observait la ville qui s'étendait en contrebas. Les tours scintillaient comme des millions de diamants sur un écrin de béton, tandis que la lumière de la cité cristalline éclipsait à peine les étoiles qui semblaient être un miroir aux lumières de Mitakihara.

La brune observait les astres en chantonnant, perdue dans ses pensées.

- Bonsoir, Kyôko, accueillit poliment Homura sans se retourner. J'attendais l'une d'entre vous, mais je pensais que ce serait Sayaka qui viendrait la première. A vrai dire, tu me surprends.

- Je me souviens, répondit la rousse. Je sais ce que tu as fait et ... je te remercie.

La brune fut surprise, mais son visage resta impassible.

Homura fit pivoter ses jambes, se tournant vers sa camarade avec un mouvement élégant.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? s'enquit Homura avec un léger sourire, faisant cliqueter la chaine dorée accrochée à son oreille gauche.

- Je sais tout et je te remercie, répéta Kyôko. Grâce à toi, Sayaka est sauve et heureuse. Tu l'as sauvée et ... c'est tout ce qui compte pour moi. Je sais parfaitement ce que tu ressens pour Madoka et ... merci.

- Tu ne m'en veux pas pour avoir altéré la réalité ? s'enquit Homura avec une certaine curiosité.

Kyôko regarda autour d'elle, observant la pluie d'étoiles filantes qui nimbait les cieux.

- C'est ça notre réalité maintenant, sourit Kyôko. Elle a de bons côtés et sur beaucoup de points, elle est moins pourrie que l'ancienne.

- Qu'en est-il du fait que je suis un démon ? poursuivit Homura.

- Dieu est mort, répondit la rousse en haussant les épaules.

Kyôko mit une tape sur l'épaule de l'autre Puella Magi, avant de remettre les mains dans ses poches, reprenant l'attitude insolente qui la caractérisait.

- Bon, je dois y aller, salua négligemment Kyôko. Sayaka va encore s'inquiéter si elle ne me voit pas demain matin, lorsqu'elle se réveillera.

Kyôko tourna les talons, s'éloignant de la divinité qui avait une maîtrise absolue sur cet univers.

- Au fait, ajouta la rousse en s'arrêtant et en se retournant une dernière fois. Je sais que ce n'est pas à moi de te dire comment tu dois vivre ta vie, mais tu devrais lui dire.

La rousse quitta alors les lieux, laissant Homura à sa contemplation nocturne.

La brune resta immobile, observant l'immensité spatiale.

Comme chaque nuit.

Seule.