Salut tout le monde!
Et non, je ne suis pas morte (si c'est une bonne ou une mauvaise chose, ça, je ne saurais le dire) et je ramène même avec moi le chapitre promis. Je tiens, comme d'habitude, à m'excuser pour l'attente, mais j'ai cette fois-ci deux excellentes raisons: la première, c'est que ce chapitre était presque achevé lorsque mon ordi m'a lâché sans prévenir. Bien entendu, j'ai perdu toutes mes données parce que sinon ce ne serait pas drôle. J'ai donc dû tout réécrire. C'était la première raison. La seconde est bien meilleure pour vous néanmoins: ce chapitre est plus long que d'habitude, et fait presque le double du précédent. Donc je pense que la quantité est au rendez-vous. Pour ce qui est de la qualité par contre, je vous laisse le soin de juger par vous-mêmes... Et de m'en faire part dans une petite review, tant qu'à faire! :D
À ce sujet, je remercie sincèrement Sealion Razowski Joker, mishiima, Ondie-Yoko, Edward Creed, luma coquillette, Sorciere6174, ainsi que Gwenael et Heloc 61 pour leur review. Merci d'être là, vraiment. Plein de bisous aussi à ceux qui me favoritent et me suivent. Et au fait, chers lecteurs fantômes, saviez-vous que je vous voyais sur mes stats? Vous êtes de plus en plus nombreux, alors manifestez-vous donc un peu! :3
Disclaimer: l'univers et les personnages sont à Rowling, mis à part un énervant loup-garou que la SPA m'a ramené ce matin. Il était apparemment trop... comment dit-on déjà? Ah oui, Trop agressif. Comme c'est étonnant.
Ah oui, autre chose: je tenais à m'excuser sincèrement, car j'ai fait une erreur dans le chapitre précédent: j'y fais lancer à Ginny un silencio. Or cette dernière ne peut pas se servir e sa magie en dehors de Poudlard, vu qu'elle n'est pas majeure. Toutes mes excuses!
Je vous avais aussi demandé de voter pour le pov de ce chapitre. Comme il y a eu un ex-æquo, j'ai mélangé les deux points de vue :D
Bon désolée pour tout ce charabia, je vais maintenant vous laisser lire en paix. Je vous adore tous, bonne lecture!
Des milliers de gouttes d'eau vinrent s'écraser contre le visage d'Harry. Il était 5h45, et un cauchemar particulièrement sanglant et réaliste avait guidé le brun jusque dans la salle de bain. Il s'était ainsi retrouvé à asperger d'eau son visage pendant une bonne dizaine de minutes, tentant vainement d'effacer par ce moyen les traces d'angoisse qui persistaient.
Quand enfin il parvint à se calmer, le Gryffondor coupa le robinet, puis releva sa tête trempée. Son regard tomba alors sur le miroir et le reflet que ce dernier lui renvoyait. Il y discerna un jeune homme maigre aux cheveux ternes, dont les yeux aux cernes violacés avaient perdu tout éclat. Il ne parvenait pas à s'identifier à cette image. Non, vraiment, ce garçon pâle ne pouvait pas être lui ! Il ne se reconnaissait plus.
Le Survivant donna un coup de poing rageur dans la glace. Il réussit à se faire mal à la main, mais le désarroi qui causait sa douleur ne le quitta pas. Comment avait-il pu changer autant, et ce en si peu de temps ? Ou peut-être avait-il toujours été comme ça, sans s'en rendre compte. Le brun se sentait comme enveloppé dans un épais brouillard d'illusions, et ne parvenait même plus à discerner qui il était réellement. Dans sa vie, où se trouvait finalement la limite entre le mensonge et la réalité ?
En cet instant, Harry aurait voulu que ses parents soient là, ou Sirius, ou encore Remus. Quelqu'un qui lui rappelle ce qu'il est. Mais le jeune sorcier était désespérément seul dans cette petite salle de bains. Il avait envie de pleurer, mais il ne le fit pas, car aucun de ses proches n'aurait été là pour le consoler. Et puis au final, qu'avait-il donc à se lamenter sur son sort ? Une boule se forma dans la gorge du Gryffondor.
Il n'y avait pas de raison. Il était triste, voilà tout.
Il laissa à nouveau passer quelques minutes puis, résigné pour le moment quant à son état, et ayant la pâle illusion d'être serein, Harry lança un sortilège destiné à masquer tant bien que mal ses cernes (inutile d'inquiéter plus qu'ils ne l'étaient les Weasley). Il sortit ensuite de la salle debains et traversa le couloir. Mais une fois devant la porte de sa chambre, l'angoisse accéléra son pouls. C'était une peur irrationnelle qui s'était brusquement emparée de lui. Celle du petit enfant qui craint la présence de monstres sous son lit. Pour Harry, c'était les cauchemars qui l'effrayaient. Il le savait, il sentait qu'ils allaient revenir dès qu'il s'abandonnerait aux bras de Morphée.
Le jeune sorcier s'aperçut que ses mains tremblaient. Avec l'une d'elle, il essuya la sueur froide qui coulait sur son front. Non, décidément, il ne pouvait se résoudre à retourner dans son lit. Tant pis pour son quota de sommeil, tant pis s'il devait s'écrouler de fatigue cet après-midi. Persuadé d'avoir fait le bon choix, le Gryffondor reprit sa route à travers le couloir en s'efforçant vainement de sourire pour se donner du courage. Mais une seconde porte lui fit marquer un autre temps d'arrêt.
Derrière elle, il y avait la chambre de Ginny et Hermione. Harry serra les poings en songeant à sa meilleure amie. Hermione. Elle était à la fois la solution et le problème de ses problèmes. Car il ne faisait aucun doute que s'il en venait à lui parler de ses cauchemars, la brune pourrait y remédier. Le brun en était certain, car il avait lu l'autre jour dans un grimoire la recette d'une potion qui empêchait les mauvais rêves. C'était exactement ce dont il avait besoin. Mais le revers de la médaille pour le Gryffondor était la fabrication de cette potion, qui était d'un niveau extrêmement élevé, d'autant plus qu'Harry se savait peu doué dans ce domaine. Contrairement à Hermione.
Mais s'il demandait de l'aide à son amie, le Gryffondor savait qu'un nouveau problème se créerait. Hermione allait s'inquiéter. Pourquoi donc faisait-il des cauchemars ? De quoi rêvait-il ? Le jeune Potter n'avait pas la moindre envie de se faire bombarder de questions, ce que la brune allait faire sans aucun doute. Et puis la jeune fille avait elle aussi traversé sa période de problèmes, qui avaient été résolus avec brio par ailleurs, aussi Harry trouvait-il injuste de venir troubler le bonheur de sa meilleure amie avec ses soucis personnels. Le brun secoua la tête de dépit.
Non, décidément, il lui fallait trouver un autre moyen de remédier à ses cauchemars.
Le Survivant passa donc une fois de plus son chemin, et prit cette fois-ci les escaliers qui menaient vers la cuisine. Un bon petit déjeuner ne serait certainement pas de trop pour commencer cette nouvelle longue journée.
- Ne bouge pas Hati, je vais te l'enlever !
Le concerné poussa un grognement mécontent. Ne pas bouger… Elle en avait de bonnes la rouquine ! On voyait bien que ce n'était pas elle qui avait une bestiole agressive agrippée à la figure. Le loup-garou exprima son indignation par un nouveau grognement.
Il n'avait aucune idée de la nature de son agresseur, si ce n'était qu'il arborait un affreux pelage orangé, et aussi que cette sale bête avait un sacré coup de patte. Bien entendu, l'attaque en elle-même n'égalait en rien la puissante morsure d'un lycanthrope, mais les griffes du petit animal s'enfonçaient avec aisance dans la peau du brun, et la douleur, déjà peu agréable au départ, s'amplifiait au fil des coups. Hati soupçonnait d'ailleurs cette fichue bestiole de viser les yeux, et il protégeait comme il pouvait ses pupilles des griffes assassines.
- Pattenrond, assez !, pesta Ginny.
Ledit Pattenrond chassa d'un coup de patte bien ajusté la cadette Weasley, avant de ramener son attention sur sa proie, à savoir la progéniture Greyback. Ce dernier soupira. Il ne pouvait décidément rien attendre de cette humaine.
Lassé, il empoigna le chat violemment, ignorant les miaulements agressifs de ce dernier, et projeta la bête contre le mur d'à côté. L'animal s'y écrasa en émettant un miaulement pathétique, avant de filer aussi vite qu'un Éclair de feu. Non sans avoir bien sûr adressé un dernier regard assassin au loup-garou.
- Par Merlin, Hati, est-ce-que ça va ?, s'inquiéta Ginny.
Le fils de Fenrir passa une main lasse sur ses blessures, étalant un peu plus le sang qui maculait sa peau.
- Ce fut un pur moment de plaisir, ironisa-t-il. Je ne me suis jamais senti aussi bien de toute ma vie. Sincèrement.
- Dans ce cas c'est parfait, répliqua la jeune fille en la foudroyant du regard. Si monsieur a conservé son mauvais sens de l'humour, alors il est inutile que je m'inquiète pour l'imbécile qu'il est !
Hati allait répondre d'une remarque bien sentie quand une voix les interrompit.
- Mais qu'est-ce-que vous fabriquez ?
Le loup-garou n'eut pas besoin de tourner la tête pour deviner qui se tenait dans l'encadrement de la porte. Harry Potter. Lui qui s'était juré de ne plus parler ni à la rouquine, ni au Survivant, il était décidément mal parti.
Quelle journée merdique. Et ce n'est que le début…
Il observa finalement le visage du jeune Potter sur lequel se mêlaient surprise et horreur. C'était d'ailleurs assez compréhensible, car Ginny et lui ne se montraient pas sous leur meilleur jour. La sorcière avaient les cheveux en bataille, sa lèvre coupée avait gonflée, et une multitude de bleus décoraient son visage pâle. Ah oui, il y avait aussi cet atroce œil au beurre noir qui apparaissait peu à peu.
Hati sourit, satisfait d'avoir refait le portrait de cette petite peste. Il est vrai qu'à côté d'elle, les longues coupures ensanglantées qui zébraient son cou et sa figure paraissaient presque anodines. Ou peut-être pas tant que ça, étant donné le regard que posait sur lui le jeune Potter.
Ginny attrapa l'épaule de ce dernier, tentant sans doute d'empêcher la future colère du Survivant.
- Aller viens, dit-elle avec un sourire innocent comme si tout ce qui venait de se passer était juste normal. On va aller chercher ensemble quelques pansements, j'en profiterai pour tout t'expliquer.
Le brun la suivit sans piper mot, tandis qu'Hati poussa un soupir: c'était certain, tout allait lui retomber dessus.
Quelques minutes plus tard, Harry revint, mais seul cette fois-ci, et l'air très énervé. Si les sorciers avaient su lancer des sorts avec les yeux, il est clair qu'Hati aurait été étendu raide mort. Le loup-garou banda ses muscles en prévention d'une attaque surprise : les humains pouvaient agir de manière tout à fait stupide et violente quand ils étaient en colère, l'attaque du cadet Weasley la veille le lui avait bien montré.
L'héritier Greyback réfléchit à toute vitesse, cherchant une solution pour stopper la menace Potter qui s'approchait de lui pas à pas. Dans la meute, quand un autre loup-garou se montrait agressif, il suffisait de le frapper jusqu'à ce qu'il se soumette. Malheureusement, les choses n'étaient pas si simples dans le monde des humains. Hati se doutait bien qu'assommer monsieur Harry-Potter-le-Survivant-héros-de-tous risquait de ne lui apporter que des ennuis, et il avait également la désagréable impression que le Gryffondor n'était pas du genre à se soumettre à cause de quelques coups.
Non, définitivement, il devait régler le problème de la façon la plus humaine possible, c'est-à-dire en essayant de discuter. Le lycanthrope ravala un soupir : il détestait perdre son temps avec de telles niaiseries, mais il n'avait pas vraiment le choix. Aussi se munit-il de son ton le plus sarcastique pour interpeller Harry.
- Et bien dis donc, tu en tires une tronche, petit humain ! Je peux savoir ce qu'elle t'a raconté la rouquine pour que tu me regardes avec autant de haine ?
- Elle n'a rien voulu me dire.
Le ton de sa voix laissait deviner sans peine que le Gryffondor était extrêmement contrarié. Une chose était certaine : Ginny n'avait rien dit, même si Hati ne comprenait pas la raison de son silence. Ne cherchait-elle donc pas à lui pourrir la vie ?
Le fils de Fenrir constata néanmoins qu'Harry continuait de le regarder avec colère, et il pouvait presque voir les flammes de la haine brûler au fond des iris verts. Le jeune sorcier n'en avait visiblement pas terminé avec lui et, en effet, il reprit avec fureur :
- Mais je ne suis pas stupide. Les marques de coups qu'elle porte ne sont pas tombées du ciel, tu en es l'auteur !
C'était une accusation qui ne tolérait aucune contradiction, mais Harry attendit que son interlocuteur acquiesce silencieusement pour poursuivre. L'indignation et l'énervement causaient un immense crescendo dans la voix du jeune homme, qui semblait maintenant sur le point d'exploser.
- Les Weasley sont des gens généreux et gentils, qui ont accepté de t'accueillir chez eux, parce que tu n'avais nulle part où aller. Tu crois quoi, espèce d'imbécile ?! Que tu serais en train de te la couler douce s'ils ne t'avaient pas récupéré ? Abruti ! Tu aurais croupi à Azkaban s'ils ne t'avaient pas pris avec eux! Et c'est quoi ce que tu leur offres en retour ? De la haine, de la peur, de la violence. Ils t'offrent un toit, se montrent doux et patient et toi tu tabasses leur fille ! Félicitations, j'aurais honte à ta place, tu sais. Car même les humains que tu dénigres ne sont pas aussi mauvais que toi !
Hati garda le silence, ses yeux bleus posés sur Harry qui tentait tant bien que mal de reprendre le souffle qu'il avait perdu durant son discours. Quand il fut sûr d'avoir l'attention de l'humain, le fils Greyback demanda de sa voix grave :
- Et maintenant, que vas-tu faire ?
- Comment ça ?, demanda le sorcier troublé.
- J'ai blessé un de tes amis, rappela le loup-garou. Au final, comme tu as dû le remarquer, je ne suis que le loup dans la bergerie. Et je le serai toujours. Alors que vas-tu faire ? Prévenir Weasley père, pour qu'il m'envoie à Azkaban ? Je le mérite après tout. Décide-toi, Harry, mais décide-toi vite.
- J'ai déjà choisi, annonça le brun presque aussitôt.
Et sans laisser le temps à l'autre de répondre, il tira une chaise et força Hati à s'y asseoir. Quand le lycanthrope fut installé, le Gryffondor tira sa baguette de sa poche, et la pointa vers l'autre. Le jeune sorcier paraissait hésitant, et sa main tremblait légèrement.
- Alors tu comptes m'exécuter ici, se contenta de déclarer le loup-garou d'un ton neutre, sans se débattre pour autant.
- Episkey !
Aussitôt, l'une des coupures qui ornait la joue de Hati se referma. Surpris, ce dernier posa un doigt là où se trouvait précédemment le coup de griffe.
- Mais, que… tu as…
- Je te soigne, déclara le jeune Potter entre deux sortilèges. Je n'ai jamais eu l'intention de te tuer, même si je dois reconnaître que l'envie de te mettre une droite dans la figure me tente bien.
Cette fois-ci, Hati ne put retenir un de ses brefs sourires. Décidément, le sorcier qui se tenait face à lui était un véritable casse-tête. Ce qui le poussait à agir, ce n'était ni de la gentillesse, ni de la naïveté. C'était quelque chose d'infiniment plus complexe, et le loup-garou se jura de découvrir de quoi il s'agissait.
Mais pour l'heure, il se devait de rester concentrer sur la baguette qui était braquée sur lui, quand bien même elle servait apparemment à le soigner. D'ailleurs, les sorts venaient subitement de s'arrêter.
Masquant sa surprise du mieux qu'il le pouvait, le fils de Greyback lança un regard interrogateur au jeune Potter. Les deux pupilles de celui-ci étaient fixées sur lui, et le Survivant demeurait immobile et silencieux, comme s'il éprouvait une soudaine fascination pour quelque chose. Quelque chose se trouvant sur le visage d'Hati.
Ce dernier émit un grognement : il détestait être dévisagé de la sorte. Encore plus par ces deux yeux d'un vert si brillant. Il fronça les sourcils et parcourut son visage du doigt, tentant discrètement de trouver ce qui n'allait pas avec sa tête. Le loup-garou n'aurait pas su dire combien de temps ils restèrent ainsi, mais toujours est-il qu'il fut obligé de se résigner : il n'avait rien sur le visage, mais l'autre continuait à le fixer.
Et plus les minutes passaient, plus la progéniture Greyback se sentait attirée par l'éclat verdoyant qui brillait en face de lui. Et c'est alors qu'il comprit : cela ne faisait aucun doute, c'était très certainement un piège que lui tendait l'humain ! Un sortilège d'hypnose peut-être, ou autre chose du même genre. Hati ne voyait pas d'autre explication, et il décida de stopper au plus vite tout contact visuel.
Pour ce faire, rien n'était plus efficace qu'un bon coup de pied dans les côtes. Et vlan ! Le Survivant était maintenant par terre, à moitié assommé et l'air si choqué qu'un sourire moqueur vint naître sur le visage du loup-garou.
- Je sais que je suis canon, plaisanta Hati, mais si tu pouvais éviter de me baver dessus, ça m'arrangerait !
Le lycanthrope s'attendait à recevoir une remarque cinglante en réponse à sa boutade, mais, à sa grande surprise, le visage d'Harry se couvrit d'un étonnant rouge pivoine. Le fils de Fenrir s'en amusa énormément. Dans la meute, les loups-garous étaient pareils à des statues de glace, et tous, lui y compris, veillaient à masquer leurs émotions de chaque instant. Hati n'avait ainsi jamais vu quelqu'un changer de couleur aussi subitement. Comme c'était drôle ! Le grand brun se demanda s'il pouvait faire rougir encore plus le petit humain.
Un sourire de prédateur accroché aux lèvres, il se releva lentement, puis se dirigea vers le jeune sorcier avec grâce et souplesse. La nature l'avait doté de qualités en matière de séduction, mais il ne s'en servait que très peu pour parvenir à ses fins. C'était ici l'occasion de les utiliser.
Arrivé à la hauteur d'Harry, le loup-garou s'accroupit et encadra le corps du Gryffondor de ses deux mains. C'était une expérience assez étrange que de draguer si ouvertement ce qui aurait pu être son prochain repas, mais Hati se délectait tant de la panique qui se lisait sur le visage de l'autre qu'il poursuivit ses avances, se collant un peu plus contre l'autre.
De plutôt rosé le visage d'Harry était désormais passé cramoisi, semblant prêt à exploser. L'idée de voir l'humain répandre sang, os et boyaux sur la tapisserie des Weasley plaisait particulièrement à Skoll, et ce dernier encourageait vivement Hati à continuer sa démarche, lui faisant oublier toute méfiance. Semblant ne plus tenir, le jeune Potter finit par ouvrir la bouche pour balbutier :
- Mais, je… que… non mais… Hati, je ne suis pas gay !
- Dommage pour toi, souffla le lycanthrope en élargissant son sourire, parce que moi, je le suis.
Le séducteur pouvait sentir chaque muscle de sa proie se tendre sous l'adrénaline, chaque parcelle de sa peau rougir et chacun de ses neurones griller sous l'effet de la surprise. C'était aussi bien que de chasser, et en plus c'était amusant à faire.
Une nouvelle idée traversa l'esprit d'Hati. Il approcha son visage de celui du Gryffondor, qui, instinctivement, ferma les yeux. Les lèvres du loup-garou vinrent frôler tout d'abord la joue droite du Survivant, pour finalement s'arrêter... juste à côté de son oreille. Et là, le jeune Greyback reprit brusquement son ton brusque et distant.
- Et maintenant casse-toi ou je te roule une pelle.
La mâchoire du sorcier faillit se décrocher sous l'effet de la surprise, et, après une hésitation qu'Hati mit sur le compte de la panique, Harry s'extirpa rapidement de l'étreinte du lycanthrope pour s'enfuir à toutes jambes en direction de sa chambre.
Resté seul dans la cuisine, le loup-garou aux yeux bleus s'autorisa un sourire satisfait. Maintenant, il savait comment se débarrasser d'Harry Potter.
En cet après-midi ensoleillé, le visage dissimulé derrière le livre prêté par Hermione, Harry observait Hati.
Encore.
Plus que jamais, le sorcier se sentait envahi par une sensation de déjà-vu. Les autres étaient à nouveau partis, le laissant seul avec Greyback junior. Il tenait dans la main le même livre ennuyeux qu'hier, il était installé sur la table du salon à la même place que la veille, tout comme l'autre restait fidèlement assis à sa place habituelle. Et, une nouvelle fois encore, le Gryffondor était en train de se demander si communiquer avec le loup-garou était une bonne idée.
Mais aujourd'hui, ce n'était pas la peur de se faire déchiqueter qui faisait hésiter ainsi le jeune garçon, mais plutôt les frais souvenirs de la matinée. Harry avait conscience que les actes du lycanthrope tenaient surtout de la provocation, et que, amusé de le voir ainsi paniquer, ce dernier avait quelque peu amplifié son intention initiale. Du moins, c'était ce que le jeune Potter espérait.
Le problème demeurait cependant. Dans le jeu joué tout à l'heure par Hati, où donc se trouvait la frontière entre la réalité et l'amusement ? Quelle part de vérité y avait-il eu dans ces propos ? Et surtout, question qui paraissait la plus importante aux yeux d'Harry, le loup-garou comptait-il réitérer sa démarche s'il venait à s'approcher trop près de lui ?
Hati perturbait Harry. Beaucoup trop, et de façon anormale. Le sorcier avait beau mettre ça sur le compte de la fatigue, quelque chose clochait. Et le Gryffondor était à peu près certain qu'essuyer une nouvelle attaque d'un loup-garou séducteur n'arrangerait en rien les choses.
D'un autre côté, pouvait-on éliminer un adversaire sans l'affronter ? Harry était à peu près convaincu que s'il voulait abolir son étrange fascination pour le jeune Greyback, il lui fallait approcher de ce dernier. Mais pas de trop près si possible.
Après une intense réflexion, qui, au final, ne fit qu'embrouiller un peu plus le sorcier, ce dernier empoigna son livre et alla se poster à sa place de la veille. Il fit néanmoins attention cette fois-là à ne pas croiser le regard bleuté du lycanthrope, afin de ne pas réitérer la situation de ce matin.
Fascination. C'est ce qu'avait éprouvé Harry en plongeant ses yeux dans les iris bleus du loup-garou. Il avait été comme un néophyte en peinture errant dans un musée et tombant soudainement sur le tableau qui allait bouleverser son existence. Il avait été comme foudroyé sur place, avant de se noyer dans l'immensité des prunelles d'Hati. Il y avait dans les yeux de ce jeune lycanthrope un ouragan d'émotions: c'était comme si tous les sentiments qu'il veillait à faire disparaître de son visage se retrouvaient mêlées dans ses iris. C'était un spectacle beau à couper le souffle, et qui avait retenu l'attention d'Harry jusqu'à ce que cet abruti de loup-garou lui fiche un coup de pied dans les côtes. Mais ce qu'il avait pu voir avait largement compensé la douleur.
Le Survivant s'aperçut soudain qu'il était en train de sourire de la façon la plus stupide qu'il soit, aussi se reprit-il en secouant la tête, au risque de paraître encore plus idiot qu'il ne l'était. Il fallait à tout prix qu'il se sorte ce moment de la tête, ou alors son état mental ne pourrait aller qu'en s'aggravant. Pour se changer les idées, il tourna la tête vers le grand brun assis à ses côtés.
Hati semblait plongé en pleine lecture, ce qui surprit quelque peu Harry. Pour le peu que le lycanthrope lui avait dit de la meute, le Gryffondor imaginait très mal Fenrir Greyback donner des cours de lecture à son fils. Comment avait-il appris à lire ?
Le froncement de sourcils du loup-garou quand Harry s'assit permit à ce dernier de constater que l'autre lui accordait au moins une partie de son attention. Peut-être même que le fils de Fenrir ne savait pas lire, et qu'il faisait semblant, tout comme Harry l'avait fait la veille. Il fallait que le sorcier en ait le cœur net.
- Tu lis quoi ?, demanda innocemment le Gryffondor.
L'interpellé lui lança un regard noir : il n'appréciait apparemment pas d'avoir été dérangé. Harry pria pour que le loup-garou lui réponde normalement, ou du moins sans l'étrangler. La chance semblait être avec lui, car Hati se contenta de jeter un œil à la couverture, avant de soupirer :
- Promenades avec les loups-garous, d'un certain Lockhart. Tu m'étonnes que les humains nous regardent aussi bizarrement, quand tu lis toutes les stupidités qu'a pu écrire cet abruti !
- Je suppose que c'est à prendre au second degré, tenta Harry avec diplomatie.
L'autre lui lança un regard blasé.
- La prochaine fois que je mordrais un humain, je lui demanderai aussi de prendre ça au second degré. Je suis sûr qu'il en sera ravi.
- Faire des fautes dans un livre est sûrement moins grave que de transformer un innocent en loup-garou !, cria presque Harry tant il était horrifié par la comparaison.
- Tu sais combien des miens sont morts avec des bouquins pareils ? Ah mais oui c'est vrai: nos vies ont moins de valeur que les vôtres, donc c'est pas grave !, répliqua Hati avec cynisme.
Harry reconnut que ce que disait Greyback fils état vrai, néanmoins il fut étonné par le ton de son interlocuteur. La chose semblait lui tenir à cœur, ce qui était assez surprenant venant de sa part. Le Gryffondor écarquilla les yeux en songeant qu'il avait pu tout simplement vexer Hati la statue de glace.
- Je… Désolé, s'empressa de s'excuser le sorcier. Je me suis mal exprimé.
- Tu tiens vraiment à t'excuser ?, demanda le lycanthrope semblait bouder à présent.
- Euh, oui.
- Alors rends-moi un service. Fous-moi la paix.
- Tant pis pour les excuses, répondit immédiatement Harry.
Et comme pour appuyer ses dires, le sorcier lui tira la langue de façon très immature. À sa grande surprise, Hati se tourna vers lui, le considéra avec attention, puis, sans prévenir, lui tira aussi la langue. C'était tellement stupide comme réaction que le Gryffondor éclata de rire.
Il remarqua ensuite, non sans un certain mécontentement, que le loup-garou était retourné à sa lecture, ce qui signifiait que c'était encore à lui de trouver un sujet de conversation. Le jeune Potter se sentait tellement intrigué par le livre que tenait l'autre entre ses grandes mains qu'il poursuivit sur ce thème.
- Mais, au fait, où l'as-tu trouvé ?, demanda-t-il en désignant l'ouvrage du doigt.
- La femelle de Weasley cadet.
- La fem… quoi ?! Comment tu as appelé Hermione ?, s'indigna Harry en insistant bien sur le prénom de son amie.
- Tout vous choque, vous les humains, constata calmement Hati.
- Mais…, tenta le Gryffondor avant de s'interrompre.
De toute évidence, cela ne servait à rien de débattre à ce sujet. Jamais le loup-garou ne voudrait entendre raison.
- Bon, retenta le Survivant, donc c'est Hermione qui te l'a prêté.
- Non, répondit de sa voix rauque et basse le lycanthrope. Je l'ai pris moi-même dans sa valise.
Harry le regarda, interloqué. Il y eut un moment de flottement, durant lequel le loup-garou se cura le nez, puis le Gryffondor concentra toute la patience dont il disposait dans son explication.
- Bien Hati, règle n°1 du savoir-vivre dans le monde des humains : on ne prend pas ce qui ne nous appartient pas sans l'autorisation de son propriétaire. Sinon ça s'appelle du vol.
- Pourtant, contesta le lycanthrope d'un air perplexe, ce Lockhart ne se gène pas pour le faire. Lis donc ici, page 127: il s'y vante d'avoir pris une voiture moldue pour poursuivre ses ennemis et de l'avoir conduit à merveille. Et il n'avait pas l'autorisation de son propriétaire !
Harry se pinça l'arête du nez en réfléchissant à l'explication qu'il pouvait lui donner face à cet argument. Ne trouvant rien d'assez court, il choisit la première justification qui lui passait par la tête.
- Oublie ce livre, Lockhart est un imbécile.
La phrase du jeune Potter n'avait rien d'exceptionnelle, excepté le fait qu'il venait de dire un gros mot. Pourtant, c'était une sorte de fascination muette qui s'était emparée du visage d'Hati. Celui-ci arborait un large sourire et ses yeux bleus pétillants de joie regardaient Harry comme s'il avait été le messie de Merlin.
- Quoi ?, demanda Harry, troublé par un tel changement d'attitude.
- Tu reconnais enfin que les humains sont des êtres stupides !, répondit le fils de Fenrir sans se départir de sa bonne humeur.
- Je n'ai jamais dit ça !, fit l'autre choqué de voir ses propos aussi mal interprétés. Je ne parlais que de Gilderoy.
- Bah, cet humain ou un autre…
Le Survivant fronça les sourcils : Hati ne comprenait apparemment que ce qui lui plaisait. L'orgueil du sorcier en était également froissé, aussi choisit-il d'en faire part au loup-garou têtu.
- Tu sais, je suis un peu contrarié de savoir que tu me places au même niveau que Lockhart, à savoir celui de l'imbécile.
Cette remarque sembla faire mouche, car si le jeune Greyback parut tout d'abord surpris, il se plongea par la suite dans une intense réflexion. Harry décida de le laisser penser en silence, espérant que le fils de Fenrir reverrait son jugement.
- Mmh non tu as raison, admit le lycanthrope. Ce serait injuste pour toi de te mettre au même niveau que… ça. Personnellement je te mets un cran au-dessus, parce que tu es amusant.
- Je… t'amuse ?, répéta hébété le Gryffondor qui n'en croyait pas ses oreilles.
Hati, en tant que loup-garou, semblait avoir une très haute opinion des humains qui parvenaient à le divertir, aussi hocha-t-il la tête avec un de ses rares sourires mystérieux. Il était visiblement très fier de son compliment.
Ce n'était pas le cas d'Harry. Le Survivant se sentait effroyablement vexé, et il sentait la fureur s'emparer peu à peu de chaque fibre de son corps. Alors comme ça, monsieur Hati Greyback, en sa qualité de lycanthrope, était trop fort trop beau et trop intelligent pour la ridicule espèce humaine ? Si monsieur le loup-garou daignait adresser la parole au misérable humain qu'était Harry, c'était uniquement dans le but de s'amuser ! Le jeune Potter se sentait stupide d'avoir cru à un début d'amitié, d'avoir accordé tant d'intérêt à ce sale manipulateur. Merlin qu'il le haïssait !
Le sentiment de haine qui s'était emparé d'Harry devait être visible sur son visage, car Hati retrouva vite son sérieux.
- Je peux savoir pourquoi tu es en colère ?, s'étonna-t-il.
- Pourquoi je suis en colère ? Pourquoi ?!, s'emporta l'autre. Je sais pas moi, peut-être parce que tu me considères comme un jouet !
- Il y a deux catégories d'humains, expliqua avec une étonnante patiente Hati. Les repas et les jouets. Tu devrais t'estimer heureux, le jouet survit au loup-garou, pas son repas.
- Va te faire foutre Hati Greyback, cracha le jeune sorcier.
Sans même laisser à son interlocuteur le temps d'une nouvelle explication, Harry se releva rapidement et partit, furieux, laissant derrière lui un lycanthrope plus que perplexe.
Hati se gratta le menton, songeur. Décidément, il ne comprendrait jamais rien aux humains.
Des légumes. Encore des légumes. Toujours des légumes.
Hati abattit sa fourchette d'un geste rageur, détruisant ainsi une carotte innocente. Il détestait les légumes. Pire, il les haïssait. Ils étaient devenus ses plus grands ennemis, loin devant la rouquine et les autres humains. Eux au moins, il pouvait les intimider. Les brocolis au contraire ne fuiraient jamais, même s'il grognait. À chaque repas ils polluaient son assiette, prenant plus de place que n'importe quel autre aliment, gâchant le bon goût de la viande. Et ils osaient le narguer : « Regarde Hati, je suis là pour gâcher ton repas ! » criait la carotte, « Nous serons toujours présent pour te pourrir l'existence » ajoutait d'un sourire sadique la courgette. Hati se prit la tête entre les mains.
Il devenait fou.
- Tout va bien, Hati ?, s'inquiéta Mrs Weasley.
Le concerné releva la tête vers la femme potelée, mais garda le silence. Il ne voulait pas s'abaisser à leur niveau en mentant, en prétendant que c'était succulent, qu'il adorait les carottes mais que, non, il ne voulait pas en reprendre parce qu'il n'avait plus faim. Jamais. Il ne pouvait cependant pas leur avouer qu'il n'aimait pas les légumes. Ce serait un signe de faiblesse.
Plus résigné que résolu, Hati avala courageusement un brocoli tout en fixant des yeux la mère de famille. Visiblement satisfaite, Molly se concentra de nouveau sur les nouvelles qu'apportaient Mr Weasley et son fils Percy. Le travail, toujours le travail. Cette discussion était comme les légumes : elle revenait à chaque repas alors qu'elle emmerdait tout le monde. Mais cette fois-ci, cela semblait le concerner; Hati leur accorda donc une oreille attentive tout en pulvérisant sa dernière courgette.
- Je t'assure ma chérie !, insista Mr Weasley avec bonne humeur. Je tiens l'information de Kingsley lui-même. Il m'a même dit qu'il tenterait de mettre ça en place dans le courant du mois. Tu te rends compte ?! Si l'on reçoit un financement pour subvenir aux besoins d'Hati, tout sera beaucoup plus simple !
- Si nous recevons de l'argent pour Hati alors nous le donnerons Hati, annonça Molly d'un ton résolu.
- Mais enfin Maman, crut bon d'intervenir Percy, il n'en fera rien ! Alors que c'est vous qui achetez de quoi le nourrir !
- Si Hati ne veut rien faire de son argent, alors il n'en fera rien, tant pis !
Hati se moquait bien de ce que ces humains faisaient de son argent. Après tout, cet énervant binoclard avait raison : il ne ferait rien de ce financement. En revanche, rien n'était plus énervant que de les entendre parler de lui comme s'il n'était pas présent, ou qu'il n'était pas capable de comprendre ce qu'il disait. Allez-y, ne vous gênez pas !, avait-il envie de leur crier. Mais la colère n'était pas une solution, aussi le loup-garou choisit, une fois n'est pas coutume, de prendre part à la discussion. Il n'avait pas grand-chose de plus à dire, mais au moins il aurait exprimé son point de vue, quand bien même personne ne s'y intéresserait.
- Percy a raison, déclara-t-il, coupant ainsi court au débat qui s'était formé entre la mère et le fils. Je ne me servirai pas de cet argent. Prenez-le, vous en avez besoin pour achetez tous ces… légumes.
- Tu sais Hati, insista le père de famille, avec cette bourse tu pourras t'acheter des vêtements en meilleur état, et plein d'autres choses.
Hati regarda la chemise usée qu'il portait, et il songea que ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée. Ce n'était pas tant l'état du vêtement que son odeur qui le dérangeait. La vieille chemise avait été portée par un autre Weasley, et l'odeur de l'inconnu perdurait sur l'habit. Cela perturbait assez son odorat, ce qui contrariait énormément le loup-garou.
Avec cet argent, il aurait aussi pu acheter à manger. Cela devenait une priorité, car les repas que prenait le fils Greyback depuis son arrivée ne parvenaient pas à le rassasier tant ils étaient aux antipodes de la nourriture que le lycanthrope ingérait quotidiennement. Lui qui mangeait de la viande crue en grande quantité tous les matins, il était presque devenu végétarien. Mrs Weasley avait beau faire de bons petits plats, il sortait pourtant de table affamé.
Hati se sentait pris dans un dilemme. Il ne pouvait pas se dévoiler auprès des Weasley au point de leur annoncer qu'il avait besoin de viande crue, mais Skoll lui faisait clairement comprendre qu'il ne survivrait pas à la prochaine pleine lune s'il ne se nourrissait pas correctement.
Alors qu'avec cet argent… Il pourrait acheter du bœuf, du porc, du lapin, du mouton, et peut-être même quelque chose de plus exotique comme du dragon ?
- Hati, l'interpella Hermione en chuchotant, tu es en train de baver dans ton assiette.
Brusquement ramené à la réalité, le jeune Greyback essuya le filet de salive qui s'échappait de ses lèvres, avant de recentrer son attention sur la conversation, laquelle semblait toucher à sa fin, pour ce sujet du moins.
- …able pas vrai ?, était en train de demander Weasley mère.
- Tout fait, assura Percy le binoclard.
Weasley père se tourna alors de nouveau vers Hati pour lui proposer :
- Que dirais-tu de garder la moitié de l'argent pour faire ce que tu veux, et nous, nous nous occuperons du reste avec l'autre moitié ?
Le lycanthrope acquiesça sans un sourire, mais dans son esprit défilaient déjà d'énormes steaks et de grosses entrecôtes. Un mince filet de bave glissa une nouvelle fois le long du menton d'Hati, avant de venir s'écraser la demie-carotte qui avait survécu à son repas.
Harry étouffa discrètement son bâillement. Il s'était à nouveau réuni avec Ron, Hermione ainsi que Ginny pour une seconde « réunion secrète ». Autrement dit, ils allaient tenter de mettre en commun ce qu'ils savaient sur Greyback junior, c'est-à-dire rien, avant de prendre de bonnes résolutions pour améliorer leur relation avec lui, sachant pertinemment que les décisions prises ne tiendraient pas plus de deux secondes face au loup-garou.
Le manque de sommeil rendait à présent Harry totalement pessimiste, ou peut-être un peu trop réaliste. Malgré cela, il avait fini par céder à Ron qui, à force de supplications, l'avait convaincu de le suivre. « Tu comprends Harry » avait-il dit d'une petite voix, « les filles peuvent devenir très agressives quand elles sont en surnombre ». Et le brun n'avait pas pu se résoudre à abandonner son meilleur ami.
-Bien, déclara Ginny avec un sourire, par quoi commence-t-on ?
Le Survivant aurait voulu parler de l'incident qui avait eu lieu entre la rousse et le loup-garou ce matin, car même si les sortilèges avaient tout effacé, le souvenir des blessures sur le visage de la cadette Weasley restait gravé dans la mémoire d'Harry. Mais il garda le silence, pressentant que son ancienne petite amie avait une idée derrière la tête. Il espérait juste que celle-ci ne soit pas trop mauvaise.
- Nous pourrions commencer par un bilan sur nos relations actuelles avec Hati, proposa Hermione. Cela nous permettrait de savoir globalement où nous en sommes.
- Excellente idée, approuva Ginny. Qui veut commencer ? Les garçons ?
Harry et Ron échangèrent un regard perplexe; aucun des deux n'avait envie de commencer la réunion en évoquant le caractère exécrable de leur hôte. Mais après une hésitation, ce fut finalement le roux qui se lança :
- Je suis actuellement en fuite afin de sauver ma peau, annonça-t-il avec sérieux. Je suis sûr qu'Hati va essayer de se venger, alors je l'évite au maximum pour qu'il n'en ait pas l'occasion.
- En résumé, marmonna Hermione, tu ne fais aucun effort.
- Tu sais, reprit le roux, je pense que Greyback junior a juste envie qu'on lui fiche la paix. Et moi, je ne veux pas lui parler. Alors au final, c'est peut-être moi qui ai la meilleure relation avec lui, non ?
- C'est sûr qu'une absence de relation ne peut pas être mauvaise, commenta Harry. Mais du coup on s'éloigne du but recherché, à savoir se lier d'amitié avec lui.
- Je suis d'accord avec Harry, approuva Hermione.
Ron eut un rire sec.
- Il me semble que toi non plus tu ne lui as pas beaucoup parlé !
- Mais je compte le faire, nuança la brune. Je me documente juste pour en savoir un maximum sur Hati avant de lui parler. Pour parler à quelqu'un d'aussi méfiant, il faut se préparer un minimum. C'est évident que parler de Quidditch à quelqu'un qui n'a jamais vécu dans le monde sorcier est totalement stupide !
- Je ne suis pas stupide ! J'ai été juste, euh… Pris au dépourvu, voilà. Mais moi au moins j'ai eu une vraie conversation avec lui.
- Avant de lui envoyer un sort en pleine tête.
- Dites donc les tourtereaux !, intervint Ginny en riant. Quand vous aurez fini vos scènes de ménage, Hermione pourra peut-être nous parler du résultat de ses recherches ?
La brune se renfrogna, signe qu'elle n'était pas satisfaite. Elle parut hésiter, ce qui, aux yeux d'Harry, était un phénomène rare chez sa meilleure amie, avant d'avouer, frustrée :
- Rien. Je n'ai rien trouvé. J'ai pourtant consulté tous les ouvrages sur la lycanthropie de chez Fleury et Bott, mais aucun ne parvient à être à la fois objectif et instructif. Il faut se rendre à l'évidence : les loups-garous sont des êtres méprisés dont nous ne connaissons paradoxalement rien.
- Et nos cours de DCFM ne sont pas franchement utiles pour communiquer avec Hati. À moins d'agir aussi bêtement que Ron.
Le concerné ignora superbement la pique lancée par sa sœur, et proposa aux autres :
- On ne pourrait pas se fier à ce que l'on savait de Remus ? C'était un loup-garou après tout.
- Il n'avait rien à voir avec Greyback et sa meute, s'énerva Harry. Autant comparer une souris et un dragon, sous prétexte qu'ils ont tous les deux des yeux.
- Je crois deviner qui est le dragon, sourit le Gryffondor roux.
- D'accord, le coupa Ginny. Et, pour en revenir au sujet d'origine, qu'en est-il de ta relation avec Hati, Harry ?
Le brun prit le temps de réfléchir quelques instants.
- Je dirais… bizarre, finit-il par répondre.
- Plus exactement ?
- Et bien, commença le brun, parfois on s'entend bien, et d'autres fois encore il ne veut plus me parler. Il peut être grognon, drôle ou…
Harry songea au comportement du loup-garou ce matin.
- … ou complètement débile.
- En résumé, conclut Ron, ce gars est psychologiquement instable.
- Non, le contredit Harry, pas vraiment. C'est juste qu'on a pas les codes pour comprendre ce qui dirige son humeur.
- Et on ne les aura jamais, commenta le roux.
Cette remarque, bien que prononcé sur un ton ironique, n'en restait pas moins juste. Ils n'avaient pas les informations permettant de comprendre le lycanthrope. Devaient-ils alors cesser toute communication, puisque la compréhension entre leurs deux mondes semblait désespérément vaine ?
- Mais on peut en créer de nouveaux dans ce cas, non ?, suggéra Ginny.
- Je suis d'accord, approuva de nouveau Hermione.
Harry hocha la tête, incertain, tandis que Ron restait silencieux.
- Personnellement, expliqua la rousse, je dirais que ma relation avec Hati est catastrophique. Mais je l'avais prévu. À mon avis, une amitié entre nous deux est vraiment possible, mais il faut pour cela que monsieur daigne sortir de sa grotte. Et je peux vous dire que c'est un vrai combat !
La dernière phrase ne fit pas rire Harry, car elle était malheureusement trop représentative de la réalité. Ron sentait apparemment aussi le danger qui planait sur sa sœur, car il ajouta :
- Tu te mets inutilement en danger je trouve. Tu devrais faire plus attention, avant de te blesser gravement.
- Pas de souci frérot, répondit Ginny avec un clin d'œil. Je crois que j'ai bien cerné l'animal !
- Ça c'est ce que tu crois, contesta Ron.
- Ce qu'il nous faudrait vraiment, intervint Hermione qui réfléchissait à haute voix, c'est un rapport sur Hati Greyback. On doit bien trouver ça quelque part non ?
- Il y a bien ceux de ses geôliers, répondit Ron, mais je doute qu'ils soient très objectifs…
Harry remarqua alors la lueur qui était apparue dans le regard de la brune. Comme si la bougie de la réflexion venait d'être rallumée à l'intérieur du cerveau de sa meilleure amie.
- Je ne pensais pas à eux, déclara la jeune fille avec un sourire aux lèvres. Mais plutôt à… Remus Lupin.
- Remus connaissait le fils de Fenrir ?, s'étonna Ginny.
- Bien sûr qu'il le connaissait !, s'exclama Harry qui venait de comprendre. Puisque Dumbledore lui avait demandé d'infiltrer la meute de Fenrir !
- C'est génial !, cria presque Ron qui avait été gagné par l'enthousiasme général.
- Maintenant, nous n'avons plus qu'à le récupérer, compléta Ginny avec optimisme.
Les sourires d'Harry et Ron retombèrent aussitôt. Le Survivant sentait venir le mauvais coup, il voyait dans les yeux des deux sorcières les ennuis arriver à grands pas. Et il ne pouvait même pas y échapper. Ron, qui semblait être parvenu à la même conclusion que lui, tenta de les raisonner.
- C'est impossible, voyons !
- Bien sûr que non, le contredit Hermione. J'y ai réfléchi toute la nuit passée et, franchement, on a fait bien pire !
- Mais, s'entêta le roux, on sait seulement qu'il se trouve au Ministère. Sauf qu'il y a des centaines de papiers là-bas ! Même Percy m'a avoué que parfois il ne s'y retrouvait plus !
- Sauf que je sais où se trouve exactement ce papier.
- Tu as été fouiller au Ministère de la Magie ?, demanda Harry stupéfait.
- Non, bien entendu !, répondit la brune. Mais opérons par logique. Que s'est-il passé récemment ?
- Un loup-garou mal luné est venu nous pourrir la vie, répondit avec mauvaise humeur le cadet des Weasley.
- Exact, sourit Hermione. Et que s'est-il passé avant qu'on nous envoie l'héritier Greyback ?
- Son dossier a été examiné, sourit Ginny qui avait réalisé où la jeune fille voulait en venir. Et par un ancien membre de l'Ordre du Phénix, puisque l'un d'eux possédait le rapport de Remus.
- C'est ça, confirma la Miss-je-sais-tout de Poudlard. Et qui donc a le contrôle sur tout ça à la fois?
- Kingsley Shacklebolt, répondit Harry plongé dans sa réflexion.
- Donc il ne nous reste plus qu'à nous introduire dans le bureau du Ministre de la Magie, conclut Hermione avec un large sourire.
- Ce qui n'explique en rien comment on va s'y prendre, constata le rouquin.
Ginny échangea un regard avec son amie. Le fils des Potter était prêt à parier qu'elles avaient eu la même idée saugrenue au même instant. Et qu'elles allaient leur en faire part ensemble. Le brun frissonna; Merlin que la complicité féminine était effrayante parfois. Et comme il l'avait prévu, les deux sorcières annoncèrent en chœur :
- Percy nous aidera.
Les ennuis étaient de retour.
- Ma sœur est folle, se lamenta Ron. Ma petite amie est folle.
- Toutes les femmes sont folles, fit remarquer Harry d'un air détaché.
Les deux sorcières ne leur avaient pas laissé le choix. Elles avaient annoncées avec enthousiasme qu'elles s'occupaient de convaincre Percy, et Hermione imposa son plan à Harry. Car c'était lui bien entendu qui devrait l'exécuter. Elles étaient définitivement machiavéliques.
- Ça ne marchera jamais, poursuivit le roux. Percy est sérieux, il refusera.
L'espoir pointait dans la voix du fils Weasley, comme si le fait d'annoncer à voix haute le refus de son frère aîné aurait une bonne influence sur le destin. Hélas, le brun était pour sa part presque persuadé que Percy accepterait. Ce dernier éprouvait toujours de vifs remords vis-à-vis de son ancienne attitude envers sa famille, et, comme pour se faire pardonner, il cédait à présent à tous leurs caprices. De plus, Harry était persuadé que Percy mourait d'envie d'en savoir plus sur son compagnon de chambrée. Le sort en était jeté.
- Et comment Hermione a-t-elle put élaborer un plan aussi insensé ?, poursuivit Ron. Elle qui est toujours si sérieuse et posée !
- Il faut dire que son plan est assez réfléchi, le contredit Harry. Et je te rappelle qu'Hermione est une grande curieuse : rien ni personne ne l'empêchera d'en découvrir plus sur Hati.
Voyant que son ami faisait toujours la tête, Harry insista :
- Aller Ron. On a déjà fait des trucs bien plus risqués quand même. Et puis, au final, avoue que ça nous arrange si on réussit à en apprendre plus sur lui.
Son ami resta pensif un instant, puis il hocha lentement la tête pour sceller son accord.
- Fais quand même attention à toi, ajouta-t-il.
- Ne t'en fais pas !
Harry avait dit ça d'un ton léger pour rassurer l'autre, mais, en toute sincérité, cette petite expédition au Ministère de la Magie ne l'enchantait pas vraiment. Brusquement, la fatigue pesa un lourd poids sur ses épaules, et le Survivant n'eut d'autre choix que d'aller se coucher en marmonnant un « bonne nuit » ensommeillé à son meilleur ami.
Une fois glissé sous les draps, le jeune Potter ne songea plus ni à ce maudit plan, ni à Hati Greyback, ni même aux cauchemars qui l'attendaient, tapis dans l'ombre. Cette journée ne lui avait laissé qu'une seul envie en tête : dormir.
Et aussitôt ses yeux fermés, le Gryffondor sombra dans un sommeil profond.
Harry dormait depuis plusieurs heures déjà lorsqu'il fut réveillé par un poids sur son corps. Surpris, il se releva autant qu'il le pouvait, et sursauta en voyant deux yeux bleus et scintillants posés sur lui. Inutile de préciser à qui ils appartenaient.
- Merlin Hati, qu'est-ce-que tu…
Un doigt posé brusquement sur ses lèvres lui indiqua qu'il devait garder le silence. Le jeune Potter haussa les sourcils et détailla, étonné, le sourire aguicheur qu'arborait le loup-garou. Une lueur inconnue dans le regard, ce dernier se pencha lentement vers le sorcier.
La main qui l'avait précédemment fait taire vint lui caresser la joue, faisant rougir le Gryffondor. Et le baiser léger qu'il reçut sur la joue n'arrangea rien. Cela n'était pourtant pas grand-chose. Comme si un papillon de chaleur s'était posé sur son visage, avant de reprendre son envol. Le petit brun n'aurait jamais cru qu'Hati puisse être aussi délicat.
Ce qui n'empêcha pas Harry d'ouvrir la bouche pour protester. Après tout, il méritait des explications : de quel droit Greyback junior le réveillait pour l'embrasser? Mais cette fois-ci aucun son de sorti de sa gorge. Le jeune lycanthrope le remarqua, et il se pencha pour murmurer de sa voix rauque une explication à sa présence:
- Je me suis dit… qu'on pourrait peut-être poursuivre notre petit jeu de ce matin.
Le sorcier réalisa qu'en plus d'être anormalement grave, la voix du fils de Fenrir était également très sensuelle. Un frisson le parcourut, mais il ne put dire s'il était dû au ton rauque d'Hati, à ce que ce dernier sous-entendait, ou à la langue qui venait de passer lentement sur son oreille. Certainement à cause de ces trois raisons.
Soudain, les lèvres chaudes du loup-garou vinrent rencontrer les siennes, et Harry se crispa, résigné et attendant le moment fatidique où la langue du lycanthrope ferait intrusion dans sa bouche. Mais rien ne se passa, si ce n'est que la bouche d'Hati s'entrouvrit légèrement.
Le Survivant fut à la fois soulagé et extrêmement surpris : l'autre lui laissait le choix. Il était libre de poursuivre le jeu ou bien d'abandonner la partie en cours. Après une courte hésitation, il choisit d'en rester là. Ou pas.
Car le corps du Gryffondor semblait en avoir décidé autrement, et sa langue vint enlacer tendrement sa jumelle. Visiblement heureux d'avoir été accepté, Hati enlaça le jeune Potter de ses bras musclés, et répondit au baiser avec énergie.
Une lutte acharnée entre les deux amants s'ensuivit alors. Parfois douces, d'autres fois violentes, les deux langues se livraient à un combat sans pitié afin de conquérir la bouche de l'autre. Harry avait oublié la présence de Ron dans la chambre et gémissait à présent de bien-être tandis qu'Hati se contentait de haleter en resserrant son étreinte sur le sorcier.
L'esprit du Survivant, bien qu'assez embrumé par le désir, remarqua néanmoins quelque chose de très clair : les baisers des hommes étaient cent fois plus agréables que ceux des femmes. Ou peut-être était-ce Hati qui était plus doué en la matière que Ginny et Cho ? Dans tous les cas, Harry était persuadé de pouvoir désormais vivre sans oxygène : il lui suffisait d'embrasser le loup-garou.
Comme s'il savait qu'on pensait à lui, ce dernier en profita pour mordiller la lèvre de son compagnon tout en gémissant doucement, ce qui eut pour effet de faire exploser plusieurs milliers de petits papillons dans le bas-ventre d'Harry. Il n'en pouvait plus, il en voulait plus.
Aussi, quand le lycanthrope choisit finalement de le libérer de son emprise, le jeune Potter s'y rejeta vivement en murmurant ce seul mot :
- Encore.
Tous deux échangèrent à nouveau un baiser langoureux, puis un sourire complice. Hati observa longuement les joues rouges du sorcier, avant de chuchoter contre la bouche de l'autre :
- Je crois que la partie tourne en ma faveur, petit humain…
Bien décidé à ne pas se faire battre en si bon chemin, Harry abattit brusquement sa main sur le boxer d'Hati. Ou plutôt là où là où il était censé se trouver.
Harry rougit une nouvelle fois en réalisant que l'autre brun était totalement nu, mais ce dernier se contenta d'un sourire lubrique en guise de réponse. Ainsi que d'un autre baiser durant lequel, nouvelle option, le loup-garou se frotta lentement contre le Gryffondor.
Harry devait le reconnaître : personne ne l'avait jamais mis dans un tel état, et il peinait à croire que ce soit Hati Greyback qui fasse faire un tel crescendo à son excitation. Nul doute que son désir pouvait monter éternellement, du moins aussi longtemps que le loup-garou se frotterait ainsi contre son entrejambe.
Mais après quelques minutes de ce petit manège, le plaisir se transforma en torture et le sorcier, haletant, supplia Hati du regard pour que celui-ci s'arrête. Il devait se soulager rapidement, ou sinon… Le jeune Gryffondor se sentait près à exploser. Comprenant son message visuel, le lycanthrope s'écarta alors lentement, passa doucement sa langue sur ses lèvres… avant de tirer d'un coup sec sur le drap qui séparaient leur deux corps.
Et Harry se réveilla.
Les yeux écarquillés par la stupeur, soufflant et haletant, comme si ce rêve l'avait vidé de toute énergie, il se passa une main tremblante dans les cheveux. Le jeune sorcier mit quelque temps à se convaincre que tout ce qu'il venait de vivre n'était que le fruit de son imagination.
Puis il maudit ce rêve.
Il maudit également son esprit dérangé d'avoir fait ce rêve.
Et surtout il maudit Hati Greyback d'exister.
Alors? Heureux? Frustrés? Je crois qu'il y avait pas mal de choses dans ce chapitre, alors n'hésitez pas à commenter pour me laisser vos impressions! J'espère que la dernière partie ne vous a pas trop fait saigner des yeux, je n'étais pas trop sûre de mon coup en l'écrivant. Par contre j'ai beaucoup ri en imaginant le passage des légumes :D
À bientôt pour le prochain chapitre!
