Salut tout le monde! Aujourd'hui je ne compte pas m'éterniser en blabla, alors veuillez accueillir en applaudissant (ou pas) le chapitre 4 de FL! En espérant qu'il vous plaise bien entendu :D

Disclaimer: je ne possède ni cet univers, ni les personnages qui l'accompagnent, excepté un OC au sale caractère.

Remerciements à luma coquilletteet calamity miss myo pour leur reviews. ainsi qu'à tous mes followers et à ceux qui m'ont mis en favoris. Ça me fait extremement plaisir, vous pouvez pas savoir à quel point! :D

Aller, je vous le dit en indonésien (merci google trad'): baik membaca!


- Ron, c'est moi. Je peux entrer ?

Seul le silence lui répondit. Harry regarda anxieusement autour de lui. Deux heures s'étaient écoulées depuis que Ron avait lancé un sort à Hati, et si le loup-garou s'en était remis en quelques instants, Mrs Weasley avait tout de même interdit quiconque d'aller voir le roux dans sa chambre.

Harry cependant, trouvant la punition injuste (on ne pouvait pas dire qu'Hati ne l'avait pas mérité), s'était décidé à braver les interdits pendant que les autres avaient le dos tourné. Seul le jeune Greyback semblait l'avoir vu filer, mais s'était contenté de hausser les épaules avec dédain. De toute évidence, il en voulait encore à Ron de l'avoir attaqué.

Le Survivant jeta à nouveau un regard inquiet aux alentours, avant de frapper doucement contre la porte. Nul doute que si Molly le trouvait ici, pleinement occupé à lui désobéir, ce n'était pas pendant une semaine qu'il serait privé de sortie, mais plutôt un mois. Et cette éventualité ne plaisait vraiment pas à Harry.

Aller, ouvre cette porte bon sang…

Impatient, le Gryffondor finit par ouvrir la porte de la chambre d'un Alohomora murmuré rapidement. Assis sur son lit, la tête entre les mains, Ron ne prit même pas la peine de feindre la surprise, restant immobile et silencieux. Le rouquin contemplait le plancher noueux d'un regard vide, et son air attristé fit tout de suite oublier au brun sa colère d'avoir été ignoré.

Sans dire le moindre mot, Harry s'assit à côté de son ami, puis lui ébouriffa les cheveux en guise de soutien. Il n'était pas sûr que ce geste soit d'un quelconque effet positif, mais, après tout, mieux valait tenter quelque chose plutôt que rester les bras ballants.

- En fait…

La voix de Ron s'était élevée doucement, avant de s'éteindre à nouveau, mais au moins le brun avait-il pu tirer quelques mots de son ami. Il ébouriffa à nouveau la tignasse rousse dans l'espoir de donner une suite à la phrase interrompue. Cela n'eut malheureusement pas l'effet escompté, car le jeune Weasley laissa échapper un sanglot.

-… j'ai encore tout foutu en l'air.

Harry grimaça. Quelques minutes seulement après l'arrivée de Hati, il avait été intimement convaincu que le loup-garou et son meilleur ami ne s'entendraient pas. Et il ne s'était malheureusement pas trompé.

Contrairement à Hermione qui était posée et réfléchie même dans les moments critiques, Ron avait toujours prouvé son appartenance à Gryffondor au travers de ses actions. Doté d'un grand cœur, le roux se laissait bien souvent guider par ses émotions plutôt que par la réflexion. Et ce trait de caractère possédait, comme chaque véritable qualité, son lot de défauts. Un caractère impulsif et irréfléchi notamment. Harry ne pouvait blâmer Ron pour cela, car il se savait lui-même capable de ce genre comportement instinctif.

Sauf que ce genre de méthode montrait ses limites en présence de l'héritier Greyback : Ron et Hati risquaient sans nul doute de s'entretuer avant la fin de la semaine si tous deux refusaient de faire preuve d'un minimum de réflexion. Résonner le fils de Fenrir risquait d'être une tache ardue, mais Harry se sentait capable de faire entendre raison à son ami.

- Tu n'as pas tout foutu en l'air, dit-il calmement. En revanche, on ne peut pas dire que tu y ais mis du tien.

- Tu plaisantes ?, protesta Ron. Bien sûr que j'ai essayé d'être sympa ! Au moins pendant dix minutes.

- Je suis certain que tu peux faire mieux que dix minutes, sourit Harry.

A sa grande surprise, le brun vit le visage de son ami se fermer. Le jeune Weasley détourna son regard de l'autre Gryffondor pour se concentrer sur les chaussettes à rayures qu'il portait. Après un court silence, où le rouquin sembla débattre avec sa propre conscience, Ron soupira et dit :

- Franchement je ne crois pas. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, même si ça ne se voit pas, mais… comment dire… je sens que ça ne marchera pas.

- Explique, demanda Harry qui n'était pas sûr de comprendre.

- Tu sais certainement mieux que personne que c'est dur de se remettre de la mort d'un proche, pas vrai ?

Le descendant des Potter hocha silencieusement la tête, s'interdisant de faire remarquer à son ami que l'on ne se remettait jamais vraiment de la perte d'une personne chère. Ron poursuivit :

- Tu as sûrement remarqué que tout le monde surmontait peu à peu la mort de Fred non? Et, du coup, il y a quelques jours encore, j'essayais de me dire que tout pourrait peut-être redevenir… normal. Enfin, pas normal comme avant, mais presque. Quelque chose qui ressemble quoi. Je compte beaucoup sur Hermione aussi, tu sais. Avec elle, c'est juste, ben… juste merveilleux. Quand je suis à ses côtés, je me sens devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux. Parce qu'elle me donne envie d'aller de l'avant, tu comprends ?

- Oui, bien sûr, mentit Harry en songeant qu'il n'avait jamais ressenti ce genre de choses en sortant avec Cho ou Ginny.

- Donc tout recommençait à aller bien… jusqu'à ce qu'il arrive ! Bon sang Harry, dès que je l'ai vu, j'ai ressenti un danger. J'ai senti que ce mec allait détruire tout ce que je possédais… et j'en suis toujours persuadé.

- Mais…

- C'est pourquoi je refuse de faire le moindre effort !, poursuivit le rouquin.

- Ce que tu dis n'est pas logique, voulut le raisonner l'autre Gryffondor. Tu es en train de me dire qu'à cause d'une première impression, tu ne veux plus jamais voir Hati ?

- Ce n'est pas uniquement une impression, contesta Ron en fronçant les sourcils. Et je ne sais pas non plus ce qui me pousse à ce rejet, si ce n'est que c'est très puissant. Il faut que ce mec s'en aille de ma maison, s'écarte de ma famille, de ma copine, de mon ami. C'est vital.

- C'est stupide tu veux dire !, s'énerva brusquement Harry. As-tu le moindre argument ? Non ! Tu te comportes exactement comme Hati, et ça me déçoit énormément !

Le brun se releva, persuadé que la discussion s'arrêterait là, et se dirigea vers la porte. Mais une main le retint. Ron le regardait, sans la moindre trace de colère, seulement une grande détresse sur les traits de son visage.

- Je te jure que j'essaie de le supporter, mais reconnait quand même qu'il ne fait rien pour, murmura-t-il.

- C'est vrai qu'il ne m'a pas laissé une super bonne impression pour le moment, grimaça Harry en se remémorant tous les regards noirs que le loup-garou leur avait jeté depuis son arrivée.

- Tu comprends alors ?, demanda Ron avec espoir.

- Un peu.

- Tu sais, à chaque fois que je vois Maman, je m'en veux de ne pas être plus amical. Je me dis que ce foutu loup-garou ne mérite pas que je fasse des efforts, mais que ma mère si. Sauf que… j'y arrive vraiment pas, désolé.

Harry sourit doucement à son ami. Il avait eu peur que Ron éprouve une haine aveugle et injustifiée envers le fils Greyback, ce qui n'était finalement peut-être pas le cas. Le jeune Potter remarqua soudain que Ron tentait encore de lui dire quelque chose, mais n'y parvenait pas.

Les lèvres du roux dansaient un tango saccadé avec le vide, mais pas la moindre note ne s'échappait de sa gorge. Harry, piqué par la curiosité, décida de donner un petit coup de pouce à son ami pour le faire avouer.

- Tu voulais me demander autre chose peut-être ?, demanda-t-il d'une voix innocente.

- Non. Enfin… oui ! Harry… tu crois que…

- Que quoi ?

- Tu crois qu'Hermione et Ginny sont tombées amoureuses d'Hati ?

Le brun, qui s'était attendu à toutes les questions excepté celle-ci, entrouvrit la bouche de stupéfaction, avant de finalement laisser échapper un rire sonore. Ron l'observa, cherchant avec peine, et sans succès, à camoufler sa contrariété vis-à-vis de l'hilarité de son interlocuteur.

- C'est insensé voyons, répondit Harry une fois qu'il eut retrouvé son calme, qu'est-ce-qui peut bien te faire dire de telles bêtises ?

- Je ne sais pas si ce sont des bêtises, mais toujours est-il que mes hypothèses sont tout à fait justifiées. Premièrement, tu ne trouves pas ça bizarre de les voir défendre Hati avec tant de véhémence ? Elles devraient être d'accord avec nous !

- Rien ne les empêche de ne pas le détester, contredit le second Gryffondor, même si je dois avouer qu'à la place de Ginny je ferais preuve d'un peu plus de rancune. Et tu es bien placé pour savoir qu'Hermione a toujours prôné l'amitié et la compréhension entre tous. Rappelle-toi, elle était la seule à Poudlard à vouloir que nous unissions nos forces avec ceux de Serpentard !

- C'est vrai, sourit Ron. Elle m'avait fait peur à cette époque : je n'avais aucune envie de devenir ami avec Crabbe et Goyle…

- Moi non plus, concéda Harry. Et en ce qui concerne tes autres arguments ?

- Ah oui, c'est vrai. Comment dire… Hati est, objectivement parlant, et surtout comparé à moi euh… Ben, c'est quand même un sacré beau gosse.

- Pardon ?!, suffoqua le descendant de la lignée des Potter.

- Tu ne t'en étais pas aperçu ?, s'étonna Ron. Il n'y a pourtant pas besoin d'être une fille pour comprendre que ce mec est… canon.

- Je suis certain que tu fais erreur, insista le brun. Tu es jaloux, c'est tout.

- Il y a de la jalousie, mais pas seulement. Ça me paraît évident que s'il arrêtait de grogner sur tout ce qu'il bouge et qu'il souriait un peu plus…

- Tu veux parler de son sourire de psychopathe ?, plaisanta Harry tout en essayant de se rappeler en quoi le fils Greyback pouvait être attirant, sa voix mis à part.

- Mais non, bon sang. Tiens, tu n'auras qu'à demander son avis à Hermione, comme ça je saurais à quoi m'attendre. D'une pierre, deux coups.

- Tu es fou, répondit le garçon à la cicatrice en riant.

- HARRY, OÙ ES-TU DONC ?!

La voix amplifiée de Mrs Weasley résonna dans toute la maison, et le concerné comprit immédiatement qu'il ne lui restait que quelques secondes à vivre s'il ne quittait pas tout de suite cette pièce.

- Aller fonce, l'encouragea le roux.

Harry sortit de la chambre en courant, laissant leur conversation en suspens, et se retourna juste à temps pour voir le visage rayonnant du cadet Weasley, lequel lui adressait un immense sourire et un signe de la main.

Il y avait au moins une chose positive à toute cette histoire : Ron avait arrêté de bouder.


Harry laissa échapper un long bâillement, puis claqua le livre qu'il tenait entre les mains. Hermione n'avait pas toujours de bonnes idées, et ce livre en était la preuve incarnée. La brune, qui avait eu pitié de lui en voyant à quel point il déprimait de ne pas pouvoir sortir, avait cru bien faire en lui prêtant l'un de ses gros grimoires.

L'ouvrage était intitulé « Etude sociale des enchanteurs de métaux hongrois exilés au Japon, de 1937 à nos jours », et le jeune Potter était actuellement sûr de deux choses : la première, c'est que plus jamais il ne se risquerait à lire l'un des livres de son amie; la seconde, c'est que s'il ne trouvait pas vite autre chose à faire, il mourrait d'ennui.

Le problème étant qu'il n'avait aucune autre activité pour s'occuper l'esprit. Ses amis étaient tous partis à l'extérieur pour s'acquitter de leur punition, y compris Ron. La mère du roux avait en effet envoyé son fils faire les courses en attendant de lui trouver une meilleure sanction; elle semblait apparemment avoir abandonné l'idée d'une grande amitié entre son cadet et l'héritier des Greyback, du moins pour le moment.

Harry laissa son regard errer dans la pièce, avant qu'une personne positionnée dans le coin de la pièce ne retienne son attention. Recroquevillé sur lui-même, les genoux fléchis comme s'il était prêt à bondir, Hati semblait extrêmement concentré. Et pourtant, aux yeux du Gryffondor, rester immobile à ne rien faire n'était pas une activité demandant beaucoup d'attention.

Il doit y avoir autre chose…

Sa curiosité soudainement piquée à vif, le sorcier plissa les yeux pour mieux chercher le petit détail qui aurait pu lui échapper. A bien y regarder, les pupilles bleutées du lycanthrope ne cessaient de se déplacer de part et d'autre du salon. Et étant donné l'emplacement où il se trouvait…

Après quelques minutes de réflexion qui eurent l'avantage de lui faire oublier son ennui, Harry tourna brusquement la tête et rouvrit le livre d'Hermione en faisant semblant de s'y intéresser : il ne voulait surtout pas attirer l'attention d'Hati en le fixant trop longtemps. D'autant plus qu'il venait de trouver la clé de ce mystère.

De toute évidence, le jeune Greyback n'était pas en train de ne rien faire, mais plutôt en position défensive afin d'observer ce qui se passait aux alentours. Il s'était placé dans un angle stratégique de manière à avoir vue sur la totalité de la pièce sans qu'aucun détail ne lui échappe. Le loup-garou était bien plus malin qu'il n'y paraissait au premier abord. Cette constatation donna une idée au fils de James et Lily.

C'était certes une idée dangereuse, mais certainement très amusante. Et il ne faisait pas le moindre doute qu'avec ça le jeune Potter ne s'ennuierait pas. Un fin sourire prit place sur ses lèvres.

Il fallait qu'il essaie.

Avec son air le plus innocent au monde, Harry se leva de sa chaise, empoigna l'énorme livre prêté par Hermione, et marcha avec calme en direction du loup-garou. Arrivé à quelques pas de dernier, un mètre à sa droite plus exactement, Harry s'assit, faisant attention à bien appuyer son dos contre le mur.

Son déplacement achevé, le Gryffondor ouvrit l'ouvrage qu'il tenait toujours et fit semblant d'avoir un immense intérêt pour les enchanteurs de métaux hongrois exilés. De toute façon, il n'avait pas vraiment besoin de lever la tête pour sentir les regards noirs que lui lançait désormais Hati. Le jeune Potter tenta de ralentir les battements de son cœur, lequel dansait de joie à l'idée que son plan marche aussi bien. Restait juste à savoir si l'autre allait lui parler, ou bien s'il le tuerait directement.

Dans le premier cas, Harry serait victorieux, car il pourrait enfin avoir une conversation digne de ce nom avec l'inconnu, et ainsi en apprendre plus sur lui. Mais si c'était la seconde option que le lycanthrope choisissait… Le sorcier déglutit : dans ce cas il aurait bêtement perdu sa vie.

Heureusement pour lui, Hati sembla choisir la première solution, car il s'adressa au plus maigre de sa voix grave :

- Je peux savoir pourquoi tu t'es déplacé ?

- Pour rien, répondit Harry sans quitter son livre des yeux. J'étais mal installé alors je me suis assis là.

- Et tu ne veux pas bouger ?, renchérit Hati qui semblait partagé entre son mécontentement et le besoin de cacher que cela le dérangeait.

- Ben non. Je te dérange ?

Harry se traita mentalement de Serpentard. Bien entendu qu'il le gênait ! De toutes les places de la salle, Hati avait la plus stratégique, celle qui permettait de tout voir… sauf quand quelqu'un s'asseyait entre lui et l'encadrement de la cuisine, ce qu'avait précisément fait le fils Potter. A présent, n'importe qui pouvait faire irruption depuis la cuisine, le lycanthrope ne le verrait que trop tard. Et ça, ça devait forcément perturber le descendant Greyback.

C'était certainement désagréable pour Hati, mais Harry n'avait pas trouvé d'autre moyen pour le forcer à lui adresser la parole. Et ce qui était certain, c'est que tout marchait à merveille, du moins pour l'instant.

- Absolument pas, répondit finalement le fils de Fenrir avant de détourner son regard.

Le Gryffondor sentit une pointe de déception lui pincer le cœur à l'idée que son interlocuteur puisse préférer se murer dans le silence. Il décida néanmoins de rester immobile en fixant son livre, et d'attendre avec patience les réactions futures de l'autre.

Il dut s'écouler une bonne vingtaine de minutes avant que le loup-garou ne daigne lui adresser à nouveau la parole, et ce ne fut pas exactement ce qu'Harry espérait.

- Si tu continues à te foutre de ma gueule, je te jure que je te tue.

Le ton était froid, la menace était réelle. Le Survivant déglutit, mais choisit cependant de lui tenir tête.

- Je ne fais pourtant que lire. Je ne vois pas pourquoi tu t'énerves, alors que je ne te regarde même pas.

Harry sursauta quand son interlocuteur se jeta brusquement sur lui en lui empoignant les bras, le faisant basculer en arrière en ne lui laissant que le temps de pousser un cri étouffé.

- Vous les humains, gronda Hati d'une voix rauque, vous avez pris la sale habitude de nous croire stupides. Vous mentez comme vous respirez, mais vous vous trahissez vous-mêmes. Tu ne lisais pas ce livre, je le sens. Alors dis-moi pourquoi tu es là !

Le cœur du Gryffondor raisonnait dans sa cage thoracique comme les percussions d'un morceau de heavy métal, et il se dit, non sans une pointe de regret, que sa dernière heure venait de sonner. Les yeux bleus de Fenrir étaient plus pâles que jamais, comme engloutit dans la froide violence qui animait son agresseur. Les mains de ce dernier offrait néanmoins un étrange contraste tant elles étaient chaudes. Le plus maigre se demanda si tous les loup-garous avaient les main si chaudes, ou bien c'était juste par ce que son interlocuteur bouillait de rage.

Harry pensa aussi qu'il était sûrement devenu fou. Fou parce que dans ce moment de peur à l'état pur, il parvenait toujours à être charmé par la voix rauque de son interlocuteur. Mais la vue des dents acérées et étincelantes dans la bouche d'Hati le fit néanmoins redescendre sur Terre à la vitesse d'un Éclair de feu.

- Je voulais juste… parler un peu avec toi, murmura le Survivant d'une voix brisée, fait dû à la main qui enserra désormais sa gorge.

Harry avait choisi de dire la vérité, mais une fois cette dernière prononcée, il sentit le rouge du ridicule lui couvrir les joues. Le lycanthrope paraissait quant à lui relativement perplexe, et le plus maigre pria pour que l'invraisemblable réalité ne soit pas prise pour un mensonge. Il avait beau être un peu dépressif ces derniers temps, l'idée d'une mort douloureuse ne lui semblait pas des plus accueillantes. Le jeune sorcier put voir les yeux bleus sonder son esprit, à la recherche de la plus petite trace de mensonge dans ce qu'il venait de dire.

Dans les moments critiques, nous nous rappelons toujours de choses stupides. Aussi le seul souvenir qui traversa l'esprit d'Harry à l'instant où un loup-garou énervé voulait le tuer fut la phrase que Ron lui avait dite ce matin.

« C'est quand même un sacré beau gosse. »

Et le Survivant dut reconnaitre, malgré toute la peur qu'il éprouvait en voyant le visage d'Hati si proche du sien, que son meilleur ami ne s'était pas trompé. Il se perdit quelques instants dans le lac glacé des yeux du loup-garou, avant de faire descendre son regard jusqu'à ses lèvres, qui avaient quelque chose… d'attirant. Et pourtant, elles se trouvaient aux antipodes de celles des mannequins du monde sorcier ou même Moldu. Faute d'être lisses et brillantes, celles du fils de Fenrir étaient sèches et écorchées. Mais il n'empêchait qu'elles restaient fines et belles pour Harry.

Je suis vraiment en train de dérailler.

Jamais le jeune Potter n'avait encore dévisagé ainsi un homme, et encore moins dans une situation aussi critique. Harry se chercha une excuse pour justifier un tel comportement, et opta finalement pour l'argument de la proximité. Hati était juste en face de lui après tout, il était bien obligé de le regarder ! L'adrénaline était certainement elle aussi responsable de son délire. Dès que le loup-garou l'aurait lâché (ou du moins s'il ne le tuait pas), il ne faisait aucun doute qu'il redeviendrait normal.

- Voilà ce que je te propose dans ce cas, souffla soudain Greyback en faisant sortir le Gryffondor de ses rêveries. On discute un peu, et après tu dégages de là. Marché conclu ?

- Marché conclu, sourit l'autre.

Hati se releva lentement, le visage teinté de méfiance, et partit se rasseoir. Harry en fit de même, puis, une fois qu'il eut rejoint son agresseur, tendit sa main vers lui. Le lycanthrope ne bougea pas d'un iota. Le Survivant n'avait cependant pas envie d'être ignoré une nouvelle fois.

- Hati, insista-t-il, il faut toujours se serrer la main pour sceller un accord.

- Les humains ont beau sceller autant d'accords qu'ils le veulent, ça ne les empêchent pas de se trahir dès qu'ils en ont l'occasion. répondit du tac au tac le second.

- Parce que les loups-garous ne se trahissent jamais ?, demanda Harry avec curiosité.

- Non, car ils ne se promettent rien, répondit l'autre avec un sourire froid.

Quelques secondes passèrent silencieusement, le sorcier tentant en vain de s'imaginer le mode de fonctionnement de la société des lycanthropes. N'y parvenant pas le moins du monde (les rumeurs sur Fenrir Greyback et sa meute l'empêchant d'être objectif), il demanda :

- Tu ne voudrais pas me parler un peu de là où tu vivais ?

Hati claqua sa langue sur son palais avec mécontentement, et c'est en voyant son regard furieux que le Gryffondor sut qu'il avait fait une erreur.

- Je ne sais pas qui t'a demandé de recueillir des informations sur moi, gronda le loup-garou, mais sache que tu t'y prends très mal.

- De… Comment ?!, s'exclama l'autre abasourdi. Mais pas du tout.

- N'essaie pas de me faire croire n'importe quoi. Quand on s'intéresse à quelqu'un, c'est forcément avec une idée manipulatrice en tête.

- Il faut que tu arrêtes d'être parano, soupira Harry avec agacement. Je m'intéressais juste à toi par curiosité.

Le jeune Greyback lui lança un regard incrédule, mais dû à nouveau admettre l'étrange réalité que lui offrait le Survivant. Car il ne mentait pas.

- Parfait, je vais me dévoiler. Mais en échange, je voudrais que tu me racontes aussi ta vie.

Le Gryffondor faillit renchérir en protestant que le marché passé devenait inéquitable, mais se retint néanmoins. Hati risquait de se braquer avant même que la conversation ne commence réellement. Il ne put cependant s'empêcher de faire remarquer :

- Mais si on s'en tient à ce que tu viens de dire, cela signifie que tu comptes faire quelque chose avec les infos que je t'aurai données sur moi, non ?

- Bien vu, répondit l'autre en affichant un sourire narquois. Sauf que je suis seul en camp ennemi, alors j'ai bien le droit à un petit joker pas vrai ?

Harry réfléchit rapidement. L'idée de dévoiler sa vie passée en sachant que celle-ci risquait de se retourner contre lui ne lui plaisait guère, mais, d'un autre côté, il n'était pas obligé de tout raconter.

- D'accord, souffla-t-il finalement. Je vais te faire confiance.

En entendant ces derniers mots, un sourire fou fendit le visage du lycanthrope et celui-ci éclata d'un rire rauque et moqueur. Le descendant Potter, qui commençait à être sérieusement agacé par la conduite de son interlocuteur, songea qu'il valait peut-être mieux laisser tomber cette idée de converser avec le fils de Fenrir. Ce dernier s'arrêta néanmoins juste à temps, et Harry fut contraint de rester assis tandis que l'autre demandait :

- Bon, de quoi veux-tu que je te parle, petit humain ?

- Je ne suis pas petit, le contredit le concerné, et je voudrais que tu me racontes comment était... la vie là-bas, l'ambiance par exemple, les rapports entre vous… Peut-être qu'on peut comparer ça à ici sur certains points ou…

- Absolument rien à voir, le coupa le fils de Fenrir.

- Alors dis-moi !, supplia Harry avec un sourire enfantin, sa curiosité de Gryffondor piquée au vif.

- En fait, je crois que l'on peut considérer la meute comme l'opposé même de la maison. Tout d'abord parce que nous étions plus nomades que sédentaires Fenrir ne voulait pas que quiconque d'extérieur à la meute puisse nous découvrir.

- Mais il y avait bien d'autres loups-garous qui vous rejoignaient non ?, demanda le sorcier en pensant à Remus.

- Bien entendu. Et Fenrir avait pour cela prévu toute une organisation : certains membres, que l'on appelait les « recruteurs », étaient chargés de trouver des individus susceptibles d'intégrer notre meute, puis de les ramener ici.

- D'accord, acquiesça Harry. Mais j'ai entendu dire que les conditions de vie dans la meute étaient très dures, c'est vrai ?

- La loi du plus fort n'est ni dure, ni douce; tout dépend de la personne. Cependant, quand je vois tout ce luxe inutile dans lequel vous autres humains vous vivez, je comprends que vous puissiez penser que ma vie d'avant était dure. Je ne prenais pas une douche par jour moi !

L'exclamation outrée du jeune Greyback fit rire le sorcier. Quand il fut calmé, l'autre reprit :

- Rares étaient ceux qui prenaient la peine de se construire un abri, car cela demandait beaucoup d'énergie alors que nous ne restions que quelques jours. En plus, Fenrir voyait ça d'un très mauvais œil, car il considérait cela comme une fabrication humaine. En général, il se débrouillait pour que la maison précaire soit détruite rapidement.

- Mais personne ne disait rien ?!, protesta le plus maigre.

- Je reviendrai sur ce point tout à l'heure, expliqua le lycanthrope, laisse-moi aller jusqu'au bout. Pour ce qui était de l'abri donc, on se contentait bien souvent de repérer un emplacement stratégique pour dormir à la belle étoile. Ce qui n'était pas si horrible, à condition d'être résistant et habitué.

Le Survivant se retint de demander ce qu'il se passait lorsque l'on n'était ni habitué, ni résistant. Il se contenta de noter sa question dans un coin de sa tête, tandis que l'autre poursuivait.

- Les jours de neige ou de pluie étaient loin d'être les plus faciles, et ce n'était pas rare durant ces moments de voir les cadavres gelés s'accumuler, et les plus faibles s'entasser dans de petites grottes pour tenter de se réchauffer mutuellement, au risque de mal se faire voir par le chef de meute.

Le rescapé de ce qui paraissait être à Harry un enfer marqua un arrêt pour s'étirer, tendit que l'autre mobilisait du mieux qu'il le pouvait son imagination, afin de se représenter ce que pouvait être la vie là-bas. Une chose était certaine : ce n'était pas une partie de plaisir. Loin de là.

- Mais l'abri n'était au final qu'un détail par rapport au problème de la nourriture, poursuivit Hati. La nourriture des humains était, tu peux t'en douter, proscrite par Fenrir, et seule la viande faisait office de repas. Encore fallait-il en trouver. Car seul le fruit de notre chasse nous servait de diner, après bien sûr que le chef en ait prélevé les meilleurs parts.

- Et personne n'a jamais tenté de lutter contre cette injustice, ou contre le manque de nourriture ?, ne put s'empêcher de l'interroger le Gryffondor.

- Tu as du mal à comprendre notre mode de vie car tu es humain, et que tu n'as jamais eu à vivre comme un loup. Je reviendrai sur ce genre de détails plus tard si tu veux. Mais saches que tu ne te trompes pas complètement : les plus rusés d'entre nous montaient effectivement de petits marchés noirs pour tenter d'échanger divers objets contre de la viande, ou vice-versa. Ils se faisaient cependant rapidement débusquer par Fenrir. Deux solutions s'en suivaient : soit le chef de meute reconnaissait la valeur du marchand, ce qui était extrêmement rare, et prenait l'hippogriffe par le bec en faisant du jugé son homme de main. Soit, et c'était ce qui se produisait dans 90% des cas, le loup-garou était tué devant toute la meute en guise d'exemple. Voilà pourquoi…

Harry, qui avait fermé les yeux pour mieux se laisser envahir par cette voix qu'il appréciait tant, fut frustré de constater que celle-ci s'était interrompue au beau milieu d'une phrase. Il rouvrit les paupières, voulant connaitre le pourquoi du comment, et fut surpris de trouver Hati en train de se frotter la mâchoire en grimaçant.

- Je n'ai jamais tant parlé que depuis mon arrivée chez les humains, expliqua ce dernier en voyant le regard interrogateur du sorcier. Et c'est loin d'être agréable.

En un clin d'œil, le Gryffondor sortit sa baguette et jeta un sort anti-courbatures au loup-garou. Hermione lui avait appris ce sortilège lors de leur chasse à l'Horcruxe, et Harry avait toujours été agréablement surpris de son efficacité. Si Hati fut soulagé, il n'en montra rien, mais il poursuivit néanmoins ce qu'il disait. Harry, satisfait, ferma à nouveau les yeux.

- C'est la raison pour laquelle il y a avait extrêmement peu de marchands. Maintenant, je pense qu'il faut que tu comprennes pourquoi personne ne se rebellait ou quoique ce soit du même style. Saches qu'il y avait dans la meute deux populations bien distinctes, qui peuvent être appelés par plusieurs noms, mais qui restent toujours les mêmes. D'un côté, les chasseurs. Les fidèles partisans de Fenrir Greyback, violents supporters de la haine contre les humains, prêts à massacrer quiconque se dressera sur leur chemin.

- Et de l'autre ?

- De l'autre côté, sourit Hati, il y avait les proies. Les loups-garous rejetés, trop loups pour la société humaine, mais aussi trop humains pour la meute. Ceux qui se tournaient vers Fenrir parce qu'ils n'avaient personne d'autre pour les accueillir, mais qui finissaient invariablement dévorés par la nature. Les forts et les faibles. Les loups et les humains. C'est pourquoi personne ne se rebellait jamais parce que les forts cautionnaient les actes du chef.

- Mais les faibles ? En unissant leurs forces…

- Les faibles n'étaient plus, au bout de quelques jours, que des cadavres ambulants. Le désespoir les avait fait venir ici, ce n'étaient pas des gens prêts à lutter. La plupart n'avait même pas la force d'avoir des idées propres.

- Et toi ?, demanda Harry en frémissant, de quel côté étais-tu ?

Un long sourire décoré de canines blanches fleurit le long des joues du loup-garou, et un regard de prédateur s'insinua dans les pupilles bleutées.

- Je suis sûr que tu peux trouver tout seul, répondit le fils de Greyback avec un sourire.

Harry observa les muscles apparents du loup-garou, son énergie, sa force, ainsi que ses sourires carnassiers. Il repensa à l'impression qu'il lui avait faite la veille au soir, mais aussi aux instants qu'il avait vécus avec lui ces dernières heures.

- Je ne te crois pas, trancha le sorcier d'un ton déterminé.

Hati le considéra avec surprise, puis, avant que l'autre n'ait pu réagir, il lui saisit la tête et claqua un baiser sonore sur son front en éclatant de rire.

- Tu es vraiment un humain étrange !, s'exclama-t-il en ignorant les protestations de son interlocuteur, lequel était devenu rouge comme une tomate.

Intérieurement, Harry était complètement chamboulé, et tentait en vain de remettre un peu d'ordre dans le chaos de ses pensées. Il avait beau les chasser, des fourmillements affleuraient dans tous son corps et transformaient ses joues en une véritable fournaise. Jamais personne ne lui avait fait un tel effet, pas même Voldemort. Car ce qu'il ressentait n'était sans nul doute de la peur le Gryffondor refusait de croire que ce sentiment qui l'envahissait puisse être autre chose. Il regrettait d'ailleurs ce qu'il avait dit, car ce n'était au final qu'une bête impulsion.

Bien sûr que le descendant Greyback était un prédateur, bien sûr qu'il faisait partie de cette détestable catégorie ! Il le disait lui-même : il avait tué. Ce qu'Harry avait devant les yeux, c'était un loup, pas un homme.

Et pourtant il y avait ce rire, qui venait charmer ses oreilles ainsi que son cœur, en prouvant qu'Hati n'était pas un animal. Parce qu'il avait ce rire, si humain. Pas celui que le lycanthrope réservait habituellement à ses interlocuteurs, froid et cruel, mais bien un son chaleureux sortant du plus profond de l'âme. Certes il contenait de la moquerie à l'égard du sorcier, mais Harry priait à présent pour que ce moment ne s'arrête jamais.

Mais tout était terminé, et déjà l'humain en Hati repartait se cacher en courant, ne laissant derrière lui qu'un regard méfiant et un visage lisse de toute émotion. Le Gryffondor fut soudain pris d'une de ces douloureuses envies de pleurer, celles qui nous prennent après le départ d'un être cher. Mais l'autre ne vit rien, et ce fut une voix froide qui parla. Le vrai Hati avait disparu.

- Assez parlé de moi. À ton tour maintenant.

La mort dans l'âme, Harry décrivit sa vie dans les grandes lignes, obstruant de temps à autres certains passages. Il ne voulait pas que le registre tourne au pathétique, surtout après ce qu'il venait d'apprendre sur l'existence de l'invité des Weasley.

Ce dernier conserva un visage fermé et sérieux durant tout le récit, et seuls les légers hochements de tête qu'il effectuait à certains passages permettaient au Survivant de savoir qu'il avait ne serait-ce une pointe d'intérêt pour son monologue.

Quand le dernier mot fut prononcé, ou plutôt quand Harry estima qu'il en avait suffisamment dit, Hati ouvrit la bouche et articula lentement :

- C'était intéressant.

Et ce fut tout. Le loup-garou silencieux était revenu, à tel point que celui-ci garda les lèvres closes pendant de longues minutes, et qu'il ne fut pas beaucoup plus expressif quand Harry se leva et partit.

Quand il fut devant les escaliers, le Gryffondor se retourna et put constater que les yeux bleus d'Hati le scrutaient avec attention. Aucun des deux n'ajouta cependant le moindre mot, et le jeune Potter gravit les marches une à une le visage fermé.

Ce ne fut qu'une fois la porte de sa chambre fermée qu'Harry s'autorisa quelques vulgarités, cognant avec rage contre son oreiller. Il devait bien l'avouer, il était atrocement frustré et vexé. Après avoir parlé pendant près de deux heures ensemble, le fils Greyback s'était finalement refermé comme une huître, redevenant silencieux et inaccessible comme auparavant.

Le sorcier se fustigea mentalement. Qu'espérait-il après tout, imbécile qu'il était ? De l'amitié, une quelconque complicité ? Qu'il pouvait être stupide ! Hati Greyback n'avait de lien avec personne, sa reconnaissance était inaccessible pour quelqu'un comme Harry et il n'était certainement rien de plus qu'un parasite pour le loup-garou.

Et c'était étrangement dur à supporter. Hermione lui avait pourtant répété maintes fois qu'il ne pouvait pas satisfaire les attentes de chacun, mais il s'était toujours efforcé de faire au mieux. Sauf que là, Harry ne voulait pas seulement faire au mieux, il voulait faire le mieux, pour être enfin considéré comme quelqu'un auprès du jeune lycanthrope. Pourquoi ? Il n'en avait pas la moindre idée, et cela, il devait le reconnaitre, contribuait en grande partie à sa colère.

Mais dans tout cet énervement résidait néanmoins une bonne nouvelle, se rappela le brun en souriant malgré lui. Car après tout, il l'avait vu, cet humain caché en Hati. Nul doute qu'il existait, ou du moins qu'il avait existé, dissimulé derrière ce rire inattendu. Et cela, Harry l'interprétait comme une possible éclaircie dans cette foutue tempête qu'était le descendant Greyback.

Restait à savoir si Hati était un humain se dissimulant sous le voile de la bestialité, ou bien s'il était au contraire une bête simulant l'humanité pour mieux attraper sa proie.


Et voilà! Vous avez enfin eu le droit à un vrai dialogue entre Hati et Harry. Moi j'ai beaucoup aimé l'écrire, mais je serais curieuse de connaître votre avis dessus. Qu'avez-vous pensé de ce chapitre? Le prochain sera un pov Hati, c'est tout ce que je vous dit pour le moment. ;)

Bye, et un grand merci à tous ceux qui me lisent!