Salut! La vie est belle?
Et oui, vous ne rêvez pas, vous avez bel et bien eu à attendre moins d'un mois pour lire ce chapitre! Je suis bien d'accord avec vous, c'est un miracle. Mais ce miracle n'était pas vraiment un hasard: c'est grâce à toutes ces superbes reviews que vous m'avez laissé, et qui m'ont boosté à bloc! :D
Je n'ai pas de mots pour vous remercier Edward Creed , Sorciere6174 , Mastuyama , luma coquillette , Ondie-Yoko , Heloc61 et Gwenael! Ainsi que tous eux qui e suivent et me favoritent, tous ceux qui me lisent sans se pointer le bout de leur nez.
Pour la petite parenthèse, si ça intéresse quelqu'un, sachez que j'ai vraiment galéré à écrire ce chapitre, car Hati n'en faisait qu'à sa tête (flatté qu'il était par toutes ces reviews). Il ne voulait pas faire ce que je lui disais, cet OC est vraiment asocial et insupportable!
J'espère avoir finalement écrit un chapitre qui vous convienne. N'hésitez pas à me le dire! Et pendant que j'y pense, le flash back est en gras, pour ceux qui n'auraient pas vu qu'il s'agissait d'un retour dans le temps :p
Une dernière petite chose: j'ai conscience que mes goûts musicaux sont assez particuliers, mais si vous souhaitez écouter un peu de musique en lisant ce chapitre, je vous conseille "Devour" de Shinedown. Je ne recommanderai pas systématiquement de morceaux pour chaque chapitre, seulement quand je trouverai les paroles pertinentes.
Bref, sur ce, bonne lecture!
Disclaimer: rien ne m'appartient. Non non, même pas Hati; je l'ai confié à la spa. Les pauvres.
La pièce était plongée dans la pénombre, et seul un fin éclat de rayon lunaire illuminait faiblement le plancher de la chambre, donnant ainsi lieu à une partie de cache-cache entre l'ombre et la lumière. Il n'y avait que la respiration lente et presque imperceptible de Percy pour briser régulièrement le silence nocturne. Ce dernier semblait dormir d'un sommeil profond, oubliant le temps de son assoupissement la menace qui se trouvait à quelques mètres de lui.
Car si tout paraissait calme et paisible, cela n'empêchait pas pour autant un certain regard bleuté chargé de haine qui de scruter chaque recoin de la pièce. Hati Greyback était plus réveillé que jamais.
La vieille horloge des Weasley venait tout juste de sonner 5h30 du matin après tout, et le lycanthrope songeait à présent qu'il n'y avait que les humains pour dormir à cette heure-ci. D'ailleurs, il n'y avait que les humains pour dormir. C'était à se demander comment cette espèce avait pu survivre aussi longtemps ; car le jeune loup-garou avait vite appris, par le biais de quelques travaux pratiques, que dormir était un synonyme de mourir.
Somnoler était une activité bien plus appropriée, et cette règle valait d'autant plus dans sa situation actuelle, où le brun était entouré d'ennemis potentiels et armés. Il était évident qu'il risquait sa peau à chaque seconde qui s'écoulait. C'était un dur jeu de stratégie auquel il jouait depuis presque deux jours et il valait mieux qu'il ne pas perde pas l'unique partie qu'il avait obtenue.
On le lui avait bien fait comprendre.
Hati ne chercha pas à fuir les souvenirs qui l'envahirent à cette pensée, se forçant au contraire à les revivre le plus fidèlement possible. Plus il se les remémorerait, et plus savoureuse serait sa vengeance.
...
Une cage. Ils l'avaient enfermé dans une cage. Mais après tout, rien ne l'étonnait plus d'une espèce aussi méprisable que celle des humains. Mieux valait qu'il se concentre sur son environnement que sur ses immondes gardiens.
Une observation approfondie accordée aux barreaux de sa minuscule prison lui permit de confirmer sa première impression. Il était entouré d'argent. Comme s'il comptait s'échapper, alors qu'il ne savait rien du lieu où il se trouvait, si ce n'était qu'un nombre anormal de sorciers y pullulait. Et pour aller où surtout ? Les membres survivants de la meute avaient été pris en chasse et disséminés aux quatre coins de la Grande-Bretagne.
Stupides humains.
Ce n'était même pas la peine de penser à l'évasion, aussi le brun se recroquevilla un peu plus sur lui-même, cherchant à économiser au mieux ses forces. Ces imbéciles ne l'avaient pas nourri depuis qu'il était arrivé ici, et la faim lui remuait les entrailles. Il ne savait pas exactement depuis combien de temps il se trouvait dans cette petite cage, mais cela devait faire quelques jours. Moins d'un mois dans tous les cas, car sinon ces misérables auraient eu affaire à Skoll.
Hati fit un effort pour museler ses envies de meurtre, car un de ses geôliers s'approchait de lui à grands pas. Il arborait le visage froid et les yeux haineux de tous les autres, mais Hati se méfiait tout particulièrement de lui à cause de sa forte carrure et de l'odeur qu'il traînait derrière lui. Cette odeur, c'était un mélange des odeurs d'autres membres de la meute.
Ou plutôt de leur sang.
Le fils Greyback poussa un grognement aussi menaçant que possible, tandis que l'humain insérait les clés de sa cage dans la serrure. Pour toute réponse un sort lui fut lancé. Hati n'avait aucune connaissance en magie, mais au vu de la douleur qui lui enserrait les muscles et les articulations, menaçant de briser ses os, ce n'était pas quelque chose que les sorciers utilisaient dans leur vie de tous les jours.
Le brun accusa le coup en réprimant la plus petite grimace de son visage, mais quand il vit la lueur qui brillait dans les yeux de son bourreau la rage tordit les traits de son visage. Cet enculé était en train de prendre son pied en le torturant. Le brun se jura de tuer cet humain dès qu'il en aurait l'occasion.
- Ecoute-moi bien sale clébard, dit le sorcier avec un dédain qui hérissa le poil du loup-garou. Je vais ouvrir ta putain de cage, mais sache qu'au moindre geste louche, je te tue.
Ce type aurait pu être un loup-garou, et de la catégorie des prédateurs qui plus est. Il était tout à fait capable de mettre sa menace à exécution; Hati était même certain qu'il en crevait d'envie. Aussi ne bougea-t-il pas d'un iota quand la porte argentée s'ouvrit, attendant calmement qu'on lui donne l'autorisation d'en sortir.
- Examen médical en salle 832, suis-moi et vite.
Hati ne savait pas ce qu'était un examen médical, personne n'ayant pris la peine de lui dire en quoi cela consistait, mais le mot « examen » l'amena à la simple déduction qu'il allait être examiné. Et cela ne lui plut pas. Le loup-garou se figea en plein milieu de la pièce, soutenant le regard son geôlier quand celui-ci se fut tourné vers lui.
Il n'y eut pas de sommation, le sorcier à la mine patibulaire ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment. Il ne prit pas même le soin de s'encombrer de sa baguette. Le coup parti, violent, et si Hati le vit, le sentit même, bien avant qu'il n'arrive, le sortilège d'enchaînement qui lui avait été lancé aux mains et aux pieds l'empêcha d'esquisser le moindre geste. Et encore moins d'amorcer sa chute quand il s'effondra sur le sol froid et humide.
Les autres coups suivirent assez vite, accompagnés de leur lot d'injures. Mais le lycanthrope ne chercha pas à les compter, ou bien à attendre leur fin, à condition bien sûr que la sienne n'arrive pas avant. Non, ce qu'il regardait, c'était tous ces autres humains qui s'étaient attroupés et qui regardaient la scène avec amusement.
Car jamais Hati n'avait vu d'animaux observer l'agonie d'un autre avec une telle jouissance dans le regard. Même la cruauté de Fenrir n'était pas aussi malsaine, car lui au moins n'était pas faux dans ses actions. Alors qu'ici c'était ces mêmes sorciers qui, une fois la lueur lubrique de leur regard disparue, iraient prôner le respect d'autrui et l'amour du prochain.
Mensonges.
Les humains n'étaient que mensonges. Comment de tels êtres osaient le traiter de bête assoiffée de sang, d'immonde créature ? N'avaient-ils donc jamais vu leur propre visage dans de tels moments ?
Il fallait croire que non.
Enfin les coups s'atténuèrent avant de disparaître, ne laissant qu'une violente douleur dans le corps du loup-garou. Ce dernier se refusa cependant de laisser transparaître la moindre émotion, se relevant sans hésitation quand l'ordre lui en fut donné, et suivant, contraint, son méprisable guide jusqu'à la salle d'examen.
Un homme vieux et ridé l'y accueillit. Il sentait la crasse et la maladie, et Hati n'eut qu'une profonde révulsion à son égard. Un homme blond l'accompagnait. Cet humain,bien que d'apparence calme et souriante, était dangereux, bien plus encore que l'ensemble des sorciers réunis précédemment. Le loup-garou se demanda si sa visite dans le monde des humains lui réservait d'autres surprises aussi désagréables. Sûrement, puisque cette espèce semblait dénuée de toute limite en matière de méchanceté.
Le soi-disant médecin rabougri se saisit de lui avec ses mains sales, et commença à effectuer plusieurs mesures, demandant au lycanthrope de se tourner quand il le fallait. Il le pria de se dévêtir, l'observa de parts et d'autres sans la moindre pudeur, et lui diagnostiqua trois côtes cassées. Hati fut moins surpris par le diagnostique (le geôlier avait dû se faire mal aux poings à taper si fort), que par le sortilège qui remit ses os en tout au long de l'examen, il ne quitta pas le blond du regard.
Ce dernier prit finalement la parole, ordonnant au prisonnier de remettre ses habits crasseux, tandis qu'il congédiait d'un geste de la main les deux autres hommes. Hati tenta de masquer son appréhension, qui n'avait jamais été aussi prononcée depuis son arrivée ici ; il sentait que le sorcier avait quelque chose d'important à lui dire, et nul doute que cette chose allait bouleverser son existence.
À jamais.
- Ouvre grand tes oreilles, petite chose insignifiante, susurra l'humain d'une voix mielleuse quand les autres furent partis. J'aurais voulu te voir condamner à la pire des peines comme nombres de tes sauvages de camarades, mais des gens plus hauts gradés que moi ne m'ont pas laissé ce plaisir. Tu es paraît-il trop jeune, alors nous allons t'offrir une jolie famille d'accueil pour te récompenser de tes crimes de bête féroce.
Une main se saisit brutalement de ses joues, mais le lycanthrope ne chercha pas à se dégager, observant les yeux du blond dans lesquels Hati pouvait lire toute la rage que le monde éprouvait à son égard. Ce serait certainement ce même regard que lui adresseraient les membres de sa future famille d'accueil. Au fond de lui, Skoll se débattait rageusement pour mettre en pièces tous ces humains. Il allait devoir patienter encore quelques temps.
- Mais n'oublie JAMAIS, poursuivit l'homme avec un sourire carnassier, ô grand JAMAIS, que quoique tu fasses, ou que tu ailles, il y aura toujours quelqu'un près de toi pour te surveiller. Tu ne seras jamais seul, jamais libre. Et au moindre faux pas, saches que je t'offre un aller simple pour Azkaban. Tiens-le toi pour dit, stupide animal.
Ces paroles se répétèrent en écho tandis qu'Hati suivait pas à pas le sorcier à travers les couloirs, qu'il rencontrait une vielle femme du nom de Mac Gonagall, et que cette dernière le conduisait devant sa nouvelle maison. Au final, il ne faisait que quitter sa meute pour en rejoindre une autre. Mais cela importait peu après tout.
Car il les tuerait tous.
...
Hati garda ses yeux clos, savourant le lent battement du sang contre ses tempes. Que s'était bon de sentir la rage ruisseler dans chacune de ses veines, la colère agiter sa respiration. Que s'était bon de se savoir en vie !
Jamais il ne devait laisser les humains lui dérober sa haine, car c'était elle la clé de sa survie. Elle l'avait toujours été, et elle le serait toujours. Haïr chaque être du plus profond de son cœur, ne pas parler plus que nécessaire. C'étaient des règles simples auxquelles le fils Greyback s'était toujours tenu.
Jusqu'à ce que ce balafré maigrichon se mette sur son chemin.
Harry Potter était un étrange animal. Le lycanthrope avait souvent entendu parler du fameux Survivant, ce garçon qui avait survécu à Voldemort, ce symbole autour duquel se réalisait la plus grande des guerres. Hati l'avait imaginé grand, fort et menaçant : un ennemi auquel il lui faudrait se confronter.
Au lieu de cela, c'était un gamin maigre et inquiet qui s'était tenu devant lui à son arrivée. Le Survivant n'était au premier abord qu'un garçon de dix-sept ans, comme n'importe quel humain, à cela prêt qu'une minuscule cicatrice couvrait son front. Cette fameuse cicatrice, il n'y avait pas de quoi en faire tout en plat ! Faute d'être un redoutable guerrier, le grand Potter était avant tout un de ces humains médiocres. Aussi Hati le méprisa-t-il dès la première fois qu'il croisa son regard.
Son avis avait changé quand il entendu le jeune sorcier pleurer la veille dans sa chambre. Il les avait vus, ces deux yeux émeraude brillants de larmes qui le dévisageaient avec colère sans toutefois parvenir à masquer leur tristesse. Le loup-garou s'était sentit gêné : dans la meute, personne ne pleurait jamais, et c'était un spectacle pour le grand brun que de voir un être vivant exprimer aussi vivement ses émotions. Hati avait appris bien jeune que celui qui pleurait était un faible. Il n'en détesta que plus le fameux Harry Potter.
Cependant, certains éléments étaient à nouveau venus perturber son jugement, mais pas dans le sens espéré cette fois-ci. En acceptant de discuter avec lui hier, Hati avait commis une énorme erreur. Car le jeune Potter lui était alors apparu sous un jour nouveau, comme quelqu'un de bon.
Un humain bienveillant. Un tel oxymore paraissait presque irréel au lycanthrope, et pourtant, il avait lui-même été le témoin de cette naïveté dont pouvait faire preuve le Survivant. Il aurait dû en être écœuré, la réalité avait été tout autre ; Hati s'en était amusé, et avait montré alors un trop grand intérêt pour la conversation.
Ses instincts de survie s'étaient envolés, et, pendant un bref instant, le fils de Fenrir avait baissé les armes, éprouvant une vive sympathie pour son interlocuteur. Le temps qu'il s'aperçoive de sa bêtise, il était trop tard : une lueur d'espérance se trouvait déjà dans les yeux verts de l'humain. Une lueur qui n'avait pas lieu d'être.
En proie à un énervement profond envers sa bêtise, Hati se mordit violemment le poignet. Il ne relâcha sa prise que quand il sentit le sang chaud couler lentement le long de son avant-bras. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Comment avait-il pu laisser cet humain l'approcher, oublier aussi rapidement la véritable nature de cette espèce ? L'erreur ne se reproduirait plus de sitôt. Le fils Greyback serra les dents. Elle ne se reproduirait plus jamais.
L'horloge sonna 5h45. Hati lécha lentement le sang qui maculait son corps et se leva doucement. Il avait suffisamment perdu de temps dans cette chambre, et la faim le tiraillait à présent. Le prédateur laissa traîner son regard sur la nuque dénudée du fils Weasley qui partageait sa chambre, passant fébrilement sa langue sur ses lèvres.
Il aurait pu lui trancher la gorge d'un coup sec, l'action se serait déroulée si rapidement que l'inconscient n'aurait même pas eu l'occasion de se réveiller. Le sang que Skoll se plaisait à réclamer jour et nuit aurait coulé le long de sa gorge, faisant taire sa soif et celle de sa moitié. Tout était si facile.
Le brun secoua la tête et sortit de la pièce, faisant taire tant bien que mal son loup frustré. Il marcha silencieusement le long du couloir obscur, se satisfaisant de sa vision supérieure à celle des humains et qui lui permettait de se diriger dans le noir sans lumière. Son trajet se déroula dans le calme absolu, au grand plaisir du lycanthrope qui se régalait de sa solitude.
Son nez capta soudain une odeur. Une odeur qui, il le savait, signerait dans quelques instants la fin de ce moment de quiétude. Le lycanthrope se figea devant la porte de la cuisine, ses neurones luttant entre eux dans l'espoir d'aboutir à la bonne solution.
Il pouvait très bien faire marche arrière et retourner à l'étage. La personne portant cette odeur n'avait certainement rien entendu, car le loup-garou avait pris l'habitude de se déplacer en silence. D'un autre côté, Hati n'oubliait pas la raison de sa venue ici : il avait une faim de loup, au propre comme au figuré d'ailleurs, et c'est pourquoi l'idée de rebrousser chemin sans un casse-croûte le contrariait particulièrement. Le fils Greyback acheva son combat intérieur par un soupir inaudible, avant de pousser la porte de la cuisine avec assurance.
- Bonjour ! Tu es déjà réveillé ?
La chevelure flamboyante peignée avec soin et un large sourire accroché à sa petite frimousse, Ginny Weasley le contemplait de ses yeux pleins de malice. Hati réprima la grimace qui menaçait de tordre le coin de ses lèvres.
Il détestait cette humaine.
Il ne savait pas exactement ce qu'elle avait en tête, mais il la devinait suffisamment maligne pour atteindre son objectif. Lors de leur rencontre, la rousse lui avait prouvé qu'elle était prête à le défier n'importe où et n'importe quand, sans aucun regard vis-à-vis des conséquences. Et le loup-garou n'aimait pas ça.
Il aurait largement préféré qu'elle le craigne, le méprise ou le déteste, dans tous les cas qu'elle lui fiche la paix. Mais les deux yeux clairs posés sur lui indiquaient que ses espoirs étaient vains.
- Tu peux parler tu sais, insista la jeune fille, j'ai posé un silencio dans la pièce tout à l'heure !
Le descendant Greyback serra les dents. Il ne savait pas ce qu'était au juste ce silencio, mais une chose était sûre : cette sale gosse avait attendu son arrivée. Il aurait voulu pouvoir l'ignorer, mais n'avait pas envie de la contrarier. Et encore moins d'en subir les conséquences. Aussi se força-t-il à répondre brièvement :
- J'étais réveillé, c'est tout.
- Et pourquoi ?, demanda la cadette Weasley avec un sourire qui donna envie au lycanthrope de lui arracher la tête.
- Pas pour les mêmes raisons que toi en tout cas.
Hati laissa filer un sourire satisfait en voyant le visage de son interlocutrice se figer. Comme il était agréable d'être loup-garou ! Les avantages qu'il possédait sur la rousse n'étaient pas négligeables, et lui donnaient notamment la possibilité de sentir qu'elle venait de faire un cauchemar. La peur lui collait à la peau, la pauvre fille, et elle ne s'en doutait même pas.
- Les souvenirs de la bataille de Poudlard me poursuivent chaque nuit, répondit d'une voix calme la sorcière. Je revis constamment la mort de mes proches, à tel point que j'ai peur de m'endormir le soir.
Le brun se crispa. La rousse venait en partie de se dévoiler et, la connaissant, ce n'était sans doute pas dû à une quelconque faiblesse. Avec cette humaine, rien n'était jamais laissé au hasard, et il haïssait cette fille pour l'impression qu'elle lui donnait de toujours avoir un coup d'avance sur lui.
- Et toi Hati, tu fais des cauchemars ?, s'enquit Ginny.
- Non.
- Tu ne me fais vraiment pas confiance, pas vrai ?, murmura la Gryffondor.
- Non, répéta l'autre.
Un sourire empli de tristesse se peignit soudain sur le visage de la cadette Weasley, et celle-ci enfouit son visage dans ses mains. Hati retint un cri stupéfait. Cette sale gosse s'était-elle vraiment mise à pleurer ? Il espérait bien que non, car quelque chose lui disait que les pestes de son genre devaient être sacrément dures à consoler. Hésitant, il s'approcha de la silhouette secouée de sanglots.
- Hey, tu pleures ?
Pas de réponse. Juste un reniflement entre deux pleurs. Peut-être était-elle simplement enrhumée ? Hati considéra l'option avec intérêt, et choisit de lui tendre un des torchons suspendus à sa droite.
- Mouche-toi donc, ça ira mieux après, conseilla le fils Greyback en tentant de rendre sa voix plus douce que d'habitude.
À l'instant même où il tendit le carré de tissu, le brun comprit qu'il venait à nouveau de commettre une erreur.
La garce.
Ginny releva vers lui une tête souriante et sans la moindre trace de larme sur ses joues. Un sourire amical et discret fleurit sur son visage, dévoilant des dents blanches et alignées. Hati serrait quant à lui les siennes dans une vaine tentative de canalisation de sa colère.
Il était le dernier des imbéciles. Il s'était juré de ne plus leur adresser la parole, il aurait dû sentir que toute leur discussion puait le mensonge à plein nez, que tout ceci n'était qu'une vaste mis-en-scène. Pourtant il avait voulu lui venir en aide. Et pour quelle raison au final ? Il ne le savait même pas. Il était une pauvre marionnette jouant une pièce de théâtre qu'il ne connaissait pas.
Et pourquoi le regardait-elle de cette manière ? Non pas avec le dédain et la satisfaction de la manipulatrice qu'elle était, et qui auraient normalement dus se trouver sur son visage, mais avec la joie imbécile de ces humains quand ils viennent de se faire un nouvel ami. Ses dents grincèrent.
- Tu vois que tu peux être attentionné parfois, dit d'une voix douce la rouquine.
Ni l'un ni l'autre n'eurent le temps de calculer les conséquences de ce geste qu'Hati vint plaquer avec violence et rage la sorcière contre le mur et lui asséna un puissant crochet du droit. La rousse laissa échapper un cri où se mêlaient douleur et surprise, un filet de sang giclant sur le sol.
- Tu t'es bien foutu de ma gueule hein? Espèce de pute!, gronda le lycanthrope.
Il accompagna ses paroles d'un autre coup, dans le ventre cette fois-ci, et retint la Gryffondor quand celle-ci se convulsa de douleur. Un sourire satisfait, il enserra alors les joues de sa victime et plongea son regard dans les yeux marron qui lui faisaient face.
Mais il n'y trouva pas ce qu'il y cherchait.
Dans les iris de la fille unique des Weasley brûlait de l'insoumission, de la douleur contenue, de la colère, de la tristesse et même (Hati s'en étonna) une pointe de compassion insensée. Nulle trace de terreur. Cette fille allait se faire mettre en morceaux d'un instant à l'autre, mais semblait vouloir mourir sans terreur pour son bourreau.
Pourquoi n'avait-elle pas peur de lui, comme n'importe quel autre humain ? Sous la stupéfaction, le lycanthrope sentit sa colère redescendre d'un cran. Il mit néanmoins un point d'honneur à ne pas laisser transparaître son trouble.
De dépit, le brun enfonça brutalement son genou gauche dans les côtes de la jeune fille. Cela n'eut cependant pas l'effet escompté car faute d'avoir peur, Ginny se mit à parler. Et en voyant le sourire moqueur qu'affichait la rousse, Hati songea qu'il aurait mieux fait de la gifler à nouveau. Merlin que le ton froid qu'elle employait pouvait être désagréable à ses oreilles !
- Mon petit Hati, tu es bien le seul à te vexer quand on te trouve des qualités. J'ai d'ailleurs l'impression d'être revenue à notre première rencontre… en un peu moins agréable pour moi, ajouta-t-elle tandis qu'un filet de sang s'échappait de son nez.
Le loup-garou la dévisagea de son regard glacé, lui intimant l'ordre de se taire par la pensée. Mais si le visage de Ginny se ferma soudainement pour devenir plus triste, cela ne l'empêcha pas de poursuivre son monologue. Hati jugea qu'il devait être un télépathe médiocre.
- Pourquoi deviens-tu violent quand tu sens que tu peux te faire des amis ?
- Amis ?!, manqua de s'étouffer le jeune Greyback. Je ne veux pas d'amis, et encore moins des amis humains. Le mot amitié n'a pas plus de sens pour vous que pour moi. Les humains sont des animaux menteurs, et je sais très bien que vous ne faites qu'attendre l'occasion de me piéger!
- Tu divagues Hati, souffla la rouquine. Moi je veux vraiment être ton amie.
La gifle partit toute seule. Ginny posa une main contre sa joue rougie par le coup, conservant un visage fermé et une expression entêtée.
- Mensonges, cracha Hati avec dédain. Tu pourrais aller à l'encontre de ta famille, de tes amis, de tout ce que tu as connu jusqu'à présent rien que pour aider un loup-garou ? Je ne te crois pas, espèce de sale menteuse.
- Ce n'est pas quelque chose que je ferais pour n'importe qui, admit la Gryffondor. Mais pour toi, si.
Le brun eut un ricanement dédaigneux, mais intérieurement, ses certitudes étaient en miettes. Skoll et lui avaient beau chercher la moindre erreur dans les paroles prononcées, tous deux ne décelaient rien d'autre que de la vérité. Le loup était perturbé, Hati l'était bien plus encore. Comment cette humaine pouvait-elle à ce point aller à l'encontre de sa nature? Et pour quelles raisons insensées ?
- Fais-moi confiance, ajouta-t-elle d'une voix presque suppliante.
Hati soupira, toute colère envolée. Il s'était finalement résigné face à l'idée que cette fille puisse être trop téméraire pour le craindre. Dans ce cas, la rage et la violence ne pouvaient rien lui apporter, mis à part de graves ennuis.
Le fils de Fenrir considéra chaque option qui se présentait à lui, pesant à chaque fois le pour et le contre. Une chose était claire : il ne pouvait ni l'ignorer, ni poursuivre ce difficile bras de fer avec elle : il était en territoire inconnu, particulièrement vulnérable par conséquent. Il n'y avait au final pas le moindre intérêt à s'engager dans une lutte (qu'il avait des chances de perdre par ailleurs) contre une personne qui, au contraire, prétendait vouloir lui venir en aide.
Mais il ne voulait pas s'engager dans un lien d'amitié avec cette sorcière.
Cette option, quand il l'analysait, était la seule à comporter autant d'inconvénients pour… aucun avantage. Premièrement, cette fille était humaine, il devrait donc s'attendre à quelque coup fourbe de sa part, ce qui amenait à la seconde raison, tiré de ce qu'il avait pu observer au cours de son existence : se lier d'amitié avec quelqu'un augmentait le risque de mourir par trahison. Et ça, très peu pour lui. Ensuite, il n'avait pas la moindre envie de feindre un sentiment qui ne lui convenait pas, haïssant ce genre de comportement faux caractéristique des humains. D'autant plus que la comédie risquait d'être fort mauvaise, puisque jamais le brun n'avait accepté d'être proche de quelqu'un.
Non, décidément, il valait mieux qu'il enterre cette idée au plus profond de son esprit.
Ginny le regardait avec perplexité, se demandant sûrement pourquoi il ne réagissait pas aussi rapidement que d'habitude. La connaissant, elle avait certainement remarqué que leur dialogue l'avait perturbé. Merde.
Hati pinça l'arête du nez, ne quittant pas la rousse du regard tout en essayant de réfléchir le plus vite possible. Comment trouver une solution à mi-chemin entre leurs deux idées, une réponse la plus neutre possible ? Sa discussion passée avec Harry revint soudainement en mémoire au loup-garou, amenant une lueur réjouie dans son regard.
Il venait de trouver une issue à ce fichu casse-tête. Le marché qu'il avait réalisé la veille avec le brun s'était passé presque parfaitement, et même s'il avait été forcé de parler un peu de lui, son implication était restée au final assez superficielle. De toute façon, il ne pouvait pas espérer mieux de cette peste de rouquine.
Il ne restait plus qu'à la convaincre.
- Je ne peux pas te faire pleinement confiance, répondit calmement Hati. Tu es trop maligne, et je risque bien trop gros à ce petit jeu.
Le brun enchaîna rapidement, empêchant ainsi Ginny de la couper avec une de ses phrases typiquement naïve et mensongère. L'humanité ne devait pas venir influencer son raisonnement, ou sinon il ne s'en sortirait jamais.
- Je te propose un compromis.
- Lequel ?, demanda la Gryffondor avec curiosité.
- Réalisons une cohabitation tous les deux.
La jeune fille le dévisagea longuement, et Hati comprit en voyant le regard méfiant qu'elle lui lançait qu'elle ne mordrait pas si facilement à l'hameçon.
- En quoi consisterait cette cohabitation ?, demanda-t-elle après une brève réflexion.
Fous-moi la paix, en échange de quoi je te tuerai sans trop de souffrances. Le fils de Fenrir rêvait d'une telle proposition, mais il doutait que la rousse soit suffisamment stupide pour accepter. Aussi s'entendit-il répondre :
- On pourrait se rendre des services mutuellement. Tu m'informerais sur votre mode de vie, et en échange je tenterais de m'y habituer. Je serais aimable avec toi, et en retour tu arrêteras de me casser les…
- Hey !, protesta la rousse avec un sourire.
Hati constata avec satisfaction que la jeune fille paraissait assez volontaire. Mais il lui fallait être franc pour la dernière ligne droite du marché. Si elle acceptait, son séjour ici risquait d'être enfin plus tranquille.
- Par contre, ajouta-t-il avec sérieux, je n'ai pas grand-chose à t'offrir.
- Ne t'en fais pas, j'ai plein d'idées !, répondit immédiatement la sorcière avec un sourire malin.
Hati songea qu'il avait peut-être aggravé douloureusement sa situation, et grimaça à cette pensée. Mais il était trop tard pour reculer.
- J'accepte ta proposition, Hati Greyback !, s'exclama finalement Ginny en tendant sa main griffée vers le loup-garou.
Le brun considéra longuement les doigts couverts de sang qu'il avait, quelques instants auparavant, lacéré avec tant de rage. Il poussa un soupir, puis arracha un morceau de sa chemise, l'utilisant pour bander la main de son interlocutrice avec une délicatesse dont il faisait rarement preuve. Puis, il leva ses yeux bleus vers la cadette Weasley.
- Considère ça comme la preuve de mon engagement, dit-il de sa voix grave.
Ginny parut étonnamment heureuse à la vue du bandage de fortune, mais cela ne l'empêcha pas d'ajouter d'une voix moqueuse :
- Mon pauvre Hati, que vais-je faire de toi ? Tu n'es même pas capable de faire un bandage !
Après quoi elle éclata d'un rire joyeux. Hati, vexé, répondit d'un grognement : pour une fois qu'il voulait se montrer attentionné, on ne l'y reprendrait pas.
- Je ne sais pas, bougonna-t-il. Tu dois bien avoir une idée derrière la tête, te connaissant…
Le lycanthrope songea en voyant le visage de l'autre redevenir sérieux qu'il aurait mieux fait de fermer une fois de plus sa grande gueule. La rouquine avait soudain une lueur dans les yeux qui lui rappelait qu'elle n'avait pas accepté cette cohabitation par pure générosité.
- Je pense que oui…
Suite à ces paroles, la Gryffondor se pencha vers le loup-garou, et lui chuchota quelques mots à l'oreille. Ce dernier la repoussa violemment.
- Tu rêves !
- S'il te plaît Hati, tu es le seul qui puisse le faire... murmura la rousse.
- Ce ne sont pas mes affaires, et j'en suis incapable.
- …
- Je connais rien à ces affaires d'humains moi !
Au fil de ses contestations, Hati voyait des larmes envahir les yeux de la jeune fille. Et Skoll lui soufflait que, cette fois-ci, il ne s'agissait pas d'une comédie. Mais qu'est-ce-qui pouvait bien se passer dans la tête de cette foutue rouquine ? Le brun aurait donné beaucoup pour le savoir.
- Tu n'es pas obligé de faire ça tout de suite tu sais, ajouta-t-elle à voix basse. Il faut juste que tu agisses avant qu'il ne soit trop tard.
- Pourquoi ne le fais-tu pas bon sang ?!, s'écria l'héritier Greyback.
- Il n'écoute personne...
- Moi non plus, je suppose.
Mais le loup-garou sentait déjà l'amertume de la défaite lui tordre les entrailles. C'était lui qui avait proposé cette cohabitation, il ne pouvait pas retourner sa veste à la première difficulté, même s'il se sentait plus piégé que jamais en cet instant. Il détestait les humains, mais allait devoir obéir à l'un d'entre eux. Et pour aider un autre humain en plus ! Que diraient les autres membres de la meute s'ils le voyaient ?
Rien. Ils étaient probablement presque tous morts à l'heure qu'il était.
- D'accord, souffla-t-il finalement.
Il s'était attendu à un sourire reconnaissant, un merci soufflé avec gentillesse. Mais certainement pas à ce visage figé d'horreur, les yeux écarquillés et la bouche muette. Le lycanthrope n'eut pas le temps d'esquiver que déjà un éclair orange envahissait son champ de vision, lacérant douloureusement sa gorge sans qu'il ne puisse esquisser le moindre geste.
Bordel de merde.
J'espère pour vous que vous aimez le suspense, parce que ce chapitre s'achève ici! ^^
A cela s'ajoute le fait que je ne pourrais certainement pas publier le prochain chapitre avant un bon mois, examens obligent. Avec toutes mes excuses. J'entends déjà les indignés s'écrier que non seulement ce chapitre est court et s'achève en queue de poisson, mais en plus Harry n'est pas apparu. C'est vrai, mais dites vous que c'est justifié et que je me rattraperai dans le chapitre suivant.
Pour me faire pardonner donc, je vous permets de déterminer un élément du prochain chapitre par le vote:voulez-vous que le chapitre 6 soit un pov Harry, ou bien un pov Hati. Envoyez-moi une petite review pour vous exprimez!
Sur ce, bye, et bonne chance à tous ceux qui passent leur exams!
